Partagez | 
 

 Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Oriane Tully
CONFLANS
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles   Jeu 24 Aoû 2017 - 21:34


Oriane Tully

feat. Jessica Brown-Findlay

♦ Douce ♦ Réservée ♦ Farouche ♦ Méfiante ♦ Entêtée ♦ Franche ♦ Rancunière ♦ Raffinée ♦ Fidèle ♦ Responsable ♦ Pieuse ♦ Vertueuse ♦ Maternelle ♦ Attentionnée ♦ Susceptible ♦ Déterminée ♦ Réfléchie ♦ Politicienne ♦ Diplomate ♦ Ambitieuse ♦ Courageuse ♦ Protectrice ♦ Tendre ♦


VALAR MORGHULIS

◮ Titre(s) :
Dame de Vivesaigues et de la maison Tully, Suzeraine légitime du Conflans de par son mariage avec Torrhen Tully. On la surnomme « la Biche Argentée » ou bien « la Biche Ecailleuse » en référence à son adoption des armoiries à l’effigie de la truite opaline de la famille Tully.

◮ Âge :
Vingt-six ans

◮ Lieu de naissance :
En l’an 23 à Accalmie, fief de la maison Baratheon.

◮ Situation :
Epouse de Lord Torrhen Tully, suzerain légitime du Conflans.

◮ Statut :
PV

◮ Groupe :
Conflans

VALAR DOHAERIS

◮ Maison :
Oriane est née Baratheon, et porte haut et fort la renommée et les mots de sa maison, quand bien même elle n’en porte aujourd’hui plus les couleurs. Petite-fille d’Argella Durrandon et d’Orys Baratheon, le sang d’Argilac Durrandon, dernier Roi de l’Orage, coule dans ses veines. Elle est un Cerf, altier, entier, dont les colères retentissantes font tout autant trembler les murs d’Accalmie que leurs rires tonitruants. Seigneurs incontestés des Terres de l’Orage, les Baratheon sont connus pour leur franchise et leur loyauté, ainsi que pour leur bravoure sur le champ de bataille, réputation à laquelle son père Theodan Baratheon a maintes fois fait honneur. De sa noble famille, Oriane arbore également les traits physiques caractéristiques : sa longue chevelure sombre, épaisse, son port de tête altier et sa solide constitution sont d’autres témoins criants de son ascendance. Seules deux émeraudes, rieuses, perçantes, viennent détonner dans ce visage d’Orage, comme un subtil rappel à ses origines maternelles ; car de par sa mère, Kyra Baratheon, née Lannister, Oriane porte également en elle le sang et l’ambition des anciens Princes et Seigneurs du Roc.

Mais c’est aux travers des armoiries et de la devise de la maison Tully, dont elle est depuis l’an 42 l’épouse de l’héritier légitime, Torrhen Tully, que Oriane s’est révélée. « Famille, Devoir, Honneur ». Elle semble être née sous l’égide de la truite argentée, tant elle a fait de ses mots sa ligne de conduite. Arrivés tardivement sur l’échiquier politique de Westeros suite à la nomination de Lord Edmyn Tully en tant que Suzerain du Conflans par Aegon le Conquérant, les Tully se sont cependant toujours illustrés par leur noblesse et leur loyauté envers les anciens Rois des contrées du Trident. C’est au travers de cette réputation qu’Oriane tente désormais de réunir la famille Tully, et avec elle le Conflans, mis à feu et à sang par l’ambition et la traîtrise de la propre tante de son époux. Plus que jamais, elle a fait de l’honneur et de la famille ses mots d’ordre, continuant à chercher à rallier seigneurs et peuple à la cause de Torrhen afin de pouvoir un jour regagner Vivesaigues, le fief ancestral et légitime de ce qui est désormais sa famille.


◮ Famille :
Oriane est la dernière enfant et l'unique fille de feu Lord Thoedan Baratheon et de Lady Kyra Baratheon, née Lannister. Benjamine d'une fratrie de quatre, elle est la soeur cadette de Lord Robb Baratheon, actuel Suzerain de l'Orage, de Lord Edric Baratheon et de Lord Jasper Baratheon. De par leurs mariages respectifs, elle est également la belle-soeur de Lady Rohanna Trant, de Lady Ashara Stark et de Lady Allya Reyne, ainsi que la tante de Cathan Snow et de Boremund Baratheon.

Bien que très proche de ses trois frères –Edric ayant néanmoins sa préférence, c'est cependant à sa tante Lady Tess Baratheon, la soeur de son père, que Oriane ressemble le plus et avec laquelle elle se sent le plus à l'aise. Les deux femmes disposent toutes d’eux d’un fort tempérament et Oriane a pu compter sur le soutien de sa tante, une fois retournée à Accalmie, dans son opposition à l’éducation étouffante de sa mère, Lady Kyra.

Cette dernière étant née Lannister, Oriane est de ce fait la cousine de Lord Garrett Lannister, actuel régent de l'Ouest, ainsi que de ses soeurs, Lady Arianna Lannister, femme de Lord Manfrey Martell, et de Lady Eresys Lannister, désormais mariée à Lord Harys Tyrell.

Depuis son mariage en l'an 42 avec Lord Torrhen Tully, Oriane est devenue la belle-soeur de Lady Sansa Tully, veuve de Lord Sombrelyn, et de Lady Alanna Tully, veuve de Lord Bracken. Elle est de ce fait la tante de leurs enfants, Ethan et Myriane Bracken.
Cette union ne la destinait en rien à la suzeraineté, Torrhen n’étant que le cadet de Lord Ethan Tully, héritier du Conflans. Le jeune homme vint cependant trouver la mort en l’an 42, peu après les noces d’Oriane, les propulsant elle et son époux aux rangs de Suzerains du Conflans. La traîtrise et l’ambition ont cependant déchiré leur famille ainsi que leurs terres, au mépris de la devise même des Tully. Et si elle ne les considère aujourd'hui plus comme faisant partie de la famille Tully suite à la trahison de Lady Solveig, Oriane demeure cependant la nièce par alliance de cette dernière, ainsi que la cousine par alliance de sa fille bâtarde légitimée, Rosamund.


◮ Informations complémentaires & faits divers :


Si elle est loin de posséder la beauté flamboyante des Targaryen ou des Lannister aux cheveux d’or, Oriane possède cependant les traits nobles et le port altier des membres de sa maison. D’une beauté plutôt discrète, cela ne fait que peu de temps qu’elle cherche à se mettre réellement en valeur, préférant habituellement laisser son opulente chevelure d’ébène onduler sur ses épaules, s’attardant parfois à les tresser et y piquer quelques artifices en guise de coquetterie. Néanmoins, depuis le conflit d’influence qui déchire le Conflans, elle prête une grande attention à faire honneur à son mari et aux couleurs de sa maison : ses tenues sont généralement d’une grande simplicité mais d’une élégance et d’une richesse certaines, toujours parées du blason à la Truite Argentée. Elle veille cependant à ne pas faire étalage de toilette et de parures trop ostentatoires, n’étant de toutes manières guère à l’aise avec ces dernières et ne souhaitant surtout pas heurter seigneurs et sujets malmenés par la guerre en arborant maintes richesses sur elle.

Bien qu’arborant désormais avec fierté et sincérité les couleurs des Tully, la plupart de rares et discrets bijoux qu’Oriane s’autorise à afficher en ces temps difficiles sont à l’effigie du Cerf bondissant des Baratheon ; notamment un pendentif portant l’emblème de sa famille, offert à l’annonce de ses fiançailles par sa bien-aimée tante Tess, dont elle ne se sépare presque jamais. Oriane n’a pas oublié d’où elle vient, ni qui elle est, et c’est aujourd’hui avec une tendresse à peine nostalgique qu’elle repense aux vents d’Accalmie. Il lui aura fallu du temps avant de s’adapter, d’accepter : à présent, elle n’échangerait sa place et ses terres pour rien au monde, aussi dure la lutte pour les reconquérir fut-elle.

Si les débuts de leur union furent quelques peu compliqués, notamment rapidement séparés par la déclaration de la guerre aux Îles de Fer, Torrhen et Oriane forment désormais un couple solide, unis et aimants. Plus qu’une simple union diplomatique et courtoise pétrie de sentiments sincères, ils forment un véritable duo sur tous les points. Curieusement, elle est cependant la plus diplomate et la plus réservée des deux : l’influence du Conflans semble avoir apaisé son caractère tumultueux, et elle est la plus amène à apaiser son époux lorsque celui-ci s’apprête à foncer tête baissée. Cependant, gare à celui qui s’aventurerait à menacer les intérêts de sa famille, Tully et Baratheon ! Si elle apparaît d’un naturel calme au premier abord, telle la biche qui bondit et s’enfuit à la moindre alerte, Oriane est un cerf, et non pas une biche, et elle n’hésitera pas à faire face au danger et à tenir tête à ses ennemis, comme elle a pu le prouver à Solveig Tully. Son naturel courageux et combatif semble d’ailleurs être particulièrement développé suite à la découverte de sa grossesse. Cet évènement l’a quelques peu rapprochée de sa mère, Kyra, dont elle semble enfin comprendre et pardonner peu à peu l’attitude surprotectrice qu’elle a jadis pu avoir à son égard au fur et à mesure qu’elle sent la vie grandir en elle.

Oriane n’a pas eu l’occasion de revoir sa famille depuis son mariage, mais elle entretient une correspondance régulière avec les membres de cette dernière, notamment avec sa tante, Lady Tess. Elle s’est cependant quelques peu éloignée d’Edric, son frère chéri, depuis la connaissance de son mariage secret avec Lady Ashara Stark et de la naissance de sa bâtarde. Non seulement elle lui en veut de lui avoir menti, mais, aveuglée par l’inquiétude et la violence des conflits déchirant le Conflans et le restant des Sept Couronnes, Oriane a longtemps peiné à lui pardonner ce qu’elle s’est efforcée de ne pas considérer comme un acte de trahison. Epouser la sœur de l’homme qui manqua à plusieurs reprises de prendre la vie de son époux et de leur frère aîné… Par quelle folie ?
Il aura fallu la fin de la guerre pour que son ressenti s’apaise enfin, et qu’elle s’autorise à vouloir entendre que son frère avait agi ainsi par amour, et qu’il avait souffert tout autant qu’elle, voire plus, durant ces longues années d’éloignement.

Cavalière émérite, la jeune biche possède sa propre monture, un palefroi à la robe alezan cuivré, cadeau de Torrhen suite à leurs noces. Elle apprécie grandement les longues chevauchées à travers bois et champs et souffre beaucoup de la situation actuelle qui, au-delà des répercussions catastrophiques sur leur pays, la force à demeurer la plupart du temps cloîtrée à tourner en rond dans un château. Elle possède également une fine dague richement ouvragée, au pommeau gravé à l’effigie du Cerf des Baratheon, un présent offert par son frère Edric lors de son départ d’Accalmie et qu’elle porte en permanence dissimulée sur elle depuis la déclaration des hostilités au sein du Conflans.

