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 (FB) Monter sur scène et descendre dans l'arène ♦ Alys Manderly

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Aemon Targaryen
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: (FB) Monter sur scène et descendre dans l'arène ♦ Alys Manderly   Ven 21 Juil 2017 - 16:09

"Ohé altesse ! Oh !"

Par les Sept ! Qui donc se permettait de le secouer ainsi ?! Marmonnant un juron à peine audible en direction de l'impudent, Aemon ouvrit un oeil injecté, puis deux. Et avisa celui qui le tirait de ce sommeil matinal d'une manière si peu délicate. Etait-ce un tire-laine ? Un mercandier ? Un cul-terreux ? Cherchait-on à attenter à sa vie ?
En fait de brigand, l'énergumène était un freluquet âgé de même pas douze ans... qui le secoua une nouvelle fois par l'épaule alors que le prince tentait de se hisser sur un coude. Peine perdue. Un bras - qui n'était manifestement pas le sien - lui barrait le torse. Et une jambe - qui n'était pas non plus la sienne - reposait en travers de son corps. Par un effort qui réveilla une douleur affreuse dans son crâne, Aemon parvint à se redresser à demi, provoquant par la même occasion une série de gémissements et de grognements de la part des deux jolies ribaudes qui occupaient le lit avec lui.
De phrase en phrase, la voix du garçon augmentait dans des tons toujours plus aigus, provoquant un lancinement pareil à celui d'un heaume dans lequel on s'acharnerait à grands coups de pied. Passant la main sur son visage, Aemon lança un regard torve en direction du perturbateur et avec un gros effort, il loucha vers la livrée représentée sur sa tunique de laine. C'était manifestement un valet du Donjon Rouge. Il arracha à son corps les bras et jambes de ses maitresses afin de se dégager et grommela un nouveau juron.

"Assez !"

Las, le valet ne semblait pas vouloir s'arrêter ! L'air sacrément embêté devant la lenteur de réaction du prince et son air groggy, le poupard se mit à dégoiser de plus belle.

"Assez te dis-je ! J'ai la calebasse prête à se fendre et si tu ajoutes encore un mot : je t'assomme !"


Alors, interloqué, la bouche grande ouverte, le valet s'arrêta enfin de déblatérer... des propos auxquels Aemon eut été de toute façon bien en peine de comprendre quoi que ce soit en cet instant. S'extirpant péniblement des draps et des corps, le prince parvint enfin à sortir de sa couche et manqua glisser sur une cruche reposant sur le sol.
Il se redressa avec une grâce insupportablement maniérée... et avisa les lieux alentours. Où était-il ? Il n'eu sût le dire en cet instant. Les souvenirs de la veille étaient foutrement flous. Quantité de coupes et de cruches jonchaient le plancher. Des éclaboussures de vin recouvraient les rideaux et dans la grande cheminée, un feu ronflait paisiblement... Adossés au murs ou allongés sous les plateau des tables, des hommes et des femmes - pour la plupart des jeunes gens - ronflaient paisiblement, parfois bras dessus bras dessous.
Titubant jusqu'à la table la plus proche, Aemon secoua du pied le premier corps en travers son chemin. Un ronflement gras et sonore lui répondit, avant que le corps de l'individu en question ne se retourne et ne lorgne dans sa direction. C'était Corbe, un jeune gars de Culpucier dont les cheveux noirs de jais évoquaient le ramage des corbeaux.
Foutre ! songea le prince, alors que cette vision lui rendait soudain la conscience de lui-même. Il embrassa des yeux la scène et su où il se trouvait : en l'auberge de la Truie-qui-File, dans les bas-fonds de la ville. Ce bas-fond avait même un nom : l'Anse-Pissat, le quartier des tanneurs.
Autour de lui, ses proches comparses - car oui, la petite coterie qui entourait le prince lorsqu'il descendait en ville n'avait rien à envier à la racaille des bas-fonds : il y avait là quelques margoulins, des laquais, des ivrognes et un vieux chevalier borgne du nom de Doublet : ser Oswell Doublet - semblaient lentement émerger des vapeurs de l'alcool et s'animaient les unes après les autres, réveillés par tout ce tintamarre.
C'était une bande de joyeux drilles, qui accompagnaient le prince dans ses virées nocturnes à travers la capitale. Aemon était un noctambule accompli. La nuit pour ce jeune homme si étourdit et si timide à la Cour était prétexte à tous les excès. Là où les Grands et les Puissants prenaient leur heure à la Cour, auprès du Roi et de la Reine, lui, il la prenait à la Lune. Et quoi de plus normal après tout ? Elle lui permettait de fuir son côté gauche avec les femmes... en côtoyant celles de petite vertu, contre quelques pièces sonnantes et trébuchantes le cas échéant. Elle lui permettait d'ignorer le monde des chevaliers, des dames et des preux seigneurs qui se moquaient de lui dans son dos. Car ses compagnons, eux, ne se moquaient pas du prince. Ils ne le tournaient jamais en ridicule, sauf en franche camaraderie et semblaient l'affectionner pour ce qu'il était vraiment.
La nuit surtout, lui permettait de fuir les railleries et les colères de son père ou de son oncle... ainsi que les étranges rêves qu'il faisait parfois. Car oui, le prince rêvait. Et ses rêves le tourmentait car bien souvent, leur caractère était inéluctable. Le problème, c'était qu'il n'arrivait pas toujours à les interpréter... Il ignorait d'où venaient ces rêves et pourquoi il les faisait lui, et pas quelqu'un d'autre. Ce dont il était sûr en revanche, c'est que l'alcool lui permettait de fuir ces rêves... et de les fuir en bonne compagnie !
Mangeurs, menteurs, tricheurs et buveurs : tels étaient les maîtres-mots de cette confrérie ancrée dans la chair, ne reconnaissant que ce qui se mange, se boit ou se palpe. Et qui plus est, cerise sur le gâteau ; ils étaient aussi poltrons qu'Aemon.
Ce qui ne pouvaient les rendre qu'encore plus sympathiques aux yeux du jeune dragon.

