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 Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère

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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Mer 27 Sep 2017 - 21:26




Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère
« Menaka & Nymeria Martell»

« ... c’est difficile simplement de s’habituer à la quiétude. »[/i]

Hôchant la tête, Nymeria attrapa une nouvelle datte qu’elle goba rapidement. Il lui avait fallu du temps pour se faire au calme, elle qui ne rêvait que d’action et d’agitation. Pendant longtemps, elle n’avait eu aucune charge qui lui pesait sur les épaules, la laissant libre d’agir à sa guise, d’aller et venir dans les rues de Lancehélion, ou plus loin encore. Tout cela n’était plus qu’un souvenir désormais, et la Princesse se devait parfois d’être aussi diplomate qu’elle était sanguine, que cela lui plaise ou non. Pour autant, le palais était loin d’être aussi calme qu’il paraissait être, c’était d’ailleurs là l’une des raisons qui avaient poussé la Martell à s’acheter les services d’une étrangère.

« Tu découvriras bien assez vite, cependant, que ce calme n’est qu’une façade à des agitations plus… Discrètes. Mais nous aurons tout le loisir d’en parler plus tard. »

C’était le genre de sujet que Nymeria n’aborderait qu’une fois qu’elle saurait que la Lysienne était celle que Myriah disait qu’elle était, et par dessus tout, qu’elle était digne de sa confiance. Un sujet qu’elle aborderait une fois qu’elle aurait enjoint à ses gardes de quitter la terrasse, car il y avait des choses qui ne pouvaient être murmurées qu’à l’oreille d’un seul genre de personne, aussi fidèles qu’ils pouvaient lui être. Mieux valait commencer par apprendre à la connaître, à cerner le genre de femme qu’elle était. Sans doute Menaka parlait-elle peu à cause de son accent marqué, mais la Martell n’était pas du genre à abandonner ses projets de discussion pour ce genre de détail, que ce soit par gêne ou simplement par sympathie. Non, elle obtiendrait ce qu’elle voulait ce soir, même s’il lui fallait poser pour cela des milliers de questions.

« Je ne sais pas grand-chose de Lys, si ce n’est ce qu’on m’en a raconté. Je suis certaine cependant que tu m’en ferais une description plus authentique, tout comme je refuserais qu’un étranger te décrive Dorne en prétendant tout connaître sur elle. Myriah me disait que tu faisais partie d’une Maison d’assassins ? Comment était ta vie là-bas ? La regrettes-tu ? »

Alors qu’elle terminait sa diatribe, la brune remplit les deux coupes en or posées sur la table de vin dornien, gardé au frais dans les caves grâce à un procédé qui permettait à celles-ci de conserver la fraîcheur de la nuit même pendant les heures les plus chaudes de la journée. Une légère condensation se forma sur les bords des récipients au contact du liquide, apportant au contenant un contact froid aussi bienvenu que son contenu par la chaleur qui persistait encore malgré la bassesse du soleil. Observant l’horizon au loin, Nymeria poussa un soupir, n’imaginant que trop bien ce qu’elle ressentirait loin de ces paysages et de ces terres qui étaient à jamais son unique foyer. Peut-être qu’évoquer ces souvenirs serait trop douloureux pour la femme assise auprès d’elle, après tout. Si elle-même avait été bannie de Dorne, évoquer l’époque où elle s’y trouvait aurait été autant de poignards dans son coeur que de mots qu’elle aurait eu à prononcer.

« Si mes questions te sont douloureuses, tu peux les ignorer, et je t’offre mes excuses. Néanmoins, j’aimerais en apprendre plus sur toi, comme tu dois t’en douter. Après tout, si nous devons travailler ensemble… Mieux vaut apprendre à nous appréhender au plus vite. »


Offrant un demi sourire à la Lysienne, Nymeria profita d’un court silence pour observer le visage de celle-ci. Menaka était belle, oui, et elle ressemblait plus aux Dorniens qu’elle ne l’avait imaginé avant de la rencontrer. Pour autant, ses vêtements trahissaient son origine étrangère aussi sûrement que son accent, mais c’était son regard qui intriguait le plus la Princesse Régente. Des dizaines de sentiments et d’attitudes y étaient mêlés, de la rage à la servilité, du calme à la colère. Une chose suffisamment singulière pour être notée, elle ne baissait pas les yeux lorsque la Martell l’observait, contrairement à la plupart des membres de sa Cour. Tous, pour être exacts, si l’on excluait sa propre famille, et Myriah, bien entendu. Aucune loi n’interdisait de soutenir le regard de la Princesse Régente, mais il y avait quelque chose dans ses yeux, le reflet de son âme pareille au Soleil de son blason, qui semblait brûler ceux qui l’observaient trop longtemps et les pousser à regarder ailleurs. Respect ? Désir ? Jalousie ? Peu lui importait, finalement. Mais Nymeria savait pertinemment que ceux qui étaient incapables de soutenir son regard n’étaient pas faits pour diriger, ou la conseiller. Car après tout, ceux qui ne peuvent regarder le Soleil en face sans ciller ne seront jamais capable de rester à ses côtés bien longtemps.

« S’il y a des choses que tu aimerais savoir, n’hésite pas à poser la question, toi aussi. Connaître l’endroit où tu évolues, et les gens qui sont autour de toi sont un premier pas pour que tu fasses de Lancehélion un endroit agréable pour toi, si tu n’as pas le coeur d’en faire ton foyer. »

En terminant sa phrase, la dornienne croisa une jambe au dessus de l’autre, incapable qu’elle était de rester bien longtemps dans la même position. Elle pouvait faire des compromis avec son âme, oui, mais elle ne pourrait jamais faire taire cette impatience perpétuelle et cette soif de sensations qui faisait d’elle ce qu’elle était.

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Menaka
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Jeu 5 Oct 2017 - 19:14

They say an end can be a start


L’Astre se couche. Spectacle explosif où oranges et roses se côtoient. Parfaitement rond, il flotte sur la Mer d’été. Quelques instants… Quelques instants allègres pendant lesquels le château berbère allume ses milliers de flammes. Tant de milliers d’ardeurs qui ondulent dans la nuit. Une chose sublime que Lancéhélion. Ma nouvelle maison. Ma terre d’accueil. Mes yeux semblent défier la boule de feu jouant avec les flots miroitants. Lys est loin. Lys est quelque part là-bas, interdite à ma vision. Ce n’est pas pour autant que je ne la vois pas. Je la vois très bien. Et je porte en moi cette cicatrice de ma fierté violée… Mon frère, je reviendrai rôder sur nos ruines. 


Ici, les choses sont différentes. La langue est plus chantante, plus poétique. Une chanson douce et bien trompeuse ! Rien à voir avec la langue bâtarde d’un valyrien oublié. Rien à voir, oui. Tout ici évoque les moeurs et les traditions ancestrale. Dérobées et secrètes, ces moeurs sont un éden où la femme est reine. En soi, ça ne change pas grand chose à Lys. L’île où les cuisses sont la naissance du monde inconnu : pouvoir, parricide, fratricide, matricide, ruine et décadence. Corps à corps nus et éperdus. Les miens s’enivrent des sens en ébullitions ; les mains de leurs dévouées avancées, l’argent coulant à flot et les petits crimes heureux. Il n’y a rien que personne ne sait. Ici, les clefs sont bien plus délicates à avoir. Pays de fées, bel oasis à l’orée du désert. Le palais est un paradis regretté pour tous les trépassés de ses murs. Pour les vivants, il est dénombrable couloirs et passages tortueux. Tout aussi romantique que dangereux. Les cours des bains sont prisées des regards curieux qui laissent leur regard percer la beauté charnelle. Temple de la fascination, les lieux sont empreints de fantastique, de violence et d’érotisme. Tout est si beau, si grand, si élégant , si calme : mon imagination fourmille de mille et un crime. A chaque salle découverte je lui invente une histoire sanguinaire. Je ne pose pas beaucoup de questions, mais j’imagine l’histoire de cette famille insoumise, invaincue intacte. Les fantômes de leurs dagues viennent hanter en contrepieds parfait cette préciosité des pierres, délicates et fleuries. 


Silencieusement, je longe les galeries qui m’amènent à la princesse. Mes pas inaudibles, personne ne semble me remarquer. Dans l’ombre du soleil éternel, je suis un mystère qui lézarde les murs. Je n’ai jamais eu d’ami et ma famille m’a été arrachée. Les bruits familiers du harem parfois j’en rêve la nuit. Alors, mon pouce passe sur mes lèvres : oui, je souris. Si je regarde la mer, je ne regarde jamais le passé. Vain et inutile est de tomber dans une contemplation passive de sa propre vie. Entre ces murs, je dois faire mes preuves. Je dois vivre.



