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 Les raisins de la colère

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Vorian Dayne
DORNE
■ Localisation : Les Météores
MessageSujet: Les raisins de la colère   Mer 3 Jan 2018 - 15:22

Les raisins de la colère

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Tu as fière allure Vorian, Père aurait été fier de te voir ainsi.

Un sourire fit son chemin sur le visage barbu du seigneur des Météores. Il avait revêtu une ample toge dornienne aux couleurs des Dayne, d’un violet pâle rappelant la lueur laiteuse qui imprégnait Aube. Sa barbe avait été taillée de près pour lui donner un air respectable et ses cheveux avaient été lavés deux fois, afin de les laisser respirer et montrer leur couleur claire. Située au-dessus de son cœur, un unique bijou apportait un peu d’opulence à la tenue simple mais de belle facture : une broche en améthyste représentant une étoile. Seul dans les appartements qu’on lui avait fournis, Vorian répétait encore une fois le protocole qu’il allait devoir suivre avant de réaliser sa destinée : il serait le premier des Dayne à épouser une Redwyne, et il faisait cela pour la grandeur de sa maison, et la stabilité de Dorne. Les prédécesseurs du Sire au Météore avaient débuté un rapprochement avec la grande maison bieffoise dans le but de dépasser les différences frontalières, pour créer une zone sûre, une zone stable et finalement une zone prospère.

Plusieurs notables étaient arrivés à Lancehélion une fois que le mariage avait été accepté par la Princesse et qu’elle avait invitée Vorian à le célébrer à la capitale de Dorne. Le jeune homme en avait été légèrement destabilisé : il ne s’était pas attendu à cela, lui qui avait toujours évité de se retrouver en pleine lumière. Il avait toutefois plié tout de suite, on ne refusait pas pareil honneur, surtout lorsque la dirigeante était d’un naturel assez volcanique. Il avait ainsi fallu prendre de nombreuses dispositions. La plupart de la cour des Météores avait rallié Lancehélion par voie navale, leur permettant d’être sur place en quelques jours. La totalité des notables du fief des Dayne étaient présents, tout comme une bonne partie des Dayne de Haut-Ermitage, ainsi que plusieurs familles alliées ou proches du pouvoir central.

Des Météores était surtout venue Nellia Vaith, la mère de Vorian, mais aussi de son frère exilé Banneth et de leur sœur Livia. La vénérable Dame des Météores, épouse de feu Gerold Dayne, avait cinquante-quatre ans et conservait un port-altier impressionnant. Si le frère était évidemment absent – il n’avait même pas été invité – la petite dernière de la fratrie était bel et bien là. Livia avait vingt-sept ans et était resplendissante dans une robe de couleur sable qu’elle avait choisie pour honorer les Martell. Du fait des liens de sang avec les Dayne, la maison Vaith était elle aussi présente. De la même façon, certains Allyrion étaient présents. Vorian avait noté que certains représentants des Ferboys et des Noirmont s’étaient également déplacés. Après tout, une cérémonie de mariage au cœur battant du pouvoir de Dorne attirait forcément les curieux et ceux qui souhaitaient tisser des relations. Quant aux hôtes eux-mêmes, il semblait qu’une bonne partie de la famille régnante serait également présente. Vorian ignorait encore si la Princesse elle-même se montrerait, mais il avait acquis la certitude que Manfrey Martell et son épouse, Arianna Lannister, seraient là. Quentyn Martell serait peut-être aussi là, mais comme son illustre nièce, il n’était pas aisé d’avoir une confirmation de sa part. Certains courtisans profiteraient ans doute également de l’occasion pour essayer de briller un peu plus ou d’approcher l’un des descendants de Nymeria.

La journée avait commencé comme d’ordinaire, sous un soleil de plomb auquel ils étaient tous habitués. La cérémonie aurait lieu une fois qu’arriverait la promise de Vorian : la jeune Laoren. Ils avaient brièvement échangé par corbeaux, alors que la native de La Treille l’avait enjoint à renoncer à cette union en souvenir de sa sœur Jessamine. Vorian avait refusé tout net, arguant qu’il n’était pas question de compromettre l’alliance entre Dayne et Redwyne parce que ce mariage n’était pas le bon. La réponse avait été incendiaire, et le seigneur n’avait pas jugé utile d’y répondre. Il se souvenait vaguement de la petite Laoren, bavarde, avide de questions et de connaissances, la figure ravagée par les affres de l’aube de l’âge adulte. Il était évident que le Dayne n’avait pas eu mot à dire là-dessus, et qu’il aurait largement préféré épouser la sœur ainée de Laoren. Les facéties des Sept lui échappaient, même s’il n’avait à redire sur les desseins divins.

En attendant que se montre au loin la voile sur laquelle serait fièrement représenté le raisin source de richesse et de prestige des Redwyne, une collation avait été organisée par les Martell sur l’une des terrasses du palais de Lancehélion. La plupart de ceux qui assisteraient au mariage seraient ainsi présents.

Il est peut-être temps de les rejoindre, Vorian.

Myria avait raison. Il n’avait que trop attendu. La plupart des invités devaient déjà discuter en sirotant des liqueurs sucrées ou en dégustant des pâtisseries collantes et luisantes. Il quitta ses appartements, ces mêmes lieux où le mariage s’achèverait pour laisser place à leur vie commune bénie par les Sept. Lorsqu’il arriva sur la terrasse, il y avait effectivement du monde. Ce n’était pas précisément une foule compacte, mais Vorian jugea qu’il n’y aurait jamais eu autant de monde – de beau monde – aux Météores. De toute manière, il n’était pas certain qu’il aurait pu loger tout le monde. Il salua quelques têtes familières, serra quelques mains, et s’arrêta un instant pour bavarder avec sa mère et sa sœur qui centralisaient une bonne partie des attentions en son absence. Vorian reconnut l’élégance ferme de la Dame de Ferboys, la Gardienne de la Voie de Pierre, Myriah Ferboys, que les Martell avaient envoyé en ambassade dans la cité des Dragons lors du mariage du roi-enfant. Vorian la salua comme ce qu’elle était : une égale, mais avec bien plus d’influence que lui sur Dorne. Après tout, elle était la conseillère de la Princesse elle-même.

« Dame Myriah ! Il est bon de voir des visages amicaux dans un moment si important. Je vous remercie d’être venue. J’espère que votre voyage chez nos voisins au Nord s’est bien passé. »

Ensuite, il avança rapidement pour croiser Manfrey Martell et son épouse. Il connaissait un peu l’héritier pour être celui que Nymeria avait chargé de le former à l’épée. Si le garçon n’était pas complètement incapable, il était criant qu’il n’avait aucun talent et ferait plus tard un piètre duelliste. Il ne connaissait par contre guère la Lannister, aux traits nobles, au regard d’émeraude et à la petite mine satisfaite en permanence. Il était difficile de ne pas sentir toute la richesse et la noblesse de son sang derrière son masque de jeune épouse comblée.

« Mon prince, c’est un honneur et un plaisir de vous voir ici. »

Vorian s’inclina légèrement avant de saluer la Lionne.

« Dame Arianna, nous n’avons pas encore eu l’occasion de faire connaissance. Je vous remercie d’être présente, vous aussi. »

Après l’avoir saluée selon le protocole, Vorian se retourna vers l’héritier de Dorne.

« Avez-vous des nouvelles de votre père ou de votre tante, mon prince ? Viendront-ils ? »




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Myriah Ferboys
DORNE
■ Localisation : Auprès de Nymeria Martell
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Dim 7 Jan 2018 - 11:36

Les raisins de la colèreCe jour était un jour spécial et Myriah pouvait le ressentir dans l'atmosphère qui régnait autours d'elle tandis qu'elle déambulait dans les jardins du palais, d'ors et déjà apprêtée pour l'événement. Pour cette occasion si particulière elle revêtait une robe longue mêlant le gris et le noir au jaune, couleurs caractéristiques des Ferboys, avec des fleurs finement brodées sur les manches et les pans de la robe. En cette journée chaude se profilait le mariage d'une des familles les plus puissantes de Dorne, après les Martell : lord Vorian Dayne, épée du Matin. Elle ne connaissait pas la fiancée du Dayne mais elle savait que la famille Redwyne pouvait constituer un atout majeur, eux qui possédaient la plus puissante flotte de Westeros. Il s'agissait de la probable raison pour laquelle le mariage se tenait à Lancehélion et non aux Météores.
Tout au palais était en effervescence. Les hommes et les femmes préparaient les lieux pour accueillir le mariage et les invités, pour préparer la cérémonie et le banquet. Certains avaient les mains encombrées par des plantes, d'autres transportaient des décoration pour embellir les salles du palais concernées par le mariage.

Myriah se doutait que les Dayne viendraient en nombre au Palais Vieux pour assister au mariage de l’Épée du Matin tout comme les Redwyne mais elle ignorait cependant quelles familles nobles se joindraient à la cérémonie. Alors pour vérifier qui était présent elle prit le chemin de la terrasse où allait se tenir une collation organisée par la famille régente en attendant l'arrivée de la future dame des Météores.

Une fois arrivée sur place, la conseillère eut l'agréable plaisir d'apercevoir le visage de son frère vers qui elle se dirigea avec un grand sourire aux lèvre. Elle avait beau communiquer avec lui par le biais de lettres pour prendre des nouvelles de leur mère et des Osseux, elle ne l'avait pas vu depuis des lunes et sa présence à Lancehélion la mettait en joie. Elle l'avait alors prit dans ses bras, profitant de ce moment comme elle pu. Après cet instant intime avec les membres de sa famille elle se prit une coupe de vin et se posta dans un coin pour observer les visages présents. Comme elle avait pu s'en douter les Dayne étaient au grand complet, les Météores et Haut-Ermitage, mais des représentants des Vaith, Noirmont et Allyrion honoraient le lord Dayne de leur présence.

Une partie des invités présents sur la terrasse lorsque arriva un homme de haute stature, les cheveux blond, les yeux d'un bleu inimitable et une toge dornienne d'un violet pâle. Il ne pouvait que s'agit de lord Vorian Dayne. Sirotant sa coupe de vin, Myriah regarda celui qui faisait l'objet de toutes les attentions en ce jour si particulier tandis qu'il serait des mains, saluait et bavardait avec les siens. Au bout d'un moment ils se captèrent du regard et l'Epée du Matin vint la saluer avec respect et la Ferboys fit de même.

- Je vous en pries, lord Vorian, je ne manquerais pour rien au monde votre mariage sachant que ce soir de nombreuses jeunes femmes de Dorne vont regretter votre engagement, répondit-elle avec un grand sourire. Mon voyage chez nos voisins s'est révélé très mouvementé mais je ne vais pas aborder ce sujet alors qu'en ce jour vous allez vous marier, l'heure est à la fête !

Myriah laissa réagir le dornien avant de le laisser s'éloigner vers le Prince Manfrey et elle alla retrouver sa famille.
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Nous gardons la voie
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Manfrey Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion, à Dorne
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Ven 12 Jan 2018 - 11:00




Les Raisins De La Colère
Le soleil brillait haut dans le ciel lorsque Manfrey et Arianna passèrent la double porte vitrée qui menait à la terrasse princière. Surplombant la baie de la Mer d'Ete, elle accueillait en ce jour un cercle restreint, mais néanmoins prestigieux, la fine fleur de la noblesse dornienne. Préparés à leur attention, plusieurs cépages de Rouge Dornien et des corbeilles de fruits frais, tandis que dans la légère brise flottaient de toute part des bannières aux déclinaisons améthystes et émeraudes. Chacun scrutait l'horizon, tentant le premier de déceler le point scintillant qui annoncerait l'arrivée de l'invitée d'honneur. Un décors de rêve, une splendeur pour les yeux. De toute évidence, Nymeria avait mis les petits plats dans les grands. Le mariage de Vorian Dayne et de Laoren Redwyne avait fait le tour de la Principauté, et elle comptait bien faire de ce jour un évènements national !

« Il n'y avait pas tout cela pour mon mariage. » A ses côtés, la voix de son épouse était douce et chantante. Mais il n'avait pas besoin de se tourner vers elle pour savoir que les beaux yeux verts brillaient d'une lueur électrique. Un mince sourire étira alors ses lèvres, cependant qu'il se pencha légèrement vers elle pour murmurer à son oreille. « Allons, mon chaton, ne miaule pas si fort, on pourrait croire que tu le penses ! » D'un geste sec, elle se détourna de lui, ses longues boucles blondes semblant faites d'or dans la lueur du soleil. « Je n'avais pas de banquet d'accueil. Je n'avais pas de bateau. Je n'avais pas le Vieux Palais décoré de mes couleurs... Je continue ? » Pour toute réponse, Manfrey secoua légèrement la tête, et se retint de rire. Arianna était incapable d'apprécier l'évènement pour ce qu'il était, n'y voyant que le déploiement d'un faste qui à ses yeux, ne se méritait que pour une seule personne : elle-même. Un trait de caractère dont il ne savait que trop s'il lui déplaisait, ou si au contraire, il ne la lui faisait qu'aimer davantage ! Pourtant, cette union n'avait rien de semblable à la leur. Là où les noces d'un Martell avec une Lannister signaient une alliance, celle d'un dornien avec une biefoise s'annonçait d'avantage comme un noeud diplomatique... Il prit alors sa main, et embrassa délicatement ses doigts. « Je te promets que je ferai organiser une fête en ton honneur, avec un banquet encore plus beau et encore plus grand, et que le Lion doré rugira à chaque recoin du palais. Et je te ferai construire une galère somptueuse, qui partira au large de la Mer d'Ete pour ne revenir que par le détroit de la Mer de Dorne... ! » Il voulu l'attirer à lui, mais elle se dégagea rudement, croisant les bras sur sa poitrine. Moulée dans une robe écarlate qui semblait peinte sur son corps, elle ressemblait à une flamme incandescente. Les milliers de rubis qui scintillaient sur le tissu se réflétaient dans l'argenterie, et ses longs cheveux blonds négligemment détachés n'étaient retenues de son visage que par une fine broche du même rouge que sa robe. « Cette robe... » murmura-t-il, presque à lui-même. Elle n'avait rien laissé au hasard, et comptait bien faire comprendre à celle pour laquelle on avait organisé tout cela qu'elle ne se laisserait pas aussi facilement éclipser.

En comparaison, il était d'une tenue résolument plus sobre. Si son pourpoint blanc arborait la lance ensoleillée des Martell, la longue tunique qu'il avait revêtue par dessus était d'un violet pâle. Une manière pour lui d'honorer leur hôte, qui, déjà s'avançait vers eux. Après avoir salué Myriah Ferboys - que Manfrey salua d'un signe de tête - Vorian s'inclina respectueusement devant le couple princier. « Mon Prince ! C'est un honneur, et un plaisir de vous voir ici ! » Il lui rendit son salut par un sourire, et posa amicalement sa main sur son épaule. « Maître Dayne, tout l'honneur et le plaisir est pour moi ! D'autant que les Dieux Rhoynars semblent tout enclins à bénir cette journée, avec ce temps splendide ! » Par dessus son épaule, il pouvait sentir Arianna s'impatienter, et pour un peu, elle aurait levé les yeux au ciel. Arrête de l'appeler Maître ! semblait-elle vouloir lui dire. Pourtant, tel le voulait l'usage. En devenant son maître d'armes par ordres de la Princesse Régente, Vorian Dayne était entré dans le cercle privé de la famille princière, et en ce jour d'honneur pour lui, Manfrey tenait à le faire savoir. Quand bien même leurs entraînements quotidiens ne montraient aucun progrès, et qu'il en ressortait à chaque fois plus amoché : en l'espace d'un mois, il s'était brisé deux côtes, écopé de plusieurs ématomes aux avant bras et ressentait une douleur de plus en plus lancinante dans la cuisse gauche. D'ailleurs, s'il s'efforçait de ne pas le montrer, il commençait à boiter. Et si le ridicule ne tuait pas, le jeune homme se demandait pendant combien de temps encore Nymeria le laisserait dans cet état...

Ce fut alors que tout sourire, Vorian se tourna alors vers son épouse. « Dame Arianna, nous n'avons pas encore eu l'occasion de faire connaissance. Je vous remercie d'être présente, vous aussi ! Avez-vous des nouvelles de votre père ou de votre tante, mon Prince ? Viendront-ils ? » Manfrey n'eut pas le temps de répondre. Le regard qu'Arianna venait de jeter à Vorian en disait long, et pour un court instant, il cru qu'elle allait le gifler. Puis... « Et pourtant, Messire, vous prenez des airs bien familiers... J'aurais juré qu'on ne s'adresse pas à moi comme à une "Dame", mais comme à une Princesse ! » La première pique siffla comme un coup de fouet, quand bien même le sourire d'Arianna révélait une rangée de dents aussi blanches que des perles. « Mais soit, je ne suis pas femme à tenir rigueur des fébrilités d'un homme sur point de convoler... Considérez donc cet écart au protocole comme un cadeau de mariage... ! » ajouta-t-elle, en lui offrant sa main à baiser. Typique Arianna. Sur ce chapitre, elle ressemblait trop à sa mère pour prendre à la légère une faute d'étiquette. Elle qui déjà ne semblait pas voir l'arrivée de la fiancée, Laoren Redwyne, d'un bon œil, prendrait sans doute un malin plaisir à torturer le futur marié qui, du reste, manquait de lui tuer son époux... ! Pour dissiper le froid, Manfrey enchaîna rapidement, sur un ton badin. « Je puis vous assurer que ma cousine sera présente ! Mon père, en revanche, vous prie de l'excuser.. » fit-il prudemment. Quentyn serait absent, et ce pour une raison que son propre fils ignorait. Depuis l'annonce de ce mariage, et plus encore depuis ce regain d'accord entre Dorne et l'un de ses plus mortels ennemis, le Bief, il se montrait plus taciturne. Tout comme son fils, il voyait ce mariage avec un mélange d'intérêt et de profonde méfiance...


