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 Our Honor needs to be Higher • Catelyn

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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Our Honor needs to be Higher • Catelyn   Mer 27 Jan - 9:28




Our Honor needs
to be Higher

L
a brune poussa un soupir. Depuis sa fenêtre, elle observait longuement l’extérieur de la forteresse qui était devenue sa prison depuis quelques années. Les Eyriés étaient perchés au milieu des montagnes et les observer semblait apaiser Etaine Arryn. La Princesse déchue de Dorne ne s’était pas encore fait entendre en cette journée ensoleillée. Murée dans un silence presqu’effrayant, elle n’avait fait que regarder l’horizon qu’elle connaissait désormais aussi bien qu’une œuvre d’art qui aurait trouvé sa place dans sa chambre depuis toujours. Ses longs cheveux noirs corbeau tombaient sur ses épaules dans une cascade ondulée d’un or noir brillant. Ils n’étaient ornés que d’un léger diadème aux couleurs des Arryn qu’elle ne quittait que peu depuis son retour en ses terres natales. Une robe aux mêmes teintes venait épouser parfaitement ses formes gracieuses et portait malgré tout quelques marques de fabrication Dornienne. La jeune femme avait du mal à retrouver sa véritable identité tant elle s’était muée en plusieurs Etaine durant sa vie. Il y avait eu celle qui s’était fait louve auprès de ses chers et aimés cousins, celle qui avait séduite un Prince dornien, et celle qu’elle avait toujours été, oiseau normalement léger et enthousiaste qui avait laissé ses plumes se peindre d’un noir endeuillé et glacial.

Depuis cette annonce qui avait tout chamboulé, de nombreuses choses s’étaient produites. Etaine avait envoyé une lettre auprès de la princesse Nymeria, espérant recevoir de sa part une certaine clémence et pourvoir revenir auprès de sa belle-famille. Mais le silence éloquent auquel elle faisait maintenant face ne pouvait qu’être de mauvais augure. Celle que l’on appelait la Colombe du Val ne pouvait plus regarder ses enfants sans sentir son cœur se glacer tant les jumeaux Jace et Abel ressemblaient à leur père. Et cela lui était terriblement douloureux. Son deuil, elle l’avait commencé à la mort de cette assassin que Maegor avait envoyé pour empoisonner Tristam. A cet instant seulement, elle avait pu essayer de passer à autre chose, conseillant son frère et cherchant à venger le terrible affront que les Arryn ont connu. Mais Martyn semblait bien las de cette sœur indomptable et préféra la faire taire en la condamnant à un nouveau mariage avec un fils cadet de la famille Veneur. Jamais la belle ne s’était sentie autant insultée qu’en ce jour et la satisfaction du couple suzerain du Val ne faisait que l’écœurer d’avantage. Alors elle s’était refermée sur elle-même, dressant dans son esprit des plans terribles pour qu’enfin on puisse l’entendre comme on le devait. Elle n’avait rien contre son frère, si ce n’était qu’il semblait être destiné à être aussi sot que leur père. Ne comprenait-il pas que, son innocence prouvée, elle désirait enfin revenir au premier plan, elle que l’on trouvait d’une grande beauté et qui avait été grandement blessée durant toutes ces années ? Quelques missives du Val lui étaient déjà parvenues et elle savait que de nombreuses familles soutenaient son deuil et son retour sur la scène des Sept Couronnes.

La porte de sa chambre s’ouvrit et elle ne put que détourner son regard pour accorder de l’attention à celle qui venait de perturber sa contemplation quotidienne. Une servante s’inclina devant elle et celle qui se faisait entendre autant qu’une harpie haussa des sourcils curieux et intrigués tandis que la bouche de la jeune fille qui lui faisait face s’ouvrit. « Ma Dame. Votre cousine, lady Catelyn, tient à vous faire dire qu’elle se trouve aux Eyriés. » Une lueur éclaira le regard de la princesse déchue et, sans demander son reste, elle quitta rapidement ses appartements, se ruant à la recherche de Catelyn dans toute la forteresse des Eyriés. Son cœur battait fortement contre sa poitrine. Depuis combien de temps ne l’avait-elle pas vue ? Très certainement depuis le jugement des Sept où elle avait fini par être stoppée de force sous peine de commettre l’irréparable. Elle avait plus que hâte de retrouver ce seul membre de la famille qui avait encore suffisamment confiance en elle et foi en elle pour lui parler. Catelyn la soutenait et Etaine le lui rendait bien, ça avait toujours été ainsi. Et aujourd’hui, comme elle attendait des missives qui n’arrivaient jamais, Etaine s’empressa d’aller écouter les conseils de sa cousine.

Les couloirs s’enchainaient tandis que ses pas pressés se répercutaient sur les murs froids et austères de la grande forteresse des Eyriés. La Colombe courrait presque et ce fut essoufflée qu’elle aperçut sa bien aimée et tendre cousine. « Catelyn ! » Elle avait presque crié son prénom, un large sourire venant se dessiner sur ses lèvres. Elle parcourut les derniers mètres qui la séparait de la blonde en courant et tenant un pan de tissu de sa robe dans sa main. Oui, Etaine pouvait encore être transpercée par la joie et l’enthousiasme et ces moments rares faisaient chaud au cœur. Mais ils étaient aussi éphémères que rares, les rendant toujours plus surprenants et précieux. Elle serra alors Catelyn Rougefort dans ses bras, l’étreignant comme la sœur qu’elle aurait pu être. « Oh, ma chère cousine, tu ne peux imaginer à quel point je suis heureuse de te voir… »

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Catelyn Rougefort
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Rougefort, Val d'Arryn.
MessageSujet: Re: Our Honor needs to be Higher • Catelyn   Mar 28 Juin - 21:52

Our Honor needs to be higher
You taught me the courage of stars before you left. How light carries on endlessly, even after death with shortness of breath, you explained the infinite. How rare and beautiful it is to even exist. I couldn’t help but ask for you to say it all again. I tried to write it down but I could never find a pen. I’d give anything to hear, you say it one more time, that the universe was made just to be seen by my eyes. With shortness of breath, I’ll explain the infinite how rare and beautiful it truly is that we exist.

Là-haut dans les nuages, tout en haut du col de la pointe du Géant, dans les appartements de Catelyn Rougefort, née Arryn, le faucon azuré trône fièrement sous le dais majestueux. Depuis des siècles, il tait les secrets des alcôves endormies. Rêves et cauchemars, grandeurs et décadences de Westeros. Il observe. Pourtant révolu, ses traits figés rappellent un temps non si lointain. Un temps où les hommes se faisaient encore appeler Rois de la Montagne. Un temps où le Val n’avait pour seul dirigeant qu’une main issue de la plus noble et pure maison de Westeros. Son destin avait commencé à lui échapper au moment où ses insignes royaux avaient été déposé aux pieds d’Aegon Targaryen. Six mille ans de règne balayés en quelques mois. Dans le silence de la broderie, des quarante-huit dernières années nul n’y faisait référence. Le temps était encore à la gloire de ces ancêtres tant adulés… Le temps des héros. Un temps que même son père avait connu. Douloureux héritage que celui des chaines forgées. Dans cette contemplation, ses yeux félins se sont perdus. Une contemplation qui a bercé son enfance et qui aujourd’hui… résonne tout autrement.

Les hautes lumières font miroiter les tissages à trois fils d’argent et sa vie défile. Lentement. Lentement. Lentement. Il y a des brides d’échos, des mélodies, des couleurs, des visages… Il y a cette insatisfaction qui lui tenaille le ventre. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours été là. Malheureuse sensation, probablement liée à la disparition précoce et oubliée de sa mère. L’absence de frère. Oui, cette absence de mâle pour perpétuer sa lignée. La branche cadette de la maison Arryn. Les dernières gouttes de sang des Rois de la Montagne. La fille unique du dernier prince. Princesse sans aucun titre, son importance avait été là : trouver un moyen de garder ce précieux héritage et de faire ce qu’un frère aurait du lui apporter, une transmission. Martyn, l’héritier du Val, son cousin, avait été la seule clé de cet échiquier. Un échiquier sur lequel son père l’avait poussé, sans réellement sans rendre compte. Peut-être. Roslinn n’avait été qu’un contretemps. Une épine dont lui était tombé amoureux. Un contretemps qui avait voulu à Catelyn les couleurs qui scindaient aujourd’hui ses anciens appartements.

