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 Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages

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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Port-Réal, en Terres de la Couronne, pour le couronnement et le mariage du Roi Jaehaerys Targaryen
MessageSujet: Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages   Ven 25 Aoû 2017 - 1:30




Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages
Le Couronnement était imminent. La ville vibrait d'excitation et d'impatience, chaque jour amassant une foule toujours plus nombreuse aux portes du Donjon-Rouge. La Garde de la Ville avait toutes les peines du monde à retenir la centaine de sujets, venus parfois des quatre contrées de Westeros, pour tenter d'apercevoir celui qui dans quelques jours, coifferait la couronne de son père et que son oncle lui avait si cruellement usurpé. La montée officielle et de plein droit Jaehaerys Targaryen sur le Trône de Fer, ils en étaient persuadés, sonnerait le glas de six années de guerre qui avaient ravagées le continent, et apporterait du même coup une ère de paix et de prospérité. On disait le Roi certes encore fort jeune mais juste, guidé par un réel souci du peuple et de son quotidien. Les cloches sonneraient pour lui jusqu'à ce qu'on les entende par delà le Détroit, pour lui mais aussi pour sa sœur Rhaenys qui, en tant que Régente, avait assuré la transition du pouvoir pendant presque un an. Le siège de Port-Réal avait été traumatisant, mais plus d'un se souvenait de cette amazone aux longs cheveux d'argent chevauchant une bête splendide, crachant un feu purifiant et libérateur sur ceux qui prétendaient s'opposer à elle et aux légitimes prétentions de son benjamin. Sans doute ferait-elle une bonne Reine. Encore que d'autres auraient préféré voir la Mère Dragon en maîtresse du Donjon-Rouge. Cette princesse au cœur tendre et généreux et que la vie n'avait pas épargnée. Elle avait su rester forte et courageuse. Dans le fond, pourquoi les deux femmes se faisaient-elles la guerre alors qu'elles avaient tant à gagner en commun ?

Après un an d'absence, et alors qu'elle faisait son grand retour à la Cour, Alerie n'avait toujours pas de réponse à cette question. Mais elle avait beaucoup d'admiration pour la princesse Daenys, et aussi beaucoup de gratitude. Lors de sa présentation officielle au bras de son époux, alors qu'elle avait du faire face au regard inquisiteur de Rhaenys, sa tante l'avait accueillie avec compassion et compréhension. Une femme d'exception qui savait écouter, pardonner, recueillir enfin les âmes en perdition, comme une mère un enfant dans son giron. Des enfants du Conquérant, elle était la seule survivante, la dernière témoin des exploits de son père, l'ultime ambassadrice. Après elle, qui pour conter des récits devenus légendes ? Qui pour faire vivre son souvenir ? A regarder le Trône de Fer, amas d'épées forgées au feu de son dragon Balerion la Terreur, qui lui aussi gisait quelque part dans les bas fonds de la Faussedragon, un voile opaque se refermait déjà sur lui. Sans doute Alerie tirait-elle de ce personnage la fascination croissante qu'elle éprouvait pour sa fille. La bataille pour la Régence à présent perdue aux mains de sa nièce, qui estimait qu'elle n'avait plus aucun rôle à jouer si ce n'est celui de garder le silence et de se faire oublier, Daenys se faisait effectivement plus rare. Cependant, elle lui avait bien envoyé un corbeau en souvenir de leur rencontre, un an auparavant. Une rencontre à l'abri des regards, et qu'elle comptait poursuivre en marge des grandes festivités. Aussi, arrivée quelques jours auparavant, l'installation dans les grands appartements terminée et les premiers passages mondains effectués, Alerie souhaitait ardemment répondre à cette invitation. Mais malgré une recherche active dans les vastes couloirs et salles du palais, elle restait infructueuse et la princesse introuvable.

Vêtue d'une simple mais élégante robe kimono pourpre rebrodée de fils d'or, les longs cheveux blonds lâchés et retenus du visage à la mode de la Capitale, Alerie était sur le point d'abandonner. Un dernier tour par les jardins, après quoi, elle écourterait sa quête et se renseignerait plus tard sur les faits et gestes de la princesse. « C'est comme si le Donjon s'était refermé sur elle... » murmura-t-elle en son fort intérieur, cependant qu'elle empruntait la longue allée de palmiers qui menait des jardins jusqu'aux hauteurs fleuries, qui donnaient sur la Baie de la Néra. La vue était imprenable : au large, la mer, grandiose et scintillante sous ce soleil d’Été qui semblait vouloir atteindre des sommets avant l'automne. Tous s'accordaient pour dire que la fraicheur serait alors bienvenue, mais on connaissait aussi le dicton : un long Été prélude souvent à un Hiver des plus rudes, deux fois plus long et terrible. Pouvait-on décemment souhaiter des tempêtes de glaces après les ravages de la sècheresse ? « Vous devriez rentrer, ma Dame. La chaleur est étouffante, si lord Garett vous savait... » conseilla l'un des deux Manteaux Rouges qui l'escortait. « Il jugerait mon inconscience, et après ? Je suis libre de profiter du paysage, quand bien même le Sire de Castral-Roc y trouve moins de beauté qu'à ses terres natales ! » Elle eut un petit rire insolent. Malgré l'autorité de son époux, Alerie avait su se tailler une part de lionne dans leur étrange mariage. Et pour les besoins de montrer à la face du monde un couple soudé à défaut d'uni, elle mettait au défi quiconque s'empresserait de lui rapporter ses ballades en plein soleil. Ce qui l'arrangeait, car naturellement, il ne savait rien du rapprochement de son épouse avec la Mère Dragon !

