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 Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut • Robb & Elinor

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut • Robb & Elinor   Ven 19 Jan 2018 - 11:40




Dealing with evil to revenge
Le monde semblait s’être effondré. Alors que joie et bonheur devait naître de cette cérémonie unissant un nouveau Roi à sa Reine pour toujours et à jamais sous le regard des Dieux, ce fut la peur et la vengeance qui animèrent cette célébration. L’image passait en boucle dans les yeux de tous ceux qui avaient assistés à la scène. Le seigneur Baratheon, s’avançant vers le couple royal, sa femme derrière lui. Puis, sa chute, les hurlements, la foule se refermant sur elle comme pour mieux se délecter du spectacle, pour mieux apprécier ces instants. Et enfin, ce corps soulevé dans les airs par un homme et l’enlèvement de la dame d’Accalmie pour trouver une quiétude tout autre ailleurs, loin de l’agitation ambiante.

L’Araignée du Bief resongea à cet instant, le regard perdu devant son miroir. Elle s’était tenue loin et n’avait que pu lancer un regard inquiet au seigneur serpent venu de Mantarys. Les cris lui avaient donné suffisamment d’informations pour comprendre ce qu’il se passait, ou, tout du moins, la gravité de la situation. La lady transportée était passée à côté d’elle, la douleur se lisant sur son visage. La compassion de la Bieffoise l’avait poussée à frissonner. Puis, tout avait repris son cours. Robart, le visage fermé, tenant sa place aux côtés de la Couronne, les évènements se succédant les uns après les autres. La mémoire de l’Araignée était claire tandis qu’elle essayait de retrouver les expressions abordées par tous, les murmures prononcés dans l’assemblée trop lointaine pour se faire entendre des dragons. Mais ses oreilles avaient su rester attentives, cherchant à trouver une voix plus qu’une autre, une voix qui saurait en dire plus sur ce qu’il s’était passé. La fin de la journée n’en fut que plus amère et ce fut sans trop tarder qu’Elinor avait rejoint sa chambre.

Le lendemain, le Donjon Rouge avait de nouveau tremblé. La convocation des Arryn, aussi discrète avait-elle pu être souhaitée, s’était fait dans un grand bruit et poursuivie par de multiples rumeurs. Daenys elle-même était en mesure de savoir ce qu’il se passait. On disait que l’une des femmes du cortège Valois était impliquée, une noble. Et c’était, évidemment, sans compter sur les rumeurs d’empoisonnement de lady Rohanna qui ne faisaient que grossir. La biche avait été décemment atteinte en plein cœur et la perte de ses enfants n’était nullement tenue secrète. De nouveau, la jeune brune avait ressenti une compassion infinie à l’égard de l’Orageoise, sans même la connaître, sans même n’avoir pu lui parler une fois. La main, machinalement, posée sur son ventre, elle essaya de penser à ce qu’aurait été sa vie si son enfant lui avait été arraché avant la naissance. Si, comme Jeyne, elle n’avait donné vie qu’à un véritable monstre tel que Maegor pouvait les concevoir. Elle aurait certainement été soulagée, oui, car sa grossesse était plus qu’atypique, mais elle ne pouvait que reconnaître la douleur que cela devait également représenter.

Trois coups nets la firent sursauter, l’arrachant à ses pensées et à sa rêverie. Accordant l’entrée d’un mot, des gardes s’immiscèrent dans sa chambre, sans qu’elle ne se soit encore levée du tabouret. Ils étaient deux et observèrent longuement la jeune femme qui put ainsi les dévisager. Ils ne portaient guère les armoiries du dragon tricéphale, mais celles du Cerf. Robb… Un frisson parcourut son échine quand, d’une voix grave, l’un des gardes lui intima de les suivre, sur ordre du Seigneur Main de Port-Réal. Il la convoquait, demandait à la voir. Son silence fut seule réponse à cet ordre. Hochant simplement la tête, elle se leva, provoquant un bruissement de tissu. L’araignée avait dégagé ses bras, comme le faisait généralement les dames du Bief. Son buste était recouvert d’un tissu aux nuances de gris, brodé de fil d’argent dans un tissage rappelant la toile de l’araignée. Le drapé de la robe, lui, était fluide, plus léger, suivant délicatement la jeune fille dans ses mouvements.

Marchant au rythme de ses accompagnateurs, elle se faisait de plus en plus soucieuse. Se souvenant des dernières révélations qu’elle avait pu faire à la Main du Roi, elle espéra fortement que cela n’avait aucun rapport. Se pouvait-il que Robb soit tant aveuglé par sa peine qu’il ne convoque tous ceux ayant des antécédents de criminels dans le Donjon ? Déglutissant avec difficulté, le trio insolite croisa quelques membres de Cour qui murmurèrent sur leur passage, dévisageant la jeune araignée et ses cheveux long en cascade, la forçant à serrer les dents. L’humiliation était réelle et la jeune Bieffoise savait que, bientôt, les murmures dans les couloirs parleraient de sa propre arrestation. Le souvenir des geôles noires vint la hanter, provoquant un frisson, ravivant sa peur, manquant de la paralyser.

Finalement, après avoir déambulé dans bien des couloirs, ils arrivèrent devant le bureau qu’Elinor connaissait pour l’avoir déjà visité quelques jours plus tôt. Un garde ouvrit la porte et l’annonça. Elle suivit ce dernier, faisant son entrée, dévisageant le seigneur assis derrière son bureau. Sa mine faisait peine à voir tant les soucis semblaient l’avoir poussé dans ses retranchements. Le jeune et vigoureux Cerf semblait avoir vieilli de quelques ans en quelques jours, c’était regrettable. Exécutant une révérence parfaite, la jeune femme releva finalement son minois, ses mains accrochées l’une à l’autre devant elle. « Mon Seigneur m’a fait demander, me voilà… » Son corps était tendu, inquiète comme elle était de ne pas savoir en quoi tout ceci consistait. Déglutissant avec difficulté, elle ajouta légèrement. « Permettez-moi, mon Seigneur, de vous présenter mes condoléances pour votre perte. Mes prières de ces derniers jours étaient adressées à la Mère tant pour le rétablissement de votre femme que pour la protection qu’elle saura offrir à vos enfants perdus. » Et c’était vrai. Elinor n’était guère une grande pratiquante de la Foi mais elle aimait penser que, dans les moments durs, quelqu’un l’entendait tandis qu’elle s’adressait aux Sept. Son regard noisette posé sur l’homme, elle se fit statut de cire, attendant que ne vienne le verdict.


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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut • Robb & Elinor   Dim 21 Jan 2018 - 19:13




Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut



Rapports logistiques, avancement de la mobilisation dans l’Orage, répartition des convois de nourriture dans les quartiers de Port-Réal, les documents de première importance pour la gestion du Royaume se trouvaient sur le bureau du Seigneur de l’Orage, attendant d’être lus et approuvé par celui qui commandait désormais à la quasi entièreté de Westeros… Et tous, d’un geste rageur de la main, Robb les balaya, causant leur chute dans une tempête de parchemins, jusqu’à ce qu’ils terminent leur course sur le sol de l’office de la Main, centre du pouvoir des Sept Couronnes.

Une semaine, sept jours étaient passés depuis que Rohanna avait été empoisonnée, que Catelyn Arryn avait été emprisonnée, et depuis, rien. Chargé de l’enquête, Valyron Tyvaros avait reçu pour instruction formelle de lui faire parvenir tout développement, même mineur dans l’affaire, et pourtant rien n’était venu, pas le moindre indice, la moindre piste si ce n’était les informations du Mestre qui l’avait soignée, et dont l’absence d’éléments venant corroborer ses dires les rendait chaque jour un peu plus douteuses. Rhaenys avait réussi à le faire douter, et il devenait de plus en plus clair qu’elle n’avait probablement pas tort. De cela aussi, il attendait confirmation, toujours de la part du Maître des Chuchoteurs, et pourtant, rien. Les Baratheon n’avaient jamais été connus pour leur patience, et si en temps normal le Protecteur parvenait à refréner ses pulsions d’impatience suffisamment pour qu’elles ne lui portent pas préjudice, rien ne le rongeait plus que de ne pas avoir de nom, de visage à offrir à ses envies de vengeance. On avait attenté à ce qu’il avait de plus cher, tué ses héritiers dans le ventre de leur mère, manqué de lui enlever la personne qu’il aimait plus que tout au monde… Il avait tout le pouvoir qu’il était possible d’avoir entre ses mains, et malgré cela, aucune réponse ne venait. Etaient-ils tous des incapables pour ne pas apporter satisfaction à une requête aussi simple ?! Tyvaros se targuait d’avoir des agents qui lui rapportaient tant de choses, et pas un mot, était-il possible qu’il lui cache quelque chose de peur de la réaction que le Cerf pourrait avoir ?