Au départ, ils étaient quatre. Quatre héritiers du plus noble des sang Andals, mais dont à présent il ne restait rien. Leandra, mariée à Oberyn, la lignée était rompue. Etaine, vouée à se venger contre son affront. Deux enfants. Royaux, soit, mais déclarés bâtards. La lignée était rompue. Du reste, jamais le sanguinaire soleil de Dorne n’éblouirait les faucons d’argent. Quant à Martyn il avait confondu sa chair avec une étrangère. Une Tyrell. Une étrangère qui mis à part une malheureuse fille, demeurait infertile. Loreleï et le mariage de ses parents rompaient la lignée. Finalement, il n’y avait qu’elle qui demeurait au Val. Nous sommes le roc. La maison Rougefort était ancestrale, liée depuis les premiers âges à cette terre. L’insatisfaction était toujours logée en elle, et plus que jamais elle était persuadée d’être la clé de leur avenir. Le calcul était simple. Le calcul était froid.

Ses doigts brassent l’atmosphère dans une danse silencieuse. Un rythme ondulant. Un soupçon d’envol. Ces derniers mois n’avaient été qu’injure. Le Jugement passé, elle s’était confinée à Rougefort, loin de son père et de sa cousine, désormais seule alliée, Etaine. Leandra était trop loin, elles ne pouvaient compter que sur elles-mêmes. Oui, mais à quel prix? Déjà Martyn, dans sa fureur acariâtre, rabaissait Etaine à une union impure. Si Eoden souriait à l’idée de se rapprocher du Gouverneur et du Conseil, nul doute que sa promise ne l’entendait pas de cette manière. Catelyn, après la même injure et bien que des mois plus tard, pouvait toujours ressentir le glaive enfoncé dans son coeur. Avant même leur naissance, les Arryn étaient élevés pour dédier leur vie à leur Maison, leur famille et leurs sujets. Depuis quand le chef de leur maison les dépouillait-il de leur destin? Depuis quand voyait-on un faucon replié entre des ailes tremblantes, désarmé de toute adversité? Catelyn était déjà las de la bataille qu’elle était venue mener. La naissance de Loreleï n’était qu’un prétexte. Seul un fou y aurait cru. Loreleï était une chose insignifiante, une Arryn au titre contestable et qui n’en avait qu’un héritage dilué. Son pauvre sang Biefois était bien trop frêle pour l’air des montagnes. Combien de temps avant qu’elle n’expire dans son sommeil? Combien de temps encore les Valois attendraient pour un avenir assuré? Sa main droite retombe sur son bas ventre. Combien de temps, encore, devrait-elle attendre?

« Ma lady ? Ma lady, Ser vôtre époux vous fait dire qu’il est avec Ser vôtre père. Souhaitez-vous vous reposer jusqu’au souper? Pendant votre absence, vos malles sont toutes arrivées, aussi …

- J’aimerais que tu ailles prévenir Lady Etaine de mon arrivée. Personne n’a du le faire. Va sur le champs et hâtes-toi. »



L’intimité du fil de ses pensées s’est évaporée. Toujours perdue dans sa contemplation, Catelyn murmure « Et toi, combien de temps encore te faudra-t-il pour te réveiller de ta sieste séculaire? » Son sourcil s’arque, déterminé, mais le rapace ne réponds pas. Il reste figé et silencieux. Alors, son rire s’élève, étouffé dans les tentures du lit. Sa main, quelques instants de plus, reste sur son désir le plus cher avant de se hisser hors de l’alcôve. Dans un dernier soupir, sa robe balaie la pierre de ses pensées secrètes. Ombre, elle passe dans la pièce adjacente. Un labyrinthe de malles aux armoires Rougefort. Jace et elle étaient arrivés un peu plus tôt, elle n’avait pas encore eu le temps de superviser l’emménagement. Elle avait en effet passé les précédentes heures avec Roslinn. Difficile entrevue, mais qui l’avait renforcé dans ses convictions, du reste quasi-inébranlables. A présent, elle aurait du superviser leur arrivée, mais son coeur l’appelait ailleurs. Sa belle-mère pourrait bien lui dire qu’elle n’était pas aux soins de son fils, aujourd’hui elle était de retour chez elle. Loin de ces futiles instances, elle seule décidait. Dans un grincement d’acier, elle extrait la robe qu’elle arborera ce soir. Lapis-Lazuli. La couleur ancestrale. Il était temps de …



« Catelyn ! »



Son coeur se soulève, laissant la soie glisser sur le sol. Cette voix… Son corps connait parfaitement les murs et les couloirs de la forteresse et c’est avec une fièvre certaine qu’il s’élance hors des appartements. Comme cette voix lui avait manqué! Comme le temps avait été long! Il ne lui faut que quelques instants pour se retrouver dans les bras aimés. Elle laisse sa joue aller contre celle d’Etaine. Le destin était une chose étrange… Enfants, qui aurait pu croire à cette réunion furtive? Leurs mains se joignent dans un concert d’émotions.

« Oh ma chère cousine, tu ne peux t’imaginer comme je suis heureuse de te voir…
- 
Etaine, chère Etaine, me croirais-tu si ce bonheur est partagé? Long a été le temps loin de vous, mais il ne nous échappera plus désormais. Pour le temps que je suis ici, chez nous, il ne nous échappera plus. Elle recule doucement pour observer les traits de la Colombe du Val. Ils étaient tirés par les maux et les angoisses et ce court moment de bonheur fut vite estompé. Son regard caresse son visage dans une incompréhension nouvelle ; quand le Temps a-t-il commencé à nous échapper? Ô Etaine, très chère Etaine, de quels courroux les Sept nous ont-t-ils frappé? »

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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: Our Honor needs to be Higher • Catelyn   Sam 2 Juil - 23:41




Our Honor needs
to be Higher

L
a chaleur de l’étreinte fut aussi douce que réconfortante pour la Colombe qui redevenait celle qui avait été un élan de paix pour le Val, une main tendue vers Dorne. Sa bien-aimée cousine était là, contre elle et elle pouvait la toucher et la sentir à ses côtés autant physiquement que dans leurs esprits. Car oui, si une personne n’avait jamais tourné le dos à celle que l’on se plaisait à surnommer la Harpie, c’était bien le Chaton du Val, tout aussi révolté que sa cousine devant les décisions formelles et sans appel de Martyn, le seul homme de leur famille. La joue posée contre celle de son adorée cousine, Etaine se sent renaître. Les ailes qui on longtemps reposé dans son dos, craignant ne plus pouvoir la porter et l’emmener loin de toute cette agonie se déploient de nouveau, lui rendant sa superbe. Rares étaient les moments où ce phénomène se déroulait et Catelyn était l’une des seules à pouvoir le déclencher, faisant céder en sa faveur le cœur de la Arryn.

L’étreinte ne dura pas mais le contact demeura. Les mains liées les unes aux autres, elles ne voulaient plus se séparer, plus maintenant. Le temps avait été bien long et la brune ne tarda pas à le souligner en mettant en avant le manque qu’elle avait ressenti avec sa cousine aussi loin d’elle. La belle du Val avait beau vivre à Rougefort, non loin des Eyrié, la Colombe ne pouvait que la croire à l’autre bout de Westeros tant les visites se faisaient rares. La correspondance avait tenue bon entre les deux jeunes femmes, laissant leur passion dévorante se livrer à travers l’encre versée sur le papier. Toutes deux pensaient les mêmes choses et pourtant, elles ne semblaient que peu capable de le hurler encore bien fort sur tous les toits tant Martyn les avaient muselées. Depuis le jugement des Sept, il s’était montré pire encore avec cette sœur qui l’avait pourtant défendu durant leur enfance.

La voix de Catelyn emplit l’espace, douce mélodie résonnant avec tendresse dans les oreilles attentives de sa cousine qui buvait ses paroles avec délectation. Son sourire s’attendrit devant les belles paroles de l’épouse de Jace Rougefort et elle resserra doucement ses doigts sur ceux de cette sœur non pas de sang mais bien de cœur. « Oh oui, je te crois, Catelyn, douce Catelyn… Et l’effroi m’entoure déjà lorsque je pense à ton départ qui s’annoncera plus rapidement que prévu… Chaque minute que tu passeras parmi les tiens, parmi nous, tu devras les partager avec moi. » Un égoïsme à la hauteur de l’amour de la jeune femme pour celle qui avait su se montrer rationnelle durant les heures les plus sombres. Etaine l’observa rapidement et admira avec stupeur la beauté qui était toujours sienne alors qu’elle craignait la voir dépérir loin de son précieux Martyn. Ce cousin que Catelyn avait tant aimé et qui, finalement, l’avait repoussé loin de lui, préférant une Rose bien piquante à un aigle aux ailes merveilleuses.

