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 Au crépuscule de l'Histoire

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Valyron de Mantarys
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Au crépuscule de l'Histoire   Mer 1 Fév - 14:36

Accoudé au rebord de la fenêtre de sa chambre, Valyron de Mantarys regardait la cité de Port-Réal d’un air absent. Depuis trois jours, tout avait changé. On sentait encore dans l’air l’odeur de fumée et de cendres qui avait recouvert la cité des rois Targaryen après le début de l’assaut. Ici et là fumaient encore quelques foyers éteints où des quartiers entiers de la ville – le plus souvent avec la majorité de leurs habitants – étaient partis en fumée. Ces dernières heures avaient été passablement éprouvantes, notamment pour Valyron. En qualité de dernier membre du conseil restreint disponible, c’était à lui qu’était revenue la responsabilité de proclamer l’arrêt des combats et la reddition sans condition du camp loyaliste. Depuis, la majeure partie du temps s’était résumé à faire le bilan de la bataille et de ses conséquences. Avec la disparition de Maegor, retrouvé vidé de son sang sur son propre trône, c’était la fin d’une époque : la fin de la deuxième génération Targaryen, la première à être née dans la dignité royale, dans la pourpre du Donjon Rouge. Maegor était mort, oui. Le Cruel était parti, laissant derrière lui un empire de cendres pour son héritier : Jaehaerys. Dans les heures qui avaient suivies la chute du Donjon Rouge, on avait commencé à procéder aux premières arrestations. Roderik Farring, ainsi, était allé rejoindre ses collègues du conseil restreint, enfermés dans les cellules noires. Elinor Piète, dernière à avoir été vue avec le Cruel, avait également été jetée en cellule le temps de faire la lumière sur un potentiel régicide. Rhaenys Targaryen était de retour à Port-Réal, également. De nombreuses mutations attendaient les Sept Couronnes, cela était aussi évident que la folie de Maegor. Les hommes d’armes en livrées Lannister ou Baratheon étaient partout alors qu’on fêtait encore la fin de la tyrannie.

Valyron, lui, prenait – enfin – le temps de réfléchir à son avenir. Qu’allait-il devenir, désormais ? Sa mission n’était pas achevée, bien entendu. Il pouvait et voulait encore servir les Targaryen, mais Rhaenys lui vouait encore une hostilité conséquente alors que son influence allait croissante à la Cour. Peut-être était-il temps pour lui de rentrer à Mantarys, fonder une famille sur la terre de ses ancêtres et tout recommencer, encore une fois. Il se prit à sourire alors que la lune émergeait de derrière un nuage. Ses rayons bleus restaient pourtant voilés par les fumeroles qui montaient encore et toujours des ruines. La situation n’était pas mieux du côté de la Baie de la Néra. Les plages étaient jonchées d’épaves calcinées, restes de navires plongés dans la fournaise de Balerion dont seules quelques membrures noircies témoignaient encore la présence. Quant à l’estuaire en lui-même, l’eau était couverte d’un épais tapis de cendres donnant une saisissante impression de solidité. A cette fine poussière noire et grise se mêlaient, sordides, quelques morceaux d’espars et de cordages, ainsi que les cadavres brûlés de marins pris au piège par l’enfer déversé par la Terreur Noire, sinistres souvenirs de la bataille.

Rentrer ? Non. Son sourire se dissipa. Mantarys n’avait rien à lui apporter. Il avait construit sa vie en Westeros et selon toute probabilité, il y finirait ses jours. Cela risquait fort bien d’arriver plus vite que prévu, pensa-t-il maussade. Mais cela ne lui servait à rien de ruminer ainsi. Il devait continuer à être actif. Contrairement à d’autres, il avait eu de la chance. Ondrew Piète était consigné dans ses appartements et sous bonne garde, avec un mestre qui veillait à le sauver pour mieux le faire passer en jugement après. Rhaegar Velaryon était également blessé et son sort était pour le moins imprécis : on l’avait retrouvé à demi-noyé, sévèrement blessé, après que son navire amiral eut été pris et coulé par les mercenaires rebelles. Il avait eu de la chance dans son malheur, car aucun de ses vainqueurs ne respirait encore : le feu-dragon n’avait pas d’allié. Valyron eut aussi une pensée pour le défunt seigneur Alden Sombrelyn, de Sombreval, tué au cours de la bataille, comme tant d’autres. Un frisson lui parcourut l’échine. Il aurait pu en être, lui aussi. Maintenant, il lui fallait s’occuper des vivants.

