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 Alerie Lannister ◊ courageuse et belle

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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : A Feux-De-Joie, fief de la Maison Prestre, en Terres de l'Ouest.
MessageSujet: Alerie Lannister ◊ courageuse et belle    Ven 23 Sep - 13:54


Alerie Lannister

feat. Celina Sinden

♦ Indépendante ♦ Cultivée ♦ Téméraire ♦ Résignée ♦ Faussement ingénue ♦ Révoltée ♦ Têtue ♦ Entière ♦ Farouche ♦ Cleptomane ♦


VALAR MORGHULIS

◮ Titre(s) :
Lady Lannister, Dame de Castral-Roc et Suzeraine des Terres de l'Ouest.

◮ Âge :
26 ans.

◮ Lieu de naissance :
Château-Rosières, dans le Conflans.

◮ Situation :
Mariée depuis l'An 47 à Lord Garett Lannister.

◮ Statut :
PV.

◮ Groupe :
Terres de l'Ouest.

VALAR DOHAERIS

◮ Maison :
la Maison Lannister est la maison la plus riche et la plus puissante des Sept Couronnes. L'Histoire veut qu'ils soient descendants des Andals venus se tailler un vaste royaume dans les collines de l'Ouest. Leur richesse est due aux mines aurifères qui gisent sous la forteresse de Castral-Roc, que leur ancêtre Lann le Futé arracha aux mains de la maison Castral uniquement par la ruse. Le grand-père de l'actuel seigneur était Loren, dernier Roi du Roc qui, après avoir mené bataille contre l'invasion Targaryen lors de la très célèbre Bataille du Champ de Feu, plia le genou devant Aegon le Conquérant. Il semblerait que les Lannister se targuent encore aujourd'hui de ce glorieux héritage, et qui nourrit peut-être aussi cette forme d'arrogance qui les caractérise tant. De part leur empire financier, les lions de Castral-Roc sont craints et ce plus encore depuis qu'ils se sont ouvertement rebellés contre le Roi Maegor Targaryen. Bien qu'il prit la tête de sa maison à seulement 20 ans, Garett Lannister est un seigneur ambitieux, qui ne recule devant rien ni personne pour porter les siens aux sommets du pouvoir.

◮ Famille :
Alérie est née Piper, maison mineure du Conflans et vassale des Tully. Leur fief, Château-Rosières, est situé à mi chemin entre Vivesaigues et les sources de la Ruffurque, frontière naturelle avec les Terres de l'Ouest. L'actuel seigneur du château est lord Viktor Piper, un homme de 61 ans qui a toujours préféré la vie de famille à d'éventuels devoirs de vassal. Et pendant la majeure partie de sa vie, lord Viktor vécu heureux et sereinement auprès de son épouse, lady Laurine (née Myatt) et de ses six enfants : Corvin leur fils ainé, Alerie leur fille ainée, Honora et Wendy les deux cadettes et enfin, Alysane et Loric. Un premier malheur les frappa en l'An 45, lorsque Honora, devenue lady Prestre, mourut des suites d'une fièvre puerpérale ce qui affecta autant la maison Prestre que Piper. En effet, l'enfant qu'elle venait de mettre au monde ne lui survécu pas. Mais ce fut surtout la guerre de succession à la suzeraineté du Conflans et la rébellion contre Maegor Targaryen, qui fit exploser le cocon familial : les Piper ayant pris partie pour Solveig Tully, lord Garett Lannister marcha sur Château-Rosières en représailles. Alors que lord Viktor s'était décidé à capituler, son fils Corvin prit l'initiative de livrer résistance avec quelques fidèles. Peine perdue : les troupes Lannister étaient bien trop importantes, et le talent de Ser Corvin ne suffit pas à endiguer la détermination de Garett, qui tua Corvin en combat singulier. Pour réprimer l'impunité, il captura le tout jeune Loric pour l'envoyer à Castral-Roc, et massacra les habitants du Château sous l’œil impuissant de lord Viktor et de ses enfants. On gardera en mémoire l'exemple de lady Laurine, accrochée aux portes du château par les entrailles et laissée pour morte jusqu'à ce que vautours et autres rongeurs achèvent son long et pénible calvaire. Les Piper furent ainsi séquestrés par les forces Lannister jusqu'en l'An 47. Dans un dernier effort pour tenter de récupérer son frère, ou du moins le libérer de sa geôle, Alerie accepta alors d'épouser Garett Lannister. Un mariage qui, dans un premier temps, aurait presque pu couver un semblant de bonheur. Mais à ce jour, Loric est toujours retenu prisonnier et Alerie constate amèrement que sa nouvelle position de Dame du Roc ne l'aide en rien à changer la situation. Elle ne comprend pas l'entêtement de son mari, et les vieilles rancœurs que les premières douceurs conjugales avaient réussi à chasser, ont refait surface. Elle vit aujourd'hui à Castral-Roc, aux côtés de sa sœur cadette Wendy dont elle a fait sa dame de compagnie et de confiance, abandonnant derrière elle Viktor et la toute jeune Alysane. Aussi, est-il encore utile de préciser que les relations entre Alerie et sa belle-famille sont extrêmement tendues ? Entre un époux qui l'a rendue amère, et auquel malgré certaines heures douces, elle n'a toujours pas pardonné ce qu'elle considère comme le meurtre de son frère Corvin, une belle-mère en la personne de lady Johanna Reyne qui tente par tout moyen de la contrôler et de la forger à son image, il n'y a guère qu'en présence de Godric Lannister, grand-père de son époux, qu'Alerie s'adoucisse. Un homme qu'elle a apprit à respecter malgré son ascendance, et chez qui elle salut l'esprit critique et presque une forme de compréhension à l'égard de sa petite fille par alliance. En revanche, pour ce qui est de Talbott Hill, elle n'a pour lui aucune considération : sa bâtardise le relaye au néant à ses yeux.