Le prince s'assit à une table et saisit une carafe de ce qui semblait être de l'eau. Il en but avidement le contenu afin d'apaiser le mal de crâne qui s'était emparé de lui. Il avala goulument de longues gorgées. Et but si rapidement qu'il toussa longuement et en renversa de longs filets, qui dégoulinaient sur son pourpoint.
Ce faisant, une belle souillon vêtue de pourpre, à la chevelure rousse, vint s'assoir à ses côtés et l'enlaça tendrement, avant d'enfouir son museau dans le cou du prince. La donzelle était mignarde et accorte. Elle avait pour nom Avette et était visiblement familière du prince... qui la prit délicatement par le menton et lui déposa un chaste baiser sur les lèvres. Il posa finalement la carafe et dévisagea le valet embarrassé d'un oeil goguenard.

"Eh bien parles ! Qu'avais-tu donc à me dire que cela ne pouvait attendre mon réveil et celui de mes compagnons ?"


"Monseigneur, on vous demande au Donjon de toute urgence."

"La belle affaire ! Cela ne peut-il attendre ? Je suis ici en bonne compagnie et il ne me sied guère de retrouver tous ces querelleurs..."

Et ce faisant, il prit Avette par la taille et la fit basculer sur ses genoux avant d'entreprendre, patiemment, de délacer un par un les lacets de son corset, tandis qu'elle, douce et attentionnée, lui caressait ses cheveux or-argentés.

"Messire, c'est urgent... je vous ai cherché dans toutes les..."

De peur de dire un mot déplacé et d'outrepasser sa position, réveillant la colère du Dragon, le valet n'osa dire la suite. Il avait en face de lui un prince. Et bien que tout jeune, il savait combien cette espèce de seigneur pouvait être dangereuse, si elle s'estimait insultée. Quand bien même elle s'occupait à mignoter une donzelle.

"Tu as perdu ta langue ? Les quoi ?! Les tavernes ? Les bordels ? C'est cela que tu n'oses dire ? Dis-le !"

Exsangue soudain, la tête du prince vint se perdre à son tour dans le cou de la ribaude, qui gloussa. Aemon lui, s'exclama.

"Urgent... Voilà un mot qui ne souffre aucun retard dans la bouche d'un si jeune garçon ! Tu as la vie devant toi. Tu peux le dire sans craintes, je suis un franc coquin !"

"Le drôle ne sait pas que tu as des affaires toutes aussi urgentes à régler ici ! ricana une voix aigre. C'était celle de Doublet, le chevalier Borgne, qui vint s'attabler à leur côté. Une ironique grimace entrouvrit sa bouche où manquaient plus d'un chicot, alors que le borgne se grattait la joue d'une main mal assurée. Comment nous as-tu trouvé petit ?"

"J'ai demandé auprès de ser Clarence Rambton, votre bouclier-lige" répondit le gandin en s'adressant directement au prince.

"Peuh ! Bouclier-Lige le joli mot que voilà... cracha le borgne en riant. C'est nous ses boucliers-liges ! ajouta-t-il en souriant, tandis que d'un geste, il englobait l'ensemble de la salle avec son bras. Et le vieux chevalier pencha en direction du prince un sourire complice : Oui-da ! Dis-lui donc Aemon ! Quels fiers et vaillants compagnons nous sommes ! Vertueux par la droiture et candides par l'amour... Autour d'eux, les hommes et les femmes endormies s'étaient peu à peu réveillés et commençaient à les rejoindre autour de la table. Certains tapèrent sur la table avec leur poing pour exprimer bruyamment leur accord avec le vieux Doublet. Une ribaude avait ouvert les fenêtres de l'auberge et laisser pénétrer les rayons du soleil.
Une ironique grimace du prince vint sanctionner le trait d'esprit du chevalier borgne. Il s'étira de nouveau et avisa le jeune valet d'un regard plus grave.
Il le savait, il aurait dû se trouver auprès des siens, là haut, sur la grande colline d'Aegon. Car au-dehors, dans les bas quartiers et tout autour de la ville, la foule s'agitait. Sa rumeur, parfois grondante, montait jusqu'au Donjon Rouge. Des centaines de gens, hommes, femmes et enfants, avaient quitté les routes des domaines alentours et du Conflans pour rejoindre les grandes villes, gages de meilleure protection face aux querelles des petits seigneurs encore en guerre et des hommes d'armes en rupture de ban qui infestaient certaines parties du royaume. Maegor avait beau être mort, son oeuvre et les déchirements qu'elle avait occasionné perdurait encore comme une douloureuse empreinte de son règne.
Le Bief, qui était le grenier à grain du royaume, s'était lui aussi entre-déchiré dans des querelles fratricides entre les Hightower et les Tyrell, leurs suzerains. De Lord Herpivoi-Ville jusqu'à Sombreval, la plupart des champs avaient été soient ravagés soit laissés à l'abandon. Et pour ne rien arranger, il faisait de plus en plus chaud. De temps à autre, des bousculades éclataient dans les rues. Le peuple avait faim et le prix du pain ne cessait de flamber.

"Dis-moi donc, qui m'appelle au Donjon Rouge de si bon matin ?"

"Monseigneur, c'est sa majesté la reine qui vous mande..."

"Ah ! C'est donc la reine ! s'écria ser Oswel Doublet dans un rire gras. Mes amis, allons nous divertir un peu !" Et se penchant vers le prince et les jeunes gens alentours, il souffla d'un air de conspirateur :

"Improvisons une pièce..."

"Une pièce ?" questionna haut et fort un grand blond dégingandé.