Suite au sac de Château-Rosières et sur ordre de Torrhen, Oriane a fait de Lady Alysane Piper sa lectrice attitrée. Elle sait la jeune femme au tempérament volcanique furieuse de passer de Dame de sa maison à un statut aussi rabaissant, et qu’elle vit la situation comme une véritable humiliation. Elle s’efforce depuis lors de gagner la confiance de la jeune Piper et lui a promis de tout faire pour venir en aide à sa famille. Une certaine amitié semble s’être depuis liée entre les deux femmes qui disposent toutes les deux d’un caractère fort et assumé et sont prêtes à en découdre avec leurs ennemis.

DIS-MOI TOUT...

Ces six dernières années, la guerre a affaibli chaque région de Westeros, provoquant des pertes tant matérielles qu’humaines. Prenant la relève, la sécheresse vient ébranler les réjouissances de la paix. Comment avez-vous vécu les lendemains de la guerre? comment subissez-vous ce Long Eté? Si les années ayant suivi le rétablissement de Torrhen et son retour à la fois militaire et politique ont été porteuses d’espoir en termes de victoires et d’avancées, elles n’ont cependant pas épargné le Conflans pour autant. Oriane ayant mis un point d’honneur à suivre son mari durant tout le long de sa campagne, elle a été en première ligne pour constater l’ampleur et l’horreur des dégâts subis par sa région lors de cette guerre qui semblait ne jamais vouloir finir. Les terres des Tully sont désormais à feu et à sang, et le second grenier de Westeros n’est à présent plus qu’une ruine fumante, asséchée par l’Eté, dévorée par les flammes de la Terreur Noire et dont les deux époux s’efforcent de recoller peu à peu les lambeaux subsistants. La fin de la guerre a été particulièrement difficile et éprouvante pour Oriane, qui a longtemps porté le deuil de son père, Lord Theodan Baratheon, ayant péri sous les crocs de Balerion durant le siège de Port-Réal. La plaie a été d’autant plus difficile à panser qu’elle n’a pu assister aux funérailles, le voyage du Trident jusqu’aux Terres de l’Orage étant bien trop dangereux en ces temps sombres.

Aujourd’hui la guerre est officiellement terminée, mais les combats demeurent : retranchés à Sombreval, les époux Tully continuent de lutter pour imposer leur légitimité et protéger leur peuple qui n’a que trop souffert des luttes sanglantes ayant déchiré le Conflans. Soutenus dans leur droit par la Couronne, il tarde désormais à Oriane de voir la traîtresse Solveig être justement châtié pour tous les torts qu’elle a pu causer à leur famille et à leurs terres, afin de pouvoir concentrer toute son attention sur la lutte contre la famine qui guette leurs sujets et la réinstauration d’une paix durable au Trident.


Maegor mort, Jaehaerys est le nouveau Roi des Sept Couronnes. Dans quelques mois, il épousera sa soeur, régente du royaume, Rhaenys Targaryen. Quel est votre position sur cette union qui suscite la colère du Nord? Pensez-vous que Daenys serait mieux à même de régencer le royaume?La colère du Nord, et surtout celle de Lord Jorah, est parfaitement justifiable aux yeux d’Oriane : quand bien même le Loup a été l’ennemi du Cerf et de la Truite durant cette guerre, voir les Dragons soutenus à un prix aussi cher payé lui faire l’affront d’annuler un mariage, aussi peu fructueux fut-il, a suscité une certaine indignation chez la Biche Argentée. Elle sait les Nordiens fiers, très fiers, et terriblement bornés. Peut-être même plus que les Baratheon. Et elle redoute de voir une nouvelle guerre éclore entre les Royaumes du Nord et la Couronne à peine la Grande Guerre enfin achevée, à l’heure où anciennes et nouvelles alliances se font et défont à la vitesse où le peuple tombe sous les coups de la famine.

Sa vertu, sa loyauté et son honneur se heurtent à l’incompréhension d’un acte qu’elle peine à cautionner et à pardonner : la place d’une épouse est auprès de son mari. L’inceste couramment pratiquée chez les Targaryen a toujours été sujette à débat, et voir le Grand Septon lui-même défaire une union sacrée aux yeux des dieux pour en cautionner une nouvelle, contre-nature, lui reste en travers de la gorge. Pour elle, il aurait été bien plus sage et plus fructueux pour la famille royale de faire face à ses responsabilités et de conserver son alliance politique avec le Nord en renvoyant Rhaenys Targaryen auprès de son époux légitime, d’autant plus au vu et au su du conflit latent entre cette dernière et sa tante. Les Sept Couronnes ont déjà trop souffert des guerres intestines des Targaryen, et Oriane ne peut que prier pour que leur famille, et de ce fait le Royaume, retrouve un semblant de paix et d’unité, peu importe le nom de celle qui règnera aux côtés de Jaehaerys Ier.


Sur ce nouvel échiquier, pourriez-vous trahir vos allégeances pour parvenir à vos fins? Quelle est votre ambition personnelle?Oriane a été durablement marquée par les horreurs de la guerre et ses conséquences. Et la seule responsable à ses yeux eAst Solveig Tully, qui a préféré trahir sa propre maison et sacrifier son peuple au profit de ses ambitions personnelles plutôt que de céder à Torrhen une place qui lui revenait de droit. Jamais elle ne s’abaissera au niveau de celle qu’elle considère depuis des années comme leur pire ennemie, et à laquelle elle ne pardonnera jamais sa traîtrise. Bien que née Baratheon, Oriane est désormais une Tully, et compte bien faire honneur à leur couleurs en lavant leur devise souillée par la Belle Dame Sans Merci. Famille, Devoir, Honneur. Sa loyauté au représentant légitime du blason à la Truite Argentée est d’ailleurs chose acquise dans tout le Conflans, et ce depuis des années déjà.
Soutien le plus infaillible de Torrhen, Oriane a été à ses côtés depuis le début, s’est battue pour son nom et pour sa cause lorsque ce dernier se remettait de la grave blessure subie lors de l’attaque des Îles de Fer. Jamais elle n’abandonnera ce dernier, et aspire plus que jamais à le voir endosser pour de bon le titre de Suzerain légitime du Conflans. Non pas par ambition, mais parce qu’elle est intimement persuadée que son époux sera un dirigeant bon et juste, et qu’il est ce que dont leur peuple a aujourd’hui le plus cruellement besoin suite à ces longues années de guerre et de famine.

Loyale à son époux, loyale à sa famille, Oriane mourrait plutôt que de les trahir : cependant, bien que le sang des lions coule également dans ses veines, elle n’a pas oublié les affronts infligés par son cousin Lord Garrett Lannister, et notamment les conséquences du sac de Château-Rosières. Et elle vit excessivement mal la présence d’un gouverneur royal, qui plus est un Lefford, sur des terres qui reviennent de droit à Torrhen et à la famille Tully. Si la possibilité d’une riposte militaire est à bannir, autant pour les suites catastrophiques qu’elle pourrait engendrer que quant à l’état actuel de leurs troupes, Oriane compte bien faire entendre à l’ambitieux Lion que le Conflans est et restera leurs terres, ainsi que restaurer la famille Piper dans leur fief et leurs droits.


DERRIERE LE MASQUE
• Âge |
24 ans
• Pseudo|
Ashara
• Sexe |
Volontiers
• Comment as-tu connu le forum ? |
Via un top-site/annuaire de RPG. Je cherchais un forum sur l’univers du Trône de Fer et qui se démarque un peu des habituels du genre, tout en en respectant l’ambiance et la cohérence. Je pense avoir trouvé !
• Autre chose ? |
Rien à redire, si ce n’est souligner une fois de plus le travail titanesque fourni au niveau du contexte, des annexes et des personnages. On devine un staff passionné et un forum sérieux, et qui plus est qui semble regorger de belles plumes. Que demande le peuple ?

gif by tumblr # code by ATC.




Oriane Tully

« Ours is the Fury »


BUT FIRST WE LIVE


I. Les vents de l'Orage


« Edric tu as promis, et un Lord ne rompt jamais sa promesse ! » S’exclama Oriane d’une voix légèrement boudeuse, fronçant les sourcils tout en gratifiant son aîné d’un regard sombre.

Un profond soupir s’échappa de la bouche de ce dernier, tandis que les paroles de sa cadette résonnaient dans l’une des petites cours du château où ils s’étaient réfugiés, à l’abri des regards les plus curieux.

« Je sais très bien ce que j’ai promis, et c’était une mauvaise idée. » Gronda Edric, ignorant le regard d’orage d’Oriane pour poser un œil sur l’épée en bois qu’il tenait d’une poigne hésitante. « Les armes ne sont pas faites pour les dames, et tu le sais très bien ! »

« Les armes ne sont pas faites pour les dames ! » Le singea Oriane, tout en levant les yeux au ciel. « L’on croirait entendre Mère ! »
Un nouveau grondement s’échappa de la bouche du jeune Cerf, qui gonfla les joues avant de souffler bruyamment. Dans quel pétrin s’était-il fourré ? S’il avait été en premier instant ravi que sa benjamine le sollicite pour lui apprendre les arts de la guerre, y voyant-là une reconnaissance de son talent qui ne demandait qu’à grandir, il avait vite déchanté en réalisant les implications de cette promesse à laquelle il ne pouvait définitivement pas se dérober. Ne serait-ce que parce qu’il préférait encore subir le courroux de ses parents que celui de sa petite sœur au caractère trop bien trempée et de l’entendre lui rabâcher le restant de ses jours qu’il n’était qu’un pleutre et un menteur.

« Père serait furieux s’il savait ! » Lança-t-il d’une voix bravache, dans une ultime tentative de dissuader sa sœur de participer à leur leçon improvisée.

« Nôtre est la fureur ! » Tonna Oriane d’une voix grave en guise de réponse, cherchant à imiter l’ire paternelle alors que, d’un coup de son arme d’entraînement, elle porta une subite estocade à l’épaule de son aîné. Déstabilisé par le coup auquel il ne s’attendait pas, le jeune homme chancela avant de tomber en plein sur son séant, sous les yeux écarquillés de sa cadette, qui porta la main à sa bouche autant par surprise que pour réprimer le rire qui commençait à faire trembler ses solides épaules. Passé l’étonnement de la chute, les yeux d’Edric s’écarquillèrent à son tour avant de se voiler d’une lueur vengeresse, qui n’échappa à Oriane.

« Maudite, tu vas voir ! » S’écria-t-il à son tour, se relevant prestement pour se saisir de son arme avant de se jeter à la poursuite de sa benjamine, qui détalait déjà en direction des remparts qui bordaient les falaises d’Accalmie, secouée d’un rire moqueur et enfantin. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour rattraper cette dernière, qui, bien que plus petite et plus agile, ne bénéficiait cependant pas de la rapidité que les grandes jambes d’Edric lui prodiguaient.

« Grâce, grâce ! » Implora-t-elle, les joues inondées de larmes de rire, cherchant maladroitement à parer les coups vengeurs qu’Edric cherchait à lui porter.

« A genoux manante ! » S’exclama-t-il, les joues à la fois rougies par la honte et l’hilarité que lui inspirait sa propre chute, profitant d’une faille dans la défense d’Oriane pour la jeter à son tour à terre et prendre sa revanche.

