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 La Main Osseuse et le Lion du Roc.

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Moredo Timbal
ILES
■ Localisation : Ile de Fer
MessageSujet: La Main Osseuse et le Lion du Roc.   Dim 28 Jan 2018 - 13:52

De notre main, la Mort survient Mon équipage et moi-même avons quitté le Vieux Wyk à bord du Mya, dans l'après-midi afin d'arriver à la nuit tombée au large de la côte reliant Feux-de-Joie et Castral Roc. Durant le voyage j'ai réfléchis de nombreuses fois aux mots que je devrais utiliser et ceux à bannir pour pouvoir rentrer chez moi sur mes deux jambes. Mes hommes sont au courant des termes, aucun d'eux n'est prompt à me laisser seul face à nos ennemis mais le message transmit par le corbeau du suzerain de l'Ouest a été clair : je dois me rendre seul à l'auberge.
- N'allumez aucune torche, personne ne dois savoir que nous sommes ici ! ordonnais-je après avoir quitté ma cabine en ayant pris une petite bourse remplie de pièces d'or issues de mon trésor personnel.
Accompagné de mon second et de deux autres je monte dans une barque et nous partons vers le côte. Je suis très méfiant quand à cet entretien, quand bien même j'en sois le demandeur, car après tout détenir un seigneur ennemi est toujours une affaire attrayante pour n'importe quel noble.

Une fois arrivés sur petite plage surplombée de haute collines rocheuses je pose pied à terre en entourant ma tête et une partie de mon visage d'une longue bande de tissus pour garder l'anonymat puis prenant une torche, j'ordonne à mes hommes de se retirer et de rester prêts à revenir me chercher. Je reste un instant au même endroit, regardant s'éloigner la barque, puis je pars à la recherche de l'auberge proche de Feux-de-Joie. Une ascension est toujours périlleuse si l'on ne pas attention où nos pieds prennent appuis et de nuit, par cette chaleur, l'entreprise se révèle être aussi fatigante. Après plusieurs glissades, me faisant manquer à de nombreuses reprises de tomber, je parviens péniblement sur une terre plane. Je prends ensuite mon temps pour reprendre mon souffle et récupérer un esprit clair puis je me remets en marche en direction du fief des Prestre. J'ignore combien de temps je marche dans la nuit, uniquement éclairé la torche, mais je surprends à pousser un léger soupir de soulagement lorsque j'aperçois les lumières émanant d'une auberge et en arrière-plan un château. Je pose un instant ma main sur la garde de mon épée de Qarth, reprenant contenant après être resté si longtemps aux aguets, puis je me rapproche du bâtiment. Je cherche ensuite un abreuvoir pour cheveux pour y éteindre ma torche puis tout en découvrant mon visage j'entre dans l'auberge.

L'intérieur est rempli de quelques âmes se sustentant ou s'abreuvant d'alcool mais la salle est bien plus calme que celle où je rejoignent les Fer-nés à Lordsport. Je prends une table, demandant une chope d'un alcool local et j'attends que l'homme envoyé par le Lion du Roc vienne me chercher. Fort heureusement que je suis seul, je pourrais être pointé du doigt par mes confrères pour avoir payé avec des pièces plutôt que par l'acier de mon épée. L'attente est longue tandis que je bois doucement, gorgée par gorgée, l'alcool que m'a servit le tenancier et que j'observe les lieux, une fois de plus aux aguets.
Au bout d'un long moment un homme entre dans l'auberge. Il s'arrête pendant un instant, le temps d'observer les lieux et lorsque ses yeux se posent sur moi il s'approche.

- Suivez-moi, m'ordonne-t-il sans la moindre cérémonie avant de tourner les talons et de sortir aussi rapidement qu'il n'était entré. Je me lève en piochant dans ma bourse pour laisser trois pièces d'or puis je sors à mon tour. Je découvre l'homme du Lannister prêt de deux chevaux et pendant un instant je me maudis de vouloir protéger les Iles de Fer : je hais monter à cheval. Mais je n'ai le choix. Je monte sur le cheval que me présente le ouestrien puis je le suis vers le lieux où m'attends le suzerain de ces terres.

Même si je préfère me déplacer sur les mers, le chemin est bien plus aisé et rapide à cheval. Nous quittons la route tracée pour rejoindre la côte et j'aperçois un homme qui se tient à quelques mètres de la falaise. Si l'entretien tourne mal il est certain que je pourrais venir me briser en contre-bas ... tout comme lui d'ailleurs. Je descends de ma monture après l'homme du Lannister puis je le suis tandis qu'il m'amène vers son seigneur.

- Seigneur Lannister, dis-je simplement en inclinant légèrement la tête, en guise de salutations.

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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: La Main Osseuse et le Lion du Roc.   Mer 31 Jan 2018 - 23:03

La Main Osseuse et le Lion du Roc.








C’était une nuit claire. La lune était pratiquement pleine et dominait des cieux sombres striés de fantomatiques nuages gris que l’on distinguait à peine. Le chant de quelques oiseaux nocturnes ponctuait le silence paisible qui avait recouvert la campagne aux alentours de Feux-de-Joie alors que l’obscurité enveloppait le paysage. Le soleil avait désormais disparu derrière la ligne d’horizon de la Mer du Crépuscule, laissant les ténèbres s’installer une fois de plus. Il y avait toujours un peu moins de vent lorsque venait la nuit. Pourtant, ce soir, la brise s’était muée en alizé, ponctué de quelques risées encore plus fortes, faisant osciller les frondaisons dans des claquements de bois sec.

Ici aussi, la nature souffrait de la sécheresse. La dernière pluie datait de plusieurs mois et les quelques rivières de l’Ouest avaient du mal à tenir le rythme. Toutefois, cette partie des terres sous l’autorité des Lannister n’étaient pas trop à plaindre. Feux-de-Joie reposait au bout d’une longue péninsule. Les villages et populations alentours vivaient avant tout de la pêche. Ici au moins, les gens ne manquaient pas de nourriture. Ils pouvaient vendre une partie de leur pêche pour acheter les compléments en légumes et céréales qui leur manquait.

Garett avait prétexté une visite amicale au seigneur Prestre de Feux-de-Joie pour aller à la rencontre de ce mystérieux personnage qui lui avait adressé un corbeau quelques temps auparavant. Le message était pour le moins intrigant. Une missive, rédigée par quelqu’un qui se prétendait le seigneur du Vieux Wyk : Moredo Timbal. Une seule phrase dans tout ce qui était rédigé avait retenu l’attention du seigneur suzerain de l’Ouest.

je dispose de la possibilité de vous ramener votre enfant.

N’importe quel parent dans la situation du Lion du Roc aurait réagi de la même manière, il en était persuadé. Alors qu’il avait de toute manière l’intention de rendre visite à son vassal local, il avait avancé la date afin de pouvoir rencontrer son mystérieux interlocuteur au plus vite. Toute cette histoire sentait mauvais, tout cela ne pouvait être rien d’autre qu’un nouveau stratagème destiné à semer le désordre. Peut-être une tentative d’assassinat… Il ne tomberait pas dans un piège aussi grossier. Il avait repéré un endroit assez dégagé quelques jours auparavant. Une grande étendue d’herbe donnant sur des hautes falaises blanches. Les bois étaient suffisamment loin pour masquer toute approche surprise. De toute manière, Garett avait prévu de retrouver le Fer-Né seul ailleurs qu’à la taverne où il lui avait donné rendez-vous. Avec un cheval, ils pourraient aisément distancer de potentiels renforts ennemis qui les auraient suivis. De toute manière, plusieurs hommes de confiance avaient cerné l’endroit. Plusieurs archers avaient pour but de transpercer l’interlocuteur de leur chef. Deux cavaliers étaient se tenaient également un peu plus loin, prêts à fondre sur l’endroit pour évacuer le suzerain en cas de danger.

