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 (FB) Le poids de la Couronne ne saurait être supporté par un seul homme

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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: (FB) Le poids de la Couronne ne saurait être supporté par un seul homme   Mar 25 Juil 2017 - 17:20



Le poids de la Couronne ne saurait être supporté par un seul homme

Tandis qu'il arpentait les couloirs du Donjon Rouge, Robb observait à travers les ouvertures la ruine qui régnait sur Port-Réal. Tout cela avait été nécessaire, souhaitable même, mais aucun homme ne pouvait douter de ce fait devant tel spectacle. Reconstruire prendrait du temps, des hommes, et le nombre de victimes de la guerre continuerait d'augmenter pendant ce temps. Tout cela ne rappelait qu'une chose à Robb: il était le Suzerain de l'Orage à présent, et tout cet effort sur ses Terres lui incomberait à lui, et à personne d'autre.

Accalmie, c'était là qu'il aurait voulu être. Le Cerf avait du quitter les lieux juste après les funérailles de Theodan, ne pouvant se permettre d'être absent lors des négociations qui auraient lieu à Port-Réal. Le sacrifice de Theodan, celui de tous les Orageois, ne pouvait rester impayé. A contrecoeur, Robb avait donc laissé sa forteresse, mais le plus difficile avait été d'abandonner Rohanna, nouvelle Dame de l'Orage, et la laisser gérer seule ses nouvelles responsabilités. Dans son état, Robb aurait préféré lui éviter une nouvelle mise à l'épreuve. Il aurait voulu rester auprès d'elle, pour qu'ensemble ils se fassent à cette nouvelle vie.

L'Etat et le Coeur sont souvent bien éloignés, comme Robb l'avait appris de son père, de ce qu'il avait accompli, et des histoires qu'enfant, il lui racontait. En tant que Suzerain, vainqueur de la Rébellion, il se devait de se montrer fort et inflexible, il le devait à sa Maison, à son père, à ses vassaux. L'Orage prévaudrait dans la paix comme il avait prévalu dans la guerre. Mais lorsque ce serait fait, il repartirait vers sa femme, et vers ce que lui criait son âme.

Déterminé, Robb était arrivé à Port-Réal quelques heures plus tôt, accompagné de quelques chevaliers et d'une garde relativement importante. A peine avait-il posé le pied derrière les portes du Donjon Rouge qu'un page vint s'incliner devant lui, avant de lui annoncer:

"Monseigneur Baratheon, bon retour à Port-Réal! La Princesse Rhaenys vous fait savoir que votre présence auprès d'elle est requise le plus vite possible. Elle m'a envoyé dès que la nouvelle de votre arrivée en ville nous est parvenue. La Princesse vous attend dans la Chambre du Conseil Restreint."

Intrigué, Robb haussa un sourcil. Il s'était attendu à ce que dès son arrivée, il doive rencontrer nombre de personnes, et il avait lui-même prévu d'aller rendre visite à la Stark, ne fut-ce que par respect, et parce que, même s'ils n'étaient cousins qu'à un degré éloigné, les deux nobles s'étaient toujours bien entendus quand ils s'étaient croisés. L'idée d'avoir une alliée dans les négociations à venir, et une alliée de poids vu son nom et ce qu'elle représentait, avait donc traversé l'esprit du jeune Cerf. Pas si tôt cependant, et l'urgence de la demande laissait penser qu'il s'agissait là d'une affaire de première importance.

Robb tendit donc ses rennes à son écuyer, avant de donner ses instructions:

"Ser Dondarrion, assurez-vous que nos hommes soient nourris, et correctement logés. Veillez aussi à ce que les responsables soient mis au courant que nous attendons d'autres Seigneurs de l'Orage, ainsi que leur suite. Que tout soit prêt à leur arrivée."

Le Chevalier se contenta d'un "Bien monseigneur", tandis que Robb se tournait de nouveau vers le serviteur, qui attendait visiblement une réponse.

"Faites savoir à la Princesse que je la rejoindrai dans un instant."

Répondant à son interlocuteur par une révérence, le page repartit d'où il était venu, laissant le temps au Cerf d'ôter la poussière du voyage de son armure, avant de prendre la direction de la Chambre du Conseil, après avoir demandé son chemin à un garde qui passait par là. Pas le temps d'enfiler une tenue de cérémonie, si l'affaire était urgente, Rhaenys saurait lui pardonner ce léger impair.

