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 L'heure est aux compromis [PV Roderik]

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Isaline Cerwyn
NORD
■ Localisation : Castle Cerwyn actuellement
MessageSujet: L'heure est aux compromis [PV Roderik]   Dim 3 Sep 2017 - 19:32



L'heure est aux compromis. Roderik & Isaline A force de ressasser les diverses possibilités qui pourraient servir mon suzerain. Je ne parviens pas à voir le résultat de ce puzzle dont je déplace sans cesse les pièces. Tout est bien trop flou ou trop limpide. Je ne comprends pas pourquoi Bolton tient tant à s’acharner comme ça alors que nous devrions être tous unis derrière Stark. Certes il n’aurait jamais dû épouser cette Targaryen. Bien que cette union ait eu ou aurait dû avoir un impact politique sur les sept couronnes.
Je ne me vois pas débarquer à Fort Terreur la bouche en cœur en minaudant pour enfin mettre les pieds dans le plat. C’est pourtant ce qu’il faudrait faire. Imaginez si j’avais le moindre espoir de faire naitre une toute petite étincelle de réflexion dans l’esprit de Bolton. Cela ne pourrait que servir mes projets…mon suzerain.

Cet été n’en finit pas. Il faut si chaud. Les requêtes diverses que Maestre Edmon me soumet au fil des jours, me donnent subitement une idée qui pourrait servir de prétexte à une rencontre avec Bolton. Lord Bolton est connu pour sa rigueur mais c’est un homme de valeurs et attaché à ces valeurs justement. Je pense que je pourrais appuyer sur cette corde sensible pour justifier ma venue auprès de lui. Peut-être que cette visite pourrait paraître comme déplacée. Une Dame se déplaçant chez un Lord, tous deux non mariés…vous imaginez les bruits de couloir. Cela fait longtemps que je n’ai pas croisé Lord Bolton mais dans mon souvenir, je n’ai pas gardé de lui l’image d’un homme déplaisant. Je veux dire physiquement déplaisant. Ce sont davantage les manières de l’homme qui me déplaisent et ses idées à l’encontre de notre suzerain.
Un regard dans mon miroir durant lequel, je fais rougir mes pommettes en les pinçant et en profite pour replacer le corset qui étreint ma taille. J’ai quelques atouts qui ne le laisseront pas peut-être pas insensible, sait-on jamais. J’ai la chance de posséder une tête bien faite avant un corps pas trop abîmé par les années. Je vais donc tenter la tête bien faite en premier lieu….nous verrons par la suite.

Je demande à Maestre Edmon d’envoyer un corbeau à Fort Terreur, adressé à Lord Bolton. Son étonnement se lit sur ses traits mais il ne me fait part d’aucun commentaire.
La réponse ne se fait pas attendre de la part de Lord Bolton. J’aurais donné n’importe quoi pour observer son visage à mesure de sa lecteur.
Je vous passe les formules de politesses mais mon corbeau évoquait principalement le fait que j’avais besoin de ses sages conseils pour rendre la justice sur mes terres. Une dame de ma qualité ne pouvant elle-même brandir une épée pour décapiter le condamné, je voulais savoir dans quelle mesure et comment je pouvais le faire par moi-même ?
Curieuse question, n’est-ce pas ? J’espère qu’elle suscitera un grand nombre d’interrogations sur ma personne.

Le voyage n’est pas aussi court que celui que j’ai pu emprunter pour Winterfell. Fort Terreur étant plus au Nord du Nord, je me console en m’imaginant qu’il y fera bien plus frais qu’à Cerwyn.
Les routes ne sont pas de tout repos et lorsque j’arrive, j’avoue que je serais ravie de pouvoir prendre mes aises et envie les petites gens de ne pas devoir porter les artifices d’une noble Dame. Dieu que ce corset est une torture. Je plains les soldats et leur armure après tout je me plains mais ces pauvres hommes ont bien pire sur les épaules.

Les deux petites marches de ma voiture déployées, je peux enfin fouler le sol de Fort Terreur.
Un sourire sur les lèvres, j’avance pour saluer comme il se doit Lord Bolton. Je note que Bolton et Stark ont un point commun : l’austérité. Ils devraient s’entendre, non ?