Cependant, elle dut se rendre à l'évidence : à défaut de Daenys, elle attraperait une forte insolation si elle ne prenait pas au moins refuge dans un coin d'ombre. Se remémorant une arcade de pierres où souvent, on disposait de quoi se rafraichir et s'assoir, elle prit la direction de la petite oase, les deux colosses toujours sur les talons. Lorsqu'elle y arriva, elle fut surprise d'y trouver une autre. Une silhouette inconnu, mais qui faisait écho à des dires qu'on lui avait rapporté. La chevelure abondante et brune, une taille de sylphide et l'impression terrible que le monde s'était affaissée sur elle. Elle semblait le regard vide, ailleurs, loin par delà la mer, comme si elle n'avait laissé ici bas que son enveloppe charnelle tandis que son cœur et son esprit, lui, voguait par delà la Baie. Quelle étrange aura elle dégageait ! Aussi, s'approchant prudemment, elle arrêta ses gardes d'une main et continuant seule d'avancer, avant de demander doucement lorsqu'elle fut à sa hauteur : « Lady Piète... Lady... Elinor Piète ? »


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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages   Sam 26 Aoû 2017 - 14:04




Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages
Le drapé de sa robe frôlait le sol dans un bruissement léger et pourtant si familier aux oreilels du Donjon Rouge. Le tissu d’un gris foncé était marqué par quelques broderies rappelant le blason parfois oublié des Piète et celui des Tyssier. Une araignée rouge trônait dans son dos, comme marchant sur les milliers d’étoiles rappelant le blason de son époux. La légèreté du voile qui semblait recouvrir son corps était belle et lui évitait de mourir des fortes chaleurs que la capitale subissait maintenant depuis trop longtemps. C’était comme si Balerion n’avait cessé de cracher ses flammes maudites, brulant les champs et les récoltes, tuant de soif et de faim les nombreux habitants malheureux des Sept Couronnes. Ses cheveux, pourtant, reposaient librement, lourde cascade noire et ondulée qui venait prendre sa chute au creux de ses reins, allongeant la silhouette déjà svelte de la Bieffoise. Sa beauté, encore, avait grandi, faisant d’elle un véritable attrape-regards et provoquant bien des hommes qui la dévisageaient sans la moindre gêne. Pourtant, jamais elle ne cherchait à répondre de cela, calmant généralement les uns et les autres d’un regard acéré. Les yeux noisette de la jeune femme toisaient les uns et les autres, recueillant la peur dans les regards des autres gens de la Cour. Car si elle avait été innocentée, tous se rappelaient son jugement et les accusations qui avaient été portées contre elle. Au fond de bien nombreux sujets, la question demeurait toujours : avait-elle tué Maegor ?

S’isolant, comme à son habitude, elle finit par prendre place sous une arcade où peu de gens serait susceptibles de la déranger. Ses doigts fins libérèrent un petit morceau de parchemin griffonné de la main de celui qui avait permis à son cœur de battre jusqu’à cette heure. Ondrew n’était, une fois encore, plus à ses côtés. Pourtant, jamais la jeune femme n’avait été aussi ravie d’une telle nouvelle. Bien des événements s’étaient passés depuis un an et pouvoir lire les mots écrits de la main de celui qu’elle aimait de tout son être était le seul repos qu’elle pouvait trouver. Evidemment, leur correspondance était encore surveillée, Ondrew ayant été considéré comme un traitre à bien des égards, et pourtant les corbeaux se faisaient de plus en plus réguliers. Parcourant d’un œil transi d’amour les quelques lignes lui assurant qu’il se portait bien et qu’il n’y avait pas un instant où il ne pouvait se retenir de songer à elle, Elinor soupira doucement. De soulagement, oui. Mais aussi de bien nombreuses autres émotions.

Maegor était mort depuis un an, environ, et pourtant, il ne cessait pas de hanter la jeune femme. Parfois, la nuit, elle se réveillait, pensant encore être dans cette geôle froide et humide, hurlant après s’être remémoré la vision du Roi mort sur le trône. Seule la princesse Daenys pouvait l’apaiser, aidée par les potions du mestre pour qu’elle puisse dormir en paix, sans le moindre songe. Son procès avait été une épreuve dont elle gardait encore quelques marques. Ses joues s’étaient légèrement creusées et son allure autrefois impétueuse s’était atténuée, effacée. Pourtant, elle se souvenait bien de l’entrée surprenante de Jaehaerys, de ce jeune garçon s’adressant au monde entier devant cette femme que beaucoup voyaient déchue. Le sourire d’Oberyn Tyrell avait disparu en l’espace d’un court instant tandis que le futur Roi des Sept Couronnes avait ordonné qu’on la libère de ses chaines, lui offrant la grâce royale avant de l’aider, en personne à se relever. Ce jeune garçon, Elinor l’avait su dès le premier jour, était bon et reconnaissant envers ceux qui l’avaient aidé. Protégée par la famille dragon au complet, elle avait repris sa place auprès de la princesse Daenys quoiqu’évitée par bien des membres de la Cour. Valyron de Mantarys, même, semblait s’être détourné d’elle afin de survivre, une nouvelle fois. Qui sait ce qu’il avait pu murmurer à l’oreille de certains… Peut-être même avait-il été de ceux qui avait témoigné contre Ondrew. Ce procès, Elinor l’avait encore dans la peau tant il avait pu lui provoquer des sueurs froides. Elle savait que la sanction serait sévère, mais à l’annonce de la peine capitale, son souffle s’était arrivé. Il lui avait semblé que son être tout entier venait de mourir. Seule la voix d’Ondrew lui avait permis de demeurer sur ses pieds, les bras de la princesse Daenys autour d’elle pour l’aider à rester debout. Son époux avait été éloquent, dévisageant son suzerain d’un air mauvais et supérieur avant de réviser ce jugement avec l’aide de simples mots. Un duel judiciaire. Blessé, il demandait une ultime joute pour sa vie et son innocence. Les yeux d’Elinor s’était écarquillé tandis qu’il avait planté son regard dans le sien. Puis, elle s’était effondrée, tout simplement.