©️ Belzébuth

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    I Don't Want The Crown, I Only Want You
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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Vorian Dayne
DORNE
■ Localisation : Les Météores
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Mar 16 Jan 2018 - 18:49

Les raisins de la colère

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Si échanger brièvement avec Myriah Ferboys avait été un plaisir, il était difficile de dire que la rencontre avec la femme de son écuyer était du même acabit. Le Dayne et la Ferboys s’étaient rencontrés une seule et unique fois, de longues années auparavant. Un tournois dans l’Est du pays avait rassemblé une partie de la noblesse dornienne pour assister à l’événement. Vorian et Banneth accompagnaient alors leur grand frère Mance, déjà chevalier, qui joutait pour les Dayne ce jour-là. Une autre époque, où les deux frères cadets n’aspiraient qu’à profiter de la vie privilégiée que leur offrait leur statut de fils d’une grande maison, sans se tracasser de l’image qu’ils laissaient vu qu’ils n’étaient pas héritiers. Mance semblait indestructible, qui aurait pu penser, que quelques années plus tard, il serait tué pour défendre l’honneur de Dorne… Son frère aîné manquait à Vorian, mais pas autant que sa sœur, qui portait le même prénom que la Dame de Ferboys, à l’exception d’une orthographe légèrement différente. Cela leur avait peut-être permis de se rapprocher, le jour de ce tournois. Le souvenir de la jeune demoiselle disparue avait longuement hanté les Dayne, et en particulier Vorian, dont c’était la jumelle. Et encore aujourd’hui, le spectre de sa sœur le suivait partout.

Le face-à-face avec Arianna Lannister lui appris deux choses. Premièrement que la Lionne était insupportable : Banneth l’aurait sans doute catégorisée comme chiante pisseuse frigide. Mais après tout, le dernier frère qu’il lui restait avait souvent la langue bien peu pendue. Il lui arrivait de se demander où il en était, ce qu’il faisait, ce qu’il était devenu depuis son départ forcé pour la Citadelle. Peut-être était-il devenu archimestre et dispensait-il des cours, ou conseiller précieux dans un château où le seigneur et ses proches écoutaient son avis avec attention ? A la vérité, Vorian n’en savait rien. Les mestres abandonnaient leur nom une fois entré dans l’ordre de la Connaissance, et Banneth n’avait jamais envoyé la moindre lettre à cette famille qui l’avait banni pour ne pas avoir à le raccourcir d’une tête. Banneth l’avait-il un jour compris ? Vorian aurait pourtant aimé qu’il soit là, avec eux.

La deuxième chose que le Sire des Météores avait appris face à la Lannister, c’était qu’elle n’était visiblement pas bien disposée à son égard. Il se fit la promesse d’y remédier : Arianna était une personne puissante, dont l’influence dépassait de loin les frontières dorniennes, mieux valait l’avoir avec soi que contre. Tandis qu’il se pliait bon gré mal gré à la coutume du baisemain, Vorian se rendit compte que son interlocutrice portait une robe absolument somptueuse, bien plus opulente que tout ce qui se faisait à Lancehélion… On disait beaucoup de choses sur les Lions du Roc et leur attrait pour la richesse et tout ce qui permettait de jeter à la face du monde leur pouvoir, et le Dayne ne pouvait qu’admettre que ces bruits étaient visiblement fondés. Toutefois, Vorian n’était pas du genre à se laisser complètement démonter. Il prit un air contrit et plongea son regard calme dans les yeux de la féline.

« Veuillez me pardonner, princesse. Les subtilités du protocole m’échappent encore quelque peu. Mais je vous remercie pour la grâce de votre présent de mariage » acheva-t-il avec un fin sourire avant de se retourner vers son apprenti qui essayait de désamorcer la situation.

« Je puis vous assurer que ma cousine sera présente ! Mon père, en revanche, vous prie de l'excuser.. »

Vorian hocha du chef pour accuser réception du message. La Princesse elle-même serait là… C’était une information à prendre en considération. C’était un grand honneur qui était fait à la maison Dayne, et une marque de confiance publique. Vorian se demandait comment ceci serait à rembourser aux Martell… Il n’eut pas le temps d’y réfléchir plus longtemps que l’un des invités s’exclamait sur ce qu’il voyait au loin.

« Tiens, je crois que voici l’épouse de monseigneur ! »

Vorian se détourna de Manfrey et Arianna dans une petite courbette polie et navrée avant de se rendre aux côtés de sa mère et sa sœur. Apparaissant de derrière un pic rocheux au loin, deux navires de facture bieffoise louvoyaient pour se rapprocher désormais de la Ville Ombreuse et de son port. Sur leurs voiles blanches figuraient le raisin bordeaux et ces feuilles émeraudes que le seigneur des Météores ne connaissait que trop bien : les armoiries Redwyne, blason de la famille de Jessamyne… et de Laoren. Les deux navires tiraient bien leurs bords et avaient fière allure, avançant à leur rythme, semblant au loin comme posés sur leurs reflets de cette mer relativement calme, poussés par une brise de demoiselle venue du Sud. Sa sœur attrapa le bras de Vorian.

« J’ai hâte de voir à quoi elle ressemble, tu ne nous en as rien dit… Ou si peu ! »

Vorian haussa les épaules d’un air gêné, sincèrement touché par l’enthousiasme de sa sœur. Si Laoren n’avait pas voulu de ce mariage, au moins serait-elle bien accueillie par Livia qui était une étincelle de bonne humeur et de joie de vivre dans la forteresse ocre des Dayne, encore plus depuis la disparition de Myria. A leurs côtés, leur mère Nellia regardait avec un œil attentif ces deux navires qui amenaient celle qui serait désormais la femme de la vie de son dernier fils. Mance tué, Banneth comme mort, et Myria assassinée, il ne lui restait plus que ses deux derniers enfants, Vorian et Livia, qui entretenaient une complicité solide du fait de leur proximité d’âge. Ils restèrent là un moment, à regarder les navires approcher sans rien dire, chacun emmuré dans ses pensées, avant que finalement, Vorian ne se décide à se mettre en route pour le port.

* * * * *

La descente jusqu’aux quais avait été rapide, et seule une petite partie de ceux qui assistaient aux festivités d’avant la célébration étaient venus jusqu’ici. La famille de Vorian et les Dayne de Haut-Ermitage avaient bien entendu fait le déplacement mais le jeune homme ne s’était guère retourné pour voir qui d’autre était venu. Les deux navires étaient désormais amarrés à couple, le premier étant soigneusement apprêté au quai. Ils étaient impressionnants, de par leur taille, la rondeur de leurs flancs qui laissait entendre une utilisation mercantile en temps normal, et aussi par la maîtrise de leurs équipages. Les Bieffois à l’accent si chantant se hélaient depuis les haubans et les mâts alors que les officiers donnaient les ordres depuis le pont. Les grandes voiles se ferlèrent comme par magie en un rien de temps telles de grandes ailes, laissant le soleil envahir la coupée. Alors qu’on avait installé une grande et solide planche de bois qui ferait office de passerelle, plusieurs hommes d’armes aux armes des Dayne prirent place de part et d’autre en présentant des lances à la pointe d’argent autour desquelles étaient enroulé un cordon de velours violet. A l’avant du premier navire, une splendide figure de proue peinte représentait un cheval ailé blanc comme la neige battant furieusement des sabots, comme s’il avait été sculpté ainsi pour tenir en respect les flots.

Et puis, elle apparut enfin. Au bras de son unique frère, l’héritier de la maison Redwyne, elle descendait la passerelle avec une élégance légèrement roide, enveloppée dans une robe bleu nuit splendide recouverte de décorations d’or qui donnèrent un coup de fierté au Dayne en les distinguant. Le haut de la robe était ponctué de soleils d’or, hommage appuyé et évident aux Martell qui étaient les hôtes de ce mariage peu conventionnel, mais qui pouvait aussi être un signe clair envers l’étoile des Dayne tandis que le bas était couvert de feuilles qui rappelaient la vigne Redwyne. Qu’elle avait changé depuis le dernier passage de Vorian à La Treille. Il l’avait quittée jeune femme en devenir, le visage ravagé, la voix légèrement éraillée. Elle était désormais plus grande, ses traits étaient fins et aristocratiques, tandis que son corps était devenu celui d’une femme accomplie. Son frère, à ses côtés, émanait l’importance qui était la sienne : héritier de l’une des plus riches maisons de Westeros, préparé à cela toute sa vie, alors que son père n’avait pas pu se rendre disponible, alors que sa présence était requise au mariage du Roi Jaehaerys. Leurs visages fermés tranchaient amplement avec l’enthousiasme de Livia, et Vorian prit sur lui d’aller à leur devant au milieu de la haie d’honneur. Il les salua avec une révérence fluide tout en posant son regard sur Laoren.

« Ser Lyam, Dame Laoren. C’est un plaisir de vous revoir. Soyez les bienvenus à Dorne, et à Lancehélion. J’espère que votre voyage s’est déroulé sans inconvenances. Une collation nous attend dans le palais, si vous voulez bien me suivre, je vais vous y mener et vous présenter à Dame ma mère et à ma sœur qui n’attendent que d’enfin pouvoir vous saluer par elles-mêmes. »





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Laoren Redwyne
DORNE
■ Localisation : La Treille
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Mar 16 Jan 2018 - 22:33

Les Raisins de la Colère



Il te suffit de t’enfuir, de trouver un navire pour quitter l’île, et tout sera réglé

Et pourtant, je ne l’avais pas fait. Les semaines étaient passées, chaque jour je me promettais que le lendemain, je disparaîtrais pour de bon, je laisserais derrière moi mon nom et ma famille pour éviter de blesser cette sœur qui avait tout été pour moi, qui était toujours tout pour moi. Et pourtant j’étais là quand mon frère était venu me chercher pour m’emmener aux navires affrétés spécialement, et à sa destination. Lancehélion, dernière capitale indépendante de Westeros, berceau de tant de légendes exotiques que j’avais longtemps rêvé de pouvoir m’y perdre, de découvrir ce peuple si différent du nôtre. Aujourd’hui, il n’y avait pas d’autre endroit que je redoutais plus en ce monde, sauf peut-être les Météores. Partout on décrivait Dorne comme le pays des libertés, qu’elles soient charnelles ou de pensée, les terres où les femmes avaient autant de pouvoir que les hommes, et pourtant c’était les déserts que je ne pouvais m’empêcher d’imaginer, ces immenses étendues de vide qui seraient ma prison pour le restant de mes jours, si je ne faisais rien.

Convaincs-le, et peut-être qu’il désobéira à Père, qu’il te ramènera à la maison, et que tout cela n’aura été qu’un mauvais rêve. 


La désapprobation se lisait sur le visage de Lyam, dans son attitude, sa manière de donner des ordres. Peut-être qu’au final, il tenait trop à moi pour m’offrir en cadeau à ces gens qui de tout temps avaient été les ennemis de nos terres et de nos rois, puis de nos suzerains. J’aimais cette idée, même si je savais qu’il était plus probable qu’il ne veuille simplement pas hériter de cette alliance. Père et lui avaient toujours eu des points de vue différent sur les rapports à entretenir avec les dorniens, et Lyam avait eu la naïveté de croire que peut-être, il aurait eu son mot à dire à l’aube de reprendre les rênes de la famille. Sans doute aurais-je pu appuyer sur sa fierté, sur son accession prochaine à la tête des Redwyne, j’aurais pu lui promettre de le soutenir face à Père, et cela aurait peut-être suffi pour qu’il accepte de braver ce seigneur qui se faisait vieux, l’ultime bravade de la jeunesse qui s’apprêtait à lever le voile d’un règne pour en commencer un autre. Là encore, cependant, je n’avais rien dit, ultime sursaut de fidélité, lâcheté dissimulée, ou simplement l’envie de contrarier ce père qui devait être certain que sa fille ingrate ferait tout pour gâcher ses plans. Mes dernières soirées avec Lyam, mais dernières soirées en tant que sœur, et seulement sœur, je les avais passées à discuter de ces temps où nous jouions tous sur la plage, ces époques heureuses où nous n’avions que l’innocence pour nous servir de limite à ne pas franchir.

Le voyage avait été court, bien trop court à mon goût. Le navire qui nous transportait avait à sa proue un cheval ailé, issu d’un conte que je n’avais jamais lu et pourtant chaque nuit je rêvais qu’il prenait vie et m’emmenait au loin, voir cet homme au visage inconnu, ce prince que j’avais imaginé beau et brave, celui que durant toute mon enfance j’avais appelé Père, quand le véritable détenteur de ce titre m’accusait d’être une bâtarde. Aurait-il continué s’il avait su qu’il m’offrait là un cadeau inestimable ? Celui de croire que je pouvais être plus que ce que j’étais réellement, que peut-être un jour ce serait à lui d’incliner la tête devant cette fillette trop curieuse dont il ne voulait pas vraiment. Et pourtant, à l’aube du cinquième jour, la cité du soleil était en vue, et les suivantes avaient envahi ma chambre alors que je dormais encore pour m’apprêter pour ce jour qu’elles appelaient le plus beau de ma vie. N’avaient-elles donc aucun coeur ?

Ne te laisse pas faire, débats-toi. Si tu n’es pas présentable, tu ne sortiras pas de ce navire.


Réminiscence d’une époque passée, je revoyais Jessamyne, droite, fière, immobile tandis qu’on la destinait à cet autel maudit auquel on voulait aujourd’hui me sacrifier. Comment aurais-je pu lui faire honte en me comportant moins dignement qu’elle… Alors, immobile je restai, le visage perdu dans le reflet déformé de mes traits qu’offrait le miroir tandis qu’elles me peignaient le contour des yeux après m’avoir fait enfiler ma robe. Curieusement, le souvenir de ma mère, morte, et de ces mains qui avaient apprêté son corps me revint à l’esprit, aujourd’hui j’étais celle que l’on envoyait aux Dieux, s’ils existaient vraiment, j’étais le sacrifice à la vanité de l’homme, à son envie de briller peu importaient les conséquences. D’un geste, l’une des femmes autour de moi essuie une larme sur ses joues, avant de s’exclamer :

« Vous êtes encore plus belle que votre sœur le jour de son mariage, ma Dame ! Je suis sûre qu’elle serait fière de voir ce que vous êtes devenue. »

Vraiment ? Serait-elle fière de me voir occuper la place qu’elle avait si longtemps désirée, de me voir me soumettre à ce choix que d’autres avaient fait ? N’espérait-elle pas mieux pour moi ? Elle m’avait fait promettre de vivre pour nous deux, et c’était bien vers ma fin que je faisais voile à présent. Elles ne connaissaient pas Jessamyne comme je la connaissais, elle aurait tout fait pour me tirer de ce sort dont je ne voulais pas, j’en étais certaine, je voulais en être certaine. Elle ne m’avait pas répondu pourtant, quand je lui avais écrit pour me donner du courage, quand je lui avais annoncé la décision de Père de m’unir aux Dayne. Il m’aurait suffi d’un mot, d’un ordre de sa part pour avoir le courage de fuir, mais rien n’était venu, ni sa réponse, ni le courage. Mon regard, pourtant, se durcit face à cette remarque indigne. Personne ne rivalisait avec Jessamyne Redwyne, la fleur la plus délicate du Bief, en matière de grâce et de beauté, comment cette idiote qui l’avait cotoyée pouvait-elle l’ignorer ? Je n’eus pas le temps de la remettre à sa place qu’une voix masculine emplit la petite pièce qui me servait de chambre.

« Ma sœur a toujours été la plus belle, et aujourd’hui, elle éclipsera même les Princesses dorniennes qui se croient sans égales ailleurs. De cela, à présent, je suis certain. »

A lui, je ne pouvais rien dire, même si j’en avais envie. Depuis son départ, les hommes de ma famille oubliaient trop rapidement, trop facilement ma sœur, ils agissaient comme si j’avais toujours été seule, comme si Dyanne et Jessamyne n’avaient jamais vraiment été là. Sa présence, pourtant, ne voulait dire qu’une chose : les navires arrivaient près des quais du port de Lancehélion, et il était temps d’entamer la marche mortuaire jusqu’à cet autel que j’aurais maudit mille fois, si je connaissais les mots. Lentement, je quittai mon siège pour me diriger vers lui, les yeux baissés, un léger sourire satisfait, malgré mes efforts pour ne pas l’être, du compliment de celui qui des années plus tôt s’était moqué de mon manque de grâce.

Accrochée à son bras, nous quittâmes la cabine, parcourant le couloir qui nous mènerait vers le pont supérieur quand, pour la première fois depuis des années, mon frère me surprit. D’un geste rapide, mais doux, il s’arrêta pour m’attirer à lui, me serrant de toute la force de ses bras, comme incapable de me laisser faire un pas de plus. Je me souvenais clairement de la dernière fois où nous avions été si proches, je n’étais qu’une enfant, et je m’étais foulé une cheville en voulant le suivre dans les bois pendant qu’il cherchait à nous prouver qu’il était un bon chasseur. Incapable de bouger, j’avais cru qu’un prédateur viendrait me dévorer, et que j’allais mourir sur le champ, mais il avait entendu mes pleurs, et il était venu. Premières évocations du seigneur qu’il était alors, il avait ordonné à ses deux compagnons d’aller chercher de l’aide, et il avait passé une heure assis sur cette racine, à me tenir dans ses bras pour que je n’aie pas peur. C’était la même détresse que je ressentais aujourd’hui, mais elle émanait autant de lui que de moi, je pouvais sentir qu’il ne voulait pas plus de cette union que moi, sans doute pour des raisons différentes. Il m’offrait e dont j’avais besoin, cet amour inconditionnel de ma fratrie, longtemps dispensé par mon aînée, ce devoir tacite qui incombait aujourd’hui à Lyam. Alors, sans plus de cérémonie, je me lovais contre son épaule, l’entourant de mes bras autant que je le pouvais. Nous vivions nos derniers moments ensemble, et pourtant je ne m’étais jamais sentie aussi proche de ce frère trop souvent lointain.


« Je suis désolé, Laoren. J’aurais du défier Père, empêcher ce mariage… Mais je n’ai rien fait, et c’est toi qui va devoir vivre avec ces sauvages. Pardonne-moi, je t’en prie. »

Je manquai une respiration, et mes doigts se serrèrent dans son col. N’avait-il pas compris que ce n’était pas l’endroit, ni le peuple, mais l’homme, ce qu’il représentait qui me dérangeait ? J’aurais épousé n’importe quel dornien, si mon père me l’avait ordonné, mais pas lui. Et pourtant, c’était ainsi que les choses avaient été fixées, ainsi que l’on avait fixé mon destin. Ma voix n’était pas assurée, mon timbre tremblait presque, mais je n’avais pas le coeur à le laisser dans cette détresse. Je devais être forte, pour ma famille, une dernière fois.