– Lord Bolton, je suis ravie de vous rencontrer. M’inclinais-je avec respect en baissant mon visage.

J’attends qu’il m’invite à me relever. Lorsqu’il le fait, je ne manque pas d’accrocher son regard tout en gardant mon sourire.


© Justayne

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Roderik Bolton
NORD
■ Localisation : Fort-Terreur
MessageSujet: Re: L'heure est aux compromis [PV Roderik]   Jeu 7 Sep 2017 - 10:09

L’Heure est aux Compromis









Fiché sur le chemin de ronde qui jouxtait le corps de garde principal de Fort-Terreur, Roderik Bolton regardait le convoi de la maison Cerwyn approcher au milieu de la campagne. De mémoire d’homme, on n’avait jamais vu de champs aussi verts que ceux entourant le fief de la maison Bolton, perché sur les hauteurs des rives de la Larmoyante. Après la guerre était venu l’Eté. Long, sec, impitoyable au Sud, il avait également durement frappé le Nord, peu habitué à devoir faire face à de tels épisodes de sécheresse. Les champs étaient encore vidés de la moisson imposée par les affrontements pour Winterfell au nom du Cruel. Et finalement, au Nord comme au Sud, la famine menaçait. Alors qu’on aurait dû crouler sous les récoltes, et stocker, stocker, stocker avec avidité en attendant la fin des beaux jours et le retour de l’Hiver. En lieu et place de cela, on vidait les greniers pour pouvoir nourrir les petites gens. La mine soucieuse, Rorderik pensait à la devise des Stark de Wnterfell, les suzerains du Nord : L’Hiver vient. L’Hiver venait toujours. Et si l’Eté était déjà une source de problèmes, lorsqu’il toucherait à sa fin, on le regretterait. Et pourtant, le soleil, fiché dans un ciel bleu quasiment uniforme, ne semblait pas vouloir céder la place. Certains endroits du Nord, proche de sources d’eau pure, ressemblaient désormais à ce que l’on pouvait trouver dans le Conflans tant la verdure semblait puiser sa force des rayons solaires. A l’intérieur des terres, par contre, les étendues herbeuses de la lande commençaient à jaunir, signe évident du malaise général des végétaux.

La petite troupe brandissant fièrement la bannière à la hache grise s’approchait de plus en plus, on distinguait désormais le détail des chevaux et de ceux qui les montaient, escortant un petit attelage élégant. La maison Cerwyn était l’un des puissants vassaux du Nord, dont le fief se situait juste au Sud de Winterfell. Leur proximité avec les suzerains de la région n’était d’ailleurs pas simplement géographique. Même leurs armoiries s’inspiraient de celles des Stark, reprenant ce fond blanc comme la neige de l’Hiver. Roderik se rappelait de la guerre : elle n’avait pas épargné les Cerwyn, loin de là. Il se souvenait de la bataille des 200 épaves, alors qu’il était en charge de la flotte du Nord, principalement fournie par les Manderly. Trente galères, venant renforcer la flotte loyaliste des Celtigar, au Nord de la Baie de la Néra. Les rebelles avaient assemblé une flotte pratiquement deux fois supérieure et la bataille ne s’était guère annoncée en faveur des loyalistes. Finalement, cela avait été une victoire sans issue : le feu-dragon avait balayé les deux flottes sans épargner personne. Pratiquement aucune galère des Manderly n’était rentrée à Blancport. Ethan Cerwyn, héritier de la maison, faisait alors partie du lot des disparus. Et quelques mois plus tard, c’était le tour du seigneur lui-même, Redwyn et de son dernier fils, Byron. Depuis, le futur de la maison reposait sur les épaules de celle que tout le Nord surnommait comme étant la Veuve Noire. Il fallait dire que les noms associés à la jeune femme étaient nombreux : Reed, Corbois, Whitehill… Et pourtant, il s’agissait désormais de l’un des partis les plus intéressants du Nord, désormais : car qui épousait la Veuve mettrait la main sur Castel-Cerwyn, ses vastes terres et levées seigneuriales. Alors oui, quand Roderik Bolton, lui-même veuf, et dont le fils héritier n’était toujours pas marié, il n’avait guère hésité à accepter la venue de la Veuve Cerwyn à Fort-Terreur.

