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 [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence

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Le Destin
ADMIN SUPRÊME & PNJ
MessageSujet: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Mer 20 Sep 2017 - 10:59




Event 6.1
« Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence »

Enfin, le grand jour était arrivé. Depuis maintenant un peu plus d’une semaine, toute la noblesse de Westeros convergeait vers Port-Réal, dont la reconstruction semblait toucher à sa fin. Bien sûr, les rues restaient emplies de mendiants et affamés, et une colère silencieuse dominait les états d’esprit du bas peuple, mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, l’heure était à la célébration, tous le savaient.
Après plus d’un an d’interrègne, Jaehaerys serait couronné Roi. Si dans les faits, il ne prendrait directement les rênes du pouvoir en main qu’une fois sa majorité obtenue, l’événement marquait véritablement la fin d’une ère, et le commencement d’une autre pour tout le continent. Aujourd’hui, on enterrait pour de bon les blessures de la guerre, aujourd’hui, on se réjouirait en espérant que ce nouveau Roi soit le catalyseur d’une nouvelle époque de paix et de prospérité pour tout le Royaume. Rien n’était gagné pourtant, comme en témoignait l’absence de représentants du Nord à l’événement. Ils n’avaient pas apprécié le divorce de la future Reine avec leur seigneur, et le faisaient savoir de façon entièrement ouverte. Et que dire des Iles de Fer et de Dorne, toujours farouchement indépendantes ? Certes, la seconde avait envoyé une ambassade pour l’événement, mais Nymeria n’avait pas fait le chemin elle-même jusqu’à Port-Réal, et certains spéculaient déjà sur ses intentions, notamment suite aux attaques perpétrées à la frontière avec l’Orage. Alors que l’ombre de la guerre commençait à peine à s’effacer, était-on déjà au bord d’un nouveau conflit armé ?

Néanmoins, aucune de ces sombres pensées ne viendrait perturber les festivités du jour : tout avait été préparé depuis des mois, tant et si bien que le Donjon Rouge et ses jardins étaient maintenant un joyau de décorations et de richesses, reflet de la volonté des Targaryen de montrer que royaux, ils l’étaient plus que jamais. La Salle du Trône avait été ornée, plus qu’à son habitude, de nombreuses bannières aux couleurs du dragon tricéphale, tandis que des gardes d’honneur, présents pour la forme et le faste plus que par un réel besoin de sécurité, formaient les démarcations de l’allée centrale par où le futur Roi se rendrait jusqu’à son trône pour y être couronné des mains du Grand Septon. Bien que la foule présente soit des plus compactes, on pouvait y noter une organisation particulièrement travaillée, les affaires de placement ayant toujours été de première importance dans la noblesse Westerosi.

Ainsi, au premier rang se trouvait d’un côté les membres de la Maison Targaryen, menés par la Régente et future Reine Rhaenys, au côté de laquelle se trouvait Daenys, malgré les tensions qui pouvaient exister entre les deux femmes, et enfin suivait Aemon, l’actuel héritier du trône. Plus curieusement, à la droite de celui-ci se trouvait la jeune Manderly, seule représentante du Nord au couronnement, et pupille des Targaryen. Bien que sa blondeur lui permette de passer relativement inaperçue à côté des Valyriens, sa présence à une place d’honneur comme celle-là promettait d’en faire jaser plus d’un durant les festivités. De l’autre côté se trouvaient les membres du Conseil Restreint, menés par l’actuelle Main du Roi, Robart Baratheon, au bras duquel se trouvait son épouse Rohanna. Venaient ensuite Godric Lannister, Rhaegar Velaryon et Harys Tyrell ainsi que Valyron Tyvaros. Hollister Tarly, lui, se trouvait non loin du trône, en sa qualité de Capitaine de la garde Royale, affublé de l’armure et la cape blanche liée à son office.

Au deuxième rang se rassemblaient les Seigneurs suzerains et leurs épouse, ainsi que Myriah Ferboys, ambassadrice de Dorne. Venaient ensuite les membres plus éloignés des familles suzeraines, formant déjà des rangs plus compacts là où les deux premières rangées auraient facilement pu accueillir une vingtaine d’autres personnes, si le protocole n’en avait pas décidé autrement. Ce n’est qu’ensuite que venaient les seigneurs de moindre importance, bien plus serrés que leurs suzerains. Curieusement, ceux-ci n’avaient pas été rassemblés par région, mais tous se cotoyaient peu importe leur origine, une volonté de Jaehaerys, qui voulait par la illustrer une fois de plus que tous formaient un Royaume uni, et pas uniquement Sept Régions distinctes.

Tous avaient revêtu leurs plus riches atours, soucieux de faire bonne impression, de briller parmi leurs congénères, ou simplement de prouver à leurs voisins qu’ils étaient plus riches et plus puissants qu’eux. Que pensait cette assemblée du nouveau Souverain ? Est-ce qu’à l’heure de son couronnement, certains complotaient déjà contre lui ? Rien ne le laissait penser, mais on pouvait s’attendre à tout dans les Sept Couronnes, il fallait donc être prêt à tout. Qui décide de jouer au Jeu des Trônes n’a que deux options, et les grands ici présents ne le savaient que trop bien…

HRP:
 

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Fire and Blood
Far over the misty mountains cold. To dungeons deep, and caverns old. The pines were roaring on the height. The winds were moaning in the night. The fire was red, it flaming spread. The trees like torches blazed with light. .❞
The Hobbit – Misty mountains cold.
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Rohanna Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port Réal.
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Ven 22 Sep 2017 - 15:56

par la couronne tout prend fin,
par la couronne tout commence



Ce sont les hasards qui construisent une destinée. Les êtres humains l’ont probablement oublié tout comme ils ont oublié que tout commence par la violence et la douleur. La brulure de l’air qui entre pour la première fois dans les poumons d’un nouveau né. Simplement, peut-être, comme leur propre part humaine, n’en n’ont ils pas conscience. Cette part qui fait d’eux des comédiens parfois heureux, parfois malheureux...

Les rayons solaires baignent son visage d’une douce lumière. Un sourire allonge ses lèvres paisibles. Quiétude des sens, soupçon des nymphes aux siestes séculaires. Dans la pièce luxueuse, où trône les fières bannières des Cerfs, la maisonnée s’affaire. Toutes se préparent depuis des jours pour le couronnement de Jaehaerys. Elles ont longtemps fabulé et rêvé à voix haute des festivités, des décors, des habillements et bijoux des grandes dames de la Cour. Lady Rohanna leur a même offert de nouveaux rubans brodés à quatre fils pour l’occasion. Toutes les portent avec une pointe d’orgueil, convaincues que ce cadeau princier rehausse leur beauté juvénile. Néanmoins, c’est en leur maitresse qu’elles portent toutes leurs attentions. Depuis des heures leurs mains et leurs créativités concertées travaillent pour rendre hommage à la beauté terrestre de la Suzeraine de l’Orage.



Ses mains posées sur son ventre arrondi, elle laisse son esprit divaguer. Il flotte jusqu’à Gallowsgrey et se demande ce que sa fratrie peut bien faire. Elle imagine sa mère, accoudée à la lourde table de chêne, une liqueur secrète de la cuisinière dans la main. Son visage n’est plus qu’une idée, une image assez figée. De quelle couleur sont ses yeux? Elle ne se souvient plus… De ces petits détails, depuis longtemps elle n’essaie plus de se remémorer. Ce qui lui importe c’est cette chaleur familiale, ces odeurs et ces couleurs… « Grâce à toi, mon enfant déjà tant aimé, grâce à toi... » Un soulagement, un apaisement de sa jalousie envers Robb et sa soeur, récemment retrouvés. Elle avait tenté de réfréner ces sentiments peu nobles, mais une douleur vive et lancinante s’était logée en son âme dès qu’elle avait vu apparaître sa belle-soeur. Soeur chérie, fille adulée, nièce éternelle… tant de qualités qu’on lui avait arrachée. Dans son dos des mains délicates cousent le dos de sa robe fastueuse. Brocard au fil d’or, son corsage narre les courre légendaires des Baratheon. Deux Cerfs aux bois majestueux enlacent son corps dans une élégance discrète. Un bandier de saphirs noirs étoilés vient souligner sa grossesse déjà avancée.
 Nuage vaporeux, glisse sur elle sa longue jupe de soie ambrée.

« Nous devrions relever vos cheveux comme ça, autrement les gens parleront. »
« Et que diront-ils exactement Bathilde? »
« Comment savoir ma Lady? Le problème est bien qu’ils ne nous le disent jamais à nous! »
« Oh! je vois. »



Quelques regards juges tournent une derrière fois, soupèsent l’abondante chevelure, replacent la traine. Gestes nerveux et d’excitation. Et puis toutes rient dans une étrange connivence avant d'adresser leurs compliments à leur maitresse. Quelques révérences timides, jamais elle n’ont vu l’épouse de la Main tant apprêtée. D’ailleurs, certaines n’ont jamais rien vu d’aussi beau. Soudainement, certaines prennent conscience de la chance qu’est la leur que de servir entre ces murs.

Il l’attend. Somptueux, royal, parfait. Leurs tenues avaient été confectionné sur leurs terres orageuses. Aux couleurs de leur Maisons, ils apparaissaient tout aussi prestigieux que puissants. Invincibles. 
« Je crois que notre fils est très heureux d’assister aux célébrations! Dans son regard danse un tourbillon de joie non dissimulée teintée d’une mélancolie étouffée. Ses enfants morts, ceux dont il ne lui était pas permis de parler ou d’évoquer une existence qu’ils n’avaient jamais eus… oui, ces petites morts étaient en elles. Une blessure qui ne se refermerait probablement jamais, mais avec laquelle elle avait réussi à cohabiter. Elle n’avait jamais réellement évoqué le sujet avec son époux. C’était un épisode tragique de leur vie sans paroles. Depuis quelques jours, leur héritier se manifestait avec une nouvelle force. Exigeant d’attentions multiples comme sa mère qui porte les mains de Robb sur son ventre. « Je sens déjà en lui toute la fureur de ses ancêtres, plus particulièrement l'amour de son père pour les festivités! » Ces nouvelles manifestations semblaient ne pouvoir défaire le visage rayonnant de la future mère. Du haut de ces brodequins tramés aux fils d’or, elle dépose un baiser velouté sur les commissures de son amant. Elle a cet air faussement enjôleur, l’humour coincé dans ses fossettes enfantines.

***

Seule femme au milieu de tous ces hommes de pouvoir, Rohanna ne peut s’empêcher de se sentir étrangement à sa place. A sa droite se tiennent les membres du Conseil Restreint. Epouse de la Main, elle avait été introduite dès son arrivée à tous ces illustres personnages qui participeraient à créer le royaume de demain. « Lord Tyvanos, élégant comme toujours! » Elle avait eu une pensée ou un mot généreux pour tous. Rohanna n’était pas femme à user de ses charmes féminins pour combler l’égo mâle, son coeur était simplement enclin à la simplicité de ses moeurs. Plus tard, son coeur se noircirait et au jeu du trône elle prendrait part, mais pour le présent celle qui est au premier rang rayonne d’un sentiment vrai, d’un sentiment heureux.



A ses yeux, l’avènement de Jaehaerys à Jaehaerys Ier est un heureux présage. Plongée au coeur des secrets du pouvoir, elle savait que le spectre de la guerre était toujours là, menaçant et dangereux, mais cet homme serait les mener. Elle plaçait toute sa confiance en lui -ou peut-être la plaçait-elle en son époux-. Sous ces centaines de bannières flottantes, la mémoire de Theodan ondule Celui qui lui avait offert cette vie pour ce jour. Celui qui avait vu en elle tout ce qu’elle même n’avait jamais vu. Cette clairvoyance et ses valeurs étaient honorées. « C'est le courage d'un homme et de ses valeureux fils qui a permis tout ceci... » Un susurre au milieu du brouhaha. Des milliers d’hommes étaient morts, des frères s’étaient entretués pour ce garçon qui aujourd’hui prenait le pas sur l’Histoire...

Ceux qu’on avait appelé les Traites étaient les vainqueurs et les loyalistes d’hier… perdus dans cette masse chatoyante. Sur son passage elle avait vu Lord Arryn et son épouse, leurs ailes semblaient amputées. Ô combien de nuits sa mère lui avait raconté les histoires légendaires de ces faucons azurés? A présent, leurs alliés étaient morts, décimés ou oubliés. Solveig attendait l’heure de sa mort quant aux Stark... Désormais, la rumeur était devenue un affront palpable envers la Couronne des Sept. Encore une fois, les Baratheon semblaient être les seuls à pouvoir rallier le Nord au Donjon-Rouge et sauver Westeros de nouvelles pertes humaines. La possibilité de voir Ashara Stark devenir Dame de la Maison Baratheon n’était pas pour la rassurer. Le genre de son héritier, là n’était pas l’importance ; elle avait donné naissance à un nourrisson en bonne santé. A sa droite, la présence de son oncle n’est pas sans lui rappeler sa position précaire. Combien étaient-il à vouloir la faire tomber? Heureusement, sous le règne de Jaehaerys Ier, tout serait différent. Il régnerait une paix voluptueuse et les hommes redeviendraient frères. L'utopie d'Aegon verrait le jour.

lumos maxima

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+just a bad dream+
SOFTNESS IS NOT WEAKNESS IT TAKES COURAGE TO STAY DELICATE IN A WORLD THIS CRUEL
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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Sam 23 Sep 2017 - 12:17

Par la couronne tout prend fin, par la couronne tout commence
Une nouvelle ère commençait aujourd’hui. La conclusion de tout ce pour quoi son père était mort, tout ce pourquoi il avait passé des heures enfermé dans un bureau pendant un an, tout ce pour quoi il avait quitté Accalmie pour la Capitale des Sept Couronnes. Depuis l’une des larges fenêtres de sa Tour, Robb observait le flot de serviteurs et de nobles qui allaient et venaient en attendant le moment fatidique où tous se rassembleraient dans la Salle du Trône. S’il avait toujours trouvé son lieu de résidence trop exigu, habitué qu’il était du gigantisme d’Accalmie, entièrement sienne, il avait du mal à se contenter de régner sur une simple tour d’un donjon qui n’était pas le sien. A l’autre bout de la pièce, le capitaine de sa garde, harnaché des armures de parade de l’Orage, rappelait brièvement le déroulement des choses, en matière de sécurité. Il les escorterait, lui et Rohanna, jusqu’à la Salle du Trône, avant de revenir à la Tour de la Main pour prendre charge des cadeaux destinés au Roi et à sa nouvelle épouse. Lorsque le moment viendrait, il les apporterait sur demande de son seigneur. Durant la cérémonie, deux de ses meilleurs hommes, non armés, veilleraient sur le couple, faveur uniquement due à leur position prépondérante à la Cour des Targaryen.

« Parfait. Veillez également à ce que personne ne cherche à s’introduire dans la Tour pendant les festivités. Je n’aimerais pas qu’un espion profite de l’inattention générale pour tenter de découvrir un secret ou l’autre. Ou retrouver un couple de courtisans dans mon lit. »

L’humeur était légère raison pour laquelle les deux hommes se permettaient de plaisanter. Malgré les charges supplémentaires qu’il avait du supporter pendant l’organisation de l’événement d’aujourd’hui, le Cerf avait gardé le moral au plus haut, ravi qu’il était du retour de son épouse auprès de lui, et de la naissance prochaine de son héritier. La promesse d’un avenir radieux, il la voyait dans ses sourires et son ventre rond plus que dans le visage de leur nouveau Roi, plus que dans ce qui avait été accompli jusque là. Bien sûr, Jaehaerys incarnait le renouveau du Royaume, la paix entre les différentes grandes Maisons, mais pour autant, tout resterait lutte de pouvoir autant à la Cour qu’entre les anciens royaumes, et il reviendrait autant à lui qu’au Roi de s’assurer que l’équilibre des pouvoirs reste en place. La question du Nord promettait des jours sombres également, si la lettre qu’il avait envoyée à Jorah ne trouvait pas d’écho positif… Mais tant que Rohanna serait à ses cotés, tant qu’il pourrait voir son fils grandir, tout irait bien.

Son visage s’illumina lorsqu’elle descendit enfin, plus rayonnante à ses yeux que le soleil pourtant déjà haut dans le ciel. Alors qu’il sourit aux paroles de son épouse, Robb fit un geste en direction de son capitaine, qui quitta la pièce après s’être légèrement incliné. Seuls, une dernière fois pour la journée, il la prit dans ses bras, les mains posées sur son héritier, leur héritier. Le Suzerain de l’Orage avait réfléchi à une question épineuse ces derniers temps, tiraillé entre le besoin de ménager sa famille et l’envie de rendre celle qu’il aimait pleinement heureuse. Il avait fini par trancher, trouvant une solution qu’il formula dans un murmure :

« J’y ai beaucoup réfléchi, et il serait cruel que notre enfant ne puisse pas rencontrer ses oncles et ses tantes. Tous. Une fois tout ça terminé, et les affaires du Nord réglées, nous partirons ensemble pour Gallowsgrey, il est temps que tu puisses revoir ta famille. »

******************************

Jamais la Salle du Trône n’avait été aussi remplie depuis la fin de la guerre. Sur leur passage dans l’allée centrale, nobles et courtisans s’inclinaient devant leur Main et son épouse alors qu’ils rejoignaient le premier rang, déjà occupé par les autres membres du Conseil Restreint. Croisant le regard de Garett dans la foule, Robb incline la tête en sa direction, dans un demi sourire. Ce jour est autant le leur que celui des Targaryen, tous ici savent pertinemment que sans le Cerf et le Lion, Maegor continuerait encore à terroriser le Royaume. Dans la salle étaient présents autant ceux qui les avaient appuyés que leurs opposants, tous semblaient aussi heureux les uns que les autres, mais au fond de lui, Robb savait que pour certains, tout cela n’était qu’un masque.
Son masque, il le portait également tandis qu’il saluait les autres membres du Conseil Restreint. S’il avait appris à apprécier le vieux Lion qu’était Godric Lannister, il avait énormément de mal à tolérer la présence de Tyvaros, parvenu par excellence, qui avait gagné son anoblissement par trahisons répétées. Compétent, il l’était, comme on pouvait s’y attendre, le Mantaryen maniait les espions et les traitres aussi bien qu’il avait manié sa propre ascension, discrètement mais implacablement. Mais comment faire confiance à un homme qui n’avait visiblement pas d’autres valeurs que celle de son profit personnel ? Rohanna à sa droite, Robb invita Godric, représentant de sa Maison à se placer à sa suite, manière discrète de rappeler à tous que deux Maisons seraient prépondérantes auprès des Targaryen dans ce nouveau règne.

« Nous pouvons enfin assister à ce couronnement que nous avons attendu un an, monseigneur. Nous pouvons tous en tirer fierté, car ce sont là nos sacrifices et notre travail qui sont récompensés. »

Alors que dans la Salle, le silence commençait à se faire, le Cerf se remémora le dernier souvenir de son père, alors qu’il quittait l’Ost pour rejoindre Accalmie, suivant les ordres de ce dernier. Il s’était battu pour l’honneur et la justice, mais il était mort pour sa famille, Robb plus que quiconque le savait. Il voulait un Roi légitime, un Roi juste, pour que sous son règne ses fils, et leurs descendants puissent vivre en paix. Pour lui, pour Rohanna, pour son héritier, Robb continuerait à s’assurer que le Roi recevrait les bons conseils, autant qu’il le pourrait.
Codage par Libella sur Graphiorum
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Myriah Ferboys
DORNE
■ Localisation : Auprès de Nymeria Martell
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Dim 24 Sep 2017 - 12:01

Par la Couronne tout prend fin, par la Couronne tout commence Le grand jour était arrivé : le couronnement de Jaehaerys Targaryen que les rumeurs surnommaient déjà le Conciliateur. Elle s’était éveillée tôt pour pouvoir profiter des derniers instants de calme, du moins si cela pouvait exister à Port-Réal, et à présent elle s’apprêtait pour la journée qui s’en suivrait. Une suivante aidait Myriah à revêtir sa robe. Aujourd'hui il s'agissait d'un vêtement au tissus opaque rouge avec du fil doréau niveau des épaules, il était important en ce jour de ne pas se laisser aller à de futiles provocations mais surtout de montrer toute la puissance de Dorne dans son aspect riche et mystérieux. Une seconde suivante attendait pour coiffer l'ambassadrice qui réfléchissait à la manière dont elle présenterait les cadeaux de mariage, en particulier à la princesse bientôt reine Rhaenys.

- Obara allez me chercher ser Azzak, demanda-t-elle et la suivante s’exécuta. Elle revint peu de temps après suivie de près par le chevalier et la servante qui aidait Myriah à mettre sa robe s’éloigna pour la laisser s’asseoir sur une lourde chaise.

- Azzak faites préparer tous les présents, j’aimerais donner en un donner en mains propres à Rhaenys Targaryen.

Aucune intention de commettre une esclandre mais d’essayer d’enterrer toute animosité, Jaehaerys semblait différent de ses prédécesseurs alors elle se devait d’essayer de laisser une chance au jeune Dragon. Elle avait des consignes qu’elle devrait respecter mais elle avait le champ libre pour mettre la forme.

- Bien ma dame, répondit le concerné avant de s'incliner et de quitter la pièce pour exécuter les ordres de l'ambassadrice.

Une fois la porte refermée Myriah Ferboys se plongea dans ses pensées, réfléchissant à la manière d'offrir les présents, tandis qu'Obara s'attelait à coiffer ses cheveux trop souvent sauvages.

****

L’ambassadrice marchait en compagnie des seigneurs de Dorne qui avaient accepté de faire le déplacement jusqu’à la capitale et tout avait été décoré pour que cette journée soit mémorable. La délégation du sud s’approchait de la salle du trône où une bonne partie des nobles invités se trouvaient déjà et à partir du moment où les dorniens entrèrent dans la salle ils se séparèrent, Myriah devant se trouver au second rang aux côtés des seigneurs invités pour l’occasion. Les grands noms du royaume comme Godric Lannister, Robart Baratheon et son épouse ou encore les membres du Conseil Restreint. Au moins la Ferboys n’aurait pas à se trouver près du Cerf. Elle décida de se placer près de celui qui montrerait le moins d’animosité étant allié, Garett Lannister avec son épouse Alérie.

- Cette journée promet d'être riche en émotions, déclara-t-elle à l'attention du suzerain de l'Ouest avec un sourire avant de reporter son attention vers l'entrée de la salle du trône où d'un instant à l'autre le Prince Jaehaerys Targaryen entrerait pour sceller son destin.

Peu à peu le silence tombait et tous les invités se turent, attendant le moment fatidique. Le règne Jeune Dragon semblait présager une paix mais pour combien de temps ? Avec son âge peu avancé il pouvait être sujet à de mauvaises langues, prêtes à tout pour semer de nouveau le trouble dans les esprits et les cœurs. Saurait-il s'en protéger ou comment tous les autres, céderait-il à l'influence d'autrui ?

©️ 2981 12289 0

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Nous gardons la voie
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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Dim 24 Sep 2017 - 14:36

Par la Couronne tout prend fin,
par la Couronne tout commence.






































Une volée de mouette s’éveilla en piaillant au-dessus des flots de la Baie de la Néra alors que les cloches sonnaient à toute volée dans la capitale du royaume des Sept Couronnes. Les oiseaux blancs se détachèrent un temps sur les eaux bleu sombre de l’océan qui venait se jeter avec placidité sur les hautes falaises au faîte desquelles était juché la forteresse royale des Targaryen, le socle du pouvoir du Dragon, l’ancien Fort-Aegon, le désormais célèbre Donjon-Rouge, achevé quelques années plus tôt sous le règne de Maegor. A son habitude depuis ces derniers mois, le soleil régnait sans partage sur l’azur céleste, ne laissant aucun nuage – pas même un fin stratus d’une blancheur virginale – entraver son rayonnement divin. La chaleur écrasait le monde depuis l’aube et le ciel immaculé laissait présager une nouvelle journée caniculaire. On avait beau avoir fait brûler des brasiers entiers d’herbes odorantes et d’encens autour de l’immense forteresse aux briques ocres, les remugles de la cité qui s’étendait à ses pieds ne semblaient pas connaître de rival, remontant jusqu’aux narines les plus nobles, rappelant à toute la noblesse westerosie que le peuple sur lequel elle exerçait son pouvoir absolu et sans partage ne se trouvait jamais bien loin. L’air était sec, une petite brise de demoiselle venue du Nord – un présage ? – essayait tant bien que mal de rafraîchir les habitants de Port-Réal, mais c’était une tâche vouée à l’échec devant l’immensité des lieux et la faiblesse du souffle.

Garett vida le gobelet d’eau citronnée qu’on lui avait transmis quelques instants plus tôt, le posant sur la desserte à ses côtés, produisant le seul bruit auquel ses oreilles réagirent un tant soit peu. Clang : le bruit aisé à distinguer entre mille, un son universel que connaissaient les indigents aussi bien que les nobles gens, cette tonalité d’un verre qui rencontre le plateau. La différence résidait ensuite dans les matières : là où le commun associait ce bruit à une chope de cuivre déposée sur un plateau de fer, Garett entendait ce qu’il voyait ; un élégant gobelet d’or pur sur lequel étaient gravés des bas-reliefs léonins atterrissant sur un plateau d’argent ciselé. Le seigneur au Lion était pour le moment seul dans sa chambre. Il patientait tranquillement, trompant son attente dans la dégustation du liquide parfumé à la zeste d’agrume et à la menthe. Plus loin dans les vastes appartements alloués au couple suzerain de l’Ouest, son épouse Alerie devait terminer de se préparer, aidée de ses domestiques et de sa dame d’atours qui n’était autre que sa sœur Wendy.

Le suzerain de l’Ouest se tourna un moment vers l’imposant miroir qui lui faisait face, une pièce de prestige fabriquée à Myr, où les artisans locaux n’avaient pas leur pareil pour travailler le verre. Cette immense glace permettait au Lannister de s’observer de pied en cape et de jauger le reflet qu’il lui renvoyait. Il y observait un jeune homme de moins de trente ans dont pourtant le regard semblait indiquer qu’il avait vécu dix ans de plus que ce qui était le cas. Ses traits s’étaient durcis durant le conflit contre Maegor, il s’en rendait compte maintenant, alors qu’il portait ses plus beaux habits pour aller assister au couronnement du jeune roi, celui qu’il avait contribué à placer sur le Trône de Fer. Ses cheveux blonds ondulaient toujours avec cette espèce d’impertinence qui adoucissait malgré tout ses traits, lui donnant un air presque juvénile. Vingt-six ans, et pourtant un visage déjà marqué par la vie, en ses terres un statut proche de celui d’un roi, et une fortune à faire pâlir d’envie la Banque de Fer.

