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 Home sweet home

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Myriah Ferboys
DORNE
■ Localisation : Auprès de Nymeria Martell
MessageSujet: Home sweet home    Mer 13 Déc 2017 - 21:57

Home sweet home Les vagues venaient se briser contre la coque de bois du navire et le vent s’était levé à l’instant où les dorniens avaient franchis le Bras Cassé, venant ébouriffer les cheveux des hommes et des femmes à bord. Celle qui détenait toute l’autorité de Dorne jusqu’à ce qu’elle pose pied à Lancehélion se trouvait sur la proue depuis un moment, plongée dans ses pensées. Elle ressentait encore la pression de la main du Maître des Chuchoteurs sur son bras, comme si en retirant sa main il avait laissé sur la peau de la dornienne une empreinte marqué au fer chauffé à blanc. Les dernières paroles de Tyvaros flottaient en boucle dans l’esprit de la jeune femme. Vous répondrez un jour de cela, dornienne. Vous et votre princesse. Je vous en fait le serment. Un frisson naquît dans le creux de son dos puis se diffusa. Il était certain qu’elle et Nymeria paieraient pour l’affront commis car rien ne restait bien longtemps impuni à Westeros. Elle agrippa fermement le rebord du navire, non pas par manque d’équilibre mais plutôt pour rester liée à la réalité et ne pas laisser son esprit s’éloigner de trop. Une nouvelle vague, plus forte que les précédentes, vint s’écraser contre l’avant du navire de Dorne et éclaboussait de fines gouttelettes la femme qui se tenait-là. Lorsque tout le monde commença à sérieusement s’affairer, le Scorpion s’approcha de sa dame pour la prévenir que leur point d’arrivée était en vue. Forçant son esprit à oublier la menace que constituait Valyron Tyvaros et relâchant sa prise, elle remercia son garde puis fixa son regard sur les tours encore si éloignées mais pourtant si reconnaissables de Palais Vieux. Le voyage retour touchait enfin à son terme, elle se mit à penser aux effluves si caractéristique de Lancéhélion et de son marché où mille épices et agrumes étaient vendus.

****

Les pieds de Myriah foulaient à présent le sol du Palais Vieux tandis qu’elle était escortée jusqu’à l’endroit où se trouvait Nymeria. A son entrée dans le palais, Dastan n’avait pas manqué de se ruer sur elle et tant que l’étreinte d’une mère à son fils avait duré, elle avait oublié toutes les menaces qui pesaient sur Dorne pour simplement se centrer sur l’instant présent. La vision de son fils, sourire aux lèvres, et le contact lui avait malgré tout procuré un bien fou qu’elle n’aurait jamais imaginé. On la menant jusqu’à la pièce qui servait d’office pour divers entretiens avec les conseillers. Myriah resta un instant dans l’embrasure de porte à regarder la princesse qui lui tournait le dos, regardant vers les jardins. Son esprit se remémora les années d’insouciance dans lesquelles elle avaient vécues avant d’être séparées par le retour des responsabilités. Leur relation avait été amicale jusqu’à même devenir intime par la force des expériences de jeunesse mais les dieux ont fait les natifs de dorne passionnés et volages alors le cœur et l’esprit de Myriah s’étaient bien rapidement focalisé sur ser Hussan Uller qui dégageait tellement de mystère que la curiosité de la jeune fille de l’époque pouvait être satisfaite à souhait. Beaucoup de choses s’étaient déroulées depuis son départ de Lancehélion pour Denfert, éprouvantes mais qui l’avaient menée à Dastan et à revenir au palais des Martell. Les yeux de la brune détaillaient les courbes de la princesse avec un mélange de nostalgie et de retenue jusqu’à ce que la conseillère n’entre dans l’office.

- Ton présent à fait sensation, dit-elle en s’avançant vers la princesse. Il s'est passé beaucoup de choses, à la limite du fiasco !

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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Home sweet home    Ven 22 Déc 2017 - 14:13

 
Home Sweet Home

Appuyée contre la colone d’un des balcons de sa chambre, Nymeria observait l’horizon bleu ininterrompu de la Mer d’Été, qu’il était presque impossible de différencier du ciel vide de tout nuage. Dorne ne souffrait pas de cette situation, depuis longtemps ils étaient habitué à pareille météo, et sa généralisation à tout le continent n’avait fait que provoquer l’ascendant de la Terre des sables sur les autres, trop promptes à ne compter que sur les pluies pour leur assurer de bonnes récoltes. Le peuple avait commencé à appeler cette sécheresse la malédiction des Targaryen, puisqu’elle ne prenait son ampleur que depuis l’annonce du mariage hérétique des Rois Dragons, et qu’elle ne touchait que ceux qui leur étaient fidèles, là où ceux qui lui résistaient prospéraient toujours. Evidemment, les considérations religieuses n’avaient jamais occupé une grande place dans le coeur des habitants de Dorne, encore moins dans celui de leur souveraine, mais elle n’avait rien fait pour dissuader cette appellation. Qu’ils apprennent à mépriser les Targaryen, cela lui allait très bien, et peut-être même que le nom qu’ils avaient donné à cette sécheresse dépasserait les frontières, et contribuerait alors un peu plus à déstabiliser un trône déjà fragile. Si elle durait, la sécheresse serait la fin des Targaryen plus sûrement qu’une armée d’un million d’hommes, et cette pensée faisait sourire la Princesse Régente à chaque fois qu’elle lui traversait l’esprit.

Gobant une datte posée parmi d’autres sur un plateau, la dornienne avait passé la dernière heure dans la même position, cherchant à apercevoir un changement dans cet immobilisme alors que le soleil se levait, et avant lui la ville entière. Vêtue uniquement d’un peignoir léger, elle n’avait pas encore quitté ses appartements, comportement qui ne lui ressemblait pas, elle qui aimait à régler les affaires pressantes au plus tôt pour pouvoir ensuite se consacrer à ce qui lui faisait le plus envie. La Principauté était relativement calme pour l’instant, cependant, et aujourd’hui était sensé être le jour où l’ambassade dornienne reviendrait de Port-Réal, si tout se passait comme prévu. Il y avait toujours un risque qu’elle soit retardée, et Nymeria elle-même éprouvait une certaine anxiété à cette idée, mais Myriah devait rentrer aujourd’hui, avec le reste des nobles qui avaient fait le déplacement, et la journée serait consacrée à ce seul événement. Impatiente, elle l’était, même si elle ne le montrerait pas, tant pour apprendre ce qui s’était déroulé sur place que pour le retour de sa conseillère. L’affection que la Princesse portait à la Ferboys n’était pas vraiment un secret, même si la chose était loin d’être officielle et n’était pas abordée, ni auprès d’elle ni ailleurs, mais comment une ascension si rapide jusqu’au cercle intérieur de la Princesse aurait pu exister autrement ? Myriah avait autant d’influence sur sa souveraine que les autres membres de la famille Martell, sinon plus, et il se murmurait que c’était dû à l’époque, peut-être pas si révolue, où la dame Sangderoy était déjà plus pour la jeune Princesse de l’époque qu’une simple dame de compagnie.

