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 L'aube d'un monde qui se scinde

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Catelyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port Réal, Couronnement.
MessageSujet: L'aube d'un monde qui se scinde   Mer 6 Sep 2017 - 23:29



au Faucon des Eyrié


Le Donjon-Rouge, An 49, Lune 2, Jour 7



Ces nouvelles qui arrivent des contrées reculées, leurs susurres viennent se loger entre les rainures. Ils ne me disent rien, mais les rainures parlent pour eux. Elle sont comme les nuages de brumes dans lesquelles se cachent les montures et leurs armures. On les soupçonne à peine, mais elles grossissent jusqu’à embrasser l’horizon. Tout l’horizon.



Ce corbeau qui vous vient en ce jour, aucune félonie n’y est dissimulée. Il est les maux d’une âme tourmentée. On dit que de la main de notre cousin des lettres ont été signées et envoyées. J’ai perdu depuis bien longtemps le droit de vous demander quelles seront vos décisions ou de les influer. D'aucuns diraient que je dois implorer votre saint pardon, implorer l’oubli et la miséricorde. Je l'ai voulu, je l'ai prié, mais la Jouvencelle est morte. Désormais, elle sait où se jettent les rivières de ses vallées. Les eaux se perdent pour toujours, loin de leurs sources natales et vitales. 
Comme elles, elle a disparu à jamais.

Ils nous ont dit « soyez aussi haut qu’Honneur. Parce qu'il n’y a pas d’erreur quand le coeur est droit. Il n’y a pas d’erreur quand le coeur est juste. Plus que des êtres humains, soyez des allégories. » Ils nous ont dit que si devise nous incarnons, les rayons lunaires viendraient toujours éclairer notre chemin.La lumière dans l’obscurité. La Jouvencelle s’était promise de l’être, Luindil, cet astre nocturne qui jamais ne vacille. La Jouvencelle l’avait promis à ses ancêtres, mais si dans ses yeux dansaient les étoiles éternelles lui ne les avaient pas vues. Qu'importe puisque, broyé sous le joug de autres, le chevalier d'antan est mort, lui aussi? Aujourd’hui, laissez la mère se présenter aux pieds des vestiges de ces deux êtres. La mère qui présente ses paumes ouvertes pour bénir ces enfants dont le Destin n'a jamais été écrit.

Agenouillée, elle demande ; vous souvenez-vous de votre enfance monseigneur? Moi, je m’en souviens pour vous. Je me souviens de ces longues soirées auprès de l’âtre, ces nuits noires où père nous racontait les légendes de nos montagnes. Tant d’histoires que nous tordions nos têtes pour tenter d’y déceler la vérité et le faux. Combien de fois n'ai-je pas couru pousser vos lourdes portes par peur de leurs fantômes? Monseigneur, les souvenirs ont la part belle! Il n’y avait ni vérité. Il n’y avait ni mensonges. Père voulait nous donner une leçon simple. Si simple que nous l'avons oubliée.

Aux Eyrié on raconte que l’on peut voir jusqu’après les mers. On raconte que la forteresse touche le toit du Ciel et que ses bâtisseurs ont du toucher les étoiles pour terminer les dômes. Nous sommes au crépuscule d’un monde dont notre père est le seul vestige. Nous sommes à l’aube d’un monde qui se sépare. De cette fissure, nous périrons tous les deux. Nul besoin de gitane du marché Goëville et de leurs lignes de la main… Nous ne sommes pas fait pour les maux de cette terre, nous sommes trop purs. La bêtise nous entache et aucun flagelle ne serait les faire disparaître. « Aux Eyrié ils racontent que l’on peut voir jusqu’après les mers. On raconte que la forteresse touche le toit du Ciel et que les bâtisseurs ont du toucher les étoiles pour terminer les dômes. » Je peux encore entendre les paysans chanter ces paroles…

Une Main peut changer la face du monde. Un prochain Roi peut ordonner un vassal. Une femme peut fuir ses responsabilités et épouser son sang. Un cousin peut implorer un autre. Une soeur peut faire bouger son frère... mais l’homme peut aussi se déplacer seul. Alors seulement, l’homme commence son propre jeu. Qu'ils nous dictent nos actes, qu'ils nous rappellent nos allégeances, qu'ils prétendent invoquer notre honneur : une âme n’a qu'un seul corps. Elle ne réponds que de lui et ce même quand les puissants et les Rois lui commandent ses gestes. Oui, même quand le poids d'un peuple est entre nos mains. La mère agenouillée, prends vos mains, elle les baise et elle les ferme. Quand nous nous tiendrons devant les Sept, nous ne pourrons dire que nos actes ont été décidé par les autres ou que l'honneur, au milieu des marécages, n'avait pas sa place. La Jouvencelle et la Mère, la fière Valoise porte des doigts sur un coeur trop loin et elle dit, ce ne sera pas suffisant.

