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 [FB] Land That Gave Us Love And Laughter, We Will Go Home

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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: [FB] Land That Gave Us Love And Laughter, We Will Go Home   Lun 20 Nov 2017 - 23:52

Land That Gave Us Love and Laughter, We Will Go Home
La nuit tombait, tandis qu’un groupe de cavalier galopait à bride abattue sous une pluie battante. Les Terres de l’Orage avaient le don d’offrir à leurs fils revenus au pays un accueil tel que n’importe lequel d’entre eux n’espérait que retrouver le feu d’un foyer pour se réchauffer. Au vent, les bannières du Cerf Couronné battaient la cadence, ne laissant aucun doute sur la faction à laquelle appartenait le groupe armé. Une dizaine de chevaliers tout au plus, et leurs écuyers. D’aucuns auraient avancé qu’en temps de guerre, voyager à si peu, avec ses couleurs si ouvertement déployées tenait de l’inconscience, et ils auraient probablement eu raison, mais l’héritier de l’Orage n’était pas connu pour sa discrétion, ou pour sa prudence. En tête de colonne, Robb n’avait rien fait pour cacher son identité, portant la livrée de sa famille, et chevauchant à visage découvert, les cheveux trempés. Heureusement, pourtant, ses terres ancestrales n’étaient pas le théatre de batailles ouvertes, et il n’y avait que peu d’ennemis qui osaient ne fut-ce qu’envoyer des troupes piller les terres des Baratheon.

Comme il s’y attendait, il ne fallut plus que quelques minutes avant qu’une auberge-relais ne fasse son apparition dans leur ligne de vue. Heureux de savoir que ses connaissances de ses terres n’avait pas diminué au gré des combats et des autres qui défilaient sous les sabots de sa monture. Robb ordonna que la troupe s’arrête là pour la nuit, la pluie ne semblait pas vouloir cesser, et Accalmie ne les attendait que pour le lendemain ; mieux valait reprendre des forces et éviter d’attraper la mort en chevauchant toute la nuit sous des torrents d’eaux. Evidemment, aucun de ses compagnons ne trouva à redire face à une telle décision, savourant déjà par avance le repas chaud et la bière qui ne manquerait pas d’être offerte par l’aubergiste quand il apprendrait qu’il avait sous son toit le futur maître de ces terres et ses fidèles chevaliers.

Et chaleureux, l’accueil le fut autant qu’il pouvait l’être, la guerre ayant prélevé son du sur les réserves de tout un chacun. L’aubergiste, pourtant, fit de son mieux pour rassasier et abreuver ainsi ceux qui se battaient pour l’honneur et pour l’endroit où il était né, ne manquant pas une seule seconde des histoires de combats et de duels, souvent fortement exagérées que chacun avait à raconter. Les quelques autres personnes présentes dans l’endroit partageaient le même enthousiasme, de façade au moins, offrant à la soirée l’ambiance dont chaque soldat revenant, même temporairement, du front avait besoin. Robb goutait tout autant à ce qui lui était offert que ses hommes, cette bonhomie générale éclipsait même l’ombre de la guerre qui pourtant n’était jamais loin. Pour peu qu’il n’y pense pas, on aurait pu se croire au retour d’une chasse ou d’une visite chez un vassal de son père, pour peu qu’on n’y pense pas, la guerre n’existait plus vraiment à l’intérieur du modeste établissement.

« Je crois que le charme légendaire de l’héritier de l’Orage a encore fait une victime. M’est avis que tu pourrais passer une soirée encore meilleure que la nôtre ! »

D’un coup de coude, le chevalier à sa droite lui indiqua la jeune serveuse qui regardait dans leur direction. Regard qu’elle détourna bien vite quand elle se rendit compte qu’elle avait été repérée. Elle était jolie, oui, le visage jeune et les fossettes rieuses, probablement encore un peu portée par l’innocence de l’enfance, elle devait croire qu’un chevalier pouvait faire d’elle une princesse. En d’autres temps, Robb aurait pu sauter sur l’occasion, jouer de son charme pour qu’elle lui accorde une nuit, avant de la quitter en laissant suffisamment d’or pour penser ses désillusions. Peut-être lui aurait-il fait croire qu’il l’aimait, mais que son rang l’empêchait de choisir celle qu’il voulait pour être sa femme, peut-être qu’il serait repassé plus souvent par cette auberge par après. Mais tout ça appartenait à un temps révolu à présent, et l’héritier se contenta de sourire en repoussant son compagnon d’une forte tape dans le bras.

« Tu as tout faux, c’est après toi qu’elle en a ! Toutes les Terres de l’Orage savent que je suis un homme marié à présent, mais toi tu es un coeur à prendre… Si j’étais toi, je jouerais bien mes cartes, et peut-être que pour un soir, tu pourras te dire que tu passes une meilleure soirée que ton seigneur »


Ponctuant ses paroles d’une tape dans le dos, le Baratheon profita du moment pour sortir s’aérer, trouvant un banc sous l’auvent de l’auberge, la pluie battant toujours à verse. Demain, ils seraient à Accalmie, et la perspective de retrouver sa famille et son foyer le réjouissait, tout autant que dans un sens, elle lui broyait l’estomac d’anxiété.

Son mariage avait été une parenthèse, heureuse contre l’attente de nombre de seigneurs orageois, lui compris. Quelques jours durant, il avait appris à connaître son épouse, durant quelques jours ils avaient été heureux. Puis, la parenthèse s’était refermée, il était reparti au front avec son père et les autres seigneurs, et la vie de guerrier avait repris son cours. Bien sûr, il avait envoyé des lettres, mais rien ne pouvait l’empêcher de craindre que ce moment n’était qu’un passage hors du temps. Des mois durant, Rohanna avait pu réfléchir à sa nouvelle condition, elle aurait pu se rendre compte qu’en définitive, elle ne voulait pas de cette nouvelle vie. Autant qu’il sache, il pouvait très bien se trouver face à un mur demain, une femme qui aurait découvert qu’elle n’avait, en définitive, pas envie de cet avenir à ses côtés. Pourquoi les choses devaient être si compliquées ?

Tout était si simple, avant elle. Il serait rentré chez lui, aurait été célébré, se serait reposé, et serait reparti aux côtés de Theodan. Mais aujourd’hui, il semblait au Cerf qu’il rentrait pour mener une autre bataille. L’autre partie de lui se réjouissait pourtant de ce retour, pourtant, celle qui depuis son départ ne demandait qu’à rentrer, là où il n’était qu’impatient de pouvoir s’illustrer au combat avant que son mariage ne soit prononcé. Il se battait toujours sans peur, oui, mais tous avaient remarqué que l’héritier ne prenait plus les mêmes risques, qu’il ne s’enfonçait plus autant derrière les lignes des loyalistes, pas parce qu’il craignait pour sa vie, non, mais il avait fait une promesse, et la perspective d’un avenir meilleur l’empêchait d’être aussi téméraire qu’il l’avait un jour été.

Quoiqu’il se passe demain, son sort était scellé, il ne le savait que trop bien, mieux valait cesser de se tourmenter à ce sujet. Après tout, Robb avait réussi à s’attirer les faveurs de son épouse une fois, sans doute y parviendrait-il encore, envers et contre tout, s’il le fallait… Leur union était prononcée devant les Dieux, même si elle décidait de s’y opposer, il n’y avait plus rien que l’un d’eux puisse encore faire, même si elle le voulait. Non, mieux valait espérer le meilleur, il le savait, ne fut-ce que pour que cette nuit, à tout le moins, soit douce. Alors, il pénétra à nouveau dans la taverne, pour se rendre compte qu’il avait sans doute passé plus de temps qu’il le pensait à l’extérieur. Seuls les plus fêtards de ses hommes buvaient encore, et, sans grande surprise, ni le chevalier qui l’avait apostrophé, ni la jeune serveuse n’étaient plus dans la salle. Alors, il rejoignit la pièce qui lui avait été allouée, et se laissa tomber sur la couche. Demain serait un autre jour, pour le meilleur, comme pour le pire…

****************

Toute la journée durant, ils avaient chevauché, sous la pluie incessante d’abord, mais l’après-midi avait laissé la place à une légère éclaircie, si bien qu’enfin, lorsqu’Accalmie fut en vue, il semblait à l’héritier de l’Orage que le soleil lui-même leur indiquait la direction de la forteresse, baignée dans un rayon fugace.

Sur leur passage, les fermiers et les paysans s’étaient rassemblés le long de la route pour les acclamer tandis qu’ils approchaient des hauts murs du siège des Baratheon, de cette joie toute particulière qui animait le coeur de son peuple. A cet instant, on aurait pu dire que le poids des sacrifices qu’ils enduraient ne les atteignait plus, qu’il étaient simplement heureux de pouvoir saluer ainsi les soldats qui rentraient chez eux. Sans doute était-ce là aussi que résidait la force des Baratheon : leur peuple les soutenait, là où d’autres se contentaient de vivre avec les décisions de leur seigneur.
Enfin, le cortège arriva devant les larges portes du fief Baratheon, qui s’ouvrirent pour les laisser entrer, sous les acclamations des gardes en poste sur les murs et dans la cour. Eux ralentirent l’allure, passant au pas pour mieux saluer des proches, des amis, de la famille, jusqu’à rejoindre la cour principale. Robb adressa un sourire à ses hommes, le sourire de celui qui sait qu’il n’y a rien de mieux, somme toute, que de revenir là où a toujours été sa place et son destin.

« Enfin, nous sommes rentrés. »

Codage par Libella sur Graphiorum
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Rohanna Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port Réal.
MessageSujet: Re: [FB] Land That Gave Us Love And Laughter, We Will Go Home   Jeu 30 Nov 2017 - 0:15

Land txt gave us
love and laughter




Après son mariage, Rohanna avait passé son temps à écrire des lettres. Elle savait qu’elles ne seraient probablement jamais envoyées, mais écrire à sa fratrie lui avait été salvateur. Il avait été plus facile d’écrire à Victory et Elana, ses cadettes, et leur décrire sa nouvelle vie princière. Elle n’oubliait jamais de livrer quelques-unes de ses caricatures préférées : Kyra, Eleneï et ses suivantes qui lui menaient la vie dure. A son frère, son jumeau, Eliott, les choses étaient plus difficiles. Quelque chose s’était cassé entre eux, elle ne serait plus jamais cette jeune fille insouciante, cette soeur indocile et aventurière. Elle connaissait les hommes désormais, du moins un homme, et il lui semblait que le manteau de l’enfance s’était envolé à jamais. A lui, elle ne pouvait pas écrire des idioties et elle n’arrivait pas à écrire ce qu’elle ressentait. De toute manière, ce n’était pas grave : ces lettres ne seraient jamais envoyées. Longtemps, Rohanna les avaient conservé sous des lattes de son matelas. Un jour, elle avait bien essayé de les envoyer, mais elle n’avait jamais eu de réponse. Avec les semaines, elle avait cessé de prendre cette habitude. A la place, le soir dans les courtines de ce lit trop grand et trop froid, celui d’un inconnu, elle se parlait à elle-même, en silence. Elle pressait ses doigts au-dessus de son plexus solaire et elle s’imaginait des centaines de choses jusqu’à ce que le sommeil l’emporte.



Au petit matin, les choses étaient toujours les même. La chambre de son époux était toujours aussi grande, toujours aussi étrange… toujours aussi vide. Quand elle sortait ses jambes de la couche, l’étonnement de ne pas trouver le sol directement persistait. Oui, toutes les habitudes persistaient. Robart reparti sur les champs de bataille, tous les hommes absents, les femmes avaient vite fait de retourner à leur routine bien élaborée. Rohanna n’avait eu qu’à suivre le mouvement. Les premiers jours, elle s’était tournée les pouces, elle s’était perdue dans les vastes couloirs et salles. Il y avait eu de nombreux blancs, de nombreuses conversations ratées ou avortées. Il y avait eu beaucoup de regards en l’air et des trébuchement sur les dalles irrégulières. De nombreux arrêts derrière les baies ouvertes sur l’horizon. Surtout, des heures sous les directives de Kyra qui tentait tant bien que mal de lui apprendre tout ce qui devait lui être appris. Il n’en avait pas fallu beaucoup à Rohanna pour comprendre qu’elle n’aimerait jamais sa belle-mère, que c’était probablement équivoque, et que ça ne changerait jamais. De bonne grâce, elle l’avait été ! Longuement, elle observait et imitait sa belle-soeur, Allya. Les manières de celle-ci étaient parfaites. Probablement trop parfaites pour la nouvelle bru qui finissait par poser son menton dans sa paume, s’ennuyant à mourir. Elle rêvassait de parcourir la lande et rejoindre les forets danse et fertile, décocher quelques flèches. Elle se sentait affreusement inutile, grandement inutile tant elle était parée comme jamais elle ne l’avait été, et aurait préféré rejoindre les paysans. Les aider, soutenir ces femmes qui devaient faire face à la pénurie de leurs hommes. L’ancienne Trant se sentait comme un animal en cage, bouillonnant d’une énergie interdite et brimée. N’en faisant parfois qu’à sa tête, elle s’éloignait de la cacophonie familiale pour hanter les remparts. Elle laissait ses doigts effleurer l’endroit où, le soir de son mariage, elle s’était abandonnée au Cerf. Cet époux qui n’était resté à ses côtés que quelques heures, le temps d’une chasse, de lui assurer quelques belles paroles et de repartir. Quelques jours partagés et depuis un grand vide. A lui non plus elle n’avait pas su écrire. Qu’aurait-t-elle pu bien lui dire de toute manière? Lui raconter sa vie plus assommante que trépidante, certainement pas ! Alors, elle pensait à lui. Elle laissait son corps choir sur les remparts, fixant l’horizon. Si elle avait ardemment rêvé de chevaucher à travers des plaines dangereuses et combattre des ennemis, grandie et murie la guerre n’était plus qu’un fantasme éteint. Secrètement, des pensées qu’elle s’empressait de cracher dans la baie des naufragés, elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer la scène où on lui annoncerait que son époux était mort. Théâtre d’images morbides, mais qui la soulageait. Accalmie était une incroyable forteresse, mais le prix de sa place était trop lourd. Nue, quand elle prenait ses eaux, elle palpait son bas ventre se demandant comment ce serait d’avoir un enfant. Diantre que cela lui faisait peur ! Elle n’avait pas envie de voir sa peau grossir et se déformer. Elle n’avait pas osé demander et n’était pas certaine de savoir comment les choses se passaient, mais tant que Robart était loin cette hantise pouvait sommeiller avec sérénité. 