Le jour du duel, elle avait eu l’autorisation de l’aider à se préparer, lui qui n’avait souhaité nul champion si ce n’était lui-même. Déposant ses lèvres sur les siennes pour ce qui semblait être une dernière fois, elle l’avait regardé s’avancer vers son adversaire, un Bieffois choisi par Oberyn en personne, étoile montante des joutes. Mais Ondrew avait défié tous les pronostics, aidé par les Dieux qui avaient souhaité l’épargner. Il était innocent, oui, et libre, mais pas en sécurité. Finalement, après de longues discussions, le Roi lui avait fait part de son départ immédiat pour Dorne où il serait en exil jusqu’à ce qu’il lui fasse part de son bon vouloir de le revoir. Elinor ne pouvait le suivre et, de nouveau, les époux Piète étaient séparés. Pas un jour elle ne songeait à son absence, à cette couche vide et froide où elle prenait place pour chaque nuit. Et pourtant, cette absence avait su lui être avantageuse. Son ventre avait fini par gagner en arrondi et ses robes menaçaient toujours plus de la trahir alors, s’étant confiée à Daenys, la décision avait été prise qu’elle serait envoyée à Peyredragon sous couvert d’un travail d’intendance à accomplir pour la princesse qui venaient lui rendre visite de temps à autres. La naissance avait eu lieu et plutôt qu’un monstre, Elinor avait mis au monde un fils qui avait déjà ses yeux noisette mais qui possédait une tignasse blonde qui trahissait bien trop la paternité de cet enfant. Wilhem Waters vivait ainsi caché de tous à Peyredragon, élevé par sa nourrice et sa mère qui lui rendait des visites régulières, toujours protégée par Daenys. Au seul autre au courant, Valyron, elle avait dit que l’enfant était un monstre mort-né, un de plus. Elle ne souhaitait nullement que le scandale ne puisse s’ébruiter et avait choisi de tuer les rumeurs avant qu’elles ne puissent naître.

Tous ces événements avaient rendu la jeune Bieffoise bien nostalgique d’un temps candide qui ne saurait plus exister pour elle. Le regard perdu dans le vague, elle songeait à son époux et son fils bâtard, à l’avenir que les Dieux pouvaient encore lui réserver… Quand une voix la fit doucement sursauter. Ses yeux se plissèrent offrant ce regard acéré tandis qu’il lui semblait qu’un grondement sourd menaçait de sortir de sa gorge. Ses yeux vinrent rencontrer ceux de la jeune femme qui avait troublé son silence et sa tranquillité. Que voulait-elle ? Une nouvelle curieuse qui voulait savoir si oui ou non, elle avait été dans la salle du trône ce jour-là ? La dévisageant d’un regard, ses traits finirent par s’apaiser. Si beaucoup ne la connaissaient que de nom, elle avait ce pouvoir de connaître tous les usagers du Donjon Rouge, son expérience pour comploter étant une chose qu’elle ne contrôlait guère. Alerie Lannister se trouvait là, vêtue dans ce tissu Rouge criard qui n’était que marque de fabrique des lions du Roc, impétueux et se croyant ouvertement tout permis. De tous les suzerains qu’elle avait pu observer, le lionceau du Roc était celui qu’elle méprisait le plus tant par ses airs supérieurs que ses propos assommants. Pourtant, elle avait pu remarquer que son épouse, si elle devait marcher dans le rang, n’était pas de cette même école. Ses origines Conflanaises, peut-être ? ou bien, comme avait pu lui confier la princesse Daenys, une pensée amère derrière la tête.

Elle se releva alors, s’inclinant avec respect devant la suzeraine de l’Ouest. « Lady Alerie Lannister… Veuillez excuser ma réaction, je ne suis guère habituée à rencontrer quelqu’un dans ce passage. Peut-être souhaitez-vous que je vous laisse cet espace durant un instant ? »


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Alerie Lannister
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MessageSujet: Re: Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages   Dim 27 Aoû 2017 - 11:52




Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages
L'ombre d'elle-même. Voilà ce qu'était devenue Elinor Tyssier, épouse de lord Ondrew Piète - ancienne Main du Roi ! - et première dame de parage de la princesse Daenys. Sa silhouette était toute drapée d'un gris profond d'où ne ressortait que la grande araignée rouge du dos, provocante et réminiscente des grands jours de gloire. A cette époque, Alerie venait à peine d'épouser Garett, et toute à son frais bonheur conjugal, ne s'était pas préoccupée de la Cour et de ceux qui en tenaient le haut du pavé. Mais lorsque son époux l'avait réclamée auprès de lui à la fin de la guerre, le Donjon bruissait de rumeurs. Le simple corbeau de Garett n'avait fait qu'indiquer la victoire rebelle et le trépas de Maegor aussi, en rencontrant la princesse Daenys, elle avait également appris ce qui faisait l'envers du décors. Accusée d'avoir tué le Cruel Maegor Targaryen, Elinor Piète avait été emprisonnée, en attente d'un grand procès en présence de toute la Cour réunie. L'image avait été saisissante : trainée par ses chaines devant le Trône de Fer, la robe à moitié déchirée et les cheveux crasseux, le visage amaigri et inexpressif. Certes, le crime de Régicide demandait la plus impitoyable des justices, mais pouvait-on réellement en vouloir à celle qui avait, peut-être, libéré les Sept Couronnes de son tyran ?

