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 [FB] La nuit porte conseil... - Feat Valyron de Mantarys

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Hollister Tarly
COURONNE
■ Localisation : Auprès d'un Membre de la famille Royale.
MessageSujet: [FB] La nuit porte conseil... - Feat Valyron de Mantarys   Mer 20 Juil 2016 - 17:49

Depuis quelques temps la tension était palpable au sein des murs du Donjon Rouge. Peu de personnes ne craignaient les accès de colère du Roi et peu de personnes osaient lui annoncer quelque chose qui risquait de lui déplaire fortement, trop peur de perdre la tête. Trop peur de tout en réalité. Le Roi était certainement la personne la plus instable psychologiquement dans tout le royaume des sept couronnes. Il pouvait paraître joyeux et faire brûler quelqu'un vivant. Il pouvait aimer quelqu'un et le tuer par suspicion de trahison. Rien de tout cela n'était pas bon pour le moral des nobles qui ne rechignaient pas, bien évidemment, mais qui tentait déjà de s'en sortir, ne voulant salir leurs noms en aidant le Roi Maegor dans sa folie.

Pourtant, il n'en avait pas toujours était ainsi, lorsque la rébellion s'était mise en place et que les premiers combats eurent lieux. Il semblait assez évident que le Roi sortirait vainqueur et rapidement de cette pathétique rébellion. Le nord soutenait Maegor, ainsi que le Val. Quoi de plus normal que de ne pas douter de la victoire ? Mais le nouveau Lord Commandant de la Garde Royale que j'étais ne pouvais admettre qu'il y avait eu erreur de jugement. Les rebelles avaient été sous-estimés. Et cela avait sans doute été la plus grosse erreur de la couronne.

Je passais tranquillement ici, entre les murs du Donjon Rouge. L'air était oppressant et mon armure d'or semblait bien moins brillante aujourd'hui alors que la nuit venait de tomber. Ce soir, c'était deux hommes a moi qui gardait la chambre du Roi alors que je faisais une ronde dans le Donjon. Rien d'anormal, tout semblait bien se passait. Alors que j'arrivais dans la salle du trône. Ce fameux siège de fer, les Targaryen l'avaient construits et aujourd'hui, ils se battaient pour l'avoir. Symbole de royauté pour le royaume tout entier. J'étais sans doute l'une des seules personnes de ce Royaume à ne pas le vouloir, de par mon passé j'aurais pu prétendre à un titre un jour, je portais le nom Tarly et personne ne m'en aurait voulu si j'avais désiré un château et des terres. Mais non, j'avais fait autre chose. Un simple petit seigneur marque rarement l'histoire. Alors qu'un garde royal, à l'occasion de le faire.

Peu de personnes connaissaient mes origines bâtardes. Mais je n'étais pas naïf, je me doutais bien que tous les serpents de la cour à Port-Réal devaient s'être informés et savaient précisément qui j'étais. Cela ne me dérangeait en rien, je n'avais absolument rien à cacher. J'étais désormais pour eux une épines pour leurs manigances et leurs complots, ils jouaient tous au petit jeu de la noblesse, alors que j'étais le chef de la meute qui détruisait leurs plans. Cependant, malgré le fait qu'ils soient tous des serpents et des menteurs, cela ne me dérangeait en rien, certains étaient même d'agréables compagnies et de magnifiques orateurs. Je respectais cela et je les admirais même.

Cela donnait quelques notes poétiques à tout ce qui se faisait, un bain de sang était beaucoup moins beau que quelques piques envoyées lors d'un dîner par tel ou tel noble. Même si c'était quelques peu lourd à la longue. Et c'est précisément là où les rebelles changeaient l'ambiance qu'il pouvait y avoir. Je n'appréciais pas non plus le Roi Maegor. Mais j'étais tenu par serment et je respectais ce serment, officiellement il était Roi. Alors, je le protégeais, même si cela m'écœurait parfois.