Car les Lannister étaient riches, et le rappelaient à l’envi, à quiconque aurait pensé oublier cet état de fait. Toutefois, si l’or était l’apanage principal des Lions du Roc, il fallait aussi composer avec leur fierté, le dédain que pouvait afficher le clan du Roc à l’endroit de ceux qui leur étaient inférieurs – soit l’extrême majorité des personnes habitant Westeros – et la hauteur qu’ils affichaient la plupart du temps en public. Telle était la vision du monde des Lions, un monde où ils évoluaient en prédateurs, quitte à parfois oublier qu’ils n’étaient pas au sommet de la chaîne alimentaire. Pourtant, Garett l’avait appris. Il avait vu, à la bataille de Port-Réal, le feu-dragon consumer la cité et sa cavalerie, à la Porte des Dieux. Il n’oubliait pas ce qu’il devait aux vaillants guerriers de l’Orage, à Theodan Baratheon, qui avait donné sa vie pour ce combat qui avait été le leur durant six longues années.

En ce jour, ils récoltaient les fruits sucrés de la victoire, de leur patience. A la fin du jour, Jaehaerys Targaryen serait couronné Roi des Sept Couronnes devant tout Westeros, et ensuite, il prendrait pour épouse sa propre sœur, la divine Rhaenys Targaryen, dont les rhapsodes vantaient le courage infini et la singulière beauté de ses traits de valyrienne. En coulisses, toutefois, certains éclairés y verraient ce qu’il convenait de voir : la consécration de la suprématie du Cerf et du Lion sur la politique interne. Garett était un pragmatique, il se doutait que des problèmes finiraient par éclater, et certains pointaient déjà leur museau disgracieux en ce jour de fête… Pourtant, il considérait que tant que les Baratheon et les Lannister travailleraient main dans la main, ils pourraient accomplir de grandes choses et tenir Westeros dans la paix du Roi. Derrière lui, on toqua respectueusement à la porte de noyer qui l’isolait du reste des appartements bruissant d’excitation et d’impatience. Tout le monde piaffait à l’idée de voir le Roi, d’assister à son couronnement, de côtoyer les plus grands de ce monde.

« Monseigneur. Dame Alerie est désormais prête. »

Le regard perdu dans le miroir, Garett hocha du chef pour signifier qu’il avait bien entendu. Il était temps d’y aller. Commençait la mascarade qui allait durer des heures. Il faudrait se montrer hautain, puissant, digne des millénaires d’art de Cour et de prestige de Castral Roc. Il ne faudrait aucun accroc, tout le monde devait voir dans le couple suzerain de l’Ouest l’entente la plus absolue et la majesté la plus grande. Ce qui avait été une véritable comédie à jouer un an auparavant serait désormais plus naturel. Si la paix était revenue entre Garett et Alerie douze lunes auparavant, il avait bien fallu la nouvelle de la grossesse d’Alerie pour transformer la trêve froide et de pur principe en un renouveau d’affection. Pas d’amour – par les Sept, non ! – alors que le cœur de Garett ne battait plus que pour Allyria Tarbeck, son âme sœur devenue par voie de faits sa maîtresse. L’amour entre les deux époux suzerains des Terres de l’Ouest avait été proscrit avant le départ de Garett pour la guerre, mais cela n’empêchait pas les deux jeunes gens de se respecter, d’espérer simplement que leur bone entente leur permettrait de pouvoir faire au mieux pour leurs terres et leurs sujets.

Le jeune suzerain s’observa une dernière fois. Il portait une tunique de brocard rouge strié de nervures de fil d’or doublé. La doublure de son col et des pans qui se rabattaient sur ses cuisses étaient agrémentés de perles prélevées sur des huîtres de la Mer du Crépuscule tandis qu’un savant enchevêtrement de fils de soie d’araignée – la meilleure ! – délicatement dorés à la feuille décorait le haut de son poitrail, remontant autour de ses épaules. L’ornement textile évoquait, en fonction de l’endroit où l’on se plaçait pour en capter les reflets, diverses postures léonines. Soupirant, il se tourna pour aller retrouver Alerie. Lorsqu’il fit son arrivée dans le salon principal, il tomba nez à nez avec Alerie, Wendy et quatre gardes du Roc portant une armée absolument splendide. Garett soupçonnaient que ces amures devaient avoir servi pour les gardes royaux des souverains du Roc, tant elles étaient travaillées et évoquaient la toute-puissance Lannister. Aucun signe identifiable du royaume mort des Lion semblait toutefois présent, ce qui était un soulagement tant l’outrage aurait fait jaser s’il avait été remarqué. Au lieu de cela, Garett reporta son attention sur les deux Piper qui l’attendaient. Elles étaient parées de manière absolument splendide et éclipseraient sans nul doute bon nombre des nobles dames présentes – à l’exception significative des membres de la famille royale. On avait évidemment veillé à ne surtout pas en faire trop, pour que toute l’assistance, grands comme petits seigneurs, ne paraisse pas plus glorieuse que les enfants du Dragon. Il gratifia les deux natives du Conflans d’un sourire sincère.

« Vous êtes resplendissantes, mes Dames. »

Il s’inclina légèrement devant elles avant d’offrir son bras à son épouse, il était temps d’y aller. Alors qu’ils partaient sur le chemin de la salle du trône, Garett huma le parfum d’Alerie, et se surprit à sourire un peu plus. Cette odeur le ramenait une éternité en arrière, lorsqu’ils avaient fait connaissance, et ensuite, lorsqu’ils s’étaient mariés durant une période de grâce qui leur avait servi à tous deux d’échappatoire face à une réalité trop difficile à endurer. Il se pencha imperceptiblement vers son épouse, continuant de regarder droit devant lui.

« Courage. Les yeux de tout Westeros seront posés sur toi. »

Il se tourna vers Alerie avec un franc sourire, il était redevenu léger. Il semblait presque aussi insouciant qu’avant leur dispute terrifiante.

« Alors montre-leur de quoi tu es capable. Imagine qu’il s’agit de ma mère partout, si ça peut t’aider. » lui glissa-t-il en plongea son regard rieur dans celui de son épouse. Il était au fait des relations parfois difficiles entre Alerie et Johanna, comme il était au courant que son épouse ne s’était pas laissée faire par les manières directives de sa belle-mère.

Johanna devait d’ailleurs se trouver dans la salle du trône, aux côtés de son époux Byron Reyne, seigneur de Castamere. Ils ne tarderaient pas à les croiser, ils arrivaient désormais à la salle du trône. L’immense salle bruissait de l’audience qui s’y rassemblait. La plupart des grands notables étaient déjà présents, mais Garett nota tout de même quelques absents, encore. Son cousin Robart et son épouse arrivaient sans doute en dernier, pour prendre place au premier rang qui leur était dévolu, à eux, et au reste du conseil restreint, où siégeait notamment Godric Lannister. Il ne voyait pas encore le couple Tyrell, ni les Tully, s’ils venaient. A vrai dire, il avait l’impression qu’ils étaient le premier couple suzerain à entrer. Tant mieux, le reste de Westeros paraîtrait fade après leur passage. Fendant la foule, précédés par leurs gardes d’honneur désarmés, les Lions du Roc se frayèrent un chemin jusqu’au second rang. Une fois qu’ils furent arrivés, les quatre hommes d’armes reprirent le chemin de la sortie. Se faisant, alors qu’ils s’installaient, Garett ne put s’empêcher de saluer du chef certains qu’ils reconnaissaient. Des seigneurs de l’Orage aux côtés desquels il avait combattu, ou encore certains de ses vassaux avec lesquels il était proche, comme le frère jumeau d’Allyria, Doran Tarbeck, seigneur de Château-Tarbeck. Désormais, ils étaient en place. Ne restait plus qu’à attendre le couronnement, et la consécration de la victoire du Cerf et du Lion.

Peu à peu, la salle se remplissait alors que l’assistance bruissait en discutant. Il était difficile de ne pas voir les anciens loyalistes, la plupart étaient peu à leur aise, mais s’accommodaient de leur propre présence devant le jeune homme auquel ils s’étaient opposés. Garett pu ainsi voir entrer bon nombre de têtes connues. Il aperçut brièvement Loric Piper, récemment consacré Sire de Château-Rosières, tandis qu’au loin la cousine de Garett, la délicieuse Oriane Tully, s’installait à sa place. Il fut difficile pour l’assistance de remarquer la présence du clan Arryn, qui avait finalement daigné descendre de sa montagne là où les Stark de Wintefell n’avaient pas souhaité se présenter. En conséquence, la seule représentante du Nord était la jeune femme qu’avait ramenée Rhaenys de Winterfell : Alys Manderly, dont la chevelure et les traits angéliques étaient difficiles à éviter, surtout qu’elle tenait une place d’honneur au premier rang. Robb et Rohanna Baratheon finirent par faire leur entrée, de manière relativement tardive, et Garett échangea un salut fraternel mais muet avec son cousin qui prenait place aux côtés du conseil qu’il dirigeait. Dans un bruissement d’étoffes enflammées, où se mêlaient le pourpre et l’ambre, Myriah Ferboys fit son apparition aux côtés de Garett. L’ambassadrice de Nymeria Martell, alliée stratégique et économique des Lannister, était difficile à manquer tant elle représentait la grâce insolente de la région dont elle portait la voix en ces lieux.

« Cette journée promet d'être riche en émotions. » lui glissa-t-elle dans un sourire, croisant brièvement son regard avant de se retourner vers l’entrée, attendant – comme tout le monde – de voir arriver les royaux Targaryen dont les places restaient désespérément vides.

Garett se pencha à son tour vers l’ambassadrice de Dorne, lui murmurant à l’oreille :

« Voyez par vous-même, Dame Ferboys. Voyez ce qu’il advient lorsque l’on s’allie au Roc, même le plus puissant des tyrans n’a su résister face à nous. »

Avec un sourire légérement suffisant, et pleinement satisfait, Garett se retourna à son tour vers l’entrée. Ce faisant, il croisa le regard de Catelyn Arryn, la noble dame du Val avec laquelle il avait échangé une après-midi. Il hocha la tête pour la saluer avant de reporter son attention sur la porte.

Bientôt.



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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Dim 24 Sep 2017 - 16:18

Le voyage jusqu'à Port-Réal s'était déroulé sans incident notoire, et le convoi en provenance du Val avait fait bon train. Ils étaient arrivés dans la capitale deux jours avant la cérémonie. Martyn n'avait pas voulu venir plus tôt, pour ne pas paraître empressé, mais arriver en retard aurait été tout aussi préjudiciable. Il avait donc compté une journée de battement en cas d'incident, mais la route avait été calme, les clans des Montagnes ayant sans doute décidé que la caravane valoise représentait une trop grosse force pour être attaquée. En effet, le Suzerain du Val ne voyageait pas léger, d'autant plus que sa douce Roslinn se trouvait à ses côtés ; et qu'une dame ne voyage jamais sans une quantité astronomique de bagages et de serviteurs. Martyn ne l'aurait pas voulu autrement. Il voulait que tous ceux qui posent le regard sur son épouse se souviennent de son rang et de la puissance du Val. Et pour cela, il lui fallait de quoi se parer de ses plus beaux atours et voyager en tout confort.

Bien sûr, il y avait aussi dans le convoi des présents pour les mariés, et d'autres malles où reposaient divers petits trésors qui serviraient de prétexte pour nouer des relations avec d'autres... Ou pour faire plaisir à certains membres de sa famille. Il avait également prévu quelques cadeaux pour sa sœur aînée et ses neveux, notamment.

Cela faisait des années qu'il n'avait plus mis le pied à Port-Réal, et la ville avait à la fois beaucoup et très peu changé. Quand ils avaient traversé la ville pour rejoindre le Donjon Rouge, des réparations étaient toujours en cours, rappelant la bataille qui s'y était livrée, mais en-dehors de cela, tout ressemblait à son souvenir. Les décorations et fleurs qui tapissaient balcons et rues avaient semblé un peu étranges parmi les derniers échafaudages en place. Le peuple avait paru avoir oublié le manque de vivres sur les étals des marchés. Mais pour combien de temps ?

Ils avaient été reçus de manière correcte et polie. Les appartements qui leur avaient été alloués pour l'occasion avaient été décents, de cela au moins il n'allait pas se plaindre. Il se méfiait par contre beaucoup plus des serviteurs mis à leur disposition. Comment savoir lesquels étaient des espions et lesquels étaient juste de bonne volonté ? L'époque avait beau être à la paix, certains avaient la mémoire longue ; et les Arryn n'avaient pas que des alliés dans ce castel.

La salle du trône aussi avait connu un grand nettoyage et une décoration pimpante. Difficile de ne pas grimacer en notant la présence ô combien prétentieuse de nombreuses bannières au cerf. Il s'y était attendu, bien sûr, Robb était devenu la Main du Roi, il était logique que sa famille et ses couleurs soient bien en évidence... Eux qui avaient mené la rébellion. Mais si rien n'était visible sur le visage austère de Martyn, orné pour le moment d'un léger sourire courtois il n'en demeurait pas moins qu'il trouvait pénible d'assister à cette cérémonie. Elle faisait remonter trop de mauvais souvenirs pour qu'il s'en amuse. Et l'épouse de la Main qui paraissait enceinte ne faisait qu'empirer la situation, lui rappelant que Roslinn, elle, ne l'était pas. Pas encore... Mais s'ils devaient attendre dix années de plus pour un second bébé, il ne savait pas prédire dans quel état serait le Val d'ici la naissance.

Ses vêtements de soie azur rehaussée de fil d'argent, bien qu'élégants et raffinés, paraissaient presque sobre par rapport à la tenue de certains seigneurs présents. Une broche d'argent en forme de faucon ciselé était attachée sur sa fine tunique azur, l'oeil de l'oiseau marqué par un petit saphir. Martyn savait ce qu'il valait et n'avait pas besoin de se déguiser en miroir doré comme le faisait le Lannister pour que chacun sache qui il était. Les anciens rebelles avaient visiblement abusé des tissus et joyaux, du fil d'or et du brocard, peut-être pour se rassurer qu'ils avaient effectivement gagné ? C'était, de l'avis du suzerain du Val, de très mauvais goût et ne pouvait que leur apporter de nouveaux ennemis.

Quand ce fut à leur tour d'être annoncé, Martyn s'avança d'un pas sûr et mesuré, son épouse à ses côtés, et alla se placer au deuxième rang, celui des suzerains. Son regard froid et hautain balaya la foule au passage, faisant baisser les yeux à certains anciens rebelles qui se pensaient au-dessus de lui de par la victoire de leurs seigneurs. Le suzerain du Val n'était pas là pour quémander. Il reconnaissait le roi comme Roi. Son opinion sur l'union des deux dragons était une autre affaire, par contre. Il espérait simplement que la cérémonie se se solde pas par une guerre au lendemain des noces... C'est en silence qu'il attendit le reste de la cérémonie.
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Catelyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Rougefort, Val d'Arryn.
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Lun 25 Sep 2017 - 1:45

par la couronne tout prend fin,
par la couronne tout commence






Une énergie étrange avait pénétré le corps de Catelyn Arryn. Le port altier relevé, elle semblait défier tout ce qui se trouvait autour d’elle. Le couronnement, elle l’avait attendu avec impatience et angoisse. Son époux ne peut s’empêcher de lui jeter quelques coups d’oeil. Le faucon lui semblait un brin moqueur, un brin irrévérencieux et ce n’était pas pour lui plaire. Son regard lui était voilé, et seule la blonde savait ce qu’elle pouvait bien avoir en tête. Las, il ne savait que trop bien qu’elle ne lui dirait rien. Elle observe une dernière fois son reflet, le sourire qu’elle y voit pourrait briser le miroir d’étain. De ce jour, elle n’attendait pas grand chose mais des évènements qui en découlerait, beaucoup. Elle n’avait jamais été pour Maegor, mais ce n’était alors pas à elle de discuter des allégeances des siens. Jaehaerys était le roi légitime et aujourd’hui, on lui portait réparation. Néanmoins, on ne pouvait effacer les âges et les blessures de ces sept dernières années. Les Targaryen, en l’espace d’une décennie, avait réussi à anéantir le prestige des Arryn. Le jeune roi promettait un avenir uni et fort, mais c’était un idéal. Un idéal de grandeur qu’avait porté son arrière-grand père, en vain. Malgré tout l’amour que Rhaenys portait en ces idées pacifistes, elle avait cessé d’y croire. Les années où elle écrivait en secret à son amie pour lui dire qu’elle supporterait son accession au trône de fer, sa place légitime, semblaient loin. Elle aurait aimé retrouver cette foi inébranlable en l’avenir, mais ce n'était pas du domaine des possibles. Elle avait changé. Non, c’était l’histoire écrite par les autres qui l’avait changée. 


« Tu ressembles à ta mère. »

« Ce que tu dis est idiot, tu ne te souviens pas d’elle. »

« Non, mais c’est ce que dit notre père quand tu voles l’éclat de la Lune. »




Elbert Arryn n’avait jamais oublié l’envoutante Alyssa Veneur. Lui, le prestigieux prince, avait accepté de ne pas avoir descendance mâle pour conserver sa mémoire. Modèle de droiture et de légende, il était difficile pour tous ceux qui le connaissaient de lui faire honneur. Particulièrement pour sa fille, dont le tempérament de feu et de glace n’était pas pour se plier aux enseignements trop figés de son éducation. Il lui manquait terriblement et c'était un grief supplémentaire contre Martyn et Jace qui l’avaient arraché à lui. C’était le destin des filles que celui de quitter leur père, mais elle ne pouvait pas le tolérer. Aux autres peut-être, mais pas pour elle. C’était lui qui avait fait ployer le Val aux mains des Targaryen, lui qui leur vouait une fascination et une servilité sans frontières et c’était lui qui n’était pas là aujourd’hui. Ils n’en avaient pas parlé, mais ce détail anodin aux yeux des autres ne pouvaient pas l’être pour Catelyn, Jace ou Martyn. Tous trois avaient été élevés ensembles, dans les mêmes idéaux d’héroïsme et de gravité. Il n’en demeurait plus rien aujourd’hui car tout ce sur quoi ils avaient grandi et s’étaient forgé, était mort.



Derrière les murs de leur étroit appartement, les pas précipités des nobles se font entendre. Il est l’heure de se jeter dans la fosse. Elle avait convenu d’arriver en même temps qu’Etaine. Son affectation pour sa cousine était toujours aussi forte et aussi hardie. Elle avait quitté le Val à ses côtés, sans la permission accordée des Eyrié. Pire qu’un manque grave au protocole, c’était un geste dangereux. Elle avait tout de même accepté, sans ciller. Néanmoins, pour une raison ou pour une autre elle lui avait caché sa correspondance avec Martyn. Une raison ou une autre qui finirait par éclater entre elle, leurs enjeux étant différents. De son regard vernaculaire, elle observe Jorelle. Cette petite avait fait du chemin, elle ne ressemblait déjà plus à la bâtarde campagnarde des Trois Soeurs. Pour peu que l’on connaissait les airs de l’ancien Chaton du Val, on aurait pu y voir une réplique. « Veille à rester proche de nous. Personne ne sait ce qui peut arriver dans une foule, même royale. » L’adolescente hoche la tête avec un air faussement grave, comme toutes les jeunes fille de son âge son impatience transpirait! Des semaines fiévreuses qu'elle attendait ce jour! Elle portait une ancienne robe de sa Dame, mais elle s’en fichait, ici personne ne pourrait le remarquer. 


Quand ils arrivèrent devant la salle du trône, la majorité des petites naissances étaient déjà placées -ou agglutinées-. L’assemblée était rutilante de bijoux, pour certains bien moins élégants que d’autres. Quant aux vêtements, ils étaient de couleurs parfois criardes... A force de vouloir faire dans le bon goût, les moins fortunés obtempéraient quelques impairs incomparables! Derrière Martyn et Roslinn, elle marche élégamment, pieusement hautaine. Dans sa robe de soie tramée aux quatre fils d’argent, elle ressemble aux potamides du Val. Celles qui, maitresses de leur nature, ne se courbent jamais devant autrui. Etrangement simple, sa robe de cour souligne la délicatesse de son corps. Sur son corsage dansent les fleurs éternelles des Montagnes de la Lune que picorent les faucons éternels. Ceux qui sont nés, pour ne jamais mourir. Son décolleté est plongeant, mais la chaleur est un prétexte à cette extravagance. Nul autre bijoux ne vient orner sa peau que la pierre lunaire bleutée sur son front. Le sang qui coule en ses veines est le plus ancien de tous ici. Sa fierté ne demandait autre atour. 


A quelques mètres d’elle, elle croise le regard moucheté du Lion de Castral-Roc. Ils se toisent un instant avant qu’il ne la salue discrètement. C’est de cette même grâce qu’un sourire complice illumine ses lèvres, mais s’il détourne le visage vers l’entrée, pas elle. Elle reporte son regard sur le trône de Fer, une gifle douloureuse. Pour cet objet de malheur, Etaine avait perdu toute sa jeunesse et probablement sa vie, son peuple était tombé en disgrâce et quant à ses royaux cousins… Que leur arriverait-il pour ne pas être venu en ce jour? Des milles épées qu’elle avait sous les yeux elle ne voyait qu’une chose. Les objets portent des vérités puissantes, des vérités qui nous dépassent. A l’insu d’eux-même, ils parlent à ceux qui n’ont jamais oublié d’être des héritiers.

lumos maxima

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AS HIGH AS HONOR
You were annoyed by the Seven, blessed by the moon but you don't yet possesses what really matters : the power. Without it you  will perish and all of Vale along with you. And now you dream of paradise but you must build it for yourself and let all the world know Catelyn Arryn has arrived.
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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Port-Réal, en Terres de la Couronne, pour le couronnement et le mariage du Roi Jaehaerys Targaryen
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Lun 25 Sep 2017 - 12:44




par la Couronne tout prend Fin,
par la Couronne tout Commence

Elle faisait face au miroir. De plein pied, il lui renvoyait une image qui lui semblait presque étrangère. Elle osait à peine respirer, de peur que le moindre bruit ne la soustraie à ce qui ne pouvait être qu'un rêve. Pourtant, elle avait eu le temps de s'accoutumer aux toilettes fastueuses qui, depuis son mariage, avaient remplacé les simples jupes en lin grossier, les chemisiers de toile fine retenu à la taille par un épais corsage de cuir. Mais incontestablement, elle n'avait encore jamais porté une robe pareille. Sans doute était-ce dû à l'hermine immaculée qui seyait sa gorge et ses mains, et qui lui donnait cet air un rien royale. Le tissu de lourd brocart d'argent teinté de bleu, qui se scindait en un millier de volants d'un blanc transparent, illuminait son teint et faisait ressortir la couleur de ses yeux. Un simple geste faisait scintiller les multiples petites chaines d'or pur qui retenaient le tout à la taille, et surtout, la longue traine d'un même argent au niveau des épaules. Quant à sa longue chevelure d'un blond pur, lustrée pour l'occasion, elle retombait dans son dos, simplement retenue de part et d'autre de son visage par des épingles de nacre qui rappelaient ses fourrures. Pour seul bijoux, scintillant de mille feux colorés au creux de ses seins, un collier. Éblouissant. « Il est.. » « Oui... » souffla-t-elle en réponse, tandis que sa servante en admirait encore le doux reflet dans la lumière du jour.

Un des nombreux présents de son époux lors de leurs noces. Un bijou qu'elle n'avait pas reporté depuis. Il était resté dans un coin de ses coffres, soigneusement protégé du temps par un double rempart de velours rouge, attendant patiemment son heure. Une heure dont elle avait décidé qu'elle était venue. Il n'y avait qu'une seule occasion qui commandait sa sortie, un évènement au moins égal à celui qui avait donné lieu à sa création : un couronnement. Bien sûr, le porter aujourd'hui relevait d'une grande symbolique. Il ne s'agissait pas seulement de mettre une nouvelle fois en lumière le travail des artisans de Port-Lannis. Il ne s'agissait pas seulement de démontrer du faste propre aux Lannister. Il s'agissait surtout de montrer à la face du monde qu'elle et Garett formaient un couple. Et il s'agissait pour elle d'accepter à nouveau Garett comme époux. Comme partenaire. Comme le père de son futur enfant. « Ma Dame a-t-elle encore besoin d'autre chose ? » D'un geste de la tête, elle lui signifia que non. Relevant ses jupes d'une main, elle jeta un dernier regard à son reflet avant de passer dans la pièce à côté. Wendy attendait, parfaite, irréprochable, comme à son habitude. Elle lui tendit une main fraternelle, et elles échangèrent une brève étreinte. Puis, son regard se tourne vers Garett.

« Vous êtes resplendissantes, mes Dames. » les accueillit-t-il. Elle lui adressa un sourire, et abandonna son bras au sien. « Allons-y... » murmura-t-elle dans un souffle, inspirant un grand coup pour mieux poser sur son visage un masque imperturbable, celui de ses grandes apparitions publiques. Malgré l'année écoulée, l'exercice lui coûtait encore. « Courage. Les yeux de tout Westeros seront posés sur toi. » Elle eut un rire nerveux, qui colora un instant ses joues. « Merci ! Tu as le don de me rassurer... » fit-elle, faussement abattue, en posant sa main libre sur son bras. Depuis l'annonce de sa grossesse, ils avaient presque retrouvé leurs échanges d'antan, ponctué de sourires et de notes espiègles. « Alors montre-leur de quoi tu es capable. Imagine qu’il s’agit de ma mère partout, si ça peut t’aider. » Elle leva alors les yeux au ciel, suffisamment pour ponctuer son agacement, pas assez pour qu'il soit lisible de ceux qui croisaient leur chemin cependant qu'ils quittaient leurs appartements pour la Salle du Trône. « Que les Dieux m'en préservent ! Elle n'est pas là, et je compte bien en profiter... ! » fit-elle, en relevant la tête et en secouant, d'un air de fierté, ses longues boucles blondes. Du même coup, elle effleura son ventre d'une main.

La grande Salle du Trône grouillait déjà de monde. Courtisans, têtes suzeraines et autres grands noms du royaume se trouvaient rassemblés. Tandis que son époux échangeait quelques mots avec l'ambassadrice de Dorne, Alerie se tourna vers sa sœur. Elle chercha sa main, son regard ne quittant pas la double porte qui devrait s'ouvrir sur le cortège royal et traverser l'assistance. « Reste auprès de moi... » murmura-t-elle, sentant une bouffée d'angoisse l'envahir. Son regard rencontra alors celui de Rohanna Baratheon, à laquelle elle adressa un sourire chaleureux. Tout comme elle, la Dame d'Accalmie supportait mal l'air de la Cour. Elle se promit que sitôt la cérémonie close, elle la retrouverait. Son regard se posa ensuite sur une haute silhouette élancée, couronnée de cheveux d'un brun presque froid, et qui dénotait fort avec le reste des convives. Approchant sa bouche de l'oreille de son époux, elle demanda : « Serait-ce... Lord Arryn ? Et Lady... Roslinn ? Vous les connaissez ? » demanda-t-elle, voyant que Garett adressait un signe de tête à une femme à la rare élégance. Les tréfonds de sa mémoire bouillonnaient cependant qu'elle tentait de se rappeler des noms des suzerains du Val. Elle s'était longuement interrogée sur leur venue, et comment la Couronne les recevrait. D'ailleurs, elle n'était pas la seule à leur jeter des regards curieux : la moitié de la salle semblait happée par la présence de la maison au Faucon !