En attendant que la rencontre puisse débuter, Garett Lannister observait sagement les flots de la baie qui s’étalait en contrebas en respirant l'air iodé du bord de mer. La surface était striée de lignes grises qui avançaient lentement avant de se fracasser dans le grondement du ressac sur les plages de galets clairs au pied des falaises. A la lueur de la lune, les émulsions d’écume semblaient phosphorescentes sur les flots noirs. Un cheval s’ébrouant le fil se retourner. Deux cavaliers venaient d’émerger des bois et mettaient pied à terre en lisière des arbres. Tandis que le jeune homme envoyé chercher le Fer-Né gardait les montures, l’autre s’avança tranquillement vers Garett qui essaya de jauger à qui il avait à faire. Il avait les traits rudes et empreints de violence des Iles de Fer. Des hommes comme lui, Garett en avait tué des dizaines. Et pourtant, malgré cela, malgré ses frusques élimées et visiblement datées, il avait une certaine prestance. Un regard intelligent et vif qui semblait crier que le Timbal – si c’était bien lui – n’était pas simplement un fou sanguinaire ayant abjuré la véritable religion.

Garett le regarda d’un air froid. Il n’aimait pas les Fer-Nés. Une main négligemment posée sur Lionne, il continuait de le regarder le seigneur des Iles de Fer arriver. Lionne était l’épée qu’il avait faite forger pour la maison Lannister pour remplacer la légendaire Rugissante, perdue par Tommen II. Ce n’était pas une lame d’acier valyrien, bien sûr, mais de l’acier château de la meilleure faction, façonné par un maître forgeron de Qohor qui avait été invité au Roc par le Faiseur de Roi. La lame était d’une rare finesse et aussi légère que le permettait l’acier forgé château, d’un gris-bleu presque laiteux. La garde était elle aussi en fer, mais recouverte d’une couche de cuivre tapissé d’or. Des gravures d’argent représentaient les hauts-faits de la maison Lannister tandis qu’un rubis serti dans un écrin d’or était enserré au centre de la poignée. Au sommet de cette dernière, une petite tête de lion en or massif aux yeux incrustés en rubis. L’ouvrage était d’une rare splendeur et s’il avait eu un titre à lui donner, Garett aurait volontiers anobli le natif de Qohor pour une telle prouesse.

« Seigneur Lannister. » déclama le Timbal d’une voix polie, se contentant d’hocher la tête pour toute salutation.

Garett l’aurait bien stoppé net, lui disant que c’était assez près mais il n’aura pas voulu passer pour un froussard. Il resta donc de marbre, le saluant de la même façon, d’un simple geste de tête. Toutefois, il conservait une main négligente sur la garde de son épée et sa voix se fit bien plus froide. Il s’agissait là d’un père à qui on avait arraché son fils, un seigneur auquel on avait pris son héritier.

« Messire Timbal. »

Il le dévisagea d’un air renfrogné, méfiant et essayant de dissimuler la colère qui l’habitait à chaque Fer-Né qui foulait ses terres.

« Vous souhaitiez audience. Me voici. Je vous écoute. Où est mon fils ? Comment se porte-t-il ? »





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Moredo Timbal
ILES
■ Localisation : Ile de Fer
MessageSujet: Re: La Main Osseuse et le Lion du Roc.   Dim 4 Fév 2018 - 11:01

De notre main, la Mort survient Garett Lannister, le sire de Castral Roc. Suzerain des Terre de l'Ouest. Et tandis que je parcoure la distance qui sépare les chevaux de mon secret entretien, je le détaille du regard. L'homme qui se tient à quelques mètres du bord de la falaise doit être aussi grand moi que moi, il est élancé mais quelque chose me dit qu'il doit être fort, que la puissance se cache dans membres fins. Comment puis-je être certain que je fais bien face au seigneur Lannister ? Son port de tête et sa manière de se tenir droit me font penser que j'ai affaire au régent de cette famille. Et puis ces habits sont clairement d'une excellente manufacture même si la lumière dégagée par la lune ne me permets pas d'apprécier entièrement l’opulente richesse de ce Lion.

Je m'arrête à quelques pas de lui et je le salue avec tout de même une pointe de respect dans la voix pour deux raisons : pour l'évidence qui est que je me trouve sur ses terres et pour la seconde qu'il est un guerrier. Le détaillant du regard, mes yeux violets tirant sur le bleu se posent au niveau de la hanche où la main du suzerain semble posée sur la garde de son épée. J'ignore à quoi elle ressemble exactement mais au vu de ses habits et de l'immense fortune de sa famille, l'arme doit avoir été finement travaillée par le meilleur. Je me surprends à sourire légèrement tandis que mes yeux remontent doucement vers le visage de Garett Lannister. Mon épée de Qarth n'a peut-être pas été achetée par le biais de plusieurs centaines de pièces d'or mais elle avait été dûment gagnée au combat contre un marchand et je ne regrette pas de l'avoir prise. La lame est moins large que la plupart des épées portées par les chevaliers et seigneurs de Westeros mais elle reste tout aussi redoutablement efficace. Sa garde et sa poignée sont recouvertes de diverses pierres précieuses qui alimentaient l'envie parmi mes frères-ennemis aux Iles de Fer. Quoi qu'il en soit le Lannister est peut-être fier de son épée qui probablement plus que la flotte de Fer mais la mienne est tout aussi belle que la sienne et s'il veut que l'on compare je le ferais avec grand plaisir.

Je prends une inspiration, tentant de calmer cette envie de comparer mon bien à celui de l'homme le plus riche de Westeros, et c'est à cet instant que s'exprime le Lion du Roc. Je vois et j'entends bien que ma provenance ne l'enchante guère, voire même le met en colère ce que je peux comprendre étant donné que je suis le seul Fer-né à sa disposition et donc le seul sur lequel il pourrait passer sa colère de ne pas avoir son fils à ses côtés. Pour mes enfants les plus jeunes je ferais tout pour eux, s'ils venaient à être tués ou enlevés je brûlerais tout sur mon passage. La tentation doit être grande pour lord Lannister de me capturer mais s'il me croit cela doit être dur.

- Votre fils se porte bien, il est en bonne santé pour le moment et il se trouve à Pyke, répondis-je calmement en plantant mon regard dans le sien. Je ne précise pas s'il se trouve dans la forteresse des Greyjoy mais si le suzerain de l'Ouest est un tant soit peu intelligent il comprendra tout seul. Mais plus le temps passe et plus la patience s'éffrite. C'est dans le but d'éviter des morts que je vous ai contacté je peux récupérer votre enfant,
messire !


Je reste impassible mais j'ai volontairement laissé mes émotion imprégner ma voix. Mon objectif n'est pas de rendre un enfant à son père dans un acte désintéressé, non. Mais mon objectif est de protéger mon île et ses habitant avant tout étant donné que j'en suis le seigneur, et si je peux par la même occasion sauver d'autres Fer-né tous les moyens sont bons.
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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: La Main Osseuse et le Lion du Roc.   Mar 6 Fév 2018 - 0:20

La Main Osseuse et le Lion du Roc.








Le Fer-Né avait un air plus noble qu’au premier abord, se dit Garett en le détaillant un peu plus longuement, maintenant que la distance entre eux était réduite. Ses traits étaient durs, mais pas grossiers. On sentait que sous ses airs nobles, la peau avait été façonnée par des années au contact de l’eau, du sel et du soleil. Il était légèrement trapu, révélant sans doute une grande force physique. Ce devait être un adversaire redoutable et cela expliquait sans nul doute qu’il ait survécu aux batailles des années précédentes. Un bref instant, le regard du Lion glissa vers l’arme qui trônait le long du flanc du Timbal. Il ne voyait que la garde et une partie de la poignée, mais ces deux parties de l’arme du capitaine Moredo jetaient quelques discrets reflets qui évoquaient l’opulence de la lame. Des pierreries précieuses ou semi-précieuses étaient serties dans cette arme. Il en oublia momentanément le danger que pouvait receler un homme de la trempe de Moredo Timbal armé et face à lui.

