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 Prayer in the Dark (Agnes & Andrew)

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Andrew Osgris
BIEF
■ Localisation : Froide-Douve | Bief
MessageSujet: Prayer in the Dark (Agnes & Andrew)   Mar 16 Jan 2018 - 16:12




Prayer in the dark


Agnes Crane & Andrew Osgris

The altar burning as the demons rise. The world defied, the crucified. The sermon spoken on a bloodred night.

«Vous repartez déjà mon oncle?» La soie se froisse dans l’empressement d’une démarche légère. Je devinais la fébrilité qui me poursuivait telle une ombre, craignant que je ne l’esquive sans un mot. Ce départ exaltait plus qu’il n’inquiétait. La voix mélodieuse cherchant à ralentir ma démarche s’essoufflait rapidement, déçue que mon pas ne puisse se modérer. La détermination martelait la pierre à la recherche de l’issue qui m’offrirait les premières lueurs d’un soleil encore bas. Le temps pressait. Je laissais néanmoins ma langue se délier, alors qu’un dernier détour suffisait à nous séparer «Maudit soit devant le Père, celui qui omet d’accomplir l’œuvre des Dieux. Maudit soit l’homme qui baisse les armes et renonce...» «...Maudit soit-il. Car seul le sang versé de l’impie parviendra à étancher de vengeance la colère des tout-puissants.» Mes pieds vinrent glisser avec une soudaine lenteur, avant que mes genoux ne se bloquent. Devant moi, une cour noyée dans le tumulte des derniers préparatifs. Le hennissement des bêtes sellés et attelées, s’unissait au bruit mat de leurs sabots frappant la terre d’impatience. Les chevaux s’agitaient, réagissant à cette piquante énergie qui animait l’extérieur du château. Le tintement mélodieux du métal des armes qu’on affutait une dernière fois, rythmait le bruit des voix emportées par le sentiment grisant d’un combat à venir. Il me fallait partir, quitter de nouveau la demeure de mes ancêtres pour en assurer la pérennité, mais non pas sans me retourner une dernière fois. Cette riposte avait été claire et tranchante, usurpant les mots qui m’étaient cher pour s’en approprier le sens. J’hochais faiblement la tête pour en valider l’initiative venu me surprendre, posant un regard fier sur celle qui me renvoyait un sourire radieux. «Il y a une heure déjà, que nous aurions dû partir.» Vins-je préciser, en éclipsant cette lueur de ravissement qui ne pouvait s’éterniser sur un visage aussi soucieux. «Votre mère vous appellera à ses côtés, lorsque nous nous serons mis en route. J’aimerais que vous la rejoigniez.» «Mon rôle n’est-il pas de...» «Lord-Septon!» Les premiers mots d’une confrontation qui n’eut jamais lieu, venaient de se perdre dans l’exclamation d’un homme précipité. Mon attention se détournait vers celui qui accourait maladroitement au cœur du raffut, clopinant sur le sol inégal en faisant claquer les maillons de sa chaine. Je délaissais la présence d’une nièce que j’eus vite oublié, pour rejoindre le mestre qui craignait d’être arrivé trop tard. Le jeune quinquagénaire poursuivit avec hâte, percevant le départ imminent « Un corbeau vient tout juste de déposer ceci, à votre intention. » Le parchemin glissa entre mes doigts. Je l’examinais d’un côté puis de l’autre à la recherche d’un signe qui le distinguerait. Mais il n’y avait qu’un sceau plat, stérile, une plaque de cire rouge à la forme incongrue pour assurer la confidence. Mes sourcils se fronçaient devant la curieuse missive qui tombait entre mes mains à un bien mauvais moment. Cela pouvait bien attendre. Je rangeais simplement le fin document à l’intérieur de mon manteau. Il n’était plus question de retarder notre monté vers l’Est. Je vins prendre mon élan, me hissant sur le destrier dont la couleur encre ne faisait qu’enjoliver l’image sinistre de mes déplacements. « Mes prières n’auront de cesse que lorsque vous serez de retour au château...!» Vint crier avec enthousiasme, l’héritière désignée, lumineuse et déterminée. J’avais pourtant fait mine de ne pas entendre les bénédictions qui m’étaient adressées, amorçant une cavalcade furieuse. Aujourd’hui encore, je serais la mort.

