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 Martyn & Etaine ◊ Des nouvelles venues du Nord

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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement
MessageSujet: Martyn & Etaine ◊ Des nouvelles venues du Nord   Lun 4 Sep 2017 - 19:09

Nouvelles venues du Nord

Le soleil état déjà haut dans le ciel quand un page vint se poster sur le bord de la prairie qui servait aux entraînements militaires et qui, ces derniers temps, ne voyaient plus de mouvements de troupes de soldats se rassemblant pour la guerre, mais bien souvent des duels et de rares mêlées. Tout d'acier vêtu, Martyn s'escrimait à faire battre en retraite Ser Alyn Moore, chevalier du Val lui aussi, et fort pressé de parvenir à contenir les assauts de son suzerain. Le choc des épées résonnait dans toute la vallée alentours.

Ce n'était pas parce que la paix était officiellement revenue qu'il devait arrêter les entraînements militaires. Qui savait quand de nouveaux affrontements auraient lieu ? L’Été ne semblait pas vouloir finir et Martyn pressentait que bientôt le manque de nourriture lié à la sécheresse deviendrait un prétexte pour déclarer de nouveaux conflits. Il ne voulait pas que le Val se montre comme une proie facile si d'aucuns décidaient de le piller. Il aurait préféré rester dans ses appartements, un bon livre en main, plutôt que de suer sous des dizaines de livres de métal, mais tout chevalier qui se respecte se devait d'être discipliné.

Ils terminèrent la passe d'armes, le seigneur des Eyrié ne rompant le combat que lorsque l'autre laissa choir son arme sur le sol couvert d'herbe jaunie. Après un salut, il recula, souffle court, tendant son arme à Medwyn Corbray, un écuyer à son service, qui s'empressa de vérifier que l'acier n'avait point trop souffert et ne méritait pas un passage à la meule à eau. Martyn ôta ensuite ses gantelets et les tendit au jeune page, avant de défaire la boucle de son heaume et de l'enlever d'un geste. Le vent sur sa peau faisait un bien fou.

« N'étais-tu pas supposé servir Lady Etaine, ce matin ? » Tout en s'adressant au page, le Lord saisit le chiffon que lui tendait l'écuyer et essuya la sueur qui lui maculait le visage et les cheveux. « Si monseigneur. C'est Elle qui m'envoie. » Martyn pouvait entendre la majuscule quand il parlait de sa sœur. Auparavant cela l'aurait fait sourire, mais depuis son retour aux Eyrié, il avait beaucoup de mal à trouver une quelconque tendresse pour Etaine. « Eh, bien. Vas-y. Que me veut ma chère soeur cette fois ? » Il évita de justesse un impatient « ne me fais pas attendre ! ». Le gamin n'avait rien à voir dans les disputes familiales, et il n'aurait pas été correct de le punir pour avoir obéi. Qu'est-ce que La Colombe pouvait bien lui vouloir, cette fois ? Une nouvelle tentative pour relancer le conflit avec Dorne ? De nouveaux reproches pour ne pas avoir rejoint les armées rebelles ? La permission pour épouser le Sunderland ? A vrai dire, ses silences étaient devenus aussi lassants que ses commentaires sur sa façon de diriger. Roslinn avait raison, il faudrait arranger la situation au plus vite. Mais Etaine avait pris beaucoup trop d'influence auprès des nobles. Étaient-ils tous des chiens de guerre, enragés de ne plus combattre ?! Martyn, lui, préférait la paix. Le page se concentra pour se souvenir des mots de sa dame, avant de déclarer, « Elle désirerait s'entretenir avec vous, aussitôt que possible à votre convénience. » « Je suppose qu'elle ne t'as pas donné le motif de cette rencontre ? » « Non monseigneur. » Martyn hocha la tête. Typique. Etaine cultivait le secret comme certains les roses de leur jardin. « Dis-lui que je la verrai après mon entraînement, dans mon bureau. » De quoi être en privé, et ne pas avoir d'oreilles indiscrètes pour entendre si la discussion venait à s'envenimer. Moins public que la salle du trône, au moins.

D'un geste, il congédia le page. Il se tourna vers Ser Alyn qui était en train de s'essuyer à son tour. « Êtes-vous prêt pour une seconde passe, Ser ? » D'ordinaire, le suzerain du Val aurait arrêté là l'entraînement, mais il avait envie de faire patienter Etaine. Elle aurait dû lui donner la raison de leur entrevue. Un enfantillage de sa part, peut-être ; mais Martyn n'allait pas accourir parce que sa soeur avait à lui parler. Et il avait besoin d'être calme pour l'écouter jacasser. Quelques combats de plus ne seraient pas de trop. Il récupéra ses armes et fondit sur le chevalier.

Le chevalier n'avait pu bien sûr refuser, et c'est les bras endoloris que le suzerain du Val finit par rentrer dans sa forteresse. Il avait laissé sa ferraille aux bons soins de Medwyn qui s'occuperait de graisser le métal et de limer les bavures. Le seul point positif à ce long Été était qu'avec si peu d'humidité, la rouille n'était pas à craindre. L'écuyer ne savait pas sa chance, Martyn se souvenait encore des heures passées à faire rouler les tonneaux de sable pour dérouiller les cottes de maille de son oncle.

Il ne se rendit pas directement dans son bureau, mais alla d'abord passer une tunique de lin bleu sans ornements et des braies propres. Quand il ouvrit la porte de la pièce, un plateau de fruits l'attendait, de même qu'un pichet de vin, une miche de pain et du miel, accompagné de quelques tranches de jambon fumé. Sa soeur était elle aussi présente. Martyn se demanda depuis combien de temps elle se trouvait là. Le soleil avait passé midi. Il n'avait pas peur qu'elle fouille dans ses papiers ; en dehors des rapports sur l'état déplorable des provisions du Val, ses courriers privés ou plus importants reposaient dans un coffre fermé dans sa chambre.