Une inspiration du Fer-Né le ramena à la réalité. Il était face à un ennemi deux fois consacré. Ennemi des Terres de l’Ouest et ennemi du roi. Cet homme méritait de mourir séance tenante, et l’espace d’un instant, Garett fut tenté de faire signe aux archers. Il se ravisa. C’était peut-être la seule option pour récupérer Tommen rapidement. Les Baratheon ne seraient pas disponibles avant un long moment. Par les Sept qu’il était tenté d’envoyer son poing dans le visage de cet homme qui lui faisait face. Au moins montrait-il une once de respect, c’était toujours cela de pris.

« Votre fils se porte bien, il est en bonne santé pour le moment et il se trouve à Pyke. »

Malgré lui, Garett Lannister rompit le contact visuel avec le Fer-Né pour regarder au loin, maîtrisant son émotion tant bien que mal. Son fils était vivant. Tommen respirait encore. C’étaient là les premières nouvelles officielles de son héritier depuis l’assaut sur les Iles de Fer. Cela faisait deux ans. Il en aurait pleuré de soulagement, il avait tellement craint le pire pour son Lionceau qu’entendre de vive voix que son fils était bien portant le frappait au plus profond de son être. Il s’autorisa un faible soupir de soulagement avant de revenir au Fer-Né qui continuait à parler.

« Mais plus le temps passe et plus la patience s'éffrite. C'est dans le but d'éviter des morts que je vous ai contacté je peux récupérer votre enfant, messire ! »

Garett darda sur le Fer-Né un regard furieux, impérieux, où émanait toute la puissance et tout le majestueux courroux des Rois du Roc d’antan. Eviter des morts ? Les insulaires avaient déclenché tout cela des années auparavant. Sans le sac de Port-Lannist et l’enlèvement d’Eleneï et Tommen, il n’y aurait jamais eu de morts. Les Iles de Fer avaient déclenché tout cela, il faudrait qu’elles payent. Toutefois, on était encore loin de tout cela. Les complications stratégiques étaient dantesques. L’interdiction qui frappait les Terres de l’Ouest avaient valeur d’assurance pour les Fer-Nés. Le Trône souhaitait les ménager… Les yeux verts mouchetés d’or du Jeune Lion ne quittaient pas Moredo une seule seconde, tandis que le suzerain dévisageait longuement son interlocuteur sans piper mot. Finalement, il se décida à prendre la parole.

« Savez-vous comment l’on me surnomme, ici ? Le Faiseur de Roi, et ce surnom prend de l’ampleur en dehors même des frontières de l’Ouest. Ce n’est pas complètement usurpé. Sans mon armée, le Cruel règnerait encore. Cela n’empêche pas le Protecteur d’interdire à l’Ouest de vous apporter le châtiment que vous méritez tous. »

Il se détourna un bref instant, un masque de dépit sur le visage. Comment diable pouvait-il en être arrivé là ? Il reprit contenance, montrant un visage plus fermé.

« Vous n’avez pas écrit au nom de votre seigneur et maître, cet animal qui se prétend roi du Sel et du Roc.. J’en déduis que votre démarche est personnelle. »

Il fit un pas en avant et se rapprocha du seigneur du Vieux Wyk et s’arrêta net alors que des remugles de sueur et de sel lui chatouillaient le nez. L’homme sentait le navire, c’était un authentique marin… Hélas, cela s’accompagnait aussi d’une hygiène visiblement toute relative, ou bien le nez du Lion était trop sensible pour ne pas remarquer ce genre d’odeur… particulière auquel il n’était pas habitué. Le ton du Lion se chargea soudainement de reproche. Il avait en horreur ces gens qui pillaient et volaient sans distinction. Les Fer-Nés avaient ravagé les côtes de l’Ouest durant des siècles, comment pouvait-il simplement parler à Moredo Timbal sans l’égorger ? Le souvenir des raids nocturnes des pillards des Iles de Fer faisait partie du folklore local. Plusieurs auberges portaient le nom de « Fer-Né », certaines chansons locales évoquaient les pillages, tandis que parfois, les ruines d’un village côtier apparaissait au détour d’une route isolée, dernier vestige d’une attaque meurtrière des années auparavant.

« Mon enfant n’avait que quatre ans lorsqu’il a été emmené loin de sa mère qui venait d’être assassinée par les vôtres. Dites-moi donc, Sire Timbal : est-ce là la conception de la guerre aux Iles de Fer ? Tuer des femmes et volez leurs enfants ? »

Il croisa deux bras puissants sur son torse, le regard impérieux. Il lui était impossible de dissimuler sa fureur, de ne pas céder à poser ces questions qu’il avait retourné dans son esprit depuis cette funeste journée de l’an 47. Il était difficile pour lui de continuer à jouer le jeu plus longtemps face à un homme qui avait peut-être participé au saccage de sa ville.

« Vous venez rencontrer le Faiseur de Roi avec un but bien précis. Je ne vous ferai pas l’honneur de marchander comme le dernier des taverniers, Timbal. Dites-moi ce que vous voulez. »






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Moredo Timbal
ILES
■ Localisation : Ile de Fer
MessageSujet: Re: La Main Osseuse et le Lion du Roc.   Mar 6 Fév 2018 - 11:38

De notre main, la Mort survient Je n'ai encore jamais vu de mes propres yeux le Lionceau du Roc mais je sais qu'il est en bonne santé en cet instant précis où je le dis à son père. Je remarque bien que cette annonce fait éprouver quelque chose à cet homme sous sa carapace de richesse lorsqu'il cesse de me regarder pour fixer son regard dans le lointain. Je réagirais probablement de la même manière si mon fils était aux mains de mes ennemis mais n'étant qu'un Fer-né il n'aurait probablement pas vécu suffisamment longtemps pour que je puisse marchander son retour. Je sais à ce jour que je ne me trouve en rien dans une position de légitimité étant donné que c'est mon propre peuple qui a attaqué puis enlevé une femme et son enfant. J'ai même fais un temps partis de ceux qui ont félicité ce coup de maître de la part des Wynch alors même que je suis d'avis que les enfants n'ont pas a payer les actes des parents. Donc pourquoi ce changement d'opinion sur la question ? Pourquoi ramper comme un laquais auprès du suzerain de l'Ouest ? Parce que je me suis rendu compte que les forces en présence sont bien trop déséquilibrées et qu'il est temps de cesser de jouer à tirer la queue du chat. Je ne dis pas que je ne veux plus être libre, bien au contraire, mais cela porte un coup à ma fierté : je pense que collaborer est ce qu'il y a de mieux.

Les yeux du Lannister se posent à nouveau sur moi et je m'atèle à soutenir son regard tandis qu'il prend de nouveau la paroles après plusieurs secondes de silence. J'essaye de rester impassible face à cet homme mais ses paroles me font sourire intérieurement. Pour montrer sa supériorité envers moi il me balance au visage le doux surnom donné par ses pairs, le fait que son armée a été déterminante dans la guerre ou encore il m'annonce que la Main du Roi interdit à l'Ouest d'attaquer les Iles de Fer. Les deux premières informations m'étonnent dans le sens où un homme de sa trempe, suzerain de surcroît, aussi riche, ressente le besoin de montrer toute sa supériorité. Est-ce que j'impressionne tant que ça ? J'en doute mais je me plais à le croire car il ne me connaît pas. Il ne sais pas que je suis la Terreur nocturne de bien des continentaux et de mes confrères, le Fer-né qui vogue à bord d'un navire lysien lui-même fils d'une femme qui venait d'une riche famille marchande de Lys. Non il ne le sait pas et c'est pour le mieux, pour l'instant.

Je le regarde se détourner un instant de moi puis se retourner avec un visage entièrement fermé à la moindre émotion. Il n'est pas stupide. Effectivement, il s'agit d'une initiative personnelle car le Roi est bien trop fou et son frère ne cherche pas à calmer les ardeurs fer-nées. Garett Lannister effectue un pas en avant pour se rapprocher de moi tandis que je reste stoïque. Je l'écoute attentivement tandis qu'il me demande si tuer des femmes et enlever des enfants est la conception de la guerre aux Iles de Fer puis il croise ses bras sur sa poitrine en me regardant d'un air supérieur avant qu'il ne me demande ce que je veux.

