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 Chercher des réponses dans un mirage

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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Chercher des réponses dans un mirage   Mar 12 Sep 2017 - 21:39

Chercher des réponses dans un mirage
Le jour du couronnement approchait, et c’était maintenant une véritable marée humaine qui arpentait les couloirs du Donjon Rouge. Courtisans, nobles et serviteurs se croisaient et se bousculaient presque, si bien que la forteresse semblait maintenant bien exiguë. Les plus grands seigneurs se voyaient obligés de se déplacer entourés d’un cortège de gardes pour s’assurer un passage relativement rapide et sans encombre, et Robart Baratheon ne faisait pas exception. La Main du Roi avait limité ses déplacements hors de la Tour de la Main au minimum possible, et les effectuait toujours entouré de quatre gardes personnels qui se chargeaient, si la dissuasion n’était pas suffisante, d’éloigner les importuns de manière plus ou moins physique. L’heure n’était plus aux discussions polies, trop de choses étaient à faire, qu’il s’agisse des festivités ou des affaires pressantes qui n’attendraient pas que la candeur du couronnement et du mariage royal soit retombée pour être gérée.

Et c’était là un autre problème majeur de la surpopulation actuelle du Donjon Rouge : il était presque impossible, même pour Robb, de fixer une rencontre plus longue que dix minutes avec qui que ce soit de vraiment important, et particulièrement avec Rhaenys. La future reine avait informé son allié des idées indépendantistes du Nord, matière urgente entre toutes, et qui nécessitait une prise de position rapide. Mais depuis ces derniers jours, ni l’un ni l’autre n’avaient pu trouver le temps de se rencontrer pour aligner leurs positions lorsque l’affaire serait portée devant le Conseil Restreint. C’était là un mode opératoire qu’ils avaient souvent adoptés, et qui permettait aux deux personnes à la tête du Royaume de ne pas paraître désunis devant le reste de leurs conseillers. Les différends étaient ainsi réglés à l’avance, et aucun des membres du conseil ne pouvaient tenter de prendre avantage d’une dissension dans le duo commandant à tout le continent. Une réunion devenait de fait urgente, la Targaryen étant donné que la Targaryen n’aurait probablement plus de temps à consacrer aux affaires d’État dans les jours suivant son mariage. Aussi le Suzerain de l’Orage avait-il envoyé certains de ses hommes à la recherche de la Princesse, espérant que l’un d’eux puisse la repérer et lui faire savoir que la Main du Roi désirait un entretien avec elle.

Jusqu’à présent, la méthode n’avait pas montré un succès plus grand que les voies classiques, et Rhaenys semblait être un fantôme entre les murs du Donjon Rouge : Tous savaient qu’elle était là, certains affirmaient l’avoir vue ou même lui avoir parlé, mais il était impossible de la rencontrer soi-même. Le Baratheon s’était presque résigné à cet état de fait, dans le pire des cas il profiterait des festivités pour éclairer certaines zones d’ombre, et se contenterait de ces informations jusqu’au Conseil Restreint prochain. Pour sa part, la chose était entendue : si les Stark voulaient leur indépendance, ils devraient le faire à la pointe d’une épée, face à un rassemblement de soldats que même Moat Calin ne saurait arrêter. Jorah Stark avait été humilié, certes, ce n’était pas pour autant une raison suffisante pour s’affranchir ainsi d’une vassalité qui avait été conclue des décennies plus tôt. Et s’il refusait d’entendre raison, un autre prendrait sa place, qu’il soit Stark ou non. Peu importait au Cerf quel loup gouvernait le Nord, tant qu’il le savait fidèle à la Couronne. Il n’avait aucune affection pour les dirigeants nordistes, particulièrement depuis la guerre. Bien sûr, il restait courtois avec eux, principalement pour son frère Edric qui n’avait pas abandonné l’idée d’épouser sa louve, mais il ne ferait pas passer une amourette, aussi forte soit-elle, devant les exigences et les devoirs de l’état.

Telles étaient les pensées de la Main du Roi alors qu’il traversait les jardins du château, cherchant un peu d’air frais dans la chaleur étouffante du début de l’après-midi. Jusqu’à présent, les plantes et arbres de l’endroit avaient survécu grâce à un système d’irrigation, mais Robb ne pouvait s’empêcher de se demander combien de temps encore la chose serait possible. Bien entendu, certaines espèces étaient faites pour survivre dans la sécheresse, mais bientôt, le joyau vert de Port-Réal risquait de ne ressembler qu’à un désert de plus. Tandis que ses gardes s’occupaient d’écarter les passants, rendant les groupements devant lui un peu moins dense, Robb aperçut une chevelure d’un blond presque blanc à peine à quelques dizaines de mètres de lui. Dans un sourire satisfait, il indiqua à ses gardes la nouvelle direction qu’ils prenaient, et parcourut la distance d’un pas rapide. Il n’y avait pas d’erreur possible, seuls les Targaryen avaient une teinte si pâle, et la femme qui discutait avec un groupe de jeunes gens n’avait pas le poids des années qu’arborait Daenys, ne laissant plus qu’une seule Targaryen possible… Les Sept avaient décidé de lui sourire aujourd’hui, peut-être Robb pourrait-il régler cette affaire aujourd’hui.