Il franchit la porte et salua sa sœur d'un geste du menton, « Etaine. » avant de prendre une pomme et de s'installer sur le siège derrière sa table de travail. « Tu désirais me parler ? » Direct et droit au but, il était las de ses manigances et de prendre des pincettes pour ensuite se voir envoyer sur les roses. Il saisit le couteau posé sur son bureau et commença à peler et découper le fruit. Il était curieux de savoir ce qui requérait un entretien, cette fois. Il ne mettait pas ses bottes sur la table, il était trop poli pour l'envisager, mais c'était l'impression qu'il donnait, que ce qu'elle avait à dire lui importait peu. Et c'était presque le cas. Presque, parce qu'elle s'était montrée fourbe et qu'il savait devoir être prudent en sa présence.
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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: Martyn & Etaine ◊ Des nouvelles venues du Nord   Ven 8 Sep 2017 - 14:32




Wolves ask for help, what will the Eagles do ?

Elle parcourut la lettre du regard une nouvelle fois avant de la relâcher d’un geste nonchalant sur la petite table qui se trouvait à côté d’elle. D’un geste, elle congédia la demoiselle qui était venue s’occuper de coiffer sa longue chevelure corbeau, la relevant dans un chignon élaboré et qui lui offrait un air plus sérieux, plus mature. La jeune fille exécuta une révérence avant de quitter les lieux, refermant soigneusement la porte derrière elle. S’accoudant à son fauteuil, elle posa sa main sur son front, poussant un profond soupir. Pourquoi ? Pourquoi Jorah agissait-il de la sorte, manquant de mettre à nouveau le pays à feu et à sang ? L’amour pouvait, certes, rendre fou, mais était-ce l’amour ou la haine qui faisait parler son cousin loup ? Elle n’aurait su dire, s’inquiétant davantage de la manière dont les choses se présentaient désormais. La Princesse Régente Rhaenys avait obtenu du Grand Septon un divorce. Divorce que le loup blessé ne pouvait digérer sans considérer cela comme un affront. Là-dessus, Etaine était en accord avec lui et elle n’aurait pu le contredire. Les loups étaient en droit de demander réparation aux Dragons afin que le préjudice ne soit pas si lourd et leur honneur tant perdu. Mais menacer de déclarer l’indépendance du Nord, retirer sa région de la souveraineté du trône de Fer était une folie sans précédent que la Colombe avait accusé dès la première lecture.

Du souvenir de son cousin, Etaine avait un jeune homme droit et fier qui se plaisait à parler avec elle de politique et de ces choses qu’elle n’aurait jamais dû être à même de comprendre. A l’époque, il lui avait semblé qu’il put être sage et avisé, juste et honorable. Aujourd’hui, elle craignait que tous ne le perçoivent comme un enfant capricieux à qui l’on venait d’enlever le plus précieux de ses jouets. Comment tous allaient réagir à cette annonce de pseudo-indépendance ? Pire encore, qui soutiendrait Jorah si le Val ne le suivait pas dans ce mouvement ? Car, malgré les demandes insistantes à ce sujet, Etaine ne pouvait se résoudre à croire que le Val suivrait cet exemple aussi mauvais pouvait-il être. L’espace d’un instant, elle s’interrogea sur la nécessité même de répondre. Ou bien, devait-elle seulement écrire à Theon, l’autre loup, plus jeune et pourtant plus à son écoute ? Bien des fois, il avait su faire entendre raison à Jorah et elle nourrissait l’espoir de le voir y parvenir une fois de plus.

La Colombe se leva de son fauteuil en soupirant, s’approchant du petit coffret où elle rangeait papier, encre et plume et entama la rédaction de sa réponse, appelant après le jeune page qui la servait. Le jeune garçon se présenta à elle dans une révérence qu’elle interrompit de son ordre. « Veuillez faire savoir à mon frère que je souhaite m’entretenir avec lui, aussitôt qu’il lui sera permis de le faire. » Elle n’avait nul besoin d’ajouter quoi que ce soit et le jeune homme se contenta de cela, quittant la pièce. La Colombe rédigea alors une première lettre à Jorah et en avait entamé une seconde adressée à Theon quand le jeune page vint lui annoncer qu’elle devrait attendre un peu avant de voir sa requête lui être accordée, le suzerain préférant placer son entrainement avant cette rencontre. Levant les yeux au ciel avec toute l’insolence que le monde lui avait offerte, elle poussa un soupir, couchant sur papier et avec plus d’intimité son ressenti sur la situation avant de se lever, quittant la chambre, les deux morceaux de papier étant scellés. Elle se rendit à la volière où des corbeaux attendaient patiemment le message qu’ils devraient transmettre. Avec l’aide du mestre, elle fixa les deux morceaux de parchemin sur deux corbeaux distincts avant de les regarder s’éloigner. Soupirant des conséquences que tout ceci pourrait avoir, elle se rendit ensuite dans le bureau de son frère.

Une entrevue privée. Voilà bien des années qu’une telle chose semblait ne pas lui avoir été accordée et, pourtant, désormais, il lui suffisait d’un mot pour en obtenir une, n’abusant pourtant pas de ce privilège. Elle savait son aîné contrarié et la Rose épineuse qui lui servait d’épouse plus encore aussi, elle avait préféré prendre ses distances, ayant quitté les Eyriés durant plusieurs mois au profit de Sortonne. C’était une missive envoyée par quelques vassaux des Arryn qui l’avait poussée à rentrer au nid des Aigles. Ils attendaient son aval, à elle, plus celui de son frère. Ainsi, elle avait pu mesurer son influence grandissante dans cette région qui lui offrirait, peut-être un jour, le trône de barral. Les vassaux avaient fait ce que Martyn n’avait daigné faire ces dernières années : l’écouter. Pénétrant dans la pièce, elle réalisa qu’elle était seule. Son frère n’avait guère encore terminé. Poussant un soupir, elle s’assit à la table, en face du siège qu’occupait toujours le jeune aiglon. Piochant dans le plateau de fruits qui se trouvait sur la table, elle en tira une grappe de raisin et amena un premier grain à ses lèvres. Elle n’eut pas à attendre longtemps avant que le seigneur du Val ne fasse son entrée. Comme à son habitude, elle ne daigna pas même se lever à son entrée, ayant oublié ce genre de convenance depuis bien longtemps auprès de lui.

