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 (FB) I was born to endure this kind of weather

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Catelyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Donjon-Rouge, Otage de la Couronne.
MessageSujet: (FB) I was born to endure this kind of weather   Lun 29 Jan 2018 - 17:42


Lyanna & Catelyn

I was born to endure
this kind of weather


« Père, la bleue ou la gorge-de-pigeon? » Un sourcil broussailleux se relève vers la jeune fille. Qu’en sait-il que la gorge d’un pigeon peut réellement être une couleur? Une affaire de bonne femme. Et comme si, cette idée seule avait le pouvoir d’adoucir son vieux caractère, il soupire. Pas d’un soupir d’ennui ou de contrariété, mais un soupir bien à lui. Teinté d’une lassitude et des regrets d’un temps oublié. « Et si tu me disais pourquoi tu es réellement là Catelyn? Nous savons tous les deux que tu ne porteras aucune de ces robes pour le mariage de Theon. » Les quelques Lords présents autour de la large table des Portes de la Lune rient avec égards. Ils connaissent bien la fille du Prince, entre les murs de cette vieille forteresse, seule véritable lumière dorée. Jouant sur ses pieds, se balançant d’un pied sur l’autre, l’adolescente les reçoit avec un sourire de connivence. Sur le dallage grisâtre, pierres lissées par des vies héroïques, les deux robes retombent comme autant de cerf-volants sans fils. Ne se laissant pas intimider par les seigneurs présents, du reste qu’elle ne connaissait trop bien, elle s’allonge un peu plus. « Mon noble cousin Martyn fera-t-il parti de notre voyage? » Un nouveau rire fuse dans l’air, mais la gaieté qu’il émet est arrêtée par un geste d’Elbert. Toujours cette question, cette incessante question. Parfois, il se demandait si il avait eu raison en gardant sa fille sous son aile. Elle aurait pu être envoyée, à l’instar de sa nièce, comme pupille dans une maison vassale ou une région amie. A la place, elle avait été élevée trop près de lui, de l’héritier des Eyrié et de l’héritier de Rougefort : dans un univers bien trop masculin. « Oui, oui. Maintenant va et laisse nous parler entre hommes de ce monde. » Gageant un geste faussement agacé, il la congédie. Loin d’en prendre ombrage, le Chaton du Val semble voler vers son glorieux paternel. Laissant ses bras se refermer autour de son cou, elle dépose un doucereux baiser sur sa joue gauche. Puis un autre, et encore un autre, jusqu’à ce qu’il sourisse à nouveau. Au lien fort qui existait entre le père et la fille, personne n’était dupe. Aussi, le vieux prince pouvait bien être souvent ronchon, il suffisait que la tête blonde apparaisse pour qu’il se calme. Il l’avait trop gâté, probablement. Pour la mémoire de sa défunte épouse, pour l’amour qu’il avait encore pour elle, il ne s’était jamais remarié. D’aucuns disaient qu’il s’agissait d’une gageure, sa place ne pouvait être laissée aussi bancale. Longtemps, l’absence d’héritier mâle avait été une question sur toutes les lèvres, mais elle était tombée dans l’oubli. L’âme de la maison cadette était Catelyn Arryn et tous l’avaient compris. Saluant avec une grâce aérienne les seigneurs présents, Corbray, Baelish, Royce et Rougefort, elle repart tout aussi vite qu’elle est venue. Sur son passage, à leur tour, d’un amusé respect, ils saluent la belle Arryn. 






