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 [Flashback] Puisque nous allons être soeurs...

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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: [Flashback] Puisque nous allons être soeurs...   Mer 23 Nov - 18:45

La nuit était tombée, aussi fraîche que le jour pouvait être chaud, sur la forteresse de Lancehélion, et pourtant nombre de serviteurs s’affairaient encore aux préparatifs du mariage du Prince Tristam, qui devait avoir lieu le lendemain. Les célébrations commenceraient bien avant midi, et ne se termineraient probablement pas avant que la lune ne soit haute dans le ciel. Des torches avaient été allumées dans la cour principale du château pour permettre aux domestiques de vaquer à leurs occupations malgré l'obscurité, et les gardes en poste veillaient à ce qu'aucun importun ne vienne perturber le déroulement des choses.

Ces derniers se redressèrent pourtant, et ne firent pas un geste pour empêcher la jeune femme vêtue d'une tunique orange légère qui traversa la cour d'un pas rapide pour rejoindre l'aile où les invités de marque étaient logés. Ils avaient reconnu la Princesse Nymeria au premier regard, et aucun d'entre eux n'avait envie de s'attirer les foudres de la fille de leur Régente, simplement pour lui demander de passer par un autre endroit afin de se rendre où elle voulait aller, et ils avaient eu raison, car celle-ci était, comme depuis un moment déjà, d'une humeur massacrante.

Quelques semaines étaient passées depuis l'annonce de son mariage prochain avec le Seigneur du Nord, et la colère n'avait pas quitté la belle depuis cet instant. Elle ne pouvait s'imaginer quitter sa terre natale pour les contrées froides et inhospitalières de son fiancé, et avait tout tenter pour faire changer son frère d'avis sur la question, jusqu'à présent sans succès. La Princesse, loin d'être sotte, l'avait compris, son Régent de frère voulait l'éloigner un maximum d'un peuple qui l'aimait chaque jour un peu plus, pour faire place nette à la nouvelle génération de Martell qui ne manquerait pas de voir le jour une fois son mariage avec la Arryn, et s'assurer que personne ne viendrait contester son règne pour placer sur le trône de Dorne une autre Martell, peut-être moins intransigeante avec leurs voisins du Nord. Avait-il reçu ce conseil de leur mère ? La Princesse n'en savait rien, mais elle ne voyait qu'une coupable à cet éloignement prochain : Etaine Arryn.

La Colombe du Val, ou plutôt la Colombe du désert, comme on commençait à l'appeler, avait réussi à charmer son frère, si bien que même Nymeria ne pouvait douter de l'amour qui unissait le couple. Dans un premier temps, elle n'avait pas compris pourquoi son frère avait préféré une noble étrangère à une dornienne, et avait ouvertement fait connaître sa désapprobation lors des dîners familiaux, répétant inlassablement qu'elle voyait cette union comme une erreur, un danger même, pour la stabilité de la principauté, allant parfois suffisamment loin pour déclencher l'ire de Myrcella sur le sujet. Nymeria avait toujours été ainsi, franche et entière, et ne s'inquiétait pas des retombées de ses dires sur qui que ce soit. Pourtant, elle était une fille et une sœur loyale, prête à servir son peuple et son Régent comme il le déciderait. Elle savait que si elle ne parvenait pas à faire plier son frère, elle se résignerait à partir pour le Nord et à épouser ce loup qui incarnait le froid autant qu'elle incarnait la chaleur. Ce qui se passerait une fois là-bas, elle n'en savait rien, mais elle irait. Bien évidemment, rien n'empêchait qu'elle tente tout pour s'éviter ce sort peu enviable, même si pour cela elle devait nouer des liens avec sa future sœur. Après tout, si Tristam en était aussi fou que ce qu'il montrait, peut-être la Arryn saurait-elle convaincre son époux de garder sa fidèle sœur auprès de lui ? Nymeria était une guerrière dans l'âme, sanguine de nature, mais elle savait parfois faire preuve de diplomatie quand il le fallait, et une situation si extrême était toute indiquée pour mettre de côté son caractère de feu, même pour un instant.

Tandis qu'elle marchait dans les couloirs de la forteresse, la Princesse se remémorait les souvenirs qu'elle avait partagé, enfant, avec son frère entre ses murs. Les jeux, les disputes, les bagarres. Tristam était un garçon charmant et bon, mais parfois un peu trop naïf pour son propre bien, et Nymeria, à l'opposé, était bien trop caractérielle pour devenir une simple dame. Elle s'était souvent battue pour lui, et lui avait souvent plaidé sa cause devant leur mère quand elle avait dépassé les bornes. Ensemble, ils formaient un duo imbattable, quel que soit la situation. Mais, il était l'aîné, et destiné à régner, alors qu'elle n'était que la deuxième, qui un jour sécuriserait certainement une alliance avec une maison noble par le mariage. Nymeria avait longtemps évité de se trouver dans une telle situation, préférant l'art de la guerre et les combats aux soupirants venus lui faire la cour et aux tentatives de ses préceptrices de la faire devenir une dame « convenable », comme elles se plaisaient à le dire. Tristam avait longtemps été de son coté, ne la forçant pas à se marier, jusqu'à l'arrivée dans sa vie d'Etaine. Alors, il avait arrangé des fiançailles pour elle, en secret, avant de lui annoncer officiellement. L'action avait brisé en partie les liens qui les unissaient, mais même si la Princesse en voulait énormément à son frère, elle ne pouvait pas s'empêcher de l'aimer, autant qu'elle l'avait aimé durant leur enfance.

C'est ainsi qu'elle avait pris la décision d'aller parler à Etaine à la veille de son mariage, sachant pertinemment que la tradition voudrait qu'elle passe la nuit seule, sans son fiancé. Elle n'avait jamais échangé plus que les courtoisies d'usage avec la Valoise, et encore, parfois avec beaucoup de mauvaise volonté, mais ce soir, elle se devait de faire un effort. Pour elle-même. Et, si la manœuvre devait échouer, pour s'assurer que cette femme était sincère envers son frère, et qu'elle ne veillerait qu'à son bonheur. Nymeria elle-même appréhendait cette conversation, non seulement parce qu'elle avait besoin du soutien de cette inconnue, mais aussi parce qu'elle ignorait ce qu'elle lui ferait subir si elle devait découvrir qu'Etaine n'était pas honnête avec Tristam.

