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 What if I loose it all, sister will you help me out ?

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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: What if I loose it all, sister will you help me out ?   Mar 23 Jan 2018 - 15:06




Peace comes with Chaos
Aussi Haute que l’Honneur. La phrase résonnait dans sa tête, mélodie funeste qu’elle s’évertuait à ne pas oublier, à ne pas perdre à jamais. Sois forte. Assise dans le fauteuil, elle les avait dévisagé. Elle avait attendu. Muette comme un rapaces surveillant sa proie, elle avait laissé la scène se dérouler devant ses yeux sans rien faire, sans rien dire. Le maître des Chuchoteurs avait rampé jusqu’aux faucons, habile serpent, sage et sournois à la fois, attendant l’instant précis pour se propulser en avant, ses crochets sortis pour mordre les oiseaux en plein vol. Les faucons auraient pu refermer leurs serres sur le serpent, d’un battement d’aile, mais ce fut sans compter sur le Cerf, les bois en avant, empêchant les oiseaux de se déployer, empalant de ses cornes le plus beau de tous les faucons. Le cœur d’Etaine s’était serré tandis que la peur l’avait envahie. Catelyn… Il fallait voler à son secours. Il fallait dégainer l’acier, faire couler le sang pour que la Valoise en sorte indemne. Mais elle n’était que femme et les combats de fer et de sang n’avaient que trop duré. Non, il fallait agir autrement cette fois. Si les oiseaux étaient résignés, tel ne fut guère le cas de la Colombe.

S’élevant, elle avait finalement brisé ce silence, élevant les seules barrières qu’elle pouvait créer, celles d’une glace épaisse venant protéger son cœur, la séparant des siens. Une barrière qui, peut être, saurait protéger certaines choses comme le Mur peut protéger le Nord des dangers d’au-delà. Pour l’heure, cette barrière était là pour la protéger, elle. Sois forte. Catelyn avait été la première, acide et glaciale, trahie comme elle pouvait se sentir par cette cousine qui semblait dès lors ne vouloir que soigner ses propres envies, céder à ses propres caprices. Ses mots se firent poignards qui attinrent son cœur et pourtant, elle n’avait pas bougé. Impassible, masquant ses émotions sous cette indifférence glaciale, elle l’avait regardée, ses yeux vers plaqués tout contre les siens pour mieux endurer la violence de sa haine. Pardonne-moi. Puis, ce fut Martyn. Ce frère qu’elle avait tourmenté et qui avait su lui rendre la pareille. Ce frère qui lui avait tant fait mal. Ce frère qui était pourtant le seul qu’elle avait. Les poignards de Catelyn n’étaient rien face à l’épée du Suzerain du Val qui espéra certainement l’abattre, la voir s’effondrer tandis que son bannissement retentissait. Mais, toujours, elle avait su demeurer droite, fière, écoutant son sermon avec cette même attitude belliqueuse qu’elle avait adopté durant ceux qu’il lui avait servi ces dernières années.

Seule. Ainsi se retrouvait la Colombe du Val après avoir tourné le dos à sa famille. Eux prônaient des ambitions qu’elle avait dissimulé, une traîtrise, une infamie de la pire espèce car tout portait à croire en cela. Pourtant, l’oiseau de paix ne l’était pas. Une quelconque défense ? Elle n’aurait pu en avoir et n’attendait guère à se faire pardonner des siens. Mieux valait qu’ils ignorent tout de ce qu’elle avait en tête car la Couronne ne saurait leur en tenir rigueur si d’aventure, ses pas venaient à la faire chuter. Pourtant, lourd était le fardeau de cette solitude. La matinée avait été longue et si elle n’était pas, comme ses semblables, affairée à devoir faire ses bagages, elle était épuisée. Epuisée de ces jeux d’enfants qu’ils portaient toujours étant adultes. Epuisée de ce monde dans lequel elle avait évolué jusqu’alors. Epuisée de ne pas se connaître elle-même. Soupirant longuement, elle cherchait les mots tandis qu’elle couchait sur papier ses émotions, ses sentiments. A ses côtés, une lettre cachetée était adressée à Bryen Sunderland et le secret de son contenu promettait bien des choses pour le Val.

