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 Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition • Robb & Etaine

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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition • Robb & Etaine   Jeu 1 Fév 2018 - 18:05




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Son regard guettait ce que cette vue pouvait lui offrir. Colombe, elle volait au-dessus de tous, observant la Capitale depuis cette partie du Donjon Rouge, depuis la colline d’Aegon. Cette ville qu’elle n’avait jamais vu par le passé, dans laquelle elle n’avait pas pu se rendre car les événements s’étaient opposés à cela. Aujourd’hui, enfin, elle pouvait la dominer, l’admirer, en toute liberté. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres à cette pensée. Libre. Elle l’était, oui. Voilà des jours à présent que son frère avait repris la mer, quittant cette ville qu’il considérait très certainement comme maudite, ne se retournant pas un seul instant pour cette jeune sœur qu’il avait banni de chez eux à demi-mots. Sa gorge se serra doucement à cette pensée, bien vite balayée par la conviction certaine qu’elle avait fait ce qu’elle devait faire. Que c’était ainsi que les choses avaient dû se faire pour l’Avenir du Val tout entier. Elle n’en doutait pas, il ne tarderait pas à comprendre le véritable sens de ses mots et celui de ses actes. Et alors, peut être saurait-il lui pardonner, peut-être comprendrait-il dès lors qu’elle n’était pas et ne serait jamais son ennemie ? Elle l’espérait tant au fond d’elle.

Leandra, aussi, avait fini par quitter la Capitale aux côtés des habitants de cette région qu’elle avait épousé. Son cœur s’était allégé d’avoir pu lui parler, d’avoir pu se délivrer auprès d’elle, l’amour de sa sœur demeurant plus fort que tout le reste. Elle ne savait pas si, demain, elle se tendrait à ses côtés pour faire face aux Valois, pour leur prouver que ses intentions avaient été mal perçues, incomprises, mais elle prierait, encore et encore, les Anciens Dieux pour que cette paix lui soit accordée. Seule demeurante des Arryn à ses côtés, Catelyn n’était pas autorisée à recevoir de visite. La brune n’avait fait qu’une seule demande à ce sujet, espérant pouvoir s’assurer du bien être de celle qu’elle chérissait comme une sœur et qu’elle avait trahi comme les autres. Si elle savait… Les secrets entouraient désormais bien trop la Colombe, l’habillant de plumes plus grises que blanches mais dissimulant simplement sa véritable nature sous des intentions si faciles à lui donner.

Elle lâcha un soupir avant de donner une nouvelle directive aux jeunes servantes qui étaient là pour la servir. Le déménagement de ses affaires dans ces appartements plus grands, plus agréables à vivre venait d’avoir lieu et elle comptait bien organiser les choses comme elle l’entendait. Elle n’était pas prisonnière ni du dragon, ni du Cerf, mais bien invitée en ces lieux pour montrer à tous que le Val ne se détournait guère de la Couronne et que certains croyaient encore à la possibilité de d’une paix durable et non obtenue par une nouvelle guère. Aux yeux de la Cour, pourtant, elle était une intruse de plus. Une nouvelle parvenue restée en arrière pour mieux assouvir ses désirs et ses besoins. Princesse de Dorne née dans le Val, élevée par les Loups et maintenant essayant de se faire amie du Cerf. Voilà bien une énigme que peu de gens semblait en mesure de résoudre et pourtant, la présence de la jeune femme et son entrée à la Cour avait été grandement remarquée.