◮ Informations complémentaires & faits divers :
Alerie a développé depuis l'enfance une cleptomanie aiguë qui se manifeste sous forme d'absences durant lesquelles elle ne se rend absolument pas compte de ses faits et gestes. Elle a fait sa première crise à l'âge de six ans, en dérobant le contenu de roches fluviales d'une extrême valeur et destinées à une cérémonie religieuse d'offrandes aux Dieux. C'est sa Septa qui découvrit le butin caché entre les robes de son élève, et qui dans un premier temps, dénonça la jeune fille à sa mère qui la consigna à rester dans sa chambre durant un mois. Bien entendu, les crises reprirent, et c'est finalement sous observation du mestre que sa maladie fut diagnostiquée. C'est ainsi que durant le restant de sa vie, Alerie fut accompagnée en permanence d'un garçon sourd et muet (pour ne rien révéler), ainsi qu'insomniaque (pour ne rien manquer), chargé de surveiller la jeune fille et ainsi l'empêcher de récidiver. Hélas, depuis son mariage, la seule personne capable de surveiller Alerie est sa sœur Wendy qui n'est bien évidemment pas à la hauteur de la tâche. Pour le moment, Alerie n'a rien volé : mais les tensions et le souci pour son frère otage dans sa propre maison mettent les nerfs de la jeune femme à vif, ce qui n'est jamais bon signe.

DIS-MOI TOUT...

Comment vivez-vous l'instabilité politique et les guerres qui enflamment Westeros ? Comment le supportez-vous au quotidien dans votre région ?
✒ Je ne fais ni les vivre, ni les supporter : je les subis. Depuis la guerre de succession du Conflans qui opposa lady Solveig à son neveu Torrhen, en passant par la rébellion contre Maegor Targaryen et enfin, jusqu'à la bataille qui se joue à Port-Réal. Tous ces conflits m'ont coûté cher, et j'en paye encore aujourd'hui les conséquences. A cause d'eux, ma maison a été attaquée, massacrée et humiliée par les Lannister, mais également par les Tully qui depuis, n'ont rien fait pour apporter un quelconque soutien à mon père que je soupçonne d'être plus mort qu'affaibli depuis les sauvages assassinats de mon frère ainé et de ma mère. Quant à moi, au quotidien, la guerre a fait de moi une suzeraine certes, mais seulement d'apparence. J'ai épousé un homme en qui je pensais trouver une oreille attentive, et peut-être aussi repentie de ses crimes, dans l'espoir de rendre un semblant de liberté à mon petit frère retenu prisonnier à Castral-Roc. Je dis prisonnier, parce qu'il n'y a pas d'autres mots pour le décrire : assigné à résidence, il n'a le droit de sortir de sa chambre que pour une promenade d'une heure avec moi, et sous surveillance armée, dans les jardins de Castral-Roc. En plus de cela, je dois composer avec le présence de ma belle-mère qui, bien que retirée sur ses terres de Castamere, ne se prive pas de m'envoyer maints "conseils" par corbeaux et qui, dès qu'elle en a l'occasion, prend un malin plaisir à observer mes moindres faits et geste ! Comment ? Je ne suis pas encore enceinte ? Scandaleux, indigne d'une lionne fertile. Pardon ? J'ai eu l'audace de demander quelque chose à son fils, mon seigneur et époux ? Insensé, ce n'est pas ma place. Pendant ce temps, ledit époux courre la gloire à essayer de détrôner un Roi devenu fou. Pour en faire quoi, après ? Monter lui-même sur le Trône de Fer ? Le laisser à ses compagnons de guerre ? Lui, le jeune Lion sans pitié ? Risible. Il m'arrive parfois de me sentir lasse, car je ne vois pas de fin à ces tensions, tant et si bien que j'en viens parfois à me demander si le plus simple ne serait pas finalement de me jeter du haut du Roc pour aller m'échouer contre les brisants de la mer. Mais je n'en ai pas le droit, j'ai des responsabilités : il faut que je continue de me battre et d'espérer, pour mon frère, pour ma sœur et peut-être un peu aussi pour moi.