Posant la plume qu’elle tenait, elle regarda l’écriture qui était la sienne, les mots couchés sur le papier qui semblaient révéler la plus grande traîtrise de toute l’histoire du Val. Bientôt, ces nouvelles seraient diffusées à travers la région montagneuse et ne saurait que voir ce qu’elle désirait bien montrer. Et pourtant, mince était l’espoir de sa rédemption. Alors que tous ne tarderaient guère à vouloir lui sauter à la gorge, une petite voix au fond d’elle lui murmurait qu’elle finirait par se faire pardonner, que tous sauraient voir la grandeur de son âme à travers ses actes. Pas aujourd’hui, peut-être demain. Son corps trembla tandis qu’elle réprima un sanglot. Sois forte. L’heure n’était pas au relâchement. Elle ne pouvait se permettre de s’effondrer, pas maintenant qu’elle avait accompli le plus dur. Pourtant, il en était une, peut-être, qui saurait la consoler.

De tous les oiseaux du Val, l’un avait été épargné par cette convocation. Seule l’Aigle ayant épousé la Rose avait pu demeurer éloignée. Leandra. Son cœur battit plus fort alors qu’elle songeait à elle. Que penserait-elle ? Savait-elle seulement déjà ce qu’il s’était passé durant la matinée ? Il n’y avait qu’un seul moyen de le savoir. L’évènement qu’avait été ce Couronnement avait réuni bien des amis, des frères et des sœurs. Les Arryn n’avaient guère étaient épargnés bien que, pour l’heure, les deux sœurs n’avaient su se retrouver pour discuter, échanger… Je n’aurais pas cette force… Que les Dieux m’entendent. Car oui, leurs discussions ne tourneraient pas uniquement autour de la santé de leurs neveux respectifs, Etaine le savait. Mais si elle n’avait la bénédiction de son aînée dans ses démarches, que lui restait-il ? Il fallait, à tout prix, qu’elle convainque Leandra de se ranger à ses côtés, de l’accompagner, peut-être même de la guider.

Se levant de son siège, elle sortit de sa chambre, passant, la tête haute, devant ceux des siens, ignorant leur présence, les oreilles pourtant aux aguets. Traversant quelques couloirs, elle trouva aisément les appartements qui avaient été dédiés au couple suzerain du Bief. Leandra serait-elle seulement seule ? Elle l’espérait. « Veuillez m’annoncer auprès de ma sœur, je vous prie. » Elle prit une profonde respiration, le garde ouvrant la porte, s’exécutant avant de la laisser entrer. Il ne suffit que d’un regard. Etait-ce le soulagement ? La culpabilité ? La peur ? Ou bien toutes ces émotions mélangées, peut-être ? Les larmes glissèrent sur ses joues sans qu’elle ne puisse les contrôler alors qu’elle peinait à, vainement, retenir ces sanglots qui menaçaient de la laisser aller contre le sol. Statique, ignorant si celle qui avait su veiller sur elle par le passer allait accepter de l’étreindre, ce fut d’une voix brisée qu’elle s’exprima. « Ma sœur… » Rien d’autre n’avait besoin d’être dit et elle ne pouvait en dire plus. Elle voulait simplement que la Valoise de naissance, Bieffoise par l’union sacrée, ne vienne à son secours, ne vienne l’épauler, comme elle l’avait fait jadis. Comprends-moi, je t’en prie.


