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 Chronique de Brandon - Dans l'ombre de Castel-Cerwyn

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MessageSujet: Chronique de Brandon - Dans l'ombre de Castel-Cerwyn   Jeu 9 Oct 2014 - 20:09

Chapitre 1 : L'an 47, un nouveau printemps

« Honneur et Ordre »


Harrenhal, un mois avant le Jugement des Sept



L'odeur de putréfaction, de cendre et de brûlé envahissait la plaine entourant Harrenhal. Les contours spectraux de la forteresse de Harren le Noir s'élevaient au loin, intimidant les simples paysans et narguant les guerriers du roi Maegor. Partout les gens s'agitaient pour récupérer les morts des deux camps et tentaient de soulager ceux qui allaient bientôt rejoindre les défunts. Quelques heureux allaient survivre mais la guerre serait définitivement terminée pour eux.

La bataille avait été rude et elle représentait une défaite coûteuse pour les troupes loyalistes. Mais il y avait une petite consolation. Les troupes rebelles avaient également subies des pertes épouvantables. Ce fut hélas qu'un toute petit apaisement car Harrenhal resta en leurs mains et la guerre restait aussi indécise qu'avant.

Le seigneur Cardon se tenait débout près d'un arbre, entouré de ses hommes et observant la forteresse maudite. Son armure était oint de sang et son visage rempli de sueur et de saleté cacha un regard de déception. Il avait perdu au moins la moitie de ces troupes durant ce siège et avec quel résultat ? Rien. Il avait suivit les Stark avec ferveur. Il se souvenait maintenant comme son suzerain Medger l'avait averti au sujet de cette guerre. Il pouvait voir le visage du vieillard déprimé lui dire.

« N'y va pas si tu n'es pas appelé. Ce sera une guerre longue et apportant rien de bon au Nord. »

Il avait renvoyé les paroles de son beau-frère avec un revers de main. Des paroles de vieux, pensait-il à l'époque. Mais aujourd'hui, en voyant tous ces morts pour un roi qui n'était pas du Nord, il arriva à la terrible conclusion que son vieux suzerain avait eu raison. Oui, cette guerre n'apportait rien de bon au Nord. Plongé dans ses réflexions, il ne vit pas un corbeau arrivé depuis les cieux. Son écuyer en revanche le fit. Avec un geste rapide, le jeune garçon s'en saisit de l'animal et le libéra du parchemin enroulé à sa patte. Le seigneur Cardon put alors entendre son jeune compagnon lui dire.

« Seigneur, c'est un message de Castel-Cerwyn. Le seigneur Medger est mort. »

Cette journée ne pouvait pas être plus mauvaise, pensa Cardon. Il observa le jeune avec un regard perçant et saisit le parchemin que l’écuyer tenait dans ses mains. Un regard suffisait pour confirmer les dires du jeune. C'était sans aucun doute l'écriture du mestre Jaerl, homme qui ne se perdait jamais dans des fioritures. Le seigneur alors laissa le parchemin tomber au sol et marcha vers l'arbre auquel il avait attaché sa monture. Aidé par l’écuyer, il monta sur l'animal et jeta un dernier coup d’œil en direction de Harrenthal. Maudit château, pensa-t-il. Mais il n'était plus son souci. Il devait retourner à Castel-Cerwyn. Officiellement il allait jurer fidélité à son nouveau seigneur mais officieusement, c'était surtout pour aller soutenir son neveu. Et il avait la ferme intention de prendre ses hommes avec. Cette guerre lui avait déjà coûté assez. Que le roi Maegor se charge lui-même de défendre son trône, jura le Cardon. Décidément, jamais la mort d'un homme lui fut plus convenant.


Castel-Cerwyn, durant le Jugement des Sept



Une troupe de quelques centaines de cavaliers franchisait à grande vitesse la route en direction de Winterfell. Mais leur destination ne fut pas la demeure des Starks mais une forteresse voisine, celle des Cerwyn. On pouvait voir le vieux château au loin avec ses donjons, tourelles et sa muraille externe. L'air était frais mais on pouvait déjà sentir l'été arrivé. Partout la neige céda à un vert sauvage et encore timide. Pendant que le Dorne et le Sud de Westeros furent frappés par la sécheresse, le Nord profita d'un climat extraordinairement clément. Les paysans de tout part le proclamait : La récolte allait être excellente. Comme quoi le malheur des uns fait le bonheur des autres.

Les soldats passèrent à côté d'un vieux moulin ou des paysans s'étaient rassemblés et attendaient chacun leur tour. On y venait moudre le dernier blé stocké durant le hiver. Les visages maigres des gueux pouvaient impressionner le passant mais ils projetaient une tranquillité inattendu. L'hiver était fini et ceci se voyait chez eux. L'été était une époque d'espoir et de richesse alors que l'hiver signifiait la faim, le froid et des fois même la mort.

