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 Au crépuscule, seules les ruines restent.

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Catelyn Rougefort
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Rougefort, Val d'Arryn.
MessageSujet: Au crépuscule, seules les ruines restent.   Sam 2 Juil - 1:14

Au crépuscule, seules les ruines restent
Les dieux sont partis dans l'oubli de notre monde. J'imaginais de la magie, fantasmais sur les mythes. Pourtant j'ai saisi bien vite que le paysage nu survit mais que seules les ruines restent sans intervention céleste, sans intervention céleste. Les dieux sont partis.


« Catelyn… » soupira le vieux chevalier dans un élan de mi-tendresse et de mi-lassitude. Malgré toutes les batailles, malgré tous les fiers et nobles chevaliers qu’il avait mené à la victoire, jamais Ser Elbert Arryn n’avait paru plus âgé. Ses traits étaient tirés, son teint était terne et ses iris, d’ordinaires si animées, semblaient être perdues dans leurs souvenirs. « Père, il me faut le voir. Il me faut lui parler. Je vous en prie, il en va de notre avenir à tous. Se voulant apaisante, la main paternelle se pose sur son front blond. Là où tant d’autres ont échoué, il me faut essayer… » Il aurait du savoir qu’elle n’abandonnerait pas aussi facilement. Le visage emprunté à sa défunte mère, elle restait sa fille. Tout en elle transpirait son illustre nom et s’il en était fier, il lui arrivait encore de ne pas la comprendre. Catelyn en avait conscience, tout comme elle avait conscience que le protecteur des Portes Sanglantes avait toujours désapprouvé voir son neveu entouré de toutes ces femmes. Trop de femmes… Pourtant, malgré les masques qui étaient tombés, dont celui de sa fille, c’était bien celui de Maegor qui avait été le plus sanglant. Aussi, ne dit-il rien, acquiesçant à la requête de sa fille. Elle frissonne devant l’assentiment paternel, le jour approchait où elle porterait la voix du Val. Elle le sentait, un murmure sur sa peau, un chant dans les airs.

Elle pose sa tête sur les genoux de son père comme la jeune fille l’aurait fait. Son père lui manquait et de tous les affronts, être tenue loin de lui était le plus dur. Son coeur saignait à l’idée que Martyn lui vole tant d’instants précieux. S’il était normal que les filles soient séparées, leurs noces venant, de leur demeure familiale, Catelyn avait toujours été persuadée qu’elle resterait aux côtés de son père, indéfiniment. Après-tout il était Ser Elbert Arryn et elle était sa fille, ils n’avaient jamais été que tous les deux. « Père… je nous sortirai de cette accalmie indigeste. Je porterai cette maison aussi haut que vous l’avez fait, et comme nos ancêtres avant nous, aussi Haute qu’Honneur. »



***


« Lady Rougefort. » Elle incline son front tout aussi imperceptiblement que les murmures des pierres. Tant de visages, tant d’êtres, se pressent dans les nobles pièces des Eyriés. Depuis longtemps le château n’avait accueilli autant de titres. Etrange atmosphère de célébration et d’avenir incertain. La tension était palpable et Catelyn faisait de son mieux pour garder le front haut. Des rugissements de leur famille, personne ne devait rien savoir. Lisse était son visage, effacées les pensées néfastes. D’ordinaire, Catelyn adorait quand sa demeure, du moins la demeure familiale ancestrale, se remplissait de ses sujets, elle aimait sentir les regards silencieux glisser sur son être. Elle s’était toujours sentie plus puissante, sa position assurée et jalousée. Aujourd’hui, en entendant son nom d’épouse, elle comprenait à quel point les temps avaient changé. Les lèvres étaient graves, teintées d’angoisses devant les ailes repliées du faucon. Martyn était une ombre dans sa propre demeure, Roslinn ne semblait plus être la si belle rose parvenue des contrées étrangères, mais une mère délaissée, et il n’était pas besoin de parler d’Etaine dont la fureur était de vertu publique… Quant à Elbert Arryn, il était lointain comme un conseiller ne serait l’être. Les conseils entre lord et chevaliers étaient nombreux, les débats pullulants mais nul n’osait lever sa voix contre son suzerain. Ils n’étaient arrivés quelques jours plus tôt, mais Jace lui avait déjà confié que toutes ces rencontres ne servaient à rien. Elles demeuraient infertiles sans la voix de Martyn.