L'écouter m'a permis de réfléchir aux mots que je pourrais répondre, à ne pas me montrer agressif alors même que je me trouve sur des terres étrangères.

- Votre déduction est bonne, messire. Il s'agit-là d'une initiative personnelle, commençais-je à répondre. C'est un conception de la guerre pour une majorité des Fer-nés, pour ceux qui suivent l'Antique voie qui consiste à piller, tuer, violer et asservir. Je ne vais pas vous cacher que s'attaquer à votre famille se révélait être un coup de maître beaucoup de mes confrères mais enlever un enfant innocent à ses parents pour leur porter un coup est une vision de la guerre que je ne partage pas.

Je détourne le regard vers l'orée de la forêt. A cet instant où je lui avoue une partie de la vérité je me demande si certains de ses hommes sont cachés parmi les arbres, guettant le moindre signe de leur suzerain leur demandant de m'attaquer. Je pose de nouveau mes yeux sur le Lannister, sachant que je risque à chacun de mes mots de le faire sortir de ses gongs, et j'annonce ce que je veux.

- En coopérant pour que vous retrouviez votre fils, je veux la garantie que l'île du Vieux Wyk aura une immunité auprès de vos gens et de vos alliés. J'entends par-là qu'aucune attaque ne soit portée à l'encontre de ses habitants qui sont les Timbal, les Maisonpierre et les Bonfrère de Shatterstone. Et si pour cela je dois vous promettre par écrit que ces maisons n'attaqueront plus vos terres, je le ferais !

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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: La Main Osseuse et le Lion du Roc.   Mar 6 Fév 2018 - 16:27

La Main Osseuse et le Lion du Roc.








Durant les nuits où il ne trouvait pas le sommeil – les Sept savaient qu’elles étaient nombreuses – le suzerain de l’Ouest pouvait passer des heures à mettre sur pied une stratégie punitive contre les habitants des Iles de Fer. Il avait songé à mille et un supplices pour les faire souffrir, leur faire regretter leurs actes. Une fois, il avait échafaudé tout un argumentaire qu’il aurait présenté au roi, demandant de déchainer la furie draconique sur les châteaux, les villes et les navires. Il avait également songé à voir combien de main d’œuvre il lui faudrait pour faire terrasser une île toute entière, pour changer à jamais la carte des Iles de Fer. On disait que les insulaires avaient également certains lieux de culte très sacrés, dont le plus important de tous était les ossements de Nagga, la créature mi-dieu mi-dragon qui hantait le panthéon du Dieu Noyé. Quelques gaillards décidés avec de bonnes masses solides auraient sans doute suffit à en faire de la poussière. Le plus spectaculaire aurait été l’acquisition de nouveaux lions par la maison Lannister et l’organisation de spectacles ouverts à la population ouestriennes où des Fer-Nés capturés auraient été jeté en pâture aux fauves.

Toutes ces idées, et bien d’autres encore, Garett les gardait parfaitement à l’esprit. Il ne faisait aucun doute que l’Ouest aurait sa vengeance. Maintenant, dans dix jours, ou dans vingt ans, le Lion du Roc aurait la patience d’attendre le temps qu’il faudrait, et lorsqu’il serait en mesure de frapper, il refermerait ses crocs sur les insulaires tout entiers. Cette fois-là, il n’y aurait ni pitié, ni pardon. Jamais les Lannister n’oubliaient un affront, et encore moins quand l’un des leurs était tué. Le sac de Port-Lannis de l’an 47 avait été le raid de trop, celui qui avait tout fait basculer. Désormais, et Garett se réjouissait de voir certains pragmatiques comme Moredo Timbal s’en rendre compte, le courroux de l’Ouest ne s’éteindrait pas facilement, poussé par un suzerain blessé, un mari meurtri et un père au supplice.

L’air impérial, ses boucles blondes oscillant dans le lit du vent nocturne, Garett Lannister toisait de toute sa hauteur de suzerain le simple vassal qui lui faisait face. Peu lui importait qui était la personne lui faisant face, c’était un pirate, un pillard indigne, indésirable sur ses terres. De son regard émanait toute la majesté mi-arrogante, mi-courroucée de plusieurs millénaires de domination absolue sur ces terres. Feux-de-Joie, de par sa position stratégique, avait fait partie des premiers royaumes miniatures qui fractionnaient jadis la carte de l’Ouest à être intégré au domaine Lannister. On était ici sur l’une des plus anciennes terres soumises au règne du Roc. La maison au Lion était l’une des plus vieilles lignées du continent, faisant remonter ses origines au moins aussi loin que les Stark eux-mêmes. Ces dizaines de siècles, ces milliers d’années avaient été tant la source que l’inspiration d’une recherche continuelle de majesté, de perfection et de domination. Aujourd’hui, c’était Garett lui-même qui portait le flambeau du futur de sa maison, et de sa personne irradiait la lueur de l’or, l’odeur de la gloire, le toucher d’un illustre destin. D’aucuns trouvaient les Lannister arrogants, ce qui était assez proche de la réalité. Eux, n’agissaient que de la façon dont on les avait toujours éduqués, des êtres exceptionnels parmi le commun des mortels. Ni la Longue Nuit, ni les Andals, ni les Targaryen n’avaient eu raison d’eux. Ils ne vivaient pas dans la gloire, ils étaient la gloire de Westeros.

« Votre déduction est bonne, messire. Il s'agit là d'une initiative personnelle. C'est une conception de la guerre pour une majorité des Fer-nés, pour ceux qui suivent l'Antique voie qui consiste à piller, tuer, violer et asservir. Je ne vais pas vous cacher que s'attaquer à votre famille se révélait être un coup de maître beaucoup de mes confrères mais enlever un enfant innocent à ses parents pour leur porter un coup est une vision de la guerre que je ne partage pas. »

Garett hocha imperceptiblement la tête. Il n’avait aucun moyen de savoir si son interlocuteur lui disait la vérité ou simplement ce qu’il souhaitait entendre. A sa grande surprise, le Fer-Né se montrait parfaitement éduqué, un tantinet respectueux et parfaitement calme. Une exception pour confirmer la règle, sans doute… Alors qu’il se tournait vers la forêt, Garett reporta son attention sur la garde de l’épée qu’il portait à la hanche. Tout indiquait une arme de prestige, un objet volé durant un pillage sans aucun doute : aucun Fer-Né n’avait les matériaux ou la compétence en orfèvrerie pour pareille merveille. A la connaissance de Garett, cela pouvait tout aussi bien être une lame forgée à Port-Lannis… Il se demandait encore si l’homme en face de lui aurait eu l’affront de se présenter avec une arme dérobée durant le pillage d’un navire quittant sa ville que l’autre reprit.

« En coopérant pour que vous retrouviez votre fils, je veux la garantie que l'île du Vieux Wyk aura une immunité auprès de vos gens et de vos alliés. J'entends par-là qu'aucune attaque ne soit portée à l'encontre de ses habitants qui sont les Timbal, les Maisonpierre et les Bonfrère de Shatterstone. Et si pour cela je dois vous promettre par écrit que ces maisons n'attaqueront plus vos terres, je le ferais ! »

Voilà qui était une requête surprenante. A sa grande surprise, Garett se rendit compte qu’il n’avait pas imaginé qu’il aurait pu faire face à quelqu’un faisant véritablement preuve de bon sens. La peur de la colère non pas seulement de l’Ouest mais aussi du Bief avait de quoi refroidir certaines ardeurs, visiblement. Alors que le Lion s’était attendu à devoir négocier avec un ambitieux désireux de vérifier si Garett Lannister était bel et bien un faiseur de roi, voilà que le pillard souhaitait simplement épargner aux siens les affres de la guerre. C’était ironique. Tel un roi recevant une doléance, le suzerain écouta, la tête légèrement penchée sur le côté, indiquant son attention. Puis lorsque le silence revint, un long soupir provint du fond de ses entrailles.

