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 Amitié est fille du Ciel

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Rohanna Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port Réal.
MessageSujet: Amitié est fille du Ciel   Mar 26 Déc 2017 - 1:37

amitié est fille du ciel




Etrangement, Rohanna était sereine. La main d’Alérie sur son bras lui offrait un réconfort, une force lente et silencieuse. Derrière elles, les voix de leurs époux se font lointaines et s’évanouissent peu à peu. Le bruit de la Neva, les chuchotements des jardins prennent le pas. L’air est respirable, loin de la chaleur étouffante et confinée de la pièce du dîner. Les poumons de la Biche embrassent avec vigueur et soulagement cet oxygen de la providence. Au coeur des complots et rouages politiques, c’est une douce volupté. Ses jambes s’allongent, son corps se redresse ; il est heureux que de pouvoir s’échapper de cette ambiance pompeuse ! Elle sent sa cousine fiévreuse de ces dernières informations, le rythme du coeur en alerte. Plus tard, il sera temps de la calmer, la rassurer, lui dévoiler les choses sous un nouvel angle. Et il était étrange que d’accepter cette attirance non souhaitée pour l’épouse de ses ennemis, les Lannister. Les ennemis de son coeur, la liste politique était bien plus longue, plus dense, plus complexe. Dès le jour où elle avait foulé le sol d’Accalmie, les Sept ne lui avaient pas donné d’autre choix. Elle avait longtemps voulu, longtemps souhaité que Kyra la regarde avec de grands yeux satisfaits, aimants… encourageants. Elle avait cru le voir lorsque son ventre s’était arrondi, lorsque sa couche était devenue sang, mais aujourd’hui elle n’en était plus si sûre. Sa belle-mère était une Lionne, appuyée par la dernière princesse du Roc, cette catin d’Eleneï, et au service de l’Ouest. Au nom de l’Or elle ne faisait pas confiance, aussi était il insensé que d’aimer la présence de Dame Alérie à ses côtés.



Déjà, sur une table de marbre, finement ouvragée, de fraiches collations et quelques sucreries les attendent. Derrière les voilages, Robb et Garett ne sont plus visible. Loin de ce monde, désormais féminin. Des candélabres ondulent une lumière dorée et confidente. Un éden apprécié après les tempétueuses paroles de la Main, de ce plan si périlleux et si osé. Alors qu’elle fait encore quelques pas pour laisser son enfant jouir de ces mouvements, elle laisse la Conflanaise prendre place. C’était une femme somptueuse. Elle n’avait rien à voir avec les faciès plus sauvages de ses terres. Un homme la croisant dans les couloirs du Donjon-Rouge ne se serait peut-être pas retourné sur son chemin, il fallait des heures pour comprendre sa beauté fugueuse. Derrière ses fiers yeux semblaient se cacher des secrets et mystères bien gardés, ou sagement dissimulés. Sa poitrine était belle, généreuse et accentuait ses courbes parfaitement féminines. Ses yeux bruns, ne faisaient que renvoyer l’incarnadin de ses lèvres ciselées. Si son élégance était favorisée par son riche mariage, elle semblait naturellement incarnée. La Dame d’Accalmie devait bien s’avouer qu’elles formaient un tableau très contrasté et probablement amusant. Il lui faudrait lui demander quelques conseils, car si Alérie était de petite noblesse on ne voyait qu’une reine n’en portant pas le nom.



« Me permettez-vous… puis-je t’appeler Alérie? »



Dans la pénombre, ses yeux brillaient de cette audace. Ce soir, au sein de cette tour de pouvoir immense, elle n’avait plus envie d’être l’épouse de la Main, suzeraine de l’Orage et Dame d’Accalmie. Elle voulait être Rohanna, simplement Rohanna. Les deux femmes devaient avoir le même âge, presque, et de leurs origines à leurs titres elles étaient égales. Bien évidemment, elles ignoraient encore beaucoup l’une de l’autre, leurs souffrances, leurs blessures, leurs combats tout comme leurs bonheurs et leurs rêves, mais il ne lui semblait pas outrageant que de lui demander cette faveur. Sa main replace une fleur dans ses cheveux, son geste est lasse. En la Couronne, la chaleur est bien plus difficile à supporter qu’à Accalmie. Ces premiers jours d’acclimatation lui sont pénibles, difficiles. Pour des règles de bienséance, il lui semble incongru de ne pouvoir alléger ses tenues vestimentaires, sortir ses pieds de ces chausses de cuir trop moites. Ses iris glissent vers la pièce où quelques minutes encore elles étaient, ses paupières se plissent. Elle pense beaucoup à ces dernières heures, à toutes ces paroles échangées entre courtoisies et tentions. Etait réunie ici la balance de Westeros, pourtant… elle semblait loin d’être parfaite. Très loin d’être parfaite.



« Les mots de Robart ont pu te sembler durs, voire insensibles à la perte de l’Ouest. Il n’en est rien. Ses relations avec Garett sont fortes, inviolables probablement. Je ne pouvais le dire là-bas, mais… je sais que mon époux à la requête du tiens à coeur. Or, il ne peut plus se gouverner par son seul coeur désormais. Difficile est pour l’homme de raisonner avec son esprit sans perdre ce qui l’anime réellement, ne crois-tu point? »



Elle continue de marcher doucement, des petits pas assurés, soulageant ses reins de tensions passées. En dehors des Baratheon, en dehors des Orageois, elle ne parlait jamais de Robb. En fait, à y penser, elle ne parlait pas de lui aux Orageois, elle parlait du Suzerain. Elle ne donnait que très rarement sa vision d’épouse. Ces marques de faveurs, ou de pudeur, n’étaient réservées qu’à Tess, Edric ou Deana. Elle ne dévoilait donc jamais cette vision intime à autrui et certainement moins à un étranger. Elle n’avait pas réellement d’amie, personne à qui faire confiance autre que les noms cités ci-dessus. 


« Mon époux a perdu ses fils, je sais qu’il ne veut infliger ce malheur à personne. Ni à son propre sang, ni à son pire ennemi. »



Il n’y avait pas de tristesse en ces mots, une simple réalité émue. Elle avait senti le coeur lourd et palpitant de Robb sous ses doigts. Elle se souvenait de son retour à Accalmie, peu après l’accident, son visage si grave. Il lui était possible aujourd’hui de se remémorer ces instants sans fléchir, sans laisser sa mâchoire se durcir d’un barrage de larmes. Loin d’être ingénue, elle savait aussi que cette lame qu’elle avait baisé de ses lèvres bienheureuses, avaient trouvé la vie de bien des fils. Infligeant une perte à bien des pères et bien des mères. Pourtant, elle gardait au creux d’elle, pieusement et secrètement, les états douloureux de son époux quand elle-même était en un gouffre sans lueur. Aussi, elle savait, convaincue, que Robb aurait tout fait pour assurer la vie de Tommen. L’échiquier politique, malheureusement, était bien plus complexe. Vicieux, il ne laissait pas la moindre place à un coup manqué, mal réfléchi. Cela Rohanna l’avait bien appris ces derniers mois où elle avait été chargée de la régence de l’Orage !



Sa main tire la chaise à elle et, finalement, prends place face à Alérie. Elle n’avait pas terminé de parler et elle remerciait intérieurement son interlocutrice d’avoir la patience de l’écouter. Elle n’était pas une oratrice de talent, quoiqu'elle ait essayé et c’était probablement énormément améliorée aux côtés de son frère cerf et d’Oswell. Il demeurait que cet art de la rhétorique lui manquait -ou lui avait manqué trop longtemps-.



« Alérie... si quelqu’un doit avoir ton blâme, c’est moi. Ces quatre années de guerre et ces mois passés loin de Robart m'ont laissés des stigmates dont je ne suis pas fière. J’ai la peur égoïste de le perdre, de me retrouver seule, faire de mon fils un orphelin et devoir faire de la mélancolie un manteau trop lourd. J’accorde ma confiance avec difficulté et … Il lui était impossible de lui dire : ‘‘… et je hais le nom que tu portes. Il noircit mon coeur des pires fléaux et des pires maux humains. Ils me donnent un gout de sang et de vengeance peu honorable.’… en les Fer Nés, je n’en ai aucune. » 

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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Castral-Roc, en Terres de l'Ouest
MessageSujet: Re: Amitié est fille du Ciel   Mer 27 Déc 2017 - 13:24


amitié est fille du ciel


Robart Baratheon l'avait déçue. En accompagnant son époux à ce qui devait être un dîner de famille, en espérant y trouver un allié, elle avait combien l'air de la Cour pouvait transformer un homme. Il ne restait du Sire d'Accalmie que le nom de son père pour rappeler qu'il était un héros de guerre car rien, dans son attitude, ne laissait deviner qu'il s'agissait d'un fleuron rebel, d'un des deux pilliers d'un accord passé entre deux familles deux générations plus tôt. Elle l'avait retrouvé comme elle l'avait rencontré : à la droite du Roi, inexpressif et sans cœur, pour qui les mots de sang et de fraternité n'avaient que peu de sens. Elle avait tenté de lui parler dans sa langue, de l'interpeller sur l'enjeu de cette coalition, qui dépassait de beaucoup la simple requête d'un sien cousin. Et en retour : le refus. Drame derrière des considérations politiques qu'elle n'avait écoutées que d'une oreille distraite. C'était sans doute injuste de sa part, mais c'était plus fort qu'elle. Elle avait beau ressentir beaucoup de rancoeur à l'égard de son époux, et lui reprocher de se préoccuper du fruit né de son premier lit, elle ne pouvait pas supporter qu'un autre innocent souffre des infamies fer-nées !