C’était sur ces remparts qu’elle avait fait la connaissance de cette tante que les Dieux lui avait donné par deux fois. Bien sûr, elle l’avait croisé à nouveau et plusieurs fois. Après-tout les femmes Baratheon vivaient ensemble, tous les jours et à toutes les heures. Etrangement, dans ce dédale d’espace, l’intimité était chose rare. Oui, c’était sur ces remparts, au grand vent, au bruit du ressac sur la roche que les deux femmes s’étaient apprivoisées. En silence au début, comme si leur présence mutuelle devait être domptée, et puis il y avait eu des gestes, des paroles… Aujourd’hui, Rohanna pouvait regarder Tess dans les yeux sans avoir peur de quelques démons, oublié toutes les mises en garde paternelles ! , mieux les deux femmes avaient partagé quelques rires. Dans ces moments là, Rohanna retrouvait sa nature terrestre : les dents offertes et la tête renversée. Elle se contrefichait qu’une épouse doive se comporter plus discrètement et avait compris que tant que la Biche Noire serait à ses côtés, elle serait libre du joug de Kyra. 



« Lady Rohanna ! Lady Rohanna ! Lady Rohanna ! »



Le souffle de la fillette est court, son haleine sèche d’avoir enfilé toutes ces marches et ces couloirs. Elle pose sa main sur sa hanche, sans aucune contenance reprends son souffle. Assise dans la baie, lisant quelques chapitres de contes d’ailleurs, Rohanna lui intime de se calmer et de respirer. Un instant durant elle craint à la réalisation de ses pensées : on va lui annoncer qu’elle doit quitter immédiatement Accalmie, rejoindre ses terres et porter le deuil d’un homme qu’elle n’a connu que quelques heures. Mais non, les yeux de la servante sont pleins de malices et semblent même savourer leur silence… 



« Ser Robart et quelques chevaliers ont été annoncés ! Ils seront demain au château ! »

Alors, la jeune fille rit très fort. Très, très, fort. Elle fait éclater toute sa joie comme si par cette poignée d’hommes c’était toute la guerre qui était gagnée. Tous les hommes qui étaient saufs. L’épouse pose son livre, elle demeure quelques instants interdite et elle finit par sourire. Quelques instants plus tard, elle rit aussi. Bientôt tout Accalmie résonne de joie et d’allégresse ! C’est léger le bonheur. Tout le poids de ces longs mois est oublié. On s’active, on prépare les chambres déjà prêtes, on fait tourner les cuisines à grands frais, on ouvre les malles et on cherche de jolies robes à se parer. On demande à la Dame si on peut lui emprunter quelques robes anciennes, ou des rubans effilochés et c’est un heureux bazar de coton et de soie colorées. 





***




Le château est silencieux. Les femmes font semblant de travailler sur leurs ouvrages, mais leurs aiguilles sont arrêtées ou font continuellement le même mouvement. On attendait une course folle de chevaux qui n’arrivait pas. Parfois, on se levait et on regardait à travers la fenêtre, on savait son geste idiot, mais on ne pouvait s’en empêcher. C’était plus fort que tout. On toussotait, beaucoup, comme pour marquer le temps afin qu’il s’écoule plus vite. Ce fut un murmure, fort et bruyant, venant de loin. Leurs gestes restèrent en suspens, incapables de se regarder. Elles attendirent que les acclamations se fassent plus proches, plus saisissantes pour laisser tomber tout ce qu’elles avaient dans les mains. Sensation unique, toutes se serrèrent à l'unisson, s’agrippant à cette heureuse pensée de voir les leurs rentrer sain et sauf. Un courant d’air, une trainée de poudre et les femmes devinrent des nuages, dévalant les escaliers. Toutes, sauf deux. Rohanna était restée dans cette salle, Tess à ses côtés. 


« Et si… »
« Et si? »

« Et si il n’est plus le même que dans mes souvenirs? Je ne l’ai connu que quatre jours, trois nuits ! »
« Il n'y a qu'une seule manière de le savoir... »




Des mains dans son dos, un ouvrage qui tombe au sol comme le plus impie des objet, et Rohanna est poussée vers les grands escaliers. A mesure qu’elle marche, une boule se forme dans sa gorge. L'une de ces boule d’appréhension, qui ne déplaise pas. Un noeud dans le ventre qui étreint avec force et qui, en même temps, fait un grand vide. Les deux à la fois, oui, les deux à la fois. Autour d’elle, les habitants de la forteresse laissent places à ces deux dames. Leurs commissures s’amusent de voir cette épouse avancer comme on tâtonne. Elle entend la voix de Kyra qui s’exclame dans la Cour, heureuse, et il lui faut descendre cet escalier monumental ! De biais, elle avale les marches de pierres et bientôt elle ne sent plus les mains de sa tante qui la pousse. Elle continue seule, appelée par les voix qui lui parviennent. Sur son sillage, on s’écarte. On fait place à la jeune épouse et on sourit, on chuchote, on cache son visage dans ses mains pour ne pas rougir. 


Finalement, Rohanna parvient à dépasser le seuil de la lourde porte. Il est là, de dos, il embrasse sa mère. On s’est déjà occupé de sa monture. Les quelques chevaliers qui sont là, s’inclinent légèrement à son passage. Le temps s’arrête, elle ne voudrait jamais prononcer son nom, elle ne voudrait jamais tendre sa main pour toucher son épaule. Elle se sent un peu ridicule. Un peu coincée dans cet accoutrement qui met son corps en valeur, mais dont la traine et bien trop longue. Quelques femmes courent rejoindre les bras de leurs époux, frères ou pères et la Cour, autour d’elle, reprend vie. Robb, lui, est toujours de dos. Son poing devant sa bouche elle toussote, un son rauque et très étrange sort de cette cavité. 


« Robb? »



Prononcer son prénom, c’est rendre l’instant si réel. Elle croise à peine son regard qu’elle baisse déjà la tête, s’inclinant légèrement. C’est stupide de s’incliner devant cet homme qui a déjà partagé son lit, cet homme qui est son époux, mais une part d’elle ne le voit encore que comme l’héritier de l’Orage. Le fils prodige, la réplique d’un héros.



« Bienvenue… »



Elle cherche ses mots, elle se sent niaise. Elle ne sait pas quoi lui dire, ni si elle devrait lui tendre les bras, l’embrasser, le couronner de gloire… elle ne sait pas. Le fait qu’elle se sente épiée n’arrange pas la situation, peut-être que les autres trouvent ça amusant mais pas elle. Pas du tout.



« Il... Il est bon de vous savoir de retour. »



Figée dans toute sa jeunesse, ses yeux sont toujours baissés. Elle ne sourit pas. Elle ne sourit pas et elle l'a vouvoyé ! Hier, il lui semblait avoir été heureuse de savoir qu’il reviendrait, heureuse de retrouver cette présence qu’elle avait aimé. Elle pouvait l’avouer, plusieurs matins elle s’était réveillée le corps languis d’avoir trop pensé à lui. Pourtant… il lui est difficile de le regarder en face et quand elle le fait ce n’est que pour sentir son coeur s’accélérer. Son dos est moite. Tout se volatilise ; la lourdeur de sa poitrine, le noeud dans son estomac. La pluie qui se joue d'eux est soudain la plus belle chose en ce monde !
lumos maxima

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+just a bad dream+
SOFTNESS IS NOT WEAKNESS IT TAKES COURAGE TO STAY DELICATE IN A WORLD THIS CRUEL
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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: [FB] Land That Gave Us Love And Laughter, We Will Go Home   Sam 2 Déc 2017 - 0:58

Land That Gave Us Love and Laughter, We Will Go Home
Confiant les rênes de sa monture à un page, Robb se dirigea vers sa mère qui était arrivée en hâte depuis la large porte pour l’attendre en compagnie d’Allya et d’autres dames de cour, un large sourire aux lèvres. Soeurs, épouses ou mères, toutes cherchaient les leurs parmi les compagnons de l’héritier, espérant qu’ils pourraient pour quelque jour profiter de leur proche et oublier un temps qu’ils risquaient leur vie au loin. Pour les chanceuses, c’étaient cris de joie, embrassades et marques d’affection, là où les autres ne conservaient qu’un sourire devant un tel déploiement, cachant certes leur déception, mais néanmoins heureuses pour leurs camarades. La guerre était ainsi, un temps de sacrifice où seuls quelques-uns pouvaient parfois toucher au bonheur, et profiter d’un court répit dans la lutte que se menaient Rebelles et Loyalistes.

Nulle trace de Rohanna dans la foule cependant. Elle aurait dû être aux côtés de Kyra, ou au moins avec les autres femmes rassemblées. Elle n’était pas là, pourtant, une seule personne manquait dans cette assemblée féminine venue accueillir les héros de l’Orage, celle que Robb aurait voulu voir au premier rang, un large sourire pour l’accueillir et ôter ses doutes de la veille. A la place, il ne pouvait que se demander si ceux-ci n’étaient pas fondés, si elle n’avait pas décidé qu’elle ne voulait plus de cette vie qu’il lui avait offerte, qu’elle ne voulait plus de lui. Un seul événement, et toutes les certitudes qu’il avait eues la dernière fois qu’il avait quitté Accalmie semblaient à nouveau s’effondrer. De longues années durant, le couple que formaient Theodan et Kyra avait été son exemple de réussite maritale, et une chose avait toujours été constante, malgré les hauts et les bas que le couple suzerain pouvait avoir : quoiqu’il arrive, ils avaient toujours été là l’un pour l’autre. De tout temps, Kyra avait été la première à attendre son époux sur les marches de la forteresse, elle avait eu beau le détester quand Theodan avait refusé un mariage avec les Lions de l’Ouest pour son héritier, préférant l’unir à celle qu’elle ne voyait que comme une parvenue de basse extraction, elle avait été là pour lui souhaiter bonne fortune au combat, comme si rien ne s’était passé.

Cette constance et cette fidélité inconditionnelle était devenue un symbole pour l’héritier, un idéal à atteindre lorsqu’un jour il serait également marié. Un temps, Robb pensait avoir trouvé la perle rare en la personne d’Eleneï, voyant en elle une copie presque exacte de la personnalité de sa lionne de mère, avec en plus un tempérament plus entreprenant, et moins à cheval sur l’étiquette une fois qu’elle ne se trouvait plus en public. Une illusion passagère, balayée par le refus de son père d’enterriner un nouveau mariage entre l’Orage et l’Ouest. A la place, Rohanna était arrivée dans sa vie, tempête sauvage venue basculer ses convictions, alors même qu’il était certain qu’aucun sentiment n’aurait pu naître d’un mariage arrangé avec une jeune femme que l’on disait trop insoumise, trop masculine pour être un jour mariée, encore moins à l’héritier des terres dont sa famille ne représentait pour ainsi dire qu’une infime partie. Contre les attentes de tous, lui le premier, Robb était tombé sous son charme terrestre, et pendant quelques jours, c’était une idylle véritable qui était née entre eux, de celles qui semblent trop belles pour être vraies une fois que l’éloignement remplissait son office. Combien de fois n’avait-il pas hésité à lui écrire, sans savoir quoi dire ? L’horreur des batailles n’avait rien de glorieux, une fois les chants des bardes et les récits guerriers racontés par la suite ôtés, pas plus que les longs jours à s’observer en chiens de faïence à bonne distance. Il aurait pu lui écrire les endroits qu’il découvrait ou redécouvrait, les vastes étendues, mais s’il avait appris une chose sur la Biche Pendue, c’était son amour pour les grands espaces, et il craignait trop de lui rappeler sa condition, cloîtrée qu’elle était à Accalmie, ne rendant sa nouvelle existence que plus difficile. Il s’était tu alors, espérant qu’à son retour, les choses auraient pu reprendre leur cour, qu’elle aurait été là, comme sa mère l’avait été pour son père. Ce n’était pas le cas, pourtant, et ce fut la déception au coeur qu’il se dirigea vers sa mère, un sourire de circonstance néanmoins sur le visage.

A peine l’héritier était-il arrivé à hauteur de la Lionne qu’elle l’enlaça avec la tendresse d’une mère, rare moment où Kyra Baratheon se permettait de telles familiarités en public. Elle avait été conditionnées par les manières trop pointilleuses de l’Ouest, et ne s’était jamais entièrement adaptée aux manières plus directes de sa terre d’adoption. Pourtant, il y avait des instants où les instincts d’une mère dépassaient toutes les convenances, et la joie de revoir un fils qui rentre de batailles où il risque sa vie en était une. Reconnaissant de cette étreinte rare, Robb lui rendit avec plaisir, réconfort à l’absence de celle qu’il aurait voulu apercevoir plus que les autres.

« Bienvenue chez toi, mon fils. Tu nous as manqué à tous. »

Peut-être pas tous, pensa-t-il amèrement. Il n’en dit mot, pourtant, sachant pertinemment que sa mère n’approuvait rien de son union, le Baratheon ne voulait pas lui donner plus de raisons de le faire. Mais peut-être, peut-être que la situation avait changé, et que l’une comme l’autre avaient appris à se connaître pendant son absence. Il ne savait rien, après tout, de ce qui avait pu se passer durant son absence, et plusieurs mois pouvaient changer bien des choses, en bien comme en mal. Quittant enfin l’étreinte maternelle, Robb sortit un parchemin enroulé de sous son surcot, scellé à la cire jaune à l’aide de l’anneau seigneurial, qu’il tendit à Kyra.

