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 Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère

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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Mer 27 Sep 2017 - 21:26




Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère
« Menaka & Nymeria Martell»

« ... c’est difficile simplement de s’habituer à la quiétude. »[/i]

Hôchant la tête, Nymeria attrapa une nouvelle datte qu’elle goba rapidement. Il lui avait fallu du temps pour se faire au calme, elle qui ne rêvait que d’action et d’agitation. Pendant longtemps, elle n’avait eu aucune charge qui lui pesait sur les épaules, la laissant libre d’agir à sa guise, d’aller et venir dans les rues de Lancehélion, ou plus loin encore. Tout cela n’était plus qu’un souvenir désormais, et la Princesse se devait parfois d’être aussi diplomate qu’elle était sanguine, que cela lui plaise ou non. Pour autant, le palais était loin d’être aussi calme qu’il paraissait être, c’était d’ailleurs là l’une des raisons qui avaient poussé la Martell à s’acheter les services d’une étrangère.

« Tu découvriras bien assez vite, cependant, que ce calme n’est qu’une façade à des agitations plus… Discrètes. Mais nous aurons tout le loisir d’en parler plus tard. »

C’était le genre de sujet que Nymeria n’aborderait qu’une fois qu’elle saurait que la Lysienne était celle que Myriah disait qu’elle était, et par dessus tout, qu’elle était digne de sa confiance. Un sujet qu’elle aborderait une fois qu’elle aurait enjoint à ses gardes de quitter la terrasse, car il y avait des choses qui ne pouvaient être murmurées qu’à l’oreille d’un seul genre de personne, aussi fidèles qu’ils pouvaient lui être. Mieux valait commencer par apprendre à la connaître, à cerner le genre de femme qu’elle était. Sans doute Menaka parlait-elle peu à cause de son accent marqué, mais la Martell n’était pas du genre à abandonner ses projets de discussion pour ce genre de détail, que ce soit par gêne ou simplement par sympathie. Non, elle obtiendrait ce qu’elle voulait ce soir, même s’il lui fallait poser pour cela des milliers de questions.

« Je ne sais pas grand-chose de Lys, si ce n’est ce qu’on m’en a raconté. Je suis certaine cependant que tu m’en ferais une description plus authentique, tout comme je refuserais qu’un étranger te décrive Dorne en prétendant tout connaître sur elle. Myriah me disait que tu faisais partie d’une Maison d’assassins ? Comment était ta vie là-bas ? La regrettes-tu ? »

Alors qu’elle terminait sa diatribe, la brune remplit les deux coupes en or posées sur la table de vin dornien, gardé au frais dans les caves grâce à un procédé qui permettait à celles-ci de conserver la fraîcheur de la nuit même pendant les heures les plus chaudes de la journée. Une légère condensation se forma sur les bords des récipients au contact du liquide, apportant au contenant un contact froid aussi bienvenu que son contenu par la chaleur qui persistait encore malgré la bassesse du soleil. Observant l’horizon au loin, Nymeria poussa un soupir, n’imaginant que trop bien ce qu’elle ressentirait loin de ces paysages et de ces terres qui étaient à jamais son unique foyer. Peut-être qu’évoquer ces souvenirs serait trop douloureux pour la femme assise auprès d’elle, après tout. Si elle-même avait été bannie de Dorne, évoquer l’époque où elle s’y trouvait aurait été autant de poignards dans son coeur que de mots qu’elle aurait eu à prononcer.

« Si mes questions te sont douloureuses, tu peux les ignorer, et je t’offre mes excuses. Néanmoins, j’aimerais en apprendre plus sur toi, comme tu dois t’en douter. Après tout, si nous devons travailler ensemble… Mieux vaut apprendre à nous appréhender au plus vite. »