D’un geste du menton agrémenté de son prénom, il la salua sans plus de cérémonie. Etait-ce tout ce qu’il restait du lien fraternel qui les avait autrefois pourtant liés ? « Martyn. » Renvoyer la balle de la même manière était tout ce qu’elle pouvait faire, assise au fond de sa chaise sans prendre garder à demeurer droite. Pourtant ses yeux plissés ne quittaient pas son frère dès lors qu’il était entré dans son champ de vision. Acéré, fixant sa proie, le faucon qui dormait en elle menaçait de fondre sur sa proie pour la dévorer. Il se saisit d’une pomme avant de se laisser tomber, à son tour, dans son siège, faisant remarquer à la benjamine Arryn que c’était elle qui avait demandé cette audience. Haussant un sourcil désabusé, elle soupira avant de répondre. « En effet… Et je constate que tu n’as visiblement que faire de l’avenir du Val ou de l’avis d’un certain nombre de tes vassaux. Je ne manquerais pas de leur rappeler… » Un avertissement. Le seul qui pouvait encore ramener Martyn à porter son intérêt sur les propos de la Colombe. Pourtant, elle ne lui laissa guère le temps de lui répondre. « Une lettre m’est arrivée du Nord. Notre cousin Jorah menace la Couronne et cherche à connaître notre position à ce sujet. Il parle d’indépendance sans détour… J’ignore si tu étais informé d’une telle chose. » A dire vrai, elle se doutait qu’il ne pouvait savoir, Jorah s’étant adressé à elle en hommage au passé commun qu’ils avaient eu et ayant probablement fait part de son ressenti à celle qui était plus loup que Martyn. Son regard ne quittant pas le visage de son frère aîné, elle guetta la moindre de ses réactions.

© Belzébuth

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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement
MessageSujet: Re: Martyn & Etaine ◊ Des nouvelles venues du Nord   Sam 9 Sep 2017 - 13:31

Confortablement installée, Etaine l'attendait. Elle grignotait du raisin d'un air nonchalant alors même que son regard le suivait dans chacun de ses mouvements. La douce colombe s'était muée en un oiseau de proie sous le soleil implacable de Dorne. Un oiseau de proie... ou un charognard. Mais il n'était pas encore mort, ne lui en déplaise. Un très léger sourire aux lèvres, il prit place à son tour et commença à nettoyer une pomme, lui demandant la raison de sa visite de courtoisie.

Des menaces... Encore. Comme s'il n'était pas le premier à se rendre compte de la précarité de sa situation. Vraiment ! Elle n'avait même plus la politesse de se taire à ce sujet ! même s'il n'en laissait rien paraître et certainement pas à sa chère sœur, source de tant de troubles. Il continua à découper sa pomme, sans laisser voir la colère qui l'habitait. Il ne lui donnerait pas cette satisfaction. Mais le fruit perdait sa pelure à un rythme plus rapide, néanmoins.

L'annonce d'Etaine eut pour effet de stopper tout mouvement chez Martyn. Il retint sa respiration, le temps que passe le choc, puis exhala profondément. La Guerre. A nouveau. Si rapidement après la fin de la dernière. Jorah n'était pas homme à faire dans la demi-mesure, ni non plus à laisser son honneur ainsi bafoué. S'il avait été dans la position du Stark, Martyn aurait sans doute réagi tout comme lui. Les Targaryen l'avaient insulté de la pire manière... avec l'approbation du grand septon, pour ne rien gâcher. Le chevalier du Val était révulsé par les agissements de la Cour. Comment pouvait-on faire passer la politique avant sa parole donnée ?! Cela allait à l'encontre de tout ce qu'il avait appris, pire, à l'encontre même de son âme. Les Targaryen avaient perdu l'esprit pour de bon s'ils pensaient pouvoir insulter tour à tour tous les suzerains des Sept Royaumes. « Ainsi, une guerre ne leur a pas suffit. », déclara t-il d'une voix fatiguée. Était-ce là le moyen de garder leurs sujets occupés ? Vraiment, les Dragons n'étaient que des tyrans, tous autant qu'ils étaient. Le Suzerain du Val se sentait si fatigué. *Pourquoi, Jorah ?! Pourquoi ?! * Avait-il envie de lui crier. Mais il ne comprenait que trop bien, malheureusement. Et les liens familiaux qui auparavant avaient soudé une alliance plus solide que le meilleur alliage semblaient soudain bien lourds à porter. Qu'aurait pensé leur mère de tout cela ? Peut-être rien. Peut-être tout. Elle n'avait plus eu toute sa tête les derniers mois avant sa mort. Et elle n'était plus là pour l'aider, quoi qu'il en fut.

« Et quel est l'avis du Val et d'un certain nombre de mes vassaux à ce sujet ? » Sarcastique, mordant. Le pensait-elle aveugle à ce qui se déroulait autour de lui ?! La colère qu'il avait laissée dans la lice l'emplissait à nouveau. Non pas que ses vassaux l'écouteraient, même s'ils avaient juré de le faire. Le Duel avait prouvé cela. La parole donnée n'avait plus de valeur, même aux Eyrié, il semblerait. Ô comme il lui démangeait de mettre une correction à cette pimbêche qui se prenait pour la Reine du Val et de la Montagne. Martyn enrageait qu'on puisse demander l'avis de sa sœur avant le sien. Le seul réconfort se tenait dans le fait qu'Etaine avait passé des années dans le Nord et avait sans doute plus de liens avec eux que Martyn. Maigre réconfort que celui-là. « Va t-il falloir lâcher les chiens de guerre à nouveau, ma dame ? » Le titre était donné d'une voix où pointait toute son aversion pour cette situation. Comme si la sécheresse n'était pas déjà un mal assez grand pour se passer des famines et de la maladie qui suivent toujours les batailles, les champs brûlés pour affamer l'ennemi, les cultures piétinées par la cavalerie et les ruisseaux rendus impropres à la consommation à cause des cadavres tombés dedans. La puanteur des charnier et les meutes de charognards se repaissant des morts comme des blessés. Il avait depuis longtemps perdu le goût des batailles, s'il l'avait jamais vraiment eu. Et elle lui annonçait fièrement qu'une nouvelle guerre allait se déclarer.