« Père m’a demandé de vous transmettre ce pli en main propre, et… De vous transmettre toute son affection. Il regrette de n’avoir pu rentrer, mais... »

« Robb? »

Jusqu’à cet instant, le temps aidant, l’héritier avait douté de reconnaître sa voix, mais son instinct s’était assuré que ce soit chose impossible. Elle était venue, finalement, et le son de sa voix dans son dos lui procura un frisson le long de l’échine, réminiscence de ces jours heureux qui souvent lui avaient semblé si lointain, et qui soudainement paraissaient bien plus proches. Il ne termina pas la phrase qu’il avait commencée pour Kyra, ni ne vit l’air légèrement désapprobateur de sa mère à l’égard de sa bru, qui avait encore réussi à se faire remarquer par son retard. Il s’était retourné, un léger sourire en coin sur le bout des lèvres. Elle était venue. A l’instant ou son regard croise le sien pourtant, elle baisse les yeux et s’incline légèrement, un geste qui dissone tellement par rapport à la jeune femme qui lui avait tenu tête alors même qu’à peine leur mariage prononcé, elle avait trouvé la force de lui tenir tête, alors que tous s’étaient attendus à ce que la nouvelle Biche ne supporte pas une pression à laquelle elle n’avait jamais été préparée. Il aurait pu en rire, si lui-même ne peinait pas à trouver les mots qui convenaient, les gestes qu’il aurait du avoir, dans toute son incertitude.



« Bienvenue… Il... Il est bon de vous savoir de retour. »


Par les Dieux, il aurait voulu l’enlacer, lui dire qu’elle lui avait manqué, que pas un jour ne s’était passé sans qu’il pense à elle, et aux moments qu’ils avaient partagé. Il aurait voulu que cette foule rassemblée se disperse pour qu’ils ne soient plus que seuls, sans personne pour sourire des tâtonnements et des hésitations. Mais ces mêmes hésitations l’empêchaient d’agir comme il en avait envie, de peur de la brusquer, d’aller trop vite, ou d’être trop entreprenant. Plus bas, pour que sa voix soit en partie couverte par les bruits qui les entouraient, il se contente alors d’énoncer l’évidence même, qu’il lui semblait pourtant indispensable d’énoncer.

« J’avais fait la promesse de revenir, et pour rien au monde je n’aurais manqué à celle-ci. »

A peine a-t-il terminé sa phrase que les lourds nuages qui plânaient au dessus de leur tête déversent leur contenu, entraînant des légers cris de surprise un peu partout, tandis que tout un chacun se dirigeait vers l’un ou l’autre abri pour continuer leurs retrouvailles, ou partager nouvelles et récits. Pluie salvatrice, qui écourte une cérémonie qui aurait pu durer bien plus longtemps si la météo capricieuse de ses terres n’en avait décidé autrement. D’un geste, le Baratheon ôte la lourde cape de voyage qui garnit ses épaules pour en entourer celles de son épouse, profitant de la proximité ainsi créée pour lui murmurer doucement :

« Il ne faudrait pas que tu attrapes la mort, pas alors que je viens de rentrer. »

Fils de l’Orage, la pluie ne l’avait jamais réellement dérangé, et alors qu’il venait de rentrer, il lui semblait que c’était la manière des Dieux de lui souhaiter la bienvenue, les trombes d’eau avaient quelque chose d’accueillant après tant de temps passé dans des régions bien plus sèches. Après avoir ajusté un peu la cape -bien trop large pour les épaules de sa belle- il se tourne vers sa mère qui s’était déjà dirigée vers l’entrée de la grande salle pour y trouver refuge, et hausse la voix pour couvrir le bruit de la pluie :

« Nous vous rejoindrons plus tard, Mère ! »


Kyra avait du répondre quelque chose, mais il n’avait pas écouté. En un instant, il se sentait adolescent, tout prêt à braver les convenances uniquement pour son bon plaisir et ses envies. D’un regard complice, il prend la main de la Biche Pendue, et l’entraîne vers l’escalier du chemin de ronde, le gravissant sans aucun égard pour la pierre qui devenait peu à peu plus glissante. Là-haut, il entraperçoit à nouveau cette nuit, ces minutes qui avaient précédé Leur nuit. Là-haut, il a l’impression de revenir quelques mois plus tôt, à ce moment où ils n’étaient encore que deux inconnus qui tentaient de s’appréhender. Peut-être que tout serait à refaire, il n’en savait rien, mais la savoir à ses côtés lui donnait l’impression que tout était possible, après tout, elle était venue. Prenant une grande inspiration, il emplit ses poumons de l’air de sa terre natale, de cet endroit qui avait vu naître leur relation.

« Par les Dieux, comme cet endroit m’avait manqué. »

Comme tu m’as manqué , aurait-il du dire, mais il ne sait pas pourquoi les mots ne sortent pas, se distordent. Au lieu de cela, il hésite quelques instants avant de prendre ses mains dans les siennes, et de la regarder droit dans les yeux, cherchant à comprendre son état d’esprit. Avec une légère pointe d’inquiétude pourtant, parce qu’il sait qu’elle n’avait pas du apprécier les devoirs qui étaient désormais les siens, il lui demande alors simplement :

« Comment vas-tu ? »

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Rohanna Baratheon
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MessageSujet: Re: [FB] Land That Gave Us Love And Laughter, We Will Go Home   Sam 16 Déc 2017 - 0:47

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« J’avais fait promesse de revenir, et pour rien au monde je n’aurais manqué à celle-ci. »



Les nuages déversent leurs mots et autour d’eux ruissèle une pluie d’été. Chaude. Bienveillante. Ses paumes se tournent, elles accueillent cette bénédiction divine. Un sourire fin vient perler ses lèvres closes. Autour d’eux se sont avancées les femmes. Elles observent de leurs yeux maternels ce qu’il se joue dans cette cour austère. La guerre, pour un temps, n’est plus. Le fils prodige est rentré. Certaine le connaissait qu’il était encore dans le ventre de sa mère, mais elles ne l’ont jamais vu ainsi. Rohanna non plus, elle se rend compte que ses souvenirs étaient faux, parsemés d’erreurs grossières. Il était moins grand, plus carré et plus grave… Sur ses épaules sa cape est lourde, intimidante. L’intimité de ses bras, de ses mains, de son corps tout entier… si près. Elle peut apercevoir les pores dilatés de sa peau, ce menton qu’il n’a plus pris le temps de raser, cette lèvre charnue de se l’être trop mordue. La pluie se fait plus dense, abrupte ! Eloquente, elle tonne tout leur silence. Désormais, l’attroupement s’est réfugié sous le portique de pierre. Il rit et glousse, la pluie a ce miracle de l’enfance. Le sol semble éthéré comme porté par une joie terrible et nouvelle. Une joie qui pousse la Biche à se rapprocher doucement.

« Nous vous rejoindrons plus tard, Mère ! »



Un instant après, les époux frôlent de leurs longs pas les marres de boue insolentes. Leurs chaussent se crottent, la traine de Rohanna s’alourdit de cette terre de sortilèges. Elle le suit, le bras tendu. Le corps tout aussi lourd que léger, elle le suit sur ce chemin qu’elle connait par coeur. Les marches creusées glissent de leur âge avancé. Afin de ne pas se laisser emporter, ses doigts mouillés s’enfoncent dans sa paume rugueuse. Quand bien même ils savent qu’il ne la laissera pas tomber, ils s’appuient avec force. Il est là. Robb est rentré. Et c’est une sensation bizarre de se dire que cet homme qu’elle n’a pas vu depuis des mois, qu’elle n’a connu que quelques heures est son époux. Se dire que leurs vies ne fait qu’une, que leurs voeux ont fait d'eux des âmes enchainées. Leurs destins ne pouvant plus que se mouvoir ensemble.



« Par les Dieux, comme cet endroit m’avait manqué. »



Il inspire. Il lui a rendu sa main. Il emplit ses poumons d’air. Sa main tremble. Elle redoute les instants qui suivront, elle n’a pas ce courage ! Ils s’étaient bien entendus, mieux que ça… elle s’était sentie avec un ami. Or, c’était un souvenir. Remembrance d’une épouse délaissée par les ordres de la Mort, seule et s’ennuyant. Ces fables qu’elle s’était contée en silence peut-être n’existeraient-elles jamais. Désormais, il avait vu des choses qu'elle n'avait jamais vu. Ses joues étaient creusées, son buste gonflé. Ses mains étaient sales, tout comme son armure. Il n’avait pas pris le temps de la laver, le temps il n’en avait pas. Et elle, elle était là après des heures de préparation, sous cette cape trop lourde, parsemée de crin de cheval, puant le sang et le crottin. Un monde les séparait. Si grand qu’elle ne savait pas que dire. 


« Tu dois vouloir… »

« Comment vas-tu? »


Ses yeux sont dans les siens, inquiets. Elle allait partir, faire demi-tour, déclarer défaite que leurs peaux se retrouvent collées, moites. Rohanna s’était préparée à beaucoup de questions. Il fallait l’avouer, dans sa chambre elle avait fait les cent pas, s’interrogeant elle-même. Imitant Robb et sa voix masculine, posant des questions anodines parfois plus badines. Elle y répondait toujours, d’une voix plus féminine, plus engageante. Elle ne se retrouvait jamais dans ces notes et s’énervait contre elle-même pour penser à de telles idioties quand ledit homme était en train de risque sa vie ! Oui, beaucoup de questions mais aucune n’avait-été aussi simple, aussi simplement douloureuse que « comment vas-tu? ». Comment répondre à ce piège sans tomber dans l’égoïsme et l’égocentrisme le plus terrifiant ! 


Un appui dans la chaleur de ses paumes et elle se rapproche, un peu plus. C’était ainsi. Elle voulait le sentir proche, elle voulait être certaine qu’il était là. Sottise, elle n’avait peut-être pas le courage des autres femmes à se donner un visage glacé et de circonstance mais elle avait ce besoin. Ce besoin de ne plus le laisser repartir parce que ces quelques jours qu’ils avaient passé ensemble… elle ne les avait pas oublié. Ils étaient là, intacts. Elle s’était interdite d’y penser pour ne pas les abîmer, les ébréchés de ses fantasmes et désillusions. Quand elle arpentait les lieux qu’ils avaient foulés ensemble, elle ne pensait jamais au passé. Elle rêvait sur l’avenir, elle devenait comme ces bellâtres de jouvencelles dont elle avait su, antan, se moquer avec sarcasme. Jamais je ne serai comme elles ! elle l’avait dit, clamé et répété à en user les oreilles de sa pauvre mère. Cette pauvre mère, qui ne mettait plus d’eau dans son vin, devait avoir le coeur bien anxieux ces derniers mois. Parfois, loin de Kyra, s’accordant à penser à eux, elle se disait que sa génitrice devait prier bien plus les Sept pour Robb que son propre époux. Cette Valoise qui avait tout quitté pour venir dans cette rustre contrée, aux moeurs bourrues et sans manières, voyait enfin le rêve de toute une vie réalisé. C’était sa consolation. Celle qui l’obligeait à ne pas se plaindre de sa fortune. 


« Tu es à faire peur… »



Si sa bouche reste immobile, trop indécise, trop questionneuse, ses bruns yeux rient pour elle. L’homme qui se tenait devant elle, n’avait rien de celui qu’elle avait connu. Loin du bellâtre, héritier d’une Maison illustre, loin du sang du dragon qui coulait en ses veines ocres. Il ressemblait à un vagabond, si ce n’était la lourde épée ouvragée au pommeau serti, si ce n’était la qualité de ses vêtements lourds et trempés, si ce n’était cette assurance royale. Son index décolle une mèche collée sur son front, doucement. Elle frémit, mais ce n’est pas la pluie. Ce ne sont pas les gouttes qui viennent perler ces longs cils. C’est de le toucher. Enfin, ses lèvres s’accordent à rompre leur sévérité. Qu’il lui semblait bête de l’avoir vouvoyer tantôt ! Qu’il lui semblait soudain bête d’avoir eu peur, d’avoir refusé de descendre, de ne pas en avoir dormi ! Alors, comme la veille quand la servante était arrivée en courant, elle rit. C’est un rire brut, terrien et il s’échappe sans préambule. 


« … mais il est bon de te voir. »

Ses phalanges s’attardent sur son front où quelques griffures et cicatrices ont laissé des marques. Pour chacune, elle attarde son attention. Interdite de ces horreurs dont elle n’a la clef ni des bruits, ni des odeurs, ni des émotions. Seulement ces quelques traces visibles, hâtivement nettoyées par une inconnue. Un grognement se meure dans sa gorge, elle n’était pas sotte. Du moins, bien moins que toutes ces nobles Dames de haut lignage, racées jusqu’à leur orteil. Elle avait grandi parmi les paysans, les gens de passage et les hâbleries des manants ! Elle connaissait les femmes qui accompagnaient les guerriers, les pérégrines certains les appelaient. Il lui était difficile de concevoir qu’une femme aurait pu soigner ces blessures, probablement qu'une infime vision du reste. Plus encore d’une inconnue, le corps mieux fait, les manières plus génésiques, le conforter entre les peaux de cerf ! Pourrait-elle jamais le lui demander? Non, pourrait-elle ne jamais lui accorder de garder cette partie de sa vie secrète? 


« Du thym, du miel et quelques boutons de millepertuis, l'eau ne suffit pas. Celle qui s’est occupée de tes blessures, ne l’a pas bien fait : certaines ont tourné au jaune… »

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Robb Baratheon
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MessageSujet: Re: [FB] Land That Gave Us Love And Laughter, We Will Go Home   Dim 17 Déc 2017 - 23:16

Land That Gave Us Love and Laughter, We Will Go Home
Un instant durant, Robb avait cru que la jeune femme allait partir en courant, sentiment comparable au moment fatidique ou l’animal prenait conscience de son sort, à un clignement d’oeil de recevoir la flèche qui mettrait fin à son existence. Un instinct de survie arrivé trop tard, qui fit craindre à l’héritier que sa mère n’avait pas fait son deuil de cette union qu’elle n’avait pas acceptée, et de l’autre qui n’arriverait plus. La situation de Rohanna était-elle si terrible pour qu’elle craigne ainsi de répondre à cette simple question ? A l’inverse de la proie pourtant, la Biche finit par se rapprocher, faisant fi de cette crainte perçue plutôt que simplement observée. Un contact que longtemps il avait attendu, encore distant, mais suffisamment proche pour qu’il sache que ce qu’ils avaient vécu ne s’était pas évanoui dans les flots de souvenirs obscurs que l’on finit par confondre avec les songes.