Ce ne fut d’abord qu’un détail, sur lequel elle dut plisser les yeux, mais une voile orangée fit son apparition sur le bleu immaculé, suivie d’autres derrière elle. Un sourire apparut alors à la commissure des lèvres de la Princesse Régente. « Elle rentre chez elle. » Un murmure pour elle-même, qui fut suivi une dizaine de minutes plus tard par quelques coups à sa porte et un serviteur fit son entrée, baissant tout de suite les yeux lorsqu’il nota la tenue dans laquelle se trouvait le Soleil de Dorne.

« Votre Altesse, des navires portant vos couleurs ont été annoncés, probablement l’ambassade envoyée à Port-Réal. »


« Bien. Laissez Lady Ferboys retrouver son fils, et quand ce sera fait envoyez-la moi. »

« Ici, votre Altesse? »

L’idée avait quelque chose de tentant, mais contrairement à ce qu’on pouvait imaginer dans les murs du Palais et à ce que Nymeria pouvait vouloir, leur idylle s’était terminée des années plus tôt, quand Myriah s’était mariée. Bien sûr, son mari mort, rien ne l’aurait empêchée de renouer avec le passé, mais la Princesse Régente, pourtant habituée à prendre ce qu’elle désirait, n’était pas sûre que la chose soit encore réciproque. Elle garda donc le silence un instant, avant de répondre :

« La chambre du Conseil. Faites y monter du vin, et une collation. »


Dans la cour centrale du Palais, verdoyante, on s’affairait à préparer des tables pour le banquet qui serait donné ce soir en l’honneur du retour de la conseillère et des nobles de leur mission à Port-Réal. Les fenêtres de la pièces donnaient directement sur celui-ci, et une coupe à la main, la dirigeante observait tout ce monde occupé à gérer les détails d’une fête qui avait été prévue alors même que les navires mettaient le cap sur la capitale Targaryen. C’était la manière dornienne de faire, il fallait fêter chaque chose qui le méritait, et Nymeria ne comptait pas décevoir sa Cour à ce sujet. La soirée serait festive, le vin coulerait à flot, et Dorne crierait sa joie de revoir ses enfants revenus chez eux.

Derrière elle, des pas approchant se firent entendre, à un rythme qu’elle ne connaissait que trop bien pour avoir à se retourner pour s’assurer de la personne qui entrait dans la pièce alors que les deux gardes la quittaient et fermaient les portes derrière eux. Contrairement à ses habitudes quand elle ne devait pas respecter un protocole strict, la Princesse Régente avait laissé ses robes simples derrière elle pour des atours plus riches, aux couleurs chaudes typiques de ses terres, portant même quelques bijoux alors qu’elle n’en avait généralement guère le goût. Une coquetterie un peu trop féminine pour la guerrière qu’elle était, mais la dornienne avait renoncé depuis un moment à résister à l’envie de se mettre un peu plus en valeur quand il s’agissait de Myriah.

« Ton présent a fait sensation. Il s'est passé beaucoup de choses, à la limite du fiasco ! »

Comme toujours, la conseillère ne s’embarrassait pas des convenances ou des politesses d’usage quand on était mis en sa présence. Elle avait toujours été ainsi, depuis les premiers jours où elle était arrivée, à peine sortie de l’enfance, aux portes de Lancehélion. C’était l’une des raisons qui lui avait fait gagner un certain respect de la part de la peste que Nymeria était à l’époque, puis une affection réelle, car Myriah était l’une des seules qui ne la traitait pas comme une poupée de porcelaine, dont il fallait satisfaire les moindres désirs, qu’il fallait préparer à devenir un jour le jouet d’un autre au nom d’une alliance avec les Martell. Le Destin avait donné raison à la Ferboys, Nymeria était devenue Régente, seule au pouvoir de Dorne, là où sa propre famille la voyait déjà au bras d’un seigneur étranger.

On n’aurait su dire s’il y avait dans les paroles de sa conseillère des reproches ou un certain amusement, néanmoins la Princesse choisit d’en rire, avant de se retourner et de s’approcher de son interlocutrice, posant une main sur son avant-bras.


« Tu m’as manqué. Je commençais à m’habituer un peu trop aux courbettes et aux révérences. »


Soutenant un moment le regard de la femme en face d’elle, un sourire aux lèvres, Nymeria finit par lui tendre sa propre coupe, avant d’en servir une deuxième et de s’asseoir dans l’un des sièges qui occupaient la pièce. Comme toujours, Myriah avait ce quelque chose qui manquait à beaucoup d’autres pour lui plaire, et la regarder trop longtemps, surtout en privé, détournait trop les pensées de la Martell de ce qui devait être abordé pour dériver sur d’autres idées, plus éloignées de ce qui était désormais leur rôle et leur relation.

« J’en conclus que les Targaryen n’ont pas apprécié de récupérer leur parente ? J’imagine que le cadeau a dû un peu gâcher leur petite fête... »
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Myriah Ferboys
DORNE
■ Localisation : Auprès de Nymeria Martell
MessageSujet: Re: Home sweet home    Sam 23 Déc 2017 - 17:51

Home sweet home Après quelques instants passés à l'entrée de la chambre du Conseil à détailler du regard la Princesse de Dorne, Myriah s'était avancée en allant droit au but à propos du rapport qu'elle s’apprêtait à rendre à Nymeria. Elle remarqua que contrairement à ses habitudes pour des rencontres informelles elle s'était apprêtée. La tenue était composée de couleurs chaude typiques de la région et la princesse portait des bijoux, ce qui pour étonnerait n'importe qui se trouvant face à elle. La conseillère se mordilla légèrement la lèvre inférieure. On lui avait laissé le temps de voir Dastan mais assez pour se changer. Elle avait les cheveux légèrement décoiffés par endroit à cause du vent et elle pouvait sentir le sel sur sa peau. Sa tenue de voyage était certes confortable mais elle jurait tout de même vis à vis de Nymeria qui s'était préparée avec soin. Cependant lady Sangderoy ne pût s'empêcher d'esquisser un sourire devant le fait que la guerrière qu'était la Martell, elle s'était "féminisée" pour sa conseillère.