Lorsqu’il sortit de sa chambre, Valyron constata que le Donjon Rouge était bien moins vide et calme qu’il ne l’avait été durant les jours et semaines qui avaient précédé l’affrontement. Toutes les chambres étaient occupées par les vainqueurs. Certains fêtaient leur triomphe en aimable compagnie, comme cela s’entendait parfois, d’autres ne trouvaient visiblement pas le sommeil et se contentaient de veiller, réfléchissant à leur avenir, échafaudant déjà des plans dans le nouvel ordre qui émergeait ou ressassant sans cesse le fil des évènements qui les avaient mené là où ils étaient désormais. Visiblement, les Lannister et les Baratheon ne négligeaient pas la surveillance et la sécurité des lieux. Des patrouilles et des rondes régulières parcouraient les coursives de la forteresse et sans doute une bonne partie des rues de la ville. Le gros des troupes était logé en ville, chez l’habitant, tel une armée d’occupation. Toutefois, ils étaient trop nombreux, même comme cela, et les camps avaient été dressés tout autour de la ville, notamment aux niveaux des portes du Lion et du Roi. Les bannières au Lion et au Cerf avaient rejoint celles du Dragon le long des remparts et tout le monde semblait profiter de la fête pour se détendre. La guerre était finie. La paix était revenue, enfin.

Valyron n’avait pas eu trop de mal à se glisser discrètement jusqu’à la cour arrière, non loin de la citadelle de Maegor, ce château dans le château, qui devait être le dernier rempart des assiégés en cas d’attaque du Donjon. Comme prévu, la porte principale des cellules noires, qui se trouvaient enterrées sous plusieurs niveaux sous le palais royal, était gardée. Et la surprise de Valyron fut assez stupéfiante lorsqu’il se rendit compte que personne n’avait relevé les gardes qu’il avait placés là durant la bataille. Sans doute avaient-ils été confondus avec les geôliers qu’ils avaient enfermés au plus profond des cellules pour s’approprier les lieux. Soulagé, Valyron cessa de soupeser la petite bourse de cuir qu’il avait amené avec lui, s’imaginant corrompre les gardes à l’aide de diamants bruts. Il s’avança donc sans complexe, ni précaution, vers ses hommes qui reconnurent assez vite son pas souple et léger. Il ne dit mot, leur intimant du regard de continuer leur mission jusqu’à nouvel ordre. Puis, finalement, ils ouvrirent la porte et, une fois que Valyron fut entré, ils la refermèrent sur lui. Un escalier large et grossièrement taillé descendait dans les profondeurs de la colline d’Aegon. Les murs étaient nus, constitués de pierres de taille où quelques torches semblaient monter la garde à intervalles réguliers. La descente sembla interminable à l’ancien Maître des Lois. Des dizaines et des dizaines de marches l’emmenait toujours plus profondément sous terre. Enfin, il arriva dans une salle assez vaste, meublée d’une table de bois brut, de quelques tabourets et d’un râtelier où trainaient quelques armes. Le reste des hommes qu’il avait envoyé était ici. Ils étaient cinq, certains avec une chope de bière métallique posée devant eux, d’autres avec une assiette en bois qui contenait une espèce de potée grasse.

Tous firent mine de se lever, mais Valyron les en empêcha d’un signe de sa fine main. Il se contenta de se pencher vers l’un d’entre eux, et lui demanda d’une voix calme où se trouvait Elinor Piète. L’autre prit un court instant pour réfléchir et se leva, emmenant son maître vers celle qu’il avait demandé. Tandis qu’il était emmené au niveau inférieur, Valyron se remémora les interrogations qu’il avait sur Elinor. Il savait qu’elle avait été la dernière à voir le Roi en vie. Elle détestait Maegor autant – même plus – que Valyron. Ce que suspectait le Mantaryen, ils en avaient parlé ensemble. Commettre un régicide, l’un des pires crimes – sinon le pire – en tout Westeros. Toutefois, il n’avait guère de preuve et c’était entre autre pour cela qu’il souhaitait voir l’Araignée. Tandis qu’ils posaient pieds sur le sol du second sous-sol des cellules noires, le garde expliquait à Valyron qu’elle n’avait rien souhaité ni manger, ni boire, depuis son incarcération. Il fit la moue : il ne manquait plus que cela. Le garde arriva devant une lourde porte de bois équipée d’un clapet permettant de regarder à l’intérieur. Il regarda pour vérifier que c’était bien ici. Il attrapa une torche qui crépitait doucement à côté d’eux et lui expliqua qu’il y avait un support à l’intérieur de la cellule. Il inséra la grosse clé dans la lourde porte et fit pesamment tourner le gros mécanisme qui libéra le verrou dans un bruit sourd. Valyron se glissa dans l’entrée et la porte se referma sur lui dans le même claquement tandis que le garde allait s’installer plus loin, attendant la suite.