Elle aurait pu le gifler si le doux regard de son épouse n'avait pas glissé sur le sien, et si elle n'avait pas lu dans ces yeux cette imploration silencieuse de n'en rien faire. Il y avait quelque chose dans son regard qui la touchait. Rohanna parlait peu, mais ressentait beaucoup. Un quelque chose qui faisait écho en elle, et qu'elle ne s'expliquait pas. Un peu comme lorsqu'elle avait rencontré Allyria pour la première fois. Aussi, elle se tu. Pour elle, pour ne pas lui faire de peine, et pour ne pas envenimer davantage les circonstances. Et lorsqu'elle l'invita à la suivre sur la terrasse pour prendre l'air, elle lui sourit et accepta, non sans remarquer : « Si vous êtes grosse, ma cousine, alors je suis énorme ! » Car si Rohanna faisait référence à sa grossesse, elle n'en restait pas moins un modèle de grâce ! Passant son bras sous celui de son hôtesse, elle adressa un dernier signe de tête aux deux hommes restés assis. « Soyez sages, Messeigneurs...! » Et ce dans tous les sens du termes ! Réfléchissez bien à ce que vous déciderez !




***

« Me permettez-vous… puis-je t’appeler Alerie ? » Elles avaient pris place, et la vue était imprenable : de là, la Baie de la Néra s'étalait sous leurs pieds, le soleil couchant semblant tomber dans les eaux encore lumineuses des derniers de ses rayons. Dans la demi lumière, les yeux de Rohanna brillaient d'une toute autre lueur, à croire que l'absence de son époux la libérait. Comme je te comprends ! « Bien sûr ! Ne sommes-nous pas cousines désormais ? » Son ton était aimable, quoiqu encore un peu sur la réserve. Après tout, même si tout semblait incliner à ce qu'elles s'entendent et se comprennent, Alerie avait appris à la manière rude que l'on pouvait être terriblement désabusée des premiers sentiments. 

« Les mots de Robart ont pu te sembler durs, voire insensibles à la perte de l’Ouest. Il n’en est rien. Ses relations avec Garett sont fortes, inviolables probablement. Je ne pouvais le dire là-bas, mais… je sais que mon époux à la requête du tiens à coeur. Or, il ne peut plus se gouverner par son seul coeur désormais. Difficile est pour l’homme de raisonner avec son esprit sans perdre ce qui l’anime réellement, ne crois-tu point? »

 Elle lui répondit d'abord par un sourire. Douce Rohana. Douce et maligne Rohanna. Robb était peut-être y imbéciles mais il savait s'entourer. Elle devina rapidement que derrière le lait pouvait se cacher le feu, et que Rohanna n'était sans doute pas si ingénié qu'elle le laissait croire. « Mon époux a perdu ses fils, je sais qu’il ne veut infliger ce malheur à personne. Ni à son propre sang, ni à son pire ennemi. » En brillante avocate, elle étendait la cause de son époux avec justesse et quelques ressorts bien placés, qui chez n'importe quelle femme trouveraient écho. Elle-même devait s'avouer touchée. Après tout, n'attendait-elle pas, elle aussi, un enfant ?

Elle prit enfin place face à elle. Son regard croisa à nouveau le sien. Il était si expressif. Sans doute n'avait-elle jamais réellement besoin de mots, tant un simple regard pouvait lui suffire. Et pourtant. « Alérie... si quelqu’un doit avoir ton blâme, c’est moi. Ces quatre années de guerre et ces mois passés loin de Robart m'ont laissés des stigmates dont je ne suis pas fière. J’ai la peur égoïste de le perdre, de me retrouver seule, faire de mon fils un orphelin et devoir faire de la mélancolie un manteau trop lourd. J’accorde ma confiance avec difficulté et … en les Fer Nés, je n’en ai aucune. » 
« Te blâmer ? Quelle drôle d'idée... Et pourquoi ? Parce que tu as peur ? Parce que tu crains pour la vie de ceux qui te sont chers ? Au contraire, tu as toute ma compréhension, et même, mon admiration. Nous avons tous peur. Certains peut-être plus que d'autres. Mais combien sont incapables, par fierté ou par lâcheté, de l'avouer ? De se l'avoue ? Tu as le courage de le dire, de te rendre vulnérable. Ça n'a rien de déshonorant, c'est remarquable. »

Elle attrapa alors la main de la jeune femme et la sera dans la sienne, tout en lui souriant. « Je ne lui en veux pas. Il a des responsabilités qui nous dépassent, toi, moi, même Garett - mais ne lui dit jamais que je te l'ai dit ! » dit-elle soudain malicieuse, jetant un regard de gauche à droite pour singer la peur d'être entendue par quelques oreilles indiscrètes. « Je m'interroger simplement. Si la situation était inversée, comment aurait-il réagit ? » Elleavait légèrement incliné la tête, comme pour la sonder. Et puis, elle lui sourit à nouveau. « D'ailleurs, qu'est-ce que tu en penses toi ? Oui, oui, toi. Tu es bien plus maligne qu'on pourrait le croire, et je l'ai vu tout de suite... D'ailleurs, c'est sans doute pour cela que je n'en veux pas à mon cher cousin : le fait de vous savoir marier, de lui savoir une épouse de ta trempe à ses côtés, me rassure sur son bon fond !» Ce n'était pas un compliment en l'air. Entre femmes, dans ce monde, il était bien trop rare de trouver son égale. En ce qui concernait Rohanna, elle n'avait aucun doute.

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you know what "legacy" means? it's what you pass down to your children, and your children's children. it's what remains of you when you're gone. it's the family name that lives on ▬ but your legacy is a lie. and soon, your name will turn ashes in your mouth
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Rohanna Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port Réal.
MessageSujet: Re: Amitié est fille du Ciel   Mar 2 Jan 2018 - 12:58

amitié est fille du ciel



« Te blâmer? Quelle drôle d'idée... Et pourquoi? Parce que tu as peur? Parce que tu crains pour la vie de ceux qui te sont chers? Au contraire, tu as toute ma compréhension, et même, mon admiration. Nous avons tous peur. Certains peut-être plus que d'autres. Mais combien sont incapables, par fierté ou par lâcheté, de l'avouer? De se l'avouer? Tu as le courage de le dire, de te rendre vulnérable. Ça n'a rien de déshonorant, c'est remarquable. »



Rohanna n’est pas certaine de mériter de tels sentiments. Ils lui sont offerts sur un mensonge, une dissimulation peu louable : la haine d’autrui. Elle n’avait pas envie de commencer une relation sur quelques faux-semblants, mais sa position et le jeu des pouvoirs ne lui laissait pas cette possibilité. Cette chance innée, elle ne la possédait pas. Alérie était l’épouse et la tête féminine de la Maison Lannister. Si elle n’était pas une lionne de naissance et de sang, elle l’était par les liens sacrés due son mariage. Sa main dans la sienne, chaleureuse et inspirée d’un sourire, la Biche laisse ses commissures s’étirer d’un sourire. Une réponse silencieuse à ces bienveillances, après-tout il était bon que de recevoir ces pensées. Et quelque part, il était vrai. Elle savait se rendre vulnérable, elle savait avouer ses peurs mais plus loin, elle ne savait réellement y faire face. Elle était faite de cette roche de craie, parfois majestueuse mais qui, à chaque tempête, perdait de sa farouche. 