Nymeria se retourna vers Myriah et répondit à l'annonce de sa conseillère par un rire cristallin, plaisant à entendre même si l'émettrice de l'information aurait préféré qu'elle le prenne avec plus de sérieux. La Martell s'était rapprochée de la Ferboys et posait à présent une main sur son avant-bras, créant un frisson dans un creux du dos de la conseillère qui ne chercha à aucun moment à se dégager de ce contact, si familier à Dorne. Ce que lui dit Nymeria la fit rire à son tour.

- Heureusement que je n'ai pas été retardée, tu te serais probablement transformée en douce princesse aimant la couture, répondit-elle en lui adressant un grand sourire.

La Princesse de Dorne continuait à sourire et il était bon de voir ce type de réaction chez elle plutôt que de la colère. Tout en plongeant son regard dans celui de son interlocutrice, elle tendit sa coupe à Myriah qui la saisit délicatement en la remerciant d'un hochement de tête puis elle bût quelques gorgées du liquide qui s'y trouvait. Le goût de la boisson sur la langue de la conseillère la réchauffa quelque peu et l'invita à en consommer un peu plus. Lorsque Nymeria s'assit sur un des fauteuils composant la pièce, la brune l'imita. La princesse poursuivit la conversation et Myriah hocha la tête : les Targaryen n'avait absolument pas apprécié le cadeau de Dorne.

- Ils n'ont pas apprécié, en effet. Surtout Rhaenys ! répondit-elle avant de marquer une courte pause où elle bu à nouveau dans sa coupe. Il s'est passé beaucoup de choses lors de la cérémonie d’allégeance. Lady Baratheon a été prise de violentes douleurs, ses cris pouvaientt transpercer n'importe quelle âme présente, elle perdait beaucoup de sang et une fois emmenée aux mestres j'ignore ce qu'il lui est réellement arrivé. Quant à Etaine Arryn, elle a demandé au roi de légitimer l'enfant qui est resté avec elle, aux yeux et aux oreilles de tous.

Myriah espérait, bien qu'éprouvant de l'animosité envers l'Orage suite à son entretien avec Robart Baratheon, que lady Rohanna allait bien et n'avait pas succombé à cette crise. Elle avait entendu Rhaenys parler de sauver l'enfant et elle espérait que la suzeraine des Terres de l'Orage n'avait pas connu une telle perte. Elle laissa le temps à Nymeria de répondre à court résumé des faits qui s'étaient déroulés avant d'embrayer sur le sujet qui causerait probablement le plus discorde.

- Mais là n'est pas le sujet le plus important. Dès mon arrivée j'ai été convoquée par la Main du Roi, Robart Baratheon, à propos de l'insécurité qui règne dans les Montagnes Rouges. Il veut que cela soit réglé au plus vite. Cet entretien s'était déroulé sous tension entre des antagonistes voulant à tout prix protéger les leurs dont un garde qui dégageait la volonté de vengeance, ayant une dornienne en face de son suzerain. J'ai offert comme garantie le fait que si ces chiens de voleurs n'étaient mis hors d'état de nuire au bout de trois lunes je devrais me rendre à Accalmie jusqu'à ce que le problème soit réglé mais lui, préférait que je reste à Port-Réal sous couvert d'un pacte de non-agression envers Dorne.

Myriah se tût rapidement pour boire le reste de sa coupe et de se resservir, attendant l'opinion de Nymeria avec une certaine pointe d'appréhension.
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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Home sweet home    Mar 26 Déc 2017 - 11:53

 
Home Sweet Home

On pouvait dire beaucoup de choses à propos de Nymeria Martell, surtout lorsqu’il s’agissait des Targaryen. Elle n’avait aucun amour pour eux, c’était de notoriété publique, et beaucoup savaient qu’elle rêvait de voir la dynastie valyrienne détruite, ou au moins boutée loin de Westeros. Baignée dans les histoires de son ancêtre, la dornienne n’avait pu qu’apprendre à détester ce peuple qui s’était un jour cru supérieur au sien, qui avait voulu les réduire en esclavage. Et les Targaryen étaient arrivé en Westeros, des siècles plus tard, pour tenter de poursuivre ce que leurs ancêtres à eux n’avaient pas réussi. Il présentaient un autre visage, mais aucun dornien, aucun descendant des Rhoynars ne s’y trompait : une fois de plus, les valyriens voulaient prouver qu’ils étaient au dessus de la masse, et qu’eux seuls pouvaient régner sur les hommes et les femmes d’où qu’ils viennent. Dorne tout entière le savait également, si quelqu’un devait empêcher ce funeste destin, leur Princesse Régente était tout indiquée. Une guerrière, que personne n’avait destiné à régner, et qui pourtant semblait désormais une évidence pour son peuple. Elle détestait les dragons, oui, mais elle ne les sous-estimerait jamais. Et c’était là le pourquoi du cadeau qu’elle avait fait envoyer

« Ils n'ont pas apprécié, en effet. Surtout Rhaenys! Il s'est passé beaucoup de choses lors de la cérémonie d’allégeance. Lady Baratheon a été prise de violentes douleurs, ses cris pouvaientt transpercer n'importe quelle âme présente, elle perdait beaucoup de sang et une fois emmenée aux mestres j'ignore ce qu'il lui est réellement arrivé. Quant à Etaine Arryn, elle a demandé au roi de légitimer l'enfant qui est resté avec elle, aux yeux et aux oreilles de tous. »

Un sourcil arqué, Nymeria écoutait attentivement le résumé des événements. Là où elle s’attendait à ce que le crâne Targaryen soit l’apogée de la journée, l’annonce de l’état de l’épouse Baratheon avait quelque chose de surréaliste. Ce que rapportait Myriah ne ressemblait pas à un vulgaire malaise dû à la chaleur, plutôt à une action directe, destinée à nuire au couple suzerain. Restait à savoir qui se cachait derrière tout ça, car à n’en point douter la Main du Roi répondrait à cette attaque comme à son habitude : violemment, et sans réfléchir. La Maison de l’Orage n’était pas connue pour sa finesse, et si Nymeria avait raison, s’il s’agissait bien d’un attentat, des têtes finiraient par tomber un jour où l’autre. Savoir de qui il s’agissait permettrait peut-être de profiter de la situation.