« Tu es à faire peur… »

Si la belle arbore un air presque songeur, dans ses yeux pétillent la même malice qui, quelques jours durant, avait illuminé les jours gris de l’Orage, avant que les nobles et chevaliers ne rejoignent à nouveau le champ de bataille. Robb aurait pu prendre ombrage de cette pique sur son apparence, mais il ne se faisait aucune illusion sur son apparence après ces longues journées de voyage, où les abris couverts et suffisamment sûrs n’étaient que trop peu nombreux. L’auberge visitée la veille avait été un signe de la providence, qui leur avait permis de se reposer avant d’arriver, mais le Baratheon n’avait pas eu le coeur à forcer son écuyer à récurer une armure qui se salirait certainement à nouveau le lendemain, pas quand ils étaient si prêts d’un repos réparateur. Le jeune homme aurait tout le temps de polir et faire briller les plaques à nouveau, les servantes ne rechigneraient pas à la tâche pour rendre à ses tissus usés leur splendeur initiale. Puis le temps viendrait de partir à nouveau, et le même cycle recommencerait. A quoi bon alors empêcher un jeune écuyer de passer une nuit de repos ? Il avait autant mérité son répit que les autres guerriers qui l’accompagnaient, après tout.

Délicatement, la main de Rohanna vient écarter une mèche de cheveux rabattue sur son front par les flots qui s’abattaient sur eux depuis les cieux de l’Orage, toujours prompts à se rappeler ainsi à ceux qui y avaient trouvé leur foyer. d’un simple contact, ce sont les réminiscences de ces jours passés, d’une tendresse qu’il avait fallu mettre de côté pour la violence de la guerre qui viennent s’imposer au chevalier. Jamais il n’avait réellement pu l’oublier, bien sûr, mais lorsque l’on vit entouré de frères d’armes, lorsque l’épée et les coups se substituent à la douceur du foyer, ces souvenirs deviennent trop vite et trop facilement des illusions lointaines dont les sens ne se rappellent qu’aux heures les plus noires de la nuit, quand enfin il est permis de penser à autre chose qu’à la bravoure, au combat et à la survie. Et quand elle éclate de rire, un rire franc et fort, tout aussi différent de ceux que l’on entend autour des feux de camp qu’il l’est du rire discret des dames de cour, Robb ne peut s’empêcher de rire avec elle, posant son front ruisselant contre celui de cette jeune femme que l’on disait trop sauvage, celle que personne n’avait destiné à être sienne, celle qui occupait désormais une place qu’il ne voudrait plus donner à aucune autre.

« … mais il est bon de te voir. »

Il aurait pu lui dire que chaque jour depuis son départ il avait pensé à elle, qu’il ne s’était pas passé une semaine où il n’avait pas espéré voir arriver un messager qui apporterait la reddition du Cruel, délivrance ultime qui aurait apporté aux hommes de l’Orage la liberté de rentrer chez eux célébrer la victoire, et retrouver les leurs. Jamais auparavant Robb n’avait pensé ainsi souhaiter la fin de la guerre, trop jeune pour y voir moins la possibilité de s’illustrer et de s’auréoler de gloire que les pertes, les morts et les malheurs qu’elle engendrait. Il était un fils de l’Orage, l’héritier de Theodan Baratheon, et en tant que tel, il avait toujours désiré rendre son père fier par ses faits d’armes, par les ennemis qu’il vainquait les uns après les autres. Cette envie était toujours là bien sûr, mais elle était désormais mêlée à celle, plus amère, de pouvoir retourner auprès de cette femme qui semblait l’avoir envouté, celle qu’on lui avait lié pour ensuite lui arracher tout aussi rapidement qu’elle était venue.

L’union s’était voulue politique, on n’attendait pas d’eux un héritier rapidement, il s’agissait d’apporter une assurance dans ces temps de guerre, et le père avait besoin de son fils à ses côtés pour mener les batailles qui s’annonçaient plus difficiles au fur et à mesure que les forces Rebelles se rapprochaient de Port-Réal et de leur cible ultime. De la même manière, personne n’avait attendu de l’héritier de l’Orage qu’il s’entiche ainsi de la petite noble qu’on lui avait attachée, et même si Theodan avait su lire la nuit même du mariage de son fils la naissance d’une idylle, lui-même n’avait pu prévoir, ou même imaginer que la petite Trant pourrait ainsi détourner son fils, le guerrier prodige, de la voie qu’il s’était tracée. Pour elle, et pour elle seule, Robb aurait voulu qu’un inconnu mette un terme à la guerre à sa place. Que les Lannister récupèrent la gloire, qu’un de ces nobles décide d’assassiner le Roi pour recevoir quelque récompense des Rebelles vainqueurs de facto, être le héros ne lui importait plus tant, si cela signifiait qu’il pouvait la retrouver. Toutes ces choses, il aurait pu les lui dire, s’il n’avait pas, quelque part, une certaine honte de cette faiblesse nouvellement découverte, une de celles qu’il ne voudrait pas voir disparaître, s’il n’avait pas été presque entièrement concentré sur le regard de sa belle qui s’attardait sur les quelques marques de combat qui ornaient son front.

« Du thym, du miel et quelques boutons de millepertuis, l'eau ne suffit pas. Celle qui s’est occupée de tes blessures, ne l’a pas bien fait : certaines ont tourné au jaune… »

Un sourire au coin des lèvres, Robb prend doucement la main de la Biche dans la sienne. Etait-ce là une certaine jalousie qu’elle tentait de cacher derrière ces conseils ? La chose avait quelque chose d’attendrissant, et le jeune homme hésitait entre l’envie de la prendre dans ses bras et celle de jouer un peu avec l’incertitude qui semblait habiter sa belle. Avec un air malicieux, le Cerf commence donc par répondre sur un ton amusé :

« Et bien, je dirai au responsable que mon épouse n’est pas satisfaite de la façon dont je suis traité à la guerre... »

Quelques instants, il se retient de pouffer en observant sa réaction, avant de rire à nouveau, et d’embrasser sa main, balayant ensuite ces pensées avec lesquelles elle devait être au prise.

« Tu sais que Père et moi avons un Mestre pour s’occuper de nos blessures, mh ? Celles-ci me semblaient trop légères, alors je les ai nettoyées moi-même. Il semblerait que je sois loin d’être doué pour ça, visiblement… Mais au moins, avec elles je fais peur. »

Son sourire se fait plus franc alors que Robb savoure son trait d’esprit, d’autant plus qu’il lui est venu naturellement, là où auparavant il aurait hésité à jouer ainsi avec la Biche Pendue, de peur de la voir se braquer ou s’éloigner, effarouchée par l’une ou l’autre parole qu’il aurait prononcé et qui aurait poussé la limite de sa tolérance trop loin. En son for intérieur, il savait qu’elle ne lui en voudrait pas outre mesure, et cette proximité le rassurait autant qu’elle l’enchantait. Finalement, il reprit une mine plus grave, et s’approcha un peu plus de l’orageoise, jusqu’à l’entourer dans ses bras. Alors seulement l’héritier lui murmura comme une confidence, quelque chose qu’il s’avouait à lui-même autant qu’à elle.

« Pour le reste… Il n’y a personne d’autre avec qui je voudrais partager ma couche, même loin d’ici. »

Quelques instants durant il la garda contre lui, savourant cette retrouvaille du corps comme de l’esprit. C’était un de ses moments rares, comme son père lui avait appris, où il fallait savoir les apprécier pour ce qu’ils étaient, sans en attendre plus que ce qu’ils avaient à offrir. Il finit par briser le moment, cependant, s’écartant un peu pour reposer la même question, toujours aussi anxieux de connaître l’état d’esprit de la Biche.

« Mais, tu ne m’as pas dit comment les choses se passaient pour toi ici. Mère te traite-t-elle bien ? »
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Rohanna Baratheon
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MessageSujet: Re: [FB] Land That Gave Us Love And Laughter, We Will Go Home   Sam 23 Déc 2017 - 0:36

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« Et bien, je dirai au responsable que mon épouse n’est pas satisfaite de la façon dont je suis traité à la guerre... »



Ils doivent s’écarquiller grands, ces yeux qui avalent leur jalousie. Ses mots sont amusés, légers, presque heureux. Sur sa main, sa bouche se veut apaisante. Sa mère lui avait dit de ne jamais faire de remarques à son époux, pas tant qu’une lignée n’était pas établie. Particulièrement, particulièrement, elle lui avait demandé de ne pas faire étal de ses moeurs acariâtres. Elle avait voulu certainement parlé de la jalousie, par exemple. Pourtant, Robb ne semblait pas en prendre ombrage, il ne semblait pas s’énerver et se retenir de lui faire quelques réflexions… on aurait dit que ça lui faisait plaisir. 


« Tu sais que Père et moi avons un Mestre pour s’occuper de nos blessures, mh? Celles-ci me semblaient trop légères, alors je les ai nettoyées moi-même. Il semblerait que je sois loin d’être doué pour ça, visiblement… Mais au moins, avec elles je fais peur. »



Non, elle ne le savait pas. Personne ne lui avait dit qu’un mestre était particulièrement dédié aux Cerfs, quoique maintenant cela semble logique. Son front se cache derrière quelques mèches échappées, elle devait lui paraître bien provinciale ! « ... je ne voulais pas dire ça ! Enfin… c’était… tu comprends… tu ne fais pas peur. » Les mots sont rapides, avalés et dispersés. Robb la perturbait, comme il l’avait fait à leur première rencontre. Son sourire était trop franc, son visage trop serein : il semblait être fait pour cette vie, son naturel était trop mordant. Avant, elle avait été comme ça mais ici avec toutes les charges et les attentes, ça semblait impossible. Douloureusement impossible. Sa main se retrouve sur sa nuque et ses lèvres dangereusement proches de son lobe. Sur son échine danse un long frisson, elle pourrait presque sentir tous ses poils s’hérisser. 


« Pour le reste… Il n’y a personne d’autre avec qui je voudrais partager ma couche, même loin d’ici. »



Son souffle est grave, chaud. Il pénètre les pores de son cou sans demander son reste, brutalement. Alors… lui aussi. Elle aurait menti en disant qu’elle n’avait pas repensé à cet éveil sensuel, à quelques nuits et quelques matinées. Jamais une couche ne lui avait paru plus traitresse qu’après le départ de Robart pour la guerre. Avant sa nuit de noces, elle croyait comprendre… elle pensait savoir. Il lui avait ouvert un monde secret, étrange et quelque peu intimidant. L’entendre confier ces quelques mots fait naitre un sentiment nouveau. Elle pourrait lui prendre la main et l’intimer à le suivre jusqu’à leur chambre. Elle pourrait le laisser délasser sa robe, elle n’aurait plus la même gêne que la première fois. Son ventre, déjà était douloureux de cette langueur imaginée. Ses talons se lèvent, ils tentent de conquérir la dizaine de centimètres qui sépare leurs lèvres. Oui, elle le voulait. Elle le voulait terriblement et elle n’aurait pas su dire réellement pourquoi. 


« Mais, tu ne m’as pas dit comment les choses se passaient pour toi ici. Mère te traite-t-elle bien ? »



Ses talons retombent tout aussitôt. Par les esprits malin ! Pourquoi Kyra devait-elle toujours venir tout gâcher? Omniprésente, omnisciente des esprits d’Accalmie, on l’aurait dit sorcière ! Une ombre passe dans son regard et elle fait un pas en arrière. Elle n’arrivait pas à concentrer son esprit si il était trop proche d’elle. Sous ses grands yeux bruns, elle le questionne sans attendre de réponse particulière. Les sourcils de Robb forment des circonflexes inquiets, comme s’il redoutait les instants prochains. Il se doutait donc des sentiments carnassier de la Lionne envers elle. Il n’aurait pas du demander car à cette question elle ne pouvait répondre. Elle ne voulait pas lui mentir, il ne servait à rien de lui mentir. Elle ne voulait pas lui dire la vérité non plus, elle serait passée pour une ingrate. Elle était peut-être mauvaise élève pour les hautes manières princières des Lannister, mais elle avait bien appris les règles des autres femmes, celles qui incombent à une jeune épouse. Dresser un fils contre une mère n’en faisait clairement pas parti.

Tonitruante, la pluie continue de tomber. C’est un réconfort, tout comme le lourd de manteau qu’elle serre un peu plus contre elle. Les yeux fermés, elle offre son visage aux pleurs du Ciel. L’eau parcourt son visage, glisse lentement entre ses lèvres et dans son cou. Ses émotions se calment, elles acceptent l’imposant rythme naturel. 