***

Elle était née princesse sans en porter le titre, dernière enfant du couple suzerain de l’Orage, unique fille d’une mère perdue au milieu d’un monde d’hommes et de cerfs. Kyra l’avait espérée raffinée, délicate, pourvue de la beauté et de la noblesse des lions, un trésor forgé à son image qu’elle pourrait chérir de tout son cœur. Destinée à union prestigieuse et à un destin à la hauteur de la réputation de sa famille, Oriane avait de ce fait bénéficié de la meilleure éducation qu’une fille de suzerain puisse avoir : chant, danse, lecture, broderie, rien n’avait été laissé au hasard. Toutes ces activités qu’elle abhorrait et auxquelles elle tentait d’échapper dès que possible, si ce n’était peut-être la danse, qui tendait généralement à canaliser le trop-plein d’énergie dont la dernière-née des Baratheon faisait preuve. Elle y faisait d’ailleurs preuve de la même grâce et de la même souplesse que lorsqu’elle montait à cheval, à une chose près que seule l’une de ces activités trouvait grâce aux yeux de sa mère. Combien de fois s’était-elle heurtée à cette dernière, trop cajoleuse, trop protectrice, qui s’obstinait à la voir comme une petite chose fragile et précieuse qu’elle se devait de sauvegarder au mieux des épreuves de ce monde. Etouffée par le carcan maternel, Oriane trouva bien vite mille et une ruses pour échapper dès que possible à cette dernière, souvent couverte par ses aînés et notamment par le cadet, Edric.

De ses trois frères, Edric est son préféré : Robb est trop vieux, trop occupé par ses devoirs de futur dirigeant d’Accalmie, trop occupé à courir la gueuse ; Jasper est trop timide, trop peu sûr de lui, trop taciturne. Edric a ce rire franc, communicatif qui a le don de la faire rire à son tour, et inversement ; c’est Edric qui lui a appris –après de maintes supplications- à se battre, bien qu’elle n’arrive pas à la cheville de ce dernier.
Elle se rappelle être revenue marbrée de bleus le jour de sa première leçon, puis le lendemain, et le suivant encore, priant pour que personne, et surtout pas leur mère ne s’aperçoive de leur présence indésirable sur son corps qui se devait d’être si parfait et intact. Elle avait prétexté une chute de cheval une fois, ce qui n’avait pas vraiment suscité meilleure réaction de la part de sa génitrice, qui n’avait pas manqué de souligner une fois de plus combien dangereuses les chevauchées pouvaient être. Et qu’elle insistait pour que ces dernières ne soient qu’occasionnelles, sa seule et unique fille ayant déjà fait ses preuves quant à ses qualités de cavalière.
« Inutile de courir davantage de risques ». Avait-elle argué en pinçant les lèvres, visiblement mécontente de l’absence de réaction de la part de son mari quant à l’attitude de leur benjamine.
« Elle montera à cheval si elle le désire. » Avait finalement répliqué son père, Lord Theodan, balayant d’un vague geste de la main les protestations qui s’apprêtaient à franchir les lèvres de sa femme. Et si Oriane avait humblement baissé la tête à ces paroles, elle n’avait pu retenir le sourire triomphant qui avait légèrement étiré ses lèvres fines. Son père s’était toujours montré de son côté. Permissif, trop permissif peut-être envers cette benjamine dont il n’avait de toutes manières pas écopé de l’éducation.

Elle ne se souvient plus exactement de quel âge elle avait, ni de combien de temps s’était écoulé avant que Theodan n’ait vent de ses « exploits militaires ». Elle se souvient cependant très bien du jour où elle s’était subitement aperçue de la présence de ce dernier, les observant depuis un coin de la cour où Edric et elle avaient pris l’habitude de s’entraîner ; déconcentrée par cette découverte, ce fut avec justesse et agilité qu’elle eut à peine le temps de parer le coup que son frère avait profité pour lui porter, évitant de justesse le choc entre son épaule et la lame d’entraînement. Elle avait alors surpris un sourire de discrète mais sincère satisfaction sur le visage buriné de son père, qui avait doucement hoché la tête alors qu’elle esquissait une gracieuse révérence, épée en main. Fille de l’Orage elle était, impétueuse et tumultueuse, farouche et indomptable, à l’image du Cerf de la maison Baratheon. Et lui tout comme elle savait que là était sa place, et nulle part ailleurs.



II. Le grondement du tonnerre


La nouvelle est comme un coup de tonnerre dans le ciel jusque-là sans nuage de la fille du Seigneur de l’Orage. Lancée sans plus de cérémonie par son père lors d’un de ces dîners qui ressemblait pourtant à tous les autres. Edric plaisantait joyeusement avec Robb, tandis que Jasper, assis à côté de leur Mère, se contentait d’écouter silencieusement les échanges de ses deux aînés auquel Oriane se mêlait parfois, gratifiant les deux jeunes hommes de quelques remarques taquines sur leurs dernières performances à l’entraînement. Theodan avait subitement interrompu la discussion en se redressant dans son siège et en s’éclaircissant la voix, chose qu’il ne faisait que rarement, lorsqu’il avait quelque chose d’important à annoncer. Tous s’étaient alors tus, attendant ce que le Lord Suzerain de la maison avait à annoncer.

D’un geste furieux, Oriane envoya un vase valser à terre, continuant de tempêter et d’arpenter la pièce fermée à double-tour alors qu’elle ne décolérait pas de l’affront qui lui avait été fait.

Personne ne lui avait demandé son avis, pas même son père, son père chéri, son père adulé qu’à ce moment précis elle détestait de toute son âme, de tout son cœur qui hurlait à la trahison. Personne n’avait jugé bon de l’informer de ce qui se tramait, jusqu’au moment où tous seraient sûrs qu’il serait impossible de revenir en arrière. Elle se sentait si trahie, si bafouée, si…

« LAISSEZ-MOI ! » Vociféra-t-elle, alors que l’on frappait doucement à la porte de sa chambre, jetant furieusement l’un des nombreux coussins recouvrant sa couche en direction de cette dernière.

« Oriane, c’est moi. »

Reconnaissant la voix douce qui perçait à travers le panneau de bois, Oriane retint sa respiration. Essuyant rageusement les larmes qui continuaient cependant à couler sur ses joues déjà rougies, elle mit un certain temps à tenter de se calmer et de reprendre son souffle avant de se diriger vers la porte de sa chambre. Pivotant lentement sur ses gonds, cette dernière s’ouvrit dans un grincement pour dévoiler le visage opalin de Tess Baratheon, face à laquelle Oriane recula pour la laisser entrer dans la pièce. Les grands yeux sombres de la Biche Noire se fixèrent quelques secondes sur les débris du vase qui gisaient sur le tapis richement brodé, avant de venir se poser sur le visage aux yeux gonflés et rougis par les pleurs de sa nièce.

« Ma pauvre enfant... » Déclara-t-elle doucement.

Elle avait envie de crier, de lui hurler que non, elle n’était plus une enfant, ou que c’était du moins ce que père avait décrété en décidant de la fiancer sans son consentement au dernier des inconnus. Un inconnu qui n’était pas même héritier d’une grande maison : Torrhen Tully n’était que le cadet, destiné à rester dans l’ombre de son frère, tout comme elle avait toujours été élevée dans l’ombre des siens, malgré ses tentatives de se hisser à leur niveau. Elle avait envie de vomir.
Au lieu de cela, elle se laissa tomber dans les bras de sa tante, qui accueillit avec douceur le corps gracieux et secoué de sanglots. Et Oriane se mit à pleurer de tout son saoul : elle pleura, pleura sur la cruauté du destin et de son père, sur la traîtrise de ce dernier, pleura sur sa naïveté et sa stupidité qui lui avaient fait croire qu’elle resterait ici à tout jamais et échapperait à ce devoir conjugal que Kyra lui avait parfois mentionné au cours de leurs échanges dont elle n’écoutait souvent pas grand-chose. Lui laissant le temps de se calmer, Tess Baratheon attendit calmement que les sanglots de sa nièce s’apaisent avant de l’attirer lentement vers deux des fauteuils qui ornaient la chambre d’Oriane. Reniflant discrètement derrière le mouchoir brodé que sa tante venait de lui tendre, la jeune biche inspira profondément avant de lâcher d’une voix d’outre-tombe :

« Je ne veux pas l’épouser. »

Un sourire de compassion vint orner le visage noble de Tess de Baratheon, dont le regard perçant se teinta d’une pointe de tristesse, l’espace d’un instant, tandis qu’Oriane relevait les yeux vers elle pour la dévisager.
Tess Baratheon était celle qui s’était le plus rapproché de ce que pouvait être une mère pour elle. Celle qui avait recueilli ses rêves et ses secrets, ses peines et ses espoirs. Celle qui n’avait pas hésité à la prendre sous son aile et lui partager ses conseils de femme rodée par la vie. Celle qui avait pris le risque d’assumer ses leçons de broderies, que ô combien Oriane détestait, pour les transformer en cours d’initiation à la politique et au protocole. Si Tess était loin d’avoir bénéficié de l’éducation de son frère dans son domaine, elle en conservait cependant une certaine expérience acquise au cours de longues années passées à évoluer dans ce monde où la vivacité d’esprit était l’un des plus grands atouts. Et de l’esprit, Tess Baratheon n’en manquait pas : sage et cultivée, elle avait toujours été franche à l’égard de sa nièce, cette franchise que Kyra avait préféré déléguer, optant pour une attitude douce et maternante vis-à-vis de cette enfant qu’elle savait qu’elle verrait un jour partir.
Et c’était de cette même franchise dont sa tante faisait preuve à cet instant présent, lui empoignant doucement mais fermement les mains pour l’empêcher de se dérober, alors qu’elle plongeait ses deux prunelles d’obsidienne dans les yeux rougis et furieux d’Oriane :

« Et qu’aurais-tu préféré ma douce, dis-le-moi ? »

La question prit Oriane de court, qui se contentant de dévisager Tess d’un regard à la fois étonné et furibond, comme si elle se retenait de lui cracher la vérité au visage : ce qu’elle aurait préféré ? Demeurer à Accalmie bien évidemment ! Devançant les protestations de sa nièce, Tess Baratheon reprit calmement la parole, ses mains tenant toujours celles d’Oriane serrées dans les siennes.

« L’on dit que Lord Tully est un homme charmant, doux et avenant et que sa bonté n’a d’égales que son courage et son agilité au combat ; aurais-tu préféré te retrouver l’épouse d’un vieux rustre à qui il manque la moitié de ses dents, déjà par trois fois marié dans le passé ? »

Elle forçait volontairement le trait, et toutes deux le savaient pertinemment : néanmoins Oriane savait que les paroles de sa tante vibraient d’une vérité dont elle avait d’ailleurs été témoin l’année précédente. L’une de ses dames de compagnie avait été rappelée dans sa maison pour les besoins d’une alliance avec une des grandes maisons de l’Orage, qui devait se conclure bien évidemment par un mariage. L’on murmurait que le fiancé avait le double de l’âge de sa promise, et elle se souvient encore des pleurs déchirants de la pauvre Deana lorsqu’elle avait appris la nouvelle, peu avant qu’elle retourne dans son fief pour la cérémonie.