Offrant un demi sourire à la Lysienne, Nymeria profita d’un court silence pour observer le visage de celle-ci. Menaka était belle, oui, et elle ressemblait plus aux Dorniens qu’elle ne l’avait imaginé avant de la rencontrer. Pour autant, ses vêtements trahissaient son origine étrangère aussi sûrement que son accent, mais c’était son regard qui intriguait le plus la Princesse Régente. Des dizaines de sentiments et d’attitudes y étaient mêlés, de la rage à la servilité, du calme à la colère. Une chose suffisamment singulière pour être notée, elle ne baissait pas les yeux lorsque la Martell l’observait, contrairement à la plupart des membres de sa Cour. Tous, pour être exacts, si l’on excluait sa propre famille, et Myriah, bien entendu. Aucune loi n’interdisait de soutenir le regard de la Princesse Régente, mais il y avait quelque chose dans ses yeux, le reflet de son âme pareille au Soleil de son blason, qui semblait brûler ceux qui l’observaient trop longtemps et les pousser à regarder ailleurs. Respect ? Désir ? Jalousie ? Peu lui importait, finalement. Mais Nymeria savait pertinemment que ceux qui étaient incapables de soutenir son regard n’étaient pas faits pour diriger, ou la conseiller. Car après tout, ceux qui ne peuvent regarder le Soleil en face sans ciller ne seront jamais capable de rester à ses côtés bien longtemps.

« S’il y a des choses que tu aimerais savoir, n’hésite pas à poser la question, toi aussi. Connaître l’endroit où tu évolues, et les gens qui sont autour de toi sont un premier pas pour que tu fasses de Lancehélion un endroit agréable pour toi, si tu n’as pas le coeur d’en faire ton foyer. »

En terminant sa phrase, la dornienne croisa une jambe au dessus de l’autre, incapable qu’elle était de rester bien longtemps dans la même position. Elle pouvait faire des compromis avec son âme, oui, mais elle ne pourrait jamais faire taire cette impatience perpétuelle et cette soif de sensations qui faisait d’elle ce qu’elle était.

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Menaka
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Jeu 5 Oct 2017 - 19:14

They say an end can be a start


L’Astre se couche. Spectacle explosif où oranges et roses se côtoient. Parfaitement rond, il flotte sur la Mer d’été. Quelques instants… Quelques instants allègres pendant lesquels le château berbère allume ses milliers de flammes. Tant de milliers d’ardeurs qui ondulent dans la nuit. Une chose sublime que Lancéhélion. Ma nouvelle maison. Ma terre d’accueil. Mes yeux semblent défier la boule de feu jouant avec les flots miroitants. Lys est loin. Lys est quelque part là-bas, interdite à ma vision. Ce n’est pas pour autant que je ne la vois pas. Je la vois très bien. Et je porte en moi cette cicatrice de ma fierté violée… Mon frère, je reviendrai rôder sur nos ruines. 


Ici, les choses sont différentes. La langue est plus chantante, plus poétique. Une chanson douce et bien trompeuse ! Rien à voir avec la langue bâtarde d’un valyrien oublié. Rien à voir, oui. Tout ici évoque les moeurs et les traditions ancestrale. Dérobées et secrètes, ces moeurs sont un éden où la femme est reine. En soi, ça ne change pas grand chose à Lys. L’île où les cuisses sont la naissance du monde inconnu : pouvoir, parricide, fratricide, matricide, ruine et décadence. Corps à corps nus et éperdus. Les miens s’enivrent des sens en ébullitions ; les mains de leurs dévouées avancées, l’argent coulant à flot et les petits crimes heureux. Il n’y a rien que personne ne sait. Ici, les clefs sont bien plus délicates à avoir. Pays de fées, bel oasis à l’orée du désert. Le palais est un paradis regretté pour tous les trépassés de ses murs. Pour les vivants, il est dénombrable couloirs et passages tortueux. Tout aussi romantique que dangereux. Les cours des bains sont prisées des regards curieux qui laissent leur regard percer la beauté charnelle. Temple de la fascination, les lieux sont empreints de fantastique, de violence et d’érotisme. Tout est si beau, si grand, si élégant , si calme : mon imagination fourmille de mille et un crime. A chaque salle découverte je lui invente une histoire sanguinaire. Je ne pose pas beaucoup de questions, mais j’imagine l’histoire de cette famille insoumise, invaincue intacte. Les fantômes de leurs dagues viennent hanter en contrepieds parfait cette préciosité des pierres, délicates et fleuries. 


Silencieusement, je longe les galeries qui m’amènent à la princesse. Mes pas inaudibles, personne ne semble me remarquer. Dans l’ombre du soleil éternel, je suis un mystère qui lézarde les murs. Je n’ai jamais eu d’ami et ma famille m’a été arrachée. Les bruits familiers du harem parfois j’en rêve la nuit. Alors, mon pouce passe sur mes lèvres : oui, je souris. Si je regarde la mer, je ne regarde jamais le passé. Vain et inutile est de tomber dans une contemplation passive de sa propre vie. Entre ces murs, je dois faire mes preuves. Je dois vivre.