Les Rebelles sont désormais arrivés aux portes de Port-Réal. Avec la bataille qui s'annonce, comment vous positionnez-vous ? Soutenez-vous Maegor ou Jaehaerys et comptez-vous agir ?
✒ En soutenant Solveig Tully, mon père et par conséquent toute sa famille, soutenait Maegor. Un soutien dont nous avons tous, à notre manière, payé le prix. Même si ma haine première va à l'encontre de ma maison d'adoption, ainsi qu'aux Tully qui ont laissé massacrer les miens sans lever un doigt, je ne peux m'empêcher de penser que tout ceci ne serait pas arrivé si nous nous étions déclarés en faveur de Jaehaerys. Mais voilà : le mal est fait et d'ailleurs, on ne change pas de conviction parce que cela nous arrange. Pour ma part, et maintenant que ma position me donne quelques avantages à ne pas négliger, j'ai l'impression qu'il est temps que le Cruel cède sa place et laisse sa chance à son neveu. Quitte à instaurer une Régence, la Princesse Daenys me semblant être une femme de suffisante intelligence pour ramener un peu de paix à Westeros. Mais pour être franche, ce qui se passe à Port-Réal ne m'intéresse pas : tout ce que je veux, moi, c'est arracher Loric aux griffes de Garett. Qu'il me garde, m'engrosse et me jette ensuite aux lions, j'y suis prête. Mais mon frère est l'héritier de Château-Rosières, il est innocent et n'a pas à trinquer pour les erreurs ou les choix de ses ainés. Que les Targaryen gèrent leurs problèmes de familles, et moi les miens : les corbeaux seront bien gardés !

Quelle est votre ambition personnelle ?
✒ Elle a toujours été la même, et je ne m'en cache pas. Je veux que mon frère Loric retrouve son rang, qu'il puisse quitter Castral-Roc et vivre auprès de notre père Viktor et notre sœur Alysane au Conflans. C'est la seule raison pour laquelle je me suis vendue aux lions. Je mentirais si je disais que la politique ne m'intéresse pas, et que malgré ma position délicate, il n'y ait pas quelques avantages à être Dame de Castral-Roc. Je mentirais également si je disais que les premiers temps de mon mariage n'ont pas été aussi terribles que je le laisse parfois entendre. Force est de constater que cela me permet de parler d'égale à égale non seulement avec mon époux et les autres membres de sa famille, mais également avec les autres maisons suzeraines, et en particulier avec les Tully. Je me suis jurée que sitôt mon frère libéré, je leur demanderai raison de leur absence d'intervention lors du sac de Château-Rosières. Et je tiens toujours mes promesses. Et puis, il y a quelque chose de grisant à penser que mon fils pourrait être le prochain seigneur de Castral-Roc et qu'à son avènement, ma revanche sur les Lannister sera totale.


DERRIERE LE MASQUE
• Âge |
25 ans.
• Prénom ou pseudo |
Mariah.
• Sexe |
Fille.
• Comment as-tu connu le forum ? |
Via PRD.
• Autre chose ? |
Quel superbe forum ! *_*

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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : A Feux-De-Joie, fief de la Maison Prestre, en Terres de l'Ouest.
MessageSujet: Re: Alerie Lannister ◊ courageuse et belle    Ven 23 Sep - 13:55


La Suzeraine Prisonnière

« je ferai fondre de l'intérieur les barreaux de cette cage dorée »