La première chose qui surpris le Maître des Lois, ce fut l’odeur. Un mélange d’humidité et de relentans humains. Les prisonniers vivaient à proximité de leurs déjections, visiblement. Seau, rigole spécialement aménagée ou trou dédié à cet effet, l’aménagement n’était que rudimentaire. Contenant une violente nausée, Valyron resta stoïque et accrocha la torche à son support. La flamme orange jetait des ombres sur la cellule plutôt vaste pour une seule personne. La seule autre source de lumière provenait d’une toute petite ouverture protégée par deux grilles consécutives et qui devait plus servir à renouveler l’air qu’autre chose. Enfin, ses yeux tombèrent sur celle qu’il était venu voir, en tout cas sa silhouette.

« Elinor, enfin vous voilà. »

Il avait prononcé ses paroles avec une voix douce, comme si’il avait craint de déranger le silence oppressant. Il ne s’approchait pas, restant bien dans la lumière de la torche.

« Comment vous sentez-vous ? »

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Au crépuscule de l'Histoire   Ven 3 Fév - 17:19




Au crépuscule de l'Histoire


L'araignée grimpe… Et tombe ! Elinor laissa échapper un petit rire tandis qu’elle observait l’insecte à huit pattes s’enfuir par la petite fenêtre, ses doigts effectuant quelques mouvements incompréhensibles pour quiconque l’observerait à cet instant. Ses mains, autrefois fines et délicates, étaient d’une saleté repoussante, couvertes à la fois de terre, mais aussi de sang séché, masqué par la poussière. Poisseuses et écorchées, ainsi étaient désormais les mains de la délicate araignée. Le reste de son état faisait peine à voir. Son visage était sale tout comme ses cheveux dont les mèches s’étaient collées en paquets de cheveux. Sur ses joues, on devinait les traces qu’avaient laissé les larmes qu’elle avait laissé couler durant de longs instants. Sa robe était en lambeau, tant par le résultat d’une guerre que par les marques qu’avait laissé Maegor. Le haut de cette dernière ne tenait d’ailleur plus que part une épingle donnée gracieusement par Jaehaerys lorsqu’elle était arrivée dans sa chambre.

Les évènements s’étaient enchaînés à une vitesse folle. Elle avait tué Maegor avec la rage d’un désespoir profond, persuadée qu’elle n’avait alors plus rien à perdre. Le Roi avait fait verser le sang de la jeune femme sur sa gorge, laissant une plaie peu profonde mais marquée sur le cou de la native du Bief. Puis, désireux de la posséder toute entière, il avait plaqué ses lèvres sur son cou, s’abreuvant du sang de la demoiselle mais également du poison qu’elle avait placé juste là, transformant celui que l’on appelait le Cruel en véritable pantin à sa merci. Et alors, elle l’avait torturé à l’image de ce qu’il avait pu lui faire, essayant de lui rendre la pareil sans l’atteindre jamais, inversant les rôles, devenant le bourreau. Puis, tout s’était arrivé et la jeune femme avait bien failli mettre fin à sa courte existence, épuisée de cette vie, persuadée qu’il n’y avait plus rien à quoi elle pouvait se raccrocher. Jusqu’à ce que les Dieux interviennent.

Réveillée de sa folie passagère, elle avait couru jusqu’à la chambre du nouveau Roi, cherchant à le protéger. Elle aurait donné sa vie pour lui, prête à le cacher du mieux qu’elle le pourrait. Et finalement, tout s’était arrêté. Rhaenys était arrivée accompagnée de gardes et du Prince Aemon. On s’était saisie de la jeune femme, la plaçant en joug sous une épée, la forçant à lâcher la dague qu’elle avait dérobé au Roi. Son regard avait croisé celui de son ami mais elle n’avait pas prononcé un mot. Son esprit était déjà parti, ne laissant plus que son corps dans ce vaste monde rude et cruel. Les mains puissantes des gardes l’avaient emmenée sans qu’elle n’oppose la moindre résistance jusqu’à cette cellule dans laquelle elle reposait depuis maintenant… Elle était incapable de le dire. Elle avait pleuré. Des larmes de joie autant que de cette tristesse de se sentir arrachée à l’être aimé. Et alors, elle avait commencé à se laisser dépérir, refusant de boire ou manger quoique ce soit, délirant sur la présence fantomatique de Maegor dans cette pièce. Le tyran hantait ses nuits et son aura semblait s’être agrippé à elle, comme une présence permanente au-dessus de son épaule. Mais la raison véritable était cet autre monstre qui grandissait dans son ventre. Le Cruel était toujours en elle, elle le savait. Son enfant reposait là, monstre à venir qui ne ferait que détruire et peut être même la tuerait le jour de sa naissance.

