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 (FLASHBACK) A La Cour, L'Art Le Plus Nécessaire N'est Pas De Bien Parler Mais De Savoir Se Taire

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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Port-Réal, en Terres de la Couronne, pour le couronnement et le mariage du Roi Jaehaerys Targaryen
MessageSujet: (FLASHBACK) A La Cour, L'Art Le Plus Nécessaire N'est Pas De Bien Parler Mais De Savoir Se Taire    Mar 15 Aoû 2017 - 12:06




A La Cour, L'art Le Plus Nécessaire N'est Pas De Bien Parler Mais De Savoir Se Taire
La porte s'ouvrit, et le pas assuré de lady Johanna résonna sur le bois lustré du sol de la chambre, éclairée d'un premier rayon de soleil. Alors qu'elle s'avançait, de ce pas lent et quasi princier qui trahissait des relans d'éducation royale, Alerie se surpris à hésiter quelques secondes, torturant un petit mouchoir blanc entre ses doigt tout aussi pâles que le fin tissu. Il était une chance que sa belle-mère ne voit pas ses souliers, beaucoup trop grands à son goût. Mais on lui avait assuré qu'elle les portait avec toute la grâce et l'élégance requise. Et que de toute façon, personne ne regarderait ses pieds ! Mais ses jambes tremblaient, et si la haute fenêtre donnant sur la ville la protègerait d'une chute en avant, elle avait tout de même l'impression de se trouver au bord du précipice. Dans un peu moins d'une heure, elle serait présentée à la Cour. Elle avait beau eu de quoi s'entrainer au Roc, avec son faste et son étiquette hautement codifiée, la vie au Donjon Rouge n'y était pas comparable. A l'Ouest, malgré la guerre qui faisait rage, elle avait été protégée ; ici, le fiel de la fin du règne de Maegor le Cruel empestait les couloirs. On se scruterait, on chuchoterait, on observerait tout. Brusquement, elle avait l'impression d'être redevenue la petite paysanne crottée relevée des berges boueuses de la Ruffurque par une main gantée d'or. Brusquement, elle eut aussi envie de se gifler ; elle n'avait pas à rougir de ses origines ! Avant la guerre, avant l'Horreur, elle avait connu une existence sans doute bien plus douce que tout Suzerain, que tout Roi ! Mais c'était plus fort qu'elle : face à ce nouvel inconnu, elle se sentait flancher... « Allons, ma Fille, dépêchons ! On ne fait pas attendre la Cour ! On ne fait pas attendre le Roi ! » Alerie leva un regard douloureux sur sa belle-mère, qui exprimait à lui seul toute l'exaspération qu'elle avait le don de faire bouillir en elle. « Je viens, ma Mère, je viens ! » Et après un dernier regard à la fenêtre, dans un double bruissements de soies pourpres, elles quittèrent les appartements privés mis à disposition des Lannister pour la Salle du Trône de Fer.

Le dédale de couloirs, elle les traversa dans une sorte de transe. Elle ne voyait rien, n'entendait rien, ne ressentait rien. Le regard fixé droit devant elle, elle semblait attirée à destination par une force qui la dépassait. Une force qu'elle ne s'expliquait pas. Une force qu'elle ne nommait pas. Elle en était incapable. Était-ce le devoir ? L’orgueil ? L'ambition ? Ou bien seulement le Destin qui s'accomplissait ? Cette présentation n'était pas une simple formalité : symboliquement, elle ne devenait Suzeraine qu'à cet instant précis, au moment où Garett la nommerait son épouse devant Jaehaerys et la famille royale, reconnaissant du même coup son autorité sur l'Ouest comme légitime. Sans doute cet instant eut été bien différent si Maegor était resté sur le Trône ! Sans doute aurait-on trainé Garett dans les rues de Port-Réal, un bâillon à la bouche, chichement vêtus, pieds et poings liés. Aurait-il été exécuté ? Comment ? Et que serait-il advenu d'elle, alors ? Sans doute aurait-on plaidé sa cause, expliqué qu'elle n'était qu'un pion, une prise de guerre, fidèle à la Couronne avant d'avoir été trainée dans le lit d'un... « Mais enfin, Alerie, où êtes-vous ? Et qu'est-ce donc que cette mine, vous avez le teint brouillé ! Et ces yeux ? On dirait une biche affolée ! » Elle avait à peine senti les mains un rien dures de Johanna la prendre par les épaules et la secouer avec vigueur. Comme pour en sortir toute la mélancolie et y insuffler un peu de cette rigueur qu'il convenait d'adopter. « Hors de question de vous laisser paraitre ainsi ! Reprenez-vous ! » « C'est assez, Johanna ! » la coupa-t-elle alors. Sa voix était sèche, cinglante et sans doute l'entendait-on déjà depuis la Salle du Trône. « Arrêtez de me secouer comme un prunier, je sais ce que je fais ! Est-ce si extraordinaire de vouloir me recentrer avant de paraitre devant mon époux, la Cour et le Roi ? Je ne pense pas. Alors, de grâce, épargnez-moi pour aujourd'hui vos leçons de maintien ! » Elle se libéra alors d'un geste brusque des bras de sa belle-mère et, la tête haute, continua son chemin vers la double porte où l'attendait Garett.