Une bonne dizaine de minutes étaient passées depuis qu'il avait renvoyé le serviteur quand le suzerain de l'Orage atteignit enfin la porte, gardée par deux soldats, visiblement prévus par son arrivée, puisqu'ils ouvrirent tout de suite la porte, annonçant sobrement:

"La Princesse Rhaenys va vous recevoir immédiatement."

Inclinant la tête en signe de remerciement, le jeune homme pénétra dans la Chambre. Rhaenys était déjà présente, aussi il s'inclina sobrement devant elle, avant d'ajouter dans un sourire:

"Ma Dame, je ne pensais pas vous voir aussi tôt. Comment vous portez-vous depuis l'attaque de la ville? On m'a dit que vous n'étiez pas en reste dans notre victoire."

A l'extérieur, les gardes attendaient visiblement un signe de leur Dame pour fermer les portes, et, comme eux, Robb attendit la réponse de la Targaryen, espérant en apprendre plus sur le pourquoi de cette convocation.


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Rhaenys Targaryen
COURONNE
■ Localisation : Au Donjon Rouge, Port-Réal
MessageSujet: Re: (FB) Le poids de la Couronne ne saurait être supporté par un seul homme   Mar 22 Aoû 2017 - 12:19



Le poids de la Couronne ne saurait être supporté par un seul homme

La douleur n’avait rien de douce ou de facile à ignorer, elle était comme un poignard que l’on aurait planté dans mes côtes pour l’y laisser. Les mestres n’étaient pas inquiets, il faudrait du temps mais la douleur finirait par disparaître et je serais à nouveau en mesure de me tenir debout plus de dix minutes sans manquer de défaillir. A peine quelques jours s’étaient écoulés depuis mon arrivée à Port-réal et le combat mené contre Balerion, la ville était en ruine et je n’étais guère en meilleur état. Mon corps tout entier couvert de marques et de plaies, symboles glorieux de notre victoire sur le Cruel. Tant avait pérît pour la juste cause, je pouvais m’estimer heureuse de me tenir à présent aux côtés de mon frère, dans ce palais qui nous avait vu grandir. Assise au bureau de Jaehaerys, je passais en revue les missives, demandes et autres décrets qui devaient être soumis au roi pour signature. Les choses étaient loin d’être revenues à leur état normal, sans doute plus rien ne serait jamais normal. La ville était en ruine, morcelées de foyers détruits et de corps sans vie. Les maisons du royaume s’étaient déchirées durant tant d’années qu’il serait bien difficile de réinstaurer la paix entre elles. La maison Targaryen elle-même se trouvait déchirée. Dans le tas de parchemins qui se trouvaient devant moi, un seul retint véritablement mon attention.

« Infâme… »
« ... J’aurais sans doute prendre le soin de dissimuler cette missive. »

La voix de Jaehaerys me fit sursauter et je lâchais la lettre de Daenys, tendue par la colère et la surprise. Jaehaerys n’était pas naïf au point de ne pas se rendre compte de ce qui se produisait au sein de notre famille. Les choses étaient plutôt limpides, il n’y avait qu’une Régente possible, et deux personnes se disputaient se rôle. Enfin, se disputaient… J’avais été désignée Régente par le conseil de Régence et par le Roi, et après des mois d’absence et de retranchement dans notre forteresse familiale, notre tante avait jugé de bon goût de réclamer ce qu’elle n’avait jamais mérité.

Jaeherys, qui revenait d’un entraînement avec le maître d’armes, jetait son épée sur l’un des fauteuils avant de s’approcher de moi pour saisir la lettre. La parcourant du regard sans un mot, il laissait échapper un soupir avant de laisser retomber le parchemin sur le bureau d’un air exténué. Toujours aussi silencieux il disparaissait un long instant avant de revenir avec une serviette humide à la main, essuyant son visage pour le débarrasser de la poussière et de la sueur.