Arrivée devant la porte de la chambre d'Etaine, Nymeria frappa trois coups, puis entra sans attendre de réponse. L'endroit était plongé dans le silence, et seules quelques lanternes pendant du plafond éclairaient la pièce. Celle-ci était parfaitement rangée, et richement décorée, comme la plupart des chambres destinées à la noblesse en visite à Lancehélion. Sur la table centrale de la chambre se trouvait une carafe de vin, accompagnée de plusieurs gobelets en cristal sertis d'or. Etaine n'avait visiblement pas encore rejoint sa chambre, aussi la Princesse prit-elle un siège et se servit un verre, les jambes croisées en attendant la Valoise.

Quelques minutes plus tard, Nymeria entendit des pas dans le couloir, suivis par l'ouverture de la porte, dévoilant Etaine, qui sembla surprise de la voir là, probablement à juste titre, mais la Princesse de Dorne n'allait pas s'embarrasser de ce genre de détails chez elle. Elle se contenta de sourire en coin, avant de la saluer.

« Lady Arryn. Je me suis dit que, comme nous allions devenir sœurs bientôt, il était temps que nous parlions honnêtement l'une envers l'autre, non ? »
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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: [Flashback] Puisque nous allons être soeurs...   Jeu 24 Nov - 23:13

Puisque nous allons être sœurs

L’euphorie traversait encore le corps de la jeune Colombe tandis qu’elle regagnait ses appartements. Son pas se faisait pressé et n’était interrompu que par quelques rires qu’elle lâchait de temps à autres. Le tissu souple et léger de cette robe azurée qu’elle portait avec élégance, suivait chacun de ses mouvements. La robe avait été créée par un artisan de Lancehélion qui avait eu cette lourde mission de préparer également la robe qu’elle porterait le lendemain durant ses noces. A cette pensée, un nouveau rire lui échappa. Sur ses lèvres trônait un sourire telle celui d’une enfant qui venait de commettre une bêtise. Et bêtise, certains diraient que oui, elle en avait commise une, et de taille…

Tristam avait beau être très proche de toutes ces superstitions, il n’avait pas souhaité passer son dîner ailleurs qu’en compagnie de sa future épouse, la dévorant des yeux, lui faisant déguster les mets les plus délicats que Dorne pouvait créer. Ils roucoulaient véritablement l’un et l’autre et ensemble, ils semblaient ne plus être atteignables, volant au dessus du reste du monde. Demain, elle deviendrait Princesse consort de Dorne et régnerait aux côtés de l’homme qu’elle aimait. Un homme qu’elle avait appris à connaître, encore et encore, se laissant doucement apprivoiser par ce prince du désert. Un homme qui l’avait emmenée se promener dans les jardins après leur dîner, rêvant de l’avenir et de ce monde qu’ils pourraient créer ensemble. Un homme qui avait fini par la coller à un arbre, à l’abri des regards et à glisser ses lèvres dans son cou avant de relever doucement le tissu de sa robe. Elle n’avait pas cherché à le repousser car elle l’avait autant désiré qu’il la voulait. Alors les Dieux, qu’ils soient anciens ou nouveaux, ne les avaient guère foudroyés, laissant leurs corps se rencontrer pour la première fois, certes un peu à l’avance de ce qui avait été prévu. Puis, il l’avait raccompagnée vers les appartements qu’elle occupait, glissant une dernière fois ses lèvres sur celles de la jeune femme.

Un nouveau rire léger lui échappa en repensant à cela. Que dirait son aîné s’il apprenait pareille chose… Et son oncle ? Tous deux seraient fortement outrés d’apprendre que la belle jeune femme avait eu ce genre de comportement. Mais pourquoi l’apprendraient-ils ? Dès le lendemain, son corps retrouverait celui de Tristam sans la moindre honte et elle avait déjà plus que hâte de cela. Elle monta quelques marches avant de s’avancer vers la porte de sa chambre. Comme elle avait hâte d’être au lendemain. Elle ouvrit la porte… Et son sourire s’effaça bien rapidement à la vision de la jeune princesse qui se trouvait devant elle. Nymeria. Depuis un an qu’elle était à Dorne, la Valoise n’avait eu que très peu l’occasion de discuter avec cette jeune fille, sœur de son futur époux. Ou plutôt, elle n’en avait pas réellement eu envie. Parfois, les quelques discussions passées à tables avaient été très tendues et si elle n’avait pas souhaité entrer dans ce conflit direct, Etaine n’en avait pas moins gardé en mémoire les mots parfois déplacés de la jeune et farouche princesse.

Elle referma la porte avec douceur. « Princesse Nymeria… Je ne m’attendais pas à vous trouver ici. » Elle s’avança avec lenteur vers la princesse, l’observant là, assise paisiblement dans un fauteuil qui était normalement le sien, sirotant un verre de ce qu’Etaine identifia rapidement comme un de ces bons vins qui se faisaient dans cette région. Elle prit alors la parole. Elle avait ce don de ne pas tourner encore et encore sa langue dans sa bouche, ne prenant pas le temps de mettre les formes aux raisons de sa visite. Etaine plissa légèrement le regard avant de sourire du mieux qu’elle le pouvait, s’avançant jusqu’à la princesse et se servant à son tour un verre de vin. « En effet. Peut-être cela nous sera plus que nécessaire à l’avenir… » Elle reposa la cruche et se saisit du verre en cristal avant de prendre place dans un autre fauteuil, aux côtés de Nymeria. Les instants qu’elle venait de partager avec Tristam s’étaient rapidement envolés pour la plonger rapidement dans cette terrible réalité. Elle but une gorgée de l’épais et liquoreux liquide avant de reposer ses pupilles d’émeraude sur la jeune princesse qui se trouvait à ses côtés. « J’avoue être assez surprise de ce soudain revirement de situation de votre part, princesse Nymeria… J’avais cru comprendre que vous étiez plus que farouchement opposée à cette union et vous imaginais déjà, aux premières lueurs du jour, en train d’essayer encore de faire entendre à votre frère qu’il commettait une erreur grossière. »

La Colombe était, certes, un oiseau de paix. Mais surtout, elle était également armée de serres coupantes qui lui permettraient de se défendre si la situation l’exigeait. Elle n’avait nullement l’envie de les montrer à la jeune princesse mais savait qu’elle serait peut être bien forcée de le faire. Aussi, c’était à elle de se montrer emplie de bonne intentions, y compris à l’égard de sa future belle-sœur. « Enfin… Comme nous le savons toutes deux, il n’est jamais trop tard pour réviser un jugement et tendre une main… Après tout, demain je deviendrais une Princesse, mais je deviendrais surtout votre sœur… Alors qu’avait vous donc à m’avouer, vous qui souhaitez désormais me parler sans détour ? »
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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: [Flashback] Puisque nous allons être soeurs...   Jeu 1 Déc - 18:21

