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 Dualité astrale

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Vorian Dayne
DORNE
■ Localisation : Les Météores
MessageSujet: Dualité astrale   Mer 11 Oct 2017 - 0:33

Dualité astrale

ft.








C’est donc cela, Lancehélion ? C’est magnifique.

Aussi surprenant que cela pouvait paraître, Vorian n’était jamais venu à la capitale de Dorne. Troisième et dernier fils de Gerold Dayne, il n’avait jamais été destiné à être seigneur, et devait désormais se présenter devant la Princesse régente en tant que tel. Sire des Météores, Epée du Matin, il lui incombait désormais de rencontrer sa souveraine, celle à qui allait son allégeance depuis près de deux ans. Après une existence passée dans la région des Marches, la principale cité de la Principauté lui semblait immense. C’était ému qu’il avait posé les yeux sur la forteresse aux hautes tours qui était le fief des Martell depuis toujours et le siège de pouvoir dornien.

La Ville Ombreuse semblait immense, par rapport aux Météores, ou même à La Treille. La ville semblait ornée de diverses chandelles immenses, les hautes tours et minarets qui la ponctuaient un peu partout, dont la flamme était une coupole dorée. Les murs des bâtiments étaient tous de brique sableuse dont les couleurs oscillaient entre le gris et l’ocre, donnant à la ville la fascinante faculté de se confondre avec le désert tout proche. Vorian était instantanément tombé sous le charme de ses ruelles chargée de monde : marchands d’épices et de scorpions séchés, filles de joie au corps dénudé, homme d’armes de la maison Martell, marins de tous les coins du monde, danseurs de rue et artistes nomades. Le monde qui vivait sous les latitudes ensoleillées semblait se retrouver dans l’ombre de la forteresse qui toisait la ville : pirates et contrebandiers des Iles d’Eté à la peau noire comme l’ébène, natifs locaux au teint olivâtre, négociants originaires d’Essos et d’ailleurs. Partout, on respirait la fierté. De nombreuses bannières au soleil Martell ornaient la digne cité des sables. Ici, on vénérait la famille régnante et on se rappelait non sans un soupçon de prétention que les Dragons qui avaient soumis le reste du continent avaient été vaincus et repoussés ici-même. Etrangement, Vorian bomba le torse d’assurance, fier de servir cette illustre famille.

Lancehélion était une grande forteresse, cela était indubitable. Bien plus riche que les Météores, elle semblait toutefois plus brute que La Treille. De ce qu’il avait appris lors de ses années chez le seigneur du vin, Vorian se souvenait particulièrement de cette architecture très solide, et pourtant si raffinée. Le fief des Martel était par contre bien plus vaste. Vorian fut traité avec respect mais sans honneur excessif. Il se demanda si on savait seulement qu’il était seigneur de Dorne. Son teint et ses cheveux clairs, ses yeux tirant légèrement sur le violet, il ressemblait plus à un envoyé Targaryen qu’un vassal de la Tour Soleil. Il n’attendit toutefois pas. Il était difficile de manquer la broche en argent représentant une étoile stylisée qui trônait sur sa tunique couleur sable. Il avait choisi de venir sans vêtements tapageurs.

« Tu ne crois pas que j’aurais dû revêtir une tunique violette, plutôt ? Ou la broche de Père, celle avec les améthystes ? » murmura-t-il dès qu’il fut un peu isolé.

Mais non enfin. Ton humilité est touchante. La Princesse y sera certainement sensible.

Vorian n’était pas convaincu mais ne répondit rien au spectre de sa sœur jumelle. Il se tenait désormais devant une grande porte à double-battant. Derrière se trouvait la salle des trônes de Dorne, au centre de la Tour Soleil. Il se trouvait dans une antichambre où patientaient courtisans, flagorneurs, adorateurs, et autres intéressés. Finalement, on introduisît Vorian dans la salle après l’avoir annoncé.