La main posée contre son front, Robb réfléchissait aux possibilités qui s’offraient à lui. La plus sage aurait sans doute été d’attendre, une semaine n’était rien en matière d’État, lui aurait sans doute susurré l’un de ses conseillers, mais il n’avait que faire de ce qu’il ne considérait que comme des excuses, un moyen de justifier le manque de résultats. Il aurait également pu envoyer ses hommes, et la garde civile fouiller chaque maison et interroger chaque personne de Port-Réal et du Donjon Rouge jusqu’à obtenir quelque chose, mais c’était prendre le risque que les coupables, s’ils étaient encore là, ne profitent du chaos engendré pour s’enfuir en sachant que ce ne serait qu’une question de temps avant qu’ils soient appréhendés, et s’il avait toute confiance en ses hommes pour accomplir la tâche, il savait que les gardes locaux pouvaient facilement être achetés, après tout ils n’étaient pas aussi liés à sa famille. Il y avait une troisième option, dangereuse certes, mais certainement la plus viable s’il voulait obtenir des résultats rapides et auxquels il pourrait faire confiance. Le souvenir d’une conversation qu’il avait eue avant le mariage royal, avant cette tragédie, avec une jeune femme qui était bien plus que ce qu’elle semblait être… Oui, c’était sans doute là sa meilleure option du moment.

D’un ton sec, Robb appela les gardes en faction devant sa porte, qui firent leur apparition au moment même où il acheva sa phrase. Ils ne purent manquer le désordre de l’endroit, mais ils connaissaient trop leur seigneur que pour faire un commentaire, ce n’était pas leur place. Malgré les apparences, ce fut sur un ton calme que leur seigneur leur donna ses instructions :

« Faites venir un serviteur pour ramasser les parchemins, puis amenez moi Elinor Piète, immédiatement. »


Il n’avait pas fallu une heure pour qu’Elinor fasse son entrée dans son bureau, tout dans son attitude laissait penser qu’elle ne savait pas ce qu’elle faisait là, voire même qu’elle redoutait la raison de sa présence. Pour être honnête, Robb avait un moment pensé qu’elle pourrait être derrière l’empoisonnement, d’autant plus après leur conversation, mais il avait vite écarté l’idée. L’Araignée était loin d’être stupide, et elle n’aurait certainement pas tenté quelque chose d’aussi téméraire, pas avec sa réputation ombreuse, pas après avoir confié à demi mot son rôle réel dans la mort de Maegor. La Bieffoise ou sa maîtresse n’avaient d’ailleurs aucun intérêt à voir son épouse disparue, elles n’auraient fait qu’enlever le seul élément qui aurait pu pousser Robb à quitter la capitale, en son temps. Non, faire accuser Elinor aurait contenté beaucoup de monde, mais elle était plus que probablement innocente.

Sa voix était le reflet de son attitude, mais pourtant elle avait la politesse et la bienséance de lui présenter ses condoléances. Tous ne l’avaient pas fait, ses enfants n’ayant pas réellement vécu, et beaucoup cherchaient surtout à éviter son regard accusateur ou à s’attirer les faveurs d’un homme qu’ils croyaient brisé. Mais Robb n’était pas brisé, non. On l’avait attaqué, on l’avait blessé, mais il n’avait jamais été aussi dangereux que depuis qu’il avait été atteint en plein coeur. Le Protecteur avait le pouvoir, et la volonté de l’utiliser pour détruire ceux qui avaient cru pouvoir s’en prendre à sa famille… Et il comptait bien s’en servir. Inclinant légèrement la tête, il indiqua un geste à la jeune femme pour l’inviter à s’asseoir, avant de prendre la parole :

« Vos bon sentiments vous honorent, ma Dame, et vous pouvez vous rassurer, je ne vous ai pas fait venir ici parce que je vous suspecte de quoi que ce soit. En réalité, il s’agit plutôt du contraire... »

De la main droite, Robb faisait tourner la lourde chevalière aux armoiries des Baratheon, symbole de sa position à l’Orage, et désormais également marque de la Régence du Royaume. Devant lui, un document qu’il avait rédigé lui-même, semblait attendre d’être marqué de ce même sceau. Contrairement à la dernière fois, il n’avait ni l’envie ni le besoin de parler en demi mesure, aussi poursuivit-il sans plus de cérémonie.

« Beaucoup de choses ont changé depuis notre dernière rencontre, à commencer par cet attentat lâche et inepte qui a touché mon épouse. La Régence de la Reine a pris fin, et le Roi a choisi de me confier les rênes du Royaume. J’avais espoir que cette affaire soit rapidement résolue, mais il semblerait que j’aie surestimé les moyens dont dispose le Maître des Chuchoteurs… Mais ce qui vous intéresse plus directement, c’est que je suis désormais le seul à pouvoir ramener votre époux à la Cour, si telle est ma volonté. Personne ne pourra, et ne voudra, contester une telle décision, si je voulais la prendre. »


Le Seigneur de l’Orage laissa un instant planer ses derniers mots, pour qu’Elinor puisse comprendre la portée des prochains mots qu’elle prononcerait ici. Une proposition suivrait, et de sa réponse dépendrait probablement la tournure que prendrait son avenir, et la possibilité que son mari en fasse partie. Alors, seulement, il posa sa question, le ton neutre, mais le regard droit et ferme tandis qu’il fixait les yeux de la Bieffoise.

« Ma question, ma Dame, est la suivante : jusqu’où seriez-vous prête à aller, pour vous assurer du retour d’Ondrew Piète à vos cotés ? »

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut • Robb & Elinor   Mar 23 Jan 2018 - 16:54




Dealing with evil to revenge
Son corps tout entier sembla se relâcher dès lors qu’un geste de la main l’incitant à s’asseoir fut réalisé par le Seigneur Cerf. Manquant de lâcher un profond et bruyant soupir, elle s’exécuta en silence tandis qu’il la remerciait de la considération qu’elle avait pu porter à la perte de cet homme et au bien-être de son épouse. Très rapidement, il leva le voile sur les accusations qui auraient pu être tournées vers elle, lui assurant que là n’était pas la raison de sa présence. Il s’agit plutôt du contraire. L’araignée fronça légèrement les sourcils tandis qu’elle prenait place dans le large fauteuil qu’elle semblait n’avoir quitté qu’hier. Ses yeux noisette ne se baissèrent qu’un instant, observant l’homme jouer avec sa chevalière au-dessus de ce qui semblait être un document ayant une certaine importance. « Le contraire, mon Seigneur ? » L’inquiétude l’avait quittée, laissant place à une curiosité avide, à un besoin certain de comprendre ce qu’il se tramait, de savoir de quoi il allait retourner maintenant. Les raisons de sa convocation n’étaient que plus troubles à chaque seconde qui passait, le silence pour seule réponse.

Déglutissant avec difficulté, elle se tenait droite quand il reprit la parole. Il se mit alors à énumérer les changements qui s’étaient occasionnés depuis leur dernière entrevue, une semaine plus tôt. Elinor n’était étrangère à chacune de ces révélations. L’empoisonnement. Certainement l’évènement qui avait eu le plus de répercussions, qui avait fait trembler les murs du Donjon Rouge car tous craignaient désormais pour leur vie. Plus qu’une femme ayant manqué de perdre la vie et ayant perdu les petits qu’elle portait, c’était un symbole fort. Une femme de haut rang avait été frappée de plein fouet et ce, sous le regard de toute la Cour. L’ennemi, quel qu’il soit, ne reculerait devant rien pour atteindre son objectif. La fin de la Régence. Cela aussi, Elinor l’avait vécu comme un grand chamboulement. Daenys avait perdu une grande bataille, devant renoncer à ceux à quoi elle aspirait depuis tant de temps. La jeune femme avait supporté sa maîtresse du mieux qu’elle l’avait pu dans ces temps durs et attendait maintenant de connaître les ambitions de la mère-dragon. Les murmures de celle-ci semblaient s’être orientés vers le mariage de son unique fils pour qui le cœur et la raison semblaient être en désaccord. Enfin, cette Régence avait fini entre les mains du jeune Seigneur d’Accalmie, cousin du couple royal, Main du Roi. Le pouvoir était désormais concentré en une personne. Malheureusement pour tous les opposants à la couronne, cette personne avait été cruellement touchée mais, toujours se tenait debout, la vengeance palpable dans son regard.