« Te souviens-tu à notre mariage? Je crois qu’elle nourrit les mêmes rancoeurs envers moi ; surtout celle d’être indigne de son prodige de fils. Tu es adulé Robart Baratheon et on craint que la marque des Trant ne s’abatte sur ton destin si prometteur. »



Pour la blesser ou par stupidité, les murs chuchotaient énormément de la malédiction des Trant. Il avait fallu attendre que la Biche Noire et la Biche Pendue se montrent ensemble pour faire taire les commérages. Pour beaucoup, nourris par une haine dont ils ne devaient pas connaitre la source, Rohanna aurait pu être une sorcière envoyée pour détruire le Cerf ou quelle autre nymphe maléfique des forets ! Les rumeurs étaient difficiles à étouffer, certainement continuellement alimentées. Non. Elle ne devait pas penser ça, les rumeurs étaient nées avant l’esquisse d’une union entre elle et Robb. Elles étaient le fait de son oncle et de Tess. Elle n’avait pas su donner un héritier, ni même porter à terme un enfant. Son père l’avait désavouée devant tous, ce qui n’avait pas aidé à la situation et au rumeurs générales… mais elle, Rohanna, n’y était pour rien. Elle n’était qu’une pièce de jeu pour fortifier les liens des maisons oragiennes. Theodan avait du craindre sa Maison et les agissements des petits fiefs lui étant liée. C’était la seule réponse à son refus de se voir donner la main de la magnifique Eleneï. La parfaite, l’idéale, la princesse du Roc. Sa place était donc légitime et, aux yeux du père Cerf, avait eu bien plus de poids que l’or et autres richesses. Elle était donc légitime et chaque jour, et chaque soir, elle tentait de s’en souvenir. Plus, elle ne serait pas comme Tess. Elle donnerait un fils, des fils et des filles, et ce même si la perspective d’enfanter lui faisait plus peur que… n’importe autre chose ! 


Ses paumes viennent essuyer doucement les larges gouttes et tout aussitôt la pluie revient. Elle sourit, pour elle, pour ses pensées secrètes. Il était bête de vouloir son époux si terriblement et ne pas vouloir recevoir ce qu’il devait lui donner. Pourtant, si elle pensait à l’enfantement et à la mise à bas, elle n’entendait que les cris d’une femme déchirée et ne voyait que les visages crispés des servantes de Gallowsgrey. Elle ne voulait pas subir les mêmes sorts affreux que Tess, car plus que tous les autres elle les connaissait. Elles n’en avaient pas parlé toutes les deux, c’était un sujet encore trop douloureux, trop sérieux, trop prépondérant, pour leur début d’amitié. Elle aurait aimé pouvoir lui en parler, mais ces peurs et ces angoisses lui auraient semblé bien puériles à lui qui risquait sa vie tous les jours. On le disait d’une bravoure rare, toujours prêt à se surpasser et pourfendre la félonie du Cruel. Comment pouvait-elle lui dire qu’elle avait peur de donner naissance, la vie et la lumière, quand lui transpercé des centaines de corps et donnait les ténèbres? Elle se devait d’accepter son devoir et refouler toutes ces idées noires quelque part.



« En temps de guerre, il est évident que ta mère ne puisse être disposée et patiente à mon égard… Elle craint chaque jour pour ses fils, son époux et sa fille. Oriane est dans toutes ses pensées, ici personne ne l’oublie. Tout changera quand je te donnerai ton héritier. Votre héritier à tous. »



Elle le regarde, à demi grave, à demi trop heureuse. Elle voudrait s’approcher un peu plus, elle voudrait à nouveau sentir son souffle sur sa peau comme une protection invincible. Il y aurait ses doigts dans les siens, il y aurait leurs paumes écrasées et leurs corps luttant contre le poids de l’autre. Les mots qu’il lui a dit, elle n’arrive pas à les oublier. Ils démangent. Ils dérangent. Et sa mère serait dans tous ses états que de savoir qu’elle n’a que cette idée primitive en son esprit ! Alors, pour s’éloigner du sujet qui fait rougir ses joues, celui des enfants à venir, elle pense à une question à poser.



« C’est comment là-bas? »
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Robb Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Re: [FB] Land That Gave Us Love And Laughter, We Will Go Home   Mer 3 Jan 2018 - 4:10

Land That Gave Us Love and Laughter, We Will Go Home
Rohanna si proche, la pluie qui tombait toujours ne rendait la scène que plus réelle et tangible, révélatrice de cette présence, de son odeur. Durant les mois écoulés, elle lui avait manqué, Robb aurait été un fou ou un menteur de ne pas l’avouer, et pourtant ces souvenirs qui avaient à jamais changé une partie de ce qu’il avait un jour été semblaient trop fades maintenant qu’il pouvait à nouveau la prendre dans ses bras. Le jeune homme n’avait jamais vraiment cru en ces quelques instants qui pouvaient changer un homme complètement. La gloire l’honneur et le pouvoir, bien sûr, s’obtenaient par des actes de bravoures, ou des combats acharnés, mais au mieux ils ne pouvaient que changer un destin, écrire une nouvelle histoire, et avec elle tout était différent. Epouser une Trant plutôt qu’une Lannister, un choix politique risqué et décidé par son père avait changé le destin de l’héritier de l’Orage de façon inexorable, mais c’était Rohanna, qui elle était, sa façon de vivre, son innocence face à des choses qu’il lui avait semblé toujours savoir, sa témérité sauvage, c’était elle qui l’avait changé lui.

Une ombre passa sur le visage de la Biche lorsqu’il mentionna Kyra, et elle s’écarta un peu, sans dire un mot d’abord. En un sens, Robb se doutait que sa Lionne de mère devait mener la vie dure à sa bru, même s’il avait espéré que l’éloignement de la guerre, le fait de se retrouver uniquement entre femmes aurait pu briser les rancunes que la suzeraine pouvait éprouver. Qu’elle se rende compte que Rohanna n’était pas responsable de sa situation, pas plus qu’elle ne pourrait y faire quelque chose. Qu’elle s’en remette à la sagesse de son époux, peut-être, mais la réaction de la belle ne laissait pas vraiment de doute sur la manière dont les choses avaient pu se dérouler à Accalmie durant son absence. Illusion d’enfance peut-être, Robb ne pouvait pourtant pas se détacher de cette certitude infantile que sa mère ne pourrait, au final, qu’apprendre à aimer celle que son fils aimait, et qu’elle cesserait de ruminer cette alliance qu’elle avait tant voulu.

Robb lui-même l’avait voulue lui aussi, après tout, jusqu’à quel moment précisément, il ne le savait plus trop. Etait-ce en ne voyant qu’une malveillance certaine dans les yeux d’Eleneï au moment où il en prenait une autre pour épouse ? Au premier regard qu’il avait posé sur cette petite Trant qui croulait presque sous le poids de cette robe et de ce titre, qu’elle n’avait pas été préparée à porter, mais qui malgré tout avait su rester droite et digne ? Le moment précis lui échappait peut-être, mais pas la certitude, celle là était une évidence dans son esprit.

« Te souviens-tu à notre mariage? Je crois qu’elle nourrit les mêmes rancoeurs envers moi ; surtout celle d’être indigne de son prodige de fils. Tu es adulé Robart Baratheon et on craint que la marque des Trant ne s’abatte sur ton destin si prometteur. »



La Marque des Trant . Un léger grognement désapprobateur fut sa seule réponse à la mention de cette histoire de paysans et de jeunes filles, ces malédictions dont on aime affubler les grands pour les croire plus atteignables. Tess en avait fait les frais des années durant, et sa tante en avait souffert plus qu’elle ne l’avait montré, Robb ne s’était jamais laissé tromper par ses apparences souvent froides, pas depuis qu’il avait été en âge de comprendre que toute personne qui détenait un semblant de puissance se devait de sembler aussi intouchable qu’il le pouvait face aux bassesses destinées à la simple humiliation. C’était un jeu auquel la Biche Noire avait toujours excellé, un peu trop même, mais l’héritier de l’Orage l’avait vue verser une larme, un jour, une goutte presque tout de suite dissimulée, quand le sujet avait été évoqué lors d’une des disputes entre elle et sa Mère.

Cette douleur gratuite, fruit de la jalousie et de la malveillance, la voir infligée à son épouse était la dernière chose qu’il voulait pour elle. Le Cerf n’avait jamais été très porté sur la magie et ses superstitions, encore moins sur les soit-disant malédictions qu’on formulait à la nuit tombée, mais même si dans un sens elle l’avait ensorcelé, il n’en avait rien à faire, au contraire il s’en réjouissait. Ils avaient déjà terni l’honneur de Tess, ces ignorants et ces ingrats, et Robb ne comptait pas les laisser s’attaquer à sa belle, encore moins quand elle devait seulement commencer à appréhender le rôle qui était désormais le sien.

« En temps de guerre, il est évident que ta mère ne puisse être disposée et patiente à mon égard… Elle craint chaque jour pour ses fils, son époux et sa fille. Oriane est dans toutes ses pensées, ici personne ne l’oublie. Tout changera quand je te donnerai ton héritier. Votre héritier à tous. »




Il est étrange de voir quelqu’un qui n’a jamais connu sa sœur parler d’elle ainsi, même si Rohanna ne fait que dire ce que tous doivent effectivement penser. Les deux femmes avaient beaucoup en commun, qu’il s’agisse de ce caractère trop sauvage ou de cette volonté de vivre pleinement et comme elles l’entendaient. Pourtant, sa jeune sœur n’avait pu assister à son mariage, bloquée au Conflans déjà ravagé par les combats incessants que se menaient les Tully entre eux, sans compter les forces Rebelles et Loyalistes qui n’étaient pas en reste. La vie de sa cadette devait être loin de ce qu’on pouvait espérer pour quelqu’un de son rang, encore que la chose ne devait pas forcément lui déplaire autant qu’on pouvait le croire. Elle qui avait toujours voulu être élevée comme ses frères, peut-être au-delà des souffrances qu’elle devait endurer voyait-elle un quelconque désir enfoui accompli. Après tout, elle avait décliné l’offre de Theodan de rejoindre Accalmie tant que la guerre mettrait le Conflans à feu et à sang… C’était cette illusion qui empêchait Robb d’aller la chercher lui-même, quitte à la ramener en sécurité sur la croupe de son cheval s’il le fallait.

Quand Rohanna termine sa phrase, il sourit pourtant, quand elle parle de son héritier avec ce ton grave, qui dissimulait autre chose. « Ce sera le tien également. Le nôtre. » Avant tout le reste, avant que les années ne fassent peser sur cet enfant futur le poids de ce qu’il serait un jour, de devenir l’héritier de tout un peuple, celui qui un jour prendrait la place que son grand-père avait donné à son père, il serait leur enfant , il aurait droit à cette innocence passagère, et ils auraient le droit de n’être que des parents. Ces premiers jours, ils ne leur appartiendraient qu’à eux, et à personne d’autre.

« Mon nom est le tien à présent, tout ce qui est et sera mien un jour sera tien aussi. Ils peuvent murmurer ou crier à la sorcellerie, ce ne sont que des tentatives de te déstabiliser, pour qu’ils puissent te voir tomber. Mais n’oublie jamais que personne d’autre que toi n’est plus légitime à mes côtés, parce que mon père l’a décidé, et parce que je ne veux de personne d’autre pour te remplacer. Et si quelqu’un veut changer cet état de fait, et bien… Il ferait mieux de se préparer à mener le combat le plus difficile de sa vie. »

Se voulant rassurant, l’héritier dépose un baiser sur le front ruisselant de la Biche. Il passe une main contre sa joue, lui offrant un sourire confiant tandis que ses sens n’ont d’yeux que pour cette présence qui avait hanté ses rêves, éclipsant les autres. Il avait beau être épuisé par son voyage, par les combats, la voir réveillait des désirs enfouis, ceux nés de quelques nuits de découvertes, qui ne demandaient qu’à reprendre là où elles s’étaient arrêtées.

« C’est comment là-bas? »

La question posée le tira de ses rêveries aussi sûrement que si la pluie s’était changée subitement en glace. Evidemment, il s’était attendu à cette question, toutes les femmes étant curieuses de ces batailles dont elles n’entendaient que des nouvelles, ou dont elles ne lisaient que les légendes de combats passés. Et Rohanna, avec un esprit si combatif, son amour pour les choses généralement préférées des hommes… Elle ne pouvait qu’avoir grandi avec les mêmes envies qu’Oriane, cette soif de bataille que seuls les jeunes garçons éprouvent habituellement. Elle voudrait savoir, il le savait, et il avait préparé un récit des batailles, ne gardant qu’une fresque glorieuse, mettant de coté toutes ses nuances terribles. Mais elle était devant lui, maintenant, et Robb réalisa que lui mentir, il n’en avait pas envie. Elle ne pouvait pas être si naïve que pour croire qu’un champ de bataille ressemble réellement à l’image qu’on pouvait lui avoir dépeint, de toutes façons, et elle méritait réellement de comprendre la nature de ce dont tous les hommes de l’Orage vivaient.

Ils étaient les meilleurs soldats de Westeros, un état de fait dont les Baratheon tiraient une fierté certaine, et l’on pouvait facilement croire que des hommes ainsi réputés aimeraient la guerre et les combats comme on aime une amante, une amie. Mais qui pourrait aimer la violence de voir un compagnon tué à ses pieds ? De perdre un bras, une jambe ? Non, les Orageois, pas moins que les Baratheon, n’aimaient pas plus la guerre que les autres hommes. Mais parce qu’ils étaient forts, ils étaient de bon soldats. Parce qu’ils avaient compris qu’il fallait à des hommes un entrainement professionnel pour leur éviter la mort et qu’un soldat entraîné valait dix paysans levés occasionnellement, ils avaient créé une armée de métier, fait en sorte que le combattant n’aie pas à se soucier d’un autre moyen de nourrir sa famille, et puisse se concentrer sur sa tâche pleinement. Pour cela, les armées Baratheon étaient les meilleures.

« La guerre… La guerre est sanglante, cruelle, monstrueuse. Regarder un champ de bataille après les combats, c’est comprendre à quel point une vie est fragile. Et celle-ci… Elle ne fait pas exception. »

Elle n’avait pas besoin des détails, pas besoin des cris, des images morbides qui restaient souvent gravées dans l’esprit des jours durant. Son visage s’assombrit en repensant à celles qui le marqueraient, elles, pour toujours. Sa première bataille, son premier combat, la première vie qu’il avait prise. Evidemment, comme pour toute chose, on finissait par s’y habituer, comme toujours, l’être humain parvenait à trouver du réconfort même dans la pire des situations. Et venaient alors les bons souvenirs, ceux des discussions autour d’un feu de camp, des conquêtes féminines pour certains, de leur récit pour les autres. Il y avait la camaraderie, la certitude de faire partie de quelque chose de plus grand, l’assurance d’être du coté des justes, ou la promesse de ceux qui attendaient leur retour. On transformait l’horreur en blagues, on désacralisait la mort et la sauvagerie, et on se donnait ainsi le courage de l’affronter à nouveau le matin.