Quant à Etaine… La harpie était égale à elle-même, comme d’habitude. Elle n’aurait pas pu se contenter de voir un de ses bâtards emmené à Dorne, elle voulait tout avoir. L’espoir d’avoir enfanté un Prince de Dorne, et la chance de voir l’autre couronné au Val. La Arryn avait montré son vrai visage à tous, cependant, et mieux valait se méfier de ce qu’il adviendrait d’elle, la Princesse Régente ne savait que trop bien ce dont elle pouvait être capable. Dans une certaine mesure, quelque chose dans le sang de la dornienne lui hurlait que c’était d’elle qu’elle devait se méfier, plus que de ceux qui détenaient un réel pouvoir. La simple mention du nom de celle qui aurait du épouser son frère avait le don de la faire bouillir, ce qui empourpra un peu ses joues alors qu’elle faisait aller ses doigts nerveusement contre sa coupe. Il y avait des personnes qu’on ne pouvait pas oublier, pas plus que la haine qu’elles avaient su s’attirer. Myriah n’avait pourtant pas terminé, et elle n’avait visiblement pas commencé par les éléments qui pouvaient poser le plus de problèmes à sa souveraine.

« Mais là n'est pas le sujet le plus important. Dès mon arrivée j'ai été convoquée par la Main du Roi, Robart Baratheon, à propos de l'insécurité qui règne dans les Montagnes Rouges. Il veut que cela soit réglé au plus vite. J'ai offert comme garantie le fait que si ces chiens de voleurs n'étaient mis hors d'état de nuire au bout de trois lunes je devrais me rendre à Accalmie jusqu'à ce que le problème soit réglé mais lui, préférait que je reste à Port-Réal sous couvert d'un pacte de non-agression envers Dorne. »

Sans un mot, Nymeria termina sa coupe d’un trait avant de quitter son siège brusquement, tournant le dos à la Ferboys pour cacher une certaine colère, qu’elle-même ne savait dirigée vers Myriah pour avoir proposé quelque chose d’aussi imprudent, ou contre le Suzerain de l’Orage, pour avoir cru qu’il pouvait ainsi retenir sa conseillère sans son accord. Il n’était qu’un larbin à la solde des dragons, et il croyait qu’il pouvait imposer sa volonté à quelqu’un aussi proche d’elle que Myriah ?! Fidèle à sa réputation, la pensée de faire enlever quelqu’un de proche au Cerf pour lui faire comprendre son erreur lui traversa l’esprit. Et elle… Se livrer ainsi ? Ne savait-elle pas quelle arme elle mettrait entre les mains de leurs ennemis une fois qu’elle serait à leur merci ? Les paroles de Menaka lors de leur première entrevue refirent surface dans l’esprit de la Princesse. Myriah serait sa fin, avait-elle dit. Sur le moment, la chose lui avait semblé impossible, insultante même, et pourtant, à peine revenue de son voyage, c’était l’évidence même que Myriah lui avouait.

« Tu ne comptes tout de même pas tenir une telle promesse ?! »

Le ton cassant, Nymeria continuait d’arpenter la pièce d’un pas rapide. Elle ne voulait pas se braquer contre la Ferboys, c’était même le contraire alors même qu’elle venait de rentrer, mais qu’elle ait fait une telle proposition la révoltait, quand bien même Nymeria elle-même lui avait donné toute latitude pour négocier en son nom tant qu’elle serait à Port-Réal.

« La réaction des Targaryen au retour des restes de leur parente prouve leur opinion à notre égard. Ils auraient pu le voir comme une tentative maladroite d’oublier le passé, mais ils ont préféré le voir comme un affront. Ils ne cesseront jamais de nous considérer comme une menace, une insulte à leur règne… Et les Baratheon seront désormais aux abois après ce qui est arrivé à l’épouse de leur suzerain, sans compter les intentions des Stark. Et toi, tu leur proposes de te livrer ?! »

Evidemment, il suffirait d’une lettre de Nymeria, des bons mots utilisés pour que les incursions cessent. Les événements récents exigeraient certainement qu’elle le fasse d’ailleurs, le moment opportun arriverait bien assez tôt. Mais si Myriah avait seulement accepté de rester à Port-Réal… Tout aurait pu tomber à l’eau, et les Dragons auraient gagné la première bataille sans même s’en rendre compte. Elle était passée à deux doigts du désastre, elle était passée à deux doigts de la perdre elle, il était difficile de rester calme après ça. La dornienne finit par s’arrêter derrière le siège de la conseillère, pour se pencher au plus près de son visage, murmurant dans un souffle :

« Qu’aurais-je fait sans toi à mes côtés, mh ? S’ils t’ont en leur pouvoir... »
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Myriah Ferboys
DORNE
■ Localisation : Auprès de Nymeria Martell
MessageSujet: Re: Home sweet home    Mar 26 Déc 2017 - 17:04

Home sweet home Assise sur un siège près de celui de la Princesse, Myriah sentait peu à peu poindre l'appréhension qu'elle s'était bien gardée de ressentir dès l'instant où elle avait rendu de le crâne de l'aïeule de Rhaenys Targaryen. Et tandis qu'elle résumait succinctement les faits qui s'étaient déroulés lors du mariage et du couronnement, elle arrivait à capter quelques émotions qui défilaient sur le visage ou dans les yeux de Nymeria. Si cette dernière en certaines circonstances savait se refréner, il arrivait que la Ferboys puisse lire en elle comme un livre ouvert. Ce sourcil arqué puis les joues qui s'étaient mises à rougir sous l'effet d'une certaine colère et ses doigts qui pianotaient nerveusement sa coupe. Un silence accompagna la fin de l'annonce de la conseillère qui sentant son cœur commencer à s'agiter sous l'effet de l'attente d'une réponse, aussi explosive soit-elle, sirotait sa coupe de vin tout en regardant la Martell vider d'un trait la sienne et se lever d'un bond de son siège.

