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 A L'Aube D'Une Nouvelle Ere

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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Port-Réal, en Terres de la Couronne, pour le couronnement et le mariage du Roi Jaehaerys Targaryen
MessageSujet: A L'Aube D'Une Nouvelle Ere    Lun 25 Sep 2017 - 15:26




A l'Aube d'une Nouvelle Ère
La nuit était tombée sur la Capitale. Pourtant, depuis les fenêtres ouvertes du Palais, espérant laisser filtrer une brise marine rafraichissante, la ville semblait vouloir prolonger le jour. Chaque maisonnée, aussi modeste fut-elle, laissait briller une bougie, gorgeant Port-Réal d'une symphonie d'un millier de lumière, parcourant les ruelles jusqu'aux grands monuments. On entendait des notes de musique, des rires et des chants, qu'ils fussent d'enfants ou de leurs parents. Plus encore que depuis ce début de Lune, la veille du Sacre de Jaehaerys Targaryen comme Roi de plein droit des Sept Couronnes semblait avoir porté la liesse populaire à son paroxysme. Et il y avait fort à parier que les nobles convives nichés dans les entrailles du Donjon ne trouveraient guère de calme propice au sommeil. Le peuple était en joie, et comptait bien le faire savoir...

Occupée à relire un corbeau qu'elle venait d'achever d'écrire, Alerie laissait le murmure de la fête nocturne monter le long des hauts murs de sa chambre, et égayer quelque peu le luxueux appartement qu'elle partageait avec son époux depuis leur arrivée au Donjon Rouge. La porte qui séparait sa chambre privée de celle de Garett demeurait cependant close. Elle n'attendait pas sa visite, et gageait qu'à cette heure, il était loin de se préparer pour la nuit. Sans doute s'entretenait-il avec son grand-père, Ser Godric Lannister, devenu Maître des Lois, ou peut-être était-il, tout comme elle, attablé à un secrétaire improvisé, exerçant ses devoirs de suzerain à distance. Par ailleurs, depuis la mort de son père, il n'avait pas visité sa couche. Elle était sortie de son grand deuil le jour de leur arrivée, le jour où elle lui avait appris sa grossesse. Dès lors, tout à la joie surprenant de sa future paternité, le besoin d'intimité n'en était plus devenu un.

D'un geste instinctif, elle passa alors une main à son ventre. Ses rondeurs ne seraient pas visible avant les deux prochaines Lunes au moins, et pourtant, elle avait l'impression que du fond de ses entrailles, la vie lui répondait. « Êtes-vous souffrante, ma Dame ? » La voix fluette de Matthie, sa servante, lui arracha un sourire amusé. « Au contraire, je me porte on ne peut plus mieux ! Tu peux disposer pour ce soir ! » ajouta-t-elle à son attention, piochant dans un petit coffre une pièce d'argent qu'elle mit dans sa main. La petite - elle n'avait pas plus de treize ans ! - la gratifia d'une profonde révérence, baisant les doigts qui venaient de lui donner ce trésor. « Juste une dernière chose : si Lady Wendy est encore levée, pourrais-tu lui demander si elle accepterais de venir me voir ? » Matthie hocha vigoureusement la tête, tourna des talons et prit la porte qui menait à l'entrée principale des appartements Lannister.

Apposant son sceau à sa lettre qu'elle remit dans un étui de cuir, la jeune femme quitta sa pose assise pour ouvrir plus en grand encore la fenêtre de sa chambre. L'écho de la fête doublé d'un agréable vent du large jouait contre son ouïe et sa chevelure lâchée, qui retombait en longue cascade sur sa robe de chambre. Wendy. Combien de fois s'étaient-elle endormie au son d'une guitare et de la voix cristalline de leur mère ? Combien de fois s'étaient-elle blotties l'une contre l'autre pour échapper aux cauchemars qui les hantaient depuis plus d'un an ? Combien de fois s'étaient-elles déchirées depuis ? Leurs relations n'avaient jamais été faciles, mais malgré leur différence, le drame qu'elle avaient vécu les avaient rapprochées. Et puis il y avait eu la trêve, celle qu'elle-même lui avait conseillée. Pour l'avenir. Pour Loric. Mais alors que les efforts avaient donné leur fruit, que leur benjamin avait été reconduit dans ses droits, les deux sœurs ne s'étaient toujours pas retrouvées.