Martyn espérait que les Targaryen auraient assez de jugeote pour pacifier le Loup, si cela était possible. Martyn en doutait, néanmoins. L'affront était trop important pour les demi-mesures et la séparation consommée.

Cette lettre changeait beaucoup de choses. Il n'allait pas pouvoir rester neutre. Il devrait prendre un parti, et Etaine allait sans doute vouloir s'en mêler... Ou le laisser agir pour ensuite mieux le critiquer. Il regarda sa sœur, la femme pour qui il avait livré bataille des années durant... Pour rien. Pour un mensonge. Et elle n'avait même pas la grâce de lui en être reconnaissante. Elle aurait voulu qu'il participe au sac de Port-Réal... Pour aider à mettre sur le trône ceux qui aujourd'hui insultaient leur cousin, leur sang. Il était soudainement heureux de ne pas s'être rangé à son avis. La situation avec ses vassaux s'en serait peut-être trouvée meilleure, mais ses relations avec son cousin en auraient pâti. Tout comme elles risquaient d'en pâtir s'il ne le rejoignait pas.

Martyn aurait voulu que Roslinn soit présente à ses côtés pour démêler ce nœud. Elle avait toujours eu une vision claire des manœuvres politiques et le Bief était bien plus impliqué dans le jeu des intrigues que le Val. Il irait la voir et lui demander conseil une fois cet entretien terminé.
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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: Martyn & Etaine ◊ Des nouvelles venues du Nord   Lun 11 Sep 2017 - 0:23




Wolves ask for help, what will the Eagles do ?

L’immobilité soudaine de Martyn trahit sa pensée plus qu’il ne le voulu certainement, décrochant un sourire en coin triomphant à Etaine qui s’effaça rapidement. Elle n’allait pas se réjouir de cette victoire, pas quand il s’agissait d’un sujet aussi sérieux que la situation de ses cousins du Nord. Il poussa un soupir, le temps que ses pensées ne s’organisent, vraisemblablement. La Colombe attendit sans bouger, n’osant plus non plus porter le moindre grain de raisin à ses lèvres. Ainsi, ils allaient pouvoir converser réellement d’un sujet politique. C’était la chance que la jeune femme n’espérait plus avoir depuis un certain temps. Quand il souligna que les conflits ne s’arrêteraient certainement jamais, elle eut un léger hochement de tête, consciente également de la fatigue morale et physique des hommes qui avaient pris les armes. Pour elle. Pour son honneur, pour la venger de cette injuste accusation, se méprenant sur le véritable visage de celui qui avait orchestré l’assassinat de l’homme qu’elle aimait. Comment Martyn avait-il pu la blâmer de vouloir le pousser à remonter des troupes à l’encontre de l’Usurpateur quand cette vengeance ne pouvait que l’aider à vivre ?

Le silence s’installa de nouveau entre les deux Arryn avant que Martyn ne vienne le briser. Ce fut comme s’il était venu l’attaquer avec son épée, l’acier fendant l’air pour venir l’agresser. Mais n’était-ce pas mérité ? Elle avait elle-même lancé l’avertissement, il ne faisait que jouer avec en lui montrant que oui, il se souvenait bien de cette situation désagréable dans laquelle elle l’avait mis. Etaine pinça les lèvres, lui adressant un regard noir. Comment une confiance pouvait-elle seulement revenir entre deux êtres qui ne faisaient que se déchirer l’un l’autre ? « Il n’y a aucun avis à ce sujet puisqu’aucun d’eux n’est encore au courant. » Elle aurait pu souligner avec insistance le fait qu’il était le premier qu’elle soit venue trouver afin de l’informer de cette nouvelle capitale mais cela lui aurait accordé trop d’importance, lui qui ne méritait plus même son titre de seigneur suzerain. L’Honneur n’est plus en toi, mon frère. Seule la rancœur et la colère subsistent, telles qu’elles le font en Jorah. Elle porta de nouveau un grain de raisin à sa bouche, essayant de se calmer à l’aide du jus sucré qu’il vint déposer sur sa langue dès qu’elle planta ses dents dans sa chair.

Et finalement, ce fut l’attaque de trop. Etaine ignorait tout des intentions de son frères dans une discussion telle que celle-ci et pourtant, sa puérilité était à vomir. Il l’insultait. Ouvertement. Et c’était bien trop comparé à ce qu’elle pouvait tolérer. « Cesse donc tes enfantillages, mon frère, ou je ne tarderais pas à faire demander la présence de ton épouse pour qu’elle te punisse ou ne prenne ta défense comme un enfant se réfugiant dans les jupons de sa mère. » Et Roslinn profitait bien trop de cette situation. Où était l’homme sous le poids de cette guerre passée ? Parfois, la Colombe souhaitait que leurs rôles n’aient été inversé en ces temps belliqueux ainsi, Martyn rayonnerait en ce temps et non elle. S’appuyant sur la table, elle se pencha en avant. « Te crois-tu réellement en droit de m’accuser de ce qu’il arrive, Martyn ? Tout cela n’est que le résultat de ton inactivité, de ce silence et de ce sommeil dans lequel tu sembles t’être plongé depuis l’annonce de cette traitrise… A moins que ce ne soit la naissance de ta fille qui t’ait plongé dans cette léthargie maladive ? » Elle haussa un sourcil, attaquant là où ça faisait mal. Elle voulait le provoquer, encore, elle voulait le voir se dresser devant elle en lui affirmant autre chose qu’il était le suzerain du Val et qu’elle devait se taire. Il fallait que quelque chose se passe, qu’il reconnaisse raison à sa benjamine pour qu’enfin, elle l’aide à se relever, main dans la main. Mais l’Honneur de Martyn, aussi perdu pouvait-il être, se voulait plus haut encore qu’il ne pouvait l’imaginer.