Nymeria lui tournait le dos, empêchant Myriah de connaître l'état dans lequel elle se trouvait suite au compte-rendu. La dornienne des Montagnes Rouges se doutait que la princesse était touchée. Elle savait qu'elle avait commis une erreur, qu'elle n'aurait pas dû formuler cette garantie mais devant cet esprit si déterminé elle s'était sentie à courts de mots, presque novice en matière de pourparlers. Elle pose son verre, regardant quelques instants le sol de pierre de la salle du Conseil avant de relever brusquement la tête lorsque Nymeria lui demanda d'un ton cassant si elle comptait honorer cette promesse faite à la Main du Roi.

- Je n'ai fais aucune promesse, juste des propositions de garantie. Nous savons toutes les deux, tout comme lui, que je serais plus utile pour eux à Port-Réal qu'à Accalmie et pour cela, je ne peux me permettre de m'y rendre parce que notre Dorne doit être protégé, dit-elle doucement en regardant le dos de la Martell tandis qu'elle faisait toujours les cent pas, telle un fauve enfermé dans une cage.


Myriah écouta attentivement la suite des paroles de sa Princesse et un rictus déforma ses lèvres. Le timbre de voix et les mots utilisés faisaient parfaitement entendre à la Ferboys que la régente était profondément touchée par la garantie proposée, que la conseillère ait pu songer à remettre sa vie entre les mains des Dragons. Immobile, toujours assise sur le siège, Myriah comprenait parfaitement la réaction de Nymeria mais le dernier mot utilisé eu pour effet de blesser quelque peu sa fierté. Se livrer ? Les criminels étaient ceux à livrer et à sa connaissance la Ferboys n'en était pas une. La Martell continuait à faire les cent pas puis vint se placer derrière sa conseillère, se penchant pour placer son visage au plus près du sien. Qu'aurait-elle fait sans Myriah à ses côtés ? Ce qu'il se passerait s'ils l'avaient entre leurs mains ? La conseillère ferma les yeux quelques instants. Elle essayait de concentrer son esprit sur tous les gestes et les mots que venait d'user son interlocutrice. Elle se doutait qu'elle n'était pas uniquement présente pour la confiance que lui portait Nymeria mais les sentiments de jeunesse semblaient toujours présents, ancrés profondément mais étrangement si proches de la surface. Il était plus que temps qu'elle pense à autre chose que son amour perdu qui vivait à présent en son fils, qu'elle apprenne à lâcher prise pour retrouver la passion habitant chaque dornien mais s'était si douloureux. Elle inspira puis expira doucement pour tenter de ralentir les battements de son cœur, la présence aussi proche de la princesse faisant naître en elle des frissons d'envie.

- Je lui ai proposé de nous laisser lui livrer les coupables mais tu te doute qu'aucun d'eux ne dispose d'une once de confiance envers Dorne. Pour eux nous sommes toujours coupables, je t'ai défendue lorsqu'il t'a accusée d'être l'instigatrice des attaques, murmura-t-elle à son tour. Les mains de Myriah se crispèrent sur les accoudoirs du siège puis elle relâcha la pression qu'elle exerçait. Elle se leva et fit face à Nymeria en essayant de capter son regard.

- Sans moi, tu ferais beaucoup. Comment as-tu fais avant de m'appeler à tes côtés ? Tu avais et tu as toujours ton oncle avec toi ! Et si jamais les ennemis de Dorne me prennent pour faire pression sur toi, tu ne céderais pas et je mourais plutôt que de leurs révéler tes faiblesses parce que je ferais tout pour protéger ceux à qui je tiens. Dorne avant tout, tu le sais, ajouta-t-elle d'une voix une peu plus forte et assurée.

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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Home sweet home    Mer 10 Jan 2018 - 1:07

 
Home Sweet Home

« Je lui ai proposé de nous laisser lui livrer les coupables mais tu te doute qu'aucun d'eux ne dispose d'une once de confiance envers Dorne. Pour eux nous sommes toujours coupables, je t'ai défendue lorsqu'il t'a accusée d'être l'instigatrice des attaques. »

Elle n’aimait pas ce qu’elle entendait. Dans un sens, les mots de sa conseillère lui laissaient l’amère impression qu’elle se doutait qu’il y avait plus derrière ces attaques qu’une simple bande de pillards qui profitait des tensions frontalières pour ne pas être pris. Et dans l’autre, il lui fallait surmonter la culpabilité certaine qu’elle éprouvait en sachant qu’elle était bien, d’une certaine manière, derrière ces attaques.

Elles n’étaient rien de plus que les premières prémices de ce qui était nécessaire pour assurer à la Principauté son indépendance. Il fallait que les tensions avec l’Orage montent, il fallait que tous les seigneurs des sables voient que même avec un nouveau Roi, même avec les Baratheon au pouvoir, les Martell continuaient à leur tenir tête. Il fallait attiser leur agressivité, pour qu’ensuite la Régente puisse la diriger contre une cible qui aurait du disparaître il y a longtemps. Cette même cible servirait un autre but, en plus de venger le meurtre de sa mère. Alors, elle avait ravivé le passé de certains de ses vassaux, leur avait proposé un marché, et les choses s’étaient déroulées sans encombres. Les seigneurs dorniens attaqués pour donner le change étaient entièrement dédommagés par la Princesse Régente, qui entre temps ne faisait rien pour faire taire les rumeurs accusant l’Orage.

Tout avait été scellé dans le plus grand secret, aucun des proches conseillers de Nymeria ne connaissait réellement la nature de l’accord. Seul Quentyn avait été prévenu, dans les très grandes lignes, des plans de sa nièce, et de l’urgence du secret. S’il n’approuvait pas les méthodes de la Furie, il avait néanmoins accepté de se taire et de jouer le jeu, contre la promesse de faire cesser immédiatement toute action si la chose devait prendre des mesures disproportionnées. A Myriah, Nymeria n’avait rien dit, mis à part sa volonté de ne rien céder face aux Baratheon. Ce n’était pas une question de manque de confiance, plutôt une interdiction de lui infliger le dilemme de devoir mentir pour elle de son plein gré. Pas aux étrangers, non, de cela la Ferboys était parfaitement capable si c’était nécessaire. Mais ce secret, elle aurait également dû le garder de son propre frère, et la chose aurait été difficile, Nymeria le savait. Après tout, elle avait aussi eu un frère, un jour.

