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 A Coeur vaillant, rien d'impossible

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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Sam 19 Aoû 2017 - 16:46

A Cœur vaillant, rien d’impossible.

ft.



















Le soleil se couchait lentement sur Port-Réal, jetant ses ultimes rayons sur le sommet des plus hautes tours du Donjon-Rouge. Alors que le ciel achevait sa mue en une explosion de couleurs iridescentes, la fraîcheur bienvenue de la nuit allait bientôt envelopper la capitale des Sept Couronnes de ses bras voluptueux. La brise de demoiselle qui avait à peine soufflé durant la journée commençait à se renforcer alors que le soleil déclinait loin, par-delà les collines à l’Ouest. Derrière ces premiers reliefs, derrière la ligne d’horizon, se trouvait la vie de Garett Lannister. Ses terres, son peuple, son fief. Les Terres de l’Ouest n’étaient pas l’endroit le plus agréables de Westeros, loin de là. La région était aride, vallonnée et inégalement peuplée. Une grande partie du domaine sur lequel les Lannister avaient la suzeraineté était vide, et on pouvait chevaucher toute une journée au cœur de ces grandes étendues vallonnées sans croiser ni village, ni hameau. Parfois, tout de même, sortant de nulle part, une structure artificielle apparaissait. Une ancienne mine et les quelques maisons qui avaient poussé autour, parfois avec un petit relai hippique ou un septuaire bâti par quelques ouvriers dévots, désormais tous abandonnés après la fermeture de la mine. La région était inhospitalière, et les collines pouvait parfois receler quelques dangers. Il y avait peu de brigands et autres bandits de grands chemins dans les Terres de l’Ouest : les seigneurs locaux étaient bien plus riches qu’ailleurs et avaient les moyens d’assurer la sécurité de leurs terres. L’absence de véritable forêt dense et impénétrable réduisait considérablement les options de potentiels hors-la-loi. Toutefois, il arrivait de retrouver des ossements blanchis par le temps et les éléments au bord des routes ou au cœur des plaines. Les mines abandonnées ou les grottes naturelles qui avaient – supposément – jadis abrité les légendaires lions géants de l’Ouest renfermaient d’autres dangers bien plus concrets : bande de déserteurs ayant tourné dans le pillage durant la guerre, simples bandits ou encore autre chose… Toutefois, la Route de l’Or, malgré ses défauts, était sécurisée. Ils étaient nombreux à l’emprunter chaque jour, faisant le trajet entre Port-Lannis et Port-Réal. Deux des trois grands poumons économiques de Westeros, reliés par une route en quasi ligne droite. L’axe routier n’était pourtant pas à la hauteur des enjeux économiques. Les vieux pavés posés sous le règne de Lancel V étaient presque tous effacés, et la route était de nouveau poussière et herbes folles. La région avait grand besoin d’investissements, Alerie n’avait eu de cesse de le lui rappeler durant le voyage.

Alerie, d’ailleurs, son épouse, sa suzeraine, sa prise de guerre, se trouvait dans la pièce attenante, finissant de se préparer. Ils étaient tous deux dans leurs appartements, une grande chambre du Donjon-Rouge, avec un élégant salon meublé avec goût, et un joli balcon qui donnait au-dessus des jardins, et plus loin sur la Baie de la Néra. C’était assurément l’une des meilleures chambres. Suffisamment haute pour que les personnes se trouvant dans les jardins ne dérangent pas les occupants, mais suffisamment basse pour que remontent les effluves printanières et florales des haies de roses et la fraîcheur de la végétation. Ils se préparaient à quitter l’endroit. Au loin, les cloches des tours de Port-Réal se réveillèrent une à une. La ville semblait s’éveiller une nouvelle fois, alors que les cloches sonnaient dans les tours de Port-Réal. Le son grave des bourdons éclatait en mille tonnerres alors que l’âme de Port-Réal s’enflammaient en prévision d’une nuit riche en célébrations.

Dans les jardins, les lampions suspendus un peu partout étaient allumés les uns après les autres par les serviteurs de la maison Targaryen. Les membres de la famille royale restaient discrets. Aujourd’hui, Garett avait tout juste aperçu la Princesse Daenys alors que celle-ci faisait une brève apparition dans la Grande Galerie. Sur les flots de plus en plus obscurs de la Néra, quelques lanternes s’allumaient sur différents navires qui trônaient dans la rade. Le seigneur Redwyne avait une nouvelle fois impressionné tout le monde, arrivant à bord d’une magnifique nef inspirée des navires-cygnes des Iles d’Eté à la tête d’une véritable flotte transportant assez de La Treille auré pour ravir les gosiers de la Cour pendant une décennie en guise de cadeau de couronnement et mariage au Roi.

« Et voilà, ma Dame. »

La voix claire de la jeune Wendy Piper avait résonné dans le salon, arrivant jusqu’aux oreilles de Garett, se trouvant sur le balcon à profiter de l’air fraîchissant. Les Sept veuillent que cette sécheresse ne durerait pas plus longtemps, ou les conséquences immédiates et futures seraient désastreuses. Une famine serait déjà terrifiante, mais la vigueur et la longueur de l’Eté annonçaient, d’après la Citadelle, un Hiver encore plus long, encore plus fort. Et si les greniers étaient vides au sortir des mois chauds et ensoleillés… Garett frissonna rien que d’y penser, essayant d’oublier tous les soucis qui encombraient son esprit, car ils étaient nombreux. Il retourna dans la pièce de vie.

Alerie venait d’y faire son entrée, accompagnée de sa sœur, seule dame de compagnie à avoir fait le voyage. Allyria Tarbeck, également au service de la suzeraine de l’Ouest mais également amante de monseigneur son époux, n’avait pas pu faire le déplacement à Port-Réal. Bien que promise à Howland Reyne, chevalier de la maison au lion écarlate de Castamere, elle était tombée enceinte et se trouvait en ce moment à un petit mois du terme, rendant tout déplacement impossible. Et bien entendu, les choses avaient pris un tout autre tournant lorsque les deux amants s’étaient rendus compte que la plus belle perle de la grande et puissante maison Tarbeck était enceinte d’un enfant illégitime du suzerain des Terres de l’Ouest. En un mot comme cent : une tuile.

Mais pourtant. Allyria était la femme qu'il aimait, avec laquelle il avait outrepassé la loi des dieux. Et désormais, elle portait un enfant, son enfant, leur enfant. Le plus pur produit de l'amour sincère entre une femme et un homme. Et c'était Allyria qui portait en elle non pas le futur de la maison Lannister, mais bel et bien la plus puissante manifestation de leur amour. Il devait malheureusement rester pragmatique malgré ses sentiments puissants pour la jeune femme de la maison Tarbeck. Il considérait les choses telles qu'elles l'étaient. L'enfant d'Allyria serait un bâtard, un enfant illégitime sans véritable prétention sur le Roc ou Tour Tarbeck. En aucun cas, il ne pourrait hériter de quelconque possession de ses parents, car c'était ainsi qu'était faite la loi. Il faudrait ensuite voir quoi faire de l'enfant. Si l'identité du père restait dissimulée, alors Allyria pourrait espérer vivre une vie heureuse malgré tout, loin de la honte. Si leur liaison venait à être révélée... Garett se tourna vers Alerie, l'appréhension et la honte lui dévorant l'estomac. Méritait-elle cela? Il était évident que non. L'enfant illégitime avait été conçu avant que les choses ne s'améliorent... Le jeune Lion ne voulait même pas imaginer sa réaction si elle venait un jour à le découvrir. Garett était jeune, et amoureux. Il se fit donc la promesse de ne jamais laisser tomber l'enfant qui serait le produit de sa relation avec Allyria.

Il détailla son épouse un bref instant. Son maintien parfait, sa coiffure savamment organisée, chaque élément de son habit rappelant l’héraldique de la maison Lannister. Ils étaient tous les deux habillés avec goût. Ils allaient rencontrer des pairs, mais le cadre n’avait rien de foncièrement officiel. Aussi, il n’était pas question de venir faire étalage de ses richesses et de son ambition avec force de vêtements élaborés et uniques au monde. Garett portait une tunique rouge finement brodée d’or. Alerie, elle, était comme à son habitude : élégante, unique et princière. Ses yeux bleus rappelaient l’azur de la voûte céleste mais restaient impitoyables lorsqu’elle devenait furieuse, mais Garett savait d’expérience qu’ils pouvaient aussi devenir bien plus chaleureux et compatissants si le besoin s’en faisait sentir. Il l’avait aimée, c’était indéniable. Ils s’étaient aimés. Et puis, il y avait eu cette première dispute, terrible, horrifiante, abominable. Les mots prononcés ce jour-là, de part et d’autre, ne seraient jamais oubliés. De leur mariage, il ne restait désormais que des regrets et une certaine entente cordiale pour le meilleur intérêt de la région dont ils avaient la charge ensemble. Les derniers jours les avaient légèrement rapprochés. Il y avait un mieux dans les relations entre les deux terreurs du Roc. L’amour n’était bien entendu pas de retour, les mois précédents ayant laissé une trace indélébile entre les deux jeunes gens, toutefois, la situation était moins pesante depuis leur arrivée à Port-Réal. Ils laissaient bien des soucis derrière eux, le Donjon-Rouge était resplendissant, et toute la Cour scrutait le moindre des mouvements d’un des couples les plus influents de tout Westeros. Cette situation avait permis à Garett et Alerie de pouvoir se fréquenter de nouveau dans une décontraction proche de celle qui aurait pu être la leur s’ils ne s’étaient pas manqués. C’était là tout le drame de ce mariage.

Garett et Alerie, Alerie et Garett. Ils étaient semblables à deux astres. Deux corps célestes gravitant autour du soleil de la vie. Leurs orbites auraient dû se retrouver un moment, leur permettant de se soutenir l’un et l’autre en devenant un nouvel astre unique, composé des deux. C’était là les paroles qu’ils avaient prononcées dans l’enceinte sacrée du Roc : je suis tiens, et tu es mienne. Et malgré cela, leurs orbites ne semblait pas pouvoir coïncider. Il arrivait parfois qu’elles se croisent, et alors, pour un bref instant, parfois aussi fugace qu’un battement de cil, ils se retrouvaient. Une parole, parfois un simple mot, pouvait en être la manifestation. En ce moment, c’était presque un moment de grâce : cela durait depuis plusieurs jours.

« Tu es prête ? » demanda Garett d’une voix apaisée, alors qu’il venait de se saisir des mains de son épouse dans un geste qui se voulait réconfortant, le jeune homme se demandant si son épouse n’était pas inquiète à l’idée de la soirée.

La paix. Quel mot simple, quel enchaînement de lettres si négligé. Et pourtant, cette paix était tellement précieuse. Le suzerain de l’Ouest s’en rendait compte alors que la victoire avait été acquise sur le Cruel et que ses relations avec Alerie se normalisaient pour le moment. La paix, partout, jusque dans son esprit, quand bien même il lui restait de nombreuses sources de préoccupation, à commencer par son fils héritier. Tommen aurait six ans, cette année.

Ils sortirent des appartements escortés par quatre manteaux rouges de Castral Roc, portant fièrement le masque léonin des troupes Lannister. Ils traversèrent rapidement les couloirs du Donjon, faisant s’écarter les personnes présentes sur leur chemin. Des seigneurs ayant vécu sur cette terre plus longtemps que les deux époux réunis courbaient l’échine devant ces jeunes gens investis d’un pouvoir et d’une fortune aussi immenses qu’incertains. Bien était malin celui qui aurait pu dire où s’arrêtait l’influence Lannister ou à combien s’élevait exactement leur fortune. Dans les faits, eux-mêmes n’en avait qu’une vague idée. Ils représentaient toutefois cette nouvelle génération arrivant peu à peu au pouvoir, avec la volonté de faire de grandes choses : leurs pairs étaient Rhaenys Targaryen, Robb Baratheon ou encore Torrhen Tully. Ils avaient le monde à leur pied et en tenaient le destin au creux de leurs mains.

Ils arrivèrent devant l’imposante Tour de la Main. Le lieu de résidence du plus important conseiller du Roi, le dirigeant de son conseil restreint. Virtuellement, la Main du Roi, surtout en période de régence, était de facto le véritable souverain des Sept Couronnes. Robb Baratheon, Sire d’Accalmie, seigneur suzerain de l’Orage, et fils aîné du regretté Theodan, avait récupéré la charge aussi écrasante que prestigieuse. Après avoir été accompagnés jusqu’aux vastes appartements de la Main, ils furent introduits dans le logement de celui qui était son cousin et allié.

    La soirée pouvait commencer.





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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Port-Réal, en Terres de la Couronne, pour le couronnement et le mariage du Roi Jaehaerys Targaryen
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Lun 21 Aoû 2017 - 14:19




A Coeur Vaillant, Rien D'Impossible
« Et voilà, ma Dame. » Alerie se retourna vivement, ses yeux lançant des éclairs. Devant elle, la jeune fille baissait respectueusement les yeux, les mains croisées sur son giron. Elle avait savamment noué ses longs cheveux, et portait sa robe de satins bleu gris avec toute la grâce qui la caractérisait. Pourtant, Alerie n'en avait cure et ressentit une violente et démesurée envie de la gifler. Chaque fois que Wendy jouait les dames d'atour et la vouvoyait en maîtresse, alors que l'habitude les faisaient proches et se tutoyer, elle voyait rouge ! Car chaque fois, Wendy faisait comprendre à son ainé que quelque chose lui déplaisait. Fortement. Et de toute évidence, il s'agissait du fait que cette soirée aurait lieu à huis clos. Que s'imaginait-elle ? Qu'elle était exclue d'un dîner mondain ? Exigeait-elle qu'elle impose sa présence à son époux, ainsi qu'à leurs illustres hôtes ? « Tu es ridicule. Sache-le ! » siffla-t-elle entre ses dents. D'un geste énervé, elle releva ses jupes et, par la porte ouverte qui séparait les grands appartements Lannister de son particulier de celui de son époux, pénétra dans le salon sans même un dernier regard à sa cadette.

Elle réprima un soupir. Depuis quelques temps, les deux sœurs s'étaient éloignées ; la venue d'Allyria Tarbeck dans le rang de ses dames de compagnie avait quelque peu éclipsée la Dame d'Atour, alors la seule à avoir l'oreille de la suzeraine. Ainsi, de simple asservie, Allyria était devenue une distraction, un sourire, une amie, une confidente. La jalousie avait certainement sa part d'affaire, mais alors qu'Allyria était restée à Castral-Roc, seule et dans sa condition, Wendy pouvait s'estimer heureuse d'avoir pu l'accompagner à Port-Réal. Comment osait-elle lui faire des reproches, alors que les dernières semaines avaient été si rudes ? Elle avait perdu une présence qu'elle considérait comme une amie chère, au prix d'un secret qu'elle refusait de lui révéler. Alerie n'avait pas insisté ; le père cet enfant finirait bien par se révéler, et lorsqu'il le ferait, elle exigerait des garanties. Pour l'heure, il avait fallu développer des trésors de comédie pour apaiser la famille Reyne à laquelle la jeune fille était promise en épousailles, et ourdir avec la famille Tarbeck une solution pour dissimuler l'état de la jeune fille. Seule elle, Garett, Wendy et les proches d'Allyria étaient dans la confidence. Et parce qu'une épreuve n'arrive jamais seule, Alerie avait du faire face à un autre malheur : la mort de son père. Et maintenant qu'elle sortait à peine de son deuil et que la grossesse de son amie arrivait à terme, Wendy, auréolée de prestige d'avoir pu être présentée à la Cour comme un grand parti à marier, osait en demander d'avantage ?