« Le seigneur Vorian, de la maison Dayne, seigneur des Météores et Epée du Matin. »

La salle des trônes de Dorne respirait l’Histoire. On sentait le poids des âges et de l’importance des décisions qui avaient été prises en cet endroit. Ici, les Martell n’étaient pas une famille comme les autres. Ils étaient les protecteurs de Dorne, les héritiers de Nymeria et de la Rhoyne : la famille princière de la région.

C’est elle la Princesse Nymeria ? Comme elle est belle !

Vorian était bien obligé d’abonder en ce sens. La jeune femme qui le toisait assise sur le trône de la légendaire princesse de laquelle elle avait hérité ce prénom exotique. Ses traits étaient infiniment fins, et son regard royal ne semblait guère évoquer autre chose que l’autorité ne souffrant d’aucune discussion. Vorian posa un genou à terre et ploya l’échine, se présentant à sa reine. Il avait bien appris à ne pas parler avant qu’on lui en donne l’autorisation expresse ou que la Princesse n’ait commencé à parler. Aussi se tût-il en attendant de savoir ce que la jeune femme lui dirait.



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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Dualité astrale   Mer 11 Oct 2017 - 14:37

 
Dualité Astrale

Alors qu’elle écoutait le seigneur des Météores expliquer sa demande, Nymeria perdit son sourire, adoptant une mine plus sérieuse. Elle n’aimait pas ce qu’elle entendait, comme à chaque fois qu’un mariage avec un parti de l’autre côté de la frontière était envisagé. Un souvenir de l’époque où elle-même aurait pu quitter Dorne, d’après certains, une amertume héritée de la mort de son frère le jour d’un tel mariage, pour d’autres, et les deux camps auraient probablement raison, du moins en partie. La dornienne ne se limitait pas à ces raisons, pour autant, et c’était autant parce que la chose ne lui plaisait pas personnellement que pour des raisons politiques qu’elle réprouvait toute union à une Maison qui n’était pas dornienne. Sous son règne, plus aucun mariage extérieur n’avait été célébré, depuis Manfrey, du moins. Un excellent exemple de la nuisance qu’ils pouvaient produire, si on considérait le comportement de son héritier.

« Votre Majesté, j’ai l’honneur de vous demander l’autorisation d’épouser la Dame Laoren Redwyne, dernière fille de Mance Redwyne, Sire de La Treille afin de pouvoir continuer le travail débuté par mon père pour la prospérité des terres dorniennes. »

Néanmoins, celui-ci pourrait s’avérer utile, sous certaines conditions. Peut-être, oui…

« Laissez-nous. »

Accompagné d’un geste sec de la main, l’ordre était sans appel et ne souffrait aucun délai, et comme un seul, les gardes comme les serviteurs quittèrent la salle du Trône. Nymeria n’ajouta rien tandis que la pièce se vidait, puis que l’on ferme les portes, laissant la pièce dans un silence uniquement brisé par le vent soufflant dans la végétation et le bruit lointain de l’agitation de la ville en contrebas. Alors seulement la Princesse quitta son trône pour faire quelques pas dans la salle, avant d’enfin reprendre la parole

« Et moi qui pensait que c’était ma main que vous alliez demander... »


La phrase aurait pu être drôle, si elle n’avait pas été prononcée sur un ton qui approchait le reproche. Non que la dornienne aurait accepté une telle offre, ou qu’elle prenne ombrage qu’une telle demande soit faite à une autre de la part d’un de ses seigneurs, il s’agissait simplement d’un état de fait. La plupart des nobles célibataires de Dorne cherchaient encore, malgré des années de célibat de la part de leur souveraine, à se voir accorder l’honneur suprême d’une place sur le trône à ses cotés et dans sa couche. Que le Dayne ne fasse pas partie de ces hommes méritait d’être souligné, ne fut-ce que pour la forme. Elle attendit que le seigneur se relève pour exprimer son point de vue sur la question, tout en continuant de faire quelque pas sans vraiment chercher à rejoindre une direction. Dans sa démarche, sa façon d’observer les alentours, c’était la guerrière qu’elle avait toujours été qui transparaissait, bien loin de l’aura de grâce et de dignité que ses atours lui donnaient.