« Il n’y a rien à pardonner, mon frère… Rien n’était de ton fait, et nous devons tous affronter notre destin un jour. Affronte le tien quand il viendra, et rends nous toutes fières d’être tes sœurs, c’est tout ce que je te demande. »

Comme il était venu, ce bref moment disparut, il me sembla n’avoir cligné les yeux qu’un instant, et je me trouvais sur le ponton du navire, fermement accrochée au bras de mon frère. En contrebas, un cordon d’hommes aux couleurs des Dayne formait une haie d’honneur, et derrière eux, un attroupement de nobles sur le même ton semblait les attendre. Pour la première fois depuis le début du voyage, je sentis mes jambes se dérober à leur devoir, et seul mon frère et sa présence me permirent d’éviter le ridicule d’une chute. Dans un murmure, il prononça les mots qui, je n’en doutais pas, devraient marquer ma future existence.

« N’oublie pas que tu es une Redwyne, fille des terres les plus fertiles de tout Westeros. Qu’il soit paysan, noble, ou Prince, aucun dornien n’est autorisé à te regarder de haut. Sois fière de qui tu es, et impose cette fierté aux autres. »

J’acquiescai, et m’accrochai un peu plus à son bras pendant que nous descendions à quai, quand je l’aperçus qui remontait la colonne de soldat pour venir à notre rencontre. Elégant, il l’était, et sans doute que n’importe quelle autre jeune femme aurait pu tomber sous son charme, mais je ne voyais que cette aura traitresse, celle de celui qui était trop lâche pour dire non à mon père, trop lâche pour aller chercher celle qui aurait du se tenir à ma place. Sur le côté, un cheval hennit, attirant brièvement mon regard. Il suffirait que tu coures jusqu’à lui, qu’il déploie ses ailes, et tu pourrais partir loin avant qu’ils ne s’en rendent compte. Mais je savais que je n’en ferais rien.

A sa révérence, mon frère répondit bon gré mal gré, lâchant mon bras tandis que je ne fus capable que d’esquisser une brève révérence. La chaleur était à peine supportable, ma robe n’avait pas été pensée dans le style dornien. D’un bleu légèrement plus foncé que les couleurs de la Maison Redwyne, c’était le fruit d’un travail acharné pendant des semaines, né de la nécessité de paraître resplendissants même quand la sécheresse frappait. Ceinte des feuilles de vignes si chères à notre famille, on y avait ajouté l’astre du jour, comme pour signifier aux Martell qu’on ne les avait pas oubliés, même dans les atours la politique devait transparaître. C’était tout ce qu’était cette union, de la politique, un affront au concept même de mariage, à sa signification réelle, celle que l’on ne lisait guère plus que dans les livres, et que de trop rares chanceux pouvaient vivre.

J’aurais voulu pouvoir avoir l’aplomb que j’avais eu dans nos échanges, lancer au visage de ce chevalier devenu seigneur ce que je pensais de son attitude, peut-être l’insulte aurait-elle été trop grande pour célébrer un mariage, peut-être aurions nous du rentrer à la Treille sur le champ, mais je n’avais pas cette force de caractère, pas quand tant de personnes me dévisageaient, tout ces visages étrangers, si différents de ceux que je connaissais tout en leur ressemblant étrangement. Poli, sobre, Vorian prit la parole, les accueillant officiellement sur ces terres qui n’étaient pas les siennes.

« Ser Lyam, Dame Laoren. C’est un plaisir de vous revoir. Soyez les bienvenus à Dorne, et à Lancehélion. J’espère que votre voyage s’est déroulé sans inconvenances. Une collation nous attend dans le palais, si vous voulez bien me suivre, je vais vous y mener et vous présenter à Dame ma mère et à ma sœur qui n’attendent que d’enfin pouvoir vous saluer par elles-mêmes. »

« Le voyage s’est bien passé, nous vous en remercions. Mes hommes auront besoin d’aide pour décharger les effets personnels de ma sœur, ainsi que les tonneaux convenus pour sa dot. Mais je vous en prie, ouvrez la marche. »

J’aurais pu l’embrasser, mon bien aimé frère, de reconnaissance de ne pas avoir à dire un mot tandis que nous suivions le seigneur des Météores jusqu’au palais des Martell. Une joie certaine, compagne obligatoire des mariages, régnait dans les rues, mais j’y étais aveugle et sourde, trop concentrée sur chaque pas que j’avais à faire, sur le soleil qui à travers ces tissus trop épais chauffait ma peau à vif. Je vivais les derniers instants de cette liberté toute relative, où les femmes pouvaient encore dire n’appartenir à personne. Dans ce silence relatif, un malaise aurait pu s’installer, mais Lyam le brisa, trop longtemps formé à éviter ce genre de dérapage diplomatique.

« J’imagine que la Princesse Régente ne prête pas souvent son palais pour le mariage d’un vassal, monseigneur. Vous devez être dans ses bonnes grâces. »

Mais je me moquais bien de la Princesse Régente, de ses bonnes grâces, je n’avais que faire de Lancehélion et de Dorne, des Martell ou des Dayne. Je ne voulais qu’une chose, la seule chose que je n’avais jamais désiré de ma vie. Je voulais rentrer à la maison.
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Manfrey Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion, à Dorne
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Mer 17 Jan 2018 - 17:11




Les Raisins De La Colère
« Veuillez me pardonner, Princesse. Les subtilités du protocole m’échappent encore quelque peu. Mais je vous remercie pour la grâce de votre présent de mariage. » Tout sourire, Arianna avait le don de jeter le plus glacé des froids sur l'assistance, et Manfrey avait toutes les peines du monde à ne pas paraître ridicule. Une fois de plus, il avait l'impression d'être complètement perdu, entre le tempérament de feu de sa femme, et la droiture de fer de son maître d'armes. Flamboyante, Arianna s'apprêtait déjà à répondre, mais le son soudain d'un double cor annonça brisa net son élan. Vorian s'inclina respectueusement pour rejoindre sa famille, faisant l'économie d'un regard profondément dédaigneux de la jeune femme. Manfra passa alors un bras autour de la taille de son épouse pour l'attirer plus près de lui. « C'était vraiment nécessaire ? » fit-il, quelque peu contrarié. Il était incapable de lui en vouloir jamais complètement, mais ce n'était ni le lieu ni le moment pour elle de jouer de ses caprices. « Il prend trop ses aises. Il oublie qu'il est un vassal, et qu'il nous doit le respect ! Je l'ai remis à sa place, voilà tout ! » siffla-t-elle contre son oreille, cherchant à se détacher. Mais mine de rien, les entraînements forcés commençaient lentement mais sûrement à renforcer ses muscles, et il la maintenait suffisamment contre lui pour l'obliger à ne pas se dérober. « Fais un effort, s'il te plait... Fais le pour moi, et pour celle qui arrive. Souviens-toi de ta propre arrivée à Dorne. Elle est certainement tout aussi peur... » « Je n'avais pas peur ! Et je te prierai de ne pas me comparer à cette fille, cette seconde main qui remplie un contrat qui ne lui était pas destiné, cette Bieffoise enfarinée qui... » D'un geste rapide, il lui ferma la bouche d'un long baiser, coupant court au flot d'injures gratuites. Après quoi, il lui prit la main et tous deux se joignirent au flot d'invités qui se pressaient vers la berge pour accueillir la nouvelle venue.

***

Lyam et Laoren Redwyne ressemblaient en tout point à l'image que Manfrey s'était faite de l'aristocratie bieffoise. Très élégants, très droits dans leurs habits sophistiqués - quoique peu adaptés au climat dornien - le regard fier, et un sourire courtisan aux lèvres. Du moins, en ce qui concernait le frère de la mariée. Cette dernière, essayait par tout moyen de ne pas montrer qu'elle avait l'impression d'être amenée à l'échafaud. Manfrey eut immédiatement une poussée d'empathie pour la jeune fille, que l'on traînait ainsi hors du réconfort familial pour aller honorer une parole donnée, puis reprise pour des considérations qui lui échappaient. Elle faisait preuve d'un sens du devoir exemplaire, et ce fut de l'admiration qui s'ajouta à son ressenti. « Une rachitique... Je savais que la Sècheresse touchait le Bief de plein fouet, mais tout de même. Les Dieux devraient avoir pitié de cette pauvre fille, je préfèrerais être morte plutôt que de me présenter comme ça le jour de mon mariage ! » Visiblement, Arianna n'était pas calmée. Sa main sur son bras, elle chuchotait dans son oreille tout en scandant la mariée d'un regard amusé, presque goguenard. Un regard qui faisait briller comme deux émeraudes ses grands yeux verts. « Arrête. Tu n'es pas belle quand tu es méchante ! » rétorqua-t-il sur le même souffle, en embrassant délicatement la couronne de ses cheveux blonds.

« Ser Lyam, Dame Laoren. C’est un plaisir de vous revoir. Soyez les bienvenus à Dorne, et à Lancehélion. J’espère que votre voyage s’est déroulé sans inconvenances. Une collation nous attend dans le palais, si vous voulez bien me suivre, je vais vous y mener et vous présenter à Dame ma mère et à ma sœur qui n’attendent que d’enfin pouvoir vous saluer par elles-mêmes. » « Le voyage s’est bien passé, nous vous en remercions. Mes hommes auront besoin d’aide pour décharger les effets personnels de ma sœur, ainsi que les tonneaux convenus pour sa dot. Mais je vous en prie, ouvrez la marche. » Il avait tout naturellement laissé la primauté de l'accueil au marié et à sa famille, qui s'avançait en tête de cortège pour former, autour d'eux, un cercle de bienvenue. « J’imagine que la Princesse Régente ne prête pas souvent son palais pour le mariage d’un vassal, Monseigneur. Vous devez être dans ses bonnes grâces. » « Son Altesse Sérénissime sait recevoir, Seigneur Lyam. A Dorne, chaque jour est une fête, et j'espère que Dame votre sœur saura, à juste titre, se sentir comme la Reine de celle-ci ! » Aux côtés d'Arianna, Manfrey était arrivé à leur rencontre, un sourire aux lèvres, et les mains ouvertes. « Au nom de la famille princière Martell, soyez les bienvenus en notre beau pays ! »

Arrivé à leur hauteur, il s'inclina légèrement devant la jeune fille. Elle n'avait pas dit un mot. De son pourpoint, il tira alors délicatement une minuscule fleur blanche et la lui tendit. « Ce sont les premières de cette année. La légende raconte que lors des premières floraisons, les Dieux Rhoynars nous envoient des anges pour nous apporter le bonheur. Soyez notre ange, ma Dame, et soyez heureuse parmi nous ! » Manfrey n'était pas le plus enthousiaste à l'idée de cette union, car il ne suffirait pas à enterrer la hache de guerre qui depuis des millénaires, sévissait entre la Principauté et le Bief. Pour autant, Laoren Redwyne n'y était pour rien. Elle n'avait pas à subir les réticences ambiantes, et elle devait pouvoir savourer le jour de son mariage, fut-il arrangé. Les fleurs avaient le pouvoir incomparable de la douceur, et c'était bien de douceur dont elle aurait le plus besoin.


©️ Belzébuth

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    I Don't Want The Crown, I Only Want You
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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Vorian Dayne
DORNE
■ Localisation : Les Météores
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Sam 20 Jan 2018 - 1:20

Les raisins de la colère

ft.






« Le voyage s’est bien passé, nous vous en remercions. Mes hommes auront besoin d’aide pour décharger les effets personnels de ma sœur, ainsi que les tonneaux convenus pour sa dot. Mais je vous en prie, ouvrez la marche. »

Lyam Redwyne avait toujours été légèrement directif dans ses propos. Vorian ne s’en était jamais formalisé, il avait grandi dans l’ombre de son propre frère aîné. Mance Dayne était aussi directif, tant avec ses frères qu’avec le reste de la terre. Le seigneur des Météores considérait que c’était un trait inhérent à ceux qui étaient élevés dans l’optique d’un jour régner sur le domaine de leur famille. Les héritiers étaient une race à part, toujours au centre des attentions et des faveurs. Qui se préoccupaient des puînés ? Pas grand-monde, et c’était aussi bien comme ça, puisque Vorian avait pu profiter pleinement de la vie. Il était sans doute bien moins instruit que son défunt frère, mais sa jeunesse avait été véritablement vécue.

Déjà, ils remontaient les gardes Dayne qui faisaient la haie d’honneur. Un peu plus haut, sur la partie supérieure du port, se tenaient ceux qui avaient souhaité faire le déplacement. Ils n’étaient pas nombreux, toutefois, la plupart ayant préféré rester dans la fraîcheur du palais des Martell en attendant la cérémonie au septuaire. Alors qu’ils arrivaient à la hauteur des convives, l’héritier de Dorne, l’apprenti de Vorian, Manfrey Martell, se rendit à leur rencontre aux côtés de sa lionne d’épouse. Lyam faisait une réflexion qui laissait Vorian rêveur, effectivement : il allait se marier à Lancehélion sous le patronage de la Princesse.

« Son Altesse Sérénissime sait recevoir, Seigneur Lyam. A Dorne, chaque jour est une fête, et j'espère que Dame votre sœur saura, à juste titre, se sentir comme la Reine de celle-ci ! »

Mains ouvertes, bras écartés, sourire radieux flanqué sur le visage, l’héritier excellait dans la diplomatie… bien plus qu’il ne se débrouillait avec une épée en main. S’il était un des points où l’avis de la Princesse était rejoint par celui du Dayne, c’était bel et bien sur les compétences martiales désastreuses de l’héritier de Dorne. Négocier, enjouer et parler : oui, il savait faire. Mais si la diplomatie échouait et que les fils de la Rhoyne et du sable devaient reprendre la voie de la guerre, ce serait bel et bien désastreux.

« Au nom de la famille princière Martell, soyez les bienvenus en notre beau pays ! »

Dans une révérence toute simple mais amplement suffisante selon l’Etoile du Matin, Manfrey continuait d’honorer les Redwyne d’une façon qui enchantait son maître d’armes. Au moins, le décor était planté. Les Dayne des Météores n’étaient pas de simples vassaux, et le mariage de l’Etoile du Matin se devait d’être célébré avec une certaine attention : la Princesse et son héritier étaient mobilisés. Alors, ce dernier tira de son habit une petite fleur blanche qu’il tendit à celle qui deviendrait la Dame des Météores d’ici la fin de la journée.

Vorian… Ton apprenti ne connaît-il donc pas sa place, tout futur Prince régnant qu’il soit ?

Vorian fronça brièvement les sourcils aux paroles de sa sœur. Elle n’avait pas vraiment tort. Si les présentations d’usage avaient été effectuées, et si les salutations étaient toutes aussi honorifiques, la fleur ne faisait pas partie du protocole officiel. Vorian crut voir la jeune épouse de son apprenti tiquer légèrement avant que l’instant ne passe.

Bientôt, ils se mirent en route, guidés par un Vorian qui essayait de garder sa contenance le long de ses rues chargées d’une foule chamarrée et joyeuse qui saluait le cortège de nobles. Lorsqu’ils parvinrent au palais, le reste des invités se pressèrent autour des nouveaux venus. On échangea ainsi quelques salutations. Vorian faisait les présentations, introduisant notamment sa mère et sa sœur. Cette dernière, de six ans l’aînée de Laoren, la salua avec chaleur, une moue bienveillante peinte sur son visage délicat.

« Soyez la bienvenue à Dorne, ma Dame. Vous êtes somptueuse, bien trop élégante pour mon rustaud de frère. » glissa-t-elle avec un sourire mutin plus prononcé au-dessus duquel pétillaient deux yeux sincèrement admiratifs.

Nellia Vaith, veuve Dayne, était beaucoup plus réservée. Elle était la matriarche de la maison Dayne et comptait bien rappeler qu’elle était également une Dame des Météores, qu’elle avait eu autorité sur la forteresse et toute la maisonnée. Elle partagerait le pouvoir, car tel était l’ordre des choses, mais son caractère bien trempé, marqué par les épreuves que représentaient la perte de trois de ses enfants et de son mari, ne pouvait pas totalement disparaître. Elle lui servit toutefois une salutation des plus aimables, un sourire doux, délicat.

« Bienvenue à vous à Dorne, Laoren. »

Elle se pencha légèrement en avant, pour lui murmurer quelques paroles qui se voulaient plus réconfortantes.

« Vous êtes d’une telle élégance, vous allez rehausser les standards locaux en un rien de temps. Vous avez déjà conquis les cœurs, le plus dur est fait. »

Un bref hochement de tête en guise de départ, et la ronde des présentations continua quelques temps encore, avant que tout le monde ne soit enfin convié à rejoindre le septuaire du palais des Martell. On était loin d’un édifice riche et travaillé, parfaitement entretenu et orgueil de la maison régnante comme on pouvait trouver à Port-Réal. Ici, il n’était nullement question de vitraux de maîtres artisans, d’instruments de liturgie incrustés de pierreries et de coûteuses étoffes en guise de décorations. Le lieu saint de la résidence des Martell était bâti dans la même pierre ocre que le reste de la ville, il était rarement plein en dehors des très importantes cérémonies comme un mariage princier ou la mort d’un dirigeant de la Principauté. Il était cependant assez vaste et il n’était pas complètement rempli, même une fois que tous se furent installés. Alors que les discussions allaient bon train – la cérémonie n’avait pas encore commencé – un coup de cloche retentit sous les voutes de pierre orange alors qu’une voix puissante annonçait l’entrée de la maîtresse des lieux et de sa suite.

« Son Altesse Sérénissime, la Princesse Nymeria Martell, souveraine de Dorne. »

Alors que Nymeria faisait enfin son apparition et remontait lentement l’allée centrale accompagnée de celles que Vorian imaginait être ses suivantes, ou ses dames de compagnie, ou n’importe quel autre titre s’il avait une simple idée de ce qu’elles pouvaient être. Une fois qu’elle fut arrivé à sa hauteur, Vorian se fendit d’une révérence respectueuse et reconnaissante.

« Votre Altesse, vous nous honorez tous par votre présence et par tout ceci. » expliqua-t-il en désignant l’ensemble du septuaire et les invités installés dedans.

Avec l’arrivée de Nymeria, ils étaient au complet. Ils allaient pouvoir débuter la cérémonie. Bientôt il serait lié à Laoren Redwyne, et de leur union dépendrait peut-être un jour la paix. Il se tourna vers sa promise. Enfin, elle rencontrait la Princesse, celle grâce à qui tout était possible. Celle qui, en acceptant cette union, avait scellé leurs destins respectifs.