BUT FIRST WE LIVE


Le soleil, d’un beau rouge mat, déclinait au loin, et perdait de l’éclat à mesure qu’il se jetait dans la mer, tandis que les nuages glissaient sur lui. Ils l’effleuraient à peine, et lorsqu’il se mêlait à leurs vaporeuses volutes, ils s’enfuyaient aussitôt – comme si sa rougeur courroucée les effrayait. Dans son coucher, il décocha cependant une dernière flèche de lumière qui arriva droit dans l’œil d’Alerie et qui la fit se détourner du spectacle. Un instant éblouie par tant de lumière, elle ferma farouchement les yeux, secoua la tête et d’une pirouette un rien énervée, se retira dans le frais de la forteresse. Bien qu’elle s’était jurée de ne jamais aimer pleinement son pays d’adoption, même un aveugle aurait fait preuve d’hypocrisie en reniant à l’Ouest sa beauté toute en reliefs et en roches. Enfant, elle s’était souvent laisser conter les paysages qui avaient vu naitre sa mère, en espérant un jour pouvoir les contempler de ses propres yeux. Elle était loin d’imaginer en quelles circonstances son imagination deviendrait réelle, mais encore aujourd’hui, elle trouvait un réconfort et parfois même, un certain plaisir à se laisser bercer par le lointain va et vient de la mer qui rejetait sur les plages de sable blanc l’écume bleutée de l’océan. Elle avait pris pour habitude de passer ses soirées sur le grand balcon qui surplombait le Roc, Port-Lannis étalée à ses pieds comme un parterre de couleurs ocre, et qui contrastait si fort avec le bleu étincelant de la Mer du Crépuscule. Dès son arrivée, elle y avait vu comme une sorte de métaphore, le saphir de son Conflans natal portant l’espoir qu’un jour, le rubis des Terres de l’Ouest rougirait du sang de tous ceux qui lui avaient fait du mal.

Ses violentes pensées devaient se traduire sur son visage car à peine le seuil de la pièce foulé, elle croisa le regard interrogateur de Wendy, occupée jusqu’alors à terminer un travail de broderie. « Tu te fais du mal » dit-elle seulement, en reprenant son ouvrage. Mais Alerie connaissait trop bien sa cadette pour ne pas remarquer instantanément qu’elle avait toutes les peines du monde à contrôler le violent tremblement qui agitait soudain ses mains. Elle le passa volontairement sous silence, choisissant plutôt le parti de sa franchise : « C’est plus fort que moi. Mais je t’assure : parfois, j’aimerais simplement oublier. » D’un pas nonchalant, Alerie se laissa alors tomber dans un fauteuil proche sans aucune élégance, ses deux mains frappant avec un peu trop de force les accoudoirs. Elle réprima alors un violent juron. Mais elle était trop lasse pour ressentir une véritable douleur, et très vite, elle ne prêta plus guère attention à ses mains meurtries. Absente, elle laissa trainer son regard qui montait le long des murs ornés d’innombrables portraits de famille, et qui lui semblaient tous dégager une expression de sévérité mêlée à cette superbe arrogance qui les caractérisaient. Elle sentit alors un mauvais goût dans sa bouche, mélange de sel et de fer, et elle réalisa soudain qu’elle se mordait l’intérieur de la bouche. Agacée, elle laissa échapper un petit soupir furieux, et attrapa la carafe de vin posée non loin d’elle. « Tu bois trop.» remarqua Wendy, alors qu’elle la regardait se servir copieusement. Pour toute réponse, Alérie haussa les épaules et avala une gorgée en fermant les yeux. « L’alcool a cette faculté merveilleuse d’envelopper ceux qui en abusent dans la béatitude et l’inhibition. Tu devrais essayer...! C’est très confortable de ne pas avoir à penser. » Wendy secoua la tête en guise de refus. Alerie eut alors un sourire : quatre années seulement les séparaient, mais elle avait l’impression qu’elle avait laissé ses vingt ans auprès d’elle et qu’à présent, elle portait le poids d’une centenaire.

Sans Wendy pourtant, elle n’était pas certaine qu’elle réussirait à survivre. Car c’était bien ce qu’elles étaient toutes deux : des survivantes. Des rescapées de l'Horreur qui avait décimé la moitié d'une famille qui jusqu'alors, vivait de douceur et de cette joie que seules connaissent ceux qui n'ont rien à attendre de la vie que d'être ensembles. Bien sûr, il y avait eu les leçons de maintien et le regard sévère de la Septa quand du haut de ses cinq ans, on avait fini par admettre qu'Alerie n'était pas une petite fille comme les autres. Répondant sans en avoir été priée, toujours la première à faire les quatre cent coups avec son ainé Corvin, on aurait pu rêver mieux pour la première née d'une maison mineure certes, mais noble au demeurant. Mais avec ses grand yeux noisette, son minois d'ange et surtout, cette somptueuse chevelure d'or qui tombait en cascades de boucles dans son dos jusqu'à ses hanches, elle arrivait toujours à bout de son seigneur et père, le lord Viktor qui, du reste, n'était pas homme à refuser quoi que ce soit à ses enfants. Même lady Laurine, plus stricte quant à l'éducation d'une fratrie qu'elle avait eu la chance de mettre nombreuse au monde, ne résistait pas longtemps lorsque, revenus crottés jusqu'aux joues d'une partie de cache cache près de la Ruffurque, les six têtes penaudes se présentaient à elle en faux repentir. On se disait alors qu'il y avait le temps, et que viendrait bien assez tôt le sortir de l'enfance pour que chacun prenne pleine conscience de ses responsabilités. « Ce ne sont que des enfants.» Une phrase qui depuis, hantait les nuits d'Alérie. Elle se réveillait en sueurs, le front glacé par l'effroi, cherchant à échapper à l'image terrifiante qui peuplait chacun de ses sommeils : un corps ensanglanté, transpercé de toutes part par les hauts piquets qui ornaient le portail du château, foie et intestins étalés autour de lui comme un linceul encore chaud de son sang.