☾ ☾ ☾

Son corps est musclé, il ondule dans le décor et impose sa juste place. Les femmes de Dorne étaient des femmes surprenantes et en ça, il me plaisait d’évoluer autour d’elles. Belles, toutes ressemblaient à des fruits piquants dont il était difficile de se détourner. Leurs faciès étaient bien plus proches du mien que des Lysiennes. Ce détail m’était salutaire ; parmi elles je n'étais qu'une autre. Néanmoins, je n’avais jamais croisé personne d'aussi puissante que Nymeria Martell. Dans sa paume elle tenait bien plus que des milliers de vies : les sujets s’inclinaient à ses pieds. Avant, je n’avais jamais vu personne poser front à terre devant quelqu’un. Pas par crainte, déférence ou respect. Je ne comprends pas comment fonctionne leur monde, ni arrive à imaginer le pays des dragons des milliers de lieues à l’horizon. On chuchotait beaucoup et la moitié m'est incompréhensible car trop rapide, trop précipitée. 


« Menaka, bienvenue. Installe-toi, je t’en prie. Etant donné la chaleur, je n’ai fait monter que des fruits et du vin, mais si tu désires manger autre chose... »


Sa main est sur mon avant-bras comme un geste naturel. Une invitation à prendre part à cette réunion insolite. Ce que je fais. Je ne regarde pas les gardes derrière moi, je ne leur demanderai rien. Je n’aime pas leur présence omnisciente. Je n’ai jamais été habituée à voir des hommes porter des uniformes et rester immobiles aux coins des pièces et des portes. Ils ressemblent à des statues pétrifiées. Je n’aime pas ça.

« Lancehélion et le Palais doivent te sembler dépaysants. T’accomodes-tu bien à ton nouvel environnement ? »

Sa robe laisse apparaitre la peau de son corps. Une surprise supplémentaire de Dorne. Chez moi, seule les prostituées se permettent de jouer à l’ombre et la lumière avec leurs corps. Je suis partie de Lys avec aucune possession personnelle à part ma dague, qui est en permanence dissimulée à ma taille. Elle ne me quitte pas. Jamais. Mes habits de fêtes je les ai troqués pour des vêtements simples et caméléon. La manière ancestrale de ma Maison : une tunique longue qui dissimule un pantalon large et éthéré. Finalement, après quelques égarements de ma pensée : je pose mon regard sur son visage léché. Que pouvais-je lui répondre? On ne m’avait jamais demandé de tenir des conversations, on ne m’avait jamais demandé d’avoir un esprit lettré. A l’art de la conversation, je ne prenais part. J’allais devoir apprendre. Le parfum du musc et jasmin ma rappelle qu’ici c’est un nouveau monde. Un nouveau terrain. Une nouvelle façon de procéder.



« Oui… »


Mon accent est marqué. Il ne veut pas partir. Je ne parle pas assez pour qu’il parte.Ces derniers mois, j’ai appris petit à petit. Sans le choix de ne pas y arriver. Or, je ne pratique pas assez. Les hommes du palais aimeraient bien que je le fasse avec eux, mais mes lèvres restent scellées. Ici, je suis maitresse de mon destin. Et mon destin il n’a pas de mots. Les mots ont leur histoire et leur vie propre. On peut tenter de les enchainer à des idées et des manières, mais ils vivent, pensent et vont jusqu’à se retourner contre nous. Le dos sanglant, il est alors trop tard pour les reprendre.



« ... c’est difficile simplement de s’habituer à la quiétude. »
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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Dim 8 Oct 2017 - 21:49




Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère
« Menaka & Nymeria Martell»

« ... c’est difficile simplement de s’habituer à la quiétude. »[/i]

Hôchant la tête, Nymeria attrapa une nouvelle datte qu’elle goba rapidement. Il lui avait fallu du temps pour se faire au calme, elle qui ne rêvait que d’action et d’agitation. Pendant longtemps, elle n’avait eu aucune charge qui lui pesait sur les épaules, la laissant libre d’agir à sa guise, d’aller et venir dans les rues de Lancehélion, ou plus loin encore. Tout cela n’était plus qu’un souvenir désormais, et la Princesse se devait parfois d’être aussi diplomate qu’elle était sanguine, que cela lui plaise ou non. Pour autant, le palais était loin d’être aussi calme qu’il paraissait être, c’était d’ailleurs là l’une des raisons qui avaient poussé la Martell à s’acheter les services d’une étrangère.

« Tu découvriras bien assez vite, cependant, que ce calme n’est qu’une façade à des agitations plus… Discrètes. Mais nous aurons tout le loisir d’en parler plus tard. »

C’était le genre de sujet que Nymeria n’aborderait qu’une fois qu’elle saurait que la Lysienne était celle que Myriah disait qu’elle était, et par dessus tout, qu’elle était digne de sa confiance. Un sujet qu’elle aborderait une fois qu’elle aurait enjoint à ses gardes de quitter la terrasse, car il y avait des choses qui ne pouvaient être murmurées qu’à l’oreille d’un seul genre de personne, aussi fidèles qu’ils pouvaient lui être. Mieux valait commencer par apprendre à la connaître, à cerner le genre de femme qu’elle était. Sans doute Menaka parlait-elle peu à cause de son accent marqué, mais la Martell n’était pas du genre à abandonner ses projets de discussion pour ce genre de détail, que ce soit par gêne ou simplement par sympathie. Non, elle obtiendrait ce qu’elle voulait ce soir, même s’il lui fallait poser pour cela des milliers de questions.

« Je ne sais pas grand-chose de Lys, si ce n’est ce qu’on m’en a raconté. Je suis certaine cependant que tu m’en ferais une description plus authentique, tout comme je refuserais qu’un étranger te décrive Dorne en prétendant tout connaître sur elle. Myriah me disait que tu faisais partie d’une Maison d’assassins ? Comment était ta vie là-bas ? La regrettes-tu ? »

Alors qu’elle terminait sa diatribe, la brune remplit les deux coupes en or posées sur la table de vin dornien, gardé au frais dans les caves grâce à un procédé qui permettait à celles-ci de conserver la fraîcheur de la nuit même pendant les heures les plus chaudes de la journée. Une légère condensation se forma sur les bords des récipients au contact du liquide, apportant au contenant un contact froid aussi bienvenu que son contenu par la chaleur qui persistait encore malgré la bassesse du soleil. Observant l’horizon au loin, Nymeria poussa un soupir, n’imaginant que trop bien ce qu’elle ressentirait loin de ces paysages et de ces terres qui étaient à jamais son unique foyer. Peut-être qu’évoquer ces souvenirs serait trop douloureux pour la femme assise auprès d’elle, après tout. Si elle-même avait été bannie de Dorne, évoquer l’époque où elle s’y trouvait aurait été autant de poignards dans son coeur que de mots qu’elle aurait eu à prononcer.

« Si mes questions te sont douloureuses, tu peux les ignorer, et je t’offre mes excuses. Néanmoins, j’aimerais en apprendre plus sur toi, comme tu dois t’en douter. Après tout, si nous devons travailler ensemble… Mieux vaut apprendre à nous appréhender au plus vite. »


Offrant un demi sourire à la Lysienne, Nymeria profita d’un court silence pour observer le visage de celle-ci. Menaka était belle, oui, et elle ressemblait plus aux Dorniens qu’elle ne l’avait imaginé avant de la rencontrer. Pour autant, ses vêtements trahissaient son origine étrangère aussi sûrement que son accent, mais c’était son regard qui intriguait le plus la Princesse Régente. Des dizaines de sentiments et d’attitudes y étaient mêlés, de la rage à la servilité, du calme à la colère. Une chose suffisamment singulière pour être notée, elle ne baissait pas les yeux lorsque la Martell l’observait, contrairement à la plupart des membres de sa Cour. Tous, pour être exacts, si l’on excluait sa propre famille, et Myriah, bien entendu. Aucune loi n’interdisait de soutenir le regard de la Princesse Régente, mais il y avait quelque chose dans ses yeux, le reflet de son âme pareille au Soleil de son blason, qui semblait brûler ceux qui l’observaient trop longtemps et les pousser à regarder ailleurs. Respect ? Désir ? Jalousie ? Peu lui importait, finalement. Mais Nymeria savait pertinemment que ceux qui étaient incapables de soutenir son regard n’étaient pas faits pour diriger, ou la conseiller. Car après tout, ceux qui ne peuvent regarder le Soleil en face sans ciller ne seront jamais capable de rester à ses côtés bien longtemps.

« S’il y a des choses que tu aimerais savoir, n’hésite pas à poser la question, toi aussi. Connaître l’endroit où tu évolues, et les gens qui sont autour de toi sont un premier pas pour que tu fasses de Lancehélion un endroit agréable pour toi, si tu n’as pas le coeur d’en faire ton foyer. »

En terminant sa phrase, la dornienne croisa une jambe au dessus de l’autre, incapable qu’elle était de rester bien longtemps dans la même position. Elle pouvait faire des compromis avec son âme, oui, mais elle ne pourrait jamais faire taire cette impatience perpétuelle et cette soif de sensations qui faisait d’elle ce qu’elle était.

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Menaka
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Mar 17 Oct 2017 - 0:02

They say an end can be a start


« Tu découvriras bien assez vite, cependant, que ce calme n’est qu’une façade à des agitations plus… discrètes. Mais nous aurons tout le loisir d’en parler plus tard. »



Pour la première fois. Pour la première fois depuis que je suis arrivée elle évoque ce que je pourrais faire. Ces obscures raisons pour lesquelles elle m’a choisi moi. Tout au moins, pour laquelle elle a dépêché une fortune et une de ses personnes de confiance. Je n’avais pas besoin qu’elle me le dise pour le comprendre. Chez moi, les choses sont bruyantes mais elles renferment le calme le plus froid. Les médianes sont simplement différentes. 



