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 Les toiles d’araignée s'emmêlent parfois dans les bois du Cerf ♦ Robb & Elinor

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Les toiles d’araignée s'emmêlent parfois dans les bois du Cerf ♦ Robb & Elinor   Jeu 31 Aoû 2017 - 22:13




When the spider meet the deer
Les nouvelles de Dorne n’arrivaient qu’au compte-goutte, frustrantes autant qu’enviées et désirées. Pourtant, chaque corbeau qui lui était adressé réveillait en elle un sentiment de renaissance, d’un nouvel espoir capable d’abattre les murs autant que les frontières qui, de nouveau, se dressaient entre eux. Mais cet espoir, Elinor ne l’avait plus ressenti depuis longtemps, à présent. Allongée dans son lit, seule, elle relisait inlassablement le dernier petit morceau de parchemin qui lui était arrivé, datant désormais de plusieurs lunes. Ses doigts caressaient le papier avec tendresse, songeant à la manière dont Ondrew avait certainement dû écrire ce pli. Je veux te voir, te sentir, te toucher… Il lui manquait comme jamais auparavant il ne lui avait manqué. Et les quelques moments passés pour leurs au revoir lui restaient en bouche, tel un goût amer.

***

« Lord Ondrew Piète. Suite à votre victoire lors de votre duel judiciaire, une décision a été prise. Aussi, moi, Rhaenys Targaryen, Régente des Sept Couronnes, je vous condamne à l’exil. Vous serez conduit à Dorne où vous serez prié de rester jusqu’à ce que votre Roi vous fasse savoir qu’il vous demande. Vous avez une heure pour rassembler quelques affaires. Des gardes vous escorteront durant tout ce temps. Maintenant, disposez. » L’ancienne Main s’inclina devant la princesse Régente Rhaenys avant d’être emmené par des gardes. Ses mains étaient toujours liées par des chaînes. Son regard chercha celui de son épouse dans la foule. Elinor avait senti les mains de Daenys se refermer sur son bras tandis qu’un murmure lui hurlait de ne pas bouger, de le laisser partir. Mais comment ? Comment pouvait-elle s’y résoudre ? Se dérobant à sa prise, elle s’élança parmi les membres de la Cour. Du regard, elle sut qu’Ondrew lui-même lui intimait de ne pas agir, de ne pas tenter cette folie qui pourrait lui coûter cher. Mais elle l’aimait. Oh oui, elle l’aimait. L’araignée s’avança avant de sortir du rang. « Ondrew ! » Sa voix acheva d’attirer l’attention sur elle. Elle qui s’avançait vers cet homme qu’elle désirait en chaque instant, qu’elle voulait serrer dans ses bras. Un garde s’interposa devant elle et elle ne mit qu’un instant de vivacité avant de le contourner. Achevant sa course, ses mains se refermèrent sur son époux, le serrant dans ses bras, plaquant ses lèvres sur les siennes. Juste un baiser… L’instant fut écourté par le garde qui l’arrachait à lui, la poussant à lâcher un cri, mélange de douleur et de tristesse tandis qu’elle essayait de s’en retournait à lui. « Pitié ! Juste un instant, accordez-moi juste cela ! » La voix de la Régente ce fit alors entendre, ordonnant au garde de la lâcher et signifiant que la jeune araignée pourrait les accompagner jusqu’au départ depuis l’écurie. une dernière heure avec toi.