Je me stoppa devant le siège de métal et l'admira quelques instants. Était-ce lui qui donnait la folie aux hommes ? Ou bien les hommes en avaient-ils faits l'objet de leur folie ? Une très bonne question dont j'imagine sans mal, les plus grands philosophe du Royaume me dire qu'ils y travaillent déjà. Plus de mille lames disait-on, je les aurais bien comptés, mais je n'étais sûrement pas assez motivé pour cela, surtout qu'il me restait une partie du Donjon rouge à faire pour terminer ma garde.

J'étais encore dans la grande salle lorsque j'entendis une porte s'ouvrir pour se refermer de suite après, quelques pas en ma direction et je me retournais pour observer l'homme qui marchait aux lueurs des braseros installés tout le long de la grande salle du trône. Je le reconnus rapidement, de part ses habits, mais son allure, rare étaient ceux qui affichaient autant de prestance ici.

- « Bonsoir Monseigneur. »

Le maître des lois était quelqu'un d'important, après la main du Roi et le Roi lui-même bien entendu, tous ceux qui siégeaient au conseil restreint avait un poids de plus que bien des Nobles dans cette assemblée. Il n'était pas quelqu'un en qui j'avais particulièrement confiance, mais je respectais cet homme qui dégageait quelque chose. Même si ce n'était pas la loyauté.
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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: [FB] La nuit porte conseil... - Feat Valyron de Mantarys   Jeu 28 Juil 2016 - 13:38

Comme d’ordinaire, Valyron de Mantarys était encore éveillé et attentif alors que la nuit avait enveloppé Port-Réal dans ses bras obscurs depuis plusieurs heures. S’il avait été submergé de travail durant le début du règne de Maegor, tout s’était progressivement calmé avec le conflit gagnant en intensité. Le natif de Mantarys avait toutefois pris l’habitude de ne pas dormir plus de quelques heures par nuit, se couchant tard et s’éveillant avant l’aurore, pour commencer sa journée en méditant sur ses tâches quotidiennes depuis les remparts du Donjon Rouge tout en observant le lever de soleil sur la Baie de la Néra.

Cette nuit cependant, le discret personnage, membre du conseil restreint et intrigant notoire, n’errait pas dans les couloirs de la forteresse royale. Il avait passé une bonne partie de la soirée à tenir conseil avec certains de ses éminents collègues serviteurs de Maegor. Le Roi lui-même avait été trop occupé à l’on ne savait quoi et ne s’était pas montré. Ondrew Piète, Main du Roi, mari de son alliée Elinor Piète, avait présidé cette réunion informelle. Les Rebelles avançaient vers Port-Réal. Les armées royales, défaites devant Harrenhall, et la flotte en partie consumée aux deux cents épaves, le retrait du Val d’Arryn et du Nord de la cause loyaliste, tout cela annoncaient des jours bien sombres pour le pouvoir central, mais le natif de Mantarys n’en avait cure. Un Targaryen tomberait pour laisser un autre s’élever. Avec un peu de chance, celui-ci ne serait pas un tyran. Resté seul dans la salle du conseil restreint, Valyron relisait encore quelques documents relatifs à des dispositions légales à prendre concernant la conscription d’une partie de la population de Port-Réal et de réquisitions pour la troupe.

Comme si cela ne suffisait pas, la masse grouillante et sale que Valyron abhorrait manifestait son désacord de plus en plus profond avec son Roi. De multiples affrontements mineurs avaient eu lieu et la révolte grondait, Valyron le savait. Il avait demandé à ses agents disséminés un peu partout d’ouvrir grand leurs yeux et leurs oreilles. Malgré l’exécution publique et récente de plusieurs orateurs populaires particulièrement vindicatifs à l’encontre des Targaryen, la tension n’était pas du tout retombée et on craignait sous peu de véritables émeutes. Le dernier rapport qu’il avait reçu datait de la soirée : les étals du port étaient pratiquement vides en dépit des navires qui continuaient à affluer pour vendre leurs précieux vivres au prix fort. Valyron avait mis au courant Rodrik Farring, le conseiller militaire spécial du Roi afin qu’il puisse prendre des dispositions en cas de problème important. Décidant qu’il en avait assez fait pour la soirée, Valyron se leva dans un raclement de bois sur le sol de marbre. Il ramassa ses documents qu’il rangea dans la serviette de cuir qu’il transportait toujours avec lui, et se dirigea vers la sortie de la salle. Alors qu’il traversait silencieusement la salle du trône, une voix calme l’interpela depuis la semi-pénombre ambiante.