« Je ne sais pas grand-chose de Lys, si ce n’est ce qu’on m’en a raconté. Je suis certaine cependant que tu m’en ferais une description plus authentique, tout comme je refuserais qu’un étranger te décrive Dorne en prétendant tout connaître sur elle. Myriah me disait que tu faisais partie d’une Maison d’assassins? Comment était ta vie là-bas? La regrettes-tu? »



Je ne supporte pas le nom de l’ambassadrice. Je ne supporte pas le nom de la Ferboys. Mes pressentiments ne m’ont jamais faillis. Ils me disent qu’elle est un obstacle entre Nymeria et moi. Elle possède des clefs que je n’aurais jamais, tant qu’elle reste dans mon sillage. Bien sûr, elle est loin. Si loin que peut-être qu’elle ne reviendra pas... C’est ... discret, mais j’ai bien compris que l’aventure est périlleuse. J’ai bien compris que la caravane qui s’est ébranlée il y a quelques jours était fragile. Je ne les connais pas les hommes qui sont partis, mais j’ai vu comment ils regardaient l’horizon. Incertain. Elle verse du vin dans des coupes d’or. Une préciosité qui ne lui va pas, mais qui ne m’empêche pas de remercier son geste. Dans la chaleur étouffante du couchant, fraicheur est un repos. Mes doigts s’attardent sur ma nuque. Avec volupté, des perles de pluies d’été caressent ma peau profane. 


« Si mes questions te sont douloureuses, tu peux les ignorer, et je t’offre mes excuses. Néanmoins, j’aimerais en apprendre plus sur toi, comme tu dois t’en douter. Après tout, si nous devons travailler ensemble… Mieux vaut apprendre à nous appréhender au plus vite. »



Une question ne peut être douloureuse. Peut-elle l’être? Je ne sais pas, je ne pense pas. Pour moi la douleur ce n’est pas des mots prononcés autour d’un verre enchanteur, le suc des dattes entres les lèvres. Les coutumes de ces gens me demeurent anonymes, ils placent bien trop de sous-entendus en leurs paroles. Elle ne veut pas que j’ignore ses paroles, pourquoi les poser sinon? Je bois quelques gorgées. Il est bon, je crois. Je n’ai jamais su comprendre ce qu’il fallait dire d’un vin. Dès mes treize ans il a permis d’engourdir mes sens pour oublier quelques poids trop lourds. Quelques poids trop animal et grossier s’agiter entre mes cuisses trop fines. Maintenant, il me faut bien plus qu’une carafe pour m’endormir ; je bois encore. Elle me regarde, elle attend probablement une réponse. Ses lèvres esquissent quelques mouvements, comme un sourire rare qui se veut naitre. Alors, je le soutiens. Elle peut tenter de percer mon âme, mais il faudra qu’elle aussi concède à baisser les armes. Dans ses pupilles dansent bien des défenses austères et brutales. Je sais que personne ne doit les remarquer, mais les autres ne sont pas moi. Il y a quelque chose de fragile dans son regard. 



« S’il y a des choses que tu aimerais savoir, n’hésite pas à poser la question, toi aussi. Connaître l’endroit où tu évolues, et les gens qui sont autour de toi sont un premier pas pour que tu fasses de Lancehélion un endroit agréable pour toi, si tu n’as pas le coeur d’en faire ton foyer. »



Je termine mon verre et me resserre. Je n’ai aucune manière et c’est ma leçon silencieuse. Elle a voulu connaitre comment se passait les choses à Lys. Les choses se passent comme ça, librement. Des autres détails, elle ne les connaitra peut-être jamais. Je ne serai jamais pour elle ce que j’ai été pour les autres. Je ne serai jamais plus une putain. Lancéhélion ne sera pas non plus mon foyer. Je n’ai plus de maison. Je n’ai plus de racines. On me les as arrachées et la Ferboys a porté caution. Je ne suis pas malheureuse d’être ici, mais la sensation est sans mots connus. 


« Pas d'excuses. Je ne veux pas. »



Je ne la regarde plus désormais. Je laisse ma peau toucher celle des fruits. Je ne sais pas lequel choisir, je suis comme une enfant qui doit apprendre de nouvelles saveurs. Ce qui est difficile c’est que je dois accepter d'en oublier d'autres. Or, oublier des saveurs c’est oublier des souvenirs. La cuisine, c’était le seul moment où nous nous retrouvions comme une grande famille. Nous mangions par terre, la bras droit appuyé sur la jambe de terre. Posture lascive et heureuse des femmes et leurs enfants. J’allais devoir accepter d’oublier ma seule enfance.



« Je ne regrette pas Lys. C’est elle qui me regrette. »



Elle avait perdu son meilleur élément. Aux nuits pullulaient les morts ratées et les bourses bien gardées. Nul doute que les maisons devaient être bien calmes et les patios bien ennuyants ! Je ne crois pas que je dois lui raconter comme est véritablement Lys. Je ne suis pas certaine qu’une femme peut entendre ces choses ici, surtout une princesse. Ses robes sont transparentes, elles jouent aux spectacles des ombres comme les catins de nos rues, mais elle ne doit pas savoir. Elle ne doit pas réellement savoir comment faire. Comme les autres, elle doit aimer la sensation qu'elle procure aux hommes et aux femmes, c'est tout.



« Une question pour une question. »



Aucune délicatesse. J’avance dans l’inconnu sans tâtonnement préalable. Elle veut qu'on s’appréhende sans se toucher, elle veut qu’on s'appréhende par les mots. Je donne mes conditions : je ne suis ici sous aucune entrave. Si elle veut connaitre ma vie, elle devra me donner la sienne. Une vie pour une vie. Ses défenses dans ses yeux, ses défenses d’or, elle devra les déposer à terre. Si elle ne joue pas, tant pis. Pour elle.



« Ma maison est Abislah. A Lys je suis une danse, je suis une amante et je tue. Chez moi, les femmes ne sont jamais aussi éloignées. Nous partageons la même coupe et les mêmes doigts. Rien n’est calme. Rien n’est discret. C’est opulence. »



Comment résumer Lys. Il faudrait des mots de poètes et mon vocabulaire est creux. Je pourrais lui faire des gestes, je pourrais lui montrer, je pourrais laisser mes vêtements glisser au sol et lui danser toute l'histoire de mes ancêtres. Oui, je pourrais. Je ne suis pas là pour ça. Je suis là pour elle, mais d’une autre manière. Une manière plus dangereuse et plus loyale. Je bois quelques gorgées, ce vin est bon. Cette saveur je peux bien l’apprendre, je veux bien la laisser couler en moi longtemps. Pour le plaisir. Pour le plaisir de sentir quelque chose aimé glisser en moi.



« Le pouvoir. Il représente quoi pour toi? »




Je ne suis pas de Dorne ; leurs manières empesées ne sont pas pour moi. C’est la condition silencieuse de l’acceptation de mon sort. Le prénom de l’Aspara ne serait être rattaché à la servilité. Un jour, je savais que je lui raconterai cette histoire. Je savais que je lui raconterai l'histoire de ces hommes qui disparurent sous la puissance dévastatrice d’une femme. C’était trop tôt, je n’étais pas certaine que la princesse possède toutes les qualités. Le Bhuta n’était pas encore apparu en ses grands yeux noirs. Ils demeuraient en terre connue et maitrisée. Je voulais qu'elle dévoile un pan de son être, je voulais que la princesse se mettre à nue. 

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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Mar 17 Oct 2017 - 13:44




Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère
« Menaka & Nymeria Martell»

« Pas d'excuses. Je ne veux pas. »



Nymeria sourit en coin aux premières paroles de son invitée, toujours aussi peu au fait des manières d’une Cour. La chose était rafraîchissante, surtout venant d’une étrangère à qui elle n’avait que peu adressé la parole depuis son arrivée. Quelques mots, tout au plus, lorsque Myriah lui avait présenté la personne que son or avait amenée jusqu’à Dorne. Jamais, pourtant, quelqu’un n’avait refusé les excuses, bien trop rares même au goût de certains, de la Princesse Régente. De la même façon, elle hausse un sourcil aux mots suivants de la Lysienne. Orgueil ou mélancolie cachée derrière un semblant de colère ? La Martell elle-même n’était pas sûre de pouvoir dire un jour la même chose de sa patrie, si elle devait la quitter. Ses talents étaient-ils tellement extraordinaires ? Pour autant, la dornienne ne fait aucun commentaire, elle est trop peu au fait de la vie à Lys pour se permettre un jugement, et puis, la chose n’avait pas réellement d’importance, c’était le personnage qu’elle voulait connaître, plus que la ville en elle-même.