« Princesse, permettez-vous de vous présenter Dame Laoren , ainsi que son frère Lyam, héritier de La Treille, de la légendaire maison Redwyne. »


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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Mar 23 Jan 2018 - 12:31

 
Les raisins de la colère

Le matin même, les invités du mariage qui aurait lieu plus tard dans la journée avaient commencé à arriver, emplissant les murs du palais en même temps que les serviteurs qui s’affairaient déjà à préparer les festivités. Nymeria n’avait pas jugé bon de se mêler directement à la foule, elle ne goûtait pas ce genre de rencontres où le seul but de la journée serait de parler de l’avenir mièvre de deux personnes qui ne s’étaient jamais vues, mais qui devaient-evidemment- tomber amoureuses au premier regard. Personne n’y croyait, c’était évident, et pourtant c’était toujours la même rengaine, un spectacle qu’elle avait toujours eu du mal à apprécier, mais qu’elle détestait franchement, depuis que son jumeau avait été lâchement assassiné pendant ses noces.

Prétexte parfait pour se faire attendre, la Princesse Régente avait néanmoins décidé qu’elle soignerait particulièrement son apparence, moins pour l’occasion que pour l’autorité qu’elle devait représenter. La matinée avait donc été consacrée à un long bain, puis aux heures nécessaires pour que le Soleil de Dorne ne soit plus seulement la plus belle femme de Dorne, elle devait paraître presque irréelle, inatteignable, sans aucune comparaison. Manfrey pourrait se charger de représenter la Maison souveraine jusqu’à la cérémonie, après tout il excellait dans l’art de la représentation, cela elle lui accordait volontiers.

Les servantes, et ses dames de compagnie, jeunes filles issues du meilleur de la noblesse dornienne et envoyées à Lancehélion pour se mettre sous le patronage de la Maison Martell en espérant trouver à Lancehélion le meilleur parti pour leur Maison, passèrent donc la matinée à préparer leur maitresse, qu’il s’agisse de souligner ses yeux à l’aide d’un khôl d’un noir profond, fabriqué par les meilleurs artisans en la matière, de coiffer ses cheveux et de les parfumer avec les senteurs les plus délicates et exotiques en provenance d’Essos, ou de s’assurer de la douceur de sa peau par les huiles essentielles comptant parmi les plus coûteuses que l’on pouvait trouver. En temps normal, la Princesse Régente n’aurait pas supporté tant de temps de préparation, mais il s’agissait aujourd’hui d’une bataille d’un autre genre, une bataille pour s’assurer les coeurs de ses vassaux, pour montrer aux bieffois qu’ils étaient en son domaine, et qu’aucun d’eux ne pouvait rivaliser avec elle, quel que soit leur rang ou leurs prétentions. Il n’y aurait pas de sang, pas de combats, mais elle vaincrait, comme toujours. Avec sa grâce et sa beauté pour armure, et son esprit pour arme, la dornienne serait aussi redoutable qu’elle pouvait l’être une lame à la main.

Mais ce mariage n’était pas qu’une tribune, une occasion pour elle de mettre ses plans en marche, c’était également l’occasion de mettre la plus récente de ses suivantes à l’épreuve. Parce qu’officiellement, Menaka n’était encore qu’une jeune femme de plus dans l’entourage de la Martell, personne à Part Myriah n’avait la moindre idée de la raison de sa présence au sein du Palais Vieux. Cela ne durerait pas, c’était une évidence, un jour où l’autre elle serait crainte pour ce qu’elle représentait vraiment pour le pouvoir dornien, mais en attendant la Lysienne pouvait trouver dans cette couverture officielle un terreau fertile pour recueillir les premières informations sur la noblesse dornienne et sur les quelques bieffois présents. Il lui avait suffi de quelques mots pour qu’on l’envoie chercher, et la jeune femme fit son apparition, ne s’inclinant que très légèrement, là où d’autres auraient pu aller jusqu’à poser le front au sol devant leur souveraine. Nymeria aurait pu s’en offusquer, mais depuis son plus jeune âge, elle appréciait ceux qui étaient suffisamment forts pour ne pas s’écraser devant elle, et suffisamment sage pour ne pas le faire trop exagérément. Les servantes terminaient de fixer le torque en or marqué du soleil autour du cou de la dornienne, qui sourit en coin à l’attention de sa dague lige.

« Menaka. Je suppose que tu sais ce qu’il y a lieu aujourd’hui. As-tu déjà assisté à un mariage ? Il n’y a rien de plus ennuyeux, et pourtant… C’est un creuset d’opportunités, et… De dangers. »

Une ombre passa dans le regard de Nymeria tandis qu’elle repensait au visage blême de son frère qui s’étouffait, mais elle la chassa rapidement pour revenir à la jeune femme en face d’elle.

« Ce sera une excellente occasion pour toi de te mêler facilement à la noblesse dornienne, ils te prendront tous pour une simple dame de cour, et à une dame de cour tu dois ressembler. Avoir l’air si inoffensive que personne ne fera attention en ta présence, bien au contraire. Un jeu de dupe, en somme, où le chasseur ne sait pas qu’il est la proie. Mais pour ça, tu dois dois donner le change... »

Jaugeant la Lysienne du regard, Nymeria estimait le travail qu’il y aurait à faire pour rendre la mascarade réelle, plus que simplement plausible. Son teint n’était pas si différent de celui des femmes de Dorne, et avec les bons atours, il serait simple de la faire passer pour une jeune noble, au moins pour un soir… Et elle savait exactement ceux qu’il faudrait utiliser, profitant de l’occasion pour faire enrager la Lionne qui servait d’épouse à son cousin. Sur un ton sans appel, elle donna ses instructions aux autres jeunes femmes présentes dans la pièce.

« Allez me chercher la rouge, celle qu’Arianna voudrait tellement que je lui offre. Elle sera parfaite. Puis allez vous préparer, il est hors de question qu’une bieffoise fasse ombrage à n’importe laquelle d’entre vous ! »

Le choix arrêté, et ses dames de compagnie congédiées pour leurs propres préparations, il ne fallut plus beaucoup de temps pour faire de Menaka une parfaite dornienne, en apparence du moins. Satisfaite, Nymeria pensa que l’on ne remarquerait même plus son accent étranger, trop occupés qu’ils seraient tous à contempler ses courbes laissées plus que visibles par la riche étoffe. Avec un sourire en coin, la Princesse réajusta une manche sur l’épaule de son ombre, avant de se prononcer sur le résultat final :

« Tu as presque l’air d’une Princesse de Dorne… Et tu ferais certainement mieux que certaines d’entre elles. Si tu aimes la robe, tu peux la garder. Il est temps de me montrer ce dont tu es capable, Menaka… Il est probable que la petite Redwyne reste à Lancehélion plus longtemps que la durée de son mariage, et il faudra s’assurer qu’elle ne soit pas encline à divulguer des informations à sa famille… Si elle reste, ce sera l’une de celles que tu devras surveiller de près. Pour le reste… Et bien, surprends-moi. Ceux qui sont rassemblés en bas ont tous leurs secrets et leurs envies, et je ne t’apprends pas que ce sont là d’excellents leviers... »

Se dirigeant vers la porte de ses appartements, Nymeria pouvait déjà entendre derrière les discussions et les gloussements de ses suivantes. Poussant un soupir agacé, elle posa la main sur la poignée.

« Espérons que la cérémonie ne durera pas des heures, au moins le reste aura un certain intérêt… »

***

Le Septuaire s’était déjà relativement rempli lorsque Nymeria fit son entrée avec sa suite, Menaka à sa droite. La Princesse Régente n’aimait pas cet endroit, trop solennel, pas suffisamment humain, c’était le repère de Dieux pour lesquels elle n’avait, au mieux, qu’un certain respect. Sa famille n’avait jamais compté parmi les plus pieuses de Westeros, à l’image d’un peuple dont les racines le poussaient vers d’autres croyances, et Nymeria était probablement l’une des plus sceptiques concernant l’existence de ces Dieux qui avaient autorisé la mort de son jumeau alors qu’il venait de se marier sous leur regard soit disant bienveillant. Non, ces Dieux ne valaient pas mieux que la pléthore d’autres que l’humanité semblait vouloir s’inventer, ils n’étaient qu’une apparence désagréable qu’elle devait garder pour éviter un courroux trop direct du reste de Westeros.

Remontant l’allée centrale pour prendre sa place au premier rang, la dornienne sentait plus qu’elle ne voyait les regards sur elle et sa suite, les torses s’incliner sur son passage. C’était ça, le pouvoir, pas une quelconque effigie que l’on disait divine et dont on craignait un chatiment qui ne venait jamais vraiment. Qu’on lui montre un dieu qui avait réellement du pouvoir, et Nymeria s’inclinerait, pas avant. Lorsqu’elle arriva à hauteur du futur marié, celui-ci s’inclina tout autant, tandis que derrière lui, elle observait déjà cette jeune femme au teint trop blanc pour venir de ses terres, et le chevalier à qui elle s’accrochait désespérément. Si elle n’apprenait pas, sa vie à Lancehélion deviendrait rapidement un enfer, pensa la dornienne. Elle n’avait aucun amour pour les Bieffois, qu’il soient Redwyne ou Tyrell, mais elle ne souhaitait pas pour autant voir la future épouse du Dayne devenir un spectre parce qu’elle ne comprenait pas la manière d’être de sa nouvelle patrie.

« Votre Altesse, vous nous honorez tous par votre présence et par tout ceci. Princesse, permettez-moi de vous présenter Dame Laoren , ainsi que son frère Lyam, héritier de La Treille, de la légendaire maison Redwyne. »

Avec un sourire de circonstance, elle répondit aux présentations qui étaient faites sur un ton poli. Il n’était pas question de souhaiter la bienvenue à des bieffois, ils étaient bien capables de voir là une invitation à revenir plus souvent, néanmoins la diplomatie était de mise.

« Que seraient les richesses si elles ne pouvaien pas être partagées avec mes vassaux les plus fidèles ? Ser Redwyne, lady Laoren, j’espère que vous saurez apprécier les festivités. »

Aussi vite qu’elle était arrivée, Nymeria rejoignit sa place en même temps que ses suivantes, quittant Menaka pour inviter Myriah à la rejoindre au premier rang à ses cotés. Le silence se faisait dans la salle alors que l’office allait commencer, mais la dornienne s’autorisa des dernières paroles à l’attention de sa conseillère, amusée :

« Lady Myriah, vous êtes aujourd’hui chargée de la tâche d’empêcher votre souveraine de bailler ou de s’endormir pendant l’office religieux, ce sera difficile, mais je suis certaine que vous y parviendrez avec brio. »
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Menaka
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Mar 23 Jan 2018 - 14:44


La Squad

Les raisins de la colère


Sur mon épaule droite, ses doigts réajustent l’étoffe. Devant le miroir de le chambre de la princesse, je m’observe avec difficulté. Si cette promiscuité est positive, je n’aime pas l’idée qu’elle ait pu m’habiller comme un ornement. Ame solitaire, j’étais habituée à m’occuper de moi-même. De la pointe des pieds je repousse mes habits éparses sur le sol, je les ai fait tomber un peu plus tôt. J’ai aimé le regard que j’ai pu lire en les yeux connaisseurs de Nymeria. J’étais au sacre de ma jeunesse. Ma peau était ferme et musclée, mon corps modelé comme celui de la déesse lysienne, pulpeux. J’avais vu bien des gorges déglutir devant ma nudité, ces charmes dévoilés étaient source d’âge d’or comme un outil sanguinaire. « Tu as presque l’air d’une Princesse de Dorne… Et tu ferais certainement mieux que certaines d’entre elles. Si tu aimes la robe, tu peux la garder. » Mes yeux noirs parcourent ladite robe. D’une opulente richesse, c’était un magnifique présent. Le seul fait qu’elle put être destinée à la princesse Arianna, une tigresse blonde et charnue, n’en laissait aucun doute. Si j’avais eu auparavant des robes et des parures extravagantes, celle-ci les éclipsait toutes. Devant mon reflet, mes sentiments étaient difficiles à cerner. « Il est temps de me montrer ce dont tu es capable, Menaka… Il est probable que la petite Redwyne reste à Lancehélion plus longtemps que la durée de son mariage, et il faudra s’assurer qu’elle ne soit pas encline à divulguer des informations à sa famille… Si elle reste, ce sera l’une de celles que tu devras surveiller de près. Pour le reste… Et bien, surprends-moi. Ceux qui sont rassemblés en bas ont tous leurs secrets et leurs envies, et je ne t’apprends pas que ce sont là d’excellents leviers... » Comme d’habitude, avare de mes mots, je me contente d’hocher la tête. La mascarade était comprise et serait interprétée par un fin jeu d’actrice. Je n’avais pas "presque l’air d’une princesse de Dorne" : je le serai. Et cette Ferboys s’en mordrait la langue jusqu’à s’en étouffer. C’était certain. Tournant légèrement mon visage vers le sien, je souffle légèrement, vers le bas du sien, ce mot étranger : « Dhanyavaad. » Merci. Pour le geste du cadeau, non pour l’avoir obligée à devenir une marionnette de soie rouge et sensuelle, aux senteurs capiteuses. La pièce entière embaume l’encens et autres fragrances méconnues. Mes narines frémissent de ces senteurs mélangées, peu certaines d’en apprécier le mélange. Dans cette pièce, une seule chose dont je suis sûre : bien difficile était de cerner les envies de la princesse de Dorne, elle pouvait être chaude comme froide… et si j’hésite à frôler sa main encore sur son épaule, je n’en fait rien. Je ne faillirai pas à mes devoirs et cette Redwyne, cette élue du jour, j’en ferai ma proie. Tous comme les autres. Croquer et incarner les désirs, je n’y étais que trop habituée. Rééquilibrant le trait de khôl, d’une manière plus charnelle et moins godiche, je pince mes lèvres. Je n’avais aucune idée à quoi m’attendre. A Lys, il n’y avait pas de mariage. Pas chez moi. Chez les nobles mercantiles oui, mais si ma fratrie et moi y étions conviés ce n’était seulement que le soir. Lorsque les orgies saoulent prenaient les invités. En Abilash, le mariage était un terme inconnu. Un mot qui n’existait pas et qui n’existerait jamais. Les femmes et les hommes, l’homme, s’aimaient. De leurs ébats, les enfants naissaient. Nul besoin de légitimation, la cruauté de la vie s’en chargée bien assez tôt. « Espérons que la cérémonie ne durera pas des heures, au moins le reste aura un certain intérêt… » A travers l’étain, nos regards se croisent. Oui, qui savait les manigances qu’elle pouvait bien dissimuler? Une femme de pouvoir, de tête… mais étrangement solitaire, les secrets bien scellés.




☼ ☼ ☼




Dans mes mules brodées d’or, à la droite de la reine de ces terres, j’avance d’un pas mesuré. Une imitation parfaite qui prends directement source de la princesse et des autres Dames qui nous entourent. Une démarche innée pour elles, mais qu’il n’était pas si facile de soutenir. Profondément ennuyante. Tous comme ces regards qui nous scrutent. Habituée à observer en coin, j'investis l’allée à ma droite. Tant de couleurs chatoyantes... bien plus que dans un lieu de culte on se croirait dans un bordel ! D'ailleurs, peut-être ne faisaient-ils pas la différence? Ce n’était que pour m’étonner, non pour me choquer puisqu'à Lys nous ne la faisions pas. Nous vénérions la fertilité même, mère et épouse de toute chose. Je me concentre à ressentir les ondes du sol, la journée serait longue. J’étais comme une enfant qui devait tout apprendre en un temps imparti. « Votre Altesse, vous nous honorez tous par votre présence et par tout ceci. Princesse, permettez-moi de vous présenter Dame Laoren, ainsi que son frère Lyam, héritier de La Treille, de la légendaire maison Redwyne. » Le Dayne pli dans une révérence que seules des années de pratique lui auront apprises. Sans ciller, je note que bien bas est son asservissement. Si toutes ces festivités - « par tout ceci » - est une marque de respect du Soleil même, il n’y avait aucun doute de qui était la personne la plus importante du jour. Ses appuis sont résolument dans le sol, cela doit un bon guerrier. Agile tout du moins. « Que seraient les richesses si elles ne pouvaient pas être partagées avec mes vassaux les plus fidèles? Ser Redwyne, lady Laoren, j’espère que vous saurez apprécier les festivités. » Nymeria était une garce bien habile et je m’autorisai à regarder pour la première fois la Redwyne. Quelle ne fut pas ma surprise ! Autant, Nymeria et mes compagnes nobles semblaient jouir de la situation, délectable pour elles seules, autant l’étrangère était muée dans une moue mortifère. Malgré les soins qu’on avait du lui attribuer, sous sa peau laiteuse, ses veines étaient toujours visibles. Je n’avais jamais vu une peau aussi blanche, malgré le fait que les femmes de Lys soit réputée pour leur teint originel. Dans un fourreau bleu nuit, agrémenté d’une iconographie indéchiffrable à mes yeux païens, elle apparaissait figée. Tout comme son frère, qui devait déjà regretter avec amertume tout le vin qu’il était en train de déverser. Sous mes paupières, pieusement baissées, je ne peux que sourire intérieurement à la facétie de cette rencontre. Pourquoi s’infliger toutes ces heures si personne n’en était heureux? La bague de mon premier acheteur, mon premier amant, mon illustre maquereau, danse sur mon pouce. Faite de diamants et de rubis, plus lourde qu’une main morte, elle serait aujourd’hui le sceau de mon très cher père. Un noble dont je n'avais ni le nom, ni l'âge ou la localité. Dans un bourdonnement de rires et de traines, les suivantes de la princesse s’évaporent avec elle. Moi, un instant supplémentaire, je reste à toiser la jeune mariée. Un instant si rapide qu’il ne doit être perçu d’elle seule, et imperceptiblement, je baisse mon front vers ma main. Un sourire tout aussi amusé que sinistre sur les lèvres.



Alors que Nymeria rejoint la Ferboys, malencontreusement revenue de son voyage, s’installant au premier rang, et que je suis mes amies bruyantes, je sens un regard foudroyant. Sans préambule, je me retourne vers la tigresse du désert. Ah, elle avait donc remarqué. Pourtant cette moue était bien vilaine sur son visage… car dans cette robe, Arianna aurait eu l’air d’une putasse ! Ce n’était à n’en pas douter. Dévoilant un peu plus le jeu de mon déhanché, je lui souris avec naïveté, rejoignant mes fausses compagnes du jour. Le spectacle allait pouvoir commencer et je regrettais de ne pas avoir l’une de ses dattes pour mieux m’en délecter. Cette société était bien étrange. Sarcastique. A mon jeune voisin, je souris avec gourmandise feinte, ô la poupée que j’étais rêvée tant de se marier !