© Belzébuth

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The Fallen Princess
Winter was Coming and then, I've been on the top, Unbent, Unbowed and Unbroken. Now, I just wanna be as High as Honor
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Leandra Tyrell
BIEF
■ Localisation : Haut-Jardin.
MessageSujet: Re: What if I loose it all, sister will you help me out ?   Mar 23 Jan 2018 - 21:58




Peace comes with Chaos
La main tremblait. Elle tremblait de peur, de frustration peut-être une envie de claquer, cogner quelque chose. Mais droite tel un piquet, elle ne dit rien, elle resta stoïque, attrapant sa main vagabonde par son autre moitié, les cachant dans les pans de sa robe. Elle sentait le cœur battre à tout rompre dans cette cage thoracique qui semblait tenir d’une prison contre ce palpitant explosif. Leandra à peur, vraiment peur. Il n'y a que le bruit régulier de ses bottines, qui résonne entre les murs. Sa chevelure d'or vient caresser la chute de ses reins alors que son regard, souligné d'un bleu intense, balaye le défilé de marbre se dressant face à elle. Tout n'est que richesse autour de Leandra. L'or se mêle au bronze et les peintures se succèdent aux murs. Beaucoup tueraient pour avoir l'honneur de ne serait-ce que fouler ce temple de l'abondance. Mais pas elle. Vestige d'un passé qui lui est encore inconnu. Elle ne se souvient pas, enfaîte elle préfère oubliée , pourtant c'est inscrit en elle, dans chaque fibre de son être. Leandra n'est pas de ceux à aimer ce monde fait de poudre aux yeux.

Tout en elle, ne cesse de la pousser en direction des bas-fonds d'une capitale désillusionnée. Mais c'est à Haut-Jardin qu'elle se doit d'être. L'ombre d'une immense et sublime bâtisse qui a fait d'elle sa Suzeraine. Une condition qu'elle c'est mise à accepter, c'est un honneur pour elle, un honneur pour elle d'être à côté de lui, Oberyn, de former ce duo invincible, protégeant leurs pouvoirs coûte que coûte. Echo d'une relation qui s'est engouffrée dans les ténèbres de l'inconscient. Mais Leandra ne sait pas, elle ne se souvient pas de celui qu'elle a aimé si fort, jusqu'à briser la cage abritant son palpitant. C'était puissant, mais visiblement pas suffisant pour braver toutes les barrières invisibles ancrées dans son esprit. C'est ce qu'ils essayent de lui faire croire, mais c'est une union à vie, un lien indéfectible, mais pas un amour éternel.

Pourtant, alors que la nuit tombe et que ses paupières viennent se refermer, la poupée rêve d'une vie pénible, mais jamais triste. Parce qu'elle les a eux et surtout, elle. Etaine inaccessible, les images reviennent encore et encore, sans qu'elle n'accède à ce semblant de paradis. Frustration ultime alors que son nom s'échappe de ses lèvres et que les larmes sont bien réelles. Le réveil est douloureux et la honte grandissante pour celle que l'on dit sans pitié. Mais la fierté qu'elle abrite, désormais, n'a d'égal. Ça l'a prend aux tripes, c'est devenu sa raison de vivre. Parce qu'elle n'a pas d'autres vocations, après tout. Sa vie pour la leur. C'est uniquement ce à quoi elle est destinée la poupée. Une existence dirigée au gré de ceux tirant les fils d'un avenir incertain. Son pas est déterminé alors que rapidement le faciès de la bronze bronze se dessine devant ses iris. Un large sourire illumine son minois à l'instant où son regard croise le sien. La jeune femme tire une rapide révérence devant sa Suzeraine.

« Ma Lady. » Un simple titre, un simple mot qui est devenu son existence la Colombe du Bief, la Valoise promise dès son plus jeune âge à un avenir radieux, la Valoise aujourd'hui totalement dévouée à ses enfants, à son époux, à sa famille, aussi haute que l'honneur elle ne l'oublie pas. Aussi forte que l'honneur, peut-être être les deux en même temps ? Elle mélange son enfance et son avenir la Colombe pour ne former plus qu'une et seule personne. « Avez-vous quelques choses d'important à me dire étant donné les gouttes de sueurs qui coulent sur votre front ? » Les lèvres de la suzeraine ce resserre comme une punition divine son regard azur fixe sa servante qui par respect pour celle qu'elle sert baisse les yeux comme un signe de soumission. D'un geste gracieux sa chevelure d'or prit place sur une de ses épaules. Elle recule, la démone, en attente d'une réponse de sa fidèle suiveuse.