"Oui, Manly ! Une pièce ! Le prince va se retrouver devant la reine et il lui faudra préparer cette entrevue ! Car je gage que ce sera pour lui adresser quelques remontrances ! gloussa le vieil homme. Alors nous allons le préparer !"

"D'accord ! s'écria Aemon sans préambules. Et en riant, il se leva soudainement, repoussa Avette, qui poussa un cri de surprise et grimpa sur la table dans un concert de rires, d'applaudissements et d'exclamations. Qu'on ouvre toutes les portes !"

Et ce faisant, le prince sauta aussitôt de la table. Il s'empara d'un drap qui trainait sur le lit, le tira brusquement à lui et s'en drapa majestueusement comme d'une cape à la façon d'un comédien, tout en s'exclamant d'une voix qui ne souffrait aucune objection :

"Doublet, tu seras mon maître : lord Valyron ! Tom, Ptit'Ben ! Prenez ce fauteuil, ce sera notre trône !"


Et comme dans un ballet improvisé, en riant, hommes et femmes se prirent à danser et à tournebouler tout autour de la pièce dans un grand vacarme, qui tranchait étrangement avec l'apathie qui avait régné jusque là. Tandis que des curieux se pressaient aux portes et aux fenêtres, les uns se rhabillaient, les autres se coiffaient d'une casserole ou d'un coussin, singeant les couvres-chefs des nobles. Des ribaudes, parfois à demi-dévêtues et des enfants surgirent des étages et le pauvre peuple s'amassa. Enfin les deux compagnons du prince et quelques autres hissèrent un lourd fauteuil sur une table, bien en hauteur. De façon à surplomber la salle.

"Toi, Manly, avec tes cheveux couleurs d'épis de blés, tu seras lord Lannister ! Le Lion du Roc !" décréta Aemon. Perché sur une table voisine, le jeune Dragon choisissait un par un les figurants de cette pièce improvisée. De par les portes et les étages, chaque choix d'une ou d'un nouveau figurant provoquait des applaudissements et des exclamations et des rires dans l'assistance en haillons. "Saule, Beth et Maisie : toutes trois reines de beauté, vous serez les dames de compagnie de ma cousine ! Et toi, Pat', galant homme et coeur pur, brave parmi les braves : tu seras notre Lord Comandant de la Garde ! Lord Hollister l'Epine Tarly en personne !"

Ce dernier choix provoqua un éclat de rire général dans l'assemblée parmi les jeunes et les vieux, les grands et les petits. Car tous,ici, connaissaient la réputation de couardise du débonnaire Pat', porcher de son état. Peut-être tout aussi légendaire à l'Anse-Pissat que l'adresse à l'épée du Lord Comandant dans le royaume.

Quant il eu finit la répartition des rôles, le prince poussa un soupire satisfait et regarda alentours avec un sourire mordant :

"Il ne nous manque plus à présent que le rôle principal. Celui de la Reine..."

Sautant lestement de son perchoir, le prince se mit à faire le tour de la salle, tandis que des sourires enjôleurs, des cris, des gloussements et des mains de femmes se levaient dans sa direction. Chacune avait à coeur d'interpréter celle qu'on disait la plus belle femme du royaume... Celle qui régnait dans le coeur d'Aemon Targaryen.
Mais alors, pourquoi tenter de repousser cette occasion à plus tard ? Pourquoi ne pas suivre le valet, tout de suite. En son fort intérieur, le prince avait les jetons. Peur d'affronter son grand amour et de se montrer gauche, comme à l'ordinaire. Peur, bien sûr, d'affronter ses responsabilités et de faire face à la situation. Voilà comment Aemon avait toujours été. Fuir. encore et toujours. Ou presque... Après tout, durant le siège de la cité, il avait décidé de ne plus avoir peur. Il s'était montré un homme. Mais voilà que déjà sa résolution flanchait devant Rhaenys. Et que le jeune Dragon cherchait un nouvel échappatoire. Encore un.

"Non... non plus... édictait, indolent, le damoiseau en dépassant de nouveaux visages. Ah !"

Avec un frisson étrange qui lui remonta jusqu'à la racine des cheveux, Aemon venait de s'arrêter devant une donzelle. Et il demeurait immobile et coi, un sourire sibyllin sur ses lèvres... Son coeur cessa de battre un instant, pour repartir dans une folle chamade et il s'inclina, avec une galanterie très affectée, devant la jeune fille aux cheveux blonds.
Les doigts tremblants, il la prit délicatement par la main et l'amena jusqu'au centre de la salle, provoquant au passage les foudres des autres prétendantes et quelques jurons.

"Oui ! Oui, je crois bien que nous avons une reine..."



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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Winterfell.
MessageSujet: Re: (FB) Monter sur scène et descendre dans l'arène ♦ Alys Manderly   Sam 22 Juil 2017 - 14:22




En scène !