« J’avoue être assez surprise de ce soudain revirement de situation de votre part, princesse Nymeria… J’avais cru comprendre que vous étiez plus que farouchement opposée à cette union et vous imaginais déjà, aux premières lueurs du jour, en train d’essayer encore de faire entendre à votre frère qu’il commettait une erreur grossière. »

La surprise de la Valoise de voir sa future belle-sœur dans ses appartements dura peu de temps, au final. Nymeria s'était attendue à plus de protestations, peut-être même à ce qu'Etaine tente d'appeler des gardes pour la faire sortir, mais elle n'en avait rien fait. Etait-ce un geste de bonne volonté, ou simplement le fait qu'elle savait très bien que peu de gardes se seraient risqués à forcer leur Princesse à faire quoique ce soit ? Difficile à dire, raison pour laquelle Nymeria accueillit la remarque d'Etaine de façon aussi neutre que possible, se contentant d'ajouter simplement :

« Je sais reconnaître une cause perdue. »

Tard, peut-être. Après tout, même à Dorne, il était rare de voir des familles nobles discuter de la légitimité et de l'utilité d'un mariage jusqu'à la veille de celui-ci, mais la jeune Princesse était comme ça, et même à présent qu'elle se savait vaincue pour cette bataille, quelque chose au fond d'elle continuait de lui crier que c'était une mauvaise idée. Myrcella elle-même avait eu beau tenter de lui expliquer que ce mariage aurait des retombées diplomatiques qui pourraient aider à la paix entre les Terres Targaryen et Dorne, tout ce que la belle voyait, c'était son frère, son Prince, qui épousait une étrangère, qui ne connaissait à leur culture que ce que Tristam lui avait montré, et qui ne savait rien du prix que les Martell paient pour rester libres. Tandis qu'elle luttait pour ne pas ressortir le même discours une fois encore, Nymeria observait son interlocutrice dans les yeux, comme cherchant la moindre chose qui pourrait confirmer le ressentiment qu'elle éprouvait pour elle, aussi irrationnel qu'il soit. Après tout, Etaine n'avait jamais donné de raison de douter d'elle, semblait sincère vis-à-vis de Tristam, et ils s'aimaient. Cela, même Nymeria devait le reconnaître.

« Enfin… Comme nous le savons toutes deux, il n’est jamais trop tard pour réviser un jugement et tendre une main… Après tout, demain je deviendrais une Princesse, mais je deviendrais surtout votre sœur… Alors qu’avez vous donc à m’avouer, vous qui souhaitez désormais me parler sans détour ? »

Tirée de ses réflexions par la question de la Valoise, Nymeria sourit en coin en reprenant une gorgée de vin, avant de poser sa coupe sur la table. Sur un ton qui se voulait calme, mais sans équivoque, elle répondit :

« Parce que j'aime mon frère. Et que j'ose espérer que la chose est vraie pour vous aussi. La seule raison qui m'ait poussé à lutter contre votre union est que je veux ce qu'il y a de mieux pour lui, pour Dorne, et… Sans vouloir vous vexer, vous êtes une étrangère, vous ne savez pour ainsi dire rien de nous, ou de notre peuple. Tristam vous a montré des choses, oui, mais vous ne les avez pas vécues, quant à savoir si vous seriez prête à tout pour les Martell et pour Dorne… Où va réellement votre allégeance, et jusqu'où va-t-elle, dites-moi ? »

La question était plus rhétorique qu'autre chose, elle doutait qu'Etaine réponde réellement honnêtement à la question. Pour Nymeria, il n'y avait qu'une seule réponse possible : on ne pouvait jamais aimer autant un pays d'adoption que celui qui nous avait vu naître. La Princesse n'en voulait pas vraiment à la Arryn pour ce fait, c'était naturel, mais c'était une preuve qu'elle représentait un risque. Restant silencieuse un instant, Nymeria se frotta le menton une seconde, avant de reprendre, sur un ton qui se voulait plus conciliant :

« Je ne vous accuse de rien, mais comprenez que notre situation est loin d'être celle de vos terres natales. Vous êtes quelqu'un de… Doux, c'est indéniable. Et mon frère a toujours été un homme bon, même avant de devenir Régent. Pourtant, il est parfois trop bon pour son rôle, et a besoin de quelqu'un pour l'aider à prendre des décisions qui seront douloureuses, jugées injustes, ou cruelles. Mais ce sont autant de décisions vitales au maintien de notre liberté, de notre survie. C'est là l'unique leçon dont je sais que notre mère n'est pas parvenue à lui inculquer. On vous surnomme la Colombe du Val, et je sais que vous appuierez ses décisions, ou du moins je veux le croire, parce que vous êtes une pacifique. Mais saurez-vous vraiment le pousser à aller contre sa nature quand les événements l'imposeront ? »

Ayant terminé son discours, Nymeria reprit son verre en main, le remplissant de nouveau tandis qu'elle plongeait son regard dans celui d'Etaine. Au fond, avoir refusé de discuter avec la Valoise pendant tout ce temps avait probablement été une erreur. Avec plus de temps, elle aurait pu mieux la cerner, la comprendre, et sans doute mieux la manoeuvrer actuellement. Mais le fait était qu'elle ne savait pour ainsi dire rien de la future mariée, si ce n'était le peu que son frère lui avait dit, et le fait qu'elle ne venait pas des Sables. Elle se sermonna elle-même pour cette erreur, prouvant une fois encore que si Tristam était trop bon pour son propre bien, Nymeria, elle, était bien trop tempétueuse et bornée pour être sage.
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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: [Flashback] Puisque nous allons être soeurs...   Mar 6 Déc - 10:57

Puisque nous allons être sœurs

La jeune Valoise n’avait eu de cesse que d’être déboussolée dans cette région désertique qu’était Dorne. A son arrivée, elle s’était montrée réticente à l’idée de vivre ici, d’épouser ce prince et de certainement ne plus jamais rien voir d’autre que les grandes étendues de sable. Et puis, Tristam lui avait offert le bénéfice du doute, préférant reporter les noces, laissant le temps aux futurs époux d’apprendre à se connaître et à s’apprivoiser. Elle, l’oiseau croisé loup, avait fini par se laisser bercer par ses douces paroles pour devenir un soleil rayonnant que beaucoup de Dorniens avaient également su apprécier, malgré leur tempérament chaud, parfois trop spontané, à l’image de Nymeria. La farouche princesse venait de reconnaître qu’elle ne pouvait désormais plus rien faire pour empêcher l’union de son aîné avec la cadette des Arryn et ce fait ne put que faire sourire la brune au teint d’albâtre. C’était une petite victoire pour elle mais pas des moindres.