« Bonsoir, Monseigneur »

Valyron pivota dans un mouvement ample et s’arrêta net, entre deux imposantes colonnes ornementées. Devant le Trône de Fer, objet de tant de convoitises, se tenaient un homme dont l’armure d’or qui luisait dans les rayons lunaires ne laissait que peu de doutes sur sa fonction. Un garde royal. Valyron n’avait jamais vraiment su à quoi s’en tenir avec « la dernière ligne de défense » du Roi. Ils lui étaient tous fidèles et Maegor les utilisaient souvent pour ses sombres projets. Se trouvant seul face à l’un de ces hommes ne rassurait jamais Valyron, d’autant plus en pleine nuit. Habitué aux jeux d’émotions, le natif d’Essos n’en montra toutefois rien, se contentant d’effleurer l’étui de sa veste où se trouvait la dague qu’il avait un jour trouvée parmi les ruines fumantes de l’Antique Valyria, la divine terre de ses ancêtres. Un bref moment, il y eu un silence, le temps qu’il puisse identifier celui qui avait parlé. Il ne voyait pas vraiment ses traits mais la voix lui était connue.

Hollister Tarly, Lord Commandant de la Blanche Epée, capitaine de la garde royale de Maegor. Un homme droit, pour ce que Valyron en avait vu, il assistait de temps à autres aux conseils restreints en sa qualité de protecteur en chef de la famille royale. Il était dans la garde depuis des années, et au Donjon Rouge depuis encore plus longtemps. En farfouillant dans les papiers et chartes que ses prédécesseurs avaient laissés, Valyron n’avait pas trop tardé à découvrir avec une certaine surprise que le Lord Commandant n’était Tarly que par le nom et la moitié du sang. Un bâtard légitimé, envoyé se faire oublier à Port-Réal, renonçant de fait à l’héritage qui lui avait été dû jusqu’à la naissance d’un héritier bien légitime. C’était une belle progression, à n’en point douter, et l’homme avait cœur À porter haut les couleurs rouge et verte des Tarly. Valyron s’inclina avec élégance, repoussant les riches parements de velours rouge et noir qui étaient retombés. Il n’était pas Ser, ni seigneur, et pourtant, il avait droit à la même appellation que les autres, bien qu’il n’appréciait guère qu’on l’appelle ainsi.

« Lord Commandant. »

Sa voix était toujours calme, légèrement chantante, là où se trahissait ce léger accent des montagnes du Nord de la Valyria, sonnant typiquement d’Essos. Mais même de la sorte, le Mantaryen gardait son ton à l’image de son regard, froide et coupante. Il n’était pas du genre à se laisser intimider et ne baisser la voix que face au Roi lui-même. Valyron fit quelques pas pour rejoindre le bas des marches du piédestal au sommet duquel reposait le fameux trône. Il resta là un bref moment, silencieux, puis finit par soupirer, brisant le silence ambiant. D’une voix lasse, il s’adressa aux Tarly.

« Que d’histoires pour cette chaise en fer, n’est-ce pas ? »


HRP:
 

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Des mes ordres, dépend le destin du peuple.
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Hollister Tarly
COURONNE
■ Localisation : Auprès d'un Membre de la famille Royale.
MessageSujet: Re: [FB] La nuit porte conseil... - Feat Valyron de Mantarys   Mer 7 Sep 2016 - 11:38

Le maître des lois m'avait d'abord donné l’impression d'être surpris, quoi de plus normal après tout, il était tard et à cette heure tardive rare étaient ceux sensé errer dans les couloirs du donjon Rouge, surtout en cette période, cela pouvait être mal interprété. Heureusement pour lui, la garde avait été mise au courant de la réunion du conseil. Sans quoi, il aurait été difficile de faire croire qu'ils faisait tout pour garder le royaume à flot pendant que d'immenses brèches s'ouvraient dans la coque du grand navire des sept couronne.