« Mon papa ? Il était parti combattre les méchants, même si, aujourd’hui, ils sont devenus gentils. C’est tata qui l’a dit à maman. Et puis, la maison a brûlé et tata et maman ont brulé aussi ! » Elle serra les dents, retenant ses larmes, figeant son sourire devant cet enfant qui lui parlait de la mort avec une facilité presque déconcertante. Et puis, malgré tout le courage du petit garçon, une larme vint glisser sur sa joue qu’il balaya expressément d’un revers de la main. Le mestre eut un sourire tandis qu’Alys se baissait pour le prendre dans ses bras, le serrant contre elle avec tout l’amour qu’elle pouvait lui offrir, ne faisant pas attention aux mains sales du garçons qui venaient se poser sur le tissu de sa robe pourtant royale car offerte par Rhaenys. Elle ne pleura pas mais calma le petit garçon qui lui, avait tout perdu dans cette bataille. Sa famille, son toit, ses rêves… Evidemment, il n’était pas le seul et pourtant, lui l’avait touchée au plus profond de son âme, lui qui avait eu le corps sauvagement brûlé par le feu que le dragon Balérion avait répandu sur la capitale. Aujourd’hui, on lui appliquait un onguent qui permettait à la peau de cicatriser plus facilement, sur son dos et son bras gauche. Alys s’en était chargée elle-même, demandant au malheureux orphelin si ses parents prenaient soin de lui avec la naïveté de cette cage dorée dans laquelle elle avait toujours vécu. La réponse l’avait désarçonnée et pourtant, elle se sentait plus proche de lui qu’elle n’aurait cru possible de l’être. Déposant un baiser sur son front, elle caressa le visage du garçonnet d’une main tendre. « Je suis sûre que toute ta famille veille sur toi, auprès des Sept… Tu es un garçon très courageux, Eogan. » Elle lui ébouriffa les cheveux tandis qu’un sourire fier se dessina sur les lèvres de l’enfant. Alys plongea alors sa main dans sa poche, en sortant une lune d’Argent. L’envie d’aider ce petit garçon était si forte qu’elle en vint à lui offrir cette pièce. « Prends bien garde à ce que personne ne te la prenne. Elle est à toi, je te la donne. Tu pourras t’acheter du pain et vivre quelques temps avec cela. Si tu as des ennuis, revient donc voir le mestre et demande à voir lady Alys, c’est moi. » « J’vais la garder ! Elle est trop belle ! Ca va m’porter chance, c’esur ! Merci m’lady ! » Il la serra dans sa bras, surprenant la jeune demoiselle qui eut un sourire tendre avant qu’il ne reparte.

Le mestre se tourna vers la jeune femme, lui signifiant qu’elle pouvait s’arrêter là pour la journée, les émotions ayant déjà été très grande et elle ne put qu’acquiescer. Oui, aujourd’hui, elle avait déjà tant donné… Elle poussa un soupir et adressa un regard aux deux gardes chargés de veiller sur elle dans les rues de la capitale. Une demande de Rhaenys qu’elle avait accepté, sachant que es émeutes menaçaient çà et là les nobles qui osaient s’aventurer dans les bas quartiers. Aussi, malgré la chaleur, elle replaça une cape sur ses épaules, de qualité modeste, permettant d’éviter d’attirer l’attention sur elle et son statut. Les gardes se postèrent à ses côtés et, ensemble, malgré l’heure encore matinale, ils quittèrent l’hôpital de fortune pour s’en retourner vers le donjon rouge. Pourtant, Alys, comme à son habitude, fit une requête auprès de sa garde, leur demandant un détour certain de leur chemin afin de pouvoir s’acheter quelques produits du Sud qu’elle ne pouvait pas forcément avoir dans le Nord. Les quartiers n’étaient pas les mieux réputés de la ville mais ainsi gardée, elle ne doutait pas un instant de sa sécurité. C’est ainsi qu’elle arriva non loin d’une demeure où l’ambiance semblait… survoltée. Fronçant les sourcils, elle demanda à l’un de ses accompagnants de bien vouloir se renseigner sur ce qu’il se passait et il s’exécuta dans le plus grand des calmes. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle vit revenir vers elle son garde, mais aussi un valet de la maison au dragon tricéphale, l’air penaud et franchement apeuré. « Que se passe-t-il ? » « Lady Alys… Sa Majesté la Régente Rhaenys m’a chargé de ramener son cousin, le Prince Aemon, au Donjon Rouge où elle souhaite s’entretenir avec lui… Je lui ai fait part de ce message mais il refuse de me suivre et se trouve en bien piètre compagnie… » Elle fit une grimace. Aemon. Elle ne l’avait croisé que le jour de la bataille où il s’était tenu auprès de Rhaenys. Alys ne lui avait adressé que quelques phrases polies et emplies de banalités affligeantes. Pourtant, elle ne pouvait se résigner à passer son chemin. « Et à quoi rime cette agitation ? » « Le Prince et ses amis souhaitent monter une pièce… » Et ridiculiser les Targaryen ? Voilà qui ne plairait pas à Rhaenys, oh que non. Alys s’en doutait et si le valet ne pouvait s’acquitter de cette tâche, peut-être y parviendrait-elle ? La jeune enfant emplie d’espoir ne pouvait que ‘en persuader.

Elle entra dans ce qui semblait être un bordel, ses gardes essayant tant bien que mal de la suivre. Le Prince était là, debout sur une table tandis que ses amis bougeaient le mobilier. Visiblement, Aemon s’amusait à attribuer à tous des rôles pour rejouer une scène ou en anticiper une. Alys fit tomber son capuchon, dévoilant sa crinière blonde domptée comme Rhaenys le lui avait appris à le faire. Quand le dragon se mit à chercher une Reine, elle eut une boule au ventre. Toisant du regard les trois catins qui joueraient les dames de compagnie, elle se demanda laquelle était censée la représenter avec un dégout certain. Passant en revue les demoiselles présentes, presque hystériques, le prince se faisait méticuleux dans son choix, refusant certaines catégoriquement. Et quand il s’arrêta devant elle, elle baissa le regard, souhaitant soudainement disparaître. Mais la main du jeune homme se saisit de la sienne et elle n’eut pas d’autre choix que de devoir le suivre sous quelques jurons jaloux. Pinçant les lèvres, elle essaya alors de murmurer. « Prince Aemon, nous devrions retourner au Donjon Rouge… » Mais l’on se saisit de sa cape, dévoilant la robe offerte par Rhaenys. Evidemment qu’Alys était parfaite pour ce rôle, Rhaenys était un modèle pour elle, la sœur qu’elle n’avait plus depuis la mort de Katherine. Dès lors qu’elle avait compris qu’elle avait reçu la chose la plus profonde que la Régente pouvait lui offrir, son amitié sincère, elle s’était appliquée à se montrer digne de la Suzeraine du Nord, copiant ses faits et gestes, apprenant à se coiffer comme elle pouvait le faire et s’entraînant parfois à reproduire ses gestes et manières devant le miroir. Evidemment, Alys ne serait jamais princesse mais elle appréciait l’idée qu’elle puisse jouer à l’être. Alors, quand à leur arrivée à Port-Réal, Rhaenys lui avait offert bon nombre de ses anciennes robes, la ressemblance était devenue frappante et bien des membres de la Cour se laissaient encore surprendre par la petite sirène, la confondant avec celle qui était amenée à diriger les Sept Couronnes.