Et alors, elle lui demanda sans réellement se poser de question pourquoi un tel changement de situation et quelles pouvaient être les choses qui se bousculaient dans la tête de la jeune princesse pour ainsi venir dans les appartements de la Colombe, la veille d’un jour qui lui demanderait bien plus d’énergie qu’elle ne pouvait l’imaginer. Nymeria but une nouvelle gorgée de son verre avant de reposer celui-ci sur la table qui se trouvait entre les deux jeunes femmes. Et alors, elle entama sa réponse, offrant des explications à Etaine pour la première fois depuis qu’elle était arrivée en ces terres, un an auparavant. Jamais elle n’avait douté de cet amour fraternel qui pouvait unir les Martell. Elle-même tenait à Leandra autant qu’à sa propre vie et avait aimée Martyn lors de leur jeune âge. Mais les distances avaient entamé les liens familiaux des oiseaux et la jeune Colombe s’était libérée de son frère en tombant amoureuse de ce prince du désert. Le souhait de celle qui serait bientôt sa sœur que d’être certaine de voir Etaine aimer son frère ne put que faire naître un sourire presqu’enfantin sur les lèvres de la brune. Un sourire qui portait encore les traces de cette « bêtise » qu’elle et son fiancé avaient commise, quelques instants auparavant. Si Nymeria savait cela, alors elle ne douterait certainement plus de la sincérité de la jeune femme dans ses sentiments pour Tristam, mais jamais elle ne pourrait offrir ce secret sans ternir sa réputation.

Quand elle l’interrogea sur son allégeance, Etaine eut une absence. Oui, vers qui sa loyauté se tournait-elle ? Vers les Arryn qui l’avaient vue naître ? Les Stark, qui l’avaient élevée ? Ou bien les Martell qu’elle allait épouser ? Le cœur de la jeune femme s’était lié à toutes ces régions, et pourtant, elle ne s’était attaché à aucune véritablement. Avait-elle seulement encore un chez elle ? Si elle n’avait pas été assise, elle aurait perdu pied et manqué de s’effondrer devant pareille révélation qui s’offrait à elle. Mais qui était-elle donc, dans le fond ? La jeunesse de la demoiselle du Val faisait qu’elle était bien indécise sur le sujet. Elle ne répondit alors pas, plongée dans ses pensées, le regard perdu dans le vide, ne cillant pour reprendre contenance que lorsque la jeune princesse reprit la parole après une pause.

Son regard émeraude retrouva celui, noir, de son vis-à-vis, laissant presque Nymeria plonger dans son âme pour qu’elle puisse lire son trouble. Elle laissa de nouveau les mots de la Dornienne emplir la pièce avant de se lever, son verre à la main, se dirigeant vers la fenêtre qui se trouvait non loin d’elle. L’air frais du soir venu était plus qu’agréable et la dame des Eyriés poussa un long soupir, commençant sa réponse en tournant le dos à la princesse du désert. « Comme j’envie votre amour pour votre frère quand celui que je portais au mien semble n’être plus que des cendres… Martyn ne m’a envoyée ici autant pour la politique que pour m’éloigner de lui définitivement et sous tout l’amour que je porte à ce mariage, je ne peux oublier cette amertume qu’il a d’abord provoqué. » Elle eut un sourire triste qu’elle offrit à Nymeria, se tournant vers elle. Jamais elle ne s’était livrée à sa future belle-sœur, laissant le mur de glace qui se trouvait entre elle prendre sans cesse plus de hauteur. L’heure était donc venue de se laisser aller aux confidences si elle souhaitait gagner sa confiance et espérer son amitié. Etaine but une gorgée de vin pour se donner du courage avant de se lancer. « Je ne sais ce qu’a pu vous raconter Tristam à mon égard mais l’histoire est toujours plus claire lorsqu’elle est contée par ceux qui l’ont vécu… Je suis Valoise de naissance, née Arryn, ça, vous le savez… Mais vous devez certainement ignorer que ma mère était atteinte d’un terrible mal et que, prétextant nous protéger, mon père a choisi de séparer ses enfants. Je fus envoyée en tant que pupille auprès de mon oncle, lord Stark. J’ai grandi dans cette région hostile jusqu’à mes seize ans. Dix ans durant, je n’ai connu que la neige et j’ai été une louve, laissant mes ailes tomber pour me couvrir de fourrure. Puis, cette période prit fin et je dus rentrer dans ce qui fut jadis chez moi… Mais qui n’y ressemblait plus. Tout me semblait hostile aux Eyriés. Mon aînée avait épousé le suzerain du Bief et Martyn cette rose aux multiples piquants… Croyez moi, vous ne saurez me haïr autant que je puis détester cette femme… » Elle eut un léger rire, faisant quelques pas pour revenir dans son fauteuil où elle prit place.

Elle poussa un long soupir avant de sourire plus franchement. « Quand je suis arrivée ici… Je n’avais en tête que la haine et la rancœur pour mon frère et ma belle-sœur… Je pensais avoir été vendue à un Prince pour une alliance, rien de plus. Mais votre frère a rendu tout ceci plus… Profond. Lorsqu’il a déclaré préférer attendre que naissent les sentiments pour m’épouser, il a déjà su faire trembler mon cœur. Jamais je n’avais cru pouvoir rencontrer homme aussi chevaleresque et prévoyant que lui. Mon amour pour lui n’a jamais été feint, bien au contraire, puisque c’est lui qui a sur le créer, nullement moi. Il m’a fait tomber dans ses bras, je n’ai jamais voulu m’y jeter… Votre Prince est aimée du peuple, c’est un fait, mais soyez rassurée car jamais votre Prince n’aurait pu autant être aimé par sa future épouse qu’à l’heure actuelle… » La tendresse pouvait se lire sur les traits d’Etaine. Dorne l’avait connue tempétueuse, prête à provoquer un ouragan et Tristam avait bravé ce dernier pour que le soleil rayonne dans le cœur de la Valoise.