Lorsque le regard de son époux se posa sur elle, Alerie chassa ses rancœurs. Elle lui adressa un signe de tête respectueux, détaillant en connaisseuse son beau pourpoint et ses belles chausses. « Monseigneur Epoux. » Dans ses yeux, elle pouvait lire une forme de reconnaissance alors, elle lui sourit. La trêve signée entre eux un an auparavant, à son entrée à la Cour suivant le siège et la victoire de Port-Réal, durait. Bien que jamais plus il ne serait question pour eux de renouer avec le rythme d'autrefois - un rythme brûlant et passionné dont, quelques fois encore, le souvenir la réveillait en sueur - le couple suzerain avait réussi à trouver une forme de sérénité. Il y avait trop à faire à l'Ouest, surtout depuis les relans de sècheresse, pour présenter au peuple un pouvoir divisé et d'avantage soucieux de s'étriper plutôt que de protéger et faire prospérer le pays. Alerie s'y était attelée dès leur retour à Castral-Roc. Après les maisons nobles visitées une à une, elle s'était longuement intéressée à la ville de Port-Lannis, et notamment à ses orfèvres. L'artisanat de l'Ouest constituait un atout majeur, et elle comptait bien s'en servir pour troquer luxe natal contre vivres étrangers. « Monseigneur Epoux. L'élégance vous sied, et le travail de nos maîtres tailleurs plus encore. » ajouta-t-elle, comme pour faire écho à ses propres pensées. Elle-même portait la toute dernière création de sa modiste. Si l'on voulait susciter l'intérêt commerçant, alors il fallait arborer ses plus belles cartes !

« Es-tu prête ? » demanda-t-il simplement. Trois petits mots à valeurs multiples. Valeurs qu'elle comprenait, et dont elle avait témoigné quelques jours auparavant, alors qu'ils se retrouvaient en privé suite à leur arrivée au Donjon. Alors, en guise de réponse, elle saisit la main qu'il lui tendait et acquiesça avec avec détermination : « Toujours. » C'est ainsi que d'un pas parfaitement accordé, Garett et Alerie Lannister franchissaient la double porte de leurs appartements pour traverser le palais en direction de la Tour de la Main. Sur leur passage, les têtes se retournaient, admirant et craignant tout à la fois ce couple si étrange et pourtant si parfaitement assorti. Depuis sa présentation officielle à la Cour, Alerie avait gagné en aisance et en popularité, certaines jeunes filles imitant ses coiffures ou encore impeccable port de tête. Et tandis qu'escortés de quatre Manteaux Rouge, ils gravissaient les escaliers jusqu'aux appartements privés de Robb Baratheon, Sire d'Accalmie et Main du Roi Jaehaerys, la jeune femme sentait un nouvel élan gonfler sa poitrine. A bien des égards, cette soirée serait différente de toutes celles passées jusqu'à présent depuis son retour à Port-Réal. Il n'était ni question d'un banquet mondain, ni d'un repas en tête à tête. Ce soir, deux seigneurs, deux compagnons d'armes, deux cousins et leurs épouses respectives, se retrouvaient. On parlerait, on s'écouterait. On referait sans doute le monde. Et ce à la gloire de deux familles ayant versé le sang et l'honneur pour le Trône.


© Belzébuth

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    I Will Fight Them Within My Marriage
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Mar 22 Aoû 2017 - 15:12

A Coeur Vaillant, Rien d'Impossible
Le soleil se couche doucement sur Port-Réal, marquant pour aujourd’hui la fin des visites officielles et demandes. Dans un soupir, Robb quitte le siège du large bureau duquel il remplissait son office. Main du Roi. Theodan avait-il imaginé un jour voir son fils hériter de cette charge en même temps que celle à laquelle il avait été destiné toute sa vie ? Du point de vue de tous, sa nomination avait été une évidence, un juste remboursement du sacrifice des Baratheon pour voir le Roi légitime s’asseoir sur le Trône de Fer, mais pour autant n’attendaient-ils pas moins dans l’ombre la chance de le voir tomber. Ainsi était faite la Cour, avec tout ses faux-semblants et son hypocrisie, elle n’en était pas moins le plus formidable champ de bataille qu’il était donné de fréquenter. Une bataille éternelle pour le pouvoir, où tous étaient ennemis, où les alliances ne pouvaient qu’être temporaires, où les blessures se comptaient en influence plutôt qu’en sang. Cela faisait un an qu’il vivait dans la capitale des Sept Couronnes, un an qu’il avait pris la place la plus importante à laquelle un non Targaryen pouvait aspirer, et jusqu’à présent, personne ne l’avait vaincu. Cerfs et Dragons marchaient main dans la main, pour leur bénéfice commun, et pour la stabilité du Royaume. En serait-il toujours ainsi ? Robb l’espérait, autant qu’il voulait, parfois, rentrer à Accalmie, retrouver son foyer et ses terres. Retrouver sa femme.

Il n’avait vu Rohanna que rarement durant l’année, celle-ci ayant préféré rester à Accalmie et gouverner en son nom. Une décision sage, d’un point de vue politique, et Robb avait également été soulagé de la savoir loin des intrigues de Port-Réal, dans l’état fragile où elle se trouvait encore à l’époque. Et puis, tout avait changé, contre toute attente vu la rareté de leurs retrouvailles, la Biche Pendue était tombée enceinte à nouveau, ce qui acheva de combler l’état de grâce dans lequel le Seigneur de l’Orage se trouvait actuellement. Bientôt, ils seraient parents. Bientôt, la honte qui pesait encore sur leur couple s’effacerait, de même que les rumeurs et la dissension qui pouvaient courir encore dans tout Accalmie. Ensemble, ils avaient décidé qu’elle viendrait à Port-réal pour le couronnement, et qu’elle ne le quitterait plus ensuite. Robb voulait assister à la naissance de son hériter, il voulait qu’il grandisse auprès de lui comme lui avait grandi aux cotés de Theodan. Rohanna était donc arrivée quelques jours plus tôt sous la bannière du Cerf Couronné, accompagnée des nobles orageois venus assister au couronnement de Jaehaerys. Véritable escorte pour celle qui portait l’héritier de leur seigneur, nul autre cortège arrivé à Port-Réal n’avait semblé si rayonnant et si féroce à la fois. Partout dans le Donjon Rouge, on spéculait sur le sexe de l’enfant à naître, la nouvelle ayant pris, comme toute chose dans les murs de la forteresse, une ampleur inattendue. Evidemment, le coeur des hommes de l’Orage le criait déjà, il s’agirait d’un garçon, copie fidèle de son père, et surtout de son illustre grand-père.

Avait alors commencé pour le couple une période qui leur était bien peu familière : après un an, et de trop rares retrouvailles, qui souvent ne duraient pas plus d’un jour ou deux, ils étaient réunis, pour de bon. Plus de départ rapide, plus d’au revoir plein de regrets. Pour ces raisons, la présence de la Main du Roi dans les dîners officiels s’était éteinte ces derniers jours, préférant consacrer ses soirées et ses nuits à retrouver celle qui partageait sa vie, et son coeur. Les Targaryen en faisaient de même, après tout, et puis, qui aurait l’audace de questionner la Main du Roi sur la façon dont il remplissait ses soirées ? Pour toutes les responsabilités qu’il donnait, le Pouvoir donnait également une vue sur la véritable liberté, celle de n’avoir à répondre de ses actes devant personne, ou presque. Robb avait gouté au Pouvoir, il l’avait entre les mains, et dire qu’il n’en était pas grisé était un mensonge. Il aimait cette vie, ce titre, autant qu’ils le terrifiaient. Le Cerf avait donc décidé qu’il avait plus que mérité ces moments d’intimité avec la future mère de son enfant, qu’importe ce que pouvaient penser les autres seigneurs. Entouré de quelques gardes d’honneur à la livrée sable et or, le seigneur traverse les couloirs de plus en plus fréquentés du château sous les révérences des nobles, courtisans et invités, incapables d’ignorer l’identité de celui qui fend la distance le séparant de la Tour de la Main.

« Je ne veux plus être dérangé ce soir. Faites le savoir à tout visiteur importun. »

« Monseigneur. »

Quatre à quatre, il monte les marches qui le mènent à ses appartements privés. Les autres niveaux de la tour sont surtout utilisés pour abriter sa garde personnelle, ainsi que les quartiers des serviteurs. Un étage est entièrement dévolu à un bureau également, mais Robb avait préféré renoncer à l’utiliser pendant le couronnement, redoutant que trop d’allées et venues ne perturbent sa bien-aimée. Enfin il la retrouve et l’enlace silencieusement, ses mains posées sur le ventre arrondi de celle-ci, tout en lui embrassant le cou. Le seigneur de l’Orage, bien loin de l’image intimidante qu’il peut afficher en public, se laisse ensuite aller à s’écrouler dans le large lit, vite rejoint par sa Dame qui vient se lover contre lui. Ils restent ainsi en silence, jusqu’à ce qu’il finisse par lancer, comme s’il venait de s’en rappeler :

« Il va falloir penser à un nom ! »


Combien de temps restèrent-ils là, à discuter allongés l’un contre l’autre ? Le soleil n’était plus maintenant qu’une mince lueur rouge à l’horizon, et le château semblait s’être illuminé du feux de milliers de chandelles que l’ont peut apercevoir tout autour, quand un serviteur frappe doucement à la porte :

« Monseigneur Main ? Le ménestrel pour le dîner de ce soir est arrivé, et les cuisines sont en train de préparer le repas. Y a-t-il autre chose à préparer avant l’arrivée de monseigneur Lannister ? »

Soudainement tiré de sa rêverie, le Cerf laisse échapper un juron silencieux. Comment avait-il pu oublier ce dîner ? Prévu depuis l’arrivée même des seigneurs de l’Ouest, c’était avant tout une occasion pour deux alliés de discuter moins formellement avant le mariage, sans doutes de régler quelques affaires également, ainsi qu’une occasion de présenter Rohanna officiellement à un membre de la famille qu’elle n’avait jamais rencontré. Une envie d’annuler lui vint presque immédiatement, aussitôt contenue par l’importance de cette rencontre, et de ceux qu’ils recevaient. Les Lannister n’étaient pas des nobles de seconde zone qu’il pouvait congédier ainsi, et certainement pas si peu de temps avant leur rencontre. Il se redresse donc, adressant une excuse silencieuse à sa femme tandis qu’il répond :

« Assurez-vous que les gardes les laissent entrer, et faites monter les aides de dame Rohanna pour l’aider à se préparer. »

« Bien monseigneur. »

A la hâte, Robb enfile la riche tenue qui heureusement, avait été préparée et posée en avance avant de laisser Rohanna à ses préparatifs, et de descendre à l’étage inférieur, où le dîner aurait lieu. Peut-être, s’il n’avait pas été si pressé en arrivant, aurait-il remarqué que les couverts avaient été mis pour quatre personnes, et non deux. Tout en se sermonnant intérieurement, le Cerf se servit une coupe de vin de la Treille, compliment du seigneur Redwyne, et s’assit à la table en attendant l’arrivée de ses invités, qui ne tarda pas.

Comme si tout avait été réglé d’avance, alors qu’une Rohanna plus resplendissante que jamais descendait les marches de leur chambre, ser Dondarrion, capitaine de sa garde à Port-Réal, ouvrit la porte principale de la pièce pour annoncer :

« Monseigneur Garett et Dame Alerie de la Maison Lannister, Suzerains de l’Ouest et seigneurs de Castral-Roc. »

Cérémonieusement, il fait quelques pas sur le coté pour laisser entrer les annoncés, avant d’emprunter la porte d’où ils sont arrivés et de la refermer derrière lui. Le dîner était informel, aucune présence superflue n’était utile, pas un garde ne veillait à la sécurité de l’endroit, du moins pas de façon visible.

A peine la porte s’était-elle entrouverte que Robb s’était levé pour se diriger vers sa femme, pour apparaître à ses cotés à l’arrivée du couple de Lions. Instant bref pourtant, puisqu’aussitôt il se dirige vers ses invités et vient serrer l’avant-bras droit de Garett avec le sien comme on saluerait un frère d’arme, dans un sourire chaleureux.

« Cher allié, bienvenue ! C’est un plaisir de vous revoir dans des circonstances moins tendues que lors de notre dernière rencontre. »

Robb se tourne ensuite vers l’épouse de celui-ci, qu’il n’avait encore vue qu’une fois lorsque le couple suzerain avait été officiellement présenté à la Cour. Un bref instant, où la jeune femme était restée silencieuse, agenouillée, trop court pour qu’il puisse se faire une idée de qui elle était.

« Lady Alerie, j’espère que vous appréciez votre séjour à Port-Réal. Gageons que cette soirée sera une meilleure occasion de connaître la femme dont le souvenir a permis à son mari de tenir durant ces années de guerre. »

Enfin, d’un geste, il invite Rohanna à le rejoindre, et alors qu’il pose sa main sur le bras de celle-ci, il continue :

« Je ne crois pas que vous ayez déjà eu l’occasion de rencontrer Lady Rohanna Baratheon, mon épouse, et bientôt mère de l'héritier de l'Orage. »


Il aurait pu donner la liste complète de ses titres, mais il s’agissait ici d’une réunion informelle, et il se doutait que le couple en face de lui n’avait pas besoin de ce genre de rappel. Fierté paternelle prématurée, il avait pourtant ressenti le besoin d’annoncer cette grossesse tant attendue, dernière bénédiction en date pour la Maison du Cerf Couronné. Alors que les salutations d’usage se terminaient, la Main du Roi reprend la parole, indiquant la table et ses confortables sièges vides :

« Installons-nous ! Le seigneur Redwyne a amené avec lui plusieurs des meilleures cuvées de la Treille, autant lui faire honneur en le dégustant en bonne compagnie. »

Codage par Libella sur Graphiorum
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Rohanna Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port Réal.
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Mer 23 Aoû 2017 - 0:43

a coeur vaillant,
rien d'impossible


Une main élégante passe l’encensoir sous sa nuque. Elle relève l’épaisse et souple chevelure brune de sa maitresse, dans un geste lent et précieux diffuse une odeur musquée. Les quelques Dames s’affairent dans un silence entrecoupée de rires étouffés. Heureuses élues, elles papillonnent sous la bienveillance de la Dame des lieux. Le visage dans la lumière du soir, elle laisse délicatement sa tête aller à ses pensées secrètes. Lointaine, elle n’entend pas les demoiselles inspirer leur jeunesse et leurs rêves. Son sourire poudré, elle se délaisse au souvenir de son époux, à la sensation de ses mains sur son corps. Sa chambre pouvait bien s’être transformée en ruche bourdonnante, elle n’était qu’à lui. Rohanna Baratheon n’avait pas été aussi heureuse depuis bien longtemps. Son nez retrouvait ses airs mutins et ses fossettes l’humour d’antan. Une joie ancienne, une balade de jadis. Une promesse pour demain… Une promesse. Ses doigts effleurent son ventre dont les rondeurs commencent à s’apercevoir. Quand un matin, en revenant du septuaire, elle s’était évanouie personne n’avait cru à une nouvelle grossesse. Pas même elle. Ses peurs et ses angoisses se refusaient à penser qu’elle pourrait à nouveau enfanter. C’est Tess, de ses yeux observateurs qui lui avaient dit qu’elle attendait un heureux événement. Depuis, l’élan de vie qui la caractérisait autrefois avait repris le pas sur elle. Oui, les prochains mois luisaient d’une aurore bénite par les Sept.



« Je vais fermer votre corsage votre Seigneurie. »



Depuis son mariage, les années avaient coulées. La guerre lui avait volé une grande partie de sa jeunesse et de sa vie d’épouse. Les épreuves avaient transformé la jeune femme farouche qui était arrivée à Accalmie. Son tempérament s’était assagi et aux côtés des puissants de ce monde, elle avait appris ce qui pendant des années lui avait fait défaut : une éducation seigneuriale. Après la restitution du trône à son roi légitime et la désignation de son époux comme Main du Roi, elle avait préféré rester à Accalmie. Si les femmes et les vieux connaissaient la nouvelle suzeraine, ce n’était pas le cas des nobles et de leurs fils. A leur retour, il avait été nécessaire de s’imposer auprès d’eux. Tout comme il avait été nécessaire de gagner en popularité face à Illya, Jasper et Kyra. Les griefs de sa belle-mère à son encontre ne s’étaient jamais envolés, avec le temps ils étaient devenus amers et irréparables. Les Cieux, pour la biche et la lionne ne semblaient vouloir se montrer cléments. Une rivalité de fer était née au sein même d’Accalmie. Si Robb lui avait manqué chaque jour, ce n’est qu’à regret qu’elle avait observé les heureux chevaliers venus l’escorter à Port-Réal. La forteresse des Cerfs, avec les ans, étaient devenue sa maison et l’abandonner pour le Donjon-Rouge lui demandait bien du courage. 