Finalement, il lui confia quelques données sur l’affaire en cours. Les choses stagnaient. Le pauvre Valyron devait être extrêmement tendu et, si la jeune Bieffoise n’avait su croiser sa route durant ces derniers jours, on disait à travers chaque couloir que son devoir manquait de le tuer à la tâche. Elle ne doutait pas de la fidélité de son ami Mantaryen envers la Couronne, ni envers son propre devoir de justice. Après tout, Maître des Chuchoteurs, anciennement Maître des Lois… Qui pouvait bien résister à un homme de son acabit ? Elle voulut prendre sa défense, ouvrant la bouche pour essayer de faire remarquer à Robart Baratheon que ses sentiments l’aveuglaient et que tous les moyens nécessaires étaient certainement déjà à l’œuvre pour retrouver le meurtrier de ses enfants. Mais aucun son ne sortit quand il poursuivit, amenant de nouveau entre eux un sujet qui l’intéressait plus personnellement. Un sujet qui la frappa en plein cœur.

Il était le seul à pouvoir agir. Le seul en mesure de ramener Ondrew à Port-Réal et, comme il le souligna, si telle était sa volonté, nul ne saurait la remettre en question. Ses yeux s’écarquillèrent doucement tandis qu’elle prenait doucement conscience de la raison de sa venue dans ce bureau, quelques jours après un premier passage. Se baissant, son regard se posant sur le document placé devant Robb, incapable de le lire en ce sens, et pourtant déjà fortement persuadée de ce qu’il pouvait contenir. Le sceau n’était guère posé, mais les larmes montèrent tout de même à ses yeux, émue, si heureuse qu’elle aurait pu hurler de joie. Conservant sa dignité, elle se tendit sur sa chaise tandis que sa respiration se faisait plus longue, plus profonde, remontant sa poitrine à un rythme qui se voulait régulier. Son cœur venait frapper ses côtes, menaçant de s’extraire de son être pour finir sur la table. Relevant le regard vers lui, elle croisa les yeux du Cerf. Des yeux sérieux, attendant une réponse, quelque chose. Rien n’était gratuit à Port-Réal, elle le savait et surtout pas un tel présent. Ondrew…

La question tomba, épée de Damoclès lâchée dans le vide au-dessus de sa tête. Elle aurait aimé pleurer tant ces mots étaient une délivrance, tant elle avait espéré cet instant. Des nuits entières, elle avait rêvé du jour où, comme aujourd’hui, elle serait convoquée par le Roi. Jaehaerys lui aurait sourit avant de lui montrer le document et elle lui en aurait été éternellement reconnaissante. Rien n’était comme dans ces rêves et pourtant, le sentiment était le même. Pourtant, rapidement, elle reprit le contrôle d’elle-même, cherchant à savoir où tout cela la menait. La question était simple, claire. Et pourtant, une réponse pouvait être lourde de conséquences. Robart n’était pas Maegor mais qui sait quelles duperies un homme pouvait-il commettre pour obtenir l’objet de ses désirs ?

Elle déglutit avec difficulté, reprenant une longue inspiration, son regard braqué sur la Main du Roi. « Mon Seigneur, je pense que vous savez que, pour voir ce souhait se réaliser, je n’ai aucune limite. Je serais morte pour mon mari, par le passé, si tel avait été le souhait du Cruel. Si aujourd’hui j’ai le pouvoir de faire en sorte qu’il me soit ramené, alors qu’importe les conséquences, je ferais tout ce qui est nécessaire afin qu’il puisse fouler le sol du Donjon Rouge à mes côtés. » Tout. Elinor ferait tout pour que l’homme qui hantait ses rêves et ses souvenirs ne reviennent poser ses mains sur son visage. « Aussi, la véritable question serait plutôt : Quelles sont les raisons de cette convocation, seigneur Baratheon ? » Les dés étaient jetés. Son regard oscillant entre la feuille de papier et l’homme, Elinor était sûre d’une chose : elle ne partirait qu’avec l’assurance d’un document portant le sceau du Cerf en main.


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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut • Robb & Elinor   Jeu 25 Jan 2018 - 14:57




Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut


Comme il s’en doutait, la mention d’Ondrew changea quelque chose dans l’attitude de la Piète. Elle était arrivée inquiète, probablement tenue par la peur que les gardes qu’il avait envoyé la conduisaient vers sa fin. Ils étaient nombreux, ceux qu’il envoyait chercher et qui commençaient l’entrevue par l’assurance qu’ils n’avaient rien à voir avec l’empoisonnement de Rohanna. Stupides, tous autant qu’ils étaient, si la réponse à cette cruelle question avait été aussi simple, il était probable que Tyvaros lui aurait déjà apporté un nom sur un plateau, et qu’une tête aurait été plantée sur les murs du Donjon Rouge. Elinor avait préféré lui présenter ses condoléances, preuve en était qu’elle se trouvait au dessus de la masse de courtisans que l’on pouvait trouver à Port-Réal.

Elle était passée à la curiosité, ensuite, quand elle avait compris qu’elle n’était pas en sa présence pour être officiellement accusée et mise aux arrêts en attendant son éxécution. Elle était intelligente, brillante même si l’on considérait ce à quoi elle avait survécu, ce qu’elle avait accompli, et pourtant, elle n’avait pas tout de suite compris où le Protecteur voulait l’emmener. Il avait fallu qu’il mentionne Ondrew pour que son regard change, et qu’elle en arrive exactement où il voulait que l’Araignée soit. L’espoir.

La lueur dans son regard, ce changement d’attitude qu’elle avait tenté de cacher derrière un regard sérieux, elle y serait presque arrivée, s’il n’avait pas trop connu ce sentiment. Robb ne lui ferait pas remarquer, cependant, il avait ce qu’il voulait, la preuve, au-delà des mots, que pour obtenir ce retour tant attendu, elle ne reculerait devant rien. Ce n’était pas vraiment étonnant, pour être honnête, lui même aurait donné tout ce qu’il avait pour revenir sur les événements, pour s’assurer que ses héritiers survivent au mariage royal, pour que son épouse n’ait pas à subir cette épreuve qui menaçait, une fois encore, de la briser. Pour la certitude que malgré le choix qu’il lui avait laissé, elle resterait à ses cotés, aucun sacrifice n’aurait été trop grand. Mais pour tout cela, il était trop tard pour lui, au contraire d’Elinor, qui pouvait encore agir. Il lui donnerait l’occasion de saisir sa chance, mais le reste était de son fait.

Elle lui fournit la réponse qu’il voulait entendre, même s’il l’avait déjà comprise, et il lui répondit en hôchant la tête, avant que ne suive la question de la Bieffoise. Son regard n’avait de cesse de se poser sur le parchemin qui se trouvait entre eux, sans doute devait elle croire qu’il s’agissait déjà de l’ordre qui pouvait être envoyé à son époux, lui intimant de rentrer dès que possible à Port-Réal, mais il ne s’agissait pas encore de cela. Le retour d’Ondrew était le prix, la récompense pour la faveur qu’elle devrait lui rendre, et le document n’était, pour l’instant, que le moyen pour elle d’obtenir ce qu’elle désirait.

« Avant toute chose, vous devriez lire ceci. »


D’un geste rapide de la main, il fit pivoter le parchemin, et le poussa dans la direction de son interlocutrice, la laissant prendre connaissance de son contenu, tandis qu’il servait deux coupes de la carafe posée sur son bureau.