AVENGEDINCHAINS

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I'm well acquainted with villains that live in my bed They beg me to write them so they'll never die
   
crackle bones
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Myriah Ferboys
DORNE
■ Localisation : Auprès de Nymeria Martell
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Mar 23 Jan 2018 - 17:28

Les raisins de la colère Autours d'un buffet le temps avait la fâcheuse tendance de s'écouler rapidement, les conversations allaient de bon train et des éclats de rire pouvaient être entendus et bientôt on alerta les invités de l'arrivée de deux navires Redwyne. Le moment tant attendu arrivait. Vorian Dayne s'était alors mis en route avec une poignée des invités dans l'optique de venir accueillir sa promise. L'impatience pouvait s'inscrire dans le comportement de chacun puisque la Redwayne constituait un réel mystère, les suppositions se succédant au gré des conversations auxquelles se mêlait les plus futiles informations.

Se jugeant de trop dans cet étroit cortège, composé presque exclusivement des Dayne et des Martell représentés par le Prince Manfrey et son épouse, Myriah décida de profiter de la compagnie de sa propre famille. Les minutes s'écoulèrent et au bout d'un moment le seigneur des Météores revint. La première chose qui frappa la Ferboys lorsqu'on l'introduisit auprès de la promise, il s'agissait non seulement de la pâleur effrayante de sa peau mais surtout de la manière qu'elle avait de s'agripper au bras de son frère. Elle se doutait qu'un mariage entre deux maisons de régions diamétralement opposées dans leurs us et coutumes était loin d'être un mariage guidé par la volonté du cœur mais il était visible dans le comportement de Laoren Redwyne, qu'elle essayait pourtant de cacher, qu'elle souhaitait être n'importe où sauf en ces lieux. La conseillère de la Princesse s'attela alors à saluer chaleureusement la très prochaine lady Dayne dans l'optique de la rassurer car il devait être très difficile de venir en un lieu étranger pour un mariage qui eût été arrangé.

Tout ce petit monde se déplaça ensuite au septuaire de Palais Vieux. L'édifice, rarement utilisé hormis pour des cérémonies de la plus haute importance, avait tout de même fait l'objet de la même attention architecturale que tous les bâtiments de Dorne, que malgré la faible propension pieuse de la région les habitants étaient tout de même soucieux de la beauté de ses lieux. Tous entrèrent dans le lieu saint, lord Vorian et lady Laoren accompagnés des leurs ouvrant la marche. Instinctivement et par respect elle s'était installée avec les siens non loin du rang mais juste assez éloignée pour laisser tout de même les familles être au plus proches des enfants qui allaient se marier. C'est alors que retentit une lourde cloche sonnant l'arrivée, et pas de moindres, de la Princesse régente. Tous les regards se tournèrent vers Nymeria Martell et sa suite dont un visage bien trop familier fit serrer les mâchoires à la dornienne des Montagnes Rouges. Apercevoir la jeune lysienne aux côtés de la princesse en un événement si important, habillée si élégamment, fît naître une certaine pointe de jalousie qui se rangea dans une partie de son cœur lorsqu'elle posa réellement les yeux sur Nymeria.

Peu nombreuses étaient les occasions pour lesquelles la régente s’apprêtait autant et en ce jour les mots se bousculaient dans l'esprit de Myriah. La Martell portait une robe de haute manufacture, on l'avait maquillée et coiffée de sorte que le tout pouvait lui permettre d'éclipser le soleil et toute autre merveille du monde. Si elle avait pu éprouver de quelconques sentiments dans sa jeunesse pour la princesse, ils s'étaient tût lorsqu'elle s'était prise de passion pour son chevalier de Denfert mais en cet instant elle n'aurait su placer un mot sur ce qu'elle ressentait en voyant Nymeria. Les invités s'inclinaient tous devant leur régente tandis qu'elle remontait l'allée centrale du septuaire. Une fois qu'elle fut présentée aux Redwyne et qu'elle eût rejoins le premier rang, Nymeria invita Myriah à la rejoindre. La Ferboys s'exécuta, laissant donc les siens pour rejoindre la Martell et le silence commençait peu à peu à s'installer lorsque cette dernière s'adressa à sa conseillère qui se mit à sourire suite aux paroles amusées de la Princesse.

- Oh mais j'accomplirais avec joie ce que ma souveraine m'ordonnera de faire, soyez-en assurée, répondit-elle toujours avec un sourire accroché aux lèvres avant de détourner le regard pour le poser vers le théâtre de sa présence en ces lieux.


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Nous gardons la voie
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Laoren Redwyne
DORNE
■ Localisation : La Treille
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Jeu 25 Jan 2018 - 22:54

Les Raisins de la Colère


« Ce sont les premières de cette année. La légende raconte que lors des premières floraisons, les Dieux Rhoynars nous envoient des anges pour nous apporter le bonheur. Soyez notre ange, ma Dame, et soyez heureuse parmi nous ! »

De ma main libre, celle qui ne s’accroche pas désespérément à mon frère, je saisis cette fleur blanche que le jeune Prince de Dorne me tend. Bizarrement, ma première pensée quand j’ai vu son visage a été de me rendre compte qu’il avait presque tous les traits de cet homme lointain que j’avais longtemps imaginé être mon père, celui dont le charme aurait pu faire commettre l’irréparable à ma mère pourtant si sérieuse. Sa peau était plus mate que ce que j’aurais pu imaginer, sans quoi il n’aurait pas été mon père, bien sûr, mais les boucles noires, l’air avenant et les yeux pétillants étaient là. Les Dieux, que l’on parle de ceux que seule Dorne tolérait encore, ou des Sept, devaient bien être cruels pour mettre un homme comme lui devant moi le jour où je devais en épouser un autre trop austère, trop insensible… Tout ceci ne pouvait être qu’une nouvelle facétie cruelle, comme le confirmait la présence de la jeune femme blonde aux côtés de ce Prince si parfait. Belle, éclatante même, et pourtant dans son regard, c’était toute la cruauté du monde que l’on pouvait lire. Arianna Martell, née Lannister, m’avait appris notre Mestre quand père lui avait confié la tâche de m’apprendre les grands noms de Dorne, pour ne pas que je commette d’impair qui puisse le déshonorer une fois là-bas. Un frisson glacial me parcourait le dos quand elle m’observait, comme si elle avait été un monstre transformé par quelque sort en beauté, uniquement pour tromper un peu mieux les hommes, et les dévorer dans leur sommeil. Si j’avais été chez moi, peut-être aurais-je eu la force ou l’audace de soutenir son regard, mais elle incarnait en cet instant toutes les craintes que j’aurais pu avoir quant à ce pays inconnu, et ne m’inspirait que cette envie toujours plus forte de détourner les talons et de m’enfuir sans me retourner.

Une pression sur mon bras, un rappel de mon frère me ramena à la réalité, je venais d’être présentée à l’un des hommes les plus puissants des terres que nous foulions, et la politesse exigeait qu’au moins, je lui réponde ou m’incline. Passer de l’ire de l’épouse au sourire rassurant du mari avait quelque chose d’irréel et magique, et pour la première fois depuis des jours, j’eus envie de lui rendre son sourire, ce que je fis en m’inclinant autant que le permettait ce frère que je ne voulais pour autant pas lâcher.

« Votre Altesse est trop aimable… Je suis honorée de l’attention que vous me portez. »

Lyam remercia aussi le Prince héritier pour son accueil, mais ses mots, je ne les entendais pas, j’étais trop occupée à détailler les traits de ce jeune homme qui me semblaient par trop familiers. Sensation étrange que d’avoir l’impression de connaître une personne, d’avoir partagé avec elle jusqu’aux souvenirs les plus lointains de son enfance sans qu’il ne vieillisse ou ne change, et d’un jour le rencontrer en sachant que je n’étais pour lui qu’une inconnue, probablement simplement digne de son attention parce que j’allais épouser le vassal de sa cousine, son futur vassal. Savoir qu’il serait présent pour ma mise à mort avait quelque chose de rassurant, tout en brisant un peu plus ce coeur déjà en miette pour la trahison que mon père m’obligeait à commettre envers ma sœur. Mais le temps n’avait pas de pitié pour les atermoiements d’une jeune fille, et plus troublée encore, mon frère m’emporta plus que je ne le suivais jusqu’au Palais des Martell, où le reste de ces inconnus venus voir un Destin se sceller attendait patiemment le moment fatidique.

Exotique. Magnifique. Grandiose. Tous ces mots auraient pu facilement entrer dans la définition du foyer de la Maison de la Lance et du Soleil, sans pour autant parvenir à le décrire entièrement. Répit momentané, je tentais de me concentrer sur ces merveilles architecturales avant que la curée ne commence. Au moins aurais-je vu l’une des plus belles constructions qu’il m’ait été donné de voir avant de me faire enchaîner, pensai-je amèrement. Ma curiosité était plus forte que mes noires pensées, pourtant, et déjà je me demandais comment ils parvenaient à faire vivre autant de végétation si haut, dans un climat si aride. Sans doute avaient-ils un système d’irrigation similaire à ceux de nos vignes, à moins qu’ils n’emploient un millier d’esclaves ou de serviteurs pour remonter chaque jour les centaines de litre d’eau qui devaient être nécessaires pour maintenir ces arbres et ces plantes en vie… Je voulus poser la question, mais les mots restèrent bloqués dans ma gorge, pour la première fois depuis que j’avais appris à parler, j’en avais la certitude.

Vorian Dayne, mon fiancé, puisque ma lâcheté m’avait empêché de m’enfuir jusqu’à cet instant, et qu’il n’y avait plus d’espoir de courir vers la liberté dans cette forteresse dont je ne connaissais rien, me présenta d’abord à sa famille, sa sœur et sa mère. Toutes deux étaient, à leur manière, des plus polies, et faisaient tout pour me mettre à l’aise, et de cela je leur étais reconnaissante, même si je ne fus pas capable d’échanger plus que quelques politesses d’usage avec elles. Et dire que sa cadette était déjà plus âgée que moi… Père n’avait décemment aucun respect pour celle que j’étais, pour me vendre ainsi, mais c’était au Dayne qui avait accepté ce marché que j’en voulais plus qu’à mon géniteur et ses plans froids et trop calculés, pour avoir accepté cette offre que tout lui dictait pourtant de refuser.

Il y eut d’autres noms, d’autres présentations qui défilèrent, dont le ton oscillait entre la politesse gênée, la froideur ou la sympathie emplie de pitié. Au moins, je n’avais pas à me demander si mon état d’esprit transparaissait sur mon corps, il semblait être devenu une notion publique. Tant mieux, qu’il voie ce qu’il était en train de commettre, ce seigneur traitre aux vœux qu’il avait un jour fait à ma sœur, cet insensible qui s’apprêtait à se lier à la seule femme de Westeros et du reste du monde dont il aurait du rester éloigné. Le manège des présentations ne dura pas, et bientôt la marche jusqu’au septuaire reprit, le temple de ces Dieux passifs qui s’amusaient tellement du malheur de ceux qu’ils étaient sensés protéger.

L’édifice religieux de la famille régnante de Dorne n’avait rien de faste si ce n’était sa taille, et j’étais certaine de n’en avoir jamais croisé d’aussi peu travaillés. Si je n’appréciais pas les offices, au moins avais-je l’habitude de pouvoir admirer le travail des artistes qui avaient contribué à les rendre grandioses, mais celui-ci n’était là que pour servir de réceptacle, rien de plus. Tous prirent place, et bientôt il n’y eut plus que mon frère et moi, ainsi que le seigneur des Météores sur le devant de la scène, à attendre que le sort définitivement ne se scelle, jusqu’à son entrée en scène. La Princesse Régente Nymeria Martell, aussi belle que le disaient les marchands de notre île qui avaient pu l’apercevoir, et le cortège de ses suivantes. J’avais toujours admiré cette femme qui avait su prendre l’ascendant dans un monde d’homme, mais derrière le peu de mots qu’elle nous adressa, c’était la crainte qu’elle m’inspira le plus. Elle était une Reine guerrière, comme son ancêtre, disait-on, et les seigneurs frontaliers du Bief la craignaient autant qu’ils la détestaient, héritage de décennies, voire de siècles de guerre entre sa famille et les Jardinier puis les Tyrell. C’était la guerre de sa mère qui avait empêché ma sœur d’épouser Vorian, sa famille était probablement autant responsable de ma présence ici que la passivité du Dayne, et si Arianna était un monstre dissimulé, dans les yeux de la Régente brûlait le feu solaire, le feu de la guerre, elle était une déesse de violence, cela ne faisait aucun doute, et ma révérence tenait plus de l’espoir qu’elle ne me tue pas sur place que de la politesse due à une souveraine. J’avais craint la lionne faite Princesse, mais elle, elle me terrifiait, par l’aura que je pouvais ressentir autant que par ce qu’elle avait le pouvoir d’infliger à mon foyer, à ma famille.

Elle rejoignit rapidement sa place, comme ses suivantes, et alors, je la remarquais. L’instant fut bref, et si je n’avais pas regardé au bon moment, sans doute ne l’aurais-je pas aperçue, mais l’une d’elle était restée une fraction de seconde de plus que les autres, m’adressant à moi, et à nul autre, un sourire tandis qu’elle joignait sa main et son menton. Et quel sourire, sinistre, on aurait dit qu’elle me promettait mille morts, et qu’elle y prendrait du plaisir. S’agissait-il d’une ancienne prétendante à celui que l’on voulait me voir prendre pour époux ? Ou bien une âme perdue déguisée, présente pour s’assurer que je ne ferais pas de vague, un assassin aux ordres de la Princesse Régente qui ne voulait pas d’une bieffoise sur ses terres ? Je n’aurais pas pensé pouvoir être plus pâle encore, et pourtant je sentis d’un coup le sang de mon visage me quitter tandis qu’elle s’éloignait, donnant l’impression que rien ne s’était passé. Cette dernière impression macabre fut celle qui marqua le début de la cérémonie, la fin de mon existence telle que je la connaissais.

J’avais assisté aux mariages de mes sœurs, mais jamais je n’en avais été l’actrice principale, et j’aurais tout donné pour ne pas l’être. Trop apeurée pour crier, trop peureuse pour m’enfuir, j’étais figée devant l’autel tandis que le prêtre commençait sa liturgie, ma main accrochée à la cape de ma famille que mon frère avait posé sur mes épaules, il ne me l’enlèverait pas. Quelqu’un viendrait, interromprait tout, cette dame de cour qui m’avait promis la mort dans un sourire peut-être. Mais rien ne vint, pourtant, et je me retrouvai bientôt à prononcer les mots consacrés devant ce prêtre souriant, croyant accomplir la volonté de quelque chose de plus grand. Ma famille m’abandonnait, pour celle de l’épée étoilée, et je n’y pouvais rien, poussée par cet automatisme dicté par l’honneur de ma famille, par le sentiment que si je renonçais maintenant, ni moi ni mon frère ne sortirions vivants de cet endroit, la Princesse sanglante ne le permettrait pas, la Lionne des sables se délecterait de mon sang, la courtisane mortelle rirait et peut-être, peut-être que le jeune Prince pleurerait, lui.

La cérémonie m’avait semblé durer des heures, et peut-être était-ce réellement le cas. Père, Forgeron, Guerrier, Mère, Vierge, Aïeule, Étranger. Je suis siennne, il est mien, jusqu'à la fin de mes jours. Des vœux vides de sens, des mots que je ne croyais pas, dont je ne voulais pas, des chaines que je me passais moi-même, était-il possible d’être aussi lâche ? Mais les mots étaient prononcés, et ils ne pouvaient pas être repris. Je ne pleurerais pas, je ne lui ferais pas ce plaisir, pas plus que je ne sourirais de mon sort. Je serais fière, jusqu’au moment où l’on ne me regarderait plus, et peut-être qu’alors, je me laisserais aller. En cet instant, pourtant, je me devais de prendre le bras de cet homme trop couard pour se démarquer du chemin que d’autres avaient tracé, je ne le regarderais pas, mais ces mots, je les lui devais, et je m’assurerais que malgré les applaudissements polis, malgré les yeux de mon frère posés sur moi, il les entende, et qu’il ne les oublie pas.

« Jamais, jamais je ne vous pardonnerai. »
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Manfrey Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion, à Dorne
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Mar 6 Fév 2018 - 13:22




Les Raisins De La Colère
« Votre Altesse est trop aimable… Je suis honorée de l’attention que vous me portez. » Sa voix n'était pas plus haute qu'une brise, sa peau était toujours aussi pâle, comme la chaire d'une proie sur le point d'être abattue par un chasseur. Et pourtant, le sourire qu'elle lui rendait lui suffisait. Son attention, aussi petite était-elle, avait réussi à chasser quelque peu le voile sombre et apeuré de son visage. Hors protocole, hors peut-être aussi des manières princières qui auraient dû être les siennes. Peu lui importait. C'était comme s'il était un des seuls à voir qu'elle devait nourrir toutes les craintes du monde à l'idée de ce mariage. Alors même qu'il savait à quel point elle s'apprêtait à épouser l'homme le plus droit et le plus honorable de Dorne ! Mais ils ne se connaissaient pas. Ou peu. Une perspective qui, à lui aussi, lui avait fait peur, lorsque les Dieux avaient mis Arianna sur son chemin. Il espérait de tout cœur que les mariés connaitraient ce même bonheur. Même si cela devait prendre du temps.

« Une fleur ? Vraiment ? » Elle s'était glissée à son bras au moment où le cortège se mettait en route, le reproche à peine déguisé tandis que son regard broyait la nuque gracile de la future mariée. Il savait qu'elle ne l'avait pas quitté des yeux quand il s'était avancé vers les nouveaux arrivants, qu'elle avait scruté tous ses gestes, écouté le moindre son de sa voix. « J'aime quand tu es jalouse. Ça me montre que tu tiens à moi... » fit-il, mi moqueur, mi sérieux, cependant que leurs deux regards se croisaient. Un long moment, ils échangèrent un regard, avançant de concert et se souciant peu des hôtes qui parfois, leurs jetaient des regards curieux. « Tu es mon Prince. Qu'elle s'en souvienne... » « Il n'y a vraiment pas de danger... » « Qu'elle s'en souvienne. C'est tout. » Il sourit. Il n'y avait rien qu'Arianna déteste plus que de douter. Qu'on lui prenne quelque chose d'acquis, pire encore, qui lui serait acquis mais qui, peut-être, potentiellement et par une opérations insidieuse du destin, lui échappe. Elle était comme une enfant, capricieuse insatiable. Mais une enfant qu'il aimait, de toute sa chaire et de tout son cœur.



