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 Le succès s'arrose - PV Laoren Redwyne

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Brandon Mormont
NORD
MessageSujet: Le succès s'arrose - PV Laoren Redwyne   Dim 12 Nov 2017 - 22:35

Post très très en retard, disoulé !

« Qu’y a-t-il, Mors ?
- Milord, les pêcheurs de l’île demandent une audience. »


Brandon haussa les sourcils. Il n’était pas courant que les hommes, parfois plus ours qu’humains, de son île lui demandent de l’aide, quand bien même le respectaient-ils pleinement en tant que seigneur. Depuis qu’il était rentré de la guerre avec le reste des troupes du Nord, il se retrouvait dans une situation qui lui semblait pour le moins étrange. Il avait dû remplacer son père en tant que seigneur de l’Île-aux-Ours, alors qu’il renouait à peine avec sa terre natale. Il aurait compris que certains de ses sujets accueillent avec une appréciation modérée son arrivée au pouvoir, lui qui était devenu presque un étranger pour nombre d’entre eux après avoir vécu près de dix ans à Winterfell, mais il devait s’avérer agréablement surpris. Lorsqu’il était rentré sur l’île, avant de partir pour le Sud, et avait retrouvé son père, tous les habitants de l’Île-aux-Ours l’avaient traité comme lorsqu’il était petit – un déstabilisant mélange de tendresse et de respect pour l’Ourson. Et maintenant que sa fonction ne lui permettait plus d’être vu comme un simple enfant de l’île, ils l’acceptaient pleinement comme leur suzerain, et aucun ne lui avait jamais manqué de respect. Ils étaient toujours aussi bourrus, bien sûr, mais ce n’était que la marque qu’ils étaient toujours eux-mêmes.
Lorsque Brandon en avait parlé à Mors, le capitaine de la garde Mormont et son bras droit, celui-ci lui avait simplement répondu, comme si cela était évident, que le jeune Lord avait prouvé sa valeur dix fois plus que nécessaire lors de la guerre du Sud. Il n’avait rien répondu, honteux de savoir que sa fougue au combat était au moins autant due à sa haine du cerf qu’à son amour de l’ours.
Lorsque les deux hommes entrèrent dans le hall de Castel Mormont, les pêcheurs étaient déjà là, leurs hottes d’osier sur le dos, les filets encore dans les mains. Vu l’heure, ils revenaient probablement tout juste des torrents du cœur de l’Île-aux-Ours, où ils étaient chargés d’attraper de quoi nourrir l’île pour une journée en saumons. Un pincement d’inquiétude saisit le cœur de Brandon – la sècheresse qui frappait Westeros tout entier avait-elle atteint les torrents de son foyer ? Manquaient-ils de poisson ?

« Vous souhaitiez me parler, je suis ici, messieurs. Dîtes-moi quel est le problème.
- Ce n’est pas vraiment un problème, Milord… Nous nous sommes dits que vous deviez voir ça… »

Sur ces mots, l’homme qui avait parlé ouvrit sa hotte. C’était un grand panier d’osier que les pêcheurs portaient sur le dos, qui allait de leurs épaules à leurs genoux, et qui leur servait à transporter le saumon des torrents jusqu’à la grande demeure de bois. Généralement, au retour de la pêche, chaque hotte n’était remplie qu’au quart, voire moins – ce qu’il fallait pour nourrir toute l’île sans problème, mais sans réel excédent non plus. Mais cette fois-là, lorsque la haute s’ouvrit, plusieurs poissons en tombèrent tant ils débordaient du contenant d’osier.

« Qu’est-ce que…
- Milord, le soleil a fait fondre les torrents gelés. Il y a plus d’eau, les saumons peuvent remonter plus haut… Et leur saison de reproduction vient de se finir. Il y a plus de poisson dans nos torrents qu’il n’y en a jamais eu, de mémoire d’homme. On ne pourra pas tout manger, même en mangeant cinq fois par jour ! »


Brandon était resté abasourdi face à la nouvelle. La sècheresse leur apportait plus de nourriture ? La réaction à avoir était évidente.

« Confiez votre poisson aux cuisines, dîtes-leur de conserver tout ce qui est en trop dans les jarres de sel. Mors, allez me chercher mon oncle. Il est temps pour l’Île-aux-Ours de se mettre au commerce. »

Dans les jours qui suivirent, Brandon et son oncle Torrald eurent tout le loisir de découvrir les joies du commerce, envoyant des corbeaux aux seigneurs les plus proches pour leur annoncer que, s’ils se trouvaient en position de pénurie, l’Île-aux-Ours vendait du saumon. Avec un plaisir mesquin, Brandon fixa des prix nettement plus élevés pour les seigneurs du Sud qui lui demandaient du poisson que pour ceux du Nord. Enivré par la joie d’être enfin capable d’enrichir son île, il décida qu’il y avait lieu de récompenser les pêcheurs qui avaient su adapter leurs techniques à la population nouvelle de poissons dans les torrents, s’assurant de ne pas assécher cette nouvelle source de profits.

