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 (FB) Se retrouver quand le vent à tourné • Valyron & Alys

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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Winterfell.
MessageSujet: (FB) Se retrouver quand le vent à tourné • Valyron & Alys   Ven 3 Fév 2017 - 15:12

Puisque nous allons être sœurs

« Lady Alys ? Pouvez-vous me tenir ce pansement un instant ? » Les cheveux ébouriffés encadraient le visage de la petite sirène, quelques mèches s’étant échappées d’un chignon qu’elle avait fait le matin même avec rapidité. Les doigts rougis par le sang, elle observa le mestre un instant, l’air absent, avant de déglutir et hocher la tête. Puis, s’avançant vers la jambe qu’ils venaient de sauver, elle déposa une main douce sur le morceau de tissu propre, le maintenant en place alors que le mestre cherchait une épingle pour fixer tout cela. Adressant un sourire rassurant au soldat, il vint lui prendre sa main libre et la remercia grandement pour cette aide qu’elle lui avait apporté. Concrètement, elle n’avait fait qu’aider le véritable soignant mais cette gratitude la fit doucement rougir, elle qui avait pourtant déjà bien chaud.

L’arrivée du comité Nordique dans le sud avait été remarquée, notamment la présence de cette étrange jeune fille à la peau pâle, aux mèches d’un blond très clair et aux pupilles azurée, ainsi que d’un étrange sauvageon qui se trouvait bien souvent à ses côtés. Les deux étrangers faisaient pourtant déjà beaucoup parler d’eux par leur présence orbitale autour de la princesse des Sept Couronnes, Rhaenys. Les rumeurs courraient même que la jeune Alys avait rencontré le futur Roi et avait partagé quelques mots en sa compagnie. Tout ceci était vrai, évidemment, car il avait été important pour la dragonne de présenter tous ceux qu’elle aimait les uns aux autres et les traits physiques faisaient de la petite sirène un membre presque évident de la Cour des Targaryen, bien qu’elle n’ait été gardée précieusement dans son Nord natal depuis tout ce temps.

Le Nord et le Sud étaient bien différents l’un de l’autre. Dans les coutumes, oui, mais surtout dans le climat. L’arrivée, bien que préparée, de la jeune fille avait eu pour effet de la plonger dans un brasier ardent et le soleil devenait un véritable ennemi capable de brûler douloureusement sa peau. C’était d’ailleurs pour quelques coups de soleil qu’elle était allée voir le mestre, proposant alors son aide en échange d’un baume qui apaiserait cette chaleur épuisante. Elle avait également troqué ses robes devenues trop chaudes pour de véritables merveilles venues du Sud. Rhaenys lui avait même prêté certaines de ses tenues dans l’attente de voir la garde-robe de la demoiselle gagner en envergure.

Le mestre plaça l’épingle, venant fixer le bandage du soldat pour de bon et Alys relâcha son emprise. L’homme porta alors la main de la jeune fille qu’il tenait toujours à ses lèvres pour l’embrasser, rendant plus cramoisie qu’elle ne l’était déjà la petite sirène. Soldats, habitants ou bien seigneurs, elle avait rencontré bien des gens en l’espace de quelques temps, prenant soin d’eux avec bienveillance, repoussant sa peur du sang pour pouvoir sauver des vies et venir en aide à d’autres. S’approchant d’une bassine, elle plongea ses mains dans l’eau fraîche, les massant l’une avec l’autre pour ôter ce rouge qui n’était pas de bon augure. Le mestre la rejoignit rapidement, tandis qu’elle s’essuyait les mains sur un torchon destiné à cet effet. « Vous devriez rentrer, lady Alys. Les nuits tombent vite à Port-Réal… Sans compter que vous n’avez pas encore mangé. Allez-vous reposer. Vous ne serez plus utile à ces gens si vous n’êtes plus en mesure de les soigner. » Elle aurait aimé riposter mais elle savait qu’il avait raison. Le premier jour, elle avait lutté et était rentrée bien tard au Donjon Rouge, consciencieuse et désireuse de donner plus qu’elle n’était physiquement capable de le faire. Le mestre avait alors bien compris que ce dernier argument serait son meilleur atout pour la renvoyer quand il le fallait. Si elle n’était plus en état de les soigner, elle ne pourrait plus les aider.

Elle hocha la tête et salua avec courtoisie cet homme qui allait encore passer une bonne partie de sa nuit à bander des bras, des jambes… Avant de tourner les talons et de rentrer, accompagnée d’un garde du donjon rouge qui avait été chargé, par la princesse Rhaenys en personne, de veiller sur elle. De temps à autre, elle essayait de lancer la discussion avec lui, cherchant à rendre les choses moins ennuyeuses, pour l’un comme pour l’autre. Elle ne s’éloignait jamais réellement de la forteresse, mais cherchait toujours à venir en aide, s’occupant ainsi durant ses journées. La Cour n’était plus vraiment et Alys se sentait bien de trop dans les pattes de la dragonne qui avait fort à faire pour que le règne de Jaehaerys se passe au mieux. Alors elle avait elle-même créé son emploi du temps, représentant l’inaccessible dragonne dans la foule, plongée sous le regard des plus curieux. La poussière s’était collée à sa peau, donnant l’impression qu’elle avait effectué un dur labeur et la robe qu’elle portait était probablement ruinée, mais la petite sirène n’en avait cure. Elle était fatiguée, fatiguée d’avoir servi ceux qui en avaient besoin et œuvré pour de meilleurs lendemains.

Passant l’enceinte du donjon Rouge, le garde la salua d’une révérence qu’elle lui rendit, le remerciant de son bon travail avant de repartir dans les escaliers. Ses appartements se trouvaient tout proches de ceux de Rhaenys qui avait récupéré sa chambre d’antan. On disait que cette chambre avait appartenu à la princesse Rhaena, jadis. Croisant quelques gens dans les couloirs, elle les salua poliment. Il était certain que l’avenir de la sirène à Port-Réal s’annonçait radieux et que les feux de la rampe ne tarderaient pas à se braquer sur elle. Mais Alys ignorait bien tout ce que cela pouvait impliquer.

Sa curiosité l’amena à emprunter un nouveau couloir, cherchant à en percer les mystères, essayant de deviner où cela pouvait bien la conduire. De là, elle finit dans des escaliers, s’élevant dans les airs. Sa course se termina quand elle atteignit le sommet, se retrouvant sans l’avoir désiré au point le plus culminant de tout le château. Un vent léger soufflait et venait agiter les mèches blondes qui menaçaient de toutes fuir cette attache fixée de manière rapide. La vue était bluffante et, attirée par ce paysage grandiose, il ne fallut que quelques secondes à Alys pour rejoindre le bord et poser ses mains sur le rempart de pierre rouge. La baie de la Nera était là, belle, pure, l’eau claire captant les rayons du soleil descendant avec une beauté miroitante. Le sourire de la petite sirène découvrant ce sud merveilleux était large, laissant échapper un léger rire ravi. Elle resta là quelques instant avant d’envisager de faire le tour. Ce ne fut que lorsqu’elle détourna le regard qu’elle prit conscience qu’elle n’était pas seule. A l’opposé, un homme se tenait comme elle, quelques instants plus tôt, tournant le dos à ce seul moyen d’atteindre le panorama. Il ne l’avait pas même remarquée.