Toujours suivis de près par les gardes, les paquetages achevés, ils finirent par s’asseoir dans une alcôve du palais. « Emmène-moi avec toi. » « Même si je le souhaitais, mon aimée, je crains qu’ils ne l’empêcheraient… Ta place est ici, auprès de la princesse Daenys. » « Mais… » « Ecoute moi, Elinor. Je te fais la promesse solennelle que, tôt ou tard, je reviendrais. Qu’importe si cela doit prendre des années, je te reviendrais toujours. Je t’aime comme jamais mon cœur n’a su aimer. Tu dois garder ta place, tu dois continuer à te battre pour survivre car rien ici n’est plus acquis. Tu es devenue si forte, si tenace… Tu y arriveras… Même sans moi. » Elle se laissa aller dans ses bras tandis que les gardes les rappelaient à l’ordre. Il était temps. Encore du temps. Il s’avança vers sa monture, son escorte étant déjà à cheval. Se retournant une dernière fois, il l’embrassa avec cette passion terrible qu’ils semblaient être les seuls à posséder au monde. Puis, il se mit en selle et entama sa route. Elinor resta là, debout, l’observant partir. Un jour, ce fut elle qui avait dû quitter Port-Réal en lui faisant ces promesses. La main de la princesse Daenys vint saisir la sienne avec douceur, la ramenant à la réalité. « Je vais bien, votre Altesse… Puis-je vous être utile d’une quelconque manière ? » Le regard de la princesse se fit maternel tandis qu’elle hochait la tête avec douceur, la ramenant calmement dans la forteresse.

***

Elle acheva de nouer sa robe. Admirant son minois dans le miroir, elle se força à sourire un court instant avant de soupirer. Elle ne pouvait plus attendre simplement. Des réponses, il lui en fallait et si une personne pouvait lui en offrir, c’était le princesse Régente Rhaenys. Mais ses occupations étaient telles que jamais la Princesse ne pourrait lui accorder une audience. Se mordillant la lèvre inférieure, elle se décida à quitter sa chambre, cherchant un stratagème à mettre en place pour pouvoir approcher la Régente sans la menacer et, ainsi, obtenir une audience privée en se compagnie et discuter avec elle de son époux. La chose s’annonçait complexe et pourtant, il allait bien falloir qu’elle y parvienne. Sa robe pourpre réchauffait son corps tout entier, attirant l’œil sur elle pour ensuite mieux le baisser. Nombre des courtisans cherchaient à mettre entre elle et eux une distance plus grande que nécessaire, elle que l’on disait aussi dangereuse que la plus terrible des araignées… Plongée dans ses pensées, c’est à peine si elle leva la tête, au détour d’un couloir, manquant alors de rentrer en collision avec un jeune homme. Retenant une exclamation de surprise, elle fronça les sourcils, relevant ses yeux noisette vers celui qui aurait pu la percuter. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle découvrit le seigneur Robart Baratheon, Main du Roi. Et son visage s’illumina. « Oh ! Monseigneur Baratheon, veuillez m’excuser, mes pensées semblent s’être perdues à Dorne, durant un instant. » Elle eut un léger sourire qu’elle dissimula rapidement derrière une main salutaire venue remettre une mèche de cheveux derrière son oreille avant de s’incliner dans une révérence parfaite. Oui… Ce serait parfait. Robb était la Main de Rhaenys et avait suffisamment d’influence pour répondre à ses interrogations, elle n’en doutait pas. Relevant ses yeux de biche vers lui, elle eut un sourire doux et timide sur les lèvres, ses mains venant se joindre devant elle. « A dire vrai… Pourrais-je me montrer audacieuse et vous demander un peu de votre temps, aussi peu libre soit-il ? »


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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Les toiles d’araignée s'emmêlent parfois dans les bois du Cerf ♦ Robb & Elinor   Mar 5 Sep 2017 - 20:33

Les toiles d’araignée s'emmêlent parfois dans les bois du Cerf
Une journée comme une autre au sein du Donjon Rouge, du moins depuis que tout Westeros s’était rassemblé entre ses murs. Valoirs, Ouestriens, Conflanais, Orageois, Bieffois et même quelques dorniens se cotoyaient dans un espace qui, même s’il était grand, se révélait en cette période plus exigu que jamais. Les vieilles rivalités se reformaient en même temps que les alliances se renouvellaient, les insultes pleuvaient autant que les cadeaux. Et avec les Targaryen trop occupés à redorer leur blason, quand ils se montraient, il ne restait plus que Robb pour s’assurer qu’une célébration ne tourne pas au règlement de compte. Recevoir les rapport du Maître des Chuchoteurs, en aviser la garde, régler les tensions les plus visibles, les journées de la Main du Roi étaient ponctuées de ces moments, souvent longs, rarement intéressants, où il devait écouter deux nobles argumenter sur le bien-fondé de leurs demandes, avant d’aboutir à un compromis qui ne réglait rien, ne fut-ce que pour s’assurer que le couronnement se passe sans encombres. Une illustration parfaite du paradoxe qui définissait quiconque portait le titre de Main du Roi : on devenait l’une des personnes les plus puissantes du continent, tout en devant s’acquitter de tâches ridiculeusement inutiles.