« Mon oncle, envoyez un corbeau à la maison Redwyne. Je veux féliciter les pêcheurs avec un festin. Nous ne sommes toujours pas une maison riche, mais nous sommes très loin de nos vaches maigres passées ; ils méritent d’être récompensés en seigneurs pour ce qu’ils ont permis. »

. : .

À l’annonce de la venue de Lady Laoren Redywne elle-même pour livrer le vin commandé à l’Île-aux-Ours, Brandon avait un temps envisagé de se faire aussi seigneurial qu’il le pouvait. Il avait observé, sceptique, ses diverses tuniques et fourrures, avant de réaliser à quel point il se trouvait lui-même stupide quand il pensait ainsi. Il s’était ainsi bien vite satisfait d’une simple tunique renforcée de cuir bouilli au niveau du torse, à travers laquelle il assumait pleinement être un guerrier avant d’être un seigneur. L’ours Mormont était marqué dans le cuir au niveau de son cœur, et les manques de toile s’arrêtaient légèrement au-dessus de ses coudes, découvrant ses bras à la température douce de l’Île-aux-Ours sous le soleil. La tunique couvrait partiellement ses guêtres de toile, elles-mêmes enserrées dans des bottes de cuir. Vêtu ainsi, d’aucuns pourraient croire qu’il rentrait tout juste de chasse. Brandon aurait répondu, amusé, que sur l’Île-aux-Ours, on est constamment à la chasse.
Il avait marché jusqu’au quai rudimentaire dont l’île se servait de port, pour accueillir lui-même la dame en visite. Bientôt, le navire marchand des Redwyne apparût à l’horizon. Derrière lui, Mors et Torrald faisaient guise de haie d’honneur. Les trois hommes avaient apporté avec eux un cheval, s’imaginant qu’une dame du Sud serait sûrement mal à l’aise à l’idée de marcher avec eux jusqu’à Castel Mormont, quand bien même la demeure ne fut pas à plus d’un quart d’heure de marche du quai.
Les trois nordiens se tinrent bien droit dès que le bateau jeta l’ancre, regardant la chaloupe avancer doucement jusqu’à eux, le torse légèrement bombé. Il n’était pas question de montrer le moindre signe de faiblesse à une sudienne, par les temps qui couraient. S’avançant jusqu’au bord de l’eau, Brandon proposa sa main à la dame, qu’il supposa être lady Laoren, qui se trouvait au centre du canot.

« Lady Redwyne, bienvenue à l’Île-aux-Ours. »
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Laoren Redwyne
BIEF
■ Localisation : La Treille
MessageSujet: Re: Le succès s'arrose - PV Laoren Redwyne   Lun 20 Nov 2017 - 11:29

Le Succès S’Arrose

En mer, les jours se ressemblent tous les uns les autres, si bien qu’il est parfois difficile de garder la notion du temps. Le voyage jusqu’à l’Île aux Ours devait prendre plusieurs jours, m’avait on prévenue. Mieux valait prendre de quoi s’occuper, sans quoi un tel voyage avait le don de travailler sur les nerfs de ceux qui n’avaient que peu de patience. Moi ? Je n’avais pas vu le temps passer. Je n’avais jamais rien demandé de plus qu’un peu de tranquilité, et en tant que seule représentante de ma famille sur le navire qui m’emmenait au loin, ma parole était d’or, et faisait force de loi. Quelques jours de plus, et j’aurais pu prendre goût à ce pouvoir qui semblait corrompre le coeur des hommes indignes dans toutes ces histoires que je pouvais lire… Que la tranquilité d’une parole incontestée pouvait être grisante, quand elle nous donnait tout ce que nous voulions !

La tranquilité, le droit de passer plusieurs heures d’affilée sans que l’on me dérange. Pas de visiteur importun, pas d’obligations forcées par Père ou par mon frère, pas de question vide de sens de la part de l’un ou l’autre serviteur. Je pouvais passer une journée entière dans ma cabine, assise sur ma couche, à lire les quelques tomes que j’avais emporté avec moi. Rien d’extrêmement précieux, je ne me serais pas pardonnée de ruiner un ouvrage rare, ou trop vieux pour être transporté par un caprice qui ne me ressemblait pas. Seul le bruit des marins sur le pont et celui des vagues contre la cale du navire venaient rythmer mes journées. Quand j’avais faim, je demandais qu’on m’apporte quelque chose, quand j’avais envie de sortir, j’allais admirer l’infinité de l’océan, ou les côtes des terres de l’Ouest, puis du Conflans, et enfin du Nord que l’on longeait parfois, ou bien que l’on ne pouvait apercevoir que de loin quand les récifs forçaient les navires à s’éloigner de la terre par sécurité. Il fallait bien me l’avouer, j’aurais sans doute préféré que ce voyage dure plus longtemps encore.

