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 Quand une pieuvre s'adresse à un lion, mieux vaut le faire sous le regard de la lune. ♦ Intrigue IdF

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Erika Greyjoy
ILES
■ Localisation : Pyk
MessageSujet: Quand une pieuvre s'adresse à un lion, mieux vaut le faire sous le regard de la lune. ♦ Intrigue IdF   Mer 6 Jan - 11:44




La pieuvre et la lionne
ont rendez-vous avec la lune

L
à où le Fer avait résonné, quelques semaines auparavant, n’était plus que doucement bercé par le son agréable des vagues qui s’écrasent sur la roche. Les Iles de Fer semblaient s’être murées dans un silence doux et irréel. Pour l’heure, l’accalmie régnait jusqu’à la prochaine tempête, au sang de nouveau versé sur la pierre et dans la mer et aux cris des hommes tombant sous le fer des épées. Les Greyjoy avaient pris Holt-de-Fer sans grande difficulté, tuant tous ceux qui s’étaient dressés sur leur passage, offrant des vies au Dieu Noyé au nom d’une trahison envers leur nom et leur titre légitime. Hotho le Fou, comme certains l’appelaient, avait pris place dans la grande salle de la forteresse, son frère Greydon à ses côtés. Les survivants avaient fini par reconnaître leur grandeur et à se plier devant leur autorité, suppliant la clémence de l’homme pieuvre. S’il en épargna la moitié, Hotho décima l’autre dans une folie démesurée.

Mais les plus belles prises de guerre demeuraient bien les dames de cette forteresse. Lady Navaeh Beurpuits, femme-sel de feu Skeggi Wynch avait été bien facile à attraper, ne résistant pas un seul instant, protégeant du mieux qu’elle le pouvait son enfant qu’Hotho lui avait arraché des bras avant de le jeter à la mer. La native du Conflans avait ensuite été enfermée dans l’oubli des cachots de Holt-de-Fer où elle attendrait une décision quant à sa propre survie, pleurant son désespoir face à la perte de son fils. Si certains la plaignait, une autre s’était mise à l’envier. Erika Wynch, la sœur de Skeggi. Sa capture fut moins aisée que celle de la femme-sel. Celle que l’on connaissait pour son talent dans le maniement des poisons s’était avérée être une véritable harpie, n’hésitant pas à mettre le feu à la moitié de son laboratoire pour tuer le plus d’ennemis possible. Et quand Hotho finit par mettre la main sur elle, elle tenta même de mettre fin à ses jours, d’une fiole qu’elle portait autour du cou, contenant un poison mortel qui lui aurait évité bien des souffrances. Car, désireux de pouvoir faire souffrir les Wynch plus que de raison, l’aîné des Greyjoy avait pris un malin plaisir à torturer celle que l’on disait sans cœur. La résistance de la jeune femme était telle qu’elle ne plia jamais l’échine devant ce barbare qu’elle n’hésita pas même de qualifier de « combattant du continent ».

Il était devenu presqu’habituel pour elle de recevoir la visite d’Hotho pour qu’il puisse jouer avec elle, tel un chat s’amusant avec sa souris avant de se décider de la croquer. Mais la force de caractère et la fierté de la jeune femme ne cédaient pas. Et ses provocations ne cessaient jamais à tel point qu’Hotho lui promettait chaque jour une mort plus lente et douloureuse. Puis, après le passage d’Hotho, venait Greydon. Aux yeux d’Erika, il était d’avantage maître de lui et de ses actes que son frère mais n’en demeurait pas moins un sale Greyjoy, méritant la mort plus que nul autre. Là où Hotho la torturait physiquement, il venait lui expliquer le plus calmement possible quelles étaient les options restantes à la jeune femme, admirant autant qu’il le pouvait sa résistance et sa détermination dans ses opinions. Elle le rejeta, longuement, l’insultant au même titre que son frère. Mais avec les jours passant, il commença à apprivoiser cette jeune femme au cœur dur. Il n’hésita pas à répondre avec dureté, assurant à la brune la mort de tous les Wynch et la fin de leur maison, rappelant à Erika la manière dont Hotho avait traité le fils de Navaeh. Et il avait touché son seul point faible. Car oui, la Fer-Née cachait, sous la pierre et le fer qui recouvrait son cœur, un véritable attachement à ses racines et, plus encore, à son frère aîné. Si son dédain pour Doreah avait été aisé à mettre en valeur, son amour pour son neveu, Ciaran, avait été évident et serait facilement exploitable pour lui.

Et d’ailleurs, c’était fatiguée et exténuée mentalement qu’Erika fut interrompue dans ses pensées en cette fin de journée. Les cliquetis familiers de la clé tournant dans la serrure attirèrent son attention vers la porte qui s’ouvrit sur le cadet des Greyjoy. D’instinct, elle releva le menton et se redressa contre le mur où elle s’était adossée. Contrairement à d’habitude, il tenait un paquet dans ses bras qu’il lui lança. Dépliant le tissu, Erika découvrit une cape qu’elle observa sans réellement comprendre. « Debout, on va faire un tour. » Le regard de la brune se plissa et ses yeux sombres lui envoyèrent des éclairs. « C’est aimable, Greyjoy… Mais je ne suis guère votre animal de compagnie. Trouvez quelqu’un d’autre pour vous amuser. » « Ferme là, Wynch. Ne m’oblige pas à t’emmener de force dans un tintamarre épuisant, j’ai pas envie qu’Hotho entende tes jérémiades. » La dernière phrase l’intrigua. Hotho n’était pas au courant de cette promenade ? Fort bien, elle n’allait donc pas être exécutée pour l’heure. Elle se leva et enfila la cape, le cliquetis des chaînes qu’elle portait aux poignets accompagnant ses mouvements. Greydon s’avança vers elle et l’entraîna part le bras vers l’extérieur de la forteresse. « Qu’est ce que vous m’emmener faire, Greyjoy ? » Un sourire terrible se dessina sur les lèvres du Fer-Né. « La question serait plutôt « Auprès de qui je vous amène ? », ma belle… »