©️ Belzébuth

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    I Will Fight Them Within My Marriage
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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Rhaenys Targaryen
COURONNE
■ Localisation : Au Donjon Rouge, Port-Réal
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Lun 25 Sep 2017 - 16:56

par la couronne tout prend fin,
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« Je te dérange ? »

Le regard de Jaehaerys Targaryen se tournait vers moi, tout d’abord surpris il se teintait à ma vue d’une expression souriante et douce comme il en avait l’habitude. Assis à son bureau, dos à la porte, il n’avait pas entendu le bruit étouffé de mes pas approchant. Je l’avais observé longtemps avant de prendre la parole et de perturber la quiétude de son étude. Il passait des heures à son bureau, lisant le moindre parchemin, la moindre loi, tout ce qui touchait à ce qui deviendrait son royaume de manière officielle lorsque le soleil se lèverait. La nuit battait son plein, le silence était exceptionnellement profond sans doute marqué par l’importance de ce qui se produirait le lendemain. Lorsque le soleil se lèverait, les cloches du continent tout entier se mettraient à teinter, célébrant le jour où Jaehaerys Targaryen Ier serait couronné roi des Sept Couronnes, Rois des Andals et des Premiers Hommes, Protecteur des Sept Couronnes.

Quatre années passées sans le moindre contact avec lui, six années au total de règne de Maegor où nous avions pu nous voir au total moins d’une dizaine de fois. Nous étions devenus deux étrangers alors que le même sang coulait dans nos veines. Alors que nos regards se mêlaient sans un mot dans la pénombre de son étude, seulement éclairée d’une bougie déposée sur le bureau, je réalisais le chemin que nous avions parcouru. J’avais laissé un enfant à protéger, un petit garçon perdu au cœur de son destin écrasant, et j’étais à présent en présence d’un jeune homme dont l’aura faisait de lui un homme. On me l’avait décrit comme sage par delà les années, comme réfléchi et avide de paix. Je n’aurais sans doute pu trouver de meilleurs qualificatifs. Durant l’année qui s’était écoulée depuis mon retour à Port-Réal, j’avais eu tout le loisir d’apprendre à connaître ce nouveau Jaehaerys, et sans doute ne m’étais-je pas attendu à découvrir un tel homme. Bien des années nous séparaient, et pourtant il était bien celui qui semblait de nous deux le plus adulte. Lorsque je tempêtais, m’emportais, lui restait silencieux et prenait le temps d’examiner la situation sous ses tous ses angles.

« Jamais. »

Il y avait dans sa voix une telle dévotion, une telle chaleur. Il n’y avait que Jaehaerys pour me faire me sentir en sécurité où que l’on puisse être. Cette relation qui nous unissait n’avait rien de commune et sans doute était-elle des plus déstabilisante pour toute personne en dehors de nous deux. Il était mon plus jeune frère, et pourtant je continuais à apprendre chaque jour auprès de lui. Alors que je m’approchais lentement, il reprenait sa position initiale, replongeant les yeux sur le parchemin qu’il était en train de parcourir. Arrivant à sa hauteur, je me plaçais derrière lui et déposais mes mains délicatement sur ses épaules. Il lisait le déroulement protocolaire de la cérémonie. Non seulement du couronnement, mais bien de ce qui suivrait. Notre mariage.

Le mariage était sans doute ce qui nous angoissait tous deux le plus. Il représentait quelque chose que nous n’avions jamais pu envisager auparavant, il était un lien plus encore indéfectible que celui qui nous unissait déjà. La proposition avait du faire son chemin pour moi, n’ayant pas été élevée dans l’idée d’être mariée à mon propre frère. Comment même l’idée avait-elle pu faire son chemin entre nous ? Balayant du regard les multiples parchemins qui ornaient le bureau de Jaehaerys, j’apercevais justement les écrits qui avaient été à l’origine de tout ce qui se produirait demain. Le testament du roi Aenys Targaryen Ier. Notre père.

Il est bien des douleurs que l’on souhaiterait ne jamais connaître, la perte de deux de ses enfants en est sans doute une. Aenys Ier avait eu le temps d’apprendre la nouvelle de la mort de son fils et héritier, ainsi que de sa fille, avant de perdre la vie à son tour. Le monde entier s’était écroulé. Aegon et Rhaena partis, ne restaient plus que ses deux cadets. La princesse Rhaenys, jeune princesse courtisée de tous mais encore si inexpérimentée, et le plus jeune de ses fils… Jaehaerys Targaryen, prince de Peyredragon. Jaehaerys n’était qu’un enfant, et voilà qu’Aenys se sachant mourant prenait conscience que son royaume serait remis entre les mains d’un enfant.
D’une main tremblante, c’est au crépuscule de sa vie qu’Aenys Targaryen avait couché sur le papier ses dernières volontés. Jaehaerys Targaryen était son fils, son héritier, le roi légitime des Sept Couronnes. Visenya Targaryen et Maegor Targaryen ne devaient en aucune manière devenir régents, il ne précisait seulement pas le nom de la personne qu’il avait souhaité placer sur le trône. Le texte était court, l’écriture tremblante et peu claire. Une chose, pourtant, était écrite. Jaehaerys Targaryen Ier était promis à sa sœur ainée, la princesse Rhaenys Targaryen. Tous deux devraient régner de concert sur l’empire de leur grand-père, car la seule unité pourrait permettre à ces deux enfants de devenir de grands souverains.

La réouverture du testament avait été reçue comme un choc. Je revoyais encore le regard fuyant de Jaehaerys lorsque le conseil Restreint avait pris connaissance des dernières volontés du défunt Aenys. Pouvions-nous dès lors bafouer les vœux d’un père aimant et mourant ? Les dernières volontés d’un roi ?

    Je l’accepte.


Une phrase prononcée d’une voix claire et distincte. Jaehaerys était resté silencieux de longues minutes alors que les membres du conseil restreint avaient déjà débuté un débat houleux sur la nécessité ou non de respecter les vœux du vieil Aenys. De mon côté, je ne pouvais plus parler, il m’était à peine donné l’occasion de respirer tant le choc avait été rude. Fixant le sol j’avais à peine entendu les arguments des uns et des autres. Ce que j’avais entendu cependant, c’était la phrase de mon frère, tranchant au cœur du débat pour laisser tout le monde interdit. Je pouvais encore peindre l’expression qui s’était installée sur son visage alors qu’il venait d’affirmer sa décision. Il était déterminé. Il n’y avait pas de peur, de tristesse, de regret, simplement l’expression la plus pure de la certitude.

« Tu peux encore reculer tu sais… Je doute que les candidates ne viennent à manquer. »

Cette fois, Jaehaerys abandonnait totalement l’idée de continuer sa lecture. Cette fois, il y avait bien de l’inquiétude dans son regard, il se levait et me faisait face, prenant appui contre le rebord de son bureau.

« J’ai toujours été clair sur mes volontés, Rhaenys. Je ne recule pas. C’est toi que j’ai choisi. La véritable question reste… est-ce que c’est moi que tu as choisi. »

Etait-ce Jaehaerys que j’avais choisi pour époux ? Comment même le dire. J’avais aimé Jorah, sans doute mes sentiments pour lui étaient-ils encore présents malgré la tournure récente des événements. Cependant, il m’aurait fallu mentir pour dire que je n’aimais pas Jaehaerys. Je l’avais aimé comme un frère, idéalisant l’image de l’enfant qu’il me fallait protéger. Cependant j’avais retrouvé un homme. Un homme sage, généreux, prévenant et toujours soucieux de faire le bien. Il me respectait et me traitait en égale. Et il m’aimait.

Il m’avait fallu du temps pour comprendre et accepter l’idée que Jaehaerys m’aimait. Il me l’avait démontré dans chacun de ses gestes, chacune de ses paroles, et pourtant j’avais du prendre le temps de réaliser que tout avait changé entre nous. Une union contre nature était bien ce que le monde voyait, comment imaginer qu’une sœur puisse épouser un frère ? Comment imaginer que tout amour entre les deux puisse être d’une autre nature que celle unissant une famille ? Sans doute l’éloignement avait-il contribué à rendre ce lien différent. Peut-être même la tradition nous poussait-elle à considérer notre union comme une chose naturelle. Cependant il y avait bien plus que du devoir dans ce qui nous unissait, et sans doute le monde ne pourrait-il jamais le comprendre. Sans doute moi-même avais-je du mal à le comprendre et à l’accepter.

Mon silence n’aidait en rien à apaiser l’inquiétude qui semblait s’être emparée de mon frère. Au bout de longues minutes il finit par se détourner de moi.

« Très bien, convoquons le Conseil Restreint. »
« Attends… »

L’attrapant par la main je le forçais à me regarder, toujours incapable de prononcer la moindre parole rassurante. Jaehaerys n’était pas un homme impulsif, il n’était pas de ces hommes qui imposent leur virilité avec violence et fracas. Pourtant il n’était pas non plus faible pour autant. Je pouvais voir le feu qui dévorait ses entrailles à cet instant, la colère sourde de se voir peut-être rejeté, la fierté blessée d’un homme qui aime et craint de ne pas être aimé en retour. Il repoussait ma main d’un geste agacé, me tournant le dos pour faire face à la ville au travers de la fenêtre encore fermée.

« J’ai besoin de quelqu’un en qui j’ai une confiance aveugle. Je n’ai pas besoin d’une épouse, j’ai besoin d’un être qui puisse me compléter. C’est pour ça que j’ai besoin de toi. Crois-tu que tout cela semble naturel pour moi également ? T’imagines-tu que la potentielle sédition du Nord, le souvenir de la révolte de la Foi ou encore le regard interloqué de mes sujets sont des perspectives réjouissantes pour le début de mon règne ? »

Il se retournait et nos regards se mêlaient comme ils avaient coutume de le faire lorsque nous communiquions par delà les mots. Il brisait ce lien, comme pour dissimuler les sentiments qu’il ne parvenait plus à dissimuler derrière un regard apaisé.

« Pourtant rien de tout cela ne pourrait me faire douter du fait évident que tu es la seule femme que je souhaiterais prendre pour épouse. Je t’aime, je te respecte, je t’admire même pour celle que tu es. Si cela ne sont pas des raisons suffisantes pour un mariage, alors en effet, sans doute devrais-je considérer d’autres candidates. »

Jaehaerys me tournait le dos et ne pouvais donc être témoin des larmes qui déjà avaient brisé le masque élégant que je réservais à toute apparition aux yeux de la cour. Je m’approchais de lui sans qu’il ne se retourne pour autant, m’arrêtant à quelques centimètres de lui.

« J’ai peur. »

Ma voix n’avait été qu’un souffle, et pour la première fois depuis la perte de cet enfant que j’avais porté quelques semaines à peine, je laissais tomber les barrières et autres remparts destinés à me protéger d’une cour cruelle. Jaehaerys se retournait presque immédiatement, visiblement alerté par la détresse que je n’avais pu dissimuler. Il n’avait pas fallu plus d’une seconde pour qu’il ne m’attire à lui, m’enveloppant dans ses bras, déposant sa joue contre le haut de mon crâne.

J’avais peur. Evidemment que j’avais peur. Cette année avait été le début d’un irrémédiable chaos. J’avais fui Winterfell, trahi et abandonné un homme que j’aimais, j’avais pensé retrouver un frère et avais finalement découvert un tout nouvel homme, j’avais du assumer des responsabilités écrasantes, faire face à la détresse d’un peuple mis à genoux après tant d’années de guerre, me battre contre ma propre tante pour conserver ma place auprès de Jaehaerys, faire face aux courtisans et leurs murmures, et voilà que je devais faire face à mes propres sentiments et accepter l’inacceptable : j’aimais Jaehaerys, et le mariage qui nous avait été imposé par la volonté d’un père se révélait être à l’image de ce que nos cœurs nous dictaient.

Nous restions ainsi de longues minutes tandis que je ne parvenais plus à faire cesser les sanglots qui m’avaient obstrué la gorge si longtemps. L’angoisse, la honte, le deuil, tout semblait se précipiter à présent sur mes joues, matérialisé par les larmes qui ne semblaient ne jamais vouloir se tarir. Jaehaerys resserrait son étreinte, caressant mes cheveux d’un geste doux et rassurant. Il avait peur également, je pouvais le sentir, mais alors que je perdais pieds dans le secret de son bureau, il restait solide comme un roc.

***

La nuit avait été courte, pour la première fois je m’étais endormie dans les bras de Jaehaerys, et sans doute sa présence avait-elle était salvatrice pour apaiser l’état dans lequel j’étais. Nous avions rejoint sa chambre sans dire un mot, nous allongeant sur son lit sans plus de cérémonie, et il avait continué à me serrer dans ses bras, me recouvrant d’une couverture malgré le feu ardant qui brûlait déjà dans l’âtre. Il n’avait que très peu dormi, je pouvais le sentir, mais au petit matin nous étions tous deux plus sereins. S’il nous avait fallu une preuve de plus que ce mariage devait être, nous venions de l’avoir.

Le soleil à peine levé, je quittais les appartements du roi pour rejoindre ceux de la reine, désormais miens, et restais un instant dans mon propre lit. Allongée sur le dos, je fixais le baldaquin qui surplombait de lourd matelas recouvert d’un tissu brodé aux couleurs de notre maison. Aujourd’hui Jaehaerys deviendrait roi. Aujourd’hui je deviendrai reine.

***

« Vous êtes… oh votre Altesse, vous êtes époustouflante. »

Sans doute la flatterie était-elle quelque peu exagérée, mais je pouvais voir dans les yeux de ma demoiselle d’atour que le résultat de ma mise en beauté était sans doute réussi. Le choix d’une tenue adéquate avait pris des semaines. Il ne fallait pas trop en faire, et pourtant le jour était historique. Le haut de la robe blanche que je portais avait été brodé pour reproduire le motif de l’écaille du dragon, dévoilant bien plus que prévu ma gorge et le haut de ma poitrine, elle mettait en valeur mon port de tête. La robe tombait ensuite en un jupon de mousseline légère brodée elle même de motifs et de perles. Le blanc avait été choisi pour sa neutralité, pourtant une traîne noire avait été ajoutée à la tenue et brodée de rubis destinés à représenter le dragon tricéphale de notre famille. J’avais choisi de laisser mes cheveux en cascade recouvrant mes épaules laissées en grande partie dénudées par ma robe. Deux tresses simples avaient été faite de chaque côté de mon visage pour encadrer le diadème que la jeune dame d’atour avait déposé avec admiration sur le haut de ma tête. Un fin bandeau d’acier Valyrien, ponctué de rubis d’une taille et d’une couleur tout à fait extraodinaires. Le diadème d’Aegon le Conquérant.

Jaehaerys avait refusé de porter le diadème de son grand-père, symbole de conquête et rappelant encore les blessures d’un passé bien proche. Il ne souhaitait pas conquérir, il voulait rassembler. Il avait ainsi choisi de porter le diadème de notre père en souvenir du dernier roi légitime à avoir régné sur les Sept Couronnes, en symbole de la continuité de notre dynastie à la suite de l’usurpation de Maegor.

L’heure approchait, on pouvait sentir l’effervescence au cœur du palais comme dans les rues de la ville qui s’étalait sous nos fenêtres. Tous étaient venus célébrer l’avènement d’un nouveau règne. D’une nouvelle ère. Il me semblait que plus que jamais nous n’étions que deux, isolés de tous les autres par le sentiment d’une responsabilité énorme reposant sur nos épaules. Assise face à ma coiffeuse, je faisais signe à toutes les personnes encore présentes dans mes appartements de me laisser. Je ne pouvais plus voir Jaehaerys qui s’entretenait encore avec le Grand Septon et certains conseillers. Il n’était plus temps de chercher du réconfort auprès de celui qui deviendrait mon époux dans quelques heures.

Je restais un long instant face au miroir, fixant mon reflet sans vraiment reconnaître ce visage. La jeune femme qui me fixait en retour me semblait si différente. Elle avait quitté ce palais en fureur, maudissant ceux qui l’avaient vendue à un homme qu’elle se refusait à aimer. Pourtant elle avait passé quatre années dans une région a priori hostile, et s’était éprise de ces terres froides et inhospitalières… de cet homme distant et dur. Il m’avait fallu près de quatre années pour découvrir Jorah Stark comme il l’était vraiment, un homme de principes mais surement pas un homme mauvais. La jeune femme qui se reflétait dans le miroir avait cependant passé une année comme Régente au cœur de la cour de Port-réal. Elle avait perdu un enfant, consenti à un divorce, vu son ancien mari retourner au Nord avec des idées séparatistes, fait face à la colère des uns et l’envie des autres. Pourtant, il me semblait que rien de tout cela n’avait pu l’atteindre comme cela aurait du être le cas. Parce que durant un an elle avait également redécouvert la douceur d’un foyer, aussi étrange puisse-t-il être. J’avais retrouvé mon foyer à la minute où mon regard avait recroisé celui de Jaehaerys. J’avais retrouvé ceux qui m’insufflaient une énergie vitale : Jaehaerys et Aemon.

Il m’était arrivé de me questionner sur le bien fondé de mes actions. Avais-je été inconséquente ? Serais-je à l’origine d’une guerre prochaine alors que je n’avais souhaité que la paix ? Le Nord criait à l’indépendance, le Val ne disait rien mais sans doute n’était-il que plus sceptique, si l’Ouest était fidèle il n’en restait pas moins un vassal ambitieux et avide de pouvoir. Nous ne souhaitions qu’une chose : ouvrir un nouveau chapitre de notre histoire basé sur la paix et la réconciliation des peuples de Westeros. Là était notre combat. Et pourtant je créais la dissension et la méfiance. Nous provoquions l’ire de certains par ce mariage que l’on décriait comme contre nature. Que se serait-il produit si j’avais accepté de retourner à Winterfell avec mon époux ? Sans doute aurais-je mené à bien la grossesse qui nous promettait un enfant, un héritier. Sans doute aurais-je pu finalement être heureuse aux côtés de cet homme. Aurais-je été moi-même, complète ? Sans doute pas.

« Votre Grâce... Le temps est venu. »
« J’arrive tout de suite. »

J’avais répondu automatiquement, sans vraiment prêter attention à la voix qui s’était élevée. Je n’avais pas quitté le miroir des yeux, alors que je fixais à présent le reflet sans même le voir, totalement emprisonnée dans les milliards de pensées qui tournaient à présent en boucle dans mon esprit. Il était temps de quitter l’alcôve silencieuse de mes appartements et de donner la première représentation d’un spectacle qui composerait à présent ma vie. A la minute où le Grand Septon déposerait la couronne sur ma tête, alors je cesserais d’être Rhaenys. Je deviendrais l’épouse du Roi, et ne m’appartiendrais plus. J’appartiendrais à mon peuple, et je comptais bien être digne de ceux qui avaient tant souffert pour une cause qui n’était pas la leur.

« Je n’ai pas vu le Donjon Rouge aussi rempli depuis le couronnement de feu votre père. »

Cette fois, la voix qui résonnait dans le silence des appartements royaux m’apparaissait comme familière. Je me retournais pour apercevoir Valyron Tyvaros, plus élégant que jamais. Ce jour était également une consécration pour lui. Aurais-je pu m’imaginer devoir l’anoblir et lui confier une responsabilité au Conseil Restreint ? Il ne faisait aucun doute que sans l’action de ma tante et ses tentatives de me nuire, Valyron Tyvaros se serait balancé au bout d’une corde à la minute même où son procès se serait clôturé. Cependant il n’en avait pas été ainsi.

Je me levais doucement, avec grâce, tentant de conserver un port de tête le plus droit possible pour ne pas faire basculer la couronne qui avait été déposée sur ma tête. Je le regardais un long moment sans rien dire. Du propre aveu de Jaehaerys, l’homme était peut-être d’une moralité douteuse, mais il était fidèle à notre famille. Il était évident que jamais ses actes passés ne seraient oubliés, ni même pardonnés, mais si nous souhaitions réconcilier les Sept Couronnes, alors il nous faudrait montrer l’exemple.

« Combien sont morts pour permettre à ce jour d'arriver... C'est un grand jour, en effet. »

Nous restions un instant silencieux, nous dévisageant sans hostilité pour une fois. Le jour était festif, et je pouvais voir à l’expression de Valyron ainsi qu’au ton de sa voix qu’il célébrait l’avènement de Jaehaerys. La porte qui s’ouvrait derrière le conseiller laissait entrer un page, venu récupérer la couronne afin de la déposer aux côtés de celle de Jaehaerys. J’ôtais délicatement, à deux mains, le bijou, et le déposait sur le coussin que détenait le page. Plongeant dans une large révérence, le jeune homme disparut bien vite, nous laissant à nouveau seuls, face à face.

« Assurément. Tous vos loyaux sujets sont présents. »

Loyaux sujets. Tous les sujets n’étaient pas présents, là était justement l’ombre au tableau. Le Nord était aux abonnés absents, et bien d’autres étaient là sans grande foi.

« Je n’ai pas connu Dame votre mère, princesse. Mais je suis persuadé qu’elle aurait été immensément fière de vous, aujourd’hui, à vous voir ainsi »

Je ne pouvais retenir un sourire doux et nostalgique à l’évocation de la figure de ma mère. La reine Alyssa avait été une reine aimée bien que très discrète. Partie bien trop tôt, elle avait cependant laissé une impression vive dans mes souvenirs. Je me remémorais son sourire, la douceur de ses attentions, l’importance qu’elle accordait à l’éducation de ses enfants et surtout à l’affection qu’elle estimait son devoir de leur prodiguer. Alyssa avait été une bonne mère, une épouse dévouée, une reine discrète mais active.

« Ma mère était une femme d'une douceur extraordinaire, pourtant une vraie guerrière. Être reine ne veut pas dire être l'épouse du Roi, c'est être son plus fidèle partenaire et soutien... C'est ce qu'elle disait à Rhaena... Je m'en rappelle avec une telle précision... Je ne crois pas qu'elle se soit imaginé une seconde que je puisse être celle qui deviendrait Reine. »

Je m’étais détournée de Valyron, perdant mon regard dans la contemplation de la ville à nos pieds. L’évocation de ma mère et de ma fratrie avait toujours pour effet de me plonger dans la plus grande des nostalgies.

« Les coupables ont été dûment châtiés, princesse. Nous y avons tous veillé. »

Surprise d’une telle réponse, je me retournais de surprise, fixant avec force le regard de Valyron Tyvaros. Valyron Tyvaros et sa conscience malmenée.

« Ce n'est pas pour cela que je vous disais cela, Valyron. Il n'est plus temps aujourd'hui de rappeler les drames sanglants qui ont brisé notre famille. Jaehaerys est notre espoir à tous. Il a toujours été le mien. »

« De bien lourdes responsabilités pour une seule paire d'épaules, quant bien même ce sont celles d'un Targaryen. Il est notre espoir à tous, vous l'avez dit. Il porte en lui l'avenir de tout Westeros. Et avec vous à ses côtés, Rhaenys, il y parviendra. »

Une seule paire d’épaules appartenant à un jeune homme de bientôt seize années seulement. La valeur n’attendait cependant pas le nombre des années, et il était évident que Jaehaerys avait bien plus de capacités à régner que beaucoup des hommes plus âgés de sa cour. Pourtant rien ne se profilait comme prévu, et nombreux étaient les obstacles qui se dressaient déjà sur son chemin.

« Votre Altesse, sa Grâce vous demande à ses côtés avant le début de la cérémonie. »

Ce n’était plus qu’une question de minutes avant que ne commence cette cérémonie qui scellerait à jamais nos destins. Attrapant ma robe sur le côté, je me mettais en marche sans plus un mot, me dirigeant vers la porte et ainsi vers Valyron Tyvaros qui se tenait juste devant.

« Avons-nous seulement le choix ? »

Je ne m’arrêtais pas, ne le laissais pas capter l’expression d’inquiétude qui avait teinté mes traits l’espace d’une seconde. Nous n’avions guère d’autre choix que celui de réussir. Alors que je traversais les couloirs à grandes enjambées, je voyais à peine les silhouettes des domestiques se courbant sur mon passage. Mon pas s’était fait hésitant, il était à présent presque conquérant. Nous ne pouvions pas échouer. Les espoirs d’un continent tout entier reposait sur les épaules de mon frère, et c’était en moi qu’il avait choisi de croire.

La porte qui s’ouvrait me laissait pénétrer dans une antichambre immense, baignée de lumière. La journée était chaude et ensoleillée. La silhouette qui me faisait face n’avait plus rien du frère que j’avais quitté le matin. Je m’arrêtais, comme figée malgré moi par la vision de l’homme qui me regardait à présent avec un visage fermé. Il était concentré, cela transparaissait dans chacun de ses gestes. La tenue d’apparat qu’il portait le grandissait encore davantage. Costume fait de cuir et de tissus précieux, resplendissait aux couleurs de notre famille. La rigidité du cuir couplé à la légèreté des autres tissus donnait une impression grandiose, le mélange parfait du guerrier et de l’homme avisé. Je souriais immédiatement, malgré moi, surprise de ne plus être capable de voir l’enfant qu’avait été Jaehaerys. Il était plus que jamais un homme. Un Roi.

« Majesté. »

Nous étions seuls, et pourtant cela m’avait semblé presque évident. Plongeant dans une révérence des plus profondes, je baissais le regard sans pour autant dissimulé le sourire qui ornait mes lèvres depuis déjà de longues secondes. Se précipitant vers moi, c’est sans attendre que Jaehaerys se saisissait de ma main afin de me relever.

« Tu es… royale. »

Rien ne semblait pouvoir apaiser la tension qui régnait à quelques minutes de notre apparition publique. Il était temps, je ne supportais plus cette attente. Je tentais de me diriger vers la porte, signifiant à Jaehaerys qu’il était temps de quitter la sécurité de notre intimité, mais il me retenait fermement.

« Attends. »

Il se reculait et me lâchait finalement la main avant de me tourner le dos. Il restait plus silencieux que jamais et semblait loin d’être décidé à quitter cette pièce.

« Nous allons être en retard, que se passe-t-il ? »
« Je veux que tu me promettes une chose. Que tu me laisseras affirmer mon autorité en public… »

Le souffle coupé, je sentais le sang me monter aux joues. Etait-ce vraiment le moment pour me faire comprendre que je sapais son autorité ?