Peut-être était-il trop impatient pour les remarquer, peut-être le soleil les occultait-il à sa vue tout comme il illuminait la chevelure blonde de la jeune femme, mais quelques détails auraient pu épargner au seigneur de l’Orage l’erreur qu’il allait faire. L’attitude des jeunes hommes autour de celle qu’il voulait rejoindre, pour commencer. Plus proche de tentatives maladroites de courtiser une damoiselle que de la révérence et le respect que l’on doit à une future reine. L’absence des couleurs des Targaryen, ensuite, ou d’atours signalant le rang royal de celle qui les portait. Mais toutes ces choses, Robb ne les remarqua qu’une fois arrivé à hauteur de la damoiselle. A son arrivée, les noblieaux esquissèrent une révérence maladroite avant de partir d’un pas rapide, reconnaissant celui qui visiblement se dirigeait vers celle qu’ils convoitaient. La jeune femme se trouvait toujours de dos lorsque Robb esquissa une légère révérence, avant de prendre la parole, tandis qu’elle se retournait.

« Votre Grâce, il y a des choses dont nous… Dame Manderly ? »


Prenant conscience de son erreur, la Main du Roi se redresse avant que plus de regards se tournent vers eux. Il n’avait que peu cotoyé la jeune pupille depuis son arrivée à Port-Réal. Blonde et élancée, il n’était pas rare qu’un courtisan peu attentif la confonde avec une Targaryen tant la ressemblance pouvait être forte. Dans une autre vie, elle aurait pu être la sœur de sa protectrice, et d’après ce que le Seigneur de l’Orage avait compris de la relation qui existait entre les deux jeunes femmes, c’était presque le cas. Après tout, la Sirène avait quitté son Nord pour suivre la Dragonne, et avait même décidé de rester suite au départ outré des forces nordiennes. Devenant ainsi une pupille de la Couronne, la jeune fille était vite devenue le centre d’attention de la jeunesse dorée de la capitale, qui voyait en elle un moyen de s’élever, en plus de la promesse de se voir marié à une femme des plus séduisantes. Robb et elle n’avait pourtant que très peu échangé, généralement en présence de la Régente, avant qu’elle ne quitte la pièce pour les laisser parler des affaires d’état. Reprenant une attitude plus contenue suite à sa surprise, il poursuivit :

« Je vous ai pris pour une autre, veuillez m’en excusez. Sauriez-vous où se trouve la Régente, par le plus grand des hasards ? »

Terminer la conversation le plus vite possible, pour éviter un embarras plus grand. Nul doute que ceux qui avaient assisté à la scène prendraient grand plaisir à faire circuler l’histoire dont ils avaient été témoins, et mieux valait limiter les dégats. Ceci dit, cette rencontre pouvait avoir son utilité : après tout, la jeune fille avait grandi dans le Nord, peut-être pourrait-elle lui donner des informations qui se réveleraient utiles en temps voulu ? S’il ne pouvait pas s’entretenir avec Rhaenys, autant profiter des connaissances de sa protégée tant que c’était possible… Et il tenait là une occasion rêvée. Dans un sourire, la Main du Roi désigna un banc à l’écart du chemin principal, occupé certes, mais que ses gardes n’auraient aucun mal à vider à sa demande. Ils y seraient tranquilles pour discuter, aussi formula-t-il son invitation :

« A vrai dire, peut-être pourrions nous profiter de cette rencontre pour discuter un peu ? J’ai bon espoir que vous pourrez m’éclairer sur quelques affaires. Et puis, c’est une bonne occasion de faire connaissance, je me rends compte qu’en un an je n’ai pas eu l’occasion de discuter plus que cela avec l’une des dames les plus proches de notre Régente. »
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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Port Réal
MessageSujet: Re: Chercher des réponses dans un mirage   Dim 22 Avr 2018 - 23:43




Misunderstood
Tous les jours, la petite sirène se levait, s’interrogeant pour savoir si le grand jour était arrivé. Plus les nuits se succédaient, plus l’excitation la gagnait. Sa robe était prête depuis une lune, si ce n’était deux et elle jubilait à l’idée de voir quelle serait celle portée par Rhaenys. Etre dame de compagnie de la Reine autant que sa confidente avait l’avantage de lui permettre d’apercevoir un bout de tissu par-ci, un bijou par-là… Et ses capacités à se montrer véritablement fouineuse lui avait permis de conceptualiser mentalement ce à quoi pourrait ressembler celle qui s’apprêtait à devenir Reine des Sept Couronnes. Evidemment, tout ceci avait également pour désavantage d’occuper Rhaenys si souvent que c’était dans une solitude morne qu’avait plongé la petite sirène. Le plus clair de son temps, elle le passait en compagnie de ces autres dames qui composait le cercle de la Princesse, la suivant partout comme des poules suivant leur meneuse dans la basse-cour. Mais ces filles n’avaient rien de ce qu’Alys connaissait. Toutes étaient issues de maisons venues du Sud quand, en seule représentante du Nord, elle devait jouer de mimétisme dans certaines coutumes et certains gestes auxquels elle n’était guère habituée. Le pire, au demeurant, étaient ces longs après-midis où elle devait broder, jouer de la harpe ou d’autres activités que l’on réservait aux demoiselles de leur âge. Leur vie était régie par un agenda qui déplaisait fortement à la Manderly qui, pourtant, se pliait aux événements comme les autres, espérant se voir intégrée parmi les jeunes femmes qui pouffaient au moindre faux-pas qu’elle exécutait.