☾ ☾ ☾






Sur une table montée méticuleusement par les gens de sa maisonnée, Catelyn mange délicatement. N’étant pas habituée aux longs voyages, et les Sept savaient que celui-ci était bien pénible, son estomac semble retourné. Moquée de Jace qui engouffre monceaux de chair fraichement chassées, imité par Martyn, elle se retient de ne pas envoyer balader ce repas précaire. Mais elle était une Dame et une Dame savait, toujours, comment se comporter. Après un dernier avertissement au Rougefort -s’il continue, son beau visage sera balafré d’une griffe bien cherchée- elle continue à s’obliger d’avaler quelques mets. Combien de jours et de semaines seraient-ils encore sur ces routes poussiéreuses? Les terres plates du Conflans ne semblaient jamais vouloir s’arrêter. Les châteaux dispersés rendaient la noblesse étrangère rare, le plus souvent les obligeants de camper ou s’arrêter dans des auberges douteuses. Dieux que ce pays était ennuyeux ! « Gaussez-vous mes frères puisque cela semble votre seule distraction, mais j’aimerais bien vous voir cahuter des heures durant dans ce chariot de malheur ! ». Leurs rires explosent, joyeux et vivaces ! Comment pouvaient-ils être aussi fraichement disposés quand cette nausée ne voulait pas la quitter? Dix jours qu’ils étaient partis et déjà, sa voiture puait la sueur et la suffocation. La couleur vive de son intérieur calfeutré n’était plus, recouverte de poussière et d’éclaboussures boueuses. Si leur convoi n’avait pas été aussi chargé, bruyant et leurs palefrois aussi beaux, on aurait dit des manants des grands chemins. D’ailleurs, ainsi attablée au milieu de rien, la fille du prince s’imaginait gitane de Goëville. N’y tenant soudain plus, lâchant son morceau de viande, elle porte une main à son coeur. Non, décidément rien ne passerait. « Lyutgarde, débarasse-moi cette chair ! Je ne peux plus souffrir de la voir ou de la sentir. » Se précipitant vers le ruisseau, les lèvres scellées sous ses hauts le coeur, elle s’agenouille dans l’herbe détrempée. Catelyn désirait ardemment voir ses cousins du Nord, mais quelle torture de chaque instant ! Et dire qu’Etaine avait du se rendre seule sur ces terres reculées, elle ressentait pour elle et soudainement bien des considérations ! Passant de l’eau froide sur son visage, elle ferme les yeux un instant. Un peu plus deux semaines encore. Deux semaines et ce calvaire serait terminé. « Cat, tu vas bien? » A ses côtés, Martyn la questionne du bout des lèvres. Prolongeant un peu cette douceur du temps, elle acquiesce doucement. Elle irait mieux. « J’aurais préféré prendre la mer… » « Nous le ferons au retour, mais il est important que notre famille… » « … soit vue sur la route royale. Je sais, je sais. » Elle sourit, le rassurant que tout cela va passer et qu’elle comprend les enjeux dissimulés d’un tel voyage. Il fallait que les grandes familles consolident le pouvoir Targaryen. S’appuyant sur sa main pour se relever, la robe crottée, elle ajoute farouchement : « Il est hors de question que je retourne dans ce couffin de l’horreur ! ». Ces mots regorgent d’un éclat de vie nouveau, déterminés à ne pas se laisser vaincre par quelques maux, et sa main reste un peu trop longtemps dans celle de son cousin. Depuis l’été dernier, elle ne pouvait s’empêcher que de chercher son regard, son approbation et son admiration. Leurs corps avaient changé et leurs âmes aussi, elle le savait. Cette main dans la sienne, en cet instant, était la promesse de voeux illustres. Un jour prochain, ce ne serait pas eux mais le Nord tout entier qui viendrait aux Eyriés célébrer leur union.
 « Allons me trouver une monture décente. »


☾ ☾ ☾





Il fait froid, la nuit est saisissante. Sous les arbres mystérieux, une foule compacte de noble s’est réfugiée. Au-dessus d’eux, les étoiles dansent par milliers : de leur souffle éternel elles semblent accompagner la lente marche nuptiale. Dans une robe richement ouvragée, la mariée s’avance légèrement derrière de son cousin. On dit que sa famille est morte, décimée, et Jace ne semble jamais avoir été aussi dévoué à un rôle. A son visage ferme et grave, Catelyn frissonne : elle ne l’a jamais vu prendre une tâche avec autant de sérieux. Lui qui est toujours prompt à rire et à plaisanter, la verve facile et plaisante, dans le manteau de la nuit son charisme nouveau appelle au respect le plus total. « Qui se présente devant les Dieux? » D’un regard hypnotisé, la jeune Valoise sent la puissance des générations passées émaner de l’air. Elle savait le reste de Westeros considérer ces rites anciens comme païens, mais elle savait aussi que sa famille y était étroitement liée. Dans le Val, nombreuses étaient les personnes qui vénéraient encore les Enfants de la Foret. Portée par ce mysticisme ancien, son coeur était suspendu. La voix de Jace résonne : « Lyanna, de la maison Karstark, vient se marier. Une femme de sang pur et noble. Elle implore l'approbation des dieux. Qui la demande en mariage? » Theon fait un pas en avant. Avec l'ondulation des milliers de lanternes, son visage lui parait déformé. Du haut de ces quinze ans, elle ne peut s’empêcher de frissonner à nouveau. « Theon, de la maison Stark. Qui la propose ? » « Jace, héritier de la maison Rougefort. Son cousin. » Jorah avance d'un pas et ses yeux s'équarquillent. Ce cousin semble si austère et si rigoureux ! On dirait que toute sa jeunesse s’est déjà envolée comme si le poids de sa maison était un fardeau trop grand. Si il n’y avait pas son père aux côtés de cette tante et leurs ressemblances si frappante, il aurait été bien difficile de croire qu’elle partageait avec ces gens, plus que du sang, mais, toute une généalogie antique ! « Dame Lyanna, acceptez-vous cet homme? »

