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 Chercher des réponses dans un mirage

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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Chercher des réponses dans un mirage   Mar 12 Sep 2017 - 21:39

Chercher des réponses dans un mirage
Le jour du couronnement approchait, et c’était maintenant une véritable marée humaine qui arpentait les couloirs du Donjon Rouge. Courtisans, nobles et serviteurs se croisaient et se bousculaient presque, si bien que la forteresse semblait maintenant bien exiguë. Les plus grands seigneurs se voyaient obligés de se déplacer entourés d’un cortège de gardes pour s’assurer un passage relativement rapide et sans encombre, et Robart Baratheon ne faisait pas exception. La Main du Roi avait limité ses déplacements hors de la Tour de la Main au minimum possible, et les effectuait toujours entouré de quatre gardes personnels qui se chargeaient, si la dissuasion n’était pas suffisante, d’éloigner les importuns de manière plus ou moins physique. L’heure n’était plus aux discussions polies, trop de choses étaient à faire, qu’il s’agisse des festivités ou des affaires pressantes qui n’attendraient pas que la candeur du couronnement et du mariage royal soit retombée pour être gérée.

Et c’était là un autre problème majeur de la surpopulation actuelle du Donjon Rouge : il était presque impossible, même pour Robb, de fixer une rencontre plus longue que dix minutes avec qui que ce soit de vraiment important, et particulièrement avec Rhaenys. La future reine avait informé son allié des idées indépendantistes du Nord, matière urgente entre toutes, et qui nécessitait une prise de position rapide. Mais depuis ces derniers jours, ni l’un ni l’autre n’avaient pu trouver le temps de se rencontrer pour aligner leurs positions lorsque l’affaire serait portée devant le Conseil Restreint. C’était là un mode opératoire qu’ils avaient souvent adoptés, et qui permettait aux deux personnes à la tête du Royaume de ne pas paraître désunis devant le reste de leurs conseillers. Les différends étaient ainsi réglés à l’avance, et aucun des membres du conseil ne pouvaient tenter de prendre avantage d’une dissension dans le duo commandant à tout le continent. Une réunion devenait de fait urgente, la Targaryen étant donné que la Targaryen n’aurait probablement plus de temps à consacrer aux affaires d’État dans les jours suivant son mariage. Aussi le Suzerain de l’Orage avait-il envoyé certains de ses hommes à la recherche de la Princesse, espérant que l’un d’eux puisse la repérer et lui faire savoir que la Main du Roi désirait un entretien avec elle.

Jusqu’à présent, la méthode n’avait pas montré un succès plus grand que les voies classiques, et Rhaenys semblait être un fantôme entre les murs du Donjon Rouge : Tous savaient qu’elle était là, certains affirmaient l’avoir vue ou même lui avoir parlé, mais il était impossible de la rencontrer soi-même. Le Baratheon s’était presque résigné à cet état de fait, dans le pire des cas il profiterait des festivités pour éclairer certaines zones d’ombre, et se contenterait de ces informations jusqu’au Conseil Restreint prochain. Pour sa part, la chose était entendue : si les Stark voulaient leur indépendance, ils devraient le faire à la pointe d’une épée, face à un rassemblement de soldats que même Moat Calin ne saurait arrêter. Jorah Stark avait été humilié, certes, ce n’était pas pour autant une raison suffisante pour s’affranchir ainsi d’une vassalité qui avait été conclue des décennies plus tôt. Et s’il refusait d’entendre raison, un autre prendrait sa place, qu’il soit Stark ou non. Peu importait au Cerf quel loup gouvernait le Nord, tant qu’il le savait fidèle à la Couronne. Il n’avait aucune affection pour les dirigeants nordistes, particulièrement depuis la guerre. Bien sûr, il restait courtois avec eux, principalement pour son frère Edric qui n’avait pas abandonné l’idée d’épouser sa louve, mais il ne ferait pas passer une amourette, aussi forte soit-elle, devant les exigences et les devoirs de l’état.