« Me voici, Monseigneur. » fit-elle à son égard, plaçant sa main sur son bras après une légère révérence. Il ne répondit pas, se contentant de prendre une posture officielle et indiquant d'un signe de tête de faire ouvrir les portes. « LORD GARETT LANNISTER ! LADY ALERIE LANNISTER ! » annonça une voix sonore, tandis que le couple s'avançait entre les rangées de courtisans. Le cœur battant, Alerie distinguait - à mesure de ses pas - les trois visages aux traits délicats, aux yeux violet et aux longs cheveux d'argent qui se tenaient face à elle. Au centre, un garçon. On ne pouvait encore le dire homme, tant la jeunesse éclairait ses traits, de même que le sourire trop franc qui trahissait encore la naïveté et l'insouciance de l'enfance. Et pourtant, il s'agissait bien du Roi. Jaehaerys Targaryen, fils d'Aenys Ier Targaryen, petit-fils d'Aegon le Conquérant. Le Roi pour lequel Garett avait combattu ; le Roi contre lequel sa famille s'était dressée en soutenant Solveig Tully. Elle savait qu'elle n'avait pas le droit de baisser les yeux, mais le regard du jeune garçon la transperçait de toutes parts. A sa gauche, une splendide beauté : sa sœur et Régente du royaume, Rhaenys. La princesse guerrière, la dragonne enneigée, la libératrice de la ville. Elle aussi la transperçait du regard, et Alerie ne savait si elle cherchait à la brûler pour la fille de traitres qu'elle était. On disait la Régente intransigeante, soucieux de reconstruire le royaume sur des bases qui ne souffriraient aucune exception. Alerie prit peur. Et si Rhaenys exigeait de Garett qu'il répudie son épouse, et l'abandonne à la Justice du Roi ? Elle vacilla quelque peu, mais se reprit de justesse pour ne pas le laisser paraitre. Enfin, son regard se posa sur la dernière figure qui composait le triptyque Targaryen : Daenys. Tante des deux premiers, sœur du défunt Maegor et dernière descendante directe d'Aegon. On disait qu'elle avait fui Port-Réal pour ne pas subir les foudres de sa nièce. On disait qu'elle avait œuvré en secret pour maintenir Maegor au pouvoir. On disait aussi d'elle qu'elle était la Mère Dragon, aimée du peuple et respectée de la haute noblesse. Et que le sang du dragon coulait dans ses veines. Son charisme était différent de celui de Rhaenys : plus maternel, sans doute. D'ailleurs, elle distingua dans son ombre son fils Aemon...

La présentation ne durant que quelques instants. Ce fut Garett qui parla la plupart du temps, Alerie se contentant de tomber à genoux en respectueuse soumission, accompagnée d'un « Vos Grâces ! Que les Dieux vous bénissent par Sept fois ! » Après quoi, le couple suzerain de l'Ouest fut congédié. C'est alors qu'elle n'y tint plus. Abandonnant la main de son époux, elle couru plus qu'elle ne parcouru les couloirs, à l'aveugle, sans vraiment savoir où elle allait. La longue traine de sa robe flottait dans sa course, et quelques mèches de cheveux blonds s'échappaient de sa coiffe. Échapper. Pour une heure ou deux seulement, mais échapper tout de même. Être elle-même, se retrouver, et laisser libre cours à ses larmes. Des larmes d'épuisement, des larmes de chagrin, des larmes de honte aussi. Elle fini par trouver les jardins, et se laissa glisser sur un banc de pierres, les premières perles de pleurs strillant son visage. Quelque part dans un coin, le clapotis des eaux d'une fontaine s'accordait avec le chant des oiseaux. C'était la première fois qu'elle les entendait, dans cette ville qui semblait silencieuse après la bataille, pleurant ses morts et sa destruction. C'était la première fois aussi qu'elle voyait de la verdure : les grands palmiers prodiguaient des ombres rassurantes face au soleil qui continuait d'assécher le continent. Des bosquets de fleurs variées embaumaient l'air de leur parfum, et elle apperçu même un chat s'étirer sur une petite balustrade. La paix.