Se rasseyant au fond de son fauteuil, elle lui adressa un regard mauvais, prête à attaquer de nouveau. « La seule chose dont je suis coupable est de ne pas avoir découragé le seigneur Bryen à lancer ce duel. De cela, mon frère, tu peux me blâmer. Mais où serais-je aujourd’hui si ce n’est enfermée entre quatre murs et condamnée à me taire si tel avait été le cas ? Bryen a agi, en mon nom, montrant l’éveil de l’un des Aigles de notre maison. Où étais-tu, mon frère, quand tous attendaient que ta voix résonne entre ces murs pour leur ordonner d’agir ? »

© Belzébuth

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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement
MessageSujet: Re: Martyn & Etaine ◊ Des nouvelles venues du Nord   Lun 11 Sep 2017 - 19:34

Martyn entreprit de mâcher un quartier de pomme. Elle n'avait pas encore prévenu ses alliés. Légère victoire que celle-là. Au moins elle n'avait pas gardé l'information pour elle seule. Bien sûr, il en serait averti dans de brefs délais, mais les nouvelles de ce genre sont toujours importantes pour le domaine. Mais elle ne tarderait sans doute pas à prévenir les autres nobles, il en était certain. Le Sunderland serait informé en premier, certainement. Quelle guigne qu'il se soit proposé en champion, lui issu d'une maison ayant déjà beaucoup de difficulté à ployer l'échine ! Mais ce n'était pas étonnant, Bryen avait eu l'occasion de faire un pied de nez à son suzerain, il ne l'avait pas manquée. Dommage qu'il ne soit pas décédé, au lieu d'Eoden. Il demanda son avis à Etaine. Allaient-ils devoir partir en guerre à nouveau ? Sa rancœur devait s'être clairement entendue, ainsi qu'il l'avait voulu. Il avait su que sa soeur était pleine de fiel, mais il n'aurait pas pensé que ses mots la rendent aussi directe. Les oreilles du suzerain du Val sifflaient. Comment osait-elle ?!

Le chevalier restait calme, en surface du moins. Les apparences étaient tout. Ses yeux lançaient des éclairs, néanmoins. De quel droit lui parlait-elle ainsi ?! Elle était sa soeur, et c'est vrai qu'ils avaient toujours été très différents l'un de l'autre. Lui réfléchi alors qu'elle fonçait tête baissée vers le danger. Il aurait pu le tolérer, en souvenirs des ans passés ensemble à courir les jardins... Jusqu'au mot de trop. Elle l'insultait, lui, son épouse et sa fille. Surtout Roslinn et Lorelei. D'un bond, il se redressa sur son siège, frappant du poing sur la table, lâchant la pomme, mais pas le couteau serré dans des doigts devenus blancs, ses traits déformés par une colère noire.

« Silence ! C'est la dernière fois que tu m'insultes moi, mon épouse ou notre fille sous mon toit ! » Il était furieux. Elle avait dépassé les limites en touchant au sujet de Lorelei et Roslinn. Les femmes ne s'appréciaient pas, soit ! Mais il ne tolérerait pas que cela devienne public. Elle ferait bien de modérer ses paroles. La voix de Martyn était froide et chargée de colère, « Inactivité ? Léthargie maladive ?! Ma chère soeur tu ferais bien d'en souffrir toi aussi ! Depuis ton retour tu n'as cherché qu'à causer des troubles là où il y avait la paix ! Tu retournes mes vassaux contre moi, tu montes les serviteurs contre Dame Roslinn, tu fomentes la dissension et prêches la guerre partout où tu vas. C'est assez ! Le Val a assez souffert sans jeter en plus de l'huile sur le feu. Maegor est mort. Eoden est mort. Cela ne te suffit-il pas ? Quel sang devra couler pour apaiser ta soif de violence ? Combien devront mourir encore sur le chemin de ta quête de vengeance ? »

Ne se rendait-elle pas compte qu'elle était en train de détruire leur famille ? Elle l'avait mis dans une position délicate lors du duel, elle avait exacerbé les tensions déjà présentes dans sa Maison et ne semblait toujours pas s'en repentir.

« Tu le dis toi-même. Tu aurais pu insister pour annuler le duel. Tu as fais le choix de montrer à tous nos dissensions. Tu as fait le choix d'affaiblir les Arryn encore plus qu'ils ne l'étaient déjà. Dis-moi, ma soeur, toi qui te penses au-dessus de tout reproche ; où était ton sens de l'honneur quand tu t'es offerte à Tristam Martell avant votre nuit de noces ? » Il balaya toute tentative de réponse d'un geste de la main. Car ce n'était pas tout, il était loin d'en avoir fini. « Et même si cela n'était qu'une erreur de jeunesse, une action faite en toute naïveté, où se trouve ton sens du devoir aujourd'hui encore ? Tu as passé de nombreux jours loin des Eyrié. Dois-je m'attendre à accueillir de nouveaux bâtards dans ma Maison ? » Il la fixa dans les yeux, les gris de son regard plus acéré qu'une lame, la voix basse et pleine de fiel, « Dis-moi ma soeur, le Triton est-il un bon amant ? »

Il devenait vulgaire, mais elle avait réussi à le faire sortir de ses gonds. Il n'avait aucune idée de la relation exacte qui régnait entre Bryen et Etaine, mais il avait néanmoins pu noter l'admiration du chevalier pour la dame... Dame qui avait profité du chevalier pour faire avancer ses complots. La question était de savoir si Bryen se rendait compte de la situation ou si elle l'aveuglait au point qu'il en ait oublié tout sens commun. Mais une chose était certaine. Le départ d'Etaine pour les Soeurs avait fait jaser, et continuait de le faire. Et cela, il ne pouvait le tolérer. La devise de leur maison était une des choses qui faisaient la prospérité du Val. Si les autres suzerains se mettaient à douter de leur honneur, ils perdraient en réputation, et cela risquait d'inviter à des attaques de l'extérieur. La moindre faiblesse serait exploitée, il le savait.