Elle posa son verre sur la table entre elles-deux. « Quant à vos craintes concernant Dorne… Je ne suis chez moi ni dans le Val, ni dans le Nord, ni ici. Il semblerait que l’oiseau ait perdu le nid qui était le sien… Mais avec le temps, peut-être pourrais-je peu à peu me sentir ici comme si j’y avais toujours vécu… Un peu d’aide de votre part pour cela ne serait pas de refus pour cela. » Elle osa un léger rire. Nymeria n’avait pas rendu son intégration facile, pour sûr, mais elle avait l’espoir de voir les choses changer, au moins de ce point de vue-là. Peut-être l’avait-elle convaincue, peut-être pas. Dans son cœur, Etaine souhaitait simplement qu’elles puissent apprendre à se connaître, l’une comme l’autre, pour que jamais Tristam n’ait à choisir entre son amour pour elle ou celui pour sa sœur.
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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: [Flashback] Puisque nous allons être soeurs...   Lun 12 Déc - 15:25

Tandis qu'elle écoutait le récit de la vie d'Etaine, et comment elle avait fini par finir unie à son frère, la Princesse ne put s'empêcher de noter la similitude évidente qui les liaient toutes les deux: l'une comme l'autre avaient été contraintes de quitter leur terre, d'épouser un seigneur étranger, dans le seul but d'une possible alliance et d'un éloignement politique. Bien sûr, l'annonce des fiançailles de Nymeria avec Jorah Stark n'avaient pas encore quitté la sphère familiale des Martell, mais elle ne tarderait pas à le faire, Tristam profiterait sûrement de son propre mariage pour en faire l'annonce, et alors les jours de la dornienne dans les sables seraient comptés avant qu'elle n'aie à se rendre à l'autre bout du continent.

Pour autant, Etaine pouvait-elle devenir son alliée dans cette affaire? D'un côté, elle savait ce qu'on pouvait ressentir face à ces événements, de l'autre... Elle avait grandi parmi les Stark, comme elle venait de lui confesser, et elle était fiancée à Tristam. Celui-ci n'avait pourtant visiblement pas parlé de ses projets concernant sa soeur à sa promise, était-ce un signe qu'il redoutait sa réaction, ou simplement le fait qu'il ne discutait pas encore des affaires d'état avec Etaine? L'incertitude posa son manteau sur les épaules de la Princesse, qui détestait cette situation. En désespoir de cause, elle devait demander l'aide d'une étrangère, presque une inconnue, qui avait presque autant intérêt à la voir partir que son propre frère. Le discours d'Etaine l'avait au moins rassurée sur un point, elle aimait Tristam, comme l'indiquait le sourire qu'elle gardait sur les lèvres dès qu'elle évoquait le Prince Régent. Qu'elle soit exilée ou non, Nymeria savait qu'au moins la Arryn ne tenterait pas de tuer son frère dans son sommeil.

Ce fut le léger rire d'Etaine, quand elle eut terminé de parler, qui tira la dornienne de ses pensées. Se contentant de sourire en coin, elle conserva le silence un moment, faisant tourner la coupe de vin entre ses doigts. Elle devait choisir ses prochains mots avec soin, si elle voulait pouvoir s'attirer le soutien d'Etaine, Nymeria en était consciente, et ne détestait la situation que plus encore. Elle était une guerrière, avec l'habitude de se battre pour ce qu'elle voulait, et se trouver dans une situation où elle ne pouvait pas atteindre ses objectifs par elle-même la dérangeait plus que cela ne devrait. Se levant brusquement de son siège, la Princesse fit quelques pas dans la pièce, plus pour conserver une certaine contenance que par envie de se dégourdir les jambes, même si on pouvait lire sur son visage qu'elle n'appréciait pas ce qu'elle allait devoir faire. Elle poussa un long soupir, avant de reprendre enfin la parole:

"Au moins, il me serait difficile de ne pas croire que vous aimez mon frère autant que vous le montrez. Je peux espérer que vous finirez par étendre cet amour à nos terres, en temps voulu. L'essence d'une Princesse de Dorne ne se trouve pas dans son nom ou sa naissance, elle se trouve dans son sang, sa volonté, tout son être. C'est l'amour de ses terres, et de sa liberté, qui fait d'une simple noble une Princesse, de chair plutôt que de titre. Une Princesse sacrifierait tout pour s'assurer que le Soleil se lève un jour de plus sur le désert, libre de toute entrave."

Nymeria sourit en prononçant ces mots, qu'elle avait entendu pour la première fois dans la bouche de sa mère, alors qu'elle n'avait que 8 ans. Depuis, elle avait tout fait pour mériter d'être ce qu'elle était, se promettant de toujours servir son pays quoiqu'il arrive. Puis, il y avait eu ce mariage qu'on lui imposait. Son devoir lui disait de ne pas contredire les plans de son frère pour elle, que cette alliance avait son importance, mais son instinct lui disait le contraire, de se battre pour que tout cela n'arrive pas.

"Vous aurez bientôt un nouveau foyer, mon frère y veillera, et ce que vous m'avez dit me pousse à ne pas m'y opposer plus longtemps. Pourtant, je ne peux que trouver un écho tragique à ce qui vous est arrivé, même si tout semble s'être bien terminé pour vous. Être ainsi éloignée de force de son propre foyer a quelque chose de plus cruel que toute autre peine qu'on pourrait infliger. On attend de vous que vous soyez heureuse de le faire."

Finissant sa coupe, Nymeria posa celle-ci sur la table, et plutôt que de reprendre sa place, elle s'approcha un peu plus de son interlocutrice, appuyée sur la table et la regarda droit dans les yeux, un sourire réellement compatissant sur le visage. D'une certaine façon, être peut-être amenée à vivre la même chose qu'Etaine l'avait rendue plus sympathique aux yeux de la dornienne, qui laissa de coté ses manières un peu froides pour s'adresser à elle, pour la première fois, comme à un futur membre de sa famille.

"Mon frère vous a-t-il parlé de ses projets me concernant? Il prévoit de me marier à la Maison Stark."

Nymeria laissa un instant sa révélation en suspens, autant pour voir la réaction de la Colombe que pour éviter d'ajouter quelque chose qu'elle regretterait concernant son sentiment envers l'affaire. Etaine avait grandi avec les Loups, et il serait probablement déplacé de se lancer dans une liste des raisons pour lesquelles elle détestait l'idée d'un mariage avec eux.

"Vous devez connaître Jorah Stark, non? S'il est la moitié de ce qu'on attend d'un Stark, je sais qu'il n'y a aucune chance pour que ce que vous vivez avec mon frère se reproduise avec lui. Sans compter qu'il attendra sûrement de moi que je devienne une femme exemplaire. Et vous devez m'imaginer aussi mal que moi dans le rôle, j'imagine."