Je m'étais attendu à une pointe de peur dans sa voix, mais il n'en fut rien. Soit il n'avait en aucun cas peur de ma présence ici seul avec lui et en pleine nuit, soit il la cachait vraiment bien. Dans les deux cas, il n'avait pas grand chose à craindre de moi je n'étais pas ici pour lui, seulement pour terminer ma ronde. Mais cela il n'était pas dans l'obligation de le savoir. Même s'il était loin d'être un abrutis il finirait par deviner que j'étais en service et non dépêché par sa majesté. Si on pouvait lui accorder le mérite de quelque chose c'était bien d'ailleurs son intelligence.

Il n'était pas l'homme auquel j'aurais accordé ma confiance, mais devant un problème de taille il donnait l'impression d'avoir toujours une solution. Alors était-ce une simple impression ? Ou une vérité absolu ? En tout cas, il semblait craintif de sa majesté, comportement d'une personne sensée, seul un fous irait provoquer Maegor, un fou ou un ignorant. Il aurait suffit d'un regard mal placé et sa tête aurait roulé sur le sol quelques secondes après avec un éclat de rire du dément. Il n'y avait que les gardes Royaux qui étaient légèrement plus en sécurité ici. Du moins tant que Maegor était persuadé de leurs dévotions totale envers lui. La aussi, les choses étaient très tendues. Une seule pensée de la part du souverain, un simple doute sur la loyauté d'un seul des sept frères jurés et s'en était finis de la sécurité des colères du roi. Il fallait que les choses continuent ainsi et cela passait par moi, en tant que Lord commandant, il me fallait montrer l'exemple, même si parfois nos actes n'étaient pas justes.

Je regardais la chaise de fer à mes côtés désormais le maître des lois. Silencieusement, chacun contemplait le centre des sept couronnes. L'objet de toutes les folies. Et convoitises de tous les nobles assez ambitieux et idéaliste rêvant d'y siéger un jour. Un rêve de fou. Valyron se tourna finalement vers moi, nous avions la même pensé. Comique, la situation était inquiétante dans tous le Royaume, certes Maegor en était responsable, mais toutes ces batailles n'étaient dû qu'au fait qu'il ne s'agisse pas du bon fessier royale qui se pose sur ces épées fondus. Bien que je pouvais parfaitement comprendre les revendications des rebelles, j'étais dans l'incapacité de choisir réellement mon camp. Ce qui était handicapant, mais qui éprouvait à quel point je respectais mon serment.

- « Trop d'histoires et bien trop de sang pour cette simple chaise messire. Ne trouvez-vous pas cela étrange ? Le royaume tout entier semble avoir oublié tous les symboles de pouvoirs datant d'avant le trône de fer. » Je me tourna vers mon interlocuteur. « Comme si l'histoire avait réellement débutée avec Aegon Targaryen. »

Les royaumes auraient pu se déclarer indépendant en attendant que le roi abdique et qu'un héritier légitime soit présenté, mais non. Ils étaient désormais tous fidèles au trône de fer et se liaient ensemble pour rétablir la lignée des rois. Les suzerains ne voulaient peut-être plus être roi et désiraient peut-être faire partis d'un grand ensemble. A moins que ce ne soit pour un jour espérer qu'une lignée ne monte sur le trône de fer ? N'importe quoi, imaginez donc un Barathéon roi des sept couronnes. Quelle idée, ça ne risque pas d'arrivé.