☼ ☼ ☼



« Votre Altesse, vous nous honorez tous par votre présence et par tout ceci. » Comme à l'accoutumée, l'arrivée de Nymeria éclipsait toutes les autres. Il sentit Arianna se crisper à son bras, alors que, installés aux premiers rangs du septaire du Vieux Palais, lui-même regardait sa cousine arpenter l'allée centrale, brillante de mille et un feu, le regard assuré, déployant une aura sans pareille sur l'assemblée. Je ne serai jamais comme ça. Le faisait-elle exprès ? A chacune de ses apparitions, Manfrey se sentait intérieurement rétrécir, un frémissement parcourant ses membres. Écrasante, splendide, irremplaçable. Explique-moi comment je suis sensé succéder à ça ? s’exclamait la petite voix intérieure. Tandis que Vorian présentait sa future parentèle à sa souveraine, Arianna se mit à tirer légèrement mais sûrement sur la manche de son pourpoint. « C'est quoi, ça ? » « Ça, quoi ? » demanda-t-il d'un air distrait, son regard toujours rivé sur sa cousine. « Ça ! » La voix un rien alarmiste de sa femme le força alors à quitter la scène des yeux, et à se concentrer sur une silhouette qui furtivement, se glissait entre les rangs. Une vraie beauté, étrangère à n'en pas douter et ses premiers instincts lui indiquaient Lys ou Penthos. Provocante, un rien insolente, elle venait de lancer un regard très appuyé sur Arianna, qu'il sentait déjà bouillir à ses côtés. « Alors ? C'est quoi ? » Manfrey haussa les épaules. « Je n'en sais rien. Une nouvelle suivante, un présent d'un partenaire commercial, une distraction, que sais-je... » « C'est une pute ?! Elle a ramené une pute dans un... » « Chut, tais-toi, la voilà qui nous rejoint. » Il n'avait pas l'habitude d'ordonner, et le simple fait de le faire suffit à couper la jeune femme dans son élan. En effet, Nymeria prenait place auprès d'eux.

Elle échangea quelques mots avec Lady Ferboys, avant de tourner son regard vers l'autel où déjà, le septon accueillait les jeunes mariés pour l'échange des consentements. Sous les applaudissements de la foule, le nouveau couple Dayne faisait ses premiers pas. Et de toute la cérémonie, Nymeria ne lui avait adressé si regard, ni parole.


©️ Belzébuth

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    I Don't Want The Crown, I Only Want You
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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Vorian Dayne
DORNE
■ Localisation : Les Météores
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Mar 6 Fév 2018 - 22:26

Les raisins de la colère

ft.






« Que seraient les richesses si elles ne pouvaient pas être partagées avec mes vassaux les plus fidèles ? Ser Redwyne, lady Laoren, j’espère que vous saurez apprécier les festivités. »

Alors que Nymeria Martell passait son chemin pour rejoindre le premier rang, ses suivantes lui emboîtant le pas, Vorian se plia de nouveau d’une révérence de circonstance. La présence de la Princesse Régente était un immense honneur, et source d’une grande fierté pour le Dayne. Il n’avait beau jamais avoir été que le troisième de la ligne de succession à son père, c’était peut-être bien la première fois que la personne qui occupait le trône de Dorne assistait à l’union d’un seigneur des Météores.

Alors que le soleil commençait à gracieusement décliner dans l’azur, alors que les vapeurs d’encens s’élevaient sous les voutes hautes et ocres du septuaire de Lancehélion, la cérémonie commença. Le septon maniait bien ses sacrements et ses sermons, Vorian en était satisfait. Il n’était pas toujours évident de trouver un prêtre dornien très rigoureux sur la liturgie et la célébration. Le peuple de Dorne avait beau grandir baigné par la lumière des Sept-Qui-ne-Font-Qu’Un, il restait peu pratiquant. Cela s’expliquait par la société libre qu’était celle des descendants de la Rhoyne, aussi libre dans les mœurs que les traditions. La religion était secondaire ici, bien plus qu’ailleurs, bien plus qu’au Bief. Les Dorniens n’étaient pas simplement volages, ils étaient aussi les fils des dieux de la rivière, la progéniture exilée de Rhoyne, fuyant la calamité et la furie draconique. Vorian connaissait bien l’histoire de son peuple. Tout avait commencé avec la fondation de Volantis à l’embouchure du grand fleuve. Lorsque la conquête avait débuté et que les Valyriens avaient amené des centaines de dragons pour consumer les grandes villes, l’empire de la Rhoyne et ses cités aquatiques s’étaient effondrés. Ne restaient plus aujourd’hui que des ruines calcinées envahies par la vermine, et les derniers descendants des Rhoynars, le peuple de Dorne, conduit ici par Nymeria, la dernière princesse.

« Père, Forgeron, Guerrier, Mère, Vierge, Aïeule, Étranger. Je suis sien, elle est mienne, jusqu'à la fin de mes jours. »

Alors qu’il prononçait les vœux sacrés en plongeant son regard droit dans celui de celle qui devenait à cet instant précis son épouse, Vorian y lut une lueur terrible. Il y avait tant de choses dans ce regard : résignation, peur, colère, haine… Tous ces sentiments le stupéfiaient. Laoren Redwyne avait toujours été cette petite fille à la langue bien pendue, toujours prompte à poser mille et une questions à tous sur tout ce qui pouvait exister. Elle avait bien grandi depuis le temps, et elle était aujourd’hui une femme faite, épousant un seigneur – lui – pour accomplir son destin de noble demoiselle de La Treille.

Lorsque la cérémonie toucha à sa fin, les deux époux nouvellement consacrés par les liens sacrés du mariage sous le regard des hommes et des dieux firent face à l’assistance qui se laissa aller à des applaudissements pour saluer les nouveaux mariés. Vorian, mal à l’aise devant tant de monde, offrit gauchement son bras à Laoren qui le prit sans même lui jeter un regard. Alors qu’ils saluaient leurs invités en attendant de remonter l’allée centrale pour aller au banquet qui les attendaient, elle ouvrit la bouche pour la première fois à destination de celui qui était désormais son époux.

« Jamais, jamais je ne vous pardonnerai. »

Vorian tressaillit sous la surprise et se tourna vers elle, jetant sur sa jeune épouse un regard où se mêlaient surprise et choc. La violence de la phrase le laissait seul avec sa conscience et son histoire. Jessamine lui avait été enlevé des années plus tôt, par un contexte idiot et elle avait refait sa vie ailleurs. Laoren pouvait ne pas pardonner, elle n’en restait pas moins son épouse. Mais par les Sept, qu’il la comprenait ! Alors, il tourna de nouveau le regard vers cette assistance festive et répondit pour elle seule, d’une voix décidée, ferme et assumée.

« Moi non plus. »

Puis, sous les vivats, ils descendirent de l’estrade bras dessus bras dessous et entreprirent de remonter l’allée centrale sous les sourires et les salutations. Certains des proches amis de Vorian avaient fait le déplacement, chevaliers liges ou fils de maisons voisines, ils étaient là et donnaient un peu de baume au cœur du Dayne. Au moins aurait-il de véritables soutiens ce soir.

Le banquet se tenait dans les jardins des Martell. De grandes tables avaient été installées sous les dattiers et les grands arbres secs dorniens. Sur une estrade siégeaient les mariés à la table de la Princesse régente, entourés de près par la mère et la sœur de Vorian, ainsi que Lyam Redwyne, assis entre Nymeria elle-même et la sœur de Vorian. De l’autre côté, le seigneur des Météores était à drôite de la Princesse, venait ensuite Laoren elle-même flanquée de Nelia Vaith. Manfrey Martell, son épouse et quelques autres complétaient l’assistance de cette table principale. Tout respirait Dorne, ici. La nourriture était épicée et riche en couleurs. On trouvait du serpent, du poisson et d’autres viandes plus tendres et conventionnelles. Des dattes, des fèves, des noix gorgées d’eau et d’autres carottes accompagnaient les plats. Des cracheurs de feu, des jongleurs et des bardes assuraient le divertissement alors que le jour continuait de décliner et que l’on suspendait des lampions pour éclairer la fête qui continuait de battre son plein. Le Dayne profita d’un moment de répit pour s’adresser à sa suzeraine, située à sa gauche.

« Votre Altesse, je souhaitais vous remercier encore un fois, non pas en tant que vassal ou seigneur reconnaissant – bien que je le sois ! – mais plutôt en simple homme heureux de célébrer son mariage dans un si beau cadre. Et en telle compagnie, si vous me permettez. Merci. » conclua-t-il avec un regard reconnaissant et franc dirigé droit dans les yeux de celle qui gouvernait Dorne.

Vorian, tu pourrais peut-être essayer de la mettre à l’aise. Regarde comme elle est tendue, la pauvre petite.

Encore une fois, la sœur décédée de Vorian voyait juste. Laoren Redwyne était tout sauf pleinement à l’aise, alors qu’elle s’était trouvée en plus séparée de son frère par les rigueurs du protocole diplomatique. Vorian but une gorgée de vin avant de se pencher vers son épouse, pour lui parler discrètement, sans que les autres n’écoutent.

« Vous devriez essayer le vin. Ce n’est pas un La Treille, mais il a son charme aussi, Laoren. »

Vorian !! Vraiment ? C’est tout ce que tu peux trouver, espèce de butor indécrottable ? Nous t’avons tous connu plus volubile avec les filles aux Météores !

Vorian pesta contre sa maladresse et le fantôme de sa sœur, une fois de plus dans le vrai. Alors, il se décida plutôt à attraper le poignet de son épouse par-dessous la table pour ainsi provoquer un contact visuel entre eux.

« Je sais que tu m’en veux, et crois-moi que tu n’es pas la seule. Je suis désolé de tout ce qui arrive, quand bien même j’ai la plus grande part de responsabilité là-dedans. Je voudrais simplement te dire que tu es très belle aujourd’hui, que tu rayonnes et j’espère que malgré tout cela, nous parviendrons à jour à nous entendre. »


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Nymeria Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Lun 26 Fév 2018 - 11:42

 
Les raisins de la colère

Alors que l’astre solaire déclinait doucement dans le ciel, les festivités battaient leur plein dans le plus vaste jardin du Palais Vieux. Plusieurs tables avaient été dressées, toutes perpendiculaires à la table principale sur laquelle les mariés et leur famille étaient installés aux cotés de la famille régnante de Dorne. Tous n’appréciaient pas le moment autant que les autres, il suffisait de jeter un œil à l’héritier des Redwyne pour comprendre que malgré sa courtoisie apparente, il n’avait aucune envie de se trouver là, et qu’il aurait mille fois préféré avoir à se battre contre ses hôtes plutôt que de faire la fête avec eux.

La chose importait peu à Nymeria, elle n’avait aucun amour pour les bieffois non plus, il n’était là que pour maintenir les apparences. Maintenir les apparences, et être témoin de ce qui allait se jouer, pour les rapporter à ses supérieurs quand le temps serait venu. Elle-même prenait un certain plaisir aux réjouissances, mêmes si elles étaient plus sobres que ce qu’elles pouvaient parfois être au sein du foyer des Martell. La Régente aurait sans doute préféré avoir Myriah à ses côtés également plutôt que Lyam Redwyne, mais il fallait maintenir les apparences, et sa conseillère et amie se trouvait sur une autre table, pour le moment du moins. Elle trouverait bien un prétexte pour la faire venir à sa table, ou bien elle la rejoindrait plus tard, une fois qu’elle aurait fait toutes les annonces qui devaient encore être faites.

Le marié profita d’un moment entre deux plats servis pour s’adresser à elle, visiblement toujours aussi reconnaissant d’être présent ici, et ce malgré l’évidente répugnance de son épouse à avoir dû l’épouser. Nymeria ne connaissait rien de ce qui avait pu unir un jour le Seigneur des Météores à sa nouvelle dame, même si elle ne doutait pas que la chose ne tarderait pas. Menaka était là pour ça, après tout, et elle se ferait probablement un plaisir de le découvrir pour elle. La Lysienne avait été placée non loin de Myriah, même si leur rang officiel aurait dû en décider autrement. La Régente avait insisté sur ce point, curieuse de voir comment les deux femmes se comporteraient l’une envers l’autre, ne sachant toujours pas exactement quelles étaient leur relation. La Ferboys lui avait dit qu’elles n’en avaient aucune, si ce n’était que c’était elle qui avait choisi la nouvelle ombre lige de sa souveraine, mais la Martell avait cru discerner autre chose dans les mots de Menaka, quand elles avaient évoqué ensemble le sujet de Myriah.

« Votre Altesse, je souhaitais vous remercier encore un fois, non pas en tant que vassal ou seigneur reconnaissant – bien que je le sois ! – mais plutôt en simple homme heureux de célébrer son mariage dans un si beau cadre. Et en telle compagnie, si vous me permettez. Merci. »

Soutenant le regard du Dayne, la Princesse apprécia à quel point un geste qui lui coutait au final si peu pouvait avoir un effet aussi grand. Il n’y avait qu’à Dorne, pensait-elle, qu’un souverain pouvait vraiment apprécier une telle honnêteté, les Targaryen ne devaient pas avoir droit à pareil traitement, tout empêtrés dans leur grandeur qu’ils voulaient jeter à la face du monde.

« J’espère que vous resterez aussi heureux qu’en ce jour pour le reste de votre mariage, monseigneur, et que vous vous aurez bientôt d’autres raisons de vous réjouir… » Sur un ton un peu plus amusé, elle baissa légèrement légèrement la voix pour poursuivre : « Mais même à Dorne, un homme devrait réserver ses compliments à sa femme et pas à une autre le jour de son mariage. »

Croquant dans une datte, elle attendit quelques secondes avant de profiter de l’attention de son invité pour lui demander, plus sérieusement :

« Comment se déroule l’entrainement de mon cousin, Lord Dayne ? Des progrès notables ? »


Ailleurs dans les jardins, le vin coulait à flot, et la musique accompagnait les cris et les rires des invités. Mis à part les quelques bieffois, tous profitaient de l’occasion de participer à une célébration à Lancehélion, ceux des sujets de la Princesse Régente qui vivaient loin de la capitale les premiers. Ils n’avaient pas souvent l’occasion de le faire, et comptaient, comme tout dornien qui se respectait, tirer le maximum de chaque plaisir qui leur était offert. C’était une chose certaine, le couple nouvellement uni ne serait certainement pas le seul à profiter de sa nuit… L’alcool aidant, les discussions se faisaient plus libres, les gestes moins maniérés, il était plus que temps pour Nymeria ne mettre ses pions en place, avant que les esprits ne soient trop embrumés par les consommations et les envies. Posant une main sur l’épaule du Dayne, elle quitta son siège et prit sa coupe en main, avant d’attirer l’attention de la foule d’une voix forte :

« Aujourd’hui est un jour de célébrations, nous sommes tous témoins de l’union de deux Maisons qu’il y a quelques années encore, nous n’aurions pas pu imaginer dessiner un avenir main dans la main. Espérons que ce mariage, comme celui de de mon cousin et héritier il y a quelques années, pourra être ce lien qui dissuadera les Dragons de tenter encore une fois la folie de nous soumettre ! Je bois à la paix entre les Royaumes, à la prospérité de nos terres, et au seigneur des Météores, à qui je souhaite de trouver ce qu’il cherche dans ce mariage ! »

Joignant le geste à la parole, rapidement suivie par l’assemblée, Nymeria avala une gorgée de sa coupe d’un trait, avant de poser à nouveau les yeux sur les seigneurs présents, attendant que chacun reporte son attention sur elle avant de continuer.

« Les Royaumes sont en paix, oui… Mais il ne faut pas pour autant être naïf. Beaucoup d’entre vous sont des seigneurs et des dames de nos frontières, vous connaissez autant que moi la situation là-bas. Rebelles, bandits… Appelez-les comme vous voulez, mais ils sont une épine dans votre flanc, et par conséquent dans le mien. Trop longtemps leur présence a été tolérée, et ce malgré les actes ignobles qu’ils ont pu commettre. Désormais ils pillent nos richesses et tuent notre peuple, mais il n’y a pas si longtemps, c’est le sang de ma famille qu’ils ont versé, ma mère qu’ils ont assassiné ! Alors aujourd’hui, messeigneurs, il est temps, temps pour nous d’unifier Dorne derrière la bannière des Martell, de pouvoir enfin crier sans aucune honte et sans mentir que la Terre des Sables est pleine et entière, que personne ne conteste l’ordre établi! Aujourd’hui, je vous fais la promesse qu’avant la fin de la prochaine lune je rassemblerai nos armées, et qu’ensemble nous ferons ce que mes prédécesseurs ont échoué à faire. Ensemble, nous éradiquerons ces rebelles de la tête à la racine, et enfin, plus aucun dornien ne sera plus en danger sur les terres qui leur appartiennent ! »

Il fallait s’y attendre devant pareille audience, qui depuis des mois déjà subissait des attaques réfléchies, trop pour venir de simples bandits, mais son annonce déchaîna les passions. Certains d’entre eux avaient déjà demandé officiellement à leur souveraine d’intervenir dans cette affaire, d’autres cherchaient probablement encore un moyen de le faire. Il fallut à la Princesse Régente attendre que les vivats se calment pour reprendre la parole, devant une audience qui lui était désormais plus qu’acquise, si ce n’était pas encore le cas auparavant.

« Pour ce faire, j’ai décidé qu’il était temps pour moi d’élargir un peu plus mon Conseil. Mon oncle et Lady Ferboys sont des piliers sur lesquels je peux m’appuyer avec une confiance sans faille, mais nos nouveaux projets appellent un guerrier, un stratège capable de me seconder dans les préparations et les planifications qu’il faudra faire pour que cette campagne soit un succès total, et que les rebelles ne soient plus jamais un problème. Et quel meilleur choix que celui qui porte la réputation d’être le meilleur guerrier de nos terres ? »

Se tournant toute entière vers le seigneur Dayne, lui offrant un sourire en coin. Tout cela était une mise en scène particulièrement bien huilée, néanmoins il était effectivement le meilleur choix disponible pour la position. Il était peu probable qu’il refuse un tel honneur, d’autant plus après les faveurs dont il avait fait l’objet, et devant ses pairs désormais galvanisés par l’idée d’enfin obtenir vengeance pour le meurtre de leur ancienne Princesse Régente et tous les pillages qui avaient eu lieu.