Telles étaient les pensées de la Main du Roi alors qu’il traversait les jardins du château, cherchant un peu d’air frais dans la chaleur étouffante du début de l’après-midi. Jusqu’à présent, les plantes et arbres de l’endroit avaient survécu grâce à un système d’irrigation, mais Robb ne pouvait s’empêcher de se demander combien de temps encore la chose serait possible. Bien entendu, certaines espèces étaient faites pour survivre dans la sécheresse, mais bientôt, le joyau vert de Port-Réal risquait de ne ressembler qu’à un désert de plus. Tandis que ses gardes s’occupaient d’écarter les passants, rendant les groupements devant lui un peu moins dense, Robb aperçut une chevelure d’un blond presque blanc à peine à quelques dizaines de mètres de lui. Dans un sourire satisfait, il indiqua à ses gardes la nouvelle direction qu’ils prenaient, et parcourut la distance d’un pas rapide. Il n’y avait pas d’erreur possible, seuls les Targaryen avaient une teinte si pâle, et la femme qui discutait avec un groupe de jeunes gens n’avait pas le poids des années qu’arborait Daenys, ne laissant plus qu’une seule Targaryen possible… Les Sept avaient décidé de lui sourire aujourd’hui, peut-être Robb pourrait-il régler cette affaire aujourd’hui.

Peut-être était-il trop impatient pour les remarquer, peut-être le soleil les occultait-il à sa vue tout comme il illuminait la chevelure blonde de la jeune femme, mais quelques détails auraient pu épargner au seigneur de l’Orage l’erreur qu’il allait faire. L’attitude des jeunes hommes autour de celle qu’il voulait rejoindre, pour commencer. Plus proche de tentatives maladroites de courtiser une damoiselle que de la révérence et le respect que l’on doit à une future reine. L’absence des couleurs des Targaryen, ensuite, ou d’atours signalant le rang royal de celle qui les portait. Mais toutes ces choses, Robb ne les remarqua qu’une fois arrivé à hauteur de la damoiselle. A son arrivée, les noblieaux esquissèrent une révérence maladroite avant de partir d’un pas rapide, reconnaissant celui qui visiblement se dirigeait vers celle qu’ils convoitaient. La jeune femme se trouvait toujours de dos lorsque Robb esquissa une légère révérence, avant de prendre la parole, tandis qu’elle se retournait.

« Votre Grâce, il y a des choses dont nous… Dame Manderly ? »


Prenant conscience de son erreur, la Main du Roi se redresse avant que plus de regards se tournent vers eux. Il n’avait que peu cotoyé la jeune pupille depuis son arrivée à Port-Réal. Blonde et élancée, il n’était pas rare qu’un courtisan peu attentif la confonde avec une Targaryen tant la ressemblance pouvait être forte. Dans une autre vie, elle aurait pu être la sœur de sa protectrice, et d’après ce que le Seigneur de l’Orage avait compris de la relation qui existait entre les deux jeunes femmes, c’était presque le cas. Après tout, la Sirène avait quitté son Nord pour suivre la Dragonne, et avait même décidé de rester suite au départ outré des forces nordiennes. Devenant ainsi une pupille de la Couronne, la jeune fille était vite devenue le centre d’attention de la jeunesse dorée de la capitale, qui voyait en elle un moyen de s’élever, en plus de la promesse de se voir marié à une femme des plus séduisantes. Robb et elle n’avait pourtant que très peu échangé, généralement en présence de la Régente, avant qu’elle ne quitte la pièce pour les laisser parler des affaires d’état. Reprenant une attitude plus contenue suite à sa surprise, il poursuivit :

« Je vous ai pris pour une autre, veuillez m’en excusez. Sauriez-vous où se trouve la Régente, par le plus grand des hasards ? »

Terminer la conversation le plus vite possible, pour éviter un embarras plus grand. Nul doute que ceux qui avaient assisté à la scène prendraient grand plaisir à faire circuler l’histoire dont ils avaient été témoins, et mieux valait limiter les dégats. Ceci dit, cette rencontre pouvait avoir son utilité : après tout, la jeune fille avait grandi dans le Nord, peut-être pourrait-elle lui donner des informations qui se réveleraient utiles en temps voulu ? S’il ne pouvait pas s’entretenir avec Rhaenys, autant profiter des connaissances de sa protégée tant que c’était possible… Et il tenait là une occasion rêvée. Dans un sourire, la Main du Roi désigna un banc à l’écart du chemin principal, occupé certes, mais que ses gardes n’auraient aucun mal à vider à sa demande. Ils y seraient tranquilles pour discuter, aussi formula-t-il son invitation :

« A vrai dire, peut-être pourrions nous profiter de cette rencontre pour discuter un peu ? J’ai bon espoir que vous pourrez m’éclairer sur quelques affaires. Et puis, c’est une bonne occasion de faire connaissance, je me rends compte qu’en un an je n’ai pas eu l’occasion de discuter plus que cela avec l’une des dames les plus proches de notre Régente. »
Codage par Libella sur Graphiorum
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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Port Réal
MessageSujet: Re: Chercher des réponses dans un mirage   Dim 22 Avr 2018 - 23:43