Elle ne l'avouerait jamais, mais elle souffrait. Elle souffrait de leur éloignement. Elle souffrait de leurs querelles à répétition. Elle souffrait de s'aliéner à nouveau sa chaire et son sang, alors que loin là bas, sur les terres familiales, la mort avait de nouveau frappé. Le deuil qu'elles avaient partagé n'avait pas suffit à renouer leurs chemins. Et maintenant que cet enfant l'attacherait un peu plus encore aux Lannister, étaient-ils définitivement rejetées de part et d'autre d'un fleuve trop large, trop tumultueux pour rappeler leurs jeux d'antan, aux bords des Eaux qui les avaient faites Furie et Pieuse ?


©️ Belzébuth

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    I Will Fight Them Within My Marriage
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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Wendy Piper
OUEST
■ Localisation : A Port Réal, auprès de sa soeur
MessageSujet: Re: A L'Aube D'Une Nouvelle Ere    Jeu 28 Sep 2017 - 23:08


Alerie et Wendy

A l'aube d'une nouvelle ère.




L'air était lourd, chaud et les parfums mélangés remontant des jardins ne rendaient l'atmosphère que plus capiteuse, étourdissant les sens et brouillant l'esprit. Le manteau noire de la nuit, voilant l'astre aux rayons ardents, n'avait pas suffi à rafraîchir l'air, dont la brise marine peinait à percer la chape de chaleur qui ne semblait pas vouloir quitter les terres de la couronne ; les bougies, elles, paraissaient comme autant de feux de cheminée embrasant la ville et participant à son réchauffement étouffant. L'été s'installait, audacieux, imposant, s'arrogeant le droit de peser telle une épée de Damoclès au-dessus de tout un chacun. Port-Réal pourtant ne semblait pas vouloir dormir ni se laisser aller à cette langueur pourtant naturelle. Non, elle se manifestait, se proclamant vivante, pour que les Sept couronnes l'entende. Un concert de cris joyeux, de musique et de vacarme assourdissant enveloppait la cité royale, la plongeant dans une liesse démesurée dont la grandeur était proportionnelle au drame qu'avait connu la capitale à peine un an auparavant. Les Port-Réalais semblaient vouloir prendre leur revanche sur la guerre et accueillaient le renouveau avec un délice exacerbé. Comment leur en vouloir, eux qui avaient vu leurs maisons détruites, leurs échoppes brûler, leurs proches trépasser ? Malgré ce climat pesant, alourdissant chacun de ses membres et faisant perler sur sa peau d'albâtre quelques gouttes de sueur, Wendy Piper était encore levée, arpentant sa chambre tel un lion en cage, se sentant fébrile. Elle avait préparé sa tenue d'apparat depuis des jours, détaillant chaque parcelle de tissu avec soin, guettant le moindre défaut, choisissant les souliers adaptés et sélectionnant un parfait diadème d'or fin orné d'une myriade de perles. Le lendemain était le grand jour, celui du sacre du nouveau roi, et de son mariage avec sa sœur, Rhaenys Targaryen. Il y avait beaucoup d'enjeu et la conflanaise tenait à se montrer à la hauteur pour ne laisser passer aucune opportunité.

Soudain lasse, elle s'assit à sa coiffeuse, jetant un regard distrait à son reflet aux traits fatigués et farfouillant sans y prêter attention dans son coffre à bijoux. Wendy se sentait seule. Elle vivait au sein même de la ruche la plus puissante et bouillonnante du royaume, et pourtant, la solitude s'abattait sur elle à chaque seconde, alors qu'elle avançait seule parmi cette foule d'inconnus. Alerie s'était éloignée depuis trop longtemps au profit de sa nouvelle dame de compagnie, et malgré le rôle qu'avait tenu Wendy dans son rapprochement avec son époux démoniaque, l'aînée des Piper avait gardé ses distances. Une gêne s'était installée entre les sœurs, voyant leur complicité s'envoler tout en essayant pauvrement de la rattraper. Le deuil qui les avait une nouvelle fois frappées en était la preuve la plus parlante. Quelques mots convenus, banals, des regards embarrassés et des gestes un peu gauches. Voilà à quoi s'était résumé leur deuil commun. Une douleur lancinante pointa dans sa poitrine, retirant l'air de ses poumons l'espace d'une simple seconde et la poussant à happer un air nouveau comme pour survivre à cette souffrance subite. Des larmes involontaires franchirent la barrière de ses yeux sombres, lui brûlant la peau. D'un geste rageur, elle écrasa la goutte salé, s'interdisant de se laisser aller à cette faiblesse. La déchirure était là, une plaie béante et suintante, ouverte depuis deux ans et refusant de cicatriser. Aucun remède ne pourrait soulager son affliction, aucun baume ne pourrait panser sa blessure si profonde qu'elle en entamait les os. Pleurer n'y changerait rien. Elle devait avancer, lutter, et rendre la justice. Elle retrouverait Alerie, elle s'y employait et l'échec n'était pas une donnée dans son équation personnelle. Trop les réunissait. Le même sang, les mêmes chairs, les mêmes supplices. Une famille. La seule. La vraie.