Citation :
Par ordre de son Excellence Lord Robart Baratheon, Protecteur du Royaume et Main de sa Majesté Jaehaerys Targaryen Premier du Nom, il est demandé à tout un chacun de coopérer pleinement et d’obtempérer aux demandes d’Elinor Piète, porteuse de ce document et appointée par son Excellence en tant qu’agent officiel le représentant.

Ses directives doivent être considérées comme un ordre direct de la Couronne, et ne doivent souffrir d’aucune question, ou d’aucun délai. Toute réclamation concernant lesdites directives ne pourra être formulée que par la suite, et auprès de son Excellence uniquement. Quiconque entravera la porteuse de ce document, ou nuira de quelque manière que ce soit à son office devra en répondre directement au Seigneur Main, et s’exposera au chatiment adéquat avec la plus grande sévérité.

Fait au dix-neuvième jour de la deuxième lune de l’an 49,


Il manquait toujours le sceau officiel du Seigneur de l’Orage au document, le rendant entièrement inutile jusqu’à ce que l’acte soit prononcé. Lorsqu’elle eut terminé sa lecture, Robb lui tendit un verre, avant de lui expliquer la raison d’un tel acte.

« Si vous êtes la moitié de ce que je pense que vous êtes, vous êtes probablement l’une des personnes les mieux placées au Donjon rouge pour trouver qui a empoisonné mon épouse, et me ramener les preuves suffisantes pour que justice soit faite sans qu’il n’y ait aucun doute sur la question. Les gens vous craignent, et pourtant ils vous sous-estiment, ne voient en vous qu’une courtisane qui a commis des actes au mieux troubles, mais dont on peut se protéger en prenant un peu garde. Si notre conversation m’a prouvé une chose, c’est qu’ils se trompent tous sur votre compte, d’une façon ou d’une autre.

Acceptez cette charge, et ce document fera de vous l’une des personnes les plus puissantes entre ces murs. Mes hommes seront à votre service, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, et obéiront à vos ordres sans poser de questions, ils veulent tout autant que moi faire payer celui qui a eu l’impudence de s’en prendre aux miens. Quant aux autres… Et bien, s’ils n’obéissent pas, vous connaissez comme moi les conséquences, à présent. »


Il quitta sa chaise, son verre en main, faisant tourner le liquide ocre avant d’en prendre une gorgée. D’une certaine manière, même s’il comptait lui donner plus de pouvoir qu’elle n’en avait jamais eu, Elinordevait être déçue du contenu de l’ordre qu’elle tenait encore entre ses doigts, elle devait attendre tout autre chose. Mieux valait lui en expliquer les raisons.

« Je veux vous faire confiance, ma Dame, et ce document en est la preuve. Actuellement, pourtant, vous restez la dame de confiance de Daenys, et si l’affaire qui nous concerne ne la regarde en rien, je dois m’assurer que vous ferez au mieux de vos capacités pour venir au bout de cet acte impardonnable, et que rien ne vous arrêtera en chemin. Aussi, pour l’instant, votre époux restera-t-il à Dorne, jusqu’à ce que vous m’ameniez quelque chose qui me prouve que j’ai raison de vous accorder ma confiance. Je ne serai pas cruel jusqu’à vous dire qu’il ne reviendra pas tant que tout ceux qui sont liés à cet empoisonnement ne seront pas découverts entre mes mains, non, je veux simplement la preuve que je ne me trompe pas en mettant ce pouvoir entre vos mains. Dès que j’aurai cette preuve, le retour d’Ondrew Piète au Donjon Rouge ne sera qu’une question de jours. »

Plongeant son regard dans celui de l’Araignée, il termina sa diatribe sur un ton grave, cherchant à lui faire comprendre que ces points ne seraient pas négociés.

« Evidemment, il y aura des conditions, et des détails à régler pour que le retour de votre époux ne pose pas de problème, ou ne vienne perturber l’ordre des choses. Mais tout cela, nous ne devrons l’aborder que si vous acceptez la charge que je vous propose. »


Attendant sa réponse, le Baratheon resta debout, tout en la sondant du regard. C’était une offre que l’on ne faisait qu’une fois, et venant de quelqu’un tel que lui, avait-elle vraiment la possibilité de refuser ?

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut • Robb & Elinor   Sam 27 Jan 2018 - 14:36




Dealing with evil to revenge
Son cœur frappait sa poitrine avec tant de force que cela en devenait douloureux. Ses yeux noisette accrochés à ceux de Robb, elle le dévisageait, attendant un mot de sa part pour mettre fin à ses tourments, pour que l’espoir puisse laisser place à la satisfaction, au bonheur véritable. A la joie. Jamais elle ne s’était sentie aussi prêt de son but depuis bien des mois et elle savait que, le rêve de retrouver son époux, elle le frôlait des doigts. Le contrôle qu’elle exerçait sur elle-même était bien pénible car les émotions qui la submergeaient étaient bien trop forte. Finalement, le silence prit fin dans une simple phrase de la Main du Roi, accompagnée par le bruissement du parchemin sur le bureau. Avide d’en connaître le contenu, Elinor s’en empara, le cœur battant, une main posée contre sa poitrine comme pour chercher à retenir sa fuite.

Sa tête tournait légèrement mes ses yeux parcoururent le document à la vitesse de l’éclair qui venait briser le ciel d’un éclat lumineux. Sa première lecture fut trop rapide pour qu’elle puisse comprendre les véritables enjeux de ce qu’il se passait, mais fut suffisante pour qu’une profonde déception ne naisse en elle. Son corps tendu semblait sur le point de flancher, de s’effondrer. Fort heureusement, elle était assise car ses jambes tremblantes n’auraient su supporter son corps de ce poids si lourd qui venait de nouveau s’abattre sur elle. Elle prit une profonde respiration, reprenant la lecture tandis que le seigneur Cerf, après avoir servi deux verres de vin, reprenait la parole.

Il n’était pas question de faire revenir Ondrew. Il n’était pas question de rendre son bonheur possible. Il s’agissait d’un document lui offrant bien plus de pouvoir que n’importe quel homme aurait rêvé pouvoir obtenir au sein du Donjon Rouge. Un document officiel qui pourrait porter le sceau de la Main du Roi, qui certifierait qu’Elinor serait dès lors un danger pour tous. Les justifications de Robb accompagnèrent sa compréhension. Il nourrissait de grands espoirs et la pensait capable de résoudre ce qui était aujourd’hui l’un des plus grands mystères et aussi une préoccupation importante de ce qu’il était arrivé à lady Rohanna. Oui, les gens se trompaient à son sujet, la sous-estimait. Pour bien d’entre eux, elle était l’une de ces jeunes parvenues qui avaient su faire tomber un homme avide de pouvoir dans ses filets, qui avait pu s’élever uniquement grâce à ses relations et qu’aucun crédit ne saurait lui être accordé dans tout ce qu’elle avait accompli. Mais elle savait, elle, ce qu’elle valait. Ce qu’elle avait fait. Ce que les Dieux la destinaient à devenir. Valyron le lui avait rappelé quelques temps avant le Couronnement, cherchant à lui démontrer qu’elle n’avait nullement besoin de cet époux auquel elle s’accrochait à cœur perdu, qu’elle pouvait exister pour elle-même. Qu’elle était suffisamment talentueuse pour que tous la craignent autant qu’ils l’envient.

Il acheva son discours en lui signalant plus explicitement ce à quoi servirait ce document. Du pouvoir, des ordres incontestés sous peine d’une mort certaine. Combien d’Hommes rêvaient un jour d’obtenir cela ? Combien auraient tué père et mère pour acquérir ce don, ce pouvoir ? L’Araignée ne doutait pas de l’envie qu’un tel document susciterait, que beaucoup ne comprendraient pas pourquoi la Main du Roi s’était tournée vers elle, courtisane déchue d’un règne achevé. Mais tous finiraient par comprendre qu’elle avait dès lors le droit de décider d’un sort en adéquation avec leur agressivité devant la position qu’elle aurait. Elle s’était saisie du verre tendu par Robart Baratheon, le déposant sur le bureau au côté du document. Elinor releva le regard vers lui. Un regard empreint de cette déception qui venait e lui enlever cet espoir si précieux qu’elle avait nourri en quelques instants. Car le pouvoir avait beau être l’envie de bien des hommes, il la laissait indifférente. A quoi bon pouvoir ordonner, pouvoir châtier, si le bonheur ne finissait guère par la retrouver ? Tout le pouvoir du monde n’était rien face aux sacrifices qu’elle pouvait faire par amour.