« Mais... »

Quelques pas, et Robb se retrouve dans le dos de la Biche, avant de l’enlacer entre ses bras. Le ton moins grave alors, il continue en la serrant un peu plus contre lui, désireux de cette proximité qui semblait à la fois si étrangère et familière, mais toujours indispensable.

« C’est un combat nécessaire, et tous les hommes le savent. Si nous ne nous battons pas, le Cruel et son règne feront plus de victimes, des victimes innocentes, c’est la raison pour laquelle les soldats endurent toutes ces épreuves. Si on ne fait rien… Ce sont ceux qui nous sont chers qui finiront par payer le prix de cet aveuglement que l’on s’infligerait. »

Un instant, son regard se perd dans l’horizon, avant qu’il ne finisse par rire légèrement. Il ne voulait pas que la guerre vienne obscurcir même ces moments où il pouvait se consacrer à ce qu’il aimait plutôt qu’à ce qu’il devait détruire. Alors il finit par ajouter simplement, sûr de lui et de tout ce que sa Maison et ses origines pouvaient représenter :

« Tu ne t’inquiètes pas, au moins ? Je m’en voudrais de voir ce sourire disparaître par ma faute ! »
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Rohanna Baratheon
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MessageSujet: Re: [FB] Land That Gave Us Love And Laughter, We Will Go Home   Jeu 4 Jan 2018 - 2:09

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« Ce sera le tien également. Le nôtre. » Et ses grands yeux bruns tentent d’y croire. Ils veulent croire que cet enfant sera le sien, qu’il ne lui sera pas arraché pour être confié à la vieille mère forteresse. Le nôtre. Le nôtre. Ces deux mots comme ils étaient étrangers ! Elle ne pouvait croire que Robb affirmait ces paroles le plus sereinement du monde. Ici, maintenant, sur ce chemin de ronde, sous cette pluie battante. Cette promesse, elle ne sut que l’accepter en hochant machinalement la tête. Le coeur en ému. « Mon nom est le tien à présent, tout ce qui est et sera mien un jour sera tien aussi. Ils peuvent murmurer ou crier à la sorcellerie, ce ne sont que des tentatives de te déstabiliser, pour qu’ils puissent te voir tomber. Mais n’oublie jamais que personne d’autre que toi n’est plus légitime à mes côtés, parce que mon père l’a décidé, et parce que je ne veux de personne d’autre pour te remplacer. Et si quelqu’un veut changer cet état de fait, et bien… Il ferait mieux de se préparer à mener le combat le plus difficile de sa vie. » La biche n’est pas certaine de mériter les sentiments que lui offre cet époux choisi. Elle continue d’hocher la tête, la gorge coupée. Vidée de toute envie de parler, d’interrompre cette fièvre soudaine. Si elle avait du mal à comprendre comment elle pouvait être autant légitime qu’il l’affirmait, elle se sentait galvanisée. Jamais son mariage ne lui avait paru sous de meilleures auspices. Ses lèvres se posent sur son front, elles sont rugueuses. Décharnées par des mois de labeur. Et puis… brisant cette sphère bienheureuse, il lui avait fallu poser sa question. Sa ténébreuses question.

Elle sent son corps s’arquer, se distancer du sien ,mais elle reste ferme. Souhaitant sa réponse. De ses talons à son crâne, tous ses membres s’étirent. Ils veulent gagner les quelques centimètres qui la séparent de la ligne du regard du cerf. Ils veulent porter un regard égal. Sa question, déplacée peut-être, avait été formulée sans vices aucun. Elle ne voulait pas de détails pour offrir quelques palpitations à sa vie reculée, elle ne voulait pas de quelques souffrances pour s’apitoyer sur autrui. Elle voulait savoir ce qu’elle ne pourrait jamais réellement comprendre, savoir pour accepter ce qui la séparerait toujours de lui. Mieux connaitre ses épreuves quotidiennes et parer les coups fatidiques du sort, car ils étaient possibles. Par dessus-tout, elle désirait être une épaule sur laquelle il puisse se reposer, sans craindre de la choquer ou altérer à sa sensibilité. « La guerre… La guerre est sanglante, cruelle, monstrueuse. Regarder un champ de bataille après les combats, c’est comprendre à quel point une vie est fragile. Et celle-ci… Elle ne fait pas exception. » Dans ses yeux tanguent des images secrètes, dangereusement recluses au silence. Son père, son oncle et leurs hommes avaient eux aussi tenter de l’épargner. Au début de la guerre, au tout début de la Révolte, les visages étaient déterminés, presque gais annonciateurs d’une victoire imminente. Avec les mois, les cernes s’étaient creusés et les rêves endormis. On ne racontait pas les batailles aux femmes ou alors on leur contait les choses qu’on croyait vouloir entendre, comme pour se rassurer que la guerre pouvait être aussi belle. On disait que c’était une sensation incroyable que de charger face à d’autres hommes, les flèches volant à travers champ sans jamais heurter. Une exaltation qu’un sourire tenter vainement de mimer et les soeur, cousines, mère et épouses soupiraient de concert, réduite à leur condition de sexe faible. Seul Eliot, son jumeau, avait tenté de lever le voile mystérieux mais à chaque fois, il soupirait et tournait les talons. Rohanna avait compris depuis longtemps qu’il ne savait pas faire face à ses désillusions. Le Trant avait du grandir par le sang et la chair… Tout comme elle, quoique personne n’établirait jamais la comparaison à voix haute. « Mais… » Il tourne autour d’elle et son inspiration se bloque. Elle ne veut plus respirer, elle voudrait suspendre ce moment où la Baie des Naufragés brumeuse et agitée entre en son champs de vision et que le corps massif du guerrier frôle son flanc. Ses bras glissent sur sa mante boueuse et crottée. Ils glissent jusqu’à ce que ses deux puissantes mains se trouvent et se croisent. Fermement enfermée, elle laisse son dos aller contre ses épaules, cherchant un confort pour que sa tête approche la sienne. « C’est un combat nécessaire, et tous les hommes le savent. Si nous ne nous battons pas, le Cruel et son règne feront plus de victimes, des victimes innocentes, c’est la raison pour laquelle les soldats endurent toutes ces épreuves. Si on ne fait rien… Ce sont ceux qui nous sont chers qui finiront par payer le prix de cet aveuglement que l’on s’infligerait. » Comme elle? N’était-elle déjà pas aveuglée que de se laisser aller contre le corps du Baratheon? Il était difficile de savoir comment aurait réagi sa famille à connaitre l’affaire… Elle n’était pas leur ennemi, mais Rohanna savait qu’ils espéraient qu’elle ne s’abaisse jamais à leur accorder sa confiance. Les règles avaient été claires, sauver l’honneur de la Maison et de ses gens mais ne pas s’abaisser à renier ses couleurs. Or, depuis l’aube de sa vie, les règles elle n’avait fait que les transgresser. Quant au Cruel… il allait mourir. Tant qu’il y aurait des hommes comme les Orageois pour le vouloir, le meilleur des destin n’y pourrait rien. Il devrait laisser place, accorder cette faveur à cette fougue sans borne. Elle avait toujours été fière des chevaliers de ses terres, allant jusqu’à espérer qu’on oublie sa condition. « Tu ne t’inquiètes pas, au moins? Je m’en voudrais de voir ce sourire disparaître par ma faute ! »



Il rit, d’un rire étrange, mais elle n’y prend pas. Elle n’y répond pas. L’horizon seul peut entrevoit ce qu’elle ressent, et il y reste interdit. Les parcelles de son corps, réveillées par la pluie, tentent de capter la présence étrangère. Réduite à ne pas bouger, à rester immobile, elle hausse les épaules. Voulait-il réellement qu’elle réponde? Evidemment qu’elle s’inquiétait, c’était la seule chose que l’on pouvait faire dans un château. A l’arrière, rythmée par des corbeaux et des coursiers éreintés, l’attente était insupportable. On n’oubliait jamais et quand un mirage le faisait croire… il s’effaçait dès la solitude d’une pièce. Les conversations entre les dames étaient toujours les même, rien ne venait les changer. A la fin, on aurait dit des pièces théâtrales mal jouées. Evidemment, elle travaillait dur. L’Orage, sans les hommes, avait besoin de détermination et d’une poigne de fer. En tant que future Dame d’Accalmie, elle devait sans cesse apprendre et faire bonne figure. « J’ai bien trop à faire pour m’inquiéter de toi ! » Un sourire malicieux vient orner ses lèvres, cet époux était décidément bien sûr de lui. Que l’héritier de l’Orage soit un être orgueilleux et impétueux de sa personne, elle l’avait toujours su -d’ailleurs, elle pouvait encore voir se déformer son visage en un rictus mauvais quand elle était tombée à cheval enfant- et elle s’en amusait, bien volontiers. Pourtant, elle s’inquiétait. Si Robb devait mourrir et elle ne pas attendre d’enfant, alors elle serait libre. Libre de rentrer chez elle, de mener la vie simple à laquelle elle avait toujours aspirée -du mois qui avait toujours semblé être le seul avenir viable. Alors, elle ne sentirait plus la force magistrale de cet homme, elle n’entendrait plus jamais son rire semblant défier la terre… et jamais plus elle ne ressentirait cette attirance inconnue et indescriptible. Ses mains qui jusqu’alors maintenaient le manteau trop lourd de Robb, viennent enlacer ses mains. Jointes sur les siennes, timidement. « Tu n’as pas besoin de m’expliquer en quoi cette guerre est nécessaire. Tu n’as pas non plus besoin de m’épargner les sordides détails de tes journées de bataille. » Il est plus facile de ne pas le regarder en prononçant ces quelques phrases, de continuer de se perdre dans la brume des Naufragés. Tous deux devraient apprendre à se connaitre, à vivre ensemble, plus tard à diriger ensemble… les faux-semblants, les marques trop douces n’étaient pas nécessaires. Elles étaient à bannir. Son âme était féroce, elle survivrait aux tableaux sanguinaires. Brisant le pacte silencieux, ses mains écartent les bras de Robb. Lui faisant face, l’allure déconfite, elle ajoute : « je veux te soutenir. Rattrapant de justesse la mante trop lourde d’eau tombant vers le sol, la ramenant au-dessus de leur tête, créant ainsi une obscurité éphémère, elle effleure son visage d’un rire endormi. Sommes-nous des enfants pour rester dehors sous cette pluie sans fin? Rentrons, je veux te montrer quelque chose. »
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Robb Baratheon
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MessageSujet: Re: [FB] Land That Gave Us Love And Laughter, We Will Go Home   Ven 5 Jan 2018 - 1:21

Land That Gave Us Love and Laughter, We Will Go Home
A son trait d’humour, Rohanna ne répond que tardivement, précédant celle-ci d’un haussement d’épaule. Evidemment, qu’elle n’était pas dupe. Elle était trop fine pour ça, elle avait beau ressembler énormément à Oriane, elle n’était pas sa sœur. La Biche Pendue avait grandi dans un autre monde, un monde où l’on ne se permettait pas de laisser les jeunes filles dans l’ignorance totale de la guerre en leur soustrayant au regard toute chose qui pourrait troubler leur esprit. Elle avait du voir les blessures, la douleur, là où de jeunes nobles aux parents plus puissants, plus fortunés faisaient le nécessaire pour mettre leurs filles au plus loin d’un quelconque témoignage d’horreur. Face à la pique qu’elle lui lance, Robb répond par un léger rire. Le monde des femmes une fois les soldats au loin n’était pas plus qu’un vague souvenir d’enfance, et il avait été beaucoup trop jeune que pour comprendre réellement ce qu’elles pouvaient vivre ou ressentir. Aujourd’hui encore l’héritier avait parfois du mal à cerner ce que pensait ou ressentait sa mère, ou sa tante, alors comment aurait-il pu appréhender leur situation quand il n’était qu’un bambin ? Oui, il était probable que Rohanna connaisse plus de choses sur son monde, sur ce qu’il traversait, que lui-même sur les épreuves de son épouse.

Les mains de la belle viennent se coller aux siennes, comme pour tempérer une certaine tension que le Cerf ressent, instinct latent que depuis le plus jeune âge il avait du apprendre à développer. Quelqu’un qui comprends comment se sent quelqu’un d’autre saura le manoeuvrer, le contrer, ou le tuer si besoin était. L’exercice était evidemment loin d’être aisé avec tout un chacun, d’autant que la plupart des nobles apprenaient à ne pas trop laisser transparaître leurs émotions, mais pas Rohanna. Diamant brut, elle n’avait pas été éduquée aux manières des hautes Cour, et profitait alors de cette spontanéité qui manquait à beaucoup d’autres. Un jour, peut-être, elle en viendrait à parvenir au même résultat que son illustre belle-mère, ou que sa tante, Robb ne pouvait qu’espérer que si ce jour là arrivait, elle saurait que c’était inutile avec lui. Timidement, elle reprend la parole, les yeux rivés dans la même direction que la sienne, vers ces terres pour lesquelles il se battait, vers ces forêts dont ils seraient un jour Roi et Reine.

« Tu n’as pas besoin de m’expliquer en quoi cette guerre est nécessaire. Tu n’as pas non plus besoin de m’épargner les sordides détails de tes journées de bataille. »

D’une certaine façon, pourtant, Robb ne voulait pas lui parler de ce que l’on vivait à la guerre, de ce qu’il lui fallait endurer pour la gloire de son nom et la justesse de leur cause. Au fond, révéler ainsi cette partie de son existence, c’était accepter que les deux pouvaient être liées, là où l’héritier préférait penser qu’il s’agissait d’une autre vie, d’une autre existence noire mais nécessaire à la survie et à la floraison de ces moments loin du front, pour qu’un jour ils deviennent la seule vie qu’il aurait à vivre. Se confier sur la guerre, c’était accepter qu’elle aurait un impact sur cette autre vie, et cela, il était trop fier pour l’accepter. Comme un défi à ces pensées, Rohanna s’écarte pour lui faire face. La mine confuse, la jeune femme précise ses mots, ses grands yeux bruns plantés dans ceux du Cerf.

