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 (FLASHBACK) L'Important, C'est D'Etre En Bonne Compagnie

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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : A Castral-Roc, en Terres de l'Ouest
MessageSujet: (FLASHBACK) L'Important, C'est D'Etre En Bonne Compagnie    Mar 25 Juil 2017 - 14:13




l'Important, c'est d'être en Bonne Compagnie
Le voyage avait été peinible. Non sans raison, car la Route d'Or n'était pas la plus agréable pour voyager en grand apparat, slalomant entre les rocheuses de l'Ouest, les campagnes du Bief et enfin, les petites routes de la Couronne. Le cortège qui était parti de Castral-Roc avait dû faire halte à plusieurs reprises, rendant le trajet plus long encore. Pourtant, on ne comptait que trois chargements. Le carrosse principal, tout d'abord, transportant la suzeraine et sa belle-mère, ainsi que deux servantes devant les assister. Une autre voiture contenait leurs bagages, quant à la troisième, elle renfermait quelques trésors d'artisanat de l'Ouest destinés au nouveau Roi, et glorifiant avec un bel excès le rôle clé joué par les Lions Lannister dans la fin de cette guerre. Au demeurant, la garde rapprochée de la famille fermait la marche. Et pourtant ! Toutes les petites bourgades par lesquelles on était passé s'accordaient pour dire que jamais, depuis le début de la Grande Guerre, on avait vu pareil équipement sur les sentiers du royaume, et nombreux étaient les curieux qui avaient tenté de percer le mystère des doubles rideaux de lin, qui protégeaient les passagères des nuages de poussière provoqués irrémédiablement par les quatre roues lancées à grand galop. A l'intérieur, les deux femmes attendaient la délivrance. « Par les Dieux, ma Fille, je n'en peux plus. Je serai bien aise lorsque nous serons enfin arrivées ! » Johanna ne s'était que peu plainte durant le voyage. A présent, elle estimait sans doute sa patience avait atteint ses limites et jugeait bon de donner enfin son avis. « Moi aussi, ma Mère. Encore un peu de courage, Port-Réal ne devrait plus être très loin... » En effet, d'après le capitaine des gardes, on atteindrait la capitale avant la tombée de la nuit.

Du courage, Alerie en avait à revendre. Non contente d'avoir eu à supporter Johanna pendant deux semaine - la Dame de Fer ne manquant jamais de scruter le moindre défaut de maintien de sa bru - en continu et dans un espace confiné, elle s'était mentalement préparée à se confronter à la Cour. Une perspective qui la terrifiait autant qu'elle l'excitait, la jeune femme ne partant pas sans quelques atouts... En effet, l'année passée à Castral-Roc l'avait métamorphosée. De quasi paysanne, elle était devenue une lady de son rang, sous le mentorat avisé de sa belle-mère qu'elle avait fini par tolérer dans ses leçons. Mais par les Sept, que cet apprentissage avait été long et périlleux ! Dans l'entourage proche de la famille suzeraine, on observait un rien amusé la bataille, à présent silencieuse, des deux femmes pour la tête du Roc. Lady Joahanna avait beau été écartée des affaires par son fils en lui faisant épouser son fidèle mais néanmoins ambitieux vassal, il était difficile pour elle de ne pas garder toujours un œil sur Castral-Roc. Quant à Alerie, les premières douceurs du bonheur conjugal passées, elle était entrée dans une si vive colère contre son époux qu'aujourd'hui encore, les murs de la forteresse résonnaient du souvenir de leur dispute. Après la désillusion de son mariage, elle avait longtemps songé à ne quitter sa chambre que pour celle de son frère... Mais c'était sans compter sur Wendy. Le jeune fille avait réussi à persuader son ainée de faire de son statut de suzeraine un atout ; puisque Garett était persuadé d'avoir fait le mauvais choix, autant lui prouver le contraire ! Et Alerie avait alors entrepris un périple à travers ses nouvelles terres, visité chaque fief important de l'Ouest et surtout, surtout : reçu les doléances venues de Port-Lannis, que les artisans et pêcheurs portaient aux pieds d'une suzeraine qui se montrait étonnement à l'écoute.