Se penchant sur une malle, elle en sortit son précieux coffret contenant les bijoux de la famille au faucon. Nombre de ses colliers, boucles d’oreilles et bagues provenaient de sa défunte mère et elle protégeait ce trésor plus que tout autre, ayant pu les préserver de toutes les péripéties rencontrées au cours de sa vie. Ces pierres avaient la même histoire qu’elle depuis maintenant plusieurs années et elle espérait qu’un jour, elle puisse les transmettre à une autre Arryn qui les ferait vivre, à son tour, au sein de la famille. Une Arryn de sang. Déposant le coffret sur la coiffeuse, elle s’assit sur le petit tabouret matelassé en velours, observant son reflet. N’avait-elle pas meilleure mine, déjà, depuis qu’elle s’était affranchie des siens ? Depuis qu’elle avait, enfin, tout fait pour vivre pour elle et non pour un autre ? Elle se sourit quand quelques coups furent frappés à la porte, la poussant à observer celui qui venait d’ouvrir la porte sans son autorisation. Un garde avait poussé le lourd battant de chêne, faisant un pas dans les appartements de la jeune femme. « Le Seigneur Robart Baratheon, Main du Roi, Protecteur des Sept Couronnes et Suzerain des Terres de l’Orage. » Dès lors qu’elle avait vu le blason du Cerf sur l’uniforme du garde, elle avait compris de qui il pouvait bien s’agir, se demandant seulement s’il viendrait à elle ou s’il ne faisait que la convoquer. L’annonce avait répondu à son interrogation et elle se leva du tabouret pour se dresser sur ses pieds, ses mains venant se retrouver devant son ventre.

Elle l’observa entrer, lui qui était si fier et si honorable. Fusse-t-il que la moitié de ce que l’on racontait à son sujet soit vrai qu’elle aurait pu croire le pire des mensonges tant la carrure de l’homme était grande. Les servantes s’étaient arrêtées dans leur tâches, exécutant une révérence qu’elles maintinrent toutes, la tête baissée. Etaine, à son tour, s’inclina avec le respect dû au rang de l’homme. Le bruissement du tissu accompagna son geste, cascade fluide et aussi bleues que le ciel un jour de beau temps. Ses bras demeuraient vêtus, la mode du Sud et particulièrement celle du Bief ne l’ayant guère atteinte, Colombe des montagnes gelées. Mais le tissu était léger, adapté aux étés. Nulle fioriture ne venait orner le tissu, laissant la place maître au saphir qu’elle portait fièrement autour du cou. Ses longs cheveux d’ébène ondulaient en cascade miroitante, s’écrasant contre ses reins. Ses yeux verts se relevèrent en même temps qu’elle se redressa, un léger sourire aux lèvres. « Mon Seigneur. J’espère que vous saurez me pardonner le désordre ambiant de ces appartements que vous avez su m’offrir avec bonté. L’ensemble de mes affaires vient d’arriver et nous étions affairées à ranger tout cela… Ce sera tout, mesdemoiselles. Merci. » Les jeunes filles qui étaient restées là depuis l’entrée du seigneur Cerf dans son antre se retirèrent en silence, fermant soigneusement la porte derrière elles. De nouveau, le regard vert de la Colombe se posa avec douceur sur l’homme qui lui faisait face. D’un geste de la main, elle lui désigna les fauteuils épargnés par le dérangement. « Prenez place, je vous en prie. Je n’ai guère de vin à vous offrir, seulement de l’eau, mais si tel est votre désir, nous pourrons en faire venir. »


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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition • Robb & Etaine   Lun 5 Fév 2018 - 20:37




 Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition


Plus d’une semaine était passée depuis que les Arryn avaient quitté Port-Réal, laissant derrière eux deux des leurs, dans des conditions diamétralement opposées. Catelyn Arryn d’abord, la traitresse, mise au silence dans l’attente de son jugement et de ce que ferait son cousin des promesses qu’il avait formulées, des actions qu’il prendraient et dont dépendraient plus que probablement le sort du Chaton du Val. Robb n’avait aucune sympathie pour cette femme qui, même lorsqu’elle avait confessé ses méfaits, était restée cloitrée dans son orgueil, à tenter de convaincre ses accusaeurs qu’ils étaient les fautifs de la situation avec le Nord, qu’ils ne pouvaient blâmer ses actions que par leurs propres actes envers sa famille. Elle oubliait, ou niait entièrement que la Maison suzeraine du Val ne faisait que subir les conséquences de leurs choix, de leurs actions durant le mariage royal, et la Main du Roi ferait en sorte qu’elle ravale sa suffisance, si elle devait un jour quitter ses murs en vie.