« Pardon ? »
« … Mais que tu n’hésiteras jamais à me dire la vérité et à me confronter si tu es en désaccord. »

Je restais un instant interdite, il prit cela comme une incompréhension sans doute puisqu’il continuait.

« Être roi signifie recevoir beaucoup de conseils, d’avis, cela signifie aussi n’entendre que trop rarement que l’on a tort. C’est ainsi que l’on fait de mauvais rois, ou des tyrans. Promets moi que tu ne me laisseras pas en devenir un. »

Le visage qui se tournait vers moi était celui d’un homme inquiet, contemplant son avenir si incertain avec le sentiment de marcher sur des charbons ardents. Il y avait la fois tant de fragilité et pourtant une telle détermination dans son regard que je ne pouvais plus retenir ma propre émotion. C’était sans hésitation supplémentaire que je me dirigeais vers lui pour le prendre dans mes bras. Nous restions ainsi enlassés durant de longues secondes, avant que je ne brise l’étreinte et me mette à rire franchement.

« Penses-tu vraiment que je puisse un jour ne pas te faire remarquer que tu as tort ? »

Je n’étais pas célèbre pour ma retenue, et sans doute Jaehaerys mieux que quiconque l’avait appris. Reprenant à présent sa main, je l’entraînais vers la porte. Nous posions les bases de ce couple atypique que nous formions, nous nous devions franchise et honnêteté. Sans quoi nous serions perdus. Lâchant la main de l’autre à peine la porte franchie, nous marchions à présent d’un pas synchronisé à travers les couloirs du Donjon Rouge. L’escorte de la garde blanche nous entourait et nous progressions à présent sans plus reculer. Nous avions douté, redouté, anticipé, il n’était plus temps de reculer.

Plus que quelques mètres et nous ferions notre entrée dans la salle du trône remplie des plus grands seigneurs du royaume. Trois coups frappés au sol, et voilà que les portes s’ouvraient, nous laissant apercevoir pour la première fois la salle du trône décorée aux armes de notre dynastie. La foule qui se retournait et se levait semblait ne faire qu’un alors que nous avions marqué une pause à l’entrée de l’immense salle. Nous faisions face à des centaines de personnes, toutes plus élégantes les unes que les autres. A l’autre bout de l’immense allée, nous attendait le Grand Septon et les représentants de la foi. Tout le monde avait déjà pris place, par ordre d’importance. Les derniers à avoir pris place avaient été la Princesse Daenys Tagaryen, le Prince Aemon Targaryen et Lady Alys Manderly.

Un prince pénétrait dans cette salle du trône, en ressortirait un Roi, tous le savaient. Après le délai réglementaire, nous débutions notre marche vers le trône. Le silence était plus que jamais d’or, il emplissait l’immensité d’une majesté presque palpable. Si je ne m’étais pas trouvée au cœur de l’attention, sans doute aurais-je été prise d’une émotion toute particulière. Le moment était historique. Le moment était grandiose. La tyrannie laissait place à l’espoir. Maegor Targaryen l’Usurpateur n’était plus, le roi légitime prenait enfin place sur le trône de fer.

A mesure que nous avancions, les visages devenaient familiers. Tully, Tyrell, Arryn, Lannister, Baratheon, Dorne représenté par Myriah Ferboys, autant de visages autrefois ennemis qui se côtoyaient à présent au cœur de l’Histoire. Je pouvais voir la fierté des suzerains, la beauté de leurs épouses. Tout en ce tableau exhalait la noblesse, la fierté, l’espoir de lendemains pacifiques. Pourtant les visages n’étaient pas tous ceux de vassaux convaincus. Il faudrait travailler à reconquérir leur fidélité, les convaincre de la volonté de paix qu’était la nôtre. Là était notre première mission, notre premier défi même.

Les marches du trône de fer menaient irrémédiablement à ce piédestal glorieux et pourtant si dangereux. C’est avec prévenance et délicatesse que Jaehaerys attrapait ma main l’espace d’une seconde alors qu’il débutait l’ascension qui le menait à son destin. Je prenais place aux côtés de membres de ma famille, restant pour le moment au pied du trône. Jaehaerys y parvenait finalement, se retournant vers la foule sans pour autant s’asseoir dans ce trône qui était sien. Il déposait un regard bienveillant et accueillant sur ce parterre d’amis, d’ennemis, de soutiens, de sceptiques. Ils étaient son destin. Tous personnifiaient une région, un peuple. Chacun d’entre eux transportait les peurs et les besoins de leurs peuples. Chacun d’entre eux était le père de son peuple. Et Jaehaerys devenait leur père à tous. C’était ainsi que se concevait la monarchie.

J’élevais mon regard vers celui qui semblait avoir atteint les cieux. Il y avait sans doute l’admiration la plus pure dans mon regard, je n’avais pu conserver l’expression neutre que je m’étais promis d’arborer jusqu’à la fin de cette cérémonie. La figure royale qui nous surplombait avait tout de glorieux et d’impressionnant. Il allait être déclaré roi à la minute où le Grand Septon déposerait la couronne sur sa tête. Pourtant, quiconque regardait l’homme qui se présentait à son peuple, n’aurait pu douter qu’il fut déjà pleinement Roi.

lumos maxima

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If I look back I am lost
I am the blood of the dragon. I must be strong. I must have fire in my eyes when I face them, not tears. © by anaëlle.
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Oriane Tully
CONFLANS
■ Localisation : À Port-Real, pour assister au Couronnement
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Lun 25 Sep 2017 - 21:30


Par la Couronne tout prend fin, par la Couronne tout commence
⋅ ◆ ◈ ⟐ ◈ ◆ ⋅
La main d'Oriane s'attarda un instant sur le brocard de soie d'un bleu vif marbré d'argent qui composait la principale étoffe de sa robe, brodée aux couleurs des Tully et aux armoiries du Conflans, imitant l'ondoiement souple et lumineux des rivières qui sillonnaient sa région à chacun de ses pas délicats. Le vêtement était simple, le décolleté chaste, orné d'une riche et fine dentelle rebrodée de perles nacrées, mais l'ensemble soulignait élégamment la silhouette de la Dame de Vivesaigues, préférant rehausser sobrement la beauté de cette dernière que de l'écraser sous d'amples artifices. Ses cheveux, partiellement tressés en une natte où scintillaient également quelques perles, coulaient pour le reste librement en une cascade sombre sur ses épaules, à peine retenus par un délicat bandeau d'argent ouvragé où trônait la Truite des Tully, soulignant son front et son port de tête.
D'un geste nerveux, la Biche Argentée étreignit brièvement le médaillon doré frappé du Cerf des Baratheon, dont elle parvint difficilement à se défaire pour parachever sa tenue d'un collier tout aussi délicat que son diadème, où argent et minuscules saphirs venaient se lover dans le creux de son cou. Pour ce soir, faste et apparence auraient le dessus sur l'appartenance.

« Ma Dame, vous êtes sublime. » S'émerveilla Lady Beurpuits, qui venait de passer un long moment à finir de lacer son corsage.

La jeune fille tremblait d'excitation, et Oriane ne put réprimer un sourire attendri à cette vue. Un couronnement royal. N'importe quelle enfant d'une maison vassale, aussi importante soit-elle, se serait damnée pour assister à l’événement. Ce soir, Bethany serait à ses côtés, tout aussi élégamment -bien que moins richement et plus discrètement- vêtue que sa Suzeraine, et la fébrilité dont elle faisait preuve ne pouvait que souligner par opposition la nervosité mal contenue dont la Biche Écailleuse semblait proie.

« Je suis prête. » Enonça-t-elle simplement à ses gardes, ainsi qu'à Edmyne Mallister, qui les attendaient toutes deux à la porte de l'appartement que Robb avait fait libérer pour eux dans les appartements de la Tour de la Main. Elle ne les attendrait pas. Elle savait parfaitement ce que le protocole exigeait d'eux, et elle ne souhaitait leur enlever le prestige d'une arrivée plus tardive qui serait remarquée de tous.
Ils auraient tout le loisir de converser une fois la cérémonie terminée.

***

« Lady Oriane Tully, Suzeraine du Conflans ! »

Elle s'efforça d'offrir une image de marbre, intact et lumineux, inébranlable, tandis qu'elle s'avançait parmi les convives;en son propre sein, son cœur battait la chamade, tant elle appréhendait la suite des événements. Tant de gens, tant de bruits, et tant de potentiels complots que son esprit malheureusement encore trop marqué par la guerre ne pouvait s'empêcher de voir de tous les côtés, dans toutes les bouches, dans tous les regards. Elle avait pourtant bien conscience d'assister en ce jour à quelque chose de grand et d'exceptionnel, et que ce jour ferait partie de l'histoire : au lieu de l'en réjouir, cette pensée ne fit qu'augmenter son malaise, qu'elle dissimula tant bien que mal derrière un sourire de façade alors que sa main alla s'égarer sur la rondeur de son ventre qui pointait à peine au travers de l’ondoiement argenté de son jupon de soie.

Alors qu'ils se dirigeaient vers le second rang, où leurs places attitrées les attendaient, ce fut avec une certaine surprise que les yeux de la Biche du Conflans se posèrent sur la bannière bleue et argent frappée du faucon des Arryn, qui trônait non loin de l'emplacement vers lequel ils se dirigeaient. Ils étaient venus. Presque instinctivement, elle dévia légèrement de sa trajectoire pour s'annoncer à Martyn Arryn, qu'elle sembla brièvement interroger du regard tandis qu'ils s'approchaient.

« Lord Arryn. » Le salua-t-elle, s'inclinant respectueusement face à ce dernier et à son épouse, qu'elle salua à son tour. « Votre présence ici fait honneur à votre nom et nous fait honneur à tous. »

Elle n'en dit pas plus, ne souhaitant importuner le Faucon qu'elle savait morose ni se compromettre en de vaines et stériles paroles, préférant continuer son chemin pour gagner sa propre place. Néanmoins, elle était sincèrement heureuse et soulagée de voir la bannière des Arryn flotter en ce jour parmi celles des autres Couronnes, approbation silencieuse de ce Souverain contre lequel ils s'étaient jadis dressés. La guerre avait tant coûté au Val, et encore plus à ses dirigeants... Du regard, Oriane tenta de chercher parmi la foule la sœur et la cousine de Lord Martyn, qu'elle finit par trouver, à l'écart. Deux blocs de glace et de grâce immuables, glaciales et impériales, mais isolées de leur Suzerain. Détail que la jeune biche ne manqua pas de noter, avant que son attention ne soit attirée par le salut silencieux qu'offrit Catelyn Arryn à l'un des membres de l'assemblée.

Il ne fut cette fois pas difficile de trouver ce dernier. Lord Garrett semblait littéralement trôner au milieu de la salle, probablement aussi royal que le roi lui-même. N'était-il après tout pas, avec son frère Robb, le deuxième grand gagnant de cette guerre et de ce mariage ? Le Faiseur de Rois l'appelaient-ils désormais...
Méditant cette pensée, elle salua à son tour son cousin d'un respectueux signe de tête. Elle ne manquerait pas de venir prendre des nouvelles de l'Ouest.
Deviant de leur cible première, ses émeraude incisives allèrent se poser sur la silhouette, plus menue mais tout aussi richement vêtue de la jeune épouse du Suzerain du Roc, Lady Alérie Piper, désormais Lannister. Elle tiqua légèrement devant l'indécent décolleté que cette dernière arborait, ainsi que le collier tout aussi indécent qui venait orner ce dernier, masquant cependant son étonnement par un sourire courtois mais sincère à l'attention de la jeune suzeraine de l'Ouest. Se faisant intérieurement la remarque que son orgueilleux cousin avait réellement décidé d'exposer toutes ses richesses aux yeux de tous ce jour-là. Un parti pris qui ne pouvait que se comprendre et pour lequel elle avait également opté, comme chacun d'entre eux en ce jour faste, mais dont l'excès des Lannister la faisait sourire de façon légèrement amère.

Lannister, Baratheon, Piper... Tant de visage connus, reconnus, voire même familiers pour certains. Pourtant, au beau milieu de cette salle à présent plus que remplie de petits et grands seigneurs, gardes et serviteurs qui se tenaient en retrait, prêt à bondir au moindre ordre ou à la moindre menace, elle se sentait étrangement et terriblement seule. Elle aurait aimé que Torrhen soit là, à ses côtés. Presque inconsciemment, les grands yeux émeraude d'Oriane vinrent se fixer l'espace de quelques secondes sur la main gracile de Lady Rohanna, tendrement et fermement enfouie dans celle de son époux, cherchant à la fois soutient et chaleur. Elle ne put s'empêcher d'éprouver un pincement au cœur à cette vue, mélange de jalousie et d'amertume. Elle aurait souhaité siéger à leurs côtés, à défaut de ne pouvoir compter sur la chaleur et la présence de son époux ; cela lui était pourtant proscrit, de par le simple et prestigieux titre que portait désormais noblement son aîné. La laissant seule, perdue au sein de cette masse grouillante d'étoffes luxueuses et de blasons fièrement arborés. Si la présence de la Biche Argentée suffisait à elle seule à réassurer la loyauté du Conflans à leurs futurs et nouveaux régents, il n'y avait aucun doute quant au fait que l'absence du Lord Tully serait sujette à rumeurs et interprétations. Bien que probablement beaucoup moins que celle de Lord Stark, aussi compréhensible soit-elle. À cette pensée, un léger frisson parcourut l'échine d'Oriane, qui serra les dents. Elle peinait à voir cet outrage autrement que comme un mauvais présage.

Un mouvement dans la foule attira subitement son attention, tandis que lords et épouses s'écartaient pour laisser passer une bannière qui ne lui était que trop désagréablement familière.

« Lord Piper ! » S'exclama-t-elle, d'une surprise non feinte qu'elle parvint cependant à teinter d'un ton de ravissement. « Quelle agréable surprise. Je vous en prie, prenez donc place. » L'invita-t-elle doucement, offrant un sourire poli au jeune seigneur de Château-Rosières, dont elle n'avait absolument eu aucun vent de la présence en ces lieux. Un fait qui suffit à l'irriter au plus haut point, et qu'elle s'efforça de masquer tandis le jeune Lord, bien contraint d'accepter, venait se poser non loin derrière eux, se mêlant à la délégation conflanaise venue assister au Couronnement. Elle ignorait si ce dernier avait eu pour intention première de se rapprocher du groupe de l'Ouest, et notamment de sa sœur et Suzeraine du Roc, mais elle ne laisserait pas faire telle chose. Là était le premier message qu'elle tentait de faire passer en imposant la présence de Loric Piper à ses côtés : que ce dernier et sa famille demeuraient les vassaux des Tully avant tout, et que de ce fait elle avait autorité sur celui-ici. Le deuxième message étant que le Conflans était désormais uni et avait définitivement enterré les tensions qui le déchirait quelques temps plus tôt. Elle ne laisserait pas non plus quiconque penser que leur région était faible et divisée. Ils devaient se montrer forts et soudés, particulièrement en ce jour, alors que tous venaient renouveler leurs vœux devant leurs Souverains aux yeux de qui ils venaient cependant indécemment exposer leurs forces et leurs richesses, comme pour rappeler à tous leurs potentiels ennemis la grandeur de leurs maisons.

Réprimant un léger soupir, la Dame de Vivesaigues finit par se tourner vers Edmyne Mallister, qui se tenait à sa gauche, droit et fier dans son armure lustrée et richement ouvragée aux armoiries de sa propre famille et qui, comme à son habitude, arborait la moue qui lui était si caractéristique.

« Vous pourriez au moins donner l'impression d'être ravi de participer aux festivités... » Glissa-t-elle avec un sourire en coin en direction de l'Aigle Acariâtre d'une voix qui ne se voulait audible qu'aux oreilles de ce dernier. Elle s'interdit cependant de se pencher vers le fils de Lord Mallister, gardant une distance bienséante entre l'improbable couple qu'ils formaient en ce jour et dont elle ne désirait surtout pas livrer une interprétation qui viendrait grossir les rumeurs qui ne tarderaient pas à courir sur l'absence de son époux.

Un silence brusque et soudain les interrompit, et autour d'eux tous se turent subitement, se risquant à peine à échanger quelques murmures respectueux ou admiratifs, tandis que le cortège royal avançait lentement. À nouveau, un frisson parcourut la nuque d'Oriane. D'émotion, cette fois, une admiration mêlée de stupeur et de déférence face au couple royal qui cheminait vers le trône forgé par le feu et le sang. Et ce tout particulièrement à la vue de Rhaenys Targaryen, à la tenue aussi immaculée et lumineuse que sa chevelure, à l'exception de la lourde et sombre cape à l'effigie du dragon tricéphale qui recouvrait ses frêles épaules. Elle rayonnait, littéralement. Au-delà de la beauté indéniable des Targaryen, il y avait quelque chose dans les yeux de la jeune et future reine, cet éclat d'amour et d'admiration qui illuminait les deux améthyste de la princesse Rhaenys alors que son regard, tout comme celui de la foule, comme un seul homme, était désormais rivé sur celui qui allait incessamment sous peu devenir leur Souverain incontesté. Retenant son souffle, Oriane le regarda se tourner lentement vers eux, amorçant le début d'un événement qui marquerait le début d'une nouvelle ère. Les dieux seuls savaient s'il ferait un bon Roi. Et tous, fous qu'ils étaient, ne pouvaient désormais prier pour cela, et espérer tirer le meilleur profit de leur participation au Jeu des Trônes.

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Bride of the River, Daughter of the Storm
Remember who you are, what you were made to be. Remember your words.
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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Mar 26 Sep 2017 - 10:49




Couronnement royal
« Tout va bien, ma Dame ? » La jeune fille s’était arrêtée de peigner ses cheveux, observant son reflet dans le miroir. La brune lui adressa un mince sourire, se contentant d’un hochement de tête afin qu’elle poursuive son travail, mais il n’était pas nécessaire d’être muni d’un sens surnaturel pour comprendre que non, l’araignée du Bief n’allait pas si bien que cela. Son teint était plus terne, ses traits tirés par la fatigue et l’inquiétude. Jusqu’aux derniers instants, elle avait espéré voir la porte s’ouvrir sur lui. Dans ses rêves, la scène s’était jouée et rejouée encore et encore. Elle se serait levée lentement, tournant son regard vers lui avant de s’élancer pour trouver ses bras et la chaleur de son corps. Ses lèvres se seraient plaquées contre les siennes tandis qu’il l’aurait arrachée du sol pour la porter contre lui. Et, toujours, le réveil. Tout ceci n’avait été qu’un rêve et pourtant, Elinor avait espéré le voir se réaliser. De son entrevue avec Robb, quelques jours plus tôt, elle avait espéré obtenir le droit pour Ondrew de venir assister à cette cérémonie. Le droit d’être aux côtés de son épouse le temps d’une journée. Pourtant, l’absence de l’être qu’elle désirait toujours plus lui devenait de plus en plus difficile à supporter.

Les minutes s’étaient écoulée tandis que la jeune fille à ses côtés avait pris soin de relever ses cheveux bruns dans un chignons soigné. S’observant dans le miroir, elle eut envie de pleurer. Elle était si jeune et pourtant, elle pouvait sembler si vieille. Poussant un long soupir, elle s’empara de la crème légèrement teintée pour effacer la mélancolie de son visage, tapotant ses joues pour qu’elle se fassent plus rosées, affichant une meilleure mine faussée. « Est-ce normal de ne pas vouloir y aller… ? » Elle avait posé la question de manière rhétorique. Posant son regard noisette dans celui de la servante, elle y perçut la tristesse empathique qu’éprouvait la jeune fille pour elle. Oui, Elinor s’était battue pour ce jour et oui, elle souhaitait voir Jaehaerys monter sur le trône qui était le sien. Mais jamais elle n’aurait imaginé les choses de cette manière. Voilà qu’elle devrait avancer et faire face à la Cour, seule, sans pouvoir compter sur le soutien de Daenys en ce jour où la famille royale serait bien mise en avant. Quelle serait seulement sa place ? La simple idée de se savoir laissée en arrière la mettait mal à l’aise. Elle serait lâchée entre les loups et les chiens, abandonnées aux murmures d’une Cour de serpents.

La jeune fille exécuta une révérence avant de quitter la chambre, laissant Elinor seule un instant. Un instant durant lequel la jeune femme songea à Willem, son fils. Le fils d’un Roi assassiné. Le cousin illégitime de ceux qui, aujourd’hui, accédaient officiellement au trône. Est-ce que cela aurait pu lui faire valoir un accès au premier rang ? Elle se gifla mentalement pour avoir eu une telle pensée, se levant de son tabouret et abandonnant son miroir pour rejoindre la salle du trône. Elle portait une robe sombre, d’un gris très foncé, brodée de perles afin de rappeler le motif du blason des Piète. Cependant, chaque perle était reliée à une autre par un fil d’argent, rappelant évidemment les toiles de l’araignée. Seul le jupon était ainsi travaillé, le haut de la robe demeurant simple bien que le décolleté dégagé permît à tous de remarquer l’araignée d’argent que la jeune fille portait autour du cou.

Lorsqu’elle arriva dans la salle du trône, elle sentit quelques regards se poser sur elle. Cherchant la place qui était la sienne, un garde ne tarda pas à lui montrer le banc des jeunes femmes célibataires. Ses yeux, pourtant, croisèrent des regards plus familiers. Celui de la princesse Daenys à qui elle adressa un mince sourire, ainsi que Valyron Tyvaros. Tous deux avaient des places de choix quand elle devrait se contenter d’être relayée en fond de salle. Mais son regard noisette croisa d’autres yeux, hérissant le poil de la brune. Oberyn Tyrell. Si la jeune femme avait dû supporter la présence de son frère à la Cour, l’animosité qu’elle ressentait pour celui qui fut son Suzerain, son bourreau, demeurait puissante, d’autant plus qu’elle savait Ondrew envoyé à Dorne pour ne pas retomber entre les épines d’une Rose empoisonnée. Pinçant les lèvres, elle ne fit aucun commentaire et prit place aux côtés d’une ravissante blonde aux yeux clairs qu’elle salua d’un hochement de tête sans recevoir la moindre réponse à travers un regard pincé et dédaigneux. Se contentant de garder le silence, Elinor soupira alors longuement avant de faire ce que tous les autres faisaient en discutant joyeusement. Attendre.


© Belzébuth

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The Beautiful Spider
The dangerous black widow encases her victims with silk, and then kills with poison from her fangs.
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Alys Manderly
COURONNE
■ Localisation : Winterfell.
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Mar 26 Sep 2017 - 11:40




Couronnement royal
Un nouveau cri lui échappa. « Par les Sept, cela fait A-TRO-CE-MENT mal ! » « Encore un instant, ma Dame. J’ai bientôt terminé, je peux vous l’assurer. » Une moue boudeuse se dessina sur les lèvres de la petite sirène, rapidement interrompue par une nouvelle mèche qui la tira violemment, provoquant une grimace. Elle devait l’admettre, si elle avait pris soin de sa crinière blonde ces derniers jours, elle n’en serait certainement pas arrivée là… Mais n’avait-elle pas eu d’autres préoccupations plus importantes que de dompter sa crinière ? Si, évidemment. Durant ces derniers jours, elle avait été d’un soutien important pour Rhaenys, l’aidant dans les préparatifs du mariage et du couronnement, s’occupant à distraire tant la future reine que le futur Roi dans des conversations plus légères. Elle avait même réussi à faire rire Jaehaerys ce qui était, pour elle, une grande victoire. Pourtant, quand Rhaenys lui avait demandé son avis sur ce mariage, elle n’avait pu mentir. Non, elle n’approuvait pas les manières dont tout ceci s’était fait et comprenait la colère de Jorah. Elle était d’ailleurs heureuse de ne pas avoir été à Winterfell quand il eut appris la nouvelle… Pourtant, d’après elle ne savait quel testament rédigé par leur père, Rhaenys et Jaehaerys avait convenu de se marier. Ce document semblait avoir resurgi, comme par enchantement que même Alys ne sut expliquer. Après tout, Maegor n’aurait-il pas tout simplement brûlé pareil document s’il l’avait trouvé ? Le scepticisme d’Alys à ce sujet était si grand qu’elle ne pouvait le cacher et sa franchise envers la dragonne qu’elle appréciait l’avait poussée à tout faire pour qu’elle change d’avis… En vain.

La jeune pupille royale s’était donc pliée à la volonté de la future reine et l’avait épaulée, malgré tout. Comme cela avait été le cas lors de la perte de son enfant. Comme lorsque Jorah s’était servie d’elle pour faire souffrir Rhaenys. Comme à chaque fois. Evidemment, son avis, elle le partageait bien souvent avec un ami qui lui était cher et qui avait vécu toutes ces choses avec elles. Faust. Le jeune homme avait eu bien du mal à trouver sa place dans la capitale – et la cherchait d’ailleurs toujours un peu – et finalement, leur histoire commune avait poussé Alys à l’aider dans ce sens. Lui était du même avis, si ce n’était qu’il était plus tranché encore, qu’elle quant au mariage des frère et sœur Targaryen. Pourtant, ni elle, ni lui, n’avait su dissuader Rhaenys d’agir.

Grimaçant une nouvelle fois, elle revint à la réalité, manquant de donner une frappe sur le poignet de celle qui la coiffait. « Et voilà, c’est terminé. » Poussant un soupir de soulagement, les jeunes servantes ricanèrent derrière elle, certainement amusées de la voir ainsi piquée au vif. N’avait-elle pas précisé qu’elle souhaitait se rendre dans les appartements de Rhaenys avant tout le monde afin de l’aider – et voir avant tout le monde la robe de celle qui allait épouser le Roi, bien que cela ne lui soit guère autorisé. Se levant de son fauteuil, elle s’avança vers le miroir duquel on l’avait éloignée pour admirer le travail de la jeune femme. Tous ses cheveux blonds avaient été remonté dans un chignon sophistiqué qui était serti d’un petit diadème en argent orné de motifs floraux. Mais les fleurs n’étaient pas celles que l’on pouvait trouver sur terre, mais bien dans la mer. Algues, coraux… Tous semblaient avoir été représentés, faisant d’elle une véritable princesse des mers. Elle sourit à son reflet, tournant sur elle-même pour faire voler les pans de tissus légers de son jupon. Sa robe était du même acabit. Les manches étaient faites de dentelle fraichement azurée soigneusement travaillée, jouant avec la transparence de sa peau tout comme son torse, dévoilant une grande partie de son dos et dissimulant sa poitrine avec soin. Puis, la dentelle laissait place à un tissu très léger venu d’Essos. Le bas de la robe semblait avoir été colorée par un arc-en-ciel, offrant des nuances inattendues qui rappelait la nageoire colorée et riche en couleur des sirènes. Aujourd’hui, la pupille Royale embrassait de nouveau sa nature. « C’est parfait. » La jeune servante sourit avant de venir placer autour de sa gorge un collier d’argent et portant une topaze aussi grosse qu’un coquillage. Alys les remercia et quitta ses appartements, s’empressant de rejoindre ceux de la princesse Rhaenys. Cependant, quand elle demanda si cette dernière était encore présente, on lui répondit qu’elle avait déjà quitté les lieux pour se rendre sur place. Elle pesta et bouda de nouveau, croisant les bras contre sa poitrine en commençant son cheminement vers la salle du trône quand une voix l’interpella. Se retournant, elle fit face au jeune Prince Aemon qui l’observait en souriant. Son cœur fit un bond tandis que son sourire venait de nouveau se dessiner sur ses lèvres.