☩☩☩

Le vent s’était levé, agitant capes et fanions dans l’avènement d’une pluie de sang. Chaud, il soulevait les couleurs venues menacer le châtelain qui observait du haut des remparts, les rangs devant lesquels il s’était lui-même dressé. Une armée de croyants, de lésés et d’esprits vengeurs dont le nombre s’était multiplié au cours de la dernière année. Crane et Cendregué assuraient également leurs positions sur les plaines. Leurs étendards levés bien hauts, érigeant leur force parmi celle de la foi. Immobiles, calmes et pourtant redoutables. Je resserrais la bride de l’animal que je surmontais, enfonçant mes talons dans ses flancs pour en provoquer la course solitaire, jusqu’aux portes de l’ennemis. Zélateur impérieux, émissaire ténébreux d’une proposition qui ne pouvait souffrir d’aucune contestation. Mon regard se leva vers les hauts murs, ne recherchant pas à établir le contact visuel avec le seigneur Lyberr. Cet homme ne méritait pas le respect et j’étais déterminé à le faire savoir. Mes traits étaient durs, féroces à l’endroit de chaque hommes s’étant engagé à protéger un être si peu vertueux. « Suppôts du démon! Vous avez pactisé avec le lion-fou et votre mésalliance fait de vous les complices de ses ignominies. Fratricide, infanticides, usurpation, outrage! Vous avez choisi d’injurier les lois divines et voilà que sonne le glas de votre châtiment. Je demande la reddition et l’abdication du seigneur Lyberr. Au terme d’aveux publics, il renoncera à ses droits souverains auxquels il ne peut prétendre. À l’aube, si ces portes restent closes, nous les briserons et les souvenirs glorieux de votre nom, vous seront retranchés. » La voix puissante dont l’inflexion s’emportait dans l’emphase des accusations, galvanisait par son assurance. Aucune demi-mesure, aucune négociation. La régression ou la mort. Tirant les rênes de l’animal qui s’ébrouait, je ne m’attardais pas pour entendre le retour d’arguments d’un lord écorché par le sort qui lui était réservé. Je fis demi-tour, retrouvant la distance, prêt à ordonner la coordination d’un nouveau siège. La prise récente de Lacfeuillu avait donné de l’aplomb aux téméraires dont les armes semblaient avoir été forgés par le Ferrant lui-même. Personne ne reculerait. Le soleil déclinait doucement, se décomposant en de vastes nuances colorées et vives. Le Campement se dressait rapidement, alors que les ordres étaient distribués pour en assurer le bon déroulement. Enfin j’abandonnais ma monture au bon soin d’un jeune homme prenant les armes pour la toute première fois, découvrant un chapiteau aux pans aussi noir que la nuit. Je fis quelques pas dans ce repère dont le privilège m’assurait un certain répit. Les nombreuses flammes assuraient une clarté suffisante, révélant le blason de l’ordre militant et le symbole de l’étoile à sept branches. Je vins me reposer sur le siège faisant face à une large table qui n’accueillait encore aucun marqueur de stratégie. Le dos bien enfoncé contre le dossier, mes doigts s’agrippaient à la missive que j’eus abandonné contre mon cœur. Je brisais le sceau sans ménagement, dépliais le mystérieux document et vint lire les mots qui ébranlèrent une moralité racolant avec mes sensibilités, rappelant amèrement des fautes passés. Le contenu de cette lettre me désignait héro, faisant naitre malgré moi une malencontreuse inquiétude à laquelle je n’étais pas préparé. Mon bras s’étirait, me servant machinalement un gobelet d’eau fraiche, alors que mes lèvres convoitaient le souvenir lointain du nectar fruité de la Treille. Je lu les mêmes phrases, une deuxième fois, puis une troisième. Je relevais les mêmes allégations qui me laissaient un goût râpeux dans la bouche, forcé de constater que quelque chose n’allait pas...

☩☩☩

Sa main vint glisser sur son crâne, dans un mouvement nerveux. Lissant vers l’avant ses cheveux courts qui furent déjà bien à plat sur sa tête. Son pas d’abord lent s’accéléra progressivement, alors qu’il forçait ses prunelles émeraudes à distinguer les ombres pour en découvrir le visage espéré. Le jeune homme svelte à l’allure patibulaire, contournait les hommes d’armes, ponctuant sa route d’une question simple, lui offrant les indices nécessaire pour accomplir sa quête. Une tâche qui s’avérait accomplit lorsqu’il pu distinguer l’azure pâle aux chevrons d’or et qu’il s’immiscait timidement devant la dame de Rougelac. Harlan pencha la tête brièvement en signe de respect, ne se formalisant pas des convenances, manifestement pressé d’annoncer les raison de ce vis-à-vis. «Ma dame, il vous fait mander. C’est important.» Sa voix était douce, agréable et forte de considération, mais l’inquiétude vint trahir la nature de cet entretien forcé. Il. Cette désinvolture avait un je-ne-sais-quoi d’agréable. Il ne semblait plus nécessaire de préciser les titres, ni même le nom. L’évidence couvrait toute les fautes ayant pu être commises. Ici en cet instant, tout cela n’importait plus. L’homme réputé pour être impitoyable réclamait la présence de cette femme ayant su se glisser confortablement dans ses bonnes grâces. Le messager releva son visage long et blafard, plongeant ses yeux saillant dans ceux de la jeune femme, s’assurant que sa demande avait été bien entendu. Il ne s’attarda pas, revenant sur les pas qui l’avaient conduit jusque-là, à grande enjambé. Arrivé sur place, il releva le pan de la tente, ouvrant la voie à la jeune lady.