*******

L’eau des mers du Crépuscules qui bordaient l’Ouest de Westeros étaient étrangement calmes en cette journée. Le bateau ne portait que les couleurs des Greyjoy, arborant sur ses voiles une pieuvre monstrueuse et gigantesque. Les hommes présents à bord n’étaient que peu nombreux et s’en tenaient à leur travail, gardant le silence autant que possible, comme si personne ne souhaitait déranger cette sérénité ambiante qui régnait. Les Iles de Fer finirent par être bien lointaine et impossible à distinguer. En revanche, un autre bateau, plus gros, plus riche, avançait en direction des Fer-Nés. Greydon Greyjoy donna quelques ordres à ses hommes, cherchant à créer entre les deux bateau un pont afin qu’aucun des occupant d’un navire n’ait à monter sur l’autre bateau, et évitant également que ce qu’il avait à faire ne se fasse sur de misérables barques.

Il fit alors signe à l’un de ses hommes et celui-ci descendit dans la cale, se dirigeant vers les fers de la bâtisse maritime. Car c’était là qu’Erika avait passé le début du voyage. A ses questions, elle n’avait eu aucune réponse et à chaque silence, elle avait fait part de son agacement dans de grands cris rageurs. Aussi, voir un homme lui ouvrir la porte fut un soulagement. Se faire traîner sur le pont également, si elle oubliait les fers qui retenaient toujours ses mains à l’aide d’une longue chaîne. La luminosité ambiante lui fit cligner des yeux, plusieurs fois, le temps qu’elle ne puisse s’y habituer. L’air marin s’engouffra dans ses poumons dans un profond soulagement. Elle commençait à avoir en horreur les cages dans lesquelles on essayait toujours de l’enfermer. L’Empoisonneuse de Fer fut emmenée auprès de ser Greydon qui admirait la vue que lui offrait l’horizon, son regard posé sur un bateau qui attira bien vite l’œil de la jeune femme. Elle ne put alors réprimer un frisson d’horreur et se libérer d’un coup de genou bien placé de celui qui la retenait, s’avançant vers la proue du bateau, le cœur battant contre sa poitrine. Ses mains enchainées se posèrent sur le bois du navire et elle resta là, immobile, à fixer ce qui s’annonçait être un véritable cauchemar.

Les couleurs des voiles étaient reconnaissables entre mille. Rouges, flamboyantes, ornées d’un lion dressé vêtu de son manteau doré. Le cadet de la famille Greyjoy s’avança auprès d’elle, un léger sourire aux lèvres. « Un véritable spectacle, n’est-ce pas ? » « Greyjoy, dites moi que c’est une plaisanterie. » Greydon se mit alors à ricaner doucement avant de saisir la jeune femme par les épaules, fermement. « On n’apprécie pas les lions, Wynch ? » « Vous ne savez pas ce que vous êtes en train de faire… Ils sont fourbes, faux et ce sont des meurtriers… Si vous comptez me livrer à eux, alors… » « Vous livrer ? Non, je ne ferais pas l’erreur de jeter une parfaite monnaie d’échange en pâture aux lions… Nous allons négocier avec eux… Moi… Et vous. » La Wynch l’observa sans comprendre, soudainement prise de court par ce misérable vaurien. Il ordonna alors la préparation de l’amarrage et, bientôt, la pieuvre pourrait discuter avec son ami lion.

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MessageSujet: Re: Quand une pieuvre s'adresse à un lion, mieux vaut le faire sous le regard de la lune. ♦ Intrigue IdF   Ven 6 Mai - 13:23




La pieuvre et la lionne
ont rendez-vous avec la lune

L
a Veuve était sans conteste l’un des plus imposants navires de la flotte Lannister. Avec ses trois mats, ses voiles or et écarlate, ses six scorpions, sa baliste de proue et ses deux cents hommes d’équipage, le puissant dromon de guerre éclipsait bien des bâtiments sur cette côte occidentale de Westeros. A vrai dire, rares étaient ceux capable de rivaliser avec une telle puissance de feu. Seuls quelques navires Lannister et Tyrell etaient en mesure de supplanter la Veuve. Cette modernisation et ce réarmement d’une véritable flotte de guerre dans les arsenaux Lannister venaient de la volonté du seigneur suzerain en personne : Garett Lannister, qui avait ordonné que les Fer-Nes soient dorénavant le gibier en mer. Pour l’instant, le succès n’était guère trop au rendez-vous, mais toutefois, Port-Lannis et sa région disposaient enfin d’une solide flotte de défense, essentiellement composée de cotres côtiers et de galères légères. De plus imposants navires, comme la Veuve, composaient également les effectifs maritimes, afin de pouvoir mener la flotte de l’Ouest vers ces Iles de Fer si maudites dans les Terres de l’Ouest.
Campe sur sa dunette, Richard Farwell, commandant de la Veuve, observait son équipage a la maoeuvre. Ils avaient quitté Port-Lannis et le Roc en fin de soirée, pour une mission apparemment ultraconfidentielle. Un messager du Roc était venu prévenir Richard dans l’après-midi. Il devait cingler vers Castamere et son phare, et mettre en panne au large de la forteresse des Reyne. De là, leur véritable destination leur serait communiquée. Il avait été également prévenu qu’une personnalité de marque prendrait place à bord a Castamere et que la cabine du commandant devait être préparée a cet effet. Ce fut donc exécute en un temps record, et alors que le soleil était déjà bien bas, la fière Veuve profitait de la dernière marée pour quitter la rade du fief des Lions.