Et désormais, son convoi s’apprêtait à passer la grande porte du château depuis lequel régnaient les Bolton, anciens Rois Rouges. Le Sire de Fort-Terreur descendit tranquillement des remparts pour aller s’installer dans la cour. Podrik, son fils héritier, attendait déjà là avec le commandant de la garde Bolton. Edrik, son cadet, qui s’était occupée des troupes de Fort-Terreur, avait désormais quitté le fief familial pour aller fonder sa propre famille, à Karhold, après son mariage avec la Lady de la maison Lyra Karstark, dernière représentante des Soleils de l’Hiver. Seul bémol, il avait fallu négocier un mariage matrilinéaire, et les enfants d’Edrik seraient des Karstark de nom. Ils resteraient toutefois des Bolton de cœur, Edrik et Roderik y veilleraient. La présence de l’héritier de Fort-Terreur, quant à elle, n’était pas anodine, il était le prétexte à la venue de la jeune femme sur les terres des Bolton.

Les relations entre Podrik et Roderik n’avaient pas toujours été simples. A la différence de son cadet, l’héritier de Fort-Terreur ne partageait pas l’animosité familiale pour les Stark. Il n’était pas un grand combattant et considérait qu’il serait plus bénéfique pour les Bolton de soutenir les Loups de Winterfell que de s’opposer à eux. Roderik avait longtemps pensé que son véritable héritier était Edrik. Toutefois, avec la guerre, il avait confié la gestion de Fort-Terreur à Podrik qui l’avait agréablement, surpris par ses talents d’intendant. Le mariage matrilinéaire d’Edrik avec Lyra Karstark avait enterré d’éventuels projets de demander à Podrik de prendre le Noir pour laisser son cadet hériter et perpétuer la tradition Bolton selon ce que Roderik en voulait. Depuis lors, les relations s’étaient stabilisées. Pour cette rencontre, Podrik serait présent mais resterait probablement silencieux, il n’était pas du genre à s’épancher en effusions, tel un vrai Nordien.

Lorsque la voiture s’immobilisa devant eux, les personnes autour se mobilisèrent pour préparer la sortie de la Dame de Castel-Cerwyn, l’un ouvrait la porte, l’autre déployant une volée de petites marches en bois. Et elle apparut dans la cour baignée de ce soleil estival. Elle était empreinte d’une élégance certaine, et son port-altier rappelait sa noblesse évidente. Les Cerwyn étaient une ancienne maison, un ancien sang du Nord. Rien de plus normal, ils ne ployaient pas devant tout le monde. Et pourtant, Isaline Cerwyn ploya avec respect devant le seigneur de Fort-Terreur qui s’avança d’un pas pour lui saisir une main pour y déposer un simulacre de baiser selon les règles du baisemain.

« Lord Bolton, je suis ravie de rencontrer. »

Ce faisant, Roderik lui adressa un rapide sourire sobre. On était dans le Nord, loin des techniques sophistiquées de Cour de Port-Réal. Et Roderik avait pour lui l’austérité propre à tout bon Nordien. Il répondit tout en désignant son fils aîné.

« Dame Cerwyn, tout le plaisir est miens. Soyez la bienvenue à Fort-Terreur. Je vous présente mon fils aîné, Podrik, intendant des terres Bolton. »

Celui-ci s’inclina avec respect devant la femme tout juste arrivée. Il semblait légèrement impressionné par l’arrivée d’une Dame de ce rang à Fort-Terreur. Les visites de courtoisie étaient rares dans l’antre de l’Ecorcheur. Lui-même n’avait pratiquement jamais quitté le fief familial.