Lançant un regard à ses gardes, elle comprit qu’ils ne pouvaient intervenir sans provoquer une émeute. Elle devrait s’en sortir seule… Ou avec l’aide d’Aemon si tant est qu’il pouvait la lui offrir. Il empestait l’alcool et il était fort aisé de deviner quel genre de soirée il avait pu passer la veille. Les compagnons du Prince sifflèrent ce choix comme l’on siffle après une catin dans la rue, plongeant la jeune fille dans un profond malaise. Elle souhaitait partir, mais surtout, elle souhaitait que le Prince reprenne conscience de la situation et ça, c’était mal barré. Fronçant les sourcils, elle se surprit à utiliser un ton plus dur, certainement comme Rhaenys l’aurait fait. « Lâchez-moi, Prince Aemon. Ceci n’est guère digne du rang qui est le vôtre ! Rappelez-vous quelle est votre place ! »

© Belzébuth

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The Little Mermaid
Oh Alys, dear, where have you been ? So near, so far or in between ? What hav you heard, what have you seen? Alys, Alys, please, Alys.
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Aemon Targaryen
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: (FB) Monter sur scène et descendre dans l'arène ♦ Alys Manderly   Sam 22 Juil 2017 - 17:39

Le brouhaha était tel dans la salle - et l'esprit du prince était si troublé par la ressemblance entre Alys et Rhaenys - qu'il n'entendit pas les paroles de la Petite Sirène. S'il vit les lèvres de la jeune fille remuées, il pensa d'abord à de l'appréhension avant de monter sur scène - quoi de plus normal après tout lorsqu'on monte sur les planches ? - ou à un excès de candeur de la petite ingénue. Seul lui parvint le timbre de sa voix et cela le bouleversa un peu plus. Car tout, de la voix aux cheveux, en passant par le joli minois - et même jusqu'à la coiffure et la robe ! - lui rappelait un être cher à son coeur.
Le coeur battant toujours la chamade, continuant à la prendre par la main, il l'a fit venir au milieu de la salle sous les acclamations de l'assistance.

« Lâchez-moi, Prince Aemon. Ceci n’est guère digne du rang qui est le vôtre ! Rappelez-vous quelle est votre place ! »

Mais le prince pouffa de rire.

« Splendide ! Splendide !! Vous jouez le rôle à merveille très chère ! Mais attendez un peu, la pièce n'a pas encore commencé ! »

Et lui adressant un sourire facétieux, il lui décocha un regard taquin et sans-doute quelque peu aviné, car Aemon n'était pas dans son état normal. Mais était-ce bien l'excès de vin qui le transportait ainsi, se demandait le prince ? Il lui semblait avoir goûter à un nectar nouveau à l'instant même où il avait croisé le visage à la jolie frimousse. A vrai dire, il y avait fort à parier qu'il n 'avait pas reconnu la donzelle et qu'il la prenait pour une fille bourgeoise de la basse-ville.

« L'ignorez-vous jeune damoiselle ? Qui trop se hâte en cheminant, en beau chemin se fourvoie souvent ! »

Et puis soudain, comme si une mouche venait de le piquer, Aemon s'interrompit et contempla la salle d'un long regard, tournant lentement sur lui-même au fur et à mesure qu'il parcourait l'assistance avec Alys. Et au fur et à mesure qu'ils dévisageaient toutes ces trognes et tous ces faciès, la foule, peu à peu, s'interrompit et le vacarme des rires et des acclamations baissa légèrement en intensité, jusqu'à faire silence... Jugeant toujours les mines qui leurs faisaient face, le prince sembla s'émerveiller et murmura à mi-voix, le regard étrangement pénétré par la vision qu'il avait :

« Quel splendide auditoire ! C'est là tout le royaume ici rassemblée dans sa richesse... Badauds, charretiers et petits métiers. Ils sont humbles, oui, mais que de courage ils ont... que de noblesse en leurs âmes... »

Distraitement, il enjamba un corps ivre - il lui sembla que c'était celui du Gros Sam - et, délicatement, sans lâcher sa main, fit monter Alys sur la table - ce qui déchaina une acclamation enthousiaste de la foule - avant de poser un pied sur le banc. On eut dit qu'il s'apprêtait à déclamer un ver ou un poème à une damoiselle en haut d'un donjon. Son regard pétilla et il leva un index en souriant.

« Mais avant tout : à boire ! »

Et comme pour saluer cette décision, l'ensemble des comédiens et des comédiennes martelèrent le sol et les tables, réclamant à leur tour qu'on apporte des boissons à grands renforts de cris !

« Le vaillant chevalier que voilà ! décréta pompeusement sir Oswel. Qu'on amène donc du vin ! Et du meilleur, tavernier ! A boire ! Et sur l'ardoise de notre compagnon ! »

Mais sitôt cette algarade lancée, le chevalier se pencha vers Aemon et plissa les yeux :

« Tes farces et tes pitreries me fatiguent ! » déclara-t-il, d'un air beaucoup trop cérémonieux pour être pris au sérieux.