Le conflit interne d’Elinor s’était tu, ne laissant qu’un grand vide qu’il était aisé de combler par la folie. Une folie démoniaque et cauchemardesque, héritage de ce Roi qui l’avait finalement transformée à son image. Pourtant, comme enfermée dans une cellule, la raison d’Elinor essayait de survivre en vain. Tout était flou dans son esprit et c’était à peine si elle se rappelait ce qu’il s’était réellement passé, le fantasme prenant le dessus sur la réalité, ne faisant que la placer dans le plus grand déni de ce qu’elle avait fait dans la salle du trône.

Recroquevillée au fond de la cellule, elle observait, l’air hagard, la petite lueur offerte par la lune qui descendait le long du conduit. La dame de Tumbleton était bien loin de la réalité et ce ne fut que lorsqu’un claquement sonore se fit entendre qu’elle sursauta. La porte s’ouvrit alors, révélant une lueur puissante offerte par les flammes d’une torche. Elle grimaça légèrement, levant sa main devant ses yeux pour se protéger de cette agression. Puis, elle cilla, essayant d’habituer son regard à une lumière qu’elle n’avait pas vu depuis des jours. Plissant les yeux, elle essaya de reconnaître celui qui venait d’entrer dans la cellule sans y parvenir. Ce ne fut que lorsqu’il parla qu’elle comprit à qui elle avait à faire. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle souffla doucement. « Valyron… » Etait-elle soulagée ? Elle n’était pas même capable de se souvenir de ce que cela voulait dire. Elle eut un léger rire avant de comprendre la question qu’il lui avait posé. Alors, haussant la voix, elle prononça sur un ton qui n’était pas le sien : « Je vais bien. » Là encore, il était impossible pour elle de prendre conscience de son état et de ce qu’elle ressentait, ayant coupé tous les sentiments qu’elle pouvait avoir.

Elle toussa sans retenue, sa gorge sèche lui rappelant son choix de ne pas s’hydrater. Puis, avec la plus grande des peines, elle fit marcher son corps, dépliant ses membres, s’appuyant au mur pour se lever. Elle ne gémit pas bien que tout était douloureux, dur et qu’elle était d’une faiblesse incroyable. D’un pas peu assuré, elle s’avança alors vers la lumière, vers Valyron. La main toujours devant ses yeux pour se protéger, elle finit par relever ces derniers vers l’homme, dévoilant leur lueur étrange, folle, et ce vide qu’ils transmettaient. Elle eut alors un sourire digne de sa folie, dévisageant sans retenue le maître des Lois. « Mais je ne saurais aller aussi bien que vous… Vous êtes très beau, Valyron. » Elle réalisa un nouveau pas en avant afin de mieux observer l’étoffe qui couvrait le corps de son ami – l’était-il toujours ? Elle eut un sourire plus malin, empreint de cette folie malsaine. Visiblement, si elle avait cru entendre les revendications agacées de bien des membres de la Cour, lui avait eu le privilège d’échapper à tout cela.

Hypnotisée par l’étoffe propre et noble, elle leva une de ses mains, la tendant en avant, l’approchant de la poitrine de Valyron. Et pourtant, jamais sa peau ne se posa sur le tissu, ne faisant que l’effleurer avant que, comme brûlée par un contact qui n’avait pas eu lieu, elle retira brusquement sa main. Puis, ses yeux noisette se relevèrent vers le Mantaryen. Dans un sourire résigné, elle reprit alors la parole. « Est-ce maintenant ? Êtes-vous celui que l’on envoie pour m’achever ? »


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Valyron de Mantarys
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: Au crépuscule de l'Histoire   Mer 15 Fév - 23:33

Lorsqu’enfin Elinor se manifesta, Valyron fut surpris par la voix si faible qu’elle avait. Les épreuves de la bataille avaient visiblement été douloureuses pour la jeune femme. Le natif de Mantarys n’imaginait assez mal ce qu’elle avait pu vivre, mais il avait sa petite idée. Il était présent lorsque Maegor avait ordonné à Méléagant Darry d’aller quérir Elinor Piète et lui amener dans la salle du trône. C’était dans cette même salle où avait été retrouvé le souverain, vidé de son sang, les veines comme entaillées par les nombreuses lames du Trône de Fer d’Aegon le Conquérant. En quelques heures puis quelques jours, elle avait considérablement voyagé, se retrouvant de la majestueuse salle du trône aux sordides cellules noires. L’Araignée était suspectée de régicide. Valyron n’avait guère de doutes quant à la tenue prochaine d’une session de procès pour juger tous ceux qui tomberaient sous la main des anciens rebelles. Hélas, cela pouvait encore prendre un peu de temps, et si les décisions venaient à traîner en longueur… Valyron se remémora leur discussion au sommet de la citadelle de Maegor.