Elle voulait qu'il prenne des décisions ? Qu'il parle d'une voix forte et résonnante ? Eh bien, il parlait désormais. Tant pis pour elle si elle n'appréciait pas de l'entendre !
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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: Martyn & Etaine ◊ Des nouvelles venues du Nord   Mar 12 Sep 2017 - 23:57




Wolves ask for help, what will the Eagles do ?

Il frappa du poing sur la table, faisait sursauter la Colombe qui s’était pourtant attendue à ce genre de réaction. Oui, mon frère, extériorise cette colère… Elle aurait pu, elle aurait souri de manière triomphale mais, une fois de plus, elle ne souhaitait pas accorder un tel plaisir à montrer à son frère ce à quoi elle aspirait en se montrant si dure. Cependant, elle ne comptait pas cesser d’insulter cette rose putride et qui commençait à se flétrir. Non, elle espérait bien l’arracher sauvagement du Val pour la jeter aux orties une bonne fois pour toute. Elle aurait voulu rire, rappelant à son frère le manque de légitimité de sa propre fille qui passait après ses cousins. Sa seule assurance était de les savoir bâtards, mais, pour combien de temps ? Il suffisait d’un mot, une demande au Roi pour que le second fils d’Etaine ne devienne plus légitime de récupérer le trône de barral que cette misérable Loreleï.

Puis, les reproches trouvèrent un juste retour. Il était vrai que depuis l’annonce de la manigance orchestrée par Maegor, la Colombe, annonciatrice de paix, s’était muée en une harpie sanguinaire qui ne désirait plus que la vengeance et le sang de ces coupables versé sur le sol froid de la Capitale. Mais Martyn se trompait une fois de plus : nulle région n’avait connu la paix jusqu’à l’annonce de la mort du tyran. Etaine n’avait jamais ramené les conflits, ils s’étaient fabriqués d’eux-mêmes. Pour ce qui était de Roslinn, il n’avait pas tort, mais Etaine et la Bieffoise ne s’entendraient jamais et qui d’une dame des Eyriés de naissance ou d’alliance pouvait décemment mieux obtenir les faveurs des servantes ? Roslinn n’avait-elle pas commencé en poussant Martyn à ce que ce mariage avec le Veneur ait lieu.

En revanche, elle ne comprenait plus les dernières accusations dont il l’accusait. Etait-elle venue pour déclarer une nouvelle guerre ? Il ne lui semblait pas, au contraire. Si elle le pouvait, elle ferait entendre raison à Jorah pour qu’il renonce à ce projet fou. Encore une fois, l’Aiglon avait tort : sa sœur s’était apaisée. Le départ de Jace pour Dorne, ses sentiments encore indomptés pour Bryen… Son désir de voir le Val reprendre l’Honneur qui est sien. La jeune et belliqueuse femme avait mûri et avait dessiné d’autres projets, s’appuyant de concert avec sa cousine Catelyn pour que leurs désirs puissent voir le jour et qu’un Val prospère, à nouveau, se dresse au sein de Westeros.

Elle ne répondit pas, attendant simplement qu’il ne s’arrête pour lui répondre. Mais la mention de Tristam réveilla cette rage qu’elle avait au fond d’elle, cette plaie béante au milieu de son cœur. La bassesse de l’attaque la blessa autant qu’elle la poussa à se dresser à son tour pour répondre. Mais alors qu’elle espérait bien lui offrir le fond de sa pensée à ce sujet, il leva une main autoritaire qui était là pour mieux étouffer la jeune femme. Et il reprit de plus belle, attaquant désormais un terrain très pentu et pourtant très sensible pour elle. Plus il avançait dans ses mots, plus elle sentait ses dents se serrer. Et le coup final fut du même gabarit qu’un couteau qu’on lui plantait entre deux omoplates. « Comment oses-tu… » Sa voix était sifflante, annonciatrice de l’ouragan qu’il venait de réveiller et qu’il allait devoir traverser. Les silences s’étaient bien trop installés entre eux à tel point qu’aujourd’hui, parler leur était impossible. Les Aigles se battaient dans les airs, cherchant à prendre possession d’un ciel qu’ils pouvaient partager en volant côte à côte.

S’appuyant sur le bureau, elle prit une profonde inspiration. « Plus jamais… Ne salis plus jamais la mémoire de Tristam devant moi… Tu ne vaux pas mieux que le Cruel lui-même en agissant de la sorte… » Elle se rassit dans son siège de manière machinale, cherchant à contrôler son impulsivité, son agressivité… Cherchant à tempérer la colère qui grondait, tel l’orage menaçant sur les sommets des montagnes. « Tu n’étais pas là… Oh que non, tu n’étais pas là, mon frère. Tu m’as vendue, comme on se débarrasse d’un animal de compagnie, comme on solde un bout de viande… Je suis arrivée seule dans un pays qui m’était inconnu et où j’ai dû survivre une année durant, ne pouvant compter que sur les bras de Tristam pour me consoler quand ma famille me manquait… C’était à toi de jouer le rôle de chaperon, père n’étant plus là… Où étais-tu, le jour de mes noces ? Où étais-tu quand mon rêve s’est transformé en un cauchemar éveillé ? Quand Tristam est tombé de sa chaise à mes côtés, me laissant impuissante devant une mort qu’il avait deviné ? Quand la princesse Myrcella m’a fait arracher à son corps encore chaud pour m’envoyer croupir dans une cellule noire et froide, n’ayant plus que mon cœur saignant et l’envie même de perdre la vie ? Oh, mon frère… Mon cher frère… Comme tu dois regretter le jour où tu es venu me chercher dans ces prisons où mon âme s’est brisée encore et encore, attendant la mort sans qu’elle ne daigne venir… » Elle eut un rire qui laissait transparaître une certaine folie tandis qu’elle s’empara du pichet de vin, servant les deux gobelets pour mieux en prendre un. « Ton cœur ne cesse-t-il pas de te le répéter ? Ne préfères-tu pas me voir morte ? » Elle but d’une traite le contenu de son verre.