☾ ☾ ☾

Son corps est musclé, il ondule dans le décor et impose sa juste place. Les femmes de Dorne étaient des femmes surprenantes et en ça, il me plaisait d’évoluer autour d’elles. Belles, toutes ressemblaient à des fruits piquants dont il était difficile de se détourner. Leurs faciès étaient bien plus proches du mien que des Lysiennes. Ce détail m’était salutaire ; parmi elles je n'étais qu'une autre. Néanmoins, je n’avais jamais croisé personne d'aussi puissante que Nymeria Martell. Dans sa paume elle tenait bien plus que des milliers de vies : les sujets s’inclinaient à ses pieds. Avant, je n’avais jamais vu personne poser front à terre devant quelqu’un. Pas par crainte, déférence ou respect. Je ne comprends pas comment fonctionne leur monde, ni arrive à imaginer le pays des dragons des milliers de lieues à l’horizon. On chuchotait beaucoup et la moitié m'est incompréhensible car trop rapide, trop précipitée. 


« Menaka, bienvenue. Installe-toi, je t’en prie. Etant donné la chaleur, je n’ai fait monter que des fruits et du vin, mais si tu désires manger autre chose... »


Sa main est sur mon avant-bras comme un geste naturel. Une invitation à prendre part à cette réunion insolite. Ce que je fais. Je ne regarde pas les gardes derrière moi, je ne leur demanderai rien. Je n’aime pas leur présence omnisciente. Je n’ai jamais été habituée à voir des hommes porter des uniformes et rester immobiles aux coins des pièces et des portes. Ils ressemblent à des statues pétrifiées. Je n’aime pas ça.

« Lancehélion et le Palais doivent te sembler dépaysants. T’accomodes-tu bien à ton nouvel environnement ? »

Sa robe laisse apparaitre la peau de son corps. Une surprise supplémentaire de Dorne. Chez moi, seule les prostituées se permettent de jouer à l’ombre et la lumière avec leurs corps. Je suis partie de Lys avec aucune possession personnelle à part ma dague, qui est en permanence dissimulée à ma taille. Elle ne me quitte pas. Jamais. Mes habits de fêtes je les ai troqués pour des vêtements simples et caméléon. La manière ancestrale de ma Maison : une tunique longue qui dissimule un pantalon large et éthéré. Finalement, après quelques égarements de ma pensée : je pose mon regard sur son visage léché. Que pouvais-je lui répondre? On ne m’avait jamais demandé de tenir des conversations, on ne m’avait jamais demandé d’avoir un esprit lettré. A l’art de la conversation, je ne prenais part. J’allais devoir apprendre. Le parfum du musc et jasmin ma rappelle qu’ici c’est un nouveau monde. Un nouveau terrain. Une nouvelle façon de procéder.



« Oui… »


Mon accent est marqué. Il ne veut pas partir. Je ne parle pas assez pour qu’il parte.Ces derniers mois, j’ai appris petit à petit. Sans le choix de ne pas y arriver. Or, je ne pratique pas assez. Les hommes du palais aimeraient bien que je le fasse avec eux, mais mes lèvres restent scellées. Ici, je suis maitresse de mon destin. Et mon destin il n’a pas de mots. Les mots ont leur histoire et leur vie propre. On peut tenter de les enchainer à des idées et des manières, mais ils vivent, pensent et vont jusqu’à se retourner contre nous. Le dos sanglant, il est alors trop tard pour les reprendre.



« ... c’est difficile simplement de s’habituer à la quiétude. »
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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Dim 8 Oct 2017 - 21:49




Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère
« Menaka & Nymeria Martell»

« ... c’est difficile simplement de s’habituer à la quiétude. »[/i]

Hôchant la tête, Nymeria attrapa une nouvelle datte qu’elle goba rapidement. Il lui avait fallu du temps pour se faire au calme, elle qui ne rêvait que d’action et d’agitation. Pendant longtemps, elle n’avait eu aucune charge qui lui pesait sur les épaules, la laissant libre d’agir à sa guise, d’aller et venir dans les rues de Lancehélion, ou plus loin encore. Tout cela n’était plus qu’un souvenir désormais, et la Princesse se devait parfois d’être aussi diplomate qu’elle était sanguine, que cela lui plaise ou non. Pour autant, le palais était loin d’être aussi calme qu’il paraissait être, c’était d’ailleurs là l’une des raisons qui avaient poussé la Martell à s’acheter les services d’une étrangère.