Plusieurs heures plus tard, arrives au large de Castamere, dont Richard avait pu observer les lumières au loin, ils avaient envoyé un signal en masquant le fanal arrière de la Veuve selon un code convenu. On leur avait répondu par un signal similaire sur la plage, et une demi-heure plus tard, une chaloupe était venue se ranger contre le flanc de la Veuve. Richard se rappelait encore comment cela s’était passe.

* * * * *

A cote du bastingage de la Veuve, Richard regardait la chaloupe aborder la paroi de son navire. Prévenu du haut rang de son passager, Richard avait fait installe l’escalier latéral qui permettait de gravir sans encombre le haut flanc du navire. Il patientait donc au niveau du haut de ces escaliers. Finalement, son invite mystère arriva en haut et descendit avec précaution sur le pont oscillant lentement au gré de la houle. Richard remarque une imposante quantité de tissus, notamment sur le crane, dissimulant la tête de la personne a qui ne la regardait pas de face. Toutefois, Richard était justement en face. Il fit les yeux ronds lorsqu’il reconnut la personne qu’il avait en face de lui.

Dame Johanna, c’est un honneur de vous recevoir à bord… Heu… Voulez-vous voir votre cabine. »

Elle se contenta d’hocher noblement le chef et suivit le commandant jusqu’à la cabine. La, une fois la porte refermée, elle jeta un regard surpris sur ce qui allait être son univers pour les prochaines heures. La Veuve avait été conçue pour servir de vaisseau amiral, sa cabine était destinée à accueillir des seigneurs de haute lignée, et était donc équipée en conséquence. Toutefois, la noble dame ne fit aucun commentaire et s’installa dans une banquette confortable taillée à même le bois de la coque.

Je prendrais bien un verre, commandant.. ?

- Richard Farwell, ma Dame, a votre service. Je vais vous trouver cela.
»

Quelques instants plus tard, la mère du seigneur suzerain buvait une fine gorgée de vin dornien du bord. Elle sembla savourer un instant l’apport du liquide sirupeux, puis, elle porta son regard autoritaire sur le commandant. Né d’une famille relativement aisée, Richard comptait parmi les notables militaires de Port-Lannis. Il n’était donc pas du genre à se laisser impressionner. Toutefois, il avait face à lui l’une des femmes les plus puissantes de l’Ouest, de sang royal, même. La maison Lannister avait perdu son statut de monarque un demi-siècle auparavant, mais personne dans les Terres de l’Ouest n’oubliait les siècles d’existence du royaume du Roc et de la mainmise des Lannister sur lui.

Bien, il est temps de vous révéler votre mission, commandant. Vous allez faire voile sans plus attendre vers les Iles de Fer. »

Richard crut qu’il avait mal entendu. Il jeta un regard surpris a la Dame qui leva les yeux au ciel d’un air exaspéré.

Nous devions rencontrer un navire portant la voile de la maison Greyjoy bien avant d’y arriver. Greyjoy, vous connaissez ? La pieuvre dorée sur fond noir.. »

Richard hocha du chef. Il n’était guère au courant des maisons nobles en dehors de l’Ouest, dont il connaissait les plus grosses. Mais il avait déjà croise ces maudites voiles a la pieuvre. Il ne comprenait toutefois toujours pas pourquoi il devait aller intercepter un tel navire. Mais il n’était pas assez fou pour poser des questions, Johanna Lannister n’était pas surnommée la Dame de Fer pour rien.

* * * * *

Désormais, ils étaient en vue du navire Fer-Ne portant la grand-voile des Greyjoy. La vision de ce navire n’inspirait ni confiance, ni sympathie à Richard qui se tendit naturellement. Ces navires, il les chassait et affrontait depuis des années. Et voilà qu’aujourd’hui, il devait ranger son navire le long d’un des leurs. Tout ceci puait le coup fourre. D’autant plus que Johanna Lannister n’avait rien dit de plus. Elle devait savoir ce qu’elle faisait. Il l’espérait fort.

Finalement, la Veuve arriva à hauteur du navire pillard. Richard jeta un coup d’œil à l’équipage de la Veuve. Ses hommes étaient tendus. Les armes étaient disposées partout, prêtes à servir en cas de coup dur. Sur le pont, la vingtaine de gardes du guet de Port-Lannis étaient prêts à tout eux aussi, avec leurs armures imposantes, leurs heaumes léonins et leurs lances affutées. Bien vite, ils installèrent une large planche entre les deux navires. Richard fit lâcher les ancres flottantes pour stabiliser un peu son navire dans la houle, puis, il alla chercher Johanna Lannister Reyne. Il se présenta à elle dans la cabine avec un ton respectueux.

Ma Dame, nous sommes prêts. »

Une fois de plus, elle ne dit rien, et se leva gracieusement, vidant d’un trait le fond du verre qu’elle sirotait. Puis, elle suivit Richard jusqu’à la fameuse planche. Elle jeta un regard méprisant à l’installation et ne fit pas un pas de plus. Elle toisa les Fer-Nés. Richard comprit qu’elle ne souhaitait pas venir à leur bord, et que c’était visiblement un sentiment réciproque.

Vous savez nager, commandant ? »

Richard hocha du chef, dérouté par cette question. Puis, elle lui fit signe de l’accompagner sur cette planche large et épaisse. Le commandant comprit. Elle ne savait sans doute pas nager et voulait s’assurer d’avoir quelqu’un pour la soutenir en cas de chute à l’eau. Face aux deux natifs de l’Ouest, un homme et une femme enchainée montèrent à leur tour, faisant vibrer la planche. Richard arbora un air sévère en les détaillant. L’homme avait tout du pillard Fer-Ne tel qu’on les détestait. Quant à la prisonnière, elle était aussi sale qu’une catin de Culpucier. Une triste compagnie pour Dame Johanna… Celle-ci fut la première à parler.