« Je ne lui en veux pas. Il a des responsabilités qui nous dépassent, toi, moi, même Garett - mais ne lui dit jamais que je te l'ai dit ! »


Ses lèvres pressent un rire, l’étouffant dans un soupir nasal. Il était bon que de voir Alérie admettre que Garett ne pouvait pas tout comprendre. Si le coeur du Roc même comprenait qu’il était nécessaire de s’incliner devant la Couronne, alors tout n’était pas perdu. Elle ne désirait pas voir, le héros doré s’incliner plus que nécessaire devant son propre fait, si elle était ici à cette terrasse, sereine et confiante, il n’y était pas étranger, mais c’était rassurant. Aux côtés de Robb, elle était plus influente que les lionnes hyènes de sa parenté. Une victoire, infime, mais une victoire certaine. Sa main droite, masse son ventre arrondi. Les Sept ne pouvaient être étrangers à cela.



« Je m'interroge simplement. Si la situation était inversée, comment aurait-il réagit ? »



Ses arcades sourcilières s’haussent, amusées de tant de fougue et d’imprudence. Demander quels auraient-été les agissements du Cerf si son propre héritier avait été ravi… voilà une chose bien familière ! Intruse, cette interrogation ne devait pas être au goût de tous. Un instant durant, aux mots planent le doute. Si Alérie la sonde, Rohanna la toise. La vérité était qu’elle ne savait pas comment Robb aurait pu réagir. Il était imprévisible, tout comme son père, tout comme tous les descendants d’Orys. Etait-ce le sang du dragon, la terre de l’Orage ou les deux mélangés? Leurs années de mariage ne leur avaient pas offerts la possibilité de se connaître, de se compléter à l’identique, se faire moitié de l’autre. Rohanna l’aurait détesté : ils étaient deux êtres différents. Si son amour pour son époux était immense, ineffable, jamais elle ne voulait qu’il devienne son autre part. Tous deux devaient rester intègres, fort de leur singularité. Aussi, ne s’étaient-ils jamais déchirés à se faner de se connaitre par coeur. Sa passion pour lui grandissait jour après jour un peu plus et il ne semblait y avoir horizon infini autre que leurs morts. Elle ne pouvait donc pas répondre à la question d’Alérie, pas réellement. Si elle avait formulé quelques ébauches de ce que le Cerf aurait fait pour son fils, un doute terrible aurait persisté en sa conscience. De toute évidence, bien que leur conversation soit informelle, il n’était pas nécessaire d’encourager sa cousine dans ses retranchements, déjà bien marqués.



« D'ailleurs, qu'est-ce que tu en penses toi? Oui, oui, toi. Tu es bien plus maligne qu'on pourrait le croire, et je l'ai vu tout de suite... D'ailleurs, c'est sans doute pour cela que je n'en veux pas à mon cher cousin : le fait de vous savoir marier, de lui savoir une épouse de ta trempe à ses côtés, me rassure sur son bon fond ! »



Un rire terrien s’échappe de la gorge de la Biche Pendue. Alérie, tout comme elle, semblait peu encline à brimer son caractère, ni ses authentiques pulsions. Décidément, cette soirée était pleine de surprises inespérées ! D’une main fragile, elle accompagne son écho. L’air est chaud, mais le temps est bon. Finalement, le temps est bon.



« Robb est Robb, je suis moi. »



Un malice perce son visage tout entier, il auréole la nuit de quelques lueurs béates. Sciemment, elle avait utilisé le diminutif de son époux, permettant à sa compagne d’entrer dans leur sphère intime. Un simple mot, remplis de sens et volontés. En son coeur, elle ne comprenait comment on pouvait se méfier de Robb. Avant son mariage elle l’avait détesté, mais bien parce qu’elle lui avait inventé et collé l’image d’un monstre, aujourd’hui elle ne pouvait que s’imaginer avec difficulté comment cela avait été possible. Pour arriver à être critique, il lui fallait se concentrer et chasser à grands renforts toute son admiration. Face à lui, elle savait l’être, alors c’était différent car ils n'étaient que tous les deux et les discours étaient permis. Elle essaierait, mais elle essaierait aussi de faire de cette femme éblouissante son alliée. Une véritable alliée. Une personne sur qui elle pourrait compter car en son coeur ne fourmilleraient pas de viles desseins. 


« Je suis certaine que tu n’aurais pas agi comme Garett, ai-je tord? Or, il l’a fait et réponse lui a été donnée. Une réponse dangereuse, mais qui prouve toute la confiance inestimable qui lui ait accordée. Je crois que Robb n’aurait jamais demandé d’aide, il aurait agi par sa fureur sans limite. Ne s’arrêtant que le jour où la gorge du ravisseur se serait trouvé en sa poigne… »



Laissant ses mots en suspens, elle s’accorde une gorgée de vin. La conversation était loin d’être anodine, calme et sans conséquences futures. Les femmes aussi avaient leurs échiquiers, du moins des pièces majeures sur celles de leurs familles. Si leurs coeurs semblaient vouloir s’accorder, si elles étaient coupées des syntagmes politiques et mortels de leurs époux, il n’en restait qu’après cette parenthèse elles resteraient les mêmes : épouses suzeraines d’hommes qui étaient aussi frères que potentiels rivaux. 


« … ou pas. Son coeur est bien trop noble pour moi et ses agissements possibles, en conséquent, difficiles à percer. J’aimerais être le portrait que tu dresses de moi. Néanmoins, si j’avais été faite homme, et les pouvoirs de mon époux fait mien, probable est que ma réponse n’aurait pas été la même. »



C’est grâce à elle -ou à cause- que Robb et Garett allaient se lancer dans ce plan machiavélique. Elle avait été le fin mot pour que son époux s’y adonne. Il était inutile que l’Ouest le sache, il était inutile que personne ne le sache jamais. Si elle s’était écoutée, si elle avait laissé les parties obscures d’elle-même prendre le dessus : jamais Garett n’aurait obtenu réponse. On aurait terminé la conversation, plaisantant sur d’autres sujets et espérant oublier très vite été soirée où le lion d’or avait perdu de sa superbe. Une première revanche, au goût doux et aigre. 


« Je n’ai ni le courage de Garett, ni de Robb et certainement pas le tien… Depuis le jour de mon mariage, je n’ai pas le droit de voir ma famille, ni d’entretenir correspondance. J’aurais pu m’y rebeller, et peut-être qu’un temps j’ai tenté de déjouer le sort, mais j’y suis aujourd’hui soumise. Theodan mort, la victoire nous couronnant de gloire, régente d’Accalmie : j’aurais pu tout faire pour détruire cette close. Implorer Robb et obliger ma … mère à enterrer ses ardeurs pour les miens. Ma cadette est morte, terrassée par une maladie. Femme de la Main, je devrais avoir ma soeur et l’épouse de mon frère en ma suite. Il n’en est rien. Vertu alcyionnienne. Avouer ces méfaits, s’ouvrir à quelqu’un qui ne la connaissait pas réellement, était une aubaine. Un soulagement énorme. Calme, elle continue. Quand mes fils sont morts, j’ai imploré la mort de me prendre. Si on ne vit que pour mourir, moi je la désirais ardemment. Alors, croire que mes actions auraient été plus élevées si mon fils avait été ravi par quelqu’un… je n’y crois pas. La seule chose que je sais, c’est que je n'aurais jamais laissé la paume de Robb se refermer sur la gorge inhumaine. Seule, j’aurais donné la sentence, douloureuse et cruelle. »



Sa main est toujours enfermée dans cette d’Alérie, et elle se demande s’il ne devrait pas être nécessaire de la retirer. Lui laisser la droit de se retirer de ce dîner, où les minutes ne semblaient lui accorder aucune quiétude. Pourtant, elle la laisse là, elle ne la bouge pas. Elle continue de regarder la blonde avec un visage de connivence.