« Trop de puissants seigneurs moqués et trop de dettes de jeu ! » ajouta quelqu'un dans la foule. Une apostrophe qui fut saluée par un tonnerre de rires et quelques ricanements. Et que le prince Aemon récompensa à son tour d'une élégante courbette qui faillit lui faire perdre l'équilibre, avant de finalement se rattraper tout aussi élégamment : à la manière d'un baladin. Le souffle court, il ajouta :

« Que de vibrants hommages mes amis ! Vos compliments me touchent ! Mais voilà que nous devons commencer : où je risque de faire attendre sa grâce bien plus qu'il n'est séant... Et il m'en cuira, assurément ! »

Avisant un coussin qui trainait sur le banc, il s'en empara et le déposa sur le grand fauteuil de bois qui symbolisait le trône. Il fit s'assoir Alys et puis se recula de quelques pas en se frottant le menton. Tout en prenant plaisir à dévisager ce joli visage, dont il s'enivrait un peu plus à chaque instant passé. « Il nous manque quelque chose... mais quoi ? Regardant autour de lui, Aemon avisa un second coussin de velours, qui trainait sur un banc. « Manly ! Amènes-moi donc ce beau coussin que voilà ! »

Et saisissant le coussin à l'envol, il le plaça tendrement sur la tête de la Petite Sirène avec un air ravis.

« Une couronne ! »

A peine avait-il finit sa phrase que la foule éclatait de rire et battait des mains à tout rompre. Se rendait-il compte de la portée de ses actes ? Probablement... ou peut-être pas. Après tout, quelle importance ? songeait le damoiseau. Ce monde-là n'avait jamais eu pour lui que des railleries et des moqueries... à part Rhae. Cette pièce improvisée, c'était un peu sa revanche contre la Couronne et les siens. C'était aussi son moment de gloire, devant des gens qui ne le jugeraient pas... Ou peut-être était-ce juste sa lâcheté et son manque de courage qui refaisait jour : plutôt que d'affronter le regard de sa cousine, il cherchait - au moyen de cette pièce - à repousser l'irepoussable, bref sursis en bonne compagnie.

« Pute borgne ! Le voilà aussi Grand Septon à présent ! » s'écria d'une voix choquée une grosse commère parmi la foule des badauds. Et cette saillie fit se gondoler de plus belle tout l'auditoire, tirant brusquement Aemon de ses pensées. Aussitôt, le jeune Dragon retrouva son sourire impertinent.

« Apportez-moi du vin vous dis-je ! que j'ai l'oeil rouge d'avoir fait pénitence ! »




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Le silence est l'ami des princes.
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Alys Manderly
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MessageSujet: Re: (FB) Monter sur scène et descendre dans l'arène ♦ Alys Manderly   Dim 23 Juil 2017 - 19:28




En scène !

La situation était bien pire qu’elle n’avait pu l’imaginer. Plus personne n’avait réellement le contrôle de ce qu’il se passait, pas même Aemon. Mais le plus vexant, pour la petite sirène, fut de constater qu’il ne l’avait même pas reconnue, qu’il l’associait toujours à cette farce vivante qu’il était en train de créer et à laquelle, semblait-il, elle allait devoir participer malgré elle. Il semblait d’ailleurs réjoui de constater que son choix avait été parfait, que celle qu’il prenait pour une comédienne allait merveilleusement jouer ce rôle et qu’elle ferait une reine d’une journée – ou même de quelques minutes – idéale. Le sourire qu’il eut lui provoqua un frisson tant il lui semblait empli d’un air malsain qui n’allait guère aux personnes qu’ils étaient loin de ce quartier infâme. Il lui ajouta une petite maxime de son choix, lui rappelant que son heure de gloire viendrait d’ici peu mais qu’elle devait se montrer patiente sous peine de se fourvoyer. Elle aurait volontiers répliqué une pique dont elle avait le talent s’il ne s’était pas mit à tourner sur lui-même d’un rythme lent, l’entraînant à sa suite et provoquant – avec un respect que personne à la Cour n’aurait su accorder au jeune Prince – un silence puissant qu’elle n’osa rompre, se contentant de toiser également la foule amassée d’un œil inquiet. Son regard remarqua le valet et les deux soldats, coincés en retrait, admirant malgré eux l’œuvre d’un Prince éméché. Finalement, il murmura d’une voix basse qu’elle put entendre quelques mots quant à l’auditoire présent. Une assemblée à laquelle la petite sirène n’était pas habituée. Oh, évidemment, des petites gens, elle en avait côtoyé, ayant même eut l’amitié de certains d’entre eux quand elle était plus petite mais elle était consciente que les circonstances étaient bien différentes et que les gens du Nord étaient plus amicaux et à Alys et à Rhaenys que pouvaient certainement l’être ces badauds appauvris par un conflit violent.