Riant nerveusement en terminant sa phrase, la Martell s'interrompit soudain, imaginant une fois de plus le cauchemar que deviendrait sa vie, cantonnée au rôle de Dame d'une terre gelée qu'elle détestait par avance, peuplée de gens froids et distants, réduite à l'ombre de ce qu'elle était actuellement. Sur le moment, ce n'était plus la conviction que les Martell, que son frère avait besoin d'elle à leur coté qui la poussait à essayer d'obtenir le soutien d'Etaine, mais l'égoïsme relatif de connaître son avenir ailleurs qu'à Dorne, qu'elle résuma presque dans un murmure à l'attention d'Etaine.

"Si je vais là-bas, je mourrai, c'est une certitude."

A peine les mots prononcés, la Princesse les regretta, réprimant un frisson lui parcourant la colonne vertébrale. Elle qui avait préparé une liste d'arguments aussi rationnels qu'imparables, qui voulait à tout prix montrer qu'elle était forte, et que c'était la raison pour laquelle elle devait rester, avait laissé entrevoir une faiblesse qu'elle aurait préféré garder cachée. Immobile, elle laissa le silence s'installer, trop occupée qu'elle était à tenter de chasser ses sombres pensées.
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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: [Flashback] Puisque nous allons être soeurs...   Jeu 5 Jan - 19:31

Puisque nous allons être sœurs

Elle avait réussi à convaincre la Princesse du désert de ses sentiments à l’égard de son frère. Ça n’avait guère été mince affaire et elle avait eu cette curieuse impression de se mettre à nu pour mieux prouver ses dires. Pourtant, elle l’avait fait sans réelle réticence, sans peur. Était-ce une faiblesse que d’agir de la sorte ? Elle n’aurait su dire et pourtant, elle était heureuse d’avoir partagé de tels souvenirs et émotions avec Nymeria. Au fond, Etaine savait qu’elles se ressemblaient bien plus qu’elles n’osaient l’admettre et qu’elles n’admettraient jamais par ego, par fierté. Les mots de la jeune fille étaient profonds de sagesse et la Colombe ne pouvait que les accepter et essayer de les adopter. Elle aussi espérait se sentir un jour chez elle en ses lieux, sentir le soleil dorer sa peau de ses rayons, se promener au bras de son Prince à travers tout Dorne pour un nouveau voyage, faire des us et coutumes de la région les siens. Plus que jamais, la jeune Arryn désirait enfin être adoptée par cette région et pouvoir déclarer haut et fort qu’il s’agissait là de sa demeure. Le cœur de la jeune femme était prêt à accueillir Dorne, mais celui de la région et de ses habitants sauraient-ils seulement en faire de même ?

Il y eut une petite coupure durant laquelle un sourire se dessina sur les lèvres de la future belle-sœur de la Valoise. Le dévouement de cette jeune femme pour son pays dépassait tout entendement et Etaine ne pouvait qu’admirer cela avec un respect profond. Puis, la voix de la native du Désert se fit de nouveau entendre, assurant que Tristam ferait tout pour que son épouse, jeune et délicate, se sente en ces lieux comme si elle y était née et la Colombe ne pouvait qu’approuver avec certitude, un sourire transi d’amour se dessinant sur ses lèvres. Il le lui avait déjà répété de nombreuses fois, ponctuant chacune de ses phrases de baisers emplis d’un amour profond et sincère qu’ils partageaient. La Valoise de naissance savait pertinemment que si quelque chose la tracassait en ces lieux, son prince dévoué ferait tout pour y remédier. La suite, en revanche, intrigua Etaine. Un écho tragique ? La brune fronça les sourcils, attendant d’avoir d’autant plus d’explications. La jeune princesse tint un long discours sur la douleur que le fait de quitter son foyer pouvait représenter, douleur que la Colombe ne saurait connaître puisqu’il s’agissait presque d’un soulagement que de se tenir loin de chez elle.

Le silence retomba tandis que Nymeria s’approcha un peu plus. L’Oiseau n’était pas sot et avait largement compris qu’il s’agissait d’elle, en revanche, elle se demandait de quoi il s’agissait exactement, Tristam ne lui ayant nullement parlé de projets concernant sa sœur tout comme elle n’avait guère eu vent de pareille idée. Alors elle attendit patiemment qu’enfin, la langue de la princesse du désert ne se délie. Et elle ne fut pas déçue. Ses sourcils se haussèrent quand la jeune femme annonça son mariage prochain avec la maison Stark. Les cousins de la jeune femme, elle les connaissait plus que bien ayant vécu une enfance épanouissante aux côtés des loups. Cependant, il ne lui fallut que quelques instants pour comprendre qu’il n’y avait guère tant de loups que cela de disponible, son cousin Theon ayant déjà épousé lady Lyanna quelques années auparavant. Il ne restait ainsi que l’aîné des loups, le suzerain de Winterfell. Jorah.

Elle ne dit rien, essayant de comprendre toute la démarche de la princesse dans une telle révélation, bien que les choses gagnaient en clarté. A l’énonciation du nom de son cousin, la jeune femme hocha sagement la tête, se gardant bien d’adresser à la jeune femme un quelconque commentaire ou une expression dans ses traits qui pourraient être sur-interprétée. Mais elle n’en avait réalité nullement besoin car déjà, la jeune femme lui décrivait un tableau qui n’avait rien d’enviable, sachant pertinemment qu’elle n’aurait que peu en commun avec le plus âgé des loups. Quand elle vint à elle-même se coller l’étiquette d’épouse parfaite, Etaine ne put s’empêcher un léger rire. Il était vrai qu’elle ne voyait nullement Nymeria autrement que libre comme l’air, alors la savoir au bras de Jorah était en effet une image qui tranchait franchement avec l’idée de la jeune femme que la Colombe avait en tête. Le rire nerveux de la Dornienne n’était pas là non plus pour la rassurer et durant un court instant, Etaine se demanda lequel serait le plus à plaindre entre Jorah et Nymeria si pareille union devait avoir lieu. Puis, le rire finit par mourir pour laisser place à un murmure qui en disait long sur la vision de l’avenir qu’avait la demoiselle dans le Nord. Et Etaine commençait à comprendre les raisons de cette visite.