La Harpie avait choisi cette détresse et cette rancœur pour faire du Chaton du Val sa meilleure alliée dans cette bataille contre leur Suzerain mais aussi contre un membre de leur famille. Elbert, cependant, avait dû déceler dans l’air cet ouragan à venir et prenait bien soin de surveiller les deux ladies qui ne pouvaient rien faire d’autre que grogner dans leur coin à attendre que les évènements ne tournent en leur faveur. Mais au lieu de cela, Martyn avait encore fait un mauvais choix, bradant le mariage de sa sœur en souhaitant la marier au dernier né Veneur. Dans son cœur, Etaine était déjà bien consciente que si ce mariage devait finir par avoir lieu, elle ne serait guère présente à celui-ci et ferait tout pour le fuir, jusqu’à la mort.

Catelyn l’observa également et reprit la parole, parlant du temps passé qui filait sans qu’elles ne puissent tenter de le rattraper et en venant même à invoquer le courroux des Dieux. Mais ces Dieux là, Etaine ne les comprenait plus. « Si les Sept se sont détournés de nous, alors on ne saurait me blâmer de m’être détournée d’eux, Catelyn. Mais les Anciens Dieux ne m’ont guère aidé davantage et j’ai bien peur que notre devenir dépasse même leur entendement… Le seul courroux que nous devons affronter est celui d’un homme, et d’un homme qui nous fut cher, j’en ai bien peur. » Ses doigts quittèrent ceux de sa cousine tandis que son expression s’assombrit doucement. La Colombe laissait place à cette Harpie sanguinaire qui ne souhaitait que plus de vengeance et de justice au nom de causes qui dépassaient bien souvent la plupart des gens. Etaine soupira longuement avant de poser un regard plus dur sur la blonde. « As-tu déjà retrouvé Martyn ? Je ne doute pas un seul instant qu’il essaiera de te convaincre de me persuader de laisser ce mariage honteux et insultant avoir lieu… »

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Catelyn Rougefort
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Rougefort, Val d'Arryn.
MessageSujet: Re: Our Honor needs to be Higher • Catelyn   Dim 3 Juil - 18:13

Our Honor needs to be higher
You taught me the courage of stars before you left. How light carries on endlessly, even after death with shortness of breath, you explained the infinite. How rare and beautiful it is to even exist. I couldn’t help but ask for you to say it all again. I tried to write it down but I could never find a pen. I’d give anything to hear, you say it one more time, that the universe was made just to be seen by my eyes. With shortness of breath, I’ll explain the infinite how rare and beautiful it truly is that we exist.



Catelyn esquisse un sourire, il avait fallu attendre toutes ces années… Toutes ces années pour avoir enfin la soeur qu’elle n’avait jamais eu. Combien d’heures avait-elle pleuré sur le lien qui unissait Leandra et Etaine? Combien d’heures cette jalousie l’avait-elle consumé, la forçant à voler plus haut, toujours plus haut? Si un devin lui avait dit qu’un jour, sa main dans celle de la Colombe du Val, elle ressentirait tous ces sentiments présents : elle lui aurait rit au nez. Pourtant, elles étaient là. Silencieuses, les mots pesés, mais si proches. Sous cette conviction, ses doigts se pressent un peu plus contre cette peau douloureuse.

« Si les Sept se sont détournés de nous, alors on ne saurait me blâmer de m’être détournée d’eux, Catelyn. Mais les Anciens Dieux ne m’ont guère aidé davantage et j’ai bien peur que notre devenir dépasse même leur entendement… Le seul courroux que nous devons affronter est celui d’un homme, et d’un homme qui nous fut cher, j’en ai bien peur. »

Un instant, un simple instant, elle ferme les yeux. Elle pense à Martyn, cet homme qui leur fut si cher. Tant d’années perdues à se battre pour une chimère et un idéal. Un idéal qui, ces dernières semaines, ne semblait n’avoir existé que dans l’imaginaire de Catelyn. Plus qu’un courroux, c’était une trahison. Non à elles, mais à leur famille toute entière, leurs ancêtres compris. Sous ces yeux clos, elle sent ceux d’Etaine, noirs et tremblants : « as-tu déjà retrouvé Martyn ? Je ne doute pas un seul instant qu’il essaiera de te convaincre de me persuader de laisser ce mariage honteux et insultant avoir lieu… » Ses pensées désormais loin, les yeux bien ouverts, face à la réalité, sa main remonte sous son coude. « Etaine… Ne restons pas là, accompagne-moi dans mes appartements. » Nombreuses étaient les oreilles présentes aux Eyrié ces jours-ci… et les murs étaient devenus des êtres indiscrets dont il fallait se méfier.



A leur entrée, unie et silencieuse, les domestiques abandonnent leurs tâches et lézardent les murs. Ils disparaissent dans les ombres inconnues de la forteresse. Catelyn fait signe à sa cousine de s’assoir et tandis qu’elle leur sert deux coupes de vin, elle inspire fortement. « Je n’ai pas encore eu d’entrevue avec Martyn. J’ai vu Roslinn et ta nièce, Loreleï. Une enfant si chétive… Ses pensées coulèrent dans la liqueur tandis qu’elle en prenait la première gorgée. A son tour, elle prend place, laissant sa robe épouser l’espace. Douloureuse complainte des mots à venir. Etaine, les forces du Val toutes entières agissent pour me convaincre de te faire accepter cette union. Les circonstances, mon père et la plus forte de toute, la mémoire de ma mère. Alissa Veneur. La femme tant aimée que le grand Elbert Arryn même avait accepté de n’avoir pour héritière de sa longue lignée qu’une simple fille, sa fille. Son sang coule dans mes veines, ses ancêtres de la Maison Veneur également… Elle représentait tellement pour mon père, pour moi. Elle a toujours été là, présente entre nous. Elle est sa seule blessure qu’il ne refermera jamais. Elle n’avait pas l’habitude de parler de cette mère dont elle n’avait aucun souvenir. Cette mère dont le parfum hantait toujours les couloirs des Portes Sanglantes… Si elle était le portrait de son père dans ses valeurs et sa détermination, elle était son image vivante. Une image que sa famille chérissait. Il aurait été son neveu préféré… J’ai grandi avec lui. Eoden, Jace et Martyn ont été mes cavaliers de jeux pendant de si longues années… Un temps révolu, certes, mais qui dansera encore quand ce monde ne sera plus que ruines. Car ces temps étaient si heureux, ils seront un écho du monde perdu. Elle marque une pause, une inspiration, le temps pour ses phalanges de dessiner des cercles sur la console. Alors, quand je me dresse contre la mémoire tant préservée de ma défunte mère et les convictions enracinées de mon père, ne crains pas les mots de ton frère. »



Noyant ses pensées dans la liqueur, elle repense aux paroles de son illustre paternel, quelques minutes avant le Jugement des Sept ; « tu lui ressembles tellement… ». Si les larmes lui viennent aux yeux, elles les chassent du revers de la main. Une profonde lassitude s’élève de ses iris qui viennent se confronter à celles d’Etaine. « Je ne veux pas qu’en guise de noces tu ne reçoives qu’une dague à t’enfoncer dans le coeur… » Car son mariage avait été un affront. Jace était un héritier et non un cadet, soit, mais Martyn l’avait vendue. Il l’avait expédiée aux confins des plaines valoises. Touché et enchainé à terre était le faucon qui n’avait jamais fait que voler. Elle était la plus à même à comprendre sa cousine. Elles n’étaient pas de simples jeunes nobles, elles portaient en elle le prestige d’une civilisation. Autour d’elles, les nobles n’étaient que des papillons ordinaires. Elles virevoltaient, un jour ou deux, puis s’éteignaient dans des mariages choisis pour elles. Les plus nobles étaient offertes aux vassaux de leurs pères pour les enrichir. Les enorgueillir. Mais elles deux, étaient des femmes de la Maison Arryn, personne à Westeros ne pouvait rivaliser avec ce titre. Elles portaient en elles six mille ans de royauté et d’exploits héroïques… Oui, pour elles, la blessure n’en était que plus douloureuse. Elle resplendissait sur le front de sa cousine : un diadème princier, déposé depuis quatre décennies, pour une reine. Evidemment, des mois plus tard, Catelyn avait accepté sa position. Elle était une épouse dévouée, du moins elle le pensait mais elle savait que sa belle-mère n’était pas de cet avis. Aux côtés de Jace elle apprenait et se révélait, mais la cicatrice elle, serait à jamais brulante. « Etais-je donc un fardeau si lourd à porter? » Une question qui ne demandait aucune réponse. Une désillusion portée à voix haute qui n’était que le miroir de la situation de sa cousine. Aux yeux de beaucoup, et notamment de son père, Etaine était un fardeau pour le Val. Elle était celle qui avait amené le déshonneur sur les Eyrié et la Maison qu’ils abritaient. Malgré, la révélation du complot de Maegor, rien n’y faisait. La haine était viscérale.