« Ma Dame, c’est un honneur de vous rencontrer. »

Les présentations ainsi achevées, Roderik offrit son bras à la jeune femme par pure politesse et ils se dirigèrent vers l’intérieur. A l’image du Nord, Fort-Terreur était austère. Les Bolton étaient puissants mais pas spécialement riches. Il n’y avait pas de fioritures à l’intérieur, tout était à sa place, mais rien n’était de trop. Les décorations étaient sobres, quelques tapisseries, quelques tapis dans sales intimes, des trophées de chasses – beaucoup de loups – ainsi que quelques bannières prises à l’ennemi. On murmurait que se trouvait quelque part une pièce plus ou moins secrète dans laquelle reposaient les trophées de peau que les Sires Rouges avaient fait tout au long de l’Histoire, comme cette fameuse tente en peau de natifs des Iles Sœurs qu’avait faite Belthasar Bolton, seigneur de l’époque, lors de la guerre millénaire que s’étaient livrés le Val et le Nord pour l’archipel désormais sous la tutelle des Sunderland, vassaux des Eryés.

Ils arrivèrent dans le bureau de Roderik, cette petite pièce plutôt intimiste dans laquelle brûlait d’ordinaire un grand feu de bois. Aujourd’hui, les deux fenêtres étaient ouvertes pour laisser la brise d’été envahir les lieux de sa fraîcheur. Les senteurs des pins et des eucalyptus des forêts proches étaient amenées jusque dans la pièce. C’était l’endroit le mieux agrémenté de tout le château, et le plus propice à discuter avec une Dame du rang d’Isaline. Un seigneur l’aurait visité, Roderik lui aurait probablement proposé une partie de chasse. Mais Isaline Cerwyn était une femme, et le Sire Rouge avait jugé meilleur de la recevoir dans son bureau. Une grande et riche bannière Bolton était suspendue à un mur, c’était celle qui accompagnait le seigneur de Fort-Terreur à chaque sortie, plus écarlate que les autres, plus colorée, plus intense, elle était faite en coton du Nord mais la teinture avait été importée de Braavos à grands frais, lui donnant une couleur bien plus renforcée que les bannières que l’on utilisait un peu partout dans les territoires Bolton. Roderik désigna deux fauteuils qui faisaient face à l’imposant bureau. Il laissa Isaline s’y installer et s’assit lui-même dans l’autre, marquant ainsi le fait qu’il la considérait comme son égal, et que leur rencontre n’avait rien de formel.

« Dame Cerwyn, je dois vous avouer que je suis fort aise de votre venue. Nous n’avons pas souvent des invités de votre rang à Fort-Terreur. J’espère que vous avez fait bon voyage. Souhaitez-vous un rafraîchissement ? »




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Isaline Cerwyn
NORD
■ Localisation : Castle Cerwyn actuellement
MessageSujet: Re: L'heure est aux compromis [PV Roderik]   Dim 10 Sep 2017 - 21:54



L'heure est aux compromis. Roderik & Isaline Je pense et j’espère que Lord Roderik ne sera pas insensible au respect que je lui montre en le saluant de la sorte. Pour dompter un fauve, ne faut-il le caresser, dans un premier temps, dans le sens du poil. Je n’irais pas jusqu’à dire que Lord Roderik est un bête sauvage mais un indompté c’est certain. Quoique le terme est sans nul doute un peu fort. Je le considère davantage comme une brebis égarée de son troupeau. Un troupeau gardé par le plus noble des canidés qu’il soit. Un loup, c’est évident. Lorsque j’ai face à moi Lord Roderik, j’avoue que l’image de la brebis n’est pas non plus celle qui conviendrait le mieux pour le qualifier. L’homme est certes austère mais il se dégage prestance, force et grandeur de sa personne. Je vois le combattant autant que l’homme d’honneur et de valeurs, attaché à ses traditions. Un Nordien fier de l’être, tout comme je le suis également, fière d’appartenir au Nord et d’être la dernière représente de la maison Cerwyn, avec Janna, ma jeune sœur.