Pinçant doucement les lèvres, elle ne sut si elle devait partir ou bien poursuivre sa route sans se faire remarquer quand quelque chose la fit tiquer. Etait-ce l’accoutrement de l’homme ou sa manière de se tenir ? Elle n’aurait su dire. Elle ne l’avait vu qu’une seule fois et pourtant, il l’avait marqué dans sa manière d’être. A pas de velours, elle s’avança vers lui et, quand elle fut assez proche pour qu’il l’entende, elle osa essayer de l’interpeler. « Monsieur Valyron ? » Il n’était pas noble et pourtant, la richesse excessive du tissu qu’il portait sur le dos ne laissait que peu de doute quant à son identité. Elle attendit qu’il ne se retourne vers elle, lui souriant doucement. Quand ils s’étaient rencontrés, elle n’avait que 14 ans. Enfant capricieuse et désabusée par un père qui ne faisait que chercher à lui nuire, elle lui avait montré la pire facette de sa personnalité, celle de la sirène sauvage et hautaine, distante et méprisante. Aujourd’hui, les circonstances étaient différentes. Son père était mort et elle était plus que ravie de se trouver là où elle était. Son regard azuré croisa celui du Mantaryen de naissance et un sourire en coin vint prendre place sur ses lèvres alors que la malice se lisait dans son regard. « Vous souvenez-vous de moi ? » Le contraire l’aurait étonné tant elle devait lui avoir laissé un souvenir désagréable dans l’esprit. Sans oublier qu’elle lui avait envoyé quelques messages, le tenant informé de ce qu’il se disait dans le Nord quand elle jugeait cela important… Finalement, il semblait qu’elle connaissait quelqu’un à la Cour.
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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: (FB) Se retrouver quand le vent à tourné • Valyron & Alys   Jeu 16 Fév 2017 - 0:13

Cela faisait désormais plusieurs jours que la bataille de Port-Réal s’était achevé sur une victoire des Rebelles, désormais qualifiés de libérateurs. Baratheon et Lannister fêtaient ensemble la victoire sur l’ogre Targaryen et ses alliés, tous terrassés dans une ultime bataille qui avait vu le monarque fou tué et sa capitale brutalisée. Beaucoup louaient volontiers la victoire rebelle sur les Loyalistes, toutefois, Valyron n’avait guère le cœur à soutenir qui que ce soit. Et pourtant ! Il l’avait souhaité cette victoire, de tout son cœur. N’avait-il pas pressé Elinor Piète d’envoyer une missive urgente et suppliante à Winterfell pour tenir au courant la Princesse de l’affrontement final qui se préparait quelques semaines auparavant ? N’avait-il pas confié son épée de cérémonie à une jeune femme s’enfuyant de Port-Réal pour qu’elle la transmette à Garett Lannister, Sire du Roc et suzerain de l’Ouest, avec des informations sur la froide détermination de Maegor à brûler la ville en cas de défaite de sa part ? N’avait-il pas fait jeter en prison plusieurs éminents membres du premier cercle de Maegor ? Oh si. Valyron, plus que beaucoup d’autres, avait souhaité la fin de la tyrannie de l’Usurpateur.

Mais ça… Jamais il ne l’avait souhaité. Cela ne l’atteignait pas directement, non. Il ne connaissait guère grand monde hors les murs du Donjon Rouge. Mais tout de même. Cela faisait fouillis. Et même sans être froidement pragmatique, Valyron avait eu des nouvelles qui l’avait attristé. Onôra, la jeune tenancière de l’Eden Ecarlate, une maison-close où il avait des espionnes, avait été tuée dans les affrontements. Le seigneur Rhaegar Velaryon, un de ses amis, avait été sérieusement blessé durant la bataille navale de la Baie de la Néra. Et en règle générale, voir la cité de Port-Réal dans cet état ne plaisait guère au natif de Mantarys. La fière cité du Conquérant ! Déchirée, outragée, brisée, martyrisée, mais libérée ! Encore heureux, vu l’ampleur des destructions…

Les derniers jours avaient été chargés pour l’ancien Maître des Lois de Maegor. Il avait dû assurer une espèce de régence non-officielle pour représenter le camp des vaincus. Dans les faits, Rhaenys et Jaehaerys, secondés par les Baratheon et les Lannister, dirigeaient déjà le royaume. Toutefois, tout n’était pas réglé, loin de là. Les premières dispositions avaient été de prévoir une assemblée très prochaine pour proclamer un nouveau conseil restreint. Ce qui allait advenir des anciens collaborateurs de Maegor deviendrait alors un sujet de première importance. Valyron, en ayant joué sur les deux tableaux, estimait avoir de bonnes chances d’éviter tout cela. Chaque jour, cependant, après avoir contribué du mieux qu’il pouvait à faire avancer tout ce nouvel ordre qui se mettait en place, il montait au sommet du donjon de Maegor, et observait la cité qui s’étendait sous lui, de tous les côtés sauf à l’Est où miroitaient les flots paisibles de la Néra. Cela n'avait toutefois pas duré, puisqu'il avait fini par faire un tour en prison avant d'être rapidement libéré sur injonction de la Princesse Daenys.

De nombreux endroits de la capitale des Sept Couronnes montaient encore des panaches de fumée noire. Ceux-ci avaient des origines diverses : foyers d’incendie encore mal maîtrisés, bûchers funéraires de première nécessité pour éviter les épidémies, feux de joie… Des quartiers entiers de la capitale s’étaient effondrés, terrassés par les dragons ou le pilonnage d’armes de siège des assaillants. Au milieu des gravats, on sortait régulièrement de nouveau corps mutilés, impossibles à identifier, qui finissaient alors dans les grands feux installés un peu partout en ville. Les soldats de l’armée loyaliste étaient dévolus à aider à la recherche et la gestion de tous ces corps perdus et brisés tandis que Lions et Cerfs Couronnés assuraient l’ordre. Les remparts étaient d’ores et déjà en cours de réparation, tandis que de nombreuses patrouilles quadrillaient la ville. Le problème de famine était loin d’être résolu : l’arrivée de milliers d’hommes supplémentaire dans une cité déjà en situation de disette n’allait rien arranger. Quelques navires solitaires, enfin, erraient au milieu du solide champ d’épaves qui bloquait l’estuaire : des navires à moitié immergés, des corps, des cendres, et du bois flotté à ne plus savoir qu’en faire. Tout cela formait un véritable barrage flottant que les quelques navires rescapés loyalistes, rebelles ou civils essayaient tant bien que mal de déblayer.

Valyron voyait tout cela et se demandait comment la furie des hommes pouvait conduire à tant de destruction. Et pourtant, là était la preuve que tout était possible. Alors chaque jour, chaque soir plutôt, Valyron de Mantarys regardait avec tristesse ce champs de ruine qui avait jadis été une ville florissante.

« Monsieur Valyron ? »

La voix le surprit autant qu’elle lui fit peur. D’un geste rapide, il s’assura de la présence de sa dague à ses côtés. Il ne se retourna pas tout de suite. Il était stupéfait de ne rien avoir entendu, voilà qui n’était définitivement pas prudent. Et de plus… Cette voix ? Il l’avait déjà entendu, mais impossible de se souvenir où. Et de surcroît, c’était celle d’une jeune fille. Qui donc pouvait-elle être ?

Il se retourna.

Deux grands yeux bleus et azurés l’accueillirent accompagnés d’un sourire plein de malice. Une jeune femme à la peau albâtre et aux cheveux visiblement aussi soyeux que clairs se tenait face à lui.

« Vous vous souvenez de moi ? »

Valyron n’oubliait jamais un visage, et encore moins un nom. Il resta toutefois silencieux deux bonnes secondes, sondant ces saphirs qui lui faisaient face. Il était réellement surpris, jamais il ne se serait attendu à retrouver la sirène de Blancport ici, encore moins aujourd’hui. Puis, un bref sourire en coin vint perler aux lèvres du Mantaryen.