Son entretien avec son père terminé, Catelyn arpente les couloirs des Eyrié, ne se décidant pas à retrouver ses quartiers où elle tournerait en rond, n’ayant plus la patience de lire ou de se donner à des travaux manuels. Quant aux conversations avec ces nobles Dames, elle les évitaient autant que possible. Ces dernières étaient synonymes de Roslinn et de Loreleï, des êtres et des sujets dont elle n’avait ni la force, ni le temps, de s’accaparer. Ses yeux se heurtent à des porteurs arrivant de la salle des treuils, dont les malles arborent le blason à trois têtes. Les Soeurs. « Toi, oui, toi approche. Lors Sunderland est-il déjà arrivé? - Oui, ma Lady, il y a plusieurs heures, mais ses meubles viennent d’être montés. » Elle le remercie de la main et lui fait signe qu’elle le suit. Elle ne l’avait pas vu depuis si longtemps... Probablement au départ pour Harrenhal. Il n’était pas venu à son mariage, trop précipité. La dernière fois qu’elle l’avait vu, rien ne promettait de faire de lui un cousin. C’était un chevalier, comme tant d’autres il allait donner sa vie pour son suzerain et son roi. Ces détails, encore, lui montraient à quel point certaines choses étaient révolues.



« Lady Catelyn Rougefort, mon seigneur. »



Elle laisse l’appariteur improvisé annoncer son entrée, puis disparaître, avant d’esquisser une légère révérence, un sourire charmant suspendu à ses lèvres. « Je vous prie d’excuser ma soudaine venue, Lord Bryen. J’ai bien peur que votre cousin, mon époux, n’est reçu votre corbeau annonçant votre arrivée. Un air féminin donné, son regard balaie les modestes appartements tout en tendant délicatement sa main pour recevoir la marque de politesse qui lui incombait. J’aurais envoyé ma maison superviser votre arrivée, si cela avait été le cas, soyez-en assuré. »
crackle bones

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Bryen Sunderland
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Sortonne - Archipel des Trois Soeurs
MessageSujet: Re: Au crépuscule, seules les ruines restent.   Sam 2 Juil - 19:35

Doucement, sa dextre parcouru la plate d’acier du heaume posé sur un mannequin de bois et le lord soupira. Sur la spalière, deux entailles se dressaient vilainement, horribles et angoissantes... Elles avaient été portées par un coup de masse, brisant le métal et son épaule - qui s’en trouvait encore douloureuse - par la même occasion. L’armure, à cet endroit, s’en était trouvée déformée.
La main continua sa course sur la cuirasse jusqu’à croiser les rayons de soleil glissant par l’ouverture d’une fenêtre de sa chambre. Et le chevalier l’y laissa chauffer avec plaisir, à la façon des reptiles qui se laissent reposer sur les murs. Il regarda minutieusement chaque cal et chaque cicatrice, puis plia et replia la main à plusieurs reprises, afin de faire jouer les articulations. Entre chaque doigt, la peau rose était très légèrement tirée, comme des palmes… Une caractéristique dont avaient hérité de nombreux hommes et femmes des Sœurs et qui remontait jusqu’aux temps anciens… il y a des milliers d’années.
Une servante entra et lui apporta des linges. Distrait, le damoiseau laissa promener son regard sur les formes de la jeune femme, qu’il devina tièdes et souples, sous le tissu de laine de sa chemise ouverte. Un cou de cygne, songea-t-il, immobile et tout en se livrant à l'examen furtif de la damoiselle. Il y avait longtemps que le chevalier n’avait senti la présence de la chair contre lui. Il avait malefaim de tendresse et il était las de cette solitude qui le poursuivait depuis maintenant trois années. Lorsqu’enfin elle croisa le regard du jeune seigneur, les joues de la jouvencelle s’empourprèrent et la drôlesse lui décocha une œillade.
Que dire... ?
Le feu brûlait derrière un paravent de cuir et un page s’avança pour y ajouter du bois, lorsque le lord entendit un grincement et releva la tête. Le sire des Sœurs, muet, sourcilla, et une lippe vint caresser ses lèvres alors que des serviteurs portant la livrée des Eyrié entraient dans la pièce avec ses affaires : derrière ceux-ci, lady Rougefort venait d’apparaître.
Un mince sourire aux lèvres, la blonde créature gratifia le chevalier d’une légère révérence et lui souhaita la bienvenue en ces lieux, tout en s’excusant de cette visite impromptue. Laquelle visite, songea Bryen, aurait mériter à coup sûr une ballade ou quelques chansons. Car lady Catelyn du haut de ses vingt-cinq ans et de sa taille de guêpe, était l’une des plus accortes jouvencelles qu’avait connu le Val et un très beau parti. Et pour le plus grand malheur de plus d’un ser ou d’un lord, pauvre ou fortuné, elle avait trouvé à se marier avec son propre cousin à lui : lord Jace Rougefort.
La dernière fois mais que les deux jeunes gens s’étaient vu, c’était lors du départ de l’ost valois pour Harrenhal.
D’un rapide coup d’œil, le damoiseau détailla ces formes plantureuses et ces blonds cheveux, qui s’en venaient cascader sur ce cou gracile. Puis, avec une infinie délicatesse, il s’avança et lui offrit une révérence. Enfin, saisissant délicatement la main offerte, il l’effleura des lèvres tout en continuant à la fixer et retroussa ses babines en un charmant sourire. Ce qui eut pour effet de laisser apparaître une rangée de dents blanches et régulières… chose assez rare dans le royaume pour le préciser !