En une année, il était celui des Targaryen qui avait su se montrer le plus à son écoute, celui qui l’avait le plus facilement acceptée dans leur famille. Si leurs premières rencontres s’étaient faites par le fruit du hasard, les sentiments d’Alys pour ce jeune homme torturé avaient fini par grandir et, aujourd’hui, elle devait admettre que, de tous les jeunes hommes présents à la Cour, il était surement celui avec qui elle aimait passer le plus clair de son temps. Rire en sa compagnie, lui raconter des histoires venues du Nord tandis que lui, lui parlait des secrets du Donjon Rouge. Pour Alys, Aemon était devenu ce Prince qu’elle avait toujours rêvé de rencontrer. Alors, quand il lui proposa son bras pour l’accompagner jusqu’à destination, elle s’en saisit, les joues rougissantes doucement et le silence s’étant enfin posé autour d’elle. Quand ils arrivèrent devant la porte de la salle dans laquelle les murmures provoquaient un brouhaha inaudible, Aemon se détacha d’elle pour prendre le bras de sa mère, lui adressant un regard désolé. Mais elle n’était pas de sang royal et il ne pouvait pas arriver avec deux femmes à son bras. Aussi, ce fut en les suivant qu’elle fit son entrée. Tout aurait pu se passer normalement si, au fond de la pièce, elle n’avait pas croisé le regard de Faust. Richement habillé, lui aussi, elle le sentait peu à l’aise. Alors, se moquant des convenances et du protocole, elle l’attrapa par le bras et le tira vers elle avant de le forcer à prendre le pas sur le sien. C’aurait été une pièce de théâtre, à n’en pas douter que cela aurait été drôle. Mais pour l’heure, les regards devaient se questionner sur ce qu’il se passait. « Tu ne croyais pas que j’allais être la seule à m’ennuyer au premier rang ? Rhaenys avait laissé un siège libre à mes côté si mon désir d’inviter quelqu’un à mes côtés se faisait sentir… Eh bien voilà ! Je pense qu’elle ne sera pas déçue de mon choix ! » Le sourire en coin de la petite sirène était à l’image de la chipie qui sommeillait en elle et, quand elle prit place aux côtés d’Aemon, il lui adressa un regard interrogatif auquel elle répondit par un large sourire. Mais déjà, le silence retomba dans la pièce, annonçant l’arrivée des principaux acteurs de ce qui se jouerait aujourd’hui. Adressant un léger coup de coude à Faust, elle lui intima de se redresser un peu. Après tout, tous les regards manquaient de se poser sur lui, maintenant.


© Belzébuth

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The Little Mermaid
Oh Alys, dear, where have you been ? So near, so far or in between ? What hav you heard, what have you seen? Alys, Alys, please, Alys.
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Leandra Tyrell
BIEF
■ Localisation : Haut-Jardin.
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Mer 27 Sep 2017 - 16:35


Nothing ever lasts forever
Everybody wants to rule the world


Leandra caresse l'anneau couronnant son doigt. Le second. Bijou argenté, bijou qui brille, qui la fait briller. Cadeau d'un homme qui - comme beaucoup d'autres avant lui - s'est épris de la suzeraine du Bief cadeau d'Oberyn l'homme qu'elle aime. Certaines verraient une corde autour de leur misérable cou, le symbole de la prison qui leur est imposée, et dont elles ne peuvent se libérer; prisonnières d'un époux qui peut user d'elles comme il le souhaiterait, qui peut les gifler, les humilier, les baiser quand elle ne le veulent pas. Elles existent les femmes qui ne se sentent pas prêtes à devenir une épouse, qui ne connaissent que la peur d'être écrasée par celui qu'elles appelleront leur affreux mari. Leandra, ça l'amuse. Prisonnière de personne, personne ne la contrôlant, et encore moins un vulgaire anneau au bout du doigt. La faiblesse des femmes ne la concernent pas. Son homme ne la contrôle pas, elle contrôle son homme; libre. Elle n'a pas le coeur léger par l'amour, elle n'a pas le coeur lourd par les remords; elle a l'âme satisfaite en pensant à l'avenir. Il l'aime. Il n'aime pas son âme pourrie par les ambitions vicieuses. Il aime ses cheveux d'or, ses yeux saphirs, la sensation de ses doigts contre sa peau. Et surtout, il aime ses lèvres rosés.

Elle observe la silhouette de son époux, il ressemble à un enfant. Vaut mieux le décider par soit-même, de savoir pourquoi on laisse un homme pénétrer notre intimité (c'est le cas de le dire) que de sentir son honneur, sa fierté et son corps violés. Elle le regarde avec cette air, cette air de femme aimante, elle le prouve d'un simple sourire que ses sentiments ne sont pas fantôme. Les femmes s'effacent sous l'ombre de leur aimé car il sera toujours plus fort, sage; et elles seront toujours plus petites, faibles, ridicules. Tu es habiller d'une tenue couleur jade, ta chevelure ce soumissionne dans le vide tandis que certaines de tes mèches ce positionne sur tes épaules « Bien nous pouvons y aller. » Elle rabaisse le regard face à son époux, le mariage ne les attendra pas. « Tu es toujours aussi lente à te préparer, cela me rappelle le jour de notre mariage. » Aucune réponse ne sort de la bouche de Léandra qui tend sa main à son époux pour rejoindre le donjon Rouge. Ces festivités ne l'intéressent guère pour l'intérêt du Bief. Les mouvements s'enchaînent, ils sont souple et aérien, semblables à une danse harmonieuse, chaque personne entrent dans cette pièce exécute les mêmes gestes que la précédente personne. « Ils vont tous vous-regardez, garde la tête droite, et sourit. » Tu n'as pas besoin de ses conseils, tu ses comment ses "cérémonies ce passe" tu esquisse un sourire en tournent ta tête vers Oberyn, avant d'entamer une démarche à côté de ton suzerain, ton époux.

« Martyn est présent ... » Tu vient lui couper ça parole, manque soudain de respect. « Mais Etaine ne l'est pas. » Ton regard se dépose sur celui de ton frère, lui le suzerain du Val, il a bien changé depuis la dernière fois que tu l'as vue. Ce frère autrefois petit et devenu un homme grand, capable de diriger une région. Tu ne bouge pas, tu reste au côté d'Oberyn regardent les personnes présente autour de toi, tu chuchote les noms des invités. « Rohanna Baratheon; Robb Baratheon ; Myriah Ferboys ; Garett Lannister ; Catelyn Rougefort ; Martyn ; Alerie Lannister ; Oriane Tully ; Elinor Piète, Alys Manderly ; Rhaenys Targaryen et bien d'autres encore. » Tu ne dit plus rien, c'était calme, trop calme à ton goût. Tu te demande si tu vas rester indéfiniment dans la même position, observent les mêmes personnalités faire des vas-et-viens. Tu déposes ton regard une seconde fois sur le faciès de ton époux qui a le regard plongé dans la foule venue nombreuse pour le couronnement. Toutes ses familles nobles ce sont déplacer pour une seule personne, le futur roi. Le nord est le grand absent de ce rendez-vous, eux qui ont décidé de tourner le dos à la couronne suite à l'affront fait par la couronne, Rhaenys est revenue auprès de Jaehaerys pour devenir son épouse, elle qui était autrefois liée à Jorah Stark. Ton époux décide que vous vous dirigerez vers le couple du Val. Tu te retrouves face à ton frère, Roslinn l'accompagne, un léger sourire ce dessine sur ton visage tandis que tu vient doucement courber l'échine avant de te redresser. « Martin, Roslinn. » Seule ses deux mots sortent de ta bouche le Val qui était autrefois glorieux et aujourd'hui en feu sous le règne de ton frère, mais est-ce vraiment de ça faute ? Et t-il le véritable responsable de l'état du Val ? Tant d’événement ce sont produit ses dernières années sans que tu ne puisse lui en parler, il n'a pas changer depuis tous ce temps. Ton regard croise difficilement celui d'Oberyn, avant que tu ne pose le tiens sur Roslinn, léger sourire sur ton visage.
HG:
 

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⋆ I'm a princess cut from marble
smoother than a storm. and the scars that mark my body, they’re silver and gold. my blood is a flood of rubies, precious stones, it keeps my veins hot, the fire's found a home in me.
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Wendy Piper
OUEST
■ Localisation : A Port Réal, auprès de sa soeur
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Jeu 28 Sep 2017 - 15:25


Event ; sujet commun

Par la Couronne tout prend fin,
Par la Couronne tout commence.




Elle souriait d'un sourire qu'elle n'avait plus arboré depuis longtemps, retrouvant cet éclat sincère et innocent qui lui était propre avant que sa famille ne se trouve déchirée. Le jour était beau, grand, plein de promesses et la belle conflanaise l'avait attendu comme on attendrait le messie, fiévreusement, s'évertuant à s'adapter à la vie de cour avant de faire le grand saut dans la salle du trône le jour du couronnement. Tout le gratin du royaume serait agglutiné dans cet imposant hall, et cette fois, Alerie et Garett n'auraient plus le choix : ils la présenteraient à toute la cour, aux plus grands, aux plus importants, aux meilleurs partis de Westeros, au nouveau roi et à la nouvelle reine peut-être même. Une flamme ardente et presque vorace brûlait dans ses deux prunelles sombres, appréciant son reflet majestueux dans le miroir en verre de Myr délicatement posé sur une coiffeuse en bois travaillé avec expertise. Elle voulait être parfaite, resplendissante, sans pour autant tomber dans le mauvais goût en voulant trop en faire. Non, elle devait se montrer lumineuse, mais pleine d'humilité et de pudeur. Un équilibre complexe mais dans lequel elle se savait excellente. Alors elle avait opté pour une robe de brocart d'or, scintillant de mille feux, dont l'éclat était habilement nuancé par des fils d'un brun sombre formant arabesques et volutes sur toute l'étoffe. Un ours brun avait fait don de sa fourrure pour venir orner la profonde échancrure de cet habit d'apparat, dévoilant un simple tissu de lin dissimulant prudemment son décolleté ainsi qu'une raffinée mousseline couvrant l'entièreté de sa gorge, remontant jusqu'au cou. De fines perles agrémentaient la mousseline, constituant à elles seules un bijou de col. Impériale mais modeste, fragile assiette qu'elle était parvenue à stabiliser.

« Aïe ! Mais fais attention petite idiote ! » De petites mains habiles défaisaient les multiples tresses faites la veille au soir, stratagème millénaire destiné à donner une ondulation naturelle et extrêmement élégante aux chevelures féminines, mais qui nécessitait une grande précaution pour ne pas tirer trop fort sur un fil soyeux. La petite servante s'excusa, terminant son œuvre à la vitesse de l'éclair avant de s'emparer d'un léger diadème d'or fin, ornementé d'une myriade de petites perles, rappel inévitable de la parure de sa maîtresse. Avec satisfaction, Wendy contempla son image dans la glace, observant sa femme de chambre se saisir de deux mèches entourant son crâne pour venir savamment les enchevêtrer dans le diadème, dégageant par-là même son doux visage, qui devait être vu de tous. Et surtout resté imprimé dans leur inconscient. Un sourire en coin étira ses lèvres. Oui, c'était parfait. Avec assurance, elle se leva et alla se placer devant une psyché pour s'admirer de pied en tête. D'un geste délicat, Maddy jeta sur les épaules de sa maîtresse une grande cape à longue traîne de la même étoffe que sa robe, terminant avec une rare élégance sa tenue raffinée. Wendy soupira profondément. « Comment me trouves-tu ? » Elle était bien loin la petite provinciale de Château-Rosières, qui, malgré sa volonté d'élégance, se contentait de simples robes de lins aux couleurs unies et uniformes. « Vous êtes simplement divine, madame ! » La voix de Maddy était sincère, et Wendy lui offrit son plus beau sourire en remerciement de son travail. Elle avait su tirer profit de sa prison dorée, demandant moult conseils à lady Johanna, qui se faisait une joie de lui apprendre la beauté des choses du luxe... allant même parfois jusqu'à lui offrir de belles étoffes et joailleries pour parachever sa formation de dame d'importance. Elle était après tout la belle-sœur de son fils et elle se devait de faire honneur à la maison Lannister. La conflanaise s'y était habituée à une vitesse déconcertante et pour rien au monde elle aurait voulu revenir à trop de simplicité. Ce temps était révolu. Il avait disparu au même titre que ses années tranquilles au domaine familiale. Revenir dans le passé était inutile, mieux valait se servir de sa nouvelle position. Dans un bruissement de tissu, la belle fit volte face et quitta sa petite chambre pour intégrer le salon.

La pièce était encore vide. Bien, cela signifiait qu'elle n'était pas en retard, elle avait calculé son temps avec minutie, comme à son habitude. Mais bientôt, Alerie sortit de ses appartements, plus éblouissante que jamais. Royale. Voilà le seul adjectif susceptible de la qualifier et le cœur de Wendy se gonfla subitement d'une certaine fierté : cette reine du monde était sa sœur, sa complice, celle qu'elle avait le droit de tutoyer et de molester pendant que le commun des mortels ne pourraient que s'agenouiller devant elle en taisant leurs réelles pensées, priant intérieurement pour ne pas attirer les foudres des lions sur leurs pauvres âmes. Car si son aînée avait indécemment épousé son geôlier, ce fait lui avait au moins conféré une puissance inégalable, d'autant plus maintenant que la guerre était terminée et que le nom de Lannister était associé aux sauveurs du royaume. Savoir tirer profit de toute situation, telle était devenue la devise de la Pieuse des Eaux, et Alerie représentait à n'en pas douter un atout de choix dans son jeu de cartes. Ne restait plus qu'à régler les quelques dissensions subsistant entre les sœurs, mais des pas lents mais progressifs étaient faits, de part et d'autre... pendant que Wendy continuait de réfléchir au moyen d'éliminer Allyria Tarbeck du tableau Piper. Alors elle accueillit avec chaleur la main de son aînée, tendue vers elle, se laissant aller à la rapide étreinte avec authenticité et amour. Wendy se sentit envahir par un doux sentiment, celui d'avoir retrouvé enfin sa sœur et elle lui offrit un sourire tendre et encourageant, sachant à quel point Alerie appréhendait cette exhibition. Ses yeux semblaient lui assurer qu'elle serait toujours là pour elle, malgré tout, malgré leurs querelles, malgré leurs différences. Elle serait toujours là pour la soutenir, elles avaient trop vécu, trop vu, trop souffert, pour se déchirer elles aussi. Là était l'essentiel. Là serait toujours l'essentiel.

« Vous êtes resplendissantes, mes Dames. » Wendy se contenta d'accueillir le compliment de Garett avec une discrète inclinaison de la tête, se montrant rougissante et modeste, comme à son habitude, et laissant le suzerain s'emparer de sa sœur pour plonger dans la grande arène que représentait le Donjon Rouge. Humblement, d'une démarche souple semblant glisser sur le sol, Wendy les suivit, respectant le protocole en se plaçant trois pas derrière Alerie. Elle n'était qu'accompagnatrice, la lumière ne lui était pas destinée. Pas encore. D'un pas impérieux, ils arpentèrent les couloirs de pierre rouge, avalant goulûment les regards attentifs et brillant d'admiration curieuse de ceux qu'ils croisaient. Wendy contenait avec difficulté une respiration rapide, son cœur pulsant dans sa poitrine et frappant presque ses côtes. Le moment arrivait, et elle avait hâte de voir les dragons. Si par principe elle avait suivi les opinions de son père, la jouvencelle n'avait en réalité que peu d'avis sur la politique du trône, Maegor ou Jahaerys, pour elle, c'était du pareil au même. Et elle voyait son avantage à se faire bien voir par les nouveaux monarques.

Une aiguille traversa son cœur, de part en part, alors que le chambellan annonçait le couple suzerain de l'Ouest, les Lannister de Castral Roc. Se voir assimilée à ces monstres sanguinaires, à ce nom impie lui broyait les entrailles et faisait saigner son âme... Mais Wendy garda fermement son masque, ne laissant rien paraître et pénétrant dans la salle du trône avec grâce à la suite de cette homme haï du plus profond de son âme. Le regard droit, elle s'interdisait de se laisser distraire par la foule déjà présente, désirant conserver son calme et une maîtrise parfaite du moindre de ses gestes. Elle devait rayonner sans en avoir l'air, laissant le faste tapageur au couple suzerain qui essayait d'asseoir sa domination de toutes les façons possibles, rappelant à tout un chacun qui ils étaient. Non, Wendy, elle, devait être plus subtile. Alerie et Garett se placèrent au deuxième rang, celui des suzerains, et la conflanaise s'apprêtait à respecter l'étiquette en se plaçant derrière quand sa sœur l'interpella dans un murmure anxieux : « Reste auprès de moi... » Wendy marqua un temps d'arrêt, jetant des regards alentours pour s'assurer de la convenance de la chose... mais une observation approfondie de son aînée la convainquit d'accepter ce léger écart de conduite. Alerie semblait angoissée, coincée dans sa robe impériale, submergée par une multitude de sentiments complexes. Elle ne la laisserait pas, jamais. La damoiselle brava le protocole et s'installa près de sa sœur, saisissant sa main tendue qui semblait désespérément chercher un appui. Elle l'étreignit, tentant de faire passer un fluide serein dans le corps de sa sœur. Maintenant commençait l'attente. Longue et excitante.

Wendy laissa à son tour ses yeux balayer la pièce, posant le regard sur des personnages d'importance, suzerains, seigneurs, membres du conseil restreint. Wendy fronça les sourcils en voyant Loric rejoindre Oriane Tully. Elle était surprise de n'avoir rien su de la venue de son frère, mais bien plus méfiante de la volonté affichée de la nouvelle suzeraine du Conflans de montrer qu'il était sous son autorité. Paierait-il encore pour les actes de son père et de son frère, après avoir subi la punition du lion ? Une pensée pour sa sœur Alysanne la traversa, se demandant si la biche argentée avait daigné emmener sa petite lectrice rebelle. Alors elle attira l'attention d'Alerie, lui montrant d'un signe de tête la scène qui se déroulait un peu plus loin dans la rangée. Mais bientôt, les mots qu'elle s'apprêtait à prononcer avortèrent dans sa bouche, tandis que trois coups retentissaient dans le grand hall, et que le chambellan annonçait l'entrée tant attendue de Jahaerys et Rhaenys Targaryen. Tous les regards vrillèrent et se rivèrent sur la grand-porte, dans un silence monacale, observant le couple avancer d'un pas lent, majestueux, en direction du formidable trône de fer. Jahaerys lui semblait bien jeune, mais son visage bienveillant jouait en sa faveur. Wendy fut par contre époustouflée par la prestance, le charisme foudroyant de Rhaenys Targaryen, dont la tenue exquise et remarquable soulignait la haute lignée et le prochain pouvoir qui reposerait sur ses épaules. La conflanaise se sentit frappée par cette révélation, elle qui n'avait jamais guère donné d'importance à ces dragons arrogants qui jouaient avec les gens du pays comme l'on jouait avec des pions sur un jeu d'échec. La jouvencelle était hypnotisée par cette femme de poigne, la puissance émanant d'elle comme la gentillesse émanait autrefois des doux traits de sa noble mère. Elle se pencha discrètement vers sa sœur pour lui susurrer à l'oreille une injonction qui ne souffrirait pas d'objection : « Je veux la rencontrer. » Elle devait de toutes manières être dûment présentée à la cour, au couple royal. Quel meilleur jour que celui du couronnement ?

AVENGEDINCHAINS

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Little sweet poison
“We are what we pretend to be, so we must be careful about what we pretend to be.”
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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Jeu 28 Sep 2017 - 17:06

« Merci, mesdemoiselles, c’est exactement ce que je désirais. » Les sourires s’échangèrent dans son dos tandis qu’elle admirait le sien dans un large miroir disposé dans ses appartements. La Colombe retrouvait toutes les raisons d’un tel surnom dans cette robe qui avait été créée pour elle. Des plumes blanches avaient été fixée au tissu du même ton, descendant de ses épaules à son dos, achevant leur course sur le sol qu’elles effleuraient dans une légère traîne. Le reste de la robe était d’une simplicité pure et tranchait avec la lourde chevelure de la dame des Eyriés qui demeurait partiellement sur ses épaules, quelques mèches ayant simplement été remontées pour mieux fixer la couronne de fleurs blanches dans ses cheveux. Rappel de son statut Dornien arraché ou bien simple ornement, chacun verrait en cela ce qu’il souhaitait et elle espérait que Martyn imagine déjà le pire. Les jeunes filles qui s’occupaient d’elle exécutèrent une révérence avant de quitter sa chambre, la laissant terminer sa préparation seule. Elle portait une parure d’argent et de saphirs, vestige des trésors qu’elle avait hérité de sa mère et rappel à la vilaine Epine qu’elle était bien l’unique Arryn qu’il restait aux Eyriés.

L’arrivée des cousines Arryn à Port-Réal avait été particulièrement remarquée. Prenant de l’avance sur Martyn, elles l’avaient affiché publiquement comme le pitoyable Suzerain qu’il était, incapable de prendre une décision en conséquence avec les évènements. Sa lenteur de réaction ne manquait pas d’éclater au visage de tous et ainsi, Etaine espérait bien faire valoir ses propres raisons quant à son arrivée en ces lieux. Certes, le couronnement était une raison suffisante mais ses intérêts n’avaient été qu’ignorés lors de sa première venue l’année passée et la Couronne et le Roi ne sauraient lui refuser de nouveau une audience. Le soutien de Catelyn lui était plus qu’important et la savoir à ses côtés lui donnait une force qu’elle pensait ne plus avoir. Quittant ses appartements, elle se fit annoncer dans la large pièce où trônait magistralement ce siège maudit aux cents épées. Elle n’entrait pas avec Martyn, elle n’était pas un élément qu’il saurait maîtriser cette fois-ci. Elle était fière, authentique, et aussi royale et importante que n’importe lequel de ces hommes et femmes présents dans l’assemblée. Que n’importe lequel de ses suzerains.

Pourtant, un regard croisé apaisa son cœur en un instant. Leandra était là. Cette sœur bienaimée, adorée. Cette aînée perdue des années de cela avec qui, jamais, elle n’avait cessé de se confier, livrant ses secrets sur des parchemins accrochés à des corbeaux qui traversaient le royaume tout entier pour mieux les délivrer. A ses côtés, son époux, Oberyn. L’homme, Etaine ne l’avait jamais apprécié tant il pouvait s’être retrouvé en cette idiote de Roslinn. Mais le simple regard de Leandra eut le mérite de calmer ses envies d’être mise en avant, la forçant à regagner sa place. Dès lors qu’elle le pouvait, elle le savait, Etaine se jetterait à son cou pour mieuxla serrer contre elle, pour mieux la retrouver. Pour l’heure, ce fut aux côtés de Catelyn qu’elle se plaça, souriant avec une joie qui ne lui était que peu familière. Son fils n’était pas là. L’esclandre viendrait plus tard. Pour l’heure, elle se pencha simplement vers sa cousine. « J’ai bien peur que ce jour ne me rappelle mes propres heures de gloire… » Car oui, couronnée, elle l’avait été, quelques heures durant. Son regard dévia alors, tombant sur une jeune femme à la peau tannée que les années lui rappelèrent à son bon souvenir.

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The Fallen Princess
Winter was Coming and then, I've been on the top, Unbent, Unbowed and Unbroken. Now, I just wanna be as High as Honor
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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Ven 29 Sep 2017 - 23:37

Par la Couronne tout prend fin,
Par la Couronne tout commence.

ft.





































Parmi les lourdes vapeurs d’encens de Volantis, une silhouette nouait un élégant ruban de tissu gris autour de son cou. L’heure était au recueillement. Seule dans la petite pièce, la forme se muait dans les grises émanations qui tournoyaient autour, uniquement accompagnée par des psalmodies récitées à mi-voix. L’accent était chantant, évoquant l’exotisme d’une contrée lointaine, celle sur laquelle se levait le soleil, celle où l’on parlait mille langues, ce continent oriental regorgeant de richesses, de dangers et de mystères, ces milliers de lieues à parcourir en croisant toujours plus de peuplades aux noms étranges : Dothrakis, Braavosis, Myriens, Pentoshis, Lysiens, Quaarthiens, et tant d’autres… Cette terre de mystère, elle avait acquis le nom d’Essos, le continent de l’Est. Cette terre avait porté le plus fabuleux empire du monde : celui de Valyria et ses Possessions, s’étendant alors sur une grande majorité du monde connu. Aujourd’hui toutefois, il ne restait plus rien de cette superpuissance d’antan, dévastée par le feu des volcans, par les flots des océans et le passage du temps. La silhouette qui achevait désormais le savant entrelac de tissu fumé se souvenait de cette époque, étant l’un des derniers garants de sa connaissance. Cette silhouette, elle appartenait à l’un des hommes les plus secrets des Sept Couronnes.

Il était arrivé vingt-deux ans plus tôt, à bord d’un navire affrété sur ses propres deniers, transportant toutes ses richesses, toute sa vie. Il avait donné sa vie à deux choses : la famille royale Targaryen, dernière héritière de la toute-puissance de l’Antique Valyria, et sa propre ascension sur cette terre peuplée d’une race bâtarde, produit de deux sangs inférieurs, celui des Andals et celui des Premiers Hommes. Certains pouvaient s’enorgueillir de descendre de lignées aussi anciennes que les dragons eux-mêmes, mais qui étaient-ils pour seulement oser penser à élever la voix contre le divin tricéphale ? Arryn, Stark, Lannister, Martell, et leurs suppôts Tully, Greyjoy, Tyrell et Baratheon… De quoi pouvaient-ils se targuer face au destin qui était le leur, celui de servir les descendants de Valyria ? L’homme n’avait jamais supporté leur arrogance, leurs principes et leurs manières. Ils avaient fini par se révolter et porter le fer contre un descendant du Conquérant : son dernier fils, Maegor le Cruel. L’homme était un monstre, et après l’avoir aidé, la silhouette avait décidé de soutenir discrètement le prétendant pour lequel se battait une partie de Westeros : Jaehaerys, soutenu par sa sœur Rhaenys. Si trahir Maegor avait été relativement facile – l’ombre grise vouait une haine viscérale au dernier fils d’Aegon – il avait été plus difficile de devoir prendre la décision de transmettre certaines informations aux rebelles à la veille de la bataille de Port-Réal. Finalement, l’homme avait failli être confondu pour avoir été le Maître des Lois de Maegor. Reconnu coupable et exilé, il avait été rattrapé par une amie très chère à ses yeux – la celle qu’il n’ait jamais eu – et avait été introduit auprès de la Princesse Daenys, qui avait convaincu son neveu Jaehaerys de pardonner et anoblir l’homme. Il était devenu seigneur d’un petit fief insulaire sur l’île de Lamarck, sous la domination Velaryon. Revenu en force au conseil restreint du Roi, il était désormais le Maître des Chuchoteurs du Roi, le maître espion des Sept Couronnes, l’un des plus sinistres et dangereux personnages de la Cour, connu pour son fanatisme ainsi que son dévouement sans faille au Dragon.