« Lord Dayne, vous m’avez déjà fait l’honneur d’accepter de former mon héritier à l’art du combat, aujourd’hui je vous le demande, accepterez-vous de devenir mon conseiller en matière militaire, avec les responsabilités que cela implique ? »
Codage par Libella sur Graphiorum
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Menaka
DORNE
■ Localisation : Lancehélion
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Mar 27 Fév 2018 - 18:48


La Squad

Les raisins de la colère


Père, Forgeron, Guerrier, Mère, Vierge, Aïeule, Étranger. Je suis sienne, il est mien, jusqu'à la fin de mes jours. Pitié. Quelle niaiserie insupportable ! Non pas tant cette ribambelle de dieux aux noms affreux -devrions-nous seulement en parler?, mais cette phrase d’appartenance. Il était pourtant visiblement clair que la mariée était plus suppliciée qu’autre chose. Au-dessus de leurs mains jointes trône une étoile à sept branches. Ce dieu aux sept visages me laisse sceptique. A mon arrivée, j’avais tôt fait d’apprendre la langue commune. Si je me foutais d’être comprise, sachant pertinemment que le corps était un langage bien plus communicatif que des lettres et des syllabes, ne pas comprendre était autre chose. Quand les serviteurs du château avaient -enfin- osé m’approcher pour de me demander si je voulais les accompagner au septuaire, mon regard avait été profondément indifférent. A ce jour, je ne m’étais toujours pas intéressée à eux et, sachant qu’ils n’en avaient aucun pour moi, cela ne changerai pas. Je vénérais notre déesse lysienne, fertile et ronde, l’esprit de ma mère et la force d’Abilash. Par-dessus tout, j’avais foi en moi et, par conséquent, n’avait pas besoin de la placer en une idée édulcorée d’une étoile ou d’un homme à sept identités. Troublant l’ennui, mortel et étouffant, ma hanche se décale vers la cuisse de mon voisin. Il ne dit rien, ses yeux restent sur le triste spectacle, mais je sens ses muscles frémir et se tendre. Bien évidemment, la maharané ingénue que j’étais aujourd’hui ne l’avait pas fait exprès. En diagonal, mes yeux observent sa riche parure. Si je n’avais pas pris le temps de me concentrer sur la religion de ce nouveau continent, avant le mariage en revanche, j’avais pris de longues heures pour retenir tous les blasons des différentes maisons assujettis à la Maison Martell. Au noir soyeux de sa tunique damassée et à l’or de ses bijoux éclatants, je comprends qu’il doit s’agir d’un des fils Forrest. Un cadet probablement. « Je n’ai pas entendu ton nom… » il murmure et je souris. Je souris à l’étoile que je ne quitte pas des yeux. Allons, une niaiserie insupportable et un parfait idiot, ma journée était couronnée ! Mauvaise mesure, s’il espérait que je lui réponde les épousés m’en empêchent. Alors qu'ils descendent l'allée mortuaire, l’assemblée les applaudis et les acclame. Le noble devrait prendre son mal en patience, le brouhaha ne me permettait pas de lui répondre. Ne me permettrait jamais de lui répondre car, déjà, je rejoins les prestigieuses dames qui entourent leur suzeraine. Allant pour me fondre dans leur essaim chatoyant et bourdonnant, je me retourne pour lui offrir une risette énigmatique. Plus tard, s’il le voulait, on pourrait se retrouver. Je n’en avais aucune envie, j’avais seulement envie de savoir si mes suspicions étaient avérées. Oui, j’attendais avec impatience que Nymeria agite tout ce monde ! 






☼ ☼ ☼






Dans mes mules d’or, je foule silencieusement les pas qui nous mènent au banquet. J’observe sans que personne ne s’en rende compte, je suis fondue dans la masse colorée et heureuse des Dorniens. Quelques pas devant moi, Nymeria avance, reine de ces terres. Si elle déteste ce genre d’événement, elle le dissimule parfaitement. On aurait pu dire qu’elle était née pour briller comme le soleil, à en faire de l’ombre dans le ciel. A ses côtés, d’une démarche moins gracieuse, probablement à cause des ces longues journées à cheval qui savent déformer même les plus belles femmes, la Ferboys avance aussi. D’un pressentiment, je me méfiais d’elle. Elle m’avait donné cette position, elle pouvait me la reprendre. Si la princesse semblait m’apprécier, m’estimer un minimum, le monde qui nous séparait lui permettait de me faire oublier, l’espace d’un claquement de doigt. Un détail duquel je comptais bien m’occuper, habituée à toujours être la meilleure : la plus crainte et la plus adulée. Si je fus surprise qu’un serviteur me place à la table principale, je le fus beaucoup moins d’être en face de la Ferboys. Un souffle carnassier s’empare de moi, la régente était plus fine que je ne l’avais pensé. Le monde ne réservait aucune coïncidence. A quelques chaises de moi, la princesse Arianna et son époux font face à Nymeria elle-même. J’avais pu lire sur ses lèvres sa réaction de tantôt, j’attendais le moment parfait pour me présenter à elle. Nul doute qu’il viendrait plus tard. A présent, c’était au tour de Myriah de passer entre les mailles de mon filet. Avec un doute placide, je regarde les couverts qui jonchent l’assiette plate. Je n’avais mangé que très rarement avec ce genre d’ustensiles, horreur métallique. Il me faudrait attendre de voir quelles étaient les manières, mangeant d'ordinaire de ma main droite, je n’en avais aucune. Ce repas promettait d’être bien ennuyeux ! « Je suis tant heureuse de me trouver face à toi… » A l’instar du souffle qui m’habite, je lui souris. Je ne souris qu’à elle, mes yeux dans les siens, comme si nous nous connaissions depuis de longues années. Après-tout, mon corps n’avait presque aucun secret pour elle -et dans l’esprit de notre hôte, absolument aucun. Après une gorgée de vin Redwyne, l’apex de ma langue vient essuyer une goutte de vin sur ma lèvre inférieure. Sensuel et lascif, ce moment se suspens dans l’air. Si nous sommes toutes les deux ici, moi tant, trop, élevée de mon impure condition ce n’est pas sans raison. Je me demande si elle le comprends, mais je ne le crois pas… elle ne sait pas ce que j’ai pu susurrer à Nymeria lors de notre petit jeu insidieux. Ravie de moi-même, ne souhaitant pas trop en faire, car ceux qui ont partagé leurs corps et leurs souffles pensent toujours être discrets, je la salue d’un mouvement de la tête. Finalement, ce repas ne serait pas tant ennuyeux. Une joie piquante allait s’en émaner.

« Aujourd’hui est un jour de célébrations, nous sommes tous témoins de l’union de deux Maisons qu’il y a quelques années encore, nous n’aurions pas pu imaginer dessiner un avenir main dans la main. Espérons que ce mariage, comme celui de de mon cousin et héritier il y a quelques années, pourra être ce lien qui dissuadera les Dragons de tenter encore une fois la folie de nous soumettre ! Je bois à la paix entre les Royaumes, à la prospérité de nos terres, et au seigneur des Météores, à qui je souhaite de trouver ce qu’il cherche dans ce mariage ! » La voix de la princesse résonne et mes yeux, sous de lourdes paupières fardées, se posent sur son profil. Calmement, elle a placé sa main sur l’épaule du jeune marié. Il semble s’en délecter, autant que ce vin dont tout le monde parle, mais sa jeune femme, qui lui a pourtant promis d’être sienne jusqu’à la fin de ses jours, pas du tout. On dirait une morte maquillée pour une supercherie. Je n’étais pas certaine que Nymeria souhaite réellement la paix entre les royaumes, ce n’est pas ce qui m’avait semblé pendant notre petit entretien. D’ailleurs, je ne serai probablement pas là si ça avait été le cas. Enfin, puisque personne ne connait mon existence -du moins, presque- ils doivent tous tomber pour le sourire magnifique de cet astre admirablement paré. Puisque tout le monde boit, je bois également. C’est vrai qu’il n’est pas mauvais ce vin, j’en ai rarement gouté avec cette âpreté. Enfin non que je sois réellement spécialisée dans sa dégustation, après-tout le lendemain, bon ou mauvais, on en a oublié jusqu’à la couleur ! « Les Royaumes sont en paix, oui… Mais il ne faut pas pour autant être naïf. Beaucoup d’entre vous sont des seigneurs et des dames de nos frontières, vous connaissez autant que moi la situation là-bas. Rebelles, bandits… Appelez-les comme vous voulez, mais ils sont une épine dans votre flanc, et par conséquent dans le mien. Trop longtemps leur présence a été tolérée, et ce malgré les actes ignobles qu’ils ont pu commettre. Désormais ils pillent nos richesses et tuent notre peuple, mais il n’y a pas si longtemps, c’est le sang de ma famille qu’ils ont versé, ma mère qu’ils ont assassiné ! Alors aujourd’hui, messeigneurs, il est temps, temps pour nous d’unifier Dorne derrière la bannière des Martell, de pouvoir enfin crier sans aucune honte et sans mentir que la Terre des Sables est pleine et entière, que personne ne conteste l’ordre établi ! Aujourd’hui, je vous fais la promesse qu’avant la fin de la prochaine lune je rassemblerai nos armées, et qu’ensemble nous ferons ce que mes prédécesseurs ont échoué à faire. Ensemble, nous éradiquerons ces rebelles de la tête à la racine, et enfin, plus aucun dornien ne sera plus en danger sur les terres qui leur appartiennent ! » Enfin. Enfin, il résidait là son coup de génie. Une promesse rougeoyante, une promesse glorieuse ! Les mots de la princesse sont un peu trop rapides pour moi, mais je les entends. Je les comprends tant la verve qu’elle transmet avec eux est saisissante. Autour de nous, cette riche tablée, les silences se sont fait. Les vivats se sont tus. Les visages sont tournés vers la princesse, tous sans exception, et à part les étrangers -moi comprise- les yeux sont fiévreux. Animés d’une volonté partagée, tant que le bas de leur mâchoire s’est légèrement détachée. Leur bouche est entrouverte d’ébahissement. Ils ont hurlé, ils ont applaudi tous habité par la même volonté de revanche. Je connais ce mouvement de foule, ce coeur qui bat pour la même chose, la même volonté. Moi aussi je l’ai connu, ma maison m’a été arrachée et détroussée, mais je me souviens. Je me souviens de ce rythme infernal qui s’emparait de nous, un même battement pour tous. J’étais sur des terres étrangères et jamais encore je ne m’étais autant percutée à cette vérité. Je n’appartenais par à leur monde, n’y appartiendrais jamais, Menaka n’était qu’un nom qui les aiderait. Un nom dont, pour la plupart, ils ne seraient jamais rien. « Pour ce faire, j’ai décidé qu’il était temps pour moi d’élargir un peu plus mon Conseil. Mon oncle et Lady Ferboys sont des piliers sur lesquels je peux m’appuyer avec une confiance sans faille, mais nos nouveaux projets appellent un guerrier, un stratège capable de me seconder dans les préparations et les planifications qu’il faudra faire pour que cette campagne soit un succès total, et que les rebelles ne soient plus jamais un problème. Et quel meilleur choix que celui qui porte la réputation d’être le meilleur guerrier de nos terres? » Je peux voir la fierté qui passe sur le visage de la « Lady Ferboys », elle avait des points d’avance considérable sur moi. Or, à la folie des grandeurs elle se perdrait. Elle ou son fils puisqu'on disait qu’elle avait un jeune fils... Enfin, sa fierté n’est rien comparée à celle insolante du Dayne. A lui, son torse s’est gonflé en un instant, certain de sa force et de sa nouvelle position. Je bois encore quelques gorgées, je n’avais pas forcément confiance en les coupes qui circulaient, mais les précédentes ne m’avaient rien fait. Plus, je portais sur moi un antidote au cas où un épisode de l’histoire de ma terre d’accueil serait répété… « Lord Dayne, vous m’avez déjà fait l’honneur d’accepter de former mon héritier à l’art du combat, aujourd’hui je vous le demande, accepterez-vous de devenir mon conseiller en matière militaire, avec les responsabilités que cela implique? » Ainsi, le piège s’était refermé sur lui. S’il l’avait compris, il n’en laissa rien paraître. Dorne était en marche et les murmures enflèrent et grondèrent de moins en moins calmement. Tout le monde y allait de ses commentaires, de ses idées sur la politique et tout cela devint infernal. Je ne supportais pas toute cette agitation qui me demandait trop de concentration à m’en faire mal à la tête.

Sur moi est posé un brasier et je me détourne vers mon voisin du Septuaire. Il est beaucoup moins proche du centre de gravité que moi, nul doute qu’il doit bien se demander qui je suis. Il me sourit à moitié, l’esprit échauffé par les paroles vivifiantes de la reine du désert. Alors, d’un agréable mouvement du poignet, je le salue du bout de mon verre. J’avais souvent vu les riches dames lysienne faire ainsi, allongée sur leur triclinium, grosses de leurs lingots d’or. Un geste, avec les années, que j’avais appris à analyser et à détecter puisqu’il voulait dire que mes frères étaient sélectionné pour la suite. Parce que ça voulait dire qu'il était un des meilleur, comme moi, j’aimais à savoir Rustom choisi. Je me prends au jeu d'une grande dame et, en me pendant vers elle, je susurre à la gardienne de la voie ; « un jour, je te remercierai pour tout cela. » Sous la table, ma cheville s’est collée contre la sienne, elle n’est pas aussi candide et généreuse que mes paroles. Elle est dure et violente, persistante, alors que je continue avec jovialité ; « pour nous tous, vous êtes un exemple Dame Ferboys, c’est un honneur que de pouvoir partager ce banquet à vos côtés. » « Je partage les dires de ma belle convive, Dame Myriah vous êtes un exemple pour nous tous. Je bois à vous ! » Mon voisin, âgé, merveilleusement vêtu, me fait signe de se joindre à lui. Très vite suivi de quelques voisins, nous buvons à cette femme qui a acheté son malheur à pesant d’or. O merveilleuse légèreté du temps !

AVENGEDINCHAINS

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I'm well acquainted with villains that live in my bed They beg me to write them so they'll never die
   
crackle bones
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Myriah Ferboys
DORNE
■ Localisation : Auprès de Nymeria Martell
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Mer 28 Fév 2018 - 0:15

Les raisins de la colère Bien que certaines familles de Dorne aient été historiquement des maisons suivant la religion des Sept, depuis l'arrivée des Rhoynars beaucoup de choses ont changées et ces maisons suivent toujours la même religion leurs membres la suivaient dorénavant à leur manière. La famille de Myriah était d'ascendance Andale mais s'était mêlée à d'autres maisons qui elles-même s'étaient mêlées aux Rhoynars alors certes cet historique et son mariage avec un chevalier comptaient, la conseillère était loin d'être une fervente suivante de la religion et après un mariage aussi court que le sien elle n'avait qu'une hâte : que la cérémonie se termine pour qu'elle puisse sortir.

Lorsqu’enfin l'union fut scellée, toute l'assemblée se leva comme un seul et même corps et tous applaudirent le couple qui se mit à descendre l'allée centrale pour quitter le septuaire. Tous les convives quittèrent le lieu sacré pour reprendre le chemin du palais et plus particulièrement des jardins où le banquet attendait. Myriah fut placée par un des serviteurs à la table d'honneur où en plus des mariés, de leur famille et des Martell se trouvaient plusieurs grands seigneurs de Dorne et ... Menaka. La Ferboys s'installa à sa place du seigneur Dalt et de son épouse ce se fut la lysienne qui prit la parole en s'adressant exclusivement à la brune. Myriah posa son regard sur son interlocutrice.

- Le plaisir est partagé, répondit-elle en abordant le même sourire que son interlocutrice.

Elle se doutait que la présence de Menaka au banquet était une manœuvre parfaitement exécutée par Nymeria pour qu'elle se fonde dans la masse et exécute ce pourquoi elle avait été amenée à Dorne. En revanche la Ferboys n'appréciait pas réellement la présence aussi proche de la lysienne, elle avait l'impression que cela faisait écho aux doutes de la princesse évoqués au retour de la conseillère et s'il s'agissait-là d'une mise à l'épreuve elle en parlerait à la Martell. Évitant de montrer trop de frustration elle se contenta de rapidement lui adresser un clin d’œil amical avant de se saisir de sa coupe de vin et de boire quelques gorgées de l'alcool amené par la famille Redwyne.

Les rires et les conversations se turent lorsque Nymeria se leva de son siège, toutes les personnes présentes se suspendant à ses lèvres et ce qu'elle se préparait à annoncer. Myriah tourna la tête vers la princesse de Dorne et l'écouta attentivement. La première partie de l'annonce de la régente n'étonna pas la conseillère qui bu avec plaisir une nouvelle gorgée de vin en l'honneur des mariés. La tirade reprit et la Ferboys se figea en poussant un hoquet de surprise tandis que son esprit enregistrait l'information importante qui venait d'être annoncée : enfin Nymeria allait rassembler les armées de Dorne pour combattre le Fléau des Montagnes Rouges. Serrant ses doigts autours de sa coupe elle roula les yeux vers le ciel, définitivement soulagée que la princesse agisse, puis elle prit le temps de regarder les seigneurs et dames qui se réjouissaient de la décision prise par leur Régente. Et les plus véhéments dans leurs acclamations étaient sans surprise les Ferboys, Wyl, Forrest, Poulet et les quelques autres maisons touchées par les pillages et les meurtres. Si Nymeria avaient des doutes à propos de Myriah, ceux de cette dernière venaient de s'estomper suite à cette annonce.

La régente de Dorne poursuivit son discours en abordant son souhait d'agrandir son Conseil. Si Myriah savait parfaitement de quoi il retournait elle ne pouvait en revanche pas s'empêcher de ressentir de la fierté lorsque Nymeria clama avoir toute confiance en ses conseils actuels. Et accueillir lord Vorian Dayne était un excellent choix. L'attente pour connaître l'élu fut de courte durée et l'annonce du nom jeune marié fut fut suivie de nombreux commentaires sur la marche à suivre, émis par une majeure partie des invités. La Ferboys se détourna pour boire à nouveau de son vin et faire abstraction du bruit ambiant mais la tentative fut vaine car quelqu'un venait de l'interrompre. Un jour, je te remercierais pour tout cela, venait de murmurer Menaka avant qu'une cheville ne vienne se presser avec force contre celle de Myriah. Surprise elle fronça légèrement sourcils avant de vivement de éloigner son pied mais elle n'eut pas le temps de réagir que la lysienne la louait à voix haute, amenant son voisin -lord Qorgyle- à suivre le mouvement en buvant à la santé de la conseillère et quelques autres firent de même. Ne sachant quoi penser de ce que venait de dire Menaka et flattée par le compliment d'un seigneur tel Mors Qorgyle, Myriah prit soin de calmer le jeu.