« Une question pour une question. »

« Essaie celui-là. »

Nymeria n’avait pas répondu, se contentant d’indiquer à la jeune femme une pêche bien mûre, notant son hésitation devant le large plat aux saveurs variées. Il était inutile d’acquiescer à ce qui semblait être une injonction plus qu’une demande, autre incongruité lorsqu’on s’adressait à celle qui commandait à Dorne. Combie de temps était passé depuis qu’on lui avait donné un ordre ? La Princesse Régente ne s’en souvenait plus, mais ce sentiment d’impuissance, d’obligation, lui, était toujours bien présent dans sa mémoire. Enfant, on disait que les Dieux lui avaient joué un bien mauvais tour, en la faisant quitter les entrailles de sa mère après son frère et pas avant. Nombreux étaient ceux qui pensaient alors qu’elle aurait été plus à même de régner que Tristam, plus effacé, moins passionné par ses terres que par les belles femmes. Pourtant, le Prince s’était montré un dirigeant avisé… Pour le temps qui lui avait été donné. Aujourd’hui, elle se tenait à la place de ses ancêtres, à la place de son frère, et personne ne la commandait plus. Plus vraiment au moins.

Attentive, elle écoute les explications de Menaka, ce nom qui ne lui dit absolument rien, pas même dans sa racine. Elle comprend, toutefois, qu’elle n’était pas simplement une assassine. Nymeria sourit intérieurement, même si elle n’en laisse rien paraître. Etait-ce pour cela que Myriah l’avait choisie ? Peu probable, la Ferboys savait que sa souveraine ne fonctionnait pas ainsi pour les choses charnelles, néanmoins… Il était des talents qu’un simple assassin n’avait pas, de ceux qui sont l’apanage des courtisanes, et qui peuvent se trouver utile dans un métier comme dans un autre. A moins que sa conseillère n’ait décidé de s’offrir un divertissement supplémentaire, en plus d’une nouvelle arme dans l’arsenal de Dorne. A cette pensée, la Princesse Régente réprima une vague de jalousie. L’époque où, à peine nubiles, elles avaient expérimenté plus de choses que leur rang aurait du l’autoriser était révolue depuis longtemps maintenant, et pourtant, Nymeria ne pouvait s’empêcher de nourrir une certaine envie pour ce qu’elle prenait pour des conquêtes de la Ferboys. Fort heureusement, la dornienne fut tirée de ses ruminations, avant qu’elles ne prennent une tournure qui prêteraient trop à conséquence.

« Le pouvoir. Il représente quoi pour toi? »

Si la question surprend Nymeria, elle ne le montre pas vraiment. En silence, elle fixe la Lysienne, se demandant si elle doit lui répondre ou non. Cette question, tellement simple et tellement compliquée à la fois, c’est la première fois qu’on lui pose vraiment. Bien entendu, il y avait toujours eu les rumeurs. Ceux qui pensaient qu’elle était assoiffée de pouvoir et de conquêtes, ceux qui au contraire étaient persuadés qu’elle n’attendait que le moment où son héritier serait prêt pour retourner à une vie plus simple. Même dans sa propre famille, le sujet n’avait jamais été abordé. Quentyn et Manfrey avaient presque été soulagés qu’elle se provlame Princesse Régente à la mort de Myrcella. Et puis, il y avait Elia… Cette idiote persuadée que sa tante avait tué Tristam et Myrcella pour usurper le trône. Un jour, Nymeria lui ferait ravaler ses paroles, et bientôt, elle aurait les preuves dont elle avait besoin, mais il faudrait d’abord la retrouver. Mais jamais, au grand jamais, on ne lui avait demandé pourquoi elle conservait le pouvoir, quand l’abandonner aurait été tellement plus simple.

Lentement, la Princesse Régente se leva pour rejoindre le bord de la large terrasse, observant les feux des torches qui brûlaient dans le palais et dans la ville, plus bas. Les bras appuyés sur la balustrade en bois sculpté, elle tourne le dos à son interlocutrice. Elle jouerait à son jeu, oui, ne fut-ce que parce qu’au moins, Menaka avait le cran de poser les questions que personne d’autre n’osait poser.

« Le pouvoir n’est rien, et pourtant il est tout. Mon rang, mon titre, mon sang, me donnent le droit de vie et de mort sur tout ce qui foule le sol de Dorne. Qui je suis, l’opinion de mon peuple, font qu’un mot de ma part suffirait à rassembler une armée suffisamment vaste pour abattre cette sentence, où que se trouve cette cible. Une armée, ou un assassin, d’ailleurs. »

Se tournant à nouveau vers Menaka, Nymeria esquisse un demi sourire, avant de désigner les gardes, et le palais d’un geste de la main.

« Tout ce qui est ici, et au-delà, m’appartient, je commande à la dernière nation indépendante de ce continent. Les seigneurs au-delà de nos frontières aiment à penser qu’ils ont plus de pouvoir que moi, ils se gaussent dans leur servitude d’un pays de déserts, s’imaginant supérieurs tant en culture que pour les autres domaines. Ils se trompent, tous autant qu’ils sont. Et pourtant… »


Elle marqua une pause, prenant le temps de réfléchir à ce qu’elle avait accompli, à ce qu’il y avait encore à faire. A ce que son frère avait fait avant elle, à ce que sa mère avait décidé. Non, en lui même, le pouvoir n’était rien d’autre qu’un apparat de plus que l’on portait pour impressionner les puissants.

« Et pourtant, sans but, tout ça n’est rien. Pour répondre à ta question, le pouvoir est un outil pour moi. Le plus puissant de tous, celui qui me permettra d’assurer à mon peuple une liberté éternelle du joug de ces Valyriens qui croient pouvoir décider à notre place. Ils ont essayé par le passé, sur ces terres et loin d’ici, et à chaque fois mes ancêtres les ont repoussés. Insoumis, Invaincus, Intacts, ces mots ne sont pas qu’une devise comme celles des seigneurs au nord de nos frontières. Ils sont ce que nous sommes, pas seulement les Martell, mais tout Dorne elle-même.

Mon frère a cru pouvoir se rapprocher des Targaryen, et de leurs serviteurs, et cela lui a couté la vie. Ma mère se satisfaisait d’un statu-quo, mais moi… Je veux m’assurer que ceux qui viendront après moi n’auront plus jamais à craindre une invasion. Je veux m’assurer que Dorne reste ce qu’elle est, à jamais. C’est la raison pour laquelle personne d’autre que moi n’est plus digne du pouvoir que je tiens entre mes mains, la raison pour laquelle je ne laisserai personne prendre ma place tant que je ne serai pas parvenue à mes fins. »


Et pour y parvenir, la Princesse Régente avait déjà un plan tout tracé. Bien entendu, il passerait d’abord par l’unification pleine et entière de Dorne, que plus aucun endroit de la Principauté n’échappe à son contrôle. Ensuite… Il était encore trop tôt pour en parler. L’heure n’était pas à la stratégie, mais au jeu des vérités. Nymeria avait offert la sienne, il était temps qu’elle réclame son dû. Sa question, elle l’avait déjà trouvée, dès l’instant où son esprit avait évoqué Myriah. Elle pouvait cacher sa jalousie, mais pas l’étouffer, comme nombre d’émotions qui se bousculaient souvent dans le tempérament de feu de la dornienne. Sans compter que ce serait là l’occasion de noter les compétences de Menaka pour juger les gens…

«Que penses-tu de Myriah ? Lady Ferboys est probablement celle de mes conseillères que tu as le plus cotoyé, pendant ton voyage et avant son départ. Je suis curieuse d’avoir ton opinion sur elle. »

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Menaka
DORNE
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MessageSujet: Re: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Dim 22 Oct 2017 - 19:23

They say an end can be a start


Pour qui a peur de la mort, dangereuse est ma question. Je croque le fruit qu’elle m’a conseillée. Je les ai déjà vus sur les plateaux. Revenons sur la mort. Je n’en ai pas peur. Je n’en ai jamais eu peur parce que je n’ai jamais eu peur de naitre. Ce qu’il y avait avant, ce qu’il y aura après : ce n’est pas une question que je me pose. Il faut avoir du temps à perdre pour se poser les questions des vanités. Je n’ai jamais eu le loisir de voir mon corps devenir oisif. Je serai prête à parier beaucoup pour dire que la princesse non plus. C’est peut-être pour ça que Dorne ne me répugne pas.

« Le pouvoir n’est rien, et pourtant il est tout. Mon rang, mon titre, mon sang, me donnent le droit de vie et de mort sur tout ce qui foule le sol de Dorne. Qui je suis, l’opinion de mon peuple, font qu’un mot de ma part suffirait à rassembler une armée suffisamment vaste pour abattre cette sentence, où que se trouve cette cible. Une armée, ou un assassin, d’ailleurs. »

Je ne comprends pas tous ses mots, ceux-là je les comprends. A croire qu’elle a articulé ces trois syllabes pour provoquer quelque chose en moi. Raté. Mon attitude n’est perturbée que par la peau du fruit étrangement rugueuse. Elle forme quelque chose de désagréable en moi. Mon apex tente d’enlever les quelques copeaux logés entre mes dents. C’est désagréable cette sensation de douceur et d’âpreté. 