« Là où un mariage avec un frère, ou une sœur n’est pas vraiment un problème, je suis certaine que vous voyez aussi bien que moi les troubles que peuvent amener l’union d’un seigneur dornien avec une noble du Bief. Il ne s’agit pas simplement d’une alliance basique qui ne lie qu’en temps de paix, ou pour un but commercial, mais d’une union qui peut créer des tensions inutiles parmi celles déjà existantes, quand des tensions avec les terres qui nous bordent ne manqueront pas de revenir.  Je sais votre famille l’une des plus pieuses de Dorne, et vous devez savoir mieux que moi qu’un mariage est une acceptation tacite de fidélité entre les deux Maisons qui s’unissent. La force de la fidélité dépend de la force de l’union, toutefois.»

Une autre évidence, que peut-être l’Epée du Matin ne prenait pas en compte dans ses calculs. Un jour ou l’autre, les Targaryen chercheraient à nouveau à envahir Dorne, parmi eux se trouveraient les Tyrell, des ennemis de longue date qui sauteraient sur la moindre occasion de nuire à leurs rivaux. Est-ce qu’alors le seigneur Dayne oserait prendre les armes contre sa famille ? Néanmoins, cela avait déjà été le cas par le passé, si elle s’en souvenait bien. Elle avait vaguement entendu parler de l’exil d’un des frères Dayne, celui qui aurait justement du hériter à la place de Vorian, suite à un complot contre les Martell. On avait alors mentionné que c’était Vorian qui avait arrêté son frère cadet, lui semblait-il. Peut-être, alors, que cette crainte n’avait pas lieu d’être, peut-être que sa loyauté pour sa souveraine dépasserait celle de son mariage.

« Dites-moi, lord Dayne, aurais-je à craindre qu’un jour votre dévouement envers la Maison Martell diminue, si Dorne et le Bief devaient à nouveau être ennemis ? Prendriez-vous les armes contre ceux à qui vous vous êtes lié devant les Dieux ? Ou mes craintes sont-elles fondées ?»


Il s’agissait là de la question la plus importante concernant ce mariage. S’il y avait le moindre doute quant à la loyauté future des Dayne, ce mariage se devait de rester un plan appartenant au passé, et pas une possibilité future. Ensuite, il y aurait les autres points, mais tous dépendraient en grande partie de celui-là.

« Vous êtes un militaire dans l’âme, monseigneur, et ces subtilités politiques doivent vous sembler triviales et indignes d’être prononcées, mais elles sont de première importance, autant pour vous que pour moi. Mais, j’aurais une question pour le guerrier plutôt que le seigneur. Que pensez-vous de notre situation dans les Marches ? Face à la menace rebelle, plus précisément ? »

On aurait pu croire que Nymeria changeait de sujet, sans doute Vorian lui-même le pensait-il, mais il ne s’agissait là que du prolongement de sa demande, il s’en rendrait compte bien assez tôt.[/color]
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Vorian Dayne
DORNE
■ Localisation : Les Météores
MessageSujet: Re: Dualité astrale   Jeu 19 Oct 2017 - 21:37

Dualité astrale

ft.








Dire que la majestueuse Princesse Régente de Dorne était la plus belle femme que Vorian avait jamais vu était une vérité absolue. Faisant les quatre cents coups avec son frère aîné Banneth, le seigneur des Météores avait battu la campagne, écumant les maisons closes de la frontière avec leurs amis. Il avait connu plusieurs filles, il avait eu quelques aventures aux Météores, mais à chaque fois, ce n’était rien d’autre que de rapides moments qui disparaissaient dans le courant de la vie, dans les vagues des destins impossibles à conjuguer.