Nul besoin des gitanes de Goëville, nul besoin des gitanes de Goëville mon cousin... laissez-moi vous le dire, nous sommes à l'aube d'un monde qui se scinde.

Parlez et nous écouterons. Parlez haut et fort et nos coeurs battront à l'unissons.

Catelyn.






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AS HIGH AS HONOR
You were annoyed by the Seven, blessed by the moon but you don't yet possesses what really matters : the power. Without it you  will perish and all of Vale along with you. And now you dream of paradise but you must build it for yourself and let all the world know Catelyn Arryn has arrived.
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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement
MessageSujet: Re: L'aube d'un monde qui se scinde   Sam 9 Sep 2017 - 19:16

A l'attention de Lady Catelyn Rougefort,

Les Eyrié, An 49, Lune 2, jour 10

Ma chère cousine,

Je peux entendre les craquements du vase qui se brise. Des mains protectrices peuvent tenter de maintenir le fragile récipient en un seul morceau le plus longtemps possible, arrive un moment où il vole en éclats, libérant au passage les serpents contenus à l'intérieur et qui n'ont de cesse de tenter de s'échapper. Il est des fêlures que la meilleure résine ne saurait colmater. Le Forgeron lui-même se trouverait désemparé face à la tâche à accomplir.

Le Père a rendu justice. Sa voix s'est faite entendre jusqu'aux vallées les plus reculées du monde, avec assez de force pour fendiller le vase déjà fragile. Mais Son jugement est sans appel. Il nous appartient seulement de le respecter et d'agir en conséquence. Des serpents ont vu le jour, et déjà se faufilent dans les foyers. Partout, ils rampent, préparant leur venin, attendant le moment de mordre. La seule question est de savoir quels seront les premiers à succomber.

Des longues soirées d'antan, je me remémore et me demande ce qu'est devenue ma chère amie, celle qui de ses mains pansait mes blessures. Le timide chaton a laissé place à une chatte aux griffes acérées, quand le chevalier a battu en retraite sous les coups de ses assaillants. Il a été blessé, trompé et trahi par ceux qu'il défendait, poignardé dans le dos. A genoux devant la tombe du chevalier, la mère peut pleurer ; toutes les larmes de son corps ne le ramèneront pas à la vie. Je déplore moi aussi cet état de fait. Ce qui n'enlève rien au voile de tristesse qui se dresse devant mes yeux quand du haut de mes appartements je contemple la Montagne et le Val. Ô combien nous avons tous trahi ce que nous fûmes ! Ma chère cousine, que sommes-nous donc devenus, au regard de ceux qui nous ont précédé ? Rien de plus que les fantômes dont votre Père nous contait le destin tragique à la lueur des flammes. Cela aurait-il pu être évité ? Je ne le pense pas. Comme vous l'avez écrit, ce monde-ci ne laisse pas de place pour les allégories. Ce monde foule au pieds ceux qui osent encore croire à une quelconque vertu, à une vérité autre que l'ambition. J'ai été assez idiot pour espérer que survive ne fusse qu'une parcelle de ce qui était. Mais il semblerait que des feux brûlent aujourd'hui, qui guident les âmes vers des contrées qui -je le crois- ne sont que mirages, mais malgré tout, encore plus réelles que nous ne le sommes.

Le faucon est un chasseur solitaire, de par sa nature. Il plane, haut dans les cieux, son œil aux aguets. Et, si d'aucuns le voient plonger à vitesse vertigineuse ; lui qui était si élevé qu'on le distinguait à peine, ce n'est pas pour se heurter aux rochers, mais bien pour se sustenter. Sans la giboyeuse vallée, il ne saurait survivre.