Elle savait que Tess avait raison, tout comme elle savait pertinemment, au fond d’elle-même, que son père s’était efforcé de faire le meilleur choix possible pour son avenir. Un choix en sommes toutes logiques, et qui ne l’étonnait finalement pas tant que ça, à y réfléchir avec un peu de recul : les Lannister étaient ses cousins, l’alliance était déjà établie depuis deux générations. Les héritiers Stark et Arryn étaient mariés depuis bien longtemps, et celui de Dorne était bien trop jeune. Quant à épouser Harys Tyrell… Un tel mariage aurait sûrement fait gronder leurs voisins dorniens, qui étaient déjà à couteaux tirés depuis la mort récente et catastrophique du Prince Trystam Martell. Ne restait donc qu’en toute bonne foi Torrhen Tully, dont l’aîné était déjà fiancé à sa cousine Elenei Lannister. Savoir la présence d’une lionne au sein des contrées verdoyantes du Conflans qu’elle rejoindrait bientôt mettait un semblant de baume au cœur d’Oriane, quand bien même elle n’eut jamais été très proche de la branche maternelle de sa famille.
Torrhen Tully…

Soupirant lentement tout en essayant de se faire à une évidence inéluctable contre laquelle elle refusait encore d’abandonner la lutte, Oriane ferma les yeux, encore tremblante de colère et de chagrin. Face à elle, sa tante reprit calmement la parole, scrutant attentivement les réactions de sa nièce :

« Nous les femmes sommes apparemment nées pour souffrir. Destinées dès notre plus jeune âge à quitter les nôtres pour une famille qui nous est bien souvent inconnue, voire même hostile, pour ensuite enfanter dans la douleur tout en vivant avec la menace de voir un jour notre époux partir au combat pour ne jamais en revenir. Je n’ai pas vécu ces épreuves, mais je connais la souffrance de la séparation, l’angoisse de l’inconnu, la haine de sa belle-famille. Je les aie vécues Oriane, mieux que quiconque, et ton père en a été témoin. Et je t’assure que jamais, jamais Theodan n’aurait toléré que tu vives la même chose que moi et que l’on te fasse subir les mêmes affronts que ceux que j’ai eu à essuyer. Je peux te le jurer sur les Sept, tout comme je peux te jurer que ton père t’aime de tout son cœur et qu’il ne veut que ton bonheur. »

Reprenant son souffle, la Biche Noire sourit doucement à sa nièce, dont elle essuya une larme coulant sur sa joue du revers de son pouce.

« Le bonheur, c’est tout ce que je te souhaite ma très chère Oriane. Je te souhaite de trouver ta place au sein d’une famille qui t’aimera comme si tu en avais toujours fait partie. Je suis sûre que Torrhen Tully te traitera avec toute la bonté et le respect que tu mérites, et qu’il saura se montrer digne du choix de ton père. Mais n’oublie jamais ce que je t’ai enseigné. N’oublie jamais qui dirige réellement nos maisons, qui dirige réellement ce monde : les femmes. Et en tant que femme, tu as désormais également ce pouvoir entre les mains Oriane. A toi de décider ce que tu veux en faire, et quel profit tu veux tirer de la situation. »

Se relevant gracieusement, Tess Baratheon rejeta sa lourde chevelure sombre dans son dos, faisant clinquer ses pendants d’oreilles en or ciselé, avant de se pencher pour embrasser le front de sa nièce :

« Tu es la seule décisionnaire de ton bonheur Oriane. » Lui chuchota-t-elle doucement, le regard empreint de tendresse. « Trouve-le d’abord en toi-même avant de le chercher chez les autres. Ils te le rendront au centuple. »

Toujours assise face au fauteuil désormais vide, la jeune femme sentit soudainement la main de la Biche Noire se glisser dans la sienne pour y déposer un petit objet en métal encore chaud.

« Je serai toujours avec toi ma chère nièce. » Lui sourit tendrement cette dernière alors qu’Oriane l’interrogeait du regard, avant de tourner lentement les talons pour quitter la chambre de la jeune biche.

Lorsqu’elle ouvrit la main, ce fut un triste sourire qui vint illuminer le visage d’Oriane au travers de ses larmes alors qu’entre ses doigts reposait le médaillon finement ouvragé et gravé à l’effigie du Cerf des Baratheon qu’elle avait toujours vu sa tante arborer fièrement jusqu’à ce jour. Ravalant ses pleurs, la benjamine des Baratheon essuya ses dernières larmes du revers de la main et redressa courageusement la tête, se jurant qu’elle ferait honneur à sa famille.


image by tumblt # code by ATC.

Revenir en haut Aller en bas
avatar

Oriane Tully
CONFLANS
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles   Jeu 24 Aoû 2017 - 21:35


Oriane Tully

« Family, Duty, Honor »


BUT FIRST WE LIVE

III. Le Cerf et la Truite


L’acclimatation s’était faite plus rapidement qu’elle ne l’aurait cru ; elle avait apprécié la beauté du Conflans dès qu’elle avait mis les pieds sur ces terres verdoyantes et baignées de soleil, traversées par les eaux foisonnantes des fleuves qui formaient ce que l’on appelait à juste titre le Trident. Si sa famille lui manquait cruellement, les Tully l’avait cependant accueillie à bras ouvert, et il semblait que Solveig Tully eut assez d’affection pour celle qu’elle parut très vite considérer comme une troisième fille. Quant aux deux autres, il n’eut guère fallut beaucoup de temps à Oriane pour les adopter. L’innocence de Sansa, et sa voix mélodieuse lorsqu’elle chantait des chansons qui lui rappelaient son enfance ; la douceur d’Alanna, partie à la Haye-Pierre pour en épouser le seigneur, et qui lui manquait déjà. Peu à peu, elle s’était habituée à la vie à Vivesaigues. Ses champs, ses rivières, ses bois, qui ne ressemblaient en rien à ceux de l’Orage mais dans lesquels elle avait fini par prendre plaisir à chevaucher.

Elle appréciait ces moments où elle pouvait enfin se retrouver seule, loin du brouhaha de la cour et de cet époux qu’elle ne savait décidément pas par quel bout prendre. Seule ombre au tableau dans la nouvelle vie qu’elle commençait. Leur mariage était demeuré stérile jusque-là, et cela n’était pas pour faciliter ses rapports avec son mari, certes fort galant, mais vis-à-vis duquel elle peinait à se livrer. Aussi douce était la vie au sein du Conflans, le deuil d’Accalmie était encore présent, et c’était presque malgré elle qu’elle évitait autant que possible son Seigneur et Maître, qui avait eu la justesse et la présence d’esprit de ne pas s’imposer auprès d’elle et de l’apprivoiser peu à peu, telle la biche encore sauvage et farouche qu’elle était.

Un beau jour, un des gardes du château était venu la dépêcher depuis ses appartements, l’informant que le Seigneur Torrhen la demandait. Inquiète de cette sollicitation inattendue de la part de son époux, c’était sans grande résistance qu’elle avait suivi l’homme jusqu’aux écuries, se demandant ce que Lord Tully pouvait bien avoir à lui dire de si important, et surtout en un pareil lieu. Ce fut avec une certaine surprise qu’elle l’avait donc trouvé, sourire aux lèvres et les rênes d’un palefroi à la robe aussi écarlate que sa propre chevelure à la main.

« Il s’appelle Ardent. » Avait-il avancé, en réponse à la surprise de son épousée et à l’incompréhension qu’il pouvait lire sur son visage.

« Je trouvais le nom en adéquation avec votre flamboyant caractère, ô ma Dame. Il est vôtre désormais. » Avait-il déclaré avec un léger sourire aux lèvres, dont elle n’avait su dire s’il était un brin moqueur ou réellement sincère. Elle lui avait cependant sourit en retour tandis qu’elle flattait l’encolure musclée de l’animal, surprise et ravie de ce présent inattendu.

« Mon Seigneur est bien bon avec moi, trop bon. Il est magnifique. » Avait-elle répondu doucement, continuant à passer ses doigts dans les crins soyeux et écarlates de la bête qui méritait bien son nom.

« Je vous en prie, appelez-moi Torrhen. »

Elle se souvient de la douceur et de l’insistance avec laquelle il avait prononcé ces mots, alors qu’il lui tendait les rênes de la monture qui était désormais sienne. Leurs doigts s’étaient brièvement frôlés, et elle s’était rappelée de leur chaleur et de leur douceur sur sa nuque lorsqu’il lui avait passé avec mille et une délicatesses le manteau blanc rebrodé de bleu et de rouge à l’effigie de la Truite Argentée des Tully. Si leur mariage n’était pas ce que l’on pouvait appeler une franche réussite jusqu’à présent, elle devait bien admettre qu’elle avait fini par s’habituer et par apprécier cet époux si prévenant et aux éclats de rire qui lui rappelaient tant ceux de son père et de son frère. Etait-ce là ce que l’on appelait une famille ?

Scrutant son visage avec attention, les yeux clairs de Torrhen s’étaient illuminés d’une lueur pétillante, alors qu’un palefrenier lui amenait sa propre monture, un fringant destrier à la robe d’un bai sombre et profond.

« J’ai ouïe dire que ma Dame était une excellente cavalière. Me ferez-vous le plaisir de me joindre à moi le temps d’une chevauchée ? »

Le sourire sincère qui avait orné les lèvres ourlées d’Oriane à cet instant valut toutes les réponses du monde.



IV. Stupeur et Tremblements


« Lady Tully, Lady Tully ! »

La voix perçante d’une jeune femme l’interrompit subitement dans la rédaction de la missive qu’elle venait d’entamer ; relevant ses yeux émeraude, la Biche Argentée fronça les sourcils, lançant un regard légèrement courroucé à celle qui venait la déranger.

« - Qu’est-ce que…
- Il s’est réveillé. »
La coupa la jeune servante en réponse à la question qu’elle n’avait pas eu le temps de formuler. « Mestre Myles est à ses côtés en ce moment même. Il vous a réclamée. »

Elle ne prit pas même la peine de répondre à la pauvre fille. La plume qu’elle tenait encore entre ses doigts tremblants finit sa course sur le parchemin au message avorté sur lequel elle laissa une sombre tâche d’encre, tandis qu’Oriane se relevait précipitamment pour courir en direction de la chambre où Torrhen avait été installé.

Elle l’avait veillé sans relâche, nuit et jour, s’était usé ses doigts fins et précieux sur les idoles qu’elle avait confectionnées à l’intention des Dieux qu’elle avait prié avec plus de ferveur qu’elle n’en avait jamais eu, les implorant avec toute la détresse et toute la sincérité du monde de ne pas lui prendre son mari.
Et les Sept l’avaient écoutée.

Dans la chambre, mestre Myles l’attendait, se reculant respectueusement pour lui laisser place auprès de l’alité : il respirait, plus vigoureusement qu’auparavant, et surtout, il bougeait, s’étant à peine redressé sur ses oreillers tandis que son regard encore hagard balayait difficilement la pièce dans laquelle elle venait de débarquer telle une furie.

« Les Sept soient loué. » Souffla-t-elle à travers sa main, venant délicatement prendre place au chevet du blessé. Bien qu’éveillé, ce dernier semblait clairement gêné par la lueur vive des multiples chandelles que l’on avait placées dans toute la pièce et qu’elle demanda immédiatement à faire éteindre pour la plupart. Et alors qu’elle se penchait vers lui, elle vit les grands yeux bleus de Torrhen se river péniblement sur son visage, qu’il ne sembla avoir nulle peine à reconnaître.