Misunderstood
Tous les jours, la petite sirène se levait, s’interrogeant pour savoir si le grand jour était arrivé. Plus les nuits se succédaient, plus l’excitation la gagnait. Sa robe était prête depuis une lune, si ce n’était deux et elle jubilait à l’idée de voir quelle serait celle portée par Rhaenys. Etre dame de compagnie de la Reine autant que sa confidente avait l’avantage de lui permettre d’apercevoir un bout de tissu par-ci, un bijou par-là… Et ses capacités à se montrer véritablement fouineuse lui avait permis de conceptualiser mentalement ce à quoi pourrait ressembler celle qui s’apprêtait à devenir Reine des Sept Couronnes. Evidemment, tout ceci avait également pour désavantage d’occuper Rhaenys si souvent que c’était dans une solitude morne qu’avait plongé la petite sirène. Le plus clair de son temps, elle le passait en compagnie de ces autres dames qui composait le cercle de la Princesse, la suivant partout comme des poules suivant leur meneuse dans la basse-cour. Mais ces filles n’avaient rien de ce qu’Alys connaissait. Toutes étaient issues de maisons venues du Sud quand, en seule représentante du Nord, elle devait jouer de mimétisme dans certaines coutumes et certains gestes auxquels elle n’était guère habituée. Le pire, au demeurant, étaient ces longs après-midis où elle devait broder, jouer de la harpe ou d’autres activités que l’on réservait aux demoiselles de leur âge. Leur vie était régie par un agenda qui déplaisait fortement à la Manderly qui, pourtant, se pliait aux événements comme les autres, espérant se voir intégrée parmi les jeunes femmes qui pouffaient au moindre faux-pas qu’elle exécutait.

Fort heureusement, si elles entouraient la Princesse régente, elles n’étaient guère tenues de vivre ensemble en permanence et, son temps libre, Alys le passait au Donjon Rouge. Tantôt, elle cherchait des souterrains et passages secrets, désireuses de connaître, comme elle l’avait fait à Winterfell, les moindres secrets de la forteresse pour en tirer avantage. En d’autres temps, la petite sirène passait du temps avec Faust, seule autre personne à même de comprendre le décalage de ce monde dans lequel ils s’efforçaient de vivre désormais. Tout ceci était plus dur encore pour le sauvageon et Alys, désireuse de ne pas se retrouver aussi seule, espérait agir en amie en lui offrant son temps pour de longues conversations parfois futiles, mais qui lui étaient toujours agréables. Et enfin, il y avait Aemon. Comment ? Pourquoi ? Quand ? Elle n’avait pas les réponses à ces questions. Pourtant, dès lors que ses pupilles azurées se posaient sur le prince, cousin de sa bien aimée Rhaenys, elle souriait jusqu’aux oreilles, oubliant toutes les règles de bonne conduite et les manières. Quelques conversations entre eux avaient menées à cet état de fait et voir le Prince lui répondre par ce même sourire était une chose qui menaçait de faire battre son cœur avec plus d’ardeur. Etait-ce cela, l’Amour ? Elle n’en avait aucune idée mais se promettait de réfléchir à cela…

Moment planifié d’avance, les dames de Compagnie de la princesse avaient eu le droit, si ce n’était le devoir, de se rendre en cet instant dans les Jardins afin de pouvoir converser avec les autres membres de la Cour. Ces instants n’étaient finalement qu’un prétexte pour permettre aux fils de seigneurs, si ce n’était les seigneurs eux-mêmes, de pouvoir courtiser ces jeunes femmes qui avaient la confiance de la Reine. La plus belle, la petite sirène ne l’était certainement pas parmi les jeunes fleurs qui entouraient la dragonne, mais son statut de privilégiée n’avait échappé à personne. Après tout, n’était-elle pas celle qui était arrivée aux côtés de la princesse Rhaenys durant cette bataille ? Celle qui avait été à ses côtés durant son repos ? Et puis, mieux encore, le statut de pupille Royale rendait Alys plus désirable que n’importe quelle autre damoiselle de Cour. Ce rang attirait les jalousies de ses congénères, surtout dans ces instants malaisants où les hommes, jeune ou moins jeunes, venaient à sa rencontre, espérant lui vendre des mérites tous plus brillants les uns que les autres. Si la chose l’avait d’abord franchement dégoutée, elle avait fini par se prêter au jeu et mener en bateau les garçons du Sud était chose qui se montrait aussi plaisante qu’avec ceux du Nord.