Si la duplicité et la loyauté aveugle des Faucons à leur cousin indépendantiste n’avait que peu étonné Robb, la réaction d’Etaine lors de la convocation dont sa famille avait fait l’objet était tout autre chose. Il avait cru comprendre, à demi-mot avant cette entrevue, qu’elle et son frère ne se portaient pas réellement dans leur coeur, mais jamais il n’aurait pu espérer ce qu’elle lui avait offert. En quelques mots, la Colombe avait détruit tout le semblant d’unité que sa famille avait construit, mieux, elle s’était rangée de son côté. Le Cerf ne s’était pas attendu à cela, encore moins à ce qu’elle propose de rester à Port-Réal, pour collaborer avec la Couronne et prouver qu’il restait encore des Arryn loyaux aux Targaryen, selon ce qu’elle avait affirmé. S’il n’avait pas cherché plus loin dans le tumulte de l’entrevue, il lui semblait à présent probable qu’elle poursuive son propre agenda, peut-être désirait-elle occuper la place de son frère… Pourquoi pas, après tout, si cela assurait au pouvoir central le soutien inconditionnel des montagnes, même contre les Stark et leur folie toujours plus évidente ?

Il fallait toutefois rester prudent, éviter les conclusions hâtives, et ne pas accorder à la jeune femme une confiance aveugle. Les mots de sa cousine, marquée d’infamie, résonnaient encore dans son esprit, et il faudrait que le Protecteur démêle le vrai du faux, la tentative de faire tomber un adversaire avant de mourir de l’avertissement honnête, pour le bien de la Maison qui l’avait vue naître. Robb avait attendu pourtant, quelques jours, le temps que le palais se vide et qu’on puisse attribuer à la valoise des appartements plus vastes, dignes de sa condition de loyale vassale de la Couronne, si c’était bien là ce qu’elle était, et qu’elle prenne ses marques dans ce nouvel environnement qui était aussi hostile envers une Arryn après leur disgrâce presque publique qu’il était différent des Eyriés. Elle ne se trouvait pas en territoire ennemi, puisque sous sa protection directe, mais la jeune femme n’en était pas pour autant entourée d’amis et d’alliés, et mieux valait qu’elle le comprenne avant qu’ils n’abordent tout ce qu’il y avait à mettre au clair. Alors seulement, si elle était honnête dans ses paroles et dans ses intentions, Robb pourrait la considérer réellement comme une alliée, un poids de taille pour mettre le Val au pas.

On lui avait rapporté quelques jours plus tôt qu’Etaine avait demandé à voir Catelyn, ce qui soulevait d’autres questions étant donné la virulence de leurs derniers échanges. Sa requête avait été refusée, pour le moment du moins, le Chaton n’aurait pas droit à la distraction de recevoir qui que ce soit, elle serait aussi seule que possible, et seule Rhaenys avait eu l’autorisation de la voir, principalement parce que le Protecteur espérait que cette entrevue permettrait à la Reine de faire son deuil de cette amitié trahie. Peut-être qu’il laisserait les cousines se revoir, s’il était satisfait de la conversation qu’il s’apprêtait à avoir avec Etaine. Entouré de deux gardes portant les armoiries du Cerf Couronné, il attendit que l’un d’eux frappe et entre dans les appartements pour l’annoncer avant de faire son entrée.