« Votre beauté ma dame, ne cesse de grandir à chacune de nos rencontres... »

D’un geste de la main, il enjoignit à la valetaille de se retirer. Les serviteurs et le page s’inclinèrent et la souillonne se fendit d’une révérence. Non sans lui avoir décoché, au passage, une nouvelle œillade.

« Je ne doute pas que vous nous eussiez réserver bel et charmant accueil, lady Catelyn. Aussi vrai que vous êtes une Arryn et que vous êtes ici chez vous. »

Un sourire aux lèvres, le jeune lord des Trois Sœurs se tourna de côté et invita la dame à s’asseoir dans l’un des trois faudesteuils qu’on avait mis à la disposition du chevalier. D'ici quelques heures, il rencontrerait Martyn et Etaine dans la grande salle du château.

« Il y a bien longtemps que nous ne nous sommes vu ma dame... C'était avant votre mariage avec mon cousin Jace. »

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Catelyn Rougefort
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Rougefort, Val d'Arryn.
MessageSujet: Re: Au crépuscule, seules les ruines restent.   Dim 3 Juil - 17:50

Il serait toujours le chevalier courtois de sa jeunesse. A cette idée, Catelyn réprime une moue amusée. C’est avec un sentiment sincère qu’elle incline son port altier en réponse à son sourire charmeur. Invitée officiellement dans les appartements, elle prend place. Son index traçant un sillon sur les armoiries gravées de sa famille. Il avait raison, elle était ici chez elle.



« Il y a bien longtemps que nous ne nous sommes vus ma dame… C’était avant votre mariage avec mon cousin Jace. »



A nouveau, elle incline doucement la tête, il était vrai. Depuis leur dernière rencontre, tant d’événements c’étaient déroulés qu’il était inutile d’essayer de les énumérer. Ils manqueraient de temps. Catelyn n’aurait jamais pensé être un jour attachée, de près ou de loin, par des liens familiaux à la Maison des Sunderland. Une maison dont elle s’était toujours méfiée. Une terre théâtre de conflits. Et si, Bryen avait prêté allégeance à sa Maison, elle ne pouvait apaiser ses yeux de falconidé. Silencieux, ils guettaient le moindre faux pas de l’insulaire. Bryen, que rien ne devait amener à régner un jouer sur les Trois Soeurs, avait depuis longtemps gagné une place à part dans son estime en lui préférant les atouts de sa cousine, Etaine. Enfants, il n’était pas rare qu’ils se voient pendant les grandes fêtes du Val, puis plus tard elle l’avait applaudi lors de ses victoires aux joutes. Oui… mais maintenant, il était à la tête de cette maison,aiguille douloureuse dans l’échiquier du Val, et son cousin par alliance.

« Une union précipitée, sans quoi elle aurait offerte maintes réjouissances à la région. » Elle avait toujours pensé que son mariage serait célébrer par un tournois où la fine fleur de la région se bataillerait le prix de Gloire et de Beauté. L’atmosphère aurait été chaude, bienveillante, cristalline. Elle aurait revêtu ses plus beaux joyaux pour faire de l’astre solaire une pâle copie de la lumière lunaire. En tant que petite-fille de Roi, en tant que fille du défendeur de la Porte Sanglante, cousine du Gouverneur de l’Est, cousine du Gouverneur du Nord, portant une dernière fois le nom ancestral des Arryn : c’était ce qui lui était du. La confection de son trousseau et de sa dot aurait mis les meilleurs artisans du Val en effervescence et des mois prospère auraient été offert à plusieurs familles roturières. A défaut, ses fiançailles n’avaient durées que quelques semaines, son mariage le temps d’une cérémonie trop intime et ses jours de jeune épouse au son des cors de guerre. Les corbeaux avaient volé annoncer la nouvelle, tâches noires dans le Ciel azuré. « Hélas, nul ne peut prédire les spectres de la guerre. Je suis heureuse de pouvoir vous revoir en ce jour, moins hostile que votre départ pour Harrenhal et avoir le privilège d’appeler le chevalier émérite que vous êtes, mon cousin. »