« Etaine, je te fais le serment sur mon Honneur d’une Arryn, que je serai toujours à tes côtés, t’appuyant autant que je le peux, sur ma vie s’il le faut… » La tête haute, les yeux sans appel : les paroles sont lourdes. Tragiques. Ineffaçables. Elle tinte le verre au sien, un geste peu noble qui trahit son désarroi. Plus qu’une promesse, plus qu’un serment, c’était un engagement. Si Etaine ne se pliait pas à cette union, les Montagnes et le Val d’Arryn ne seraient pas assez grands pour la cacher. Les cacher. La fureur de son père serait sans limite, Martyn se renfermait encore plus sur lui-même, leur famille dévastée. Dès lors, il serait impossible de remonter le temps pour revenir à l’époque où leurs rires se confondaient dans la grâce. Ses lèvres se pincent, le vin dans sa gorge devient amer. A nouveau, elle se demande comment ils avaient pu laisser le Temps leur échapper de la sorte? Au loin, dans la lumière miroitante de la baie, la vie défile en sens inverse. Le vent cherche la clé qu’il lui a manqué pour qu’à jamais leur famille reste celle qu’elle avait toujours été, unie. Il n’y avait pourtant rien à faire, leur vie était en mille morceaux. Seul un fou ce serait penché pour ramasser, là où il n’y avait plus qu’à déposer les fleurs du sommeil. La Tyrell les avait empoisonné. … mais si tu décides de ne pas épouser Eoden, si tu décides de te soustraire non pas à ton frère, mais à notre Suzerain alors les portes du Val se refermeront sur toi à jamais. »



Telle était la sentence qu’elle n’avait jamais pu écrire dans ses corbeaux. Une sentence sur laquelle elle pleurerait plus tard. Oui, plus tard quand la nuit serait si dense que ne pourrait l’entendre que l’astre lunaire. Avec violence, à l’image des sentiments qui se jouent en elle, sa main tire la sienne vers elle : « nous serons séparées pour toujours. Ce sera une damnatio memoriae. Est-ce réellement ce que tu décides? ».

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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: Our Honor needs to be Higher • Catelyn   Mar 5 Juil - 19:00




Our Honor needs
to be Higher

L
e Chaton du Val semblait soudainement inquiet de la prise de parole de la Harpie. En effet, Etaine ne masquait plus son animosité envers son frère et se moquait bien de celui qui pourrait aller répéter à son cher fiancé, le maître des Chuchoteurs du Val, ce qu’elle pouvait énoncer à tout va. Il ne pouvait rien faire, concrètement, si ce n’était aggraver une situation dans laquelle elle se trouvait déjà solidement enchaînée, battant des ailes pour essayer de rompre ses liens sans pour autant y parvenir. Mais Catelyn était plus consciencieuse et elle emmena sa cousine dans sa chambre qui se vida alors de tous les serviteurs qui avaient été présents, libérés de leurs occupations par leur maîtresse du moment. D’un geste, la blonde fit comprendre à la brune qu’elle pouvait s’installer sur son lit. Laissant le tissu de sa robe épouser celui du cocon de Catelyn, Etaine s’exécuta dans le plus grand silence, admirant cette chère et aimée cousine tandis qu’elle servait avec une délicatesse infinie deux verres de vin. Et alors, elle répondit à l’interrogation de la Harpie qui eut un sourire mauvais. « Chétive ? Elle est bien davantage… Cette enfant ne pourrait supporter le poids d’un manteau d’hiver alors espérer dominer le Val un jour… » Un ricanement moqueur lui échappa. Comme elle haïssait Loreleï. Cette gamine insupportable qui ne faisait qu’animer les couloirs sinistres des Eyrié par des pleurs aigues qui semblaient ne jamais s’arrêter, laissant sa nourrice et sa mère bien incapables.

La brune au visage pâle et aux traits glacials prit volontiers la coupe que lui tendait la seule Arryn du Val qui semblait encore mériter ce nom qu’elle avait pourtant dû quitter aux dépends d’un autre, plus faible, plus creux. Mais le rire amusé de la cadette Arryn ne dura pas et se noya dans une gorgée de vin autant que dans les paroles de la jeune femme qui se trouvait à ses côtés. La gorge d’Etaine se serra devant les paroles de sa cousine. Sa meilleure alliée était prise entre deux camps qui s’affrontaient sans merci et si la belle du Val savait que sa cousine pouvait tenir tête à bien des choses, elle entrevit une brèche dans ses défenses. Les yeux clairs de la jeune femme s’écarquillèrent doucement tandis que le Chaton continuait de parler, exposant les choses, abordant le sujet de cette mère dont elle avait causé la mort, qu’elle n’avait jamais connu. Une mère née Veneur ce qui faisait de Catelyn un objet de neutralité pur et simple entre Eoden et Etaine. Non… Dans les mots de sa précieuse cousine, Etaine entrevit la trahison. Ce coup de couteau dans le dos porté par l’un des plus proches alliés qui vous transpercent d’une lame glaciale, vous arrachant tout ce que vous possédez d’un coup d’un seul.

De mots bercés d’une douceur inouïe, elle en vint à parler d’Eoden, le plaçant comme le neveu préféré que sa mère aurait eu. Etaine n’en croyait pas ses oreilles et manqua d’avoir un mouvement de recul, se contentant de la regarder sans comprendre alors qu’il lui semblait que, déjà, Catelyn était passée dans le camp opposé et essayait de la convaincre d’épouser cet imbécile. Les yeux verts de la lady s’écarquillèrent plus encore et elle se demanda si elle ne faisait pas mieux de fuir dès maintenant cette discussion, se trouvant pourtant retenue par elle ne savait quelle raison qui lui intimait d’écouter avec attention les paroles de celle qu’elle adorait tant. Ses doigts se resserrèrent sur le verre qu’elle tenait, laissant blanchir les jointures de ses doigts tandis que son autre main venait serrer avec force le tissu de sa robe, le froissant sans peine. Et puis, comme une délivrance, Catelyn apporta de nouveaux mots qui surprirent encore plus Etaine que les premiers. Elle avait fait cela. Pour elle. Elle avait lutté contre la seule chose qu’elle pouvait adorer sans véritablement connaître. Les larmes qui cherchaient à s’échapper doucement des yeux de la lady de Rougefort atteignirent Etaine qui laissa les siennes glisser sur ses joues. « Oh… Catelyn… » Au plus profond d’elle, elle «était émue et désolée de ce choix qu’elle imposait sans cesse à sa cousine. Mais dans le fond, elle savait qu’elle ne pouvait pas trop s’en vouloir.

Etaine but une gorgée de son verre, dénouant sa gorge serrée et douloureuse qui s’était resserrée à chaque parole un peu plus dure de sa cousine. Puis, la blonde posa son regard dans le sien et elle accepta avec chaleur cette nouvelle phrase. Un sourit doux et tendre se dessina sur les lèvres d’Etaine qui posa une main sur celle de sa précieuse cousine, de son amie la plus loyale, de son alliée la plus fiable. « Et tu sais très bien que cette dague n’aurait guère était qu’une métaphore… Si ce mariage devait avoir lieu, je préférerai sauter de moi-même par la porte de la Lune. Peut être est-ce là ce à quoi aspire Martyn, après tout… » Elle reprit une profonde gorgée de la liqueur qui venait apaiser son esprit par l’alcool, fermant délicatement les paupières et songeant à ses précieux poussins qui devraient se trouver bien loin d’ici, à l’abri, là où Martyn ne saurait les attraper. Puis, Catelyn posa alors une interrogation qui n’était pas destinée à sa cousine. Non, elle n’aurait jamais été un fardeau. Martyn était un idiot. Un idiot incapable de voir quelles bêtises il pouvait commettre avant d’en subir les conséquences. De nouveau, la main d’Etaine retrouva celle de sa cousine qu’elle caressa du bout des doigts avec une douceur qui se voulait apaisante. Tout ce qu’elle espérait, au fond d’elle, c’est que sa cousine finisse par vivre un bonheur plus épanoui encore que celui de son frère afin qu’il puisse constater son propre malheur dans le bonheur des deux ladies qu’il avait le plus malmené.