Le seigneur Cardon était à la pointe de cette petite armée. Il se montra visiblement heureux d'être de retour au Nord et d'être le plus loin que possible de la « Guerre de Maegor ». Une petite heure plus tard, le seigneur Cardon et ses guerriers franchirent le pont de Castel-Cerwyn pour entrer dans la cour principale du château. Le sol brun et poussiéreux était encore trempé par la dernière neige, désormais fondue.

La venue du vassal des Cerwyn avait été annoncé il y a déjà plusieurs jours. Les nouvelles voyageant plus vite que les hommes surtout au Nord et Cardon pouvait voir son neveu et ses deux nièces l'attendrent au pied du vieux escalier pierreux conduisant vers le donjon. Ça faisait combien de temps qu'il n'avait plus revu Brandon et les deux jumelles, se demandait Cardon à soi-même ? Deux, trois ans ? Décidément, ces quelques années avaient fait leur œuvre sur eux. Brandon était devenu un jeune homme. L'enfant timide s'était effacé devant une stature haute et affirmée. Les jumelles, elles, avaient mûries et étaient devenues des jeunes femmes plutôt belles. Arrêtant le cheval à quelques pas de ses neveux, Cardon descendit de l'animal, ses bottes soulevant la poussière, en jetant un regard sur son nouveau seigneur.

Welha, la plus extravertie des deux jumelles, s’avança vers son oncle et se jeta à son cou.

« Bienvenu de retour, mon oncle ! »

Cadron embrasa sa nièce et lui fit une bise sur le front. Brandon fit un pas en avant, lâchant un sourire effacé et salua à son tour l'oncle de retour de la guerre.

« Je suis heureux de vous revoir, mon oncle. Hélas, chaque retour du Sud est un événement heureux en vue du nombre qui ne reviendront jamais. »

Le vieux guerrier hocha légèrement la tête en signe d'approbation. Il voulut bien lui répondre franchement mais il y avait trop de gens autour, trop d'oreilles dont les propriétaires pourraient être sujet à l'indiscrétion. Il se contenta de répliquer tranquillement.

« Je suis aussi content de voir des visages familiers. Nous devrions rentrer et discuter dans un lieu plus discret. »

Il jeta un regard en arrière en direction de masse hétéroclite rassemblée dans la cour. Il était fort peu probable qu'il ait des espions dans le château mais mieux valait ne pas prendre de risque, conclut-t-il. C'est ainsi que Brandon et lui se retrouvèrent quelques minutes plus tard dans une des pièces principales de Castel-Cerwyn. C'était une chambre spacieuse dotée d'un antre et placée au Sud de la forteresse. Au centre de celle-ci se trouvait une grande table en bois massive avec une dizaine de sièges autour. Brandon se trouvait à la tête de la table avec à sa droite Cardon et à sa gauche Jaerl. Il y avait aussi Rick, l'argentier qu'on surnommait la Colonne. Ce surnom venait du fait que le pauvre gaillard était pratiquement désœuvré. Tous ce qui touchait aux finances du domaine des Cerwyn était géré par Brandon voir Jaerl quand la tâche se montrait plus complexe. Mais au détriment de ceci, Rick était quelqu'un de perspicace et un excellent conseiller à tous ce qui ne touchait pas les finances.

Assis en bout de table, Brandon ouvrit la discussion entre lui, le mestre, son vassal et son argentier sans charge. Il s'adressa directement à son oncle.

« Racontez-nous, comment se passe la guerre au Sud ? »

Le vassal brisa le pain crouistillant qu'il tenait dans ses mains et mordit dedans. L'odeur de pain fraîchement cuit s'étendit dans la pièce. Il avait chevauché des jours sans manger pour pouvoir arriver plus tôt. Désormais il se permettait de se restaurer durant la discussion.

« C'est la guerre et à vrai dire, on ne sait plus à quoi se tenir. Maegor semble avoir eut une victoire dans l'Ouest en vainquant la maison de Toth. La Veprée est selon les dernières nouvelles tombée en main de notre bon roi. Les Mallister ont apparemment perdus leur flotte aux Fer-nés ce qui est une bonne nouvelle pour nous. Ceci affaiblit les rebelles aux Conflans. Autrement, la guerre fait surtout rage autour de Harrenhal. Pour faire clair, c'est une saignée pour les deux camps et ça n'avance pas. Les rebelles tiennent Harrenthal et la défendent bien même s'ils ont subis bien de pertes. A ce que je sais, Theon a été blessé. Pour ma part, je vous dis très clairement, Maegor perdra la guerre s'il continu à vouloir prendre Harrenthal. Mais peut être c'est mieux ainsi. »

Son rapport fait, il prit une gorgée de vin de la coupe en bois qui se tenait près de lui. Le liquide écarlate coula de ses lèvres avant que Cardon se nettoie la bouche avec la manche de sa tunique. C'est alors que le mestre Jaerl prit la parole.