Les mots qu’elle avait utilisés, pourtant, ainsi que la probable réaction du seigneur de l’Orage après une proposition avortée de la sorte, étaient autant d’éléments qui venaient enrayer un plan passé jusqu’à présent inaperçu. Les attaques devraient sans doute cesser plus tôt, pour éviter que les Cerfs ne s’emportent un peu trop. Ils avaient à faire ailleurs, bien entendu, mais ils ne tarderaient pas à tourner à nouveau leurs regards plein de colères vers leurs voisins du sud. Quelques jours auparavant, la dornienne avait décidé qu’elle offrirait la vérité à la Ferboys, une fois que tout serait terminé. Elle pourrait lui en vouloir, mais il valait mieux qu’elle ne l’apprenne pas autrement, ça aurait cassé une certaine confiance dont Nymeria avait trop besoin, sans se l’avouer. C’étaient toutes ces pensées qui lui hantaient l’esprit tandis qu’elle arpentait la pièce, cette peur inavouée qui se traduisait dans son murmure à l’oreille de Myriah. Elle aurait pu lui dire immédiatement, si elle s’était écoutée, elle l’aurait probablement fait si la brune ne s’était pas relevée pour se planter devant elle, en la fixant d’un air déterminé.

« Sans moi, tu ferais beaucoup. Comment as-tu fais avant de m'appeler à tes côtés ? Tu avais et tu as toujours ton oncle avec toi ! Et si jamais les ennemis de Dorne me prennent pour faire pression sur toi, tu ne céderais pas et je mourais plutôt que de leurs révéler tes faiblesses parce que je ferais tout pour protéger ceux à qui je tiens. Dorne avant tout, tu le sais. »

Dans un demi sourire, Nymeria cache ses arrières pensées. Plus tard, quand la situation s’y prêterait, elle lui dirait ce qui se cache vraiment derrière ces attaques, peut-être même qu’elle lui dévoilerait sa grande stratégie pour s’assurer que les Targaryen ne mettent même pas un pied en pensée à Dorne. La nation passait avant tout, c’était la première chose qu’elle avait apprise enfant, c’était la première leçon que Myrcella lui avait répété encore et encore quand le sort l’avait désignée comme son héritière. Confier la vérité à Myriah, c’était prendre le risque que tout s’écroule, qu’elle ne comprenne pas la manœuvre, peut-être même qu’elle l’abandonne pour retourner dans sa forteresse des montagnes, et cela la Princesse ne le voulait pas.

« Et pourtant, toute Régente que je suis, je préfère ne pas découvrir ce qui se passerait réellement si tu tombais entre leurs mains. Je ne suis qu’un être humain, après tout. »

La dornienne marqua une pause, avant de rire légèrement, et d’ajouter en remplissant sa coupe :

« Mais ça, c’est notre secret. »

En contrebas, le bruit des préparations de la réception du soir se faisaient un peu plus fort tandis que l’on déplaçait tables et bancs dans les jardins. La Princesse se pencha pour s’appuyer contre la rambarde du balcon et observer les domestiques qui s’affairaient. Fut une époque où elle courait dans leurs pieds en s’inventant des jeux guerriers, figurant les domestiques comme autant de géants qu’elle devait éviter. Plus tard, c’était dans ce genre de préparatifs que Myriah et elle avaient volé une carafe de vin pour la première fois, et un sentiment de nostalgie la fit soupirer. C’était une époque révolue désormais, l’époque de l’innocence avant les tragédies et le pouvoir.

« Quoi qu’il en soit, les Baratheon réagissent comme prévu. Ils ne comprennent pas que leur colère trop affichée joue pour nous, et cela les desservira s’ils tentent ne fut-ce que mettre un pied sur nos terres. Nous verrons bien comment ils géreront la situation dans les prochaines semaines. Ceci dit, tu as raté des choses de ton coté aussi… Vorian Dayne a demandé à épouser une Redwyne, une histoire de vieille alliance prévue par son grand-père, ou quelque chose comme ça. La cérémonie aura lieu à Lancehélion, c’est une occasion intéressante. »

Et puis, il y avait un autre point concernant le seigneur des Météores. Car si le mariage était une opportunité, le marié en représentait une autre. Il était déjà devenu l’instructeur de Manfrey, au grand désespoir de celui-ci, pourtant Nymeria se demandait q’il ne pouvait pas prendre un rôle plus important. Sur ce point, Myriah pourrait certainement l’éclairer au moins un peu. Elle devait l’avoir rencontré une ou deux fois, et sans doute avait-elle une certaine impression de l’homme au moins, si pas du seigneur.

« Je réfléchis à l’idée de le prendre dans mon conseil. Tu le connais ? »

Reprenant une gorgée de vin, toujours penchée, elle attendit la réponse de sa conseillère.
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Myriah Ferboys
DORNE
■ Localisation : Auprès de Nymeria Martell
MessageSujet: Re: Home sweet home    Dim 14 Jan 2018 - 16:40

Home sweet home La gardienne de la Voie de Pierre n'avait aucune envie, à ce moment précis, de faire sortir la régente de ses gongs. La catastrophe venait d'être frôlée lorsqu'elle lui avait annoncé sa proposition de rester à Accalmie si au bout de trois lunes le problème frontalier n'avait pas été résolu. Il avait été difficile pour Myriah de proposer une garantie qui conviendrait au seigneur d'Accalmie mais elle cherchait aussi à ce que la situation, qui n'avait que trop duré, soit réglée au plus vite. Plus ces bandits continuaient à voler et tuer les marchands dans les Osseux, plus cela montrait une inefficacité déplorable des Ferboys à sécuriser leur fief toujours amoindrit en effectif depuis la bataille des Marches de Dorne.

La réponse de Nymeria ne tarda pas à venir et le fait qu'elle parle sur un ton léger, perturbait sa conseillère qui venait clairement de lui avouer qu'elle lui resterait fidèle peu importait la situation dans laquelle elle se trouverait. Elle regarda la Princesse se servir à nouveau en vin et s'éloigner.

- C'est effectivement notre secret, confirma-t-elle.

Myriah écoutait attentivement Nymeria, à présent appuyée contre la rambarde. Désormais il fallait se contenter d'attendre et d'observer les réactions qu'aurait l'Orage dans les semaines à venir. Son esprit s'arrêta un instant de penser à leur dangereux voisin lorsque la Princesse lui annonça le mariage de lord Vorian Dayne avec une Redwyne, à Lancehélion. La conseillère hocha la tête tout en réfléchissant à la portée que pourrait avoir ce mariage pour Dorne et le Bief, il y aurait probablement un conflit de loyauté pour la jeune femme. Mais ce n'était pas tout : Nymeria lui annonça qu'elle réfléchissait à faire entre le seigneur Dayne dans son conseil et lui demanda si elle le connaissait. Alors le temps qu'elle puisse réfléchir à la question, Myriah se resservit une autre coupe de vin et se rapprocha de Nymeria.