Il y avait eu Jessamine, cependant. Envoyé comme chevalier-lige du seigneur Mance Redwyne, Vorian avait ainsi vécu quelques années dans la puissante et riche forteresse de La Treille, entourée par les vignes et la mer. Jessamine avait été le premier – et seul – amour du jeune seigneur. Il était alors jeune, et une vie simple s’offrait à lui. Il aurait pu, il aurait dû épouser la fille aînée du seigneur Redwyne et ainsi rester au service de l’un des plus riches seigneurs de Westeros. Et pourtant, la guerre et les bouleversements qu’elle avait apportés avaient fait voler en éclats les plans idylliques du jeune couple aimant. Chevalier des Météores, le jeune homme avait été rappelé immédiatement au fief familial pour prendre sa place d’officier dans l’armée de Dorne qui se rassemblait en cas d’attaque ennemie.

Jessamine avait dû épouser l’héritier des Oldflowers. Il se doutait que Mance Redwyne ne pourrait laisser son aînée longtemps célibataire. Il avait besoin d’alliances. Il avait pris le parti des Tyrell durant la crise politique qui avait brièvement secoué le Bief. Vorian avait suivi cela comme il avait pu, entre les Météores et Noirmont, en fonction de là où l’envoyait les besoins de Dorne. Le plan organisé par son père, pensé par son grand-père était tombé à l’eau. Aucune alliance avec les Redwyne n’était plus possible. Et pourtant, après la guerre, un corbeau en provenance de La Treille était arrivé aux Météores, où Vorian régnait désormais en maître après la disparition de son père et de son frère. Mance Redwyne n’avait rien oublié de ses discussions avec le père de l’Epée du Matin, et proposait en épousailles sa fille cadette, la jeune Laoren, dont Vorian se souvenait à peine, vu son jeune âge lorsqu’il était

« La Princesse Régente Nymeria Martell reconnaît Lord Vorian Dayne, Seigneur des Météores, Epée du Matin et Vassal de la Couronne de Dorne. »

La voix du serviteur avait résonné dans la salle, ramenant Vorian à a réalité. Seigneur des Météores, Epée du Matin. Les titres de son frère étaient désormais siens. Cela lui faisait curieux. Il avait l’impression d’être le fantôme de Mance. Mais après tout, il connaissait bien cela, les spectres. Il eut une pensée chaleureuse pour sa jumelle disparue. Pour montrer sa déférence de « vassal de la couronne de Dorne », il avait ployé l’échine encore un peu plus.

« Relevez-vous, Lord Dayne. Je vous suis reconnaissante d’avoir fait le voyage depuis vos terres pour me présenter vos hommages. Votre frère a toujours été un serviteur loyal de ma mère, et j’espère que vous et moi pourrons entretenir la même relation de confiance à l’avenir. »

Vorian exécuta la demande de la Princesse et se releva souplement, adoptant une position légèrement rigide, une main négligemment posée sur la garde de son épée, pour lui donner un sentiment de décontraction, mais tout le reste de son corps était tendu alors qu’il faisait face à sa souveraine. Elle était impressionnante, ses yeux vous transperçaient de part en part, sa beauté magnétique captait l’attention. Une bouffée de fierté envahit prestement le sieur des Météores. Fierté de servir une aussi noble et ancienne famille, fierté d’être Dornien, fierté de pouvoir se targuer d’avoir repoussé les Dragons. C’était cela que leur avait donné Nymeria, la fierté d’être Dorniens, et plus encore : l’espoir de pouvoir progresser.