Puis, dans un serment moins solennel que pouvaient l’être ceux fait à leur seigneur Suzerain, Catelyn lui jura son alliance la plus sincère dans ce combat qu’elle menait. Elle venait de mettre sa propre vie en jeu pour le bonheur de sa cousine et la victoire dans son combat. Le tintement triste des deux verres s’entrechoquant fit prendre conscience à Etaine que jamais elle n’irait jusqu’à jouer avec la vie de sa cousine, de sa sœur de cœur. Elles burent de nouveau de concert, comme pour sceller ce pacte. Puis, le silence s’installa quelques instants tandis que les ladies réfléchissaient sur le même sujet. Que dois-je faire ? Etaine se posait cette question bien souvent. Elle savait ce qu’elle encourrait à s’opposer aux ordres de son frère, de son Suzerain. Mais elle ne courberait pas l’échine devant lui et n’obéirait pas à un ordre qui mettrait en jeu le regard des Dieux. Et Catelyn l’avait bien comprit, soulignant tout cela. Etaine ne put retenir un long soupir. Elle ne savait toujours pas quelle était la solution.

Elle se leva, quittant les côtés de sa cousine pour s’installer auprès de la fenêtre et y regarder à travers. « J’ai beau porter le nom des Arryn, je n’ai jamais été plus étrangère à un lieu qu’en me trouvant entre ces murs… » Elle porta son verre à ses lèvres une nouvelle fois, laissant le passé la rattraper. « Je ne sais guère comment tu peux encore me comprendre, ma cousine adorée… Je n’ai plus rien du faucon et pourtant, lorsque je me regarde dans un miroir, le visage que j’y vois n’est ni celui du loup, ni celui d’un soleil resplendissant… » Elle sourit avec amertume tandis qu’elle se décidait à se livrer pour de bon. « Je suis une Stark… J’ai grandi auprès d’eux et lorsque je pense à nos cousins Theon et Ashara, je ne cesse d’espérer qu’ils ne m’aient pas oubliée… Et pourtant, je suis aussi une Martell… » Ses yeux se baissèrent tandis que le doux visage de Tristam lui revenait en mémoire. « J’aurais tant aimé que tu puisse me voir dans ces instants… Auprès de Tristam. Avant que le monde ne s’effondre, je l’ai dominé, portée par cette homme qui a appris à me connaître alors qu’il aurait simplement pu m’épouser dès notre première rencontre. Il était si délicat, si beau, si… Attentif » Une larme glissa le long de sa joue, pure d’un chagrin qu’elle essayait de combattre et que son cœur laissait gagner sans peine à chaque fois qu’il ressurgissait. Elle la laissa rouler sans le moindre mouvement, venant trouver refuge sous son menton avant de s’écraser sur l’étoffe qui recouvrait sa poitrine, laissant un chemin humide sur sa peau pâle. « Mais il aurait souhaité que je me batte car il estimait que je méritais le meilleur des mondes. Je ne suis sûre de rien, Catelyn… Mais cette décision est la seule qui me permettrait de survivre. » Elle revint auprès de sa cousine, se réinstallant auprès d’elle. « Ici, je ne suis guère à l’abri. Le nom de Arryn ne me protège plus et c’est vers une autre région que je dois me tourner si je souhaite garder la vie… Je ne veux nullement m’opposer frontalement à Martyn, je veux simplement qu’il réfléchisse, qu’il s’apaise, ainsi je pourrais revenir et peut-être espérer discuter de tout ceci avec lui… Et peut-être dois-je m’apaiser également ? » Cette prise de conscience était assez violente pour elle car elle avait bien trop refusé d’entendre qu’elle était devenue un monstre empli de colère et de vengeance. Était-ce le deuil qui faisait son effet ? Elle avait bien une idée derrière la tête et quelques détails restaient à régler, mais avant cela, il lui fallait l’approbation de Catelyn.

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Catelyn Rougefort
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Rougefort, Val d'Arryn.
MessageSujet: Re: Our Honor needs to be Higher • Catelyn   Mar 12 Juil - 23:21

Our Honor needs to be higher
You taught me the courage of stars before you left. How light carries on endlessly, even after death with shortness of breath, you explained the infinite. How rare and beautiful it is to even exist. I couldn’t help but ask for you to say it all again. I tried to write it down but I could never find a pen. I’d give anything to hear, you say it one more time, that the universe was made just to be seen by my eyes. With shortness of breath, I’ll explain the infinite how rare and beautiful it truly is that we exist.

Impuissante, Catelyn regarde sa cousine rejoindre la baie géminée. Silhouette étrangère à ses propres murs. Devant les yeux du Chaton passent des enfants, le sourire sur leurs lèvres s’agrandissent au ralentis. Pourtant trop essoufflées elles rient, se moquant de leur pauvre frère et cousin. Elle entend son rire qui s’envole vers les dieux. Si la pièce pouvait se déformer, elle prendrait la forme de cette résonance. Si légère… Si communicative… Où est la Colombe du Val? Elle n’est certainement pas dans l’ombre de cette baie, assise et esseulée sous le poids familial. Elle n’est certainement pas dans cette figure pale qui se confie comme elle ne le fait jamais. Elle laisse ses blessures à nue comme elle ne l’a pas fait depuis des années. Les longs cils blonds de la Rougefort frétillent, chassants les poussières invisibles qui viennent lui voler des larmes. Jamais elle n’avait vu sa cousine si abattue…

Elle n’ose se lever, désarmée devant cette tristesse infinie. Etaine était d’ordinaire un roc, elle était faîte de ces mêmes pierres qui avaient forgé ces bâtiments. Inébranlable, indomptable. Elle revoit l’admiration qu’elle avait pour elle, sa profonde réserve confondue par sa jalousie excessive à son encontre. Elle l’observe, sans ne pouvoir rien faire d’autre, elle l’observe. Un maléfice leur avait coupé leurs ailes majestueuses. Il ne pouvait en être autrement. De ces enfants qui encore riaient, l’avenir certain offert, ils n’étaient plus aucun. Tous quatre étaient cassés et brisés par les rouages du Destin. Un maléfice, cela ne pouvait être autrement. 

Quand elle revient à ses côtés, Catelyn comprend qu’il lui faudra bien plus de forces qu’elle ne le pensait. Il ne s’agissait plus d’affronter son cousin, il ne s’agissait plus de dire simplement à sa cousine qu’elle la soutenait : il fallait agir. Les pensées et mots d’Etaine étaient graves et dangereux. Depuis le Jugement des Sept, elle avait eu le temps de penser à maintes solutions mais jamais, dans ces froids calculs, elle n’avait envisagé la mort de sa cousine. Ses fils, ces merveilles, oui. Evidemment, ils représentaient pour tous un danger. Même pour elle. Quand bien même… jamais elle n’avait perçu le danger aussi proche. Il fallait voir la chair de la Arryn pour le comprendre, le tourbillon dans ses pupilles…

« Etaine, Westeros s’est retourné contre toi et tes fils. Sous le visage d’un lâche, il t’a accusé des pires vices ; te laissant des années durant à la merci des jugements néfastes. Grande doit être ta force si tu désires t’apaiser… Ce feu qui se consume en toi, celui qui a fait fuir la Colombe ne pourra s’éteindre avant de nombreuses Lune. Etaine regarde-moi. Ses doigts poussent son menton vers la lumière, le relevant. Tristam, cet homme que tu as aimé, que tu continues de porter chaque jour en ton sein avait raison… Il lui coûtait de parler en bien de Dorne qu’elle ne portait en son coeur que comme un poids. Tu mérites le meilleur des mondes. Il aurait du être ici, dans ces pièces, théâtre de notre enfance. Il n’aurait jamais du être ailleurs qu’en ces lieux. Ni pour toi, ni pour Leandra, ni pour moi. Les hommes en ont décidé autrement. Et si le nom des Arryn ne te protège plus… alors va. Tu ne pourras parler à Martyn, tu ne pourras lui faire entendre raison. Vos entêtements et blessures communes s’affronteront encore et encore. Moi… j’essaierai. Ses doigts se serrent un peu plus sur son fier menton, elle le ferait. Laisse-moi essayer, laisse-nous jouer cette dernière carte. Si tu t’enfuis, si tu vas vers cette autre région, il n’y aura point retour en arrière. Il n’y aura autre discussion qu’un mutisme profond. Elle répandra sa haine contre toi, noiera ses sens à nouveau. La Tyrell ne te pardonnera jamais l’affront fait à son époux. Ta chute entrainera celle de tes enfants, héritiers de Dorne. Etaine… ne fais rien de précipité. Si le nom de Arryn ne te protège plus, lequel prendras-tu? Crois-tu réellement que notre cousin, t’accueillera les bras bras ouverts? S’il le fait il trahit son Suzerain et frère, il trahit la seule entente sur ces terres qui ne mourra jamais : celle des Loups et des Faucons. Descends aux Portes de la Lune ou à Rougefort, à mes côtés. Jace protégera tes fils. Oui, il te faut attendre le dénouement de cette guerre… La future régente sera notre cousine, Rhaenys, elle te donnera réparation. »



C’est ce qu’elle espérait du moins. Rhaenys avait été une amie loyale et fidèle, la seule qui mérite d’être mentionnée… Pourtant, Catelyn sous ces ferventes paroles craint son accession au pouvoir, tout comme elle craint son désir de voir ses montagnes écartées du pouvoir Targaryen. Si elle lui demandait réparation pour Etaine, serait-elle prête à ouvrir un conflit pour Etaine? Elle savait cette pensée peu réaliste et ce faisant Etaine et ses fils seraient redevables aux Targaryen… Son coeur se soulève douloureusement.