Elle sourit doucement avant de formuler à voix haute ce que ses pensées lui soufflaient depuis un certain temps. « Et vous espérez obtenir ma sympathie vis-à-vis de cette situation pour que j’en parle à votre frère afin qu’il ne revienne sur sa décision, n’est-ce pas ? C’est la raison de votre venue aujourd’hui… » Elle n’avait qu’à moitié besoin de cette confirmation et poussa un léger soupir avant de sourire. Finalement, elles se ressemblaient vraiment plus qu’elles ne souhaitaient l’admettre. Quand Martyn l’avait promise à Tristam, Etaine avait envoyé des lettres à Catelyn ainsi qu’à Theon dans l’espoir de les voir le faire changer d’avis. Sur le moment, elle aurait donné cher pour rester dans les régions voisines à la sienne et éviter de s’exiler si loin de chez elle. Aujourd’hui, évidemment, elle ne regrettait rien. La Colombe ferma les paupières, poussant un léger soupir. « Je pense que vous surestimez mon pouvoir sur votre frère, princesse. La politique est une chose à laquelle tiennent les hommes, ne laissant que peu de marge de manœuvre aux femmes telles que nous. Bien souvent, nous devons nous contenter d’obéir selon leurs désirs. Il en va de même avec les hommes que l’on épouse, amour ou non. » Etaine connaissait bien ses choses-là, ayant été elle-même un instrument de cette politique de placement, les divers seigneurs étant venus faire valoir leur allégeance ou la faiblesse de cette dernière afin d’obtenir matière à renforcer une alliance.

Elle rouvrit les yeux avant de sourire avec douceur. « Mais je n’aime guère ces méthodes… Et il va de soi que j’essaierai de parler à Tristam de ce problème. Je connais mon cousin et pour votre bien autant que le sien, cette alliance maritale serait une erreur. Le Nord et Dorne devront s’allier autrement que par le mariage. En revanche, si je présente simplement la chose comme un refus sans idée derrière, je crains que Tristam ne se braque et ne tique devant cette alliance féminine que nous allons former dans cette histoire… Si vous voulez refuser pareille requête, vous ne pouvez le faire sans autre alliance plus avantageuse à proposer derrière. Ainsi fonctionne ces engrenages… »
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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: [Flashback] Puisque nous allons être soeurs...   Lun 20 Fév - 17:08

« Je pense que vous surestimez mon pouvoir sur votre frère, princesse. La politique est une chose à laquelle tiennent les hommes, ne laissant que peu de marge de manœuvre aux femmes telles que nous. Bien souvent, nous devons nous contenter d’obéir selon leurs désirs. Il en va de même avec les hommes que l’on épouse, amour ou non. »

Nymeria serra un peu plus fort le rebord de la table de sa main droite lorsqu'Etaine eut terminé sa phrase, tout en se forçant intérieurement à rester diplomate. Sa mère avait mis des années à lui inculquer la valeur de savoir parfois se taire lorsque l'on désapprouve quelque chose, ou quelqu'un, et la situation l'exigeait fortement. La Princesse aurait voulu dire à sa future belle-soeur qu'elle n'était pas de la trempe des femmes étrangères à Dorne, qu'une Martell n'avait rien d'une Arryn, d'une Tyrell ou d'une Baratheon. Les Martell étaient libres, et Nymeria comptait bien l'être également, comme sa mère, et son ancêtre homonyme avant elle.

Pourtant, Nymeria se trouvait bien plus touchée, blessée par les paroles d'Etaine qu'elle n'aurait du l'être si elle avait réellement été si peu concernée par ce qu'elle venait d'entendre. Les faits étaient là, son propre frère cherchait à la vendre à un étranger pour sécuriser une alliance. Et qu'on lui fasse remarquer directement ne faisait qu'attiser la colère dormante de la Princesse à ce sujet. Diplomatie faisant loi ici, elle s'obligea cependant à ne pas la laisser éclater, et observa le plafond de la pièce, le visage crispé dans sa tentative de se contrôler.

« Mais je n’aime guère ces méthodes… Et il va de soi que j’essaierai de parler à Tristam de ce problème. Je connais mon cousin et pour votre bien autant que le sien, cette alliance maritale serait une erreur. Le Nord et Dorne devront s’allier autrement que par le mariage. En revanche, si je présente simplement la chose comme un refus sans idée derrière, je crains que Tristam ne se braque et ne tique devant cette alliance féminine que nous allons former dans cette histoire… Si vous voulez refuser pareille requête, vous ne pouvez le faire sans autre alliance plus avantageuse à proposer derrière. Ainsi fonctionnent ces engrenages… »

La Dornienne laissa quelques secondes passer avant de hocher la tête en signe d'assentiment, concluant le geste par un simple « Vous n'avez pas tort», avant de commencer à faire les cent pas dans la pièce, songeuse.

Au moins, Etaine comptait l'aider, ce qui était tout à son honneur, d'autant plus qu'elle avait vécu, comme elle le disait juste avant, dans un milieu ou elle n'était considérée comme rien de plus qu'une marchandise précieuse, une monnaie d'échange. Nymeria avait d'abord cru, vu ses premières paroles, que la Valoise se refuserait à se dresser contre son mari, et elle était agréablement surprise. Mais la Arryn soulevait un point d'importance, une chose à laquelle elle n'avait pas encore pensé: une contrepartie.

Innocemment peut-être, Nymeria avait jusque là toujours pensé que son frère l'éloignait uniquement pour plaire à sa femme, pour s'assurer qu'elle n'ait pas de concurrence au sein du palais, que ce soit en terme de beauté, de popularité ou d'influence. Elle croyait certain que si Etaine venait à parler en son nom, Tristam ne serait que trop heureux de ne plus avoir de raisons de l'envoyer au loin, et qu'il ne demanderait pas mieux que de garder sa sœur auprès de lui, avec la bénédiction de sa Dame. Mais peut-être qu'elle avait trop présumé de ce fait, peut-être qu'il voulait vraiment cette alliance avec le Nord, et qu'elle n'était pas juste un prétexte pour l'éloigner. Peut-être que la Princesse s'était montrée trop égocentrique pour voir l'entièreté de l'accord et de ses enjeux. Qu'avait-elle à offrir à son frère, si la simple demande de sa fiancée ne suffisait pas à le faire changer d'avis?

«Mon frère me connait, il sait que je lui serais plus utile à sa table, en tant que conseillère, qu'en tant que faire valoir dans un pays éloigné. J'espère que vous savoir de mon coté achèvera de le convaincre de cela, et qu'il cèdera. Mais... Si ce n'était pas le cas, peut-être faudrait-il lui rappeler que je suis sa jumelle, et qu'il n'existe personne en ce monde dont il soit plus proche. Notre mère ne sera pas toujours là, et viendra peut-être un jour où il se félicitera de m'avoir gardée auprès de lui.»