Délaissant rapidement le bois sacré de la forteresse et l’arbre-coeur -si majestueux !-, les invités s’étaient réfugiés à l’intérieur de la vaste salle de Winterfell. Là, un festin les attendait et la musique bruyante effaçait l’ambiance obscure de la cérémonie. Gaillards de quelques vins chauds et bières brunes, tous étaient réchauffés et plus à même de profiter des célébrations. Catelyn était assise à la même table que ses royaux cousins et d’autres enfants vassaux. D’eux, préférant se concentrer sur cette meute qu’elle devait apprivoiser, elle ne retenait qu’avec difficulté les prénoms. En revanche, son regard perçant avait vite remarqué tout ce qui les séparait. Pour la majorité de cette marmaille inconnue, la fabrique de leur vêtement était moins luxueuse qu’au Val. Les broderies et les cols étaient cousus d’éclatant motifs qu'il lui faudrait ramener, mais autrement ces enfants du Nord lui apparaissaient rustres. Leurs manières n'avaient rien des siennes, mesurées et aristocratiques, quant à leur façon de se tenir… où était la froideur éloquente valoise? Heureusement, ce n’était pas le cas de ses cousins. Ils étaient turbulents, mais à cette turbulence elle se joignait avec appétit. Bienheureuse de ne plus côtoyer que de sévères adultes ! « Cat, suis-moi, je vais te présenter à ma cousine. » Lissant sa robe de cérémonie -préparée spécialement pour cette nuit unique et tramée aux riches fils d’argent-, refoulant un sourire de fierté, elle suit le Rougefort. D’ordinaire, elle le jalousait pour être l'image de ce fils que son père n'aurait jamais, cet héritier qu'elle n'était pas, et pour la complicité qu'il partageait avec Martyn. Ce soir c’était différent. Scindant la foule qui braille, rit et danse au son enchanté de la musique, elle peine à arriver devant la nouvelle Louve. « Lyanna, je te présente Lady Catelyn. » Plongeant dans une révérence de Cour, peu adaptée à la forteresse du Nord, elle salue la jeune épouse. Cette dernière était belle, un visage sauvage comme elle en avait rarement vu. « Dame Lyanna. Je suis heureuse de faire votre accointance. » Se relevant, elle lui adresse un sourire sincère. L’un de ceux qu'elle n’adressait qu'à un nombre de gens restreint. « Noble chaton, je te laisse en bonne compagnie. Toi qui rêve de mariage, tu pourras demander conseils à ta nouvelle cousine. Tâche seulement de ne pas lui dévoiler ton caractère acariâtre. Quant à moi… mesdames… » Saluant rapidement et adroitement les deux femmes, il s’éloigne en riant. Fulminante de cette badinerie, Catelyn tente de le lyncher du regard, mais le voilà déjà perdu. Loin de rire, embêtée d'une telle présentation -qui lui faisait bien défaut-, il lui faut un temps infime pour se retourner vers cette la nouvelle Stark. « Je le sais de votre sang, ma Dame, mais, parfois, j'aimerais voir le sol l’engloutir. »

AVENGEDINCHAINS

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as High as Honor
You're not the untold story
You're the secret weapon

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