Alerie repensait à la visite d'une petite délégation d'orfèvres, lorsqu'elle entendit au loin une corne brume retentir. Bercées malgré elles par le rythme de leur voiture, les passagères étaient plongées dans une sorte d'assoupissement, dont elle furent tirées avec plus ou moins de douceur. Cependant, elles échangèrent un regard presque soulagé, alors qu’au dehors, la voix du capitaine des gardes criait : « Port-Réal est en vue, mes Dames ! » La curiosité naturelle d'Alerie prit alors le dessus. D'un geste vif, elle rabattit les courtines des fenêtres et passa sa tête par la portière. Aussitôt, une odeur nauséabonde emplit ses narines, cependant qu'elle manqua d'étouffer sous une quinte de toux. Des relans d'excréments se mêlaient à une forte odeur de pierre et de chair brûlées, ce qui rendait l'air proprement irrespirable. « Ah, mais c'est infect ! Quelle horreur ! » Sa servante lui tendit, compatissante, un mouchoir de soie embaumant fort la menthe et la violette qu'elle appliqua avec vigueur contre ses narines pour chasser ces effluves. Sous son voile de tulles pourpres, Johanna esquissa un sourire narquois. « Ne vous avais-je pas prévenue ? Voilà pourquoi je tenais à voyager couverte ! » Pour toute réponse, Alerie haussa les épaules. L’accueil olfactif que lui réservait la capitale était si décevant qu'elle lui ôtait du même coup toute envie d'entrer en joute verbale avec la Dame de Fer. Du reste, le spectacle qu'offrait la ville au lendemain de la bataille commandait un silence respectueux. La Mort flottait encore dans l'air, déployant ses ailes depuis les portes de la ville jusqu'aux abords du Donjon Rouge qui émergeait d'un nuage sombre et menaçant, sans que l'on puisse véritablement le dire refuge ou prison. On passait entre les ruelles au pas lent, et les quelques rares habitants qui suivaient l'imposant cortège des yeux ne semblaient être que les ombres d'une cité jadis pleine de vie et prospère. Alerie déglutit péniblement. Elle retrouvait dans ce tableau des images trop familières pour ne pas les rattacher aux propres horreurs qu'elle avait vécues ; pourquoi fallait-il qu'à chaque passage du Lion Doré, ne soit semé que misère et destruction ?

« Ah ! Je crois que mon fils nous envoie une escorte, j'entends des chevaux ! » fit Johanna. En effet, on loin, on pouvait entendre le grondement de sabots fraichement ferrés. Quelques instants plus tard, une demi douzaine de soldats aux armures rouge et or, faces cachées sous d'imposants heaume à tête de lion, encerclaient le cortège tandis qu'une voix tonitruante déclara : « Bienvenue à Port-Réal, lady Alerie ! Monseigneur Garett nous a chargés de vous escorter jusqu'au Donjon Rouge ! » La jeune femme acquiesça, non sans retenir un sourire jubilatoire : le capitaine des Mantaux Rouges s'était adressé à elle, et non à Johanna, ce qui avait naturellement provoqué un grognement boudeur de cette dernière. Et de toute évidence, Garett tenait à ce que son épouse trouve toute sa place à ses côtés. Un geste qui, à défaut de l'émouvoir, chassait pour l'heure les relans de rancune pour ne garder que le sens du devoir. D'autant que l'on approchait rapidement de l'imposant palais royal, que la jeune femme découvrait pour la première fois. Grandiose, à l'image de celui qui l'avait imaginé, et terrifiant, à l'image de celui qui l'avait achevé. La pierre qui donnait son nom à l'édifice luisait, pâle, sous un millier de lumières que l'on allumait une à une. Le soir tombait sur la ville, et depuis les sept tourelles jusqu'aux remparts d'acier, on préparait ses habitants à gagner les intérieurs. Et lorsque l'on franchit l'entrée principale et que le carrosse s'arrêta enfin après avoir fait le tour du Barbican, Alerie eut l'impression de pénétrer dans une ville dans la ville.

Le Barbican était surchargé. Des soldats, principalement Lannister, des pages prêts à mettre les nouvelles venues à leur aise, une délégation de nobles de l'Ouest ayant survécu la bataille et surtout, trônant tel un prince au milieu de sa Cour, Garett. Alors que Johanna descendait la première telle la lionne nourricière qu'elle était, Alerie resta un instant au fond du carrosse et respira profondément. Ils ne s'étaient ni parlé, ni vus, ni même écrit depuis la terrible discorde qui avait du même coup signé l'arrêt de mort de leur bonheur conjugal. Et si la jeune femme ne regrettait pas une seule de ses paroles, elle pouvait difficilement nier qu'elle craignait ce revoir. Cependant, elle savait aussi que du haut de sa grande victoire, le suzerain de l'Ouest allait avoir un choc : Alerie n'était plus la même à bien des égards. Aussi, c'est lentement et avec une grâce d'impératrice que la Dame du Roc accorda sa main au capitaine de sa garde qui, avec une infinie révérence, aidait sa suzeraine à descendre de voiture. Bien que ses habits de voyage ne devaient remplir qu'une fonction pratique, ils étaient d'une rare élégance : un long fourreau pourpre et or boutonné jusqu'au cou, de longues manches kimono d'où seules les petites mains gantées dépassaient, des bottes de voyage d'un cuir de premier choix et surtout, une coiffe compliquée qui dissimulait la masse de ses cheveux blonds sous une sorte de capuche de soie retenue à la tête par deux épingles qui ressemblaient comme deux gouttes d'eau aux diadème des anciennes Reines de l'Ouest. Elle s'avança avec dignité jusqu'à son époux, qu'elle salua d'une impeccable révérence. « Mon Seigneur. Je remercie les Dieux de vous avoir épargné et donné la victoire, et de nous réunir à nouveau. » Il n'y avait aucune émotion dans sa voix, sinon qu'un respect digne des plus nobles épousées. La rancœur avait beau gangréner ce mariage, il n'était pas question d'en faire étalage devant la Cour.