Fort heureusement, si elles entouraient la Princesse régente, elles n’étaient guère tenues de vivre ensemble en permanence et, son temps libre, Alys le passait au Donjon Rouge. Tantôt, elle cherchait des souterrains et passages secrets, désireuses de connaître, comme elle l’avait fait à Winterfell, les moindres secrets de la forteresse pour en tirer avantage. En d’autres temps, la petite sirène passait du temps avec Faust, seule autre personne à même de comprendre le décalage de ce monde dans lequel ils s’efforçaient de vivre désormais. Tout ceci était plus dur encore pour le sauvageon et Alys, désireuse de ne pas se retrouver aussi seule, espérait agir en amie en lui offrant son temps pour de longues conversations parfois futiles, mais qui lui étaient toujours agréables. Et enfin, il y avait Aemon. Comment ? Pourquoi ? Quand ? Elle n’avait pas les réponses à ces questions. Pourtant, dès lors que ses pupilles azurées se posaient sur le prince, cousin de sa bien aimée Rhaenys, elle souriait jusqu’aux oreilles, oubliant toutes les règles de bonne conduite et les manières. Quelques conversations entre eux avaient menées à cet état de fait et voir le Prince lui répondre par ce même sourire était une chose qui menaçait de faire battre son cœur avec plus d’ardeur. Etait-ce cela, l’Amour ? Elle n’en avait aucune idée mais se promettait de réfléchir à cela…

Moment planifié d’avance, les dames de Compagnie de la princesse avaient eu le droit, si ce n’était le devoir, de se rendre en cet instant dans les Jardins afin de pouvoir converser avec les autres membres de la Cour. Ces instants n’étaient finalement qu’un prétexte pour permettre aux fils de seigneurs, si ce n’était les seigneurs eux-mêmes, de pouvoir courtiser ces jeunes femmes qui avaient la confiance de la Reine. La plus belle, la petite sirène ne l’était certainement pas parmi les jeunes fleurs qui entouraient la dragonne, mais son statut de privilégiée n’avait échappé à personne. Après tout, n’était-elle pas celle qui était arrivée aux côtés de la princesse Rhaenys durant cette bataille ? Celle qui avait été à ses côtés durant son repos ? Et puis, mieux encore, le statut de pupille Royale rendait Alys plus désirable que n’importe quelle autre damoiselle de Cour. Ce rang attirait les jalousies de ses congénères, surtout dans ces instants malaisants où les hommes, jeune ou moins jeunes, venaient à sa rencontre, espérant lui vendre des mérites tous plus brillants les uns que les autres. Si la chose l’avait d’abord franchement dégoutée, elle avait fini par se prêter au jeu et mener en bateau les garçons du Sud était chose qui se montrait aussi plaisante qu’avec ceux du Nord.

Vêtue d’une robe au tissu léger – Rhaenys lui avait assuré qu’il venait de Lys – de couleur azure, elle était telle une biche au milieu de chiens de chasse. Etait-ce le fils Rosby ? A moins qu’il ne s’agît du cousin du Seigneur Chelsted… ? les noms lui échappaient autant que les visages demeuraient ceux d’inconnus. Pourtant, elle demeurait là, à les écouter, un léger sourire aux lèvres. Ses longs cheveux blonds demeuraient lâches dans son dos, cascade argentée que le soleil faisait briller. Le fils Rosby – ou Chelsted – était en train de lui parler de ses prouesses lors d’un Tournoi organisé durant l’année quand quelque chose capta son attention. Votre Grâce. Son statut de pupille ne lui permettait nullement un tel titre et ce fut en haussant les sourcils qu’elle se tourna vers… Le seigneur Robart Baratheon. Visiblement, il eut l’air aussi décontenancé qu’elle et un silence se fit tandis qu’il l’identifiait. L’envie de pouffer devant le malaise que cela venait de créer grandit au fond d’Alys qui eut un sourire pincé, retenant la moquerie de voir que même l’un des plus proches conseillers de Rhaenys pouvait tomber dans l’illusion de la confondre avec la future Reine. Il n’était pas le premier et ne serait certainement pas le dernier mais, toujours, la confusion l’amusait et il était presqu’évident qu’elle ajouterait cela à la liste des confidences qu’elle échangerait avec son amie dès que cela lui sera possible.

Rattrapant la situation autant qu’il lui était possible, elle s’inclina dans une révérence respectueuse, forçant ses courtisans à suivre le même protocole car tous demeuraient perturbés par l’instant. Rapidement, le seigneur Robart exprima sa confusion et un léger rire cristallin s’échappa des lèvres d’Alys. « Nul besoin d’excuse, mon Seigneur. Vous n’êtes guère le premier à vous faire prendre à ce jeu. Il faut être un Targaryen pour savoir que je ne suis qu’une pâle copie d’un dragon… Quant à la Princesse, je crois savoir qu’elle est en train d’essayer une dernière fois la robe qu’elle portera pour les cérémonies. » Un léger sourire se dessina sur ses lèvres tandis que les derniers mots prononcés venaient de faire naître plusieurs murmures excités. Ses yeux clairs ne quittaient pas la Main du Roi, s’attendant à le voir prendre congé aussi vite que possible après s’être trompé d’auditrice… Mais il ne le fit guère. Avisant d’un geste un banc un peu à l’écart, il l’invita alors à discuter. Il eut même quelques mots signifiant son espoir de la voir l’aider dans quelques affaires, poussant Alys à hausser les sourcils. Moi ? L’interrogation n’était guère sortie mais elle venait de faire ricochet à ses pensées.