Cet homme, c’était Valyron Tyvaros, anciennement de Mantarys, en pleine psalmodie.

« Kostagon Jaes ojehikagon nyke. »

Puissent les dieux me bénir. Une antique prière, murmurée à des dieux morts que plus personne – ou presque – ne vénérait. Qui se préoccupait encore du panthéon consumé de l’empire draconique des cendres ? Seuls les grands dragons de la Conquête, portant les noms de ces divinités perdues, continuaient d’inspirer la crainte légitime que chacun devait ressentir en mentionnant les mots mille fois sacrés de Balerion, Vhagar ou encore Meraxes.

Valyron s’examina un bref instant dans les carrés de miroir qui lui permettaient de se voir. Il avait choisi de rester relativement sobre, pour le couronnement. Il avait adopté une veste d’un violet lavande profond, rappelant la couleur de Mantarys, sa ville natale, et désormais celle du serpent qui ornait son blason. Sa chemise, et son foulard, eux étaient d’un gris clair, destiné à rappeler l’hermine des armes de la maison Tyvaros. Sur ses épaules, une courte cape noire était retenue par une petite broche de perles sur lesquelles trônait un petit serpent d’améthyste. Ses longs cheveux bruns avaient été accrochés en catogan selon la mode valyrienne dont étaient inspirées les tendances actuelles en Mantarys. Un fin ruban de soie violette liait la crinière du Maître des Chuchoteurs, lavée pour l’occasion. Jugeant le résultat satisfaisant, l’homme quitta ses appartements du Donjon-Rouge, exhalant des senteurs de lavande et de cendres.

La forteresse des Targaryen était resplendissante, à peine plus d’un an après la défaite des Loyalistes et la mort du Cruel sur le Trône de Fer. Désormais, les tentures et les bannières étaient suspendues partout et les représentants de toutes les régions, ou presque. Les insolents Stark et Greyjoy défiaient les Dragons. Cela ne durerait pas, Valyron en avait la certitude. Silencieux, glissant avec élégance dans les couloirs du Donjon, il arriva jusqu’aux appartements royaux. Il était celui qui devait aller chercher Rhaenys, la prévenir que tout était fin prêt et qu’on attendait plus que Jaehaerys et sa future épouse. Il entra silencieusement dans les appartements de la Reine. Elle était là, pas encore mariée, déjà royale, impériale, enveloppée dans sa robe blanche drapée du noir souverain. Restant un moment interdit, Valyron détaillait cette fine silhouette qui avait été la source de tant d’espoirs. La relation qu’il avait avec la future reine n’était pas évidente. Souvent, ils s’étaient déchirés, la Targaryen faisant preuve d’un caractère bien trop impulsif, et le Mantaryen d’une loyauté légèrement bancale… Il s’éclaircit la voix, et annonça doucement :

« Votre Grâce... Le temps est venu.

- J’arrive tout de suite
. »

Elle avait répondu comme dans un rêve, happée par des réflexions qui semblaient la porter bien loin du couronnement et du moment présent. Difficile de pouvoir imaginer ce qui traversait la tête de la jeune femme alors qu’elle s’apprêtait à épouser son frère et devenir la reine des Sept Couronnes. Valyron, lui, ne savait guère que penser. Il considérait qu’il avait tout tenté pour racheter ses erreurs passées, ce qui n’avait pas empêché la future reine de le faire accuser et juger : il avait failli y perdre la vie. Et cela, il ne pardonnait pas. Toutefois, l’instant actuel était bien trop important pour simplement se laisser obnubiler par ces pensées acides. Le temps était à la fête.

« Je n’ai pas vu le Donjon Rouge aussi rempli depuis le couronnement de feu votre père. »

C’était vrai. Le couronnement d’Aenys avait été un moment de grâce dans l’histoire de Westeros. L’accession au pouvoir du fils héritier du Conquérant, le doux Roi qui allait apporter la paix et la justice au contient tandis que son frère, bien plus violent, pourrait prendre la charge de la protection du Royaume. Rien n’avait marché comme prévu. Aenys s’était laissé mourir après avoir appris le décès de ses deux enfants aînés et l’embrasement des Sept Couronnes sous l’impulsion de la Foi. Maegor, lui, avait usurpé le Trône de Fer alors que ce dernier échoyait à son neveu Jaehaerys. Et Rhaenys avait été envoyée au Nord, offerte au Sire des Loups.

Elle se retournait doucement, dévoilant une mise en œuvre de sa coiffure absolument fantastique et au sommet de son crâne, la couronne d’Aegon le Conquérant, simple, mais déjà légendaire. Elle n’était pas couronnée, et pourtant, avec ce diadème sur sa tête, elle était déjà plus royale que jamais auparavant. Elle vivait la couronne. Un long moment passa avant qu’elle ne s’exprimât.

« Combien sont morts pour permettre à ce jour d'arriver... C'est un grand jour, en effet. »

Ils avaient été trop nombreux, du propre aveu de Valyron. Lui-même avait vu certaines de ses connaissances disparaître dans les derniers mois du règne du Cruel. Et pourtant, en ce jour béni des dieux, tous avaient l’opportunité de laisser derrière eux ces jours tragiques pour se consacrer à un avenir radieux. La porte s’ouvrit sur un page venu récupérer la couronne d’Aegon le Conquérant. Le diadème légendaire allait maintenant trouver la place qui serait la sienne dans la cérémonie à venir. Une fois que la porte se fut refermée sur Rhaenys et Valyron, il répondit calmement, énumérant mentalement les nobles noms présents aujourd’hui.

« Assurément. Tous vos loyaux sujets sont présents. »

C’était évidemment faux, puisque certains n’avaient sans doute pas reconnu Jaehaerys comme leur véritable roi, mais ils n’avaient plus le choix, désormais. Voyant que la jeune femme ne répondait rien, Valyron embraya sur le sentiment que lui inspirait la jeune princesse.

« Je n’ai pas connu Dame votre mère, princesse. Mais je suis persuadé qu’elle aurait été immensément fière de vous, aujourd’hui, à vous voir ainsi. »

Alyssa Velaryon, épouse d’Aenys premier du nom, avait été la première reine des Sept Couronnes après les deux légendaires valyriennes de la Conquête qu’avaient été Rhaenys et Visenya. Elle était morte quelques années avant l’arrivée de Valyron à Port-Réal. La princesse eut un sourire chaleureux à l’évocation de sa mère.

« Ma mère était une femme d'une douceur extraordinaire, pourtant une vraie guerrière. Être reine ne veut pas dire être l'épouse du Roi, c'est être son plus fidèle partenaire et soutien... C'est ce qu'elle disait à Rhaena... Je m'en rappelle avec une telle précision... Je ne crois pas qu'elle se soit imaginé une seconde que je puisse être celle qui deviendrait Reine. »

Valyron écouta religieusement. Il goûtait toujours de ces moments où il partageait l’intimité des Dragons. Il avait toujours espéré pouvoir être aussi proche de ces personnages de légende auxquels il avait voué sa vie. Et pourtant, à l’évocation de la grande sœur de Rhaenys, Valyron ne put s’empêcher une réaction contrite, repensant à la fureur qu’avait été la sienne lorsque l’on avait annoncé le sort du prince Aegon et de la princesse Rhaena.

« Les coupables ont été dûment châtiés, princesse. Nous y avons tous veillé. »

Sa voix coupante eût le don de faire réagir Rhaenys, qui se retourna vers lui, le dévisageant longuement. Son regard avait une force magnétique unique : ses deux améthystes transperçaient l’âme et ne semblaient qu’exiger une chose, la soumission totale et absolue.

« Ce n'est pas pour cela que je vous disais cela, Valyron. Il n'est plus temps aujourd'hui de rappeler les drames sanglants qui ont brisé notre famille. Jaehaerys est notre espoir à tous. Il a toujours été le mien. »

Valyron hocha la tête avec déférence. Son avis n’en divergeait pas moins. On devait se rappeler du danger de la plèbe et des habitants si primaires de Westeros.

« De bien lourdes responsabilités pour une seule paire d'épaules, quant bien même ce sont celles d'un Targaryen. Il est notre espoir à tous, vous l'avez dit. Il porte en lui l'avenir de tout Westeros. Et avec vous à ses côtés, Rhaenys, il y parviendra. »

Il se rendit compte qu’il venait d’appeler la princesse par son prénom. Son cœur se serra d’appréhension à cet impair et il cessa brièvement de respirer, s’attendant à une remarque qui ne vint jamais. La porte s’était ouverte sur un garde royal qui annonçait que tout était prêt, que Jaehaerys attendait Rhaenys. Elle se dirigea sans plus attendre vers la porte, tandis que Valyron se décalait pour la laisser passer. Sans ralentir, elle lui posa une simple question en arrivant à sa hauteur, la voix teintée d’une très légère appréhension, si c’en était.

« Avons-nous seulement le choix ? »

La réponse interloqua le Maître des Chuchoteurs qui resta un moment interdit. Puis, il se retourna vers la porte, et sortit à son tour, voulant capter une dernière fois le regard de la princesse. Hélas, elle se dirigeait déjà vers son destin, petite silhouette blanche escortée par deux chevaliers en armure dorée. Valyron grava cette image dans sa mémoire et se hâta vers la salle du trône.

Là, pratiquement tout le monde était déjà arrivé alors que l’apparition du couple royal était imminente. Il traversa rapidement la travée centrale avant de s’installer à son banc, au premier rang. Il se rengorgea de fierté à cette prise de conscience : il était au milieu de ses pairs du Conseil Restreint, et il serait là, sans personne pour le gêner, assistant devant tous au couronnement d’un nouveau Dragon. Rapidement arrivèrent le seigneur Main, Robart Baratheon et son épouse, la jeune Rohanna. Cette dernière, arrivée à côté du Mantaryen, le gratifia d’un sourire et d’une salutation.

« Lord Tyvanos, élégant comme toujours ! »

Valyron s’inclina longuement pour remercier la Dame, alors qu’elle avait déjà un mot pour Godric Lannister, le Maître des Lois. Autour d’eux, ce n’était plus que brouhaha. Les yeux coupants du Mantaryen ne perdaient rien, pas une miette, identifiant tour à tour tous ceux qu’il avait étudié. Garett Lannister et son épouse, accompagnés par la sœur de cette dernière, le jeune Wendy Piper, que Valyron avait croisé un peu plus tôt, qu’il salua d’un bref signe de tête avant de continuer son inspection. L’ambassadrice de Dorne se trouvait aux côtés des Lions du Roc, ce qui ne manqua pas de faire plisser le nez du maître espion : Myriah Ferboys semblait décidément bien heureuse de se trouver ici, alors que ce n’était nullement sa place. Perdue loin derrière les suzerains et leurs puissants vassaux principaux, les yeux gris du Tyvaros croisèrent ceux noisette d’Elinor Piète, reléguée à une place relativement ingrate malgré son rang de dame de compagnie de Daenys : le protocole oubliait ceux qu’il pouvait. Il lui adressa un maigre sourire de soutien avant de se détourner, continuant son inspection pour tomber sur….

Par les dieux. Dites-moi que je rêve.

Alys Manderly, fille de Blancport, pupille royale, joyau de Port-Réal, amenait quelqu’un à la suite de la princesse Daenys et de son fils le prince Aemon. Les yeux du Serpent se plissèrent lorsqu’il reconnût le sauvageon, celui que Rhaenys avait ramené du Nord et qui se trouvait depuis au Donjon-Rogue, en sa qualité de proche de la princesse et de la pupille. De glacial, le regard du Maître des Chuchoteurs se fit rond lorsqu’il constata l’impair grave qui était en court. Ledit sauvageon s’était placé au premier rang, sur le même banc que la famille royale. Mais qui diantre faisait cela un jour de sacre ? N’y tenant plus, parfaitement scandalisé par la présence d’un être inférieur – un sauvage d’au-delà le Mur !! – au premier rang et en présence du Prince de Peyredragon, Valyron se pencha avec un air venimeux vers la Main du Roi.

« Seigneur Main… Que pensez-vous donc de la compagnie de Leurs Grâces Daenys et Aemon ? »





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Des mes ordres, dépend le destin du peuple.
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Hollister Tarly
COURONNE
■ Localisation : Auprès d'un Membre de la famille Royale.
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Sam 30 Sep 2017 - 14:02

Une nouvelle journée sous un soleil de plomb dans la capitale. La capitale des Sept royaumes était désormais en paix, enfin, officiellement. Dans l'ombre les complots avaient sans doute recommencer et Hollister avait repris son poste de commandant en chef de la garde Royale, en plus de garder la tête sur les épaules, au sens littéral du terme. La récompense pour avoir ouvert au rebelles et trahis son serment envers son Roi.

Même si nombre des sujets des septs couronnes ne lui en voulait pas bien au contraire Hollister avait l'impression d'avoir fait un bond en arrière dans son but premier. Marquer l'histoire de la garde Royale. Il avait peut-être réussi, mais retiendra-t-on son nom en bien ? Cela dépendait de qui était sur le trône sans doute. Enfin, en attendant de pouvoir rattraper son but il devait aussi s'occuper de ses soucis d'honneurs et du Roi lui-même et de la futur Reine et des autres Targaryens. Durant cette année passée, il avait entretenu une relation avec une noble de la cour, aujourd'hui elle avait mis au monde un bâtard, qu'il ne pouvait reconnaître, cela serait trahir son serment et surtout se déshonorer publiquement, alors qu'un enfant bâtard ne pouvait que faire du bruit, personne ne serait assez fou pour le croire. Mais encore une fois le soucis de la conscience se posait.

Décidément la capitale recelait bien des dangers autres que les armes. Hollister était posté devant les quartiers du Roi et de la futur Reine, à attendre que sa majesté soit prête pour l'escorter jusqu'à son couronnement. Un événement qui rassemblais tout les plus grands, peut-être que son père serait présent d'ailleurs, ou ses frères et sœurs. Peu importe il ferait son devoir aujourd'hui.

Les couloirs grouillaient de monde et Hollister suivait le nouveau roi des septs couronnes à la trace, il vaquait a la fin des préparatifs pour son mariage et pour le couronnement, un jeune garçon et pourtant tant d'espoirs reposait sur lui. Le lord commandant se demandait comment il pouvait supporter tout ça et puis en le voyant il repensait a Aegon et son fils, Aenys, ce n'était pas si surprenant que ça en fin de compte. Il était un targaryen.

"Pourvu que tout se passe bien". C'était le seul souhait du lord commandant actuellement. Qu'aucun noble ne tente quoique ce soit, les septs couronnes avaient suffisamment souffert pendant des années pour éviter une nouvelle guerre de succession.

Pendant les rondes entre les deux chambres, Hollister se rappela les moments interminable à préparer les plans pour le mariage et le couronnement, quel garde ferait quoi, à quel moment ils pouvaient bouger, où chaque membre de la garde royale devait être et pourquoi. Des heures de préparations pour assurer un maximum la sécurité, heureusement ils n'étaient pas que sept à s'assurer de la sécurité de leurs souverains. Quelques soldats étaient présent en renforts, souvent issus des maisons invités. Ces nobles, toujours en train de se chamailler et de comploter. Hollister en avait vu aux côtés du Cruel des choses horrible que certains sont prêt à faire pour le pouvoir. Le lord commandant en avait froid dans le dos.

Au bout d'un moment le roi fini tout ce qui pouvait l'occuper. L'on partit alors le roi, un autre garde et moi-même en direction de la salle du trône. Devant les portes désormais closes, nous attendions la futur Reine. Patiemment elle arriva escorter de deux autres de mes hommes. Sans un mot ils entrèrent dans la salle du trône et partirent se placer à l'endroit convenu. Nous étions donc quatre derrière cette porte qui menait au trône. A attendre que sa majesté donne l'ordre de marche.

La futur Reine Rhaenys parla longuement à sa majesté, mais comme tout bon garde royal, le devoir d'un garde n'était pas d'écouter ce que leurs royales majestés pouvait se dire. Au bout de quelques instants, le groupe entra enfin dans la salle du trône, bondée de monde pour ce jour si spécial. Passant devant toutes les personnalités du Royaumes et les seigneurs les plus modestes, tous purent admirer le Roi et la Reine.

Hollister reconnu plusieurs visages, issus du Bief, ou des autres régions, les suzerains de l'ouest, de l'orage, du Val, du Bief, il pouvait reconnaître les Tully, mais ne voyait le suzerain dans les rangs, peut-être était-il ailleurs. Qu'importe, trop de pouvoirs en un seul endroit. La journée s'annonçait longue et compliquée...

Le groupe fini par arriver au trône, Hollister se plaça sur le côté du trône en contrebas, au niveau des marches, il ne devait pas se faire plus remarquer que cela, mais en cas de besoin il pouvait rapidement intervenir, le second garde qui accompagnait le couple royal fit la même chose que son Lord commandant, mais à l'opposé. Tout se passait donc bien pour l'instant et Westeros entrait donc enfin officiellement dans la paix, une paix durable, il fallait l'espérer.
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Roslinn Arryn
VAL D'ARRYN
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Dim 1 Oct 2017 - 1:50

Roslinn savait que la journée allait être longue et peut-être même éreintante. Les harpies de son époux seraient bel et bien là. Comme ne le seraient-elles pas ? L’occasion étaient trop belle pour les dames Arryn. Elles qui semblaient tant vouloir se voir suzeraines à la place de leur propre frère. A la place de l’héritier légitime. Leur sang, leur chair. Elles seraient prêtes à le damner. Se sentaient-elles autant supérieures pour remettre en cause l’héritier légitime ? Roslinn avait eu ces histoires en tête bien trop longtemps. Et l’expectative de leur simple présence la lassait d’ores et déjà. Elle était fatiguée des histoires que créent inlassablement Etaine et Catelyn sur leur passage. Il était consternant de voir à quel point elles dépensaient leur énergie pour des combats qui n’avaient pour conséquence que la destruction de leur propre maison. Il était à se demander si la folie ne les avait pas atteintes.

Etaine n’avait pas apprécié qu’elle souffle le nom de Eoden Veneur comme époux convenable. L’homme était un confident et une personne de confiance pour Roslinn. Une personne qu’elle appréciait, qu’elle estimait digne d’être un bon époux pour Etaine. La Rose ne considérait pas qu’elle avait fait un cadeau empoisonné à Etaine. Elle avait été honnête dans sa démarche, qu’Etaine le veuille ou non. Elle avait une mauvaise fois à tout épreuve. Malheureusement, la jeune femme ne semblait pas avoir eu la clairvoyante de réaliser que Rolsinn avait ce choix en toute bienveillance. Etant persuadée qu’Eoden la rendrait certainement heureuse, qu’il n’allait pas la brutaliser ou la maltraiter. C’était une proposition honnête et réfléchie mais qui n’avait pas obtenue résonnance chez Etaine.

Finalement, son regard croisa bien malencontreusement les silhouettes d’Etaine et Catelyn, au loin. Roslinn, au bras Martyn, fit comme si elles ne les avaient pas vues. Elle ne souhaitait pas leur porter d’importance en ce jour, mais elle espérait simplement qu’elles auraient la correction de bien se tenir. Ce n’était ni le lieu, ni le moment.

Roslinn portait l’une de ses plus belles tenues, ornée de bijoux tout aussi éblouissants. Elle souhaitait montrer qu’elle faisait non seulement partie des plus belles femmes du royaume, mais également que Lord Martyn Arryn pouvait se vanter des atouts de charme de son épouse. L’idée, étant, bien évidemment, de se faire envier le plus possible. Roslinn semblait avoir un petit côté narcissique depuis ce matin, d’autant plus lorsque Martyn balaya la foule au passage, faisant baisser les yeux à certains. « Allons-y. » comme un guerrier avançant dans l'arène. Ils y étaient presque. Alors qu’ils avaient été annoncés, Roslinn avançait droit devant. Le regard posé, le pas assuré, la démarche cadencée.Marchant au bras de son cher époux, la jeune Rose était fière d’appartenir au Val, n’en déplaise à certaines.

Alors qu’ils allaient se placer au deuxième rang, Roslinn aperçu son frère. Un sourire lui vint immédiatement aux lèvres. Trop sobrement à son goût, la jeune femme alla saluer Oberyn et son épouse.

« Obeyrin, Leandra » s’inclina-t-elle devant les époux Tyrell. « Mon frère…. comment allez-vous ? » demanda-t-elle les yeux remplit d’émoi. Cela faisait longtemps. Trop longtemps qu’elle ne l’avait pas revu.

« Ma chère belle-sœur, vous êtes ravissante. Le Bief vous convient définitivement.» la complimenta-t-elle en l’observant. Comme si elle avait été définitivement adoptée par la maison Tyrell. Toujours sa main posée sur l’avant-bras de son époux, elle déposa à nouveau son regard sur son frère, et lui sourit à nouveau.

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Le Destin
ADMIN SUPRÊME & PNJ
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Lun 2 Oct 2017 - 12:09




Event 6.1
« Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence »

Dans la salle désormais entièrement silencieuse, c’était tout un peuple qui observait Jaehaerys, face à lui, tandis que le Grand Septon prenait entre ses mains la couronne qui lui appartenait de droit. Une foule silencieuse, peuplée de nobles qui n’avaient jamais eu pour habitude de se taire devant qui que ce soit. Il serait idiot de croire qu’après la guerre, après tous ces affrontements, il suffirait de les rassembler pour mettre un terme aux inimitiés, en témoignaient par exemple les nombreux regards portés à la famille Arryn, dont la présence, si elle en choquait certain, et en rassurait d’autres, laissait au moins présager que la Maison au faucon comptait bien prêter allégeance, malgré l’absence plus que notée de leurs cousins du Nord. Les Arryn étaient pourtant loin d’être la seule source de dissension au sein de cette assemblée, que l’on parle de seigneurs moins importants qui avaient encore du mal à accepter que les anciens loyalistes soient sur un pied d’égalité avec ceux qui avaient lutté pour le Roi légitime, ou des tensions désormais bien connues entre Dorne et les Terres de l’Orage. La guerre menaçait au Nord comme au Sud, et si l’on espérait encore une paix durable, tous observaient les Targaryen et leur Main pour connaître la décision des dirigeants du Royaume quant à ces problématiques.

Tout n’était pas que tension, pourtant. Baratheon et Lannister marchaient ensemble, liés autant par le sang que par les intérêts, offrant au nouveau Roi un soutien de poids pour mettre en place son nouveau règne. De même, le Bief et le Val étaient étroitement liés, sans doute était-ce là l’une des raisons pour lesquelles Martyn Arryn était présent. Le Conseil Restreint semblait entièrement dévoué à son nouveau souverain, et tout prêt à l’épauler dans les décisions difficiles qu’il faudrait bientôt prendre pour l’avenir de ses terres. Quoi qu’on en dise, Jaehaerys bénéficierait d’autant de soutien que nécessaire pour unifier réellement les Sept Couronnes, surtout si la rumeur d’union future entre Aemon Targaryen et Jeyne Tyrell était fondée.

Que dire enfin de Rhaenys, sa future femme, qui avait la faveur du peuple de Port-Réal autant qu’elle attirait les foudres de certaines autres régions par son union que certains voyaient comme contre nature ? D’une Reine, elle avait déjà beaucoup, et si elle perdrait bientôt son titre de Régente en même temps qu’elle prendrait celle de Reine, nul doute qu’elle saurait continuer à conseiller son frère et époux durant de nombreuses années. Elle serait certainement l’un de ses plus grands soutiens dans les années à venir, ainsi qu’une personnalité des plus influentes, si ses ennemis et rivaux, parmi lesquels sa propre tante, ne parvenaient pas à mettre un terme à la pente ascendante que la jeune Targaryen semblait gravir avec le temps. Pourrait-elle convaincre ses détracteurs du bien fondé de son divorce, de sa nouvelle union ? Seul le futur pourrait le dire, mais il semblait en tout cas que le Roi n’ait que faire de ceux qui criaient à l’hérésie, et, bien plus dangereux, des seigneurs qui ne disaient rien à ce sujet mais n’en pensaient pas moins. Car le Nord était loin d’être le seul territoire qui s’opposait à cette union, et les Stark la seule grande Maison qui voyait le futur mariage comme une insulte…

Alors que le Grand Septon posait enfin la Couronne sur la tête de Jaehaerys, son regard se posa en premier sur sa future épouse, à qui il offrit un sourire discret, avant d’observer Robart Baratheon. Plus tôt, il avait pris une décision à son sujet, qui influencerait grandement les événements à venir durant les prochains mois. Il le croyait digne de la charge supplémentaire qu’il lui offirait, en témoignait notamment la façon discrète avec laquelle il avait écarté le potentiel scandale qu’Alys Manderly avait presque créé en amenant le suivant sauvageon de Rhaenys au premier rang de l’assemblée, devant les grands du Royaume. La Main du Roi avait envoyé un garde raccompagner Faust à sa place sans faire plus de vague, faisant passer l’événement pour ce qu’il était, une erreur de jeunesse de la pupille des Targaryen. La Main du Roi jouerait un rôle crucial dans la gestion des crises actuelles, oui, mais il n’aurait pas droit à l’erreur s’il voulait conserver la faveur du Dragon. Enfin, le Grand Septon prononça les paroles consacrées d’une voix forte, annonçant officiellement le début du règne du nouveau Roi :

« Que tous saluent Sa Majesté Jaehaerys de la Maison Targaryen, Premier du Nom, Roi des Andals, des Rhoynars et des Premiers Hommes, Seigneur des Sept Couronnes, et Protecteur du Royaume. »

Peu importait désormais ce que l’on pensait de ce nouveau règne, un nouveau Roi était né, et avec lui, une nouvelle page de l’Histoire de Westeros s’ouvrait définitivement.

***************************************

Le long cortège avançait lentement en direction du Septuaire où le mariage royal aurait lieu, sous les acclamations de la foule. En tête, Jaehaerys Premier, nouveau Roi, profitait de l’occasion pour saluer ses sujets pour la première fois en tant que leur souverain légitime, accompagné de sa future épouse et entouré de sa Garde Royale. Si les cris de joie et les ovations se faisaient entendre, il était difficile de ne pas noter l’état d’affamement de nombreux membres du peuple, ainsi que les regards de jalousie ou de colère que certains arboraient parfois.