« Je vais me permettre de vous faire part d'une bonne nouvelle. L'été, ainsi Vieilleville sera long et chaud. Nous pensons donc avoir une très bonne récolte au Nord...en ce qui concerne le Sud, le Dorne et le Bief risquent de subir les conséquences d'une grande sécheresse. Je ne vous cache pas que ceci favorisera sur long terme beaucoup le camp de Maegor. »

Écoutant avec attention son oncle et ensuite son mestre, il demanda au premier.

« Mon oncle, dois-je rassembler nos hommes pour aller soutenir les Starks ? »

Cardon fit un signe de main de négation et répliqua à son neveu.

« Ne te fatigue pas. Tant que les Starks ne te demandent pas officiellement de l'aide, tu as intérêt de garder nos hommes au Nord. J'ai perdu la moitie de mes gars à Harrenhal. C'est une boucherie au Sud et à quel fin ? »

Il attendit quelques secondes, laissant croître le suspense, avant de répondre.

« Tout ceci pour un roi venu d'Essos. Les Starks sont imprudents en envoyant nos hommes se battre pour un roi étranger au Sud. La loyauté c'est bien mais pas pour aller se faire empaler pour qu'un lunatique aux cheveux blancs puissent mettre ses fesses sur un tas de fer. »

Les propos étaient violents mais tout le monde ici avait confiance dans les participants à la réunion. Et quel intérêt de transmettre des avis qui étaient largement partagés par ceux qui devaient quitter leurs foyers pour se battre au Sud. Cardon ne perdit pas de son élan et lança sans aucune vergogne, ignorant que Rick prit bien note de ces propos.

« Brandon, si tu veux faire quelque chose d’utile. Trouves-toi une bonne épouse. Laisse la guerre faire rage au Sud. Ton père était un vieux dépressif mais au moins il avait assez de cervelle pour ne pas participer à cette guerre. Tu as déjà des candidates en tête ? Faudra aussi trouver des épouses pour tes sœurs, dit en passant. »

Brandon rougit légèrement. Il ne s'était pas attendu à ce que son oncle mette cette question sur la table et elle le gênait. Il dû s'avouer à soi-même d'être loin d'être enchanté de devoir se marier avec une femme, au moins avec une parfaite inconnue qui répondait aux besoins politiques de la famille. Jaerl remarqua la gêne de Brandon et intervient.

« Hmmm, cette question n'a pas été soulevée jusqu'à maintenant mais il existe des perspectives intéressantes. Je pense très humblement que nous devrions envisager un mariage avec une famille soit du Nord soit des Conflans. Pourquoi pas les Frey ? Ils sont une famille de loyalistes, à part Leon Frey, proche du Nord et de jeune souche. Nous unir à du sang jeune serait une bonne chose car nous aurions l'avantage du prestige familial de notre côté et des alliés fiables. »

Le seigneur Cardon s'exclama.

« Avec ces ratons-laveurs ? Une famille ayant un traite parmi eux ? Je vous rappel que Leon Frey n'est pas n'importe quel rebelle mais un des éléments clés de la rébellion aux Conflans. »

Jaerl répondit du tac au tac sans néanmoins laisser sa voix s'emporter.

« Les Frey contrôlent la route vers le Sud, au moins la plus sûre. Ils sont en plus près du Nord et nous aurons des intérêts mutuels compatibles. Et dois je vous rappeler que des bien plus grande familles sont divisées ? »

Brandon tenta de calmer la dispute naissante et aussi contourner la question épineuse du mariage inévitable,

« Je pense que la question du mariage peut attendre. Rien nous empêche d'attendre que la situation aux Conflans s'améliorent et ensuite décider en vue du résultat. Si l'idée d'un mariage avec les Frey peut être une bonne idée, il faudra forcement opter pour un des deux camps, avec tous les dangers que ceci comporte. Mais je propose de changer de sujet. »

La discussion dévia alors sur des sujets secondaires. C'est alors que Jaerl, en réfléchissant sur les dernières paroles de Brandon, eut une idée. Il voulut bien la proposer maintenant et dans ce lieu mais il se reprit en voyant le seigneur Cardon. Mieux valait attendre que ce sombre personnage ne soit pas présent car il était certain qu'il s'opposerait de toute force à ce projet.



©Chieuze

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