HRP Mes excuses:
 
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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: [FB] La nuit porte conseil... - Feat Valyron de Mantarys   Dim 18 Sep 2016 - 15:10

Les mains croisées dans le dos, Valyron de Mantarys se tenait calmement aux côtés du Lord Commandant Tarly, de la garde royale. Ils n’étaient que deux hommes. Deux individus errant dans les couloirs obscurs de la puissante forteresse royale de Maegor Targaryen, premier du nom, souverain des Sept Couronnes. Le Cruel. Tel était le surnom que lui donnait le petit peuple et une partie des nobliaux de province. Les plus grands seigneurs et certains puissants lui préféraient un titre plus subtil, celui d’usurpateur. Car le frère du Conquérant en était un. Il avait traversé le Détroit des années auparavant, à la mort d’Aenys, deuxième de la fratrie, et il s’était saisi du pouvoir et du Trône de Fer sans que personne n’y trouve vraiment à redire. L’héritier direct d’Aenys n’était alors qu’un jeune garçon : Jaehaerys. Le petit prince n’était alors pas prêt à être roi. Il aurait sans nul doute été utilisé par des factions rivales désireuses de s’approprier le pouvoir ou de saper l’œuvre du Conquérant.

Valyron avait alors dû faire un choix. Pour le bien des Sept Couronnes, il avait choisi de livrer le jeune prince Jaehaerys et sa grande sœur la princesse Rhaenys à Maegor, les empêchant ainsi de risquer leurs vies précieuses dans une fuite incertaine pour retrouver un frère présumé vivant. Et pourtant. Et pourtant, Aegon, fils aîné d’Aenys, grand frère de Rhaenys et Jaehaerys, était alors en vie. L’information avait été gardée confidentielle jusqu’à ce qu’un jeune homme aux cheveux d’argent, montant un dragon blanc, ne réussisse à lever une armée avec le soutien de maisons mineures. Les rebelles avaient été écrasés à l’Oeildieu et le jeune prince présumé avait disparu après avoir chuté de son dragon face à la Terreur Noire, Balerion, montée par Maegor lui-même.

Pourtant, lors du retour des troupes du roi à Port-Réal, une entrevue très secrète avait eu lieu dans le septuaire de la forteresse. Seuls Maegor, Rhaenys, Ondrew Piète et Valyron étaient présents. Et Maegor leur avait révélé le corps brisé du jeune prince qui aurait dû hériter du trône à la mort d’Aenys. Et alors, le triomphe de Maegor avait été total. Le petit prince Jaehaerys était trop jeune pour s’opposer à lui, et il demeurait quoi qu’il fasse au Donjon Rouge, sous étroite surveillance. La tumultueuse princesse Rhaenys avait été exilée au Nord, mariée au Sire de Winterfell, Jorah Stark, suzerain du Nord. Et le reste de la famille royale avait été plus ou moins contraint d’accepter la primauté de Maegor sur les affaires des Targaryen.

Malgré cela, quelques semaines à peine après la destruction de l’armée rebelle à l’Oeildieu, la véritable révolte se leva. Alors que les relations entre Maegor et les grandes familles du Sud s’étaient rapidement dégradées depuis plusieurs mois déjà, les Lannister et les Baratheon, ralliés par les Tyrrel, déclarèrent la guerre au Trône. Et désormais, ils étaient là, deux membres du conseil restreint. L’un chargé de la sécurité de toute la famille royale, l’autre de faire respecter la justice du Roi. Visiblement, d’ailleurs, le Lord Commandant partageait la lassitude de Valyron pour la guerre civile qui avait éclaté depuis plusieurs années maintenant.

« Trop d'histoires et bien trop de sang pour cette simple chaise messire. Ne trouvez-vous pas cela étrange ? Le royaume tout entier semble avoir oublié tous les symboles de pouvoirs datant d'avant le trône de fer. »

Le chevalier s’était tourné vers le Maître des Lois.