« Tu découvriras bien assez vite, cependant, que ce calme n’est qu’une façade à des agitations plus… Discrètes. Mais nous aurons tout le loisir d’en parler plus tard. »

C’était le genre de sujet que Nymeria n’aborderait qu’une fois qu’elle saurait que la Lysienne était celle que Myriah disait qu’elle était, et par dessus tout, qu’elle était digne de sa confiance. Un sujet qu’elle aborderait une fois qu’elle aurait enjoint à ses gardes de quitter la terrasse, car il y avait des choses qui ne pouvaient être murmurées qu’à l’oreille d’un seul genre de personne, aussi fidèles qu’ils pouvaient lui être. Mieux valait commencer par apprendre à la connaître, à cerner le genre de femme qu’elle était. Sans doute Menaka parlait-elle peu à cause de son accent marqué, mais la Martell n’était pas du genre à abandonner ses projets de discussion pour ce genre de détail, que ce soit par gêne ou simplement par sympathie. Non, elle obtiendrait ce qu’elle voulait ce soir, même s’il lui fallait poser pour cela des milliers de questions.

« Je ne sais pas grand-chose de Lys, si ce n’est ce qu’on m’en a raconté. Je suis certaine cependant que tu m’en ferais une description plus authentique, tout comme je refuserais qu’un étranger te décrive Dorne en prétendant tout connaître sur elle. Myriah me disait que tu faisais partie d’une Maison d’assassins ? Comment était ta vie là-bas ? La regrettes-tu ? »

Alors qu’elle terminait sa diatribe, la brune remplit les deux coupes en or posées sur la table de vin dornien, gardé au frais dans les caves grâce à un procédé qui permettait à celles-ci de conserver la fraîcheur de la nuit même pendant les heures les plus chaudes de la journée. Une légère condensation se forma sur les bords des récipients au contact du liquide, apportant au contenant un contact froid aussi bienvenu que son contenu par la chaleur qui persistait encore malgré la bassesse du soleil. Observant l’horizon au loin, Nymeria poussa un soupir, n’imaginant que trop bien ce qu’elle ressentirait loin de ces paysages et de ces terres qui étaient à jamais son unique foyer. Peut-être qu’évoquer ces souvenirs serait trop douloureux pour la femme assise auprès d’elle, après tout. Si elle-même avait été bannie de Dorne, évoquer l’époque où elle s’y trouvait aurait été autant de poignards dans son coeur que de mots qu’elle aurait eu à prononcer.

« Si mes questions te sont douloureuses, tu peux les ignorer, et je t’offre mes excuses. Néanmoins, j’aimerais en apprendre plus sur toi, comme tu dois t’en douter. Après tout, si nous devons travailler ensemble… Mieux vaut apprendre à nous appréhender au plus vite. »


Offrant un demi sourire à la Lysienne, Nymeria profita d’un court silence pour observer le visage de celle-ci. Menaka était belle, oui, et elle ressemblait plus aux Dorniens qu’elle ne l’avait imaginé avant de la rencontrer. Pour autant, ses vêtements trahissaient son origine étrangère aussi sûrement que son accent, mais c’était son regard qui intriguait le plus la Princesse Régente. Des dizaines de sentiments et d’attitudes y étaient mêlés, de la rage à la servilité, du calme à la colère. Une chose suffisamment singulière pour être notée, elle ne baissait pas les yeux lorsque la Martell l’observait, contrairement à la plupart des membres de sa Cour. Tous, pour être exacts, si l’on excluait sa propre famille, et Myriah, bien entendu. Aucune loi n’interdisait de soutenir le regard de la Princesse Régente, mais il y avait quelque chose dans ses yeux, le reflet de son âme pareille au Soleil de son blason, qui semblait brûler ceux qui l’observaient trop longtemps et les pousser à regarder ailleurs. Respect ? Désir ? Jalousie ? Peu lui importait, finalement. Mais Nymeria savait pertinemment que ceux qui étaient incapables de soutenir son regard n’étaient pas faits pour diriger, ou la conseiller. Car après tout, ceux qui ne peuvent regarder le Soleil en face sans ciller ne seront jamais capable de rester à ses côtés bien longtemps.