En plus de tout cela, la surpopulation du château rendait tout trajet d’un point à un autre lent et fastidieux pour toute personne possédant une certaine influence. Le Baratheon ne parvenait souvent pas à traverser plus d’un couloir sans qu’on le hèle, pour obtenir sa bénédiction-et son patronage- pour l’un ou l’autre projet, pour lui demander d’accorder une grâce, d’insister auprès d’un autre noble pour pousser une proposition, ou n’importe quel autre problème. Seconder le Roi et la Régente n’avait jamais été une tâche simple durant l’année écoulée, mais le couronnement à venir de Jaehaerys marquait la première fois où la charge qui lui avait été offerte devenait un réel fardeau. Il n’avait plus le temps de vaquer à autre chose qu’à son poste, et devait parfois même prolonger ces moments jusque tard dans la nuit, alors qu’il aurait préféré être auprès de sa femme enfin retrouvée et de son héritier à naître. Mais lorsque l’on est Main du Roi, les décisions que l’on prend ne sont plus entièrement tournées vers ses propres intérêts, et les sacrifices à faire sont souvent nombreux.

Pour autant, les choses n’étaient pas si terribles qu’elles lui semblaient être par moment : les festivités qui auraient bientôt lieu marqueraient véritablement la fin de la guerre qui s’était terminée un an plus tôt, en légitimant enfin le souverain des Sept Couronnes. Les familles suzeraines nouaient des alliances en vue de prévenir une nouvelle guerre, et même si le Nord avait refusé d’assister au mariage -une décision qu’il devait publiquement condamner, mais que Robb comprenait et respectait lorsqu’il avait à en parler en privé-, les Stark et leurs bannerets semblaient vouloir, au moins pour l’instant, éviter le conflit. Jaehaerys promettait d’être l’exact opposé de son prédécesseur en matière de gouvernance, et l’alliance que le Suzerain de l’Orage avait passé avec la Régente avait permis d’accomplir de nombreuses choses pendant la période de reconstruction. Le seigneur aimait cette vie qu’il menait, même s’il voudrait parfois simplement rentrer à Accalmie.

Plongé dans ses pensées, Robb marchait à grandes enjambées depuis la Chambre du Conseil jusqu’à ses appartements, ignorant autant qu’il pouvait les voix lointaines qui pouvaient parfois essayer d’attirer son attention. Non, aujourd’hui il ne se laisserait pas prendre au jeu des suppliques et des propositions, il s’en était assuré. Son après-midi avait été entièrement bloquée, personne n’avait obtenu d’audience, et il avait prétexté une affaire urgente pour qu’on ne cherche pas à l’inviter à l’une ou l’autre réunion secondaire. Dès lors, après un déjeuner en compagnie de différents seigneurs, le Cerf se préparait à, enfin, pouvoir accorder un peu de temps aux siens. Projeté dans ces heureuses pensées, il ne vit pas l’ombre pourpre qui manqua de s’écraser contre lui à l’intersection d’un couloir, ce qui aurait été le cas si l’ombre en question ne s’était pas arrêtée juste à temps.

« Oh ! Monseigneur Baratheon, veuillez m’excuser, mes pensées semblent s’être perdues à Dorne, durant un instant. »

Devant lui se tenait Elinor Piète, l’épouse de l’ancienne Main du Roi, aujourd’hui exilé à Dorne jusqu’à nouvel ordre. Une femme que l’on disait aussi belle que dangereuse, et les rumeurs circulant à son sujet ne dépassaient que de peu ce que le Baratheon savait, croyait savoir , de ce dont celle qu’on surnommait l’Araignée du Bief était capable. Ses sentiments à son sujet étaient mitigés, allant d’une méfiance naturelle envers un membre d’une faction officieusement opposée à la Régence de Rhaenys à un respect profond pour ce qu’elle avait enduré, et dont elle s’était sortie. Pour le Suzerain de l’Orage, Elinor Piète était presque une inconnue, qu’il n’avait que peu croisée, et pas cotoyée, néanmoins il ne faisait pas partie de ceux qui la craignaient comme le peuple peut craindre une sorcière. C’est pourquoi il lui offrit un sourire en retour de sa révérences et de ces excuses absolument non justifiées.