« Comme si l'histoire avait réellement débutée avec Aegon Targaryen. »

Valyron eut un sourire nostalgique à l’évocation de cette époque qu’il n’avait guère connue. Il était né quatre ans après l’unification de Westeros sous la bannière au dragon rouge. Seule Dorne faisait office de résistante, et la couronne la plus méridionale du continent était toujours indépendante aujourd’hui. Il était arrivé quelques semaines après le décès du grand homme. Aegon le Conquérant était mort et son fils aîné, Aenys, venait de monter sur le Trône. Oui, l’Histoire avait réellement commencée lorsqu’Aegon avait unifié Westeros. Le cours du temps s’était pratiquement arrêté depuis la disparition, plusieurs siècles auparavant, de la divine et toute-puissante Valyria, emportée en l’espace d’une journée par le Fléau. De la plus puissante entité politique et économique que le monde ait jamais portée, il ne restait plus que des terres déchirées, parsemant un océan bouillant et mystérieux dont personne – ou presque – ne ressortait vivant. L’héritage valyrien avait un temps survécu, lorsque la plus importante des filles de Valyria avait clamé son droit logique à administrer l’immense empire des Possessions. Volantis avait finalement perdu cette guerre après un siècle de conflits laissant les Cités Libres du Sud d’Essos exsangues. Et pourtant, malgré tout ça, les valyriens avaient survécu dans divers foyers coupés du monde : la forteresse de Peyredragon, au large de Westeros, la vieille ville de Volantis, derrière le Mur Noir, les cités de Mantarys, Elyria et Tolos. Ultimes bastions de la culture et de la foi des dragons.

La voix nostalgique de Valyron laissa paraître son accent chantant, évoquant des grandes montagnes orangées, baignées par un soleil implacable, faisant face à la Baie des Serfs, à l’eau si turquoise, et aux grandes pyramides des cités ghiscaries de Mereen, Astaport et Yunkaï, et plus loin de la Nouvelle-Ghis.

« L’Histoire a commencé bien avant le Conquérant, Lord Commandant. Mais il a réussi à préserver l’héritage de la race valyrienne. Il doit être honoré comme le grand homme qu’il était. Il a ouvert un nouveau chapitre de l’Histoire du monde, par sa seule volonté, et à vingt-sept ans. »

Le Maître des Lois expira longuement, avec dépit. Et pourtant, pas même cinquante ans après l’établissement de ce nouvel empire sous la houlette d’êtres supérieurs que Valyron considéraient comme étant les Hauts Valyriens, toute l’œuvre était menacée par un tyran fou et des rebelles à l’ambition démesurée. Valyron n’aimait guère Maegor, mais il n’appréciait pas non plus que des natifs de Westeros sans aucune once de sang valyrien puissent oser prétendre renverser le roi. Cela devait venir de quelqu’un du même sang, d’un héritier de la divine Valyria.

« Et nous vivrons sous peu un nouveau chapitre de la page écrite par Aegon le Conquérant, lord Commandant. Les rebelles seront bientôt là. Les désastres de l’an dernier au Conflans et dans les Terres de l’Orage ont ôté tout espoir de victoire pour le camp loyaliste. Que ferez-vous lorsque des rebelles se battant pour un Targaryen vous demanderont de vous mettre de côté pour en arrêter – ou tuer – un autre ? »

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Hollister Tarly
COURONNE
■ Localisation : Auprès d'un Membre de la famille Royale.
MessageSujet: Re: [FB] La nuit porte conseil... - Feat Valyron de Mantarys   Lun 3 Oct 2016 - 20:22

Le maître des lois se tenait à côté de moi. Il semblait calme et serein. Tout comme je pouvais l'être. Cette nuit était particulièrement agréable, Port-Réal n'offrait pas vraiment de climat froid et c'était l'un des gros points positif. Même si dans le Bief aussi loin que pouvais se souvenir ma mémoire il faisait parfois plus chaud, ou plus humide dû à la végétation abondante, aux lacs et rivières. Mais en même temps le Bief était le grenier de Westeros, quoi de plus normal. Par contre le maître des lois lui touchait souvent juste. C'était sans doute ça le plus agaçant et plus passionnant à la fois lorsqu'on parlait avec lui, il avait toujours une supposition, une idée et une théorie. Loin d'être totalement intéressant, il était dommage que je ne puisse lui accorder ma confiance entière. Je le savais dévoué aux targaryens, mais lesquels ?