« Tout ce qui est ici, et au-delà, m’appartient, je commande à la dernière nation indépendante de ce continent. Les seigneurs au-delà de nos frontières aiment à penser qu’ils ont plus de pouvoir que moi, ils se gaussent dans leur servitude d’un pays de déserts, s’imaginant supérieurs tant en culture que pour les autres domaines. Ils se trompent, tous autant qu’ils sont. Et pourtant… »

Je souris. Je comprends l’essence de ses paroles. Ces seigneurs dont elle parle j’en ai côtoyé certains. Nue j’écoutai leurs accents grossiers arguer quelques histoires. Des histoires si lointaines que je ne pouvais m’empêcher de rire. Une mer pour un monde différent. Je ne sais pas comment se monde est régit, je dois apprendre. Je dois apprendre les noms des ennemis de Nymeria et savoir lesquels rencontreront ma lame. On n’enlève jamais la mort à un visage inconnu. La mort est quelque chose qu’on offre dans une plénitude des sens. Une assurance calme. Oui, l’art que l’on m’a enseigné et fait de règles longues et douloureuses. 


« Et pourtant, sans but, tout ça n’est rien. Pour répondre à ta question, le pouvoir est un outil pour moi. Le plus puissant de tous, celui qui me permettra d’assurer à mon peuple une liberté éternelle du joug de ces Valyriens qui croient pouvoir décider à notre place. Ils ont essayé par le passé, sur ces terres et loin d’ici, et à chaque fois mes ancêtres les ont repoussés. Insoumis, Invaincus, Intacts, ces mots ne sont pas qu’une devise comme celles des seigneurs au nord de nos frontières. Ils sont ce que nous sommes, pas seulement les Martell, mais tout Dorne elle-même. Mon frère a cru pouvoir se rapprocher des Targaryen, et de leurs serviteurs, et cela lui a couté la vie. Ma mère se satisfaisait d’un statu-quo, mais moi… Je veux m’assurer que ceux qui viendront après moi n’auront plus jamais à craindre une invasion. Je veux m’assurer que Dorne reste ce qu’elle est, à jamais. C’est la raison pour laquelle personne d’autre que moi n’est plus digne du pouvoir que je tiens entre mes mains, la raison pour laquelle je ne laisserai personne prendre ma place tant que je ne serai pas parvenue à mes fins. »

Les Valyriens ce sont les Dragons, de cela je le sais. Un voyageur m’a un jour parlé de la genèse de leur pouvoir. Au contraire de la princesse, dansait en ses yeux quelques flammes anciennes. Targaryen. Martell. De se mourir pour leurs idées, c’est beau pour eux. Je me demande si, par delà les frontières, tous les hommes sont ainsi. Prêt à se battre pour l’invisible. Je le crois. Du moins, c’est ce que j’ai entendu… et si tous clament les même discours c’est tout à fait normal que leurs jours et leurs nuits soient entremêlés. C’est étrange comme le monde peut-être différent. De ces guerres qui côtoient les prunelles féroces de la belle Dornienne, je ne connais rien.

J’ai entendu parler du meurtre du prince à ses propres noces. Quant aux détails que l’on m’a fourni, rien n’est moins certain. Ils appartiennent plus au domaine de la légende noire et sanguinaire de ce palais. Je ne dis rien. La princesse a répondu bien plus à ma question qu’elle n’aurait pu le faire. J’ai beaucoup de questions. J’aurais aimé qu’elle puisse ralentir sur certaines phrases dont le sens s’est envolé pour toujours. Une chose est certaine, cette femme est une guerrière. Si les autres s’inclinent, elle ne le fait jamais. Ce doit lui valoir beaucoup d’ennemis. Un nombre incalculable probablement, surtout quand on ne connait pas l’échiquier. Il me faut apprendre, dès demain. Là-bas, chez moi… Non. Là-bas, l’île où j’habitais avant, quelqu’un a réussi à m’emprisonner. Ici, ça ne doit pas arriver. Ca ne doit pas lui arriver à elle.

« Que penses-tu de Myriah? Lady Ferboys est probablement celle de mes conseillères que tu as le plus côtoyé, pendant ton voyage et avant son départ. Je suis curieuse d’avoir ton opinion sur elle. »



Mes lèvres s’entrouvrent pour souffler quelques brumes inexistantes. Au jeu des questions, la princesse se livrait bien trop précipitamment. Ses seins gonflés, elle jouait sa carte maitresse. Lady Myriah Ferboys. La belle et farouche Conseillère. Buvant une gorgée supplémentaire, je me surprends a avoir secrètement désiré que ce sujet soit abordé. Cette pointe d’énervement et d’avidité qui pointe en son regard, m’amuse. Elle ne me laisse pas indifférente. J’ai bien compris que la Gardienne de la Voie serait la seule chose qui nous séparerait... jamais? peut-être pas. J’ai côtoyé bien plus longtemps les femmes que l’illustre Martell. Je connais leurs coeurs et leurs démangeaisons. Je bois un peu plus, l’observant calmement. Que dire? Si elle désire avec ardeur des réponses à sa question, si sa curiosité est telle c’est qu’elle ne peut vouloir tout entendre. Hem. Je n’ai pas l’habitude de dissimuler mes pensées. Pour la seule raison que je suis née de ses jambes, j’aime le vice. Je l’aime, partout où il se trouve. 


« La Conseillère, elle m’a observée. Longtemps. Partout. »



Quelques gorgées supplémentaires. La sensualité inaltérable. Les sens joués. Myriah était l’ombre féminine qui m’avait observée pendant de longues journées. J’étais devenue comédienne pour qu’elle désire me posséder. J’avais compris que cette inconnue, cachée derrière les murs, était ma destinée. A travers son jugement, c’était Nymeria qui avait parlé. Nymeria qui avait décidé que Menaka ne pourrait appartenir qu’à elle. Je souris, tout ceci est un secret. Tout ceci est un secret car la princesse ne sait pas ce qu’elle a vu. Elle ne sait pas ce qu’il s’est passé entre Myriah et moi. Son imagination doit déformer beaucoup de choses. Tant mieux. Nombreux peuvent être les hommes à servir une femme. Or, une femme n’a qu’un seul alter ego du même sexe. Il ne fallait pas avoir vécu dans un harem toute sa vie pour le comprendre. Si elles voulaient la même chose, les femmes s’entre déchiquetaient.



« Elle est la raison pour laquelle ta place sera prise un jour. »



Je ne crains pas de voir son visage se durcir. A celui à qui l’on donne sa dague, il faut pouvoir tout dire. Il faut pouvoir le regarder dans les yeux et lui dire « je veux te tuer toi ». Non que je veuille la tuer, mais mon prédécesseur, oui. Mon géniteur, j’ai ardemment voulu le tuer. Cela te choque? C’est amusant, moi qui commençais à estimer les habitants de Westeros… Alors, que penses-tu : devrais-je continuer sur cette pente salée? Glisser lentement vers elle et la laisser se consumer de quelques rages intimes? Elle la désire. Corps à corps ou intellectuellement, mais elle la désire. Elle ne veut pas que Myriah lui échappe. Je ne sais pas pourquoi et ce qui attise ma jalousie. Je n’ai jamais aimé être laissée derrière. J’ai toujours voulu être la première, partout. Mon éducation m’a enseigné que c’était une question de vie ou de mort. Hors du bordel familial, il ne sert d’être aussi dramatique… il n’en reste pas moins que les choses pour moi ne seraient pas différente. Myriah pouvait bien lui offrir son corps et être une oreille d’enfance attentive et secrète, mais je serai bien plus. Elle le savait, j’avais vu son regard avant qu’elle ne quitte ces terres pour la capitale des Dragons. J’avais pu mesurer toute cette angoisse sur son front trop haut. 


« Ce qui vous lie a un pouvoir plus grand que le tiens. »



La souffrance. La perte. La torture. La mort. S’en prendre à Myriah, c’était être assuré de pouvoir toucher Nymeria. Fragiliser son pouvoir et ses plans. L’amour était une faiblesse à éradiquer. Elle avait été ma faiblesse. J’avais tellement cru en moi que je n’avais pas vu que mes propre frères voulaient ma perte. Rustom. L’amour qu’il me portait lui avait empêché de me tuer. Mon unique liberté, mon unique fierté. L’amour était une chose terrible et pourtant, personne ne pouvait s’empêcher d’y succomber. Je suis une fille de la déesse lysienne, celles dont les courbes sont rondes et lascives pour accueillir les faveurs de tous. J’y succomberai à nouveau. Un être qui portait le nom d’une Apsara, n’aurait pu faire autrement. Amour. Haine. Anéantissement. Excès de tout. Dès mes premiers vagissements, ma mère m’avait marquée au fer rouge.