« Votre initiative vise donc à mettre à l’abri vos proches, ceux dont vous êtes responsables. Vous me demandez d’épargner votre île, j’entends bien. Je serai tenté d’accepter, par ailleurs. Votre démarche aujourd’hui et les renseignements que vous me communiquez me pousse à vous attribuer une certaine confiance. Toutefois, je ne peux épargner vos terres qu’à une seule et unique condition : votre pleine et entière neutralité lorsque viendra le châtiment. Ni les Wynch, ni les Greyjoy, ni leurs soutiens ne pourront se soustraire aux conséquences de leurs actes. Si affrontement il doit y avoir, vous ne devrez pas laisser un seul de vos hommes, un seul de vos navires se battre contre ceux qui porteront le fer contre l’autorité royale. De même, votre île ne devra pas recevoir un seul autre habitant des Iles de Fer que ceux qui résident sur votre île : offrez un havre aux ennemis du Trône, et vous en deviendrez un vous aussi. »

Déposant ses poings sur ses hanches, le descendant et héritier du dernier roi du Roc jeta un regard peu amène au Timbal.

« Si vous convenez à cette condition de neutralité, je vous ferai la promesse solennelle de ne pas attaquer vos possessions…. Tant que vous n’attaquerez pas mes terres. Quant à mon fils, parlez. Comment comptez-vous me le faire parvenir ? »





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Moredo Timbal
ILES
■ Localisation : Ile de Fer
MessageSujet: Re: La Main Osseuse et le Lion du Roc.   Dim 11 Fév 2018 - 10:44

De notre main, la Mort survient L'agneau est lâché dans la mer grouillante de requin. Je viens d'exprimer clairement mes conditions et je ne cesse de scruter la moindre réaction de mon interlocuteur. Cela a dû être une peine et une colère immenses pour cet homme, de passer des lunes à se demander comment se porte son et probablement à imaginer mille et une manières de le faire payer. D'ailleurs il n'est pas bavard mais il s'agit peut-être là d'un mal pour un bien, parler peu lui évite sûrement de me sauter dessus comme un fauve fondant sur une proie. La tête légèrement penchée sur le côté, il m'écoute. Chose qui me surprend au vu de l'océan de différences entre nous et surtout de la haine que nous portent habituellement les continentaux. Il s'agit d'un scénario auquel je ne m'attendais pas. Ma présence en ces terres étrangères était certes volontaire mais je me serais attendu être encore moins bien considéré par ce Faiseur de Rois. Il faut croire que malgré sa révulsion à ma vue, il espère sincèrement que je lui ramène son enfant.

Une fois que le silence s'est à nouveau installé, Garett Lannister reprend la parole et cette fois c'est moi qui l'écoute avec attention. Chacune de ses paroles s'inscrit profondément dans mon esprit. Il est étonnant d'entendre qu'il serait tenté d'accepter ma demande de protection du Vieux Wyk et de ses habitant et qu'il m'accorde une certaine confiance suite à ma démarche et mes renseignements. Lorsqu'il prononce le mot "toutefois" je redouble d'attention, plissant légèrement les yeux. Bien sûr avec une pareille demande il va de soi qu'il me demande une parfaite neutralité lorsqu'il enverra son expédition punitive aux Iles de Fer. J'aurais dû y penser et prendre de l'avance sur lui mais en un sens cela me permet de comprendre que je dispose d'une réelle chance de sauver l'île dont je suis le seigneur. Il pose ses poings sur ses hanches, convenant que si j'accepte ses termes de ne pas attaquer mon île si de mon côté je n'attaque pas ses terres puis il me demande comment je compte procéder pour lui faire parvenir son fils. Une fois qu'il a terminé je laisse à mon tour un léger silence s'installer, tandis que je romps le contact visuel avec le suzerain de l'Ouest pour regarder la mer. A quelques lieues se trouve mon navire, le navire lysien capturé par Père bien des années avant. Que j'ai hâte de quitter ce sordide endroit pour retrouver Bonehall et ma sirène.

- J'accepte vos terme, messire. Vous ne verrez acier Timbal, Bonfrère de Shatterstone et Maisonpierre se battre d'un côté ou d'un autre, aucun navire de la flotte du Vieux Wyk ne voguera pour combattre. De même j'accepte de ne protéger aucun autre Fer-né que ceux peuplant mon île. Mais j'aimerais de vous éclaircissiez mon esprit. Je comprends la raison de l'action de votre expédition punitive, depuis bien des années les Fer-nés vous pillent, tuent et enlèvent ceux que vous devez protéger mais il semble que votre conception de la guerre ne soit pas le meurtre de femmes et de l'enlèvement d'enfants. Donc je souhaite que vous me précisiez votre pensée sur le point de me demandant de ne recevoir aucun habitant étranger au Vieux Wyk. Ce ne serait que justice ce jour-là que toute âme prenant les armes contre vous périsse mais tueriez-vous les plus jeunes d'entre nous pour les crimes de leurs pères ? répondis-je les yeux toujours la surface noire reflétant la lune.

Je me doute de sa réponse mais je veux l'entendre dire précisément qui je ne dois pas accueillir. Dans sa colère il est probablement lucide mais je souhaite savoir ce qu'il pense. Je me tourne de nouveau vers lui, le toisant toujours intensément pour essayer de décrypter son langage corporel puis je poursuis.

- Je vous fais le serment que les trois maisons Fer-nées peuplant le Vieux Wyk n'attaqueront plus vos terres, annonçais-je avec toute l'intonation de sincérité que je peux mettre dans ma voix. Il faut qu'il soit convaincu de ma coopération. J'ai une audience auprès du frère du Roi des Iles de Fer qui se tient dans sept jours, pendant ce temps une poignée de mes hommes se seront déjà infiltrés dans la forteresse de Pyke et ils se dirigeront vers les geôles du Grand Donjon. Les clefs permettant de libérer votre fils sont en la possession du capitaine de la garde, il ne sera guère difficile de les lui prendre car il est régulièrement distrait par les atours féminin. Une fois les clefs entre notre possession et le capitaine neutralisé tout n'en sera que facilité car je sais de sources sûre que peu de gardes sont postés pour surveiller votre enfant. Quant à la question de comment faire sortir votre enfant, la tâche est moins aisée car beaucoup d'hommes se trouvent à Pyke. Pour pallier cet inconvénient il est prévu que mon bras-droit attende au pied du Grand Donjon, dans une barque, là où un de mes hommes prendra le risque d'y descendre votre enfant pour pouvoir ensuite le ramener à bord de mon navire. Je suis optimiste quand au déroulement de cette affaire car le code de l'Antique Voie interdit de verser le sang d'autres Fer-nés donc leur attachement à ce code nous donnera l'avantage.

Je marque une pause. L'entreprise ne sera pas aisée car je devrais faire en sorte de détourner l'attention de Greydon suffisamment longtemps pour que le jeune Lannister soit assez loin de Pyke.

- Une fois que j'aurais récupéré votre enfant deux manières existent pour que je vous le remette. La première est que mon navire se positionne au large de Feux-de-Joie. La seconde est plus théâtrale. Je peux vous remettre votre enfant aux yeux et la vue de votre peuple. C'est à votre convenance : soit vous choisissez le secret soit vous montrez que certains Fer-nés ne sont pas que des brutes sans la moindre pensée autre que le sang.

Je croise mes bras sur ma poitrine attendant sa réponse. Mon plan est loin d'être mauvais, j'essaye de penser au moindre problème qui pourrait altérer le bon déroulement de l'entreprise mais même les meilleurs peuvent échouer et je dois me préparer à l'éventualité de devoir me battre ou de ne pas ressortir de Pyke
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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: La Main Osseuse et le Lion du Roc.   Jeu 15 Fév 2018 - 21:57

La Main Osseuse et le Lion du Roc.








Les poings sur les hanches, le regard mordoré plongé dans celui de sel de son interlocuteur, celui qui aurait pu être prince puis roi du Roc ne savait que penser de ce Fer-Né. Garett avait toujours considéré les habitants des Iles de Fer comme de furieux sauvages sanguinaires incapables de la moindre réflexion politique. Or, celui qui lui faisait face était tout saut stupide. Il était de notoriété publique que les Fer-Nés n’hésitaient pas à piller les côtes de leurs proches voisins justement parce qu’ils étaient persuadés d’avoir le contrôle total des mers. Pourtant, les batailles de Pyke leur avaient montré que les continentaux pouvaient tout aussi bien décider de débarquer et venir porter le fer sur leurs îles si chères.