Je suis Johanna Lannister, femme du seigneur Byron Reyne. A qui suis-en train de m’adresser ? »




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Erika Greyjoy
ILES
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MessageSujet: Re: Quand une pieuvre s'adresse à un lion, mieux vaut le faire sous le regard de la lune. ♦ Intrigue IdF   Jeu 19 Mai - 23:13




La pieuvre et la lionne
ont rendez-vous avec la lune

L
a Wynch regardait les deux bateaux s’approcher l’un de l’autre avec un dégout profond. Comment les Greyjoy pouvaient-ils encourager une telle alliance ? Comment osaient-ils rencontrer les lions et les inviter à discuter avec eux sur leur avenir, eux qui avaient tué tant des leurs dans des assauts brutaux et désespérés, n’offrant aux adorateurs du Dieu Noyé que leurs larmes pour pleurer leurs pertes ? Les chaînes qui maintenaient ses poignets semblaient avoir disparues tant le poids qui était tombé dans son estomac était devenu lourd. Elle s’avança de nouveau vers Graydon. « Vous êtes aussi fou que votre frère et c’est bien cela qui vous vaudrait dix années de plus derrière des barreaux… » Le pirate des mers sourit d’un air satisfait. Il lui fit alors face et se saisit de son visage d’une seule main, caressant la joue creuse et cireuse de la lune sanglante. « Soyez gentille, Erika… Ne faites rien que vous pourriez regretter… Nous avons tous des intérêts à défendre et c’est pour les vôtres que j’ai jugé bon de vous faire venir ici. Ne gâchez pas votre chance. » Avec un semblant de tendresse, il fit glisser ses doigts sur la peau de la jeune femme qui fronça les narines, bien peu encline à se laisser charmer par des mots et des actes offerts par un barbare revenu d’un lointain souvenir. Elle le regarda avec mépris tandis que le bateau virait et larguait l’ancre, s’approchant de son homologue beaucoup plus luxueux. Des cordes furent lancées de part et d’autre afin de faciliter l’amarrage et un planche fut amenée. Graydon se pencha vers son oreille. « Allons. L’avenir des Iles de Fer dans ce monde nous appartient… A vous de montrer que vous souhaitez le construire avec vos pairs ou bien peut-être souhaitez-vous d’abord rejoindre le Dieu Noyé pour le voir se bâtir à ses côtés ? » La mâchoire de l’Empoisonneuse de Fer resta crispée, solidement fermée. Il n’aurait pas un mot de sa part et seule une indifférence froide. La Wynch n’était pas décidée à coopérer. Ni avec un Greyjoy, et encore moins avec un Lannister.

***

Graydon observa, tout sourire, une femme richement vêtue grimper sur la planche, aidée par ce qui semblait être son commandant de bord. Puis, il se hissa à son tour, sans aide aucune. En revanche, Erika sentit des bras se refermer sur elle et ses pieds quitter le sol. Le Greyjoy se saisit de ses chaînes pour faciliter la montée et ne les lâcha pas, comme bien conscient de ce qui menaçait. Et il aurait eu bien tort d’agir autrement. La lady se présenta et aucun respect n’eut le temps d’être présenté de la part des Fer Nés qu’une tension nouvelle fit son apparition. Tendue comme un arc, Erika vit alors rouge. Femme du seigneur Byron Reyne. La voix résonna dans sa tête, comme un mauvais souvenir, comme une aiguille brulante que l’on venait de lui planter dans le cœur. « Byron… Reyne…. ? » La voix de la lady Wynch était étranglée et son regard devint aussi noir qu’une nuit sans lune. Tout son corps se tendit et elle sembla bondir en avant, retenue bien trop vite par des chaînes. Elle laissa échapper un grognement rageur empli d’une frustration folle de cette soif de vengeance qu’elle souhaitait assouvir. Graydon éclata de rire tandis que tous les hommes du clan Lannister s’étaient tendus devant cette furie qui semblait prête à se jeter sur leur ancienne suzeraine.

Des Fer-Nés maintinrent en place l’Empoisonneuse qui ne souhaitait que bondir en avant, laissant la planche dangereusement tanguer dans des assauts désespérés pour essayer de se libérer et d’aller en avant. Le dernier né de la famille Greyjoy rit légèrement. « Pardonnez donc ma camarade de bord, ma lady. Je crois que vous auriez deviné qu’elle n’apprécie que peu votre mari… Après tout, il est responsable de la mort de l’un de ses frères… N’est-ce pas, Erika ? Était-ce Skeggi ou Eskil ? » D’un nouveau coup de rein, la jeune femme essaya de se libérer, rageant de nouveau en hurlant son désespoir et orientant sa colère vers le maître de bord du moment. Pourquoi jouait-il avec elle ainsi ? Lui qui avait toujours pris garde à faire d’elle une alliée plutôt qu’une ennemie, bien qu’elle n’ait jamais laissé une telle chance à lui de croire qu’il y parviendrait ?