Alors qu’ils observaient tous deux les armées rebelles approchant de Port-Réal, marchant sur la capitale, elle lui avait avoué sa grossesse. Elle ignorait qui pouvait être le père entre Maegor et Ondrew. Si quiconque avait un doute sur la possible identité du père de l’enfant, la jeune femme serait aussitôt livrée en pâture à ceux qui voudraient faire un exemple et ne prendre aucun risque avec un potentiel futur prétendant au Trône. Dans tous les cas, il fallait qu’elle sorte vite. Et la réponse à sa question fut prononcée d’une telle façon que Valyron s’en inquiéta. Ce n’était pas le ton habituel, même grave, d’Elinor. Il redoutait de lui en demander plus sur ces instants passés dans la salle du Trône. Elle lui assurait qu’elle allait bien, mais il se demandait ce que cela cachait véritablement. Dans un crissement de tissu, il la devina en train de se relever. Elle approcha, lentement, mais sûrement, se tenant au mur poisseux, entrant lentement, comme à regret, dans le cercle de lumière orange et vacillante. Valyron ne put s’empêcher de tressaillir en la voyant émerger de l’ombre. Elle était sale, peut-être blessée et ses vêtements n’étaient plus que lambeaux. Et cela n’était rien par rapport à son expression. On l’aurait dit saoule. Une lumière s’était éteinte dans les yeux de biche de la jeune native du Bief, remplacée par l’éclat menaçant de la démence.

« Mais je ne saurais aller aussi bien que vous… Vous êtes très beau, Valyron. »

Un sourire plus moqueur qu’autre chose était peint sur ses lèvres fines. Valyron, lui, ne souriait pas. Il ne s’était pas vraiment attendu à une telle phrase. Et le ton, l’expression et maintenant les paroles de la jeune femme ne le rassurait guère. Elle avança une main sale, souillée, vers le vêtement coûteux et impeccable de Valyron. Il ne bougea pas d’un iota, mais se demandant si elle allait pousser le vice jusqu’à lui ruiner sa veste. Puis, manquant de peu d’effleurer un fragment de tissu, elle retira prestement sa main, comme si elle avait frôlé du fer chauffé à blanc. Enfin, retrouvant le chemin du calme dans les limbes de sa folie, elle posa son regard noisette sur celui de – gris – du natf de Mantarys.

« Est-ce maintenant ? Êtes-vous celui que l’on envoie pour m’achever ? » lui demanda-t-elle, toujours un sourire aux lèvres.

L’ancien maître des lois fronça les sourcils, cette fois. Décidément, la confiance régnait… Il resta silencieux, jaugeant la situation, toisant d’un air froid son interlocutrice. Il se demandait quelle était l’étendue des dégâts sur son esprit, mais visiblement, c’était assez important. Il n’y avait plus qu’à espérer que ce ne soit rien de définitif. Il tendit l’oreille, comme pour veiller à s’assurer que rien ne serait entendu en dehors de ce qui se dirait ici. Non, visiblement, rien. Pas un bruit. Les murs étaient aussi solides que larges. Il décida d’ignorer la folie galopante de la jeune femme et de la remettre dans le contexte qui était le leur. Il lui parla donc d’une voix sèche, celle qu’il avait eu lorsque leur situation n’était pas claire, lorsqu’ils s’étaient rencontrés, lorsqu’elle l’avait trahi.

« Vous achever ? Cessez de dire des inepties. Je veux la vérité, Elinor. Ressaisissez-vous, par les Sept ! » l’avait-il finalement enjoint, d’une voix transpirant l’impatience et l’inquiétude.

Il n’était pas vraiment inquiet pour son futur. Encore que… Il aurait pu avoir certaines réticences à voir les jours avancer. Mais il se préoccupait surtout de l’état d’esprit et de santé d’Elinor, qui portait peut-être en elle un futur Targayren. D’une voix plus posée, plus compatissante aussi, il continua.

« Je n’ose imaginer ce que vous avez pu subir, là-haut… Ce n’était pas non plus très reluisant en ville, ceci dit. »

Avec un frisson, il se remémora ces heures terribles, où il avait arpenté la capitale avec ses hommes, bravant le feu des dragons, les projectiles lourds d’armes de siège et les fantassins ennemis. Cette journée, il s’en souviendrait, oui. Pourtant, rien n’était encore terminé. La furie martiale avait laissé place à un bouleversement politique dont nombreux seraient ceux à en faire les frais. Il pensa à ceux qui en avaient déjà souffert.