La lady Piper sursauta lorsqu'on frappa à sa porte, rassemblant ses pensées et séchant ses larmes amères pour n'en rien laisser paraître sur son beau visage. D'une voix qu'elle avait voulu enjouée, elle intima à l'invité d'entrer, l'embrasure de la porte de sa chambre dévoilant alors une toute jeune servante. Matthie. La petite s'inclina avant de prendre la parole : « Ma lady Lannister demande si vous accepteriez de la rejoindre, si vous n'êtes pas encore prête pour la nuit, madame. » Wendy haussa les sourcils, la surprise l'envahissant, distillant dans ses veines une chaleur inattendue. Les Sept avaient dû entendre ses prières et elle les remercia intérieurement d'y répondre si prestement. « Merci Matthie, tu peux aller te coucher, je vais aller rejoindre lady Lannister. » La servante s'éclipsa et la jeune femme se leva, se plaçant devant sa pysché pour vérifier sa tenue. Elle se pencha, le visage presque collé contre le miroir délicat, pour contrôler qu'aucune trace de ses pleurs et de sa tristesse ne subsistait sur sa peau de kaolin. Pinçant ses joues pour leur redonner du rose, elle défroissa les plis de sa robe vert émeraude avant de quitter la pièce.

Elle marchait d'un pas lent et presque hésitant, ne sachant réellement ce qui l'attendait dans le secret de l'appartement de sa sœur aînée. Nerveuse, elle triturait ses mains qu'elle avait jointe contre son giron, enchevêtrant ses doigts et exerçant des pressions vigoureuses sur chacune de ses articulations. Cela faisait longtemps que la suzeraine de l'Ouest n'avait pas fait appeler sa Dame d'Atour au milieu de la soirée, préférant jusque là les entrevues obligatoires et plus officielles en journée à l'intimité de la nuit, quand elle pouvait être seule et certaine de ne plus être dérangée. Wendy traversa le salon des appartements seigneuriaux, s'arrêtant devant la porte de la chambre à coucher d'Alerie. Le silence. Wendy était soudain pétrifiée, levant la main avant d'hésiter à toquer contre le bois précieux. Le temps se suspendit. Puis elle se décide à frapper, tournant ensuite la poignet sans attendre la réponse de sa sœur qui devait déjà l'attendre.

Lentement, la conflanaise pénètre la pièce, posant son regard brun sur la Dame de Castral Roc, sa chevelure d'or flottant derrière elle au gré d'un léger vent s'engouffrant par la fenêtre. Alerie était prête pour la nuit, habillée d'une exquise robe de chambre, et pourtant, elle avait fait venir sa sœur. Un sourire étira les lèvres roses de Wendy, les réminiscences de leur passé pas si lointain s'imposant à son esprit. Elle se revoyait à Château-Rosières parmi ses frères et sœurs, chacun portant une simple chemise de nuit de lin, et s'asseyant aux pieds de leur mère pour écouter des histoires accompagnées du crépitement du feu de cheminée. Tout était simple à cette époque, et la belle se prenait à souhaiter revenir en arrière. Mais la réalité était différente, et après un instant, la Dame d'Atour retrouva sa place et fondit en une révérence avant tout autre mouvement. « Vous m'avez fait mander, madame ? » Wendy se mordit la lèvre alors qu'elle se redressait avec grâce. Elle devrait y mettre du sien si elle voulait que leur relation s'améliore, à commencer par abandonner ce ton obséquieux et trop protocolaire, alors que sa suzeraine, sa sœur, se présentait dans une tenue des plus simples, décoiffée et sans artifice. Elle se racla la gorge, affichant un sourire tendre, tenant toujours ses mains jointes à hauteur de son estomac : « Tu n'arrives pas à trouver le sommeil toi non plus ? Ou bien te sens-tu mal ? » Un voile concerné apparu dans son regard, alors qu'elle baissait les yeux vers le ventre plein d'une promesse future.


AVENGEDINCHAINS

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Little sweet poison
“We are what we pretend to be, so we must be careful about what we pretend to be.”
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