Suivaient les membres de la famille royale, eux-même devançant les grandes Maisons du Royaume, Baratheon en tête, Robart et Rohanna menant leur groupe. Venaient ensuite la foule de nobles, venant de Maisons plus ou moins importantes, mêlées aux courtisans et aux membres de naissance moindre du Conseil Restreint. Pour autant, ce cortège n’était en rien aussi organisé que l’assemblée du couronnement, et il n’était pas rare de voir certains remonter ou descendre la foule pour discuter avec l’un ou l’autre invité de l’événement.

C’est ce qui arriva lorsque le Roi envoya l’un de ses gardes chercher sa Main, pour lui faire part de la décision qu’il avait prise la veille. Haussant légèrement la voix pour être entendu malgré les cris de la foule, il lui annonça d’un ton qui se voulait aussi royal que directif, montrant que sa décision ne saurait être contestée :

« Mon seigneur Baratheon, vous n’êtes pas sans savoir qu’après notre mariage, la Reine renoncera à son titre de Régente. J’ai décidé qu’aucun autre ne prendrait sa place, cela ne ferait que troubler le Royaume pour les quelques mois qui restent avant que j’atteigne ma majorité. Vous nous avez servi fidèlement durant cette année, et avec force compétence, c’est pourquoi j’ai décidé que dès demain, je promulguerai un décret vous nommant Protecteur du Royaume en mon nom. Jusqu’à ce que j’atteigne mes seize années, c’est sur vous que reposera la charge de protéger et maintenir mon Royaume, et c’est à vous que les autres Maisons devront obéissance. Je sais que vous saurez vous montrer digne de cet honneur. »

La sincérité résonnait dans les paroles du souverain, mais la décision était autant basée sur le mérite de celui qui avait secondé Rhaenys pendant un an que sur la situation politique du Royaume. Il fallait un homme fort, un homme capable d’unir plusieurs Suzerains sous sa bannière, même s’il n’avait pas eu le titre qu’il lui confiait. Et les Baratheon, par leurs alliances, avaient le soutien assuré à la fois des Lannister et des Tully, à travers leur cadette Oriane. Le Bief était lui-même lié aux Lannister, et répondrait donc plus facilement aux directives d’un allié indirect. Robart Baratheon semblait le seul choix sensé si Jaehaerys voulait un Royaume unifié. Restait à voir s’il ne s’était pas trompé…

Après presque une heure de marche, tous prirent place dans le large Septuaire de Port-Réal, dont Daenys Targaryen avait entamé la construction durant l’année précédente. S’il n’était pas encore entièrement terminé, il restait à l’heure actuelle le seul bâtiment religieux capable de faire tenir une foule aussi grande entre ses murs, raison pour laquelle il avait été choisi, en plus du message d’union des Targaryen qu’il véhiculait. A nouveau devant le Grand Septon, mais cette fois en compagnie de Rhaenys, c’était une union consacrée devant les Sept que l’on s’apprêtait à prononcer, et par la même, le couronnement d’une Reine… Bientôt, les cérémonies seraient terminées, et avec elle les festivités pourraient commencer, et avec elles viendraient le serment d’allégeance de tous les seigneurs présents.

HRP:
 

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Fire and Blood
Far over the misty mountains cold. To dungeons deep, and caverns old. The pines were roaring on the height. The winds were moaning in the night. The fire was red, it flaming spread. The trees like torches blazed with light. .❞
The Hobbit – Misty mountains cold.
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Edric Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Ven 6 Oct 2017 - 12:34

La pierre dure s'imprima dans le genou d'Edric Baratheon. Dans leur genou à tous, traversant les riches étoffes de ceux qui s'étaient proprement inclinés - car tous n'avaient pas mis le genou en pierre, mais Edric n'était pas de ceux qui faisaient le compte, qui regardaient le public plus que le spectacle. D'ailleurs il ne regardait pas non plus le spectacle, ses yeux étaient baissés mais résonnait dans son coeur les paroles solennelles du Grand Septon.

Et son coeur, ceint de cette nouvelle loyauté, était fier, comme si c'était son frère Robb qu'on couronnait là, comme si c'était son père Theodan qu'on honorait là - mais lourd aussi, car ce qui était le début d'une glorieuse histoire était aussi la fin d'une autre, et il craignait de perdre une deuxième fois ce frère qui était devenu Main du Roi. Plus que jamais, ils avaient été soudés dans la bataille ; mais depuis un an, il l'avait à peine vu, soucieux de ne pas perturber ses brèves retrouvailles avec Rohanna, sa nouvelle soeur, sa régente dont à l'inverse il s'était rapproché. Il ne l'avait pas plus vu depuis qu'il était arrivé avec Port Réal avec le reste des Baratheon. Il ne lui en voulait pas bien sûr. Robb portait le poids du Royaume sur ses épaules.

Un Royaume affamé, il l'avait vu en arrivant, il l'avait vu en parcourant la ville, et les côtes saillantes des mendiants l'effrayaient plus que les murailles qui restaient à reconstruire. Nulle trace de cette misère dans la salle où pleuvaient indécemment les saphirs, les rubis comme autant de perles de sang sur la robe de Rhaenys, immaculée mais noire sur le dessous, comme s'il fallait se méfier de la queue du dragon.

En ce jour elle épousait son propre frère et Edric se répétait que telle était la coutume chez ses cousins Tagaryen. Le Grand Septon allait bien prononcer les paroles sacrées tantôt dans le Septuaire. La paix du Royaume valait bien une entorse à la morale, et si c'était le pied de Jorah Stark qui était foulé, eh bien tant mieux - il en ressentait une joie mesquine. Sur son pourpoint le cerf était brodé blanc plutôt que noir, coquetterie signifiante qu'il s'était permise, et ça n'était certainement pas un signe d'allégeance à la maison Stark, plutôt une réclamation de ce dû qu'il désespérait de recouvrir un jour, malgré les victoires.

Désespoir, fierté, inquiétude, mais aussi joie, une joie profonde qui ne le quittait pas depuis qu'il avait retrouvé sa soeur en ces murs. Elle était seule et il avait fait en sorte qu'elle le reste le moins possible, jusqu'à peut-être se rendre importun. Il aurait planté chez elle sa tente de guerre s'il avait pu, il aurait dormi sur son tapis, chuchotant des secrets d'enfants jusque tard dans la nuit, pour rattraper toutes ces années qui leur avaient été enlevées et que ne remplaçait pas leur amitié de papier - autant d'années perdues que pour Ashara. Mais aujourd'hui ils n'étaient plus des enfants, l'enfant était dans le ventre d'Oriane et il tentait de s'en réjouir, pour elle aussi.

Edric, donc, se releva, et suivit sa Maison jusqu'au dehors, jusqu'aux rues de la ville. Elles ne poissaient plus de sang, non plus que les livrées de tous ces hommes que la dernière fois il avait vu à la bataille, dans la boue plutôt que sur le pavé, derrière les bannières alliées mais parfois aussi, dans le camp ennemi. Il saluait, souriait, avare de ses traditionnels mots d'esprit - car ces retrouvailles étaient trop étranges et ces heures trop solennelles. Il aurait voulu donner l'accolade à son cousin Garett mais il ne savait jamais jusqu'où il pouvait aller avec ces Lannister, et il se contenta d'un sourire complice, clignant plusieurs fois des yeux comme s'il était ébloui par sa livrée, avant de saluer son épouse d'une plus classique inclinaison de tête.

Au milieu des Baratheon, il n'avait plus à crisper son sourire. Seul, mais bien entouré - il préférait laisser à Oriane et à Rohanna un peu d'air en ces moments privilégiés - il marcha vers le Septuaire, impatient d'en retrouver la fraîcheur, le calme que n'épargnerait sans doute pas la foule, et l'étoile sacrée qui saurait apaiser son coeur d'orage.
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Faust
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Ven 6 Oct 2017 - 15:50




Par la Couronne tout prend fin,
Par la Couronne tout commence

T
u dois être présent. Je cherchais à me convaincre, répétant encore et encore ces mêmes mots anxiogènes, jusqu’à ce qu’ils me soient sincères. Était-il seulement possible d’y parvenir, alors qu’une voix contraire me taraudait l’esprit de sa vérité? Cette tourmente qui me criait de rester fort dans mes convictions, de ne point supporter les morales contraires et de me soustraire aux festivités qui frôlaient l’insulte. S’opposer en silence à défaut de posséder une véritable influence sur les décisions prises derrières les hauts murs où je trouvais refuge – voilà de quoi tenter celui qui se sentait léser. La fuite. Elle m’avait tant de fois tendue la main, m’aguichant de sa facilité, alors que je m’entêtais à la rejeter avec aigreur. Force ou naïveté, la fine ligne faisant distinction menaçait de céder. Mon cœur se serra. Combien de fois étais-je passé dans ce couloir menant à ses appartements pour finalement passer mon chemin – alors que la conscience me rappelait combien je manquais de mots pour me justifier. Une torture trop familière, qui me forçait à renouer avec ces vices rouges et capiteux. Pourtant aujourd’hui, je n’eu pas la force de tremper mes lèvres dans ce précieux venin. Les angoisses conquises par la faiblesse s’étaient muées en nausée. La chaleur me montait au visage et pourtant en regardant mon reflet dans la glace qui m’opposait, je n’en distinguais qu’un teint blafard. À en croire que jamais je n’étais sorti des geôles de Winterfell. Mes prunelles d’un bleu sombre, souligné de rouge, flanchèrent devant le portrait qui m’était renvoyé. Et pourtant, jamais je n’eus projeté une image aussi digne – flanqué de vêtement sobres évoquant une personnalité guerrière, plus que raffiné. La tunique noire de jais, piqué d’un fil monochrome, aux renforts de cuir n’avait rien d’extravagante et pourtant il était aisé d’en deviner la richesse de la conception. Un détail qui m’importait si peu et il était fort à parier que dans cette marée de faste, je passerais inaperçu. Pendant un instant, cette projection me laissait croire que j’avais le courage de franchir le seuil de la porte, pour assister à ce qui m’apparaissait comme une mascarade difficilement supportable. Je ne serais qu’une ombre se glissant derrière une masse grouillante de curieux, souffrant du spectacle qui s’offrirait à moi. Je reculais de plus bel, soupirant dans un franc déchirement. Jamais je n’acclamerais cet enfant. Jamais il ne sera mon roi. Cette décision trop assumé me faisait nuisance, mais je ne m’en délestais pas. Encore aujourd’hui, je défendais cette position bien tranchée dans le silence de mes appartements, reportant ma décision de me présenter à une cérémonie qui me hantait dès qu’elle fut annoncée. Tu dois... Le crâne martelé par cette directive que je m’efforçais de m’imposer, je me laissais gagner par le feu d’émotions nocives. Colère, orgueil et envie. Mes raisonnements logiques menaçaient d’être dissipés par la violence de valeurs bafouées. Mais j’étais coupable. Dès le jour où mon regard eut croisé le sien je m’étais condamné au malheur. Le serment qui m’unissait au sang du dragon m’avait conduit dans les tréfonds du Nord, puis sur les routes vers le sud où les violences ne tarirent pas, pour joindre une guerre qui me béni de carmin. Aujourd’hui encore, je me confrontais aux sacrifices, car si tout m’opposait en ce jour, je ne pouvais renoncer à ce qui m’était le plus précieux, en dépit de mes souffrances.

Tu dois être présent...pour elle.



****

L’effervescence était insupportable. Les politesses courtoises multipliant les sourires de la foule, étaient mon unique distraction, dans l’attente pénible d’un couronnement injustifiable. Frôlant les murs opposés au trône de fer, ma faible influence se retrouvait révélé dans l’indication de cette place où s’entassait ceux qui ne représentait que peu de chose aux yeux de tout ces puissants. Les visages inconnus me faisant barrage, cachaient très peu la vanité de leur rang. Des noms qui se pavanaient dans un prestige qui ne parvenait pas à me laisser pantois – indifférent à leur richesse et leur discours gracieux. Je ne retrouvais pas l’intégrité et le franc-parler auquel le Nord m’avait accoutumé. Les repères que je m’étais façonné au fil du temps ne m’était d’aucune utilité dans cet océan de bienséance. Je me maudis alors d’avoir pris place si tôt, m’imposant l’annonce interminable des présents, franchissant l’antre de la salle du trône. Le calvaire durerait des heures et cette simple réflexion me fit déglutir nerveusement, glissant mes mains moites sur les pans de ma tunique. L’esprit rivé sur le devoir d’une présence qui me rendait malade, la poigne fine de la jeune Manderly m’étonna au point que je n’eu pas eu le réflexe de résister à cette emprise - qui me forçait à emboiter le pas jovial de la jeunesse. J’avais espéré être toujours aussi invisible que je le fut un instant plus tôt, mais je n’avais certainement pas échappé aux regards outrés, ni à l’expression murmurée des jugements à peine étouffés. Ne pouvant me dégager sans créer pire controverse, j’avais suivit la pupille des Targaryen, mais non sans m’opposer en mots « Alys, je ne crois pas que c’est une bonne idée. » Avais-je répondu d’une voix faible, d’un sérieux qui ne laissait présager qu’une humeur éprouvée. Ce n’était pas de choquer les convenances qui me préoccupaient le plus. Ce qui me troublait d’avantage était cette proximité. Faire face à cet outrage sans me prononcer n’était pas un défi qu’il me plaisait de relever. Il m’avait fallut tant d’efforts pour me présenter dans cet étouffant huis clos, abattu devant les célébrations tenues en ce jour. Je ne voulais certainement pas mettre en péril ce sang-froid si difficile à conquérir. Je me retrouvais néanmoins à l’avant, prenant une assise forcée, le regard rivé au sol. J’étais embarrassé. Je n’eus pas même la force de relever les yeux lorsque le sang-feu s’avançait jusqu’aux marches menant au trône. Cette présence familière ne fut malheureusement pas la seule à se manifester. Le tintement métallique des armures richement ornés de la garde royale s’arrêta à mes côtés – menaçant de sa force si je ne quittais pas l’odieuse proximité avec la famille royale. Ce n’était bien qu’une question de temps avant que les choses ne se gâtes un peu plus. Je répondis d’un hochement de tête entendu, laissant se perdre les menaces ébranlés, dans le creux de l’oreille de la dame de Blancport : « Je te revaudrais cette humiliation » Avant de me relever avec dignité, affrontant les jugements avec une retenue malmenée. Je fus escorté à l’écart de tous, retrouvant l’éloignement le plus certain, souffrant d’un orgueil déjà fragilisé. Je n’avais pas observé l’ascension de Jaehaerys. J’avais écouté distraitement les sacrements prononcés, sans poser mon regard sur ce qui se déroulait à l’extrémité de la salle, jouant d’une attention sélective - jusqu’à ce que les derniers mots furent prononcés par le Grand Septon. Mon regard se perdit sur une assemblée s’inclinant naïvement, certain allant jusqu’à poser le genou au sol, soumis à la volonté d’un enfant. Je fus heurté, comprenant bien vite que j’étais l’un des rares à ne pas flancher devant le nouveau souverain. Un dédain qui m’octroyait la confiance folle de confronter ce roi, d’un regard rétif. L’affront était distinctif, mais qui s’en préoccuperait. Personne ne regarderait derrière son épaule pour observer ce qui pouvait bien se passer à l’arrière. Seul le roi se heurterait à la témérité d’un homme représentant bien malgré lui un peuple méprisé. Non, je ne m’agenouillerais pas. Mon allégeance était d’une évidence tellement vulgaire. Personne n’ignorait vraiment la portée de mon engagement, au cœur du donjon rouge, mais cela devenait indéniable. Ce n’était pas auprès du symbole dominateur du dragon tricéphale que j’avais juré fidélité, mais auprès de celle qui allait être reine. Une philosophie qui serait vivement critiqué, à n’en pas douter. Cette franchise n’était pas commune, surtout dans une région où tous cherchaient à tirer son épingle du jeu, préférant les masques hypocrites à la cinglante vérité. Mentir aurait été si simple, mais je n’avais pu m’y résoudre. C’était hors de question. L’opposition forgée dans le mutisme, me gratifia d’une fierté que je croyais disparue, dès que j’eu franchis le seuil de cet enfer.

****

Bientôt la mouvance de la foule se reforma en un cortège dont je fermais presque la marche. Je me confinais dans l’éloignement qu’on s’était empressé de m’imposer en me rappelant combien il était honteux de se glisser parmi les autres. Il ne m’appartenait pas de frôler la noblesse, quand bien même je l’avais accompagné au cœur de la bataille, nourrissant ce même désir de voir le feu s’emparer du pouvoir. Il ne suffisait plus d’avoir la confiance de l’une et l’amitié de l’autre. Ainsi je suivais le défilé dans le silence, usant de retenue comme le serait tout homme endeuillé. Tous semblaient se réjouir des évènements, mais moi ils me ravageaient. Cela me faisait mal de me trouver témoin de cette union que je maudissais. De ma présence j’eu l’impression d’y consentir, allant à contre-courant de mes vaines espérances. Elle épouserait son frère. Mon pas tantôt assumé, vint chanceler sous cette réalité trop rude. Comment allais-je seulement supporter de me tenir là, debout, regardant un enfant s’emparer de sa main. Mon regard se porta derrière moi, envisageant pendant quelques secondes de retourner sur mes pas – succombant à cette tragédie qui me brisait. Ce n’est que de la politique. En étais-je convaincu? Non. Cette réflexion avait néanmoins su forcer de nouveau mes pas à s’engager vers ce lieu que je damnais. Je relevais la tête, cherchant à conserver cet amour-propre que tout semblait vouloir éclipser. La marche funèbre était un supplice, mais bientôt je regrettais qu’elle arrive à son terme. Je gravis les hautes marches conduisant au tombeau, pénétrant dans un lieu vaste qui ferait échos de l’infâme sentence.

Je m’étais promis de la mener jusqu’à son règne
et aujourd’hui j’en souffrirais.


WILDBIRD


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I survived because the fire inside me burned brighter than the fire around me - Fallout
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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Sam 7 Oct 2017 - 21:53

La salle du trône était comble, et la foule impatiente pour la cérémonie à venir. Martyn, quant à lui, l'était beaucoup moins. Incroyable le nombre de lèches-bottes que pouvait receler cet endroit... Et d'ennemis, aussi. Parfois les deux à la fois, d'ailleurs. Le Val semblait attirer beaucoup de regards curieux et acérés, les spectateurs devaient sans doute se demander s'il était présent pour faire un esclandre... * Non mes nobles seigneurs... je suis simplement venu pour garder un oeil sur les dames de ma famille... De quoi décevoir vos attentes sans doute. * Si la rumeur devenait publique, le nom d'Arryn allait en pâtir, et le Val de même. Voilà pourquoi il ne commenta pas la tenue ô combien ostentatoire d'Etaine. * Des plumes blanches... Ma chère, ton innocence s'est envolée depuis bien longtemps déjà... Tu as choisis de t'en défaire, tous tes regrets n'y feront rien aujourd'hui. Pas plus que demain, d'ailleurs. *

Il s'avança dans la grande salle, son épouse à son bras, aussi gracieuse que le jour de leurs noces. Roslinn était rayonnante dans sa robe, représentant comme il se devait la richesse du Val, alors que lui en présentait la sobriété et le sérieux. Il rendait leur regard à ceux qui osaient croiser ses yeux, puis glissait sur d'autres, jusqu'à arriver en place. La journée s'annonçait longue. Il serra brièvement la main de son épouse avant de la lâcher. Il comptait sur elle pour ne pas faire de scandale alors que cousine et soeur ne se plaçaient pas aussi près de lui qu'elles l'auraient pu. Ces sottes !

La suzeraine du Conflans fit un petit détour pour venir le saluer. Il s'inclina légèrement, « Lady Tully, l'honneur est pour moi. » Que lui dire de plus ? Que cachait ce salut ? Il n'avait pas oublié le nom de jeune fille de la dame et se demandait ce que les Baratheon cherchaient. Etait-ce une manœuvre afin d'en apprendre plus sur la position du Val ? Question stupide que celle-là ! Bien sûr que cela en était une. Quand elle se fut éloignée, il se demanda pourquoi elle était venue seule. Étrange... Mais sans doute pas plus que le fait d'épouser son frère avec la bénédiction du Grand Septon. Les lords et ladies prenaient place, chacun à son rang... ou presque. Ses yeux s'ouvrirent grand quand il nota la Manderly attirer un homme au banc de la famille royale... Qui donc était celui-là ? Et quelle brèche d'étiquette ! Il se fit la réflexion qu'il avait quitté la cour depuis trop longtemps, beaucoup de visages ne lui étaient pas familiers... la guerre avait décimé les rangs des familles et nombreux étaient aujourd'hui les héritiers à être entrés en fonction. Il faudrait sans doute qu'il répare ce manque de connaissance. Etaine, elle avait sans doute noué beaucoup de liens avec ces étrangers... Distillant son venin comme le serpent froid et calculateur qu'elle était devenue... ailes de colombe ou pas. Il reconnut quelques visages, dont certains semblaient avoir gardé leur tête sur leurs épaules... Valeryon, lord, maintenant. A se demander qui avait le plus pâtit de la guerre de Maegor. Le Val semblait à ses yeux celui qui avait le plus perdu. Tout comme le Nord perdait aujourd'hui.

Leandra et Oberyn furent annoncés et vinrent le saluer à leur tour. Il salua Oberyn et sa soeur avec une courbette plus profonde que celle présentée à Orianne, se contentant d'un sobre « lord Tyrell, Leandra. » Il était déçu que sa sœur ne paraisse pas plus heureuse que cela de leurs retrouvailles, même s'il ne le montrait pas. Il laissa Roslinn se charger de les accueillir. Sa soeur allait-elle elle aussi le rejeter ? Mais ce n'était pas le moment de discuter, car déjà d'autres étaient appelés et la cérémonie allait bientôt commencer.

Le couronnement se passa sans heurt, si on exceptait l'homme expulsé plus loin par les gardes et bientôt, le nouveau Roi était né. Martyn applaudit avec les autres, si avec moins d'entrain que certains anciens rebelles. Il ne ploya pas le genou comme le faisaient certains, c'était trop tôt pour cela et beaucoup trop d'honneur pour un roi qui commençait son règne par un affront à son peuple.

L'annonce de la nouvelle charge du Baratheon lui était venue comme une surprise, mais ne l'étonnait pas outre mesure. Traiter avec lui allait être difficile, c'était certain, même si nécessaire. Il semblait à Martyn qu'il y avait toujours plus de choses nécessaires et désagréables, et il y avait des années déjà qu'il avait perdu goût à sa charge, même s'il continuait malgré tout à l'assumer au mieux. Heureusement, son épouse était à ses côtés pour le seconder dans sa tâche.

Ils sortirent de la salle du trône pour se rendre au nouveau septuaire, pas encore complètement terminé, mais qui déjà allait accueillir en son sein le mariage d'un roi. La route était longue, et la chaleur bien présente. Le suzerain du Val regrettait les Eyrié et la brise des hauteurs. Il coula un regard en direction de sa dame. Il espérait que ses escarpins ne la feraient pas trop souffrir. Il se félicita à nouveau de sa tenue, qui lui permettait de bouger plus facilement que certaines de ces dames. Tout en marchant, il considéra la possibilité de rappeler Etaine à l'ordre dans l'immédiat. Ferait-elle plus de dégât s'il la laissait en roue libre ou bien en l'affrontant de face ? Il finit par décider de l'ignorer, pour discuter avec Oberyn de la situation du Bief, laissant Roslinn et Leandra faire la conversation si elles le désiraient.

Quand le Tyrell fut appelé par un autre lord, Martyn remonta le cortège jusqu'à l'avant. Il allait seul, ayant laissé Roslinn en arrière. Elle aurait peut-être pu rappeler à ses interlocuteurs la puissance du Bief associée au Val, mais il devait faire ce qu'il avait à faire pour le Val seul et non pour les autres régions. De même, sa soeur ne pourrait pas dire que la Rose l'avait influencé. Il serra les mâchoires à la pensée de la dissension ouverte qu'elle avait montré en ce jour. Elle rentrerait dans le rang, il se le promit. Il rejoignit le nouveau Lord Protecteur, et le salua d'un simple geste de la tête. « Mes félicitations, seigneur Baratheon. » Ses paroles étaient sincères. Les rebelles et les Cerfs en premier avaient souffert de la guerre, cette victoire était la leur, incontestablement. Dommage qu'ils n'aient pu conseiller le jeune roi dans de meilleurs choix concernant son mariage... Le Valois se sentait un peu seul au milieu des rebelles, mais il avait été dit que le moment de la paix était venu... mais pour combien de temps ? « Vous faites honneur à votre famille. » Il aurait pu ajouter que feu Theodan aurait été fier de lui, mais il ne voulait pas blesser le lord en lui rappelant le rôle du Val dans cette guerre. Il s'en souvenait sans doute assez ainsi. Il regarda Rob dans les yeux avant d'ajouter, « J'aimerais un entretien avec vous quand ces festivités » il frôla le mot frivolités, car à ses yeux ce n'étaient que cela quand on insultait son cousin pour s'asseoir sur un trône par ailleurs inconfortable, « auront pris fin. Je pense que vous serez intéressé par ce que j'ai à vous dire. »

Il avait délivré son message, c'était fait. Après avoir écouté la réponse de la Main du Roi, il salua tout aussi brièvement et alla retrouver Roslinn, afin de saluer avec elle ceux qui voudraient leur parler. Quel serait le prix de la paix ? Et qui le paierait ? Il chercha Etaine et Catelyn des yeux. Un aigle aurait eu un regard plus doux que le sien en cet instant. Le Val survivrait, quoi qu'en décident les autres. Il parvint à trouver un sourire pour sa Rose quand il la rejoignit, mais celui-ci fut fort bref. « Tout va bien, ma chère ? » Il resta assez taciturne sur le chemin restant, plaquant à nouveau sa façade polie sur son visage. Il soupira. La journée serait longue.
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Leandra Tyrell
BIEF
■ Localisation : Haut-Jardin.
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Dim 8 Oct 2017 - 13:37


❅ Leandra Tyrell ❅.
 


"Manipulating the pieces according to your strategy... That is what defines a Queen."



Ton regard quitte rapidement celui de Martin. La cérémonie allez bientôt commencer. Tu te places à côté de ton mari, ton regard ce concentre sur la cérémonie. Tu observe la cérémonie en silence, ce silence draconien qui remplie toute la salle, aucun bruit, aucun sons pendant plusieurs secondes. Seule la voix du Grand Septon résonne dans l’entièreté du Donjon Rouge. Un nouveau roi, sera t-il meilleur que Maegor, tu te pose cette question depuis la chute de l'ancien roi, tu applaudit doucement au début puis tu y met plus d'entrain. Tu jette un regard sur Oberyn, avant de quitter le Donjon Rouge pour rejoindre le nouveau septuaire. C'était agréable, le vent doux et frais venant caresser tes joues. Il faisait chaud a Port-Réal, beaucoup trop chaud, mais le vent était toujours agréable, soulevant tout ce qui se trouvait sur son chemin, adoucissant les peaux brûlantes et à vif. Leandra essaya de prendre une inspiration profonde ; inspiration qui fut bloquée par son corset trop serré, l'empêchant d'apprécier la douceur de la capitale. Cela fessait plus d'un an qu'elle n'y a pas mis les pieds.