« Alerie... Alérie...? Alerie ! » Ce fut la voix de Wendy qui la sortit de son souvenir, et ce ne fut que lorsqu'elle aperçu la fine silhouette penchée sur elle et occupée à la secouer qu'elle se rendit compte qu'elle pleurait. Rageusement, elle chassa ses larmes et attrapa le bras de sa sœur, dont la voix s'était également enrouée. Un instant, elle échangèrent un regard qui en disait long. L'une comme l'autre n'avaient jamais réellement pu mettre les mots sur ce qui s'était passé ce soir là, lorsqu'au loin, les bruit des sabots de chevaux lancés à la charge accompagné du roulement des tambours de guerre avaient fait trembler la terre. Le silence, comme un ami respectueux, s'était chargé de couvrir de pudeur le peu qui restait au Piper après cette nuit là. Et puis il y avait Loric : la situation était bien plus pénible pour lui que pour elle, et elle ne se pardonnerait pas qu'il la voit en proie à des démons, fussent-ils communs. « Viens. » fit-elle alors, se levant d'un bond. La fatigue, l'alcool et le chagrin la firent tituber quelques instants mais bien vite, elle reprit contenance. D'un pas pressé, elle quitta la pièce pour monter quatre à quatre les hautes marches qui séparaient les différentes pièces à vivre du rez-de chaussé aux multitudes de chambres des étages. Poussée par une force nouvelle, Alerie s'étonnait elle-même d'être aussi à l'aise dans les dédales de couloirs, son instinct d'avantage que sa mémoire lui indiquant le chemin. « Attends ! Alerie, attends-moi ! S'il te plait, pas si vite ! Tu ne peux pas y aller, pas ce soir ! » La voix de Wendy se perdait derrière sa sœur qui redoublait de vitesse à la recherche du petit cul de sac au fond duquel logeait celui pour lequel elle avait décidé qu'elle vivrait. Elle avait songé de nombreuses fois au suicide. Déjà à Château-Rosières, alors qu'on lui avait ramené la dépouille de son frère ainé Corvin - ou plutôt jeté une loque de chair et de sang aux pieds, elle se serait jeté sur le premier soldat pour être embrochée vive. « Assassin ! Meurtrier ! » avait-elle hurlé dans la nuit. Elle avait alors senti son père crocheter ses bras autour de sa taille, la retenant contre son cœur, et contre sa rageuse folie. « Arrête, Alerie, arrête... Il m'a désobéit, il a voulu y aller... Il... il savait... » Une plainte déchirante lui avait répondu, ainsi qu'un violent coup de soulier dans les jambes.