« Dame Alys, de la maison Manderly de Blancport. »

Il hocha la tête d’un air entendu, étant toutefois complètement stupéfait. N’était-elle pas sensée le mettre au courant de ce qui était susceptible de l’intéresser ? En l’occurrence, la voir débarquer à Port-Réal était une information de premier ordre. Il se souvint subitement qu’il se murmurait que Rhaenys Targaryen n’était pas arrivée toute seule à la capitale… Il attrapa la main fine de la jeune fille pour y faire mine d’y déposer un baiser, selon la tradition du baisemain du Sud.

« C’est autant un plaisir qu’un honneur de vous voir, Ma Dame. »

La Cour avait ses codes, on ne les oubliait pas si aisément. Traiter une petite fille butée avec supériorité était aisé au Nord, ici, avec l’âge, elle était devenue une jeune femme tout à fait respectable, et le protocole était on ne pouvait plus clair sur les démonstrations de respect et de courtoisie à l’égard d’une enfant d’une maison aussi puissante. Mais Valyron ne tint pas vraiment longtemps, alors qu’il se rendait compte qu’elle l’avait complètement tenu à l’écart de nouvelles potentiellement intéressantes.

« Mais une surprise, également… Comment êtes-vous arrivée là ? Et que faites-vous à Port-Réal ? »

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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Winterfell.
MessageSujet: Re: (FB) Se retrouver quand le vent à tourné • Valyron & Alys   Sam 4 Mar 2017 - 14:03

Puisque nous allons être sœurs

La surprise se lisait sur le visage de Valyron et elle était bien sûr compréhensible. Alys avait manqué à ses devoirs le concernant, ne lui donnant pas même le moindre signe de vie depuis que la mort avait décimé sa famille. L’esprit ailleurs, les jeux d’enfant qui consistait à signaler au maître des Lois les choses notables sur ce que les gens disaient dans le Nord s’étaient arrêté et elle avait alors pris place chez les Stark et avait essayé de panser ses propres blessures plutôt que de s’inquiéter de celles du reste du Royaume. Mais finalement, après un temps de latence, il l’identifia ce qui eut pour effet d’agrandir le sourire de la jeune sirène qui le regarda approcher, faisant également un pas pour rompre la distance qui se trouvait entre eux. Il se saisit de sa main et la porta à ses lèvres, faisant immédiatement rougir les joues pâles de la jeune fille qui n’avait encore guère l’habitude de ces coutumes du Sud que l’on pouvait lui accorder.

Il lui signala alors le plaisir qu’il avait à la retrouver. Jamais elle n’aurait pu penser cela possible tant leur première rencontre s’était avouée n’être qu’un mauvais moment à passer pour eux-deux. Mais aujourd’hui, il n’y avait nulle contrainte dans ces retrouvailles, simplement une surprise mutuelle partagée. Elle sourit alors avant de rajouter une petite phrase. « Veuillez excuser ma tenue… Je suis sale et certainement peu présentable mais j’étais en ville il y a encore quelques heures de cela. » Aider son prochain était une chose qu’elle avait apprise auprès de Rhaenys et elle avait souhaité mettre en pratique les bonnes mœurs de la princesse dès leur arrivée à Port-Réal, occupant son temps libre en faisant alors autre chose que simplement admirer le paysage, bien qu’elle aurait pu rester ici des heures durant.

Alors qu’elle achevait sa phrase, l’homme lui fit part de sa surprise concernant sa présence ici ainsi que la manière dont elle était arrivée ici. Son sourire se fit plus fin tandis qu’elle soupira légèrement. S’avançant vers le rebord du mur, elle admira la vue imprenable que l’on pouvait avoir sur la capitale en partie détruite depuis cette tour. Puis, elle haussa les épaules. « Il y a… Beaucoup de choses qui ont changées… » Par où devait-elle seulement commencer ? Les événements semblaient s’être enchainés sans qu’elle ne puisse même se rappeler comment et quand cela avait commencé. Mais il fallait évidemment qu’elle lui offre une explication quant à son manque d’envoi de nouvelles. « Pour commencer, je suis réellement désolée de ne plus vous avoir envoyé la moindre nouvelle. Le deuil a pris Blancport tout entier de court et ce sont plusieurs semaines qui se sont montrées sombres comme jamais. Ce qui a également été la raison de mon départ pour Winterfell. » Elle tourna son regard azuré vers lui, étirant également son sourire. « Vous avez devant vous la jeune pupille de la famille Stark. Un fait qui a surpris tout le Nord, la dernière en date ayant eu cet honneur ayant été lady Etaine de la maison Arryn. »

Ses doigts caressèrent la pierre du muret, comme si elle touchait la roche pour la première fois, admirant ses aspérités et ses reliefs. Puis, elle reprit d’une voix douce. « Moi qui souhaitait rencontrer la dragonne enneigée, j’ai appris à vivre sous son toit et ce fut sans surprise qu’elle me prit sous son aile. Les sirènes et les dragons semblent plus semblables qu’on puisse l’imaginer. Quand je marche dans les couloirs du palais, il arrive que l’on m’appelle Rhaenys. » Elle pouffa légèrement, jeune enfant s’amusant des tours que l’on pouvait jouer aux adultes quand les circonstances s’y prêtent. Puis, elle en vint à la conclusion. « Je suis sa dame de compagnie autant que son amie et c’est un peu grâce à moi si elle a pu rejoindre la bataille avant qu’elle ne soit finie. Je suis arrivée à Port Réal avec les quelques hommes du Nord qui l’escortaient. Pour rien au monde je n’aurais su la laisser partir et je pense qu’elle s’en doutait donc, elle a préféré m’inclure dans le cortège. » De nouveau, elle haussa les épaules d’un air nonchalant, comme si tout ceci était parfaitement simple et logique. La vérité était que la sirène et la dragonne se voyaient bien plus que de simples amies mais cela, elle préférait le garder en son cœur.

Elle se tourna doucement vers lui avant d’en venir à l’autre interrogation. « Quant à ce que je fais ici… Eh bien, j’essaie de venir en aide aux nécessiteux et de m’occuper à faire ce que je sais faire de mieux, pour Rhaenys. Vous n’imaginez pas tous ceux qui sont prêt à tenter quoique ce soit pour profiter d’elle… Rien que sa tante, elle est en train de manigancer diverses manœuvres pour tenter de prendre cette place de régente qu’elle convoitait… C’est bien plus compliqué que les quelques histoires de Blancport ce qui se trame ici et je ne sais pas encore si cela me plaît ou non. » Elle eut un nouveau sourire malicieux. La naïve enfant était bien trop bavarde mais cela, elle ne s’en rendait pas compte. C’est alors qu’elle fronça les sourcils. « Mais… N’étiez-vous pas en prison ? J’ai cru comprendre cela. Tout le conseil Restreint a été placé derrière les barreaux comme une grande partie de la Cour. » Le regard inquisiteur, sans once de méfiance, elle se demanda par quel miracle l’ancien maître des Lois pouvait se trouver ici.
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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: (FB) Se retrouver quand le vent à tourné • Valyron & Alys   Ven 14 Avr 2017 - 15:14

« Veuillez excuser ma tenue… Je suis sale et certainement peu présentable mais j’étais en ville il y a encore quelques heures de cela. »


Valyron se rendit compte alors qu’elle n’était pas vraiment habillée comme aurait dû l’être une jeune femme de la noblesse de Westeros. Sa robe était souillée de sang et d’autres fluides inconnus, de la poussière tappissait sa peau, le tissu de ses habits et ses cheveux. Là où il y avait eu un temps une cascade de longs cheveux blonds très clairs, ce n’était désormais plus qu’un enchevêtrement chaotique de brins de paille. Il hocha la tête d’un air circonspect. Que diantre pouvait-elle bien faire dans la ville ? Il n’eut pas vraiment le temps de pousser la réflexion plus loin, déjà Alys Manderly s’approchait pour embrasser la vue sur la cité dévastée. En hauteur, l’ampleur de la destruction était encore plus saisissante. On aurait dit qu’un cataclysme digne de l’Apocalypse avait frappé.