Mais l’offre était trop belle. Vraiment, entre devoir supporter les exploits de jouvenceaux séducteurs et une discussion prometteuse avec la Main du Roi, hésiteriez-vous un instant ? Se tournant vers le jeune homme, elle eut un sourire faussement navré. « Je suis navrée, ser Rosby, mais vous devrez me raconter cet échange de passes une prochaine fois… » Se tournant de nouveau vers Robb, elle leva les yeux au ciel avec une insolence certaine tandis que le jeune homme balbutia son identité véritable… Qu’elle ne connaîtrait certainement jamais. Suivant le Cerf et ses gardes, elle finit par prendre place sur ce banc, poussant un long soupir. « Et moi qui pensait que la Cour était un endroit des plus agréables… Vous rendez-vous compte que je dois supporter ça deux fois par jour ? C’est épuisant… Affligeant et épuisant. » Son regard croisa celui de l’une des autres dames de compagnie de la Reine qui semblait franchement surprise de la voir converser avec… Un homme marié ? Elle aurait pu, Alys lui aurait certainement tiré la langue, acte puéril mais qui avait le don de lui rappeler l’insouciance de ce monde dans lequel elle avait vécu longuement. Se tournant vers Robb, elle l’observa avant de lui demander. « En toute sincérité… M’a-t-on tracé une cible dans le dos ? j’ai l’impression d’être une biche et cette situation n’a rien d’agréable… Hmm… Sans vouloir vous offenser, évidemment. » Jeunesse débordante d’un entrain renversant…


© Belzébuth

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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Chercher des réponses dans un mirage   Sam 5 Mai 2018 - 17:08




Chercher des réponses dans un mirage



Sans surprise aucune, la jeune pupille royale accepta son invitation, il lui aurait de toutes façons été difficile de refuser. Dans un sourire, Robb lui indiqua le banc d’un geste tandis que ses gardes avaient déjà fait comprendre à ceux qui l’occupaient que leur présence était souhaitée ailleurs. Sa position était devenue un avantage non négligeable ces derniers jours, les personnes suffisamment influentes pour pouvoir éloigner les foules attirées par le mariage, même temporairement, étaient des plus rares, et le Cerf se félicitait de pouvoir encore trouver un moment de calme dans la cohue du Donjon Rouge et les responsabilités qui semblaient n’en jamais finir. La chaleur de l’Été accablait la ville entière, et même les jardins, dont les plantes étaient préservées grâce aux efforts sans fin des serviteurs, n’offraient pas réellement de réelle fraîcheur à ceux qui le visitaient, juste un peu d’ombre. Il n’y avait que la nuit pour atténuer la chaleur, et apporter le repos à ceux qui se devaient de gérer un Royaume pendant qu’un mariage s’annonçait.

Mais la jeune Alys était bien loin de ces considérations. Dame de compagnie, son plus gros sujet d’attention actuel devait être de trouver une robe parfaite pour l’occasion. Sans doute ne saisissait-elle pas vraiment le confort de sa situation, une vie sans réelle responsabilité ni difficultés. La sirène était libre de ses mouvements, n’avait pas à prendre de décisions qui aurait des conséquences sur le Royaume tout entier, elle pouvait passer son existence dans le jeu et l’ignorance si tel était son bon plaisir, et personne ne viendrait troubler ses envies, jusqu’à ce qu’elle soit mariée à un homme qui continuerait à la protéger des malheurs de la vie, limitant ses inquiétudes au strict minimum. C’était quelque chose de rafraîchissant de se trouver en présence d’une insouciance aussi marquée, une preuve qu’il y avait encore pour certains la possibilité de vivre sans devoir affronter une vague de problèmes sans fin. Depuis quand Robb n’avait-il plus eu à s’inquiéter d’autre chose que de jeunes filles trop enthousiastes à l’idée de gagner ses faveurs, ou du prochain banquet ? Avant la guerre, peut-être, et même là cela faisait longtemps que son titre d’héritier lui avait ôté une bonne part des joies de la jeunesse. Alors, il sourit face aux atermoiements de la jeune fille, qui semblaient si importants aux yeux de celle-ci, quand ils lui paraissaient si triviaux à lui.

« Vous devez pardonner à tous ces jeunes gens, j’imagine que la perspective d’un mariage royal peut leur rappeler qu’ils doivent également trouver une épouse. N’êtes-vous pas flattée de recevoir autant d’attention ? A moins que vous n’ayez déjà arrêté votre choix bien sûr… Auquel cas vous devriez dire à celui que vous avez élu de défendre un peu plus sa position, sans quoi il pourrait le regretter… Mais cela ne vous concerne que vous, après tout.»

D’un air amusé, il balaya ces considérations, se remémorant en même temps l’époque où il en était aussi à courtiser les jeunes filles à marier de l’Orage et d’ailleurs. Il y avait quelque chose qui le poussait à penser que peut-être la sirène n’était pas aussi vaine et superficielle qu’elle pouvait le paraître en cet instant. Après tout, Rhaenys n’était pas du genre à aimer la compagnie de personnes incapables d’au moins suivre son raisonnement, ou qui ne se concentraient que sur leur vie à elles sans se préoccuper de ce qui se déroulait autour. Et puis, elle avait décidé de rester à Port-Réal, après que les nordiens aient déserté l’endroit, et malgré ce que Jorah Stark voyait comme une insulte à une région toute entière, en plus de l’être pour son honneur. Peut-être n’était-ce là qu’une question d’amitié envers la future Reine, ou bien un signe sur le fait que les Stark n’avaient pas une emprise totale sur leurs terres… Dans tous les cas, Alys pourrait être une source d’informations intéressantes sur le Nord, et sur la situation politique qui agitait sa contrée natale. Qu’elle soit ou non plus mêlée à la politique qu’elle ne le laissait paraître, une native avait toujours un regard différent sur ce qui se déroulait chez elle, et en cela elle aurait au moins un point de vue intéressant, qu’elle s’en doute ou non. Orientant le sujet, Robb continua sur sa lancée :