Elle s'arrêta net dans sa course. Face à elle, à chaque extrémité de la porte, deux colosses en armure et bien armés en défendaient l'accès. Une vague de colère la secoua alors : elle avait interdit que ne soient postés des gardes à l'entrée de la chambre de son frère. C'était la seule chose qu'elle avait demandé, la seule chose pour laquelle elle refusait qu'on la contredise. Elle se redressa alors, et tenta d'adopter une posture plus digne et plus déterminée. A mesure qu'elle avançait, elle pouvait sentir son cœur battre contre son sein, et elle essayait de respirer calmement pour que les deux hommes ne remarquent pas sa peur. Car elle était terrifiée. Ce n'était pas sans raison qu'on avait renforcé la surveillance autour de Loric, et cette présence armée impromptue lui laissait imaginer le pire. Arrivant enfin à leur hauteur, elle tenta de s'éclaircir la gorge avec le plus de discrétion possible. « Je veux voir mon frère. » Un grognement sourd lui répondit. « J'exige de voir mon frère. Sur le champs ! » fit-elle plus fermement, ses yeux agrandis d'incompréhension oscillant d'un colosse à un autre. On ne lui répondait toujours pas. « Je suis votre suzeraine ! Vous devez m'obéir ! Ouvrez cette porte ! » Cette fois-ci elle avait crié, et plus encore parce qu'elle ne percevait aucun son en provenance de la chambre. Ou était Loric ? Que c'était-il passé ? Avait-il tenté de s'échapper ? L'avait-on repris et jeté aux cachots ? « Qui vous a donné l'ordre de monter la garde ? Qui !? Je vous préviens, je vais en référer avec Monseigneur Lannister... Vous serez punis ! » Elle glapissait à présent, agitant son pauvre mètre soixante richement vêtu devant l'impassibilité de fer des deux soldats qui échangèrent un regard presque moqueur. « Vous serez punis ! Vous serez punis ! Loric ! LORIC !!! » Alerie se sentit alors glisser au sol, les pleurs désespérés secouant son corps. Elle chuta à terre comme une branche que le coupe de son tronc, frappant du poing comme une enfant qui cherche à échapper au cauchemar. Frapper fort, encore et toujours et faire que tout cela s'arrête. Que tout s'arrête enfin... Un cauchemar...

Alerie se réveilla alors en sursaut, les deux mains accrochées à sa gorge et respirant à coup de grandes bouffées d'air. Autour d'elle, la grande chambre conjugale était plongée dans la pénombre de la nuit, et un filet de lune éclairait les draps frais. Elle se rua alors hors des couvertures, attrapa un grand châle dont elle enveloppa ses épaules et couru comme une folle jusqu'à la chambre de son frère. Aucun garde n'était posté devant, et elle y entra brusquement, sans précautions. Tout de suite, elle le vit : il dormait paisiblement entre les courtines pourpres, son visage apaisé dans le sommeil. Alerie laissa alors échapper un long soupir de soulagement et s'approcha à pas feutrés du lit fraternel, replaçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Il eut un petit mouvement et fronça les sourcils, et elle craignit de l'avoir réveillé. Mais déjà, il se pelotonnait contre sa main et murmura : « Maman... » La simple évocation maternelle avait de quoi couper toute envie de sourire à n'importe qui. Mais au lieu de cela, Alerie sourit et murmura tout bas : « Je suis là, mon chéri... Dors, je veille sur toi... » Elle déposa un souffle de baiser sur la joue rose de l'adolescent après quoi, elle attrapa un fauteuil qui se trouvait près du lit et s’y installa pour la nuit. Depuis le départ de son époux pour Port-Réal, elle avait prit l'habitude de passer plus de temps avec son frère. Un luxe qu'elle savourerait aussi longtemps que durerait la campagne, et dont personne ne la priverait. Pas même lady Johanna Reyne, qui bien que présence éloignée, savait développer des trésors d’ingéniosité pour suivre l'ombre de sa bru tel un mauvais génie. « Il serait bon qu'à son retour, mon fils trouve auprès de lui une épouse quelque peu plus... conciliante ! » C'était au dessus de ses forces. D'une part parce qu'elle prenait un malin plaisir à contredire cette belle-mère pas tous les moyens jugés bons et toutes les opportunités qu'elle trouvait mais au surplus, parce qu'il lui était impossible de ne pas regarder Garett Lannister sans y voir un assassin.

L'idée de l'épouser lui avait d'abord paru grotesque. À la seule évocation qu'il puisse prononcer des vœux éternels devant les Sept alors après ce qu'il avait fait, à la seule pensée qu'il puisse la toucher et lui prendre ce qu'une jeune fille de bonne famille avait de plus précieux, Alerie avait failli vomir. Elle avait été élevée dans un monde de belles choses et d'amour, mais quand l'adolescence l'avait fait fleurir, sa curiosité naturelle avait pris le dessus sur la noble demoiselle de Château-Rosières. Aussi, lorsque Corvin et son écuyer, ainsi que quelques garçons du village voisins partaient en célibataires affamés dans certain lieux où plaisirs et luxure prenaient la place des épées et de la bravoure, il n'était pas rare que lancée sur un cheval sans selle, Alerie les suive discrètement et observe, derrière une porte close mais pas suffisamment dérobée aux regards indiscrets, cette danse de l'amour qui préludait parfois aux joies plus intenses encore de la maternité. Elle avait vu les corps blanc s'enlacer, roulés par la fièvre et l'envie insatiable de l'autre, et elle s'était mise à rêver du jour où elle connaitrait cette extase, où elle se donnerait simplement et entièrement. Mais vivre ces instants charnels avec l'assassin de son frère ? Le donneur d'ordre du massacre de sa mère ? « Plutôt crever ! » avait-elle craché. Mais il y avait Loric. Le garçon avait été fait prisonnier dans l'heure qui avait suivi la prise de Château-Rosières, et on ne pouvait espérer meilleur consolation pour l'enfermé que de savoir sa sœur ainé près de lui. Alerie avait cédé. Que pouvait-elle faire d'autre ? Elle n'avait eu qu'à imaginer son frère prostré de peur à la merci de ses geôliers pour emporter son aversion première. Elle avait cherché à se consoler : elle serait Dame de Castral-Roc, elle serait riche, égale aux grandes du royaume. Et elle veillerait sur son benjamin.