© Belzébuth

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    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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Daenys Targaryen
COURONNE
MessageSujet: Re: (FLASHBACK) A La Cour, L'Art Le Plus Nécessaire N'est Pas De Bien Parler Mais De Savoir Se Taire    Sam 9 Sep 2017 - 17:50


Daenys & Alerie

J'admire les étoiles car même dans les heures les plus sombres elles continuent de briller.

Allongée sur le lit, j'observais le plafond avec un regard neutre, perdue dans mes pensées. Les fins rideaux de soie laissaient traverser la lumière au sein de la pièce, venant se frotter contre mon visage doux pour le réchauffer et éblouissant ma chevelure d'or. J'étais réveillée depuis plusieurs minutes, attendant la venue de mes servantes pour être préparée afin d'assister à la présentation des nobles du royaume à la cour, face au nouveau roi. Mais comme souvent ces derniers temps, mes pensées me préoccupaient et ne me laissaient pas une seconde de répit. Je ne cessais de m'y plonger, songeant à l'avenir. À mon avenir, à celui de mon fils et à celui du royaume. Cela ne devait pas se passait comment cela. Inspirant un grand coup, j'avais fermé les yeux et le poing, fermement, affichant un faible rictus qui était venu se dessiner sur mon visage. Puis j’avais expiré, à l’entente de quelques coups sur ma porte. « Entrez ! » Je l’avais prononcé d’une vois à la fois ferme, mais qui n’en demeurait pas moins douce. Je constatais que c’était ma servante, qui entrait pour mes préparations et qui apportait avec elle une robe faisant honneur à ma maison. « Votre altesse. » Elle s’était inclinée poliment, prononçant ces quelques mots avec tout autant de politesse. Je lui avais offert un sourire agréable. « Les présentations vont bientôt avoir lieu, dois-je vous laisser encore quelques minutes seule ? » J’avais lentement levé mon buste, écartant les draps d’un mouvement de gracieux. Il était temps de me lever, qu’importe mon ressenti sur la situation actuelle. Lentement, j’avais posé mes pieds au sol et m’étais levé. « Je dois être parmi les premiers. » La réponse se voulait claire, tandis que je me levais pour m’approcher du centre de la pièce. « Avez-vous apporté le collier que je vous avais demandé ? » Être irréprochable était le plus important. Humble et fière, tels étaient les maîtres mots que je prenais en compte pour cette journée. Je n’avais pas obtenu la régence, c’était ma nièce qui occupait ce poste mais je ne comptais pas rester sans rien faire. Je n’avais fais que perdre une bataille. « Oui, votre Altesse. » Un collier qui ressemblait à un dragon, mais qui se couplait au symbole de la foi. Tous savaient mon dévouement à la religion, tous savaient ce que j’accordais à nos croyances. Mon père avait été couronné selon les sept, malgré qu’elles n’étaient pas nos divinités et que l’on préférait celles de valyria, autrefois. Mais j’avais été élevée dans ces croyances, je les avais bien vite adopté, autant que celles de ma famille. Ma robe de chambre tomba bien vite, pour laisser voir mon corps entièrement dénudé. Rapidement, j’entreprenais l’habillement, épaulée de ma servante. La robe était de toute beauté, dotée des plus belles teintes tout en restant dans les couleurs de ma famille mais, malgré tout, elle restait sobre. Humble. Tandis que le collier venait parer mon cou, il semblait d’excellente facture. Il avait été fait par les plus merveilleux artisans de la capitale, pour les évènements qui se profilaient à l’horizon. Fière. Ma chevelure était coiffée en une tresse qui tombait par mon épaule pour se placer sur le devant de mon corps et une tiare, légère et simple, entièrement faite d’argent sans un seul joyau dessus, avait été placé sur le dessus de ma tête. « Avez-vous besoin d’autre chose, votre Altesse ? » Ma tenue et ma coiffure reflétait mon tempérament humble, le fait que je n’abusais pas des privilèges de mon rang mais le collier, quant à lui, venait rappeler la fierté du sang des dragons. « Non, vous pouvez disposer. » La gratifiant d'un signe de la tête, la jeune femme quitta les appartements tandis que je terminais quelques préparatifs.