« Mais vous ne devez pas être étrangère à toutes ces attentions, pourtant ? Vous êtes d’une grande famille, déjà au Nord vous deviez être courtisée, bien avant que vous ne deveniez pupille royale… Je ne suis pas expert quant à la manière de vivre des gens du Nord, mais je doute que la noblesse locale ne soit restée insensible à votre présence, même si on les dit froids et distants. »

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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Port Réal
MessageSujet: Re: Chercher des réponses dans un mirage   Mar 8 Mai 2018 - 1:10




Misunderstood
Devait-elle pardonner à ces benêts leurs vaines tentatives pour chercher à la séduire ? Concrètement, Alys n’en voyait nullement l’intérêt, simplement le temps gâché à la chose. Pourtant, elle rit. D’un rire cristallin et pur qui sortait de sa gorge bien trop rarement depuis bien des lunes. Flattée, elle ne l’était plus. Elle l’avait été dans les premiers temps, pensant alors que sa beauté était la raison de tous les éloges et présents qu’elle recevait avant de comprendre que seule sa position intéressait les jeune hommes, guidés par leurs pères, cherchant tous à être celui qui obtiendrait la main de la pupille Royale, première à obtenir ce statut depuis bien longtemps. La relation entre Rhaenys et elle ne faisait que démontrer la proximité de la sirène avec les dragons et l’amitié sincère qui l’entourait. Pourtant, son rire se tut presque instantanément quand la Main du Roi vint émettre l’hypothèse qu’un de ces jeunes hommes ait pu faire basculer son cœur. Le rouge montant à ses joues, elle songea à celui qu’elle avait placé comme élu. Evidemment, son cœur avait également succombé aux charmes d’un homme. D’un prince, pour être exact. Mais pouvait-elle le montrer et l’afficher aux autres quand elle n’était pas réellement sûr que le jeune dragon l’ait également courtisée ? Les longues conversations qu’ils avaient ensemble étaient chose qui offrait à Alys le peu de baume au cœur en ces instants où la solitude menaçait de la happer toute entière dans les profondeurs du Donjon Rouge. « Peut-être y a-t-il quelqu’un… Mais j’ignore seulement s’il ressent la même chose à mon égard ou bien s’il est en droit de le faire… » Souriant avec amour, elle finit par pouffer légèrement, ses yeux azurés croisant ceux de Robb, tirant sur quelques mèches blondes comme si elle souhaitait se cacher derrière.

L’homme poursuivit, cependant, sur sa lancée, venant mentionner le Nord et la manière dont Alys devait avoir reçu les charmes de biens des hommes dans cette région si éloignée de la Capitale. Baissant le regard, son sourire se laissa aller à la tristesse pourtant, tandis que ses doigts se lièrent sur ses genoux, jouant machinalement à les crocheter entre eux. « Vous avez raison… Et pourtant vous ne pouvez avoir autant tort, mon Seigneur. » Elle lâcha un soupir avant de poursuivre. « Les faveurs ne m’étaient jamais destinées. Je préférais demeurer dans l’ombre de ma défunte sœur, puis dans celle de notre bienaimée princesse Rhaenys. Les Nordiens ne sont pas froids et distants… Ils se contentent de ce qu’ils sont en mesure de voir, car pour eux, les ombres sont synonymes de déshonneur et de honte. » Elle eut un nouveau sourire timide, relevant ses iris océanes sur celui qui lui tenait compagnie en cet instant. Katherine Manderly avait eu la réputation d'être l'une des plus belles femmes du Nord. La Sirène de Blancport, la vraie, ce fut elle avant d'être Alys qui avait toujours nagé dans les eaux les plus abyssales, cherchant à se cacher du monde pour éviter de le côtoyer. A Winterfell, les choses n'avaient pas réellement changé. La blonde s'était presque automatiquement placée derrière celle qui fut princesse, celle qui était suzeraine au pays des Loups. Qu'il était facile alors, de vivre sans être remarquée, sans que personne ne vous pointe du doigt au moindre faux pas. L'enfant avait souhaité demeurer maîtresse de son destin et, pour cela, elle avait été prête à tout. « C’était mon choix que de ne pas vouloir m’exposer. Une dame est toujours plus libre quand personne ne se préoccupe d’elle. Tout cela… Me manque aujourd’hui. » D’un geste du menton, elle désigna ces imbéciles qui surveillaient du coin de l’œil le cours de la discussion qui avait lieu sur ce banc, cherchant à savoir lequel pourrait certainement récupérer la jeune Alys dès qu’elle en aurait fini avec la main du Roi. De nouveau, ses yeux firent une rotation dans leur orbite et un soupir lui échappa, long, contrarié. Qu'attendait Rhaenys pour voler à son secours et la reprendre auprès d'elle de manière plus permanente? Pourquoi se devait-elle de passer ses journées avec d'autres jeunes filles dont elle n'avait que faire plutôt qu'en la compagnie de la future reine ? Les essayages de cette robe en son absence en disait déjà bien long pour la douce jeune fille venue des terres glacées.