« S’il y a des choses que tu aimerais savoir, n’hésite pas à poser la question, toi aussi. Connaître l’endroit où tu évolues, et les gens qui sont autour de toi sont un premier pas pour que tu fasses de Lancehélion un endroit agréable pour toi, si tu n’as pas le coeur d’en faire ton foyer. »

En terminant sa phrase, la dornienne croisa une jambe au dessus de l’autre, incapable qu’elle était de rester bien longtemps dans la même position. Elle pouvait faire des compromis avec son âme, oui, mais elle ne pourrait jamais faire taire cette impatience perpétuelle et cette soif de sensations qui faisait d’elle ce qu’elle était.

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Menaka
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Mar 17 Oct 2017 - 0:02

They say an end can be a start


« Tu découvriras bien assez vite, cependant, que ce calme n’est qu’une façade à des agitations plus… discrètes. Mais nous aurons tout le loisir d’en parler plus tard. »



Pour la première fois. Pour la première fois depuis que je suis arrivée elle évoque ce que je pourrais faire. Ces obscures raisons pour lesquelles elle m’a choisi moi. Tout au moins, pour laquelle elle a dépêché une fortune et une de ses personnes de confiance. Je n’avais pas besoin qu’elle me le dise pour le comprendre. Chez moi, les choses sont bruyantes mais elles renferment le calme le plus froid. Les médianes sont simplement différentes. 



« Je ne sais pas grand-chose de Lys, si ce n’est ce qu’on m’en a raconté. Je suis certaine cependant que tu m’en ferais une description plus authentique, tout comme je refuserais qu’un étranger te décrive Dorne en prétendant tout connaître sur elle. Myriah me disait que tu faisais partie d’une Maison d’assassins? Comment était ta vie là-bas? La regrettes-tu? »



Je ne supporte pas le nom de l’ambassadrice. Je ne supporte pas le nom de la Ferboys. Mes pressentiments ne m’ont jamais faillis. Ils me disent qu’elle est un obstacle entre Nymeria et moi. Elle possède des clefs que je n’aurais jamais, tant qu’elle reste dans mon sillage. Bien sûr, elle est loin. Si loin que peut-être qu’elle ne reviendra pas... C’est ... discret, mais j’ai bien compris que l’aventure est périlleuse. J’ai bien compris que la caravane qui s’est ébranlée il y a quelques jours était fragile. Je ne les connais pas les hommes qui sont partis, mais j’ai vu comment ils regardaient l’horizon. Incertain. Elle verse du vin dans des coupes d’or. Une préciosité qui ne lui va pas, mais qui ne m’empêche pas de remercier son geste. Dans la chaleur étouffante du couchant, fraicheur est un repos. Mes doigts s’attardent sur ma nuque. Avec volupté, des perles de pluies d’été caressent ma peau profane. 


« Si mes questions te sont douloureuses, tu peux les ignorer, et je t’offre mes excuses. Néanmoins, j’aimerais en apprendre plus sur toi, comme tu dois t’en douter. Après tout, si nous devons travailler ensemble… Mieux vaut apprendre à nous appréhender au plus vite. »



Une question ne peut être douloureuse. Peut-elle l’être? Je ne sais pas, je ne pense pas. Pour moi la douleur ce n’est pas des mots prononcés autour d’un verre enchanteur, le suc des dattes entres les lèvres. Les coutumes de ces gens me demeurent anonymes, ils placent bien trop de sous-entendus en leurs paroles. Elle ne veut pas que j’ignore ses paroles, pourquoi les poser sinon? Je bois quelques gorgées. Il est bon, je crois. Je n’ai jamais su comprendre ce qu’il fallait dire d’un vin. Dès mes treize ans il a permis d’engourdir mes sens pour oublier quelques poids trop lourds. Quelques poids trop animal et grossier s’agiter entre mes cuisses trop fines. Maintenant, il me faut bien plus qu’une carafe pour m’endormir ; je bois encore. Elle me regarde, elle attend probablement une réponse. Ses lèvres esquissent quelques mouvements, comme un sourire rare qui se veut naitre. Alors, je le soutiens. Elle peut tenter de percer mon âme, mais il faudra qu’elle aussi concède à baisser les armes. Dans ses pupilles dansent bien des défenses austères et brutales. Je sais que personne ne doit les remarquer, mais les autres ne sont pas moi. Il y a quelque chose de fragile dans son regard. 