Mes doigts fins dans les siens marqués par ses activités guerrières ou que sais-je, contrastent lorsque je me redresse sous l’impulsion de sa main. J’ai toujours regretté que le baisemain ne soit que volatile. Baiser à peine soufflé, qu’il se trouve déjà orphelin, jeté à la merci d’une brise légère sans pouvoir venir se poser sur la peau délicate d’une noble main. Mhm oui je trouve cela fort dommage de ne pouvoir sentir les lèvres d’un homme sur ma peau. Quel dommage de devoir vivre dans le respect d’un protocole alors que je n’aspire qu’à vivre dans la passion. Mais je m’emporte, revenons à notre cher ami Roderik car j’entends bien le devenir. Enfin l’idée qu’il puisse l’être un jour ne me déplait pas mais n’allons donc pas vendre la peau de l’ours avant qu’il ne soit tué, n’est-ce pas ?

Mon regard suit, presque mélancoliquement, le baiser qui s’éloigne. Il faut croire que le veuvage me pèse plus que je ne l’imagine.
Je balaie d’un regard neutre le jeune Bolton, le salue d’un simple sourire pour marquer la différence entre père et fils. Il est sans aucun doute l’héritier de Fort-Terreur mais Roderik en reste encore le seigneur et le décideur, ce qui le plonge incontestablement au centre de mes attentions.
Toutefois, en posant mon regard sur le jeune Bolton, je ne sais pourquoi, je perçois celui de Janna. Quelle idée saugrenue car une union entre nos deux maisons serait préjudiciable pour l’une et l’autre. Cerwyn n’ayant pas de mâle héritier, notre nom tomberait dans les limbes et ça, je ne pourrais m’y ressoudre. Tout comme j’imagine que Roderik ne pourrait entrevoir une telle union et perdre le nom des Bolton au détriment d’un autre.
Encore un regret que j’exprimerais volontiers en soupirant mais que je garde silencieux car il ne serait être compris par mes deux compagnons.
Poderik aurait été tout à fait au goût de Janna. Ma petite sœur, toute tornade qu’elle est, me ressemble beaucoup en matière de choix masculins.

– Voilà une bien lourde mais intéressante charge, qui doit sûrement rendre votre père, fier de vous. Poderik. Peut-être un peu familier mais au diable les étiquettes, il est parfois bon de savoir réduire les distances. Les gens ont si souvent une image trompeuse me concernant. Inabordable et froide. J’avoue que cela me rend service pour me dérober. Mais je ne veux pas laisser à ce jeune homme une image glaciale et rajouter à sa timidité charmante un mauvais souvenir. Quoiqu’un peu de fraicheur ne serait pas de trop avec cet été bien long.

Un sourire poli pour le remercier pour le bras qu’il me tend, nous voilà parti pour les locaux. Il y a beaucoup de rumeurs qui courent sur Fort Terreur. Je sais que la maison Bolton est à l’opposé de ce que pourrait être une maison bieffoise. Un léger regard en coin, sur Roderik, me fait m’interroger sur cette histoire de droit de cuisage. Est-ce que Roderik, très conservateur, l’a conservé et en a lui-même bénéficier ?
Une rumeur parmi d’autres, je m’étais déjà préparée à voir un écorché vif à l’entrée de Fort Terreur annonçant déjà la couleur des propriétaires. Le rouge à l’image de leurs bannières. C’est une couleur que j’affectionne mais par pour ce qu’elle représente pour cette famille. Je ne suis fragile, ni impressionnable de nature mais je n’apprécie pas particulièrement le sang…pour l’avoir trop vu s’étendre sur les miens et mes gens.
Pas d’écorché vif mais des têtes de loup parmi d’autres trophées de chasse. Je pince mes lèvres, tentant d’oublier la symbolique…impossible, mais je garde, pour moi, pour l’instant cette comparaison trop simple. Pourquoi provoquer Roderik alors que je viens pour l’adoucir ?
Parvenus jusqu’à son bureau, je ne peux ignorer la pièce maitresse de celui-ci. La bannière éclatante de la Maison Bolton. Je lève les yeux sur celle-ci pour m’exprimer ensuite.

– C’est un travail remarquable, les couleurs sont d’une telle intensité qu’on l’imagine tout juste sortie d’une manufacture.