« Là, milady vous êtes fin prête. »

Ses doigts viennent frôler le fermail d’argent champlevé et émaillé. Un cadeau de son époux pour la future naissance de leur héritier. Au milieu des pierres et des perles, un Cerf couronné robuste et majestueux s’élevait. Jamais les orfèvres de l’Orage n’avaient autant soigné un tassel d’argent découpé à jour. Rohanna, malgré sa position, était restée une personne humble et simple. Des bijoux des Baratheon, elle ne les portait que si cela lui était obligé. Tess avait bien essayé de lui apprendre à créer des modes et avoir du style, ce qui était inné chez elle ne l’était pas chez sa nièce. Ce n’était pas une inspiratrice et les Dames des autres Maisons le savaient parfaitement. Provinciale, elle le resterait probablement jusqu’à la fin de ses jours. Le miroir d’étain estompe les traits de son plein visage. Il lui renvoie une idée de mirage et ce n’est qu’aux yeux de ses compagnes qu’elle sait qu’elle ne fera pas honte à la noble lignée des Baratheon. Ses joues rosissent et ses paumes viennent caresser ses cheveux. Un léger circlet d’or auréole sa coiffure d’une couronne tressée. 


« Merci pour vos précieuses habilités, il n’y aurait rien que je ne serai faire sans vous. Vous pouvez disposer à votre guise, je n’aurais besoin d’aucune de vous ce soir. »



Les jolies cachent des sourirent exubérants et leur maitresse se fond dans le large escalier en colimaçon. La Tour de la Main était un endroit calme et studieux. Protégée des affres d’une Cour bruyante et avide, il était aisé pour les résidents d’oublier où ils étaient et la précarité de leur position. Précarité, car protégés aucuns de ses résidents de l’étaient. La place la plus haute de Westeros, hormis le Roi, était aussi la plus dangereuse. Tout le monde le savait et la châtelaine qui descends les pierres ancestrales de la Tour le sait également. Elle avait longtemps pensé que tout aurait été bien plus simple si son époux n’était pas Suzerain. Elle s’amusait à penser à une vie loin de toutes charges nobiliaires et protocolaires. Seule la lueur fière qui brillait dans les pupilles de son époux lui rappelait à quel point Robb vivait pour cela. Elle l’aimait ainsi. Elle le désirait ainsi. Elle l’étreignait ainsi. Ses souliers frôlent les dernières marches quand le capitaine de la garde du couple scande le nom des prestigieux invités. 


« Cher allié, bienvenue ! C’est un plaisir de vous revoir dans des circonstances moins tendues que lors de notre dernière rencontre. Lady Alerie, j’espère que vous appréciez votre séjour à Port-Réal. Gageons que cette soirée sera une meilleure occasion de connaître la femme dont le souvenir a permis à son mari de tenir durant ces années de guerre. »



Lannister. Voilà, le nom des prestigieux invités pour lesquels Robb lui avait demandé de superviser un dîner. Bien qu’elle s’était préparée à l’idée de voir des têtes blondes et peu aimées, il lui faut une grande maitrise pour ne pas dévoiler sa détresse. Ils étaient partout : Kyra, Eleneï, Garett, Illya, ils appartenaient à cette race qui lui faisait défaut. Ses genoux fléchissent légèrement devant le nom du cousin de son époux. Combien de fables avaient-elles entendu sur sa valeureuse personne? Elle avait toujours senti croitre en elle un soupçon d’orgueil à l’idée que son époux ait été choisi comme Main et non lui. Aujourd’hui, Robb bénéficiait d’une position bien supérieure à celle de Garett. Si personne ne le disait, tout le monde savait. Tout le monde savait qu’actuellement Robart Baratheon était le véritable Régent des Sept Couronnes.

« Je ne crois pas que vous ayez déjà eu l’occasion de rencontrer Lady Rohanna Baratheon, mon épouse, et bientôt mère de l'héritier de l'Orage. »

A ces derniers mots, parce qu’elle était d’un élan du coeur bien trop pur et naturel, elle ne peut retenir un sourire satisfait. Trop longues avaient été les mois où ses lunes avaient entaché l'honneur de sa nouvelle famille. Ce ne serait plus le cas. L’Orage était à nouveau fort et puissant, rien ne viendrait l’ébranler. Furtivement, elle revoit son corps couché contre celui de son époux et leurs rires sur les prénoms de leurs futurs héritiers. Theodan revenait souvent en son imagé. Elle revoyait la prestance de cet homme, sa poigne franche et sa chaleur humaine. Il était resté pour elle un inconnu, un portrait légendaire terrassé par un dragon. Pourtant, tout ce qu’elle avait ce soir elle le devait à lui. Elle le devait à cet homme qui des années plus tôt avait préféré la petite pendue à la lionne majestueuse. On lui avait rapporté qu’Alérie Lannister avait subit le même destin. Une fille de famille mineure qui n’aurait jamais du accéder à sa position… Ses yeux l’observent silencieusement. Majestueuse, élancée, blonde : elle semblait être née pour porter le titre de sa nouvelle famille.



« Relevez-vous Dame Alérie, ne sommes nous point cousines? »



Ses douces mains sur les épaules de cette dernière, elle tente de diffuser quelque chaleur en son geste. Parfois bornée, Rohanna avait depuis longtemps décidée qu’elle garderait toutes ses gardes devant Garett, mais qu’à son épouse elle laisserait une chance. Une entorse à sa haine contre sa belle-famille. Une entorse pour celle qui était comme elle, une parvenue.

« Installons-nous ! Le seigneur Redwyne a amené avec lui plusieurs des meilleures cuvées de la Treille, autant lui faire honneur en le dégustant en bonne compagnie. »



Se positionnant aux côtés d’Alérie, son avant-bras s’élève pour laisser la préséance à Garett. Elle avait préparé et révisé ce dîner de nombreuses heures. La sécheresse était présente partout et si sur les tablées du Donjon-Rouge personne ne pouvait la deviner, Rohanna avait parcouru trois jours durant les routes pour arriver ici. De ses yeux, elle avait vu les pauvres réclamer nourriture et eau, certains étaient déjà si maigres que la mort ne semblait plus qu’une douceur offerte à ce monde… Soirée intime et relevant de la sphère privée, Rohanna avait cru de bon goût de ne pas étaler de richesses désormais trop rares. Ses femmes étaient revenues affolées des marchés de la capitale où l’on s’arrachait les denrées à des prix exorbitants. Néanmoins, Rohanna avait connu les temps difficiles et ce genre de situation ne l’effrayait pas. A Gallowsgrey elle avait vu trop bien trop souvent la cuisinière faire de peu des merveilles et c’est précisément ce qu’elle avait réalisé.

Une brise légère entre dans la salle à manger où des centaines de photophores brillent doucement. La table dressée aux couleurs est aux discrètes couleurs de leurs Maisons, entremêlées et unies. D’un regard elle fait signe aux échansons de se tenir prêts et autres pages de porter le premier service constitué de morceaux de lard fumé et de pommes de terre cuites aux graines d’anis.* Prenant place aux côtés de Garett et en face d’Alérie, elle lève son verre et porte les premiers mots :

« Que la félicitée bénisse notre rencontre! Lord Garett, bienheureuse est la joie de vous rencontrer en chair… Feu mon père, 
les membres de sa famille étants bannis elle évoquait bien évidemment le nom de Theodan, vous louait souvent gloire et nombreuses victoires! Tout comme mon époux qui a longtemps tenue la forte Accalmie éveillée de vos mérites réunis! »
lumos maxima


* J'ai fait plein de recherches sur les dîners médiévaux, hahahaha !

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+just a bad dream+
SOFTNESS IS NOT WEAKNESS IT TAKES COURAGE TO STAY DELICATE IN A WORLD THIS CRUEL
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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Dim 27 Aoû 2017 - 22:23

A Cœur vaillant, rien d’impossible.

ft.



















Par les Sept, qu’il a changé

Garett venait de poser son regard moucheté d’or sur le plus puissant des hommes de Westeros. Robart Baratheon, Sire d’Accalmie, suzerain des Terres de l’Orage et Gouverneur de l’Est, et accessoirement Main du Roi de Sa Majesté Jaehaerys Targaryen. En sa qualité de premier conseiller du jeune souverain, il avait de facto régné durant un an, aux côtés de la sœur du Roi : Rhaenys Targaryen, princesse régente. Garett Lannister avait veillé au grain, depuis les hautes chambres d’or de Castral Roc. Son grand-père Godric, dernier Prince du Roc, chevalier du Champ de Feu, ancien Bouclier de Port-Lannist, avait été nommé au conseil restreint en qualité de Maître des Lois. Le vieil homme avait été implacable, veillant tout aussi bien aux intérêts Lannister qu’au bien-être des Sept Couronnes, secondant du mieux qu’il avait pu le cousin de Garett.

Pourtant, malgré la coopération pleine et entière de Godric et sans nul doute celle assez claire d’Harys Tyrell, une année à subir les épreuves du pouvoir avait profondément marqué le Sire d’Accalmie. Le nouveau seigneur suzerain de l’Orage avait pourtant eu son lot de déconvenues durant la guerre. La bataille des Diables Blancs avait été un prélude au siège d’Harrenhall, qui avait vu dans son dénouement la déroute stratégique des armées loyalistes. Cette victoire, remportée grâce à l’intervention salvatrice de Torrhen Tully, avait permis aux Rebelles de mobiliser toutes leurs forces et de marcher de manière définitive sur Port-Réal avec les conséquences que tous connaissaient. Et pourtant, à l’arrivée de Robb Baratheon à la capitale après les funérailles de son père à Accalmie, il avait encore l’air frais, presque un brin insouciant, alors qu’il portait encore le deuil d’un père, d’un suzerain et de tous les braves orageois morts au combat.

Malgré cela, le Robart de l’époque n’était en rien comparable à celui d’aujourd’hui. La Main du Roi avait les traits tirés, son front semblait barré en permanence par une ride causée par les soucis de celui qui avait dû être l’équivalent d’un Roi pour des millions de personnes. Et pourtant, Garett ne pouvait s’empêcher d’admirer la prestance de son cousin. Le Baratheon n’était pas un simple suzerain au même titre que Torrhen Tully, Martyn Arryn, Oberyn Tyrell, Jorah Stark ou Garett Lannister, non. Il était Main du Roi. Il s’occupait de tout, et cela s’en ressentait dans son attitude, ses expressions et ses paroles. Alors que le fameux seigneur de l’Orage et premier conseiller du Roi se dirigeait vers eux, Garett appliqua une légère pression visant autant à donner un ultime encouragement à son épouse qu’à se donner lui-même du courage. Robart Baratheon attrapa l’avant-bras de Garett Lannister pour le saluer, et le Lion fit de même, dans une étreinte fraternelle et sincère.

« Cher allié, bienvenue ! C’est un plaisir de vous revoir dans des circonstances moins tendues que lors de notre dernière rencontre.

- Cher cousin, je vous remercie de votre accueil. C’est un plaisir partagé
. »

Avec un sourire sincère sur le visage, Garett sentit s’en aller l’appréhension qui lui pesait sur les épaules depuis que l’organisation du dîner avait été officialisée. Il couva du regard son épouse, comme pour espérer qu’elle tiendrait le coup face à la pression qui devait reposer sur ses épaules alors que lui, son époux pourtant infidèle, l’introduisait au non-Targaryen le plus puissant de Westeros.

« Lady Alerie, j’espère que vous appréciez votre séjour à Port-Réal. Gageons que cette soirée sera une meilleure occasion de connaître la femme dont le souvenir a permis à son mari de tenir durant ces années de guerre. »

Vu la situation entre les deux époux suzerains de l’Ouest depuis leur mariage, Garett ne jugea pas forcément judicieux de réagir. Après tout, ces moments difficiles étaient derrière eux. Tout du moins jusqu’à la naissance de l’enfant d’Allyria… Le seigneur-Main se retourna vers son épouse qu’il invita d’un geste à les rejoindre. Alors qu’elle venait se ranger aux côtés de son époux, Garett détailla la jeune femme dont il avait entendu parler plusieurs fois sans jamais la rencontrer. Rohanna Baratheon, née Trant, était une jeune femme à l’air décidé, sans doute à l’esprit mutin et aux traits fiers.

« Je ne crois pas que vous ayez déjà eu l’occasion de rencontrer Lady Rohanna Baratheon, mon épouse, et bientôt mère de l'héritier de l'Orage. »

Effectivement, c’était là le grand évènement en devenir dans les Terres de l’Orage. Après des années sans héritier, Robart Baratheon s’apprêtait à devenir père. Comme Garett, sauf que l’enfant de Rohanna serait légitime. Garett s’inclina aussi longuement que l’autorisaient le protocole et les convenances, puis, il se s’adressa directement à la jeune femme.

« Dame Rohanna, c’est un plaisir et un honneur d’enfin vous rencontrer. Je vous prie de bien vouloir accepter toutes mes plus sincères félicitations, tous les deux. »

Pendant ce temps, la jeune femme s’avança vers Alerie et déposa ses mains sur les épaules de la jeune Conflanaise.

« Relevez-vous Dame Alérie, ne sommes-nous point cousines ? »

Les Sept pouvaient en être remerciés, Rohanna était visiblement bien disposée auprès de son épouse. Ils pourraient donc travailler tous en bonne intelligence. Tous arboraient un sourire mi-sincère mi-gêné, attendant de voir qui prendrait l’initiative. Ce fut Robart, en bon chef des lieux.

Les lieux, d’ailleurs, la Tour de la Main, étaient impressionnants. Il n’y avait pas d’opulence éblouissante, alors que l’on se trouvait au faîte du pouvoir en Westeros. Les lieux ne ressemblaient pas vraiment à un endroit où vivre. Ils respiraient le pouvoir, l’influence, la gravité de situations uniques. Qui pouvait savoir combien de décisions scellant le sort de millions de personnes avaient été prises dans cette Tour, depuis la fin de la construction du Donjon ?

« Installons-nous ! Le seigneur Redwyne a amené avec lui plusieurs des meilleures cuvées de la Treille, autant lui faire honneur en le dégustant en bonne compagnie. »

Robart avait pris les devants. Ils s’installèrent de manière croisée. Garett faisait face à son cousin et se trouvait au côté de Rohanna tandis qu’Alerie allait s’installer près du Sire d’Accalmie. Alors que son épouse s’asseyait, leurs regards se croisèrent de nouveau brièvement, le temps d’une expiration, un bref instant durant lequel le jeune Lion adressa à la native de Château-Rosières un petit sourire encourageant. Maintenant commençait la grande épreuve.

La table était tout à fait splendide. Les couleurs des maisons Baratheon et Lannister s’y mariaient avec goût et délicatesse tandis que la vaisselle était celle des grandes occasions, à grands renforts d’argenterie de prestige et de grandes chandelles neuves. Alors qu’ils s’installaient, les premiers plats arrivèrent. L’odeur était alléchante alors que le parfum si caractéristique du lard fumé envahissait peu à peu la salle. La viande était accompagnée de petites pommes de terre cuites avec un condiment que Garett ne parvenait pas à identifier. En tout cas, le dîner s’annonçait fameux. La capitale n’avait guère d’avantages par rapport au Roc pour le Lannister, mais les cuisines royales en étaient définitivement un, et pas des moindres. Rohanna, finalement, leva son verre d’un geste grâcieux, portant ainsi le premier toast de la soirée.

« Que la félicitée bénisse notre rencontre ! Lord Garett, bienheureuse est la joie de vous rencontrer en chair… Feu mon père, vous louait souvent gloire et nombreuses victoires ! Tout comme mon époux qui a longtemps tenue la forte Accalmie éveillée de vos mérites réunis ! »

Le souvenir de Theodan Baratheon se rappela douloureusement au seigneur Lannister. Il se rappelait comment la nouvelle les avait frappés en pleine bataille. Il se revoyait encore, sur la place devant Fossedragon, tenant conseil avec certains des ouestriens et orageois. Il se rappelait de tous leurs visages, de toutes leurs expressions. Godric Lannister, l’air grave, portant la nouvelle terrible. Jasper Baratheon, la mine déconfite. Doran Tarbeck, pâlissant à vue d’œil. Oswell Connington, blessé, l’air complètement absent. Poe Mertyns, chevalier de Bosquebrume, ne prononçant pas un mot. Harwyn Chenu, restant sagement dans un coin. Cette journée avait été terrifiante, à plus d’un titre. Quant à son dénouement ultime… Une immense honte lui enserra le cœur alors qu’il jetait un regard vers Alerie. Il essaya de ne pas y penser, levant son verre à son tour, et plongea son regard dans celui de Rohanna, portant un toast des plus solennels.