Les Targaryens qui avaient unifiés les sept Couronnes. Enfin, Dorne résistait encore, mais dans l'idée général personne ne résistait à la puissance du trône de fer aujourd'hui avec six des sept royaumes qui donneraient leurs armées pour défendre la cause de leurs suzerains. Aegon n'avait que 27 ans lorsqu'il avait conquis le territoire. Son règne avait été prospère et remplis de promesse. Je me souvenais de mes premières années de services en tant qu'ecuyer dans la garde Blanche. J'avais eu l'occasion de beaucoup être à ses côtés et je voyais l'admiration dans les yeux de tous ceux qui venaient le rencontrer. Il était une légende et pour beaucoup Westeros n'est devenu un royaume qu'à ce moment précis.

- « Qui peut se targuer d'avoir fait d'aussi grande chose aussi jeune n'est-ce pas ? Il donne un exemple de courage et de volonté, du moins son histoire. Au contraire de ce trône qui au final ne fait qu'attirer toutes les convoitises de beaucoup de Nobles. »

La race valyrienne. Le maître des lois y était également beaucoup attaché cela se voyait et se ressentait. Mais qui n'était pas attaché à ses origines et sa contrée d'enfance ? Les voilà de nouveau maître d'une partie du monde comme ils l'ont été des centaines d'années durant. A croire que ce peuple était destiné à conquérir et régner sur ce monde qui ne demandait qu'à être dompté. Mais que l'histoire n'en accepte qu'une poignée et non tout un empire. La catastrophe de la Valyria est connu de tous et enseigné par tous les mestres. C'est la fin de l'âge d'Or des dragons et de la domination mondiale Valyrienne.

Enfin, pour Essos. Pour Westeros ce n'est que le début d'une unification et de la grande légende d'Aegon. Aujourd'hui ils se retrouvaient à affronter les pots cassés de cet héritage. Les écarts de sagesse qu'avait eu Aegon, qui portait le nom de Maegor. Je serais sans doute celui qui aurait le plus dilemme dans cette histoire avec toute la garde Royale. Nous devrons choisir entre le Roi que nous avons juré de protéger et de défendre et mourir pour un tyran que nous ne portons pas dans nos cœurs. Ou laisser passer les rebelles et dans ce cas perdre tout honneur et confiance pour le futur souverain. Un choix qui me faisait tourner la tête.

Je pris une grande inspiration en réfléchissant à la question de Valyron. Que ferais-je ? Je tourna la tête vers lui, le détaillant quelques instants, puis laissant filtrer un léger sourire sur mon visage avant de lui répondre.

- « J’honorerais mon serment, Messire. Comme toujours. »

Une réponse assez vague, puisqu'il avait juré de défendre la famille Royale et le Roi. Autant dire que même dans tous les cas il pourrait honorer son serment, mais cela ne devait pas passer pour un acte de lâcheté, trop peureux pour affronter la mort de nouveau sur un champ de bataille. J'espérais avoir l'occasion pendant la bataille décisive de pouvoir sauver les hommes que j'avais à charge de la folie du Tyran de perdre à coup sûr cette guerre.

- « Et vous Monseigneur ? Que ferez-vous lorsque les rebelles viendront ? Que ferez-vous si Rhaenys Targaryen revient à leurs tête ? »
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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: [FB] La nuit porte conseil... - Feat Valyron de Mantarys   Sam 5 Nov 2016 - 23:58

Une chose attristait profondément Valyron, parmi tous les sujets de discussion qu’il pouvait avoir. Ils devisaient tous deux, Hollister Tarly et lui, dans la salle du trône, face au fameux siège de fer. Ils discutaient tranquillement, posément, comme deux badauds du royaume du Trône de Fer, de l’empire forgé au travers du feu et du sang par Aegon le Conquérant. Et pourtant, ces discussions portaient sur le sujet qui attristait le Maître des Lois. La Valyria n’était plus. Et les Sept Couronnes, toutes-puissantes qu’elles étaient, n’étaient qu’un vestige, un pâle reflet de la domination valyrienne sur ce monde. Quoi que puissent devenir un jour les Sept Couronnes, jamais elles n’égaleraient les Possessions disparues.