Je prends place dans l’un des fauteuils désignés, celui qui donne face aux fenêtres pour profiter de la brise qui vient s’y perdre de temps en temps. En face de moi, Roderik. Je suis ravie qu’il n’ait pas pris position derrière son bureau. Son geste signifie pour moi qu’il tient à se montrer ouvert à la discussion. Reste à savoir jusqu’où ira son ouverture d’esprit…Mais ne commençons pas tout de suite les sujets qui fâchent d’autant que Roderik est plutôt bel homme et je ne voudrais pas me priver de sa bonne composition immédiatement. Veuf également, ça laisse moulte possibilité, non ?

– Je ne vous cache pas que je ne suis pas aussi bien habituée aux voyages que vous pouvez l’être Lord Bolton. Je me penche un peu vers lui pour appuyer ma requête, bien futile peut-être. Appelez-moi, Lady Isaline ou Isaline…cassons le temps de cette discussion les usages de cet ordre. Je ne m’en froisserais pas Roderik mais si cela vous tient à cœur, car je vous sais très attaché aux traditions, je le comprendrais. Je me redresse pour caler mon dos contre le fauteuil. Toujours un sourire aux lèvres qui se veut charmeur et poli mais en aucun cas insistant. Quant aux visites rares, croyez-moi que j’aimerais les rendre plus régulières si cela n’en faisait pas des gorges chaudes. Vous comme moi savons ce que les rumeurs peuvent engendrer comme problèmes. Je pense à ses peaux d’écorchés qu’il serait digne d’un musée des horreurs. Je prendrais volontiers un peu de vin. Laissant vagabonder mon regard vers la fenêtre, je reviens sur le visage de Roderik. Dites-moi, Roderik, quel conseil donneriez-vous à une Dame qui doit rendre justice sur ses terres comme elle ne peut lever l’épée elle-même pour conserver la tradition …je me demande si l’impact sera le même que de faire exécuter la sentence par un tiers ?

L’argument prétexte à ma visite était lancé. Dois-je engager mes autres questions ? Quel dilemme…pour une fois dans ma vie je doute de ma réussite dans mes projets. Prise dans la réflexion, j’en mords ma lèvre sans le quitter des yeux, attendant avec impatience sa réponse avant de jeter : et si vous renouvelez votre serment à notre suzerain ?
Alors je ne sais pas pourquoi je lance ceci :

– Votre veuvage n’est-il pas lourd à porter ? L’art de passer du coq à l’âne, je crois que j’en détiens le prix de l’excellence. Pardonnez-moi je ne sais pas pourquoi j’aborde ce sujet…le voyage sans doute. Oui on va dire que c’est le voyage qui a été éprouvant.

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Roderik Bolton
NORD
■ Localisation : Fort-Terreur
MessageSujet: Re: L'heure est aux compromis [PV Roderik]   Sam 16 Sep 2017 - 22:25

L’Heure est aux Compromis









Isaline Cerwyn se mouvait avec élégance dans les couloirs de Fort-Terreur. On aurait dit qu’elle était presque née sur place. Peu de personnes entraient à Fort-Terreur de leur plein gré, et la plupart de ceux qui visitaient l’endroit n’étaient pas à leur aise dans la forteresse des écorcheurs. Les plus sinistres histoires courraient sur la maison des Bolton. Le pire ? La plupart était vraie. Pas impressionnée pour un sou, Isaline s’approchait de la grande bannière de prestige des Bolton. Elle n’en avait même pas peur, c’était surprenant. Peut-être tenait-il dans cette pièce une future alliée ? Ou plus ?