Elinor lui jeta d'abord un regard courroucé, sur la défensive, comme si elle cherchait du geste à chasser l'importune qui venait troubler sa quiétude. Instinctivement, Alerie sentit son corps se raidir mais, au lieu de reculer, fit un autre pas vers elle. Elle n'avait aucune raison de lui en vouloir ou de la chasser. Elle n'était pas de ces vautours de courtisans qui se repaissaient du malheur des autres. Elle n'avait que de trop subi l'humiliation et l'horreur pour les souhaiter à quelqu'un d'autre. Du reste, elle gardait en son fort intérieur un élan de compassion pour cette jeune femme que tout avait accusé et sur laquelle, miséricordieux, les Dieux s'étaient penchés. Outre la Grâce Royale qui était venue la laver de l’opprobre, elle n'avait pas eu à subir l'exécution de son époux. Il fallait être aveugle que, bien d'avantage que pour sa propre vie, Elinor Piète ne vibrait que pour lui. Le duel judiciaire qui avait décidé de son destin resterait gravé dans les archives du Grand Mestre pour l'éternité ! Assise auprès des autres suzerains, Alerie s'était écorché les mains sous sa robe pour ne pas montrer son anxiété. Là, dans l'arène, lord Ondrew était en proie à passer dans la légende. Il n'y avait eu qu'à jeter un œil à Oberyn Tyrell, vert de rage et de dépits, en voyant ce traitre vassal une fois de plus diminuer son autorité. Victorieux, il avait eu la vie sauve, mais au prix de l'exil : ambassadeur auprès des Martell. Et quand on savait les relations toujours désastreuses entre la Couronne et la Principauté...

La première explosion de surprise passée, Alerie vit le visage d'Elinor s'adoucir. Elle lui adressa un sourire, accompagnant d'un signe de tête la réponse à son impeccable génuflexion. Son séjour dans les Celulles Noires ne lui avait rien ôté de ses manières bieffoises. « Lady Alerie Lannister… Veuillez excuser ma réaction, je ne suis guère habituée à rencontrer quelqu’un dans ce passage. Peut-être souhaitez-vous que je vous laisse cet espace durant un instant ? » « Nullement, lady Piète ! Je pensais y trouver la princesse Daenys, et puisqu'elle n'y est pas, je m'en voudrais de troubler votre quiétude. » Elle allait déjà pour prendre congé mais quelque chose la retint. Elle ne voulait pas s'imposer, mais elle ne voulait pas non plus faire comme tous ces autres qui la fuyaient comme la peste. Avant d'être la proie des racontars, elle était une femme, une femme amoureuse arrachée de son époux qu'à présent, la Baie et la Mer de Dorne séparaient. Du reste, si ses relations avec Daenys étaient amenées à perdurer, elle serait tout autant amenée à fréquenter sa dame de confiance. On disait l'Araignée rompue aux exercices de Cour, des ronds de jambes jusqu'aux intrigues les plus finement ciselées. Et si Daenys lui accordait autant de crédit et de confiance, peut-être n'était-il pas stupide d'essayer de la connaitre d'avantage... « A moins, bien entendu, que vous ne refusiez pas un peu de compagnie ? Laissez-nous ! » ajouta-t-elle à l'attention des deux gardes dont les regards lui brûlaient la nuque. Ne les voyant pas réagir, elle se retourna vers eux, un sourire aux lèvres. « Je regretterais de devoir donner à mon époux les noms de deux indiscrets masculins se repaissant des discussions féminines de deux grandes dames ! »

La menace était douce, mais ferme. L'évocation de Garett tout aussi efficace. Avec un même salut militaire, les deux Manteaux se retirèrent, non sans jeter derrière eux un dernier regard interrogateur auquel elle répondit avec rictus. Ce qui suffit d'accélérer leur allure et de les faire disparaitre derrière un bosquet de roses. Elle se retourna alors vers Elinor et lui adressa un sourire beaucoup plus franc. « Bien entendu, seulement si vous désirez lesdites discussions ! »


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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages   Mar 5 Sep 2017 - 23:01




Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages
Rares étaient ceux qui s’arrêtaient sur sa route et voilà que la première à le faire depuis tant de temps n’était autre que la dame de l’Ouest. Jamais auparavant elle n’avait eu l’occasion de converser avec cette femme. Lors de la dernière visite des Suzerains Lions, Elinor était en disgrâce ou bien trop occupée à sauver son époux et se préoccuper de lui pour avoir trouvé le temps de s’attarder sur la jeune femme. Mais depuis le retour de tous ces nobles à la Cour, l’ombre de Daenys qu’elle était planait sur tous, discrète, tapie dans les recoins de chaque pièce, espérant obtenir une information qui, déjà, serait utile soit à elle, soit à la Princesse. Aussi, elle s’était attardée sur le couple Lannister qui, malgré les apparences, amenaient avec eux des rumeurs. La jeune Alerie, née Piper, avait assisté à la prise du fief de ses parents dans une barbarie sans précédent pour mieux épouser le responsable de ce massacre. Si l’on disait que les choses entre eux pouvaient s’être arrangée, il était impossible pour l’araignée de penser la chose. Après tout, que ce serait-il passé si Maegor avait mis ses menaces à exécution, tuant Ondrew pour mieux faire d’elle son épouse ? Quelle aurait été l’image de ce couple ? En surface, évidemment qu’elle aurait donné le change mais ses pensées auraient été bien sombres… N’était-ce pas ce que devait ressentir Alerie Lannister en cet instant ?