Il perçut cette tristesse, ce dégout, cette rage confondus dans son regard. Très rapidement, il se justifia. Confiance. Un mot si lourd de conséquences et qui était pourtant si important en ces temps troubles. Il voulait lui faire confiance, lui accorder cela. Revenant à sa loyauté envers Daenys, Elinor serra le poing, sur ses genoux. Très rapidement, il mit les mots les plus terribles sur sa plus grande crainte. Ondrew ne quitterait pas Dorne dès le matin suivant. Sa gorge se noua, son cœur se serra tandis que la faiblesse qui était en elle réveillait les larmes de joies ravalées quelques minutes auparavant pour, maintenant, goûter à l’amertume de cette méprise qu’elle avait commise. Qu’importe s’il ne devrait pas attendre la fin de cette affaire pour rentrer, tous les rêves d’Elinor se brisèrent comme un miroir qui vient heurter le sol, volant en éclats. Sa mâchoire se crispa, ses lèvres se pincèrent, ce masque qu’elle portait se fendant en deux pour laisser entrevoir au Cerf qu’il venait d’atteindre la corde sensible de la jeune femme. L’espoir était né aussi vite qu’il l’avait tué. Il eut beau essayer de la rassurer, lui signifier que tout ceci n’était dès lors plus qu’une question de temps, l’Araignée eut l’impression d’en avoir déjà perdu beaucoup trop.

Son regard plongea dans le sien tandis qu’il formulait les dernières conditions à cette offre qu’il lui faisait. Entendait-elle vraiment ce qu’il pouvait lui dire ? Son esprit était focalisé sur cette rage, terrible, assoiffée de sang… Maegor. Oui, la dernière fois qu’elle avait ressenti un tel élan passionné avait été cette fois où elle avait massacré le Roi. Ondrew était sa faiblesse, mais aussi sa force, cette raison qui faisait d’elle une battante démesurée. Valyron pouvait penser bien des choses, il était la meilleure motivation qu’Elinor avait. Et elle avait ce terrible sentiment qu’on la lui avait arrachée de force.

Le silence tomba de nouveau dans la pièce. Le regard d’Elinor retomba sur le document. Son corps semblait en suspens, immobile, incapable de se mouvoir sans provoquer un ouragan. Elle resta ainsi quelques secondes avant de se saisir de son verre et de se lever à son tour. Sans un regard pour Robb, elle s’avança jusqu’à la fenêtre de la pièce. Tournant le dos à la Main du Roi, elle laissa ses yeux noisette se poser sur l’horizon. Et alors, une larme glissa le long de sa joue. Brisant cette porcelaine qui masquait son visage, elle laissa sa peine l’envahir doucement, digne comme elle l’était, laissant simplement cette goutte d’eau salée venir trancher sa joue d’une strie humide. Elle poussa un long soupir avant de laisser un léger rire l’envahir. « Quelle idiote… » Portant le verre de vin à ses lèvres, elle ne but plusieurs gorgées avant de reprendre son souffle, de tempérer ses émotions. Sa main vint trouver sa joue, effaçant les marques de la douleur qui tranchait son âme, qui brisait son cœur. Un instant de faiblesse. Un simple instant. Et elle se releva.

Fermant les paupières, son esprit affuté s’agita, alignant les paroles de Robb, se remémorant les mots signifiés sur le document. Sa respiration se calma, se faisant profonde. Telle une méditation, la voilà qui réfléchissait à ce qui s’offrait à elle. Loin d’elle l’idée de refuser cette offre, bien au contraire. Mais les mots peuvent cacher des choses parfois utiles et il était important pour elle de comprendre si ceux de Robb pouvaient avoir un sens autre que celui employé. Finalement, laissant ses yeux noisette s’ouvrir, elle fit volte-face, lentement. Ses deux mains se refermèrent sur le gobelet. L’Araignée de Port-Réal était de retour. Nul doute à cela. « Bien… » Elle fit quelques pas en direction de lui, son regard noisette ne fuyant pas celui de l’homme qui lui faisait face. « Vous pouvez apposer votre sceau sur ce document. » La détermination de la jeune femme pouvait paraître effrayante, parfois, mais c’était là la véritable personnalité de la jeune Araignée du Bief. « Ce document ne sera là qu’en cas de force majeure… Je préfère la discrétion et l’ombre à la lumière et la visibilité. C’est ainsi que j’ai toujours fait et c’est certainement pour cela, comme vous le dites, que bien des gens en ces lieux ne me sous-estiment. Vous voulez des conditions, voici les miennes. Personne ne sera informé de l’existence de ce document si ce n’est vous, moi… Et le maître des Chuchoteurs. Je ne compte pas essayer de doubler lord Tyvaros de quelque manière que ce soit ni même lui prendre sa place dans cette affaire. Voyez-vous, je préfère le garder en ami plutôt que de le savoir mon ennemi. » Elle connaissait trop bien le Mantaryen pour savoir qu’il risquait de ne pas trop apprécier la nouvelle et qu’il valait mieux se montrer claire sur la situation d’entrée de jeu. Cependant, comme elle le lui avait fait remarquer, sa frappe ne serait plus physique et elle comptait bien lui montrer qu’elle pouvait tout autant être cette reine des Ombres autant qu’aspirer au retour de l’homme qu’elle aimait. « J’irais le trouver moi-même pour que nous puissions discuter de la situation et qu’il apprenne de ma bouche cette offre que j’ai accepté de votre part. » Elle porta de nouveau son verre à ses lèvres, ses pensées toujours aussi tumultueuses et pourtant cadrées par des réflexions censées. « La princesse Daenys, comme vous l’avez dit vous-même, ne sera guère informée de tout ceci. Cependant, un souci logistique de taille risque de se montrer gênant. Ma chambre lui est ouverte et adjacente à la sienne, ma fonction de première Dame de Compagnie obligeant à cela. Ile me sera donc nécessaire d’avoir soit des appartements plus distants et plus grands, soit une pièce à mon usage personnel afin de pouvoir mener à bien votre demande. » Audacieuse, elle l’était. Et elle était certaine que Robb trouverait moyen de justifier toutes ses demandes d’une façon ou d’une autre puisqu’elle ne demandait pas la lune.

Elle fit une pause avant de reprendre. « Enfin, mon Seigneur, vous avez parlé de confiance. Cette dernière ne s’achète nullement et se gagne avec des actes, je le sais. Mais elle se doit d’être mutuelle. Je sais quel genre de confiance vous pouvez placer en moi, mais j’ignore seulement si vous tiendrez votre promesse, si moi, je peux vous faire confiance. » De nouveau, elle porta son verre à ses lèvres, les sourcils se haussant légèrement. « Alors avant d’aborder le réel problème et de vous assurer de ma fiabilité dans cette affaire, vos conditions et ces détails que vous souhaitez régler ont, je l’espère, votre plus grande parole et la promesse devant les Sept que vous ne vous jouez pas de moi. » Sans quoi les crochets se planteront si forts dans la peau qu’on ne saurait arracher l’araignée à sa proie.


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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut • Robb & Elinor   Mar 30 Jan 2018 - 13:12




Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut

Elinor était déçue, il et lui fallut un certain temps pour reprendre sa contenance, que Robb lui laissa sans l’interrompre. Il n’était pas utile de la brusquer plus que nécessaire, elle finirait par accepter, de cela il était certain, parce qu’à sa place, il aurait fait la même chose, et qu’au moins lorsqu’il s’agissait de l’être aimé, ils fonctionnaient de la même manière. Le temps de remettre en place le masque qu’elle avait laissé tomber quelques instants, et elle accepta sa proposition, une nouvelle détermination dans les yeux. A certains, elle aurait pu faire peur, sans doute, ils auraient pu croire que l’Araignée irait trop loin dans sa nouvelle fonction, qu’elle serait aveuglée par ses envies de revoir son époux et userait de méthodes trop dures, ou bien s’arrêterait à la première conclusion, mais le Protecteur ne voyait là que son sentiment d’avoir fait le bon choix renforcé. Elle ne reculerait devant rien ? Parfait, il n’attendait pas que des demi mesures soient prises. Quant à la question de l’efficacité de la jeune femme… Il doutait fortement qu’elle puisse se contenter du peu, elle devait savoir, même si rien n’avait été dit, que même une fois Ondrew rentré, il pourrait repartir aussi vite, si elle négligeait son devoir.