« Oriane… » Balbutia-t-il.

« Chut… » Murmura-t-elle tendrement, les yeux brillants de larmes de joie et d’émotion. « Ne parle pas, tu es encore trop faible pour cela. » Sa main gauche vint se lover dans la chevelure éparse et écarlate de cet homme pour lequel elle avait pris conscience de l’ampleur de ses sentiments de la plus cruelle des manières. Mais il lui était revenu en vie, c’était tout ce qui comptait à présent. Tremblante, son autre main vint s’emparer de celle de son époux, dont elle caressa nerveusement les doigts blêmes.

« J’ai eu si peur mon amour, si peur… Tout ira bien désormais, je te le promets. Tout ira bien Torrhen… »

Elle put voir l’éclat de surprise et d’appréciation qui traversa les yeux azur de son époux, malgré sa fatigue. C’était la première fois depuis leur mariage qu’elle l’appelait par son prénom et qu’elle faisait montre de sentiments sincères et d’affection à son égard. Serrant de plus belle la main encore meurtrie et bandée de son époux entre ses doigts blancs et fins, Oriane la porta doucement à sa joue. Il était si brûlant ! Le regard voilé par l’émotion et les larmes, elle déposa un tendre baiser sur cette dernière

« Il faut te battre Torrhen, bats-toi comme tu as toujours su le faire. Je serai là, à tes côtés. » Murmura-t-elle, enfouissant son visage dans cette main qu’elle ne semblait plus vouloir lâcher. « Je ne te quitterai plus jamais. Tout ira bien désormais. Tout ira bien… »

***

« Comment ose-t-elle ?! »

Elle hurle littéralement de rage à la lecture de la missive, rédigée de la main même de la Belle Dame Sans Merci. Qui leur annonce sans détour et honte aucune que, au vu de l’état critique de son neveu, elle assurerait désormais la régence du Conflans, qui ne pouvait pas se permettre d’afficher un Suzerain aussi faible à sa tête dans la lutte contre les Îles de Fer. Elle avait cru s’étouffer de colère et d’indignation à la lecture des mots de cette tante félonne et indigne qui osait ainsi faire main-basse sur l’héritage de son époux et osait l’en écarter d’un revers de la main aussi négligeant. Et sous quel prétexte ? Qu’elle était bien trop fragile et bouleversée par l’état de son mari pour gouverner leurs terres en attentant sa potentielle rémission. Elle en pleurait de rage. Comment… ?!

Torrhen ne devait pas savoir. Pas maintenant. Il était encore trop faible pour encaisser le choc d’une telle nouvelle. Et tel qu’elle connaissait son époux, il était encore capable d’essayer malgré tout de se lever et de prendre les armes pour réclamer son dû sur le champ ! Un triste et tendre sourire se dessina malgré tout sur les lèvres d’Oriane, qui tremblait encore de fureur. Elle se rappelait le jour où elle avait appris la funeste nouvelle : grièvement blessé lors de l’attaque menée sur les Îles de Fer en représailles du meurtre de son aîné, Torrhen se trouvait actuellement dans un état critique à Salvemer, où il avait été rapatrié d’urgence.
Son sang n’avait fait qu’un tour à la lecture du message ; quelques heures plus tard à peine, elle faisait route vers la forteresse maritime pour se rendre au chevet de son époux. Abandonnant temporairement les rênes de Vivesaigues à Solveig, à qui elle vouait une entière confiance. Et voilà que cette garce… !
Elle n'osait quel sort elle lui aurait réservé si elle n'avait pas pris immédiatement la décision de rejoindre Torrhen à Salvemer : sûrement l'aurait-elle gardée en otage, et utilisée pour faire ployer son neveu. L'idée même la révulsait, sachant que son époux aurait probablement foncé tête baissé pour la libérer.

Que les Sept Enfers la dévorent !

Elle payera. Quel qu’en soit le prix, Solveig Tully payera pour cet affront, elle en faisait le serment devant les Sept ! Elle était peut-être désormais une Tully, mais cette Traîtresse oubliait qui elle était et d’où elle venait : elle était une Baratheon d’Accalmie, fille de Theoden Baratheon, petit-fils des Roi de l’Orage. Elle ne laisserait pas cet affront impuni.
Leur était la Fureur.



V. L'honneur, et non les honneurs

Dans le grand hall de Salvemer, les cris et les protestations s’élevaient haut. Seigneurs et chevaliers s’interpellaient, se disputaient, ou restaient parfois tout simplement silencieux, la mine déconfite, usée, fatiguée.
Un long soupir s’échappa de la bouche d’Oriane. La bataille de Vieilles-Pierres avait été un échec total et un coup dur porté à leur cause. Certains doutaient, d’autres avaient été décimés ; d’autres encore avaient préféré se retirer du conflit, craignant pour la survie de leur maison et préférant attendre la fin de la guerre et du Long Eté dans une neutralité qui resterait pas sans réponse. Torrhen était parti à l’aube pour une énième mission de reconnaissance et tentative de rallier d’autres maisons à sa cause, lui laissant le soin de gérer la foule de plus en plus mécontente qui se massait devant elle. Vieilles-Pierres, Château-Rosières, Petitbois… Les rares mots distincts qu’elle parvenait à saisir n’étaient qu’une amère rumination supplémentaire quant aux échecs qu’ils avaient essuyés lors de cette dernière année. Quatre ans déjà que la guerre faisait rage. Quatre ans d’angoisse et de peurs, de pleurs et de haine, à attendre, craindre, espérer que son époux et sa famille, son père, ses frères partis au combat reviennent sains et saufs. Quatre ans à se battre pour la justice et la liberté et voir enfin à bas un tyran qui décimait leur peuple. Tout cela pour voir cette cohorte d’arrogants et d’égoïste pleurer sur leurs défaites et critiquer les décisions de Torrhen sous son propre nez.
A cran, les mains d’Oriane se resserrèrent sur les accoudoirs de chêne sombre du siège où elle était assise. C’en était trop.

« Est-ce là le soutien que vous apportez à mon Seigneur et époux ? » Lança-t-elle d’une voix calme mais forte et assurée. Les mots résonnèrent sous le plafond de pierres de la forteresse, tandis que les quelques seigneurs du Conflans qui n’avaient pas rejoint les rangs de Solveig et qui se tenaient devant elle cessèrent subitement leurs conversations. Inquisiteurs, les yeux émeraude d’Oriane scrutèrent l’assemblée, détaillant les blasons qui ornaient vestes et capes de ses hôtes, tandis qu’elle se redressait lentement et gracieusement.

« J’entends beaucoup de critiques à l’égard de Lord Torrhen et de ce qu’il aurait dû faire ou ne pas faire en réponse à l’outrage de Garrett Lannister. Et vous mes Seigneurs, qu’avez-vous fait pour les Piper, qu’avez-vous fait pour votre Suzerain, qu’avez-vous fait pour vos terres ? »

Nullement impressionnée par le grondement de mécontentement qui commençait à traverser l’assemblée, elle releva de plus belle la tête, jetant un regard déterminé à ses interlocuteurs, décidée à faire entendre la voix de son époux :

« Je vois ici de nombreuses et puissantes maisons : Beurpuits, Frey, Mallister, Nerbosc, Vyprin. » Enuméra-t-elle, soutenant le regard des représentants de ces dernières. « Vous tous avez répondu à l’appel de l’honneur et de la loyauté. Vous tous avez fait le choix de rejoindre votre Suzerain légitime dans cette lutte qui nous concerne nous. Vous avez prêté serment ! »

« Famille, Devoir, Honneur. Tels sont nos mots. » Poursuivit-elle sur un ton à peine plus apaisé. « Autant de serments que Solveig Tully a bafoués sans vergogne, spoliant sa propre famille pour satisfaire son ambition personnelle et venger ses propres intérêts ! Notre pays n’avait pas besoin d’une nouvelle guerre avec les Fer-Nés, alors que les forces loyalistes ravagent nos terres sans que Méléagant Darry n’y trouve quoi que ce soit à redire ! »

Le murmure qui traversait les rangs de leurs soutient commença à se muer en vrombissement, tandis que certaines insultes à l’égard de la Belle Dame Sans Merci et de Maegor le Cruel fusaient déjà.

« Choisissez mes Seigneurs, que préférez-vous : vivre dans l’honneur et la justesse, ou rejoindre le rang des traîtres et des parjures, ou, pis encore, celui des lâches et des pleutres ? Il ne me semble avoir décelé aucun couard parmi vos fiers guerriers ! »

Cette fois, ce fut une franche exclamation de soutien qui lui répondit, l’enjoignant à poursuivre ; galvanisée, la Biche Argentée s’écria de plus belle :

« Les Sept et les Anciens Dieux sont avec nous ! La Foi Militante soutient mon mari plus que jamais ! » Rugit-elle. « Et c’est sous leur bénédiction et grâce à la bravoure de chacun d’entre vous et de vos fils que nous reprendrons ce qui nous appartient, afin de voir enfin la paix sur nos terres ! »

L’assemblée rugit en retour, un cri primal et martial d’approbation qui la fit frissonner, tandis que les armes se levaient face à elle :

« Mort à la Traîtresse, mort au Cruel ! » S’écria-t-elle, avec toute la fougue du sang des Baratheon qui bouillonnait dans ses veines à cet instant.

Rugissements et acclamations lui répondirent en retour, accompagnés par l’entrechoquement des armes et des boucliers levés en l’honneur de Torrhen. En leur honneur. Un sourire lumineux et triomphant étira les lèvres d’Oriane, qui finit par disperser la cohorte bruyante d’un signe gracieux de la tête et de la main.

Elle savait qu’ils ne se défileraient pas. Ils resteraient fidèles à Torrhen, jusqu’au bout.

Tandis que les derniers Lords et chevaliers vidaient peu à peu la salle, elle s’éclaircit légèrement la voix, toussant quelques peu pour dégager sa gorge éraillée par ses exclamations.

« Quel discours poignant. » Lança une petite voix moqueuse dans son dos.

Se retournant, Oriane lança un regard sombre en réponse à celui, défiant, de Rosamund Tully, qui la dévisageait depuis un coin de la pièce, d’où elle avait assisté à la scène en cachette.

Elles se détestaient, cordialement. Elle avait essayé pourtant. De se montrer conciliante, douce, compréhensive à l’égard de celle qu’elle avait considérée comme une enfant effrayée, arrachée à sa famille : une victoire pour les forces séparatistes du Conflans, et un cadeau empoisonné pour Oriane, qui se retrouvait avec cette encombrante et indésirable sur les bras. Enlevée lors des fiançailles de Sansa, Rosamund représentait un atout de poids dans le bras de fer impitoyable qui opposait les forces de Solveig et de Torrhen ; et une sacrée épine dans le pied de son épouse, qui devait vivre au quotidien avec le conflit ouvert déclaré par son otage, qui ne démordait pas de son allégeance à sa traîtresse de mère. La jeune truite avait dès son arrivée été placée sous surveillance constante, autant pour prévenir toute tentative de fuite que pour empêcher un éventuel assassinat. Beaucoup des leurs avaient subis de cruelles pertes dans la lutte contre Solveig et Méléagant Darry, et aurait sûrement rêvé de le lui rendre la pareille en massacrant sa fille unique. Un geste qu’ils ne pouvaient pas se permettre de laisser se produire.