Finalement, au vu de la dangerosité que montrait la planche, Graydon proposa que la discussion se fasse à bord de la Veuve. Quelques Fer-Nés protestèrent mais, d’une simple main levée, il les fit taire avant d’imposer ses lois à ses hommes. Les Ouestriens ne pourraient en être que ravis et cela leur permettrait d’avoir la furie Wynch un peu plus à l’œil. Mais il avait frappé fort en l’attaquant directement à ce qui la touchait le plus, et ce fut à genou qu’elle fut placée sur le bateau aux couleurs des lions. Puis, le frère d’Hotho Greyjoy fit une courbette vers celle qui avait su gouverner l’Ouest durant longtemps. « Lady Reyne, je suis plus qu’honoré de vous rencontrer enfin. Je suis Graydon Greyjoy, frère d’Hotho Greyjoy, le roi légitime des Iles de Fer. Et comme vous l’aurez compris, voici lady Erika Wynch, dernière représentante digne de ce nom de sa famille. C’est moi qui ait répondu à vos missives car il me semble qu’il est temps pour l’Ouest et les Iles de Fer de régler nos différends afin de pouvoir espérer aller de l’avant et voir nos maisons devenir prospères. »

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Le Chevalier Errant
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MessageSujet: Re: Quand une pieuvre s'adresse à un lion, mieux vaut le faire sous le regard de la lune. ♦ Intrigue IdF   Mar 24 Mai - 10:19




La pieuvre et la lionne
ont rendez-vous avec la lune

R
ichard Farwell n’avait jamais aimé les Fer-Nés, c’était un fait absolument implacable. De plus, la planche destinée à introduire un terrain neutre entre les deux navires ne lui plaisait guère. Il était de sa responsabilité de veiller sur Dame Johanna, et il n’était clairement pas possible pour le commandant de la Veuve de le faire au mieux de ses possibilités. Aussi, lorsque la Lionne de Fer se présenta à leurs deux interlocuteurs, Richard – ainsi que tous les autres – put voir le changement d’attitude dans le regard de la prisonnière que trimbalait celui qui semblait être le commandant du boutre Fer-Né. Richard eu un mauvais pressentiment et déposa une main anxieuse sur le pommeau de son sabre.

« Byron… Reyne… ? » demanda la prisonnière, visiblement estomaquée.

Elle se tendit brusquement tandis qu’elle voulait s’élancer pour sauter à la gorge de Johanna Lannister. Les chaines qui la retenaient prisonnière se tendirent violemment et elle fut arrêtée net. Un lourd grondement rugit alors, signe évident de la fureur qui habitait cette jeune femme. Derrière Richard, il entendit des sabres se dégainer, des piques se braquer et des arcs se tendre. Le chef Fer-Né éclata de rire, faisant diminuer d’un tout petit cran la tension qui s’était installée tandis que des hommes au surcot noir à la seiche d’or maintenaient la furie enchainée.

« Pardonnez donc ma camarade de bord, ma lady. Je crois que vous auriez deviné qu’elle n’apprécie que peu votre mari… Après tout, il est responsable de la mort de l’un de ses frères… N’est-ce pas, Erika ? Était-ce Skeggi ou Eskil ? »

Richard fit les yeux ronds. Ils avaient là face à eux l’une des sœurs de la maison suzeraine des Iles de Fer. Et soudain, la vision de la seiche d’or revint à Richard. Il s’agissait du blason de l’ancienne maison suzeraine, celle qui avait succédé aux Chenu sur leur royaume de sel et de roc. Greyjoy. C’était donc là la mission ? Prendre livraison d’une telle prisonnière ? On avait peu de rapports sur ce qu’il se passait dans les pourtant proches Iles de Fer. La présence renouvelée des Greyjoy en mer semblait tendre vers une révolte contre les Wynch, actuels dirigeants. Sans doute Sa Seigneurie Suzeraine Garett Lannister était au courant, mais Richard n’était qu’un simple commandant. Il ignorait tout de la politique des seigneurs de Westeros.

Le chef pirate finit néanmoins par se rendre à la raison et proposa que les négociations se tiennent sur la Veuve ce que Richard s’empressa d’accepter, une fois que Johanna Lannister lui ait signifié son accord d’un geste de la main. Bien entendu, l’équipage Fer-Né manifesta son désaccord mais le Greyjoy – Richard était certain que c’en était un – les fit taire d’un simple geste de la main. Menés par Richard, les protagonistes de la négociation se retrouvèrent finalement dans l’opulente cabine de commandement. Johanna s’installa derrière l’imposant bureau tandis que le Greyjoy fut placé sur une chaise lui faisant face. Visiblement friand du symbole, il refusa une chaise pour la fameuse Empoisonneuse de Fer pour lui préférer la voir rester à genoux, ce qui fut du goût de Richard, qui, lui, resta debout derrière Dame Reyne.

« Lady Reyne, je suis plus qu’honoré de vous rencontrer enfin. Je suis Graydon Greyjoy, frère d’Hotho Greyjoy, le roi légitime des Iles de Fer. Et comme vous l’aurez compris, voici lady Erika Wynch, dernière représentante digne de ce nom de sa famille. C’est moi qui ait répondu à vos missives car il me semble qu’il est temps pour l’Ouest et les Iles de Fer de régler nos différends afin de pouvoir espérer aller de l’avant et voir nos maisons devenir prospères. »

Richard adressa un regard glacial au Greyjoy. Ils disposaient là de deux otages de choix, et si cela n’avait tenu qu’à lui, il les aurait fait saisir immédiatement. Johanna Lannister restait impassible. Richard sentit qu’elle attachait plus d’importance à cette réunion qu’elle voulait bien le montrer. Les négociations n’allaient visiblement pas avoir pour seul but la prise en charge de celle qui était du sang des dirigeants des Iles de Fer. Johanna demanda un verre de vin à Richard, qui s’empressa de lui servir. Ceci fait, la Lionne de Castral Roc s’éclaircit la voix. Si cette dernière était plutôt cordiale, ou en tout cas dénuée de ressentiment ou d’agressivité, son visage était totalement fermé.

« Greydon Greyjoy et Erika Wynch. Soit. » répondit l’ancienne suzeraine avec grâce.

Elle les fixa de son regard émeraude l’un après l’autre. Comme si elle voulait jauger leur force intérieure. L’atmosphère de la cabine sembla soudainement particulièrement lourde à Richard. Derrière Johanna, sur la paroi de bois qui séparait la cabine de l’océan, était tendue une grande bannière au lion d’or. Richard n’imaginait même pas comme la mère de leur actuel suzerain devait être impressionnante.