Elle marque une pause polie. Son mariage était un heureux événement comparé à ce que le nouvel Lord Sunderland avait du éprouver les mêmes mois. Après-tout, il n’y avait que les murs des Eyrié qui connaissaient la véritable raison de cette union précipitée, dont la guerre n’était qu’une excuse, louable mais mensongère. Certains nobles du Conseil s’en doutaient, mais ce n’était pas quelque chose d’important. Le mariage était le destin féminin et du haut de ses vingt-cinq ans, Lady Catelyn aurait du se montrer satisfaite d’avoir toujours un prétendant. Non, Bryen avait du faire face à la mort de son unique héritier. Un événement, en soi, plus tragique. Il était de mauvaise augure de parler de la mort d’un enfant sous un toit qui célébrait une naissance. La mort infantile était une chose courante que personne ne pouvait prédire. Une mort dont, à ce qu’elle avait entendu dire, Lady Deana ne se remettait pas. Par son devoir, elle lui avait envoyé un corbeau si tôt la nouvelle connue à Rougefort. Une nouvelle qui avait laissé Lady Lavisa Rougefort, née Sunderland, dans une profonde tristesse bien qu’elle n’ait jamais vu ledit enfant de ses propres yeux. Si je dois être tout à fait honnête, Catelyn n’avait pas été affectée par cette petite mort. Elle avait même trouvé la réaction de sa future belle-mère, qui était allée jusqu’à en porter le deuil, peu honorable. A cette époque là encore, tant de braves Valois étaient en train de livrer combat, il leur fallait rester fortes. Bref, le corbeau avait été envoyé et le malheureux décès, oublié. Pourtant, devant cet homme qu’elle portait en affection, elle ne pouvait rester sans voix ; « je suis navrée pour la disparition de votre fils. Nul ne devrait avoir à pleurer la mort d’un être cher loin de chez soi. Il n’y aurait pas plus mauvaise augure que Loreleï ne portait déjà en son être. Il me désole de ne pas voir votre épouse, Lady Deana, à vos côtés. Bien que le voyage jusqu’aux Eyrié peut sembler éprouvant, je suis certaine qu’il lui aurait revigoré ses sens. »

C’était des paroles assez plates, polies comme son rang les lui imposait. Elle n’était pas sotte, le bonheur de Roslinn lui était déjà pénible, alors qu’en aurait-il été pour cette pauvre femme? Bien sûr la Suzeraine aurait trouvé les paroles justes et réconfortantes, là où Catelyn peinait. Non par manque d’égards ou de gentillesses, mais parce qu’elle servait des desseins plus grands et qu’à eux-seuls, elle réservait ses forces. Qui plus est, la disparition avait eu lieu il y a presque un an maintenant, et le futur n’appartenait pas aux fantômes du passé.

« Ma mère, votre tante, m’a laissée entendre qu’elle se confondait un peu plus chaque jour dans la la Foi? »

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Bryen Sunderland
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Sortonne - Archipel des Trois Soeurs
MessageSujet: Re: Au crépuscule, seules les ruines restent.   Lun 4 Juil - 20:19

Bryen ferma la porte derrière Catelyn et s'appuya contre le mur. Il n'avait guère connu son cousin Jace qu'à la guerre, ainsi qu'à travers les mariages et les tournois qui avaient égayé le Val. Ces derniers avaient toujours été prétextes à la fête et c'était l'occasion pour les nobles de se retrouver à travers des liesses que l'on savaient éphémères mais qui se renouvelleraient ailleurs, selon le bon vouloir de leur suzerain soucieux d'égayer son ennui ou de quelque riche seigneur, désireux de se faire connaître et de nouer de nouvelles alliances.
Bryen avait eu la chance d'y être convié à plusieurs reprises en compagnie de ses jeunes cousins Harrold et Martyn, aujourd'hui décédés.
Du peu qu'il en savait, Jace avait été l'écuyer de ser Elbert Arryn. Le père de Catelyn. Il était arrivé au sein de sa maisonnée dès l'âge de six ans et avait alors grandit aux côtés de Cate. Très tôt déjà, Jace s'était épris de la jeune fille, alors que de son côté, c'était pour Etaine que le coeur de son cousin n'avait cessé de battre.
Peu avant la bataille d'Harrenhal, Jace avait demandé la main de la jeune femme au Suzerain des Eyrié, et ce dernier avait aussitôt accepté. Elbert également. Lorsqu'elle avait enfin appris la nouvelle, tout était déjà arrangé pour le mariage de Catelyn... Un mariage dont Bryen ne doutait pas qu'il fut pour le moins conflictuel, sachant les sentiments de la blonde créature pour son suzerain.
Sa tante Lavisa en revanche, il s'en souvenait un peu plus : comme d'une femme grande et mince, avec cette chevelure brune si caractéristique de nombreux soeurois. Elle ressemblait beaucoup à sa soeur Marla et elle avait toujours été d'une grande douceur envers lui, son frère et sa soeur. Elle était renommée à Sortonne pour sa grâce et sa beauté. Comme Catelyn et d'autres, elle lui avait fait part de sa tristesse et de son affliction quant à la mort de son héritier Roderick.
Mais il y avait bien longtemps qu'il ne l'avait revu, elle aussi. Et le reste de ses souvenirs étaient à présents diffus...