Soupirant à nouveau, Oriane replaça une mèche de cheveux sombres derrière son oreille avant de s’éloigner en direction de ses appartements, demandant au préalable que l’on escorte la rouquine –qui avait réussi à échapper à ses chaperons par elle ne savait quelle ruse- jusqu’à ses propres quartiers. Bien qu’insupportable et entêtée, la Biche Argentée ne pouvait que saluer la dignité et la férocité avec laquelle le Joyaux du Trident supportait sa captivité et la cause de sa mère.
La guerre était loin d’être terminée.



VI. Mères amères

A l'attention de lady Allya Baratheon,
Dame de la maison Barathon

Ma très chère soeur

C’est le cœur plein de joie et d’allégresse que vous écris la présente depuis Salvemer, où vient de me parvenir l’heureuse nouvelle de votre récent accouchement. Les Dieux semblent enfin sourire à notre noble famille, à laquelle vous venez d’offrir le plus beau des cadeaux.
La naissance de mon cher neveu Boremund me réjouit au-delà de ce que vous pouvez imaginer, et c’est avec le plus grand des regrets que je ne puis venir me rendre à ma très chère Accalmie pour venir vous féliciter comme il se doit de la naissance bénie de cet héritier. J’ose espérer que vous comprendrez les raisons quant à cette absence, ne pouvant me permettre d’abandonner mon époux, Lord Torrhen, ni de courir le risque d’un voyage à travers les Sept Couronnes en ces temps sombres.

Soyez assurée, ma très chère sœur, de mes meilleurs sentiments à votre égard, et je vous souhaite ardemment un prompt établissement quant à cet éprouvant mais merveilleux événement.

Puissent les Sept veiller sur vous et mon frère, ainsi que sur votre fils.

Votre amie et belle-soeur,

Lady Oriane Tully, née Baratheon
Dame de Vivesaigues et Suzeraine légitime du Conflans.



Reposant la plume qu’elle tenait d’une main tremblante dans l’encrier qui se trouvait à l’extrémité du petit bureau en chêne auquel elle s’était assise, Oriane se laissa doucement retomber en arrière, soufflant longuement. Presque instinctivement, une main légèrement nouée passa sur son ventre, tandis qu’elle déglutissait péniblement. Ce ventre qui demeurait désespérément plat, malgré toutes leurs tentatives, malgré tout leur amour. Fébrile, son autre main vint s’emparer du gobelet d’argent ciselé trônant sur le guéridon à côté d’elle, le portant à ses lèvres sèches pour tenter de faire passer le malaise.

Longtemps elle s’était crue elle aussi victime de ce qui n’était peut-être finalement pas la malédiction des Trant, mais peut-être celle des Baratheon : elle avait brièvement porté le deuil des jumeaux morts-nés de Rohanna, compatissant à la douleur de cette belle-sœur qu’elle n’avait rencontrée qu’une fois durant dans sa tendre enfance, et dont elle ne se remémorait qu’à peine le visage gracile. Sa bien-aimée tante Tess elle-même avait été répudiée suite à son incapacité à procréer, et il semblât bien que le sort était décidé à s’acharner sur leur famille. Du moins jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à ce que Allya donne enfin naissance à un enfant en pleine santé. Une curieuse nausée s’était emparée d’elle à la lecture de la missive qui était arrivée d’Accalmie quelques heures plus tôt et qui ne l’avait pas quittée depuis, malgré sa joie d’apprendre que la maison Baratheon comptait enfin un héritier mâle entre ses murs battus par les vents. Une joie amère, qui l’avait presque aussitôt ramenée à son propre échec, son fardeau qu’elle portait depuis des années.

Elle n’avait toujours pas réussi à donner un enfant à Torrhen. Du moins un enfant viable. Les deux précédentes grossesses qui avaient à peine arrondi son ventre s’étaient funestement soldées, la laissant blessée, amère, désespérée. Honteuse. Elle savait la lutte afin d’affirmer sa légitimité difficile pour Torrhen, et elle la compliquait davantage encore en le laissant sans descendance, comme si les Sept eux-mêmes contestaient la légitimité de leur union et de leur combat.

Mestre Myles avait tenté de l’apaiser, de la consoler, lui administrant certaines potions à base de plantes afin de favoriser sa fertilité et la conception d’un héritier. En vain. Devant la détresse silencieuse et dignement contenue de sa Suzeraine, c’était avec une certaine douceur qu’il lui avait alors conseillé de se reposer et de penser d’abord à elle et à son époux. Que cela n’était peut-être pas le temps pour mettre un enfant au monde et que les Sept l’avaient bien compris, mettant sa volonté à l’épreuve avant de consentir enfin à lui offrir la plus belle des bénédictions, une fois le moment venu. Elle n’avait pas voulu l’entendre, au début, avait hurlé, tempêté avant de congédier le malheureux Mestre, blessée dans son orgueil de mère et d’épouse. Il avait fallu du temps avant de comprendre, d’accepter. Que peut-être les choses étaient mieux ainsi : quel futur pouvait-elle offrir à son enfant ? Reclus, ils vivaient comme des parias, exilés de leur fief, indésirables sur leurs terres pour lesquelles Torrhen et elle continuaient à se battre chaque jour. Et si elle savait son époux déçu et impatient de se savoir enfin père d’un héritier légitime, elle savait également que Torrhen avait raison : elle passait la plupart de son temps à l’accompagner en campagne, risquant parfois sa vie tout autant que la sienne. Ce n’étaient point les conditions idéales pour mettre au monde un enfant.

Ils avaient donc fini par accepter et prendre leur mal en patience. Leur heure viendrait. Ils étaient forts, ensemble. Elle était forte, et un jour elle le leur montrerait à tous en portant dans ses bras le digne héritier du Cerf et de la Truite, fort et vigoureux, sage et courageux comme son père et son grand-père avant lui. Elle ne se laisserait pas abattre. Elle continuerait à y croire, jusqu’à la fin, elle continuerait de vivre jusqu’à ce qu’elle puisse enfin connaître la joie de voir son ventre s’arrondir d’un héritier fort et viable. Un héritier qui règnerait sur un Conflans unifié, pacifié, et qui scellerait à jamais leur union inébranlable.

Soufflant doucement sur le parchemin afin d’en faire sécher les dernières traces d’encre avant d’y apposer son cachet aux effigies de la Truite, Oriane roula ensuite le pli avant de se diriger d’un pas décidé vers la volière.

« Sache que je t’envie, sais-tu ? » Déclara-t-elle avec un faible sourire au corbeau dont elle flatta brièvement les plumes aux reflets bleutés du volatile. « Pouvoir revoir Accalmie et sentir à nouveau ses vents effleurer mon visage. Va, et fais bon vol. » L’encouragea-t-elle en le libérant de l’étreinte de ses mains, plissant les yeux jusqu’à ne plus pouvoir distinguer le messager qui disparut dans les nuages qui semblaient ne plus vouloir quitter le ciel de Salvemer.



VII. Sombres ailes, sombres mots


« Lady Oriane, Lady Oriane ! »

Tirée de la missive qu’elle était en train de rédiger d’une main appliquée, ce fut les sourcils froncés et le regard circonspect que la Biche Ecailleuse vit arriver en courant Bethany Beurpuits, un pli scellé à la main.

« Un corbeau de Port-Réal, ma Dame. » Haleta la jeune femme, qui semblait visiblement avoir couru la moitié du château pour lui transmettre le message apporté par le corvidé, dont elle s’empara prestement, l’air subitement inquiet. Des nouvelles de la capitale, cela ne pouvait que…

Le visage aux traits nobles et tirés de la Dame du Conflans prit soudain une teinte livide. Comme soudainement inanimé, son bras retomba inerte le long de ses flancs, tenant toujours serré entre ses doigts étrangement blêmes la missive dont elle avait relu deux fois le contenu avec fébrilité, comme pour s’assurer qu’elle avait bien lu les mots funestes qu’ils contenaient.

« Lady Oriane… ? » S’enquit la jeune femme qui se tenait toujours à ses côtés, une pointe d’inquiétude non dissimulée dans la voix à la vue du visage de sa maîtresse, aussi pâle qu’un linge. Silencieuse, cette dernière se contenta de lui tendre le message décacheté, incapable d’articuler le moindre mot.

C’est à peine si elle entendit le cri perçant de Lady Beurpuits, qui venait d’achever la lecture du parchemin. Inerte, elle fixait le mur de pierres froides qui se dressait devant elle sans réellement le voir, le regard vide, hagard.

« Oriane je suis désolée… » Sanglota Lady Beurpuits.

Elle ne lui répondit pas, ignorant totalement la subite familiarité de sa suivante. Qu’aurait-elle pu lui répondre de toutes manières ? Aucun mot, aucune phrase n’aurait pu exprimer toute la souffrance qu’elle pouvait ressentir en cet instant, la détresse qui venait de la happer toute entière et qui faisait petit à petit trembler chacun de ses membres. Ce fut d’abord un gémissement plaintif qui s’échappa de ses lèvres, avant de se muer bien vite en un hurlement de pure douleur, qui sembla retentir dans tout le château. Jamais elle n’avait eu aussi mal, jamais : c’était comme si on venait de la poignarder en plein cœur. La souffrance était atroce, insupportable, l’empêchant presque de respirer alors qu’elle continuait à hurler, secouée de sanglots hystériques.

Lord Theodan Baratheon était tombé au combat, ayant péri sous les crocs de la Terreur Noire lors du Siège de Port-Réal. Le Cruel mort également, la victoire des rebelles était désormais totale. Mais à quel prix ?

Elle ne sut exactement combien de temps elle demeura là, prostrée à même le sol, hurlant et pleurant sa douleur, avant que Torrhen ne surgisse brusquement, alerté par Lady Bethany. Il n’eut besoin d’aucun mot, son seul regard, meurtri également, suffit à Oriane pour comprendre qu’il savait également. Enserrant sa femme dans ses bras, il la laissa aller à son chagrin, la laissant pleurer ce père qu’elle n’avait jamais revu depuis leur mariage.

***

« Il en est hors de question. »

La dureté de ses paroles sembla surprendre autant Oriane que Torrhen lui-même, qui déglutit rapidement avant de reprendre la parole, tentant de contrer l’orage qu’il voyait déjà prendre naissance sur le visage éprouvé de sa femme :

« Je refuse de te faire courir un tel risque Oriane. La guerre n’est pas encore terminée, et tu sais tout comme moi que ce serait pure folie d’entreprendre un tel voyage. »

Ce fut comme si ses mots avaient eu l’impact totalement contraire à ce qu’il eut espéré : dans les yeux émeraude et encore rougis de larmes d’Oriane, un éclair de colère se mit subitement à briller, et ce fut d’un pas lent et le visage fermé, crispé qu’elle se rapprocha de Torrhen, dans une attitude de défi.