« Que feras-tu de Jace et Abel? Ils ne seront en sécurité que toi vivante. Etaine… il ne te faut pas élaborer une fuite, mais un futur pour eux. Vous dans le Nord, loin de Martyn et de sa folie d’entremetteuse, tu ne serais pas plus en sécurité. Si nos Eyrié ne peuvent te protéger alors Theon ne le fera pas. Ta place était ici, on te l’a volée malgré tes instances. Reprends la seule qui t’est désormais possible : Dorne. »



Il serait impossible de faire plier Martyn vers une guerre pour des enfants qu’il avait toujours eu en horreur et considéré comme bâtards. Cette guerre, Etaine devrait la mener autrement. L’esprit de Catelyn se perd en mille et une pensées. Les Eyrié appartiendraient à son fils, car les Sept lui en donnerait un si ce n’est plusieurs, et dans ses calculs il n’y avait pas de place pour ceux de sa cousine. Encore moins, ceux d’un Eoden.

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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: Our Honor needs to be Higher • Catelyn   Mer 24 Aoû - 18:19




Our Honor needs
to be Higher

E
taine aurait aimé entendre qu’elle avait raison, que ses pensées étaient lucides, claires, précises et réfléchies. La Colombe aurait aimé pouvoir retrouver cette paix intérieure qu’elle avait pu découvrir en elle durant son séjour à Dorne, avant la mort de Tristam. Cette sérénité que le Val ne lui connaissait que peu et qui pourtant existait bel et bien. La belle brune aurait aimé pouvoir avoir la solution qui soignerait tous ses maux mais il semblait qu’elle n’existait pas. Alors elle avait livré ses intentions à sa cousine en espérant la voir la soutenir, la pousser à agir. Jamais elle n’aurait imaginé se voir si déçue du comportement de celle qu’elle considérait comme sa meilleure alliée. Peut-elle n’appréciait-elle pas de voir sa cousine si abattue ? Dans tous les cas, Etaine fut largement secouée par les propos de la douce Catelyn.

Elle la laissa s’exprimer, se laissant mener quand elle prit son menton entre ses fins doigts pour tourner le visage épuisé de la Harpie vers le sien. Les larmes montèrent encore aux yeux de la ténébreuse Valoise quand sa chère cousine parla de nouveau de ce précieux mari, ami et amant qu’elle avait eu. Les souvenirs se bousculaient autant dans la tête d’Etaine tandis qu’elle sentait comme un étau se resserrer encore un peu autour de son corps tout entier. Elle était prisonnière. Prisonnière de ces enfants qu’elle avait mis au monde dans la peine et les regrets, prisonnière d’un nom qu’elle ne souhaitait plus porter, prisonnière de son frère qui tenait à la garder loin de tout pour éviter un nouveau scandale. La discussion entre eux était impossible. Mais Catelyn gardait un espoir. Elle. Elle pensait être capable de raisonner le pauvre Martyn qui perdait également pied dans tous ces conflits. Etaine la regarda en écarquillant les yeux. Mais alors, cette aide avait un prix. Celui de ne pas fuir, de ne pas aller chercher une épaule ailleurs qui saurait la soutenir. La Harpie la regarda sans réellement comprendre. Roslinn aurait possibilité d’étendre son emprise sur son mari, ce qui ne ferait que le rendre plus sourd encore aux appels de sa cadette. Mais il était déjà bien indifférent devant toutes les gesticulations qu’elle pouvait avoir et réaliser. La respiration d’Etaine se faisait plus courte, plus rapide tandis qu’elle avait l’impression de manquer d’air, se sentant retenue dans un piège qu’elle n’avait pas vu et duquel elle semblait bien incapable de fuir.

Quand sa bien aimée cousine suggéra alors qu’elle vienne trouver refuge à Rougefort, chez Jace, Etaine eut soudainement envie de ricaner sans retenue, se retenant pourtant, choquée de pareilles propositions. Mais elle avait raison quand elle souligna que Theon ne pourrait agir de manière aussi peu réfléchie. Il faudrait le consentement de Jorah et ce ne serait chose aisée que de l’obtenir quand l’alliance du faucon et du loup semblait être celle qui devait survivre le plus à tous ces obstacles qu’ils avaient eu à franchir ensemble. Etaine se figea plus encore à la mention de Rhaenys. Qu’en savait Catelyn ? Le pouvoir était chose bien compliquée et s’en remettre au Targaryen pour obtenir justice… ? Elle sera mariée bien avant cela à un profiteur, un arriviste, un homme trop ambitieux pour simplement laisser pareilles noces lui échapper.

Et enfin, achevant définitivement sa cousine, Catelyn parla d’Abel et Jace. La gorge d’Etaine se serra un peu plus tandis que l’air lui manquait définitivement. Où était la superbe de la Harpie, sa force, sa prestance glaciale ? Envolées. Elle semblait jetée à terre, comme ce terrible jour là où elle avait eu le sentiment de tout perdre. Tout était si semblable à cela maintenant qu’elle semblait ne plus avoir le choix. Dos au mur. Il n’y avait plus de scrupules ou de doutes à avoir. Il fallait plonger et ouvrir ses ailes pour de nouveau prendre son envol. Mais à l’heure actuelle, les ailes de la belle étaient attachée, ne pouvant se déployer et elle avait l’impression de chuter de tout son poids vers un sol rocheux et dur qui la briserait. Quand Catelyn suggéra alors la voie de Dorne à sa cousine, s’en fut trop. Il fallait qu’elle extériorise. Qu’elle se batte de nouveau. Elle se mit à ricaner sans retenue avant de rire sans joie aucune, simplement comme si sa cousine lui avait dit la chose la plus drôle du moment. « Ma pauvre Catelyn… La voie de Dorne est plus compliquée que tu ne peux le penser et ne m’est nullement et aucunement ouverte… Les Dorniens ne m’ont acceptée que parce que Tristam leur a fait entendre de le faire. Myrcella me haïssait, Nymeria me méprisait… Seul Tristam m’aimait quand ces vipères semblaient vouloir me mordre à chaque conversation. Elles ont sur dresser tout un pays contre moi. Que crois-tu qu’il m’arrivera si j’osais mettre un pied à Dorne ? » Elle ricana de nouveau avant de finir son verre de vin et se lever pour s’en resservir. Elle devenait aigrie. La lettre qu’elle avait envoyé à Nymeria avait été emplie d’espoir et elle n’avait reçu que menaces en retour. « La Princesse Nymeria voit mes fils comme une menace… A l’image de Martyn, vois-tu. Mes enfants ne sont que des bâtards dans les mots mais semblent bien plus imposants déjà dans leur présence. Elle les fera tuer si j’osais seulement les ramener sur leurs terres. Seul Quentyn est prêt à m’aider à retrouver cette voie. Qu’est-ce qu’un homme contre un pays, ma chère cousine ? Je n’ai aucun futur là-bas, si ce n’est la mort… »

Elle but une nouvelle gorgée de vin tandis que son regard vert s’aiguisait doucement pour redevenir mauvais. « Tu sais l’amour que je te porte et la confiance que je place en toi, aussi, libre à toi d’essayer de parler à Martyn, bien que je sais déjà qu’il ne t’écoutera guère. Crois-tu que Roslinn te laissera lui murmurer de douces paroles à son oreille ? Notre présence ici ne la décourage guère quand il s’agit de répandre son venin. La Rose a bien trop de piquants pour que nous puissions les éviter tous. » Jamais Etaine n’avait pu imaginer qu’elle puisse haïr quelqu’un autant que cette Bieffoise. Peut-être la détestait-elle autant que Maegor… « Quant à notre cousine Rhaenys… Elle n’est nullement sur le trône ou en possession d’un quelconque pouvoir pour l’heure et je ne peux attendre sur de simples suppositions. Rien ne nous assure qu’elle aura cette régence quand d’autres dragons tournent autour du jeune prince. Quant à Jace… » Elle poussa un long soupir. Comment devait-elle formuler tout ceci sans blesser sa cousine ? « Jace est à l’image d’Eoden. Un opportuniste qui sait se saisir de sa chance. Crois-tu réellement qu’il sera prêt à tourner le dos à son Suzerain en m’accueillant à bras ouverts comme une sœur ? Il me hait, je le lis dans son regard et fera tout pour plaire à mon frère bien aimé, ignorant ce que le reste peut vouloir dire… Et si je ne pars pas, le mariage aura lieu. Eoden est peut-être ton cousin, mais il n’en est pas moins un homme ambitieux qui ne saurait se résoudre à accepter la simple annulation de cette union. Il ne fait que la presser davantage, espérant me voir dans ses bras… Dans son lit… Quoi de plus précieux qu’une Arryn pour ce moins que rien ? Il deviendrait le beau-frère de son Suzerain, l’un de ses plus proches conseillers… Je ne peux laisser cela se produire. » Un frisson de dégout parcourut son corps tout entier à la simple image de cet homme souriant d’une satisfaction profonde de la voir à sa merci.