L'agréable surprise qu'elle lu dans les yeux de son époux lui arracha un petit sourire mutin. Une bouffée d’orgueil colora ses joues, cependant que Garett constatait ce que tous, déjà dans l'Ouest, avaient constaté avant lui durant les semaines qui s'étaient écoulées : de suzeraine malgré elle, elle était devenue suzeraine de cœur. Elle avait appris à connaître son pays d'adoption, y trouver le charme qui avait façonné sa mère qui y était née, et peut-être commencé tout doucement à ne faire qu'un avec lui. Johanna Lannister avait beau se targuer d'avoir été à l'origine des prouesses de sa belle-fille, d'avoir dompté la sauvageonne arrivée chez elle encore boueuse de ses marécages d'origine - Alerie avait surtout réfléchi. Et le fruit de sa réflexion l'avait amenée jusqu'ici. Cependant, elle ne pu s'empêcher de trembler légèrement lorsqu'il prit sa main pour la relever. « Ma Dame. C'est un plaisir de vous revoir, en particulier ici. Sans doute vos prières nous ont été d'une grande aide. » Elle n'arrivait pas à savoir s'il était sincère ou sarcastique. Mais dû aux circonstances, elle préférait croire qu'il pensait chaque parole prononcée. Car, sous les grands yeux sermonneurs de Wendy, elle avait effectivement prié les Sept pour la victoire rebelle et le retour de son époux. Sa main reposant toujours dans la sienne, Alerie salua ensuite un à un les seigneurs présents - avec lesquels, pour beaucoup, elle associa un souvenir d'une épouse, d'une mère ou d'une sœur restée au fief familial qu'elle avait pu visiter. Aussi, elle donna à chacun de leurs nouvelles, constatant que la surprise de Garett ne cessait de grandir. Mais ce fut elle qui en fut saisie lorsque Garett s'arrêta devant le seul couple présent : un couple si parfaitement assorti - malgré la robe visiblement étrangère qu'arborait la jeune fille - qu'elle reconnu, avant même qu'il ne prononce son nom, les jumeaux Tarbeck.

« Lord Doran, Lady Allyria. C'est un plaisir pour moi de mettre un visage sur les noms entendus à Château-Tarbeck par votre mère, lady Serra ! » Elle confia sa main à baiser au jeune homme, et adressa un sourire à la jeune fille. Après quoi, Garett la menait en direction des entrailles du Donjon. « J'espère que vous avez fait bon voyage ? » Elle allait lui répondre qu'il avait été aussi bon que ne le pouvait être celui empruntant la Route d'Or, lorsque la voix d'un homme les fit tous deux se retourner. « Lord Garett ! La princesse Rhaenys vous demande ! » Si le ton était poli, la réclamation royale sous-jacente ne souffrait aucun délai. Aussi, s'inclinant sur la main de sa femme sans pour autant en effleurer le gant de ses lèvres, il demanda : « Dame Allyria ! Pourriez-vous vous charger de montrer à Dame ma Mère et Dame Alerie leurs appartements respectifs ? » Et sans plus de considération pour le curieux trio que formaient à présent les trois têtes blondes, suivi l'homme de main en direction de ce qui devait être la Tour de la Main. « Bien ! Lady Allyria, vous avez entendu votre suzerain : montrez-nous ! » Comme à son habitude, Johanna Lannister faisait preuve d'une élégance toute particulière. Trop au fait de ce que ses excès pouvaient parfois en terrifier plus d'un valeureux guerrier, Alerie s'avança vers Allyria pour glisser son bras dans le sien. « En vous remerciant, lady Allyria. Peut-être aurez-vous la gentillesse de pardonner mon excès de curiosité qui meurt d'envie de connaitre l'origine de votre robe : elle est exquise, autant que vous l'êtes dedans ! »


© Belzébuth

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    I Will Fight Them Within My Marriage
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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Allyria Tarbeck
OUEST
■ Localisation : Château Tarbeck
MessageSujet: Re: (FLASHBACK) L'Important, C'est D'Etre En Bonne Compagnie    Hier à 17:04




l'Important, c'est d'être en Bonne Compagnie
« Lady Tarbeck ? Lady Tarbeck ?»

Je relevais les yeux lentement, sortant d’une léthargie qui avait sans doute duré de nombreuses minutes. Le Donjon Rouge bruissait d’une activité supérieure à la normale, et en effet, le roi Jaehaerys Ier et la princesse Rhaenys accueilleraient aujourd’hui la délégation de l’Ouest venue rejoindre son suzerain. Cela faisait déjà de longues heures que le convoi était visible dans le lointain, tout de rouge revêtu il avançait lentement mais surement en direction de la capitale. Le mot avait été donné quelques jours auparavant : Lady Johanna Lannister, mère du seigneur du Roc, et Lady Alerie Lannister, suzeraine de l’Ouest, étaient en route pour rendre hommage au nouveau roi.