« Ce fut… Ce fut terrible. Je n’ai pas de mots pour décrire ce que j’y ai vu. Rhaegar Velaryon a échappé de peu à la mort sur la Néra, le suzerain Theodan de l’Orage est mort, Rodrik Farring … »

Il s’interrompit, se rendant compte que personne n’avait visiblement tenu la jeune femme au courant. Il eu un air stupéfait lorsqu’il comprit cela, lui annonçant par la même façon.

« Et Ondrew… Votre mari est en vie, Elinor. Il a été sévèrement blessé contre les rebelles qui ont pris Fossedragon, mais il est en vie ! Il… Je crois qu’il a été installé dans vos appartements, le temps qu’il guérisse et qu’ils réfléchissent à quoi faire de lui. Mais au vu de la fureur des rebelles de ne pouvoir s’occuper de Maegor eux-mêmes, ils risquent fort de se rabattre sur son conseil restreint… »

Sa gorge se serra violemment à cette prise de conscience. Peut-être qu’un navire pour Dorne, Volantis ou Mantarys ne serait finalement pas une si mauvaise idée que cela. Il s’ébroua, se frottant la nuque. Tout cela ne servait à rien, pour l’instant. Mais il devrait se montrer prudent, rester attentif à toute sorte d’information. Bref, garder une longueur d’avance sur les vainqueurs de Maegor. Repenser au défunt monarque ramena Valyron au moment présent. Il posa un regard coupant sur la jeune femme.

« Elinor, j’ai besoin de la vérité. Maegor... C’est vraiment vous ? »

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Au crépuscule de l'Histoire   Ven 26 Mai - 0:31




Au crépuscule de l'Histoire


Son ton sec la fit sursauter et reculer d’un pas tandis qu’elle l’observait sans comprendre ce soudain empressement dans la voix du Mantaryen. Ses sourcils se froncèrent dans une expression franchement agacée. Sauvage. Son expression laissait planer l’impression qu’elle n’était plus dotée que de réflexes et d’instincts animaliers, la menant plus proche encore de l’araignée qu’elle prétendait être. Accrochée à un fil, il venait de secouer brusquement sa toile et elle s’était réfugiée là où elle savait qu’elle tiendrait, regardant cet intrus avec méfiance et agressivité. D’une voix rauque, elle répondit à cette accusation voilée. « Inutile de paraître si désagréable… » Telle une enfant grognon, elle croisa les bras sur sa poitrine laissant sa tête s’incliner sur le côté droit, regardant Valyron avec une moue renfrognée.

La voix du natif de Mantarys s’apaisa tandis qu’il revenait sur ce qui semblait être des faits passés qu’Elinor ne comprenait pas réellement. Là…Haut ? Instinctivement, elle leva les yeux vers le plafond, le regardant sans comprendre ce qu’il entendait par là. Était-elle montée au plafond ? Elle ne s’en souvenait pas mais l’idée la fit légèrement ricaner avant de pincer les lèvres comme pour retenir ce démentiel amusement devant un homme aussi élevé à la Cour que pouvait-être Valyron. Lui se mit alors à parler de gens dont les noms lui étaient vaguement familiers. Velaryon. Farring. Theodan de l’Orage. Le visage toujours penché sur le côté, elle l’écoutait sans réellement comprendre les mots qui sortaient de sa bouche. C’était trop dur, trop fatiguant que de se plonger dans des souvenirs, dans ces méandres tourmentés de son esprit qu’elle avait verrouillé, préférant s’abandonner à cette folie certaine qui la consumait doucement.

Puis, il arrêta de parler d’un coup d’un seul, la fixant avec une expression autre qu’elle ne comprit pas. Et alors, il prononça un nom qui manqua de court-circuiter son esprit. Ondrew. Comme un électrochoc, son corps tout entier vacilla devant cette appellation bien qu’elle ne puisse comprendre pourquoi, vu son état. Son mari, son précieux adoré, celui qu’elle chérissait plus que tout au monde. Les traits de son visage lui revinrent en mémoire furtivement, comme si elle ne pouvait s’y accrocher plus d’une demi-seconde. Mais ce nom venait d’ébranler la démence d’Elinor, rappelant en elle son esprit qui n’était pas encore tout à fait mort et enterré et qui releva la tête, comme aspiré par ces quelques paroles. Votre mari est en vie, Elinor. Le reste ne parvint guère aux oreilles de la jeune femme qui resta immobile, impassible. Non… La voix soufflée dans son esprit, celle qui possédait encore toute la raison de l’araignée prenait conscience de quelque chose qui empoisonna doucement l’aspect dérangé de la jeune femme. Les images refirent alors surface. Maegor. Le trône de Fer. Les gémissements qu’elle poussaient se muant en cris de plaisir avant de devenir hurlements de douleur. Tels des flashs, tout revint en mémoire de la jeune femme sans qu’elle ne réalise encore que ceci s’était bel et bien passé. Et puis il y eut cette image de Maegor ensanglanté, assis sur son trône.