Etaine reprit de longues inspirations. Le poids qui l’écrasait semblait doucement s’alléger devant toutes ces révélations. Elle passa une main dans sa lourde chevelure de corbeau avant de s’asseoir de nouveau aux côtés de sa cousine. Elle posa le verre sur la petite table et se saisit des mains de sa cousine. « Ne crois pas que je n’approuve aucune de tes idées. Je sais qu’elle est la place de mes précieux enfants, bien que je n’ai, pour l’heure, aucun moyen de la leur offrir. Mais sache que bien que je semble esseulée, je ne le suis guère, ma chère Catelyn. Dans le Val, il est encore quelques seigneurs qui sont prêts à me venir en aide. » Le cœur d’Etaine se serra doucement tandis qu’elle pensait à Bryen, cet ami de jeunesse et amoureux d’autrefois qui serait capable de beaucoup pour elle. « Ma voie est encore bien floue, moi qui ne vit que pour mes enfants… Mais je sais qu’elle me conduira autant à Port-Réal qu’elle pourrait me mener ailleurs. Westeros s’est retourné contre moi. A moi de m’en aller conquérir ce royaume pour leur prouver qu’on n’abat pas un oiseau de Paix. Colombe je fus jadis avant de devenir rapace. Colombe je saurais de nouveau être si l’on m’en laissait le choix. »

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Catelyn Rougefort
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Rougefort, Val d'Arryn.
MessageSujet: Re: Our Honor needs to be Higher • Catelyn   Lun 3 Oct - 11:28

Our Honor needs to be higher
You taught me the courage of stars before you left. How light carries on endlessly, even after death with shortness of breath, you explained the infinite. How rare and beautiful it is to even exist. I couldn’t help but ask for you to say it all again. I tried to write it down but I could never find a pen. I’d give anything to hear, you say it one more time, that the universe was made just to be seen by my eyes. With shortness of breath, I’ll explain the infinite how rare and beautiful it truly is that we exist.

« Ma pauvre Catelyn… La voie de Dorne est plus compliquée que tu ne peux.. ». Ma pauvre Catelyn…

Ma pauvre Catelyn. Sous l’écho de son ricanement trop creux, elle relève les yeux. Perçants, félins, ils dévisagent, les mots majestueux avortés. Elle la fixe, piquée à vif. Un grondement sourd résonne en son corps. Une sorte de démence. Une envie soudaine de se lever, la rage au ventre, de casser ce verre que la Harpie tient entre ses doigts filigranes. Arracher les tentures de cette chambre. Une à une, les mettre à sac. Danser dans un tourbillon d’amertume. Tomber au sol. Suffoquer. Haleter jusqu’à ce que la gorge en feu, laisse place aux larmes. Des larmes qui étouffent. Vider son corps, le laisser s'épuiser de toute cette rancoeur accumulée.

« Que crois-tu qu’il m’arriverait si j’osais mettre un pied à Dorne? » Son arcade sourcilière haute, Etaine jète un aigre coup d’oeil à sa cousine. Un coup supplémentaire. A défaut, elle relève les épaules. Crispée, elle absorbe la rancœur d’Etaine. La princesse déchue continue, elle noie ses humeurs noires dans l’opacité du verre. Catelyn, absorbe chaque parole, chaque mot comme une offensive. Elle ne peut croire à l’air de supériorité qui s’est installé dans le regard et l’attitude de la noble Andale. Les pieds collés sous son ample robe, elle aimerait se lever et lui dire… Elle aimerait lui dire que la vie n’est pas aussi simple. Elle ne peut pas toujours être aussi simple que vue d’ici. Ces précédentes paroles en sont un exemple perturbant. Catelyn se meurt dans un quotidien. Une rengaine qu’on lui a imposé et à laquelle elle se plie, faute de l’accepter. Cette dualité la tue, petit à petit. Elle aimerait se lever et lui dire de fermer son grand caquet. Elle aimerait… une démangeaison dans les doigts et dans son corps qu’elle tait. Et quand Etaine renchérit sur ses récentes épousailles, mélangeant les personnalités d’Eoden et de Jace, les ramenants tous deux aux synonymes d’opportunistes et d’hommes viles, son coeur se serre de plus belle. Sans force, elle reste sur son siège. Austère. Elle avait eu les mêmes idées, les mêmes hauts le coeur qu’Etaine… Il y a de cela déjà un an… Pourtant, aujourd’hui où en était elle dans cette résignation à sens unique? Perdue. Elle supervisait une maison et ses gens. Ses journées étaient calquées sur un même emploi du temps, minutieusement établis par la précédente maîtresse des lieux, Lady Rougefort. Malgré le prestige que son nom établissait, Catelyn avait du se plier aux exigences de cette femme qui voyait toutes ces années de pouvoir balayées pour une bru dont son fils était bien trop épris. Une bru déjà âgée, vingt-cinq printemps passés, à la dot importance mais sans mariage fastueux. Une union en temps de guerre, balayée par les Eyrié dans un silence éloquent. Oui, la vie à Rougefort était la vie d’une châtelaine, elle n’était juste pas celle d’une suzeraine. Simplement à l’opposé, du moins à son fier jugement.

Les mains d’Etaine sur les siennes, Catelyn frisonne, arrachée de ses pensées. Par ce simple geste, les précédentes minutes semblent envolées. Oubliées. Versatiles. Catelyn inspire dans le corsage étroit de son buste. Elle marque un silence, elle ne veut plus qu’Etaine s’emporte. Elle ne veut plus l’entendre ricaner, moqueuse, aigre. Elle ne veut plus se sentir dépréciée, inférieure et irréfléchie. « Tu as déjà fait ton choix. » Elle humecte le vin, soufflant dessus comme pour attiser une chaleur invisible. Elle attend encore un peu, les lèvres en suspens. Ne se décidant pas à parler. Ne se décidant pas à boire. Elle reste en suspens quelques instants, quelques moments. Quelle est la différence? Elle est indécise. Non, pas elle, mais son esprit. Il est partagé. Il ne sait plus sur quel pied danser, où trouver un équilibre. Finalement, tenant sa longue manche par sa main droite, elle pose son verre à pied sur la table. Bruit de l’argent qui vient trouver le silence du bois. Elle effleure l’ouvrage de la table, perdue dans sa nébuleuse… « Tu n’épouseras pas Eoden. » Ce n’était pas une question. Dores et déjà, toutes les deux connaissaient la réponse. Catelyn, jamais, ne la pousserait dans cette union insensée. Dangereuse et insensée devrait-on dire. « Tu as fait ton choix. De cet acte vont découler bien des événements Etaine… Tu parles de la mort qui t’attends à Dorne, mais foudres humaines sont parfois bien plus accidentelles. J’aurais aimé qu’on me donne ce choix Etaine. Tu parles de Jace… je ne voulais pas l’épouser. L’ironie du sort c’est qu’il m’aime. Il m’aime. Elle sourit, avant de laisser échapper un son qui aurait pu ressembler à un rire, écho familial, s’il n’était pas emprunt d’alcool et de nostalgie. Je me lève, jour après jour, je me couche nuit après nuit, auprès de son corps et pourtant cet homme m’est encore inconnu. Je partage avec lui mes soupirs et extases et quand bien même, ses pensées me restent obscures. Je suis devenue châtelaine d’une région démoralisée… et tous les mois, à chaque nouvelle lune, le sang s’écoule comme toujours. D’un geste théâtral elle déverse son verre sur le sol. Inondant sa soie, la réduisant à néant. Je n’ai ni enfant, ni frère, ni soeur qui puissent m’aimer. Je ne connais point mes cousins Stark puisque mon père m’a farouchement attachée au Val. Je ne connais que ces vallées. Je ne connais que ce peuple. Je ne connais que ce Val qui en mon seing, tient une place particulière. La vérité est que je suis un arbre dont on a enlevé la sève pour qu’il ne meure jamais. Mon âme m’a été confisquée, condamnée à errer pour l’éternité. Elle observe son verre désormais si dramatique. Etaine, tu te dois de récupérer Dorne. Ne craint pas la mort, elle te trouvera de toute manière. Elle finit toujours par trouver sa proie. Catelyn lui caresse la joue, aimante et las. Las de son corps qui semble soudain bien lourd. De se front qui lui pèse plus que d’ordinaire. Bats-toi pour toi Etaine, bats-toi pour eux. Je les protégerai de ma vie s’il le faut, tu sais qu’ils sont comme mes neveux, mais rien n’est éternel. Si tu épouses un Valois, ils seront réduits à des fonctions minimes, privés de leurs droits à tout jamais. Si tu restes veuve de Tristan Martell, ils seront continuellement une menace, pour eux, pour nous, pour moi. Ils sont une menace pour le trône de Barral, et malgré tout mon amour pour eux : jamais ils ne pourront succéder à Martyn. C’est impossible. Catelyn ne prétendait pas que tel était le but d’Etaine. Elle vidait juste ses émotions, ses ressentis et ses pensées. Je vais parler à Martyn, je sais qu’il m’écoutera. Je le sens, c’est comme une évidence. Une évidence aussi terrible que maléfique. Ses phalanges tremblent et en contemplant ses mains sous les rayons solaires, elle murmure : je n’ai plus aucune douces paroles à lui prononcer, j’ai épuisé toutes mes illusions et mes rêves. Roslinn n’a plus d’ascendance sur lui et pour l’instant Loreleï est une déception trop douloureuse à gérer. C’est le moment ou jamais de percer son coeur de la vérité qui lui fait défaut. Crois-moi ma cousine, j’aimerais ressentir du chagrin, de la compassion mais il n’est rien que je puisse désormais ressentir pour eux. Plus grave, j’ai l’impression qu’à force d’avoir prié à sa stérilité, mon voeu s’est retourné contre moi. » Mariée depuis moins d’un an, c’était son unique but. Un but terrible, mais qui l’anoblirait et enorgueillirait son mariage. Elle froisse les tissus au niveau de son bas ventre, la détermination farouche.