« Ally ? »

Le jeune homme qui passait la tête dans l’encadrement de la porte arborait les couleurs de la maison Tarbeck avec prestance. Doran avait toujours été un très beau jeune homme, mais ses nouvelles responsabilités de seigneur de Château-Tarbeck l’avaient transformé en un homme magnifique. D’un pas leste il traversa la pièce pour se placer derrière moi, je pouvais voir ses mains se déposer sur mes épaules dans le miroir de la coiffeuse face à laquelle je m’étais assise. Il portait à la main gauche la bague de notre père, arborant pour la première fois le signe de son nouveau rôle. Doran était devenu un des hommes importants de l’Ouest. Je n’avais que trop fréquenté les hommes importants de l’Ouest pour ignorer que le pouvoir les changeait irrémédiablement… Et pourtant, la main qui se déposait contre la peau nue de mes épaules était aussi douce qu’auparavant, autant empreinte de cet amour fraternel inexplicable unissant un frère à sa sœur jumelle.

« Tout va bien se passer… »

Il ne savait rien et pourtant avait tout compris. Il avait vu clair dans l’expression tendue de mon visage, la manière que j’avais eu de faire les cent pas dans nos appartements, les longues promenades solitaires dans le jardin et les longues absences que j’imputais à la fatigue et qui avaient tout à voir avec ce qui était sur le point de se produire. Quelques jours s’étaient écoulés depuis la fameuse nuit qui avait scellé mon destin à celui de Garett Lannister, et je gardais encore le souvenir de sa peau contre la mienne, de sa voix me murmurant qu’il m’aimait. Cela avait été bien plus qu’une union charnelle, qu’une erreur devant les Dieux, pour la première fois nous avions été vrais… pour la première fois je m’étais sentie en phase avec moi-même en présence d’un autre être. La langueur et la douceur du petit matin qui avait suivi ce moment avaient malheureusement pris fin avec l’annonce de l’arrivée prochaine du convoi de la suzeraine de l’Ouest. La réalité. En plein visage. Le rêve avait duré une nuit entière, il avait été plus doux et délectable que jamais, mais à présent la vérité se faisait violente. Garett Lannister était un homme marié, marié à Alerie Piper, cette même femme qui, chemin faisant, se rapprochait à mesure que les heures passaient. On la disait amère et malheureuse dans un mariage qu’elle n’avait pas choisi, mais on la décrivait également comme une très belle femme, une jeune femme digne de la famille suzeraine de l’Ouest et qui s’était montrée plus qu’à la hauteur dans son rôle d’épouse.

Le miroir qui me faisait face me renvoyait une image bien plus nuancée de la jeune femme que j’étais. Un instant je restais là, fixant mon propre regard en essayant d’y déceler quelque chose. La figure qui me faisait face me paraissait presque une véritable inconnue. Long cheveux d’or, des yeux bleus, des traits fins et une robe laissant apparaître de fines épaules à la peau laiteuse. J’avais été la fierté de ma famille, le fleuron d’une puissante famille ouestrienne. Qu’étais-je à présent ? Sans doute aux yeux du monde étais-je restée la même, avec une garde robe fantaisiste et bien trop indécente pour une jeune fille de ma condition. Pourtant je n’étais pas la même. Garett l’avait vu. Il avait compris que ce que nous avions construit comme une amitié sincère était devenu bien plus. Je clignais finalement des yeux lorsque la bouche de Doran venait se déposer sur le haut de mon crâne.

« Tu es magnifique. Tu fais la fierté de notre maison, Allyria. N’en doute jamais, s’il te plait. »

D’un sourire doux il se reculait avant de quitter la pièce pour me laisser finir de me préparer. Me préparer à un jeu de dupe des plus insultants. A peine Garett avait-il délaissé mon lit qu’il me chargeait d’accueillir son épouse et sa mère, de les guider à travers le Donjon Rouge. Sans doute aurais-je été ravie d’être missionnée ainsi, autrefois. Aujourd’hui il ne s’agissait pas de guider ma suzeraine jusqu’à ses appartements, mais bien de regarder dans les yeux la femme que j’avais trahie. Il s’agissait de sourire, de feindre l’honnêteté, alors que je sortais juste des bras de celui qu’elle avait épousé devant les Sept. Sans plus de résistance, je laissais la domestique déposer un lourd collier de pierres précieuses autour de mon cou, coiffer mes cheveux afin qu’ils forment les ondulations parfaites, et encore tant d’autres coquetteries qui semblaient nécessaires pour être présentable face à la suzeraine de l’Ouest.