« Eléana. Mon amour pour elle était intense. Pas un jour je regrette de ne pas être venue la visiter avant son dernier voyage. J’aurais pu fuir la vigilance d’Accalmie, mais je ne pouvais pas infliger ce tourment à Robb. Tu sembles avoir quelques méfiances pour ton cousin, pourtant c’est un homme téméraire, prompt à la justesse et à la droiture. Crois-moi, je ne serai affirmer cela de tous les membres d’Accalmie. »



Et à nouveau le malice perce ses grands yeux bruns, comme un appel à quelques aventures et expéditions enfantines. Celles qui se taisent, mais ne s’oublient jamais...
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Alerie Lannister
OUEST
■ Localisation : à Castral-Roc, en Terres de l'Ouest
MessageSujet: Re: Amitié est fille du Ciel   Mer 3 Jan 2018 - 12:11


amitié est fille du ciel


« Robb est Robb, je suis moi. » Elle se retint d'éclater de rire. Elle aurait pu mal le prendre, pire, mal l'interpréter. Elle ne voulait surtout pas qu'elle pense qu'elle se moquait d'elle, ou qu'elle ne la prenait pas au sérieux. C'était tout le contraire. La Dame d'Accalmie possédait la grâce, la vraie. Celle qui commandait un respect naturel, et qui surtout, faisait si bien l'économie des mots. Elle aurait pu se perde dans une suite d'explications, essayer de la rassurer sur les intentions de son époux, se laisser piéger même. Rohanna n'était pas dupe. Elle avait compris. Compris que la fougue ne l'avait pas quittée, et qu'elle espérait encore une attaque conjointe des lions et des cerfs sur les îles païennes. Et, pourquoi pas, persuader l'épouse là où le Sire était plus réfractaire. Prêcher le faux pour savoir le vrai, pousser l'une dans ses retranchements pour peut-être encore influer sur l'autre. Elle avait joué, elle avait perdu. Tant pis. Tant mieux. Leurs deux mains encore jointes, Alerie essayait de comprendre ce qui se cachait derrière les yeux de sa cousine. Sa cousine. Le mot avait quelque chose de surprenant, de différent de tout ce qu'elle avait entendu auparavant. Une sonorité nouvelle, et qui n'était pas pour lui déplaire. Surtout s'il lui permettait de la donner à quelqu'un comme elle.

« Je suis certaine que tu n’aurais pas agi comme Garett, ai-je tord? Or, il l’a fait et réponse lui a été donnée. Une réponse dangereuse, mais qui prouve toute la confiance inestimable qui lui ait accordée. Je crois que Robb n’aurait jamais demandé d’aide, il aurait agi par sa fureur sans limite. Ne s’arrêtant que le jour où la gorge du ravisseur se serait trouvée en sa poigne... » Songeuse, Alerie se laissa aller contre le dossier de son siège. Aurait-elle agit comme Garett ? Non. Elle aurait poussé. Plus fort. Plus rudement. Robb lui-même ne s'y était pas trompé. Elle ne l'avait pas menacé, mais elle n'était pas non plus prête à attendre que la vie de Tommen devienne le premier intérêt de la Main au moment le plus opportun pour lui. Elle n'allait pas prendre son mal en patience, parce qu'elle n'était pas comme Garett, et ses motivations pour sauver Tommen n'étaient évidemment pas les mêmes que celles de son époux. Non pas qu'elle n'avait que faire de la vie du petit garçon. Mais pour elle, il ne s'agissait pas seulement de lui. Quelque chose de viscéral s'était réveillé en elle, dès l'instant où on lui avait dépeint les atrocités commises par les fer-nés sur les plages de Port-Lannis. Lorelei. A l'évocation de son nom, elle pouvait sentir ses veines se crisper. Etait-ce pour s'exorciser de son souvenir ? Pour faire d'une pierre deux coups ? Elle déglutit. Peut-être.



« …ou pas. Son coeur est bien trop noble pour moi et ses agissements possibles, en conséquent, difficiles à percer. J’aimerais être le portrait que tu dresses de moi. Néanmoins, si j’avais été faite homme, et les pouvoirs de mon époux fait mien, probable est que ma réponse n’aurait pas été la même. »

 Probable. Mais pas certain. Elle savait faire comprendre beaucoup sans en dire assez. Ce n'était pas pour lui déplaire. Rohanna était une femme intelligente. Et sa compagnie lui était de loin plus agréable que celle des deux hommes qu'elles avaient laissés derrière elle. Elle eut un rire nerveux. « Dans le fond... Que nous aurions fait ou non la même chose que nos illustres époux n'a malheureusement que peu d'importance... Nous sommes nées femmes dans un monde...» Elle ne termina pas sa phrase. C'était trop douloureux. Elle se reprit, secouant un instant ses longues boucles blondes. « Mais je maintiens ce que j'ai dit : les fer-nés, et Hotho Greyjoy, ne sont pas à sous-estimer. Et... Je crois que je ne me le pardonnerais jamais si, par notre mauvaise appréciation... Un enfant devait en souffrir... » Elle détourna les yeux. Elle voulait peut-être le sauver pour les mauvaises raisons. Mais elle voulait le sauver. Qu'on la juge, qu'on la raille. Ce n'était pas la première fois, et certainement pas la dernière !

De l'autre côté de la table, Rohanna, elle aussi, semblait ailleurs. Elle ne la regardait que du coin de l'œil, mais elle pouvait sentir que quelque chose n'allait pas. Et les premiers mots avaient de quoi la ramener totalement à la réalité ! « Je n’ai ni le courage de Garett, ni de Robb et certainement pas le tien… Depuis le jour de mon mariage, je n’ai pas le droit de voir ma famille, ni d’entretenir correspondance. J’aurais pu m’y rebeller, et peut-être qu’un temps j’ai tenté de déjouer le sort, mais j’y suis aujourd’hui soumise. Theodan mort, la victoire nous couronnant de gloire, régente d’Accalmie : j’aurais pu tout faire pour détruire cette close. Implorer Robb et obliger ma … mère à enterrer ses ardeurs pour les miens. Ma cadette est morte, terrassée par une maladie. Femme de la Main, je devrais avoir ma soeur et l’épouse de mon frère en ma suite. Il n’en est rien. » De tout ce qu'elle aurait pu attendre de cette aparté, jamais elle n'aurait imaginé pareille confession. D'ailleurs, la surprise devait clairement lui était peinte sur le visage. Était-ce pour faire écho au compliment qu'elle lui avait fait ? A l'évocation de la peur que chacun pouvait éprouver ?

« Quand mes fils sont morts, j’ai imploré la mort de me prendre. Si on ne vit que pour mourir, moi je la désirais ardemment. Alors, croire que mes actions auraient été plus élevées si mon fils avait été ravi par quelqu’un… je n’y crois pas. La seule chose que je sais, c’est que je n'aurais jamais laissé la paume de Robb se refermer sur la gorge inhumaine. Seule, j’aurais donné la sentence, douloureuse et cruelle. » Par tous les Dieux...! 
Que Rohanna se confie à elle était une chose, et elle l'avait secrètement espéré. Mais de là à... « Eléana. Mon amour pour elle était intense. Pas un jour je regrette de ne pas être venue la visiter avant son dernier voyage. J’aurais pu fuir la vigilance d’Accalmie, mais je ne pouvais pas infliger ce tourment à Robb. Tu sembles avoir quelques méfiances pour ton cousin, pourtant c’est un homme téméraire, prompt à la justesse et à la droiture. Crois-moi, je ne serai affirmer cela de tous les membres d’Accalmie. » « Rohanna, attends. » fit-elle, mi incrédule, mi désarçonnée. « Je n'en veux pas à Robb, je ne...  » Elle ne savait pas quoi dire, cherchait ses mots comme une enfant. Peut-être parce qu'elle ne s'était pas préparée à un tel témoignage, un tel sacrifice. Mais peut-être aussi parce que dans ce récit de famille déchirée, et d'ombres aux caractéristiques trop semblables, elle se reconnaissait.

« Je suis désolée... » finit-elle par articuler. « Je ne veux pas que tu te méprennes. Je peux avoir des désaccords avec Robb, mais en aucun cas le considèrerais-je comme un homme indigne de confiance. Ais-je été déçue ? Oui. J'ai naïvement pensé que la fibre fraternelle nous mènerait, l'épée à la main, sur les côtés de Pyke pour réclamer justice. Je suis comme ça, je l'ai toujours été. Je me laisse... Guider par mes émotions, mes envies, mes peurs, mes idéaux. Le moindre obstacle qui se dresse devant moi, et je me jette contre lui pour le faire plier, le détruire, me laisser la voie libre. Ce n'est pas pour rien que mon frère m'appelait "la Furie", je... » Le souvenir douloureux de Corvin lui noua la gorge. Mais ce n'était pas le moment. Plus tard peut-être. Ou bien maintenant ? Elle leva les yeux, un instant baissés. Elle fouilla ce regard. « Es-tu... Es-tu malheureuse, à Accalmie ? » Comme moi. Es-tu aussi malheureuse que moi au Roc ?