« Votre courrier mentionnait une demande, si je ne me trompe pas. Que puis-je faire pour la Maison Dayne, monseigneur ? »

Vorian se surprit à déglutir avec difficulté. Il n’avait pas pensé que cela arriverait aussi vite. L’angoisse lui tenailla soudainement le cœur. Allait-elle seulement comprendre ? Allait-elle seulement le laisser finir ? La royale indécision dont pouvait faire preuve Nymeria Martell pouvait bien se terminer sur un coup de tête de la Princesse, et tout serait à l’eau. Il fit une brève prière aux Sept pour qu’ils laissent Vorian terminer son exposé. Il hocha mollement la tête, l’air toujours impressionné par la présence de la souveraine de Dorne.

« Oui, Votre Grâce. Voici de nombreuses années, mon père, Gerold Dayne, avait commencé à réfléchir à une façon de renforcer l’influence de Dorne dans la région frontalière avec le Bief. Il voulait un plan permettant à notre maison de prospérer tout en sécurisant les Montagnes Rouges de manière définitive. »

Restant statique, Vorian essayant toutefois de moduler sa voix pour ne pas endormir ou lasser la royale Princesse, espérant qu’elle ne verrait pas trop tôt où il voulait en venir.

« Pour cela, il a recherché des interlocuteurs susceptibles de vouloir œuvrer au bien de la région. Le seigneur Mance…. Redwyne, a été le premier à le faire. »

Il se tut, laissant volontairement un moment de silence pour appuyer son propos, pour bien montrer qu’il n’était pas forcément à l’aise avec ce qu’il disait. Il avait conscience que raconté ainsi, l’histoire pouvait passer pour de la trahison dans un esprit perverti par la paranoïa.

« Une union maritale a été proposée entre les maisons Dayne et Redwyne, Princesse. Cet accord aurait dû sceller la bonne entente dans la région et son développement économique en œuvrant de manière commune avec des Bieffois désireux d’avancer pour laisser les vieilles querelles derrière. En ma qualité de plus jeune de ma fratrie, c’est moi qui ai été choisi. Je suis parti à La Treille durant quelques années, pour y servir en tant que chevalier-lige. Là, j’ai été promis à la fille aînée du seigneur Mance. »

Il haussa les épaules avec un regret évident. Tout cela n’était plus qu’un beau rêve consummé.

« La guerre et mes obligations envers Dorne ont eu raison de ces fiançailles. Je me suis battu pour votre famille et pour nos terres aux Marches de Dorne, et j’ai continué de servir jusqu’à ce que les armées soient rappelées dans leurs fiefs originaux. Peu après, je suis devenu seigneur. Et voici quelques lunes, j’ai reçu un corbeau de ce même seigneur Redwyne. »

Désormais, elle devait se douter où il voulait en venir. Il était donc temps de conclure. Il s'agenouilla de nouveau, ployant l'échine, offrant sa nuque solide au regard de sa souveraine pour mieux lui demander la faveur qu'il était venu quémander.

« Votre Majesté, j’ai l’honneur de vous demander l’autorisation d’épouser la Dame Laoren Redwyne, dernière fille de Mance Redwyne, Sire de La Treille afin de pouvoir continuer le travail débuté par mon père pour la prospérité des terres dorniennes. »


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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Dualité astrale   Lun 23 Oct 2017 - 11:32

 
Dualité Astrale

Alors qu’elle écoutait le seigneur des Météores expliquer sa demande, Nymeria perdit son sourire, adoptant une mine plus sérieuse. Elle n’aimait pas ce qu’elle entendait, comme à chaque fois qu’un mariage avec un parti de l’autre côté de la frontière était envisagé. Un souvenir de l’époque où elle-même aurait pu quitter Dorne, d’après certains, une amertume héritée de la mort de son frère le jour d’un tel mariage, pour d’autres, et les deux camps auraient probablement raison, du moins en partie. La dornienne ne se limitait pas à ces raisons, pour autant, et c’était autant parce que la chose ne lui plaisait pas personnellement que pour des raisons politiques qu’elle réprouvait toute union à une Maison qui n’était pas dornienne. Sous son règne, plus aucun mariage extérieur n’avait été célébré, depuis Manfrey, du moins. Un excellent exemple de la nuisance qu’ils pouvaient produire, si on considérait le comportement de son héritier.