« Vous me faites bien trop d’honneurs, Dame Rohanna, alors que je suis enchanté de pouvoir enfin vous rencontrer. Je lève mon verre à la mémoire de cet homme immense, au véritable vainqueur de Maegor. A Theodan Baratheon, et à ses descendants, actuels – son regard se dirigea vers Robb tandis qu’il le saluait d’un signe de tête – et à venir. » conclua-t-il en revenant à Rohanna.





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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Port-Réal, en Terres de la Couronne, pour le couronnement et le mariage du Roi Jaehaerys Targaryen
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Mar 29 Aoû 2017 - 11:20




A Coeur Vaillant, Rien D'Impossible
La double porte des appartements privés s'ouvrit sur l'annonce solennelle et un rien tonitruante d'un colosse en armure frappée du blason Baratheon : « Monseigneur Garett et Dame Alerie de la Maison Lannister, Suzerains de l’Ouest et seigneurs de Castral-Roc ! » Au bras de son époux, elle pénétra alors dans une vaste pièce, au centre de laquelle trônait une magnifique table dressée pour quatre. L'argenterie, les coussins, et les musiciens qui dans un coin, accordaient leurs instruments, ne laissaient rien au hasard : on dinerait en seigneurs. Instantanément, et comme à chaque fois qu'elle se retrouvait dans une pièce confinée avec Garett à une table, elle sentait ses muscles se crisper. Une année entière avait eu beau s'écouler depuis, mais l'horrible souvenir demeurait. Depuis, ils avaient partagé des repas ensemble, mais toujours y régnait une atmosphère tendue. Seul de deuil qu'elle avait porté pour son père l'avait soustraite à ce rituel, s'étant astreinte à un régime alimentaire maigre et peu copieux qui ne se prêtait guère aux séances de prières. De plus, elle préférait envoyer ce qu'elle ne mangeait pas à Port-Lannis, dans les maisonnées qui n'avaient pas le luxe d'entreprendre un jeune religieux !

Ce fut Robb Baratheon qui les accueilli ; dans un pourpoint élégant, il avançait vers eux, visiblement heureux de les recevoir. « Cher allié, bienvenue ! C’est un plaisir de vous revoir dans des circonstances moins tendues que lors de notre dernière rencontre. » Dans un parfait ensemble, Garett et Alerie saluaient leur hôte, la jeune femme s'octroyant un court instant de le regarder enfin d'un peu plus près. Si les rencontres et les corbeaux étaient fréquents entre les deux hommes - ils étaient cousins, ils étaient frères d'armes, et représentaient la puissance en place, Robb exécutant, Garett en garantie - elle-même ne l'avait aperçu que furtivement. La première fois lors de son arrivée à la Cour. Pour sa présentation officielle, et alors que le triple regard du Roi, de sa sœur et de sa tante lui avaient donné envie de se terrer au fond du sol, elle n'avait que furtivement donné attention à cet homme qui se tenait un peu en retrait mais à la droite du Trône de Fer, le cheveux brun et la mine sérieuse. Tout de noir vêtu, il s'était contenté d'observer la scène, sans dire un mot et sans laisser exprimer un quelconque sentiment. Il avait eue la même attitude lors des procès d'Elinor et d'Ondrew Piète, le Roi ayant lui-même présidé. Ce qu'elle savait de lui ? Qu'il était le portrait craché de son défunt père à son âge, qu'il était le deuxième homme le plus puissant des Sept Couronnes et qu'ils étaient liés par des liens de famille. « Cher cousin, je vous remercie de votre accueil. C’est un plaisir partagé. » Alerie acquiesça, toujours légèrement inclinée. « C'est un honneur pour moi d'être présentée à la Main de notre Roi, que les Sept le bénissent et lui donnent longue vie ! Et un plaisir de vous rencontrer enfin, mon cousin ! » ajouta-t-elle, moins formelle. Elle pu lire dans ses yeux la même curiosité, la même envie d'en savoir d'avantage. « Lady Alerie, j’espère que vous appréciez votre séjour à Port-Réal. Gageons que cette soirée sera une meilleure occasion de connaître la femme dont le souvenir a permis à son mari de tenir durant ces années de guerre. » Pour toute réponse, elle lui offrit un sourire poli, sans regarder ledit mari. Que pouvait-elle dire ? Que les années de guerre n'avaient fait que les déchirer ? Qu'il ne devait cette image de couple uni qu'à une trêve silencieuse signée entre les deux époux suite au départ de Loric, son frère, pour ses terres natales et dont il n'aurait jamais du être arraché ? Un sujet qui n'avait pas sa place en de telles circonstances, et alors que le seigneur de l'Orage faisait un geste vers sa droite.

Une apparition. Il n'y avait pas d'autres mots pour décrire l'élégante silhouette, fine et délicate, aux somptueux cheveux bruns et torsadés qui descendaient le petit escalier qui devait certainement monter aux chambres. Parée à ravir, avec finesse et une subtilité de bijoux qui attira immédiatement l’œil expert de la jeune femme, elle s'avançait avec grâce tandis qu'il la présentait. « Je ne crois pas que vous ayez déjà eu l’occasion de rencontrer Lady Rohanna Baratheon, mon épouse, et bientôt mère de l'héritier de l'Orage. » La double fierté qui irradiait du couple suzerain avait de quoi faire apparaire un sourire sur la plus renfrognée des faces. Et au même titre qu'elle n'avait entendu de son époux que ce que le commun en savait, Alerie n'en savait pas d'avantage sur Rohanna qu'elle était née Trant, et que le malheur avait une première fois frappé son giron lorsqu'il avait plu aux Dieux de lui retirer avant l'heure ses jumeaux. « Dame Rohanna, c’est un plaisir et un honneur d’enfin vous rencontrer. Je vous prie de bien vouloir accepter toutes mes plus sincères félicitations, tous les deux ! » Déjà, Lady Rohanna s'approcha d'elle et l'intima à se relever. « Relevez-vous Dame Alérie, ne sommes nous point cousines ? » fit-elle avec douceur, ce qui acheva d'emporter sa sympathie. Glissant un bras dans celui de la jeune femme, toutes deux prenaient la direction de la table dressée. « Nous le sommes, ma chère, et vous m'en voyez ravie. Quelle excuse coiffure ! Elle vous met en valeur, bien que vous n'en ayez guère besoin : la beauté qui précède à la maternité n'est jamais supplantée ! Toutes mes félicitations ! »

Finalement, ce dîner ne serait peut-être pas aussi difficile qu'il s'annonçait. Elle appréciait naturellement Rohanna, son époux les accueillait en quasi prince et les premières notes de musique achevèrent de peindre un fort charmant tableau. « Installons-nous ! Le seigneur Redwyne a amené avec lui plusieurs des meilleures cuvées de la Treille, autant lui faire honneur en le dégustant en bonne compagnie. » On prit place, et déjà, le premier service : l'odeur du parfait fumer titilla ses narines fragiles et elle se rendit compte qu'elle avait faim ! « Que la félicitée bénisse notre rencontre ! Lord Garett, bienheureuse est la joie de vous rencontrer en chair… Feu mon père, vous louait souvent gloire et nombreuses victoires ! Tout comme mon époux qui a longtemps tenue la forte Accalmie éveillée de vos mérites réunis ! » Un petit silence s'installa, cependant que chacun, sans doute, prononçait une prière intérieure à l'égard du défunt. Theodan Baratheon était tombé au combat, et ce dans d'horribles circonstances. La douleur encore fraiche de la perte de son propre père lui revint à l'esprit, et elle n'osait imaginer ce qu'il en avait coûté à Robb pour se maintenir sans chanceler. Une force de caractère qui forçait l'admiration, et alors que Garett levait son verre en l'honneur de la maison Baratheon, elle l'accompagna. « Vous me faites bien trop d’honneurs, Dame Rohanna, alors que je suis enchanté de pouvoir enfin vous rencontrer. Je lève mon verre à la mémoire de cet homme immense, au véritable vainqueur de Maegor. A Theodan Baratheon, et à ses descendants, actuels - et à venir ! »

Si elle porta sa coupe à ses lèvres, elle ne fit que les tremper, mais en prenant soin de ne pas offenser ses hôtes. Ils risqueraient de ne pas comprendre, alors qu'on fêtait la mémoire d'un héro ! « Tout ceci a l'air délicieux ! » ajouta-t-elle à l'égard de Rohanna. « Quelle merveilleuse odeur... Et cet assaisonnement ! Sont-ce des... mais oui, ce sont des graines d'anis ! Quelle originalité, est-ce une idée de votre maître coq ou bien avez-vous vous-même donné vos ordres en cuisines ? »


© Belzébuth

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    I Will Fight Them Within My Marriage
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Lun 11 Sep 2017 - 16:21

A Coeur Vaillant, Rien d'Impossible
Les convives prenaient place, signe pour les quelques musiciens présents d’entamer leur mélodie, aussi discrète qu’un murmure, mais suffisamment présente pour ne pas laisser de silence s’installer. Tandis que Rohanna lançait les politesses d’usage, Robb ne put s’empêcher de cacher un léger sourire derrière la coupe qu’il porta à ses lèvres à ses mots. Depuis leur mariage, elle avait toujours été trop formelle lorsqu’elle se trouvait en compagnie de nobles qu’elle ne connaissait que peu, trait qu’elle partageait avec Tess, même si les raisons qui les poussaient à parler de la sorte étaient bien différentes. La chose avait souvent été un sujet de plaisenteries entre les deux époux, mais le Seigneur de l’Orage se garderait bien d’en faire la remarque devant d’autres que sa femme.

Les mots de Garett eurent tôt fait d’ôter la légèreté dans laquelle le Cerf se trouvait, comme à chaque fois que son père, et sa mort, était abordée. Même si avec le temps il avait appris à cacher l’ombre qui gagnait son visage lorsque l’absence de son géniteur se rappelait à lui, elle n’avait jamais réellement disparu. Il avait longtemps cru qu’elle finirait par passer, qu’il finirait par ne plus remarquer le vide que Theodan avait laissé derrière lui, mais derrière chacune de ces actions, chacunes de ses paroles, il ne pouvait s’empêcher de se demander, comme tous autour de lui, s’il était digne d’être son successeur, s’il se montrait à la hauteur de la légende qu’avait été le héros de la guerre. Néanmoins, il inclina poliment la tête en direction du Lannister, avant de lui répondre :

« Que son sacrifice ne soit pas vain, et que sous le règne légitime de notre Roi, nos familles grandissent et prospèrent. »

Tous burent une longue gorgée suite à ces honneurs, même si Robb nota du coin de l’oeil que sa voisine ne buvait pas avec le même entrain. Pour autant, il ne vit pas la chose comme une insulte, se disant que la jeune femme préférait sans doute ne pas abuser d’une boisson qui lui ferait perdre contenance. Après tout, l’exercice d’un tel dîner devait lui être difficile, à elle qui avait certainement l’habitude de régner sur sa tablée dans l’Ouest. Elle se trouvait ici en présence de personnes qu’elle devait voir -au moins- comme des égaux. Et puis, Robb pensait savoir qu’elle était issue de la petite noblesse conflanaise, peut-être alors Alerie éprouvait-elle la même gêne en présence des puissants que celle que Rohanna pouvait parfois ressentir, une raison de plus pour ne pas se laisser débrider par l’alcool, que la Main pouvait comprendre, faisant mine de ne pas avoir remarqué que le niveau de la coupe de la Lionne n’avait que fort peu baissé.

Les serviteurs eurent tôt fait d’amener le premier service du repas de la soirée, qui avait été entièrement commandé et dirigé par Rohanna. Si l’année qu’ils avaient passés éloignés l’un de l’autre lui avait couté, force était de constater qu’elle avait beaucoup appris sur son nouveau rôle, et sur la manière de tenir une maisonnée aussi grande que la leur. Des décorations aux musiciens, en passant par les repas, tout avait été pensé aussi bien sinon mieux qu’à l’époque où Kyra commandait aux armées de petites mains d’Accalmie. Parfait prolongement de ces efforts, les plats servis se révélaient simples mais excellents, comme le soulignait également Alerie. Laissant son épouse répondre à la question qui lui était dirigée, Robb se contenta d’offrir à celle-ci un léger sourire, signe qu’il appréciait également les efforts qu’elle avait déployé durant la journée, rappel qu’il n’était pas le seul à voir son temps écrasé sous les responsabilités de sa position.

Son regard se porta ensuite sur Garett. Un an avait passé depuis qu’il l’avait vu pour la dernière fois, ce dernier ayant rejoint ses terres peu après la fin des pourparlers de paix. La rumeur voulait qu’il soit en froid avec les Targaryen après la visite impromptue de la Princesse Régente de Dorne après la bataille. Robb ne connaissait pas le fin mot de l’histoire, il assistait aux funérailles de son père et n’était pas présent lors des événements, mais il savait l’actuelle Régente, Rhaenys, relativement méfiante à l’égard du Lion depuis ces événements. Le Cerf avait également appris qu’une alliance existait entre l’Ouest et Dorne, visiblement scellée sur la promesse de la Princesse Régente de fournir de la nourriture aux Lannister et à leurs terres. Les implications de cette alliances étaient troublantes, d’autant plus avec les tensions existant actuellement entre l’Orage et la nation indépendante, et le Baratheon entendait profiter de ce dîner pour obtenir au moins quelques indices sur la conduite à tenir face à ces faits, autant pour son rôle de Main que de Seigneur de l’Orage.

Pour autant, l’heure n’était pas encore aux conversations lourdes, et mieux valait faire en sorte que le sujet s’amène de lui-même plutôt que de créer une tension loin d’être nécessaire dans le contexte actuel. Les Lannister s’étaient révélés d’excellents alliés, et il serait stupide de gâcher une telle relation avec des questions trop directes qui pourraient laisser aller à une défiance injustifiée. Non, mieux valait rester dans la légèreté, toutefois le Seigneur de l’Orage tenait à laisser à Garett la chance de s’exprimer lui-même sur le sujet. Le Lion n’avait pas la réputation d’un idiot, que du contraire, il devait savoir que sa position, entre deux de ses alliés, n’était pas des plus confortables au vu des événements récents.

« Comment se porte l’Ouest, après une année de paix, monseigneur ? N’avez-vous pas trop à subir la sécheresse que nous inflige ce long-été ? »
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Rohanna Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port Réal.
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Lun 11 Sep 2017 - 21:55

a coeur vaillant,
rien d'impossible


« Vous me faites bien trop d’honneurs, Dame Rohanna, alors que je suis enchanté de pouvoir enfin vous rencontrer. Je lève mon verre à la mémoire de cet homme immense, au véritable vainqueur de Maegor. A Theodan Baratheon, et à ses descendants, actuels - et à venir ! »



« Que son sacrifice ne soit pas vain, et que sous le règne légitime de notre Roi, nos familles grandissent et prospèrent. »


Ses yeux de biches se posent sur son époux. Theodan… son nom se suspens encore pendant de longs instants. Alors que tous boivent à l’honneur de l’illustre, elle tente de donner un encouragement à Robb. D’un parfait étranger, il était devenu le centre névralgique de son monde. Elle ne connait pas toutes les parts de son âme, mais elle sait. Elle sait les moments qu’ils ont partagés tous les deux, leurs mains brisées, leurs larmes brûlantes, les peurs et les espoirs. Theodan avait peut-être été un souverain prestigieux, une figure de proue pour leur génération dont on vanterait l'aura aux enfants. Son fils serait encore bien plus! Les Orageois donneraient fièrement le prénom de Robart à leurs descendants. Bien plus qu’entrer dans la légende des chevaliers de l’Orage, il l’embrasserait.