« Pour commencer, je suis réellement désolée de ne plus vous avoir envoyé la moindre nouvelle. Le deuil a pris Blancport tout entier de court et ce sont plusieurs semaines qui se sont montrées sombres comme jamais. Ce qui a également été la raison de mon départ pour Winterfell. »

Valyron tendit l’oreille. De manière assez logique, son réseau d’espions était très peu développé au Nord. Il n’avait pour ainsi dire qu’Alys de véritablement fiable là-bas. Tout du moins le croyait-il. Il se rendait compte à cet instant précis qu’elle-même n’avait pas été de toute loyauté. C’était décevant. Toutefois, la mention de Winterfell attira l’attention du Mantaryen. Elle se tourna vers lui, plantant ses grands yeux bleux dans ceux, gris, de Valyron, tandis qu’elle lui annonçait enfin la nouvelle avec fierté et sourire.

« Vous avez devant vous la jeune pupille de la famille Stark. Un fait qui a surpris tout le Nord, la dernière en date ayant eu cet honneur ayant été lady Etaine de la maison Arryn. »

Valyron écarquilla légèrement les yeux devant une telle nouvelle. C’était effectivement conséquent. Par contre, ce qu’il voyait également, c’était l’absence de nouvelles concernant Winterfell. L’occasion aurait pourtant été énorme. Tout aurait pu être simplifié, d’ailleurs. Quelques vies auraient même pu être sauvées.

« Moi qui souhaitait rencontrer la dragonne enneigée, j’ai appris à vivre sous son toit et ce fut sans surprise qu’elle me prit sous son aile. Les sirènes et les dragons semblent plus semblables qu’on puisse l’imaginer. Quand je marche dans les couloirs du palais, il arrive que l’on m’appelle Rhaenys. »

La jeune femme laissa échapper un rire sincère à l’évocation de ce souvenir. Valyron, lui, ne rigolait plus du tout. Elle avait en plus gagné la confiance de Rhaenys ?! Les choses auraient pu être dramatique plus simple. Pour toutes les Sept Couronnes. Il luttait pour garder son calme, son bref – mais marquant – séjour en prison avait toutefois usé ses réserves de patience.

« Je suis sa dame de compagnie autant que son amie et c’est un peu grâce à moi si elle a pu rejoindre la bataille avant qu’elle ne soit finie. Je suis arrivée à Port Réal avec les quelques hommes du Nord qui l’escortaient. Pour rien au monde je n’aurais su la laisser partir et je pense qu’elle s’en doutait donc, elle a préféré m’inclure dans le cortège. »

Comme si elle avait raconté ses vacances, elle haussa les épaules d’un air peu concerné. Rien de bien intéressant, circulez, y a rien à voir. Valyron s’usait les yeux sur un point non-identifié par-delà l’horizon, pour essayer de garder son calme.

« Quant à ce que je fais ici… Eh bien, j’essaie de venir en aide aux nécessiteux et de m’occuper à faire ce que je sais faire de mieux, pour Rhaenys. Vous n’imaginez pas tous ceux qui sont prêt à tenter quoique ce soit pour profiter d’elle… Rien que sa tante, elle est en train de manigancer diverses manœuvres pour tenter de prendre cette place de régente qu’elle convoitait… C’est bien plus compliqué que les quelques histoires de Blancport ce qui se trame ici et je ne sais pas encore si cela me plaît ou non. »

De nouveau, elle laissa échapper un sourire plein de malice. Valyron, lui, ne la regardait pas, ne réagissait pas, se contentant de rester bien calme, stoïque, en promenant son regard sur les collines lointaines.

« Mais… N’étiez-vous pas en prison ? J’ai cru comprendre cela. Tout le conseil Restreint a été placé derrière les barreaux comme une grande partie de la Cour. »

Valyron rompit sa méditation forcée pour la regarder de travers. Venait-elle sincèrement de demander ça comme si de rien n’était ? Il fallait croire que oui. Il décida d’éluder la question le plus discrètement possible.

« J’ai été libéré. Quelqu’un a semblé se rappeler tout ce que j’avais fait en faveur des Rebelles. » trancha-t-il, imperturbable.

Puis, il se tourna franchement vers la jeune femme qui lui faisait face. Il n’arrivait pas vraiment à savoir ce qu’il ressentait. C’était un mélange de dépit, de lassitude, de fureur et de tristesse. C’était curieux. De ce qu’il voyait, la jeune femme était sur une espèce de petit nuage, elle n’avait visiblement pas vraiment conscience des enjeux qui étaient en négociation ici, à Port-Réal, au Donjon Rouge.

« Vous auriez dû me prévenir. »

Ce fut tout ce qu’il fut en mesure de dire dans un premier temps, tant cela lui semblait évident. Il eut une pensée rapide pour l’ami d’enfance d’Elinor Piète, ce chevalier qui avait terminé brûlé vif par Maegor. Si Valyron avait su qu’il avait un tel canal direct à Rhaenys, il aurait pu lui communiquer beaucoup plus d’information sans risquer de se compromettre.

Puis, il se rappela tout ce qu’elle venait de lui dire, sa relation avec Rhaenys, leur proximité, leur ressemblance aussi. Il regarda la jeune femme d’un air profondément sérieux.

« Alys, vous devez surtout vous montrer prudente. Si vous jouissez réellement d’une telle proximité avec Rhaenys, vous pourriez être prise pour cible par quelques personnes mal intentionnées. Ne sous-estimez pas l’ambition et l’obscurité de certains cœurs ici. »

Il tendit un bras par-delà le parapet de pierre, continuant à la fixer droit dans les yeux.

« Regardez, regardez donc ce que l’ambition des Hommes a causé ici. C’était autrefois une cité magnifique, dynamique, et pleine de vie. Il ne reste aujourd’hui que des ruines. Oui, Jaehaerys est remonté sur le Trône de Fer, et Rhaenys régente les Sept Couronnes en son nom. Mais la réalité est telle : les Targaryen règnent sur un empire de cendres. Avez-vous entendu parler de la dévastation qu’a causée la guerre au Conflans ? Et dans les Terres de la Couronne ? »

Valyron secoua la tête d’un air abattu.

« Croyez-moi, Alys de la maison Mandelry de Blancport, ce n’est pas un conte de fée. C’est un endroit aussi magnifique que dangereux dans lequel vous venez de pénétrer. Si vous voulez un bon conseil, en voici un : ne vous mettez pas en danger inutilement, soyez toujours escortée, votre porte toujours gardée, et ne sortez pas inutilement une fois la nuit tombée. »

Il soupira d’un air las, repensant à tout ce qui avait pu arriver dans les dernières semaines avant la fin du règne de Maegor.

« Il y a eu plusieurs assassinats ici, dans les derniers moments du règne de l’Usurpateur. A ma connaissance, aucun meurtrier n’a été attrapé, ce qui veut dire qu’ils pourraient frapper de nouveau. »

N’y tenant plus, il finit par de nouveau se tourner vers la ville, l’observant d’un air contrit.