« Je suis sûre que vous serez parfaite, ma lady. »

Parfaite. Parfaite sur le papier. Parfaite dans mon rôle. Avais-je seulement une autre alternative ? Garett comptait sur moi. Doran comptait sur moi. Ainsi je serai parfaite. Révérence parfaite. Un sourire charmant. Une conversation agréable sans jamais être intrusive. Je me démontrerai une musicienne accomplie et peut-être même irais-je me promener dans les jardins. La définition de la parfaite demoiselle de bonne famille. Malgré moi je riais en réponse à ma servante. Savait-elle seulement à quoi point j’étais loin d’être parfaite ? Voilà que l’on me poussait à nouveau dans ce moule que j’avais tant redouté, ce moule que je ne combattais à présent qu’au travers de robes excentriques… des robes que j’avais adopté comme le symbole de ma féminité acceptée, de ma force, et qu’à présent on trouvait du meilleur goût à la cour. Ma subversion même était devenue une mode. Savait-elle à quel point j’étais imparfaite ? Je n’étais pas une jeune femme discrète et humble, vouée aux Sept et à mon suzerain. J’étais une jeune femme forte, capable de manier le fouet et la dague, montant à cheval comme un homme, indépendante de corps et d’esprit. J’étais de ces femmes de Pentos qui disposent d’elles-mêmes. Voilà ce que j’étais… au fond.

Je relevais les yeux et le reflet de miroir me semblait plus étranger encore que quelques minutes auparavant. Les bijoux de la famille Tarbeck brillaient à mon cou et au sommet de mon crâne, un petit diadème précieux dont l’argent peinait à se mêler à l’or de mes cheveux mais faisait ressortir que la pureté des saphirs. La jeune femme qui me faisait face était sans nul doute parfaite dans son rôle. La définition même de la jeune femme de noble naissance.

« Lady Allyria ? Lord Lannister vous fait dire qu’il est temps… Il vous attend dans l’antichambre. »

Je fermais les yeux un instant et prenais une longue respiration. Si Garett était devant la porte alors je n’avais clairement aucune voie de sortie. Je me levais d’un bond, décidant de ne pas laisser l’angoisse me clouer au sol. Remettant en place les plis de ma robe, je me dirigeais d’un pas assuré vers les portes que j’ouvrais à la volée pour me retrouver face au seigneur de l’Ouest. Nos regards qui se croisaient valaient plus encore que tous les mots du monde.

« Laissez-nous. »

La voix de Garett m’avait fait sursauté tant je ne m’étais pas attendue à l’entendre si tôt, elle claquait dans l’air et faisait fuir les quelques domestiques qui restaient autour de nous. A peine la porte était-elle claquée qu’il se mettait en marche vers moi, ne quittant jamais mon regard et accélérant le pas à mesure qu’il se rapprochait. Je m’étais attendue à ce qu’il me prenne dans ses bras, à ce qu’il m’embrasse, mais au lieu de cela il prenait ma main avec une infinie douceur pour la porter à ses lèvres. Au contact de sa bouche contre ma peau de frissonnais et du fermer les yeux pour ne pas laisser le trouble me prendre toute entière. L’une de ses mains délaissait la mienne et venait se déposer contre ma joue pour la caresser avec une infinie douceur.

« Garett… »
« Je sais… »

Je déposais ma main contre celle qu’il avait déposé sur ma joue, tentant de prolonger ce contact, tentant de le faire pénétrer en moi, de l’amener toujours plus près. Nous allions devoir interrompre rapidement ce moment de pure intimité et entrer dans le monde comme deux étrangers. L’idée de le voir s’éloigner de moi me tordait l’estomac, plus encore l’idée de le voir aux côtés de celle qu’il avait promis d’aimer et protéger devant les Sept. Il allait la traiter en épouse, comme il se devait, et je la traiterai en suzerain. Il me traiterait en étrangère et il serait mon suzerain.

« Je ne suis pas sûre d’être capable de faire ça, Garett. »

Son visage était empreint d’une expression de gravité. Je pouvais voir qu’il ressentait le même trouble, la même culpabilité, je pouvais deviner qu’il était tiraillé au même titre que je l’étais. Tiraillé entre l’envie de n’être que tous les deux, et la nécessité de ne jamais blesser cette femme qui ne faisait que son devoir. Elle ne méritait pas cela. Notre devoir était de nous séparer, nous le savions tous deux. Pourtant nous étions tous deux dans cette pièce, et pour la première fois je me risquais à me rapprocher encore de lui pour déposer mes lèvres contre les siennes. Nous devions nous séparer, mais comment accepter de ne plus voir celui qui s’apparentait à mon oxygène à présent ? Etait-il possible de cesser volontairement de respirer ?

Les coups frappés contre la porte nous firent sursauter tous deux, et nous retrouvions une distance raisonnable sans pour autant nous quitter des yeux.