De nouveau, il l’entraîna – avec délicatesse, toujours – à sa suite, la forçant à enjamber un corps peut être mort, à moins qu’il ne soit ivre ? Et, imposant ses faits et gestes, il la fit monter sur la table, l’exposant d’autant plus au regard critique d’une foule enflammée. Les femmes lui adressaient des regards noirs, gênants, terrifiants tandis que les hommes, eux, l’observaient avec cette envie sordide de la traiter comme la plupart des catins présentes non loin d’elles, destinées à jouer ses dames de compagnie. Piètre compagnie. Il lui tenait toujours là main quand il posa son pied sur le tabouret, comme un chevalier s’apprêtant à demander en mariage sa jouvencelle. Le cœur d’Alys se serra, ne sachant décidément plus quoi penser de tout ce qu’il se tramait sous ses yeux innocents. Mais le Prince ne dit rien, retrouvant sur ses lèvres un sourire idiot avant de quémander à boire. Encore ?, songea la petite sirène véritablement désabusée par ce comportement et priant intérieurement les Sept pour que quelqu’un intervienne et fasse taire ce raffut malsain. Un des compagnons d’Aemon encouragea les propos du Prince, allant jusqu’à encourager le tavernier à leur offrir leur meilleur vin, soulignant que tout ceci serait inscrit sur l’ardoise du Prince. Rhaenys allait finir par tuer son cousin, à ce rythme et, l’espace d’un court instant. Ses pensées l’ayant absorbée, elle n’entendit même pas l’apostrophe d’un membre du public présent qui entraîna des acclamations vives et applaudies, manquant de la faire sursauter. Elle souhaiter disparaître sous terre et le plus vite serait le mieux. Aemon salua la chose et Alys referma sa prise sur sa main quand il manqua de choir sur le sol comme un vulgaire ivrogne. Et finalement, remerciant l’assemblée, il souligna que la pièce allait devoir débuter sans quoi il serait en retard à son audience avec la reine. La petite blonde aurait volontiers souligné que c’était déjà le cas s’il ne s’était pas attardé sur elle à nouveau, la poussant à s’asseoir sur le trône de fortune qu’il lui avait confectionné après quoi, il prit un peu de recul, avisant la scène d’une œil critique pour mieux lui apporter de réalisme. On lui envoya un coussin de velours à la propreté fortement douteuse qu’il vint déposer sur la tête de la demoiselle qui pinça un peu plus les lèvres pour essayer de conserver son mécontentement et annonçant qu’il s’agissait là de la Couronne, provoquant de nouveau l’hilarité générale. La respiration d’Alys se faisait de plus en plus courte, marquant son profond malaise devant une situation qui ne l’amusait guère.

Finalement, Aemon fit de nouveau demande de son vin et Alys observa les pichets circuler. Un verre fut offert au Prince, mais on en fourra un également dans sa main, l’encourageant à boire. Le vin n’était pas une chose qu’elle appréciait véritablement, ne découvrant ses parfums que depuis quelques années sous l’œil respectable de ses parents et ses frères. Une lady ne devait guère boire avec abondance sous peine de provoquer le déshonneur. Et pourtant, ne serait-ce que pour se donner du courage, elle porta le verre à ses lèvres et but une gorgée du liquide sanguin, retenant une grimace. Que devait-elle faire ? Ou, ne pas faire ? En l’occurrence, elle n’en savait plus rien, réfléchissant à vive allure pour trouver une solution à tout ce problème. Et si… Et s’il n’en était pas vraiment un ? Alys ignorait la véritable nature de la relation qui liait Rhaenys à son cousin et elle n’avait que peu eut l’occasion de connaître le caractère de ce Prince et de converser avec lui. Peut-être était-ce là un moment idéal pour parvenir à ses fins ? Et puis, peut-être qu’en entrant dans son jeu, elle parviendrait à le ramener sans esclandre au Donjon Rouge et, l’espérait-elle, à apaiser ses tourments avant qu’il ne se confronte véritablement à Rhaenys ? Elle soupira profondément avant de se remémorer la gestuelle de Rhaenys. Sa manière d’être assise, celle de se lever et de se tenir… Elle devrait prendre en compte beaucoup de choses. Il ne lui avait pas donner de départ et pourtant, elle entrait dans ce rôle, se travestissant littéralement en Reine des Sept Couronnes, modifiant son port de tête, le dégagement de ses épaules. Elle devait être royale. Aemon ne serait pas déçu de sa prestation. « Maintenant que mon beau cousin a pu étancher sa soif, peut-être pourrions-nous commencer. » Elle avait projeté sa voix de manière à ce que tous l’entende, recueillant le silence espéré et l’attention de tous à nouveau. Mais plus personne n’osait rire devant l’air sévère qu’elle avait pris. Maintenant, elle était Rhaenys et devait obtenir le respect. Et cette idée était plus que plaisante, à dire vrai.


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MessageSujet: Re: (FB) Monter sur scène et descendre dans l'arène ♦ Alys Manderly   Sam 19 Aoû 2017 - 14:51

Il ne lui avait pas donner de départ et pourtant, elle entrait réellement dans son rôle. Sans prévenir et sans crier gare, la voix de la Petite Sirène résonna forte, royale, dans la salle. Elle avait projeté sa voix de manière à ce que tous l’entende, et le silence en quelques instants s'était emparé des lieux et du public, conquis comme par magie devant cette jeune reine inconnue, dressé sur un trône improvisé.
L'auditoire se taisait et alors que Aemon, dont l'esprit était encore embrumé par le vin lui faisait face, le prince se retourna doucement vers Alys. Il était tellement rempli de l'image de sa cousine qu'il cru tout d'abord que c'était elle, qui s'était exprimé ainsi. Ou bien que cette voix était sortie de sa pensée, et non de cette délicieuse bouche innocente.
Mais Alys se tenait devant lui dans toute sa splendeur ; un mince rayon de soleil baignait ce port de tête et son maintien altier, illuminant son visage et ses épaules. Oui, la ressemblance était presque parfaite ! songea le jeune homme, tandis qu'un fin sourire - un sourire quelque peu surpris par le soudain revirement de la demoiselle, qui interprétait son rôle au delà même de ses espérances ! - se glissait sur ses lèvres. Et alors qu'il se penchait en même temps qu'il exécutait une courte révérence, il murmura doucement. Presque en chuchotant.

« En vérité ma chère : vous avez bien l'aura d'une reine... »

Sur ces paroles énigmatiques, le gandin resta là quelques secondes à contempler Alys dans les yeux, la gorge nouée. Comme véritablement troublé par la ressemblance entre elle et sa cousine, le prince était littéralement absorbé par cette apparition.
Puis - se relevant à demi - il se tourna en direction du public et écarta les bras. La pièce, à présent, pouvait commencer. Elle avait déjà commencé.
Il se tourna de nouveau vers Alys et vint un peu raide, ployer le genou au bas du trône improvisé. Sa voix, à présent, était forte.