Alors qu’elle énonçait ses demandes, Robb hôcha la tête. Qu’elle agisse dans l’ombre si elle le voulait, il n’en avait que faire, cela l’arrangeait même, il n’en recevrait que moins de plainte de nobles se sentant insultés car obligés d’obéir à une femme, qu’ils considéraient comme une inférieure, une paria indigne de leur respect. C’était là tout le problème du Donjon Rouge, tout y était hiérarchisé comme le plus délicat des mécanismes, et si quelqu’un venait déranger cet ordre, les plaintes vides de sens et les indignations exagérées se succédaient, ne faisant que ralentir un peu plus ce que l’on tentait d’accomplir. Sans doute était-ce l’une des raisons du manque de résultats de Tyvaros, qui ne voulait pas salir un peu plus sa réputation nouvellement acquise, et déjà entachée de son passé empli de traîtrises et de tromperies. La perspective de retrouver Ondrew Piète devrait suffire pour qu’Elinor ne commette pas la même erreur, du moins l’espérait-il, pour leur bien à tous les deux. Une fois son sceau apposé, la suite des événements ne dépendrait plus que d’elle. Impassible, le Baratheon soutint son regard tandis qu’elle achevait la liste de la manière dont elle voulait agir, et ce dont elle avait besoin.

« Vous êtes libre d’agir à votre guise, et si vous préférez collaborer avec Tyvaros… Ce ne sera qu’un problème de moins à régler. J’attends des résultats rapides, cependant, peu m’importent les moyens mis en place. Comprenez simplement que c’est en mon nom que vous agissez, et que vous utiliserez les pouvoirs qui vous sont confiés, je resterai donc attentif aux écarts, mais je ne m’inquiète pas sur ce point, vous n’êtes pas une brute incapable de faire la part des choses.

Concernant de nouveaux appartements, je vous en ferai attribuer de plus vastes, plus proches de la Tour également, cela facilitera la discrétion des rencontres futures. Je vous laisse trouver une explication convaincante à votre déménagement pour la Princesse. Les autres… Ils n’auront qu’à s’inventer leurs histoires, c’est ce qu’ils font de mieux après tout. »


L’Araignée n’avait pas terminé pourtant, et ce qu’elle avait encore à dire n’était pas pour lui plaire. Douter de sa parole ? Robb avait été élevé dans l’optique qu’une parole donnée avait force de serment, et qu’avec elle venait l’obligation de s’y plier. Héritier des Baratheon, il n’était pas habitué à ce qu’on remette celle-ci en doute, et que la Bieffoise se permette de le faire était loin de lui plaire. Il avait besoin d’elle cependant, et retint une remontrance en buvant une gorgée de vin, ne pouvant toutefois pas cacher la désapprobation dans son regard. Pour qui se prenait-elle, vraiment, à le traiter comme un simple courtisan ? Sa réponse ne se fit pas attendre, prononcée sur un ton certainement un peu trop sec.

« Je n’ai pas une idée claire de ce par quoi vous êtes passée, ni du nombre de fois où vous avez pu être trompée par le passé, ma Dame, mais quand je donne ma parole que quelque chose sera fait, croyez bien que ce sera le cas, d’autant plus quand une telle décision ne dépend que de moi. Je n’ai pas pour habitude de faire des promesses à la légère, et avant de vous faire celle-ci, j’ai pesé le pour et le contre. Si je vous affirme que votre mari rentrera à Port-Réal une fois que vous m’apporterez la preuve que j’ai eu raison en vous confiant cette tâche, c’est une certitude et non une promesse dans le vent. Et si malgré cela vous doutez de ma bonne foi, vous pouvez toujours quitter cette pièce et nous ne reparlerons plus de ceci, même si vous comme moi regretterions probablement cette décision. »

Reprenant sa place dans le large siège, le Suzerain de l’Orage reprit une certaine contenance, gardant le silence le temps d’éviter d’ajouter quelque chose qu’il aurait pu regretter Lorsqu’il reprit la parole, plus calme.

« C’est pour vous assurer qu’il rentrera, et qu’il ne repartira pas que je vous parlais de conditions. Etant donné que je ne peux pas négocier avec lui, je me contenterai de votre accord, et de l’assurance que Lord Piète suivra ces instructions à la lettre. Une fois rentré, il ne prendra pas part aux luttes de pouvoir, pas plus qu’il n’intriguera pour reprendre les fonctions qu’il a pu occuper sous Maegor. En échange, je m’assurerai que ni vous ni lui ne soyez inquiétés pour des rancoeurs ou des faits passés, ni que quiconque ne fasse en sorte qu’il puisse à nouveau être renvoyé ailleurs. Tant que ces directives seront suivies, vous serez assurés que vous pourrez continuer à vivre au Donjon Rouge, sans craindre le jour suivant. »

Alors qu’il terminait ces mots, il se saisit d’un bâton de cire jaune sur son bureau, et approcha une bougie posée au coin de celui-ci. Alors seulement il posa de nouveau les yeux sur la jeune femme, terminant là les négociations :

« Avons-nous un accord ? »

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut • Robb & Elinor   Sam 3 Fév 2018 - 0:42




Dealing with evil to revenge
Elle eut un léger sourire, constatant qu’il était toujours aussi facile d’obtenir ce que l’on désirait quand il s’agissait de les demander de la bonne manière. Le Seigneur Cerf semblait prêt à bien des choses quand il s’agissait de découvrir qui avait agi contre les siens, qui avait osé s’en prendre à sa femme, à ses enfants pas encore nés. Il l’était autant qu’elle pour faire revenir son époux à Port Réal. Ainsi, la balance s’équilibrait doucement entre l’Araignée et l’homme de l’Orage.

Franche et honnête, elle ne l’était pas toujours, non. La jeune Bieffoise, souvent, dissimulait comme bien des gens en ces murs, la vérité. Ses plus précieuses vérités restaient bien dissimulées dans des ombres où peu cherchaient à se glisser, à venir. Des secrets enfouis sous un tissu de mensonge trop épais pour être arraché. Pourtant, quand elle se prenait à vouloir créer une alliance, la confiance était une chose qu’elle devait rapidement créer, prendre en conscience. Tant de fois, elle avait été trahie. Méléagant avait été l’un de ces traitres qui avait scandé haut et fort tous les noms et actes de ceux qui s’étaient trouvés à la Cour durant le règne du Cruel, cherchant à acheter sa liberté. Il n’avait pas omis de préciser alors la présence d’Elinor Piète qu’il avait conduit lui-même auprès du Roi peu de temps avant sa mort, la plongeant dans un véritable embarras. Puis, Rodrik Farring avait été l’un de ceux sur qui elle pensait pouvoir compter mais se montrant profondément décevant, si peu investi dans la chute de ce monstre qu’était Maegor quand elle s’était jetée corps et âme dans sa chute. Le seul véritable soutient qu’Elinor avait su trouver avait été Valyron. La confiance résidait entre eux, bien qu’elle l’ait écorchée longuement et ne cessait plus de l’étirer, choisissant de lui cacher les secrets qui régnaient dans son ombre.

Alors oui, elle doutait. Robart Baratheon était un homme d’honneur, sa réputation le précédait largement à ce sujet. On disait qu’il était le digne fils de son père, un vrai Cerf. Et pourtant, les doutes ne pouvaient être étouffés, ne pouvait être ignorés, surtout quand un enjeu aussi grand que celui-là était placé sur la table. Lui, en revanche, semblait ne pas comprendre, ne pas accepter que sa parole soit mise en doute. Elle le regarda d’un air franchement désabusé. N’avait-il donc aucune expérience de la Cour pour encore penser qu’une simple parole était suffisante ? Ou bien que seule celle de l’autre parti suffisait ? Quand il sous-entendit qu’elle pouvait quitter la pièce, elle plissa les yeux, lui adressa un regard peu amical. Pensait-il réellement qu’elle allait baisser les bras si près du but ? Le regardant regagner son fauteuil, elle resta debout un instant tandis qu’il reprenait la parole. Pinçant les lèvres, elle fronça les sourcils quand il parla de la possibilité pour elle de voir Ondrew repartir. Là, maintenant, Elinor eut l’envie morbide de l’étrangler avec force. Il n’était pas question pour elle de voir son époux revenir quelques temps à ses côtés pour mieux repartir ensuite. Lui semblait craindre l’étendue des pouvoirs du Piète. Sa mâchoire se serra tant que ses dents grincèrent. Mais ce n’était pas à elle de défendre la place du Seigneur de la Culbute : viendrait une heure où, elle le savait, il saurait plaider sa cause devant la Main du Roi, lui faire entendre qu’elle rôle il pourrait jouer dans cette Cour qu’il ne connaissait que trop bien et saurait gagner une place méritée de droit.