« Vous vous rendez compte de tout ce qui aurait pu se passer différemment si vous m’aviez prévenu ? »

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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Winterfell.
MessageSujet: Re: (FB) Se retrouver quand le vent à tourné • Valyron & Alys   Ven 26 Mai 2017 - 0:18

Puisque nous allons être sœurs

Alys avait l’esprit léger, tranchant nettement avec l’atmosphère toute entière de la capitale des Sept couronnes qui avait brûlé et brûlait encore. Dans d’autres circonstances, elle aurait certainement fait pénitence de pareilles pensées mais, au vu des circonstances actuelles, les Dieux eux-mêmes ne sauraient la blâmer d’apporter joie et futilités dans un monde aussi lourd de tensions et de rage. Même une question aussi importante que celle concernant la position de Valyron en cet instant semblait légère, presque amusante dans pareil contexte. La petite sirène avait vu les nobles se faire emmener les uns après les autres dans les geôles, hurlant leur souhait de parler à Rhaenys. Elle avait, lui avait-on dit, récupéré les appartements qui avaient été ceux des Sombrelyn, lui offrant un large espace pour vivre, bien plus important qu’elle n’ait pu avoir auparavant.

Le regard de travers qu’il lui adressa n’eut pas raison de son enthousiasme, loin de là. Elle se contenta de hausser les sourcils, s’interrogeant sur les raisons d’une pareille amabilité de la part de celui qui fut maître des Lois du Cruel. Visiblement, il avait été libéré et, dans le fond, Alys préféra cela à une annonce d’évasion. Il avait, disait-il, participé à l’information des Rebelles et quelqu’un avait su se montrer clément à son égard. « Eh bien, peu de gens auront cette chance, estimez-vous heureux et fêtez cela comme il se doit… J’ai hâte de vous voir exprimer votre gratitude envers Rhaenys… » Car qui d’autre que la gracieuse princesse pouvait lui avoir offert une amnistie ? Personne, aux yeux d’Alys, ne pouvait avoir une telle autorité si ce n’était le Roi. Et le pouvoir du Roi semblait être entre les mains de sa sœur.

Il se tourna face à elle et elle croisa son regard qui ne tarda pas à effacer son beau sourire. Il y avait quelque chose dans les yeux du Mantaryen qui exprimaient beaucoup de souffrance, de douleur, de colère aussi… Une amertume profonde qu’il ne pouvait dissimuler et qu’il afficha dans les mots qui suivirent. Il ne venait pas de l’accuser de quoi que ce soit et pourtant, quand il lui signala qu’elle aurait dû le prévenir, une culpabilité froide prit naissance dans le corps de la jeune sirène. En une défense ultime, elle fronça les sourcils avant de rétorquer sans réfléchir. « Je ne vous dois rien. » Le silence retomba tandis qu’elle reposait son regard vexé sur l’horizon, ses lèvres pincées dans une moue enfantine qui rappelait trop bien à tous qu’elle n’était encore qu’une enfant malgré ce masque de grande fille qu’elle s’évertuait à porter. Et pourtant, quand il essaya de la mettre en garde, la mine de la jeune sirène se fit surprise. S’inquiétait-il pour elle ? Elle venait de lui signifier qu’elle n’avait aucun compte à lui rendre et pourtant, lui semblait s’intéresser d’avantage à l’ascension de la damoiselle de Blancport dans la capitale et les risques qu’elle encourait à demeurer si proche d’un soleil étincelant.

Mais au fond d’elle, elle ne comprenait pas comment un endroit aussi magnifique et glorieux que Port-Réal pourrait être un lieu où corruption et trahison persiste après de tels changements, après l’ascension au pouvoir et sur le trône de Jaehaerys. Pourtant, quand Valyron lui demanda d’observer l’horizon, ce monde doré qu’elle avait longuement imaginé plongea dans la froideur de la mort et les ténèbres amenés par les cendres. Elle ne pouvait que l’écouter parler et le croire sur paroles, bien que cela ne fut pas difficile. Le Conflans, elle l’avait traversé avec Rhaenys, admirant l’horreur régnant sur ces terres tant hostiles que marécageuses. Finalement, après un long soupir, il en vint à lui offrir un conseil doublé d’une mise en garde qu’elle accueillit sans ciller. Pourquoi tant de belles paroles pour mieux la voir évoluer à Port-Réal ? Quel intérêt avait-il dans le bonheur et la bonne santé de la jeune sirène ? Aux yeux de cette dernière, aucun et c’était cela qui rendait ses propos bien étranges. Elle toussota doucement avant de laisser un léger sourire se dessiner sur ses lèvres. « Mais enfin… Pourquoi quelqu’un voudrait-il me faire du mal ? Je ne suis personne, ici. » Ainsi voyait-elle les choses. Elle était une nouvelle venue, pas connue de la Cour et vraisemblablement suffisamment discrète pour passer inaperçue dans le château, elle qui vivait principalement à l’intérieur. Pourtant, en son for intérieur, elle sut qu’elle devrait se montrer prudente et l’envie de rejoindre Faust dans ses appartements pour une nouvelle soirée auprès de lui à converser semblait se faire sentir.

Quand il lui parla d’assassinat et du responsable qui serait potentiellement encore en liberté, elle réprima un frisson d’angoisse, prenant une profonde inspiration qui souleva sa frêle poitrine emprisonnée dans le tissu de sa robe. Elle allait répondre à cela quand il lui fit de nouveau face, la regardant cette fois ci avec cet air réprobateur avant de lui signaler que, si elle lui avait écrit la moindre nouvelle, tout aurait pu être différent. Alors la verve piquante de la sirène ne tarda pas à sortir. « Inutile de me renvoyer votre propre culpabilité à la figure, monsieur. Vous ignorez tout de la manière dont les choses se sont passées dans le Nord, les quelques missives qui auraient alors pu circuler entre nous n’auraient rien changé. Sans parler du fait qu’au Nord, vous étiez un homme de Maegor et une cible. Si mes messages avaient été interceptés, n’aurais-je pas été accusée de trahison ? » Ses sourcils se haussèrent, comme si elle était en train de lui énoncer une vérité absolue qu’il ne pourrait contredire. Lui tournant le dos, elle fit quelques pas, longeant la bordure du rempart, la main posée sur les pierres rouges du Donjon éponyme.

Finalement, poussant à son tour un soupir, elle se retourna. « Cela n’aurait rien changé, je le crains. Rhaenys a bien failli ne jamais venir ici à cause de Lord Jorah. Le convaincre a été une véritable bataille… » De nouveau, elle haussa les épaules. « Je vois que la prison, si elle vous a ôté votre superbe, ne vous a en rien retiré votre capacité à exercer votre fonction de maître des Lois… Mais navrée, je plaide non-coupable. »
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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: (FB) Se retrouver quand le vent à tourné • Valyron & Alys   Mer 28 Juin 2017 - 16:48

Par les Sept qu’elle était naïve et agaçante. Ils avaient beau se trouver au lendemain de la plus terrible journée de l’histoire du continent, la jeune femme du Nord faisait comme si rien de grave ne c’était passé. Le Maitre des Lois – pardon, l’ancien Maitre des Lois – était ébahi. Elle était là, virevoltant, l’air de rien. Dès lors, comment pouvoir lui parler ? Comment lui dire qu’il avait vu le monde entier s’embraser, s’écrouler ? Il ne doutait pas que les jeunes femmes avaient pu rencontrer des difficultés sur leur route, mais rien de comparable à ce qui avait été vécu dans la capitale. Elle était toujours aussi revêche, il n’était pas d’humeur à argumenter avec une enfant. Etrangement, Valyron se sentait las. Il était épuisé, en réalité. Il ne souhaitait désormais que pouvoir se reposer un peu, oublier les horreurs de la guerre et la fin du règne du Cruel.