Le regard d’Elinor changea alors légèrement, tandis que Valyron semblait attendre une réponse à une question qu’elle n’avait pu entendre. Elle fit pencher la tête de l’autre côté, articulant avec difficulté les mots qui sortirent de sa gorge. « Ondrew… Est… Vivant… ? » Comme une prise de conscience retardée, son corps mesura la chose plus que son esprit. Un frisson lui échappa et elle fit un pas en arrière, reculant dans l’obscurité ambiante de la pièce. Son souffle était toujours calme et son corps ne tremblait pas. Mais dans son regard était apparu un mélange d’espoir et d’horreur face à cette nouvelle. Elle attrapa une mèche de ses cheveux et commença à la frotter entre ses doigts sales. « Non… Non… » Un sourire triste se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle reposait ses yeux sur le Mantaryen qui se tenait encore là. « Je suis seule. Toute seule… Et j’attends la mort parce qu’Ondrew m’attend déjà de l’autre côté, auprès des Sept. » Son ton était terrifiant, comme si elle était possédée par une entité qu’elle ne comprenait pas.

Les flashs revinrent. Elle secoua la tête furtivement, spasmodiquement, comme si une mouche venait agresser son doux visage. Elle, nue, sur le sol, allongée, terrifiée. Maegor riant et lui parlant, la plongeant dans une colère furieuse. « Il a dit qu’Ondrew était mort et qu’il pourrait donc m’épouser… C’est que cela devait être vrai, non ? » Elinor parlait sans réellement sans rendre compte, observant Valyron avec un regard vide, sans réel fond, attendant presque qu’il ne lui parle pour confirmer la chose plutôt que de lui mentir ainsi. Ondrew ne pouvait être encore en vie. Maegor l’avait envoyé en première ligne, là où aurait du être la place du monarque. Pire encore. Ondrew ne devait pas être en vie, sans quoi elle risquait de s’effondrer pour de bon.


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Valyron de Mantarys
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: Au crépuscule de l'Histoire   Ven 9 Juin - 4:19

Tandis qu’il venait de lui apporter une information capitale pour elle, Valyron avait vu Elinor tressaillir sous le coup de la surprise. La Maître des Lois comprit donc, navré, qu’il avait vu juste. Personne n’avait jugé utile, ou personne n’y avait pensé, de prévenir la jeune Araignée du Bief. Et désormais qu’il l’avait mise au courant, il pouvait voir sur ses traits se peindre un sentiment d’horreur indicible. Logiquement, la pauvre jeune femme accusait le coup, violentée autant physiquement que psychologiquement après une telle nouvelle. Alors que la dernière question de Valyron restait en suspension dans l’air et qu’un silence gêné s’installait.

Attendant une quelconque réaction, le regard coupant du Maître des Lois vagabonda dans la cellule plongée dans l’obscurité. Rien n’émergeait vraiment, mis à part la fine silhouette d’Elinor Piète, qui se découpait dans un clair-obscur parfaitement saisissant. Il se demanda ce qu’elle deviendrait. Si son mari Ondrew était gardé en vie, il n’y avait que peu de doutes sur les motivations des anciens Rebelles à vouloir lui faire porter le chapeau d’une partie des actes du règne de Maegor. En tant que femme de la Main du Roi, la jeune native du Bief pouvait espère de la clémence de la part des vainqueur, notamment de la part de la princesse Rhaenys Targaryen. Après tout, elles avaient toutes deux été violentées par Maegor, même si cela était à des degrés différents. Toutefois, la suspicion de régicide qui planait sur Elinor la mettait gravement en danger, tout comme sa grossesse. Ils en avaient longuement parlé, alors que Valyron prenait peu à peu conscience de ce dont la jeune femme avait hérité. Cet enfant qui se développait en son sein n’était pas simplement un enfant, c’était un bâtard. Un bâtard de sang royal. Elle lui avait décrit le peu de relations qu’elle avait eu ces derniers mois avec son mari, alors que le Roi l’envoyait toujours plus loin, pour se permettre de profiter de sa femme. Et de lui planter un potentiel héritier dans le ventre. Un enfant qui, s’il naissait et grandissait, aurait de sévères prétentions sur le Trône de Fer.