Je n’avais pas tardé à quitter la chaleur de mes appartements, m’avançant au sein des couloirs du donjon rouge en arborant une attitude chaleureuse à l’égard de toutes les personnes que je pouvais croiser. Comme je l’avais prévu, j’étais arrivée parmi les premiers et avait pris place aux côtés de mon neveu et de ma nièce, ainsi que de mon fils. Les présentations avaient commencé, les nobles venant de tous les horizons. Si j’affichais un bref sourire, à peine visible, ce n’était qu’une apparence dissimulée. Je n’étais présente qu’à moitié, mais cela ne se voyait nullement tant je faisais mon devoir de princesse envers le royaume. J’avais cependant observé chacun, j’avais défini chaque personne. Des nobles avaient été bafouées, la guerre avait laissé des victimes. Le royaume étant en sang, alors que mon père nous avait laissé un semblant de paix. Qui de mieux que sa propre fille pour régler les problèmes, après tout ? Et je comptais bien remédier à tout cela, lentement, les prémices d’un plan semblait naître au sein de mon esprit. Le monde serait venu où je pourrais agir, mais ce n’était pas encore tout à fait l’heure. C’était une fois les présentations finies, que j’avais quitté la salle du trône pour vagabonder dans les couloirs, me perdant sur les remparts pour redescendre ensuite dans les fastueux jardins royaux. Les fleurs étaient splendides, endroit presque intemporel qui n’avait pas eu à souffrir de la folie d’un mauvais roi. Un endroit dans lequel je m’étais souvent plu à me perdre, plus jeune, quand je venais à la capitale. Et j’aimais encore cela, l’air y était presque douce sous la chaleur du sud tout en parvenant à offrir une légère brise. L’odeur des fleurs emplissait les narines, merveilleuse et agréable, envoûtante et les gouttes d’eau tombant dans les bassins des fontaines offrait une mélodie des plus agréables. Et parmi toutes les variétés présentes, une fleur sortait de l’ordinaire. Une fleur qui provenait de l’Ouest, mais aussi du Conflans. D’un pas léger et doux, je m’approchais d’elle. « Lady Alerie ? » Je la gratifiais d’un sourire sincère. « J’espère que je ne vous dérange pas. » Je remarquais bien vite l’expression sur son visage, les larmes qui semblaient perler pour tomber. « Puis-je vous être d’une quelconque utilité ? Désirez-vous marcher quelques instants ? » Agréable, je m’étais approchée un peu plus d’elle pour m’abaisser et prendre sa main droite entre les miennes, une attitude digne de celle d’une mère, cherchant à protéger son enfant.

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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Port-Réal, en Terres de la Couronne, pour le couronnement et le mariage du Roi Jaehaerys Targaryen
MessageSujet: Re: (FLASHBACK) A La Cour, L'Art Le Plus Nécessaire N'est Pas De Bien Parler Mais De Savoir Se Taire    Lun 18 Sep 2017 - 13:43




A La Cour, L'art Le Plus Nécessaire N'est Pas De Bien Parler Mais De Savoir Se Taire
« Lady Alerie ? » Alors que le calme des jardins permettait tout juste à son cœur de reprendre un rythme normal, la voix qui l’appelait lui arracha un soupir doublé d'un très léger pincement aux lèvres. Pour un peu, elle se serait retournée et fusillé l'intrus d'un regard si brûlant qu'il en aurait gardé les marques encore longtemps sur sa peau. Etait-il impensable qu'on la laisse tranquille ? Qui plus est, alors qu'elle était Suzeraine de l'Ouest et qu'elle pouvait prétendre à un usage protocolaire digne de son rang ? Visiblement pas. Instinctivement, Alerie se raidit. Pour un courtisan de métier, la présentation officielle à la Cour avait sans doute de quoi revigorer les égos, poser les premiers jalons d'une ascension que chacun espérait fulgurante et couronnée de succès ; mais pour elle, le terme de supplice pouvait aisément décrire ce qu'elle venait de vivre. Les regards des trois Targaryen lui brûlaient encore la nuque, et davantage que de se réfugier dans les jardins, elle ressentit une brusque bouffée de manque de Castral-Roc. Un manque qui la surprit.