« Tout ceci a l'air délicieux ! Quelle merveilleuse odeur... Et cet assaisonnement ! Sont-ce des... mais oui, ce sont des graines d'anis ! Quelle originalité, est-ce une idée de votre maître coq ou bien avez-vous vous-même donné vos ordres en cuisines ? »



Un rayon solaire passe sur le visage heureux de la Dame des lieux qui s’oblige à le dissimuler en baissant légèrement la tête. Elle ne pouvait dénier avoir voulu être complimentée pour toutes ces heures dédiées à ce dîner. Oui, elle ne pouvait dénier avoir espéré un jour qu’on la félicite pour ses qualités d’hôtesse! La belle Alérie ne pouvait le savoir, mais il y avait une victoire en ses compliments. Une grande victoire. Rohanna n’avait eu de cesse de courber l’échine pour satisfaire la royale éducation de sa belle-mère. En les murs d’Accalmie, il y avait eu quelques rébellions. Longtemps la forteresse s’était retranchée en les deux camps que représentaient la Lionne et la Pendue. Longues avaient été les heures à accepter la position inférieure de sauvageonne qu’on lui avait conféré. Tel avait été le cas jusqu’à ce que la Trant disparaisse de son corps. Car c'est ce qu'ils avaient fait, Robb parti il n'avait été question que d'étouffer toute remembrance de son passé de pauvresse.

« Oh ! Quelle joie de rencontrer un palais si fin ! A la table des Cerfs ce n’est pas tous les jours que l’on fleure les saveurs. Ses fossettes malicieuses charrient Robb qui préférait bien plus engloutir que savourer. Gargantuesque pouvait se montrer les appétits des Baratheon! Rieuse, elle en est certaine son époux devait rêver d’une chasse dans ses royales forets. Le gibier y était le meilleur de tout le royaume! Cette partie de sa vie ne pouvait que lui manquer. C’était certain. J’aime à donner mes ordres, mais je ne pourrais faire grand chose sans notre Maitre Queux. Je veillerai personnellement à lui transmettre vos bienveillances. »



Son verre s’élève pour remercier en silence les douceurs de la Dame de l’Ouest. Depuis longtemps, Rohanna ne s’était pas permise de se sentir aussi légère. Si elle connaissait les tensions qui se taisaient entre les cousins, il lui semblait que rien ne pourrait venir troubler sa quiétude. Peut-être était-ce son ventre arrondi qui lui conférait déjà cette enveloppe chaleureuse et bienveillante... Une confiance nouvelle, tue et maitrisée. Longtemps, elle avait porté en elle la mort de ses fils. Un fardeau dont elle se flagellerait continuellement. Néanmoins, depuis l’annonce de leur héritier futur… un bonheur terrible semblait vouloir prendre possession de son corps. Bien logé, il semblait ne pas vouloir partir et Rohanna s’y complaisait. Il lui était impossible de contenir toute la vigueur insoupçonnée qu’elle avait retrouvée. Elle resplendissait de tant de grâces accordées par les Sept.



« Comment se porte l’Ouest, après une année de paix, monseigneur ? N’avez-vous pas trop à subir la sécheresse que nous inflige ce long-été ? »



Les difficultés dans lesquelles étaient plongées les régions des Sept Couronnes étaient de vertu commune. Un an après la mort du Cruel, les plaies de la terre difficiles à penser laissaient bien des miséreux. La chaleur accablante n’était pas pour aider. Malgré son or abondant, l’Ouest se trouvait dans une position difficile. Une position difficile qui ne pouvait que scier difficilement à l’ambition du Lion. Du moins, Theodan n’avait eu de cesse de répéter que Garett était un homme motivé par sa seule ambition. Son visage était ferme, marqué par des années qu’il n’avait pas encore. Tout comme ceux qui se trouvaient autour de cette pièce. La vie à tous leur avait volé leur éternelle jouvence. Toujours emprunt d’une bonhommie sincère, Rohanna encourage sa compagne à ripailler. Seul Robb savait ce qu’il avait dans la tête en avançant ces questions, il n'appartenait pas à elles de les souffrir.

En arrivant à Port Réal, Rohanna avait trouvé un homme changé. Il lui était encore difficile de dire en quoi… Ses peurs et ses angoisses tremblaient encore en lui, mais ses ambitions… Ses ambitions lui demeuraient voilées. Robart n’était plus seulement le fils prodige de son père, il n’était plus seulement Seigneur d’Accalmie et de ses terres orageuses. Il était l’homme le plus puissant du royaume. La menuaille semblait porter en lui une confiance presque aveugle. Elle voyait en lui le fils du héros, celui dont le courage et la bravoure les avait délivrer du Cruel. Pourtant, il y avait bien plus… il y avait bien plus. Désormais, quand sous ses mains elle sentait son corps musclé glisser en elle, il y avait une force nouvelle. La douceur d’antan avait laissé place à un besoin plus douloureux, dont elle même ne savait pas se rassasier. Dans son nouveau rôle, Robb n’était plus seulement un Cerf couronné, il était un descendant du Dragon. Les étoiles étaient alignées en faveur ; dans son ventre couchait un descendant d’Aerion. En eux trois coulait le sang du Conquérant. Oui, le Lion devrait désormais être habile. Ce n’était plus seulement l’allié et le cousin auquel il faisait face.
lumos maxima

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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Lun 18 Sep 2017 - 23:06

A Cœur vaillant, rien d’impossible.

ft.



















« Que son sacrifice ne soit pas vain, et que sous le règne légitime de notre Roi, nos familles grandissent et prospèrent. »

Garett porta son verre à ses lèvres, buvant une longue et respectueuse gorgée en mémoire de Theodan Baratheon, celui qui avait été son compagnon de route et de révolte durant ces longues et éprouvantes années de guerre. Theodan avait été son aîné de vingt ans, et pourtant, ils s’étaient toujours considérés comme des égaux, gérant chacun la guerre de leur côté, joignant leurs forces lorsque l’exigeaient les circonstances, comme dans le Conflans et surtout comme devant Port-Réal. Occupés chacun à la gestion de leur front et de leur région, les deux suzerains rebelles, tardivement rejoints par les Tyrell, n’avaient pourtant pas pu se croiser très souvent. Les deux fiefs de Castral Roc et Accalmie étaient séparés par plus de deux milles kilomètres de distance dont près de la moitié se faisait parmi les austères reliefs de l’Ouest, avant de continuer parmi les grandes plaines du Bief pour finalement arriver dans les tempétueuses terres des Baratheon. A cheval, sans se ménager, il fallait plus d’une dizaine de jour pour rallier les deux fiefs des grandes familles. A pieds, avec une armée, il fallait compter sans doute un peu moins de quatre mois.

Tandis qu’il savourait le vin des Redwyne, Garett jeta un rapide coup d’œil à Alerie. Elle semblait plutôt à son aise, malgré le fait qu’elle buvait du bout des lèvres, souhaitant dissimuler sa grossesse pour le moment. Ils n’avaient pratiquement pas discuté de comment l’annoncer au reste du monde, pour le moment. L’arrivée à la capitale s’était faite dans la tornade des multiples arrivées de tous les nobles venant quérir l’attention royale. Cette future naissance les avait rapprochés. A défaut d’amour, une certaine tendresse s’était de nouveau installée entre les deux époux depuis quelques jours, depuis que Garett avait appris pour la grossesse. Il se souvenait encore d’une Alerie lui annonçant sans préavis, de but en blanc, le fait qu’elle était désormais enceinte. Peut-être serait-ce un nouveau départ pour eux deux. Il restait toutefois Allyria, que Garett aimait très sincèrement et qui portait – elle aussi – son enfant. Le secret de la grossesse était très bien gardé au Roc, et encore plus celui du père de l’enfant à naître. Sous le coup de la culpabilité, le Faiseur de Roi sentit ses joues s’empourprer légèrement, alors qu’il avait trahi ses vœux, sa femme et qu’il n’était même pas présent alors qu’Allyria pouvait accoucher à tout instant. C’était décidé, Garett ne resterait au Donjon Rouge que le minimum de temps requis après le couronnement. Ensuite, il s’en irait rapidement auprès de la femme qu’il aimait, celle qui était son âme sœur et celle qui, malgré tout, était destinée à un autre comme lui-même appartenait à Alerie.

« Que son sacrifice ne soit pas vain, et que sous le règne légitime de notre Roi, nos familles grandissent et prospèrent. »

Robb avait parlé. Garett ne pouvait s’empêcher de le détailler rêveusement. Son cousin avait perdu un père et gagné un royaume en dédommagement. Cela remplaçait-il un parent comme Theodan ? Garett en doutait, pourtant, le Cerf avait accepté la charge avec honneur et déférence, s’attelant à la lourde charge de reconstruire le royaume, d’en sauver l’unité et de cimenter le règne de Jaehaerys avec autre chose que du sang. Le sacrifice de Theodan n’était pas vain, c’était déjà visible aujourd’hui. Les ennemis d’hier se retrouvaient aujourd’hui à boire et festoyer ensemble, oubliant les vieilles blessures, du moins en apparence. Il n’était pas rare de se jauger, de voir certains se demander dans quel camp avait été cet homme ou cette femme à l’allure sympathique avec lesquels on pouvait converser. Le règne de Jaehaerys serait synonyme de prospérité et de paix, alors que le Cerf et le Lion veillerait à sa stabilité, comme protecteurs du Trône et de leurs intérêts partout en Westeros.

« Tout ceci a l'air délicieux ! Quelle merveilleuse odeur... Et cet assaisonnement ! Sont-ce des... mais oui, ce sont des graines d'anis ! Quelle originalité, est-ce une idée de votre maître coq ou bien avez-vous vous-même donné vos ordres en cuisines ? »

Garett laissa poindre un sourire apaisé alors qu’il regardait sa femme complimenter la maîtresse des lieux. Elle avait tant appris. Il se souvenait encore de ses débuts difficils à la cour du Roc. Cette dernière était, à certains égards, bien plus exigeante que celle de Port-Réal alors que les us et coutumes, les traditions dissimulées et les protocoles de l’ombre étaient bien plus ancien que tout ce qui se faisait nulle part ailleurs en Westeros. Les Lannister se plaisaient à rappeler qu’ils étaient Sires du Roc depuis plus de dix millénaires, faisant d’eux l’une des plus anciennes familles du continent, à l’instar des Stark de Winterfell. Et depuis au moins aussi longtemps, il existait des usages de cour à Castral Roc. Cent vingt mille lunes, bien plus de trois millions de jours, quatre-vingt-sept millions d’heures… Cela laissait du temps à l’imagination, à perfectionner un art de vivre où se mêlait opulence et raffinement. Il fallait des années aux enfants Lannister et aux très honorés pupilles du Roc pour apprendre à en maîtriser toutes les facettes à la perfection.

Et pourtant, Alerie Piper avait réussi à s’y accommoder en quelques mois, démontrant à plus d’un titre sa flexibilité et son adaptabilité, en dehors de ses aspects parfois un peu simples. Et pourtant, elle l’avait été, simple, à son arrivée de Château-Rosières. Il avait fallu leur mariage et ces quelques semaines idylliques pour initier la mue de la jeune femme qui avait pris fin lorsqu’elle était arrivée pour la première fois à Port-Réal. Et désormais, elle complimentait, avec tout le respect du protocole de ce genre de rencontre, la Dame d’Accalmie. Il ne fallait cependant pas y voir simplement un suivi assidu des convenances sociales, Alerie était sincère dans ses compliments. Garett la connaissait suffisamment pour en être assuré. Le visage de Rohanna, illuminé part un sourire heureux, était la plus belle preuve qu’elle aussi avait saisi toute la sincérité du compliment de la native du Conflans.

« Oh ! Quelle joie de rencontrer un palais si fin ! A la table des Cerfs ce n’est pas tous les jours que l’on fleure les saveurs. »

Un grand sourire moqueur de Rohanna à l’encontre de Robb s’afficha sans complexe, révélant une nouvelle fois le sincère amour qui unissait le couple suzerain de l’Orage. Garett lui-même se laissa à rire de bon cœur à la pique de la Biche Pendue à son époux.

« J’aime à donner mes ordres, mais je ne pourrais faire grand-chose sans notre Maitre Queux. Je veillerai personnellement à lui transmettre vos bienveillances. »

Garett se tamponna les lèvres avec la pièce de tissu prévue à cet effet, avant de boire une nouvelle rasade de La Treille auré. Tandis que la première épreuve venait de son cousin Robb, lui demandant des nouvelles de sa région.

« Comment se porte l’Ouest, après une année de paix, monseigneur ? N’avez-vous pas trop à subir la sécheresse que nous inflige ce long-été ? »

Garett sentit instantanément les attentions se tourner vers lui. L’air détendu, il hocha la tête pour accuser réception de la question alors qu’il terminait de déguster un morceau de viande. Ce faisant, il regarda fixement son cousin un bref instant. Si la question initiale n’engageait à rien, la seconde, elle, allait le forcer à aborder l’épineux sujet de son alliance avec Dorne. Il était au fait des tensions frontalières naissantes entre les deux régions depuis que des enlèvements et des assassinats avaient été commis le long des routes frontalières. Et forcément, les frictions allant croissantes, il était difficile de tenir la position d’allié des deux partis concernés. Garett espérait donc secrètement que chacun des deux potentiels futurs camps se garderait bien de faire appel au Lion. Toutefois, il allait bien falloir en parler de vive voix, et Garett s’était promis d’être transparent avec son cousin, surtout au vu ce qu’il comptait lui demander plus tard. Il se laissa donc porter par les questions de la Main du Roi.

« L’Ouest ne doit sa survie qu’à deux choses, cher cousin. L’or des mines locales, qui nous permet d’acheter de grandes quantités de nourriture et d’éviter de sombrer dans le chaos de la famine et de la miche de pain à un cerf d’argent… »

Il soupira, frémissant aux conséquences que pourraient avoir un tel état de fait.

« Notre principal partenaire commercial se trouve être la Principauté de Dorne. Vous n’êtes pas sans savoir que ma sœur Arianna a épousé l’héritier actuel, Manfrey Martell. »

Il plongea son regard d’émeraude moucheté d’or droit sur son cousin, sondant ses yeux noisette avec la plus ferme détermination possible. Il faisait face à un égal suzerain, et à un supérieur en tant que Main du Roi. Mais il se tenait aussi droit devant son cousin, et pour Garett, la famille était sacrée ; y compris au sens large. Si Robb ne comprenait pas les prochains mots du Faiseur de Roi, alors, les choses risquaient d’être difficiles. Il fallait pourtant lui dire clairement et sans ambages, ils étaient ici en famille, bon sang ! Le ton était beaucoup plus direct, beaucoup plus personnel, beaucoup plus déterminé, mais toujours extrêmement bienveillant. Ce n’était plus simplement le cousin qui parlait, mais bel et bien le suzerain préoccupé par la sort de sa population, qui l’était encore, et qui le serait jusqu’au retour d’une situation moins critique. Chaque jour, il ne pouvait s’empêcher de penser au pire, et à ce qu’il fallait absolument éviter : des morts en grand nombre. Sur cette question, Garett était à bout, faisant tout ce qui était en son pouvoir pour sauver sa région au bord d’une crise sans précédent. En vérité, il avait l'impression que tous ses efforts menaçaient de ne pas suffire. Il tenait donc à justifier son accord commercial avec précision.

« Sans ces arrivages en provenance de Dorne, Robart, nous ferions face à une terrible famine chez nous. Nos terres sont asséchées et la guerre a prélevé un lourd tribut parmi les moissonneurs. Nos partenaires habituels que sont les fermiers du Conflans et du Bief ne sont même pas en mesure de s’alimenter eux-mêmes… »

Cherchant du courage, il se saisit de la main d’Alerie par-dessus la table. Il savait risquer le pire en allant ainsi se livrer non pas à son cousin mais bel et bien à la Main du Roi. Ce dernier pouvait prendre ombrage d’une trop grande franchise ou décider de ne pas le croire. Mais Garett ne cherchait pas à se défiler. Ce qu’il souhaitait, c’était diriger au mieux son pays, et régner comme il avait toujours été destiné à le faire. Que le reste de Westeros se débrouille, les Lannister allaient centrer leurs efforts sur la préservation de leur patrimoine et de leurs sujets. Et pour cela, il n’y avait nul besoin d’intriguer. Ce n’était pas digne d’alliés, pas digne de l’héritier de Loren l’Ultime.

« En vérité, dit-il en serrant légèrement le poignet de son épouse, sans Dorne, nous aurions dû faire face à des milliers de morts. La vérité est douloureuse, mais nous avons besoin de ces denrées de première nécessité : de l’orge, du blé, des fruits, du foin… »

Toujours préoccupé par ses difficultés, se livrant en partie à ses alliés, Garett laissa son regard errer sur chacune des personnes installées autour de la table.