« Votre Grâce, vous m'avez parait-il, fait mander. Or ça : me voici devant vous pour vous servir belle cousine. »

A cette pensée, le jeune prince avala difficilement sa salive. Rien qu'à l'idée de son retour au Donjon Rouge, son cœur battait à tout rompre et ses jambes en flageolait... Alors, comme on le fait souvent quand on craint l'échéance, il avait trouvé ce sursis illusoire ! Et comme lorsque - parfois - on manque d’assurance, il avait décidé de se montrer piquant et audacieux !
Au diable doigté et subtilité, le chevalier releva doucement la tête, un sourire crispé sur ses lèvres. Et, séduit, il contempla le joli minois qui lui faisait face.

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Le silence est l'ami des princes.
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Alys Manderly
COURONNE
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MessageSujet: Re: (FB) Monter sur scène et descendre dans l'arène ♦ Alys Manderly   Jeu 31 Aoû 2017 - 23:56




En scène !

Les regards avaient, tous, convergés vers elle. La petite sirène s’était déguisée gracieusement en dragon et pouvait désormais gronder sans que cela ne paraisse étrange. Le silence était retombé dans l’assemblée, laissant place aux murmures de surprise et aux regards interloqués. Au fond d’elle, Alys jubilait autant qu’elle craignait les conséquences de tout ceci. Elle était évidemment très enthousiaste à l’idée de pouvoir être celle qui contrôlait cette situation, qui avait la capacité de diriger son petit monde comme lorsqu’elle vivait à Blancport. Mais elle était également inquiète des conséquences que pourrait avoir cet épisode sur la suite de sa vie à Port-réal, que ce soit auprès de Rhaenys ou Aemon. Le Prince ne s’en rendait pas encore compte, mais il lui offrait la capacité de lui donner des ordres, de le ridiculiser, de l’abaisser… Qui savait s’il ne lui en tiendrait pas rigueur plus tard ? Elle ne connaissait finalement que peu le jeune homme.

Mais pour l’heure, il se contenta de s’incliner devant elle qui releva plus encore son port de tête devant sa réflexion, ne lui offrant nul sourire, se contentant de rester droite autant que l’aurait fait Rhaenys. Que connaissait-elle de ce lien entre la jeune femme et son cousin ? Que ce qu’elle avait bien daigné lui dire, donc peu de choses. Rhaenys appréciait énormément Aemon. A contrario, le jeune homme semblait plus emballé dans ses sentiments. Mais finalement, le jeune Prince vint ployer le genou devant elle, se montrant dans une position plus faible qu’elle ne l’avait jamais été en présence de la princesse. A la réflexion, Alys ne se souvenait que peu du jour où elle s’était inclinée devant Rhaenys pour la dernière fois. Leur relation était devenue si proche, si fusionnelle qu’il était impossible pour elle de ramener à sa mémoire cet événement.

Laissant le Prince présenter la situation, elle se mit à réfléchir, portant son verre de vin à ses lèvres une nouvelle fois, toisant l’assemblée autant qu’Aemon d’un regard profond et supérieur que sa sœur de cœur lui avait directement inspiré. Que devait-elle répondre ? Que devait-elle dire ? Elle n’avait pas la moindre idée de la raison de cette convocation de son cousin par Rhaenys et n’aurait su l’inventer. Peut-être était-ce dû à son comportement ? A ses manières ? Après tout, n’avait-elle pas trouvé le Prince dans un bordel ? Se levant de son trône sur une table chancelante, elle tendit son verre en arrière, attendant. Visiblement, les dames de compagnies de la reine qu’elle était ne savait guère comment s’y prendre et Alys leur adressa un regard avant de fixer ses yeux azurés sur le verre pour leur faire comprendre qu’il fallait qu’elles agissent. L’une d’elle, aussi saoule qu’elle pouvait l’être, s’avança en titubant pour se saisir de la coupe de la jeune fille, n’hésitant pas même à tremper ses lèvres dans le breuvage. S’avançant du bord de la table, Alys baissa son regard sur le Prince, le toisant de haut. « Mon beau cousin… Vous retrouver fut aussi ardu que d’affronter Balerion lors de cette grande bataille… Vous me voyez fort heureusement enchantée de vous avoir à mes côtés. » Que devait-elle reprocher à Aemon ? Elle n’en avait pas la moindre idée, réfléchissant sans relâche à la chose quand, la plus flagrante, lui fit enfin dire quelque chose. « Bien des choses m’ont été rapportées à votre sujet, Aemon… Des choses peu enviables pour un homme, mais encore moins pour un Prince. Il m’a été dit que vous passiez le plus clair de vos nuits dans un de ces lieux où les femmes n’ont plus de vertu et les hommes choisissent de se perdre dans leur bras déshonorés. » « T’es jalouse, ma jolie ? » La voix était venue de derrière elle. L’une de ses « dames de compagnie » venait de ricaner devant sa propre bêtise. Alys haussa un sourcil avant de toiser la foule, cherchant deux hommes à forte carrure pour leur désigner d’un geste de tête la maladroite putain. « Gardes. Veuillez éloigner de ma vue cette malheureuse. Vous apprendre ma chère que la jalousie touche bien des gens en ce monde, mais certainement pas une reine. » Sous les cris enthousiaste, la catin fut attrapée par les poignets avant d’être conduite à l’extérieur. Après tout, n’avait-elle pas perdu le sens même de la pièce qu’elle jouait ?

Poussant un soupir, Alys finit par lever la main, réclamant un silence qu’elle obtint sans grande peine. Relevant légèrement le menton, elle soupira longuement avant de poursuivre. « Votre comportement me déçoit, mon beau cousin, d’autant que je ne puis l’expliquer. Peut-être pourriez-vous éclaircir ce point litigieux pour moi en me faisant part du mal être qui est vôtre ? » Si elle pouvaiten apprendre plus sur la relation entre Rhaenys et Aemon, Alys n’allait pas s’en faire prier, après tout.

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