Elle finit par hausser les épaules. « Je doute être de celle qui saura retrouver les ombres tranquilles un jour… Il y a quelques jours, j’ai eu envie de rentrer chez moi pour retrouver ma famille et le calme de Blancport… Mais je doute qu’ils ne soient ravis de me voir venir, pas après tout ce qu’il s’est passé… Et je ne peux faire cela à Rhaenys… Ne lui en parlez, s’il vous plaît. C’était une pensée idiote et je n’ai fait que penser à mon frère, Severus… » Soupirant à nouveau, son regard se porta sur une fleur blanche qui lui chatouillait la nuque depuis l’arbuste duquel elle poussait. Son regard se braqua une dernière fois sur le seigneur Baratheon. « Mais ne deviez-vous pas trouver Rhaenys ? Je pensais que cela serait important… A moins que je ne puisse vous aider également, à quelque chose ? J’imagine que tous ceux qui ont leur regard braqué sur nous s’interrogent actuellement sur la teneur de notre discussion… Et à penser à cela, je suis moi aussi curieuse… Le Royaume se porte-t-il au mieux ? On dit que le Couronnement sera l’aube d’une ère nouvelle qui assurera à tous les habitants des Sept Couronne la paix et la prospérité… » Elle eut un sourire rêveur, croisant ses jambes, naïade sortie des eaux pour mieux comprendre le genre humain.


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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Chercher des réponses dans un mirage   Ven 25 Mai 2018 - 1:06




Chercher des réponses dans un mirage



Silencieux, Robb écoutait la sirène lui dévoiler les fragments de son passé, visiblement très éloignés de la vie qu’elle menait à présent à la Cour. Par la force des choses, et parce qu’elle était la seule pupille royale à ce jour, la jeune femme était l’objet de nombreuses tentatives d’union pour des Maisons dont le besoin de se faire connaître, voire favoriser par les Dragons tenait presque de l’obsession, de celles que le Cerf ne comprenait qu’à moitié. Les Targaryen étaient sa famille, éloignée certes mais les Baratheon étaient sans conteste la Maison suzeraine la plus proche des souverains de Westeros, et depuis qu’ils avaient mis Jaehaerys sur le trône, ils jouissaient d’une influence de premier plan sur le Royaume, ainsi que d’une reconnaissance dont personne, pas même les Lannister, ne pouvaient se targuer. Depuis sa tour d’ivoire auréolée de gloire et de réussite, comment alors ne considérer les manœuvres des autres Maisons autrement que comme des tentatives bancales de gagner ce qu’ils ne méritaient pas ? La chose était simple : ceux qui avaient suivi la rébellion de Theodan méritaient les honneurs, certains plus que d’autres, et ceux qui avaient voulu soutenir Maegor… Ceux là avaient tout à prouver, et chercher un rapprochement autrement qu’en se rachetant était presque une insulte, parce qu’ils se croyaient en droit de grappiller des faveurs là où ils auraient du faire amende honorable. Le Nord était encore d’un autre type, eux préféraient la guerre et les affronts aux faveurs, et un jour où l’autre, le Dragon devrait aller rappeler aux Stark qui méritait la Couronne, que ce soit ou non de façon pacifique.

Cette jeune nordienne ne faisait pas partie de ceux qui critiquaient la Couronne bien à l’abri sur leurs terres, cependant. Seule représentante des terres au-dela de Moat Cailin, Port-Réal devait lui sembler une terre bien étrangère, et il n’y avait rien de bien étonnant à ce qu’il lui prenne par moment l’envie de vouloir rentrer, comme elle le disait. Plus surprenante par contre, était l’idée que la pupille royale préfère rester dans l’ombre, et profiter d’une tranquillité toute relative, là où la plupart des jeunes filles de son âge auraient adoré être ainsi le centre de l’attention de la jeunesse dorée du Donjon Rouge. Le Cerf ne l’aurait certainement jamais imaginée ainsi, campé dans son idée classique de la dame de compagnie qui n’attendait que son heure de gloire, au moment où un mariage prestigieux lui serait offert. Entichée d’un homme elle l’était bien, mais pas de la manière à laquelle Robb s’attendait, et sa réponse à ce sujet laissait présager quelque chose d’autre, il n’aurait su dire quoi : un homme trop haut placé pour elle ? Déjà marié ? Ou au contraire, quelqu’un qui ne pouvait même pas espérer avoir l’honneur d’épouser une jeune fille de sang noble, protégée de la Reine qui plus est. Hôchant la tête, Robb répondit sur un ton calme, expert du sujet qu’il avait un jour été avant de lier son destin à une seule femme :

« Notre monde, et votre position peuvent vous sembler être des obstacles dans les affaires de coeur, d’autant plus si vous ne savez pas à quoi vous attendre… Mais si je peux me permettre un conseil, si vos sentiments sont partagés, et qu’il vous semble impossible de vous rendre à la raison et de renoncer à celui que vous convoitez… Il y a toujours un moyen, aussi risqué soit-il. Pareil conseil doit vous sembler hypocrite de la part de quelqu’un qui détient le pouvoir qui est le mien, mais la position, les richesses, tout cela peut paraître bien peu de choses en face du regret d’un amour impossible à atteindre ou à oublier. Je ne vous ai bien entendu jamais dit ça, ce serait manquer à mes responsabilités, mais si vous vous trouvez dans cette position, réfléchissez bien à ce qui est le plus important pour vous, et ne laissez rien ni personne vous arrêter pour l’obtenir. Ainsi, vous ne vivrez pas dans la nostalgie de ce qui aurait pu être.