Ses pupilles se posèrent sur Roslinn, la suzeraine du Bief se retrouve rapidement aux côtés de sa belle-soeur. La route vas être longue sous cette chaleur, pour rejoindre le nouveau septuaire, elle hume l'odeur délicate et agréable, une odeur de fleur,odeur qui lui rappelait des souvenirs d'enfance où elle s'amusait à se cacher derrière des tas de fleurs aux Eyrié, forçant Etaine et Martyn à essayer de la trouver. Un rictus s'étira sur ses lèvres à cette pensée bien lointaine, rictus qui s'effaça tout aussi rapidement. C'est lorsqu'elle se rappelait de tels moments, de tels bribes de souvenirs qu'ils lui manquaient que leur relation lui manquait, mais tout aussi rapidement elle se rappelait tout ce qui l'avait poussé à les détester tous les deux, et ces pensées s'évaporèrent aussi rapidement qu'elles n'étaient apparues. Martyn c'était éloigner d'elle depuis maintenant plusieurs années, elle ce rappelle de tous ses moments au côté de sa douce soeur et de son si beau frère. Ils avaient tous les trois grandis, tous les trois changer, tous les trois mûrie et ils ce sont tous les trois éloigner.

La situation dans le Bief inquiète la jeune femme, la guerre que ce mène Martyn et Etaine la dérange. Martyn et Etaine ce déchire et le Val entier subit cette guerre fraternelle. Tu ne peux prendre partie, tu les aimes tous les deux et pourtant tu as envie de prendre la défense d'Etaine. Les choix de Martyn sont plus que discutable, est-il née pour régner ? Ce furent des pas non lointains qui la sortirent de ses pensées. Tes pupilles ce dépose sur Roslinn, tu es doublement liée à cette vipère biefoise, tu la voyais comme une ennemie lors de ton mariage avec Oberyn, puis elle ses adoucies, mais elle influence Martyn, en mal. Tu as l'impression qu'elle souhaite détruire ta famille, tu la juge coupable de la guerre entre Martyn et Etaine et pourtant il n'en est rien. Dîtes moi chère belle-soeur, que pensez-vous des Eyrié, nouveau rictus qui, cette fois-ci, vint s'éterniser sur ses lippes roses, elle continue son avancées aux côté de sa doublement belle-soeur.

Martyn t'a rapidement délaisser, pour te laisser aux côtés de sa femme.
Il a changer, mais en mal. Tu sert les poings, gardent un sourire sur ton visage pâle tandis que le soleil claque sur ta peau. Toute cette situation te dérange mais tu ne le fis pas remarquer. Cette cérémonie te dérange d'autant plus depuis que le Nord ses désolidariser du Dragon, de la couronne. Tu replaces ta robe, tu commence à avoir mal aux pieds et ce n'était pas le début d'une longue traverser de la capitale. Ton regard se pose sur quelques gens du peuple que tu peux remarquer. La guerre a ravagé la capitale, la guerre a détruit des familles qui n'avaient déjà rien. Ils sourirent tous pourtant à l'idée d'avoir un nouveau roi, une nouvelle reine. Tu tentes de comprendre leurs sourires mais tu n'y arrive pas. Roslinn est toujours a tes côtés a ton plus grand désarroi, tu as rapidement perdue Oberyn de vue, tu est donc obliger de rester aux côtés de cette vipère.

(c) made by panic!attack modified by deus eques


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⋆ I'm a princess cut from marble
smoother than a storm. and the scars that mark my body, they’re silver and gold. my blood is a flood of rubies, precious stones, it keeps my veins hot, the fire's found a home in me.
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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Dim 8 Oct 2017 - 23:39

Par la Couronne tout prend fin,
par la Couronne tout commence.






































    Il avait ployé le genou.


Il s’était pourtant juré le contraire, de ne plus courber l’échine face aux Targaryen. Quand bien même il s’était fait un devoir de rappeler à tous que les Lannister de Castral Roc ne s’effaçaient pas devant n’importe qui. Il était de son devoir de laver la douloureuse brûlure dans la grande histoire de sa maison. La blessure suintant le déshonneur, la reddition de Loren l’Ultime, dernier Roi du Roc, avait pourtant permis à la maison au Lion de subsister jusqu’au jour présent. Désormais solidement établie, avec des alliances à Accalmie, Lancehélion, et Vivesaigues, ainsi que de très bonnes relations avec Port-Réal et Hautjardin. Le Faiseur de Roi n’aurait pas dû être un suiveur, mais bien un inspirateur.

Et pourtant, comme tant d’autres au même instant, Garett s’était agenouillé, démontrant ainsi son respect et sa déférence à l’endroit du jeune homme tout juste sorti de l’enfance qui allait poser son royal séant sur le Trône de Fer forgé par son illustre Conquérant de grand-père.

Comment aurait-il pu en être autrement ? Lorsque les portes s’étaient ouvertes, la salle avait retenu son souffle alors que dans un déferlement de majesté, le roi et sa future épouse progressaient lentement, remontant cette grande allée bordée de chaque côté par les plus illustres des Sept Couronnes. Le silence s’était fait d’or alors que tous suivaient avec avidité le moindre pas de Jaehaerys, la personne la plus puissante du monde qu’ils connaissaient. Souverain de Westeros, né de l’ancien sang de la Valyria, petit-fils en droite ligne d’Aegon Chevalier-Dragon, maître incontesté de Vermithor la Furie d’Airain, légitime et honoré possesseur des désormais légendaires Feunoyr et Noire Sœur. Les titres et les distinctions pleuvaient sur le jeune homme aux cheveux si clairs et au regard si profond. Richement paré des couleurs de sa royale maison, il avançait avec lenteur, faisant sentir à chacun le poids de l’instant : celui de l’Histoire qui s’écrivait sous leurs yeux.

A ses côtés, sa sœur éclipsait de manière incontestable tout le reste de l’assemblée. Sa parure blanche piquée de noir rappelait que malgré la douceur virginale de ses traits, il ne fallait pas sous-estimer celle qui avait affronté Balerion dans un mortel ballet aérien au-dessus de cette même capitale. La complexité de sa coiffure lui donnait un air impérial alors que ses cheveux d’or et d’argent semblaient tels une élégante couronne sise au sommet de son crâne. Les Tagaryen, les descents de Valyria en général, étaient réputés pour avoir les traits fins, mais Rhaenys ressemblait à une apparition divine arpentant le monde des mortels. La finesse de ses traits, son regard impérieux empreint de cette légère indifférence tout aussi royale ne pouvait que forcer le respect.

Au terme d’une cérémonie aussi grandiose que solennelle, le Grand Septon avait déposé la couronne sur la tête de Jaehaerys, parachevant tout ce pour quoi tant et tant avaient œuvrés au cours des cinq dernières années. Aujourd’hui, on ne couronnait pas simplement le nouveau roi Targaryen. Le regard du Lion se posa un court instant dans le dos de son cousin au premier rang. Robart le savait. Ils n’avaient pas besoin de le dire, pas même d’échanger un coup d’œil. On couronnait la suprématie politique des Baratheon et des Lannister sur tous les autres. Voilà quel était le jeu des trônes auquel ils s’adonnaient tous. Aujourd’hui, on rappelait à tous que le véritable souverain était certes un Targaryen du sang royal le plus pur, mais tous savaient avec quelles maisons il faudrait compter en cas de désaccord avec la Couronne. Puis, la cérémonie se termina et tout le monde se prépara à aller au septuaire pour célébrer le mariage. Par la grâce des Dieux et du Souverain, Rhaenys Targaryen deviendrait reine consort.

Dans un déferlement de majesté, la toute-puissante noblesse westerosie descendit de la colline d’Aegon dans un long défilé ininterrompu de soieries, de pierres rares et d’étoffes coûteuses. Suivant de près les Baratheon, les époux Lannister marchaient cote-à-cote avec lenteur. La procession ne se pressait pas, laissant le roi saluer son peuple de Port-Réal, aux cotes saillantes pour certains, mais aux sourires sincères. Alors qu’ils cheminaient ensemble, Garett ôta avec douceur son bras sur lequel reposait la main d’Alerie. Il la regarda dans les yeux, avec un sourire espiègle, comme s’il était revenu trois ans en arrière.

« Je reviens. »

Ce faisant, il la laissa suivre le cortège tandis qu’il se laissait distancer. Il croisa le couple Tyrell qu’il salua avec chaleur. S’il ne connaissait pas vraiment Leandra, il l’appréciait toutefois, le Sire du Roc était bien plus proche de son époux, le seigneur de Hautjardin, le puissant Oberyn Tyrell. Depuis l’assassinat de Lorelei Tyrell, première épouse de Garett, par les Fer-Nés lors du sac de Port-Lannis, un lien particulièrement puissant unissait les deux suzerains qui avaient tous deux perdu un être cher en la personne de Lorelei. Toutefois, ce n’était pas des suzerains que voulait trouver Garett. Il salua d’un respectueux signe de tête le couple Arryn qui se trouvait non loin des Tyrell. Après tout, Leandra Tyrell était née sous la bannière au Faucon et se trouvait être la sœur du suzerain du Val. Le jeune Lion avait été troublé par la ressemblance de la suzeraine du Val, Roslinn Tyrell, avec sa sœur disparue. Il ne l’avait jamais rencontrée, mais il était difficile de ne pas voir dans les traits de la Fleur du Val les mêmes traits nobles et empreints d’une élégante bonté qui avaient tant caractérisé Lorelei. Il avait préféré ne pas trop s’approcher, de peur de laisser paraître un trouble trop grand alors qu’il avait lutté des lunes durant pour faire son deuil et accepter la disparition de l’amour de sa vie.

Garett croisa finalement Orianne Baratheon, l’épouse de son ancien allié Torrhen Tully. Dans les faits, ils étaient bien entendus toujours alliés, mais le mariage ne le concernait pas directement. Orianne était surtout la sœur de Robb, la fille de Theodan, et l’union avec le seigneur de Vivesaigues concernait surtout Accalmie. Ils ne s’étaient presque jamais croisés avant aujourd’hui, pour ainsi dire. Toutefois, elle restait sa cousine, membre de la famille proche de Garett. Une famille dont il tirait son orgueil et sa force. Il alla donc la saluer avec chaleur.

« Chère cousine, cela me fait plaisir de vous revoir. Et en qualité de Dame du Conflans. Je suis heureux de voir que vous semblez pleinement satisfaite. Vous êtes d’une grande beauté aujourd’hui. Mes hommages à monseigneur votre époux. Il faudra absolument que vous veniez passer quelques jours au Roc, afin que nous puissions prendre un peu de temps tous ensemble pour échanger ! »

L’invitation était cordiale et sincère, depuis trop longtemps, le Roc n’était plus qu’une forteresse bruissant au rythme des campagnes militaires. Il était temps qu’il retrouvât sa fonction de palais pour la famille des Lannister. Il s’éclipsa discrètement et fendit la foule qui suivait les suzerains. Après quelques instants à fureter, à scruter les visages, il trouva celui qu’il cherchait.

« Loric ! Enfin je te trouve ! »

D’une autorité paternaliste, Garett déposa ses deux mains sur les épaules de son beau-frère, récemment adoubé seigneur de Château-Rosières, après la mort misérable de son père. Si le jeune homme était entré au Roc en tant qu’otage après le sac du fief des Piper, il en était ressorti en tant que seigneur ayant bénéficié de la meilleure éducation ouestrienne. Il avait été adoubé par un chevalier ouestrien. Il avait suivi les enseignements d’un mestre oustrien, travaillant pour le suzerain des Terres de l’Ouest. Difficile de ne pas voir en Loric Piper un fidèle produit de ce qui faisait de mieux au Roc. Difficile, aussi, d’oublier que le jeune seigneur avait vu son château familial être dévasté par les troupes de l’Ouest et qu’il avait grandi dans le plus strict héritage de sa maison, selon les traditions du Conflans. Garett en était toutefois venu à apprécier son otage, lui laissant une liberté croissante et le confiant à ceux qui s’occupaient d’ordinaire des enfants des Lannister et de leurs pupilles. De fait, l’attitude de Garett n’était pas non plus complètement innocente. Il tenait à montrer à tous que le seigneur de Château-Rosières avait son estime et qu’il était considéré comme un membre de la famille à part entière. Il prit le jeune homme par l’avant-bras et le ramena vers l’avant du cortège. Ici, le protocole était bien moins rigide que durant le sacre. Ils arrivèrent aux côtés d’Alerie où Garett s’arrêta, suivi de près par Loric Piper.

« Je crois que c’est l’occasion pour vous de profiter de ce moment rare. Je vous trouverai plus tard, profitez bien. »

Sans attendre, il laissa la fratrie Piper profiter de ses retrouvailles. Sans doute cette réunion remuerait de douloureux souvenirs enfouis mais le Lion n’y pensait guère. La famille était sacrée pour les Lions, qu’importait sa provenance. Garett venait de démontrer à tous – même à son épouse – que Loric Piper n’était pas un pion sur un échiquier. Le Sire de Château-Rosières n’était pas un fantoche de l’Ouest mais bel et bien un membre de la famille, frère de la puissante et influente suzeraine Alerie Lannister.

Regardant brièvement autour de lui, Garett remarqua plusieurs têtes connues. Rohanna Baratheon, avançant devant, était désormais seule. Robart se trouvait aux côtés du Roi avec lequel il conversait. Ou plutôt, écoutait ce que le jeune Dragon avait à lui dire. Plus loin, il remarqua Myriah Ferboys, l’envoyée de Dorne qui se déplaçait avec la grâce d’une lente tornade d’étoffes légères. Un peu en retrait, il ne lui était pas difficile d’identifier les dames du Val. Etaine et Catelyn Arryn. La Colombe et le Chaton. Garett ne connaissait que peu Etaine, l’ayant seulement rencontrée lors du règlement provisoire de cette tragédie dornienne qui empoisonnait la vie des Arryn. Catelyn, elle, était accompagnée de son mari, le seigneur Rougefort que Garett ne connaissait pas. De toutes, il avait la meilleure relation avec la jeune femme qui était désormais Dame de Rougefort. Il caressa un instant l’idée de venir discuter avec elle, mais la présence du mari et les dizaines de personnes aux alentours l’en dissuadèrent. Il était de bon ton d’éviter que tous ne sachent que le Lion et le Chaton avaient commencé à tisser des liens. Il préféra également éviter de trop s’afficher auprès de l’envoyée de Dorne. Il était fidèle et reconnaissant à Nymeria pour son aide, mais il ne souhaitait guère en faire trop. Il ne s’agissait pas d’afficher sans vergogne sa proximité avec Dorne, cela finirait par se retourner contre lui. Un sourire en coin, il salua donc Catelyn Arryn puis Myriah de Dorne avant de s’avancer aux côtés de la jeune épouse de son cousin, dont le ventre arrondi faisait luire la noblesse du tissu qu’elle portait.

« Dame Rohanna. Je vois que votre mari mon cousin est occupé avec Sa Grâce. Puis-je vous tenir compagnie ? »



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Catelyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Rougefort, Val d'Arryn.
MessageSujet: Re: [CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence   Lun 9 Oct 2017 - 0:19

par la couronne tout prend fin,
par la couronne tout commence






Avant lui, Catelyn Arryn avait eu le coeur comme un diamant. Dur. Fort. Un coeur blond. Du coin des yeux, elle le regarde. Elle observe son profil de faucon blessé. Un froid immense régit désormais son coeur. Ce coeur qu’elle avait déposé sur un plateau d’argent, ils le lui avaient déchiqueté. Ils en avait tous pris une part, la plus belle, parce que quelque part ils en avaient besoin ! Oui !, mais elle il lui avait rendu une carcasse. Heureusement, elle n’avait jamais cru le Mestre quand il lui avait dit que le coeur et l'âme étaient intrinsèquement liés. C’était faux. Ils avaient altérer à son coeur, mais son âme était Haute. Protégée par des sortilèges anciens. Jamais plus personne ne pourrait venir la lui lacérer de milliers de coups d’aiguilles. Il n’y aurait pas de vieux jours pour elle. Mais, elle n’est pas la seule à le regarder. Tous zieutent les membres de son éloquente famille ! Elle le sent, elle le sait. Tous trois sont autant d’aura que d’aimants. Roslinn dénote de leur groupe austère, reluisant d'une noblesse empesée. Son corps de porcelaine est alourdit par ses pierreries de bourgeoise. Elle n’a pas pu s’en empêcher. Il fallait toujours qu’elle veuille tout sauver. Blessure amère, Catelyn la connaissait désormais comme la confidente qu’elle avait été pendant sept longues années. Martyn. Etaine. Catelyn : il n’y aurait aucune fin heureuse pour eux. Ils étaient voués à périr pour le Val et sa survie et avec eux, les diables, ils emportaient la frêle Rose sans Epines… Malgré tout, elle est là. Elle sauve les apparences, elle recouvre les brumes Valoises de quelques fleurs printanières...



Les derniers arrivent. Et dans le silence, le soupir des particules se fait entendre. Les courtisans se sont tournés d’un même corps, hypnotisés par leur apparition. Catelyn ne regarde qu’elle. Plus tard, elle aura le temps à loisir d’observer le nouveau Roi, quand les discours seront trop longs et les jambes désagréables d’un ennui qui souhaite la gigue ! Loin lui semblaient ces dernières années. A l’image de la future reine se superpose celle d’une princesse vendue et perdue dans un Nord lointain. Une cérémonie aux Anciens Dieux et une inconnue devenue parente. Dès qu’elle l’avait aperçue, le Chaton du Val avait su que leur histoire serait gravée dans les étoiles. Douloureuses avaient été les années loin de celle qui ne serait jamais sa seule amie. Sa véritable amie. Celle pour qui les masques n’avaient jamais eu lieu d’être. Les corbeaux effrénés qu’il fallait brûler dès lecture faite. De leurs années passées, il ne restait rien. Une amitié inconnue, pire insoupçonnée. Des cendres qu’elles avaient déversées, elles ne renaitraient pas. Rhaenys et Catelyn n’étaient pas des phénix. Il n’y aurait d’autre rédemption. Une complainte inaudible s’élève dans les airs. Elle tourbillon dans un sens circulaire. Elle gonfle comme le larmoiement qu’elle n’a pas le droit d’être. « J’ai bien peur que ce jour ne me rappelle mes propres heures de gloire… » Comment lui expliquer qu’il n’y a là aucune heure de gloire? Comment lui expliquer les souffrances de la glace et du feu qui se jouent ici? Comment lui dire que tout aurait dû être ainsi depuis des années… Alors, à la place, elle lui prend délicatement sa main droite de ses deux mains. C’est un geste perdu dans les soies de leurs robes, un geste dont personne n’a cure parce que tous sont hypnotisés par la vision cadencée. La Colombe déchue ne savait comprendre qu’elle était couronnée de gloire. Les années et les vies que les Targaryen lui avaient arrachées, ne seraient jamais amendées. La tête d’une Ergeton, trophée de justice sanglant, n’était pas assez. Pourtant, Etaine aurait ses jours futurs. Elle aurait ce qu’elle souhaitait… pour un temps. Ce monde n’était régit que par les variances du Temps après tout.



Sans quitter la main d’Etaine, poids médian dans ce tourbillon de la vie, elle observe dans un silence critique la cérémonie qui se joue sous ses yeux. Elle avait rêvé de ce moment. Elle se serait battue pour ce moment, et il était là. Elle était une paria, mais Rhaenys savait. Quelque part… s’en fichait t’elle réellement? Probablement pas. Dans quelques instants, il serait Roi des Sept Couronne. Un de plus. Légitime, à condition que légitimité pour ce trône existe. Question épineuse qui déchirait le coeur de la fée des montagnes ; ses idéaux étaient plus forts que jamais. Dans ses désirs, elle marchait pieds nus sur les ruines de sa civilisation. Des copeaux par centaine de milliers visqueux parfois coupants… au milieu de ces débris incompréhensibles, les mains de ses ancêtres lui attrapent ses blanches chevilles. Ils tentent d’arracher ses dernières croyances en les Targaryen. Ils pleurent. Ils hurlent. Ils maudissent. Non, ce sont seulement les articulations de leurs mains qui parlent. Ses ancêtres sont mués dans leur honneur. Pétrifiés. La brume des larmes d’Alyssa enveloppe ses sens. Les larmes, il leur était interdit d’en verser et quand bien même… Dans ces rêves de composition macabre, ils avaient le droit. Les âmes des Arryn étaient torturées. « Que tous saluent Sa Majesté Jaehaerys de la Maison Targaryen, Premier du Nom, Roi des Andals, des Rhoynars et des Premiers Hommes, Seigneur des Sept Couronnes, et Protecteur du Royaume. »



Soit aussi Haute qu’Honneur ma fille ! Tu fais honte à ta condition ! Ne t’ai-je donc rien appris !

Rester droite ou s’incliner. Un geste qui marquerait le sort de milliers de Valois. Sa paume moite se décolle de celle d’Etaine ; leurs décisions n’étaient pas immuables. A sa droite, Jace se crispe il attend la décision de son Suzerain, ou de son épouse. Nul doute que lui aussi doit être tiraillé entre ses nombreuses allégeances. Devant elle comme une vague rapide les nobles s’abaissent, certains posent le genou au sol et leur front se baisse en signe de soumission éclatante. Condition inacceptable à son privilège de naissance et c’est dans une suspension de sa respiration que, toujours aussi droite, elle incline imperceptiblement ses genoux. Jaehaenys était son Roi puisque les Sept en avaient décidé ainsi, mais il n’était pas son Maitre. Elle ne serait jamais de ces fats et ces énergumènes qui s’offraient dans un constat affligeant. Catelyn Arryn n’était plus une gamine, elle trainait dans son corps toutes les chaines de sa région.




***




Cris de joie. Ovation de la foule apprêtée. L’effort qu’ils ont fait pour apparaître sous leur meilleur jour est louable, mais leurs mines sont cadavériques. Le nouveau Roi marchait sur des cadavres dont les os craquaient avec éloges. Faméliques, les visages de ces inconnus lui sont difficiles à soutenir. Elle voit en eux les visages de ses paysans et ses serfs. Combien de pertes quand ils rentreront? Il fallait que les nouveaux procédés d’agriculture qu’elle avait financé fonctionnent. Autrement, ils périraient. « Catelyn, nous ne pouvons rien pour eux. » Et c’était vrai. Le plus simple était d’ignorer leurs regards désabusés. Le mieux était encore de critiquer ce cortège qui n’avait plus aucune entité protocolaire. Les petits nobles, certains si gras qu’il était inconcevable qu’ils soient montrés aux yeux des crève-faim, tentaient de se frayer un passage vers les places d’élite. On ne voulait rien manquer des premières paroles et premiers faits et gestes du jeune Roi. On ne voulait pas manquer d’observer de plus près la parure extravagante de la Suzeraine de l’Orage ou saluer le ventre bien arrondi de l’épouse de la Main. Courbettes aux parvenues et aux autres lignages purs et sacro-saints, la vision des derrières du poulailler ! « Etaine, si tu le souhaites, rejoins Leandra, moi je ne veux pas avoir à souffrir Oberyn. » Elle ne voulait parler à personne et elle n'avait personne à qui parler. Jace, lui, se pavanait auprès de jeunes jouvenceaux et jouvencelles, toujours la belle parole aux lèvres. Il savait rire et vivre pour lui, lui ! Il avait ce don de créer autour de lui l’hilarité et la joie. Il avait cette faculté de prétendre au badinage des preux chevaliers. Son épouse était bien différente et on ne pouvait s’empêcher de l'observer par en-dessous.



Une heure de marche et de lente déambulation. Les mains de ces pauvres qui se tendent pour toucher les étoffes ou simplement un monde dont ils n’osent rêver. C’est long une heure. La majorité du convoi était en nage et les coiffures des moins bonnes caméristes, défaites. Certain maquillage à la poudre de riz et autre substance embellissante avaient coulé. Les traines n'étaient plus aussi belles, la majorité était piétinées jusqu’à l’usure. Les plus pauvres des nobles n'auraient rien à récupérer de leurs dépenses au-dessus de leurs moyens annuels. C’était une vision satyrique ! Tout ce que Catelyn détestait de la Cour Royale, du moins ce qu'elle avait appris à détester. Bref, la situation était tout aussi plaisante au cynique que le lieu où se déroulait la cérémonie du mariage. Un lieu érigé sur les fonds de Maegor le Cruel… Ah oui, tout était vraiment une question de Temps dans ce monde !

Elle n'est pas la seule à croiser le regard du Lion du Roc, son époux le prend au vol. Piqué au vif de ces secrets qui lui sont tus ! Quelles manigances faudrait-il encore accepter pour la pierre lunaire?! Alors, sur des ordres silencieux il met fermement Catelyn à sa gauche, lui-même se plaçant aux côtés de son Suzerain. Aux côtés de Martyn, c’est comme si les choses n’avaient jamais changé. Le trio infernal, les terreurs de la Porte Sanglante ! Les trois joyaux du dernier Prince. Ils sont alignés sur la même ligne. Elle savait son époux profondément attaché à son frère, son meilleur ami ; ils n'avaient pas encore eu le temps de se retrouver. Et c'est elle, qui l’avait arraché à son allié. Elle lui avait imposé ce choix, au moment même où elle avait descendu les marches de Barral pour rejoindre les Valois. Pour rejoindre Etaine et ses bâtards. Pour soutenir Bryen et supporter la mort de son propre sang. Et pourtant, toutes ces erreurs, ces chutes, ces décisions avaient fait quelque chose d’unique. De sublime. Sa vie était sublime. La main de Jace broie la sienne, elle lui intime de se taire ; « Martyn, mon frère, mon épée est tienne qu’importe ta décision. » Ses mots étaient chuchotés, à peine évoqués et la fureur du Chaton fut brisée. Ses os craquent et son autre main s'empare de celle d'Etaine. Dans les prochains instants, personne ne serait oublié.

lumos maxima

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AS HIGH AS HONOR
You were annoyed by the Seven, blessed by the moon but you don't yet possesses what really matters : the power. Without it you  will perish and all of Vale along with you. And now you dream of paradise but you must build it for yourself and let all the world know Catelyn Arryn has arrived.
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[CHAPITRE 6, PREMIERE PARTIE] Par la Couronne tout prend fin, Par la Couronne tout commence

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