« Monseigneur, le convoi est sur le point d’arriver. Il est temps. »

Il devait sortir le premier, se précipiter sur les marches d’entrée et rendre hommage à son épouse venue de nos contrées lointaines. Il restait un instant silencieux à mêler son regard au mien, puis sorti à la hâte comme pour ne pas se laisser retenir plus encore.

Alors que je le regardais sortir, je prenais un instant pour retrouver mon souffle, la fenêtre que j’ouvrais me laissait entendre en contre bas l’annonce du convoi et l’enthousiasme de ceux qui l’avaient suivi. Elle était là. Sans un mot je me retournais pour rencontrer le regard de Doran. Il était temps.

Lors que nous arrivions, tout était presque en place, ne manquait plus que la porte ne s’ouvre pour laisser sortir la suzeraine de l’Ouest et lady Johanna Reyne, sa belle-mère. Juste derrière Garett, je tentais de tenir mon regard aussi loin possible de sa nuque, du bas de son dos, de ses boucles blondes qui avaient caressé le bas de mon dos. Le monde est un théâtre.

« Lord Doran, Lady Allyria. C'est un plaisir pour moi de mettre un visage sur les noms entendus à Château-Tarbeck par votre mère, lady Serra ! »

Je plongeais dans une révérence profonde et des plus gracieuses, retrouvant sans encombres les vieux réflexes de ma prime jeunesse. J’évitais malgré moi le regard d’Alerie Lannister, conservant mes yeux fixés sur le sol afin de feindre l’humilité la plus totale. Humilité, ou culpabilité, personne d’autre que moi ne le savait.

« Ma Lady, c’est un honneur et un plaisir, l’Ouest ne pourrait rêver de plus gracieuse ambassadrice. »

Doran était sans aucun doute un parfait courtisan à présent. Je restais silencieuse, laissant le chef de famille faire son devoir et offrir ses respects à sa suzeraine. Sans doute aurais-je du répliquer quelque chose, mais Garett ne m’en laissa pas l’occasion.

« J'espère que vous avez fait bon voyage ? »

A peine avait-il prononcé cette phrase qu’un garde s’approchait à la hâte.

« Lord Garett ! La princesse Rhaenys vous demande ! »

Non. Pas déjà. Je pouvais déjà sentir la panique rosir mes joues. Le regard interloqué de Garett se posait sur moi l’espace d’une seconde… Mon entrevue avec Alerie n’était guère censé débuter si tôt, mais puisque le destin aimait s’amuser…

« Dame Allyria ! Pourriez-vous vous charger de montrer à Dame ma Mère et Dame Alerie leurs appartements respectifs ? »

J’entrouvrais la bouche mais aucun mot n’en sortait. Je pouvais voir le regard de Garett éviter soigneusement le mien, feignant à merveille une expression de hâte.

« Bien ! Lady Allyria, vous avez entendu votre suzerain : montrez-nous ! »

La voix de Johanna Reyne claqua dans les airs, donnant à Garett l’occasion de s’eclipser sans plus d’explications, emportant avec lui mon frère, me laissant seule avec Lady Johanna et Lady Alerie. Johanna n’avait jamais été une femme particulièrement tendre avec moi, sans doute n’avait-elle jamais vraiment accepté l’affection profonde que me portait depuis toujours son père, Godric Lannister. Godric avait plaidé depuis longtemps pour qu’un mariage soit arrangé entre Garett et moi-même, mais s’il avait du se ranger à la décision d’un mariage avec les Tyrell, il avait toujours secrètement affirmé que le second mariage de Garett aurait du se faire parmi les maisons de l’Ouest… Cela, Lady Johanna ne l’avait pas accepté, et elle ne m’avait pas acceptée. J’étais une menace. Sans doute n’avait-elle jamais vraiment mesuré à quel point.

« En vous remerciant, lady Allyria. Peut-être aurez-vous la gentillesse de pardonner mon excès de curiosité qui meurt d'envie de connaitre l'origine de votre robe : elle est exquise, autant que vous l'êtes dedans ! »

Le bras qui se glissait dans le mien était celui d’une jeune femme souriante et douce, un instant je me laissais aller à m’imaginer devenir amie avec Alerie. Etions-nous si différentes après tout ?

« C’est un honneur, ma lady. Vous l’aurez sans doute remarqué j’apprécie tout particulièrement les tenues Pentoshi. Un tissu de Myr et une coupe venue d’Essos, voilà mon secret. »

J’avais murmuré les derniers mots, comme l’on ferait une confidence à une amie, et je me surprenais à rire aux côtés de celle que j’avais tant redouté.

« Votre tenue n’a rien à envier à la mienne, ma Lady, vous êtes la fierté de l’Ouest. »

Je présentais tout d’abord ses appartements à Lady Johanna qui, sans tarder, nous affirmer vouloir se rafraichir et se reposer avant le banquet prévu pour le soir même. Après quelques instants, nous arrivions finalement aux magnifiques appartements des suzerains de l’Ouest. Je respirais profondément afin de pénétrer dans ce lieu que je ne connaissais que trop. L’espace était immense et décoré aux couleurs de la maison Lannister. La chambre de lady Alerie se trouvait sur la gauche, et à notre droite… la chambre du suzerain. Je détournais le regard, car bien trop de souvenirs étaient à présent liés à cette chambre.