Elle garda les yeux baissés, sachant trop bien que ses pupilles noisette pouvaient faire fuir n’importe quel brave homme autant qu’elles les appelaient à elle. Ce fut d’autant plus évident pour elle de masquer sa surprise quand la jeune femme mentionna la princesse Daenys. Que pouvait-elle vouloir à sa maîtresse ? La question traversa vaguement son esprit tandis que la blonde lionne envisageait déjà de tourner les talons et quitter les lieux. Pourtant, elle ne bougea pas, resta là, face à Elinor qui demeurait telle une statue à attendre que tombe une nouvelle sentence sur ses épaules. Le silence fut rompu par une proposition qui força Elinor à relever le regard pour toiser son vis-à-vis. Une compagnie ? Depuis quand n’en avait-elle pas eu ? La proposition était autant alléchante qu’elle ralluma la méfiance de la Bieffoise qui ne s’opposa pourtant pas à cette dernière, adressant un sourire poli à l’autre femme avant de hocher légèrement la tête ce qui incita la dame du Roc à congédier les gardes qui la suivaient.

Ils ne bougèrent pas, toisant la jeune araignée d’un air mauvais qu’elle accueillit en haussant légèrement les sourcils. Il était évident que si leur maîtresse ne craignait pas les morsures possibles de l’aranéide, eux si. Accueillant leur désobéissance d’une phrase claquante, Alerie leur fit face pour mieux les mettre devant leur devoir. Elinor eut presqu’envie de plaisanter sur le sujet mais, de peur de voir cette parenthèse mal interprétée par quiconque, elle s’abstint, se contentant de leur adresser un regard plissé en leur adressant un léger sourire en coin. Elle eut un léger rire, s’amusant de cette situation. Combien d’hommes pouvaient haïr se voir commandés par une femme ? Pourtant, ils y étaient obligés. Et à chaque fois qu’une femme se voyait gratifiée par une obéissance sans faille, le sourire d’Elinor s’élargissait un peu plus. Etait-ce pour ce rire amusé qu’Alerie lui sourit avec plus de franchise avant de s’assurer que cette situation lui convenait. Hochant respectueusement la tête, Elle eut un léger sourire. « Il y a maintenant bien longtemps que je n’ai pu tenir de discussions de dames avec une de mes camarades… L’ai-je seulement déjà fait ? » Elle eut de nouveau un léger rire avant que ne s’efface son sourire. La dernière fois qu’elle s’était entretenue avec une dame de son âge et son rang… Quand était-ce seulement ? Il semblait à Elinor qu’elle avait vieilli bien plus vite que les autres dames qu’elle avait pu rencontrer dans son enfance et que ses conversations s’échangeaient principalement avec des hommes, désormais.

L’invitant à s’asseoir à ses côtés, elles partageaient désormais ce petit endroit de quiétude et de repos qu’elles avaient su s’aménager dans cette capitale grouillante. Elle eut un sourire amusé avant de poursuivre. « Comment trouvez-vous la Capitale ? J’imagine qu’il s’agit là d’une banalité des plus courantes que tout à chacun se voit en mesure de vous poser… Mais n’est-ce pas ainsi que les conversations sont censées commencer ? »


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Alerie Lannister
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MessageSujet: Re: Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages   Mer 6 Sep 2017 - 16:59




Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages
Un léger sourire illumina alors quelque peu le visage de marbre. « Il y a maintenant bien longtemps que je n’ai pu tenir de discussions de dames avec une de mes camarades… L’ai-je seulement déjà fait ? » Pour toute réponse, Alerie leva un sourcil discret, où tremblait cependant un soupçon interdit. Elle avait du mal à s'imaginer qu'une native du Bief eut été si fort privée des plaisirs bien féminins de la conversation ! Bien que la situation d'Elinor avait tout de l'exceptionnel, et qu'elle-même connaissait mal les terres Tyrell et ses différentes maisons, elle en avait pourtant entendu ce que tous racontaient : un pays bucolique, fait de chevalerie et de galanterie, où tout n'était que douceur de vivre et dédié à l'art plaisant de la vie mondaine. Ne disait-on pas qu'un bieffois ne pouvait jamais ouvrir la bouche sans minutieusement planifier la manière dont sortirait chaque mot ? Le tout accompagné des gestes les plus raffinés, des révérences les plus élégantes ? Mais visiblement, la dame de confiance de Daenys renfermait plus de surprises encore qu'elle ne le soupçonnait... Ce qui la rire intérieurement. A bien des égards, sans doute, les deux jeunes femmes se ressemblaient : la vie ne les avaient pas épargnées, les avaient forgées au fer des épreuves et si elles étaient là, aujourd'hui, ce n'est pas sans avoir enduré au préalable. Bien entendu, jamais elle ne présumerait de la personne d'une autre, mais quelque chose les rapprochait, elle en était certaine.

Ne serait-ce que la manière d'approcher la vie de Cour ! Si Elinor Piète s'interrogeait si de sa vie, elle s'était essayée à au dangereux jeu de paraitre une chose tout en en pensant une autre, que pouvait-elle bien lui répliquer ? Que jusqu'à sa vingtaine bien avancée, surnommée « Furie des Eaux », elle boudait le calme et le raffinement des esquisses de salon que sa mère cherchait à implanter à Château-Rosières ? Tandis que sa fille ainée courrait les landes, pataugeait dans les sables des berges de la Ruffurque et montait aux arbres des petits hectares jouxtant le fief familial, Lady Laurine tentait de faire apprécier le soleil et le faste de l'Ouest dans le cœur de ses enfants. Si avec Wendy, elle y avait réussi à merveille, et que par la force des choses, Alysane et Loric avaient suivi, Corvin et Alerie démontraient une farouche résistance. Le garçon parce qu'il ne voyait aucun intérêt dans les ronds de jambes lorsque l'on pouvait parler franchement, et la fillette par esprit de contradiction d'abord, et par manque de temps ensuite. N'était-elle pas depuis l'adolescence aux pieds de son père, l'accompagnant superviser les récoltes et l'intendance du domaine, apprenant d'avantage le métier de seigneur que de dame de compagnie ? On avait connu mieux, même pour la petite noblesse, chez les demoiselles dites « du Château » qui, malgré une pauvreté de moyens, ne rechignaient jamais leurs leçons, justement pour compenser un manque à gagner. Ne disait-on pas que Lord Viktor n’avait pas les moyens d’assurer une dot convenable à chacune de ses quatre filles ?

