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 Les blessures du corps reflètent celles de l'âme ♦ Banneth & Elinor

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Les blessures du corps reflètent celles de l'âme ♦ Banneth & Elinor   Dim 10 Sep 2017 - 12:56




Heal my soul
La chaleur lourde de la Capitale devenait de moins en moins gérable pour tous ses habitants. Les effluves putrides qu’elle apportait n’aidait en rien au confort des mieux lotis qui se voyaient tous forcés de rester au Donjon Rouge pour éviter la crasse environnante des rues. Tous semblaient attendre une pluie qui, jamais plus ne viendrait. Ils suffoquaient plus qu’ils ne respiraient. Ils paraissaient plus qu’ils ne festoyaient avec enthousiasme. Ou encore, ils somnolaient plus qu’ils ne pouvaient trouver un sommeil réparateur. Bien des âmes étaient devenues irritables, voire parfois même insupportables pour leur entourage. Les dames se prélassaient dans des bains d’une durée incroyable et les seigneurs n’avaient de cesse d’espérer pouvoir, à leur tour, profiter des eaux fraiches quitte à se baigner dans la Nera ou la baie. Les chasses devenaient un fardeau d’autant plus que le gibier semblait s’être fait rare. Il n’y avait plus aucun plaisir dans la vie de Cour tout comme peu de plaisir semblait exister à Westeros. Seuls les Targaryen, les dragons, semblaient capables de supporter cette forte chaleur…

« Lady Elinor, vous devriez rester assise encore un instant. » L’araignée était dépassée par ce qu’elle venait de vivre. Etait-ce la chaleur ou bien le sentiment de ne pas avoir assez mangé durant toute la journée ? Elle n’aurait su dire. Le résultat aurait été le même. Un voile sombre s’était posé devant ses yeux alors qu’elle tentait, en vain, de parler à la princesse Daenys pour lui parler de… De quoi parlaient-elles ? Elle n’en avait plus le moindre souvenir. Ses pensées s’étaient arrêtées et tous ses sens s’étaient tus. L’araignée s’était écroulée sur le sol devant le regard effaré de la princesse. L’absence n’avait duré que quelques secondes et pourtant, toutes les dames autour d’elle semblaient encore bien inquiètes. Installée dans un fauteuil des appartements de la Princesse, cette dernière venait de faire congédier ses autres dames de compagnie, prétextant un besoin d’air pour celle qui s’occupait de son intendance. Prenant une profonde inspiration, elle attendit que la porte ne se referme pour couper l’herbe sous le pied de la princesse. « Votre Altesse, avec tout le respect que je vous dois, si j’attendais un enfant aujourd’hui, il serait l’œuvre d’un miracle que les Sept m’ont accordé. Mon époux est trop absent pour que je puisse envisager cela… Je crois que la chaleur m’a fait perdre mes esprits un instant durant, voilà tout… Je devrais simplement aller voir le mestre. » Avec un sourire maternel, Daenys approuva, souhaitant cependant que la jeune araignée ne prenne le temps de se remettre de cet événement assez inattendu. Servant de l’eau dans un gobelet, elle le tandis à sa dame de compagnie qui l’accepta avec un sourire, portant le breuvage clair et salvateur à ses lèvres pour le boire d’une traite.

Il lui fallut quelques minutes, encore, pour être sûre de pouvoir se dresser sur ses pieds sans craindre de défaillir à nouveau. Signalant à la Princesse qu’elle se rendait au bureau des Mestres de Port Réal, elle quitta la chambre, prenant soin de respirer profondément. Au fond d’elle, elle savait déjà qu’il ne s’agissait que d’un étourdissement, une marque de faiblesse due tant à la chaleur qu’à la fatigue. Mais cela la rassurerait autant que cela rassurerait celle qui s’occupait d’elle chaque jour avec bienveillance. Le tissu doré de sa robe glissait sur le sol tandis qu’elle descendait de la tourelle. Un court instant, ses pensées glissèrent jusqu’à Peyredragon où son fils se trouvait. Survivrait-il seulement à cet été interminable qui s’annonçait ? Comment pouvait-elle seulement lui venir en aide quand nul n’était au courant de la présence sur terre de cet enfant ? Elle trouverait. Elinor trouvait toujours une solution à ses soucis et cette fois ne serait pas différente. Traversant le Donjon Rouge sans même voir ceux qu’elle y croisait, elle acheva sa route devant la porte d’un bureau qu’elle connaissait très bien pour y avoir été de nombreuses fois durant le règne de l’Usurpateur. Entre le dos de Valyron qu’elle avait soigné avec mille précautions, sa grossesse amorcée et le poison qu’elle avait adroitement dérobé, elle connaissait les lieux mieux que bien d’autres personnes si ce n’était le Grand Mestre lui-même. Frappant quelques coups à la porte, elle finit par en pousser le battant, pénétrant dans le bureau.