Etaine semblait possédée. Possédée par cette rancœur qui était née au fond d’elle quand, au fil des jours, son frère avait fait d’elle une étrangère au sein même de sa maison. « Suis-je seulement censée te remercier… ? M’agenouiller devant toi et te baiser la main ? Après tout, durant cinq ans, je n’ai eu le droit de quitter les Eyriés. Durant cinq ans, il a fallu me cacher au reste du monde, moi, la jeune sœur déshonorée qui portait dans ses bagages deux enfants… Mais Martyn… Sais-tu ce que cela fait ? Sais-tu à quel point mon cœur s’est brisé durant tout ce temps ? Combien j’avais besoin de mon frère et de son soutien quand lui n’écoutait que le poison doux de sa Rose fourrée d’épines ? » Elle ferma les yeux un court instant, cherchant à se remémorer tous ces moments vécus et pourtant si douloureux. « Si je suis fière de mes enfants et de leur naissance, je ne le suis pas de la manière dont les choses se sont déroulées. Mais comment aurais-je pu seulement deviner… Comment aurais-je pu savoir qu’un acte aussi peu honorable serait à jamais découvert ? J’ai épousé Tristam. J’ai été sa femme. Si la cérémonie du coucher avait eu lieu avant le dîner, ce seraient deux Princes… Ce sont des Princes. Je n’ai cédé qu’à une chose que jamais, mon frère, tu ne seras capable de connaître tant l’Amour qui me dévorait dès que mon regard croisait le sien était puissant… Le plus fort des hommes n’aurait su résister. » Rouvrant les paupières, elle laissa échapper un regard mélancolique, doux et tendre que peu de gens aux Eyriés lui connaissaient.

Puis, poussant un soupir, son regard se fit de nouveau acéré. « Alors oui, je voulais cette vengeance… Vengeance que tu ne m’as que peu accordé, préférant une neutralité quand il aurait fallu prendre les armes contre ce monstre manipulateur qu’était Maegor. Pire encore, tu t’es laissé manipuler par plus avide que toi. Qui t’as fait entendre que me marier avec le Veneur était une riche idée, mon frère ? Interroge donc toi là-dessus et tu auras devant toi le véritable coupable de tout ce qui nous déchire aujourd’hui. » Elle se leva à nouveau, faisant quelques pas pour, encore et toujours, essayer de calmer ses humeurs enflammées. « Tu ne sais rien de ce qu’il se passe entre Bryen et moi… Mais je considère qu’il m’a sauvé la vie… Car oui, loin de m’avoir sauvé de ce mariage, il m’a délivrée d’entrave. Si mes noces avec Eoden avaient eu lieu, j’aurais sauté de moi-même par la Porte de la Lune. Je n’aurais pu endurer cela. Mais toi… Toi mon frère, tu ne souhaites que ma mort… » Faisant le tour du bureau, elle finit par se planter devant lui. Posé sur la table, elle s’empara du couteau qui avait servi à Martyn à couper sa pomme. Il put croire un court instant qu’elle allait s’en prendre à lui mais, rapidement, elle posa la pointe de l’arme contre son sein, réduisant l’écart entre eux. Se saisissant de sa main, elle la posa sur le manche le forçant à tenir l’outil. « Alors vas-y… A t’entendre, mon petit Martyn, je suis la cause de tous tes maux… Si tu me tues, tu les anéantiras, n’est-ce pas ? Tu n’es plus l’enfant fragile, tu es un homme maintenant… Alors, agis en tant que tel ! Par deux fois, tu as manqué de chance pour qu’enfin ton Etranger vienne me prendre… Que reste-t-il entre nous si ce n’est rancœur et haine, mon frère ? Mets fin à cela… Maintenant ! » Ses yeux verts s’étaient plaqués, durs et froids, dans ceux de son aîné. Un court instant, elle songea à Leandra. Qu’aurais-tu dit, ma sœur, devant notre propre destruction ?

© Belzébuth

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The Fallen Princess
Winter was Coming and then, I've been on the top, Unbent, Unbowed and Unbroken. Now, I just wanna be as High as Honor
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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement
MessageSujet: Re: Martyn & Etaine ◊ Des nouvelles venues du Nord   Mer 13 Sep 2017 - 22:07

Apparemment il avait fait mouche. Ses mots avaient dépassé ses propos habituels, mais il était trop tard pour les reprendre, même s'il l'avait voulu. Elle devait l'écouter, Qu'elle sache le mal qu'elle avait commis, envers lui, envers les Arryn et envers le Val entier. Et enfin, elle lui répondit, sa colère un miroir de celle qui lui brûlait les tripes. Il étrécit ses yeux quand elle le compara au roi défunt, et allait répliquer quand elle enchaîna, le noyant de reproches... Il l'écoutait d'une oreille attentive mais loin de lui être amicale. Elle savait. Petite-fille de Roi, elle aurait dû se souvenir. Visiblement, elle n'avait pas encore compris. Une fille issue d'une famille comme la leur servait à renforcer les alliances, à nouer des liens avec d'autres afin de faire prospérer son berceau natal et celui de son adoption. Comment pouvait-elle avoir oublié cela ? C'était à cela que servaient les femmes. A garantir la paix, alors que trop de chevaliers réclamaient la souveraineté par la force des armes. Oui, il l'avait proposée en mariage au prince de Dorne. Un noble parti, digne d'elle et qui, au vu des enfants qu'elle avait pondus, le l'avait pas dérangée outre-mesure.