« Ma Lady, votre maison, la prestigieuse maison Arryn à était convoquée ce matin, par le Maître des chuchoteurs ... » Son souffle se coupe comme si quelqu'un s'amuse à l'étrangler tous ce mélange dans son esprit ses mains viennent se serrer au niveau de sa poitrine, son regard est vide pourquoi ? Un simple chuchotements pourquoi eux ? Son sang, c'est dans les moments les plus sombres qu'on se rend compte qu'on tient aux siens. « Je vous présente mes excuses ma Lady, j'ai eu vent que la Main du Roi a convoqué les vôtres aux sujets de la fausse-couche de Lady Baratheon, malheureusement je n'ai pas d'autres informations à vous fournir. » Le sourire de la Arryn disparaît un peu plus chaque seconde qui passe un simple signe de la main pour renvoyer la servante à d'autres activités qui finit par repartir, exactement de la même manière dont elle était arrivée. Ses talons claquent à mesure que ses boucles ondulent dans son dos. La porte claque et le poing de la Valoise vient claquer contre l'un des meubles, un coup de poing violent, une larme vient déferler sur le visage de la Suzeraine, salée elle se dépose sur les lèvres d'elle, Leandra. Personne ne doit la voir dans cet état, personne ne doit connaître sa seconde faiblesse. Elle est faible depuis la rébellion Hightower, une faible mère protectrice avec son enfant, une faible c'est tout ce qu'elle est. Les secondes sont lourdes, elle s'écrase sur elle pour essayer de la mettre à genoux comme pour lui montrer à qu'elle point elle est faible, un jeu qui la tourmente, un jeu qui tente de la mettre à terre. Leandra se sent tellement stupide à cet instant.

Sa tête dépasse de la fênetre l'air heurte sur son visage pour la rafraîchir elle réfléchie, c'est long, pourquoi c'est si long? Elle quitte la fênetre la Suzeraine son regard toujours aussi vide sa chevelure qui caresse ses épaules. Elle tente de se rassurer comme elle peut, elle tente de penser à autres choses, mais non. Elle aimerait être dans cette pièce, Leandra, elle aimerait écouter aux portes sans que personne ne la remarque, mais elle est la dans ses appartements seule. 'un geste de la tête, elle essaye de chasser ses pensées et surtout de vider son esprit. C'est de ça dont elle a le plus besoin. Le néant absolu. Elle se stoppe une minute et fronce son regard. Alors qu'elle est sur le point de s'asseoir pour vider son esprit la porte s'ouvre, le garde biefois entre dans la pièce, les ongles de la Suzeraine viennent griffer le meuble en bois. « Ma Lady. Lady Etaine Arryn. » Elle peut sentir les battements de son cœur battre si fort qu'ils se fracassent contre sa cage thoracique. Un mélange d'émotions la traverse, sans qu'elle ne sache quoi faire, quoi dire. Etaine apparaît dans la pièce, la porte ce referme. Elle à envie de crier son nom jusqu'à faire saigner ses poumons alors que son regard s'humidifie. Elle à envie d'encadrer son visage de ses mains. Sa cadette son éternel faiblesse. Tellement de jours, de mois, d'année sans se voir, sans se serrer sans se regarder sans pouffer de rire. Elle était si jeune la dernière fois aujourd'hui tous est tellement différent, elles sont deux femmes fières et caractériels. Deux mères amoureuses de leurs bijoux. Etaine représente tellement pour la Suzeraine, sa soeur, son unique soeur. « Ma sœur… » Leandra perd le contrôle de son être ça l'a paralyse. Immobile, elle n'a pas encore ciller, ni même  entrepris quoique ce soit d'autre. Ses talons claque sur le sol, son regard azur cacher dans un océan immense de larme. Ce sont ses bras qui viennent la serrer, comme pour ne faire qu'une avec elle. « Je suis la.. Je serai toujours là.. ». Mille et unes pensées traversent son esprit, ça lui donne la migraine, ça lui tord l'estomac. Elle veut voir le temps s'arrêter ne voir qu'elle. Leur sang est unis à jamais comme un serment éternel, jamais au grand jamais elle n'a oubliée son visage. « Je t'écoute Etaine, non pas comme une Tyrell, mais comme une Arryn.. » Cette hiérarchie s'écroule à cet instant, une Lady jetées dans un trou, jeter dans le néant. Elle n'est plus que Leandra Arryn aussi haute que l'honneur.