« Ondrew… Est… Vivant… ? »

On eut dit qu’elle venait de proférer un terrible juron, tant elle avait eu du mal à articuler ces trois mots visiblement douloureusement surprenants pour elle. Un tremblement aussi violent que bref traversa le corps enveloppé de pénombre, la faisant se dissimuler un peu plus au cœur de ces ténèbres bienfaitrices. Le regard d’airain du natif de Mantarys surprit les deux yeux noisette de sa comparse. Ils luisaient, à la clarté de la torche, d’une évidente confusion alors que les émotions semblaient tourbillonner dans la tête de la jeune femme. Il la vit esquisser un mouvement vers sa chevelure, mais elle était désormais trop dans l’obscurité pour qu’il eut pu voir quelque chose.

« Non… Non… »

Il surprit un léger sourire se peindre sur les lèvres presque intégralement submergées par l’ombre. Un sourire infiniment triste qui ne rassura en rien Valyron. Ce qu’il voyait depuis qu’il était entré dans cette cellule ne le rassurait guère. Ce n’était plus la femme qu’il avait connue sous le règne de Maegor. Elle était différente de la jeune Araignée avec laquelle il avait ourdi des complots et même contacté la princesse de glace.

« Je suis seule. Toute seule… Et j’attends la mort parce qu’Ondrew m’attend déjà de l’autre côté, auprès des Sept. »

Une sueur froide dégoulina le long de la colonne vertébrale brûlée du Mantaryen. Ces paroles, ce timbre de voix, rien de tout cela ne ressemblait à la jeune Bieffoise qu’il avait connu. Et cela ne l’inquiétait que davantage, car elle semblait décidément bien trop atteinte pour pouvoir continuer à discuter plus en avant. Mais visiblement, quelle qu’avait pu être l’épreuve qu’elle avait subie, la jeune femme s’était convaincue – ou vu convaincre – que son mari tant aimé était mort. Et il ne voyait qu’une seule personne qui avait pu la convaincre d’une telle chose. Lentement, de manière irrégulière, elle secoua la tête devant le Mantaryen dans un déni total.

« Il a dit qu’Ondrew était mort et qu’il pourrait donc m’épouser… C’est que cela devait être vrai, non ? »

On avait l’impression que la jeune femme avait oublié la présence du Serpent, et qu’elle conversait toute seule, essayant de rassembler une réserve de logique et de souvenirs suffisante pour dépasser la folie malsaine dans laquelle elle s’enfonçait. Pourtant, elle continuait de le scruter sans toutefois donner l’impression de vraiment le voir. Valyron, lui, sentait monter en lui une grande inquiétude quant à l’avenir, mêlée à une appréhension galopante, comme si son instinct lui hurlait de quitter cette pièce.

Toutefois, la jeune femme avait tout dit. « Il ». Il n’y avait qu’une seule personne à laquelle Elinor pouvait faire référence, et cette personne était maintenant morte, en dépit de la couronne d’acier valyrien dont elle avait coiffé sa tête. Maegor Targaryen, Roi des Andals et des Premiers Hommes, Suzerain des Sept Couronnes et Protecteur du Royaume. Le Cruel. Et selon toute logique, le père du petit être qui grandissait dans le ventre d’Elinor. A voir la jeune femme s’enfoncer toujours plus dans une démence qui menacait désormais de prendre le pas sur son esprit, Valyron décida de faire ce qui lui semblait le plus juste. En trois grands pas souples, il se retrouva devant la jeune femme à l’odeur et la propreté douteuse, la rejoignant dans ces ténèbres et ses doutes. D’un air calme mais néanmoins alerte, il lui prit les épaules et la secoua doucement, comme pour la tirer d’un terrible cauchemard.

« Il vous a menti. Maegor a toujours trompé tout le monde. Ecoutez-moi. On-drew-n’est-pas-mort. »

Il avait insisté sur chaque syllabe, la toisant d’un regard suppliant. Il devait la raisonner, la protéger contre elle-même, mais également pour préserver celui qui était un futur héritier de Valyria, même bâtard.

« Il a été blessé, sévèrement, mais ses jours ne sont visiblement pas en danger, Elinor. »

Il durcit légèrement son regard, l’air toujours contrarié et inquiet par ce qu’il voyait, et la secoua un peu plus fermement.

« Ressaisissez-vous, Elinor. Faites-le pour vous, pour votre enfant, et pour Ondrew. Ne les oubliez pas, ne vous oubliez pas. »

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Des mes ordres, dépend le destin du peuple.
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Au crépuscule de l'Histoire

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