« Vous pouvez effectivement proclamer votre frère Hotho Roi des Iles de Fer, oui. Seulement, ce ne sera pas du goût de tout le monde, en particulier à Port-Real, actuellement assiégée par l’Ouest et l’Orage. Mais soit, passons. »

Là-dessus, Richard ne pouvait qu’une nouvelle fois abonder dans le sens de la Dame de Castamere. Il ne pouvait il n’y avoir qu’un Roi en Westeros, et jamais les Targaryen ne laisserait un autre qu’un des leurs porter ce titre.

« Effectivement, Greyjoy, nous avons discuté par missives, et maintenant me voici. Vous savez ce que je veux, c’est simple. Je veux que vous m’aidiez à ce que Tommen Lannister, fils de Garett, petit-fils de Loren, héritier de la maison Lannister, de Castral Roc et des Terres de l’Ouest, retourne chez lui, auprès de son père. Et vu que vous m’apportez ici une Wynch, je suis prête à négocier pour repartir avec cette catin également. »

Elle avait prononcé le nom de famille d’Erika avec un tel dédain mêlé à une telle haine que même Richard en fut surpris.

« Je ne sais rien de votre situation, Graydon Greyjoy. Racontez-nous où vous en êtes dans vos plans, ce que vous comptez faire et ce que vous attendez de moi. »




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Erika Greyjoy
ILES
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MessageSujet: Re: Quand une pieuvre s'adresse à un lion, mieux vaut le faire sous le regard de la lune. ♦ Intrigue IdF   Mer 1 Juin - 11:44




La pieuvre et la lionne
ont rendez-vous avec la lune

E
lle ne lâchait plus la dame de Fer de son œil mauvais. Elle n’aurait pas été enchaînée, l’Empoisonneuse l’aurait probablement étranglée avec toute la rage que pouvait contenir son corps à l’apparence frêle mais qui était bien plus fort et qui avait déjà survécu aux assauts d’Hotho Greyjoy et de sa folie. Les Fer-Nées n’étaient pas comme toutes les autres femmes de Westeros, bien au contraire. Elles étaient fortes, dotées d’un caractère bien trempé ce qui faisait d’elles de véritables guerrières qui n’hésitaient pas à combattre. Erika était un peu différente. Elle n’avait jamais souhaité prendre les armes et devenir capitaine d’un bateau avec lequel elle aurait fendu les eaux à la recherche de toujours plus de combats et d’aventure. Elle avait préféré une voix plus sage, apprenant à manier une arme tout autant efficace qu’une épée. Les talents de guérisseuse qu’elle avait acquis s’étaient révélés utiles de bien des manières, mais avaient aussi été impuissants dans d’autres circonstances. Et aujourd’hui, si elle se retrouvait dans cette posture, c’est parce qu’elle n’avait pas eu le temps de s’offrir sa propre médecine. Son cœur s’était recouvert de roc et nulle émotion ne semblait l’atteindre. Sauf cette colère, cette envie de vengeance…

A genoux aux côtés de la chaise de celui qui la retenait prisonnière, elle soupira de nouveau, se demandant encore et encore ce qu’elle faisait ici. Si c’était là la manière de Graydon de torturer la jeune femme, alors elle commençait à apprécier les méthodes utilisées par son frère. Les fers lui retenaient les poignets et il tenait fermement la chaine, comme retenant un animal sauvage malgré lui. Cependant, elle n’était pas encore sourde et muette et pouvait bel et bien assister et participer à la conversation si le cœur le lui en disait. Le fait que le Fer-Né la reconnaisse comme dernière représentante de sa famille était un honneur car, elle-même doutait de la légitimité de Doreah et du fait qu’elle se proclame comme étant une Wynch. Erika releva doucement le menton tandis que la blonde qui lui faisait face la toisait d’un air mauvais qu’elle n’hésita pas à lui rendre. Il en fallait plus à la jeune femme pour se montrer impressionnée et ce n’était guère plus que la femme d’un meurtrier.

La Reyne souleva alors qu’il ne pouvait y avoir de Roi sur les Iles de Fer étant donné que le seul vrai Roi siégeait à Port-Réal et que ce trône était, pour l’heure, peut être inoccupé. La Fer-Née eut une moue mauvaise envers la lionne. « Les Fer-Nés ne se soumettront jamais à d’autres qu’à eux-mêmes. » Graydon de releva pas, se contentant de sourire comme pour appuyer ce qu’elle venait de dire sans hésitation. Mais la dame de Castamere ne releva pas, poursuivant ses dires. Ainsi, Erika put apprendre bien des choses. Graydon et Johanna avaient conversé par missives afin de convenir de cette rencontre, exposant parfois leurs souhaits quant à celle-ci. L’héritier du Roc. La brune eut un léger sourire quand elle aborda l’héritier de l’Ouest. Ce gamin pleurnichard qui croupissait dans les geôles de Pyke depuis maintenant presqu’un an. Le récupérer ? Et puis quoi encore ? Elle pensait réellement que tout irait dans son sens ? Pire encore, elle insulta la jeune femme et la demandait même en captive. Erika laissa échapper un grognement sourd, adressant un regard noir à la jeune femme et tirant un peu sur les chaînes pour essayer de se libérer de cette emprise. Le Greyjoy aussi semblait surpris de cette requête. Visiblement, il ne s’était pas attendu à ce genre de chose.

