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 A la Croisée des Chemins

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Laoren Redwyne
DORNE
■ Localisation : La Treille
MessageSujet: A la Croisée des Chemins   Mar 5 Déc 2017 - 19:34







Lord Dayne,


J’ai été informée il y a peu de la proposition de mariage formulée par mon père, qui voudrait nous voir unis devant les Sept. J’ai également appris que vous aviez accepté cette demande, et je ne peux que croire que les messagers font erreur, c’est donc la raison pour laquelle je vous écris aujourd’hui.

J’étais une enfant lorsque j’ai fait votre connaissance, et je ne pourrais affirmer me rappeler parfaitement de qui vous êtes, des valeurs que vous tenez en haute estime ou des préoccupations qui étaient les vôtres -encore moins n’oserais-je présumer de celles qui vous occupent depuis que vous asssumez la charge qui fut celle de votre frère-, mais il y a une chose dont je suis certaine, car depuis votre arrivée à La Treille jusqu’à aujourd’hui, elle a marqué la vie de ma famille, et donc la mienne : vous êtes épris de ma sœur, et elle de vous.

S’il existe une vérité universelle, c’est celle-là, et c’est également la raison qui rend toute union entre nous impossible. La guerre a peut-être empêché votre mariage, et il est évident qu’à moins d’un acte qui serait aussi fou que noble et brave, vous ne pourrez pas être réunis, mais cela ne rend pas plus acceptable la proposition de mon père, aussi froid puisse-t-il être. J’en appelle donc à vous, et aux sentiments que vous avez pour ma sœur, ou au moins à leur souvenir, si pas un malheureux coup du destin vous aviez décidé de vous en détourner : ne lui causez pas plus de tort en lui faisant l’affront d’épouser sa sœur cadette, vous briseriez son coeur et son âme, autant que la mienne. Jessamyne a de tout temps représenté mon monde, et je me refuse à lui faire du mal de quelque manière que ce soit pour satisfaire l’orgueil de mon père et les besoins bassement politiques.

Malheureusement, ma condition m’empêche de pouvoir agir par moi-même, et à me réconforter uniquement par la pensée qu’un chevalier tel que vous saura faire ce qui est juste, même si cela doit lui couter une alliance avec ma famille. Avec le temps, vous trouverez peut-être quelqu’un qui vous fera oublier ma sœur, et même s’il s’agit là de la chose la plus triste à souhaiter, je l’espère pour vous, mais il ne s’agit pas de moi, et nous le savons tous les deux.

Je sais que vous ferez ce qui est juste,


Laoren Redwyne
©️ sobade.


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Vorian Dayne
DORNE
■ Localisation : Les Météores
MessageSujet: Re: A la Croisée des Chemins   Ven 8 Déc 2017 - 22:08







Dame Laoren,


Je dois bien vous confesser avoir lu votre lettre avec une certaine stupéfaction, tant je ne m’imaginais pas recevoir un tel courrier de votre part. J’ai d’ailleurs bien pris acte et connaissance de votre position quant à la proposition de votre père au sujet de l’alliance entre nos deux maisons.

Vous étiez effectivement une enfant lorsque je suis venu vivre ces quelques années à La Treille aux côtés de votre famille pour servir monseigneur votre père, et la lecture de votre missive empressée me laisse découvrir avec une certaine tendresse que cette enfant n’a pas tout à fait disparue. Vous mentionnez à juste titre la relation spéciale qui nous a uni, votre sœur Jessamyne et moi. Nous étions alors jeunes, et la vie était bien différente. Le Bief et Dorne ne s’étaient pas affrontés depuis l’époque de la Conquête, Maegor Targaryen régnait sur votre royaume et la Princesse Myrcella sur Dorne. Entretemps, il y a eu la bataille des Marches de Dorne. Et la mort de mon père, de mon frère aîné et l’exil du puîné qui aurait dû lui succéder. En acceptant la charge de seigneur des Météores et de chef de la maison Dayne, j’ai dû abandonner ce qui m’importait. Comme Jessamyne a dû assumer son rôle de Dame de la maison Redwyne et accepter ce mariage avec la maison Oldflowers. Nous nous conformons à nos devoirs car c’est ainsi qu’il en est depuis des siècles.

Ne croyez pas qu’apprendre le mariage de Jessamyne avec un autre que moi ne m’a pas déchiré le cœur. J’aimais – j’aime – tendrement votre sœur, Laoren : je pense que vous le savez mieux que quiconque. Et je vous prie de croire que ce n’est pas avec un certain regret que je conçois ma vie sans elle.