Moredo Timbal ne semblait pas être de ceux-là. Il semblait avoir compris que si l’étendue d’eau salée qui séparait les Iles de Fer de Westeros était leur meilleure protection, elle n’était pas infaillible et pouvait être également leur fin en portant les envahisseurs jusqu’à eux. Et si le Châtiment était effectivement inéluctable pour les Iles de Fer, il était encore temps pour certains de s’en prémunir. En venant ainsi négocier, il avait démontré sa clairvoyance quant au dénouement de toute cette histoire.

« J'accepte vos termes, messire. Vous ne verrez acier Timbal, Bonfrère de Shatterstone et Maisonpierre se battre d'un côté ou d'un autre, aucun navire de la flotte du Vieux Wyk ne voguera pour combattre. De même j'accepte de ne protéger aucun autre Fer-né que ceux peuplant mon île. Mais j'aimerais de vous éclaircissiez mon esprit. Je comprends la raison de l'action de votre expédition punitive, depuis bien des années les Fer-nés vous pillent, tuent et enlèvent ceux que vous devez protéger mais il semble que votre conception de la guerre ne soit pas le meurtre de femmes et de l'enlèvement d'enfants. Donc je souhaite que vous me précisiez votre pensée sur le point de me demandant de ne recevoir aucun habitant étranger au Vieux Wyk. Ce ne serait que justice ce jour-là que toute âme prenant les armes contre vous périsse mais tueriez-vous les plus jeunes d'entre nous pour les crimes de leurs pères ? »

Garett changea de position, croisant ses bras au niveau de sa poitrine, dévisageant le Fer-Né d’un regard intense. Le questionnait-il vraiment ? Osait-il lui demander des comptes ? Le regard du suzerain se plissa jusqu’à ne devenir qu’une étroite fente, tel un félin jaugeant si la proie digne de lui.

« Contrairement aux vôtres, nous sommes ici civilisés messire. Nous ne frappons pas les enfants pour les crimes de leurs parents. Il y a de meilleures façons qu’un massacre pour s’assurer de faire ployer le genou aux Iles de Fer. »

Le regard du seigneur léonin s’était fait magnétique, comme toutes les fois où le cerveau du jeune Lion tournait à grande vitesse comme lorsqu’il avait arbitré le différend entre le Val et Dorne, ou encore lorsque l’Ouest avait partiellement refermé ses griffes sur le Conflans. De grandes choses pouvaient naître de ces discussions, il le savait. Moredo Timbal pourrait être amené à jouer un rôle qu’il ignorait encore, un rôle qui dépasserait sa condition actuelle.

« Je vous fais le serment que les trois maisons Fer-nées peuplant le Vieux Wyk n'attaqueront plus vos terres. J'ai une audience auprès du frère du Roi des Iles de Fer qui se tient dans sept jours, pendant ce temps une poignée de mes hommes se seront déjà infiltrés dans la forteresse de Pyke et ils se dirigeront vers les geôles du Grand Donjon. Les clefs permettant de libérer votre fils sont en la possession du capitaine de la garde, il ne sera guère difficile de les lui prendre car il est régulièrement distrait par les atours féminins. Une fois les clefs entre notre possession et le capitaine neutralisé tout n'en sera que facilité car je sais de sources sûres que peu de gardes sont postés pour surveiller votre enfant. Quant à la question de comment faire sortir votre enfant, la tâche est moins aisée car beaucoup d'hommes se trouvent à Pyke. Pour pallier cet inconvénient il est prévu que mon bras-droit attende au pied du Grand Donjon, dans une barque, là où un de mes hommes prendra le risque d'y descendre votre enfant pour pouvoir ensuite le ramener à bord de mon navire. Je suis optimiste quand au déroulement de cette affaire car le code de l'Antique Voie interdit de verser le sang d'autres Fer-nés donc leur attachement à ce code nous donnera l'avantage.»

Garett hocha du chef, l’air très attentif. Le Timbal n’était pas venu le voir en improvisant, il avait visiblement bien préparé son plan avant de solliciter audience. C’était une nouvelle fois surprenant. Cet homme était décidément plein de facettes cachées qui n’arrêtaient pas d’ébahir Garett. On était loin de l’image du Fer-Né qui était celle de l’imaginaire collectif ouestrien.

« Une fois que j'aurais récupéré votre enfant deux manières existent pour que je vous le remette. La première est que mon navire se positionne au large de Feux-de-Joie. La seconde est plus théâtrale. Je peux vous remettre votre enfant aux yeux et la vue de votre peuple. C'est à votre convenance : soit vous choisissez le secret soit vous montrez que certains Fer-nés ne sont pas que des brutes sans la moindre pensée autre que le sang. »

Décidément, cet homme était intéressant. Il pensait à tout, y compris à la portée politique qu’aurait son geste sur les Terres de l’Ouest. Il ferait un élément intéressant, et le Faiseur de Roi commençait à se demander s’il se montrerait digne de la confiance qu’il allait placer en lui. En tout cas, l’idée de voir Tommen arriver en grande pompe à Port-Lannis devant son père et tout le peuple de la cité des Lions plaisait au seigneur suzerain. Le peuple verrait le retour du Lionceau et s’en souviendrait. Il faudrait que tout soit préparé à l’avance. Décroisant les bras, le Lannister posa son regard d’émeraude et d’or sur son interlocuteur.

« Une telle préparation est impressionnante, et agréablement surprenante. Je vous confie mon fils, dans cette affaire. Sauvez-le, ramenez-le indemne et vous verrez que la reconnaissance du Roc est toujours à la hauteur des enjeux. Trompez-moi, et le courroux des Lannister s’abattra sur vous avec autant de force que sur les Wynch. »

S’approchant soudainement encore plus près du Fer-Né, Garett planta son regard dans le blanc des yeux de Moredo.

« J’ai une dernière question, messire. Avez-vous d’une quelconque façon été lié au sac de Port-Lannis ? »

Quelle que soit la réponse, le Lion du Roc déciderait de beaucoup de choses en fonction de celle-ci et de sa sincérité. S'il ne prétendait pas pouvoir déceler le mensonge à chaque fois qu'on lui parlait, il espérait en tout cas le repérer si tel était le cas. Tant de choses dépendraient de cette réponse.






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Moredo Timbal
ILES
■ Localisation : Ile de Fer
MessageSujet: Re: La Main Osseuse et le Lion du Roc.   Ven 16 Fév 2018 - 10:49

De notre main, la Mort survient Ma question est purement rhétorique. Je me doute qu'une pincée d'honneur se trouve sur le continent mais de toute manière j'accueillerais et cacherais les enfants que l'on m'enverra. Sa réponse me confirme que derrière la haine de mon peuple il y a tout de même une once de réflexion et d'honneur.

A présent que je lui ai exposé mon plan, pensé avec soin, j'attends sa réaction. Il m'a écouté avec une attention qui m'a une fois de plus surpris ce soir. J'ignore totalement ce qu'il se trame dans sa tête mais je me demande si son opinion d'un Fer-né simple d'esprit et brutal ne viendrait pas de tomber. Rares sont les Fer-nés qui sont éduqués autrement que dans l'optique de suivre l'Antique Voie ce vieux credo qui va continuer à nous poser des problèmes très longtemps si la majorité le suit à la lettre. Je le regarde décroiser ses bras et me fixer de ses yeux émeraude tandis qu'il me félicite, enfin c'est un bien grand mais c'est comme cela que je décidé de le prendre, d'avoir préparé un plan précis. La suite de ses paroles en revanche ne m'étonne pas : je tiens parole et les remerciements Lannister seront à la hauteur de mes espérances mais je le trompe son courroux s'abattra sur moi. Décroisant à mon tour les bras, je hoche la tête car ce qu'il me dit est juste mais je n'ai pas le temps de lui répondre car il s'approche encore plus près de moi.