Aussi, lorsqu'elles prirent toutes deux places dans les chaises de fer agrémentées de petits coussins de satins blanc et or, Alerie sentit ses muscles se détendre. Elle avait appris à faire entendre son autorité de Suzeraine sur le tard, et n'en récoltait les fruits que depuis récemment. Malgré le respect que lui devaient les gardes du fait de sa fonction, et plus encore depuis l'annonce de sa grossesse – elle portait à présent un héritier potentiel si d’aventure, le petit Tommen n’était pas rendu à son père par la vermine fer-née ! - Alerie sentait bien que beaucoup d'entre eux la considéraient encore comme une étrangère. Une petite arrivée de nulle part pour payer une dette de guerre, et dont on ne savait par quel miracle, elle avait réussi à se faire épouser… Combien de fois avait-elle entendu ce discours, surtout dans la bouche de sa belle-mère ? A présent, elle détenait une petite revanche : si son mariage avait sombré, elle s’était gagné l’amour d’un peuple et la reconnaissance des vassaux, que sa condition érigerait à un rang plus haut encore. Un paradoxe, quand on savait que la future mère elle-même ne savait pas encore réellement si elle devait se réjouir ou pleurer de son état. Après tout, tout avait été fait pour que cet enfant soit conçu. Même Wendy s’y était mise, jusqu’à supplier sa sœur de ne plus se refuser à son époux qui, malgré la trêve amorcée après sa présentation officielle à la Cour, lui faisait toujours autant horreur physiquement. Il avait fallu lui faire entendre raison sous la menace d’une damnation infernale devant « les Sept Qui Ne Font Qu’Un ».

« Comment trouvez-vous la Capitale ? J’imagine qu’il s’agit là d’une banalité des plus courantes que tout à chacun se voit en mesure de vous poser… Mais n’est-ce pas ainsi que les conversations sont censées commencer ? » Tirée de ses pensées, Alerie eut alors un éclat de rire quelque peu nerveux. Le rire rosissait ses joues et agrandissait ses yeux, cependant que sous le tressaillement du corps, le soleil jouait de petits reflets d’or dans ses cheveux. Elle passa un instant sa main devant sa bouche pour étouffer son rire. « Pour quelqu’un qui se demandait si ses capacités de conversation étaient rouillées, vous vous en tirez avec tous les honneurs de l’art ! Il me semble qu’ensuite, nous devrions parler du temps qui se fait lourd, et enfin de l’avènement de plein droit du Roi, que Les Sept lui accordent longue vie ! » Elle lui adressa une regard espiègle. « Pour vous répondre… Il me semble que la Capitale change sans jamais vraiment le faire. L’An passé, j’y étais une étrangère que l’on toisait comme une curiosité, aujourd’hui, on me regarde parce que je suis l’épouse du « Faiseur de Roi » ! Hier j’étais au plus bas, aujourd’hui je côtoie les étoiles… » fit-elle en haussant les épaules, poussant un petit soupir et laissant son regard un instant couler le long de la Baie. « Tout ce « jeu des trônes » est d’avantage un jeu de chaises musicales… La loi est la même pour tous : apprendre à jouer et risquer de mourir, ou ne rien faire et être certainement enterré. Je m’adapte… Et vous ? » ajouta-t-elle soudain, en vrillant son regard dans celui de l’Araignée.


© Belzébuth


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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages   Ven 8 Sep 2017 - 18:47




Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages
Prenant place dans le fauteuil qu’elle occupait encore avant l’arrivée impromptue de la suzeraine de l’Ouest, Elinor se laissa aller entre les coussins, oubliant son maintien droit et laissant ses muscles se dénouer comme à chaque fois que la bienséance lui laissait un peu de répit. Certaines n’auraient pas osé se montrer de la sorte, mais la jeune araignée du Bief n’était guère comme les autres ladies, elle l’avait su dès sa jeunesse. Cette légère insolence plaisait à bien des égards et, encore, elle songeait qu’Ondrew Piète lui-même avait cédé à ses regards emplis de jeunesse insouciance et cette tenue tantôt parfaite, tantôt avachie dans des draps de soie et pourtant magnifique. Sur la table qui se trouvait entre les deux dames de la Cour et de Westeros, se trouvait une carafe d’eau et quelques fruits qu’on lui avait mené quelques minutes avant l’arrivée d’Alerie Lannister. Brisant le silence d’une banalité certaine, elle fut surprise de ce rire franc que décrocha la suzeraine. Ne devait-elle pas être de celles qui contrôlent tout geste, tout mouvement en permanence ? La détente qui s’était installée en Elinor semblait avoir été contagieuse…