« S’il y a des choses que tu aimerais savoir, n’hésite pas à poser la question, toi aussi. Connaître l’endroit où tu évolues, et les gens qui sont autour de toi sont un premier pas pour que tu fasses de Lancehélion un endroit agréable pour toi, si tu n’as pas le coeur d’en faire ton foyer. »



Je termine mon verre et me resserre. Je n’ai aucune manière et c’est ma leçon silencieuse. Elle a voulu connaitre comment se passait les choses à Lys. Les choses se passent comme ça, librement. Des autres détails, elle ne les connaitra peut-être jamais. Je ne serai jamais pour elle ce que j’ai été pour les autres. Je ne serai jamais plus une putain. Lancéhélion ne sera pas non plus mon foyer. Je n’ai plus de maison. Je n’ai plus de racines. On me les as arrachées et la Ferboys a porté caution. Je ne suis pas malheureuse d’être ici, mais la sensation est sans mots connus. 


« Pas d'excuses. Je ne veux pas. »



Je ne la regarde plus désormais. Je laisse ma peau toucher celle des fruits. Je ne sais pas lequel choisir, je suis comme une enfant qui doit apprendre de nouvelles saveurs. Ce qui est difficile c’est que je dois accepter d'en oublier d'autres. Or, oublier des saveurs c’est oublier des souvenirs. La cuisine, c’était le seul moment où nous nous retrouvions comme une grande famille. Nous mangions par terre, la bras droit appuyé sur la jambe de terre. Posture lascive et heureuse des femmes et leurs enfants. J’allais devoir accepter d’oublier ma seule enfance.



« Je ne regrette pas Lys. C’est elle qui me regrette. »



Elle avait perdu son meilleur élément. Aux nuits pullulaient les morts ratées et les bourses bien gardées. Nul doute que les maisons devaient être bien calmes et les patios bien ennuyants ! Je ne crois pas que je dois lui raconter comme est véritablement Lys. Je ne suis pas certaine qu’une femme peut entendre ces choses ici, surtout une princesse. Ses robes sont transparentes, elles jouent aux spectacles des ombres comme les catins de nos rues, mais elle ne doit pas savoir. Elle ne doit pas réellement savoir comment faire. Comme les autres, elle doit aimer la sensation qu'elle procure aux hommes et aux femmes, c'est tout.



« Une question pour une question. »



Aucune délicatesse. J’avance dans l’inconnu sans tâtonnement préalable. Elle veut qu'on s’appréhende sans se toucher, elle veut qu’on s'appréhende par les mots. Je donne mes conditions : je ne suis ici sous aucune entrave. Si elle veut connaitre ma vie, elle devra me donner la sienne. Une vie pour une vie. Ses défenses dans ses yeux, ses défenses d’or, elle devra les déposer à terre. Si elle ne joue pas, tant pis. Pour elle.



« Ma maison est Abislah. A Lys je suis une danse, je suis une amante et je tue. Chez moi, les femmes ne sont jamais aussi éloignées. Nous partageons la même coupe et les mêmes doigts. Rien n’est calme. Rien n’est discret. C’est opulence. »



Comment résumer Lys. Il faudrait des mots de poètes et mon vocabulaire est creux. Je pourrais lui faire des gestes, je pourrais lui montrer, je pourrais laisser mes vêtements glisser au sol et lui danser toute l'histoire de mes ancêtres. Oui, je pourrais. Je ne suis pas là pour ça. Je suis là pour elle, mais d’une autre manière. Une manière plus dangereuse et plus loyale. Je bois quelques gorgées, ce vin est bon. Cette saveur je peux bien l’apprendre, je veux bien la laisser couler en moi longtemps. Pour le plaisir. Pour le plaisir de sentir quelque chose aimé glisser en moi.



« Le pouvoir. Il représente quoi pour toi? »




Je ne suis pas de Dorne ; leurs manières empesées ne sont pas pour moi. C’est la condition silencieuse de l’acceptation de mon sort. Le prénom de l’Aspara ne serait être rattaché à la servilité. Un jour, je savais que je lui raconterai cette histoire. Je savais que je lui raconterai l'histoire de ces hommes qui disparurent sous la puissance dévastatrice d’une femme. C’était trop tôt, je n’étais pas certaine que la princesse possède toutes les qualités. Le Bhuta n’était pas encore apparu en ses grands yeux noirs. Ils demeuraient en terre connue et maitrisée. Je voulais qu'elle dévoile un pan de son être, je voulais que la princesse se mettre à nue. 