« Les dieux sont parfois cruels, ma dame... réagit Bryen en songeant à ses malheurs. Mais j'espère sincèrement que ce mariage fut pour vous un mariage heureux. En dehors de la bataille ou dans celle-ci, je me souviens de mon cousin comme d'une homme brave et courtois. »

Et tandis que Catelyn marquait une pause polie, Bryen coula un nouveau regard intrigué vers la jeune femme, avant de la remercier. Les mots avaient un sens et il savait que la jeune femme était assez versée dans l'art des intrigues pour peser avec soins chacun d'entre eux et la portée qu'ils avaient. Le damoiseau n'ignorait pas non plus l'importance viscérale qu'attachaient les Arryn à l'honneur : qu'une petite-fille de roi et cousine de son suzerain, même apparentée à sa propre famille par un mariage, lui parle du "privilège" de l'appeler son cousin signifiait beaucoup, il le savait. Pour elle comme pour lui.
Tout comme Jace, les deux jeune gens s'étaient fréquentés à plusieurs reprises durant leur enfance et avaient partagés des jeux communs. Des jeux dans lesquels Catelyn avait à chaque fois ralliés les suffrages de nombreux damoiseaux. Et au cours desquels Bryen s'était fait une certaine idée de cette séduisante créature. Dans cette proximité affichée par la belle jeune femme, il n'ignorait pas qu'il existait un certain danger.
Attachement réel ou simple manoeuvre de grande famille : là était la question ? Dans cette partie du Val, à des lieux du calme des Soeurs, on maniait l'art de placer ses pions avec subtilité.
Bryen devinait que Catelyn, à ce jeu-là, savait être redoutable autant qu'elle l'avait été dans leurs jeux d'enfants. Il opta donc la prudence :

« Sachez que j'en suis aussi heureux ma dame. C'est un honneur pour notre maison que d'être apparentée aux Arryn par les héritiers que vous ne manquerez pas de donner à mon cousin. »

A peine avaient-ils prononcés ces mots que Bryen songea à leur possible mauvaise interprétation ! Catelyn n'avait donné aucun enfant à son cousin Jace et cela ne devait pas manquer de les chagriner tous deux. Mais il n'y avait nulle offense dans ses propos... Au contraire, le damet souhaitait à Catelyn et à son cousin d'avoir un héritier. Il le souhaitait d'autant plus qu'il avait lui-même connu le bonheur - éphémère - d'être père.
Plus que tout, le mariage de Catelyn avait d'abord appris à tous à ceux qui pouvait encore en douter, que Martyn ne répudierait jamais Roslinn Tyrell, bien qu'elle n'ait pas encore porté d'héritier mâle.
Le couple était jeune, mais le temps pressait : Martyn s'en était déjà aller à la guerre et ne manquerait pas d'y retourner. S'il venait à trépasser, le Val serait plongé dans le doute et l'inconnu, à défaut d'héritiers légitimes.
Soucieux, le chevalier frotta ses doigts comme pour se réchauffer, tourna les talons et se dirigea vers une table où se trouvaient une aiguière et des coupes en étain.
Il en servit deux verres et proposa le premier à la jouvencelle. Un vin qu'il devina issu des caves de lord Kevan Veneur. Et dont le Val se révélait particulièrement friand. Dans le feu, la bûche se consumait doucement.

« Je ne sais si les jours qui se profilent à l'horizon s'annoncent plus heureux... Après tout, la guerre n'est pas terminée et mes vassaux s'inquiètent de l'incertitude dans laquelle ils sont plongés. Je gage que sous peu, nous répondrons de nouveau à l'appel aux armes. Mais peut-être votre cousin s'en est-il ouvert à vous ? »

Etait-il entreprise plus futile que celle d'imaginer et aviser les intentions de celui qui prétendait régner sur le Val ? La torpeur dans laquelle s'était plongé Martyn révulsait Bryen tant elle illustrait la pusillanimité de l'héritier des Arryn et son manque d'esprit chevaleresque. C'était là une nouvelle preuve de la faiblesse de leur seigneur, affirmaient certains. Un seigneur sans héritiers, tout aux ordres de sa femme qui le menait par le bout du nez. Mais ceux-là prenaient garde de ne jamais le crier trop fort, de peur que le courroux de leur seigneur ne s'abatte sur eux.

Quant à sa femme... Le visage de Bryen s'assombrit à l'évocation de ses malheurs. Il regarda longtemps Catelyn, et finit par baisser les yeux... Son mariage avec la cadette des Lonhameau avait d'abord été un mariage de raison : une alliance visant à raffermir les liens entre les deux familles nobles.
Lui n'était que le neveu du lord d'alors. Et comme tel, son mariage avec la noblesse insulaire allait comme une évidence. Les alliances avec d'autres familles, plus lointaines et plus importantes, auraient été l'affaire de ses cousins, Harrold et Martyn. Le mariage avec Deana était d'autant plus naturel qu'on avait placé Bryen en tant que page chez les Lonhameau, à Aberhavre et ce, dès son plus jeune âge.
Il n'ignorait pas que durant un temps Deana avait nourri certains sentiments envers lui. Mais ils ne s'étaient jamais vraiment aimés l'un et l'autre. Pas d'un amour pur et sincère.

« Lady Deana est entrée chez les Soeurs du Silence peu après mon départ pour les Eyrié, mettant ainsi fin à notre mariage » souffla Bryen en songeant à l'aigreur qui était en lui depuis.