Pourtant, quand la lionne reprit la parole, ce fut à Elinor de sourire avec légèreté avant d’étirer un peu plus ce sourire dans un coin. « Voilà un programme de discussion qui me paraît tant banal que convenable… Je l’approuve. » Servant de l’eau dans les deux gobelets qui se trouvaient sur la tablette, elle invita, d’un geste de la main, Alerie à se servir, prenant son propre gobelet en main pour le porter à ses lèvres. Elle écouta avec attention l’avis de la jeune femme sur ce que la Capitale pouvait réserver à ceux qui osaient s’y aventurer. Et elle avait largement raison dans ses propos. Dissimulant son malaise derrière un sourire plaqué et un air attentif, Elinor ne pouvait que trop accorder de réalité aux mots de la lionne. Tout pouvait vite changer en ces lieux. D’étrangère amourachée et enfantine, elle était devenue femme d’un des hommes les plus puissants de ce monde, défiant Oberyn Tyrell en personne. Puis, elle avait été marquée comme étant amie de Maegor avant de tomber dans les geôles noires et froides de la ville. Une traitresse. Une Régicide. Et finalement, elle fut innocentée par le Roi en personne ce qui, de nouveau, avait fait d’elle une femme qu’il fallait avoir proche de soi pour, finalement, aspirer méfiance et rancœur déplacée. Les hauts et les bas de ce que la Cour pouvait offrir, Elinor semblait les avoir parcourus en long, en large et en travers, n’étant pourtant arrivée dans ce milieu que deux ans auparavant. Certains se contentaient d’un rôle médian, ne cherchant jamais à attiser jalousie ou mépris. Elle avait subi tout cela malgré elle et en partie à cause de l’homme qui était son époux. Pourtant, jamais elle n’avait su l’en blâmer. « Qui sait ce que la Cour saura vous réserver si vous revenez encore l’an prochain… C’est un milieu cruel et sordide où mensonges et trahisons sont vertus. » Elle but une nouvelle gorgée de son verre, préférant rester vague sur le sujet plutôt que d’apporter plus d’indices.

Parler du jeu des trônes n’était pas prévu dans le programme et, alors que la jeune femme lui retournait une question, l’araignée native du Bief eut un nouveau sourire en coin. « Ne devait-on pas parler de ce climat capricieux ou aurais-je mal compris ce que vous sous-entendiez par-là, ma dame ? » Attrapant une fraise du plateau, elle croqua dedans avec cet air malicieux qui tendait à séduire bien du monde à Port-Réal. Puis, finalement, rassemblant ses pieds sur le fauteuil, elle prit une profonde inspiration. « J’essaie de me libérer de ce jeu incessant, lady Alerie… Je pense être bien placée pour vous avertir : Personne ne gagne au jeu des trônes, pas même le Roi. Si vous le pouvez, évitez ce jeu comme le pire des fléaux de ce monde car il enlève bien plus qu’il ne peut offrir… Mon mari en a payé le prix fort… Et pourtant, même si ce jeu nous prend tout ce que nous avons, encore et toujours, nous revenons à lui pour essayer de rééquilibrer une balance que seuls les Sept peuvent juger. » De nouveau, elle but une gorgée d’eau avant de soupirer et de rire doucement. Relevant ses yeux noisette sur l’autre femme, elle eut un sourire triste. « Je comprends mieux que tous m’évitent… Regardez-moi, je n’ai que vingt-deux années et pourtant, mes conversations sont plus graves qu’elles ne devraient l’être… Le temps où je me questionnait sur la couleur de ma toilette et en informait mes servantes me semble si loin que j’ai l’impression prétentieuse d’avoir vécu deux vies différentes… Les blessures du temps nous font grandir plus vite que nous ne le souhaitons, n’est-ce pas ? »


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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Port-Réal, en Terres de la Couronne, pour le couronnement et le mariage du Roi Jaehaerys Targaryen
MessageSujet: Re: Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages   Lun 18 Sep 2017 - 16:07




Aux Anciennes Alliances, De Nouveaux Visages
D'un geste tout à fait courtisan, Elinor l'invitait à se servir en rafraichissement. Avec un sourire, elle répondit à l'invitation, et trempa ses lèvres dans l'eau fraiche et parfumée. Un luxe qu'on ne pouvait trouver qu'au Donjon Rouge, les importations de menthe coûtant fort cher et dont le plaisir n'était réservé qu'aux plus grands noms. Naturellement, en ces temps de fête où l'on voulait donner le change, sans doute le Grand Argentier n'avait pas lésiné sur les dépenses pour redonner au siège royal tout son faste d'antan. Un geste dans lequel elle reconnaissait bien son grand-père par alliance ! Dans ces préparatifs, la pâte de Godric Lannister se retrouvait jusque dans les décorations florales, lui qui déjà à Castral-Roc, avait été le seul à faire en sorte qu'elle se sente un tant soit peu à l'aise dans sa nouvelle demeure. Son installation définitive à Port-Réal avait arraché un regard emplis de tristesse sur le visage de sa petite-fille, et bien que le vieil homme était tout dévoué au Jeune Lion, il n'avait pu s'empêcher de bénir la couronne de cheveux dorés qui s'inclinait respectueusement sur sa main. Elle n'avait jamais caché que des Lannister, il était de loin celui auquel elle vouait le moins de remords. Aussi, boire de l'eau mentholée réussissaient, d'une étrange façon, à les rapprocher de nouveau...