- Je vous remercie mais nous devons avant tout boire en l'honneur de nos jeunes mariés et de Dorne, dit-elle avant de son lever sa coupe et de boire une nouvelle gorgée de vin de la Treille. Puis une fois que chacun fut retourné à ses discussions, Myriah regarda à nouveau Menaka. J'espère que les festivités te plaisent, cela doit être si différent de Lys !
©️ 2981 12289 0

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Nous gardons la voie
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Laoren Redwyne
DORNE
■ Localisation : La Treille
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Mer 14 Mar 2018 - 15:46

Les Raisins de la Colère

Incessante, puisqu’on la voulait telle, puisque ces dorniens voulaient par dessus tout montrer que leurs célébrations n’avaient pas d’égales, et que peu leur importaient les drames qu’ils couvraient de leurs cris de joie et de leur alcool à profusion, la célébration continuait. Installée sur le banc d’honneur, aux côtés des Martell eux-même, n’importe quelle jeune fille, quelle que soit son extraction, aurait du être honorée par pareil traitement, emplie d’illusions quant à son importance dans un monde qu’elle ne comprenait pas. Je n’étais pas de celles-là. Jamais je n’avais apprécié le devant de la scène, les dîners protocolaires de la Treille étaient une torture durant laquelle j’étais assise aux côtés de mes sœurs, de mon frère, plus comme un membre de leur famille qu’ils aimaient pour ce qu’elle était, mais comme une attraction, un point d’observation pour ces invités qui cherchaient dans la famille d’un des plus riches seigneurs du monde connu un moyen de s’élever à ses côtés et de partager son vin et ses richesses. Une représentation, destinée à nous exposer comme un bien que l’on pouvait acquérir comme les autres, cruelle destinée à laquelle nous avions toutes fini par succomber enlevées à notre monde pour la gloire d’un Père.

Celle-ci, pour autant, était pire que les autres. Elle était le pinacle de ma destinée, vue par le monde entier comme le moment où je devais m’élever pour la gloire de ma famille, ancienne et nouvelle, et pourtant il ne s’agissait que de ma chute. Interdite, c’étaient les seules pensées qui me traversaient l’esprit tandis que se devant moi les plats et le vin se succédaient à la santé et au bonheur d’un nom que l’on voulait me voir porter, mais qui ne serait jamais vraiment le mien. Et parce qu’ils semblaient n’avoir aucune compassion, ces gens du désert, il avait fallu qu’ils me séparent de mon frère, pour le placer comme une proie facile pour la carnassière princesse, qui ne devait attendre que d’en faire son prochain repas. Et lui était là, occupé à festoyer comme s’il goutait réellement cet endroit, cette compagnie, alors qu’il m’en parlait encore il y avait quelques heures à peine comme des ennemis transformés en associés par la folie de leur père ! Les mots qu’il m’avait fallu proposer m’avaient-ils également ôté toute sympathie de sa part ? Ses promesses, ses serments, ne semblaient plus que des mots vides de sens quand je l’observais sourire aux plaisanteries de nos hôtes, couvant la Princesse Guérrière d’un regard que je reconnaissais facilement, ils étaient nombreux à avoir posé le même sur mes sœurs, l’homme à ma gauche n’étant pas en reste en la matière.

J’avais cru qu’au moins, nous pouvions trouver un accord sur l’hypocrisie totale de ces festivités, sur le fait qu’il n’y avait aujourd’hui rien qui vaille de telles réjouissances. N’avait-il pas dit, au sortir du septuaire, que lui non plus ne pourrait se pardonner ? Quand il me l’avait confié, j’avais cru que peut-être, il restait un peu de cet homme que j’avais admiré enfant, celui qui avait eu l’honnêteté et le courage d’affronter mon père pour les faveurs de Jessamyne. Qu’au fond, il regrettait de ne pas avoir fait marche arrière, qu’il voulait se repentir, mais c’était tout autre chose que je pouvais observer désormais. Lui mangeait à sa faim, goutait au vin et aux liqueurs, il flattait même sa souveraine, bouffi d’orgueil qu’il devait être de pouvoir s’asseoir à ses cotés… De celui qui se repentait, il n’y avait plus aucune trace. Sans doute l’avais-je rêvée cette révélation, dans ma naïveté et mon envie de croire que tout cela n’était qu’une mise en scène macabre issue de mon imagination, dont je sortirais dès que viendrait le chant du coq. Ça, ou bien il devait me prendre pour une jeune ingénue à qui un peu de sympathie suffisait pour gagner ses faveurs… Ô combien il se trompait sur ce point, peut-être pour mon malheur, car si ça avait été le cas, je ne serais peut-être pas ici aujourd’hui, mais dans un autre château, follement amoureuse d’un autre homme qui aurait su me glisser les bons mots à l’oreille. Mais je n’avais jamais été de ce genre là, trop naïve pour me faire à l’idée que mes rêves ne pourraient jamais être réalités, et trop intelligente pour croire que n’importe qui pourrait les réaliser.

« Vous devriez essayer le vin. Ce n’est pas un La Treille, mais il a son charme aussi, Laoren. »

Au moins, il n’avait pas oublié entièrement mon existence, sans doute devais-je être reconnaissante de ce fait, d’une certaine manière. Mais s’il me fallait conserver les apparences pour le bien de ma famille aux yeux de cette assemblée exotique, pour lui, je n’en avais aucune envie. Ne mouvant qu’à peine mon visage pour lui jeter un regard en coin, je m’apprêtais à lui signifier que je n’avais aucune envie de boire, que ce soit à sa santé, à la mienne, ou à celle de sa si précieuse princesse, et qu’aucun vin si ce n’étaient ceux de mon île ne méritaient d’être appelés ainsi, quand il saisit mon poignet, probablement encouragé par l’alcool ingurgité qui devait lui être monté à la tête.

« Je sais que tu m’en veux, et crois-moi que tu n’es pas la seule. Je suis désolé de tout ce qui arrive, quand bien même j’ai la plus grande part de responsabilité là-dedans. Je voudrais simplement te dire que tu es très belle aujourd’hui, que tu rayonnes et j’espère que malgré tout cela, nous parviendrons à jour à nous entendre. »

De bien belles paroles, encore une fois, mais qui ne me semblaient pas plus honnêtes que les autres. Comment pouvait-il être désolé quand il était le seul qui aurait pu empêcher que tout cela arrive, quand rien d’autre qu’une relation distante avec mon père n’aurait été le prix d’un tel refus ? Nos familles n’avaient aucune histoire commune, pas plus que des liens primordiaux sans lesquels elles n’auraient pu vivre ou prospérer, et malgré ça, il avait accepté. Vorian pouvait bien essayer de me faire croire qu’il était désolé autant qu’il le voulait, je ne goberais pas ses paroles comme la seule vérité qui existait au monde. Dégageant mon poignet, je saisis la coupe de vin en face de moi pour en prendre une gorgée, avant de reposer mon regard sur lui, aussi froide que je pouvais l’être.

« J’imagine que c’est un bon remplacement, quand on a pas la possibilité de boire un vrai vin… Ceci dit, le remplacement des meilleures solutions semble évident, comme thème de ces festivités, nous le savons l’un comme l’autre, monseigneur »


Sans doute aurait-il trouvé d’autres excuses, d’autres flatteries à me chuchoter pour tenter de prouver qu’il n’était pas le lâche qu’il avait prouvé être, mais la souveraine Martell profita de cet instant pour se lever et prendre la parole. Si elle était terrifiante à sa manière, tant dans ses mots que son attitude, il fallait bien lui reconnaître une qualité : elle avait réussi, là où toutes les femmes de Westeros échouaient en permanence. Elle avait réussi à imposer aux hommes une femme de pouvoir, qui n’avait pas besoin d’homme pour lui servir de justification, ou pour lui faire de l’ombre. Si un jour je devais l’admirer ou l’apprécier, ce serait pour cette raison et pour nulle autre, car elle resterait toujours l’incarnation des ennemis ancestraux de mes terres, et de mes suzerains légitimes. Si je ne m’étonnai pas de l’expression guerrière de ses mots, le fait qu’elle propose au Dayne d’entrer dans son conseil avait bien plus pour me troubler. S’il devait accepter, ce qu’il ne manquerait certainement pas de faire, je me retrouverais coincée dans ce Palais étranger, bien plus loin de mon île que les Météores, sans compter que si là-bas je pourrais éventuellement compter sur un peu de tranquillité, il y avait ici des yeux partout, à commencer par cette suivante au sourire meurtrier, qui semblait désormais s’être trouvé une nouvelle proie, du moins pour le moment… Tout le monde criait sa joie de bientôt partir verser le sang, moi je ne voyais qu’une fois de plus, ma liberté s’éloigner encore plus hors de ma portée.

Je n’avais aucune envie d’avoir à féliciter un homme que je n’arrivais déjà pas à saluer poliment sans me forcer pour un poste que j’aurais voulu qu’il refuse, je profitais donc de l’agitation ambiante pour glisser de ma chaise, et me rapprocher de la seule figure qui ne m’avait pas semblé d’emblée hostile sur ces terres bien trop chaudes pour moi. Bien sûr, approcher le Prince Manfrey signifiait aussi approcher son cerbère Lannister, et m’exposer à ses réflexions, mais dans le pire des cas, je pourrais toujours me retirer et m’excuser de les avoir importunés. Aidée dans mes efforts de discrétion par l’agitation globale, je parvins à me retrouver au coté du jeune prince, à qui je glissai, un sourire forcé aux lèvres, peu habituée à parler à la royauté :

« Votre cousine sait comment exalter les foules, Votre Altesse. »


Amèrement, je me demandais si lui aussi avait grandi dans l’ombre d’une famille trop talentueuse, trop charismatique pour lui, même si cela semblait peu probable tant il semblait à l’aise en public. Espérant ne pas avoir encore attiré l’attention de la Lionne du désert, j’enchaînai rapidement, pour avoir au moins le temps de communiquer ce que j’étais venue lui dire :

« Je… Je voulais vous remercier pour votre accueil tout à l’heure. J’avais besoin d’une présence rassurante aujourd’hui, et votre geste, même s’il devait être bien peu de chose pour Votre Altesse, a voulu dire beaucoup pour moi. Vous avez toute ma gratitude. »
Codage par Libella sur Graphiorum
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Manfrey Martell
DORNE
■ Localisation : Lancehélion, à Dorne
MessageSujet: Re: Les raisins de la colère   Mar 10 Avr 2018 - 18:00




Les Raisins De La Colère
Manfrey avait vécu la cérémonie dans une sorte de transe. L'encens qui embaumait le septuaire, la farandole des couleurs vibrantes et le rythme quasi psalmodique des paroles sacrées échangées entre les deux époux avait de quoi transporter dans un autre monde. Un monde où il était possible pour un dornien d'épouser une biefoise, un monde où les femmes de petite vertu côtoyaient les princesses, un monde avec ses propres codes, loin, très loin des affres de la lutte de pouvoirs. Pourtant, alors que la salle applaudissait les jeunes mariés, peu se laisseraient duper. Cette union sous le soleil de Lancehélion n'avait rien d'un acte innocent. Le faste déployé, la présence même de la Régente, tout dans cet événement criait à la face du monde que quelque chose se préparait. Quelque chose de grand, d'important, et sur lequel, le moment venu, les mots ne seraient pas assez forts pour se poser dessus sans n'en dévoiler que le quart de vérité. Et tandis qu'il joignait ses applaudissements à ceux de la foule, tandis qu'Arianna et lui avançaient vers le banquet et les reste des festivités, un plis se dessina sur le front du jeune homme. Que se passe-t-il ?

☼ ☼ ☼

« Aujourd’hui est un jour de célébrations ! » Majestueuse, Nymeria venait de réclamer le silence pour lever, comme le voulait la coutume, un verre au nouveau bonheur matrimonial consacré. « Nous sommes tous témoins de l’union de deux Maisons qu’il y a quelques années encore, nous n’aurions pas pu imaginer dessiner un avenir main dans la main. Espérons que ce mariage, comme celui de mon cousin et héritier il y a quelques années, pourra être ce lien qui dissuadera les Dragons de tenter encore une fois la folie de nous soumettre ! Je bois à la paix entre les Royaumes, à la prospérité de nos terres, et au seigneur des Météores, à qui je souhaite de trouver ce qu’il cherche dans ce mariage ! » Assis non loin, une main passée dans la nuque de son épouse, Manfrey leva sa coupe en direction de sa cousine pour trinquer lui aussi. « A la paix ! » fit-il, tout en lançant un sourire en direction de sa cousine. Il la connaissait trop pour ne pas savoir que ces premières paroles n'étaient qu'un prémisse. Ainsi, son intuition première ne l'avait pas trompé : elle avait bel et bien une annonce à faire. Restait encore à savoir de quel genre d'annonce il s'agissait... « Les Royaumes sont en paix, oui… Mais il ne faut pas pour autant être naïf. Beaucoup d’entre vous sont des seigneurs et des dames de nos frontières, vous connaissez autant que moi la situation là-bas. Rebelles, bandits… Appelez-les comme vous voulez, mais ils sont une épine dans votre flanc, et par conséquent dans le mien. Trop longtemps leur présence a été tolérée, et ce malgré les actes ignobles qu’ils ont pu commettre. Désormais ils pillent nos richesses et tuent notre peuple, mais il n’y a pas si longtemps, c’est le sang de ma famille qu’ils ont versé, ma mère qu’ils ont assassiné ! Alors aujourd’hui, messeigneurs, il est temps, temps pour nous d’unifier Dorne derrière la bannière des Martell, de pouvoir enfin crier sans aucune honte et sans mentir que la Terre des Sables est pleine et entière, que personne ne conteste l’ordre établi! Aujourd’hui, je vous fais la promesse qu’avant la fin de la prochaine lune je rassemblerai nos armées, et qu’ensemble nous ferons ce que mes prédécesseurs ont échoué à faire. Ensemble, nous éradiquerons ces rebelles de la tête à la racine, et enfin, plus aucun dornien ne sera plus en danger sur les terres qui leur appartiennent ! » De nouvelles rasades furent bues, à la gloire de Dorne, de sa Régente, de ce discours patriotique qui résonnait en chacun des présents. Pour Manfrey, il commençait doucement mais sérieusement à générer un mince filet de sueur, qui prenait racine au sommet de son crâne pour doucereusement se frayer un chemin le long de sa nuque. Il frissonna. A ses côtés, Arianna ressentait son trouble, et glissa une main dans la sienne, pour la serrer. Leurs regards se croisèrent.

Mais Nymeria ne se pressa pas. Elle savourait, enveloppant toute l'assistance de ce regard dont elle seule avait le secret. Ce regard souverain, de celui qui fait peser le poids du respect, et qui s'assure un auditoire attentif. Avant de se lancer. « Pour ce faire, j’ai décidé qu’il était temps pour moi d’élargir un peu plus mon Conseil. Mon oncle et Lady Ferboys sont des piliers sur lesquels je peux m’appuyer avec une confiance sans faille, mais nos nouveaux projets appellent un guerrier, un stratège capable de me seconder dans les préparations et les planifications qu’il faudra faire pour que cette campagne soit un succès total, et que les rebelles ne soient plus jamais un problème. Et quel meilleur choix que celui qui porte la réputation d’être le meilleur guerrier de nos terres ? »

« ! » Devenu blême, Manfrey arrêta sa femme qui manquait de protester. Fermement, il maintenait la jeune femme contre sa chaise, de manière imperceptible, pour ne pas attirer l'attention. Celle qui allait se porter sur l'élu. « Lord Dayne, vous m’avez déjà fait l’honneur d’accepter de former mon héritier à l’art du combat, aujourd’hui je vous le demande, accepterez-vous de devenir mon conseiller en matière militaire, avec les responsabilités que cela implique ? » C'en était trop. D'un geste qu'il espérait moins brusque, Manfrey glissa de sa chaise et quitta la table. Il n'avait pas besoin d'entendre Lord Vorian accepter, c'était l'évidence. Nymeria ne lui laissait pas le choix, elle lui faisait simplement l'élégance de ne pas directement le nommer. Et par la même occasion, elle signifiait au monde qu'elle n'avait que faire de son cousin. Un cousin qu'elle avait décrété son héritier, qu'elle obligeait à des entraînements militaires, mais qu'elle n'entendait pas former davantage à la gestion des affaires de Dorne. Un jouet. Un coussin de confort qu'il serait bon de ressortir quand la crise dynastique se ferait ressentir, et dont elle l'affublait de toutes les responsabilités. Trop de responsabilités, trop pour qu'il n'en supporte davantage.

☼ ☼ ☼

« Votre cousine sait comment exalter les foules, Votre Altesse. » Il s'était tenu un peu à l'écart, là où les rayons du soleil étaient plus calmants, et où la légère brise marine jouait dans les feuilles des oliviers. Il regardait au loin, loin par dessus les invités, par delà l'horizon bleu, cherchant où se noyer comme tant de fois. Ce pourquoi la petite voix douce le tira si brusquement de ses rêveries qu'il en sursauta vivement, ce qui suscita chez la jeune fille, un sursaut égal au sien. « Je… Je voulais vous remercier pour votre accueil tout à l’heure. J’avais besoin d’une présence rassurante aujourd’hui, et votre geste, même s’il devait être bien peu de chose pour Votre Altesse, a voulu dire beaucoup pour moi. Vous avez toute ma gratitude. » « Je vous en prie, lady Laoren ! » réussit-il a articuler, la surprise étreignant encore quelque peu sa gorge. « Je sais que par delà les Montagnes Rouges, la réputation de nous autres sangs chauds est quelque peu... trop imagée. Je voulais être certain qu'une "délicate damoiselle venue des contrées de chevalerie" se sente la bienvenue. Vous verrez : sous nos excès, nous sommes un peuple chaleureux et hospitalier ! » ajouta-t-il avec un sourire. Il pensait à Arianna, qui l'avait laissé se mettre à l'écart, le temps de se refaire une beauté. De toute évidence, le retrouver en compagnie de celle qu'elle avait si gentiment appelée "rachitique" risquait de mettre à mal le portrait aimable qu'il tentait de tisser ! « J'espère que vous ne tiendrez pas rigueur à ma cousine d'avoir usé de vos épousailles en tribune patriote ! Ses élans sont... Oh, vous serez amenée à les connaitre ! A présent que votre époux est de son Conseil, nous aurons le plaisir de vous accueillir souvent au Vieux Palais ! »


©️ Belzébuth

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    I Don't Want The Crown, I Only Want You
    it was a big big world, but we thought we were bigger, pushing each other to the limits, we were learning quicker by eleven, smoking herb and drinking burning liquor. never rich, so we were out to make that steady figure ⠇7 YEARS, LUKAS GRAHAM
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