Les hauteurs du Donjon Rouge n’étaient pas épargnées par les vapeurs plus ou moins odorantes qui remontaient du champ de bataille. Des quartiers entiers avaient disparu, on brulait à la hâte les corps brisés qui jonchaient les rues, et les colonnes de fumée qui montaient des buchers funéraires ponctuaient l’horizon. La dévastation avait atteint un point terrifiant, il faudrait de nombreuses années pour que la ville puisse retrouver son influence, sa beauté et sa force d’antan. Quelle pitié, alors qu’elle avait été fondée pas même un siècle auparavant. Et il fallait maintenant faire avec l’ordre nouveau. L’établissement – plutôt le rétablissement – de la branche principale des Targaryens, les dignes et directs descendants d’Aegon et Rhaenys. Qu’étaient-ils dans tout cela, dans le tumulte de l’Histoire ? Une jeune Dame d’une grande maison du Nord et un courtisan fidèle au pouvoir du dragon. Ni l’un, ni l’autre ne resteraient dans les mémoires. L’Histoire effacerait tout, y compris les morts, y compris les vainqueurs. Au final, ne resterait plus que la légende, comment la jeune princesse avait conquis la capitale et repris le Trône à son oncle au nom de son petit frère légitimement roi.

Toutes les souffrances, toutes les vexations, tous les efforts disparaitraient dans les méandres du temps. Avec émotion, le Serpent repensa au microcosme de la Cour, tous ceux qui avaient disparu, ceux que l’on ne reverrait probablement plus jamais.

Ondrew Piète, ancienne Main du Roi, allait probablement être le plus lourdement condamné. Il avait été, dès le début, l’incarnation du pouvoir brutal et absolu de Maegor. Le royaume criait vengeance et justice. Et les vainqueurs avaient tout intérêt à servir la tête d’un gibier suffisamment précieux pour amadouer le peuple et la noblesse. Efficaces mais froides, les relations entre Valyron et Ondrew n’avaient jamais été chaleureuses. Le Serpent convoitant le poste du natif du Bief, et le chef du gouvernement royal se méfiant, a raison, du Maitre des Lois. Que leur petite compétition semblait lointaine, désormais…

Et que dire d’Elinor Piète, qui formait la deuxième moitié de ce tout indivisible qu’était le couple Main ? Comment vivait-elle – vivrait-elle – la déchéance de son époux, lourdement blessé durant les combats ? Comment pouvoir l’imaginer un jour se remettre de ses épreuves, surtout avec ce qui croissait dans son ventre ? Qu’il était loin, le temps des discussions presque insouciantes sur la guerre et les façons de contacter Rhaenys…

Rodrick Farring serait sans doute l’un de ceux qui serait le plus dur à juger. Fidèle de Maegor depuis la première heure, il avait – en privé et aux personnes dignes de confiance – exprimé ses doutes quant au Roi. Et pourtant, comme tant d’autres, il avait continué à servir avec fidélité, conformément à son serment d’allégeance. A quand remontait leur dernière discussion paisible après un conseil particulièrement houleux ? Quelques semaines ? Bon sang, il aurait dit des années.

Le constat était le même pour Rhaegar Velaryon, toujours porté disparu en Baie de Néra à l’ instant présent. Le jeune seigneur et le Maitre des Lois s’entendaient bien, avant tout cela. Comme Farring, il avait été victime de son honneur, de son allégeance et des folies d’un roi cruel.

Et il y en avait encore d’autres. Pas forcément des amis, généralement des obstacles voire des ennemis. Et pourtant, ils manqueraient aussi. Sighild, le Maitre des Chuchoteurs. Méléagant Darry, le Grand Argentier. Que deviendrait Hollister Tarly, le Lord Commandant de la Garde Royale ?

Tous, chacun à leur façon, avaient contribué aux souvenirs de Valyron au Donjon Rouge. C’était au travers de ces personnes croisées quotidiennement ou presque que le Maitre des Lois y avait trouvé du réconfort dans sa tâche, voyant des êtres humains face à lui. Les sourires de certains, les paroles réconfortantes quant à l’état du royaume pour d’autres ou simplement le fait de tomber d’accord sur certaines choses… Tout cela, Valyron ne pouvait l’oublier. Mais il faudrait désormais faire sans eux. Ou au moins une partie.

Profondément troublé par ces réflexions, le natif de Mantarys se tourna vers la jeune femme.

« Je ne cherche pas à vous renvoyer quoi que ce soit. J’aurais voulu agir au mieux, vos informations auraient pu m’y aider. »

Il secoua la tête d’un air navré, repensant à tout ce qui aurait pu être mieux fait. Alys Manderly lui expliquait que Rhaenys avait failli ne même pas être présente.

« Je ne cherche pas à vous accuser de quoi que ce soit. Ce sont simplement des regrets. Mais je n’ai pas le temps, ni le droit, de continuer à en ressentir. »

Il soupira une nouvelle fois, l’air perdu, ses yeux gris scrutant l’horizon barré de fumée noire.

« Quels sont vos plans, désormais, Alys ? Que va-t-il se passer prochainement ? On ne m’a rien dit. »

Il eut un sourire mi-dédaigneux, mi-douloureux. Constant avec amertume une réalité difficile à admettre : celle de sa propre déchéance.

« J’étais l’un des hommes les plus renseignés du Royaume, et on ne me dit plus rien du tout, désormais. Vous vous rendez compte ? »

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Alys Manderly
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■ Localisation : Winterfell.
MessageSujet: Re: (FB) Se retrouver quand le vent à tourné • Valyron & Alys   Dim 23 Juil 2017 - 20:20

Puisque nous allons être sœurs

Il semblait las, fatigué tant par le comportement – aussi semblable à lui-même soit-il – de la petite sirène que par les heures sombres qu’avait traversé la Capitale du Royaume. Pour peu, si Alys n’avait pas reconnu sa stature, elle l’aurait trouvé méconnaissable, amaigri et vieilli par les soucis autant que par les combats auxquels il avait, disait-on, pris part. Le riche Mantaryen qui était venu à Blancport débordant d’une assurance certaine et au comportement méprisant n’était désormais plus que ruine à figure humaine. Pâle figure que voilà, songea-t-elle. Il n’avait plus même force à répliquer, à s’adonner avec elle à une joute verbale pour laquelle elle était bien mieux armée. D’ailleurs, alors qu’elle lui avait fait part de son mépris quant à ce qu’il pouvait penser de ses actes – ou plutôt de ses nons-actes – il prit le contrepied, lui assurant qu’il n’essayait plus de renvoyer sur elle une faute qui était tout autant la sienne. Oh, elle aurait aisément pu lui signaler et lui rappeler que c’était lui qui avait participé à la politique d’un tyran, comme il l’affirmait fièrement quand il était venu à Blancport. Mais elle n’aurait fait qu’achever un serpent déjà mourant en lui tranchant la tête. Ainsi était-il de la grande éloquence d’un Mantaryen désœuvré, morte.