Vêtue d’une robe au tissu léger – Rhaenys lui avait assuré qu’il venait de Lys – de couleur azure, elle était telle une biche au milieu de chiens de chasse. Etait-ce le fils Rosby ? A moins qu’il ne s’agît du cousin du Seigneur Chelsted… ? les noms lui échappaient autant que les visages demeuraient ceux d’inconnus. Pourtant, elle demeurait là, à les écouter, un léger sourire aux lèvres. Ses longs cheveux blonds demeuraient lâches dans son dos, cascade argentée que le soleil faisait briller. Le fils Rosby – ou Chelsted – était en train de lui parler de ses prouesses lors d’un Tournoi organisé durant l’année quand quelque chose capta son attention. Votre Grâce. Son statut de pupille ne lui permettait nullement un tel titre et ce fut en haussant les sourcils qu’elle se tourna vers… Le seigneur Robart Baratheon. Visiblement, il eut l’air aussi décontenancé qu’elle et un silence se fit tandis qu’il l’identifiait. L’envie de pouffer devant le malaise que cela venait de créer grandit au fond d’Alys qui eut un sourire pincé, retenant la moquerie de voir que même l’un des plus proches conseillers de Rhaenys pouvait tomber dans l’illusion de la confondre avec la future Reine. Il n’était pas le premier et ne serait certainement pas le dernier mais, toujours, la confusion l’amusait et il était presqu’évident qu’elle ajouterait cela à la liste des confidences qu’elle échangerait avec son amie dès que cela lui sera possible.

Rattrapant la situation autant qu’il lui était possible, elle s’inclina dans une révérence respectueuse, forçant ses courtisans à suivre le même protocole car tous demeuraient perturbés par l’instant. Rapidement, le seigneur Robart exprima sa confusion et un léger rire cristallin s’échappa des lèvres d’Alys. « Nul besoin d’excuse, mon Seigneur. Vous n’êtes guère le premier à vous faire prendre à ce jeu. Il faut être un Targaryen pour savoir que je ne suis qu’une pâle copie d’un dragon… Quant à la Princesse, je crois savoir qu’elle est en train d’essayer une dernière fois la robe qu’elle portera pour les cérémonies. » Un léger sourire se dessina sur ses lèvres tandis que les derniers mots prononcés venaient de faire naître plusieurs murmures excités. Ses yeux clairs ne quittaient pas la Main du Roi, s’attendant à le voir prendre congé aussi vite que possible après s’être trompé d’auditrice… Mais il ne le fit guère. Avisant d’un geste un banc un peu à l’écart, il l’invita alors à discuter. Il eut même quelques mots signifiant son espoir de la voir l’aider dans quelques affaires, poussant Alys à hausser les sourcils. Moi ? L’interrogation n’était guère sortie mais elle venait de faire ricochet à ses pensées.

Mais l’offre était trop belle. Vraiment, entre devoir supporter les exploits de jouvenceaux séducteurs et une discussion prometteuse avec la Main du Roi, hésiteriez-vous un instant ? Se tournant vers le jeune homme, elle eut un sourire faussement navré. « Je suis navrée, ser Rosby, mais vous devrez me raconter cet échange de passes une prochaine fois… » Se tournant de nouveau vers Robb, elle leva les yeux au ciel avec une insolence certaine tandis que le jeune homme balbutia son identité véritable… Qu’elle ne connaîtrait certainement jamais. Suivant le Cerf et ses gardes, elle finit par prendre place sur ce banc, poussant un long soupir. « Et moi qui pensait que la Cour était un endroit des plus agréables… Vous rendez-vous compte que je dois supporter ça deux fois par jour ? C’est épuisant… Affligeant et épuisant. » Son regard croisa celui de l’une des autres dames de compagnie de la Reine qui semblait franchement surprise de la voir converser avec… Un homme marié ? Elle aurait pu, Alys lui aurait certainement tiré la langue, acte puéril mais qui avait le don de lui rappeler l’insouciance de ce monde dans lequel elle avait vécu longuement. Se tournant vers Robb, elle l’observa avant de lui demander. « En toute sincérité… M’a-t-on tracé une cible dans le dos ? j’ai l’impression d’être une biche et cette situation n’a rien d’agréable… Hmm… Sans vouloir vous offenser, évidemment. » Jeunesse débordante d’un entrain renversant…


© Belzébuth

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The Little Mermaid
Oh Alys, dear, where have you been ? So near, so far or in between ? What hav you heard, what have you seen? Alys, Alys, please, Alys.
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