Puis, la Reyne demanda au Fer-Né qu’elles étaient ses propres motivations et ambitions. Erika tourna le regard vers celui qui l’avait enchaînée, consciente qu’elle aurait quelques réponses à avoir. Il eut un sourire amusé. « Oh, mais je veux avant tout une paix durable entre les Iles de Fer et le monde qui les entoure, à commencer par l’Ouest… Malheureusement, notre région subit un conflit interne… Mais peut-être pourriez-vous nous aider à le régler… » La brune ne comprenait plus grand-chose, fronçant les sourcils. Le Greyjoy se leva de sa chaise et se plaça derrière elle. « A l’heure où nous parlons… Les Iles de Fer se déchirent entre Greyjoy et Wynch. Les vassaux ne savent plus où donner de la tête et ne savent plus qui écouter et suivre. » Erika serra la mâchoire, consciente que quelques regards s’étaient braqués sur elle. Le Pirate poursuivit. « Mon frère n’a guère apprécié ces années derrière les barreaux glacés et humide de Conflans. Son esprit semble un peu… Perdu. Il espère reprendre le contrôle de la région dans la violence et en éliminant tous ceux qui se dresseront sur sa route. Un jour, tu me remercieras d’être arrivé avant qu’il ne te noie complètement, Wynch. » Il était vrai qu’elle avait passé un sale quart d’heure lorsqu’Hotho avait mis la main sur elle, la noyant à moitié dans un seau. Graydon avait fini par faire entendre à son frère qu’elle ferait une parfaite monnaie d’échange à l’égard des Wynch et l’avait fait enfermer.

Le Greyjoy posa ses avant bras sur le dossier de la chaise, s’appuyant dessus. « Il n’est pas apte à gouverner. Je suis plus… Réfléchi. Et je commence à en avoir assez de réparer les actes de folies d’Hotho. J’ai donc commencé à mettre en place mes propres idées, lady Reyne, d’où ma présence ici. » Il finit par se rasseoir sur la chaise qui était sienne. « Erika Wynch n’est pas réellement une prisonnière et encore moins une monnaie d’échange. Elle vaut bien plus qu’elle ne peut l’imaginer elle-même car elle peut m’aider à arrêter cette guerre entre Wynch et Greyjoy… » D’une main délicate, il vint caresser la joue de la jeune femme qui dégagea sa tête de ce contact dérangeant. « En réalité… Je peux vous satisfaire toutes les deux… Vous, lady Reyne, vous souhaitez récupérer Tommen. Je peux vous le rendre dès lors que j’aurais repris Pyke. Et vous Erika… ? Que souhaitez-vous réellement au fond de vous, hormis ma tête et celle de lady Reyne ? » Il touchait son point faible. La brune leur adressa un regard mauvais avant de baisser doucement le regard. Oui, il y avait une chose qu’elle souhaitait préserver plus qu’elle-même de cette guerre. Un précieux petit trésor, seul vestige de la vie de son frère. « Ciaran… » Les enfants étaient une chose précieuse et lady Reyne ne pourrait contredire cette faiblesse. Le neveu d’Erika, fils de Skeggi, héritier de la maison Wynch. C’était tout ce qu’elle souhaitait sauver. Elle croisa le regard de la blonde, la toisant d’un air de défi, comme attendant qu’elle n’ose la juger pour lui sauter à la gorge et mordre. « Je vois que vous retrouvez la raison… Je peux tout autant épargner votre neveu et sa mère que Tommen… » « Non. » Sa voix claqua comme un fouet et tous les regards convergèrent vers elle. « Faites ce que vous voulez de Doreah. J’n’en ai cure. » Graydon éclata de rire. Un rire franc et amusé. « Aaah, la famille… Je vous souhaite de vivre paisiblement avec la votre lady Reyne… »

Il ricana alors quelques instants encore avant de reprendre. « Bien, maintenant que je connais vos attentes à tous les deux, je vais pouvoir formuler les miennes… Lady Reyne, j’ai été informé que votre fils Garett avait engagé un mercenaire des flots pour les combats à venir. Un certain Chenu… J’aimerais être tenu au courant de ses déplacements après la bataille de Port-Réal. L’ère des Greyjoy s’annonce, il ne faudrait pas qu’un autre estime avoir le droit de réclamer le trône de Sel et de Roc. Dès lors qu’il sera mort, Tommen vous sera rendu. N’hésitez donc pas à l’abattre vous-même. » Harwyn Chenu. Certains murmuraient qu’il souhaitait reprendre le trône qu’il estimait être le sien. Et ça, les Greyjoy n’étaient pas prêt à le laisser faire. Graydon s’interrompit alors, et Erika plissa les yeux, sentant venir un mauvais coup. [b]« Mais quel idiot je fais, j’en oublie vos propres requêtes… Vous devez bien attendre quelque chose l’une de l’autre également non ? Allons, mesdames, c’est une triple alliance que nous sommes en train de forger… »[/b)

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The Iron Poisoner
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Le Chevalier Errant
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MessageSujet: Re: Quand une pieuvre s'adresse à un lion, mieux vaut le faire sous le regard de la lune. ♦ Intrigue IdF   Mar 7 Juin - 11:09




La pieuvre et la lionne
ont rendez-vous avec la lune

D
e l’avis du commandant Richard Farwell, toute cette mascarade ne pouvait guère mener à une fin satisfaisante. Il n’était en tout cas pas à l’aise avec cette situation. Il était un homme d’action, le commandant de la Veuve, le joyau de l’Ouest, la fierté de Port-Lannis. Que lui importait une négociation pareille ? Ce qui comptait, c’était de faire en sorte que jamais les Iles de Fer ne puissent constituer une nouvelle menace. Toutefois, Richard n’était pas non plus totalement dénué de bon sens. La présence de l’héritier de l’Ouest dans les geôles des Fer-Nés avait de quoi amener à réfléchir.