Les regrets, ils en avaient certainement tous à Port Réal mais il était trop tard pour y penser. Tous les membres du Conseil s’était certainement repenti de leurs torts, affirmant qu’ils avaient agi sous la menace plutôt que de leur propre chef. Belle facilité que voilà. Les manipulateurs se retrouvaient pris à leur propre piège et tous méritaient leur sort, enfermés dans les geôles sombres et ténébreuses du Donjon Rouge. Ainsi pensait Alys qui n’avait rien à se reprocher dans ce conflit si ce n’était de s’être fait rouler par les membres de la Banque de Fer ayant retourné leur veste durant leur descente dans le Sud de Westeros. Mais, comme il le soulignait, les regrets étaient chose futile et Alys était bien décidée à aller de l’avant. Port Réal lui offrait un nouveau futur et, bien qu’elle devrait, tôt ou tard, répondre de ce choix, elle était persuadée que sa place demeurait auprès de Rhaenys. Pourtant, à la simple annonce de l’arrivée imminente du seigneur de Winterfell, la pupille des loups était inquiète. Inquiète de savoir quelle serait la réaction du loup et, certainement, celle de son frère aîné. Aussi, elle était farouchement déterminée à lutter pour gagner sa place à la Cour, qu’importe le prix à payer.

Finalement, il lui demanda ce qu’elle avait l’intention de faire, elle. Arquant un sourcil étonné, il poursuivit son interrogation aux décisions politiques prises de manière plus haut placé. Il souligna son ignorance ce qui eut pour effet de faire sourire en coin la sirène. Ainsi donc, il s’en remettait de nouveau à elle pour obtenir des informations ? Mais ne pouvait-il pas imaginer que l’allégeance de la Sirène avait pu changer, après tant de temps, après tant d’épreuves ? Finalement, d’un sourire amer, il eut l’ironie de souligner son ancien statut face à sa situation actuelle. Elle rit doucement, tel un carillon chantant avant de souligner à son tour. « Imaginez l’état dans lequel doit se trouver Sighild… Je pense être bien à même de prendre sa place, ses prochains jours… » Et c’était vrai. Alys avait toujours eu ce don de laisser traîner ses oreilles là où elles ne devaient pas être, récoltant de précieuses informations. Dans le Nord, c’était cette discrétion et cette faculté à capter les messages qui lui avait certainement tant valu l’amitié de Rhaenys. N’était-elle pas à Winterfell depuis peu qu’elle savait autant de choses que tous les habitants de la forteresse d’Hiver. C’était cela qui lui avait permis de se rapprocher si aisément des loups, de gagner sa place parmi eux car sachant de quoi parler et avec qui. Personne dans la forteresse n’avait pu se plaindre des mots et des actes de la Sirène, louant ses mérites plutôt que cherchant à trouver ses tares. Le seul ayant fait exception était Theon, persuadé que les Manderly cachaient bien des secrets et menant tout pour les découvrir, sans succès.

Finalement, elle poussa un soupir, contemplant la cité. « Les discussions vont bon train. La Cour est nouvelle et pourtant, déjà habituée aux commérages. L’heure est à la reconstruction… Et aux conflits politiques. Daenys veut s’asseoir en tant que régente et les arguments qu’elle déploie sont… Convaincant. Ce serait mentir que de ne pas le reconnaître. Sa popularité encourage à cela et beaucoup s’interrogent sur la manière dont agira Rhaenys pour obtenir la Régence. Je crois avoir compris qu’elle était pourtant déterminée et prête à tout pour rester auprès de son frère. Jaehaerys semble découvrir le monde, ne souhaitant nullement déplaire à sa sœur ou sa tante. Il a un cœur pur et bon, je peux vous l’assurer. Ses conversations sont toujours des plus agréables. » Elle eut un sourire satisfait, sachant pertinemment qu’elle avait su faire bonne impression auprès du jeune Souverain, chose facilité par son amitié sincère avec Rhaenys et le souhait de celle-ci d’intégrer Alys dans la famille Targaryen comme une véritable sœur. Reprenant une inspiration elle poursuivit. « Enfin, les Sauveurs de Port-Réal cherchent à se disputer la plus belle part du festin. Les lions sont affamés, les Cerfs se sont retirés dans les bois le temps d’enterrer leur père… J’ai même ouïe dire que le Soleil pourrait briller prochainement à Port Réal. Quant à la Rose, elle est toujours aussi peu fiable, belle, grande et pourtant couverte d’épine. » Elle adorait cela. Parler des uns et des autres en usant de leur blason pour les dénommer. Comme c’était amusant. Son regard malicieux revint rencontrer le Serpent. « Et bientôt, les condamnations vont pleuvoir pour obtenir justice… On dit qu’une simple femme serait venue à bout de Maegor avec un barbarisme rare. Mais… Sa vie n’est pas menacée pour autant, Rhaenys ayant décidé de l’épargner. Je l’ai entendu en parler avec Jaehaerys et le Prince Aemon. Par contre, la Main va perdre la tête, c’est chose assurée. » Y avait-il de quoi se réjouir devant de nouvelles morts ? Oui, si elles étaient justifiées et qu’elle méritaient ce châtiment. L’heure était à la nouveauté, au changement et le passé devrait s’effondrer pour de bon pour cela. Elle releva le menton, haussant de nouveau les épaules avec une légèreté toujours aussi déconcertante. « Quant à moi… Je vais servir Rhaenys jusqu’à ce qu’elle soit lasse de ma présence. Peut-être trouverais-je époux convenable à la Cour m’assurant un statut plus important et m’élevant un peu plus encore socialement… J’ai bon espoir d’y croire. Et je vous laisse imaginer que Rhaenys est bien informée de ce qu’il se trame avec moi à ses côtés… Mais et vous ? Je m’interroge toujours autant sur les raisons de votre sortie de prison car, malgré le fait que bien des gens ont prétendu avoir aidé la chute de Maegor, aucun n’est sorti de son trou… Alors… Pourquoi vous ? » il ne pouvait pas prétendre reprendre ses anciennes fonctions maintenant qu’il lui avait assuré être peu informé. Alors, à quoi servait-il, ce vieil homme aussi mesquin que le serpent ?
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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: (FB) Se retrouver quand le vent à tourné • Valyron & Alys   Mar 15 Aoû 2017 - 11:12

Il était difficile de survivre à la chute d’un Roi. Il était difficile de survivre à l’assaut d’une cité. Mais pour Valyron de Mantarys, il était encore plus difficile d’accepter cet état de fait. Sa chute était arrivée. Écarté des affaires courantes, dans une situation d’attente, le Mantaryen ne savait rien de ce qu’il pouvait se passer par la suite. Valyron savait qu’il avait mal agi, plusieurs années plus tôt. Il avait voulu aider les enfants d’Aenys, et voyant l’inéluctable approcher, il avait paniqué. Cette image le hantait encore : cet immense dragon, Balerion, survolant paisiblement Port-Réal, alors qu’une armée approchait au loin. La peur l’avait emporté, et il avait fait rebrousser chemin aux jeunes Targaryen.