« Que veux-tu que je te dise, Rhae ? Je ne peux rien faire. Tu es Régente, voilà ce que je sais et ce que je souhaite. Laisse notre tante se battre contre le vent. »

Sans doute avait-il en partie raison. Les choses avaient été décidées ainsi, et j’avais de mon côté les chefs rebelles, le conseil de régence et le roi. Seulement je connaissais suffisamment Daenys pour ne pas m’attendre à ce qu’elle abandonne. Elle avait de nombreux alliés à la Cour et était sans doute prête à agir. Je ne disais rien, mais mon visage fermé et ma respiration emportée ne trahissaient que trop l’état de colère dans lequel me plongeait la présence de Daenys à la Cour. Soupirant d’un coup, Jaehaerys prenait à présent place dans le trône qui faisait face au mien, de l’autre côté du bureau.

« Comment te sens-tu ? Souffres-tu toujours ? »

Sans doute tentait-il de dévier la conversation, mais son inquiétude était bien réelle. Son air concerné me tirait un sourire attendrit. Il était si jeune, une tâche impressionnante l’attendait, et voilà qu’il agissait comme un ainé inquiet pour la petite fille que j’étais.

« La douleur est bien là, mais tout ira bien. Cela n’est en rien important. »

Ce qui était important n’avait rien à voir avec moi. Nous devions agir, et vite, pour installer Jaehaerys sur le trône et faire en sorte que plus rien ne puisse menacer sa légitimité. A présent qu’il avait été reconnu roi par les grands de ce royaume, que nous avions constitué un conseil de régence et commencé à esquisser un conseil restreint, il nous fallait trouver la pièce maitresse de son gouvernement : la main du roi. Jaehaerys avait été très silencieux à se propos, et je le connaissais assez pour deviner qu’il gardait le silence pour observer. Silencieuse, je lui faisais glisser un parchemin partiellement rédigé, ne manquait plus qu’un nom et une signature. La déclaration publique de l’identité de la nouvelle main du roi.

« Je ne sais pas Rhae. »
« Nous ne pouvons pas attendre davantage, tu le sais. »
« Nous devons choisir une main qui rende hommage aux vainqueurs de la guerre. Garett Lannister est un homme de guerre avisé, mais il n’est pas un conseiller, il ne saura pas rester dans l’ombre du Roi. Nous avons perdu Theodan Baratheon dans la bataille et… »
« Robb ? »
« Il est jeune, mais qui suis-je pour en faire un défaut… »
« Il est de la famille, il est jeune certes mais avisé, et il n’a pas l’orgueil d’un Lannister. »

Le sourire amusé que me renvoyait mon frère avait également pour but de me confirmer que l’idée le convenait. Il nous faudrait une main de l’Ouest ou de l’Orage, et l’un des vainqueurs de la guerre, et si Theodan Baratheon avait sacrifié sa vie pour la cause de Jaehaerys alors il serait plus que justice que son fils et héritier en récolte les fruits. Robb était notre cousin, un jeune homme que j’avais fréquenté à quelques reprises dans notre jeunesse, et qui avait toujours été droit et fidèle. Je n’étais pas assez stupide pour sous-estimer l’influence de ma tante à la Cour, et malgré l’appui de Jaehaerys, je me savais potentiellement menacée. S’il me fallait un allié de taille, alors cela ne pouvait être que la Main du Roi. Robb Baratheon pouvait être un allié.

Me levant d’un bond, je me dirigeais d’un pas assuré vers la porte, l’ouvrant à la volée je m’adressais au page qui se tenait non loin de là.

« Faites querir Lord Baratheon, dites lui que je souhaite le voir dans la chambre du Conseil Restreint. »

Refermant la porte je quittais les appartements de mon frère pour rejoindre les miens. Il me fallait plus que jamais revêtir le costume d’une princesse Régente. Plus que jamais il me fallait donner le spectacle d’un pouvoir restauré. Une robe d’une richesse inédite, aux couleurs de la maison Targaryen, le diadème de la reine Rhaenys sur le haut du crane, je me rendais sans plus attendre dans la salle du Conseil Restreint.

« Votre Grâce, le seigneur Baratheon est arrivé. »
« Faites-le entrer. »

L’homme qui entrait n’avait plus rien à voir avec le jeune homme que j’avais pu fréquenter dans mon adolescence. Sans doute avais-je changé également. Les enfants avaient laissé place à des adultes plus que marqués par le destin. Nous avions tous deux vécu les atrocités de la guerre et perdu des êtres chers. Alors qu’il s’inclinait respectueusement, j’indiquais d’un geste de la main aux gardes de refermer les portes de la salle à présent véritable place forte du pouvoir.