J'aurais dû m'y attendre. J'aurais prévoir le fait qu'il me demanderait si j'ai participé au sac de Port-Lannis et à cause de ce manque d’efficacité tout ce qui vient d'être dit peut ne jamais avoir existé. C'est comme si Garett Lannister venais de mettre au bord de la falaise : une seule erreur et cela peut m'être fatal. Deux options s'offrent à moi. Soit je lui ment plus ou moins subtilement, cela fonctionne et c'est parfait ou alors il s'en rend compte et il en est finit de Moredo Timbal. Soit je lui dit tout ou partie de la vérité là encore il peut se refréner et me laisser repartir vivant ou il se lâche et me tue. Mais étant donné que je suis le Fer-né ayant fait la démarche de lui rapporter son fils, il y a des chances pour que je reste vivant mais peut-être pas dans le meilleur état. Je le regarde fixement en prenant une grande inspiration.

- J'ai effectivement suivis ma reine lors du sac de Port-Lannis, je n'ai en revanche utilisé mon fer qu'à l'encontre les soldat de votre maison. Oui j'ai considéré que l'attaque de votre ville était un coup majeur joué par Doreah Wynch mais j'ai rapidement pensé qu'y intégrer votre enfant était une grave erreur, répondis-je en commençant à bander mes muscles, me préparant à une éventuelle attaque.

Nous sommes à quelques mètres du bord de la falaise. Quand bien même je survivrais à une telle chute dans la mer, si le Lannister à posté des hommes dans les environs il n'est pas exclu que je sois blessé.
Est-ce qui cette entrevue tourne mal j'accomplirais ce pourquoi je suis venu ? Oui, pour prouver ma bonne foi et un 'désir' de repentance.

- Je suis devant vous parce que j'avoue avoir commis une erreur, que je souhaite me racheter et protéger les Fer-nés peuplant mon île, seigneur Lannister, ajoutais-je avec calme mais si je peux sentir les veines de mon cou pulser sous l'effet de l'adrénaline qui commence à monter.
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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: La Main Osseuse et le Lion du Roc.   Ven 23 Fév 2018 - 0:10

La Main Osseuse et le Lion du Roc.








« J'ai effectivement suivis ma reine lors du sac de Port-Lannis, je n'ai en revanche utilisé mon fer qu'à l'encontre les soldats de votre maison. Oui j'ai considéré que l'attaque de votre ville était un coup majeur joué par Doreah Wynch mais j'ai rapidement pensé qu'y intégrer votre enfant était une grave erreur. »

La mâchoire du Lion se serra fortement alors que son regard se faisait plus sombre que la nuit qui les enveloppait. Au moins était-il honnête, mais cela suffirait-il à sauver Moredo Timbal du courroux du seigneur du Roc ? Garett lui-même était loin d’en être certain. Il était là, dissimulé dans la masse grouillante de ces sauvages qui brandissaient leurs armes sur le pont des navires qui mettaient à la voile pour sortir rapidement de la rade de Port-Lannis. Ce n’était pas la première fois que la ville était pillée par les Fer-Nés, et selon toute vraisemblance, pas la dernière. La ville dorée des mers du Crépuscule, comme l’appelait les marins d’Orient était trop prospère et trop tentante pour ne pas être une cible rêvée pour les pillards.

Il était par contre rare d’être en face de l’un d’entre eux de manière certaine. Le regard haineux, le jeune suzerain se maintenait pour l’instant, imprimant chaque syllabe de ce que cette incarnation du Mal pouvait lui dire. Que connaissait-il des Terres de l’Ouest ? C’était sans doute la première fois qu’il y posait pied sans l’intention de tuer, violer et piller. Jamais il ne verrait les dorures du Roc, le trône grâvé, les grands halls s’appuyant sur de longues colonnades, les toits d’or et les sols d’argent, ni la lumière du soleil, de la lune et des étoiles se réfléchissant dans de complexes entrelacs de cristaux pour amener la lumière naturelle jusque dans les grandes salles au cœur de l’édifice. Les Fer-Nés étaient une race inculte qui ne comprenait rien au raffinement ouestrien. Dès lors, comment pouvaient-ils seulement comprendre que leur mode de vie était aussi primitif que dépassé ? La réponse tenait dans la simple éducation de ce peuple. Une éducation comme il la connaissait : par le fer et l’acier. Garett déposa une main négligente sur le pommeau de son épée.

« Je suis devant vous parce que j'avoue avoir commis une erreur, que je souhaite me racheter et protéger les Fer-nés peuplant mon île, seigneur Lannister. »

Dans le silence qui recouvrit les dernières paroles du Timbal, il n’y eu plus que le bruissement du vent nocturne sur les frondaisons un peu plus loin. Et puis, un rire résonna. Discret au commencement, comme s’il essayait d’être dompté, il finit par éclater avec acidité tandis que les dents blanches du Lannister luisaient dans le soir. Ce n’était pas un rire dément, loin de là, simplement un homme qui sentait une forme de tension le subjuguer et qu’il évacuait par le rire le plus sincère du monde, un rire aigri, un rire qui dissimulait une infinie tristesse, une mortelle douleur.

« Trois cent quarante-deux. »

Le rire avait cessé, le regard du Lion était plongé droit sur le Sire du Vieux Wyk.

« Trois cent quarante-deux. Sais-tu ce que représente ce chiffre ? »

Toute politesse avait disparue dans la voix du seigneur léonin qui toisait celui qui avait osé porter le fer contre la cité sous sa protection et les innocents qui y vivaient. Il s’était fait la promesse de punir les responsables du sac de l’an 47. Il ne pouvait venger toutes les personnes qui avaient perdu un être cher ce jour-là, mais il pouvait se faire justice lui-même, et ainsi apporter un semblant de paix à sa cité. Le Lion était un animal rapide. Avant même qu’il ne se soit passé quelque chose, il avait tiré Lionne, jetant un pâle reflet d’or sur le sol et son visage, dévoilant des traits déformés par la colère la plus furieuse. Le plat de la lame effilée s’arrêta contre la gorge découverte du Fer-Né, tandis que dans le même temps, Garett brandissait une main haute pour signaler que tout allait bien à ses hommes.

« Trois cent quarante-deux. Deux ans que ce chiffre me hante. Deux cent cinquante-six hommes, et quatre-vingt six femmes. Sans compter plusieurs enfants. Deux ans, Fer-Né, DEUX ANS. »

Lentement, le Lion faisait tourner son poignet pour amener le côté aiguisé de sa lame contre le cou de Moredo Timbal. Il se faisait violence pour ne pas purement et simplement couper la gorge du pillard. Personne ne lui en tiendrait rigueur, on l’acclamerait même.

« Et tu sais très bien qui se trouvait parmi ces victimes. Mon épouse, mon aimée, la mère de mon fils : Lorelei Tyrell. Si tu veux vivre, Fer-Né, si tu veux que j’épargne les Iles de Fer, dis-moi. Qui s’est vanté de sa mort ? QUI ? Qui était-ce ? Où le trouver ? Vit-il encore ? Qui ?? »

Le regard d’émeraude et d’or du jeune homme glissa un quart d’instant vers l’épée du Fer-Né. Une lueur meurtrière brilla un moment au fond des yeux de Garett qui se sentit obligé de remonter sa lame jusqu’à la pommette du pillard.