« Bats-toi Etaine. Bats-toi pour eux. Je veux que dans dix ans chaque Doriens tremblent quand la nuit survient. Je veux qu’à chaque fois que des sabots martèleront le sol, ils se demandent si ce ne sont pas Abel et Jace qui viennent conquérir leur juste place. Après un temps, le coeur accéléré, elle ajoute impavide :Qu’importe que cette voie soit compliquée. Toutes les voix sont compliquées. Nous sommes nées trop haut, tôt ou tard nous devons nous brûler les ailes. »

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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: Our Honor needs to be Higher • Catelyn   Lun 9 Jan - 16:59




Our Honor needs
to be Higher

L
a Harpie ignorait parfois le mépris qu’elle pouvait placer dans ses paroles. Et pourtant, même sa précieuse cousine et meilleure alliée n’échappait guère à ce ton sarcastique et à cette allure supérieure qui lui permettait de placer une grande distance entre elle et le reste du monde, se protégeant des commérages et de bien d’autres choses. Son intention n’était nullement de blesser celle en qui elle avait une confiance aveugle, simplement d’essayer de lui faire entendre qu’elle n’avait plus le choix. Qu’elle ne pouvait se résoudre à attendre ici que les choses se passent en espérant simplement qu’elles finissent par aller dans le sens qu’elle souhaitait. Etaine avait été spectatrice de ce qu’il se passait autour d’elle ces 5 dernières années, il était temps qu’elle devienne actrice de sa propre vie, pour son bien et pour celui de ses enfants.

Alors quand sa cousine mit les mots sur ce qui se passait dans sa tête, elle baissa légèrement les yeux. Oui, son choix était déjà fait dans son esprit. Elle préférait devenir l’ennemie des siens plutôt qu’un simple objet qui serait utile à son frère, qui ferait d’elle la femme d’un homme ambitieux et arrogant qu’elle avait en horreur et qui l’éloignerait de ses précieux enfants. Le silence entoure les deux oiseaux de proies à qui l’on avait rogné les ailes, Etaine tournant finalement le dos à Catelyn. Oui, dans son esprit, tout était clair. Fuir. Il lui fallait se détourner de la voie à laquelle on la destinait en courant de toutes ses forces, aussi loin que ses jambes pourraient l’emmener. Mieux, elle espérait bien retrouver ses amies les loups et tomber dans leurs bras pour mieux se protéger. Comme venant confirmer ce que la jeune femme avait formulé, Catelyn amena la confirmation qu’elle n’épouserait pas Eoden Veneur. La Coloombe prit une profonde inspiration, resserrant ses doigts sur son verre de vin, fermant les paupières. Elle aurait tant aimé que ces mots sortent de la bouche de son aîné en cet instant… Tout aurait alors pu être pardonné, arrangé.

Etaine avait fait son choix, oui. Mais Catelyn appréhendait la suite. Elle en vint à mentionner sa propre union, comme sa cousine l’avait fait auparavant, mentionnant alors les sentiments de Jace à son égard. Toujours de dos, la Harpie ne put s’empêcher de doucement sourire. Cela ne faisait guère tout, non, mais cela en faisait déjà une bonne partie. Ses souvenirs la ramenèrent à ces instants où elle préférait mépriser Tristam, lui qui commençait déjà à jeter son cœur à ses pieds. Et finalement, se sentir aimée de la sorte l’avait poussée dans ses bras. Catelyn et Jace devraient vivre ce genre de choses, à leur tour, elle n’en doutait pas. Mais aujourd’hui, Tristam n’était plus là et c’était un homme qui ne l’aimait guère et qui ne voyait en elle qu’un moyen de s’élever qui allait prendre sa main… Catelyn poursuivit ses dires, parlant de son époux, de leur relation, de son statut d’épouse qui n’évoluait jamais en celui de mère… Et à cette solitude qui semblait l’entourer. Une solitude qui l’enfermait malgré elle dans cette région froide et venteuse, l’emprisonnant dans les sommets les plus hauts.

Retournant son regard vers sa cousine bienaimée, elle posa ses yeux clairs dans les siens tandis que la main douce de la blonde venait caresser sa joue. Récupérer Dorne, se battre pour cela. Etaine eut l’impression que toutes ses forces venaient de l’abandonner, son corps se faisant las et soudainement vidé. Elle ouvrit la bouche mais Catelyn ne lui laissa pas le temps de répondre, venant à exprimer ses sentiments les plus profonds et frappant la Colombe en plein cœur. Aimait-elle encore Martyn pour espérer ainsi que les enfants d’Etaine ne succèdent pas à leur oncle ? Espérait-elle lui revenir ? Non, elle ne pouvait être aveugle à ce point… Et finalement, ce fut Etaine qui craque devant le flot de paroles lâché par sa seule alliée. « Oh, Cat… » Elle laissa tomber son verre désormais vide sans remords et prit sa cousine dans ses bras, pleurant à chaudes larmes. La Harpie avait ses faiblesses, celles du cœur. Blottie contre l’épaule de celle qui aurait pu être son aînée, elle pleura un instant avant de pouvoir de nouveau parler. « Je suis perdue Catelyn… Je ne suis plus qu’une ombre, un murmure que l’on ignore aisément dans une forteresse aussi grande. J’ai beau espérer encore et encore que tout change, j’ai perdu le contrôle de ma vie il y a bien trop longtemps… Je souhaite que mes enfants s’élèvent et récupèrent leur trône, oui… Mais je n’ai plus la force de lutter, je suis épuisée… Fuir est une facilité évidente… Mais je te jure que si la moindre option autre que celle-ci se présentait à moi, je la saisirais et m’y accrocherais de toutes mes forces… »

La serrer contre elle était plus que réconfortant. Etaine retrouvait sa force d’antan, redevenait celle qui jadis imposait le respect. Ses yeux verts possédaient encore cet éclair vif et déterminé, bien que masqué par les larmes. Elle sourit alors avec douceur. « Parle à Martyn si tu penses que cela changera quelque chose. A jamais je t’en serais reconnaissante. Mais je te prie de croire que je me bats, encore et encore, pour que mes enfants s’élèvent plus haut que je ne le serais jamais. Pour que leur place leur soit rendue… Mais alors, quelle sera ma place à moi une fois cela fait ? C’est ainsi que je m’épuise et que je m’affaiblis… La place de mes enfants est à Dorne… Où est la mienne ? »

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The Fallen Princess
Winter was Coming and then, I've been on the top, Unbent, Unbowed and Unbroken. Now, I just wanna be as High as Honor
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Our Honor needs to be Higher • Catelyn

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