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Rohanna Baratheon
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MessageSujet: Re: Amitié est fille du Ciel   Mer 3 Jan 2018 - 23:20

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« Rohanna, attends. Je n'en veux pas à Robb, je ne...  » Toujours plein de malice, ses yeux rassurent leur bleus interlocuteurs. Il n’y avait aucun mal de fait, aucun méfait. Quand il s'agissait de son époux, son coeur, toujours, était trop ferme : un pied trop loin dans les défenses. Les couleurs qui fouettent les joues d’Alérie lui font baisser le nez. Rohanna n’avait pas voulu la mettre dans l’embarra, quoiqu’elle apprécia sa retenue. « Je suis désolée... » « Ne le sois pas. » Ses doigts pressent sa paume, la soirée ne devait pas tourner aux atermoiements. Il était à elle de s’excuser car elle n’aurait pas du s’épancher de la sorte. D’ailleurs, elle ne l’avait jamais fait. Pas à une étrangère, rencontrée quelques heures avant. C’était ainsi, inexplicablement. Elle n’avait aucune envie de quitter la chaleur nouvelle de cette main ferme, tout comme elle n’avait aucune envie de devoir parler de futilités de Cour. Alérie valait bien mieux, elle en était certaine. Elle aussi valait mieux que ces racontars offerts aux autres femmes derrière un masque mesquin. Oui, il y avait une étincelle dans l’air. Une ondulation nouvelle qui la poussait irrésistiblement dans les bras amicaux de sa cousine. Et, sans le savoir, sans le préméditer, elle s’y adonnait.



« Je ne veux pas que tu te méprennes. Je peux avoir des désaccords avec Robb, mais en aucun cas le considèrerais-je comme un homme indigne de confiance. Ai-je été déçue? Oui. J'ai naïvement pensé que la fibre fraternelle nous mènerait, l'épée à la main, sur les côtés de Pyke pour réclamer justice. Je suis comme ça, je l'ai toujours été. Je me laisse... Guider par mes émotions, mes envies, mes peurs, mes idéaux. Le moindre obstacle qui se dresse devant moi, et je me jette contre lui pour le faire plier, le détruire, me laisser la voie libre. Ce n'est pas pour rien que mon frère m'appelait "la Furie", je... » Ses yeux sont baissés, dissimulés derrière une barrière de cils blonds. Il est difficile de comprendre quelle timidité se cache là. Au caractère de la Biche, la Conflanaise répondait. Intègre, d’une nature vive et brûlante ; Rohanna ne savait que trop comment il était compliqué que de se brimer. Bien sûr, elle agissait différemment : sa faiblesse était justement de ne pas savoir détruire, mais de s’infliger blessure. Longtemps, la perspective d’une vie heureuse lui avait fait peur et loin d’exiger que le destin fléchisse selon ses voeux, elle espérait qu’il se montre inflexible. Pensant qu’elle ne le méritait pas, elle savait se saboter pour mieux s’aimer. C’était un vice, un terrible malheur mais la sauvageonne de Gallowsgrey avait toujours été de cette sorte. Du moment où les premiers sang avaient tâché ses jupes ; du moment où définitivement elle savait devoir être un jour femme. Déjà, elle oublie les époux et la conversation qui doit continuer quelques mètres derrière, elle ne porte son attention qu’à ces aveux féminin. Il était doux, délicat et rassurant que de se confier à une compagne du même âge ! Quand les yeux d'Alérie se lèvent, ils semblent chercher une réponse, une suite à ses idées… et tout ce que Rohanna tente de percevoir est cette Furie. Cette Furie qui doit si difficilement s’acclimater au caractère pompeux de son époux ! Les Sept étaient présents, ici sur cette terrasse, ils devaient baiser leurs mains unies. Longues les années avaient été où elle s’était vue et crue seule de son espèce, trop loin des conventions exigées pour une Dame de son rang. Et dire que c’était l’Ouest qui cachait la réponse à toutes ces angoisses… « Es-tu... es-tu malheureuse, à Accalmie? » Ses lèvres s’entrouvrent, mais aucun son n’en sort. L’interrogation, de but en blanc, aurait pu être blessante, impolie et hautement déplacée… mais elle la prenait comme une faveur promise. 


Par dessus son épaule, elle regarde si personne ne les observe. La terrasse est vide. Dans la brise crépusculaire, e rideau tramé flotte lentement, seul témoin de la présence de la Main en ses appartements. Des serviteurs de la Tour de la Main, il n’y a aucune trace. Ce n’est pas qu’elle en a peur, ce n’est pas qu’elle soupçonne leurs oreilles de trop écouter… mais à l'idée de n’être qu’avec Alérie, elle se sent plus en sécurité. Cette absence de tout autre être vivant, la renforce dans l’idée que les Dieux leur prête ces doux instants. « Je ne crois pas. Son attention se reporte sur sa confidente. Un visage énigmatique lui réponds. Non, je ne le crois pas. » L’avait-elle était que ce n’était désormais plus le cas. Plus depuis la mort de Théodan. Ce détail avait quelque chose d’injuste. L’idée fausse d’un sacrifice néfaste, ce qui n’était pas le cas. La mort de ce père héroïque signifiait seulement que Kyra n’avait plus le mot supérieur au sien. La lionne devait lui obéir, tout du moins respecter ses souhaits. A y penser très fort, les moments de bonheur en la forteresses étaient rares… mais ils existaient. Accalmie c’était Robb. Puis c’était Tess, Edric et les serfs auxquels elle s'était attachée. Désormais, Accalmie était sa maison. Elle y avait ses habitudes particulières comme toujours prendre tel couloir ou emprunter tel escalier pour voir le soleil se lever ou se coucher. Son parfum embaumait les tentures de la salle principale et le style de sa démarche s’était développé sur l’irrégularité des sombres pierres. Le nom même de la forteresse signifiait sa féminité découverte, des rêves et des secrets nouveaux. Egalement des souffrances., trop nombreuses pour être évoquées. « Parfois, j’oublie à quoi ressemble la maison de mon enfance… mais si je prêche la vérité de mon coeur, je ne veux plus réellement le savoir. » Ses fossettes se creusent et son visage rougit de cet aveux. Elle aimait les siens, profondément, mais à choisir elle préférait rester avec Robb, pour toujours. C’était un calcul qu’elle avait de nombreuse fois échafaudé, mais une vie entière aux côtés de son jumeau, sa soeur et ses parents ne valait pas une nuit avec son amant. Si, dans ce monde brutal et aux manigances mortelles, c’était probablement une faiblesse : elle n’en avait cure. Persuadée qu’un tel bonheur ne pouvait lui incomber ; jamais, elle n’avait dit à Robb ce qu’elle ressentait. Elle avait cette peur étrange qu’il se détourne d’elle, par désarroi. « La mère de Robb fait tout pour me rendre malheureuse. Elle y arrive parfois… trop souvent, à vrai dire. Je ne suis pas d’un lignage suffisamment haut, suffisamment pur et certainement pas Lannister. Une vague gêne se dessine en son corps, cette phrase n’était pas à l'encontre Alérie ou celle de son époux -pas directement. Je suis sa déception, son échec, sa honte : les heures n'ont pas été assez longues pour m’infliger ses bassesses. » Des larmes viennent noyer le bas de ses cils. Etait-elle malheureuse pour autant? A contrecoeur, elle se détache de cette poigne amicale pour tenter de faire déguerpir ces pleurs indésirables. Délicatement, son port gracile se renverse en arrière. Elle expire avec calme, encore ces émotions qu’elle ne parvenait à contrôler ! Pourtant, aucune tristesse ou triste émois ne vient barrer ses traits. Dans quelques semaines, la vieille mère ne pourrait plus rien dire. Le pouvoir de sa bru serait enfin consolidé, déjà l’Orage l’aimait et l’acclamait : l'héritier mâle ne viendrait que faire sonner cette gloire qui attendait.



Un instant, le silence se fait. Elle ferme les yeux et laisse ses sens savourer l’instant présent. Elle perçoit les soupirs longs des visiteurs nocturnes des jardins, un rire étouffé par-ci, par-là. Le temps est bon. Ses mains massent son ventre, tant de secrets que cette future vie taisait ! « Comment est-ce le Roc? » Un instant encore, elle savoure l’obscurité de ses paupières closes. Cette conversation était bien moins inoffensive qu’elle l’avait prévue… bien moins inoffensive que leurs époux ne le seraient jamais. Sans violence, sans volonté de blesser, elle continue. Sa voix est basse, presque imperceptible. Ses iris observatrices, droites dans celles de la Piper, elle questionne : « Comment est-ce d’être l’épouse de son tourmenteur? »
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Alerie Lannister
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MessageSujet: Re: Amitié est fille du Ciel   Ven 12 Jan 2018 - 12:44


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Se pouvait-il que derrière ce couple aimant - car il fallait être aveugle pour ne pas comprendre avec quelle dévotion Robb et Rohanna se couvaient du regard l'un l'autre - une ombre cruelle s'amusait à plâner ? Les Dieux étaient-ils si cruels pour nier à ces deux êtres le simple bonheur de vivre heureux ? Alerie avait peine à le croire. Et pourtant, elle semblait avoir visé juste car à peine la question posée, Rohanna se retourna machinalement, pour être certaine que personne ne l'entendait. Une crainte silencieuse, qui réveillait ses propres angoisses, qui l'obligeait une nouvelle fois à se sentir à l'étroit dans cette fonction pourtant beaucoup trop grande pour elle. Et tel semblait leur drame commun. Elles étaient toutes deux aux sommets du monde, l'une épouse de la Main, l'autre épouse du Faiseur de Roi. Et pourtant, la moindre de leur parole pouvait leur coûter cher, pouvait leur coûtern le tout.