« Ce n’est pas un acte partisan, monseigneur. Je connais vos difficultés actuelles avec Dorne, et cela n’est en rien lié à mon commerce avec Dorne, je puis vous l’assurer. Ce que je souhaite simplement… C’est faire au mieux pour mon peuple. »

Un sourire légèrement contrit apparut sur le visage du seigneur suzerain Lannister, plus jeune que son cousin. Tout était désormais dit, il ne restait plus qu’à espérer une réponse adaptée. Garett avait toujours cru que le sort du monde se réglait dans des circonstances similaires. De franches discussions entre gens puissants dans des lieux magnifiques et iconiques. Tout était réglé pour que ce dîner devienne un véritable tournant dans l’Histoire. Restait à savoir en quels termes.

« Et comment se porte l’Orage ? Dame Rohanna, que pensez-vous du travail de devoir tenir les rênes de toute une région ? Comment arrivez-vous à vous accommoder de cette sécheresse estivale? »





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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Port-Réal, en Terres de la Couronne, pour le couronnement et le mariage du Roi Jaehaerys Targaryen
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Mar 19 Sep 2017 - 17:48




A Coeur Vaillant, Rien D'Impossible
Une atmosphère solennelle régnait dans la pièce, alors que chacun réservait une pensée respectueuse à la mémoire du défunt Theodan Baratheon. Tous les présents devaient grandement au Cerf Tombé, et son fils ainé parlait à juste titre de sacrifice. « Que sous le règne légitime de notre Roi, nos familles grandissent et prospèrent. » Elle n'avait pas trinqué complètement, mais une prière silencieuse s'éleva jusqu'aux Sept Qui Ne Font Qu'Un. Dans son état, elle ne pouvait pas se permettre de boire une goutte d'alcool, mais elle ne pouvait pas non plus ignorer tous les devoirs qui revenaient à l'honneur d'un personnage qui avait donné jusqu'à sa vie pour permettre à ses descendants et à leurs alliés de partager le repas de ce soir. Après un regard à l'attention de son époux et de son cousin qui buvaient en silence, elle chercha le regard de Rohanna. Elle s'était extasiée de ses compliments, et de la « Joie de rencontrer un palais si fin ! A la table des Cerfs ce n’est pas tous les jours que l’on fleure les saveurs. » Elle lui avait rendu son sourire au centuple, et pris une pleine bouchée du met qu'elle avait fait préparer. « J’aime à donner mes ordres, mais je ne pourrais faire grand chose sans notre Maitre Queux. Je veillerai personnellement à lui transmettre vos bienveillances. » « Et à lui faire passer certains de ses secrets à nos cuisines. Moyennant un juste retour de recettes, bien entendu ! » ajouta-t-elle, un rien espiègle, imaginant déjà la tête de la cuisinière du Roc à l'idée de voir la table suzeraine envahie de spécialités qui n'étaient pas les siennes !

« Comment se porte l’Ouest, après une année de paix, monseigneur ? N’avez-vous pas trop à subir la sécheresse que nous inflige ce long-été ? » La question était mondaine, normale autour d'une table composée de deux couples suzerains. Le Long Été et son écrasante sècheresse mettait à mal la paix que les deux hommes présents à la table avaient mis tant d'efforts à établir. Et pourtant. A la seconde où Robb Baratheon s'enquérait de la situation, Alerie sentait ses muscles se raidir. Elle réalisait plus que de raison combien ce qui secouait l'Ouest lui importait, combien elle était attaché à ceux qui en faisaient battre le cœur, ceux qui n'avaient pas la chance de vivre, comme elle, dans une grande et luxuriante forteresse, entourée du prestige et de la richesse d'une maison noble aussi importante que les Lannister. Et contrairement à Johanna, qui ne passait pas une minute plus que nécessaire dans la chaleur étouffante de la ville, Alerie, elle, n'avait pas laissé écoulé une journée sans se rendre à Port-Lannis. Le deuil de son père ne l'avait pas éloignée de la vie quotidienne des pêcheurs, commerçants et habitants de la ville portuaire qui, à chaque heure, souffraient de la sècheresse qui mettait leurs nerfs et leurs provisions à vif. Elle avait vu la misère, des enfants gisant à même les plages dans l'espoir que l'air marin leur fouette un peu le visage et ravive leurs membres endoloris. Elle avait vu les petites gens se presser aux pieds du Roc, à pétitionner leur suzerain pour une aide. Et elle avait vu Garett leur tendre la main.

Tournant son regard vers son époux, Alerie se garda bien de répondre à sa place. Pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait... « L’Ouest ne doit sa survie qu’à deux choses, cher Cousin. L’or des mines locales, qui nous permet d’acheter de grandes quantités de nourriture et d’éviter de sombrer dans le chaos de la famine et de la miche de pain à un cerf d’argent… » La jeune femme repensait aux quantités de wagons qui entraient et sortaient des mines de Castral-Roc. L'argent n'avait pas d'odeur ni d'âme, mais lorsqu'elle aidait des milliers de familles moins fortunées à survivre, il fallait reconnaitre ses bénéfices. « Notre principal partenaire commercial se trouve être la Principauté de Dorne. Vous n’êtes pas sans savoir que ma sœur Arianna a épousé l’héritier actuel, Manfrey Martell. » Un frisson parcouru son échine. Les relations entre l'Orage et Dorne étaient désastreuses. Il n'en fallait pas beaucoup pour remettre du feu au poudres, et il y avait fort à parier que le Sire d'Accalmie aurait du mal à concevoir que son principal allié de guerre et cousin menait d'aussi bons contacts avec la Principauté. Pourtant, l'alliance commerciale avec Lancehélion faisait des merveilles. « Sans ces arrivages en provenance de Dorne, Robart, nous ferions face à une terrible famine chez nous. Nos terres sont asséchées et la guerre a prélevé un lourd tribut parmi les moissonneurs. Nos partenaires habituels que sont les fermiers du Conflans et du Bief ne sont même pas en mesure de s’alimenter eux-mêmes… » Elle déglutit péniblement. Elle n'avait eu que peu de nouvelles de Château-Rosières et de Loric, et n'osait pas imaginer l'état des dernières récoltes... Même si elle savait que la proximité des eaux de la Ruffurque irriguaient suffisamment les champs pour permettre une continuité des pousses, nul doute que la précarité du domaine ne permettrait pas de nourrir tout le monde à la hauteur de son potentiel fertile !

« En vérité, sans Dorne, nous aurions dû faire face à des milliers de morts. La vérité est douloureuse, mais nous avons besoin de ces denrées de première nécessité : de l’orge, du blé, des fruits, du foin… » Elle acquiesça en silence. Aussi difficile que cela pouvait l'être pour ce cousin, l'allié en lui devait comprendre que pour la subsistance de l'Ouest, des choix avaient du être faits. « Ce n’est pas un acte partisan, monseigneur. Je connais vos difficultés actuelles avec Dorne, et cela n’est en rien lié à mon commerce avec Dorne, je puis vous l’assurer. Ce que je souhaite simplement… C’est faire au mieux pour mon peuple. » Par dessous la table, Alerie chercha la main de Garett pour la presser contre la sienne quelques secondes. Elle n'avait pas à intervenir, mais elle voulait qu'il sache qu'elle le secondait. Il était important que Robb comprenne que ce qui se faisait à l'Ouest se faisait dans la seule idée d'assurer la survie des vies qui étaient sous leur responsabilité, et non en défaut à leur alliance familiale et diplomatique. L'Ouest avait besoin de l'Orage, et ne pouvait se permettre de perdre son soutien. Pour autant, tous deux savaient que l'on ne régnait pas sur un champs de cadavres, et que la survie des âmes qui peuplaient l'Ouest dépendait entièrement de la gestion de cette crise qui s'éternisait depuis une année entière après la signature officielle de la paix en Westeros. Sans doute Robb Baratheon comprendrait. Lui aussi avait à gérer, en plus des affaires du Trônes, celles de son pays !

D'ailleurs, Garett ne manqua pas de s'enquérir de la situation. « Et comment se porte l’Orage ? Dame Rohanna, que pensez-vous du travail de devoir tenir les rênes de toute une région ? Comment arrivez-vous à vous accommoder de cette sécheresse estivale ? » Avec un sourire, Alerie se tourna vers Rohanna. « J'imagine que les côtes de la Baie des Naufrageurs sont des plus agréables lorsque le soleil s'acharne ! J'avoue souvent chercher la fraicheur marine lorsque je me rends à Port-Lannis : il n'y a rien de tel pour supporter la chaleur ! »


© Belzébuth

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    I Will Fight Them Within My Marriage
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Lun 25 Sep 2017 - 21:02

A Coeur Vaillant, Rien d'Impossible
Quand on parle de terres comme les nôtres, tout est lié, cher cousin, nul doute que vous ne l’ignorez pas… Cet accord renforce la position de la Princesse Régente, et de Dorne, au détriment de la mienne et de celle du Royaume. »

La chose était entendue pour Robb, si Nymeria Martell et les siens se cachaient bien dans ces attaques frontalières, elle avait du agir en sachant pertinemment que le principal allié de l’Orage se trouvait également être le sien, en sachant que l’Ouest avait besoin de sa nourriture plus qu’il n’avait besoin de l’amitié des Baratheon. En agissant de la sorte, elle s’assurait, au moins, de la neutralité des Lions dans un conflit potentiel. Un coup stratégique important si, comme il le pensait, la Princesse Régente voulait la guerre. Non, il était impossible que Garett n’ait pas compris cela. Bien entendu, l’accord qui liait les deux régions était antérieur à ces tensions, et le Lannister n’aurait pas pu prévoir les actions de sa nouvelle alliée, comment en aurait-il été capable ? Alors qu’il reprenait une gorgée de vin, le seigneur de l’Orage se permit un sourire en coin. L’heure n’était pas à la défiance, du moins pas encore, et il espérait pouvoir encore croire que si le conflit l’opposant à la Principauté devait prendre une autre ampleur, les Lannister sauraient voir où se trouvait leur réel intérêt.

« Néanmoins, je vous sais honnête quand vous affirmez ne pas avoir agi pas malice. Que vous ayez à coeur le bien-être de votre peuple est louable, et je ne saurais vous reprocher un accord qui vous permet de survivre, aussi discutable qu’il puisse être. »

Après tout, si les Terres de l’Orage avaient elles aussi été touchées par la sécheresse, n’aurait-il pas été prêt à passer au-delà de ses principes ? Leur responsabilité commune était telle, assurer à leur peuple de traverser les épreuves, quel qu’en soit le prix. Il faudrait pourtant rester prudent, surveiller cette relation pour qu’elle n’aille pas trop loin, autant pour son propre salut que pour celui du Royaume. C’était à travers de choses qui auraient pu sembler triviales à l’observateur extérieur que l’on pouvait seulement appréhender la charge qui était la sienne, maintenir l’équilibre dans un royaume où tous les nobles cherchaient sans cesse à élargir leur influence, et tout alliés qu’ils étaient, les Lannister n’étaient pas différents, comme l’avait déjà prouvé l’affaire de Château-Rosière, peu après la guerre.

« J’ose néanmoins espérer que si Dorne devait se décider à mener une guerre contre la Couronne malgré nos tentatives de calmer ses envies guerrières, vous occuperez la place qui vous revient à mes cotés, le moment venu. »

Sur ces mots, Robb laissa là le sujet épineux de la soirée, n’ayant pas plus envie que son invité de transformer celui-ci en une source de dispute aussi inutile que prématurée. Si leur alliance n’offrait pas au Lannister sa confiance aveugle, au moins lui accordait-elle le bénéfice du doute, et la chance de choisir son camp le moment venu. S’il s’était agi d’un autre grand seigneur, les choses ne se seraient certainement pas déroulées aussi simplement, et d’autres garanties qu’une simple promesse auraient été exigées. Un sourire de satisfaction à peine dissimulé sur le visage, il laissa à Rohanna expliquer l’état de l’Orage, elle qui avait été sa représentante sur place pendant un an, elle méritait cet honneur.

Le travail qu’elle avait accompli, les victoires accumulées autant au sein de leur famille que pour leurs terres, il aurait été difficile pour Robb de l’imaginer y parvenir seule le jour de leur mariage, et pourtant elle y était arrivée. Elle avait gagné la confiance de la plupart des seigneurs de leurs terres, ou au moins leur approbation. Si sa propre position était moins précaire qu’elle l’avait été lors de son départ pour Port-Réal, c’était au moins en partie grâce à l’amour de sa vie, et il ne pouvait qu’en tirer une fierté renouvelée pour celle qu’elle était devenue.

Autour d’eux, tout fonctionnait au rythme des convives. Robb venait de terminer son assiette que déjà un serviteur venait l’ôter de devant lui, en profitant pour remplir sa coupe, tandis que dehors les dernières lumières du soleil disparaissaient derrières les murailles de la ville. La soirée serait encore longue, et les sujets de conversation, importants ou non, continueraient à affluer. Pour l’instant, le Cerf se contentait parfaitement de laisser Rohanna jouer son rôle, profitant d’une des rares fois où il n’avait pas besoin de mener les débats.

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Rohanna Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port Réal.
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Mer 4 Oct 2017 - 0:13

a coeur vaillant,
rien d'impossible


« L’Ouest ne doit sa survie qu’à deux choses, cher cousin. L’or des mines locales, qui nous permet d’acheter de grandes quantités de nourriture et d’éviter de sombrer dans le chaos de la famine et de la miche de pain à un cerf d’argent… Notre principal partenaire commercial se trouve être la Principauté de Dorne. Vous n’êtes pas sans savoir que ma sœur Arianna a épousé l’héritier actuel, Manfrey Martell. »

Garett parle. Ses lèvres, sa physiognomonie toute entière continue de s’articuler. Il se déforme. Ses mots sont inaudibles. Les nomes d'Arianna et Manfrey l’ont emmenés loin, à Accalmie. Il pleut. Une pluie douce, une douceur florale. La nature entière couronne l’union de la lionne et de l’astre. Primavera. Ils sont beaux, ils sont jeunes. Elle sourit à Arianna. Son premier sourire depuis de nombreuses semaines. Combien? probablement trois depuis qu’elle a perdu ses jumeaux. Dans le miroir d’étain, leurs regards se croisent. Elle est à ses côtés comme la soeur qu’elle n’a pas le droit d’être. Quelques semaines plus tôt, après la prise de La Vesprée par Maegor, son frère a pris épousailles. Dame Elena Torth, la dernière survivante du massacre de la Terreur Noire. Rohanna n’a pas eu le droit d’y aller. Quelques mots sur un papier... La mort de sa cadette, elle aussi, n'avait eu le droit qu'à quelques phrases. Alors cet amour qu’elle n’a pas eu le droit d’offrir elle le donne à Arianna. Douloureux son coeur l'est encore, mais il n’est plus si lourd. Les préparations des festivités l’ont occupée. Des images macabres de son esprit, elle a oublié. Terminé la danse joyeuse des petites morts. Ses fils étaient partis. Non, ils n’avaient jamais réellement existé. Aux vivants, elle revenait. Ses doigts sont encore maigres, mais ils ont conservé assez de force pour serrer les fermes épaules de sa cousine. Ce soir, ne serait que festivités pour la jeune épouse.

« Sans ces arrivages en provenance de Dorne, Robart, nous ferions face à une terrible famine chez nous. Nos terres sont asséchées et la guerre a prélevé un lourd tribut parmi les moissonneurs. Nos partenaires habituels que sont les fermiers du Conflans et du Bief ne sont même pas en mesure de s’alimenter eux-mêmes… »



Parmi d'autres images de la fête, le visage heureux de Myrcella plane quelques instants… L’apparition époustouflante d’Elia Sand. Une musique. Des odeurs. Des couleurs. Un rire. Des verres qui tombent. La main de Tess qui lui broie la sienne, je suis là mon enfant, je suis là. Au milieu de ce chaos la peur que Robb ne lui revienne jamais. Comme il était bien difficile de croire que ces temps avaient bien existé! Myrcella était morte. Theodan était mort. Accalmie était loin. Son ventre abritait à nouveau la vie. Robb était Main.