La Colombe était encore en train de défaire ses malles, aidée par plusieurs dames de compagnie et servantes, qu’elle congédia après l’avoir salué poliment, remerciant le Baratheon pour les appartements qu’elle s’était vue assigner. Dans cette ambiance moins tendue, il était plus simple de reconnaître les manières quasi royales des Arryn, et la délicatesse de la jeune femme qui se trouvait en face de lui, si bien qu’il en devenait difficile d’imaginer les épreuves qu’elle avait traversé avant d’arriver à Port-Réal. Le déshonneur, la mort, le deuil, peu de femmes avaient tant été frappées par le destin qu’Etaine Arryn, et les malheurs de sa propre épouse avaient rendus le Cerf bien plus réceptif à ces difficultés féminines qui longtemps lui étaient restées étrangères. Il accepta d’un hôchement de tête, un léger sourire sur les lèvres, son invitation à s’asseoir.

« L’eau suffira amplement ma Dame, merci. J’espère que vous vous acclimatez bien au Donjon Rouge ? J’ai cru comprendre que vous aviez vécu à Dorne, au moins vous ne devez pas être trop incommodée par la chaleur.»

Attendant qu’elle prenne place également, Robb dévisagea celle qui se trouvait en face de lui. Autant dans ses manières que dans son apparence, Etaine semblait pleine de bonté et de bonne volonté, ce qui ne la rendait que plus dangereuse. Son passé était nébuleux, mais nombreux étaient ceux dont c’était le cas, et qui pourtant n’avaient jamais été que plein de bonnes intentions. Non, s’il fallait qu’il se fasse une opinion sur la valoise, il ne se baserait pas sur ce qui se racontait, pas plus que sur ce qu’elle laissait voir.

« Permettez-moi de vous remercier encore une fois pour votre présence ici, qu’une Arryn ait décidé de coopérer avec la Couronne représente beaucoup, d’autant plus dans le contexte actuel, vous le savez certainement. Je dois admettre que je ne m’attendais pas à ce que vous quittiez les positions tracées par votre frère, encore moins que vous ne preniez mon parti en sa présence. Ne vous méprenez pas, je suis reconnaissant de votre clairvoyance, mais je m’interroge cependant sur ce qui vous a poussé à vous désolidariser ainsi de votre frère… »

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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition • Robb & Etaine   Sam 10 Fév 2018 - 19:19




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Elle eut un léger sourire tandis qu’il répondait à son interrogation en même temps qu’il prenait place dans le fauteuil qu’elle lui avait désigné. Se saisissant de la cruche d’eau de ses mains fines, elle en servit deux verres. Puis, elle en tendit un au seigneur Cerf avant de prendre place, à son tour, dans le fauteuil. Comme pour répondre à ses interrogations, elle avait fait tout cela en parlant. « La chaleur, le froid… Il me semble avoir parcouru le continent du Nord au Sud… Je ne sais si je puis encore parler d’acclimatation, dès lors… Mais tout se passe au mieux, jusqu’à présent, je vous remercie. » Evidemment, elle n’avait ni ami, ni famille sur qui elle pouvait prendre appui en ces murs. Tous, elle les avait repoussés, les maintenant à l’écart. La Cour était de ces lieux où les vipères s’entrelacent, marchant les unes sur les autres, prêtes à mordre de concert la première enfant naïve qui oserait mettre un pied dans leur nid. Etaine n’était pas assez sotte pour commettre cette erreur. Etrangère, elle l’avait été à la Cour de Lancehélion. Rien n’était réellement différent ici.

Laissant son dos rencontrer l’assise, elle sourit un peu plus, dévisageant légèrement l’homme qui lui faisait face. Les circonstances étaient si différentes de la dernière fois qu’ils s’étaient parlé. Il était l’autorité, oui, mais elle s’était clairement affichée comme n’étant pas son ennemie. Les jours étaient passés depuis le couronnement et les évènements terribles qui y étaient maintenant attachés. La Colombe y pensait chaque jour, tout comme elle ne cessait de se remémorer les paroles échangées entre les Arryn et les membres du conseil restreint qui les avaient interrogés. Son silence l’avait placée en observatrice et chaque fois qu’il lui était possible, elle fermait les yeux pour mieux revoir certains détails, pour essayer de comprendre quand et pourquoi la situation avait dégénéré. Elle était entrée dans une colère noire et sourde quand elle eut compris les intentions de Martyn, quand elle eut compris qu’il la tenait, une fois de plus à l’écart. Alors, elle avait pris les choses en main, préférant se faire maître de son destin que d’attendre que son frère ne daigne la tolérer et l’apprécier encore.