« Ma Dame, je ne pensais pas vous voir aussi tôt. Comment vous portez-vous depuis l'attaque de la ville? On m'a dit que vous n'étiez pas en reste dans notre victoire. »

Je souriais et l’invitais à prendre place dans l’un des lourds fauteuils qui entouraient la grande table du conseil. Versant deux coupes de vin, j’en tendais une à mon cousin avant de prendre place dans un fauteuil non loin de lui, grimaçant légèrement.

« C’est ensemble que nous avons restauré la paix et la justice dans le Royaume, mon cher cousin. Je ne peux que pleurer la perte de votre père, un héros dont nous chériront la mémoire. »

Levant ma coupe pour rendre hommage à Theodan Baratheon, je plongeais mes lèvres dans le nectar épicé. Il n’avait rien du délicieux nectar de l’Arbor mais la guerre ne permettait pas de telles excentricités, et Maegor n’avait jamais été adepte des vins liquoreux, il les aimait puissant, âpres, violents.

« Les blessures de la guerre seront longues à panser, que ce soit les miennes, les vôtres ou celle de notre peuple. »

Je prenais une longue respiration, entrecoupée par la douleur qui me serrait l’abdomen.

« Je manque à tous mes devoirs, comment se porte votre charmante épouse, Rohanna ? »

Il serait bien encore temps de lui parler du rôle que je comptais lui proposer plus tard, avant tout il me fallait m’assurer du soutien futur de celui qui était mon cousin, et qui deviendrait peut-être Main du Roi.


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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: (FB) Le poids de la Couronne ne saurait être supporté par un seul homme   Ven 1 Sep 2017 - 13:00



Le poids de la Couronne ne saurait être supporté par un seul homme

« C’est ensemble que nous avons restauré la paix et la justice dans le Royaume, mon cher cousin. Je ne peux que pleurer la perte de votre père, un héros dont nous chériront la mémoire. »

Derrière un sourire de convenance, Robb cache toute l’amertume et la tristesse de cette perte encore trop proche que pour être abordée. Les funérailles de son père ne dataient que de quelques jours, et déjà son manque se faisait sentir à tous les niveaux. Pendant longtemps, le nouveau Seigneur de l’Orage avait rêvé du jour où il prendrait la place de son géniteur, et ce jour arrivé, il avait compris qu’il était loin d’être prêt. Ce qu’il avait encore à apprendre, il devrait le faire rapidement, sur le tas, alors que tous l’observaient pour connaître sa valeur. Il aurait aimé que son père se tienne à sa place, il aurait aimé être à Accalmie pour soutenir sa femme. Mais le destin en avait décidé autrement… Comme il aurait aimé pouvoir le venger, plonger sa lame dans le coeur de l’Usurpateur, que la dernière chose qu’il ressente soit l’impuissance face à un vrai guerrier, un adversaire qu’il n’avait aucune chance de vaincre, sans la possibilité de lâcher ses monstres contre lui. Justice avait été rendue, oui, et il était mort, mais la même rage s’emparait du Baratheon quand il pensait qu’il n’avait même pas pu assister à cette fin. Pour autant, l’heure n’était pas aux regrets ou à la frustration. Robb avait des responsabilités, et maintenir ses relations avec la Couronne était loin d’être la moindre d’entre elles.


 « Mon père a combattu pour ce que nous pensions tous justes. Il serait heureux de voir votre frère restauré, et de voir la place que vous occupez à présent. »

Joignant le geste à la parole, il lève son verre en direction de la Princesse avant d’en boire une large gorgée. Théodan ne serait pas oublié, l’Orage ne serait pas oublié, c’était son devoir, et visiblement Rhaenys partageait la même opinion, ce qui réchauffait un peu son coeur. Peut-être n’aurait-il pas à chercher ses soutiens trop loin, après tout...