Vide. Il n’y avait âme qui vive dans le lieu étroit et ce fut d’une voix timide que la jeune fille appelant le Grand Mestre par son nom, sans réponse. S’avançant doucement entre les étagères, elle jeta un regard au coin de chacune d’entre elle… Pour finir par croiser du regard un homme qu’elle n’avait jamais vu. Sursautant doucement, elle prit une inspiration avant d’attirer son attention. « Excusez-moi… » Quand l’homme posa son regard sur elle, elle le dévisagea rapidement. Son accoutrement laissait penser qu’il s’agissait d’un autre mestre et pourtant, jamais elle n’avait eu l’honneur de le croiser auparavant. Les cheveux noirs et une barbe taillée encadraient un visage dur et marqué par le savoir. Elle lui sourit avec douceur, déglutissant avec difficulté. « Je suis à la recherche du Grand Mestre… Sauriez-vous où je puis le trouver ? » Elle s’était avancée légèrement croisant son reflet dans un petit miroir et constatant avec effroi la pâleur de son teint.


© Belzébuth

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The Beautiful Spider
The dangerous black widow encases her victims with silk, and then kills with poison from her fangs.
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Banneth Dayne
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: Les blessures du corps reflètent celles de l'âme ♦ Banneth & Elinor   Lun 18 Sep 2017 - 23:40

« Mestre Banneth, j’ai à faire. Il me semble évident que vous avez du travail à faire dans cette pièce. Faites-en sorte qu’à mon retour vous maitrisiez les onguents que je possède »

Sur ces mots, la lourde porte de bois claqua et le Grand Mestre disparut. Une chose était sûr, le ton qu’il avait employé était dénué de toute gentillesse. En soi, la réciproque était tout à fait vraie, depuis son arrivée à Port-Real, Banneth n’était pas parvenu à éprouver la moindre once de sympathie pour ce vieillard. Le Grand Mestre, croulait sous le poids des âges et de ses prétendues fonctions. Persuadé d’être indispensable, ce vieil homme se forçait à courir de gauche à droite au travers du donjon rouge. De ce que je constatais, il cherchait surtout à s’occuper.

Quelques semaines plus tôt, une lettre m’était parvenue du Conseil de Villevieille. Ils m’avaient trouvé une assignation. Je rêvais d’une place forte, d’une famille influençable, d’une promesse de pouvoir. J’avais obtenu la position la plus ingrate possible. Assistant du Grand Mestre. Cela laissait sous-entendre que je n’étais qu’un mestre de seconde zone. Mais pire, cela me projetait dans l’arène la plus sanglante et la plus dangereuse du pouvoir. Depuis plusieurs jours déjà, j’essayais d’accuser le coup, devrais-je encore attendre longtemps avant que mon heure de gloire n’arrive ? Comment allais-je m’en sortir à Port Réal. La situation était encore plus déprimante du fait de mon assignation comme « second » du Grand Mestre. Second parmi des dizaines d’autres seconds, sans espoir de me démarquer.

Cette pensée, fit monter en moi une rage intense, je me mis à frotter frénétiquement la table de travail, en plus d’être second, j’étais relégué au rôle de larbin ces derniers jours. Pour faire simple, je n’avais pas posé le moindre diagnostique ou était venu en aide à qui que ce soit. « Les gens de la capitale sont soucieux de la qualité des conseils prodigués, vous n’avez pas encore fait vos preuves Mestre Banneth », en plus d’être d’une gentillesse très relative, ce Grand Mestre était condescendant. Des litanies pareilles, j’en buvais du matin jusqu’au soir.