- J'ai eu le plaisir de le rencontrer il y a plusieurs années,
à l'occasion d'un tournoi,
commença-t-elle avant de prendre une gorgée de vin. Le jeune homme que j'ai rencontré aimait beaucoup la fête et il faisait "l'animation" avec son frère Banneth. Je ne peux pas réellement juger sa personnalité étant donné le peu de fois que j'ai eu à lui parler mais je pense que c'est un homme respectueux et de confiance.

Effectivement la Ferboys ne pouvait pas réellement s'exprimer sur l’Épée du Matin car avant de devenir le meilleur guerrier de Dorne, troisième dans la lignée de succession, il ne souciait pas de ses faits et gestes et profitait de la vie.

- Tu prendrais une bonne décision en le faisant entrer dans ton conseil, il apporterait beaucoup, ajouta-t-elle en se postant à côté de Nymeria, regardant elle aussi les domestiques s'affairant en contre-bas.


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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Home sweet home    Dim 11 Fév 2018 - 21:36

 
Home Sweet Home

Acquiescant lentement, Nymeria enregistra les paroles de la Ferboys tandis qu’elle observait le fourmillement en contrebas. Soulagée qu’elle n’ait pas insisté sur la question des attaques à la frontière, tout en regrettant légèrement qu’elle ne l’ait pas fait. Peut-être qu’alors la souveraine lui aurait tout dit, et au moins le secret n’aurait plus été une barrière entre elles. Il était plus sage d’attendre, bien sûr, et puisqu’elle en avait l’occasion, elle se tairait pour le moment. Jetant un regard en coin à la jeune femme venue s’accouder à coté d’elle, la dornienne la poussa légèrement de l’épaule, soudainement consciente de la certaine tension qui existait chez sa conseillère.

« Je suis heureuse que tu sois rentrée. Vraiment. »


Depuis combien de temps leur petit jeu durait-il ? L’adolescence, probablement, quand la jeune Princesse capricieuse cherchait à pousser sa dame de compagnie dans ses retranchements, n’arrêtant qu’une fois qu’elle semblait atteindre une limite à ne pas franchir. Pour une heure ou deux, elle se faisait alors ange de bonne volonté, pour faire tomber ses tensions, et reprendre de plus belle. Myriah le lui rendait parfois bien, faisant partie des rares personnes qui s’autorisaient une certaine irrévérence, trop audacieuse parfois, avec l’élément le plus colérique et flamboyant de la famille régnante, déjà à l’époque. Il y avait eu ces moments où Nymeria l’avait détestée, d’autres où elle l’avait aimée plus que quiconque, puis était venu le temps de se séparer, la Ferboys devant épouser un seigneur lointain tandis qu’elle-même devait se préparer à prendre ses responsabilités de Princesse. On ne parlait pas encore de Trône pour Nymeria Martell, pas encore non plus de ce mariage bancal avec le Nord, mais elle était une fille du soleil, et devait apprendre à agir comme telle et plus comme une enfant gâtée. Elle s’était alors faite guerrière farouche, usant de son caractère impossible pour repousser les courtisans, n’accordant sa proximité qu’à ceux qu’elle jugeait dignes, et ils étaient peu nombreux. Il y avait eu le mariage de Tristam, sa mort, ce trône qu’elle n’aurait jamais du avoir, et pourtant désormais il était le sien, et personne à Dorne ne contestait ce fait, trop contents d’avoir une Martell suffisamment forte pour tenir tête au dragon et les regarder droit dans les yeux, là où d’autres auraient préféré détourner le regard.

Même après la mort de sa mère, Nymeria avait attendu des mois avant de faire rappeler Myriah auprès d’elle, incertaine du bien fondé de sa décision et incapable de dire s’il s’agissait d’une envie purement personnelle, ou d’un besoin d’avoir quelqu’un en qui elle pouvait faire réellement confiance à ses cotés. Quelqu’un qui mourrait pour elle, sans compromis aucun, elle venait de le redire elle-même. De sa famille, la Martell ne pouvait même plus dire la même chose, toujours incertaine du rôle de Quentyn dans l’évasion d’Etaine, et Manfrey… Manfrey prenait un trop grand plaisir à la provoquer et à refuser son rôle pour qu’elle puisse s’appuyer réellement sur lui. Depuis son arrivée à Lancehélion, la native des montagnes du nord de Dorne n’avait fait que lui prouver qu’elle était digne de cette confiance, quand bien même leur avis pouvait parfois diverger. Il n’en était alors que plus difficile de lui cacher des informations, et toutes les excuses du monde n’y pouvaient rien.

« Un choix intéressant, Menaka. Je n’aurais pas cru que tu ramènerais quelqu’un comme elle… Mais je crois qu’elle sera parfaite pour le rôle qu’elle a à jouer. »

Quelques jours auparavant, la Régente avait pris le temps de discuter avec le nouvel ajout de sa Cour. Intriguée, elle l’avait été, autant par les questions soulevées par le choix de Myriah que par les paroles mêmes de la Lysienne. Cette vague de jalousie aussi soudaine qu’inattendue quand Menaka avait sous entendu à demi mot ce qui pourtant n’aurait pas du contrarier la dornienne qu’elle était, tout d’abord. Nymeria n’avait jamais été particulièrement possessive à l’égard de celles qui avaient un jour partagé son lit, du moins pas quand l’époque était révolue, et pourtant… Le temps d’un instant, elle aurait pu mettre sa nouvelle acquisition en pièces pour avoir ne fut-ce que mentionné qu’elle avait pu être intime avec sa conseillère. Elle avait bien vite ravalé ses pulsions, consciente de leur caractère puéril, mais elle l’avait ressenti, quand bien même.