Tu ne disais pas toujours ça... La petite voix sournoise se rappelait à son oreille, comme une vieille amie peu fréquentable qui trouve cependant toujours le moyen de s'inviter de façon impromptue. Parfois elle prenait le ton de Wendy, grandie trop vite et sans doute un peu trop pour avoir déjà l’œil bien aiguisé pour ne pas remarquer ce qui, derrière les sourires de façades de sa sœur, se cachait réellement. La vérité était cruelle, un rien honteuse aussi. Il n'était pas rare que lors de ses prières journalières, elle réclamait une réponse aux Dieux qui s'amusaient de faire naître en elle des sentiments contradictoires. Elle haïssait Garett Lannister. De toute son âme et de tout son corps. Il avait massacré une partie de sa famille, et séquestré ce qu'il en avait resté. Il avait pris ce qu'il avait voulu prendre, sans se soucier de ce que cela pouvait représenter pour quelqu'un qui n'avait jamais rien connu d'autre que le bonheur de la vie de famille. Elle n'était pas comme lui, qui avait du se forger une carapace de seigneur pour accéder à la suzeraineté de l'Ouest. Ils n'avaient rien en commun. Peut-être bien que si... Alerie ferma les yeux. Instantanément, elle revoyait clairement les yeux de son époux se poser sur elle, un sourire aux lèvres. Elle pouvait sentir son souffle contre le creux de sa joue, ses mains qui... « Je te hais... » Elle avait eu de la chance. Les choses auraient pu se passer d'une façon beaucoup moins douce. Elle était à lui, il aurait simplement pu la faire sienne et la rejeter sur la berge des draps froissés et glacés. « Je te hais... » Elle le voyait encore, noir de colère alors qu'elle lui envoyait à la face la condition de son frère. Son visage tremblant, cherchant à contenir peut-être un geste ou une parole. Peut-être avait-elle demandé trop tôt la libération de son frère. Peut-être aurait-elle, elle aussi, être plus douce... Plus... Tendre. « Je te hais, Garett Lannister... » Elle savait qu'elle cherchait à se persuader. C'était plus simple de le haïr, c'était plus facile de ne penser à rien d'autre qu'à l'Horreur. « Je te hais, et je me vengerai... Je le jure devant les Sept... » Elle avait juré, elle avait promis. Alors... Pourquoi, lorsqu'elle s'autorisait à baisser le masque d'ingénue, avait-elle soudain si mal ?


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Valyron de Mantarys
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: Alerie Lannister ◊ courageuse et belle    Ven 23 Sep - 23:49

Une fiche qui s'annonce de toute beauté, on a commencé à discuter par MP de tout ça, mais j'ai hâte de lire la suite

Bravo et beau travail, sois la bienvenue sur ATC ma femme d'un autre compte


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Des mes ordres, dépend le destin du peuple.
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Rhaenys Stark
COURONNE
■ Localisation : Sur la route de Port-réal...
MessageSujet: Re: Alerie Lannister ◊ courageuse et belle    Ven 23 Sep - 23:53

Bienvenuuuuuuue En effet ce que j'ai aperçu de la fiche est fort fort fort prometteur
J'espère que tu te plairas parmi nous, mais je n'en doute guère

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If I look back I am lost
I am the blood of the dragon. I must be strong. I must have fire in my eyes when I face them, not tears. © by anaëlle.
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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : A Feux-De-Joie, fief de la Maison Prestre, en Terres de l'Ouest.
MessageSujet: Re: Alerie Lannister ◊ courageuse et belle    Sam 24 Sep - 8:25

Merci à tous les deux pour vos messages
Je me plais déjà chez vous, et j'espère vous donner un personnage digne de vos attentes
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Agnes Crane
BIEF
■ Localisation : Froide Douvre, avec Andrew Osgris
MessageSujet: Re: Alerie Lannister ◊ courageuse et belle    Sam 24 Sep - 11:30

Je viens ici avec les traits d'Agnes, mais c'est bien Elinor qui se cache derrière ces doux traits d'innocence...