Il peut être utilisé par d'autres, et on lui encapuchonne les yeux, à dessein, l'aveuglant afin de l'envoyer vers un objectif. Mais il arrive que le rapace reprenne sa liberté, et tous les jets attachés à ses serres ne sauraient le faire obéir, une fois qu'il a quitté le poing, pas plus que le plus tendre des pâts. Où vole-t-il, l'oiseau qui recouvre sa liberté ? Vers son nid, bien sûr. Il a pu perdre des plumes dans l'aventure, le faucon. Mais pire que la captivité sont encore ses espoirs détruits, comme autant de coquilles d’œufs brisés alors qu'aucun fauconneau ne réclame de nourriture. Quand le nid est désert, ou pire, a été envahi par d'autres rapaces, que reste t-il ? Le faucon plane haut dans le ciel, invisible aux yeux des humains, mais toujours présent malgré tout.

Prenez garde à vous, cousine. Les loups hurlent à la lune, leur chant une invitation à la chasse. Une seule certitude : le sang coulera.


Votre cousin, Martyn

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Catelyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port Réal, Couronnement.
MessageSujet: Re: L'aube d'un monde qui se scinde   Jeu 14 Sep 2017 - 0:39



au Faucon des Eyrié


Le Donjon-Rouge, An 49, Lune 2, Jour 13



Martyn,

Fille de Barral, je suis. Si l’Aurore doit à nouveau être vernaculaire, si l’oiseau doit à nouveau retrouver sa liberté, je serai vôtre. Mes chevaliers, ma vie, celle de mon fils seront vôtre. Hauts et fiers, derrière vous, les oriflammes alignés. Retrouvez foi en nos valeurs, en nos coutumes. Retrouvez foi et le feu pourra bien pourfendre le Ciel nous demeurerons invaincus. Ce que nous fûmes est mort et exilé. Néanmoins, les passions anciennes agitent toujours nos âmes héritières. Nous sommes toujours là. Pour qui sonne le glas, Martyn? Certainement pas pour les couards et les soumis.

Notre maison tombe en ruine, notre famille se défait. Trouvez un moyen de nous unir à nouveau où les larmes d’Alyssa ne seraient être assez abondantes. Il vous faut puiser en vous mon cousin, il vous puiser en vous une force nouvelle. Elle n’a jamais été demandé à nos aïeux, mais elle demeure cachée en votre coeur. Vous dîtes contempler les Montagnes, comment cela peut être? Vous êtes les Montagnes du Val.

Nous sommes nés de leurs entrailles, en nos veines coule cette souveraineté inaliénable. Nous ne succomberons jamais au venin. Le venin n’est destiné qu’au commun des mortels. Dans les Cieux, nous sommes bien trop hauts pour nous laisser dépérir par lui. Si vous ne le comprenez pas, d’autres l’ont compris. Ils sont nombreux les Seigneurs du Val à ployer leurs genoux envers notre Colombe. Il vous faut les comprendre, il vous faut les comprendre puis les assujettir à nouveau à votre volonté. 

Mes serres acérées vous font horreur. Il ne devrait pas être. Elles défendront jusqu’à leur mort glorieuse l'Honneur du Val. Vos actes ont fait de moi ce que je suis. Nos pères et nos mères passés ont fait de moi un astre gardien de nos terres. Dussé-je me donner la mort pour notre sauvegarde, je le ferai.

Que répondra la Lune aux Loups qui la hurle? Le faucon est un chasseur solitaire, mais il n’est rien sans les siens. Souvenez-vous qui nous sommes. Un Homme n’aurait pas le temps d’une vie entière pour remonter à la source de notre lignée. Etrange supplice quand on sait que les heures nous sont comptées. Prenez position Monseigneur, prenez position sur l’échiquier. S’il le faut, laissez-moi une dernière fois panser vos blessures. Je panse vos maux et vos incertitudes. Je baise vos cicatrices et dépose en vos mains une dernière détermination. 


Mon cousin, mon aimé, ne craignez pas pour nos vies. Nous ne naissons que pour mourir, sauvez notre Honneur. Ramenez la lumière qui nous a été dérobée. Si votre choix est motivé par notre devise, alors tous nous nous inclinerons à nouveau.

Catelyn.






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