Cette maison qui n'était pas sienne et qui pourtant, elle lui inspirait davantage de chaleur que les longues colonnades de pierre rouge et les grandes fenêtres peintes qui jetaient des reflets multicolores sur les dalles ensoleillées. Cette forteresse, longtemps vue comme une prison dorée, puis comme un cocon de tendresse et enfin, de nouveau, en rocher muselant, elle avait fini par l'aimer. Bien entendu, jamais rien ne remplacerait à ses yeux la douceur des années passées à Château-Rosières. Mais à évoluer dans les grands couloirs richement décorés, à dévaler les ruelles de Port-Lannis et à parcourir les chemins à la rencontre des grandes familles de l'Ouest, Alerie avait commencé à apprivoiser son nouveau pays. En peu de temps, elle pouvait même se targuer d'avoir gagné le respect de ceux qui jugeaient son mariage encore et toujours comme une mésalliance, de part les efforts dont elle faisait preuve pour distinguer chacun et chacune de ses vassaux. Quant au petit peuple, la venue dans la maison suzeraine d'une des leurs, une provinciale qui avait connu le labeur manuel, il l'avait quasi immédiatement adoptée. Alors en comparaison, le Donjon Rouge avait tout d'une tour de torture ! Aussi, elle avait la ferme intention de pas rester un instant de plus que nécessaire dans cet endroit. Et si la situation ne permettrait pas à son époux de partir aussi promptement qu'elle le souhaitait, elle pourrait toujours le devancer !

« Qui a-t-il ? » finit-elle par demander, au prix d'un effort de bonne foi surhumain, tournant la tête vers celle qui l'avait ainsi tirée de sa tranquillité. C'était une voix de femme, une voix agréable sans doute, mais à laquelle elle n'avait donné que l'attention que méritait une importune venue troubler sa quiétude. Elle s'apprêtait à la toiser de toute sa hauteur, mais sa superbe se perdit dans sa gorge alors qu'elle pouvait sentir son teint devenir blanc. « J’espère que je ne vous dérange pas. » Le ton de Daenys Targaryen était doux. Presque révérencieux, alors qu'elle venait de se faire traiter sans aucune façon princière. « Puis-je vous être d’une quelconque utilité ? Désirez-vous marcher quelques instants ? » « Votre... Votre Grâce... ! » Elle pouvait sentir les larmes de nouveau lui nouer la voix, faire trembler ses membres, troubler sa contenance. Elle réussit néanmoins à se lever d'un air un peu gauche pour s'incliner respectueusement. Le regard rivé au sol, elle ne distinguait que le bas de sa robe d'où pointait un joli soulier. « Pardonnez-moi, je... Je ne pensais pas vous trouver ici, je... »

Sa voix se brisa. Elle n'osait pas croiser les yeux violet, n'osait admirer la longue chevelure d'argent savamment coiffée et qui mettait son impeccable port de tête en valeur. La fille du Conquérant. Daenys n'était peut-être pas la princesse guerrière qu'avait été sa mère ou qu'était sa nièce, elle avait la présence et le charisme d'une Reine. Elle dégageait une force, un parfum, quelque chose d’indestructiblement souverain. Elle comprenait mieux à présent ceux qui l’appelaient "Mère Dragon." Elle s'imposait par sa simple présence, sans autorité brutale, sans élever la voix. Un don suffisamment rare pour être oublié et pourtant, il semblait que tout comme sa dame de confiance, Elinor Piète, elle était tombée en disgrâce du pouvoir nouvellement mis en place. De ce qu'elle avait compris, Daenys était bien trop associée au règne de son demi-frère Maegor, en sœur-épouse du Prince Daeron et après avoir fui la Capitale pour Peyredragon. Une disgrâce qu'elle payait cher, au profit de sa nièce à laquelle elle avait dû abandonner la Régence... Et en quoi Garett était en partie responsable. Après tout, s'il n'avait pas appuyé Rhaenys mais au contraire, sa tante, Daenys serait aujourd'hui Régente et contrôlerait les Sept Couronnes...

Se relevant avec toute la grâce dont elle était capable, elle tenta de lui rendre son sourire. « Une princesse ne dérange jamais. C'est avec plaisir que je marcherai avec vous ! » fit-elle en tentant d'essuyer ses larmes avec discrétion. Elle ajouta ensuite : « J'espère que Votre Grâce pardonnera ma mise... », le rouge lui montant aux joues.


© Belzébuth

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