Ce simple geste lui rappelait à quel point sa nouvelle famille était partout. Sur son corps à présent qu'elle en arborait les couleurs, en elle à présent que son époux lui avait fait un enfant, autour d'elle - que ce soit à Castral-Roc, ou au Donjon-Rouge - les Lions de l'Ouest avaient finement joué leur partie et étendu leur influence. Aussi, les mots de sa compagnes y faisaient un étrange écho. « Voilà un programme de discussion qui me paraît tant banal que convenable… Je l’approuve. » Banal. Lui faisant face de l'autre côté de la table, Elinor buvait, elle aussi. Dans l'ombre réconfortante des feuillages, elle distinguait un peu mieux son visage aux traits harmonieux, cette beauté qui faisait sa réputation. Nul doute qu'elle comptait parmi les plus exquises créatures que le monde avait à porter. Elle ne portait pas les épreuves sur son visage, ni même les meurtrissures qu'avaient dû être celles connues dans les geôles. « Qui sait ce que la Cour saura vous réserver si vous revenez encore l’an prochain… C’est un milieu cruel et sordide où mensonges et trahisons sont vertus. » « Oh mais je n'ai nullement l'intension de m'y éterniser ! J'accompagne mon époux, je paie mes respects à mon Roi et à ma future Reine, et ensuite, je repars à Castral-Roc. Je n'ai rien à faire ici. » rétorqua-t-elle avec un sourire et un léger mouvement du poignet, dont la main tenait le verre encore à demi plein, jouant du liquide en un léger mouvement de balancement. « J'espère que je ne vous choque pas ? » ajouta-t-elle avec un sourire, prenant ensuite une nouvelle gorgée. D'autres tueraient pour rester au plus près du pouvoir, évoluer dans l'ombre du Trône de Fer. Pour elle, Port-Réal et son pouvoir représentaient des chimères bien trop dangereuses pour y rester volontairement plus que nécessaire !

Pour Elinor, bien sûr, le choix ne lui était pas laissé. Sans doute évoluait-elle dans ces eaux troubles depuis trop longtemps pour ne pas en déjouer par avance les plus vicieux pièges, et du reste, il n'y avait pour elle pas d'autre solution. Quitter la Cour, c'était aussi quitter une chance, voir plusieurs, de retrouver son époux et de le réhabiliter dans ses positions. La protection de Daenys Targaryen ne suffirait pas, et il y avait fort à parier qu'elle croiserait le chemin de nombreux de ses ennemis - Oberyn Tyrell, pour ne citer que lui - pour arriver jusqu'à la réunion avec celui qu'elle aimait. « Ne devait-on pas parler de ce climat capricieux ou aurais-je mal compris ce que vous sous-entendiez par-là, ma dame ? » Alerie esquissa un nouveau sourire. « En effet, nous devrions... Mais je sens que ni vous ni moi n'avons envie de nous contenter du temps qu'il fait ? » Elle leva à nouveau son verre à son intention. Visiblement, elles partageaient une même intelligence du monde. Lady Elinor était certes bien plus expérimentée qu'elle, mais elle lui faisait la grâce de ne pas la traiter comme une vulgaire pièce rapportée sans intérêt. D'autres de ses congénères avaient fait cette erreur, et si aujourd'hui, Alerie avait pris en confiance, plusieurs de ces têtes qui s'étaient risquées à la moquer pouvaient aujourd'hui grincer...

Cependant, le discours de la jeune femme avait de quoi susciter l'intérêt. Toute à sa lassitude - elle avait quitté sa posture quelque peu raidie pour retomber doucement contre les coussins - Elinor la mettait doucement en garde. « J’essaie de me libérer de ce jeu incessant, lady Alerie… Je pense être bien placée pour vous avertir : Personne ne gagne au jeu des trônes, pas même le Roi. Si vous le pouvez, évitez ce jeu comme le pire des fléaux de ce monde car il enlève bien plus qu’il ne peut offrir… Mon mari en a payé le prix fort… Et pourtant, même si ce jeu nous prend tout ce que nous avons, encore et toujours, nous revenons à lui pour essayer de rééquilibrer une balance que seuls les Sept peuvent juger. » « J'entends... » furent ses premiers mots, tandis qu'elle vidait son verre et le reposait délicatement sur la table. Le sourire n'avait pas quitté ses lèvres, mais son expression restait sérieuse. Il n'y avait rien à gagner à ne pas écouter avec la plus grande des attentions ce que la jolie bieffoise avait à lui apprendre sur la Cour. Encore qu'elle ne faisait que confirmer ce qu'elle craignait déjà. Et qui la rassurait dans son idée précédemment exposée : elle ne resterait pas plus que de raison. D'ailleurs, dans son état, il n'était sans doute pas prudent que la Suzeraine de l'Ouest s'expose au risque des dangers que pouvaient représenter les ennemis de son époux. Et ils étaient nombreux, quoique pour la plupart non déclarés. Pour elle, pour son enfant, pour l'Ouest, elle n'aurait tôt fait que de repartir pour le Roc !

« Je comprends mieux que tous m’évitent… Regardez-moi, je n’ai que vingt-deux années et pourtant, mes conversations sont plus graves qu’elles ne devraient l’être… Le temps où je me questionnait sur la couleur de ma toilette et en informait mes servantes me semble si loin que j’ai l’impression prétentieuse d’avoir vécu deux vies différentes… Les blessures du temps nous font grandir plus vite que nous ne le souhaitons, n’est-ce pas » Les mots qui suivirent, pourtant, la firent sourire de nouveau. Elinor s'excusait - ou non - de ce que ses conversations n'étaient guère ceux d'une dame que la vingtaine effleurait à peine. « Pourtant, et sans fausse flatterie, vous ne portez pas vos épreuves... Si ce n'est en grâce et en beauté ! » observa-t-elle à son égard. « Moins habiles que vous se laisseraient volontiers prendre à la facilité de se laisser aller... Je me doute que l'éloignement de votre époux vous pèse et, croyez-moi, j'en suis navrée... Je ne devrais peut-être pas le dire, surtout eut égard à mon époux mais... » fit-elle, approchant son buste de la table pour se rapprocher d'elle, « si je puis vous aider d'une quelconque manière à joindre votre époux, disons... par d'autres moyens ? Plus discrets... moins surveillés... faites le moi savoir. »


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