La Dornienne s'était montrée plus sèche qu'elle ne l'aurait du dans sa réponse, prenant conscience que passé le lendemain, elle ne serait plus jamais la femme la plus proche de son frère. Ensemble, ils avaient tout partagé depuis le berceau, joie et peine, et il aurait été difficile de trouver deux personnes plus proches l'une de l'autre à Dorne, voire dans tout Westeros, et ce malgré leurs différences. Ce n'était là qu'une des raisons de plus qui rendaient l'annonce de ses fiançailles dans le Nord douloureuse pour Nymeria, ainsi qu'une jalousie presque déplacée à l'encontre d'Etaine, qui lui volait son frère. En même temps, elle se sentait hypocrite de venir lui demander de l'aide, en sachant pertinemment que c'était là sa dernière option, et une partie d'elle-même se détestait pour ça, autant qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de conserver un certain ressentiment à l'égard de son interlocutrice. Toute Martell qu'elle était, la jeune femme devait demander de l'aide à une étrangère, qui plus est plus douée qu'elle dans le domaine qui les occupait, et elle n'appréciait aucunement cette situation.

Dans un soupir, Nymeria finit par rejoindre son siège et s'y affala, se resservant une nouvelle coupe de vin, qu'elle vida à moitié d'une grande gorgée, essayant de ne pas paraître plus impolie qu'elle n'avait déjà pu l'être.

«Et si tout cela ne devait pas être suffisant... Il y a de nombreux seigneurs à Dorne dont les héritiers ne sont pas encore mariés,et qui ne demanderaient pas mieux qu'une Princesse pour assurer la survie de leur Maison, et sécuriser leur place auprès de nous. Nul doute qu'un choix avisé assurerait une stabilité et une loyauté recouvrée à mon frère. S'il juge que je dois me marier, qu'il m'accorde au moins le droit de rester chez moi.»
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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: [Flashback] Puisque nous allons être soeurs...   Lun 6 Mar - 0:18

Puisque nous allons être sœurs

Etaine avait appris bien des choses concernant la politique, son père l’ayant envoyé dans le Nord pour renouer les liens entre les deux familles cousines tout comme son frère avait fini par l’envoyer à Dorne afin de créer une nouvelle alliance entre les Martell et les Arryn. Bien que n’ayant pas été éduquée dans l’objectif de régner, elle avait appris de ses pairs, les observant mener leur barque à leur manière, cherchant à contrôler toujours plus. La Colombe avait ainsi noté la manière dont il fallait agir et celle qu’il ne fallait en aucun cas mettre en place. Alors quand Nymeria lui accorda raison, elle eut un leger sourire satisfait, s’adossant un peu plus dans son fauteuil tandis que la jeune princesse entamait les allers et venues devant elle, réfléchissant à un moyen de contrer cette politique lancée par son frère qui semblait tendre à marier la farouche jeune fille au loup solitaire du Nord.

Finalement, après de multiples pensées, Nymeria reprit la parole, évoquant le fait que son frère la connaissait et qu’il aurait davantage besoin d’elle ici, en tant que conseillère que vulgairement mariée à un seigneur de l’autre bout du monde. Etaine avait également pensé la même chose quand on lui avait annoncé son départ pour la région désertique et finalement, elle s’était rendue compte qu’elle pouvait toujours autant exercer la politique qu’elle affectionnait tant dans une autre région que la sienne, loin des réprimandes fraternelles. La jeune princesse espérait alors jouer sur les sentiments profonds que son frère pouvait avoir à son égard. La brune sourit devant une telle idée car elle était loin d’être ridicule. Elle n’avait pas pu utiliser cet argument, ses relations avec Martyn s’étant durcies dès son retour du Nord, mais Nymeria le pourrait non sans mal car il était plus qu’évident que le frère et la sœur étaient proches l’un de l’autres et qu’ils auraient pu gouverner ensemble cette principauté qu’était Dorne.

Le ton sec, la Colombe ne le releva pas, étant en quelques sortes flattée de savoir Nymeria jalouse de la position qui serait sienne et de sa place auprès de Tristam qu’elle lui avait volé dans son cœur. Mais elle avait éprouvé cela quand Roslinn était arrivé du Bief pour s’installer à la droite de Martyn à table, prenant le rôle de Dame des Eyriés qui avait été le sien jusqu’alors et empoisonnant l’esprit de son frère pour toujours mieux l’éloigner. Elle sourit avec une sympathie plus profonde qu’elle ne l’avait fait jusqu’à présent. Si vous saviez, Princesse, à quel point nous sommes semblable… Finalement, la jeune Dornienne reprit place, s’affalant dans son fauteuil toujours scrutée par le regard d’oiseau de proie de la Valoise. Se resservant de vin, elle en but une bonne lampée avant de reprendre la parole. Elle en vint alors à faire part à sa future belle-sœur de son souhait de rester chez elle, coûte que coûte, quitte à épouser un homme ici, à Dorne. Le sacrifice était fort puisqu’Etaine avait bien compris l’indépendance de la Princesse et sa volonté de demeurer libre de ses actions.

Reprenant son verre, elle le termina avant d’apporter une réponse à cela. « Tristam saura que ce n’est que gâchis de vous marier à l’un de ses vassaux… Mais je lui soumettrais cette décision afin qu’il puisse malgré tout juger par lui-même des sacrifices que vous êtes prêtes à réaliser dans l’espoir de demeurer à ses côtés. Tout comme je lui signalerais que je n’ai rien contre votre présence dans notre entourage, bien au contraire. » Elle eut un sourire avant de se redresser, tendant la main vers celle de la jeune fille pour la poser dessus. « Bien que je vous sais motivée par vos propres envies, je suis heureuse que nous ayons enfin pu discuter en toute amitié. J’aimerais connaître plus encore celle qui deviendra dès demain ma nouvelle sœur et qui aura tout autant que moi l’attention de mon époux. » Son regard se posa alors sur la robe azurée, brodée avec soin de pierreries et de perle qui se tenait non loin d’elle, la désignant du menton. « Cependant, je crains que ce soir ne soit guère approprié pour cela. Je me marie demain et je doute que la fatigue ne m’aide à franchir cette nouvelle étape dans ma vie de femme… Aussi, si vous voulez bien m’excuser, princesse Nymeria, je crois qu’il faudrait que vous regagniez votre chambre. » Elle se leva, s’avançant vers la princesse en prenant sa main avec douceur. « Dès demain, nous aurons tout le loisir de converser de la sorte, je vous le promets. » Puis, avec l’affection qu’elle eut jadis pour Leandra, elle déposa ses lèvres sur sa joue, l’embrassant avec douceur avant de la regarder quitter ses appartements dans un soupir. Demain serait un jour nouveau. Demain, Etaine serait Princesse de Dorne.
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