Mais c’est désormais ainsi. Mes responsabilités de seigneurs exigent de moi que je fasse ce qui - comme vous l'avez écrit - est juste. Lorsque nos pères, et les pères de nos pères, ont commencé à réfléchir cette alliance entre Dayne et Redwyne pour apporter paix et prospérité à notre région, il n’y avait pas de place pour les sentiments. Seul comptait le résultat. Et c’est encore le cas aujourd’hui.

Votre père est un homme d’honneur que j’estime grandement. Si les Sept ont voulu ces facéties et qu’il nous échoit à nous deux de cimenter cette alliance par notre union devant les dieux, j’en accepte le sort divin. Je ne me suis pas fait connaître pour me défiler face à mes responsabilités, dame Laoren, et je vous prie de croire que je ne commencerai pas aujourd’hui.

Je ferai donc ce qui est juste : je ne déclinerai pas la proposition de votre père de m’offrir votre main. Puissiez-vous trouver en votre cœur la force de me pardonner.

C’est ce que Jessamyne aurait fait à ma place, c’est ce qu’elle a fait.

Puissent les Sept vous bénir,



Vorian Dayne,
Seigneur des Météores
©️ sobade.


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Laoren Redwyne
DORNE
■ Localisation : La Treille
MessageSujet: Re: A la Croisée des Chemins   Mer 13 Déc 2017 - 19:13







Lord Dayne


Votre courrier ne fait que mention de responsabilités et de choix, mais vous semblez oublier que ni ma sœur, ni moi, n’avons eu un quelconque choix dans notre union. Vous n’étiez pas là, quand elle a du accepter un mariage uniquement dû à une demande politique des Tyrell, ni n’étiez là durant les nuits où elle n’avait d’autres choix que de vivre dans l’angoisse d’une vie future dont elle ne voulait pas, et dans le deuil de celle qu’elle n’aurait jamais. De la même façon, je suis aujourd’hui impuissante, condamnée à lui arracher les derniers souvenirs d’une époque révolue et à lui infliger la souffrance de savoir que sa cadette l’a trahie, parce que les hommes ont décidé que c’était là la manière la plus simple de former une nouvelle alliance qui n’aura pas plus de sens que les précédentes.

Je suis peut-être naïve, mais pas idiote, et ni vous ni mon père ne parviendrez à me faire croire qu’un mariage représente la seule possibilité d’une alliance. Mon père n’a jamais eu la moindre affection pour ma personne, de même que vous-même, et ce n’est pas une union comme celle-là qui empêchera l’une ou l’autre partie de retirer son soutien le jour où les vents changeront de direction. Il ne s’agit là que d’une base, qui pourrait être aisément remplacée par une autre, si lui ou vous aviez la volonté de la chercher, mais vous préférez la facilité, tout simplement.

Vous parlez de volonté divine, je ne vois là que les caprices du hasard, et une excuse toute trouvée pour les esprits faibles qui sautent sur l’occasion de se dédouaner de toute responsabilité, comme vous voudriez croire que ma sœur, à votre place, aurait fait la même chose. Mais je ne vous laisserai pas humilier son esprit en plus de son honneur, quand vous êtes prêt à l’oublier au nom d’une alliance hypothétique et branlante : si elle avait eu votre pouvoir, et votre droit de choisir, jamais elle ne serait partie ailleurs qu’aux Météores, et jamais elle n’aurait accepté une autre union. Elle avait la volonté, mais pas le pouvoir, là ou visiblement, vous avez le second mais manquez de la première.

Longtemps, je vous avais cru différent des hommes de chez nous, capable de voir au-delà de ce que tous vous appelez votre sacro-saint devoir, pour vous tourner vers les valeurs plus importantes et universelles, je vous avais même cru digne de l’amour que vous portais ma sœur, j’étais visiblement dans l’erreur. Pour cela, vous n’avez pas à chercher mon pardon, à moi vous n’imposez que le remplacement d’une vie de servitude par une autre. Si vous désirez réellement vous racheter, c’est auprès de Jessamyne qu’il faudra le faire, pour lui avoir infligé le faux espoir d’un amour vrai là où, somme toute, les calculs politiques règnent toujours en maîtres.

Malgré tout, puisque votre décision semble prise, je n’aborderai plus le sujet avec vous, car l’avenir de ma famille m’importe, en définitive, plus que ma famille. Mais n’oubliez jamais que si je suis condamnée de vivre avec la honte de ma sœur sur les épaules, je n’aurai qu’à vous supporter, là où vous devrez supporter le fait que, malgré tout votre pouvoir et les possibilités de faire autrement, vous avez sciemment choisi de renier cet amour qu’elle vous a un jour offert. Pour cela, j’espère que les Dieux pourront vous pardonner, car le pardon ne viendra pas de moi.



Laoren Redwyne
©️ sobade.


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