« Votre Majesté, j’ai l’honneur de vous demander l’autorisation d’épouser la Dame Laoren Redwyne, dernière fille de Mance Redwyne, Sire de La Treille afin de pouvoir continuer le travail débuté par mon père pour la prospérité des terres dorniennes. »

Néanmoins, celui-ci pourrait s’avérer utile, sous certaines conditions. Peut-être, oui…

« Laissez-nous. »

Accompagné d’un geste sec de la main, l’ordre était sans appel et ne souffrait aucun délai, et comme un seul, les gardes comme les serviteurs quittèrent la salle du Trône. Nymeria n’ajouta rien tandis que la pièce se vidait, puis que l’on ferme les portes, laissant la pièce dans un silence uniquement brisé par le vent soufflant dans la végétation et le bruit lointain de l’agitation de la ville en contrebas. Alors seulement la Princesse quitta son trône pour faire quelques pas dans la salle, avant d’enfin reprendre la parole

« Et moi qui pensait que c’était ma main que vous alliez demander... »


La phrase aurait pu être drôle, si elle n’avait pas été prononcée sur un ton qui approchait le reproche. Non que la dornienne aurait accepté une telle offre, ou qu’elle prenne ombrage qu’une telle demande soit faite à une autre de la part d’un de ses seigneurs, il s’agissait simplement d’un état de fait. La plupart des nobles célibataires de Dorne cherchaient encore, malgré des années de célibat de la part de leur souveraine, à se voir accorder l’honneur suprême d’une place sur le trône à ses cotés et dans sa couche. Que le Dayne ne fasse pas partie de ces hommes méritait d’être souligné, ne fut-ce que pour la forme. Elle attendit que le seigneur se relève pour exprimer son point de vue sur la question, tout en continuant de faire quelque pas sans vraiment chercher à rejoindre une direction. Dans sa démarche, sa façon d’observer les alentours, c’était la guerrière qu’elle avait toujours été qui transparaissait, bien loin de l’aura de grâce et de dignité que ses atours lui donnaient.

« Là où un mariage avec un frère, ou une sœur n’est pas vraiment un problème, je suis certaine que vous voyez aussi bien que moi les troubles que peuvent amener l’union d’un seigneur dornien avec une noble du Bief. Il ne s’agit pas simplement d’une alliance basique qui ne lie qu’en temps de paix, ou pour un but commercial, mais d’une union qui peut créer des tensions inutiles parmi celles déjà existantes, quand des tensions avec les terres qui nous bordent ne manqueront pas de revenir.  Je sais votre famille l’une des plus pieuses de Dorne, et vous devez savoir mieux que moi qu’un mariage est une acceptation tacite de fidélité entre les deux Maisons qui s’unissent. La force de la fidélité dépend de la force de l’union, toutefois.»

Une autre évidence, que peut-être l’Epée du Matin ne prenait pas en compte dans ses calculs. Un jour ou l’autre, les Targaryen chercheraient à nouveau à envahir Dorne, parmi eux se trouveraient les Tyrell, des ennemis de longue date qui sauteraient sur la moindre occasion de nuire à leurs rivaux. Est-ce qu’alors le seigneur Dayne oserait prendre les armes contre sa famille ? Néanmoins, cela avait déjà été le cas par le passé, si elle s’en souvenait bien. Elle avait vaguement entendu parler de l’exil d’un des frères Dayne, celui qui aurait justement du hériter à la place de Vorian, suite à un complot contre les Martell. On avait alors mentionné que c’était Vorian qui avait arrêté son frère cadet, lui semblait-il. Peut-être, alors, que cette crainte n’avait pas lieu d’être, peut-être que sa loyauté pour sa souveraine dépasserait celle de son mariage.