Elle soupira longuement, reprenant à son tour place dans son fauteuil tandis que le Cerf achevait les préparatifs pour sceller cet accord, lui demandant confirmation que tout était clair pour elle. Elle pinça les lèvres avant de hocher simplement la tête, la détermination toujours encrées sur ses traits. Portant de nouveau son verre de vin à ses lèvres, elle en but une nouvelle gorgée tandis qu’il s’affairait à marquer d’un Cerf le précieux document qui était désormais le sien. Poussant un long soupir, elle reprit, l’air de rien. « Je sais déjà comment présenter les choses à la Princesse… Aucune crainte à avoir de ce côté-là. Et je vous remercie d’avance des prédispositions que vous êtes prêt à prendre pour le bien de cette enquête. »

Elle ne parlerait plus d’Ondrew. Pas aujourd’hui. Son esprit, déjà, avait trop vagabondé au-delà des frontières dès lors qu’elle songeait qu’elle pourrait le retrouver très bientôt. Il ne lui fallait que quelques preuves, quelques avancements. Elle les aurait. Même si pour cela, il lui fallait bien toutes les informations. « Il va maintenant falloir que vous m’indiquiez tout ce qui vous a déjà été rapporté. La vérité comme les mensonges, toutes les hypothèses formulées, les gens interrogés… » Le mystère était grand et, elle n’en doutait pas, si Valyron n’avait su le résoudre, complexe. Mais un nouveau point de vue serait certainement positif à cette affaire et c’est pour cela que Robb avait cherché à avoir recours à ses services, à sa loyauté. « Avant de chercher un coupable, mon seigneur, permettez que je cherche à comprendre dans quelles circonstances cet empoisonnement a pu avoir lieu. Quand lady Rohanna a-t-elle pu l’ingérer… » Portant de nouveau le verre à ses lèvres, elle médita sur le sujet. « Ce genre de réponses permettraient déjà de réduire votre liste de suspects… Le motif… Je ne vous demanderais pas qui pourrait avoir des raisons d’agir de la sorte, ce serait bien stupide et la liste serait longue… Non, listez-moi plutôt ceux en qui vous avez une confiance aveugle. Ce qui ne pourraient nullement être liés de près ou de loin à cette affaire. » Elle n’accorderait que peu de crédit à cette liste. Il serait préférable de vérifier auprès de tous les membres de la Cour présente si ils étaient disposés à agir ou non. Relevant son regard noisette vers lui, elle l’observa, inquisitrice. « Pensez-vous que je puisse poser quelques questions à votre épouse, mon seigneur ? J’imagine que vous l’avez déjà fait, mais les femmes se confient parfois des secrets qu’elles n’oseraient donner aux hommes. »


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Robb Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Re: Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut • Robb & Elinor   Mer 7 Fév 2018 - 18:58




Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut


Elinor n’avait pas ouvertement répondu à sa question, des émotions contradictoires passant successivement sur son visage à mesure qu’il parlait. Peu étonnant, ils ne venaient pas du même monde après tout. La Bieffoise avait trop longtemps évolué dans l’atmosphère polluante de Port-Réal, alors qu’il n’avait longtemps connu que ses terres, où tous savaient que lorsqu’un Baratheon s’engageait, on pouvait considérer la chose comme faite, ni plus ni moins. Elle l’apprendrait, tôt ou tard, si elle ne commettait pas l’erreur de le considérer comme un vulgaire intrigant, malgré ce que les apparences offraient en ce jour.

Car c’était exactement ce qui se jouait aujourd’hui, un pas de plus dans la fosse grouillante des intrigues politiques, un geste, une action qui poussait un peu plus le Suzerain de l’Orage à devenir comme ces politiques pleins de mensonges et de promesses infertiles qu’il abhorrait tellement. Toujours, on lui avait inculqué de se fier à ses subordonnés, de faire les choses selon les règles, l’ordre établi. Que pour chaque tâche, il y avait un homme, quelqu’un qui serait prêt à le servir pour arriver à son objectif, que ses Terres pourvoiraient à son règne autant qu’il contribuerait à les faire prospérer. Dans cette affaire, Tyvaros aurait du être son homme de confiance, le membre de son Conseil, pas par choix certes, mais néanmoins considéré comme suffisamment compétent pour régler les questions soulevées par l’empoisonnement de Rohanna. Pourtant, il le contournait, plaçait une autre dans une position au moins égale à celle du Chuchoteur, parce qu’il n’obtenait pas ses résultats suffisamment rapidement à son goût. Un geste fort, surtout au Donjon Rouge où tout était toujours interprété… Quand l’on saurait qu’il avait chargé Elinor Piète de l’enquête, les questions sur la position du Serpent commenceraient, de même que les spéculations sur les chances de l’Araignée de le remplacer à la table des puissants du Royaume. Et c’était exactement sur ce calcul que le Baratheon se basait, l’une serait motivée par l’idée de retrouver son époux, l’autre par le besoin de conserver sa place. Motivations différentes, mais l’un comme l’autre feraient tout ce qui devait être fait pour lui pointer où il devait diriger les foudres de sa justice. Leurs envies, leurs besoins n’étaient rien d’autres que des moyens dont il se servait comme de simples outils, pratique qu’il avait toujours réprouvé, mais rien ne serait trop bas pour trouver ceux qui se cachaient derrière le meurtre de ses enfants, pour mettre un visage sur le commanditaire des malheurs de son couple, de la douleur de son épouse. L’Araignée ou le Serpent qu’ils collaborent ou qu’ils entrent en compétition, étaient des outils en cet instant, le moyen d’atteindre l’inatteignable.

Elinor finit pas s’asseoir, et à énoncer ce dont elle avait besoin. Considérant qu’elle marquait là son accord, le Baratheon fit passer la cire au dessus de la bougie pour la faire couler sur le document, avant de la marquer de son sceau, rendant le contenu de celui-ci officiel, et non discutable. Alors seulement, il reporta son attention sur ce qu’elle lui demandait.

Les personnes en qui il avait toute confiance, d’abord. La liste aurait pu être longue, quelques jours plus tôt à peine, avant que les Dieux ne décident de détruire tout ce sur quoi sa vie s’était basée jusqu’à présent. Son peuple, d’abord. Jamais, il n’aurait cru qu’un des siens pourrait se rendre coupable d’une telle infamie, et pourtant il fallait se rendre à l’évidence : seuls les serviteurs de la Tour, tous orageois, étaient chargés du repas du couple suzerain, et c’étaient ceux-là même qui avaient apporté les collations précédant le mariage. L’empoisonneur, celui qui avait été payé pour commettre son méfait devait se trouver parmi eux, donc, trahison suprême envers une femme qui avait toujours été plus proche du peuple que de la noblesse qu’il servait. Sa famille, ensuite. Jamais il n’aurait pu croire que l’un d’eux pourrait le trahir, même s’ils avaient leurs désaccords. Et pourtant, Oriane lui avait confié les intentions de sa propre mère, ses complots à son encontre, pour placer un frère plus proche de l’attitude des Lannister, celui auquel elle pouvait identifier son héritage, et ce malgré les volontés de son défunt mari. D’eux non plus il ne pouvait être certain. Des amis, des proches ? Dans cette ville maudite, il n’en avait que peu, le capitaine de ses gardes et la Reine, et c’était tout. Les autres étaient des alliés, de longue date ou de circonstances, pour le peu que cela représentait encore dans un monde où les mots avaient autant de valeur qu’une seconde dans toute une vie.