Quant à vos envies de rentrer chez vous, et bien, il n’y a aucun endroit qui remplacera jamais votre foyer, je sais de quoi je parle, et je n’irai certainement pas discuter de vos envies de rentrer avec la Reine, mais peut-être devriez-vous le faire. On vous dit très proches, toutes les deux, elle pourra sans doute éliminer un peu de ce qui vous pousse à rentrer, ou au moins vous écouter mieux que quelqu’un qui ne vous connais pas plus que cela, ou qu’une foule de prétendants qui ne doivent pas avoir énormément d’intérêt pour vos états d’âme. Elle est votre amie, sans quoi vous ne seriez pas restée à ses cotés, non ? »


La Sirène enchaîna, demandant à la Main du Roi ce qu’elle pouvait faire pour lui, l’innocence de son âge présente dans chacun de ses mots. Le couronnement devait apporter paix et prospérité au Royaume ? C’était ce que l’on disait, oui, qu’un Roi légitime sur le Trône de Fer arrangerait les choses, mais Robb avait trop vu, trop appris pour s’accrocher à cette seule illusion. S’il devait y avoir une paix, ce serait par le travail acharné non pas d’un seul homme, mais de tous ceux qui détenaient le pouvoir, qu’ils soient Rois, Régents, Suzerains ou simples seigneurs. Autrement, peu importait la sagesse d’un Roi trop jeune pour réellement comprendre ce qui se jouait actuellement, sans personne pour le protéger ou le conseiller, il risquait de ne pas voir cette paix que tous espéraient le voir apporter.

« Je crois qu’au moins, Jaehaerys aura à cœur de poursuivre ce rêve, et qu’il fera tout pour qu’il devienne réalité, si on lui en laisse le temps. Et je ferai ce qui est en mon pouvoir pour l’aider à y parvenir, du mieux possible… Ce qui nous amène à la manière dont vous-même pouvez y contribuer, à votre manière. »

Un léger sourire sur les lèvres, Robb posa son regard sur son interlocutrice. Si elle avait vécu en retrait, Alys devait avoir vu des choses, s’être fait sa propre idée de la manière dont son peuple vivait les récents événements, elle les avait vu agir et réagir pendant la guerre, son point de vue sur la problématique actuelle pouvait être plus intéressant qu’on ne pourrait le croire au premier abord, parlant à une simple dame de compagnie, éloignée du pouvoir autant qu’il devait l’être possible.

« Vous devez avoir remarqué comme moi qu’aucun seigneur du Nord n’a fait le déplacement pour le mariage royal ? Venant vous-même de cette région, votre avis sur la question serait des plus intéressants pour moi. Quelle est la raison à tout cela ? J’imagine sans peine que Jorah Stark prend ombrage du divorce qu’il a pourtant accepté, mais pensez-vous que l’avis est partagé par tous ses vassaux ? Ne se réjouissent-ils pas de cette nouvelle époque qui s’offre à eux ? »


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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Port Réal
MessageSujet: Re: Chercher des réponses dans un mirage   Mar 5 Juin 2018 - 0:17




Misunderstood

Notre monde. En deux mots simples, Robb l’excluait de cette Cour, de ces lieux qui se devaient être sa maison désormais, lui prouvant une fois encore qu’elle était bien étrangère entre ces murs. La petite sirène baissa le regard, accusant le coup en silence quand d’autres auraient protesté de vive voix leur capacité à être de ce même monde que tous les autres. Elle était fille d’une vague et du vent, née en pleine tempête. Comment pourrait-elle être chez elle entre quatre murs ? Elle n’appartiendrait jamais à cette Cour, cela, elle le savait déjà. Alors oui, quand les sentiments et le cœur pur et innocent de la jeune fille cherchait à se mêler aux convenances si strictes et froides d’un endroit aussi dur, la jeune enfant peinait à comprendre davantage comment les choses devaient se passer. Les jeunes hommes qui posaient leur regard sur elle ne voyait qu’un moyen, un trésor précieux, parfois plus fourni qu’un coffre d’or. Alys avait un nom, un titre et une proximité avec la reine qui faisait pâlir de jalousie n’importe quelle demoiselle de Cour. Mais elle n’avait rien voulu de tout cela. Ni nom, ni titre si elle avait simplement pu conserver la future Reine à ses côtés sans avoir à demander un peu de temps pour la voir.

Son cœur, pourtant, lui faisait défaut. La simple pensée d’Aemon vint la faire frissonner tandis que la Main du Roi essayait de l’aider dans cette situation qui lui semblait impossible. Quand il évoqua une possibilité d’amour partagé, elle rit avec douceur. « Hélas, j’ignore même s’il me voit… » Le Prince avait des obligations envers le royaume, certes, mais aussi et surtout envers son rang et sa famille. Parfois, elle avait l’impression qu’il ne venait lui tenir compagnie que parce que Rhaenys pourrait le lui avoir demandé. La question lui était déjà venue à l’esprit mais jamais elle n’avait osé la lui poser. Et pourtant, Robart Baratheon, lui, la poussait à croire en cet amour, en cet échange mutuel de deux âmes silencieuses. Devant ses mots, elle écarquilla les yeux avant de rire à nouveau. Se pouvait-il qu’il la pousse dans une aventure romanesque avant de s’assurer qu’il n’aurait aucune responsabilité dans tout ceci ? Voilà qui semblait fort osé de la part d’un homme pour qui l’honneur et le devoir était une priorité. Cette conversation plaisait un peu plus à Alys, c’était certain.