Pourtant, la question était inoffensive. Deux cousines s'entretenant de leur quotidien, de leur vie si semblable, qui pouvait les suspecter de mal faire ? Es-tu malheureuse à Accalmie ? C'était comme si elle mettait en question son incroyable chance : celle de partager la couche et la vie d'un grand seigneur, honneur ultime pour une femme. Es-tu malheureuse à Accalmie ? « Je ne crois pas. Non, je ne le crois pas... » fit-elle, prudemment. Avant d'ajouter : « Parfois, j’oublie à quoi ressemble la maison de mon enfance… mais si je prêche la vérité de mon coeur, je ne veux plus réellement le savoir. » Estime-toi heureuse, j'aimerais tellement pouvoir en faire autant... ! La petite voix avait étouffé un sanglot. Pour Alerie, quand bien même le Roc était plus vaste, plus luxueux, plus important, rien ne pouvait remplacer Château-Rosières. Ni à ses yeux, ni dans son cœur. Le petit fief frontalier avait abritait les meilleures années de sa vie, le rire de son père, les caresses de sa mère, les jeux avec son frère ainé. C'était l'insouciance, le bonheur d'être en famille, un trésor que tous ceux qui s'entassaient dans les coffres des Lions ne pouvaient remplacer. Elle avait réussi à y prendre ses marques, dans l'adversité des nobles mais avec le soutien du peuple ; elle avait réussi à s'y faire une place. Mais il n'y avait pas un jour où elle ne se souvenait, pas un jour qu'elle ne donnerait tout ce qu'elle avait pour retrouver l'existence d'antan...

« Mais alors, pourquoi... » commença-t-elle, cherchant à comprendre ce qui avait bien pu motiver un tel plaidoyer, qui ne se motivait pas seulement par l'amour qu'elle portait à son époux. 

« La mère de Robb fait tout pour me rendre malheureuse. Elle y arrive, parfois... trop souvent, à vrai dire. Je ne suis pas d'un lignage suffisamment haut, suffisamment pur, et certainement pas Lannister. »

 C'était donc ça. C'était donc elle, l'ombre malveillante. Kyra Baratheon, Kyra Lannister, la sœur de Loren du Roc, la "Lionne de l'Orage" comme on la surnommait. Encore une belle-mère, encore une Lannister aux crocs acérés, dévorée par l'arrogance et la volonté de tout contrôler. Encore un giron maternel prêt à tout pour protéger les siens, même de la meilleure chose qui pouvait leur arriver. « Je suis sa déception, son échec, sa honte : les heures n'ont pas été assez longues pour m'infliger ses bassesses ! » Mille et unes images dansaient devant ses yeux. Elle n'avait aucune peine à imaginer ce que "ses bassesses" signifiaient. Johanna y avait elle-même eu recours. Elle se revoyait encore, les premiers jours de son mariage, la Lionne de Castamere ficelant son corsage comme on emprisonne un oiseau un peu trop libre. En y repensant, elle avait encore mal au dos. Sa belle-mère était une redoutable adversaire. Elle ne voulait même pas imaginer le pouvoir de sa grande-tante !

Durant un long moment, aucune d'entre elle ne dit mot. Elles avaient pénétré dans une intimité toute nouvelle, de manière totalement intuitive, et après les premiers élans de complicité, chacune reprenait doucement ses émotions. Idyllique, le cadre était propice aux confidences. « Comment est-ce, le Roc ? Comment est-ce d'être l'épouse de son tourmenteur ? » « C'est dur. » répondit-elle, chastement. De toute évidence, Rohanna ignorait à quel point Garett la tourmentait. Comme tous, elle devait s'étonner de ce couple surgit de nulle part, de cette union entre l'otage et le chef de guerre, de ce mariage devant les Dieux qui s'étaient auparavant repus de leurs horreurs. « Il y a des jours où j'ai le sentiment de ne pas être à la hauteur, d'autres où je sais que je suis sa meilleure chance. Et pourtant, nous sommes unis. C'est... difficile à expliquer... » Et comment seulement lui expliquer ? Pouvait-elle lui avouer le terrible épisode du Roc ? Pouvait-elle lui confier ce qu'elle n'avait partagé qu'avec sa sœur ? Arriverait-elle à remettre des mots dessus ? « Nous avons une entente. Pour le meilleur et pour le pire, je suis Suzeraine de l'Ouest. Et je prends ma tâche très à cœur. Ce fut difficile, bien sûr... Les grands noms ne l'ont pas tout de suite accepté. Et tout comme toi, j'ai l'ombre d'une belle-mère qui ne me quitte pas. » Elle eut un rire nerveux. « Elle est insupportable ! Et elle risque de le devenir encore plus car très prochainement, elle va perdre cruellement de sa superbe... » ajouta-t-elle subitement, plus malicieuse.

C'était peut-être risqué. C'était peut-être s'avancer trop loin, trop lui faire confiance. Mais c'était sa manière de lui faire comprendre que si elle n'était peut-être pas prête à lui dévoiler tout son passé, elle souhaitaient qu'elles partagent leur futur. « Je suis enceinte, moi aussi ! »
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Rohanna Baratheon
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MessageSujet: Re: Amitié est fille du Ciel   Dim 21 Jan 2018 - 0:40

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« C’est dur. » Pouvait-il seulement en être autrement? Loin d’être intime au couple léonin, elle était cependant mariée depuis assez longtemps pour comprendre cette abstinence de ton. Sa voix était soufflée, suspendue, comme un aveu déjà trop lourd. Dangereux, probablement. Si Rohanna était honnête en son coeur, et les Dieux savaient que parfois il était bien difficile de l’être, elle devait avouer ne s’être jamais réellement intéressée aux événements de Château-Rosières. Evidemment, elle en avait entendu parler et de longues semaines le crime sanglant avait habité les murs d’Accalmie. La suite… le rapt, le mariage, toutes ces histoires… avaient été les commérages préférés des jeunes filles qui voyaient toutes leurs fantasmes romanesques sacralisées ! Or, Rohanna n’avait pas l’âme assez romantique pour y avoir vu un geste des Sept. C’était la guerre et, cette pauvre Alérie, une victime. « Il y a des jours où j'ai le sentiment de ne pas être à la hauteur, d'autres où je sais que je suis sa meilleure chance. Et pourtant, nous sommes unis. C'est... difficile à expliquer... » La Biche Pendue n’était pas certaine de percevoir les nuances de cette relation, ni de devoir poser plus de questions. Sa compagne semblait faire un invisible et immense pas en se confiant de cette manière. Cette lueur combative qu’on voyait en ses yeux était éloquente : Alérie n’avait pas l’âme à se dévoiler facilement. De cette faculté, Rohanna aurait aimé en faire preuve. De nature méfiante, quand elle accordait sa confiance : elle le faisait sans concession. Au contraire, c’était comme si elle ne pouvait s’empêcher d’offrir aux autres les misères de son existence. Les premières offrandes, les premières libations. Mélancolique, souffrant de cette maladie du coeur souvent soudaine et inattendue, c’était sa manière de s’assurer que les aimés ne prendraient pas peur. Une manière de dire, si tu peux accepter ces tâches noirâtres de ma vie, alors je te donnerai le temps de me connaitre plus. Riche et vibrant, les facettes de son caractère étaient nombreuses et, à ce jour, seule Tess pouvait se targuer de les connaitre presque toutes. Cela s’expliquait probablement parce qu’elle l’avait vu grandir, s’affermir jusqu’à être la femme et future mère d’hui. « Nous avons une entente. Pour le meilleur et pour le pire, je suis Suzeraine de l'Ouest. Et je prends ma tâche très à cœur. Ce fut difficile, bien sûr... Les grands noms ne l'ont pas tout de suite accepté. Et tout comme toi, j'ai l'ombre d'une belle-mère qui ne me quitte pas. » Une sueur froide perle dans le creux de ses reins. Le rire d’Alérie n’a rien de doux, il est froid. Froid de secrets étouffés et gardés. Ce soir, elle ne se dévoilerait pas comme l’épouse de la Main ; toutes les questions qu’elle brulait de poser seraient pour d’autres soirs. Après-tout, la chaleur de l’été promettait d’être encore longue et dans cette fièvre sans fin, leurs confessions le seraient également. Souriant avec une espièglerie enfantine, la brune lève les yeux au Ciel. Une ombre omniprésente : c’était bien l’image de Kyra également. D’ailleurs, à y penser, il ne lui serait pas si étonnant qu’elle débarque, ici-même, tant elle avait pris l’habitude d’entendre ses rugissements ! « Elle est insupportable ! Et elle risque de le devenir encore plus car très prochainement, elle va perdre cruellement de sa superbe... » Un éclat de rire perce la quiétude des jardins, un son pur et communicatif. De son pouce et index, elle pince ses narines. Il était inconvenant que Garett puisse l’entendre quand il devait faire face à une situation existentielle, de crise hautement politique. Pourtant, ses yeux rient encore et sa bouche continue de s’étirer, se plier, s’étirer, se plier, s’étirer… Insupportable. Ce mot si simple et pourtant tant guérisseur ! Ses yeux se ferment, un effort pour contenir ses rires qui viennent tambouriner dans tout son corps. « Je suis enceinte, moi aussi ! » Encore un moment, ses yeux restent fermés. Son corps se calme en vague de sérénité. Une promesse de vie qu’elle avait tantôt cru déceler. Cet aveu était pour le moins étrange. Jamais, elle n’aurait cru pouvoir se réjouir autant à l’idée que la Maison des Lannister s’agrandisse… Jamais. La perspective de devoir partager cette épreuve aussi intime et dangereuse qu’était une grossesse avec une lionne avant ce soir n’était pas concevable. Et si elle hoche la tête avec douceur, les paupières émues, c’est la ferme conviction que les Sept les ont couronnées. Leur rencontre, l’aimant qui les animait -bien plus motivé que par leurs seules origines communes-, une même revanche. Une promesse de paix. Ses grands yeux bruns s’ouvrent, lumineux. « Et moi qui espérait le secret de ta beauté… » elle ne lui dirait pas qu’elle l’avait deviné. S’eut été égoïste que de lui retirer ce bonheur. La Conflanaise, par le voeu de la Mère, était anoblie. Leurs ventres protégé bien plus que semence, mais une puissante autorité. Qu’elle le veuille ou non, les deux femmes avaient été propulsées sur l’échiquier des pouvoirs. Epouse du Faiseur de Roi, épouse de la Main, qu’importe leurs titres d’hier, de ce soir ou de demain… puisqu’elles devaient tout prouver. « Je suis très heureuse pour toi Alérie. »