© Belzébuth

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⋆ I'm a princess cut from marble
smoother than a storm. and the scars that mark my body, they’re silver and gold. my blood is a flood of rubies, precious stones, it keeps my veins hot, the fire's found a home in me.
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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: What if I loose it all, sister will you help me out ?   Jeu 25 Jan 2018 - 11:49




Peace comes with Chaos
Y avait-il seulement des mots pour qualifier le chaos qui régnait en son être ? La vague de sentiments contraires était venue s’abattre sur elle, l’emportant dans un flot d’émotions duquel elle ne parvenait pas à émerger. Ses yeux émeraude accrochés à ceux, azurés, de son aînée, elle demeurait droite, immobile, incapable de se laisser aller, cherchant toujours à mieux se contrôler, à mieux conserver cette dignité mal placée qui rendait les Arryn si honorables. Et pourtant, quand elle vit la détresse dans le regard de sa sœur, les sanglots se firent trop forts. La plus âgée de la fratrie vint alors au secours de sa benjamine, de cette petite sœur qui se voulait plus forte que le reste du monde et qui, finalement, était aussi faible que les mortels. Ses bras se referment sur elle, étreinte indispensable à son corps. Etaine pleure, incapable de parler, seuls ses sanglots exprimant ses sentiments. Je suis là. Ses doigts se referment tels les serres du faucon sur cet autre oiseau de proie, la gardant contre elle, échangeant son mal-être dans cette étreinte poignante mais ô combien importante pour la Colombe.

Il lui fallut du temps pour trouver un apaisement certain, pour que sa gorge refoule cette boule, ce nœud qui l’empêchait tant de parler que de respirer. Elle avait si soif en cet instant mais ne le mentionna guère. Elle aurait aimé pouvoir se laisser aller sur le sol, pouvoir, comme lorsqu’elles étaient enfants, s’allonger tout contre Leandra qui caresserait ses cheveux corbeau. Mais des enfants, elles n’étaient plus. Leurs mots avaient des conséquences et leurs actes les définissaient un peu plus chaque jour. Etaine le savait et c’était pleinement consciente de tout ceci qu’elle avait agi.

Reprenant son souffle, épuisée, elle finit par se détacher de celle qui fut une Arryn bien que n’en portant plus le nom aujourd’hui. La confiance, entre elles, avait toujours existait, malgré la distance, malgré les épreuves. La brune se rappelait de ces jours heureux de son enfance durant lesquels elles jouaient l’une avec l’autre. Puis, la plus jeune avait été emmenée au Nord, chez leurs cousins loups. Là-bas, loin d’oublier ceux qui étaient son sang, elle avait ouvert son cœur à d’autres membres de la famille, laissant Theon et Ashara devenir ses frère et sœur d’adoptions. Les lettres s’échangeaient toujours régulièrement, pourtant, entre les deux Arryn. Si Etaine était trop jeune pour les lire et les écrire, sa tante Selena avait veillé à l’accompagner pour que les deux sœurs ne rompent ce contact si précieux, si important. Puis, la détresse avait été présente le jour où, dans une missive, Etaine était priée de rentrer aux Eyriés car la famille toute entière se devait d’aller au Bief. Leandra les quittait. Malgré elle, voilà qu’elle se retrouvait exilée à l’autre bout du royaume. Etaine n’avait jamais pardonné à son père un tel acte, le haïssant plus encore qu’elle ne l’avait fait le jour où il les avait séparés, elle, Martyn et Leandra. Les lettres se faisaient plus rare et pourtant, la benjamine des faucons ne pouvait se passer des conseils de cette précieuse sœur qui n’était plus à ses côtés. Qui lui manquait. Suite à ses mésaventures dorniennes, elle avait même été le seul contact avec l’extérieur auquel Etaine avait droit. Un droit qui n’était que délivrance, qui lui rappelait des jours passés et qui éloignaient les murs de sa chambre qui la contenait, à l’étroit.