« C’est un travail remarquable, les couleurs sont d’une telle intensité qu’on l’imagine tout juste sortie d’une manufacture. »

Roderik laissa poindre un léger sourire de satisfaction : au prix qu’elle avait coûté, elle avait intérêt à être de bonne facture. Installés côte à côte dans les fauteuils, ils pouvaient commencer sans plus tarder leur discussion. Isaline ne venait pas simplement parler récolte et pesée des grains. Toutefois, Roderik n’était pas un grand intrigant. Il avait certes ses plans, mais ceux-là étaient simples : rayer les Stark du paysage politique du Nord, rendre sa grandeur à la maison Bolton, protéger le Nord et ses coutumes. Qu’importe ce que pouvaient en dire les hérétiques et les apostats. Roderik n’était pas là pour tenter de sauver le plus grand nombre. Il était sur cette terre avec un but bien précis. Et celui-ci ne nécessitait pas de grands plans machiavéliques. Assis dans le fauteuil, renfoncé contre le dossier confortable de cuir, il patientait tranquillement, attendant la suite, les mains croisées sur ses cuisses, fixant la Dame d’un regard sans concession.

« Je ne vous cache pas que je ne suis pas aussi bien habituée aux voyages que vous pouvez l’être Lord Bolton. »

Elle se pencha avec élégance vers lui, ravivant certaines sensations que le Sire Ecorcheur pensait avoir laissé derrière lui depuis un long moment. Se pouvait-il, après tout ce temps, qu’il fût encore en mesure de savoir faire la cour à une dame d’une grande maison nordienne ? Isaline Cerwyn avait en tout cas une voix agréable, légèrement chantante, qui témoignait de sa noble éducation. De manière assez surprenante, y compris pour Roderik, le moment était assez agréable car Fort-Terreur ne ressemblait en rien à la sinistre place-forte que tous décrivaient avec force de fantasmes et de détails aussi faux qu’horrifiques. Avec l’Eté et le soleil brillant haut et clair, le bois sacré, situé en contrebas de la fenêtre du bureau, embaumait les senteurs claires des pins qui jouxtaient le grand barral. La petite brise qui s’engouffrait par l’ouverture dans l’épais mur de pierre grise était chargée de senteurs campagnardes et des effluves du lieux sacré, tandis que la température était ainsi parfaitement régulée.

« Appelez-moi, Lady Isaline ou Isaline…cassons le temps de cette discussion les usages de cet ordre. Je ne m’en froisserais pas Roderik mais si cela vous tient à cœur, car je vous sais très attaché aux traditions, je le comprendrais.»

Elle brisa la proximité qu’elle avait instauré quelques instants plus tôt, revenant à sa position initiale, le dos bien calé contre le dossier du fauteuil. Chose rare, ce n’était un secret pour personne, un léger sourire sincère vint faire son apparition sur le visage du Bolton. Il était un Nordien, un vrai. Il était austère et effectivement, attaché aux traditions de son pays. Ceci dit, il n’était pas non plus contre un peu de considération amicale, quand bien même cela se cantonnait à appeler une paire par son prénom et non pas par son titre.

« Quant aux visites rares, croyez-moi que j’aimerais les rendre plus régulières si cela n’en faisait pas des gorges chaudes. Vous comme moi savons ce que les rumeurs peuvent engendrer comme problèmes. »

Roderik resta silencieux, sondant calmement le regard de son interlocutrice. Il comprenait le résonnement, mais était bien au-delà de ça. Les gens jasaient depuis des siècles sur les Bolton, il n’était pas un ragot près.

« Je prendrais volontiers un peu de vin. »

Le Bolton se leva de bonne grâce. Il avait proposé en toute politesse, comme il gardait quelques bouteilles dans un cabinet de son bureau. On était cependant loin de la profusion qu’on pouvait voir dans le Sud. Ici, au Nord, le choix était plus restreint, alors que l’on préférait la bière dont des barils entiers patientaient sagement au cellier de Fort-Terreur. Il sortit une bouteille d’hydromel. Il avait bien du La Treille auré, une vieille bouteille couverte de poussière, mais ne jugeait pas l’occasion digne de l’ouvrir. Cette bouteille était dans le placard depuis un long moment, avant même la naissance de Roderik, s’il en croyait l’inscription qui y avait été apportée par le maître verrier des Redwyne. Il attrapa deux gobelets de cuivre et servit l’hydromel local : une boisson forte, chaude et brute ; en somme, digne du Nord. Ceci fait, le verre tendu à Isaline, il s’installa de nouveau à sa place.