J’avais été envoyée en ambassade auprès d’un seigneur du Nord, qui avait commandé plusieurs tonneaux de vin, payés comptant, sans quoi Père n’aurait jamais accepté de faire le voyage. Après tout, nous étions toujours en guerre, raison pour laquelle c’était moi qui était envoyée, et pas lui, ou Lyam. Tous les deux se trouvaient aux côtés des Tyrell, et n’avaient pas de temps à accorder à ce genre d’entreprises. Mais le Nord venait de se retirer de la guerre, et cette première commande depuis cette annonce pouvait être un nouveau départ du commerce Redwyne dans la région, mieux valait alors y envoyer un représentant de la famille, ne fut-ce que pour montrer un peu de considération, aussi peu sincère pouvait-elle être quand on parlait de Mance Redwyne et de son intérêt tout relatif pour ceux qui n’étaient pas Bieffois. De mon côté, j’avais sauté sur l’occasion de m’évader un peu de La Treille, où l’absence de mes sœurs ne laissait qu’un vide trop grand, et des fantômes trop douloureux pour que je puisse y vivre bien. Evidemment, c’était égoïste de ma part de penser ainsi quand nos terres n’avaient pas été touchées par la guerre là où d’autres avaient tout prévu, mais qu’y pouvais-je si c’était ainsi que mon esprit m’imposait ses réflexions ? J’avais décidé de tout faire pour oublier la culpabilité depuis le départ de Jessamyne, pour qu’au moins l’une d’entre nous puisse vivre sa vie pleinement, et en faire profiter l’autre.

Le voyage me parut court, donc, si bien que lorsqu’on vint me prévenir que nous atteindrions bientôt l’Île aux Ours, j’avais l’impression que j’avais encore au moins un jour et une nuit devant moi avant de toucher terre. J’eus à peine le temps d’enfiler la lourde robe confectionnée pour l’occasion, D’un vert foncé rappelant les couleurs des forêts de La Treille, mais qui avait surtout la particularité d’avoir des manches longues, et d’être doublées de coton épais, à la mode d’un hiver qui était aux abonnés absents. Mais, pour la fille du Sud que j’étais, le Nord, même en plein été, paraissait froid. Il n’y avait pas trace du sigle de ma famille, cependant, le fait que je sois la seule femme de cette expédition suffisait à m’identifier, et il aurait été malvenu de ruiner un si bel ouvrage en venant y coller un blason uniquement pour s’assurer que l’on sache qui j’étais.

Nous approchions en barque de la rive, où visiblement nous étions attendu, me laissant pleinement l’occasion d’admirer la vue de cette Île que j’avais imaginée enneigée, froide, sauvage. Sauvage elle semblait l’être, oui, mais dans le sens poétique du terme, avec ses cours d’eau, ses forêts de pins, son petit village côtier. Je n’apercevais pas encore la place forte de l’endroit, mais je ne pouvais pas nier le charme certain du paysage, rendu encore plus attrayant par son exotisme. Il devait s’agir là du pendant nordien de La Treille, en plus petit, probablement en moins riche quand même, mais comme mon île, mon foyer, c’était un endroit à part, soumis au continent, et pourtant jouissant d’une liberté certaine due à son isolation relative.

La barque toucha terre, et un trio d’hommes s’approcha de celle-ci, celui en tête devant être le seigneur de l’Île. On m’avait prévenue que les hommes du Nord pouvaient être plus rudes qu’au Sud, et l’accoutrement de celui-ci laissait penser que c’était le cas, j’aurais pu le confondre avec un garde, ou un chasseur, si je n’avais pas été prévenue de leurs coutumes différentes des nôtres, et s’il n’avait pas été escorté par deux autres hommes. Il me tendit la main pour m’aider à quitter la barque, ce que j’acceptai dans un sourire poli. J’aurais pu sauter, comme n’importe qui, mais cela n’aurait pas fait honneur à ceux que je représentais, et même si j’éprouvais toujours un certain plaisir à sortir de mon rôle, je ne m’y autorisais qu’en présence d’amis proches ou de ma famille, auprès de qui mon comportement ne pouvait pas avoir de conséquences trop lourdes.

« Lady Redwyne, bienvenue à l’Île-aux-Ours. »

« Vous devez être Lord Mormont ? Enchantée de faire votre connaissance, monseigneur. »

J’esquissai une révérence gracieuses, fruit de nombreux essais et erreurs auprès de mes sœurs, avant d’observer l’environnement autour de moi, les yeux brillants de curiosité. Tant de nouvelles choses à voir, ce devait être la première fois que je me sentais comme une étrangère quelque part, mes autres voyages s’étant toujours limités aux frontières du Bief, et souvent dans des conditions qui ne me permettaient pas vraiment de profiter de ce qui m’entourait. Ce sentiment m’offrait une bouffée d’air frais, l’impression d’être une exploratrice qui débarquait en terre inconnue, avec pour seul rappel de ce que j’étais les trois lourds navires qui avaient jeté l’ancre quelques dizaines de mètres derrière moi. Je pris donc une forte inspiration, m’enivrant de l’odeur de la mer et des pins mêlée, avant d’offrir un sourire on ne pouvait plus sincère à mon hôte.

« Votre île est vraiment magnifique, Monseigneur. »
Codage par Libella sur Graphiorum
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