« Les blessures de la guerre seront longues à panser, que ce soit les miennes, les vôtres ou celle de notre peuple. »

A ces mots, Robb ne put qu’acquiescer. Ils se trouvaient dans la Chambre du Conseil Restreint, ici seraient bientôt prises les décisions qui permettraient de fermer une fois pour toutes le chapitre de cette guerre. Que recevraient les Rebelles -désormais Loyalistes- en compensation de leurs pertes ? Que recevraient les Loyalistes -désormais vaincus et déshonorés - en rétribution de ce mauvais choix ? Tout serait fixé entre ces murs, comme cela avait toujours été le cas depuis qu’Aegon avait uni Westeros. La tâche serait ardue, et Robb plaignait déjà ceux qui devraient tempérer les exigences de tout un chacun. Lui-même ferait partie de ceux qui exigeraient des compensations, en son temps, sans doute ferait-il résonner la pièce de ses demandes avec autant de force que les autres, alors peut-être ses rapports avec Rhaenys seraient plus tendus. Mais pour l’instant, c’était en tant que cousins, peut-être même amis qu’ils se retrouveraient. Il était inutile d’alourdir à l’avance une ambiance en anticipant ces moments difficiles.

« Je manque à tous mes devoirs, comment se porte votre charmante épouse, Rohanna ? »

Rohanna. Rohanna avait été brisée pendant cette guerre, plus que tout le reste, c’était cet état de fait qui pesait le plus sur la conscience du Suzerain de l’Orage. Elle s’était retrouvée seule pendant qu’il combattait, et avait payé le prix des pressions qui pesaient sur elle, sans l’avoir à ses cotés pour la soutenir. Son devoir d’héritier avait pris le pas sur son devoir d’époux, et s’ils en avaient tout deux payé le prix, c’était elle qui avait du le vivre de plein fouet. Et alors seulement qu’ils commençaient à revenir à une existence plus normale, Robb avait du endosser le manteau qui serait désormais le sien jusqu’à sa mort. Si la jeune femme avait été un soutien sans pareil pour son époux durant cette épreuve, il n’en savait pas moins qu’une fois encore, elle devrait payer le prix de sa position.

 « Elle se remet toujours de la perte de nos enfants, Votre Altesse. A dire vrai, je crois que tant la guerre que cet événement ont prélevé bien plus sur elle que j’aurais pu le craindre. Mais elle est forte, et maintenant que la paix règne à nouveau, je gage que nous pourrons surmonter ces événements ensemble. Bientôt peut-être, pourra-t-elle me rejoindre à Port-Réal, et avoir l’honneur de vous rencontrer, ainsi que notre Roi ?  »

Robb se garda bien de demander des nouvelles du mari de la Princesse, la rumeur de son divorce prochain avait déjà circulé, et il aurait été malvenu d’aborder le sujet alors que telle n’était pas sa place. De plus, les Stark étaient longtemps restés des loyalistes à Maegor, responsables de la mort de nombre de soldats de l’Orage. Et le scandale qui entourait Edric, son propre frère, et Ashara Stark n’aidait en rien les relations entre Loups et Cerfs. Non, c’était là encore un sujet qu’il préférait ne pas aborder. Mieux valait en venir au coeur du sujet, et s’enquérir de la raison de sa présence auprès de Rhaenys, qui ne l’aurait certainement pas fait demander aussi vite sans raison autre que simplement échanger des politesses.

 « Mais ce sont là des problèmes de couple, dont l’importance doit vous sembler bien triviale face aux épreuves qui se dressent encore devant Sa Majesté, et devant vous. Soyez assurée que vous aurez mon soutien, comme vous avez toujours pu compter sur celui de feu mon père. Les Baratheon seront toujours présents aux cotés de leurs Rois et cousins, soyez-en assurée. S’il y a quelque chose que je peux faire pour vous aider, vous n’avez qu’à demander. »

Ce faisant, Robb se redresse en prenant une autre gorgée de vin. Sans doute Rhaenys désirerait-elle son soutien public sur l’une ou l’autre affaire. Après tout, même s’il n’était pas présent lors de la prise de Port-Réal, il n’en restait pas moins le fils du plus grand héros de la guerre, et le dirigeant de l’une des deux régions les plus influentes des Sept Couronnes.