Et puis, il y avait eu le reste. Myriah serait sa perte. Sur l’instant, elle avait balayé les mots comme ceux d’une courtisane qui allait trop loin pour obtenir sa faveur aux dépens d’une autre, un moyen malhabile de s’exprimer pour une étrangère qui ne connaissait encore rien aux us et coutumes de son foyer d’adoption, mais plus tard… La Princesse avait réfléchi. L’affection qu’elle portait à la Ferboys, même si sa nature était inconnue de tous et même d’elle-même, n’avait rien de secret dans tout Dorne, et pouvait être utilisée d’une façon ou d’une autre. A l’étranger, la notion était plus nébuleuse, Myriah n’était pour eux qu’une conseillère influente, qui avait l’oreille de sa souveraine, néanmoins le Baratheon avait tenté de la retenir, peut-être qu’au final, quelque secret avait pu passer la frontière. Et si Myriah décidait un jour de la trahir elle-même ? Pourrait-elle réellement s’en remettre, se résigner à mettre fin à cette menace comme elle le ferait sans hésiter pour n’importe quel autre noble ? Le Soleil de Dorne n’avait pas la réponse à cette question, et c’était là tout le danger, car au final, quelques mots prononcés au hasard d’une conversation avec une inconnue lui avaient révélé sa plus grande faiblesse. D’une façon ou d’une autre, il faudrait qu’elle la gère, un jour.

« Elle est loin d’être désagréable à regarder, qui plus est. Mais tu le sais autant que moi, non ? Je pourrais presque croire que tu l’as choisie pour ça, si j’écoutais les rumeurs... »

Un sourire mutin sur les lèvres, elle jeta un regard en coin à sa voisine, attendant de voir sa réaction, cachant une légère appréhension derrière le masque de l’amusement.

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Myriah Ferboys
DORNE
■ Localisation : Auprès de Nymeria Martell
MessageSujet: Re: Home sweet home    Dim 11 Fév 2018 - 23:28

Home sweet home Myriah se sentait mieux. Mieux à présent qu'elle se trouvait de nouveau à Dorne. Si d'une certaine manière elle avait pu se sentir oppressée durant son séjour à Port Réal, avec toutes ces oreilles indiscrètes et ces regards qui scrutaient les moindres gestes des natifs du Sud, elle se sentait plus légère depuis qu'elle avait posé pied à terre sur les quais de Ville Ombreuse. Comme si tout ce qu'elle avait besoin pour être en paix était de savoir son fils près d'elle et d'être en contact avec sa terre. Face à Nymeria elle avait choisit de rapidement aborder les faits qui s'étaient déroulés pendant les différentes cérémonie en l'honneur du roi Jaehaerys pour se concentrer sur le point qui la dérangeait le plus : l'incapacité à trouver les criminels qui sévissaient dans les Montagnes Rouges, sur ses terres. Elle qui tenait à cœur son devoir de conseillère et surtout son rôle légitime de dame de Ferboys, de Gardienne de la Voie de Pierre, elle se sentait impuissante et se maudissait silencieusement chaque jours où les criminels fuyaient une fois de plus l'acier de son frère et de leurs hommes.

La discussion prit une autre tournure lorsque Nymeria amena involontairement, ou non, Myriah à avouer qu'elle lui serait toujours fidèle et qu'elle mourrait pour protéger leur pays. La stricte vérité. Plutôt la mort que la souillure, disait la devise ancestrale d'une maison de l'Orage si la conseillère se rappelait bien les cours donnés par le mestre de sa famille. Plutôt mourir que d'affaiblir Dorne. Mais que provoquerait réellement sa disparition ? Un affaiblissement certain au vu de l'importance qu'elle avait prise mais connaissant le tempérament de son frère et de Nymeria cela donnerait une probable raison aux dorniens de se galvaniser et de lutter contre les Targaryen et leurs chiens de garde. Mais ce vœu de loyauté était aussi un aveu de la Ferboys qui, malgré le fait qu'elle soit perdue dans le mélange de sentiments qu'elle ressentait en ce moment à l'égard de la princesse, savait qu'elle tenait sincèrement à la Martell. Répondant alors à la question concernant le seigneur Dayne, la Sangderoy s'était alors rapprochée de son interlocutrice qui était à présent accoudée contre la terrasse donnant sur les jardins du palais.

Nymeria prit à nouveau la parole, sans quitter du regard ceux qui s'affairaient à préparer les lieux pour le mariage. Myriah esquissa un sourire. Elle était perdue, certes, mais elle appréciait ce qu'elle entendait. Elle porta sa coupe de vin à sa bouche et bu lentement plusieurs gorgées. La Ferboys posa ensuite sa coupe sur le rebord de la terrasse, posant son regard sur le liquide d'un rouge sombre. Elle releva cependant les yeux lorsque la Martell aborda le cas de Menaka, la lysienne que la conseillère avait ramenée pour la princesse.

- Elle a des compétences indéniables et son origine fait qu'elle se fond dans la masse, dit-elle en regardant au loin.

Elle avait longuement observé cette jeune femme, esclave de son état, et avait tiré la conclusion que Menaka serait parfaite dans le rôle qu'elle devrait jouer pour Nymeria. Elle avait uniquement choisit la lysienne pour ses aptitudes et son histoire, non pas pour un quelconque bon pressentiment. Elle pensait avoir bien choisit celle qui servait à présent Nymeria mais lorsque cette dernière poursuivit ses paroles, la Ferboys sentit le doute obscurcir légèrement son esprit. Où voulait en venir la princesse ? Croyait-elle que Menaka avait été choisie uniquement pour son physique ?

- Oui je le sais, Nymeria, mais depuis quand écoute-tu les rumeurs ? commença-t-elle à répondre avec le même ton d'amusement que venait d'utiliser la Martell. De nouveau son cœur battait la chamade son esprit la faisant se demander si la princesse, derrière de l'amusement, remettait en question sa capacité à dissocier ses responsabilités de ses envies personnelles. Sa fierté lui clamait de réagir avec impétuosité mais sa raison lui dictait de répondre avec calme.
Prenant une inspiration, Myriah se permit de prendre la main de la princesse de Dorne et elle reprit la parole avec toute la douceur qu'elle pouvait mettre dans sa voix pour éviter de la braquer. Je commence à prendre conscience que mon deuil suite à la mort d'Hussan doit prendre fin. Pendant plusieurs années je n'ai pas approché le moindre bordel et pas une fois je n'ai réellement pensé aux plaisirs de la chair, préférant me raccrocher à ce qui me restait de mon époux : Dastan. Alors sois assurée que j'ai choisis Menaka uniquement sur des critères qui lui permettront d'effectuer au mieux toutes les tâches qui lui seront confiées.

Elle afficha sur les lèvres un léger sourire, espérant rassurer Nymeria et surtout lui faire oublier ces rumeurs qui semblaient circuler.

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