« Dites-moi, lord Dayne, aurais-je à craindre qu’un jour votre dévouement envers la Maison Martell diminue, si Dorne et le Bief devaient à nouveau être ennemis ? Prendriez-vous les armes contre ceux à qui vous vous êtes lié devant les Dieux ? Ou mes craintes sont-elles fondées ?»


Il s’agissait là de la question la plus importante concernant ce mariage. S’il y avait le moindre doute quant à la loyauté future des Dayne, ce mariage se devait de rester un plan appartenant au passé, et pas une possibilité future. Ensuite, il y aurait les autres points, mais tous dépendraient en grande partie de celui-là.

« Vous êtes un militaire dans l’âme, monseigneur, et ces subtilités politiques doivent vous sembler triviales et indignes d’être prononcées, mais elles sont de première importance, autant pour vous que pour moi. Mais, j’aurais une question pour le guerrier plutôt que le seigneur. Que pensez-vous de notre situation dans les Marches ? Face à la menace rebelle, plus précisément ? »

On aurait pu croire que Nymeria changeait de sujet, sans doute Vorian lui-même le pensait-il, mais il ne s’agissait là que du prolongement de sa demande, il s’en rendrait compte bien assez tôt.[/color]
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Vorian Dayne
DORNE
■ Localisation : Les Météores
MessageSujet: Re: Dualité astrale   Ven 3 Nov 2017 - 16:31

Dualité astrale

ft.








« Laissez-nous. »

Une fois le sourire disparu, toute douceur, toute chaleur, même distante et impérieuse, avait semblé quitter la pièce. D’un geste simple et pourtant sec, la Princesse régente congédia tous ceux qui assistaient à l’audience. Serviteurs, gardes et quelques courtisans enveloppés dans leurs coûteuses étoffes quittèrent docilement la salle, ne laissant plus bientôt que seul Vorian face à celle qui portait en elle le sang princier de la Rhoyne. Seuls quelques bribes sonores montaient encore dans les hautes arcades de la salle du trône de Dorne : échos de la cité des Martell et les arbres oscillant dans le lit d’une douce brise de mer.

Vorian, je ne sais pas si c’est forcément bon signe…

Le seigneur des Météores fit taire sa jumelle morte et se concentra sur rester le plus impassible. Il ne devait pas laisser tomber son père. Ce plan devait être mis en branle. Il devait épouser la Redwyne pour mener les Météores sur la voix de la paix et de la prospérité.

« Et moi qui pensait que c’était ma main que vous alliez demander... »

Le ton, tenant plus de la remontrance qu’autre chose, fit relever la tête du seigneur Dayne. Etait-elle sérieuse ? Ayant quitté son trône, elle arpentait tranquillement la salle comme en quête de réflexions bien précises. Vorian se releva docilement, constatant dans la façon dont elle se déplaçait que l’audience formelle était terminée. Le protocole, toujours. Et pourtant, dans sa démarche, dans son maintien, dans son regard – partout, en somme – on pouvait deviner l’énergie qui animait Nymeria Martell. C’était une femme d’action, une femme déterminée à user de tous les moyens à sa disposition pour faire valoir son point de vue et ce qu’elle estimait être le mieux. Pour qui, pour quoi ? Là était toute la question, bien que Vorian avait toute foi en elle pour faire ce qui était le mieux pour Dorne.

« Là où un mariage avec un frère, ou une sœur n’est pas vraiment un problème, je suis certaine que vous voyez aussi bien que moi les troubles que peuvent amener l’union d’un seigneur dornien avec une noble du Bief. Il ne s’agit pas simplement d’une alliance basique qui ne lie qu’en temps de paix, ou pour un but commercial, mais d’une union qui peut créer des tensions inutiles parmi celles déjà existantes, quand des tensions avec les terres qui nous bordent ne manqueront pas de revenir. Je sais votre famille l’une des plus pieuses de Dorne, et vous devez savoir mieux que moi qu’un mariage est une acceptation tacite de fidélité entre les deux Maisons qui s’unissent. La force de la fidélité dépend de la force de l’union, toutefois. »