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Rhaenys Targaryen
COURONNE
■ Localisation : Au Donjon Rouge, Port-Réal
MessageSujet: Re: (FB) Le poids de la Couronne ne saurait être supporté par un seul homme   Mar 19 Sep 2017 - 20:42



Le poids de la Couronne ne saurait être supporté par un seul homme

« Mon père a combattu pour ce que nous pensions tous justes. Il serait heureux de voir votre frère restauré, et de voir la place que vous occupez à présent. »

Imitant mon cousin je levais mon verre, non pas pour célébrer la place que j’occupais à présent mais bien pour rendre hommage au défunt Lord Baratheon. Theodan était par bien des aspects un homme admirable, neveu de mon grand-père Aegon, héritier d’un sang noble et royal, il avait transmit à sa famille des valeurs qui faisaient encore la réputation des Baratheon. Je ne doutais pas de l’aide précieuse que pourrait m’apporter mon cousin dans les prochains mois, au cœur de l’incertitude, mais sans doute l’expérience et la sagesse de Theodan aurait-elle été un guide essentiel pour Jaehaerys.

Nous avions tous souffert, il m’était encore difficile de compter le nombre de morts que comptait à présent ma famille. Robb venait de perdre un père, et avait vécu les horreurs de la guerre. Eloigné de sa famille, de son épouse, que pouvait-il bien trouver à Port-réal qui surpasse le confort d’un foyer ? Sans doute rien, mais j’espérais pouvoir lui offrir suffisamment pour le convaincre de rester.

« Elle se remet toujours de la perte de nos enfants, Votre Altesse. A dire vrai, je crois que tant la guerre que cet événement ont prélevé bien plus sur elle que j’aurais pu le craindre. Mais elle est forte, et maintenant que la paix règne à nouveau, je gage que nous pourrons surmonter ces événements ensemble. Bientôt peut-être, pourra-t-elle me rejoindre à Port-Réal, et avoir l’honneur de vous rencontrer, ainsi que notre Roi ? »

Je baissais les yeux un instant. Perdre un enfant devait être l’expérience la plus douloureuse qui soit pour une femme. Imaginer un petit être grandir en notre sein, puis devoir accepter que cela ne sera pas. Je m’approchais de Robb et déposais ma main sur la sienne d’un geste fraternel. Il était de ma famille, mon cousin, et nous avions eu une relation plus qu’amicale dans notre prime jeunesse. Le temps ne pouvait défaire les liens d’une famille, que le nom soit le même ou non.

« Je suis navrée de cette perte, Robb… Sincèrement… Je serais ravie et honorée de rencontrer Lady Rohanna ! Ce palais a bien besoin de davantage de grâce et de sagesse féminine si vous voulez mon avis. »

Le palais se remplirait bientôt des suzerains et suzeraines des Sept Couronnes, Lady Lannister était en chemin, bientôt la nouvelle Lady Baratheon ferait le déplacement, Lord et Lady Tyrell étaient attendus mais ils avaient bien d’autres affaires à régler au sein du Bief. Petit à petit les guerres prenaient fin. Il le fallait. Ces années de guerre avaient déchiré le continent et éloigné des familles. Nous étions suzerains, roi, suzeraines, princesse, nous représentions tous l’héritage de nobles familles, et pourtant nous nous étions déchiré. Il était à présent temps de réunir les enfants de Westeros et de laisser place à un règne de paix. Du moins là était notre intention.

« Mais ce sont là des problèmes de couple, dont l’importance doit vous sembler bien triviale face aux épreuves qui se dressent encore devant Sa Majesté, et devant vous. Soyez assurée que vous aurez mon soutien, comme vous avez toujours pu compter sur celui de feu mon père. Les Baratheon seront toujours présents aux cotés de leurs Rois et cousins, soyez-en assurée. S’il y a quelque chose que je peux faire pour vous aider, vous n’avez qu’à demander. »

Un poids était comme ôté de mes épaules instantanément. Je pensais en effet pouvoir compter sur le soutien de Robb, mais il me l’affirmait de vive voix pour la première fois. Les Baratheon soutiendraient jusqu’au bout la Couronne, et lui-même était disposé à m’aider. Et il me faudrait de l’aide en effet. Je lui souriais avec sincérité, soulagée et heureuse de le savoir potentiellement à mes côtés.