Quant aux circonstances de l’empoisonnement… Rien n’était encore réellement clair. Le suzerain frotta son menton en prenant un certain temps pour réfléchir, avant de répondre :

« L’empoisonnement doit avoir eu lieu avant le mariage, et même si cela me peine, l’un des serviteurs à mon service doit l’avoir introduit dans sa nourriture ou sa boisson. Vous avez toute latitude pour les interroger. Quant à l’origine du poison, le Mestre a pointé le Nord du doigt, et aussi commode que soit cette accusation, elle devient plus douteuse à chaque jour qui passe. Il s’agit de Mestre Banneth, au service du Grand Mestre, je ne doute pas que vous parviendrez également à lui arracher la vérité. Pour le reste… On parle de sorcellerie, ou de l’idée que mon épouse serait elle-même à l’origine de l’acte, mais ce ne sont là que des bavardages de bas étage, qui ne doivent pas être pris en compte. Vous me demandiez de vous lister les personnes en qui j’ai toute confiance... »

La liste était des plus réduites, aussi douloureux que ça puisse être. Robb poussa un soupir, avant de poursuivre :

« Mon frère Edric, et ma sœur Oriane. Ser Dondarrion, mon capitaine, est également à mon service depuis des années, et j’ai toute confiance en lui. Mis à part eux, la Reine a également toute ma confiance, mais je doute que la Couronne soit impliquée. Il n’y a personne d’autre. Quant à ce que vous vous entreteniez avec mon épouse… Je n’y vois aucun inconvénient, mais je ne la forcerai pas à revivre cet événement si elle ne le désire pas. Vous pouvez lui demander une audience, lui dire que je l’encourage à accepter, mais si elle refuse… Rien de plus ne devra être entrepris, tant que la chose ne s’impose pas comme entièrement nécessaire. »

Il aurait pu lui demander lui-même, bien sûr, mais le Baratheon ne l’avait plus revue depuis la nuit de leur dispute. Le Donjon rouge tout entier devait savoir qu’il ne dormait plus à la Tour, et Elinor ne l’ignorait certainement pas.

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Elinor Piète
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MessageSujet: Re: Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut • Robb & Elinor   Jeu 15 Fév 2018 - 16:33




Dealing with evil to revenge
Ses yeux noisette avaient observé la cire fondre pour mieux couler sur le morceau de papier. Ces quelques gouttes jaunâtres venaient sceller leur alliance, leur entente, cet accord parfait qui permettrait aux deux partis d’avancer et d’atteindre un but. D’un geste ferme, il apposa son sceau à l’allure de cervidé sur le précieux document, le rendant tout autant officiel. Ainsi, l’Araignée et le Cerf d’Accalmie allaient avancer côte à côte, elle perchée dans ses bois pour mieux murmurer à son oreille. Jaloux, le Serpent devrait se contenter de ramper avant de pouvoir revenir dans les bonnes grâces de la Main de son Roi.

Les questions qu’elle avait posées avaient toutes un but. Toutes avaient du sens et lui permettrait de constater où en était l’enquête. Très rapidement, d’ailleurs, elle constata à quel point ce flou était artistique. Concrètement, aucun élément n’avait permis de faire avancer l’enquête. Ils n’avaient qu’une idée vague de quand l’empoisonnement avait eu lieu et ce fut quand elle l’apprit que l’Aranéide songea qu’il lui serait définitivement impératif pour elle de remonter le temps en compagnie de lady Rohanna afin qu’elle puisse essayer de la guider vers la main de celui qui avait été l’arme. Nul noble n’aurait été assez sot pour se mettre en danger et il y avait fort à parier qu’un serviteur ou une dame de compagnie soit derrière l’action en elle-même. Cette réponse semblait évidente à la jeune Bieffoise s’ils souhaitaient tous répondre à ce mystère.

Il lui parla ensuite de l’origine du poison. Le Nord. Si évidemment pointé du doigt. L’esprit affuté de la jeune fille ne tarda pas à mettre en lien les péripéties rencontrées par les Arryn et cette probable origine du complot. Cependant, quand il nomma le mestre, un léger sourire en coin apparut sur ses lèvres. Si facile. Le Mestre Banneth ne lui était pas inconnu. Quelques semaines avant le couronnement, elle avait eu l’occasion de pouvoir le rencontrer, de le voir en action pour ses propres soins car fragilisée par la chaleur. Lui arracher la vérité serait d’autant plus simple qu’elle avait une excuse pour venir le voir et, en même temps, avait de quoi le faire doucement vaciller. « Comptez bien là-dessus, lord Robart. »

Le reste ? Elle aurait aimé pouvoir en rire et se contenta de lever les yeux au ciel. Les racontars étaient immondes et elle le savait trop bien pour pouvoir les prendre au sérieux. Sorcellerie n’avait nulle place en ce bas monde. Quand au geste désespéré d’une dame, Elinor savait qu’il suffisait de regarder la mine défaite de l’homme qui lui faisait face pour savoir que son épouse devait autant lui faire payer ce qu’elle avait vécu que lui-même s’en flagellait. Là où Elinor eut un doute à ce sujet, ce fut dans l’énumération de ces personnes qui avaient la confiance absolue du Seigneur de l’Orage. Il ne nomma nullement cette épouse qu’il avait failli voir périr à ses pieds. Un sourcil inquisiteur se haussa mais elle eut l’intelligence de ne pas relever, se contentant de retenir ces noms qu’il évoquait. Elle acquiesça quand il évoqua la couronne avant de laisser échapper un sourire. « Je pense pouvoir vous assurer en effet que nul dragon n’a agi dans ces événements. Si vous avez l’amitié de la princesse Rhaenys, celle de sa rivale m’est acquise… Et la princesse Daenys s’est montrée très soucieuse et inquiète ces derniers jours. » Les conversations qu’elle avait eu avec la mère-dragon avait, en effet, était empreintes de ces ragots qui secouaient la Cour, de ces soucis qui traversaient les couloirs. Daenys n’avait rien fait sans quoi elle aurait cherché à se protéger. Là, elle demeurait à Port-Réal, s’inquiétant pour son fils, Aemon, ainsi que pour l’équilibre du pouvoir amené par les Dragons.

Il ne s’opposa pas à ce qu’elle rencontre la grande victime de ce complot qui les dépassait tous. Elinor hocha la tête quand il insista cependant sur le ménagement dont il faudrait faire preuve ainsi que le choix qu’il laissait à la Biche Pendue. Elle comprenait, évidemment, mais elle serait bien embêtée si lady Rohanna se montrait réfractaire à cette enquête qui la replongerait dans le passé, sans forcément en revenir au pire. Elle poussa un long soupir, laissant le silence s’installer, se faisant immobile, songeuse. La récompense d’un succès était trop belle pour qu’elle échoue. Elinor allait passer de longues nuits sans sommeil, mais cela en valait la peine. Evidemment, elle ne serait pas seule à s’appliquer à résoudre ce mystère… Elle avait déjà prévu d’aller retrouver Valyron après cette discussion et se mit à penser que les rumeurs les entourant autrefois auraient peut-être raison de resurgir.

Faisant tourner son verre entre ses doigts, elle finit par le relâcher pour reporter toute son attention que l’homme qui se trouvait face à elle. « Bien… Je pense que c’est un bon début. » De nouveau, elle se leva. Son esprit tournait à plein régime, cherchant des pistes et des réponses dans ce qu’elle avait pu voir et entendre ce jour-là, dans ce que les murs murmuraient à l’Araignée. « Si vous m’y autorisez, je vais prendre congé. Je me dois d’aller avertir le maître des Chuchoteurs de cette nouvelle situation ainsi que de ma volonté à vouloir coopérer avec lui. Et quand bien même il désapprouverait, j’ai désormais beaucoup de travail. J’espère pouvoir vous offrir des réponses au plus vite, seigneur Robart. » Sa main glissa jusqu’au document laissé entre eux jusque-là. Ses yeux se posèrent rapidement dessus avant qu’elle n’exécute une nouvelle révérence, attendant que la Main du Roi ne l’autorise officiellement à quitter les lieux.


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The Beautiful Spider
The dangerous black widow encases her victims with silk, and then kills with poison from her fangs.
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Il faut parfois pactiser avec ses rivaux pour mieux obtenir ce que l'on veut • Robb & Elinor

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