«Lady Elinor, il semblerait que nous ayons tous deux l’esprit qui désire se trouver ailleurs, même si ce doit être pour d’autres raisons. Vous n’avez pas à vous excuser, la faute est au moins également mienne.»

Ce à quoi pensait Elinor, ou à qui elle devait penser, Robb ne l’imaginait que trop bien. Il ne fut donc pas surpris lorsque celle-ci lui sourit timidement, tout en lui posant la question qu’il avait cherché à éviter tout le long de son trajet :

« A dire vrai… Pourrais-je me montrer audacieuse et vous demander un peu de votre temps, aussi peu libre soit-il ? »

Un instant, la Main du Roi dut tentée de refuser, de lui indiquer qu’il était pressé, mais qu’elle pourrait le rencontrer durant les doléances publiques du lendemain. Cependant, cette idée fut vite repoussée par ce qu’il savait de la jeune femme en face de lui, et de sa situation. Elle aimait son mari, c’était un fait clair et avéré, et il lui avait été enlevé, si bien qu’elle ne pouvait presque plus compter que sur les nouvelles officielles pour avoir de ses nouvelles de façon régulières. Une chance, dans un sens, Robb avait supporté l’exil de l’ancienne Main à Dorne plutôt qu’un renvoi au Bief pour Ondrew Piète, sachant pertinemment que la seconde solution était, à l’heure actuelle, pratiquement une seconde condamnation à mort. Pour autant, l’exil n’en était pas moins un poids que tous, et pas seulement le condamné devaient supporter, et le Seigneur de l’Orage était avant tout un mari, qui aimerait que l’on soutienne sa femme dans cette épreuve s’il avait été à la place du Bieffois. Qui était-il alors pour refuser pareil traitement à la femme qui se tenait devant lui. D’un geste de la main, il indiqua le couloir devant lui à l’Araignée, avant de compléter sa phrase :

« Marchons un moment ensemble, c’est le moins que je puisse faire. J’imagine que vous désirez entendre des nouvelles de votre époux ? Les derniers courriers en provenance de Dorne indiquent qu’il y est bien traité...»

Pour combien de temps, cependant ? Les tensions entre l’Orage et la Principauté ne cessaient de grandir, et l’idée d’un conflit armé revenait de plus en plus dans les bouches et les esprits. Mais fallait-il alarmer ainsi une dame ? Certainement pas.
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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Les toiles d’araignée s'emmêlent parfois dans les bois du Cerf ♦ Robb & Elinor   Sam 9 Sep 2017 - 14:42




When the spider meet the deer
L’innocence candide de la jeune araignée du Bief avait disparu dès ses dix-sept ans et ce coup du sort terrible de se voir assignée à résidence à Froide-Douve. Dès lors, l’enfant joyeuse et naïve, amoureuse d’un homme bien plus âgé qu’elle, avait dû laisser place à une jeune fille réfléchie, calculatrice et prête à mordre pour survivre et voir le futur qu’elle rêvait la nuit venue devenir réalité. A quand remontaient ces derniers jours d’insouciance… ? Pourtant, il n’était pas rare pour la belle de jouer les ingénues pour obtenir ce dont elle avait parfois besoin, quitte à se brûler les pattes dans une action parfois mal gérée. C’était ce qu’il s’était d’ailleurs passé avec Maegor en personne. La belle et innocente enfant s’était pris les pattes dans ses toiles pour qu’un dragon ne vienne refermer ses crocs sur elle, finalement. Et la fin de tout ceci avait été bien des choses mais dépourvue de toute trace d’innocence.

Pourtant, malgré les bruits que les couloirs pouvaient offrir, elle partait avec un avantage devant Robart Baratheon : il ne l’avait jamais rencontrée officiellement. S’il avait dû entendre parler de tout ce qu’elle avait entrepris ? Certainement. S’il se méfiait d’elle ? Probablement mais pas plus que le reste de la Cour. Aussi, jouer les ingénues pourrait lui faire gagner un peu de capital sympathie auprès de la nouvelle Main du Roi. Le regard de la jeune fille se posa sur cette épingle qu’il portait sur le cœur. Ondrew la portait mieux. Et de nouveau, son cœur se brisa devant la triste réalité qui lui avait prise tout, ou presque. Pourtant, le sourire plaqué sur ses lèvres ne laissait penser que du bien de ses pensées, toute honorée qu’elle paraissait de cette rencontre fortuite.

Lui aussi, avait l’esprit occupé. Du moins, c’est ce qu’il disait, pardonnant avec plus de largesse que nécessaire la collision presque arrivée entre eux deux et rallongeant ainsi le sourire sur le minois de la jeune femme. Aussi, devant la clémence du Cerf, elle osa se montrer audacieuse, soulignant ses mots d’un regard appuyé et d’un air purement innocent… Et il finit par lui accorder ce qu’elle souhaitait. D’un geste de la main, il l’invita à poursuivre la route dans le couloir tout en précisant verbalement qu’ils pouvaient marcher ensemble un instant, le temps pour eux d’éclaircir les zones d’ombres qu’elle souhaitait aborder et il ne lui fallut guère longtemps pour pointer ce problème du doigt. Rapidement, il lui fit part du bien-être de son époux, soulignant qu’il était bien traité à Dorne. Mais ce n’était pas suffisant. Pas pour elle. « Je vous remercie tant pour cette discussion que vous m’accordez que pour ces quelques nouvelles… Mais… Qu’importe combien de fois on me répétera qu’il se porte bien, mon cœur saigne à chaque instant où je réalise qu’il m’a été arraché en ayant pour dernières paroles qu’il me reviendrait, quoiqu’il advienne… » Elle aurait pu pousser le jeu en forçant les larmes, mais elle ne souhaitait pas paraître faible. L’araignée du Bief n’était pas faible.

Son sourire s’effaça doucement tandis que ses yeux noisette se relevaient vers l’homme, une main osant venir se poser sur son bras. « Mon seigneur… Je sais que vous ne me connaissez pas et vous n’avez nul compte à me rendre mais j’estime être en droit de savoir… Si d’aventure les choses devaient se gâter pour mon époux, je refuse qu’on me le cache pour n’apprendre la vérité que lorsque plus rien ne sera possible. Aussi, j’aimerais être entièrement informée de ce qu’il se passe à Dorne et pour Ondrew. » Elle poussa un léger soupir. « Les lettres qu’il m’envoie sont vides, bien trop rassurantes pour que le temps passé entre deux d’entre elles ne me permettent d’y croire… Cet exil sans durée déterminée est une véritable torture et j’ignore encore qui de lui ou moi demeure puni de cet état de fait. » Elle prit une profonde inspiration avant d’essayer de paraître plus détachée, reportant son regard ailleurs. « Appréciez-vous vos appartements ? » Un nouveau poignard qu’elle se plantait dans le cœur, étant maintenant forcée de vivre dans une chambre bien trop étroite dans les appartements de la princesse Daenys.


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Robb Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Re: Les toiles d’araignée s'emmêlent parfois dans les bois du Cerf ♦ Robb & Elinor   Lun 25 Sep 2017 - 19:19