« Mon cher cousin… Vous n’imaginez pas comme cela me touche. »

Je prenais place dans l’un des lourds fauteuils placés près de la cheminée et invitait Robb à en faire de même. Le feu irradiait une chaleur piquante, presque irréelle tant elle était intense et douce à la fois. L’été arrivait progressivement sur Westeros et pourtant je ne pouvais me défaire de ce besoin d’un feu ardant. Sans doute était-ce l’un des aspects de notre condition de Targaryen, nous étions liés au feu comme à l’oxygène.

« Vous n’ignorez pas la situation qui anime le Donjon Rouge… Les anciens soutiens de Maegor sont partis, mais d’autres plus discrets restent. La Cour n’a rien d’un lieu de plaisance où les vrais visages se révèlent. »

Je marquais une pause courte, repensant à cette Cour odieuse qui m’avait ostracisée lorsque je n’étais encore qu’une jeune femme, une Cour dont mon mariage avec Jorah Stark m’avait libérée. Un faux pas serait suffisant pour m’emporter aux enfers.

« Jaehaerys est jeune mais il est déjà un jeune homme d’une sagesse remarquable, vous l’aurez sans doute noté. Il est familier de cette Cour mais il doit apprendre à gouverner en son nom propre. Moi-même, quatre années passées au Nord m’ont sans doute changée. Seulement nous voilà, et nous voulons faire ce qu’il y a de mieux… pas pour nous, mais pour le peuple de Westeros. Pour les familles qui peuplent nos terres et les vôtres. Notre devoir est de les protéger de la tyrannie. »

Mon regard était plus intensément que jamais plongé dans celui de Robb. Peut-être certains doutaient-ils de ma sincère implication auprès du peuple… C’était bien mal me connaître. J’étais née princesse, j’avais grandi dans le luxe le plus complet, j’avais souffert, certes, mais je n’ignorais pas les souffrances de ceux moins bien nés que moi. Les habitants de Port-réal avaient payé de leur sang une guerre qui n’était pas la leur, certains étaient mort pour des questions de justices et de légitimité… mais en quoi cela était-il leur problème ? Ils avaient été les victimes collatérales des Grands de leur monde, et il était à présent temps de jouer notre rôle de Suzerains.

« Nous sommes de la même génération Robb, mais vous êtes un guerrier accompli, un homme sage et nous sommes de la même famille. S’il y a une personne en qui nous pouvons avoir confiance… c’est bien vous. »

La réalité était encore plus sombre. Notre propre famille était au bord de l’implosion. Soutenue par le Conseil de Régence, j’avais été propulsée au rôle qui me revenait de droit. Seulement tous ne l’entendaient pas de cette oreille. A peine revenue de sa cachette de Peyredragon, ma tante Daenys s’était mise en tête qu’elle seule serait digne d’aider Jaehaerys dans la première année de son règne. Elle s’estimait régente légitime. Au-delà du scandale que cette seule déclaration représentait, c’était une menace. Daenys avait vécu à la Cour, et nombreux étaient ceux qui murmuraient leur soutien à la Mère Dragon. La bataille était virulente. Le peuple l’aimait c’était certain, mais j’étais la Princesse Guerrière qui avait libéré la ville, j’étais celle qui tous les jours s’aventurait dans les ruines pour distribuer des vivres et soutenir le peuple en deuil. Daenys avait des soutiens, mais elle ne pouvait se défaire de la tâche indélébile de son silence face à Maegor. Elle ne le pourrait jamais.

« Mon cousin, il y a bien une chose que vous puissiez faire pour m’aider… »

Me levant à présent lentement, sans pour autant relâcher le regard de mon cousin, je lui faisais face.

« Lord Baratheon, c’est en tant que princesse Régente des Sept Couronnes que je vous demande ce soir de devenir Main du Roi Jaehaerys Ier Targaryen… C’est en tant que votre cousine que j’espère vous voir accepter cette proposition. Votre père était à tous égards un modèle et un héros, votre famille a plus que jamais prouvé sa loyauté et sa bravoure en ces temps obscures, vous-même vous êtes montré digne de notre plus haute estime, et je ne doute pas que vous saurez conseiller Sa Majesté dans ce rôle qui est à présent le sien. »


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(FB) Le poids de la Couronne ne saurait être supporté par un seul homme

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