Bienvenue à toi de manière plus officielle donc ! J't'adore déjà fausse petite lionne et je suis sûre que tu vas secouer ce pauvre Garett dans tous les sens et ça, ça promet d'être fantastique !

Et puis bon, on va devenir de graaaaaandes copines !

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The Cursed Girl
Only you can bring me back to life. Only you can put me into right. Tell me when I can breathe again. Say you love me true.
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Faust
NORD
■ Localisation : En route vers Port-Réal
MessageSujet: Re: Alerie Lannister ◊ courageuse et belle    Sam 24 Sep - 12:57

Les parole s'envolent, mais les écris restent! Ainsi il est important de souligner ton arrivé, bien comme il faut. Donc: Bienvenue! Tu semble avoir déjà fait d'ATC ton chez toi et ca fait plaisir à voir, tout comme cette fiche bien entamée! Ce personnage promet de grandes choses et on lui souhaite la plus douce des vengeances

Amuse toi bien parmi nous!

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I survived because the fire inside me burned brighter than the fire around me - Fallout
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Invité
MessageSujet: Re: Alerie Lannister ◊ courageuse et belle    Sam 24 Sep - 13:39

Je passe enfin, de manière plus concrète faut se l'avouer, te souhaiter la bienvenue parmi nous
Je suis extrêmement ravie de voir que notre suzeraine de l'Ouest plait et je suis d'autant plus heureuse, que tu as l'air très motivée par ce personnage
Cette fiche m'ayant l'air bien avancée, je ne te souhaiterai pas une bonne rédaction
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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : A Feux-De-Joie, fief de la Maison Prestre, en Terres de l'Ouest.
MessageSujet: Re: Alerie Lannister ◊ courageuse et belle    Dim 25 Sep - 16:10

Merci à vous trois pour votre accueil
Et pardonnez le retard que j'ai mis à y répondre

Je suis déjà une grande fan de l’hypothétique relation Alerie/Agnes, qui ne me semble pas impossible étant donné que Bief et Ouest se battent du côté des rebelles, qu'ils ont gagné et qu'il y aura certainement un couronnement où les vainqueurs et leurs belles seront conviés Aussi, Elinor, compte sur moi pour ce duo de charme et de choc !

Faust, tu es le bon génie de la CB, celui qui trouve toujours des mots d'une gentillesse toute particulière pour chacun ; alors si je me sens chez moi ici, c'est un peu grâce à toi

Et enfin Illya, Alerie a finalement triomphé d'Oriane (mon autre coup de cœur des PVs), et c'est vrai que j'ai rédigé cette fiche en un temps record - même pour moi En espérant qu'on trouvera vite un lien pour nos deux personnages et que le mariage entre toi et mon fidèle Alliser soit bientôt célébré

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    when I say I love you, just shut up
    It was a big big world, but we thought we were bigger Pushing each other to the limits, we were learning quicker By eleven smoking herb and drinking burning liquor Never rich so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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Valyron de Mantarys
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: Alerie Lannister ◊ courageuse et belle    Dim 25 Sep - 22:44


Félicitations !
« Bienvenue sur ATC »

Wow. Félicitations pour cette belle fiche d'une grande qualité. Les mots sont justes et bien pesés, le personnage est parfaitement cerné. Vraiment, bravo ! Les Terres de l'Ouest vont reprendre des couleurs avec leur nouvelle Dame. Bravo encore, ce sera un plaisir de RP à tes côtés

Et c'est pour cela que le staff et moi-même sommes heureux de vous annoncer que votre fiche est validée ! Vous êtes désormais un habitant des TERRES DE L'OUEST. En tant que tel, vous êtes soumis aux lois de celle-ci ainsi que celles de Westeros. Au plaisir, donc, de vous croiser dans l'un ou l'autre des Sept Royaumes.

Cependant, pour finaliser votre inscription et votre intégration au sein de la communauté, il vous reste quelques petites formalités à remplir obligatoirement :

❥ Recenser l'avatar du personnage.
❥ Déclarer sa famille.
❥ Compléter le registre des multicomptes (si vous êtes un DC, TC, QC)
❥ Recenser les dates importantes de votre personnage dans les chronologies détaillées
❥ Créer et tenir à jour (impérativement) votre fiche de chronologie de personnage.
❥ Ouvrir une fiche de liens.
❥ Assortie à sa soeur, fiche de sujets.
❥ Et de venir prendre du bon temps avec nous !

crédits image : ATC ; code by ATC.


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Des mes ordres, dépend le destin du peuple.
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Alerie Lannister ◊ courageuse et belle

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