Prenant sa main dans la sienne, ce fut d’une voix brisée, incontrôlée qu’elle reprit la parole. « Oh, Leandra… Ma précieuse Leandra, que sommes-nous devenues, après toutes ces années, après toutes ces histoires… » Déglutissant avec difficulté, elle retint de nouvelles larmes, essayant de respirer avec le plus de profondeur, essayant de trouver cette force qui lui manquait pour avouer ce qu’elle avait dû faire, non pas par orgueil, mais par peur. Je t’en supplie… « Ma sœur, notre chère cousine, Catelyn, a été arrêtée il y a de cela quelques heures par la Main du Roi en personne… » Son cœur se brisa de nouveau tandis qu’elle revoyait la dignité incroyable dans laquelle le Chaton du Val s’était rendue, s’avançant vers son accusateur les mains tendues, prête à recevoir sa sentence.

Relevant le regard vers son aînée, elle devina aisément que rien de tout ceci ne devait être compréhensible. Essayant d’éclaircir ses pensées, elle toussa légèrement, sa gorge se dénouant avant de se resserre un peu plus. Sa voix était tendue tandis qu’elle chercha à rassembler les informations nécessaires à la compréhension de tout ceci. « Le jour du Couronnement… Juste après que lady Baratheon fut emmenée, Catelyn a cherché à convaincre Martyn de ne pas céder… De ne pas ployer le genou… J’ignore les raisons qui l’ont poussée à agir de la sorte et je bénis cet instant durant lequel Martyn a su lui faire face et ne pas l’écouter… Moi qui ne voyait en lui qu’un homme faible et influençable, ma sœur, je n’ai jamais été aussi heureuse que de le voir s’affirmer face à elle, lui résister. Il a fait ce qui lui semblait le plus juste et c’est certainement la chose la plus respectable qu’il ait fait depuis bien des ans. Tout aurait pu s’arrêter là, à un nouveau conflit entre le Chaton et le Faucon, mais des oreilles se sont fait pendues et les mots de Catelyn ont été entendus par d’autres. » S’humectant les lèvres, les yeux encore humides de ces larmes qui ne cessaient guère de tomber le long de ses joues, elle annonça la sentence terrible qui avait été prononcée à l’égard de leur cousine bien aimée. « Ils l’accusent de trahison. Si tu l’avais vue, si digne, ne pas lutter contre cela, se rendre avec cet Honneur qui lui appartient… Jamais je ne me suis sentie si petite, si faible qu’en cet instant. Notre frère a tenté de défendre le Val, mais tu aurais vu le regard du Chuchoteur, Leandra. Nous étions tous condamnés, je l’ai lu dans leurs yeux, à lui et à la Main. »

Sa gorge se serra tandis qu’elle prenait conscience que le moment arrivait. Qu’elle allait devoir ouvrir son cœur à la seule qui semblait en mesure de l’écouter sans le juger. Son regard se baissa tandis qu’elle essayait d’introduire tout cela. « Ma sœur, j’étais terrifiée… J’avais si peur que… Mes pensées ont essayé de me guider, de me dicter ce que je devais faire…. Oh, Leandra, j’ai essayé d’être forte mais maintenant, je ne sais si ce que j’ai fait a été la bonne chose… Ma sœur, je me sens si… Ma raison me dit que j’ai bien agi tandis que mon cœur saigne de ces sentiments que je ne peux qu’essayer de cacher et qui me déchirent… »


© Belzébuth

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