D’un geste protecteur, ses paumes viennent masser son ventre arrondi. Il grossirait encore ces prochaines semaines, il grossirait tant qu’elle ne pourrait plus s’adonner à marcher. Le spectre de sa fausse couche, du douloureux accouchement de ces foetus informes et sanglants, la douleur, la terrible solitude… tout cela lui faisait encore peur. Elle avait pris soin de s’entourer sagement pour que ces pensées ne viennent jamais la trouver. Ainsi entourée d’abeilles bourdonnantes, elle n’avait pas le temps pour se laisser aller au suppôt de ses angoisses. Savoir Alérie, dont les enjeux étaient semblables, à ses côtés était une nouvelle force. Bien plus qu’elle ne pourrait jamais lui dire, probablement. Finalement, ces enfants pourraient être élevés comme leurs pères, plus même : un binôme fraternel. C’était bien la première fois que l’idée d’être un peu plus liée à la Maison Lannister ne lui faisait pas peur. Etrangement, sans pouvoir savoir pourquoi, elle savait que rien ne serait pareil avec Alérie. Et si elle ne pouvait lui cracher la haine qu’elle avait contre les Lions du Roc, elle pouvait bien continuer sur cette remarque : « c’est bien la première fois que je ne suis pas intimidée par un Lannister ! » Intimidée était un faux-semblant. L’or et le rouge représentait sa plus grande source de haine et de colère, toute son amertume. Si elle donnait un fils, cela suffirait-il seulement à faire perdre à Kyra de sa virulence? Non. Certainement pas, mais ce serait assez pour exiger de Robb qu’il lève les sanctions contre les siens. Suffisant pour qu’il puisse enfin accepter de lui tenir tête et d’exiger qu’elle se plie à son jugement. Ses paumes restent encore un peu, chaudes et brulantes de présages heureux. Toute sa force, elle la donnait à ce petit être qui grandissait sagement et patiemment, il serait sa délivrance bien qu’elle lui donnerait la sienne. Songeuse, ses doigts rythment quelques temps oubliés. Leurs enfants à naitre avaient déjà bien des responsabilités en eux ! Bien plus qu’assoir le pouvoir de leur respective Maison, ils viendraient sceller ceux du sang maternel. Dans ses zygomatiques se creuse un sourire compère et énigmatique. « Garett le sait-il déjà? »
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Alerie Lannister
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MessageSujet: Re: Amitié est fille du Ciel   Mar 13 Fév 2018 - 12:19


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« Je suis enceinte, moi aussi ! » C'était la première fois qu'elle qu'elle s'octroyait le droit d'en parler à quelqu'un d'autre qu'à Garett ou Wendy. Au moment où elle formulait les mots, sa poitrine s'était gonflée d’orgueil, expiant d'un même coup le sentiment du devoir accompli, et une magnifique revanche sur ses détracteurs. Elle imaginait, non sans une certaine jubilation, le visage de Johanna, qui tenterait par tous les moyens du monde de s'attribuer le mérite de cette naissance à venir. Il était bien temps, ma fille, que vous montriez du ventre ! La voix un rien supérieure résonnait contre ses tempes comme si elle y était, là, face à la Dame de Fer, drapée dans ses velours pourpres, les lèvres pincées, et les bras croisés. Encore faut-il que cet enfant soit mâle. Il vous faudra dorénavant... La litanie serait longue, les recommandations - pour ne pas dire, les ordres - sans fins. Mais quand bien même elle trouverait encore à redire, cette grossesse était une victoire, l'aboutissement de tout ce pourquoi elle s'était battue durant une longue et périlleuse année. Et il était temps.

De l'autre côté de la table, les beaux yeux lumineux de la biche s'agrandirent. Un instant, elle craignit sa réaction. Ne lui avait-elle pas avoué, même à demi-mot, qu'elle préférait voir les Lions s'éteindre plutôt que de les voir prospérer ? « Et moi qui espérai le secret de ta beauté… » Alerie se sentit quelque peu rougir. Elle n'avait pas l'habitude qu'on lui dise qu'elle était belle. De toutes les filles Piper, c'était Honora qui enchantait par la finesse de ses traits, l'éclat de son teint, le précieux de ses yeux. C'était elle qui avait hérité de la beauté de leur mère... Wendy s'en approchait aussi. Mais elle ? Elle était davantage connue pour son agilité à crotter ses effets. Aussi, et ne sachant comment réagir à ce compliment, elle choisi de le lui rendre. « C'est un secret que nous partageons, chère cousine ! » Souriante, Rohanna ajouta : « Je suis très heureuse pour toi, Alérie. » Elle avait du mal à croire qu'elle n'était pas sincère. Elles n'avaient pas besoin d'être amies, elle n'avaient pas besoin de se côtoyer avec chaleur. Elle ne l'en remercia que davantage. « Merci, Rohanna. Nous serons mères à deux... Ce ne peut être qu'un signe ! »

Combien de fois, depuis qu'elle avait appris qu'elle était enceinte, avait-elle rêvé que la venue de cet enfant sonnerait l'évènement d'une nouvelle ère, au même titre que la montée sur le Trône d'un nouveau Roi ? Enfin, pouvoir vivre sur un autre rythme qu'autrefois, laisser de côté les horreurs et la souffrance des cinq années de guerre ? 