« Je veux te soutenir. »

Il suffit d’un regard, de cette honnêteté si frappante pour que les murs de sa fierté se brisent, forçant le guerrier à contempler la tentation de se livrer pour la simple joie de la contenter. Et si le peuple avait raison, finalement ? Peut-être était-elle réellement une sorcière, ou du moins avait-elle des pouvoirs pour ainsi le pousser à éloigner cette image, ce masque que pendant des années il avait appris à construire. Connaître l’âme d’un autre, c’est avoir du pouvoir sur cette personne, et si cette vérité marchait dans un sens, elle était bien plus dangereuse dans l’autre. La distance avec tous, même ceux qui sont les plus proches devient une nécessité politique, un prix que Robb avait payé depuis longtemps, avec sa fratrie, à chaque fois qu’il se pliait aux décisions de son père. Theodan lui aurait probablement répété la même chose, il lui aurait dit que parler de violence avec sa femme n’est pas ce qu’on attend d’un suzerain, qui se doit d’être plus inflexible que le meilleur de ses hommes. Pourquoi, alors, avait-il presque ce besoin de tout lui raconter ? Il s’apprêtait à le faire, à dévoiler ce dont il n’aurait jamais parlé même à son plus proche ami, même à son propre père, quand la cape alourdie par les torrents d’eaux s’échappa des épaules de la Biche, qui la rattrapa d’un réflexe rapide, avant de l’étendre au dessus de leur deux visages.

Le tissu n’arrêtait plus vraiment ce qui aurait pu être une cascade, mais cela lui importait peu. Son visage était si proche du sien qu’il pouvait sentir son souffle contre sa peau, une proximité trop longtemps attendue pour qu’un détail qui semblait à cet instant si trivial que les litres d’eau qui se déversaient autour d’eux viennent le gâcher. D’un léger rire, elle effleure son visage avant de reprendre la parole :

Sommes-nous des enfants pour rester dehors sous cette pluie sans fin? Rentrons, je veux te montrer quelque chose. »

« Avant ça... »

Sa décision était prise. Rohanna serait un jour sa meilleure alliée, la seule dont il pouvait être certain qu’elle serait toujours à ses cotés, celle qui ferait toujours de ses intérêts les siens. Plus que cela, il lui faisait confiance, plus qu’à n’importe qui d’autre, même s’il n’aurait pu en expliquer les raisons. Etait-ce la nuit qu’ils avaient passé ensemble, un sort lancé, ou cette sensation que bien plus que des vœux prononcés devant l’autel des Dieux les liait ? Peu lui importait, elle méritait d’entendre le seul véritable danger qui hantait les coeurs de la guerre, l’ombre qui planait sur tous les soldats, quelle que soit leur allégeance.

« Le sang, les horreurs, la mort, le danger, ce sont des choses auxquelles on finit par s’habituer, on vit avec leur ombre à nos cotés, et on tire notre force dans nos croyances et le soutien des autres. Mais j’ai vu ceux qui finissent par tuer l’ennemi de trop, ou la mauvaise personne. Ceux qui voient un ami, un père mourir, ceux qui soudainement décident qu’ils n’ont plus que la guerre dans leur vie, ou ceux qui décident qu’ils n’ont plus de raison de vivre. Ils ne sont plus qu’une ombre, un outil, qui ne cessera plus de tuer jusqu’à ce qu’il soit tué à son tour. Je n’ai pas peur de la mort, ou de la donner, pas tant que je me bats en tout cas, mais de devenir un jour comme un de ses hommes, ce serait un sort pire que la mort. Alors, si tu veux m’aider... »

Tendrement, Robb effleure la joue de la Biche du bout des doigts, détournant un ruissellement qui se déversait sur son visage.

« Si tu veux me soutenir, fais en sorte que ça n’arrive jamais. Que peu importe ce que je peux voir là-bas, peu importe ce qui j’y fais, j’aie toujours une autre raison de voir un autre jour que la guerre. »

Songeur, Robb reste un instant immobile, marqué par les mots qu’il venait lui-même de prononcer. Ces pensées sur lesquelles il n’avait jamais vraiment mis de mots, à qui il n’avait même jamais vraiment apporté une réelle attention de peur qu’elles ne deviennent trop présentes. Elles avaient pris un corps plus réel à présent, et il ne pourrait plus les mettre de coté. Pourtant, il aurait pu jurer qu’au moment où il s’était confié, il avait aussi compris qu’il n’aurait plus à craindre que ses peurs se confirment. L’héritier sourit alors en coin, avant de relever la cape pour observer l’extérieur.

« Alors, que veux-tu me montrer ? Je te préviens, je connais tous les secrets du château ! »
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Rohanna Baratheon
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MessageSujet: Re: [FB] Land That Gave Us Love And Laughter, We Will Go Home   Mar 16 Jan 2018 - 19:29

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« Avant ça… » Robb semblait avoir un goût prononcé pour le dramatique. Cette pluie pourrait les tuer. L’été s’était installé et le temps était chaud, mais ils étaient trempés jusqu’aux os. Rohanna pouvait sentir les poils de sa peau s’hérisser. Bientôt, si déjà, elle aurait la même chair que les poules mortes. Enfants de l’Orage, même héritier en son cas, ne pouvaient provoquer incessamment le Ciel. Ses paumes tremblent, elles mettent tout leur effort pour ne pas laisser la jeune épouse claquer des dents. « Le sang, les horreurs, la mort, le danger, ce sont des choses auxquelles on finit par s’habituer, on vit avec leur ombre à nos cotés, et on tire notre force dans nos croyances et le soutien des autres. Mais j’ai vu ceux qui finissent par tuer l’ennemi de trop, ou la mauvaise personne. Ceux qui voient un ami, un père mourir, ceux qui soudainement décident qu’ils n’ont plus que la guerre dans leur vie, ou ceux qui décident qu’ils n’ont plus de raison de vivre. Ils ne sont plus qu’une ombre, un outil, qui ne cessera plus de tuer jusqu’à ce qu’il soit tué à son tour. Je n’ai pas peur de la mort, ou de la donner, pas tant que je me bats en tout cas, mais de devenir un jour comme un de ses hommes, ce serait un sort pire que la mort. Alors, si tu veux m’aider... » Elle connaissait ces hommes. Pour effrayer les gamins et les futurs guerriers, on racontait leurs légendes lors des veillées. Une première leçon pour rester dans le droit chemin. Si ce n’était pas leurs légendes, c’était l’image des ennemis… Dans cette guerre, il était plus facile de s’imaginer que les siens combattent non pas des cousins et des frères, mais des hommes assoiffés de sang et de barbarie, prêt à tout pour un usurpateur ! Pour d’autres, qu’elle ne connaissait et ne connaitrait jamais, Robart avait peut-être cette image démoniaque. Combien d’hommes avait-il tué? Combien de fois avait-il enfoncé son épée dans la terre pour en laver toutes ces âmes volées? Du monde des hommes, elle n’avait jamais réellement eu peur. Peut-être parce qu’elle avait tant voulu en faire partie, peut-être que quelque part elle avait grandi dans ce chaos particulier. Ses doigts calleux essuie sa joue humide. Son sang est chaud. Vif, il lui transmet une onde particulière. Elle se sent si vivante que penser à la mort lui procure un état d’esprit inconnu… Et, ce chevalier qui se tenait devant elle, lui confiant le sort pire que la mort… « Si tu veux me soutenir, fais en sorte que ça n’arrive jamais. Que peu importe ce que je peux voir là-bas, peu importe ce qui j’y fais, j’aie toujours une autre raison de voir un autre jour que la guerre. »



Et ses pupilles s’arrêtent. Etait-ce une sorte de déclaration? Quel rôle lui offrait-il là? Celle d’une allégorie féminine attendant à jamais, les bras tendus, le repos du guerrier aguerri ou celle d’une femme dont avoir la certitude du coeur et des ardeurs était la meilleure des promesses? Lourd était le rôle à endosser, c’était comme allumer la flamme d’un candélabre et lui demander qu’elle ne s’éteigne jamais, malgré tous les vents et toutes les tempêtes. C’était lui exiger de rester aveugle dans le noir et d’attendre, attendre, attendre, sans ne jamais faillir. Cette attirance qu’elle avait pour lui était réelle, forte et sensible, mais jamais elle n’avait voulu appartenir à personne. Ne jamais faire cette promesse solennelle, ne jamais se courber à l’attachement servile obligé à son sexe, telle avait été sa seule possibilité d’échappatoire. Et pourtant… il aurait été trop terrible de ne pas entendre cette angoisse. Désormais, le voulant ou non, elle devrait en être la gardienne. « Alors, que veux-tu me montrer? Je te préviens, je connais tous les secrets du château ! » Transcendante, la lumière revient. Cette lumière argentée, audacieusement jaune des jours de tonnerre. L’aparté était terminée, envolée, décimée. De cette confidence, de leur retraite obscure, il ne resterait aucune trace. Seulement, cet effroi, ce glas qu’il faudrait porter chaque jour. Veiller à ce que ce regard dans les yeux de Robb ne vacille jamais vers l’horreur de ses cauchemars. Qu’aurait-elle pu répondre? Qu’aurait-elle pu prononcer qui n’altère pas à ce moment, au présent de cette confiance? Rien. Rien, probablement. Il lui est plus facile de sourire. Au début, elle hoche doucement la tête sans savoir si elle accepte de lui montrer cette fameuse surprise ou si c’est un assentiment pour le soutenir, toujours. Elle n’avait jamais aimé personne… et cette promesse qu’il lui demandait de faire ne ressemblait en rien à ce qu’elle s’était imaginée. Elle n’avait rien de ce dont les bardes et les troubadours parlaient à Gallowgrey non plus. Les nuages se déchirent d’un éclair vertical. Au lointain, il résonne brutalement sur les flots. Un déchirement de l’air, du temps et du monde tout entier qui lui rappelle qu’ici bas, le centre de la terre est où on le décide. Sa main glisse dans la sienne, rêche et forte. Avec véhémence, elle l’attire vers les épais murs de la forteresse. Nul doute qu’il en connaissait tous les secrets du château. Or, il n’y avait nulle aventure dans ce qu’elle voulait lui montrer. Aujourd’hui, dans cette forteresse, nul endroit où elle ne souhaitait être d’un seul. 


Sur leur passage, les rares habitants de la forteresse s’écartent pour leur laisser place. La majorité sont occupés ailleurs ou déjà, dans la grande salle, festoient avec les quelques familles présentes. Les serviteurs aussi arborent cet air de fête et de joie insouciante. Rohanna a lâché sa main car cette intimité qu’ils ont partagé quelques moments plus tôt, semble trop précieuse, trop neuve, pour être partagée. Avec une certaine timidité, elle regarde ces quelques hommes et ces quelques femmes porter leurs voeux et leurs félicités à son époux. Dans l’ombre des murs, elle se retourne avec piété. Quand Robb était entre ces vieilles pierres, elles semblaient animées de nouvelles couleurs. Ravivées d’émotions et de milliers de vies, oui toute la forteresse semblait onduler d’un bonheur devenu trop rare. Connaisseuse des passages reculés et autres couloirs déserts, elle guide la marche. Plus à l’aise avec soi-même qu’avec sa nouvelle maisonnée, éviter les grands escaliers et pièces seigneuriales était une des premières choses qu’elle avait retenue. Les lourdes portes de leur chambre se dressent devant eux. Depuis la veille, chambrières et lavandières s’étaient activées à lui rendre les habitudes passées. De long en large, la grande pièce avait été purifiée de sauge. Puis, elles avaient fait brûler d’autres herbes, pour la prospérité, pour la protection et d’autres apparemment particulièrement aimées du Cerf. Elles avaient mis tous leurs efforts pour que la chambre soit comme dans ses souvenirs. Pourtant, la pièce était différente. Il y avait désormais les affaires de Rohanna et malgré tous les soins, son odeur désormais était celle des tapisseries et des lourdes tentures.



Dans un grincement solennel, les lourdes portes s’ouvrent. « Vos Seigneuries. » Les quelques femmes présentes tombent dans une révérence bien plus polie et soignée que d’ordinaire. Un sourire vient faire naitre une fossette profonde ; elles n’avaient jamais eu cette précision des gestes et des corps pour Rohanna. Toutes saluent Robb, prince de ces lieux, avec la même moue. Elles doivent le connaitre depuis des années. La Biche Pendue ne s’attarde pas à ces retrouvailles, elle a eu les siennes et les tiens encore précieusement contre son coeur. Comme demandé, une étuve en cuivre a été apportée et remplie. Sur une table attenante, des mets et collations ont été dressés. Quelques vêtements propres, richement ornés de fils à tramage d’or, attendent leur heureux propriétaire. Le fils prodige était rentré : tout avait été parfaitement organisé pour célébrer ce glorieux triomphe. Gênée de cette soudaine promiscuité, mais que Tess avait exigée, elle piétine quelques pas. Sa longue jupe colle a ses jambes et toute sa tension doit se voir car les chambrières ont du mal à réprimer des sourires amusés. « Laissez-nous. Je vous appellerai si Ser Robart ou moi-même avons besoin de votre aide. » Comme des abeilles, elles volètent jusqu’à une porte dérobée et disparaissent. Seule devant lui, dans cette pièce aux souvenirs brûlants, elle prend réellement conscience qu’il est là. Présent non seulement dans cette pièce, mais dans sa vie. Sa lèvre supérieure mord un sourire, ce n’était pas cette étuve brûlante ou de cette proximité soudaine, mais une moquerie envers elle-même. Comme elle se sentait inutile et peu préparée à la vie maritale ! « Tu dois avoir envie de te baigner.… » et te débarrasser des ces vêtements qui puent la sueur et la bête ! , mais ce ne fut qu’un sous-entendu espiègle. 