C'était dit tout de go. Avec une simplicité violente... À l'image de la violence avec laquelle il avait accueillit la nouvelle de la perte de son enfant puis, par la suite : de l'entrée de sa femme dans les Ordres.
Le jeune seigneur se tourna vers la fenêtre et regarda vers le lointain. Un regard vide.
La guerre prélevait son écho et fauchait les vies plus facilement qu'un vilain avec sa faux. C'était pourtant son fils qu'on avait fauché dès la première année. Le jeune gandin qu'était alors Bryen se doutait-il seulement de ce qui allait l'attendre à son retour d'Harrenhal, lorsqu'il s'en était allé guerroyer ?
Une fois encore les mots résonnèrent d'une façon sourde dans son esprit. Un sentiment de vide. Un vide terrible s'était emparer de lui lorsque l'écuyer venu de Sortonne lui avait apporté la terrible nouvelle... sa main s'était serrée sur la poignée de son épée ; jusqu'à en avoir mal : jusqu'à ce que ses phalanges en deviennent blanches. Le monde autour de lui avait vacillé... et les ténèbres soudain, l'avaient envahis.
Tu mens, avait-il voulu lui cracher ! Tu mens ! Et pourtant, au fond de lui, il le savait : il ne mentait point. Son regard défait, sa détresse devant la douleur de son seigneur... étaient autant de signes qui ne trompaient pas, autant de féroces démentis à ses espoirs !
Cette nouvelle, c'était un coup de masse... Une gifle terrible du Destin. Et c'était aussi un mal sans remède, un mal qu'il lui fallait à présent oublier lui assurait-on...
Mais le jeune sire n'avait plus de joie : le monde lui semblait voleur de temps et d'espoirs.
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Catelyn Rougefort
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Rougefort, Val d'Arryn.
MessageSujet: Re: Au crépuscule, seules les ruines restent.   Mar 12 Juil - 22:56

« Lady Deana est entrée chez les Soeurs du Silence peu après mon départ pour les Eyrié, mettant ainsi fin à notre mariage. »



Félidés, ses grands yeux bleus se posent sur Bryen. Sa stature se détache, une ombre dans la lumière. Il ne la laisse pas voir son visage. Un visage sur lequel les émotions doivent danser. Elle les sent. Elle les voit. La tension de sa nuque ne laisse aucun doute. Elle lui avait préféré être l’épouse d’un Dieu... Ses mains jouent entres elles, que pouvait-elle répondre face à cette fatalité? Pour y répondre, elle aurait du comprendre le choix de cette femme, mais il lui restait voilé. Dans le pieux silence, elle pense à ce monde débordant, qui des milliers de pieds plus bas s’agite à toutes heures. Elle pense à sa demeure où chevaux, chiens, jeunes gens boivent, chantent, chassent et la suivent du bout des yeux. Elle pense au poids des faucons quand ils déploient leurs ailes, la pression de leurs serres, leur détermination… Elle pense à la force de son corps dans les ombres de la nuit. Oui, ce désir que la Lune tait à l’Aurore. Cette vie... elle n’aurait pu l’abandonner pour la Mort. Là, n’était pas son destin. Là, ne serait jamais son destin quand bien même une petite mort devait lui crever son âme! Elle appartenait à cette terre, corps et âme, elle lui appartenait. L’Etranger lui-même n’y pouvait rien. Elle l’avait décidé et de la mort, elle répondrait d'elle-même.

Alors, elle se lève. A pas feutrés, par la lourdeur de sa robe de cour, elle avance vers la baie. La lumière y est aveuglante, proche de l’Astre d’or. Elle appuie ses avant-bras sur la solide pierre ancestrale et laisse ses yeux observer l’horizon. De ci-haut, la vision n’offrait qu’une mer de nuages et un lac azuré. Une mer de l’envers. L’air y était pur, violent et ardent. Un air qui depuis six mille ans renforçait les chevaliers du Val.

« Vous retrouverez vos rivages Bryen et avec eux, des promesses nouvelles. »



Ses paroles étaient douces, un accord tacite de deux mondes différents. Il était inutile de parler plus longtemps de cette épouse qui n’était plus. Elle n’avait pas été assez forte face à l’adversité et personne ne pouvait rien pour cela. Certains naissaient plus combatifs que d’autres… Un puissant exemple habitait ces lieux même. Bien que ses épines soient dissimulées, la Rose n’avait pas assez de force. Les cris de son nourrisson, ne pourraient pas faire fuir bien longtemps les spectres auxquels elle devrait faire face. Le vin de la Maison Veneur glisse lentement en elle, imbibant son esprit de pensées diverses. Pensées glaciales sous la chaleur des rayons.