« En vérité, sans Dorne, nous aurions dû faire face à des milliers de morts. La vérité est douloureuse, mais nous avons besoin de ces denrées de première nécessité : de l’orge, du blé, des fruits, du foin… Ce n’est pas un acte partisan, monseigneur. Je connais vos difficultés actuelles avec Dorne, et cela n’est en rien lié à mon commerce avec Dorne, je puis vous l’assurer. Ce que je souhaite simplement… C’est faire au mieux pour mon peuple. »

« J’ose néanmoins espérer que si Dorne devait se décider à mener une guerre contre la Couronne malgré nos tentatives de calmer ses envies guerrières, vous occuperez la place qui vous revient à mes cotés, le moment venu. »

Elle termine les dernières bouchées de son assiette. Elle n’avait pas besoin de regarder son époux pour savoir quels sentiments devaient se bousculer en lui. De tempérance orageuse, prenait grandement sur lui pour maitriser ses sangs. La Biche Pendue savait que la rencontre avec la Conseillère de Dorne s’était mal passée. Une guerre avec Nymeria Martell était une perspective de plus en plus probable. Et dire qu’il fut un temps où ils festoyé ensembles, comme des frères! Les défenses féroces du Seigneur de Castral-Roc étaient justifiables et justifiées. Seul un fou se serait persuadé que le Lion cherchait à déchiqueter le Cerf. Ensembles, unis, ils gouvernaient le monde connu. Séparés, les Lannister n’avaient que leur or pour s’étouffer et les Baratheon un terrain d'influence. Néanmoins, le Donjon-Rouge avait connu assez de trahisons pour ne pas garder un oeil de l’ombre sur la situation. C'est parfaitement ce que Robb fait, elle le sait.

« Et comment se porte l’Orage ? Dame Rohanna, que pensez-vous du travail de devoir tenir les rênes de toute une région ? Comment arrivez-vous à vous accommoder de cette sécheresse estivale? »

Un geste transparent et les serviteurs débarrassant la table. C’était étrange comme les grands de ce monde oubliaient si facilement les êtres qui lézardaient leurs murs. Omniprésents, invisibles.

« J'imagine que les côtes de la Baie des Naufrageurs sont des plus agréables lorsque le soleil s'acharne ! J'avoue souvent chercher la fraicheur marine lorsque je me rends à Port-Lannis : il n'y a rien de tel pour supporter la chaleur ! »



« Je crains que la Baie des Naufrageurs ne soit pas aussi clémente que Port-Lannis! Seul un Orageois serait la trouver agréable. »



Son rire franc s’élève. Il était rare que la houle ne déferle pas sur la côte. Nul doute qu’un étranger pouvait difficilement apprécier l’effroi des vagues se fracassant avec terreur sur les fondations de la forteresse. Accalmie devait bien avoir été construite sur quelques anciennes magies car rien ne parvenait à creuser son socle. Non, tous les enfants des autres régions apprenaient à craindre ce lieu de mythes et de ténébreuses légendes.

Autour d’eux, les officiers de bouches déposent le deuxième service. Pieuse et soucieuse des pauvres qui se mourraient quelques pieds plus bas, il constituait d’un potage de poissons accompagné de fromentée. Femme de la Main, il était son devoir d’imposer une certaine austérité à ses repas quotidien. Sa maisonnée mangeait à sa faim, mais l’opulence caractéristique des Cerfs couronnés avait disparue. Une ascèse qu’elle se voulait conserver en respect pour le petit peuple.



« D’ordinaire les vents de l’Orage aiment nous tourmenter, mais ils sont désormais une réelle bénédiction. La pluie demeure en notre région. Notre peuple a de quoi subvenir à ses besoins. Nous prions les Sept chaque jour les en remercier. »



Comme pour marquer le sens sacré de ses paroles, ses paupières se ferment. Rohanna était pieuse. Du moins, elle l’était devenue suite à la fin prématurée de sa première grossesse. Elle vivait dans la crainte deschoix divin. Elle ne savait pas bien expliquer pourquoi, mais une flamme incandescente était née en son fond intérieur. Peut-être était-ce une force nécessaire à laquelle elle se rattachait, un moyen d’avancer et d’oublier. Oublier les injustices misérables de sa vie et leurs séquelles. Une manière d’accepter et de se plier à un jugement contre lequel elle ne pouvait rien. Une douce chimère pour ne rien avoir à rapprocher à Robb. Ne pas étioler leur amour. Qui pouvait savoir quelles étaient les réelles motivation de sa soudaine foi? 



« J’aurais probablement apprécié mes nouvelles charges si je n’avais pas été si longtemps éloignée de votre cousin… Furtivement, son regard se pose sur la silhouette de Robb. Il n’appartenait pas à Garett de connaitre les motifs de leur étrange décision. Néanmoins aujourd’hui, malgré la douleur de leur séparation, elle savait que la chose avait été clairvoyante. Son pouvoir s’était considérablement renforcé, allant jusqu’à mener la rencontre avec l’ambassadrice de Dorne. Plus, elle avait dirigé avec brio les conseils des Nobles et ces derniers commençaient à oublier son origine et les motifs de son mariage. Elle était appréciée par la majorité et aimée de son peuple. Oui, ses charges elle les avait aimé. Etre confinée dans cette forteresse, étriquée dans cette Tour, n’était pas pour lui plaire. Si ce n’était pour Robb, elle serait retournée à Accalmie récupérer ses fonctions. Des années auparavant elle avait supplié pour ne pas aller à la Cour de Theodan, désormais elle regardait l’horizon avec un déchirement au coeur. Un sourire doucereux aux lèvres, elle pose sa main sur son ventre arrondi. ... heureusement, nous sommes désormais réunis. »


lumos maxima

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SOFTNESS IS NOT WEAKNESS IT TAKES COURAGE TO STAY DELICATE IN A WORLD THIS CRUEL
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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Jeu 26 Oct 2017 - 0:43

A Cœur vaillant, rien d’impossible.

ft.





















Alors qu’il se sentait sombrer dans la défense de ses actes, de son point de vue, de sa politique, la main d’Alerie trouvant la sienne fut comme une bouée de sauvetage au milieu de la tempête rugissante. Elle était là, elle soutenait son choix et le suivait dans la tourmente. Ensemble. Comme ils l’étaient depuis qu’Alerie lui avait annoncé sa grossesse, peu avant leur arrivée à Port-Réal. Encore une fois, ces attentions, ces regards, ces sourires à la dérobée n’effaçaient rien les derniers mois de la guerre, de leur guerre ; dont le dénouement avait étrangement coïncidé avec celle de Westeros. Et comme à Westeros, le climat se réchauffait continuellement depuis.

« Quand on parle de terres comme les nôtres, tout est lié, cher cousin, nul doute que vous ne l’ignorez pas… Cet accord renforce la position de la Princesse Régente, et de Dorne, au détriment de la mienne et de celle du Royaume. »

Garett ne répondit rien. Robb avait entièrement raison. Tout était interconnecté. Il était difficile d’imaginer qu’agir au niveau d’une région toute entière n’avait de conséquence qu’en ses frontières ? C’était un vœu pieu. Les régions et leurs économies étaient profondément enracinées dans le terreau de l’Histoire. Impossible de faire varier une inconnue de cette équation infinie sans que tous les autres termes ne varient à leur tour. Pourtant, la loyauté de Garett allait à sa famille, à ses terres et au Roi. Dans cet ordre et pas autrement. Alors, peu importaient les conséquences tant que les Lannister subvenaient aux besoins de leur peuple, conservant leur solide assise sur la population.

« Néanmoins, je vous sais honnête quand vous affirmez ne pas avoir agi pas malice. Que vous ayez à coeur le bien-être de votre peuple est louable, et je ne saurais vous reprocher un accord qui vous permet de survivre, aussi discutable qu’il puisse être. »

Garett hocha la tête avec reconnaissance. Bien entendu qu’il n’avait pas agi avec malice. Il savait que des rivalités, des divergences et des points de tensions verraient le jour. Leurs familles avaient beau être liées par le sang, elles étaient bien trop différentes pour ne pas un jour se disputer. Toutefois, il leur faudrait surmonter leurs différences, à eux, et à leurs descendants. En dépendait l’intégrité du royaume. Tant que le Cerf et le Lion marchaient de concert, main dans la main, la paix régnerait. Il y aurait des conflits, mais rien qui ne puisse mettre en danger le continent tout entier. Ils y veilleraient.

« J’ose néanmoins espérer que si Dorne devait se décider à mener une guerre contre la Couronne malgré nos tentatives de calmer ses envies guerrières, vous occuperez la place qui vous revient à mes côtés, le moment venu. »

Garett resta silencieux. Le sujet était éludé par la Main du Roi. Il était évident que les armées du Lion prendraient le chemin de la victoire, quoi qu’il advienne. En soi, le parti du royaume était le plus évident. Il n’allait pas jeter aux orties des années d’influence pour soutenir Dorne dans une guerre perdue d’avance. Ce qui comptait avant tout, comme d’habitude, c’était la dynastie Lannister. Le royaume pouvait bien aller pourrir dans les Sept Enfers, Garett s’assurerait que les siens n’y seraient pas. Telle était la finalité. La raison même de sa vie sur cette terre. Il avait de l’ambition, mais il n’était pas dévoré par celle-ci. Il savait qu’il avait en main de nombreuses cartes pour devenir le plus grand Lannister depuis Loren le Lion, qui avait conquis tout le Bief, des siècles auparavant. S’il jouait avec patience et méthode, il pourrait, au crépuscule de sa vie, apprécier le chemin parcouru. S’il se trompait… Il serait peut-être le dernier des Lannister.

« J'imagine que les côtes de la Baie des Naufrageurs sont des plus agréables lorsque le soleil s'acharne ! J'avoue souvent chercher la fraicheur marine lorsque je me rends à Port-Lannis : il n'y a rien de tel pour supporter la chaleur ! »

Délicieuse Alerie, qui bottait en touche pour relancer le dîner. Qu’il devait être difficile pour les deux épouses d’assister à la discussion entre leurs époux respectifs. Elles étaient leur femme, elles étaient les suzeraines, elles avaient du pouvoir, une influence évidente…. Et pourtant. La société westerosie n’acceptait pas les postes à responsabilités pour les femmes. Tout était réservé aux hommes. Aussi, même si elles assistaient à cette rencontre, il pouvait être frustrant pour elles de se retrouver cantonnées à des sujets secondaires.

« Je crains que la Baie des Naufrageurs ne soit pas aussi clémente que Port-Lannis! Seul un Orageois serait la trouver agréable. »

Garett suivait l’échange avec un sourire replet. Port-Lannist avait toujours été sa ville favorite, même après la mort de Loreleï. Il aimait ses flèches de ses multiples beffrois, les innombrables dômes de toutes tailles des septuaires qui ponctuaient la cité, son port toujours bondé, dynamique et vivant, où des navires en provenance du monde entier se croisaient. Le marché où jadis s’entassait des denrées de partout : artisanat du Conflans, fourrures du Nord, armes du Val, légumes éclatants de couleurs et de vie du Bief, épices de Dorne… Et évidemment, orfèvrerie de l’Ouest. Les habitants, les marchands et les seigneurs de toute la région venaient ici faire leurs emplettes, acheter ou vendre des cargaisons entières sous le regard espiègle de la statue de Lann le Futé qui trônait au-dessus de la fontaine de la ville, au centre de la grand-place autour de laquelle vibraient au vent des fanions rouges et or rappelant les maîtres de la cité. On y croisait quantité de personnages incroyables : des savants, des médecins, des chevaliers errants, des assassins, des danseurs, des acteurs, des artistes en tout genre, des usuriers richissimes, des négociants en tout et en rien, des escrocs, des prêtres d’Essos, des septons, des représentants de toutes les cultures et origines qui existaient partout. On y entendait le cri des mouettes et des goélands se fondre dans le ressac, le souffle délicat de la brise de mer, et les innombrables cris des marchands, des acheteurs et des vendeurs ambulants. Garett aimait à parcourir ses rues, ses avenues et ses venelles, on y croisait parfois des fanfares, des bagarres d’ivrognes, des femmes de joie aguicheuses, des saltimbanques ou encore des recruteurs pour la marine de l’Ouest : la fringante Flotte du Lion. Celle-ci gagnait en effectifs chaque jour, dès qu’une nouvelle conque était mise à flots. Les navires flambants neufs s’entraînaient parfois à naviguer en escadre, sous le regard attentif d’un lourd navire amiral, roulant dans la houle un peu à l’écart. Les nouvelles conques déployaient de superbes voiles en coton d’un blanc éclatant et se trouvaient frappées en leur centre du blason rouge au lion d’or rugissant des Lannister. Des dizaines de nouveaux navires avaient été mis à l’eau depuis l’an 47. On disait que le bois était importé jusque depuis le Val.



« D’ordinaire les vents de l’Orage aiment nous tourmenter, mais ils sont désormais une réelle bénédiction. La pluie demeure en notre région. Notre peuple a de quoi subvenir à ses besoins. Nous prions les Sept chaque jour les en remercier. »



Il était vrai que tout le monde disait que le climat des Terres des Baratheon était difficile à supporter. De nombreux orages frappaient les lieux, apportés par d’immenses nuages noirs qui roulaient dans les cieux avec la régularité d’un métronome.

« J’aurais probablement apprécié mes nouvelles charges si je n’avais pas été si longtemps éloignée de votre cousin… heureusement, nous sommes désormais réunis. »

Garett hocha la tête avec satisfaction. Il était toujours délectable de pouvoir rencontrer sa famille. Certaines familles suzeraines semblaient vouées à se déchirer, ou tout du moins à traverser des moments difficiles, mais il ne pouvait s’empêcher d’apprécier rencontrer son sang. Robat était tout de même le fils de sa tante ! Et quel allié il faisait ! Il méritait toute la considération de Garett, et plus encore. Il était un véritable membre de la famille. Il portait peut-être le nom des Baratheon, il avait peut-être la crinière noire des Baratheon, mais au fond de lui, il avait la moitié de son sang qui était Lannister et partageait avec Garett le même grand-père maternel : Loren l’Ultime, dernier Roi du Roc. Cela devait bien compter pour quelque chose ? Garett profita de cette réflexion pour amener le sujet qu’il comptait évoquer avec son cousin.

« Nous sommes réunis, et j’ose espérer que la prochaine fois que nous nous verrons, nous serons plus encore… » glissa-t-il avec malice en regardant Alerie.

Si elle voulait leur annoncer qu’elle était enceinte, ce serait à elle de le faire. Il ne souhaitait pas lui voler cette information et le moment si spécial où l’on l’annonçait. Toutefois, cette transition lui permettait d’enchaîner avec le moment moins drôle du dîner. Il eut une mine sérieuse, concentrée, en plongeant son regard dans celui de son épouse, comme pour y lire si la détermination qu’elle avait affichée en arrivant à la capitale était toujours intacte. Le fait de voir que c’était bel et bien le cas lui irradia le ventre de ravissement. Il se tourna lentement vers Rohanna, d’abord.

« Je pense que vous n’avez pas oublié le sac de Port-Lannis à la fin de l’année 47… »

Il se tourna vers son cousin, désireux de vite faire disparaître le souvenir de cette atroce journée.