Oh oui, des regrets, il en avait. Beaucoup. Peut-être, enfin de compte, n’aurait-il jamais dû quitter Mantarys. Étrangement, ses pensées se dirigèrent vers ses parents. Cela faisait des années depuis leur mort. Il n’avait que rarement pensé à eux, depuis tout ce temps. Vaekar de Mantarys n’était pas précisément ce genre d’homme près de son fils, quand bien même c’était le seul et unique enfant qu’il avait. Il n’avait guère d’intérêt à pérenniser son nom. Le géniteur de Valyron, comme bien d’autres dans la cité de Mantarys et les terres environnantes, était résigné. Les habitants de cette région vivaient au milieu des ruines et des cendres, malgré la richesse relative de la ville. En réalité, Valyron n’aimait pas vraiment ses terres natales. Autant la Valyria brisée possédait mille occasions de s’émerveiller sur la grandeur passée des dragons, autant Mantarys, comme Tolos ou Elyria, alors que toujours debout, n’aspiraient pas à la grandeur. Les élites survivantes, et leurs descendants jusqu’aujourd’hui, vivaient figés dans le temps, ne cherchant simplement qu’à attendre une fin semblant inévitable. Quel gâchis ! Si les dernières cités de la métropole valyrienne se coalisaient, un nouveau pouvoir verrait le jour dans la Baie des Serfs. Un pouvoir capable de marcher sur Mereen, Yunkai et Astapor. Tout cela n’était que fiction. Jamais les vestiges de Valyria ne pourraient revendiquer quoi que ce soit. Les opportunités étaient ici, en Westeros.

Le rire de la jeune femme tira le Serpent de ses pensées.

« Imaginez l’état dans lequel doit se trouver Sighild… Je pense être bien à même de prendre sa place, ses prochains jours… »

Sighild… Valyron l’avait complètement oublié. Il était encore incertain de savoir exactement à quel point il devait le vouer aux gémonies. Le Maitre des Chuchoteurs de Maegor avait forcément eu des informations sur lui. Et il s’était empressé de les faire passer au Cruel. Le reste appartenait désormais au passé… Une douleur lancinante irradia son dos, lui rappelant que tout cela n’était pas si vieux.

« Les discussions vont bon train. La Cour est nouvelle et pourtant, déjà habituée aux commérages. L’heure est à la reconstruction… Et aux conflits politiques. Daenys veut s’asseoir en tant que régente et les arguments qu’elle déploie sont… Convaincant. Ce serait mentir que de ne pas le reconnaître. Sa popularité encourage à cela et beaucoup s’interrogent sur la manière dont agira Rhaenys pour obtenir la Régence. Je crois avoir compris qu’elle était pourtant déterminée et prête à tout pour rester auprès de son frère. Jaehaerys semble découvrir le monde, ne souhaitant nullement déplaire à sa sœur ou sa tante. Il a un cœur pur et bon, je peux vous l’assurer. Ses conversations sont toujours des plus agréables. »

Valyron put voir un léger sourire poindre sur le fin visage de la native de Blancport. Il répondit par un sourire équivalent. La paix avait été durement gagnée. Il était presque réjouissant de savoir que Daenys et Rhaenys allaient s’opposer pour la régence. Les justes reprenaient le pouvoir. Maegor n’avait été qu’une douloureuse parenthèse dans l’Histoire. Toutefois, il était évident qu’il serait difficile pour la Princesse Daenys de faire asseoir ses vues alors que les anciens Rebelles soutenaient ouvertement Rhaenys.

« Enfin, les Sauveurs de Port-Réal cherchent à se disputer la plus belle part du festin. Les lions sont affamés, les Cerfs se sont retirés dans les bois le temps d’enterrer leur père… J’ai même ouïe dire que le Soleil pourrait briller prochainement à Port Réal. Quant à la Rose, elle est toujours aussi peu fiable, belle, grande et pourtant couverte d’épine. »

Valyron fit la moue. Rien d’étonnant, les Lannister du Roc avaient toujours été ambitieux et particulièrement arrogants de son points de vue. Il se souvenait de sa rencontre, désagréable au possible, avec certains représentants de la maison, devant Port-Lannist. Notamment Godric Lannister. Ce dernier l’avait traité avec une forme de mépris souverain qui avait exaspéré le Mantaryen. Valyron n’aimait pas Godric Lannister. Les Baratheon avaient perdu leur suzerain, et tout le monde pleurait la disparition de Theodan. Restait désormais à voir comment ces derniers se positionneraient dans le monde futur. Quant au reste… Il suffisait d’attendre et de voir.

« Et bientôt, les condamnations vont pleuvoir pour obtenir justice… On dit qu’une simple femme serait venue à bout de Maegor avec un barbarisme rare. Mais… Sa vie n’est pas menacée pour autant, Rhaenys ayant décidé de l’épargner. Je l’ai entendu en parler avec Jaehaerys et le Prince Aemon. Par contre, la Main va perdre la tête, c’est chose assurée. »

    Elinor.


L’esprit de Valyron vagabonda immédiatement vers la jeune femme qu’il avait pu croiser dans les cellules noires, profitant de la liberté de mouvements dont il disposait encore à l’époque, a peine quelques jours auparavant. Personne ne devait savoir. Si Elinor était bel et bien la meurtrière de Maegor, ce qui ne faisait aucun doute dans l’esprit du Serpent, il devait impérativement protéger la vérité. Il fronça donc les sourcils.

« Qu’importe. Maegor est mort, c’est tout ce qui compte. Il était complétement fou, je ne serais pas étonné qu’il se soit entaillé sur le Trône. »

Personne n’irait contester la folie de Maegor, ni défendre le fait que jamais il n’aurait pu vraiment faire cela. Cela dit, concernant les autres… Ondrew Piète serait sans doute celui qui prendrait la sanction en lieu et place de Maegor.

« Quant à moi… Je vais servir Rhaenys jusqu’à ce qu’elle soit lasse de ma présence. Peut-être trouverais-je époux convenable à la Cour m’assurant un statut plus important et m’élevant un peu plus encore socialement… J’ai bon espoir d’y croire. Et je vous laisse imaginer que Rhaenys est bien informée de ce qu’il se trame avec moi à ses côtés… Mais et vous ? Je m’interroge toujours autant sur les raisons de votre sortie de prison car, malgré le fait que bien des gens ont prétendu avoir aidé la chute de Maegor, aucun n’est sorti de son trou… Alors… Pourquoi vous ? »

Servir Rhaenys. Voilà qui était une information intéressante. Valyron se mit une claque mentale. Intéressante ? Pour qui ? Pour lui ? Il n’était plus rien. Il n’avait aucun moyen de collecter ou d’user d’une telle information. La consolation du Mantaryen résidait dans le fait que la jeune Alys, bien que difficile à contrôler, semblait totalement dévouée à la Targaryen. Auquel cas, elle serait sans nul doute un atout précieux pour la jeune femme future régente. Le reste des interrogations de la jeune femme resterait en suspens. Deux hommes d’armes Baratheon accompagnés par un chevalier de la maison Tignac émergèrent derrière eux, armés.

« Valyron de Mantarys ? »

Le natif d’Essos se retourna lentement, découvrant avec une stupeur totale les trois hommes, visiblement décidés. Allaient-ils simplement l’occire ici, ou le projeter du haut de la citadelle ? Il hocha la tête d’un air aussi neutre que possible.

« Veuillez nous suivre, vous êtes placés en arrestation par ordre de la princesse Rhaenys. Vous etes notamment accusé d'avoir tenté de faire évader une personne des cellules du Donjon-Rouge.. »

Sans un mot, Valyron se tourna vers Alys et lui attrapa les poignets. Il plongea en elle un regard aussi suppliant que désespéré. Il paniquait de nouveau. Tant pis pour la dignité.

« Vous devez lui dire, Alys, vous devez lui dire… »

Déjà, les deux hommes d’armes se faisaient pressants et avançaient vers lui. Il rompit le contact visuel et physique avec la jeune femme et se mit à suivre docilement les gardes. Tandis qu’il quittait la zone, encadré par les soldats, Valyron termina sa phrase à voix basse, sans savoir si la jeune femme avait pu entendre :

« Je regrette. »

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