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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère   Mar 17 Oct 2017 - 13:44




Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère
« Menaka & Nymeria Martell»

« Pas d'excuses. Je ne veux pas. »



Nymeria sourit en coin aux premières paroles de son invitée, toujours aussi peu au fait des manières d’une Cour. La chose était rafraîchissante, surtout venant d’une étrangère à qui elle n’avait que peu adressé la parole depuis son arrivée. Quelques mots, tout au plus, lorsque Myriah lui avait présenté la personne que son or avait amenée jusqu’à Dorne. Jamais, pourtant, quelqu’un n’avait refusé les excuses, bien trop rares même au goût de certains, de la Princesse Régente. De la même façon, elle hausse un sourcil aux mots suivants de la Lysienne. Orgueil ou mélancolie cachée derrière un semblant de colère ? La Martell elle-même n’était pas sûre de pouvoir dire un jour la même chose de sa patrie, si elle devait la quitter. Ses talents étaient-ils tellement extraordinaires ? Pour autant, la dornienne ne fait aucun commentaire, elle est trop peu au fait de la vie à Lys pour se permettre un jugement, et puis, la chose n’avait pas réellement d’importance, c’était le personnage qu’elle voulait connaître, plus que la ville en elle-même.

« Une question pour une question. »

« Essaie celui-là. »

Nymeria n’avait pas répondu, se contentant d’indiquer à la jeune femme une pêche bien mûre, notant son hésitation devant le large plat aux saveurs variées. Il était inutile d’acquiescer à ce qui semblait être une injonction plus qu’une demande, autre incongruité lorsqu’on s’adressait à celle qui commandait à Dorne. Combie de temps était passé depuis qu’on lui avait donné un ordre ? La Princesse Régente ne s’en souvenait plus, mais ce sentiment d’impuissance, d’obligation, lui, était toujours bien présent dans sa mémoire. Enfant, on disait que les Dieux lui avaient joué un bien mauvais tour, en la faisant quitter les entrailles de sa mère après son frère et pas avant. Nombreux étaient ceux qui pensaient alors qu’elle aurait été plus à même de régner que Tristam, plus effacé, moins passionné par ses terres que par les belles femmes. Pourtant, le Prince s’était montré un dirigeant avisé… Pour le temps qui lui avait été donné. Aujourd’hui, elle se tenait à la place de ses ancêtres, à la place de son frère, et personne ne la commandait plus. Plus vraiment au moins.

Attentive, elle écoute les explications de Menaka, ce nom qui ne lui dit absolument rien, pas même dans sa racine. Elle comprend, toutefois, qu’elle n’était pas simplement une assassine. Nymeria sourit intérieurement, même si elle n’en laisse rien paraître. Etait-ce pour cela que Myriah l’avait choisie ? Peu probable, la Ferboys savait que sa souveraine ne fonctionnait pas ainsi pour les choses charnelles, néanmoins… Il était des talents qu’un simple assassin n’avait pas, de ceux qui sont l’apanage des courtisanes, et qui peuvent se trouver utile dans un métier comme dans un autre. A moins que sa conseillère n’ait décidé de s’offrir un divertissement supplémentaire, en plus d’une nouvelle arme dans l’arsenal de Dorne. A cette pensée, la Princesse Régente réprima une vague de jalousie. L’époque où, à peine nubiles, elles avaient expérimenté plus de choses que leur rang aurait du l’autoriser était révolue depuis longtemps maintenant, et pourtant, Nymeria ne pouvait s’empêcher de nourrir une certaine envie pour ce qu’elle prenait pour des conquêtes de la Ferboys. Fort heureusement, la dornienne fut tirée de ses ruminations, avant qu’elles ne prennent une tournure qui prêteraient trop à conséquence.

« Le pouvoir. Il représente quoi pour toi? »

Si la question surprend Nymeria, elle ne le montre pas vraiment. En silence, elle fixe la Lysienne, se demandant si elle doit lui répondre ou non. Cette question, tellement simple et tellement compliquée à la fois, c’est la première fois qu’on lui pose vraiment. Bien entendu, il y avait toujours eu les rumeurs. Ceux qui pensaient qu’elle était assoiffée de pouvoir et de conquêtes, ceux qui au contraire étaient persuadés qu’elle n’attendait que le moment où son héritier serait prêt pour retourner à une vie plus simple. Même dans sa propre famille, le sujet n’avait jamais été abordé. Quentyn et Manfrey avaient presque été soulagés qu’elle se provlame Princesse Régente à la mort de Myrcella. Et puis, il y avait Elia… Cette idiote persuadée que sa tante avait tué Tristam et Myrcella pour usurper le trône. Un jour, Nymeria lui ferait ravaler ses paroles, et bientôt, elle aurait les preuves dont elle avait besoin, mais il faudrait d’abord la retrouver. Mais jamais, au grand jamais, on ne lui avait demandé pourquoi elle conservait le pouvoir, quand l’abandonner aurait été tellement plus simple.