« Mon fils, mon héritier légitime, Tommen, a été enlevé par les Fer-Nés ce jour-là. Avec Oberyn Tyrell, nous avons essayé de le libérer en attaquant Grand Wyk et Pyke, sans succès. Il est resté prisonnier là-bas et la guerre nous a obligé à nous tourner de nouveau vers l’Ouest, vers Port-Réal. Toutefois, la guerre est terminée. »

Son regard se fit plus dur, plus déterminé. Pas un jour n’avait passé sans qu’il ne pense à Tommen. Des pourparlers clandestins avaient même été engagés entre Ouest et Ils de Fer, sans succès. Depuis près de deux ans, Tommen, hériteir du Roc, fils de Garett Lannister et Loreleï Tyrell était détenu quelque part dans ces îles si honnies, si hostiles…

« Depuis le premier jour de sa captivité, je masse navires et hommes dans l’espoir d’un jour sauver mon fils de ces pillards. Aujourd’hui, cousin, je ne m’adresse plus à mon allié, mais bel et bien à la Main du Roi, qui a l’oreille de la régente et du roi. Le Trône acceptera-t-il de m’aider, de m’assister avec des hommes et des navires pour mettre au pas ces Fer-Nés qui défient la souveraineté Targaryen, et pour qu’enfin, mon fils me soit rendu ? Ou, à défaut, s’ils refusent la voie de la raison…. Accorderez-vous à aux Terres de l’Ouest l’aide nécessaire pour aller libérer son héritier ? »




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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Port-Réal, en Terres de la Couronne, pour le couronnement et le mariage du Roi Jaehaerys Targaryen
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Mer 1 Nov 2017 - 17:51




A Coeur Vaillant, Rien D'Impossible
Si elle pensait détourner la conversation du sujet brûlant, elle se trompait. Malgré la grâce don lady Rohanna faisait preuve, son époux ne comptait pas en rester là au sujet de Dorne. « Quand on parle de terres comme les nôtres, tout est lié, cher cousin, nul doute que vous ne l’ignorez pas… Cet accord renforce la position de la Princesse Régente, et de Dorne, au détriment de la mienne et de celle du Royaume. » Sous la table, les doigts d'Alerie pressaient forts ceux de Garett. Ce dîner allait-il se terminer en règlement de compte puérile ? Les hommes étaient-ils vraiment tous les mêmes ? S'étaient-ils regardés ? On tournait au ridicule ! Si Robart Baratheon n'était pas capable d'aller aux delà des conflits politiques pour s'enquérir de son peuple, sa charge de Main du Roi lui était-elle à ce point monté à la tête qu'il exigeait la pareille de tous les seigneurs des Sept Couronnes ? Si c'était sa façon de gouverner, elle se demandait bien de quelle bois si différent il était fait que le précédent Protecteur... « Néanmoins, je vous sais honnête quand vous affirmez ne pas avoir agi pas malice. Que vous ayez à cœur le bien-être de votre peuple est louable, et je ne saurais vous reprocher un accord qui vous permet de survivre, aussi discutable qu’il puisse être. » Pourquoi avait-elle la désagréable impression que ce n'était là pas la fin de son discours ? Ou de sa leçon. Le ton qu'il employait commençait sérieusement à chatouiller son calme... « J’ose néanmoins espérer que si Dorne devait se décider à mener une guerre contre la Couronne malgré nos tentatives de calmer ses envies guerrières, vous occuperez la place qui vous revient à mes cotés, le moment venu. »

C'était trop. Comment osait-il remettre en question la loyauté Lannister, alors que sans eux, jamais la rébellion Baratheon n'aurait permis la chute de l'Usurpateur et l'ascension au Trône de Fer de Jaehaerys ? Comment osait-il traiter de la sorte un cousin, un quasi frère, qui aurait tout aussi bien pu prétendre au rang de Main si celui de Faiseur de Roi ne lui seyait pas bien davantage ? Qui était-il ? Né Baratheon, d'une lignée bâtarde d'un conquérant étranger venu prendre les armes du Roi de l'Orage Durrandon ? Face à lui, Garett, premier du nom, descendant de Loren Ier Lannister, dernier Roi du Roc, dont l'ascendance remontait au Premiers Hommes ! Qui était-il ? Et d'où se permettait-il de... « Je crains que la Baie des Naufrageurs ne soit pas aussi clémente que Port-Lannis! Seul un Orageois saurait la trouver agréable.» Elle était sur le point de répliquer que la voix douce rappelait, sans doute sans vraiment le vouloir, que si parfois la tempête pouvait déchainer les passions, elle était naturelle et devait éclater sans causer de craintes. Lady Rohanna était sagesse, aussi, le sourire qu'elle lui adressa lui disait mieux que tout mot sa profonde gratitude. « ...nous sommes désormais réunis. » Et unis. Elle n'avait qu'à regarder Garett pour savoir que le moment était enfin venu. Cette rencontre au sommet de la Tour de la Main n'était pas qu'un simple repas de familles, ce n'était pas seulement un moment où l'un questionnerait les agissements de l'autre. C'était le moment de voir ce que les alliances valaient !

« Nous sommes réunis, et j’ose espérer que la prochaine fois que nous nous verrons, nous serons plus encore… » Elle l'espérait aussi. S'étaient-ils déchirés à propos du souvenir de Lorelei, née Tyrell, et sa première épouse ? Oui, et ce terriblement. « Je pense que vous n’avez pas oublié le Sac de Port-Lannis à la fin de l’année 47… » Elle déglutit. C'était un moment difficile à passer, mais il était nécessaire. Et après tout, le raid fer-né avait laissé des blessures jusque dans le bas peuple de l'Ouest qui pleurait encore un père, une sœur, un fils ou une épouse... « Mon fils, mon héritier légitime, Tommen, a été enlevé par les Fer-Nés ce jour-là. Avec Oberyn Tyrell, nous avons essayé de le libérer en attaquant Grand Wyk et Pyke, sans succès. Il est resté prisonnier là-bas et la guerre nous a obligé à nous tourner de nouveau vers l’Est, vers Port-Réal. Toutefois, la guerre est terminée. » La main où reposait depuis deux ans leur anneau de mariage s'enroula alors autour de ses doigts. Continue. Il ne s'agit pas de Dorne ou de l'Orage. Il s'agit d'une affaire de famille. « Depuis le premier jour de sa captivité, je masse navires et hommes dans l’espoir d’un jour sauver mon fils de ces pillards. Aujourd’hui, cousin, je ne m’adresse plus à mon allié, mais bel et bien à la Main du Roi, qui a l’oreille de la Régente et du Roi. Le Trône acceptera-t-il de m’aider, de m’assister avec des hommes et des navires pour mettre au pas ces Fer-Nés qui défient la souveraineté Targaryen, et pour qu’enfin, mon fils me soit rendu ? Ou, à défaut, s’ils refusent la voie de la raison…. Accorderez-vous à aux Terres de l’Ouest l’aide nécessaire pour aller libérer son héritier ?»

C'était dit. On ne pourrait pas lui reprocher sa franchise. Et on ne pourrait pas s'étonner de ce qu'un Seigneur se batte pour son héritier, de ce qu'un père serait prêt à risquer pour son fils. Mais à présent, i était temps de savoir si un cousin allait se soucier de son propre sang. C'était un double mariage qui allait les maison Baratheon et Lannister : celui de lady Kyra et feu lord Theodan, et celui de feu lady Deana à feu lord Loren. La Lionne de l'Orage rugirait-elle pour son petit-neveu ? Le Cerf Couronné prendrait-il les armes pour le fruit de liens ancestraux ? La Couronne accepterait-elle d'être défié par des Iles de Fer autoproclamées indépendantes ? Hotho Greyjoy, le fou, l'abjecte, s'était déclaré Roi à peine le sang de Doreah Wynch sur sa lame. Si ces affronts restaient impunis, quelle serait son prochain dessein ? « Réfléchissez bien, seigneur Main. » C'était plus fort qu'elle. Elle était restée silencieuse tout ce temps, mais à présent, sa nature reprenait le dessus. Et pour une fois, elle savait clairement ce qu'elle disait et ce pourquoi elle se battait. Son sang du Conflans battait contre ses tempes. Qu'est-ce qu'un Baratheon pouvait bien savoir de la sauvagerie fer-née ? Rien, sinon les histoires que l'on pouvait lui raconter, et encore. Elle, en revanche... « Je n'ai pas pour habitude de me mêler d'affaires qui ne me concernent pas. Mais comme tous les peuples des rivières, mes ancêtres ont subi l'esclavagisme Chenu. Et si les Targaryen leur ont rendu la liberté, je ne souhaite à personne les plaies que cela laisse. Des siècles après nous, le Conflans lèchera encore les blessures laissées par une existence de servitude. Et si à présent, un Roi Dragon ne se montre pas ferme face à la vermine des mers... Qui, sinon vous, pourra assurer d'un avenir où risque de régner un animal aussi enragé qu'Hotho Greyjoy ? » Sa voix vibrait, mais son regard était calme. Très droite, elle osait regarder le Sire d'Accalmie droit dans les yeux.


© Belzébuth

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    I Will Fight Them Within My Marriage
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: A Coeur vaillant, rien d'impossible   Mar 14 Nov 2017 - 13:44

A Coeur Vaillant, Rien d'Impossible
Evidemment, qu’il ne s’agirait pas seulement d’un dîner en famille. Une telle possibilité existait-elle encore quand on occupait la place qui était la sienne ? Même ses amis les plus proches avaient forcément une faveur à demander à un homme qui était capable de faire bouger tout un Royaume, que dire alors d’un allié dont les limites du pouvoir se trouvaient précisément là où celui du Baratheon s’étendait désormais… Mais un allié il était, aussi Robb prendrait-il la peine de l’écouter jusqu’au bout. Mais Garett l’avait dit lui-même, c’était à la Main du Roi qu’il s’adressait, et les amitiés, les alliances ou la famille n’avaient ici qu’une influence toute relative. Attentif, le Cerf l’était, néanmoins son visage s’était fermé, regrettant de devoir ainsi reprendre ce rôle qu’il avait cru pouvoir au moins en partie abandonner pour un soir.

« Depuis le premier jour de sa captivité, je masse navires et hommes dans l’espoir d’un jour sauver mon fils de ces pillards. Aujourd’hui, cousin, je ne m’adresse plus à mon allié, mais bel et bien à la Main du Roi, qui a l’oreille de la Régente et du Roi. Le Trône acceptera-t-il de m’aider, de m’assister avec des hommes et des navires pour mettre au pas ces Fer-Nés qui défient la souveraineté Targaryen, et pour qu’enfin, mon fils me soit rendu ? Ou, à défaut, s’ils refusent la voie de la raison…. Accorderez-vous à aux Terres de l’Ouest l’aide nécessaire pour aller libérer son héritier ?»

Passant sa main dans le début de barbe qui ornait son menton, Robb réfléchissait à la question. A vrai dire, il connaissait déjà la position de Rhaenys à ce sujet, et les Targaryen avaient d’autres priorités que les Îles de Fer. Sans compter que les frasques du Lion avec le Soleil de Dorne n’avaient pas froissé que son allié, loin de là. Rien n’était officiel, bien entendu, et il se garderait bien de partager ainsi les opinions de la Régente qu’il servait, mais il savait que les Lannister avaient perdu une bonne partie de la bienveillance de Rhaenys au moment où Nymeria Martell avait mis le pied à Port-Réal sans y être invitée. La question était maintenant de savoir comment formuler la chose sans froisser le seigneur de l’Ouest. Il s’apprêtait à répondre, quand Alerie décida d’appuyer un peu plus la position de son mari, fait notable puisqu’après tout, l’héritier en question n’était pas son fils. La Maison au Lion se montrait unie sur le sujet, ce qui indiquait l’importance de la chose pour l’Ouest, si c’était encore nécessaire.

« Réfléchissez bien, seigneur Main. Je n'ai pas pour habitude de me mêler d'affaires qui ne me concernent pas. Mais comme tous les peuples des rivières, mes ancêtres ont subi l'esclavagisme Chenu. Et si les Targaryen leur ont rendu la liberté, je ne souhaite à personne les plaies que cela laisse. Des siècles après nous, le Conflans lèchera encore les blessures laissées par une existence de servitude. Et si à présent, un Roi Dragon ne se montre pas ferme face à la vermine des mers... Qui, sinon vous, pourra assurer d'un avenir où risque de régner un animal aussi enragé qu'Hotho Greyjoy ? »

Pas un instant la petite Conflanaise n’avait cillé alors qu’elle le fixait droit dans les yeux pendant son discours. Un regard que Robb soutint, se prenant à se demander si toutes les femmes qui accédaient au pouvoir quand elles n’y étaient pas destinée avaient la même force d’âme. En revanche, c’était à la Main du Roi que s’adressait Alerie, et s’ils n’avaient pas été dans un cadre aussi privé, ces mots prononcés auraient du être ravalés, une effronterie à laquelle le Cerf n’était plus vraiment habitué de la part de ceux qui cherchaient son soutien, ou même de ses rivaux. Mais, il s’agissait là de la femme d’un allié important, d’un parent, même s’il ne portait pas son nom, et pour cela il lui pardonnerait son écart.

« Si vous n’étiez pas ma cousine, Lady Lannister, j’aurais pu prendre vos propos pour une menace à peine voilée... »

Un sourire en coin, puis d’un geste, il indique aux musiciens et aux serviteurs de quitter la pièce, il s’agissait d’affaires d’état, et il se pouvait, peut-être, qu’il ait à donner des informations qui ne pouvaient pas tomber entre les mauvaises mains au fil des discussions des petites mains du palais. Plus qu’ailleurs, le Donjon Rouge était un nid de rumeurs et d’espion, un an à Port-Réal n’avait pas suffi à la Main du Roi pour avoir une idée précise des infinis réseaux d’espions qui existaient dans la capitale du Royaume. Seulement lorsque le silence se fait dans la pièce et que les oreilles indiscrètes l’ont quittée, il reprend la parole, expliquant son point de vue sur la chose :

« Je pourrais parler à la Régente, oui, mais il y a des… Développements, qui vont créer des priorités bien plus grandes pour la Couronne que les Îles de Fer. Il est trop tôt pour en parler cependant. En revanche, je pourrais facilement obtenir l’accord royal pour une invasion Lannister des Îles de Fer au nom des Targaryen, après tout, comme vous le souligniez tout à l’heure, ils sont un affront au règne des Dragons. Mais, si c’est un soutien armé que vous cherchez, il pourrait s’écouler des mois, des années peut-être avant que Port-Réal ne se décide à avancer sur les Greyjoy. Le soutien de l’Orage vous est acquis en la matière, bien sûr, cependant ces mêmes priorités risquent d’occuper mes armées autant que celles de Sa Majesté. Vraiment, si votre intention est de récupérer votre fils au plus vite, j’ai peur qu’il ne vous faille agir seul, ou prendre votre mal en patience jusqu’à ce que d’autres dangers plus directs pour le règne de Jaehaerys ne soient écartés. »

Il y avait une autre solution, peut-être, un moyen de faire en sorte que les intérêts du Lion et ceux des Dragons concordent parfaitement, un plan qui règlerait toutes les dissensions au sein du Royaume une fois pour toute. Ce n’était qu’une idée en l’état actuel, à peine discutée avec son épouse alors qu’il réfléchissait tout haut lorsqu’ils étaient sur le point de s’endormir. Pourtant, c’était le fruit de tout l’entraînement stratégique et militaire qu’il avait suivi aux côtés de son père, le meilleur de tous donc. Difficile à mettre en œuvre, d’autant plus qu’il lui faudrait compter sur d’autres pour s’assurer de sa réussite. Mais, les Lannister avaient déjà prouvé qu’ils pouvaient être un soutien sans faille aux Baratheon quand la situation l’exigeait. Tout cela le poussait à divulguer ses plans mais il ne pouvait pas s’empêcher de douter pour autant, Robb n’avait jamais aimé devoir se reposer sur d’autres que sur ses propres hommes, dont il connaissait parfaitement l’allégeance. D’un regard, il interroge Rohanna, il connaît ses doutes et ses craintes quant à la Maison au Lion. Si elle les croyait capables d’assumer leur rôle jusqu’au bout, alors ce plan avait une chance.

« Sans compter qu’un assaut frontal sur Pyke coutera cher, s’il ne pousse pas directement Hotho Greyjoy à tuer son otage en cas de défaite, c’est un fou, Lady Alerie l’a dit elle-même. Pourtant… Il y a peut-être un autre moyen. Mais avant même de l’aborder, monseigneur, j’ai besoin de savoir qu’en la matière, j’aurai votre complète confiance, ainsi que l’assurance que vous vous tiendrez aux instructions jusqu’au bout et dans le plus grand secret. Et je n’emploie pas ces mots à la légère, une fuite des informations que je pourrais vous donner ici relèverait de la trahison, alors si vous n’en êtes pas certain, mieux vaut pour vous et moi que nous nous arrêtions là. »

Le regard fixé sur Garett, Robb prend conscience du dilemme qu’il offre ainsi au Suzerain de l’Ouest. Mais quand on agit au plus haut des sphères de pouvoir, le secret se doit d’être conservé au plus haut degré, et le Lannister le savait aussi bien que lui.

« Dans les deux cas, vous pouvez être assuré que je ferai ce qu’il est en mon pouvoir pour avancer votre cause au mieux de mes possibilités. »
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A Coeur vaillant, rien d'impossible

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