« A toi et à personne d'autre, pourquoi devrais-je te confier ma dague? »
lumos maxima

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I'm well acquainted with villains that live in my bed They beg me to write them so they'll never die
   
crackle bones
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Nymeria Martell
DORNE
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MessageSujet: Re: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Lun 23 Oct 2017 - 20:18




Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère
« Menaka & Nymeria Martell»

« Elle est la raison pour laquelle ta place sera prise un jour. »

Nymeria ne dit rien, mais son regard parle pour elle. Certes, Menaka n’avait pas vraiment montré un talent pour la diplomatie, et elles avaient jusqu’à présent toutes deux fait preuve de franchise, mais il y avait des choses qui malgré cela, ne pouvaient être évoquées. Perdre sa place ? A cause de Myriah, en plus ? Le jour où elle n’occuperait plus le trône des Martell n’arriverait qu’au moment où elle l’aurait décidé, si elle mourait, ou si Dorne n’était plus. Quels que soient les liens qui l’attachaient à ses proches, tous savaient que le devoir de la Princesse Régente, ses objectifs passaient avant le reste. Pourquoi alors ressentait-elle un fond de vérité dans les paroles de la lysienne ?

« Ce qui vous lie a un pouvoir plus grand que le tien. »

Mais que savait-elle dont de ce qui les liait, cette étrangère ? Amitié, amour, respect ? Tout cela, certainement, mais plus que le reste, c’était leur histoire qui avait rendu Myriah aussi importante. Être en bon rapport avec Nymeria avait toujours été une tâche difficile, mais son adolescence avait été l’apogée de cet état de fait, la jeune Princesse était alors un rasoir sur lequel ceux qui voulaient lui parler devaient maintenir un parfait équilibre, sans quoi… Aucun n’y parvenait vraiment, Nymeria ne les voyant que comme deux groupes : ceux qui étaient trop soumis, trop mielleux pour être intéressants, et ceux qui la prenaient de haut, groupe bien plus réduit, inutile de le préciser. Envoyée pour tenter d’adoucir la Princesse dont elle deviendrait la suivante, comme des dizaines d’autres, elle avait été la seule qui avait tenu jusqu’à son mariage pour quitter le Palais Vieux. Les autres ne duraient jamais longtemps, pour la raison simple qu’elles ne parvenaient pas à se faire respecter de leur maîtresse.

Myriah avait eu le courage de s’opposer à la Princesse, et la sagesse de ne pas le faire quand il valait mieux se taire. Pour cette raison, elle avait gagné l’estime de Nymeria, et parce qu’elles étaient plus semblables que certains le pensaient, la Ferboys avait gagné son affection, et plus tard, la place qui était aujourd’hui la sienne. Avec les années passées chacune à une extrémité de Dorne, cependant, Nymeria savait que leur relation n’était plus la même. Il y avait eu le mariage de Myriah qui avait choisi une voie qu’encore et toujours sa suzeraine se refusait de ne fut-ce que d’envisager la question. La distance avait joué le rôle que l’on attend d’elle dans ce genre de situations. Le coeur dornien bat plus vite et plus fort que les autres, et s’il est capable de faire naître des sentiments sans pareil, il oublie parfois aussi les choses dont il devrait se rappeler. La dornienne elle-même n’avait pas de mots pour décrire ce qui la liait à la Ferboys, comment Menaka pouvait-elle ne fut-ce qu’espérer l’appréhender, encore moins l’affirmer ainsi ?

« Ces paroles, tu as pu les prononcer ici parce que personne n’écoute, mais fais attention à ne jamais le faire devant d’autres. Je ne pourrais pas le pardonner. »

Nymeria aurait pu laisser éclater la flamme de colère jalouse qui s’était allumée en elle avec les sous entendus que Menaka avait lancé, elle aurait pu laisser parler sa frustration quand la lysienne avait avancé l’idée, même vague, qu’elle pourrait perdre son trône. Elle s’était crispée, les muscles tendus, réflexe emprunté aux fauves qui s’apprêtaient à fondre sur leur proie, mais pourtant elle ne l’avait pas fait. Elle s’était contentée d’un avertissement sobre. Parce que mettre fin à la conversation maintenant n’aurait amené que plus de frustrations. Parce que dans tout ce qu’avait dit Menaka, il y avait du vrai, malgré tout. Celle-ci n’attendit pas longtemps pour formuler sa question, reprenant leur petit jeu comme si ce qu’elle avait dit n’avait aucune autre importance que celle d’avoir donné son avis. Après tout, c’est ce qui lui avait été demandé.

« A toi et à personne d'autre, pourquoi devrais-je te confier ma dague? »

Un instant, les gardes se crispèrent devant les paroles qu’avait prononcées la Lysienne, resserrant leur prise sur la lance qu’ils tenaient dans la main droite, rapprochant un peu plus le large bouclier, prêts à agir. Nymeria, elle, ne s’y trompa pas vraiment. D’un geste, elle les intima de se calmer. La façon de formuler la chose n’était certes pas courante à Dorne, mais la question portait sur la loyauté, et ne laissait pas vraiment transparaître la menace qu’ils avaient cru voir.

La question pouvait paraître innocente, posée sans autre forme de défiance ou de malice dans la parole, et pourtant, c’était à quelques mots près, celle qui avait détruit plus de Rois, de Reine ou de nobles que n’importe quelle insulte lancée à la face de l’autre. C’était aussi le genre de questions que les Martell ne rencontraient pas souvent. Révérés par leur peuple, par leurs vassaux, les raisons de leur loyauté étaient évidentes. Ils reconnaissaient la Maison du Soleil et de la Lance comme légitime. Ils voyaient leur dirigeante comme une souveraine charismatique, forte, inflexible. Ils croyaient qu’elle était la seule capable de les maintenir hors du giron des Dragons. Adoration, crainte, respect, tous contribuaient d’une façon ou d’une autre à asseoir le pouvoir de Nymeria Martell, avatar de ce qu’avait du être un jour son ancêtre homonyme.

Mais que pouvait-on répondre à une mercenaire, dont la seule présence résultait d’un paiement fait à un tiers. Menaka ne la connaissait pas encore comme son peuple la connaissait, et mis à part l’or, elle n’avait pour ainsi dire aucune réelle raison de lui être fidèle. Du moins pas si l’on ne regardait que les faits. Car si Nymeria ne pouvait ici prétendre au droit du sang ou à celui du mérite, il lui restait encore ce qu’elle avait à offrir.

« Parce qu’il n’y a qu’à mes cotés que tu pourras atteindre ton plein potentiel. Ailleurs, ils te bailloneraient, te feraient rendre des comptes à un homme de plus haute naissance qui serait jugé digne de la présence de ton maître. Tu n’aurais droit à rien de plus que quelques piécettes et une couchette occasionnelle dans les quartiers des serviteurs. A la seconde où tu ne les satisferais plus, tu mourrais. Tu ne serais rien d’autre qu’un chien qu’on lâche. Ici, c’est pour ta valeur que tu seras jugée, et estimée, pas pour le sang qui coule dans tes veines. »

Nymeria se rapprocha de la lysienne sans la quitter du regard, ne s’arrêtant qu’après avoir atteint la table et gobé un grain de raisin.

« Tant que tu seras à mon service, aucun autre n’aura le moindre pouvoir sur toi. Quelle qu’ait été ta vie auparavant, avec ses horreurs, ses bonheurs ou ses espoirs, tu es plus libre que tu aies jamais pu l’être. Ton corps t’appartient, comme ta volonté, et ce qui fait de toi ce que tu es. Aucun titre de noblesse, aucune influence ne saurait effacer la protection dont font l’objet ceux qui me sont les plus dévoués. Car si ta main peut-être un outil qui sert ma cause, mon nom, et mon influence, seront ce qui te protégera, et t’apporteront plus encore.

En échange, je ne demande que ta loyauté. Choisis de te mettre à mon service, plutôt que de voir tout ceci comme une simple transaction commerciale, et tu auras une alliée fidèle, un poids d’influence qui pourrait t’aider à accomplir bien plus que ce que tu pourrais faire seule. Peut-être même qu’un jour tu auras d’autres raisons, les tiennes, pour me suivre. Ou bien tu pourras continuer ta route librement. Ce sera alors ton choix, pas le mien. »


Ayant terminé sa diatribe, Nymeria se laisse retomber sur son siège, et avala une large lampée du vin se trouvant dans sa coupe. Elle laissa le temps à Menaka de digérer ses paroles, avant de poser sa propre question :

« Maintenant que tu sais tout cela… Dis-moi, pourquoi devrais-je te faire confiance à toi ?»

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Menaka
DORNE
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MessageSujet: Re: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Lun 30 Oct 2017 - 1:16

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« Parce qu’il n’y a qu’à mes cotés que tu pourras atteindre ton plein potentiel. Ailleurs, ils te bailloneraient, te feraient rendre des comptes à un homme de plus haute naissance qui serait jugé digne de la présence de ton maître. Tu n’aurais droit à rien de plus que quelques piécettes et une couchette occasionnelle dans les quartiers des serviteurs. A la seconde où tu ne les satisferais plus, tu mourrais. Tu ne serais rien d’autre qu’un chien qu’on lâche. Ici, c’est pour ta valeur que tu seras jugée, et estimée, pas pour le sang qui coule dans tes veines. »



Ses yeux sont dans les miens. Ils ne sont plus aussi doux que tout à l’heure. Une aubade un peu plus brulante. Je comprends que mes mots ont dépassé ce qu’ils appellent bienséance. J’ai touché quelque chose de trop sensible, quelque chose qu’elle va garder à l’esprit. Et, tant mieux si elle pense à moi. Il y a en elle quelque chose de violent, de farouche qui demeure secrètement gardé, mais que je veux connaitre. Elle aurait pu venir jusqu’à moi, mais son corps se stoppe et dans un mouvement gracieux s’empare d’un morceau de la grappe juteuse. Je la regarde croquer cette peau. Moi, je ne baisserai pas mon regard. Je veux qu’elle voit ce que ses paroles créaient en mon âme. Quelque part, elle dit vrai. En dehors de Lys, en dehors de mon bordel, je ne connais rien. Je ne sais que vaguement comment le monde s’organise, j’ai été une privilégiée, mais une chienne est une image parlante. J’imagine une corde autour de mon cou que l’on tire à m’étrangler. Si on me tuait à petits coups d’humiliations : aurais-je peur de la mort?