« ...c’est bien la première fois que je ne suis pas intimidée par un Lannister ! »

 Comme les mots de Rohanna faisaient écho à ses prières... Au même titre qu'un nuveau Lion, l'avènement d'un nouveau Cerf marquerait un nouveau chapitre, la victoire d'une autre belle-fille. « Garett le sait-il déjà ? » Alerie hocha vivement de la tête. « Oui ! Nous n'étions pas encore arrivés pour le Couronnement que je le lui ai annoncé. Nous avons même quelques idées de prénoms... » Loren. Honora.C'était ceux qu'ils avaient évoqués. Bien sûr, deux autres prénoms se frayaient un chemin jusqu'à son cœur, mais oserait-elle seulement le lui en faire la demande ? « Et vous ? » demanda-t-elle, un peu précipitamment. Mais un sourire éclairait encore et toujours son visage. « Ces deux enfants sont faits pour se rencontrer... Et qui sait, peut-être même pour grandir ensemble ? »
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Rohanna Baratheon
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MessageSujet: Re: Amitié est fille du Ciel   Mer 21 Fév 2018 - 23:33

amitié est fille du ciel



« Oui ! Nous n'étions pas encore arrivés pour le Couronnement que je le lui ai annoncé. Nous avons même quelques idées de prénoms... » Et, à l’idée de cette connivence entre époux, son sourire se creuse un peu plus. C’était pour cette seule raison, la certitude de la présence d’Alérie, qu’un peu plus tôt elle avait donné son accord à Robb pour avancer leur plan. A la vertu des oreilles endormies, ils en avaient parlé pendant des nuits. Longtemps, elle avait eu ce geste protecteur de placer ses deux paumes contre son ventre arrondi comme une protection à des sortilèges venus du Roc. Sa défiance et sa suspicion envers les Lannister étaient immenses, seule la Conflanaise avait réussi à jouer dans la balance. Tout son amour pour Robart n’y aurait rien fait. Aussi, entendre cette confession… la rassurait. D’ailleurs, ce lien qui l’amenait à vouloir connaitre la Dame de Castral-Roc était encore indéfinissable. Pourquoi se sentait-elle autant en quiétude à ses côtés? Elle, la biche méfiante et sauvage, la peur au ventre d’être déçue ou trahie, peu disposée à accorder son amitié aux autres. Pourquoi l’épouse Lannister : la femme ennemie? « Et vous? » Le ton d’Alérie était précipité, comme si elle avait peur de son propre bonheur. Les lèvres de Rohanna s’ébranlent. Sa seule réponse. Elle n’avait pas pensé à un prénom. Le spectre de Theodan, le grand-père, était trop grand pour laisser un choix possible. Celui d’Orys, l’arrière-grand père, encore plus grand. Une légende qui avait fondé un nom. Baratheon, un nom solidement attaché au plus grande tous : Targaryen. Dans les veines de son enfant, coulerait le sang du Conquérant. Il coulait déjà, il la rendait plus forte et plus confiante. Il serait fort. Un héritier éblouissant. Non, elle n’avait pas réellement pensé à un prénom… ils s’étaient imposés à elle. A eux deux, ces parents, finalement, après tous leurs sacrifices, bénis des Sept. « J’imagine que ce sera Theodan… » A nouveau, ses ongles martèlent la large table. Un grondement incertain sonne en elle, un cor de guerre. Cet homme lui avait donné tout ce qu’elle possédait aujourd’hui, jusqu’à cette position. Cet homme avait donné la position qu’aurait ce fils qu’elle portait en elle. Une place de héros. Pourtant, malgré toutes ses bonnes volontés, elle ne l’avait jamais réellement aimé. Elle l’avait soupçonné de défendre le jeune Jaehaerys par concupiscence. S’attaquer à son cousin germain pour prouver qu’en lui aussi coulait aussi le sang tricéphale et, et, le sang de ces vieilles terres d’avant la conquête. Une preuve qu’il était le seul, des Sept Couronnes, à réellement pouvoir défier le pouvoir Targaryen. Il l’avait fait et il avait réussi. Non, elle ne l’avait jamais réellement aimé quand bien même elle savait l’importance qu’il avait pour Robart, Edric et Tess. Un père et frère singulier. Il l’avait choisie, il avait eu la clairvoyance des Dieux pour comprendre qu’elle serait l’unique pour son aîné, mais elle n’avait jamais pu réprimer quelques frissons en sa présence. Si il l’avait accueillie comme une fille aimée, une femme de le pluie et de l’orage, il n’y avait rien eu d’autre. Aucune marque de réelle sympathie, peut-être parce que la guerre ne l’avait pas permis. « Ils lui donneront le nom qu’ils voudront, je m’en fiche… Cet enfant sera le mien, ma fierté et mon mérite, je leur laisse l’illusion du prénom. »



Alors qu’une servante apparaît sur la terrasse, apportant un nouveau pichet d’eau bouillie parfumée à la fleur d’oranger, s’excusant que l’eau n’est plus très fraiche. Une difficulté de la chaleur incessante, Rohanna n’était pas habituée à la gestion de l’eau. A Accalmie, la roche se jetant dans la baie des Naufragés était une garantie pour sauvegarder l’eau du soleil et ses obligeance. Ici, l’onde était comme souillée. Souvent peu claire, saumâtre, poussiéreuse. Dès son arrivée, elle avait obligée les cuisiniers à la filtrer avec une toison de laine, de la bouillir et de la parfumer à des fleurs des jardins. Lorsqu’elle avait visité les orphelinats, elle avait tenté de le faire comprendre aux femmes qui s’occupaient pieusement des lieux. Elle ne pouvait supporter de voir ces pauvres hères à boire une boisson peu savoureuse et peu nette. Malheureusement, Port-Réal était trop grand, trop détruit et trop mourant pour que les travaux de recherches de la Citadelle soient mis en place. Elle faisait ce qu’elle pouvait. D’une grâce et amabilité bien à elle, la Dame d’Accalmie remercie la discrète servante. Et, alors qu’Alérie continue en prononçant ces bienheureuses paroles ; « ces deux enfants sont faits pour se rencontrer... Et qui sait, peut-être même pour grandir ensemble ? », sert sa compagne. Oui, ces deux enfants étaient fait pour se rencontrer. Avant même de naitre, sagement dans le ventre de leurs mères, ils étaient couronnés, et de ce fait liés, par le pouvoir de leurs géniteurs. Ils étaient les princes d’un futur prospère pour lequel des milliers d’hommes étaient morts. Parce que leurs pères, et bientôt leurs mères, étaient proches et qu’ils partageaient les mêmes racines félines et rugissantes, ils grandiraient ensembles. Ce serait une revanche sur Kyra, quand la bru avait réussir à maintenir les liens avec la Maison Royale du Roc. « Pourquoi ce ''peut-être'' : ils seront la certitude d'une stabilité, deux astres rayonnants. » Ses yeux sont téméraires, malicieux, ils rient et clament : puisque que nous à nos places, utilisons-les ! Quelque part, le Faiseur de Roi et le Fils du Héros seraient toujours rivaux. L’échiquier ne pouvait être laissé sans ses rouages, mais elles, elles pouvaient faire que le futur soit différent. De leurs volontés identiques, créer une puissance nouvelle. Son père avait toujours dit à Elliott : « utilise ton bouclier ou ta tête », mais elles utiliseraient leurs esprits éclairés. Jamais, de sa condition de femme, elle n’aurait cru avoir un aussi grand pouvoir. Comme s’il voulait approuver les pensées de sa mère et de son amie, l’enfant orageux cogne contre son ventre. Elle sursaute. « Je crois qu’il approuve ! » Elle ne se ferait jamais à cette vie qui réclamait en elle, un sentiment bien peu familier. 


« Alérie? Je n’ai pas pour habitude de ce… ces conversations. Ni d’accorder aussi facilement mes pensées et mes sourires aux autres. A l’instar d’une biche des bois, je suis craintive. » Pour se donner une contenance qu’elle n’a pas besoin d’avoir, elle boit quelques gorgées de cette eau doucereuse. Elle était arrivée il y a peu de jours et c’était enfermée dans la Tour de la Main, se prétextant beaucoup de préoccupations. Elle n’avait passé ses soirées qu’avec Edric et Robb, ses journées avec Deana qui avait fait tout le chemin pour l’accompagner à la cérémonie du Couronnement. « Nous venons du même monde. Celui qui est trop noble pour la plèbe et trop peu pour les plus grands. Longues ont été les années où ma seule possibilité de mariage était un petit chevalier fieffé… Quand je marche dans ces allées, je ne peux m'empêcher de regarder mon ombre, la peur de ne pas être à ma place. Je te vois… et je vois une réelle Suzeraine. Nul doute que tu as des goûts et un sens de l’attitude que je n’ai pas. Et n'aurais jamais... M’aideras-tu? Robb est tant aimé. Tant adoré. Tant adulé.... Malgré les promesses du futur, je ne veux pas lui apporter déshonneur. Tu es la seule à qui je peux demander cette faveur… Un instant elle cache sa main derrière son verre, un rire grandement gêné sur son visage. Elle avait bien peur de ressembler à une enfant chaotique. Pourtant, Alérie semblait s’être parfaitement accoutumée aux mesures de la Cour. Il n’y avait aucun doute qu’elle les influençaient. … Ici l’apparence semble tellement importante, j’aimerais être plus, arriver à me mettre plus en valeur. »
lumos maxima

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SOFTNESS IS NOT WEAKNESS IT TAKES COURAGE TO STAY DELICATE IN A WORLD THIS CRUEL
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