Mes yeux se posèrent alors sur une petite armoire, au coin de la pièce. D’un bois foncé, surement une essence exotique, il se dégageait de ce placard un sentiment de noirceur, de danger. Je m’en approchais alors, l’ouvrit. Devant moi s’étalaient des dizaines de petits flacons, de tailles, de formes et de couleurs différentes. Chacun d’entre eux portaient une étiquette. Par exemple : « L’ombre nocturne », « Amant des fleuves », « Sept Volontés »… En résumé, c’était l’établi à poison du Grand Mestre. J’en étais bouche bée. Non pas par la présence en tant que telle de ces poisons, mais bien par la facilité avec laquelle j’avais pu y accéder. Très rapidement, une idée germa dans ma tête, si moi, second, j’y avais accès, combien de mes autres compagnons second le pouvaient aussi ?

« Excusez-moi »

Une douche glaciale s’abattit sur moi. Quelqu’un était là, la voix semblait douce et bien plus raffinée que celle du Grand Mestre, ou même d’un homme. Je restais un moment impassible. Dos tourné, le cerveau fonctionnant à plein régime. Je devais un instant me détacher de mon corps. La scène était-elle suspecte ? Un Mestre devant une armoire remplie de poison ? Elle l’était si je montrais ma surprise et mon malaise. A priori, personne ne pouvait déjà suspecter mon amour naissant pour ces « poudres de successions », si facilement accessible.

Aussi, le plus naturellement du monde, je pris l’un des flacons que je replaçais sur l’étage du dessus. Comme si je les rangeais. Rien de plus normal pour le larbin du Grand Mestre.

« Je suis à la recherche du Grand Mestre… Sauriez-vous où je puis le trouver ? »

L’intru, était donc toujours là. En même temps, elle n’allait pas partir. Il fallait le vouloir pour venir dans les locaux des Mestres. Je me tournais alors, faisant face à cette inconnue. Les cheveux foncés, le regard franc et un teint blafard… a la limite cadavérique. La jeune femme portait des vêtements raffinés, très raffinés, soyeux, fins… nettement plus que la plupart des personnes fréquentant ces zones du Donjon Rouge… il n’y avait pas de doutes, du sang bleu devait couler dans les veines de cette femme…. De cette dame !

Teint blafard et une noble dans les quartiers des mestres… l’équation était vite faites… Sous ces lourds habits, une oisives jeunes femme avait eu chaud, un malaise et la voilà accourant chez son soigneur préféré… le Grand Mestre. C’est ce que j’appelais, communément, une belle opportunité.

Revêtant ma mine la plus empreinte de compassion, je m’approchais d’un pas vif et déterminé vers la jeune femme. Il fallait que je l’impressionne :

« Madame, je suis désolé, le Grand Mestre est parti, laissez-moi vous aider. Je vois que la chaleur vous a joué un tour. Installez-vous dans ce fauteuil »

Tirant une chaise de sous la table, je la ramenais vers la jeune femme. Celle-ci s’installa, ne la laissant pas le temps de répondre, je me dirigeais vers la mallette de soin du Grand Mestre.

« J’ose craindre que vous ayez fait un malaise, laissez-moi m’occuper de vous. Quelques gouttes de cet énergisant floral vous remettront rapidement sur pied »

Je versais 3 gouttes dans une coupe que je remplissais de vin. Revenant vers la jeune femme, je lui tendis la coupe, l’invitant ainsi à la saisir et à la boire.

« Je suis Mestre Banneth, nouveau venu à Port-Real, j’apporte conseils et aide au grand-Mestre en ces jours-ci »

Rien ne m’interdisait d’embellir mes fonctions, aux yeux de la jeune femme je passais ainsi de simple second à égal du Grand Mestre et prodigueur de bons conseils… J’étais suffisamment âgé pour avoir l’air d’avoir quelques années d’expériences de terrain. Le premier contact, la première impression était toujours la plus importante.


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