« Ne tente rien que tu regretterais, je préfère te prévenir qu’il y a plusieurs des mes hommes, notamment des archers, qui guettent. Ils n’aiment pas trop les hommes de ton genre. Crois-tu qu'il suffit de confesser ce crime pour en être absous? Crois-tu que mon courroux s'éteindra aussi vite? Ta démarche est courageuse, Timbal, et pleine de dignité. Elle n'efface pas tout, cependant. Je vais donc me répéter une ultime et dernière fois. Qui a tué ma femme ? »





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Moredo Timbal
ILES
■ Localisation : Ile de Fer
MessageSujet: Re: La Main Osseuse et le Lion du Roc.   Lun 26 Fév 2018 - 10:43

De notre main, la Mort survient La terrible vérité vint d'être formulée et tendit que le dernier mot vient de quitter mes lèvres je commence déjà à m'imaginer le fer aux mains et aux pieds dans une des geôles de Castral Roc car même si je suis le seul à être venu sur ses terres pour lui proposer de lui ramener son fils, je suis aussi le seul Fer-né à porté de fer et de flèches. Même si la nuit claire ne me permet pas de distinguer tous les traits du visage de Garett Lannister, je sais qu'il bouillonne de rage. Après tout, quoi de plus tentant que de tuer ici et maintenant l'un des sauvages ayant saccagé Port-Lannis ? Je le regarde fixement, attendant que sa réaction soit plus probante que de la colère. Un rire. Telle est sa réaction. Il rit. Pendant un instant le fait qu'il cherche à se moquer de moi me vient à l'esprit mais bien rapidement ma raison me rappelle que la moquerie est loin d'être son intention. C'est la tension qui le fait rire, ses nerfs sont bien trop sous pression pour qu'il réagisse autrement. Je serre les mâchoires, attendant qu'il redevienne maître de ses émotions.

Trois cent quarante-deux. Voilà ce qu'il m'annonce tandis qu'il a reprit le contrôle de lui-même. Oubliant toute formule de politesse il me demande si je sais ce que représente ce chiffre. J'ignore totalement combien d'être ont péri sous notre fer mais s'il me le demande, ce qui pour moi ne sonne pas comme une question, c'est qu'il s'agit du nombre de victimes causé par le raid mené par Skeggi et Doreah Wynch. Soudain, d'un mouvement aussi rapide que la foudre s'abattant sur la terre, il tire son épée de son fourreau et pose le plat de son arme contre ma gorge. Je prends une inspiration, surpris par cette réaction mais j'essaye de reprendre rapidement contenance afin de ne pas montrer que son geste m'a déstabilisé.

Ne pouvant rien faire d'autre, étant en infériorité numérique, je n'esquisse aucun mouvement et je me contente de l'écouter me catégoriser les victimes tandis qu'il tourne lentement son poignet pour que le tranchant de sa lame vienne se poser contre mon cou. Je me prends à flirter avec le danger lorsque je clos mes paupières alors qu'il me demande qui a tué sa femme et s'en ai vanté. Je rouvre brusquement mes paupières, dardant mon regard bleu-violet sur le suzerain de l'Ouest qui remonte son épée sur mon visage. Il me déconseille de tirer le fer, m'informant que des archers sont prêts à décocher. J'ai cru un instant que le chemin pour obtenir la confiance du Lannister serait simple jusqu'à ce qu'il me demande si j'étais concerné par le sac de Port-Lannis. Je prends une grande inspiration puis j'expire profondément pour tenter de ralentir quelque peu les battement de mon cœur qui s'était emballé lorsque le suzerain avait pris en main son épée pour me menacer avec. Je laisse volontairement le silence s'installer puis je me décide à parler.

- Quellon Merlyn est le meurtrier de votre femme et il l'a crié à qui voulait bien l'entendre dans une bonne partie des taverne. Il réside dans la ville côtière de Pebbleton sur l'île du Grand Wyk. annonçais-je en regardant fixement Garett Lannister, Je mérite amplement d'être puni mais j'aurais pu vous donner le nom du meurtrier de votre épouse sans vous me menaciez de votre épée, messire. Sachez que quoi que vous décidiez, votre fils vous sera rendu je vous en ai donné ma parole !

Pour prouver ma bonne foi, malgré mon envie de croiser le fer,
j'écarte doucement les bras de mon corps pour lui montrer que je ne toucherai pas à mon arme.
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Garett Lannister
OUEST
■ Localisation : Près de Port-Réal
MessageSujet: Re: La Main Osseuse et le Lion du Roc.   Mer 4 Avr 2018 - 17:34

La Main Osseuse et le Lion du Roc.








Le Fer-Né ne montrait pas grand-chose du trouble qui pouvait l’avoir habité alors que la lame d’or était posée contre sa gorge. Peut-être savait-il que le Lion n’avait aucun intérêt à le tuer. Sans doute l’avait-il même compris avant même d’arriver ici, ce qui expliquait toute sa démarche. S’efforçant de calmer sa respiration, Garett dévisageait son interlocuteur comme s’il le voyait pour la première fois. Et pourtant, il scrutait ses traits anguleux depuis la première seconde de leur entretien nocturne. Pour la première fois depuis le sac de sa ville, le seigneur au Lion pouvait enfin espérer un nom à haïr outre celui des Wynch, responsables mais pas forcément coupables.

« Quellon Merlyn est le meurtrier de votre femme et il l'a crié à qui voulait bien l'entendre dans une bonne partie des taverne. Il réside dans la ville côtière de Pebbleton sur l'île du Grand Wyk. Je mérite amplement d'être puni mais j'aurais pu vous donner le nom du meurtrier de votre épouse sans vous me menaciez de votre épée, messire. Sachez que quoi que vous décidiez, votre fils vous sera rendu je vous en ai donné ma parole ! »

Garett rassembla ses forces pour essayer de garder contenance tant bien que mal : la charge émotionnelle était forte. Enfin, après deux longues années, enfin il pouvait mettre un nom sur celui qui avait commis l’irréparable. Quellon Merlyn. Ce nom ne lui disait rien mais il ferait en sorte de châtier l’idiot avec une telle force que tous s’en souviendraient, de Villevieille au Mur. Clignant brièvement des yeux pour y chasser une émotion passagère, le Lannister posa un regard dur sur Moredo, laissant sa lame écorcher la pommette du Fer-Né, y ouvrant un fin sillon vermeil d’une demi-dizaine de centimètres. Lorsqu’il vit les premières gouttes de sang couler le long de l’épée, Garett sentit sa faim se calmer et il abaissa son arme et la rangea au fourreau sans un mot de plus. Il dévisagea encore un temps le Fer-Né. Cet homme avait traversé la mer pour venir ici, il était venu pour lui annoncer un moyen de soulager la douleur du père qui avait vu son enfant enlevé. Il lui avait livré le nom de celui qui avait tué sa première épouse, celle qui avait été son premier amour. Peut-être était-il plus qu’un simple Fer-Né. Il méritait sinon la considération au moins l’attention de Garett. Expirant avec douleur, comme pour chasser ses vieux démons, le Lannister fit face au Timbal avec un semblant de contenance.

« Je note votre coopération, monseigneur. Elle ne sera pas oubliée. J’aimerais toutefois vous envoyer un homme pour vous épauler et représenter l’Ouest dans cette affaire. Quand comptez-vous mettre en place votre plan ? »

Il se prit à réfléchir à ce qu’il venait de dire, ce qui lui était venu comme une fulgurance. Qui envoyer ? Il brûlait d’envie d’y aller lui-même mais on ne pouvait risquer pareille chose. Peut-être que sa famille aurait une idée en tête. Godric ou Talbott sauraient peut-être mieux que lui qui envoyer dans un guêpier pareil. Une fois qu’il eu la réponse, Garett passa à la deuxième et dernière question qu’il avait en tête.

« Ce Quellon… Vous pourriez me le livrer ? »

Il imaginait déjà la scène, convoquant l’ordure dans la salle seigneuriale du Roc, devant tous les courtisans et les proches vassaux, instrumentalisant le procès du meurtrier de sa femme pour en faire celui de tous les pillards de Port-Lannist. Ensuite, il le ferait jeter du haut du piton rocheux qui constituait Castral Roc, ou bien il ferait construire une arène suffisamment vaste pour y lâcher des fauves qui se repaîtraient de la chair du Fer-Né honni. Ensuite, enfin, il espérait connaître la paix. Il inviteriat les Tyrell, bien sûr, et la sœur de Lorelei partie au Val, dont le mari Martyn avait donné le nom de la jeune Rose Dorée défunte à sa propre fille. Ce serait une grande réunion dédiée au souvenir de tous ceux qui auraient perdu un être cher, et leur seigneur serait avec eux.

Tout serait parfait, il n’en doutait pas un instant.






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La Main Osseuse et le Lion du Roc.

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