Une grande inspiration de son interlocuteur le ramena à la réalité, Valyron avait posé une question fondamentalement importante. Le Lord Commandant était connu pour être l’un des plus importants soutiens au Roi, d’une fidélité à toute épreuve. Il devait donc faire attention à ce qu’il disait. Les échanges séditieux qu’il avait eus avec Rodrik Farring et Rhaegar Velaryon n’étaient pas autorisés face à Tarly. L’homme était trop dangereux, sa réponse l’était tout autant, accompagnée d’un fin sourire.

« J’honorerais mon serment, Messire. Comme toujours. »

Valyron lui rendit son sourire. En sa qualité de garant du protocole et des lois, le Mantaryen connaissait la teneur du serment des frères jurés de la Garde royale. La protection et son serment de fidélité s’étendait à toute la famille royale. Aemon, Rhaenys et Jaehaerys étaient donc tout autant concernés que l’étaient Maegor ou Daenys. Au Donjon Rouge, en ces temps troublés, il était difficile – et dangereux – de donner une réponse trop hâtive. On cherchait des traîtres partout et il n’était pas rare de retrouver parfois un serviteur – voire un courtisan – égorgé, quand ce n’était pas Maegor lui-même qui ôtait la vie au malheureux ou à la malheureuse, coupable avéré ou non. Et comme Valyron aurait pu s’y attendre, le fier Lord Commandant lui retourna la question d’un air badin.

« Et vous Monseigneur ? Que ferez-vous lorsque les rebelles viendront ? Que ferez-vous si Rhaenys Targaryen revient à leur tête ? »

Valyron se permit d’émettre un bref ricanement à cette pensée. Il secoua la tête comme si on venait de lui raconter une bonne blague répréhensible, et il fit quelques pas le long de l’immense Trône de Fer, laissant sa main glisser sur les lames entremêlées, tordues, fondues et au grain grossier. Que ferait-il ? L’occasion était rêvée pour révéler à son interlocuteur que la Princesse de Glace était d’ores et déjà au courant que la situation était corsée pour Maegor et qu’il lui faudrait se trouver sans délai à la capitale. Elinor Piète et lui-même y avait veillé. Toutefois, bien que fier et arrogant, le Mantaryen n’en était pas pour autant fou. Révéler une telle chose raccourcirait grandement son espérance de vie, ainsi que celle de la jeune femme qu’il protégeait plus ou moins en attendant de savoir à quoi elle pourrait être utile dans l’avenir, après tout, elle était tout de même l’épouse de la Main du Roi. Il s’arrêta et tourna le dos au Trône.

« Ma dévotion va aux enfants de la sainte Valyria, et aux Sept Couronnes, Lord Commandant. Je n’agirai jamais autrement que pour mieux les servir. Je ferai donc ce qu’il convient de faire, en accord avec mon rang et mes prérogatives. Quant à la potentielle arrivée de la Princesse… Disons simplement que votre scénario, Lord Commandant, est hautement improbable. »

Il se laissa cette fois aller à un rire coupant.

« Vous me connaissez, Lord Commandant. Je suis un homme prudent, et de surcroît un négociant. Je ne me base jamais sur des suppositions improbables dans mon travail ou ma vie personnelle. Lorsque j’agis, c’est avec la certitude de parvenir à mon objectif. »

Valyron, enfin, haussa les épaules d’un air las.

« Et ce, quel qu’il soit. »

Une étincelle de lucidité frappa soudain le Maître des Lois. Leur discussion était déjà trop dangereuse pour être tenue dans une salle ouverte, d’autant plus au cœur du Donjon Rouge. D’un pas de velours, se déplaçant avec la grâce féline qu’il savait déployer, le Maître des Lois se retrouva face au Lord Commandant.

« Je serai heureux de continuer cette discussion avec vous, Lord Commandant, mais j’ai à faire, hélas. Puis-je vous proposer de m’accompagner à mon bureau ? Nous pourrons terminer notre conversation pendant que je m’acquitterai de mon travail envers la Couronne. »


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