« Un risque ? Quel risque ? Comment peux-tu m’interdire d’y aller ? Mon père vient de mourir et tu oserais m’empêcher d’assister à ses funérailles ? »

N’importe quelle personne présente dans la pièce à ce moment aurait pu sentir le tonnerre gronder dans les mots de la biche écailleuse, qu’elle avait prononcés dans un souffle légèrement tremblant, lourd d’une colère sourde qui ne demandait qu’à éclater. Et Torrhen le savait : il connaissait trop bien son épouse pour ne pas savoir à quoi son refus l’exposait, ni à quoi s’attendre lorsqu’il voyait ses lèvres et ses poings serrés trembler de cette façon. Avec toute la douceur dont il pouvait faire preuve, bien conscient du bouleversement qu’Oriane venait de subir et de l’enjeu que la cérémonie pouvait représenter aux yeux de son aimée, il lui opposa cependant un refus qui se voulait ferme et sans appel :

« C’est trop dangereux Oriane. Toutes les Sept Couronnes sont déjà au courant de la mort de Theodan. Crois-tu nos ennemis si stupides pour ne pas s’attendre à ce que sa fille unique se précipite à son enterrement ? Nos routes grouillent de brigands et de coupe-jarrets, sans compter les dernières garnisons subsistantes et les traîtres à la solde de Solveig qui seraient bien trop ravis de l’occasion de te tendre une embuscade ! »

Un lourd silence accueillit ses paroles : le temps pour Oriane d’assimiler ce qu’il venait de lui dire et de respirer profondément, alors que ses ongles s’enfonçaient de plus en plus dans les paumes de ses mains aux jointures livides. Et l’Orage éclata.

« Il s’agit de mon père Torrhen, de MON PERE ! C’est de MA FAMILLE dont il s’agit ! Et tu comprendrais très certainement si toi aussi tu en avais une et que la tienne n’était pas prête à tout pour voir ta tête au bout d’une pique ! » Hurla-t-elle subitement, le regard brillant de larmes qu’elle peinait de plus en plus à contenir et qui lui brûlaient les yeux.

Elle sut tout de suite, à peine les mots sortis de sa bouche, qu’elle était allée trop loin. Elle vit Torrhen accuser le coup de plein fouet et son visage se fermer à son tour. Presque immédiatement, un élan de profonde tristesse et de culpabilité vint l’assaillir. Elle tint pourtant bon, trop fière, trop blessée dans son orgueil et sa détresse pour s’excuser, trouvant seulement la force de tourner le pas pour s’enfuir dans le couloir. Il ne la retint pas, se contentant de rester là, droit et immobile, alors que le bruit précipité de ses talons sur le sol de pierre s’amenuisait peu à peu tandis qu’Oriane disparaissait dans les entrailles de Salvemer.

***

Les vagues venaient se heurter bruyamment contre les falaises légèrement escarpées qui bordaient la côte, impitoyablement fouettées par le vent marin qui venaient agiter ses cheveux sombres, mélangeant le sel de la mer à celui des larmes qui séchaient peu à peu sur ses joues rougies.
Curieusement, elle s’était davantage sentie chez elle à Salvemer qu’à Vivesaigues : le vent, la mer, les falaises, tout cela lui rappelait agréablement sa région natale, et il n’était pas rare de la voir arpenter la côte sur laquelle la forteresse se tenait, cherchant à imaginer le vent de l’Orage sur son visage à la place de celui, plus doux et plus chaud, du Conflans. Encore aujourd’hui, cela avait le don de l’apaiser : petit à petit, ses larmes s’étaient taries, et

S’attendant à le voir s’emporter à son tour, et exiger des excuses qui lui étaient toutes dues. Pourtant, ce fit avec un sourire triste et une douceur infinie qu’il lui ouvrit lentement les bras, dans lesquels elle se jeta sans aucune hésitation. Ses larmes à peine séchées se remirent presque aussitôt à couler sur sa peau opaline, tandis qu’il caressait tendrement sa chevelure sombre et épaisse.

« Je… Je suis désolée. » Sanglota-t-elle, la tête appuyée contre son épaule. « Je ne voulais pas, je… Je ne pensais pas ce que je disais Torrhen. » Poursuivit-elle tout en pleurant à chaudes larmes.

« Chut, chut… » Murmura-t-il tout contre son oreille, continuant ses caresses tandis que son autre main appuyait légèrement sur ses reins pour la serrer davantage contre lui. « Je sais Oriane, je sais. » Poursuivit-il sur le même ton, la berçant tendrement jusqu’à ce qu’elle s’apaise à nouveau.

« Je sais ce que ton père représentait pour toi, et je pleure aussi et sincèrement sa mort mon amour. Mais je ne veux pas courir le risque de te perdre toi non plus. Tu as raison, je n’ai pas de famille, hormis Sansa et toi, tous les autres veulent ma mort. Et c’est pour cela que je ferai tout ce qui est en mon possible pour te protéger, jusqu’à ma mort. »

Elle hoqueta, encore sous le choc de ce qu’elle s’était autorisée à lui dire sous le coup de la colère, séchant cependant ses larmes pour lever ses yeux rougis et gonflés vers lui. Un regard empli de douleur et de tristesse, mais surtout d’amour. Elle avait maudit son père, l’avait détesté de tout son cœur lorsqu’il lui avait annoncé ses fiançailles avec un étranger qu’elle aurait préféré mourir plutôt qu’épouser. Elle se rendait maintenant compte de combien elle aurait voulu le remercier de lui avoir choisi un époux aussi tendre, aussi aimant, aussi attentionné et bienveillant que Torrhen. Se penchant vers elle, ce dernier lui saisit doucement les mains, déposant un délicat baiser sur chacune de ses joues encore humide avant de plonger un regard à la fois aimant et déterminé dans le sien :

« Je t’aime Oriane. Et je te promets que dès que tout sera rentré dans l’ordre, je t’accompagnerai personnellement à Accalmie pour rendre à ton père les hommages digne du grand guerrier qu’il était. Sois patiente mon aimée, sois patiente. Notre heure viendra. »




VIII. Le renouveau


Allongés sur leur couche, les époux Tully reposaient paisiblement, tendrement enlacés. Les cheveux sombres et épars d'Oriane se mêlaient parfois à la chevelure écarlate de Torrhen, créant un étrange ballet d'ombres et de flammes sur les draps où ils reposaient.

« Ce sera un garçon. » Déclara-t-elle subitement dans un murmure brûlant, tandis que sa main délicate vint caresser tendrement la courbe à peine rebondie de son ventre.

Elle vit une lueur s’allumer dans les yeux bleus de Torrhen, cette lueur si particulière qui lui rendait le regard à la fois rieur et passionné et qui avait fini par la faire chavirer. Cette lueur qu’elle affectionnait tant et qui la fixait désormais avec intensité, tandis qu’il venait poser à son tour sa main sur le giron qui renfermait pour la première fois la preuve tangible de leur union et de leur amour.

« Comment peux-tu en être aussi sûre ma Douce ? »

Il n’y avait là dans ses paroles nul doute, nul scepticisme : rien qu’une curiosité mêlée d’excitation et de tendresse, alors que ses doigts calleux, abîmés par le fer et les combats, se mirent à flatter doucement la simple étoffe de lin pâle qui recouvrait le plus beau trésor que sa femme n’ait jamais pu lui offrir. A son tour, une lueur vint illuminer le regard émeraude d’Oriane, qui se para d’un éclat de fierté. Relevant le menton, ce fut avec une pointe d’orgueil dans la voix qu’elle lui répondit, venant mêler ses doigts aux siens :

« Mon instinct ne m-a-t-il jamais trompée jusqu’à ce jour ? »

Un sourire triomphant vint étirer ses lèvres carmines alors que les sourcils écarlates de Torrhen se froncèrent en une expression faussement réflective.

« Ma foi, il est vrai que ma Dame m’a toujours été de fort bon conseil jusqu’à présent. Votre parole est d’or Lady Tully ! »

Un léger silence suivit sa déclaration, le temps pour leurs deux regards de se croiser et de se dévisager mutuellement, avant qu’Oriane n’éclate de rire. Un rire franc, cristallin, qui n’avait pas résonné depuis longtemps entre les murs de la forteresse qu’ils occupaient aujourd’hui. C’était elle qui avait soufflé à Torrhen l’idée de se réfugier à Sombreval et d’occuper la forteresse en attendant de régler l’épineux problème de la succession de Sansa, à peine la nouvelle de la mort de son époux apprise. La stratégie s’était révélée payante, la proximité du fief des Sombrelyn avec la Capitale était un atout majeur dans la lutte intestine qui divisait le Conflans, quand bien même la Couronne semblait se positionner officiellement en faveur de Torrhen. De nombreux Seigneurs continuaient de gagner leur cause, et il aurait été mentir que d’affirmer qu’Oriane n’ait été pour rien dans leur succès militaire et politique. Elle avait été la première à brandir les étendards de Torrhen et à tenter de rallier les maisons du Conflans, sous couvert de l’autorité de son époux. Elle avait été et était son meilleur conseiller, comme Torrhen lui-même se plaisait parfois à le lui rappeler, la poitrine gonflée d’orgueil. Jamais elle ne lui avait fait défaut, ne se risquant à le contredire qu’en privé, à l’abri des regards et des oreilles les plus indiscrets, lorsqu’elle était persuadée qu’il était dans son tort.

Aussi impétueuse et rancunière pouvait-elle se montrer, le Conflans semblait avoir influé bénéfiquement sur son épousée, dont la réserve et la méfiance à l’égard de sa belle-famille avaient cependant révélé des trésors de patience envers son époux, dont elle se faisait souvent réceptacle des éclats impulsifs. L’un comme l’autre semblaient s’apaiser mutuellement, tout comme ils s’étaient tous deux soutenus et poussés vers le haut : Oriane en rassurant et confortant son mari dans ses capacités de chef militaire et de Suzerain et Torrhen en accordant importance et crédit aux conseils de sa femme. Beaucoup ne l’auraient pas fait. Chaque jour de plus de cette guerre longue et sinistre avait rappelé à Oriane la chance qu’elle avait en la personne de cet homme qui la considérait en tant que telle, ne se contentant pas de la cantonner à son rôle de femme. Et elle en était persuadée, leur union avait été leur plus grande force, le secret de leur victoire. Une victoire qu’ils savouraient aujourd’hui à demi-mots, mains serrées sur son ventre qui prenait peu à peu de l’ampleur, dans l’attente de la naissance de l’héritier prodigue et du jugement de la traîtresse Solveig.

« Et quel nom as-tu choisi pour notre fière descendance ? » Demanda finalement Torrhen, rompant le tendre silence qui s’était installé entre eux.