Vorian garda les sourcils froncés. Il n’était pas vraiment doué pour les jeux de cours. Cela importait peu, il savait ce que voulait dire la Princesse régente. Bien entendu que l’alliance serait également militaire et si un jour les Dayne ou les Redwyne étaient menacés, l’autre famille accourrait pour leur porter assistance tant que cela ne les mettait pas en opposition frontale avec leur suzerain. C’était évidemment logique, tellement logique que le seigneur des Météores n’avait même pas pensé à soulever ce point.

« Dites-moi, lord Dayne, aurais-je à craindre qu’un jour votre dévouement envers la Maison Martell diminue, si Dorne et le Bief devaient à nouveau être ennemis ? Prendriez-vous les armes contre ceux à qui vous vous êtes lié devant les Dieux ? Ou mes craintes sont-elles fondées

Sois honnête Vorian, beaucoup de choses vont dépendre de ta réponse…

Vorian, lui, haussa simplement les épaules avec un soupçon d’inconséquence. La réponse tombait sous le sens.

« Ma maison a toujours été fidèle aux Martell, Votre Altesse, et il en sera toujours ainsi. Ma lame est vôtre, et je souhaite faire en sorte de continuer ainsi. Une alliance avec une maison du Bief ne remet pas en cause ma loyauté à votre cause, ma Princesse, puisqu’elle va avant tout autre chose à votre maison et à Dorne. Si les Tyrell souhaitent de nouveau la guerre avec notre sang, les Dayne tiendront leur rôle, soyez-en assurée. »

De bonne foi, l’Epée du Matin ne savait qu’avancer d’autre. Son nom, sa réputation, son épée valyrienne étaient tous au service des Martell de Lancehélion, et particulièrement de la Princesse régente Nymeria. En douter plus longtemps risquait fort de faire prendre ombrage le Dayne d’une telle méfiance. Comprenait-il seulement les raisons des doutes et soupçons de sa suzeraine ?

« Vous êtes un militaire dans l’âme, monseigneur, et ces subtilités politiques doivent vous sembler triviales et indignes d’être prononcées, mais elles sont de première importance, autant pour vous que pour moi. Mais, j’aurais une question pour le guerrier plutôt que le seigneur. Que pensez-vous de notre situation dans les Marches ? Face à la menace rebelle, plus précisément ? »

Roulant légèrement des épaules comme pour accompagner sa réflexion, Vorian prit un temps pour réfléchir à formuler sa réponse correctement. Il avait suivi avec un intérêt poli mais lointain la situation dans les Marches. C’était à des lieues de ses terres, et aucun marchand ni habitant des villages alentours des Météores n’était porté disparu. Il avait toutefois son avis bien arrêté sur la question. Il croisa les mains dans le dos, tel un soldat faisant son rapport à son supérieur. De sa posture transparaissait la rigueur de l’entraînement martial des Dayne, cette tradition d’escrime qui avait fait des enfants des Météores certains des plus célèbres et réputés bretteurs de l’Histoire.

« Je pense, Votre Altesse, que c’est une situation provoquée de manière bien consciente. De chaque côté de la frontière, on s’accuse de provoquer ces disparitions et d’entretenir ces rebelles. Il me paraît donc évident que quelqu’un cherche à provoquer la guerre entre les Dorne et les Six Couronnes. Le fait que les rebelles soient visiblement chez nous risque de nous faire perdre les apparences et de nous faire passer pour les fautifs. Quant à la région… Ces montagnes ont toujours posé problème, ce n’est pas la première, ni la dernière, fois que nous avons à faire à des agités. Si je pouvais conseiller Votre Altesse, je préconise une approche résolument ferme de ce problème : un détachement de cavalerie légère et des fantassins pour déloger les rebelles et les pendre haut et court le long des routes qu’ils terrorisent. »


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