Il ne toucha pas au verre servi par sa soeur, trop absorbé dans ses pensées et sa colère pour autre chose que l'immobilité.

« L'honneur n'est pas une tunique dont on se débarrasse quand le besoin s'en fait sentir, pour le récupérer, plus tard à notre convenance. Comment aurais-tu pu penser qu'un tel acte ne resterait pas secret ?! Je te le demande ! Comment as-tu pu oublier ta devise ? Comment as-tu pu te perdre à ce point ? Je n'étais point là pour votre union, c'est vrai, mais tu n'avais nullement l'air d'avoir besoin d'un chaperon... Je me suis fourvoyé sur ce point, il est vrai. » Il pourrait dire qu'il en était désolé, mais il était bien trop tard pour des excuses, même s'il avait eu envie de les lui donner. Il s'en voudrait pour le reste de ses jours.

Son Etranger ?! Il ne releva pas mais nota tout de même l'étrange choix des mots de sa soeur. S'était-elle convertie à d'autres dieux que les Sept ? Il veillerait à le vérifier.

Une main sur le manche du couteau, il posa l'autre sur l'épaule de sa sœur, pour l'empêcher de bouger, sans la quitter du regard. Il déplaça la lame un pouce, afin qu'elle repose là où se trouvait réellement le cœur. « Si tu veux tuer quelqu'un, ma sœur, tu devrais apprendre à mieux viser. » Pas sûr que la lame puisse percer la gangue de pierre qui enfermait le palpitant de sa chère Etaine, néanmoins.

Mais il devait avouer que son offre était tentante. Un geste rapide, une chute par une des fenêtres, et qui verrait la différence ? Si simple. Et pourtant. Elle ne valait pas tous les troubles que causerait sa mort. Ce serait la rébellion pour sûr si elle venait à décéder dans des circonstances obscures. Une part de lui-même était horrifié par ses pensées. Il garda ses yeux braqués dans les siens, restant immobile un temps avant de bouger,

« Je suis peut-être de nombreuses choses horribles, mais je ne suis pas un meurtrier, encore moins un fratricide. Tu en as assez de ta vie, mets-y fin par toi-même. » Sa voix était froide et chargée du mépris qu'il ressentait face à ce genre de comportement. D'un geste du poignet, il lui fit lâcher le couteau, qu'il jeta sur la table sans plus y accorder d'importance. Il n'allait certainement pas lui obéir. Elle était sa sœur, et s'il détestait ce qu'elle était devenue, il ne pouvait se résoudre non plus à l'éliminer. Elle était de son sang, même si elle semblait l'avoir oublié ces derniers mois ; devenue mi-louve, mi serpent ; pleine de hargne et de venin.

Quant à lui... Il avait peut-être été un enfant fragile et timide, c'était vrai, mais la guerre avait brûlé une bonne partie de son innocence, pour ne plus laisser derrière elle qu'un commandant désabusé et amer. Etaine n'avait aucune idée de ce qu'était la guerre. Elle ne s'endormait pas avec les images des hommes morts sous son commandement tous les soirs dès qu'il fermait les paupières. Elle ne les entendait pas hurler, agoniser et pleurer leur mère quand venait le moment pour eux de mourir. Elle le disait trop mou, mais ce n'était que de la raison qui parlait. Il avait vu ce que se montrer dur signifiait, l'avait touché du doigt et il en payait toujours le prix aujourd'hui, même s'il ne le lui avouerait jamais. Martyn se détourna de sa soeur pour attraper le verre de vin intact et se rasseoir, avant d'y boire longuement. Elle ne pouvait comprendre le prix qu'il paierait toujours pour s'être engagé sur le chemin de la vengeance.

Bien sûr, Dorne devait toujours des explications concernant les conditions de détention d'Etaine. Un cachot n'était pas digne d'elle. Ils auraient pu la garder en otage dans des appartements royaux. Mais il y avait d'autres moyens que les batailles pour régler ce genre de différends.

Il attendit pour voir si la Colombe allait se saisir à nouveau de la lame ou se jeter dans le vide. Quand elle ne fit ni l'un ni l'autre, il enchaîna d'une voix calmée, mais où perçait le peu de patience qu'il avait pour le sujet,

« Eoden était un bon parti. Il aurait donné un nom à tes fils, il t'aurait donné une place à ses côtés, il était mon bras droit, tu aurais pu rester ici même et continuer à me conseiller. » Eoden l'aurait peut-être fait descendre du piédestal sur lequel elle tenait tant à se pavaner, mais descendre d'une ou deux marches lui aurait fait le plus grand bien. C'était Roslinn qui avait soutenu l'idée de ce mariage, lui avançant ces mêmes arguments. Mais ils n'était pas sans raison, au contraire de ce qu'Etaine n'avait vu que comme une insulte. « Lady Roslinn n'a rien à voir dans nos querelles. Elle t'a tendu une main secourable et tu n'as eu de cesse de la refuser. » Etaine avait eu elle-même des difficultés pour s'intégrer à sa belle-famille, ne pouvait-elle comprendre et faire montre de tolérance envers sa Rose ? Pourquoi cherchait-elle tant à nuire à son épouse ? « Tu veux en vouloir à quelqu'un pour tes courtes fiançailles, prends-t'en à moi. Pas à elle. » Il avait par contre appris à réfléchir avant d'agir, au contraire de sa cadette. Sa voix se fit plus sèche alors qu'il cherchait à nouveau son regard. « Quoi que tu puisses croire, je suis encore capable de prendre des décisions sans me réfugier dans les jupes de qui que ce soit. »
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Martyn & Etaine ◊ Des nouvelles venues du Nord

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