« Dites-moi, Roderik, quel conseil donneriez-vous à une Dame qui doit rendre justice sur ses terres comme elle ne peut lever l’épée elle-même pour conserver la tradition …je me demande si l’impact sera le même que de faire exécuter la sentence par un tiers ? »

Roderik resta un moment silencieux, la bouche légèrement entrouverte, comme surpris d’une telle demande. Ce qu’il en pensait ? La tradition était dans les faits déjà mise à mal par la simple stature qu’avait pris Isaline au sien de sa maison. Cela dit, la terrible moisson opérée par la guerre sur les nobles maisons du Nord avait laissé des traces. Le cas des Cerwyn n’était pas isolée, alors que le Soleil de l’Hiver, les Karstark, avaient eux aussi eu à faire face à ce problème dynastique sans précédent. Finalement, il lui donna son avis.

« La tradition est déjà mise à mal, Isaline. Pourtant, il faut bien que chacun fasse ce qui est nécessaire pour protéger son sang et son nom. L’impact ne sera pas le même. Les Stark commis de nombreux impairs, tout au long de leur règne, mais certains répétaient cette phrase qui me semble opportune : celui qui prononce la sentence doit l’appliquer. Pour moi, cela ne change absolument rien si ce n’est pas celui mais ‘’celle qui prononce la sentence’’. Vous êtes la Dame Cerwyn, Isaline. Homme ou femme, qu’importe. Vous avez le devoir de brandir haut et fier vos armes et vos traditions. Aiguisé et prêt. Comme doit l’être la lame de la Justice de la Dame de Castel-Cerwyn.»

Il pensait chaque mot qu’il venait de prononcer. Il n’y avait pas de danger ou d’intérêt à dissimuler quoique ce soit durant cette rencontre. Légèrement troublé par ce regard braqué droit sur lui et cette lèvre mordillée, Roderik ne fut qu’encore plus perdu lorsque la noble dame enchaîna sur un sujet complètement différent.

« Votre veuvage n’est-il pas lourd à porter ? »

Roderik se redressa légèrement, les sourcils froncés. C’était particulièrement inconvenant. Et intéressant. Il se détendit. S’agissait-il d’une approche peu subtile d’une femme en manque d’étreinte masculine ? D’une tentative de l’envoûter pour mieux l’amener sur des discussions où leurs désaccords seraient peut-être éclatants ? Ou simplement un jeu de séduction ? Ou encore plus simplement, un immense manque de tact ?

« Pardonnez-moi je ne sais pas pourquoi j’aborde ce sujet…le voyage sans doute.
»

Roderik jeta un regard à Isaline avec un très fin sourire en coin, l’air absolument pas convaincu. Lyra, son épouse, était morte des années auparavant. Elle lui avait donné ses deux fils dont il était fier, mais n’avait jamais marqué Fort-Terreur de son image ou de sa présence. Il n’y avait jamais vraiment eu d’amour entre eux. Une idylle et une passion charnelle dans les premiers instants de leur mariage, mais bien vite, la routine et l’indifférence s’étaient installées. Désormais, elle reposait dans la petite crypte de Fort-Terreur. Il regarda la Cerwyn avec un regard aussi éteint que la réputation de son château, un regard gris, à peine chargé en émotions.

« Le veuvage fait partie de mon existence depuis un moment… Isaline. »

Il se pencha lentement vers elle, après tout, pourquoi ne pas jouer au même jeu qu’elle ? Qui a dit que le monopole de la chair appartenait aux femmes ?

« Il est difficile de voir la femme avec laquelle on a été unie devant les dieux disparaître pour aller vers un monde meilleur. Je veux croire qu’elle y est heureuse

Aventureux mais convenable, il déposa une main puissante sur l’accoudoir du fauteuil de la Cerwyn.

« Et pour vous-mêmes ? J’ai entendu d’ignobles mensonges colportés sur vos veuvages, Isaline. J’ose espérer que cela n’a pas été trop pénible à endurer…. »

Il attendait surtout la suite…

Finissons de jouer, finissons de feinter ! Dévoile-toi, explique donc la raison de tavenue !




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