« Comme vous, je ne sais si les jours qui se profilent au loin nous seront plus heureux. Heureusement, notre Suzerain, le Val et ses Montagnes, peuvent compter sur des chevaliers tels que vous Lord Sunderland et Jace. Mon père n’aurait pu faire de moi fille plus heureuse qu’en me donnant en épousailles à la Maison Rougefort. Après son adoubement par mon père, votre noble cousin est devenu une épée indispensable à ma région et ses sujets. Je ne pouvais espérer plus grand hommage. »



Et ces rayons brûlent les tristes apprêts de ces fins mots. Mensonges qui n'ont pour honneur véritable que de dissimuler la triste chose que sa famille désunie. Une famille suzeraine en conflit était une région perdue. Aux yeux des Lord, parfois trop clairvoyants, il fallait rester comme le poing d’une main. Uni, brave, ferme et féroce. De la vérité, Martyn l’avait chassé de la demeure familiale comme on exile les traites que l’on prive d’une mort, encore trop douce pour leurs crimes : il ne restait plus rien.

« Dîtes-moi Lord Bryen, partagez-vous les incertitudes de nos sujets?

 Bien que son ton n’avait pas changé, elle parlait plus au vassal de ses aïeux qu’à son cousin et ami. En ces îles lointaines que disent vos vassaux de votre genoux tantôt plié? Car bien que votre courtoisie soit égale à ce qu’elle a toujours été chez vous, je gage que votre visite en ces hauts murs n’ait pas d’autres desseins que le renouvellement de vos voeux? »



Ils étaient tous là pour ça. Nombreux étaient les noms des maisons qui se bousculaient dans la salle du trône. Un bal de fous, un bal incertain dont l’échéance inévitable demeurait tue. Autrefois, ces actes de foi lui seraient allés droit au coeur. Elle aurait été reconnaissante envers chaque fourreau déposé aux pieds du trône de barral. Avec une ferveur infinie elle aurait baisé chaque lame. C’était terminé. Si sa foi envers sa Maison était inébranlable, son coeur ne se plierait pas devant son cousin tant qu’elle ne lui aurait pas parlé.

« Mon cousin et notre suzerain Lord Arryn, est un homme de conviction. Si j’ai partagé sa vie de nombreuses années, vous êtes celui qui l’a suivi dans la victoire : vous êtes donc plus à même à le savoir. Ma vie de jeune épouse, m’a longtemps retenue loin des Eyrié mais j’ai été heureuse, lors de mon retour, de voir qu’il n’avait jamais été plus déterminé. Je ne puis vous cacher que le Jugement des Sept a été une période très difficile, instable et tragique… Pourtant quand les murs résonnent des vagissements d’un nouveau né, alors l’avenir retrouve toute la splendeur d’antan. »

Dans un jeu établis, elle relève doucement ses longs cils. O Martyn était bel et bien déterminé, dans sa stupidité et son entêtement. Quant à la naissance de Loreleï, l’avenir ne retrouvait sa splendeur que parce qu’elle était née femme… laissant la place à d’autres héritiers.



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Bryen Sunderland
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Sortonne - Archipel des Trois Soeurs
MessageSujet: Re: Au crépuscule, seules les ruines restent.   Mer 24 Aoû - 19:57

Bryen sentit Catelyn venir à son côté, près de la baie. Il n'osa lui-même trop s'approcher du vide, de peur d'être pris d'un vertige face aux tourbillons célestes qui se déchainait au dehors. Un sentiment de paix pourtant, s'échappait de ce spectacle vertigineux. Une quiétude étrange et plaisante... Les Sœurs étaient-elles l'endroit où l'attendaient des promesses nouvelles ? Il lui semblait au contraire que ces îles, dans lesquelles il avait grandit, ne refermaient à présent que vides et chagrins. Il soupira...

« Quand j'étais enfant et que je venais vous voir aux Eyrié avec mon oncle et mes cousins, j'aimais venir près du bord et contempler cet océan de nuages en livrant mon visage aux souffles du vent... J'y prenais alors les dimensions de mes espérances... »



Dans son regard dansait une flamme nouvelle, provoqué par la remembrance de quelques souvenirs heureux, partagés avec d'autres enfants des Eyrié. Des rires et des chants, des courses-poursuites dans les couloirs de la forteresse et parfois des colères. Des amours, aussi... Mais le jeune seigneur s'abstint d'en dire d'avantage. Ils avaient tous les deux partagé suffisamment de moments ensemble pour savoir de quoi il en retournait. Et ses espérances avaient été douchées il y a bien longtemps de cela.
Une bourrasque s'engouffra dans l'interstice de la fenêtre, provoquant un gémissant aigu. Comme une lamentation soudaine face à des regrets et des souvenirs lointains.

« De même que des pèlerins font route ensemble pour abréger leur pèlerinage... des malheurs partagés sont plus doux à supporter, ma dame. »



Le jeune lord se tourna vers Catelyn et inclina doucement la tête en signe de reconnaissance pour ses quelques mots de réconfort.