« Vous voilà arrivée, ma Lady… vous devez sans doute avoir besoin de repos après un tel voyage. »

Je plongeais à nouveau dans une révérence avant de tourner les talons, la hâte n’était pas visible mais bien présente. Il fallait que je sorte d’ici. Pourtant, je n’étais pas encore proche de la porte que déjà la voix d’Alerie s’élevait…


© Belzébuth
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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : A Castral-Roc, en Terres de l'Ouest
MessageSujet: Re: (FLASHBACK) L'Important, C'est D'Etre En Bonne Compagnie    Aujourd'hui à 23:22




l'Important, c'est d'être en Bonne Compagnie
Exquise. Il n'y avait pas d'autres mots pour la décrire. Elle portait sa jeunesse comme un diamant, éclatante et rehaussée par cette tenue qui laissait pleinement loisir à l'admirer. A la différence des autres jeunes filles nobles de l'Ouest qu'elle avait eu le loisir de rencontrer lors de ses diverses visites, Allyria ne regardait pas le sol mais droit devant elle ; et si elle n'osait croiser le regard de sa suzeraine, c'était sans doute par contraste, comme une forme de respect. Une franchise qui instantanément, lui plu. Elle était différente, nouvelle, curieuse dans son paysage qui lui était encore si étranger. Pour la première fois, elle avait l'impression de reconnaitre une présence familière. C'était stupide, sans doute, mais l'entretien qu'elle avait eu avec sa mère, Lady Serra, lui donnait le sentiment la connaitre quelque peu. Elle lui avait dépeinte sa fille comme la fierté familiale, et de la manière dont elle en parlait, sans doute son enfant préférée. Elle avait tout de suite était prise d'affection pour cette mère affectueuse, laissée comme tant d'autres à la merci des nouvelles venues du front, priant les Dieux chaque jour pour que lui soient ramenés les siens sains et saufs. Et Lady Tarbeck avait déjà tant souffert de cette guerre ! Elle lui avait raconté comment, successivement, le Guerrier et l’Étranger lui avaient pris l'époux, l'ainé et le cadet. Elle savait les deux derniers fils, Deran et Doran, enrôlés aux côtés de Garett pour le siège de Port-Réal mais si elle avait apperçu le jumeau de la jeune fille à ses côtés, dans la Cour, elle n'avait pas vu d'autre soldat portant le bouclier étoilé de sa famille...

« C’est un honneur, ma lady. Vous l’aurez sans doute remarqué, j’apprécie tout particulièrement les tenues Pentoshi. Un tissu de Myr et une coupe venue d’Essos, voilà mon secret. » Son rire était limpide, rafraichissant. Comme une source claire au bout d'un chemin sec et sinueux, à l'image de celui sur lequel elle avait voyagé, et des quelques semaines restées à l'Ouest avec pour seule compagnie sa cadette Wendy, pieuse et maniérée comme à son habitude, et Johanna qui, sur le même ton qu'elle avait ordonné Allyria, avait passé son temps à chasser sa bru d'une pièce à l'autre et d'un fief au suivant, en trouvant toujours quelque chose à lui redire. Aussi, si leur discussion pouvait paraitre futile, parler chiffons lui soulageait le cœur comme à l'époque où, insouciante, elle galopait à travers les landes des abords de Château-Rosière, les cheveux au vent et dans un galop sans selle. Son rire se joint alors naturellement au sien. « Un secret simple, mais divin ! Me permettrez-vous de le partager ? Il y a trop longtemps que j'arbore les mêmes coutures : la victoire sur le Cruel me semble le moment idéal de dépoussiérer un peu ma triste garde-robe ! » Elle ignora avec un superbe dédain le regard formidablement choqué de sa belle-mère qui, retournée brusquement sur ses dires, manquait d'entrer en collusion avec les deux jeunes filles. L'aversion qu'elle portait à la petite Tarbeck n'était pas, lui, le secret le mieux gardé du Roc : elle lui reprochait du même coup sa proche amitié avec son fils - quand on est une dame de son rang, on ne collude pas allègrement avec les hommes autrement que dans la prospection d'un mariage - et naturellement, sans fantaisies de couturière !