Lentement, la Princesse Régente se leva pour rejoindre le bord de la large terrasse, observant les feux des torches qui brûlaient dans le palais et dans la ville, plus bas. Les bras appuyés sur la balustrade en bois sculpté, elle tourne le dos à son interlocutrice. Elle jouerait à son jeu, oui, ne fut-ce que parce qu’au moins, Menaka avait le cran de poser les questions que personne d’autre n’osait poser.

« Le pouvoir n’est rien, et pourtant il est tout. Mon rang, mon titre, mon sang, me donnent le droit de vie et de mort sur tout ce qui foule le sol de Dorne. Qui je suis, l’opinion de mon peuple, font qu’un mot de ma part suffirait à rassembler une armée suffisamment vaste pour abattre cette sentence, où que se trouve cette cible. Une armée, ou un assassin, d’ailleurs. »

Se tournant à nouveau vers Menaka, Nymeria esquisse un demi sourire, avant de désigner les gardes, et le palais d’un geste de la main.

« Tout ce qui est ici, et au-delà, m’appartient, je commande à la dernière nation indépendante de ce continent. Les seigneurs au-delà de nos frontières aiment à penser qu’ils ont plus de pouvoir que moi, ils se gaussent dans leur servitude d’un pays de déserts, s’imaginant supérieurs tant en culture que pour les autres domaines. Ils se trompent, tous autant qu’ils sont. Et pourtant… »


Elle marqua une pause, prenant le temps de réfléchir à ce qu’elle avait accompli, à ce qu’il y avait encore à faire. A ce que son frère avait fait avant elle, à ce que sa mère avait décidé. Non, en lui même, le pouvoir n’était rien d’autre qu’un apparat de plus que l’on portait pour impressionner les puissants.

« Et pourtant, sans but, tout ça n’est rien. Pour répondre à ta question, le pouvoir est un outil pour moi. Le plus puissant de tous, celui qui me permettra d’assurer à mon peuple une liberté éternelle du joug de ces Valyriens qui croient pouvoir décider à notre place. Ils ont essayé par le passé, sur ces terres et loin d’ici, et à chaque fois mes ancêtres les ont repoussés. Insoumis, Invaincus, Intacts, ces mots ne sont pas qu’une devise comme celles des seigneurs au nord de nos frontières. Ils sont ce que nous sommes, pas seulement les Martell, mais tout Dorne elle-même.

Mon frère a cru pouvoir se rapprocher des Targaryen, et de leurs serviteurs, et cela lui a couté la vie. Ma mère se satisfaisait d’un statu-quo, mais moi… Je veux m’assurer que ceux qui viendront après moi n’auront plus jamais à craindre une invasion. Je veux m’assurer que Dorne reste ce qu’elle est, à jamais. C’est la raison pour laquelle personne d’autre que moi n’est plus digne du pouvoir que je tiens entre mes mains, la raison pour laquelle je ne laisserai personne prendre ma place tant que je ne serai pas parvenue à mes fins. »


Et pour y parvenir, la Princesse Régente avait déjà un plan tout tracé. Bien entendu, il passerait d’abord par l’unification pleine et entière de Dorne, que plus aucun endroit de la Principauté n’échappe à son contrôle. Ensuite… Il était encore trop tôt pour en parler. L’heure n’était pas à la stratégie, mais au jeu des vérités. Nymeria avait offert la sienne, il était temps qu’elle réclame son dû. Sa question, elle l’avait déjà trouvée, dès l’instant où son esprit avait évoqué Myriah. Elle pouvait cacher sa jalousie, mais pas l’étouffer, comme nombre d’émotions qui se bousculaient souvent dans le tempérament de feu de la dornienne. Sans compter que ce serait là l’occasion de noter les compétences de Menaka pour juger les gens…

«Que penses-tu de Myriah ? Lady Ferboys est probablement celle de mes conseillères que tu as le plus cotoyé, pendant ton voyage et avant son départ. Je suis curieuse d’avoir ton opinion sur elle. »

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Gagner la confiance d'une Princesse, Mériter l'estime d'une Etrangère

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