« Tant que tu seras à mon service, aucun autre n’aura le moindre pouvoir sur toi. Quelle qu’ait été ta vie auparavant, avec ses horreurs, ses bonheurs ou ses espoirs, tu es plus libre que tu aies jamais pu l’être. Ton corps t’appartient, comme ta volonté, et ce qui fait de toi ce que tu es. Aucun titre de noblesse, aucune influence ne saurait effacer la protection dont font l’objet ceux qui me sont les plus dévoués. Car si ta main peut-être un outil qui sert ma cause, mon nom, et mon influence, seront ce qui te protégera, et t’apporteront plus encore. »



Encore une fois, j’aimerais pouvoir comprendre mieux ses paroles. J’aimerais laisser mes doigts faire taire ses lèvres, mais ce sont des gestes qu’ici je n’ai pas le droit de faire. Je peux bien parler, dire quelques mots de trop, mais toucher leur déesse, c’est hors de question. Alors, je plisse un peu plus mes noires iris. Oui, j’aimerais pouvoir tout comprendre, tout savoir et ce jusque dans leur subtilité. Je médite ses mots et je la regarde toujours. 


« En échange, je ne demande que ta loyauté. Choisis de te mettre à mon service, plutôt que de voir tout ceci comme une simple transaction commerciale, et tu auras une alliée fidèle, un poids d’influence qui pourrait t’aider à accomplir bien plus que ce que tu pourrais faire seule. Peut-être même qu’un jour tu auras d’autres raisons, les tiennes, pour me suivre. Ou bien tu pourras continuer ta route librement. Ce sera alors ton choix, pas le mien. »



Ma loyauté. Avais-je déjà donné ma loyauté autre qu’à ma seule personne? C’était une question qui venait, subitement, détruire les quelques idées que je m’étais construite. Je me rendais compte que Nymeria faisait bien plus que lancer une simple bourse à mes pieds. Elle me tendait une main, étrange et étrangère, me promettant un avenir inconnu, mais des possibles. Elle faisait bien plus que la Conseillère ne m’avait promise. Mes yeux se laissent embraser d’une chaleur nouvelle et dévorante. Personne ne m’avait jamais tendu une telle main, et je devais l’avouer, il m’était difficile d’en comprendre les réels enjeux. Voulais-je réellement sortir de l’ombre que la terre m’avait donnée? Voulais-je m’enrouler autour de ce corps gracile et épouser ses idées? J’aurais pu réfléchir longtemps à ces questionnements, si ses mots n’avaient sonné un glas sans équivoque.

« Maintenant que tu sais tout cela… Dis-moi, pourquoi devrais-je te faire confiance à toi ? »



Désormais sur son fauteuil, nos regards ne se cherchent plus. Assoiffées ses lèvres prennent quelques gorgées de cette liqueur merveilleuse qui éveille bien plus que les sens… Je me laisse le temps de la réflexion et replace une mèche derrière mon oreille. Bien sûr, ses mots changeaient beaucoup à l’équation. Nymeria apparaissait comme la princesse guerrière qu'elle était désormais. Pour autant, cela ne changeait pas ce qui demeurait vrai en ce monde : la confiance n’existait pas. Pour moi, elle n’existait pas et si Nymeria voulait me faire confiance, je devrais lui donner la mienne aussi. Elle pouvait me payer, mais pour entreprendre de former quelques sages sillages autour de moi il faudrait que ce jeu continue longtemps. Il faudrait que, plus que la nudité, nous arrivions à l’écorce de nos âmes. Alors, comment pouvait-elle me faire confiance? Je peux sentir derrière moi les gardes se redresser, le métal de leur armure bien trop polie s’entrechoque. Un léger bruit dans l’air du soir.



« Les femmes comme nous, ne peuvent pas réellement donner leur confiance. »



Comme elle, je continue de boire et croire en ce vin si doux. Je me concentre pour faire plus d’efforts dans mes phrases, parce que je ne veux pas qu’elle comprenne mal le sens de mes mots. C’était sous-entendu étrangement, mais je la valorisai. Donner sa confiance signifiait bien trop de choses ; la foi en un autre être humain, accepter la trahison, s’abandonner à la bienveillance de quelqu’un… C’était beaucoup. J’avais déjà tenté de donner ma confiance à mon frère, et voilà où j’étais aujourd’hui. Maa, c’était différent, j’étais son sang et sa propre chair. Nous avions besoin l’une de l’autre comme d’une force vitale. Sans elle, je serai morte et sans moi, c’était elle qui serait morte. Quoiqu’elle soit désormais morte, les choses auraient du être différentes. Mon frère avait donc lui aussi fait confiance en ses propres frères. Que de mauvaises équations ou mauvais choix !



« Vulnérabilité. Dépendance. »



C’était les mots qui me venaient en tête quand je prononçais le mot confiance. Autant être honnête avec la princesse, ce mot je ne l’aimais pas. Il m’était sauvagement infâme, j’aurais aimé le garder le plus longtemps possible loin de moi. Mon sourire, si il y en avait un, s’efface. Nous n’avons pas vécu dans le même monde. Nous n’avons pas vécu les mêmes peurs et les mêmes chagrins. Nous nous sommes forgées différemment. Pour moi, la moindre erreur, la moindre faiblesse et c’était la mort. Elle était née dans un royaume de princes, j’étais née dans l’enfer de la méritocratie. Je n’avais fait confiance qu’à une seule chose toutes ces années, moi-même. Moi-même et ce qui en était sa part matérielle, ma dague. D’un coup de bras vaporeux, comme un geste de ces danses devenues part de moi, je révèle la présence de celle qui ne me quitte jamais. Le geste n’est pas agressif, mes paumes sont platement ouvertes vers le ciel, dont les étoiles chassent les dernières couleurs.



« Mon père me l’a donnée pour que je le tue. »



Dans un monde où les enfants devaient tuer les pères, la confiance était inexistante. Sa question était excellente, tout autant que redoutable. Je ne pouvais me prosterner et lui baiser les pieds de promesses étincelantes que je n’étais pas sûre de pouvoir tenir. En revanche, ma dague, cette partie là de moi, obéirait à n’importe quelles quêtes demandées. J’avais été élevée dans l’idée que le jour où l’âme n’était plus en accord avec son instrument, celui-ci se retournerait contre elle. Logé dans le coeur. 


« Donne… donnez-lui un nouveau sens, et jamais elle ne se retournera contre vous. »



Mon éducation était étrange, loin de tous leurs protocoles et conventions érigées. Pourtant, ses règles étaient longues et compliquées. Je m'étais appliquée à employer la tournure alambiquée de leur politesse pour tenter de le lui faire comprendre.



« Que voulez-vous lui demander, princesse Nymeria? »



J’avais baissé les yeux, je la respectai. Sortie de son étui d’ivoire, la lame vers la naissance de ma poitrine dévoilée, je la lui présentai. C’était ma nouvelle question. Notre nouvelle question.
lumos maxima

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I'm well acquainted with villains that live in my bed They beg me to write them so they'll never die
   
crackle bones
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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Mer 22 Nov 2017 - 16:23




Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère
« Menaka & Nymeria Martell»



« Les femmes comme nous, ne peuvent pas réellement donner leur confiance. Vulnérabilité. Dépendance. »



Une réflexion intéressante, s’il en était. Longtemps, Nymeria avait pensé la même chose, jusqu’à ce qu’elle endosse les responsabilités que son frère et sa mère avaient assumé avant elle. Jusque là, elle avait toujours cru que la confiance était une marque de faiblesse, ou en tout cas un appel à perdre un jour bien plus que ce que l’on pouvait y gagner. Après tout, Tristam avait accordé sa confiance au Val, croyant que son mariage avec une Arryn suffirait à effacer les différences entre les deux Maisons, et il n’avait récolté que la mort, de la main d’une valoise si pas directement de celle de son épouse. D’autres exemples de confiance trahie, de serments brisés et de promesses non tenues, il en existait des centaines dans l’histoire de Dorne, et des dizaines dans la mémoire de sa Régente.