Sans n'attendre aucune réponse, elle se retourne vers une malle, l’une de celle qui avait envahi l’espace du Cerf après le mariage, et en ouvrit le battant. Là résidait ce qu’elle voulait lui montrer. Accroupie, essayant de ne se concentrer que sur sa propre action, elle pose ses mains sur le surcot au blason des Baratheon qu’elle a brodé ces dernières semaines. Au départ, c’était une volonté de Kyra pour juger de ses capacités à la couture et aux arts mécaniques. Vainement. Rohanna n’avait aucun talent particulier et l’étoffe avait été rapidement souillée de gouttelettes d’épiderme piqué. Malhabile, elle ne savait plus combien de fois elle avait du recommencer et garder l’échine courbée devant les remarques peu avares de sa belle-mère. Rageuse, violemment rageuse, elle s’était promis de réussir avant le retour du fils prodige ! Au départ, dans ce geste, il n’y avait eu aucune douce pensée pour Robb mais bien la seule volonté de faire taire le grande gueule de la lionne ! Avec les nuits solitaires, à la lumière des bougies, sans n’avoir personne à qui parler elle, Rohanna y avait mis ses espoirs et ses doutes. Le résultat n’était pas quelque chose d’extraordinaire, mais il était réussi. -D’autant plus réussi si on ne savait pas combien d’heures, de soirs et de semaines avaient été nécessaires, là où on n’en demandait que quelques-unes.- Elle avait prévu de lui donner dans quelques jours, avant son départ, en guise de bonne fortune pour les prochains combats. Suite à leur discussion elle voulait le lui offrir maintenant. Sous ses doigts, elle caresse doucement leur monogramme qu’elle a discrètement glissé dans les ramures du Cerf, tout comme eux Robb et Rohanna étaient intrinsèquement liés. Avec les années, elle élaborerait le motif pour qu’il soit réellement parfait et unique. Néanmoins, cela suffirait à ce que Kyra se morde sa langue amère, et savamment si possible ! Un rire tout aussi vicieux que vainqueur anime son visage. Pour la vieille mère, les époux avaient déjà enfreint toutes les règles : ils s’appréciaient, alors elle pouvait bien la tourmenter un peu plus ! Plaçant le présent sous son bras, elle referme d’un coup sec la malle. « Je voulais te donner ça. Sans autre préambule, elle lui tend le morceau d’étoffe luxueuse. Au visage de la guerre, il y aura toujours un jour nouveau. Porte-la et elle te gardera de tes angoisses… » Je te garderai de tes angoisses. Ses fossettes pulsèrent, à présent, qui avait un goût prononcé pour le dramatique?
lumos maxima

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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: [FB] Land That Gave Us Love And Laughter, We Will Go Home   Aujourd'hui à 1:04

Land That Gave Us Love and Laughter, We Will Go Home
A travers les couloirs d’Accalmie, c’était un autre monde qui s’offrait au Baratheon. Le monde de son enfance, le monde de la paix et de l’innocence, l’étreinte du foyer dont seule la sauvegarde et la prospérité justifiait de la quitter pour la sauvagerie du front. Les sourires des serviteurs, des gens de cour sur leur passage, étaient pour lui identiques à ceux que ses frères et lui recevaient quand ils dévalaient les couloirs pour courser un dragon qu’eux seuls voyaient, ou échapper à la cuisinière à qui ils avaient dérobé les brioches encore chaudes du déjeuner. Ils étaient identiques à ceux qu’on lui offrait quand il avait brillé aux côtés de son père, pareils à celui du peuple qui s’empourprait de savoir que leur héritier avait prévalu dans un grand tournoi. Ces sourires, c’était la fierté de l’Orage pour ceux qui les représentaient, ceux qui régnaient sur leur destinée. Nulle part ailleurs une Maison suzeraine n’était autant appréciée, de cela l’héritier était certain. Elle, pourtant, ne semblait pas les voir. Rohanna n’était ici que depuis quelques mois, mais la fierté propre aux Baratheon lui était déjà acquise, c’était une certitude. Car ce qui rendait la Maison au Cerf plus populaire, plus aimée, c’était leur façon épicurienne de vivre, leur promptitude à ne pas cacher leurs émotions, c’était la facilité que l’on avait à les voir comme des hommes et des femmes, et pas comme des êtres si lointain, aux pensées et envies tellement différentes de celle du peuple. Peut-être cela avait-il également pris en compte dans la décision de leur union ? A chaque fois que Robb tentait de comprendre ce qui avait fait pencher son père pour la jeune Trant plutôt que pour la prestigieuse Lannister, il en trouvait une nouvelle, et en venait à se demander si la sagesse du seigneur de l’Orage était infinie, ou si c’était lui même qui en imaginait.

Car la Biche était une fille des bois, de petite noblesse, Kyra n’avait pas du rater une occasion de lui rappeler. Mais sa mère ne voyait pas que c’était là l’une de ses plus grandes forces, la raison pour laquelle elle serait toujours plus acceptée du peuple qu’Eleneï, ou que la Lionne elle-même. Rohanna avait un jour été plus proche du peuple que les Lannister ne le seraient jamais, elle les comprenait d’une façon que les Baratheon eux-mêmes ne pouvaient appréhender. Et pour ces petites gens, elle serait le visage auquel ils pourraient s’identifier, la preuve que la noblesse était aussi humaine qu’eux, et pour ça, ils l’aimeraient autant qu’ils la respecteraient. Il ne fallait qu’une chose, que la jeune femme s’affirme face à sa belle-mère, qu’elle parvienne à exister au-delà des carcans que les femmes de la famille tenteraient de lui imposer, et tout cela lui serait acquis.

« Je vois que tu as pris tes marques. »


Sur un ton amusé, le Cerf constatait que sa belle n’empruntait pas les couloirs principaux de la forteresse, choisissant des couloirs bien peu utilisés, des escaliers que l’on ne montait presque jamais. Sur ce point, elle avait déjà fait sienne le foyer des Baratheon, son nouveau foyer. La voir ainsi s’approprier l’endroit avait quelque chose de rassurant, c’était un premier pas vers le moment où Accalmie deviendrait autant chez elle dans son coeur que dans sa vie.

D’un pas certain, elle le guida jusqu’aux portes de chênes qu’il ne connaissait que trop bien, le début de son domaine, le leur à présent. Robb se demanda un instant à quel point ses quartiers avaient changé depuis son départ. Durant la semaine qu’ils avaient passé ensemble, peu de choses avaient changé, tout au plus avait-on monté la malle contenant les effets que l’Orageoise avait emmené avec elle depuis Gallowsgrey, mais cela faisait des mois maintenant qu’elle vivait là, des mois qu’elle était seule maîtresse de cette pièce qui avait de tout temps été son royaume à lui. Pointe d’appréhension toute masculine de voir ainsi cet univers altéré à jamais, Robb ne peut s’empêcher de froncer un sourcil tandis que les lourdes portes s’ouvraient devant eux, incertain de ce qu’il trouverait à l’intérieur.

C’est avec un léger sourire, pourtant, qu’il accueille la vue qui s’offre à lui tandis que les quelques servantes s’inclinent, les choses ont changé, mais tout est encore là. Le mannequin où repose son armure en temps de paix, la table où, même de là où il se trouvait, il pouvait apercevoir la longue fêlure infligée au meuble un jour où Edric et lui étaient parvenus à remonter quelques carafes de vin sans être repérés. Chacun des objets présents lui rappelait un souvenir, un moment définitivement révolu, mais ceux qui avaient été ajoutés pour son épouse, eux, étaient promesse d’un futur plus grandiose et heureux encore. A son image, la chambre de l’héritier était restée la même, tout en changeant profondément, tel un havre qui s’adapte à ceux qui l’occupent.

C’est à peine si le Cerf entend les directives de son épouse aux servantes qui quittent les lieux presque immédiatement, tout pris qu’il est dans son observation silencieuse de cet endroit qu’il avait trop vite quitté. Dans l’atmosphère, derrière l’odeur des herbes brûlées et celle, discrète, de la pluie au dehors, ce n’était plus la même odeur masculine qui régnait qui s’insinuait dans ses narines au moindre courant d’air, mais celle plus douce, et ô combien plus enivrantes de la jeune femme à ses côtés. Inspirer cet air, c’était pour Robb une condamnation à revivre en pensées ces nuits qu’ils avaient passé ensemble, ces premiers moments où le parfum de la Biche Pendue s’était insinué dans sa forteresse, et dans son esprit.

« Tu dois avoir envie de te baigner.… »

Tiré de ses rêveries, Robb prend enfin conscience de la présence du large bain rempli d’eau fumante, et en même temps de la tenue qu’il doit avoir. La guerre n’offrait pas le luxe d’ablutions régulières, ni pour les hommes, ni pour leurs vêtements et armures, si bien que l’on apprenait à s’accommoder de cette odeur chaque jour plus persistante de sang et de sueur qui semblait suivre chaque soldat partout où il allait. La pluie qui avait détrempé ses vêtements de voyage n’avait probablement fait que raviver le piteux état dans lequel il se trouvait, et la perspective d’un bain lui paraissait aussi plaisante qu’elle devait être nécessaire.

« Je ressemblerai certainement moins à une bête sauvage détrempée après un bain chaud, et avec des vêtements propres... »

Un sourire moqueur au coin des lèvres, l’héritier observe la Biche se diriger vers une malle posée contre un mur tandis qu’il ôte ses chemises, geste libérateur qui l’allège tant les tissus imprégnés d’eau semblaient peser autant que son armure sur ses épaules. Torse nu, il s’étire et joue des épaules dans une tentative de se défaire des tensions du voyage de retour, réveillant celles, plus lancinantes des plus récentes des cicatrices laissées par les combats des dernières semaines. Du coin de l’oeil, il dévore du regard la silhouette de la Biche toute occupée à chercher quelque chose, accroupie devant son coffre, sa robe aussi touchée par les eaux de l’Orage que ceux de son époux lui offrant un aperçu de ses courbes bien plus clair qu’elle ne l’aurait dû, et c’était d’autres envies que celles de s’immerger qui assaillirent l’esprit de Robb, trop puissantes pour être atténuées par la fatigue ou l’appel du réconfort que pouvaient offrir les eaux d’un bain.

« Peut-être veux-tu... »


Interrompu par le claquement sec de la malle, le jeune homme l’observe d’abord, interdit, se diriger vers lui, avant de poser les yeux sur l’étoffe qu’elle lui tend entre ses mains.

« Je voulais te donner ça. »

Il ne retient pas un sourire tendre en dépliant le tissu pour découvrir sur le surcot le blason familial brodé à la main, à n’en point douter par Rohanna elle-même. Si le travail effectué n’égalait pas celui des couturières du château, il n’en avait pas moins été fait avec soin, et l’intention derrière celui-ci était toute autre que de simplement s’assurer que les couleurs des Baratheon soient bien visibles lorsque portées par l’héritier de l’Orage. Elle avait dû y passer du temps, combien il n’en était pas sûr, tant il ne connaissait presque rien du travail nécessaire à un tel ouvrage, mais jusque dans les détails le blason avait été travaillé, il fallut d’ailleurs quelques secondes d’observation pour qu’il note les discrets monogrammes cachés dans les bois du roi des forêts, qu’il serra entre ses doigts, touché tant par l’attention que pour ce qu’elle signifiait.

« Au visage de la guerre, il y aura toujours un jour nouveau. Porte-la et elle te gardera de tes angoisses… »

« Je la porterai lors des jours les plus sombres alors, pour me rappeler que personne n’a le droit de m’empêcher de rentrer chez nous. »

D’un geste du bras droit, il attire Rohanna vers lui, sa main posée sur la hanche délicate de la Biche, nullement incommodé par le froid et l’humidité de ses atours, seulement attiré par la chaleur que son corps dégage. Ses lèvres à quelques centimètres à peine des siennes, c’est un gouffre qu’il peine à ne pas franchir, une envie inassouvie depuis trop longtemps, une chaleur lancinante qui l’envahit un peu plus à chaque battement de coeur.

« C’est un cadeau précieux… D’autant plus qu’il vient de toi. Merci. »

C’était un mot simple, que pourtant il ne prononce que rarement car trop honnête, il avait appris à tout dissimuler derrière des formules bien établies, des mots prudemment choisis, de manière à communiquer une reconnaissance tout en en cachant l’ampleur, mais rien de tout cela en cet instant, ses mots étaient bruts, purs, autant au moins que ce qu’il ressentait en cet instant pour la femme contre lui. Alors seulement, il laissa libre court à ses envies, couvrant les lèvres de sa belle des siennes, la serrant un peu plus fort contre son torse. Il aurait pu aller plus loin, il aurait pu délacer ce corsage qui ne les séparait que trop, poser ses mains sur ce corps qui lui avait tant manqué, tellement que parfois c’en avait été douloureux. Mais Robb était un chasseur dans l’âme, trouvant son plaisir autant dans la traque et l’attente que dans l’éxécution, et pour la première fois depuis longtemps, il la retrouvait… Non, il ne voulait pas aller trop vite, et après un dernier baiser, il finit par éloigner un peu son visage, et murmurer dans un sourire :

« Il serait honteux de laisser toute cette eau refroidir, non ? »

Reculant de quelques pas, le Baratheon ôta ses chaussures, et délaça ses chausses, avant de se plonger dans le bain préparer à son intention, soupirant de contentement alors que son corps se détendait au contact de l’eau. Il ferma les yeux quelques secondes, savourant le confort auquel il avait de nouveau droit, si rare ces derniers mois. Lorsqu’il les rouvrit, il sourit avant d’ajouter simplement :

« Peut-être faudrait-il faire amener une autre robe, tu risques de prendre froid après toute cette pluie... »
Codage par Libella sur Graphiorum
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