A nouveau, elle sentit ses yeux au bleu profond se poser pour elle, tentant de déceler un semblant de réponse sur son visage au port altier qu’elle releva lentement vers lui, lui offrant un regard empli d’amour et de sérénité :

« Theodan. »

Le prénom jaillit dans un souffle de ses lèvres à peine tremblantes, encore empreint d’émotion, mais surtout pétri de fierté et de détermination. Sur son ventre, ses doigts délicats raffermirent leur prise sur ceux de son mari, qui de son pouce caressa tendrement l’intérieur de sa main. Ses yeux verts vinrent s’accrocher aux prunelles azurées de Torrhen, qui se ternirent brièvement d’un éclat d’inquiétude à l’évocation de ce nom. Le deuil avait été long, douloureux, et il avait sincèrement cru durant quelques temps que son aimée ne se remettrait pas de la perte cruelle de ce géniteur avec lequel elle n’avait jamais réellement pu se réconcilier. Il n’y avait cependant cette fois nulle trace de tristesse sur le visage de celle qu’il chérissait tant : rien qu’un puissant mélange d’amour, de joie et de fierté, témoin de toute l’admiration qu’elle avait et continuait à porter à l’égard son défunt père. Theodan avait été un suzerain juste, un guerrier d’exception, un chef courageux et un père aimant. Qui de mieux que son petit-fils pour porter à nouveau pareil nom ?

« Theodan Tully. » Répéta-t-il, faisant naître un nouveau sourire sur le visage de son épouse. « On ne saurait trouver un nom plus judicieusement choisi. »

Et comme pour sceller leur accord, ses lèvres vinrent se poser sur celle d’Oriane en un doux baiser, qui se mua bien vite en une étreinte passionnée.

***

Il semblait bien qu’après toutes ces épreuves, les Sept leur souriaient enfin à nouveau. Le futur était assuré, elle en était désormais certaine. Et quand bien même l’enfant à naître se révélerait finalement être une fille, elle l’aimerait tout de même de tout son cœur. Il s’agissait là avant tout de pérenniser leur union et d’envoyer un message fort à leurs alliés, ainsi qu’à leurs ennemis.

L’union forcée de son cousin Garrett Lannister avec Lady Alerie Piper a été vécue comme un véritable outrage qu’elle n’a pas oublié, et qu’elle compte bien lui faire payer d’une façon ou d’une autre, quand bien même la Biche Argentée souhaite de tout cœur éviter une guerre ouverte avec les Terres de l’Ouest. Le plus important restant cependant à ses yeux, une fois Solveig châtiée, de conforter Loric Piper à sa place de Lord régent Château-Rosières et de précipiter le départ des Lord Lefford et Celtigar des terres du Conflans. Un détail qu’Oriane compte bien régler avec son frère aîné, Robb, désormais main du Roi. Au loin, les cloches de Port-Réal sonnaient avec allégresse, annonçant les réjouissances à venir. L’union forcée de son cousin Garrett Lannister avec Lady Alerie Piper a été vécue comme un véritable outrage qu’elle n’a pas oublié, et qu’elle compte bien lui faire payer d’une façon ou d’une autre, quand bien même la Biche Argentée souhaite de tout cœur éviter une guerre ouverte avec les Terres de l’Ouest. Le plus important restant cependant à ses yeux, une fois Solveig châtiée, de conforter Loric Piper à sa place de Lord régent Château-Rosières.

Elle avait très récemment pris la benjamine de la famille sous son aile, sous l’injonction de Torrhen qui l’avait placée à son service en tant que lectrice, principalement pour l’éloigner des griffes des Lannister qui avaient déjà fait main basse sur ses deux autres soeurs. Piètre marché que voilà ! Alysane Piper s’était révélée être la pire compagne qui soit : hautaine, revêche et sûre d’elle, elle avait pris grand soin de faire comprendre à Oriane qu’elle n’avait aucunement choisi d’être là et qu’elle vivait très mal le fait de passer de Dame de Château-Rosières à simple lectrice d’une Suzeraine à l’autorité bafouée. Parfois, la Biche Argentée se surprenait à repenser aux raisons qui l’avaient poussée à faire preuve d’autant de patience à l’égard de l’acariâtre Lady Piper : pour Torrhen, mais aussi pour le Conflans, auquel elle tenait à prouver que, malgré l’allégeance des Piper à Lady Solveig, elle était prête à pardonner et ne tolèrerait pas que l’Ouest, ni qui que ce soit ne vienne massacrer leurs vassaux et entacher leur honneur impunément.
Et peut-être parce qu’elle retrouvait avec un certain amusement et une certaine nostalgie la jeune fille qu’elle avait jadis été dans la fougue de l’irascible Alysane Piper.

L’autre priorité était de précipiter le départ des Lord Lefford et Celtigar des terres du Conflans. Un détail qu’Oriane comptait bien régler avec son frère aîné, Robb, désormais Main du Roi. Au loin, les cloches de Port-Réal sonnaient avec allégresse, annonçant les réjouissances à venir.

Robb… Depuis combien d’années… ? Cela lui semblait être l’équivalent d’un siècle déjà. Enlaçant tendrement son époux qui dormait déjà, Oriane sourit doucement, jetant un dernier regard par la fenêtre au-travers de laquelle on entendait les eaux de la Nera battre le rivage. Demain, ils feraient route vers Port-Réal afin d’assister au Couronnement de Jaehaerys.
Demain elle retrouverait enfin les siens.


image by Tomasz Jedruszek # code by ATC.


• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

Bride of the River, Daughter of the Storm
Remember who you are, what you were made to be. Remember your words.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Port-Réal, en Terres de la Couronne, pour le couronnement et le mariage du Roi Jaehaerys Targaryen
MessageSujet: Re: Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles   Jeu 24 Aoû 2017 - 21:44

Bienvenue sur le forum !

Alerie ne peut que se réjouir de voir grossir les rangs du Conflans

Bon courage pour ta fiche, et bonne chance pour la Battle !

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

    I Will Fight Them Within My Marriage
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles   Jeu 24 Aoû 2017 - 22:58



Que de choix

Bienvenue à toi sur le forum, jeune demoiselle

La tension est à son comble, j'ai hâte de lire cette fiche d'Oriane

Comment tout le forum va connaître ce personnage, au final

Très bonne rédaction à toi

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

Revenir en haut Aller en bas
avatar

Catelyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port Réal, Couronnement.
MessageSujet: Re: Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles   Jeu 24 Aoû 2017 - 23:39

Bonsoir mademoiselle! Bienvenue plus officiellement parmi nous!

J'ai hâte de pouvoir dévorer vos fiches respectives!
Bon courage et n'hésite pas à la moindre question!

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

AS HIGH AS HONOR
You were annoyed by the Seven, blessed by the moon but you don't yet possesses what really matters : the power. Without it you  will perish and all of Vale along with you. And now you dream of paradise but you must build it for yourself and let all the world know Catelyn Arryn has arrived.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Leandra Tyrell
BIEF
■ Localisation : Haut-Jardin.
MessageSujet: Re: Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles   Sam 26 Aoû 2017 - 13:48

Bienvenue par ici

Une seconde Oriane Bonne chance pour la rédaction de ta fiche

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •


⋆ I'm a princess cut from marble
smoother than a storm. and the scars that mark my body, they’re silver and gold. my blood is a flood of rubies, precious stones, it keeps my veins hot, the fire's found a home in me.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Oriane Tully
CONFLANS
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles   Sam 26 Aoû 2017 - 14:58

Merci à tous les 4 pour vos messages !

J'espère sincèrement pouvoir être à la hauteur du personnage et des attentes envers ce dernier, et que la fiche vous plaira.

J'ai eu quelques petits soucis d'accès à mon ordinateur ces derniers jours, d'où ma présence sporadique (je débarque bientôt sur la cb promis ) et une fiche qui n'a pas avancé autant que je le souhaitais. Je vous prie de m'en excuser, la suite arrive très bientôt

Si certains membres désirent discuter d'un lien ou souhaiteraient que je rajoute certains éléments concernant leur personnage ou leur région dans ma fiche, n'hésitez surtout pas à me mper

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

Bride of the River, Daughter of the Storm
Remember who you are, what you were made to be. Remember your words.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Catelyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port Réal, Couronnement.
MessageSujet: Re: Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles   Dim 27 Aoû 2017 - 23:14

Coucou, comme Oriane / Enaira a terminé sa fiche, nous te laissons 48 heures pour la terminer. En attendant de pouvoir te lire!

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

AS HIGH AS HONOR
You were annoyed by the Seven, blessed by the moon but you don't yet possesses what really matters : the power. Without it you  will perish and all of Vale along with you. And now you dream of paradise but you must build it for yourself and let all the world know Catelyn Arryn has arrived.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Oriane Tully
CONFLANS
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles   Lun 28 Aoû 2017 - 16:23

Coucou Catelyn, j'ai bien noté l'information. Ma fiche est en bonne voie, j'espère pouvoir fini cela d'ici ce soir afin de ne pas faire trop attendre Torrhen et Enaira. Dans tous les cas elle sera complétée dans le délai imposé

En espérant ne pas vous décevoir !

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

Bride of the River, Daughter of the Storm
Remember who you are, what you were made to be. Remember your words.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Isaline Cerwyn
NORD
■ Localisation : Castle Cerwyn actuellement
MessageSujet: Re: Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles   Mar 29 Aoû 2017 - 7:35

Bienvenue Oriane et allez hop hop dernier sprint pour ta fiche.


• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •



~ Aiguisé et prêt ~
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Catelyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port Réal, Couronnement.
MessageSujet: Re: Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles   Mer 6 Sep 2017 - 12:52


Félicitations !
« Bienvenue sur ATC »

Pour une première inscription, tu n'as pas choisi le PV le plus évident à interpréter, mais ta fiche est à la hauteur de nos espérances! Tu as su donner une interprétation personnelle et juste au PV, au top! Hâte de voir voir à l'oeuvre, ma lady!

Et c'est pour cela que le staff et moi-même sommes heureux de vous annoncer que votre fiche est validée ! Vous êtes désormais un habitant du CONFLANS. En tant que tel, vous êtes soumis aux lois de celle-ci ainsi que celles de Westeros. Au plaisir, donc, de vous croiser dans l'un ou l'autre des Sept Royaumes.

Cependant, pour finaliser votre inscription et votre intégration au sein de la communauté, il vous reste quelques petites formalités à remplir obligatoirement :

Recenser l'avatar du personnage.
Déclarer sa famille.
Compléter le registre des multicomptes (si vous êtes un DC, TC, QC)
Recenser les dates importantes de votre personnage dans les chronologies détaillées
Créer et tenir à jour (impérativement) votre fiche de chronologie de personnage.
Ouvrir une fiche de liens.
Assortie à sa soeur, fiche de sujets.
Et de venir prendre du bon temps avec nous !

crédits image : ATC ; code by ATC.


• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

AS HIGH AS HONOR
You were annoyed by the Seven, blessed by the moon but you don't yet possesses what really matters : the power. Without it you  will perish and all of Vale along with you. And now you dream of paradise but you must build it for yourself and let all the world know Catelyn Arryn has arrived.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles   

Revenir en haut Aller en bas
 

Oriane Tully - Une biche au coeur de lionne sous un manteau d'écailles

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» ✩ VALERYAN. "une biche au coeur d'or". [fiche validée]
» mon coeur est passé sous le métro. (jeremiah)
» Coeur de Biche une chatte qui a besoin de liens!(tonnerre mais aussi les autres clan pour les parent
» Nuage de Minette-Coeur Mélée :2ème entrainement
» daisy caniche x bichon 4 ans ( ta patte sur mon coeur)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
After the Conquest :: 

It shall not end until my death

 :: Demandes de Citoyenneté :: Présentations Validées
-