Celle-ci sourit en coin, pourtant. Elle avait appris, depuis. Si elle ne pouvait pas accorder sa confiance, au moins à ceux qui lui étaient les plus proches, c’était tout l’appareil étatique de la Principauté qui s’effondrerait. Aussi capable et dévouée à son devoir soit-elle, la Martell n’avait ni le temps, ni les compétences, de gérer des terres aussi étendues sous chaque facette et dans tous les détails. Dès lors, trouver des personnes à qui elle pouvait, en toute quiétude, confier certaines tâches était une nécessité qu’elle avait dû apprendre, parfois difficilement, à accepter. Pour certains, la chose était simple, après tout Myriah avait depuis longtemps tout partagé avec sa souveraine, et il était évident que la Ferboys lui était dévouée, jusqu’à son dernier souffle. Et pourtant, malgré cette relation, il y avait des choses que Nymeria avait jugé bon de ne pas lui confier, sans doute autant pour lui épargner un choix difficile que pour éviter d’avoir à affronter son désaccord… La confiance était finalement une chose toute relative.

Et puis, il y avait les autres, ceux dont elle ne pouvait pas vraiment être certaine. Depuis toujours, la Princesse Régente soupçonnait Quentyn d’avoir aidé à l’évasion d’Etaine, sans pour autant pouvoir le prouver. Elle savait que sa loyauté à Dorne était inconditionnelle, certes, et avec le recul, l’évasion de la Colombe avait sans doute éviter une erreur politique grave, mais si vraiment son oncle avait aidé dans cette affaire, il avait agi dans son dos, et ce genre de choses n’était pas pardonnable pour le conseiller proche qu’il devait être. Et, que dire de Manfrey, dont la simple pensée de devenir héritier pourrait bien un jour le pousser dans des extrêmes insensés ? Tous les deux étaient son sang, sa famille, une notion qui signifiait bien plus à Dorne qu’ailleurs, et pourtant, Nymeria ne pouvait pas s’empêcher d’avoir un doute sur leur loyauté totale et inconditionnelle. C’était là l’une des raisons de la présence de Menaka, la Lysienne n’aurait aucun scrupule à surveiller des membres de sa famille, là où des natifs de Dorne auraient pu hésiter. Cette mesure était certainement inutile, mais... La certitude était préférable au doute dans ce genre de cas.

« Mon père me l’a donnée pour que je le tue. »

La lame à présent entre les mains de la jeune femme eut sur les gardes un effet presque imperceptible. Dans d’autres circonstances, avec un autre Martell à protéger, sans doute auraient-ils sauté sur cette étrangère qui était venue rencontrer un membre de la famille régnante muni d’une dague, d’autant plus après les multiples assassinats dont les prédécesseurs de Nymeria avait été victime. Mais ils n’avaient fait que porter une attention plus vive à cette invitée étrangère, après avoir jeté un regard à leur Princesse, qui elle n’avait pas cillé quand elle avait aperçu le métal apparaître de nulle part. Ils savaient parfaitement que Nymeria n’avait pas besoin de protection, ou en tout cas pas à la manière dont les autres Martell en avaient besoin. Si Menaka se décidait à se montrer aggressive, ils agiraient, mais ils savaient leur Princesse Régente suffisamment habile pour au moins éviter une première attaque, et ils la connaissaient trop bien que pour oser interrompre sa conversation sans son accord.

La dornienne, elle, observait cet instrument de mort, toujours admirative du fait que des objets créés pour tuer pouvaient être si esthétiques. La facture de l’arme n’avait rien à voir avec ce qui se faisait à Dorne. Dire qu’elle était meilleure, ou plus belle n’aurait pas forcément été une vérité, elle était différente, mais pourtant l’importance visible que lui accordait sa propriétaire offrait à ce qui aurait pu n’être qu’une autre pièce d’acier et de tranchant une dimension toute autre. Dans le ton de la voix de Menaka, on pouvait comprendre qu’une part de son être était, d’une façon ou d’une autre, incarnée dans cet objet, et il s’agissait là de tout autre chose que ces seigneurs du nord qui exultaient de fierté parce qu’ils possédaient une épée valyrienne, parfois même alors qu’ils ignoraient comment s’en servir correctement. La Régente n’avait que peu de respect pour une fierté si mal placée, mais pour ce que semblait représenter cette dague, il était difficile de ne pas accorder la valeur qu’elle méritait à une dévotion envers ce qui devait être la représentation d’un mode de vie à part entière.

« Donne… donnez-lui un nouveau sens, et jamais elle ne se retournera contre vous. Que voulez-vous lui demander, princesse Nymeria? »

Lentement, la Princesse Régente prit l’arme qui lui était présentée, dans un geste qui se voulait aussi respectueux que possible. Elle jeta ensuite un regard aux gardes, leur présence n’était plus nécessaire à présent, du moins tout semblait le penser. Sans doute était-il temps de prendre le risque de la confiance…

« Laissez-nous. »

Un salut, et sans un mot, les gardes quittèrent la terrasse, laissant désormais les deux femmes seules, avec pour seuls témoins les quelques oiseaux qui s’étaient posés dans la végétation de la terrasse. Réaffirmant son assise, Nymeria se redressa contre le dossier de son siège, passant un doigt contre le tranchant de la lame, résistant à l’envie d’en tester l’équilibre. Il n’était pas temps de faire des gestes inconsidérés envers un objet que son interlocutrice devait, à tout le moins, considérer comme très important pour elle, voire sacré.

« Tu avais raison, quand tu disais que la confiance était dangereuse. Mais tu avais tort, en disant que nous ne pouvions pas la donner. Vient un moment où l’accorder devient une nécessité, pour avancer et atteindre ses objectifs… Même s’il ne faut pas confondre le fait d’accorder une confiance à quelqu’un avec l’exercice d’un aveuglement total en ce qui concerne sa loyauté. Croire en ceux qui te sont les plus proches, tout en n’excluant pas qu’un jour où l’autre, les choses peuvent changer. C’est la raison pour laquelle tu es là, et la raison pour laquelle, pour le moment, je décide que tu auras ma confiance.»

D’un geste rapide, la dornienne fit tourner la lame dans sa main, tendant le pommeau de la dague vers la Lysienne, attendant qu’elle s’en saisisse à nouveau. Alors seulement elle reprit la parole, parlant sur un ton qui ne révélait rien des émotions contradictoires que lui inspiraient sa décision, tout en sachant qu’elle devait être prise.

« Tu ne viens pas d’ici, et c’est là tout ton avantage. Tu n’as pas d’à priori sur ceux qui vivent dans l’enceinte de mon palais, et tu ne présumes pas de leur allégeance. Tu n’auras pas de scrupules à voir ce que d’autres se refuseraient à voir parce que cela briserait leur conviction. Si l’un de mes proches m’a trahi, si j’ai commis en erreur en lui faisant confiance, tu seras la mieux placée pour le savoir et me le rapporter, parce qu’ils ne feront pas attention à quelqu’un dont ils croient qu’elle n’est là que pour tuer en mon nom, et pour l’argent. Ce sera là sans doute ta tâche la plus difficile, et la plus longue. Entre temps… »

Alors qu’elle se relevait, Nymeria invita la jeune femme à la suivre jusqu’au bord de la terrasse, observant l’horizon du désert qui s’assombrissait un peu plus à chaque seconde. On ne pouvait pas les voir, elles étaient trop éloignées, mais les Montages Rouges étaient dans cette direction, et avec elles, la seule force armée qui s’opposait encore au règne des Martell à Dorne, à son règne.

« Au-delà des déserts, une chaine de montagne marque la fin de mes terres, et le début de celles des dragons. Ce sont nos ennemis, et un jour, je ne doute pas qu’ils les franchiront pour essayer de faire de nous leurs esclaves, mais… Ce jour est encore loin d’être venu, et je ferai ce qu’il faut pour m’assurer qu’il vienne le plus tard possible, quand nous serons les mieux préparés. Pour ça, j’ai besoin que Dorne soit unie derrière moi, et dans son entièreté, sans l’ombre d’un doute, rien ne sera plus nécessaire que cela, si je dois me dresser face aux Targaryen.

Bientôt… Très bientôt, je lancerai une campagne pour exterminer ces rebelles qui se cachent depuis trop longtemps sur nos terres, et qui ont été jusqu’à assassiner ma mère. Leur mort sera le symbole de l’unification, et la vengeance des Martell sur un de leurs ennemis, laissant le champ libre pour se tourner vers les autres. Alors, il sera temps de parler de tes autres missions. Mais pour le moment… Le moment venu, tu seras l’un des éléments clés de leur destruction. Ce sera ta première mission, ta première épreuve, la preuve que tu es bien ce que Myriah m’a dit que tu étais. Alors, ma dernière question pour toi est la suivante… »

Alors que la Princesse se tournait vers Menaka, c’était le regard d’une guerrière qui brillait dans ses pupilles, et le sourire carnassier d’un prédateur qui se formait au coin de sa bouche. Longtemps, elle avait attendu cette occasion de se venger, rassemblant informations et faveurs pour finalement obtenir tout ce qui était nécessaire pour localiser et détruire ceux qui avaient osé tuer sa mère. Sa vengance était désormais si proche, mais beaucoup restait à faire, et comme d’autres personnes, la Lysienne aurait son rôle à jouer.

« Es-tu prête ? »

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Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère

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