Revenant d’ailleurs sur cet évènement, le seigneur Cerf la remercia à nouveau d’avoir fait cette démarche, d’avoir proposé de rester, d’offrir son aide à la Couronne pour montrer que les Faucons n’étaient pas tous si intouchables. Il fallait aux Arryn coopérer avec la Couronne s’ils souhaitaient tant reprendre les cieux qui étaient leurs. Elle hocha légèrement la tête, saluant ce compliment, ces remerciements avec la grâce qui appartenait aux Valois. La suite la fit doucement sourire. Quitter les voies tracées par Martyn était devenu sa spécialité. Tant de fois, elle avait souhaité construire son propre chemin, chose en partie réussie lorsque le jeune seigneur de Sortone avait tué en combat singulier celui qu’elle aurait dû épouser. Qu’un étranger s’en étonne ne lui paraissait qu’à moitié possible tant les dissensions entre les Arryn faisaient du bruit par-delà leurs frontières. « Je pense malheureusement que vous fûtes le seul surpris, mon Seigneur. Et comme je l’ai dit ce jour-là, Martyn s’est trop souvent joué de moi pour mériter que je finisse par lui rendre la pareille. » Ca ne répondait qu’à son interrogation, pas à la question qu’il avait laissé en suspens, se demandant pourquoi elle avait ainsi pris le contre-pied face à son aîné.

Portant son verre à ses lèvres, elle poussa un léger soupir après avoir bu une gorgée de cette eau claire. « Je doute que vous ignoriez réellement les conflits qui sommeillent dans le Val. Bien des bardes attendent le dénouement de cette histoire familiale pour mieux pouvoir la conter à travers le pays… Le frère et la sœur qui ne s’entendaient plus, manquant de fracturer leur foyer… » Elle rit avec douceur, hochant la tête. « Que dirait notre mère, si elle nous voyait. » Sa main se porta au bijou qui ornait son cou, vestige de cette époque où Tyene Stark avait épousé Jace Arryn avant de sombrer dans la folie. Souvenir d’un temps passé, tant agréable que détesté. Reportant ses émeraudes sur le Cerf, elle prit une longue inspiration. « De tous les Arryn, je pense être la seule a toujours avoir clamé haut et fort mon opposition avec Martyn, seigneur Robart. Notre vision des choses diffère depuis bien longtemps… Trop longtemps… » Elle sourit tristement, détournant son regard de la Main du Roi, songeant à tout ce qu’ils avaient traversé. Etait-ce sa vie chez les Loups où celle à Dorne qui avait tout changé ?

Son attention se porta cependant vers un autre faucon. Fronçant légèrement les sourcils, elle osa poser cette interrogation. « Comment se porte ma cousine ? »


© Belzébuth

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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition • Robb & Etaine   Dim 4 Mar 2018 - 18:59




 Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition


Remerciant la jeune femme d’un signe de tête, Robb prit une gorgée de la coupe qu’elle lui tendait, presque surpris malgré la proposition faite plus tôt qu’il ne s’agisse pas de vin ou d’une autre liqueur. D’ordinaire, il ne buvait d’eau que lors de ses entraînements journaliers, ou bien lorsqu’il était en manœuvre militaire. Aux rencontres, qu’elles soient officielles ou plus discrètes, le seigneur de l’Orage préférait l’alcool, qui lui semblait toujours plus adapté, plus honnête aussi. Se risquer à boire en compagnie d’un autre, c’était prouver que l’on avait pas peur de l’ivresse et des secrets qu’elle pourrait livrer, que l’on avait pas réellement d’intentions cachées. Du moins, c’était chose avérée sur les terres des Baratheon, à Port-Réal rien ne permettait d’affirmer ce genre de choses, il soupçonnait même certains courtisans de se saouler à dessein, pour mieux apprendre à contrôler leurs mots même sous l’influence de boissons spiritueuses. Songeur, il se demanda si la valoise avait la même opinion des liquides à servir et si, donc, elle avait quelque chose à cacher.

D’une certaine manière, le Baratheon voulait que celle qui se tenait à ses cotés soit une alliée, une personne de confiance comme ses actions tentaient de le démontrer. Tourner le dos à sa famille était une chose, mais rejoindre de façon officielle celui qui ne voyait actuellement dans le nom des Arryn que l’ombre d’une trahison possible et le stigmate de guerres passées et d’un orgueil mal placé en était une autre. Etaine avait parlé d’une paix possible entre le Val et le Royaume, d’un espoir que son geste de rester puisse aider à aller dans ce sens, et ce malgré les simagrées de son frère, et sans l’intervention de la traitresse, Robb se serait peut-être arrêté là. Mais les mots utilisés par la cousine avaient été forts, elle avait évoqué les liens de la Colombe avec le Nord, avançant qu’elle était certainement plus proche des Stark que des siens, sous entendu qu’elle était peut-être cette traitresse que le Cerf cherchait avec acharnement. Ce dernier point, il n’y croyait pas, si Etaine avait été à l’origine de l’empoisonnement, elle se serait contentée de l’opprobre jetée sur sa cousine, et aurait profité qu’on ne la surveillait pas de trop près pour rentrer se cacher là où elle aurait été plus difficilement atteignable. Non, avec son passé, rester à Port-Réal en ayant quelque chose à se reprocher à ce sujet aurait probablement relevé du suicide, tant politique qu’au sens propre du terme.

Le Protecteur l’écouta expliquer ses relations houleuses avec son frère, cause évidente de son changement d’allégeance. Bien sûr, il connaissait les tensions qui habitaient la Maison suzeraine du Val, comme la moitié du Royaume au moins, c’était le genre de chose qu’il fallait savoir quand on dirigeait une nation dont le pouvoir de ses membres était en grande partie basé sur les relations que les grands de ce monde entretenaient avec ceux qui leur devaient allégeance. Martyn avait fait l’erreur de croire qu’il pouvait marquer sa plus proche sœur d’infamie en son temps, et aujourd’hui il en payait le prix fort. Jamais un Baratheon n’aurait ainsi trahi quelqu’un qui partageait le même sang et le même nom. Theodan n’avait pas abandonné sa sœur quand les Trant l’accusaient d’être une sorcière, et Robb n’abandonnerait pas Edric parce qu’il avait eu une enfant illégitime avec la sœur de celui qui était désormais un ennemi du Dragon. Peu importaient les conséquences de son geste, il restait son frère, et les liens du sang se devaient d’être indéfectibles, où ils n’avaient plus de sens. Son propre sang l’avait trahi, mais il ne pouvait pas renoncer à cette conviction pour autant, malgré les actions de sa mère.

La Colombe était visiblement atteinte par la situation qu’elle vivait, conséquence du manque de confiance et des mauvais traitements du seigneur du Val plus que des décisions qu’elle avait prise quand ils avaient été interrogés. Pourtant, malgré les mots prononcés par sa cousine, elle semblait toujours avoir un intérêt pour son bien être, comme l’indiquait sa question. Peut-être qu’elle était de la même trempe que lui, incapable de réellement admettre que les siens s’étaient retournés contre elle, ou peut-être qu’elle avait un agenda caché, que sa présence à Port-Réal n’était qu’une mascarade de plus au but encore obscur. