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 L'heure est aux compromis [PV Roderik]

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Isaline Cerwyn
NORD
■ Localisation : Castle Cerwyn actuellement
MessageSujet: L'heure est aux compromis [PV Roderik]   Dim 3 Sep 2017 - 19:32



L'heure est aux compromis. Roderik & Isaline A force de ressasser les diverses possibilités qui pourraient servir mon suzerain. Je ne parviens pas à voir le résultat de ce puzzle dont je déplace sans cesse les pièces. Tout est bien trop flou ou trop limpide. Je ne comprends pas pourquoi Bolton tient tant à s’acharner comme ça alors que nous devrions être tous unis derrière Stark. Certes il n’aurait jamais dû épouser cette Targaryen. Bien que cette union ait eu ou aurait dû avoir un impact politique sur les sept couronnes.
Je ne me vois pas débarquer à Fort Terreur la bouche en cœur en minaudant pour enfin mettre les pieds dans le plat. C’est pourtant ce qu’il faudrait faire. Imaginez si j’avais le moindre espoir de faire naitre une toute petite étincelle de réflexion dans l’esprit de Bolton. Cela ne pourrait que servir mes projets…mon suzerain.

Cet été n’en finit pas. Il faut si chaud. Les requêtes diverses que Maestre Edmon me soumet au fil des jours, me donnent subitement une idée qui pourrait servir de prétexte à une rencontre avec Bolton. Lord Bolton est connu pour sa rigueur mais c’est un homme de valeurs et attaché à ces valeurs justement. Je pense que je pourrais appuyer sur cette corde sensible pour justifier ma venue auprès de lui. Peut-être que cette visite pourrait paraître comme déplacée. Une Dame se déplaçant chez un Lord, tous deux non mariés…vous imaginez les bruits de couloir. Cela fait longtemps que je n’ai pas croisé Lord Bolton mais dans mon souvenir, je n’ai pas gardé de lui l’image d’un homme déplaisant. Je veux dire physiquement déplaisant. Ce sont davantage les manières de l’homme qui me déplaisent et ses idées à l’encontre de notre suzerain.
Un regard dans mon miroir durant lequel, je fais rougir mes pommettes en les pinçant et en profite pour replacer le corset qui étreint ma taille. J’ai quelques atouts qui ne le laisseront pas peut-être pas insensible, sait-on jamais. J’ai la chance de posséder une tête bien faite avant un corps pas trop abîmé par les années. Je vais donc tenter la tête bien faite en premier lieu….nous verrons par la suite.

Je demande à Maestre Edmon d’envoyer un corbeau à Fort Terreur, adressé à Lord Bolton. Son étonnement se lit sur ses traits mais il ne me fait part d’aucun commentaire.
La réponse ne se fait pas attendre de la part de Lord Bolton. J’aurais donné n’importe quoi pour observer son visage à mesure de sa lecteur.
Je vous passe les formules de politesses mais mon corbeau évoquait principalement le fait que j’avais besoin de ses sages conseils pour rendre la justice sur mes terres. Une dame de ma qualité ne pouvant elle-même brandir une épée pour décapiter le condamné, je voulais savoir dans quelle mesure et comment je pouvais le faire par moi-même ?
Curieuse question, n’est-ce pas ? J’espère qu’elle suscitera un grand nombre d’interrogations sur ma personne.

Le voyage n’est pas aussi court que celui que j’ai pu emprunter pour Winterfell. Fort Terreur étant plus au Nord du Nord, je me console en m’imaginant qu’il y fera bien plus frais qu’à Cerwyn.
Les routes ne sont pas de tout repos et lorsque j’arrive, j’avoue que je serais ravie de pouvoir prendre mes aises et envie les petites gens de ne pas devoir porter les artifices d’une noble Dame. Dieu que ce corset est une torture. Je plains les soldats et leur armure après tout je me plains mais ces pauvres hommes ont bien pire sur les épaules.

Les deux petites marches de ma voiture déployées, je peux enfin fouler le sol de Fort Terreur.
Un sourire sur les lèvres, j’avance pour saluer comme il se doit Lord Bolton. Je note que Bolton et Stark ont un point commun : l’austérité. Ils devraient s’entendre, non ?

– Lord Bolton, je suis ravie de vous rencontrer. M’inclinais-je avec respect en baissant mon visage.

J’attends qu’il m’invite à me relever. Lorsqu’il le fait, je ne manque pas d’accrocher son regard tout en gardant mon sourire.


© Justayne

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Roderik Bolton
NORD
■ Localisation : Fort-Terreur
MessageSujet: Re: L'heure est aux compromis [PV Roderik]   Jeu 7 Sep 2017 - 10:09

L’Heure est aux Compromis









Fiché sur le chemin de ronde qui jouxtait le corps de garde principal de Fort-Terreur, Roderik Bolton regardait le convoi de la maison Cerwyn approcher au milieu de la campagne. De mémoire d’homme, on n’avait jamais vu de champs aussi verts que ceux entourant le fief de la maison Bolton, perché sur les hauteurs des rives de la Larmoyante. Après la guerre était venu l’Eté. Long, sec, impitoyable au Sud, il avait également durement frappé le Nord, peu habitué à devoir faire face à de tels épisodes de sécheresse. Les champs étaient encore vidés de la moisson imposée par les affrontements pour Winterfell au nom du Cruel. Et finalement, au Nord comme au Sud, la famine menaçait. Alors qu’on aurait dû crouler sous les récoltes, et stocker, stocker, stocker avec avidité en attendant la fin des beaux jours et le retour de l’Hiver. En lieu et place de cela, on vidait les greniers pour pouvoir nourrir les petites gens. La mine soucieuse, Rorderik pensait à la devise des Stark de Wnterfell, les suzerains du Nord : L’Hiver vient. L’Hiver venait toujours. Et si l’Eté était déjà une source de problèmes, lorsqu’il toucherait à sa fin, on le regretterait. Et pourtant, le soleil, fiché dans un ciel bleu quasiment uniforme, ne semblait pas vouloir céder la place. Certains endroits du Nord, proche de sources d’eau pure, ressemblaient désormais à ce que l’on pouvait trouver dans le Conflans tant la verdure semblait puiser sa force des rayons solaires. A l’intérieur des terres, par contre, les étendues herbeuses de la lande commençaient à jaunir, signe évident du malaise général des végétaux.

La petite troupe brandissant fièrement la bannière à la hache grise s’approchait de plus en plus, on distinguait désormais le détail des chevaux et de ceux qui les montaient, escortant un petit attelage élégant. La maison Cerwyn était l’un des puissants vassaux du Nord, dont le fief se situait juste au Sud de Winterfell. Leur proximité avec les suzerains de la région n’était d’ailleurs pas simplement géographique. Même leurs armoiries s’inspiraient de celles des Stark, reprenant ce fond blanc comme la neige de l’Hiver. Roderik se rappelait de la guerre : elle n’avait pas épargné les Cerwyn, loin de là. Il se souvenait de la bataille des 200 épaves, alors qu’il était en charge de la flotte du Nord, principalement fournie par les Manderly. Trente galères, venant renforcer la flotte loyaliste des Celtigar, au Nord de la Baie de la Néra. Les rebelles avaient assemblé une flotte pratiquement deux fois supérieure et la bataille ne s’était guère annoncée en faveur des loyalistes. Finalement, cela avait été une victoire sans issue : le feu-dragon avait balayé les deux flottes sans épargner personne. Pratiquement aucune galère des Manderly n’était rentrée à Blancport. Ethan Cerwyn, héritier de la maison, faisait alors partie du lot des disparus. Et quelques mois plus tard, c’était le tour du seigneur lui-même, Redwyn et de son dernier fils, Byron. Depuis, le futur de la maison reposait sur les épaules de celle que tout le Nord surnommait comme étant la Veuve Noire. Il fallait dire que les noms associés à la jeune femme étaient nombreux : Reed, Corbois, Whitehill… Et pourtant, il s’agissait désormais de l’un des partis les plus intéressants du Nord, désormais : car qui épousait la Veuve mettrait la main sur Castel-Cerwyn, ses vastes terres et levées seigneuriales. Alors oui, quand Roderik Bolton, lui-même veuf, et dont le fils héritier n’était toujours pas marié, il n’avait guère hésité à accepter la venue de la Veuve Cerwyn à Fort-Terreur.

Et désormais, son convoi s’apprêtait à passer la grande porte du château depuis lequel régnaient les Bolton, anciens Rois Rouges. Le Sire de Fort-Terreur descendit tranquillement des remparts pour aller s’installer dans la cour. Podrik, son fils héritier, attendait déjà là avec le commandant de la garde Bolton. Edrik, son cadet, qui s’était occupée des troupes de Fort-Terreur, avait désormais quitté le fief familial pour aller fonder sa propre famille, à Karhold, après son mariage avec la Lady de la maison Lyra Karstark, dernière représentante des Soleils de l’Hiver. Seul bémol, il avait fallu négocier un mariage matrilinéaire, et les enfants d’Edrik seraient des Karstark de nom. Ils resteraient toutefois des Bolton de cœur, Edrik et Roderik y veilleraient. La présence de l’héritier de Fort-Terreur, quant à elle, n’était pas anodine, il était le prétexte à la venue de la jeune femme sur les terres des Bolton.

Les relations entre Podrik et Roderik n’avaient pas toujours été simples. A la différence de son cadet, l’héritier de Fort-Terreur ne partageait pas l’animosité familiale pour les Stark. Il n’était pas un grand combattant et considérait qu’il serait plus bénéfique pour les Bolton de soutenir les Loups de Winterfell que de s’opposer à eux. Roderik avait longtemps pensé que son véritable héritier était Edrik. Toutefois, avec la guerre, il avait confié la gestion de Fort-Terreur à Podrik qui l’avait agréablement, surpris par ses talents d’intendant. Le mariage matrilinéaire d’Edrik avec Lyra Karstark avait enterré d’éventuels projets de demander à Podrik de prendre le Noir pour laisser son cadet hériter et perpétuer la tradition Bolton selon ce que Roderik en voulait. Depuis lors, les relations s’étaient stabilisées. Pour cette rencontre, Podrik serait présent mais resterait probablement silencieux, il n’était pas du genre à s’épancher en effusions, tel un vrai Nordien.

Lorsque la voiture s’immobilisa devant eux, les personnes autour se mobilisèrent pour préparer la sortie de la Dame de Castel-Cerwyn, l’un ouvrait la porte, l’autre déployant une volée de petites marches en bois. Et elle apparut dans la cour baignée de ce soleil estival. Elle était empreinte d’une élégance certaine, et son port-altier rappelait sa noblesse évidente. Les Cerwyn étaient une ancienne maison, un ancien sang du Nord. Rien de plus normal, ils ne ployaient pas devant tout le monde. Et pourtant, Isaline Cerwyn ploya avec respect devant le seigneur de Fort-Terreur qui s’avança d’un pas pour lui saisir une main pour y déposer un simulacre de baiser selon les règles du baisemain.

« Lord Bolton, je suis ravie de rencontrer. »

Ce faisant, Roderik lui adressa un rapide sourire sobre. On était dans le Nord, loin des techniques sophistiquées de Cour de Port-Réal. Et Roderik avait pour lui l’austérité propre à tout bon Nordien. Il répondit tout en désignant son fils aîné.

« Dame Cerwyn, tout le plaisir est miens. Soyez la bienvenue à Fort-Terreur. Je vous présente mon fils aîné, Podrik, intendant des terres Bolton. »

Celui-ci s’inclina avec respect devant la femme tout juste arrivée. Il semblait légèrement impressionné par l’arrivée d’une Dame de ce rang à Fort-Terreur. Les visites de courtoisie étaient rares dans l’antre de l’Ecorcheur. Lui-même n’avait pratiquement jamais quitté le fief familial.

« Ma Dame, c’est un honneur de vous rencontrer. »

Les présentations ainsi achevées, Roderik offrit son bras à la jeune femme par pure politesse et ils se dirigèrent vers l’intérieur. A l’image du Nord, Fort-Terreur était austère. Les Bolton étaient puissants mais pas spécialement riches. Il n’y avait pas de fioritures à l’intérieur, tout était à sa place, mais rien n’était de trop. Les décorations étaient sobres, quelques tapisseries, quelques tapis dans sales intimes, des trophées de chasses – beaucoup de loups – ainsi que quelques bannières prises à l’ennemi. On murmurait que se trouvait quelque part une pièce plus ou moins secrète dans laquelle reposaient les trophées de peau que les Sires Rouges avaient fait tout au long de l’Histoire, comme cette fameuse tente en peau de natifs des Iles Sœurs qu’avait faite Belthasar Bolton, seigneur de l’époque, lors de la guerre millénaire que s’étaient livrés le Val et le Nord pour l’archipel désormais sous la tutelle des Sunderland, vassaux des Eryés.

Ils arrivèrent dans le bureau de Roderik, cette petite pièce plutôt intimiste dans laquelle brûlait d’ordinaire un grand feu de bois. Aujourd’hui, les deux fenêtres étaient ouvertes pour laisser la brise d’été envahir les lieux de sa fraîcheur. Les senteurs des pins et des eucalyptus des forêts proches étaient amenées jusque dans la pièce. C’était l’endroit le mieux agrémenté de tout le château, et le plus propice à discuter avec une Dame du rang d’Isaline. Un seigneur l’aurait visité, Roderik lui aurait probablement proposé une partie de chasse. Mais Isaline Cerwyn était une femme, et le Sire Rouge avait jugé meilleur de la recevoir dans son bureau. Une grande et riche bannière Bolton était suspendue à un mur, c’était celle qui accompagnait le seigneur de Fort-Terreur à chaque sortie, plus écarlate que les autres, plus colorée, plus intense, elle était faite en coton du Nord mais la teinture avait été importée de Braavos à grands frais, lui donnant une couleur bien plus renforcée que les bannières que l’on utilisait un peu partout dans les territoires Bolton. Roderik désigna deux fauteuils qui faisaient face à l’imposant bureau. Il laissa Isaline s’y installer et s’assit lui-même dans l’autre, marquant ainsi le fait qu’il la considérait comme son égal, et que leur rencontre n’avait rien de formel.

« Dame Cerwyn, je dois vous avouer que je suis fort aise de votre venue. Nous n’avons pas souvent des invités de votre rang à Fort-Terreur. J’espère que vous avez fait bon voyage. Souhaitez-vous un rafraîchissement ? »




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Isaline Cerwyn
NORD
■ Localisation : Castle Cerwyn actuellement
MessageSujet: Re: L'heure est aux compromis [PV Roderik]   Dim 10 Sep 2017 - 21:54



L'heure est aux compromis. Roderik & Isaline Je pense et j’espère que Lord Roderik ne sera pas insensible au respect que je lui montre en le saluant de la sorte. Pour dompter un fauve, ne faut-il le caresser, dans un premier temps, dans le sens du poil. Je n’irais pas jusqu’à dire que Lord Roderik est un bête sauvage mais un indompté c’est certain. Quoique le terme est sans nul doute un peu fort. Je le considère davantage comme une brebis égarée de son troupeau. Un troupeau gardé par le plus noble des canidés qu’il soit. Un loup, c’est évident. Lorsque j’ai face à moi Lord Roderik, j’avoue que l’image de la brebis n’est pas non plus celle qui conviendrait le mieux pour le qualifier. L’homme est certes austère mais il se dégage prestance, force et grandeur de sa personne. Je vois le combattant autant que l’homme d’honneur et de valeurs, attaché à ses traditions. Un Nordien fier de l’être, tout comme je le suis également, fière d’appartenir au Nord et d’être la dernière représente de la maison Cerwyn, avec Janna, ma jeune sœur.

Mes doigts fins dans les siens marqués par ses activités guerrières ou que sais-je, contrastent lorsque je me redresse sous l’impulsion de sa main. J’ai toujours regretté que le baisemain ne soit que volatile. Baiser à peine soufflé, qu’il se trouve déjà orphelin, jeté à la merci d’une brise légère sans pouvoir venir se poser sur la peau délicate d’une noble main. Mhm oui je trouve cela fort dommage de ne pouvoir sentir les lèvres d’un homme sur ma peau. Quel dommage de devoir vivre dans le respect d’un protocole alors que je n’aspire qu’à vivre dans la passion. Mais je m’emporte, revenons à notre cher ami Roderik car j’entends bien le devenir. Enfin l’idée qu’il puisse l’être un jour ne me déplait pas mais n’allons donc pas vendre la peau de l’ours avant qu’il ne soit tué, n’est-ce pas ?

Mon regard suit, presque mélancoliquement, le baiser qui s’éloigne. Il faut croire que le veuvage me pèse plus que je ne l’imagine.
Je balaie d’un regard neutre le jeune Bolton, le salue d’un simple sourire pour marquer la différence entre père et fils. Il est sans aucun doute l’héritier de Fort-Terreur mais Roderik en reste encore le seigneur et le décideur, ce qui le plonge incontestablement au centre de mes attentions.
Toutefois, en posant mon regard sur le jeune Bolton, je ne sais pourquoi, je perçois celui de Janna. Quelle idée saugrenue car une union entre nos deux maisons serait préjudiciable pour l’une et l’autre. Cerwyn n’ayant pas de mâle héritier, notre nom tomberait dans les limbes et ça, je ne pourrais m’y ressoudre. Tout comme j’imagine que Roderik ne pourrait entrevoir une telle union et perdre le nom des Bolton au détriment d’un autre.
Encore un regret que j’exprimerais volontiers en soupirant mais que je garde silencieux car il ne serait être compris par mes deux compagnons.
Poderik aurait été tout à fait au goût de Janna. Ma petite sœur, toute tornade qu’elle est, me ressemble beaucoup en matière de choix masculins.

– Voilà une bien lourde mais intéressante charge, qui doit sûrement rendre votre père, fier de vous. Poderik. Peut-être un peu familier mais au diable les étiquettes, il est parfois bon de savoir réduire les distances. Les gens ont si souvent une image trompeuse me concernant. Inabordable et froide. J’avoue que cela me rend service pour me dérober. Mais je ne veux pas laisser à ce jeune homme une image glaciale et rajouter à sa timidité charmante un mauvais souvenir. Quoiqu’un peu de fraicheur ne serait pas de trop avec cet été bien long.

Un sourire poli pour le remercier pour le bras qu’il me tend, nous voilà parti pour les locaux. Il y a beaucoup de rumeurs qui courent sur Fort Terreur. Je sais que la maison Bolton est à l’opposé de ce que pourrait être une maison bieffoise. Un léger regard en coin, sur Roderik, me fait m’interroger sur cette histoire de droit de cuisage. Est-ce que Roderik, très conservateur, l’a conservé et en a lui-même bénéficier ?
Une rumeur parmi d’autres, je m’étais déjà préparée à voir un écorché vif à l’entrée de Fort Terreur annonçant déjà la couleur des propriétaires. Le rouge à l’image de leurs bannières. C’est une couleur que j’affectionne mais par pour ce qu’elle représente pour cette famille. Je ne suis fragile, ni impressionnable de nature mais je n’apprécie pas particulièrement le sang…pour l’avoir trop vu s’étendre sur les miens et mes gens.
Pas d’écorché vif mais des têtes de loup parmi d’autres trophées de chasse. Je pince mes lèvres, tentant d’oublier la symbolique…impossible, mais je garde, pour moi, pour l’instant cette comparaison trop simple. Pourquoi provoquer Roderik alors que je viens pour l’adoucir ?
Parvenus jusqu’à son bureau, je ne peux ignorer la pièce maitresse de celui-ci. La bannière éclatante de la Maison Bolton. Je lève les yeux sur celle-ci pour m’exprimer ensuite.

– C’est un travail remarquable, les couleurs sont d’une telle intensité qu’on l’imagine tout juste sortie d’une manufacture.

Je prends place dans l’un des fauteuils désignés, celui qui donne face aux fenêtres pour profiter de la brise qui vient s’y perdre de temps en temps. En face de moi, Roderik. Je suis ravie qu’il n’ait pas pris position derrière son bureau. Son geste signifie pour moi qu’il tient à se montrer ouvert à la discussion. Reste à savoir jusqu’où ira son ouverture d’esprit…Mais ne commençons pas tout de suite les sujets qui fâchent d’autant que Roderik est plutôt bel homme et je ne voudrais pas me priver de sa bonne composition immédiatement. Veuf également, ça laisse moulte possibilité, non ?

– Je ne vous cache pas que je ne suis pas aussi bien habituée aux voyages que vous pouvez l’être Lord Bolton. Je me penche un peu vers lui pour appuyer ma requête, bien futile peut-être. Appelez-moi, Lady Isaline ou Isaline…cassons le temps de cette discussion les usages de cet ordre. Je ne m’en froisserais pas Roderik mais si cela vous tient à cœur, car je vous sais très attaché aux traditions, je le comprendrais. Je me redresse pour caler mon dos contre le fauteuil. Toujours un sourire aux lèvres qui se veut charmeur et poli mais en aucun cas insistant. Quant aux visites rares, croyez-moi que j’aimerais les rendre plus régulières si cela n’en faisait pas des gorges chaudes. Vous comme moi savons ce que les rumeurs peuvent engendrer comme problèmes. Je pense à ses peaux d’écorchés qu’il serait digne d’un musée des horreurs. Je prendrais volontiers un peu de vin. Laissant vagabonder mon regard vers la fenêtre, je reviens sur le visage de Roderik. Dites-moi, Roderik, quel conseil donneriez-vous à une Dame qui doit rendre justice sur ses terres comme elle ne peut lever l’épée elle-même pour conserver la tradition …je me demande si l’impact sera le même que de faire exécuter la sentence par un tiers ?

L’argument prétexte à ma visite était lancé. Dois-je engager mes autres questions ? Quel dilemme…pour une fois dans ma vie je doute de ma réussite dans mes projets. Prise dans la réflexion, j’en mords ma lèvre sans le quitter des yeux, attendant avec impatience sa réponse avant de jeter : et si vous renouvelez votre serment à notre suzerain ?
Alors je ne sais pas pourquoi je lance ceci :

– Votre veuvage n’est-il pas lourd à porter ? L’art de passer du coq à l’âne, je crois que j’en détiens le prix de l’excellence. Pardonnez-moi je ne sais pas pourquoi j’aborde ce sujet…le voyage sans doute. Oui on va dire que c’est le voyage qui a été éprouvant.

©️ Justayne

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Roderik Bolton
NORD
■ Localisation : Fort-Terreur
MessageSujet: Re: L'heure est aux compromis [PV Roderik]   Sam 16 Sep 2017 - 22:25

L’Heure est aux Compromis









Isaline Cerwyn se mouvait avec élégance dans les couloirs de Fort-Terreur. On aurait dit qu’elle était presque née sur place. Peu de personnes entraient à Fort-Terreur de leur plein gré, et la plupart de ceux qui visitaient l’endroit n’étaient pas à leur aise dans la forteresse des écorcheurs. Les plus sinistres histoires courraient sur la maison des Bolton. Le pire ? La plupart était vraie. Pas impressionnée pour un sou, Isaline s’approchait de la grande bannière de prestige des Bolton. Elle n’en avait même pas peur, c’était surprenant. Peut-être tenait-il dans cette pièce une future alliée ? Ou plus ?

« C’est un travail remarquable, les couleurs sont d’une telle intensité qu’on l’imagine tout juste sortie d’une manufacture. »

Roderik laissa poindre un léger sourire de satisfaction : au prix qu’elle avait coûté, elle avait intérêt à être de bonne facture. Installés côte à côte dans les fauteuils, ils pouvaient commencer sans plus tarder leur discussion. Isaline ne venait pas simplement parler récolte et pesée des grains. Toutefois, Roderik n’était pas un grand intrigant. Il avait certes ses plans, mais ceux-là étaient simples : rayer les Stark du paysage politique du Nord, rendre sa grandeur à la maison Bolton, protéger le Nord et ses coutumes. Qu’importe ce que pouvaient en dire les hérétiques et les apostats. Roderik n’était pas là pour tenter de sauver le plus grand nombre. Il était sur cette terre avec un but bien précis. Et celui-ci ne nécessitait pas de grands plans machiavéliques. Assis dans le fauteuil, renfoncé contre le dossier confortable de cuir, il patientait tranquillement, attendant la suite, les mains croisées sur ses cuisses, fixant la Dame d’un regard sans concession.

« Je ne vous cache pas que je ne suis pas aussi bien habituée aux voyages que vous pouvez l’être Lord Bolton. »

Elle se pencha avec élégance vers lui, ravivant certaines sensations que le Sire Ecorcheur pensait avoir laissé derrière lui depuis un long moment. Se pouvait-il, après tout ce temps, qu’il fût encore en mesure de savoir faire la cour à une dame d’une grande maison nordienne ? Isaline Cerwyn avait en tout cas une voix agréable, légèrement chantante, qui témoignait de sa noble éducation. De manière assez surprenante, y compris pour Roderik, le moment était assez agréable car Fort-Terreur ne ressemblait en rien à la sinistre place-forte que tous décrivaient avec force de fantasmes et de détails aussi faux qu’horrifiques. Avec l’Eté et le soleil brillant haut et clair, le bois sacré, situé en contrebas de la fenêtre du bureau, embaumait les senteurs claires des pins qui jouxtaient le grand barral. La petite brise qui s’engouffrait par l’ouverture dans l’épais mur de pierre grise était chargée de senteurs campagnardes et des effluves du lieux sacré, tandis que la température était ainsi parfaitement régulée.

« Appelez-moi, Lady Isaline ou Isaline…cassons le temps de cette discussion les usages de cet ordre. Je ne m’en froisserais pas Roderik mais si cela vous tient à cœur, car je vous sais très attaché aux traditions, je le comprendrais.»

Elle brisa la proximité qu’elle avait instauré quelques instants plus tôt, revenant à sa position initiale, le dos bien calé contre le dossier du fauteuil. Chose rare, ce n’était un secret pour personne, un léger sourire sincère vint faire son apparition sur le visage du Bolton. Il était un Nordien, un vrai. Il était austère et effectivement, attaché aux traditions de son pays. Ceci dit, il n’était pas non plus contre un peu de considération amicale, quand bien même cela se cantonnait à appeler une paire par son prénom et non pas par son titre.

« Quant aux visites rares, croyez-moi que j’aimerais les rendre plus régulières si cela n’en faisait pas des gorges chaudes. Vous comme moi savons ce que les rumeurs peuvent engendrer comme problèmes. »

Roderik resta silencieux, sondant calmement le regard de son interlocutrice. Il comprenait le résonnement, mais était bien au-delà de ça. Les gens jasaient depuis des siècles sur les Bolton, il n’était pas un ragot près.

« Je prendrais volontiers un peu de vin. »

Le Bolton se leva de bonne grâce. Il avait proposé en toute politesse, comme il gardait quelques bouteilles dans un cabinet de son bureau. On était cependant loin de la profusion qu’on pouvait voir dans le Sud. Ici, au Nord, le choix était plus restreint, alors que l’on préférait la bière dont des barils entiers patientaient sagement au cellier de Fort-Terreur. Il sortit une bouteille d’hydromel. Il avait bien du La Treille auré, une vieille bouteille couverte de poussière, mais ne jugeait pas l’occasion digne de l’ouvrir. Cette bouteille était dans le placard depuis un long moment, avant même la naissance de Roderik, s’il en croyait l’inscription qui y avait été apportée par le maître verrier des Redwyne. Il attrapa deux gobelets de cuivre et servit l’hydromel local : une boisson forte, chaude et brute ; en somme, digne du Nord. Ceci fait, le verre tendu à Isaline, il s’installa de nouveau à sa place.

« Dites-moi, Roderik, quel conseil donneriez-vous à une Dame qui doit rendre justice sur ses terres comme elle ne peut lever l’épée elle-même pour conserver la tradition …je me demande si l’impact sera le même que de faire exécuter la sentence par un tiers ? »

Roderik resta un moment silencieux, la bouche légèrement entrouverte, comme surpris d’une telle demande. Ce qu’il en pensait ? La tradition était dans les faits déjà mise à mal par la simple stature qu’avait pris Isaline au sien de sa maison. Cela dit, la terrible moisson opérée par la guerre sur les nobles maisons du Nord avait laissé des traces. Le cas des Cerwyn n’était pas isolée, alors que le Soleil de l’Hiver, les Karstark, avaient eux aussi eu à faire face à ce problème dynastique sans précédent. Finalement, il lui donna son avis.

« La tradition est déjà mise à mal, Isaline. Pourtant, il faut bien que chacun fasse ce qui est nécessaire pour protéger son sang et son nom. L’impact ne sera pas le même. Les Stark commis de nombreux impairs, tout au long de leur règne, mais certains répétaient cette phrase qui me semble opportune : celui qui prononce la sentence doit l’appliquer. Pour moi, cela ne change absolument rien si ce n’est pas celui mais ‘’celle qui prononce la sentence’’. Vous êtes la Dame Cerwyn, Isaline. Homme ou femme, qu’importe. Vous avez le devoir de brandir haut et fier vos armes et vos traditions. Aiguisé et prêt. Comme doit l’être la lame de la Justice de la Dame de Castel-Cerwyn.»

Il pensait chaque mot qu’il venait de prononcer. Il n’y avait pas de danger ou d’intérêt à dissimuler quoique ce soit durant cette rencontre. Légèrement troublé par ce regard braqué droit sur lui et cette lèvre mordillée, Roderik ne fut qu’encore plus perdu lorsque la noble dame enchaîna sur un sujet complètement différent.

« Votre veuvage n’est-il pas lourd à porter ? »

Roderik se redressa légèrement, les sourcils froncés. C’était particulièrement inconvenant. Et intéressant. Il se détendit. S’agissait-il d’une approche peu subtile d’une femme en manque d’étreinte masculine ? D’une tentative de l’envoûter pour mieux l’amener sur des discussions où leurs désaccords seraient peut-être éclatants ? Ou simplement un jeu de séduction ? Ou encore plus simplement, un immense manque de tact ?

« Pardonnez-moi je ne sais pas pourquoi j’aborde ce sujet…le voyage sans doute.
»

Roderik jeta un regard à Isaline avec un très fin sourire en coin, l’air absolument pas convaincu. Lyra, son épouse, était morte des années auparavant. Elle lui avait donné ses deux fils dont il était fier, mais n’avait jamais marqué Fort-Terreur de son image ou de sa présence. Il n’y avait jamais vraiment eu d’amour entre eux. Une idylle et une passion charnelle dans les premiers instants de leur mariage, mais bien vite, la routine et l’indifférence s’étaient installées. Désormais, elle reposait dans la petite crypte de Fort-Terreur. Il regarda la Cerwyn avec un regard aussi éteint que la réputation de son château, un regard gris, à peine chargé en émotions.

« Le veuvage fait partie de mon existence depuis un moment… Isaline. »

Il se pencha lentement vers elle, après tout, pourquoi ne pas jouer au même jeu qu’elle ? Qui a dit que le monopole de la chair appartenait aux femmes ?

« Il est difficile de voir la femme avec laquelle on a été unie devant les dieux disparaître pour aller vers un monde meilleur. Je veux croire qu’elle y est heureuse

Aventureux mais convenable, il déposa une main puissante sur l’accoudoir du fauteuil de la Cerwyn.

« Et pour vous-mêmes ? J’ai entendu d’ignobles mensonges colportés sur vos veuvages, Isaline. J’ose espérer que cela n’a pas été trop pénible à endurer…. »

Il attendait surtout la suite…

Finissons de jouer, finissons de feinter ! Dévoile-toi, explique donc la raison de tavenue !




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Isaline Cerwyn
NORD
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MessageSujet: Re: L'heure est aux compromis [PV Roderik]   Sam 28 Oct 2017 - 23:09



L'heure est aux compromis. Roderik & Isaline L’art de ne pas avoir l’air d’y toucher devrait être enseigné, vous ne trouvez pas ? Non je suis complètement d’accord, cela ne s’apprend pas. On le possède ou on ne possède pas cette fibre, pseudo diplomatique, d’emballer ses intentions principales pour mieux les faire passer. C’est ce que je m’efforce de réaliser avec Roderik Bolton. Pourtant douée dans la manipulation, j’avoue qu’en sa présence je perds peu à peu de mon assurance. Je ne saurais dire si c’est l’homme, le lieu ou la teneur de mes intentions véritables mais c’est bien la première fois que je doute de ma réussite. Enfin, tout n’est peut-être pas perdu et si je parvenais, ne serait-ce que planter l’idée de renouveler son allégeance au Stark, je serais satisfaite de mon périple.

Je venais d’abattre deux cartes. La toute première concernait les usages incombant à l’autorité d’une maison. La mienne, bien évidemment. Il me fallait rendre justice. Asseoir mon autorité et ma position en tant que Dame de Castel Cerwyn. Ma difficulté n’était pas de faire tomber la sentence mais plutôt comment la faire appliquer. Il ne s’agissait pas de brandir un simple couperet pour trancher le cou d’un poulet mais une épée pour séparer la tête du corps d’un homme. Même avec la meilleure des volontés, je ne me voyais pas en soulever une pour l’abattre derrière une nuque. Quoique la lever encore, je présume que cela reste dans mes cordes mais je doute que je puisse faire tomber une tête en un seul et unique coup. Je ne suis pas cruelle, et encore bouchère, même si je suis capable de condamner à mort. Le pouvoir a un prix parfois bien élevé si l’on souhaite faire front à toutes les attaques.

Laissant à Roderik, le temps de peser mes mots, je trempe mes lèvres dans mon verre. Ma foi, l’hydromel est bien venu et c’est une boisson dont j’apprécie le goût de mile qu’elle laisse en bouche. J’aime le miel, il m’évoque des jours heureux. Mon regard se porte au-dessus de l’épaule de Roderik, vers cette fenêtre ouverte où s’invite parfums et brise aussi légère qu’une caresse. Ma poitrine se soulève en inspirant les senteurs des pins. Une autre gorgée désaltère ma gorge quand je reviens accrocher le regard du lord.
Je ne manque pas relever un sourcil lorsqu’il évoque que déjà le simple fait, qu’une Dame soit à la tête d’une maison, contrarie déjà les traditions. C’est dit avec élégance tout comme cette petite subtilité à l’adresse des Stark. Je bois à nouveau avant de me lancer à lui répondre.

– Disons que ma difficulté n’est pas de soulever l’épée de la justice mais celle d’exécuter celui que je condamne…je n’ai pas la dextérité d’un bourreau et ne tiens en aucun cas à faire souffrir en autant la vie. Là, sont ma crainte et ma difficulté, Roderik. J’attends le moment propice pour lire sa réaction après ce que je vais rajouter. L’homme m’intrigue et je souhaite voir s’il était capable de déroger à quelques-uns de ses principes. M’apprendriez-vous Roderik….à trancher une tête ? Ou me conseillerez-vous d’opter pour la pendaison ? Je lui offre un léger sourire en flirtant du bout de mes lèvres, sur le bord de ma coupe. …croyez-moi, Roderik. Ma justice et bien d’autres points sont forts bien aiguisés et prêts.

D’ailleurs est-ce ces autres points qui me font glisser vers cette seconde carte. Son veuvage. Et pourquoi ne pas lui avoir demandé en même temps cette question qui m’a brûlé la langue tout à l’heure au sujet des traditions et du droit de cuisage. Je crois que cela n’aura pas été pire que cette soudaine froideur au fond de son regard. Aurais-je franchi une limite que je n’aurais pas dû ? Ou ai-je piqué un peu plus sa curiosité ? L’in-expression de ses traits ne m’aide pas à le déchiffrer. Toutefois je ne baisse pas le regard. Oh n’y voyez pas de l’irrespect mais je suis Dame Cerwyn et j’assume parfaitement mes propos. Cela a toujours été depuis que je fus autorisée à donner mon avis. Ce qui n’arriva pas souvent je dois dire quand Lord Cerwyn et mes frères étaient encore de ce monde.

Je ne m’enfonce pas dans mon siège lorsqu’il se penche vers moi. Que pourrait-il bien me faire pour cette question hors contexte ? Cela je ne tardai pas à le savoir par ce petit coup de griffe bien mérité. Si son visage reste figé, ce n’est pas mon cas. Mon regard scintille tandis que mes lèvres lui offrent un sourire amusé parce qu’il se fait l’échos de rumeurs. Mon regard se pose quelques secondes sur sa main accrochée à l’accoudoir. L’espace d’un instant je me mets à imaginer l’homme qu’il pouvait être dans l’intimité d’une chambre. Egal à l’image qu’il doit donner de lui à l’extérieur. Conquérant et déterminé…toutefois j’espère que les traditions n’ont pas leurs places sous des draps. L’ont-elles, pensez-vous ?! Peut-être devrais-je le vérifier par moi-même.

Ne me laissant pas intimider, bien que je doute son intention, ma main se pose sur ce bras qu’il a tendu vers l’accoudoir. Tout en l’attrapant, je me relève et l’entraine à ma suite, par la même occasion, provoquant une proximité bien plus inconvenante mais tellement plus amusante, juste pour en constater les réactions. Cela ne dure pas longtemps, à peine le temps qu’il me faut pour déposer la coupe sur son bureau puis je m’écarte de lui pour me rendre à sa fenêtre. De là, j’aperçois le magnifique Barral.

– Je ne vous imaginais pas tendre l’oreille aux vilaines rumeurs, Roderik. Je me place dos à la fenêtre. Croit-il me blesser ? …peut-être mais je ne lui laisserais pas le voir. Que voulez-vous les hommes sont bien plus fragiles qu’il n’y parait. Chasses, joutes et guerres. Des ingrédients qui ne semblent ne pas leur réussir. Ou peut-être simplement que je les usais de la plus douce des manières. Provoquais-je en avançant vers lui. …mais je vous envie Roderik. Avouais-je. Votre union vous a offert deux fils…je n’ai pas eu cette chance…à mon grand regret.

Ce sera la seule faille d’émotion que je ne parviens pas à garder pour moi-même avant de reprendre le masque de mes intentions. Je reviens prendre place dans mon siège, croise les jambes avec élégance et surtout pour lui montrer que je suis parfaitement à l’aise.

– Même si j’ai plaisir à vous rendre visite, Roderik. Je ne viens pas uniquement pour requérir vos conseils. Bien que ma requête soit toujours valable. Je m’assure de toute son attention avant de continuer. Je sais que ce que le Nord représente à vos yeux car j’ai les mêmes ambitions. Je rêve d’indépendance et de liberté pour lui…mais pour que le Nord parvienne un jour à cet ultime ascension. Nous devons nous unir. TOUS nous unir, Roderik. Avant que vous ne brandissiez le poing de la colère, laissez-moi finir. J’écoute également les rumeurs de mon côté, celles-ci sont calomnieuses à votre égard et je ne veux pas croire que la maison Bolton n’ait pas conscience de l’importance de cette union pour un Nord fort et puissant. Je marque une pause. J’aimerais que vous revoyez votre position, Roderik….que vous renouveliez votre allégeance à notre suzerain….aux Stark. Le pavé était jeté dans la marre. Je suis prête à trouver un terrain d’entente quel qu’il soit mais sachez que ma démarche est totalement personnel et que je ne suis pas l’émissaire de Jorah Stark.

Est-ce ma dernière carte ? Peut-être pas et il ne vaudrait mieux pas. Roderik n’est pas de ceux qui renoncent en quelques minutes de bavardages.


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Roderik Bolton
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MessageSujet: Re: L'heure est aux compromis [PV Roderik]   Jeu 9 Nov 2017 - 23:03

L’Heure est aux Compromis










« Disons que ma difficulté n’est pas de soulever l’épée de la justice mais celle d’exécuter celui que je condamne…je n’ai pas la dextérité d’un bourreau et ne tiens en aucun cas à faire souffrir en autant la vie. Là, sont ma crainte et ma difficulté, Roderik. »

Roderik coula un regard surpris vers la Cerwyn. Effectivement, il n’avait jamais tourné le problème dans ce sens particulier. En son for intérieur, il considérait qu’il ne relevait pas de la place d’une femme que de gérer un domaine seigneurial et d’y commander ; mais ce n’était pas ainsi que fonctionnait le monde. Les impératifs légaux, où il était question de ligne de succession et d’héritage, de pérennisation de la dynastie et de sauvegarder un nom avaient cours au Nord comme au Sud. Les seigneurs nordiens n’étaient pas moins sensible à ces thématiques que leurs riches semblables des Terres de l’Ouest ou du Bief. Et s’il fallait parfois qu’une femme en vienne à hériter de la charge effective de seigneur et du pouvoir qui y était rattaché, ainsi en allait la vie. Dans la hiérarchie des convenances du Bolton, mieux valait encore une femme noble qu’un homme arriviste récupérant le fief d’une grande famille. Il eut une pensée pour son fils cadet. Il avait dû accepter ce mariage matrilinéaire qui garantirait sans doute au nom des Karstark de subsister, mais en attendant, Karhold était tombé dans l’escarcelle de Fort-Terreur.

« M’apprendriez-vous Roderik….à trancher une tête ? Ou me conseillerez-vous d’opter pour la pendaison ? »

La question avait le mérite de surprendre. On ne s’attendait pas à entrer sur un tel sujet de discussion avec une si grande dame au nom si noble. Les Cerwyn étaient une institution au Nord. S’il n’avait aucun problème à savoir couper une tête, il était autrement inédit de l’apprendre à quelqu’un, encore plus à une femme. Un sourire charmeur apparut derrière la coupe. La Cerwyn était visiblement en chasse. Et pourquoi pas, après tout ?

« …croyez-moi, Roderik. Ma justice et bien d’autres points sont forts bien aiguisés et prêts. »

Il aurait fallu être stupide pour ne pas voir le sous-entendu, l’invitation latente, et le ton lascif. Que diable voulait-elle ? Avait-elle la simple intention de venir prendre du bon temps en compagnie d’un égal ? C’était pour le moins incroyable. On aurait pu être dans n’importe quel château de Westeros : deux nobles sangs anciens discutant ensemble des problèmes de seigneurs qui étaient les leurs. Mais non, on était pas dans n’importe quel château. On était ici à Fort-Terreur, sur les rives de la Blanchedague, le fief des Ecorcheurs, le siège des Rois Rouges. Cette femme était véritablement saisissante.

Saisissante, elle le fut encore plus lorsque, se relevant, elle attrapa son avant-bras pour se hisser sur ses pieds. Roderik pensait qu’il en serait tout mais elle exerça une légère pression sur son bras pour l’enjoindre à la suivre. Intrigué, il emboîta ses pas d’un air sceptique. Qu’était-ce encore que cela ? Si elle continuait à jouer, il allait lui montrer ce que c’était un homme, un vrai. Elle déposa son gobelet sur le secrétaire et se dirigea vers la fenêtre, laissant derrière elle un Roderik ne sachant que penser. Qu’attendait-elle ? Qu’il fasse le premier pas sans aucun doute.

« Je ne vous imaginais pas tendre l’oreille aux vilaines rumeurs, Roderik. Que voulez-vous les hommes sont bien plus fragiles qu’il n’y parait. Chasses, joutes et guerres. Des ingrédients qui ne semblent ne pas leur réussir. Ou peut-être simplement que je les usais de la plus douce des manière …mais je vous envie Roderik. Votre union vous a offert deux fils…je n’ai pas eu cette chance…à mon grand regret. »

L’espace d’un instant, la coquille de la Dame de Castel-Cerwyn sembla se fissurer. Se pouvait-il qu’elle regrette à ce point ? L’absence d’un héritier mâle dans la ligne actuelle des Cerwyn laissait présager le pire pour leur nom. Ce ne serait certainement pas la première famille à disparaître, mais Roderik n’aurait jamais cru voir cela un jour.

« Même si j’ai plaisir à vous rendre visite, Roderik. Je ne viens pas uniquement pour requérir vos conseils. Bien que ma requête soit toujours valable. Je sais que ce que le Nord représente à vos yeux car j’ai les mêmes ambitions. Je rêve d’indépendance et de liberté pour lui…mais pour que le Nord parvienne un jour à cet ultime ascension. Nous devons nous unir. TOUS nous unir, Roderik. Avant que vous ne brandissiez le poing de la colère, laissez-moi finir. J’écoute également les rumeurs de mon côté, celles-ci sont calomnieuses à votre égard et je ne veux pas croire que la maison Bolton n’ait pas conscience de l’importance de cette union pour un Nord fort et puissant. »

Elle marqua une pause bien heureuse pour un Roderik qui se voyait directement renvoyé aux problèmes politiques qui secouaient le Nord. Comment ne pas la voir venir. Elle venait prêcher l’unité du Nord pour mieux affronter les combats de demain. Or, le Bolton avait son propre agenda. Et celui-ci ne concernait personne. Pas même ses enfants. Oh non, les Ecorcheurs ne voulaient plus des grands discours grandiloquents. Roderik avait souffert de la guerre, son fils cadet aussi, ses terres étaient maintenant dépeuplées et il avait perdu à Harrenhall un père de substitution en la personne de Jeor Karstark. Pardonner, après tout ce gâchis, toutes ces pertes ? Jamais.

« J’aimerais que vous revoyez votre position, Roderik… que vous renouveliez votre allégeance à notre suzerain….aux Stark. Je suis prête à trouver un terrain d’entente quel qu’il soit mais sachez que ma démarche est totalement personnelle et que je ne suis pas l’émissaire de Jorah Stark. »

Le Sire Rouge adressa un regard peu amène à la Cerwyn. Comment la croire ? Elle servait exactement les intérêts du Loup de Winterfell. Quel était diable sa position ? Elle pouvait tout à fait venir démarcher le Bolton en toute sincérité, pleine de bonne foi. Qu’importait, en vérité. Elle avait raison : un Nord soudé serait très puissant, et dans des circonstances différentes, il aurait sans doute pu tenir tête au reste de Westeros. Mais aujourd’hui, Roderik ne pouvait s’y résoudre. Se ranger encore une fois derrière les Stark pour conforter leur pouvoir alors qu’ils avaient failli à tous leurs devoirs ? Elle s’était réinstallée dans son siège, le regardant tranquillement. Se rendait-elle compte de ce qu’elle lui demandait ? Se déplaçant derrière la Cerwyn, cherchant ses mots, il finit par déposer deux puissantes mains sur les épaules d’Isaline.

« Ma chère Isaline. Vous professez là de dangereuses paroles car vous n’êtes pas sans savoir que je ne retournerai pas à conciliation avec Jorah Stark qui a vendu notre dignité et souillé nos croyances. Vous ne pouvez pas savoir, vous n’y étiez pas. Je ne me rangerai pas. Comprenez bien. J’entends les vents de la guerre qui souffle de nouveau sur notre pays. »

Il fit remonter ses mains de part et d’autre du cou gracile de son invitée de marque. Ses mains étaient puissantes, et il aurait pu sans aucun problème écraser la gorge de la noble femme, mais il se contentait de faire remonter ses mains avec une douceur insoupçonnée pour de grosses mains si imposantes.

« A la vérité, je crois que les Stark veulent nous replonger dans la guerre pour une bonne raison : ils sentent qu’ils perdent leur emprise sur le Nord. Ils veulent nous fédérer pour mieux nous faire oublier leurs manquements. Alors non, Isaline. Je ne m’alignerai pas. Je ne soutiendrai pas de nouveau conflit. Votre visite arrive à point nommée, d’ailleurs. Un peu trop pour que je ne trouve pas cela suspect… »

Il abandonna le cou de la femme après une ultime caresse fugace et se dirigea vers son bureau. Un petit coffret de bois ouvragé y trônait sur le côté. Il l’ouvrit et en sortir un petit parchemin. Il s’agissait d’une lettre de Jorah Stark conviant Roderik à assister aux pourparlers du Nord qui devaient déterminer d’une réponse à apporter aux agissements des Targaryen envers le Nord ainsi que d’autres sujets de discussion que le Bolton ne soupçonnait d’être là que pour faire diversion. Si l’on allait vraiment avoir des discussions sur une réponse à apporter au Dragon, il savait d’ores et déjà où l’on allait venir. Si conflit il devait y avoir, il ferait en sorte que tout soit tenté avant de franchir le seuil de l’irréparable.

« Lisez. »

Il lui tendit l’invitation à assister aux pourparlers de Winterfell et observa sa réaction. Il se souvint subitement qu’il n’avait pas répondu aux questions précédentes de son invitée d’office. Qu’importait. Là apparaissait désormais la véritable raison de sa visite. Si elle souhaitait véritablement d’autres réponses, elle pourrait lui poser lorsque le temps serait plus propice.

Roderik se dirigea vers la fenêtre, laissant son regard errer sur le panorama offert. Le barral, le chemin de ronde sur lequel patrouillaient deux hommes portant les couleurs Bolton, quelques oiseaux blancs s’envolant d’un arbre lointain pour se diriger vers un champ où l’on avait semé. La Blanchedague, un peu plus loin, serpentant entre les collines pour se diriger vers la mer. Roderik était responsable de tout cela, il devait faire en sorte de conserver cet écrin de gloire qui était celle des Bolton. Pas une gloire héroïque, mais bien les hauts faits de sa maison : de fiers et puissants guerriers qui avaient remporté bien des victoires tout au long de l’Histoire.

« J’ai déjà répondu à Jorah Stark, commença-t-il, le regard perdu dans le paysage, errant dans ses propres pensées. J’irai à Winterfell. S’il veut défendre les intérêts du Nord, je serai là, j’écouterai, et je prendrai la parole. Il haussa les épaules. Mais qu’il ne compte pas sur moi pour mettre dans la balance de nouvelles vies Nordiennes. S’il veut achever je ne sais quel projet, il faudra passer par la diplomatie et utiliser la force en tout dernier recours. Sinon, le Nord se passera de Fort-Terreur…. Et de Karhold. »





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Isaline Cerwyn
NORD
■ Localisation : Castle Cerwyn actuellement
MessageSujet: Re: L'heure est aux compromis [PV Roderik]   Dim 12 Nov 2017 - 22:01



L'heure est aux compromis. Roderik & Isaline Je me voyais abattre, une à une, les cartes en ma possession. Chacune claquant sur le bois d’une table de jeux imaginaires à chaque fois, sans que je les regarde s’aplatir, restant concentrée sur l’homme qui retient toute mon attention. Un homme que je convoite avec autant d’intérêt que je le ferais envers notre suzerain. L’un possédant le pouvoir sur le Nord. L’autre, le pouvoir de faire basculer l’avenir de notre région, chère à notre cœur. J’avoue qu’au fil de ces quelques heures passées en privé auprès de Roderik, je l’avais jugé bien sévèrement. La faute à toutes ces rumeurs sur l’écorcheur mais n’allait pas croire que je le sous-estime pour autant. Disons que je le perçois plus…humain que les pensées les plus folles, qui m’ont traversées l’esprit. Un esprit en ébullition tant je mesure l’importance de ma démarche en venant à Fort Terreur.

Stark. Bolton. Deux maisons. Deux hommes, qui suscitent un vif, voir, un grand intérêt de ma part. Être à la tête de Castel-Cerwyn m’offre l’avantage de pouvoir choisir, de pouvoir créer mes propres alliances comme l’aurait fait mon père avant moi. Mes décisions pouvant impacter Cerwyn, j’avance doucement, ne souhaitant froisser Roderik quand ma carte majeure viendra rejoindre les autres. Ce qui ne tarda pas lorsque je lui apprends la réelle motivation de ma venue. Toute en ayant repris place dans mon fauteuil, je m’attends à subir le souffle d’une colère sans précédent. Je tiens bon, me montrant parfaitement à l’aise dans les jeux de la négociation car il s’agissait bien de cela : négocier son rattachement à la maison Stark.

Je le sens dans mon dos, sans doute à digérer ma requête avant de s’emporter. Mon regard se porte une nouvelle fois sur la bannière de Fort Terreur. Quelle belle victoire, ce serait de voire flotter les couleurs des Bolton parmi toutes celles du Nord.
Les mains lourdes de la portée de mots, qui vont franchir ses lèvres, épousent mes épaules. Etrangement, je ne sursaute pas, m’attendant tellement à une réaction de sa part. Le souffle de sa voix caresse ma peau tout en délivrant son message. Cela n’est certainement pas sans effet sur moi, ma respiration se fait bien plus lourde sous ce contact imposé…désiré secrètement. Le galbe de mes seins s’anime en fonction des inspirations et expirations.

- …Roderik… Soufflais-je d’une voix presque éteinte son prénom, non par crainte mais sous le charme de quelques secondes de ses paumes qui en moins qu’il ne le faut, peuvent me briser la nuque. Revenant à moi. Croyez-vous que j’ignore vos opinions ? C’est bien pour elles que je viens à vous…Je n’ai jamais approuvé cette alliance et je me réjouis que cette union soit avortée à présent. J’incline ma nuque, flirtant avec le risque de le voir s’emporter…flirtant avec l’homme. Certes je n’y étais pas mais Cerwyn n’en porte pas moins les cicatrices dû aux choix qui ont été faits, Roderik…je ne serais pas là dans le cas contraire…à moins que mon père n’ait souhaité vous donner ma main.

Ses paumes grisent mes pensées, manipulant adroitement ses doigts sur une ascension sensuelle que je souhaite sans fin. Je décroise mes jambes mais les ferment comme pour contenir l’éveil de mes sens. Mes mains s’accrochent aux accoudoirs, retenant l’envie de me tortiller sur mon assise comme une enfant qui viendrait de découvrir le plaisir d’être caressée. Cela fait longtemps que je n’ai pas senti les mains d’un homme me parcourir alors quand il délaisse cette délicieuse aventure, je soupire légèrement ce brutal abandon.

– Je vous demande pardon ! Suspect ! Le suivant du regard quand il s’en retourne à son bureau pour se saisir d’un parchemin. J’en profite pour lui répondre, ayant entendu sa décision de ne vouloir prendre part dans un nouveau conflit. Resterez-vous à ne rien faire si le Nord partait en guerre ? Vous avez l’air de croire que je suis naïve pour ne pas voir que c’est le chemin qu’il faut emprunter pour gagner notre liberté. Je sais qu’il s’agit bien d’une déclaration de guerre qui se dessine, Roderik. Je ne monte pas le ton mais la déception rythme le timbre de ma voix. Si ma poitrine se soulevait sous ses caresses, là, c’est sous ma détermination et ma supplication car je l’implore. A quoi vous servirez de voir tomber Stark ? Le Nord tomberait en même temps…ça serait une catastrophe. Je vous supplie de reconsidérer votre position…pour l’amour du Nord…Roderik.



Je baisse les yeux sur le bout de parchemin. Lis. Constate la date d’envoi. Il est question des pourparlers qui se tiendront prochainement à Winterfell. Invitation qui me sera parvenue bien après la sienne. L’explication étant simple, Cerwyn n’est pas à plusieurs jours de marches que Fort Terreur.

– Oui, et ? Reprenais-je une fois qu’il m’annonce assister aux pourparlers. En quoi ma présence serait donc telle suspecte si vous avez décidé d’y assister. Je vous l’ai dit ma démarche est personnelle, je ne suis pas envoyée par notre suzerain mais mon intention est bien de vous faire changer d’avis, Roderik. Le feu qui s’est déversé dans mes veines, s’apaise. Je détourne le visage vers la fenêtre, cherchant l’inspiration, n’importe quoi qui pourrait le convaincre quand il aborde le chemin de la diplomatie. …j’avoue que vous me déstabiliser, Roderik. J’ai du mal à vous suivre, dois-je comprendre que si le Nord démarre par la diplomatie vous allez revoir votre engagement ? Ou je dois comprendre que si celle-ci venait à échouer vous ne vous engagerez pas pour autant… Je plisse les yeux d’incompréhension, me levant du fauteuil pour poser mes deux mains à plat sur son bureau. Peu importe le cas, vous seriez prêt à négocier avec la couronne. Vous ? Ou serait-ce une manœuvre pour faire diversion et glaner des alliances dans les régions voisines…

Je me redresse, baisse la tête en tenant mon menton, réfléchissant aussi vite que mon esprit peut le faire.

– Qu’est-ce qui pourrez-vous faire songer d’avis Roderik…ne croyez pas que les vies nordiennes m’indifférent, le tribu a été lourd pour Cerwyn mais ce n’est pas pour autant que je renoncerais à un Nord libre. Je veux croire en vous tout comme je veux croire en chacun des seigneurs du Nord… J’ose aller jusqu’à lui faire face, prendre sa main entre les miennes. Que dois-je faire pour vous convaincre…

Je porte à mes lèvres sa main puis l’abandonne sur ma joue. J’imagine que je vais heurter l’homme de tradition par mon audace et mes multiples prises de paroles mais qu’en est-il de l’homme simplement ?


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Roderik Bolton
NORD
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MessageSujet: Re: L'heure est aux compromis [PV Roderik]   Mar 14 Nov 2017 - 18:41

L’Heure est aux Compromis










Maintenant qu’il connaissait le véritable but de la visite de la Cerwyn, Roderik se sentait plus à l’aise. Pas qu’il n’appréciait pas la compagnie de la Cerwyn, au contraire que diable ! Il préférait par contre savoir de quoi il en retournait. Désormais, il comprenait où elle voulait en venir, ce à quoi elle souhaitait l’amener. C’était simple, elle avait au moins le mérite de ne pas s’en cacher, lui disant ouvertement :

« Oui, et ? En quoi ma présence serait donc telle suspecte si vous avez décidé d’y assister. Je vous l’ai dit ma démarche est personnelle, je ne suis pas envoyée par notre suzerain mais mon intention est bien de vous faire changer d’avis, Roderik. »

Elle lui tendit de nouveau le parchemin. Il le prit en main et s’en retourna à son bureau. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre. Une petite brise en provenance des côtes à l’Est s’était levée. Les forêts de conifères accrochées à la colline la plus proche s’agitaient lentement dans le lit du vent. Au loin, un faucon tournoyait paisiblement. Sans doute aurait-il pu l’entendre crier si les bruits de la vie du château n’avaient pas recouvert le paysage sonore. On entendait le maréchal ferrant qui s’occupait de préparer de nouveaux étriers pour les chevaux du seigneur et de ses épées-liges. Dans le lointain, un coq s’époumonait. Quelques personnes se hélaient dans la cour et sur les remparts. En face de la fenêtre, on pouvait apercevoir une petite redoute de la muraille : en son centre, un mât de bannière défiait avec tranquillité la brise, ne bougeant pas d’un iota alors que la bannière de tissu rouge faseyait avec mollesse. La nourriture était difficile à tenir, de nombreux rapports provenant des échevins et de ses hommes disposés un peu partout sur ses terres faisaient remonter des risques de famine accrus. Et certains voulaient partir en guerre ? Encore ? Certains disaient qu’une armée marchait sur son estomac : de l’expérience de Roderik, c’était vrai.

Bien entendu que sa présence était suspecte. La querelle qui opposait Roderik à Jorah était connue de tous et les Cerwyn, eux, étaient réputés pour leur fidélité aux Starl… Faire changer le Bolton s’avèrerait ardu pour Isaline, alors qu’il était persuadé que sa vision était la bonne. Comment pouvait-on prétendre à la guerre sous le commandement des Stark alors que leur dernière chevauchée au Sud du Neck s’était soldée par un désastre ? Une si terrible moisson que pratiquement chaque maison avait perdu au moins un fils. Les Bolton sortaient étrangement indemnes. Ce n’était pourtant pas les engagements qui avaient manqué. Roderik lui-même avait été de tous les coups durs. Toutefois, la dimension stratégique n’était pas la seule à prendre en compte dans tout cela. Autant, partir attaquer les terres de l’ennemi permettait de se nourrir sur ses récoltes, autant mobiliser l’ost du Nord en pleine famine menaçante tout en restant stationnaire était complètement suicidaire, étant donné qu’il n’y aurait plus personne pour s’occuper des maigres champs.

« …j’avoue que vous me déstabiliser, Roderik. J’ai du mal à vous suivre, dois-je comprendre que si le Nord démarre par la diplomatie vous allez revoir votre engagement ? Ou je dois comprendre que si celle-ci venait à échouer vous ne vous engagerez pas pour autant… »

Roderik ne la regardait plus, le regard perdu dans le vide. Il eut un rire nerveux. Quelle question était-ce là ? Doutait-on de son honneur ? Si le Nord et tout le Nord prenait le chemin de la diplomatie pour essayer de régler cette crise, il était évident que Roderik saurait apprécier ces efforts. Elle déposa ses deux mains sur le bureau avec un bruit mat, appuyant son prochain propos.

« Peu importe le cas, vous seriez prêt à négocier avec la couronne. Vous ? Ou serait-ce une manœuvre pour faire diversion et glaner des alliances dans les régions voisines… »

Roderik coula un regard acéré vers la Cerwyn qui se redressait, la dévisageant avec intensité durant un instant. Lui prêtait-donc la volonté de trouver un allié au Sud ? Un hérétique ? Un infidèle ? Lui ? Le garant des Anciens Dieux ? Jamais Podrick son héritier n’épouserait une catin du Sud. Non, il fallait une véritable nordienne, un nom ancien, une alliance puissante. Une femme digne de Podrick, digne de Fort-Terreur.

« Qu’est-ce qui pourrez-vous faire songer d’avis Roderik…ne croyez pas que les vies nordiennes m’indifférent, le tribu a été lourd pour Cerwyn mais ce n’est pas pour autant que je renoncerais à un Nord libre. Je veux croire en vous tout comme je veux croire en chacun des seigneurs du Nord… »

Elle lui prit les mains, le fixant droit dans les yeux. Qu’était-ce encore que cela ? Une certaine tension passionnée s’était installée entre eux depuis quelques moments. Elle en jouait, selon toute vraisemblance. Il pouvait toujours en profiter. Si leur arrangement devait être mutuellement bénéfique, autant qu’il puisse en tirer une satisfaction bestiale.

« Que dois-je faire pour vous convaincre… »

Elle déposa ses lèvres sur sa main, suscitant une montée de chaleur dans les reins du seigneur à l’Ecorché. Diable, la Dame savait s’y prendre. Elle pressait la main de Roderik contre sa joue, se laissant caresser. Roderik resta un moment interdit avant de se décider. La suite appartiendrait à la petite histoire faisant la grande. Il se pencha sur elle pour l’embrasser avec rapidité avant de se redresser, légèrement maladroit. Cela faisait un bon moment qu’il n’avait pas eu un tel contact avec une noble dame.

« Isaline, vous n’avez pas saisi mon propos. »

Ce faisant, il déposa ses deux puissantes mains sur les hanches de la femme pour l’amener contre lui. Son regard s’était vissé dans celui de la Cerwyn.

« Je ne suis pas hostile à cette idée d’indépendance, loin de là. Je suis réaliste : nous ne devrions pas lever les armes avant d’avoir complètement écarté nos options diplomatiques. Solliciter des alliés, le Roi-Dragon, ou même un médiateur. »

Il la dévisageait avec un regard nouveau, plus… tendre ? Il détaillait ses cheveux noirs de jais soigneusement arrangés, ses fossettes lorsque ses lèvres s’étiraient. Elle était envoûtante, mais il gardait la tête froide, pour le moment en tout cas, se contentant de répondre aux questions.

« Si le Nord doit se défendre, je serai là, bien entendu. Ne doutez pas ainsi de mon dévouement. Et cela implique des sacrifices. S’il me faut aller négocier moi-même face aux hérétiques incestueux, j’irais. Pas pour Jorah Stark, pas pour vous, ni même pour la maison Bolton ; pour le Nord. »

Ce faisant, ses mains se firent plus avides, descendant vers les cuisses de la jeune femme.

« Nous devrions peut-être rejoindre une salle plus confortable, ma Dame ? » demanda-t-il en feignant une révérence qui se voulait taquine.

Roderik Bolton était capable d’humour. Sans doute était-ce la plus importante révélation de ce moment à Fort-Terreur.





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L'heure est aux compromis [PV Roderik]

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