Les toiles d’araignée s'emmêlent parfois dans les bois du Cerf
Tandis qu’ils marchaient côte à côte, Robb écoutait le plaidoyer de l’Araignée, pesant le pour et le contre de sa demande. Elle avait le droit de savoir certaines choses, oui, pour sa tranquillité d’esprit, bien que le Baratheon doute qu’elle ne se sente tranquille s’il devait lui apprendre tout des tensions qui grandissaient entre Dorne et les Terres de l’Orage, ou sur l’attitude toujours plus nébuleuse et énigmatique de la Princesse Régente, qui empêchait de réellement connaître ses intentions. Pour autant, sur le plan politique, de telles informations avaient un poids non négligeable, et il était de vertu commune qu’Elinor Piète faisait partie du cercle rapproché de Daenys Targaryen. L’opposition entre cette dernière et Rhaenys était officieuse, bien entendu, mais bien réelle, comme il avait pu le constater lui-même lors de l’année écoulée. Les deux femmes se menaient une guerre d’intrigues et de position pour le titre de Régente, actuellement aux mains de la plus jeune, et Robb faisait partie de ceux qui la soutenaient, le plaçant de facto en opposition avec son interlocutrice.

Tiraillé, le seigneur l’était, partagé envers un sentiment de devoir chevaleresque qui l’aurait forcé à mettre la jeune femme en garde contre les prochaines semaines, et celui envers son alliée qui le poussait au silence. Comme toujours, sa charge le forçait à n’opérer qu’en demi mesures au sein du Donjon Rouge, et comme toujours il devrait s’en accomoder. Mais s’il commençait à décider de ce qu’il pouvait et ne pouvait pas dire à la Bieffoise, une chose était claire, il ne le ferait pas en public, entouré de tous ces courtisans aux oreilles indiscrètes qui auraient tôt fait de transformer l’information, de l’amplifier, tant et si bien qu’au lendemain même de cette fuite, tous seraient persuadés que la guerre avec la Principauté avait été déclarée au détour d’un couloir. Alors que son visage s’assombrissait quelque peu, il se contenta donc de répondre, plus bas, mais toujours sur un ton courtois :

« Tout n’est certainement pas aussi parfait que votre mari doit vous le laisser entendre, d’autant plus que vous êtes loin de lui. Pour autant, il est en sécurité, c’est certain. Concernant Dorne elle-même… J’ai rencontré son ambassadrice il y a deux jours, et cet entretien a été… Constructif. Mais un couloir n’est pas vraiment adapté pour aborder ces choses, de même que vous devez savoir comme moi que les enjeux politiques ne m’autorisent pas à vous donner autant d’informations que vous le voudriez. »


Un court silence s’installa ensuite, durant lequel les deux nobles continuaient à marcher de concert en direction de la Tour de la Main, jusqu’à ce que la jeune femme brise le silence, lui demandant s’il appréciait ces nouveaux appartements. Confortables, ils l’étaient oui, mais ils n’avaient rien d’un foyer. Comment se sentir chez soi dans une Tour qui ne lui appartenait pas vraiment ? Non, son foyer se trouvait bien plus loin, à Accalmie. Elinor y avait longtemps logé également, sous le règne du Cruel. Sans doute devait-elle regretter cette époque, d’autant plus qu’elle n’était plus réellement la bienvenue au Bief. L’endroit devait regorger de souvenirs pour elle, et l’Orageois se demanda si les choses deviendraient pareilles pour lui, un jour. Après tout, il y avait de grandes chances que ce soit là que son héritier naisse, là qu’il vivrait, au moins, ses premières années. Oui, peut-être qu’un jour, cette tour ressemblerait plus à un foyer, mais ce jour là, il saurait qu’il était temps pour lui de rentrer chez lui.

« Je n’ai pas l’habitude d’espaces réduits, et il me faut avouer qu’Accalmie me manque, c’est là-bas que se trouve mon foyer, plus qu’ici. Mais le devoir nous fait faire de nombreux sacrifices, j’imagine que vous en conviendrez comme moi. Au moins la Tour me permet-elle d’éviter toute cette foule aussi souvent que je le peux, et c’est déjà suffisamment rare comme cela. Mais n’êtes vous pas trop incommodée par tant de monde ? »

Robb ne pouvait que trop bien imaginer les regards que l’on portait à l’Araignée. S’il était recherché pour les faveurs qu’il pouvait apporter, Elinor, elle, devait certainement subir les regards au mieux curieux des nobles alentours, sitôt qu’ils avaient appris les rumeurs la concernant. Non, la vie au Donjon Rouge ne devait pas lui sembler des plus douces ces derniers jours.
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