« Lady Crane, Septon. » Annonça-t-il, prêt à s’éclipser. Je quittais mon siège poliment et le remerciait de sa diligence. Le visage fermé, évitant jusque là le regard de celle venue à ma rencontre. Le silence venait de retomber rudement. Je cherchais les mots justes, mais les idées se bousculaient vers des directions contraires. J’hésitais, pensif, les yeux rivés vers le courrier abandonné sur la table. «Que savez-vous de lady Rohanna Baratheon?» Tout cela m’apparaissait hors de propos, mais je ne savais comment aborder les choses autrement. Que pouvait bien savoir la jeune dévote sur cette femme, que je ne puisse connaitre déjà? Les rumeurs avaient fait leur chemin jusqu’ici, apportant avec elles leurs lots de satisfaction. Le peuple avait obtenu les premiers signes d’un bien triste présage. Un empoisonnement qui ne l’avait pas emporté, mais qui avait couté la vie à deux âmes innocentes. J’inspirais bruyamment, souffrant de ne pouvoir gorger mes poumons d’air. Il me semblait suffoquer. Ma main gauche effleurait le papier, traçant les plis ayant usés sa surface, avant de riper le document sur le meuble – en sa direction. Je lui offrais librement la confidence de son contenu, l’observant avec insistance. «Lisez!» Ordonnais-je, gravement. Il n’était pas question de prolonger le supplice. J’étais un homme de vérité et en cet instant, il m’était crucial de la partager avec celle qui avait gagné ma pleine confiance. Je guettais sa réaction, dont les réflexes pouvaient m’offrir une opinion franche et spontanée. Lorsque je pu deviner le point final venu clore les incriminantes révélations, je vins rompre le malaise. « Le cerf couronné s’est vu arraché l’héritage de sa maison pour avoir osé poser le genou au sol. Cet hérétique. Je n’éprouve aucune sympathie pour cet homme et j’ose croire qu’il en va de même pour vous. Il a abjuré les Sept dès l’instant où il a fermé les yeux sur cette union contre-nature. En éveillant la colère des Dieux, il a entrainé son propre malheur, celui de sa femme et de ses deux enfants...» J’avais marqué une courte pause, toisant la demoiselle, avant de poursuivre suspicieux «...N’est-ce pas?» La question laissait planer un doute là où il ne devait y en avoir aucun. Cet état de fait justifiait tout acte à l’encontre de la famille Baratheon, mais je ne semblais pourtant pas entièrement convaincu. Pensif, je contournais la table pour m’en éloigner. Agité, je m’accaparais l’espace en faisant les cents pas. J’avais repoussé les âmes frelatées de tout les maux et condamné les enfants de la calomnie. Il ne servait à rien de couper un arbre malade si on ne préservait pas la terre saine de ses fruits, car celui qui profanait soulevait inévitablement la dissidence. Le suzerain de l’Orage était opportuniste, mais je ne pouvais véritablement affirmer que la mort de ces deux enfants à naître était justifiée...mais je ne pouvais pas non-plus l’infirmer. Pourquoi donc? Ma mâchoire se crispait, je m’arrêtais net. «N’avez-vous pas remarquée quelque chose d’étrange dans votre lecture?» Voilà, nous y étions. Ce détail innocent chambardant la vraisemblance de ce récit. Un mot, une marque de politesse, une faute importante. Il ne m’avait rien fallut de plus pour émettre mes réserves. «Monseigneur. C’est ainsi qu’ils s’adressent à moi. Mais je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi de fervents défenseurs de la foi omettraient ma vocation.» Ceux qui se risquaient à ces marques de respect, pour lesquelles je n’étais pas familier, ignoraient forcément de quoi il en retournait vraiment. Eux qui déclaraient être mes soutiens savaient-ils à qui il s’adressait véritablement? C’était intolérable. Outrepasser mon rang de Septon par un titre aussi réducteur, c’était une insulte. Mes yeux trouvèrent l'appuit de l’héritière de Rougelac. Elle-même s’était accordée à m’offrir le seul titre de valeur, lors de notre premier entretien, renforçant cette impression désagréable d’être au cœur de frauduleuses manigances. « Je crains que l’on cherche à semer la confusion, je crains que tout cela ne soit pas l’œuvre des dieux... » J’accusais le secret d’un acte pour lequel j’étais d’apparence responsable, mais je n’étais pas encore prêt à en porter le blâme. Pas sans être certain qu’il s’agissait bel et bien d’un acte de foi.

...Et si c’était bien vrai?

(c) DΛNDELION

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We were doing something great down here. We were gonna change the world. This was only the beginning.
The sacrament × by lizzou.
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