Puis, il lui parla de son foyer, de cette envie qui demeurait tapie au fond de l’esprit de la sirène. Depuis combien de temps n’était-elle pas allée à Blancport ? Severus lui manquait et même si elle espérait fortement qu’il se trouve à Villevieille, elle avait envie de tenir le jeune bossu dans ses bras et de l’étreindre jusqu’à ce qu’il lui soit impossible de reprendre son souffle. La fin de cette tirade plongea Alys dans une mélancolie plus grande, la forçant à faire disparaître ce léger sourire de ses lèvres rosées. « Est-ce là ce que l’on dit toujours ? Que nous sommes proches ? Pourtant… Jamais elle ne m’a semblée aussi éloignée que durant tout ce temps passé. Je comprends le poids des responsabilités que son rôle incombe… Mais je regrette ce temps où nous conversions librement entre les murs de Winterfell, planifiant la bataille à venir et un moyen pour elle de revenir entre ces murs. » Se doigts se refermèrent sur un brin d’herbe à ses pieds qu’elle tira avec force avant de jouer avec. « Vous savez… Durant toute ma vie je me suis battue pour rester libre, sans aucune chaîne à mon cou quand mon père a essayé de me marier ou que sais-je encore… Finalement, je me suis moi-même enchaînée à quelqu’un, espérant qu’elle en ferait de même… Etait-ce égoïste de ma part d’espérer de Rhaenys autant d’attention que celle que je lui porte ? » Ses yeux océan se relevèrent vers le seigneur de l’Orage qui devait trouver ces jérémiades de jeune fille capricieuse fort peu agréable. Mais bon, n’était-il pas venu la chercher en premier lieu ?

La discussion pourtant, prit un autre tournant quand ils abordèrent le Nord. Alys pouvait, apparemment, aider Robb à soutenir Jaehaerys dans son projet de paix. Intéressée par l’idée, elle haussa un sourcil curieux, attendant la suite avant de comprendre ce qu’attendait Robb. Il fallait être sot pour ne pas remarquer l’absence des Hommes rustres et venus des lointaines contrées nordiques. La petite sirène avait été attristée, elle, de ne pas pouvoir revoir sa mère ou ses frères dans des circonstances festives. Leur absence était un regret amer qui ne faisait que lui confirmer un peu plus qu’elle ne saurait passer un moment entièrement plaisant durant ces festivités. Le seigneur Cerf, espérait avoir son point de vue sur la question. Le regard d’Alys ne quittait plus celui du Baratheon tandis qu’il en venait à évoquer le divorce entre le Loup et la Dragonne enneigée. La question globale restait ambiguë et pourtant, dans un long soupir, Alys essaya d’apporter une réponse. « Je ne saurais parler à la place de mes pairs, mon seigneur, d’autant plus que ma présence ici suffit à rappeler que nous n’avons pas eu la même vision des choses quand le moment fut venu. Au fond de moi, je suis presque rassurée de savoir Jorah loin d’ici car j’ignore ce qu’il aurait pu me faire s’il avait croisé ma route. J’ignore même ce que ma propre famille pense de moi et leur absence semble confirmer… Qu’ils ne sont pas fiers de mes choix. » Déglutissant avec difficulté, Alys reprit contenance. Le sujet était douloureux d’autant plus qu’il avait été soigneusement évité par tous ceux qui la côtoyaient de peur de raviver le monstre des océans qui sommeillait en elle. « Les hommes du Nord sont baignés dans l’Honneur et la Loyauté. Si Jorah a interdit à ses vassaux de se rendre au couronnement, je crois que nul ne serait assez fou pour le défier… A part peut-être un Bolton avide de vengeance ? Cela ne m’étonnerait guère… Mais même s’ils désapprouvent, ils n’oseraient défier l’autorité de leur souverain. Si vos hommes le faisaient, n’auriez-vous pas à les punir ? Il en va de même dans le Nord. Jorah… Je crois que mon suzerain aimait Rhaenys comme elle lui était très attachée. Leurs conversations, même houleuses, étaient passionnées. Il ne lui souhaitait pas le moindre mal et ne voulait que la protéger. Ce divorce, même s’il l’accepte, est un déshonneur plus grand qu’il n’aurait certainement apprécié pouvoir la répudier. Il reste homme et les hommes ont toujours mal quand les femmes leurs rappellent qu’ils ne sont rien sans elles… » Elle eut alors un sourire mutin, en coin, le regard glissant vers le seigneur Baratheon, espérant le voir réagir à cela. La petite sirène était jeune, mais suffisamment observatrice pour voir que derrière chaque homme, il y avait une femme. Qui était celle qui se trouvait derrière Robart Baratheon ? Son épouse, Rohanna ? Sa cousine, Rhaenys ? Finalement, elle haussa les épaules avant de conclure. « Le Nord a souffert de toutes ces guerres et qu’a-t-il récolté ? La honte. Comprenez qu’il est compliqué pour les Nordiens de se sentir vraiment vassaux de la Couronne quand elle n’a rien a lui offrir, quand finalement, elle prend même les derniers joyaux d’une région brisée. »


© Belzébuth

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The Little Mermaid
Oh Alys, dear, where have you been ? So near, so far or in between ? What hav you heard, what have you seen? Alys, Alys, please, Alys.
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