A ses côtés, tranquillement installée dans son siège, la Dame de Castamere jaugeait ses interlocuteurs d’un air aussi noble que narquois, certaine de son avantage. Si elle doutait de quoique ce fût, elle n’en laissait rien paraître. Elle se contentait de fixer son interlocuteur principal, délaissant la jeune femme qui était enchainée à ses côtés. Et quel interlocuteur ! Ce Greyjoy avait décidemment de la ressource, se rendit compte Richard. Et de la suite dans les idées, aussi.

Ainsi, l’archipel des Fer-Nés avait sombré dans la guerre civile. Voilà qui était une nouvelle intéressante. Et ce n’était pas la seule information qui allait surprendre le commandant de l’imposante nef de l’Ouest. Il commença par mettre en avant sa volonté de résoudre – entre autres – le conflit ouvert opposant Iles de Fer et Terres de l’Ouest. Richard en doutait légèrement, même si force était de constater que la guerre avait déclarée par les Wynch, dont la mainmise était désormais contestée par les Greyjoy de retour d’exil. Il alla jusqu’à laisser entendre que Johanna Lannister pouvait les y aider. Si les vassaux restaient indifférents au conflit actuel entre la Lune et la Seiche, alors Richard comprenait sans peine ce que venait chercher ici Greydon Greyjoy. Cet homme, en plus d’imposer le respect par sa présence, était plus fin que de prime abord. Sans doute était-il partie prenante dans l’organisation de cette rencontre. Et la suite de ses propos ne fit que confirmer cette impression. Quel que soit l’état mental de son frère, Greydon entendait visiblement être le véritable suzerain local. S’en suivit une référence à un évènement que ni Richard, ni sa passagère ne connaissaient, destinée à la prisonnière.

Puis, Greydon se retourna de nouveau vers eux et dévoila sans remord ses plans. Il ambitionnait donc réellement de gouverner, au moins indirectement, les Iles de Fer. Toutefois, il réfuta aussitôt les questions de Johanna portant sur Erika. Il n’avait aucunement l’intention de céder la Wynch. Richard fronca les sourcils d’exaspération. Pourquoi, dans ce cas, l’avait-il amenée ? Il insista sur l’importance que pouvait revêtir la Wynch. Puis, pour finir, il l’associa aux négociations, du moins en partie, en lui demandant ce qu’elle aussi désirait. Elle murmura un prénom inconnu du commandant. Ciaran. Qui qu’il fût, Richard n’avait jamais entendu parler de lui mais il surprit du coin de l’œil l’échange silencieux entre les deux femmes. Peut-être l’Ouest avait quelque chose à voir avec ce prénom ? Mais non, c’était visiblement une négociation tri-partite. La Wynch défendait donc les intérêts de sa propre maison. Wynch, Greyjoy et Lannister, donc. En bon négociateur, meilleur que ce que Richard aurait cru, Greydon avait recueilli les exigences des deux femmes avant de s’apprêter à présenter les siennes.

Elles étaient relativement simples. Il suffisait de se débarrasser d’un mercenaire. La mort d’un étranger contre le retour de l’Héritier au Roc ? Pour Richard, la décision était toute prise. Toutefois, Dame Johanna ne l’entendait visiblement pas de cette oreille. Une fois que le Greyjoy eut terminé sa dernière tirade, le silence recouvrit la cabine, s’abattant sur eux tel une chape de plomb. Johanna Lannister prit une gorgée de son verre de vin. Lorsqu’elle reposa le gobelet d’argent pur, il émit un bruit mat qui se répercuta dans la salle. Tout autour d’eux, le vaisseau grondait et grinçait des bruits habituels d’un navire ayant mis en panne.

« Vous me demandez la mort d’un homme que je ne connais pas. J’aurais tendance à vous l’accorder, sire Greyjoy, mais il me semble que ce même homme porte le nom de la plus illustre des maisons de chez vous. Les Rois au Sang Noir ne sont-ils pas vos souverains – pardon, suzerains – légitimes ? Pourquoi ne devrais-je pas plutôt le soutenir, lui ? En échange de la puissance de l’Ouest, il pourrait nouer une alliance définitive avec nous. »

Elle leur fit un sourire aussi charmant que noble. Richard se fit la réflexion que bien des hommes avaient dû succomber à son charme royal. Toutefois, le sourire disparut bien vite pour se retrouver dissimulé derrière une attitude déterminée. Son regard s’était posée sur la Wynch.

« Ce que j’exige de la famille Wynch n’a que peu d’importance si les Greyjoy reprennent le pouvoir. »

Ses yeux d’émeraudes allèrent se poser brièvement sur Graydon. Elle les jaugea tous les deux, d’un air impérieux.

« Vous représentez le pouvoir ancien et futur des Iles de Fer. Mon exigence suivante vous concerne donc tous deux. A vous de vous mettre d’accord. Les Sept Couronnes aspirent à la paix. Bientôt, la guerre civile se terminera et le Conflans, l’Ouest et le Bief recouvreront leur puissance d’antan. Les Iles de Fer seront de nouveau dans l’impossibilité de faire face. Vous avez donc tout intérêt à aussi négocier la paix avec les Lannister avant que ceux-ci ne reviennent de la capitale. »

Elle se tourna vers la grande tenture suspendue derrière elle, regardant cet imposant lion d’or rugissant sur champ écarlate.

« Faire la paix avec l’Ouest, c’est faire la paix avec le Bief, dont la flotte Redwyne. Si vous voulez la paix, il vous faut la mériter. Livrez-moi Doreah Wynch, qu’elle soit jugée pour les crimes commis contre l’Ouest et la famille suzeraine. Enfin, ma dernière exigence si vous souhaitez la paix, Greyjoy, c’est que la Flotte de Fer soit désarmée. Désarmée de moitié, au moins. Vous pouvez la brûler ou la vendre, peu m’importe. »







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Quand une pieuvre s'adresse à un lion, mieux vaut le faire sous le regard de la lune. ♦ Intrigue IdF

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