« Votre tenue n’a rien à envier à la mienne, ma Lady, vous êtes la fierté de l’Ouest. » « Cette vieille chose ? Vous êtes trop bonne, lady Allyria. En vérité, j'ai l'impression d'être pleine de crasse, et j'ai hâte de m'en défaire et de plonger dans un bon bain ! » Elle eut un nouveau rire. Décidément, Allryai Tarbeck lui plaisait. Et tandis qu'elle franchissait la porte de ses appartements, la perspective de s'entourer de celle qui avait en plus de tout la qualité trop rare de réduire à blanc les nerfs de sa belle-mère la ravissait plus encore. Cependant, lorsqu'elle passa la double porte de bois finement sculptée, elle lâcha le bras de sa compagne et s'avança à pas précautionneux, la bouche légèrement ouverte et les yeux agars. Ce n'était pas tant le luxe qui régnait dans la pièce qui l'impressionnait ; à bien des égards, celui du Roc égalait, voir même surpassait les grands tapis travaillés, la délicatesse des divers bibelots ou encore, le travail de menuiserie qui avait accouché de la table, de la coiffeuse et de la garde-robe, mais aussi du grand lit à double baldaquin qui trônait contre le mur. Mais ce qui la fascinait, c'était le contraste : le contraste entre la richesse de l'intérieur et la pauvreté du dehors. Le balcon de sa chambre, orné de lierres et de petites roses sur le point de bourgeonner, donnait sur la Baie de la Néra ; en son flanc, la ville - noire de cendres, de pierres calcinées, et de chaire brûlée. D'ailleurs, il n'y avait qu'à se pencher quelque peu sur la balustrade pour que la nauséabonde odeur ne reprenne ses droits sur le délicieux parfum d'encens qui brûlait sur la table. « Ah, quelle cette odeur répugnante... » lâcha-t-elle avec une moue dégoûtée. Elle s'approcha alors de la table pour mieux humer les effluves de chanvre et de citron.

Comme pour faire écho à son souhait de se restaurer, Allyria exécuta alors une parfaite génuflexion. « Vous voilà arrivée, ma Lady… vous devez sans doute avoir besoin de repos après un tel voyage. » Elle allait déjà pour partir qu'Alerie la retint. « Attendez. » Son ton un peu sec contrastait avec la gaieté précédente mais toute occupée à lire un parchemin posé près des encens et d'en assimiler l'information, elle n'avait pas trouvé meilleure manière de le lui demander. « Rien de grave, rassurez-vous, mais ces quelques mots laissés pas mon époux m'informent qu'il vous a nommée au rang de ma nouvelle dame de compagnie ! » D'un mouvement souple, elle se laissa glisser contre le dossier d'une des chaises, la note suzeraine dans sa main droite. Le sourcil froncé, elle parcouru une nouvelle fois l'écriture élégante. Cette nomination était pour le moins imprévue. Il lui avait pourtant promis qu'elle choisirait elle-même ses compagnes ! Brusquement, alors, le souvenir lui revint ; il avait promis, certes, mais avant leur violente altercation. A présent, nul doute qu'il était plus soucieux que jamais d'entourer son épouse de dames issues des plus grandes - et plus fidèles - maisons de l'Ouest. Sans doute par crainte qu'elle n'ourdisse un plan de vengeance à l'insu de tous, et avec la seule complicité de sa trop douce et effacée cadette qu'elle avait d'ores et déjà nommée comme Dame d'Atour ! Elle eut un sourire amusé. Malgré ses efforts, Garett Lannister avait peut-être fait un mal pour un bien. Car s'il était évident qu'elle n'appréciait guère qu'il s’immisce à ce point dans son particulier, la perspective d’accueillir lady Tarbeck en son sein changeait la donne. Et peut-être même la lui donnait-il en présent, pour apaiser les tensions, en devinant que sa jeunesse et son originalité allaient la distraire.

Elle reposa donc le parchemin et, relevant les yeux vers la jeune fille, commençait à se déganter. « La parole du Suzerain ne souffre contestation ! Alors soit, lady Tarbeck : bienvenue parmi mes dames de compagnie. De grâce, ne restez pas debout ! Prenez une chaise et asseyez vous avec moi, je vais faire appeler pour qu'on nous apporte des rafraichissement : je meurs de soif ! » Se saisissant d'une cloche, elle fit tinter ; dans la seconde, un page apparaissait. Elle lui ordonna de servir promptement de l'eau mentholée et quelques mets frais, avant de se laisser reposer contre la chaise, fermant les yeux et soupirant. « Le voyage m'a épuisée... Quelle horreur que cette Route de l'Or ! » Retirant le dernier doigt de son gant gauche, elle les posa sur la table et entreprit de défaire sa coiffe. D'un mouvement souple, ses longues boucles blondes cascadèrent le long de son dos, cependant qu'elle s’atterrait à dégrafer un à un les boutons de son habit de voyage. « Mais j'y pense ! Quand êtes-vous arrivée à Port-Réal ? Reveniez-vous de Penthos ? Mais par les Dieux... » réalisa-t-elle soudain, suspendant son geste, « ne me dites pas que vous étiez présente au siège !? »


© Belzébuth

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    I Will Fight Them Within My Marriage
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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(FLASHBACK) L'Important, C'est D'Etre En Bonne Compagnie

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