« Je crains toutefois que le Val ne doivent compter sur des chevaliers beaucoup moins honorables... à tout point de vue ! »



Le chevalier se tourna de nouveau vers le loin en laissant à la dame de Rougefort le soin d'interpréter ses propos. L'allusion portait à nul autre qu'Eoden Veneur, dont Bryen n'avait jamais apprécié ni la compagnie, ni la façon d'être... et dont la place dans la fratrie des Veneur en faisait le dernier né devant ses deux ainés et par voie de fait, le moins important et le moins honorable dans la ligne de succession de cette fort ancienne maison du Val pour un mariage avec une Arryn. Martyn, s'il avait voulu insulter sa soeur, ne s'y serait pas mieux pris... Et cela, tout le Val, du bas peuple à la haute noblesse, en était parfaitement conscient. C'était un véritable camouflet que venait d'infliger son frère à Etain. Un camouflet que certains nobles - y compris parmi les vassaux des Soeurs - et petites gens n'avaient pas manqué de critiquer, de pair avec l'atavisme actuel de leur suzerain. Une querelle entre Etaine et son frère risquait de fédérer, si l'on n'y prenait pas garde, autour d'eux des partis antagonistes.

« Ils n'ont rien à en dire ma dame. Mes vassaux ne s'occupent guère des affaires des Eyrié... et ceux-ci le leur rendent bien d'ailleurs. »



Bryen était venu mettre ses comptes en ordre avec son suzerain. Il était revenu en urgence dans les Sœurs après les terribles nouvelles apprises dans le Trident : gérer la passation du pouvoir entre deux seigneurs alors que l'héritier est absent et à la guerre aurait pu s'avérer une source de problèmes pour quelques prétendants impromptus au trône des Sœurs.
Désormais dépourvu d'un femme et d'un héritier, sa position de lord suzerain aurait pu être contesté par les autres maisons nobles des îles.
Le chagrin ensuite, avait tenu Bryen éloigné du Val et des Arryn... jusqu'à ce qu'il apprenne le mariage d'Etaine avec Eoden Veneur. Le damoiseau s'était alors résolu à se rendre aux Eyrié pour venir au secours d'Etaine, à condition qu'elle le veuille.
Plierait-il le genou devant Martyn ? Oui, évidemment. Il ne pouvait en être autrement face à un Val uni - bien que pour le moins circonspect - derrière son seigneur. La noblesse valoise pouvait bien tempêter et ruminer, elle demeurait fidèle - à l'exception plus ou moins notable des Soeurs et des clans barbares des Montagnes de la Lune - à sa maison suzeraine depuis l'unification du Val par le premier des Arryn, le fameux Chevalier Ailé. Plutôt que de s'unir derrière une autre maison que les Arryn, les lords préféreraient mille fois se disputer entre eux et revenir à une dizaines de petits royaumes, comme le Val en avait connu avant et après l'arrivée des Andals.
Il eu suffit pourtant que l'un des membres de cette famille - Etaine ou Catelyn ? - ne se dresse contre Martyn et ne brise l'apparente union de la famille, et bon nombre de seigneurs, petits et grands, se seraient montrés beaucoup plus menaçants envers Martyn... De cela, le seigneur des Îles en était convaincu.

« Votre cousin, m'amie, est un homme de conviction qui semble aux yeux de nombre de ses vassaux, s'être perdu dans les atermoiements depuis qu'il a retiré ses forces de l'ost royal. D'aucun parlerait même de pusillanimité ou de couardise alors que la maison Targaryen s'est rendue coupable d'un grave affront envers les Arryn et le Val tout entier. D'autres au contraire, considèrent que l'honneur nous commandait de ne pas abandonner la cause de Maegor, car même vil, celui-ci reste le roi... »



Que dire de plus ? C'était déjà beaucoup ! Le jeune homme avait le sentiment de s'aventurer sur un terrain glissant.

« Je l'ai suivi au combat, Catelyn... Et je sais que Martyn ne manque pas de courage. Ceux qui le disent sont soit des sots, soit des menteurs... Mais fallait-il pour autant agir ainsi ? Au lieu de rallier l'un ou l'autre des deux camps, Martyn a fait le pire de tous les choix : il n'en a fait aucun...! Il a préféré encaisser l'affront fait par Maegor et livrer sa soeur à un... obscur cadet de grande famille. Est-ce là pour vous agir avec conviction ? Que pensez-vous donc de ce mariage entre votre cousine et ser Eoden ? 

Distrait, Bryen caressa la chevalière qui pendait à son cou au moyen d'une petite cordelette de cuir. Puis il se tourna à demi vers la jeune femme, soucieux. Quant au reste, vous le savez comme moi : une femme ne saurait gouverner le Val... Et si Roslinn ne se décide pas à donner un héritier mâle au trône, je suppose que les héritiers qu'Étaine donnera à Eoden Veneur viendront se placer en tête de la succession... En attendant un héritier mâle, le trône des Eyrié et la dynastie des Arryn s'en trouvent fortement affaiblis, j'en ai peur... »


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Au crépuscule, seules les ruines restent.

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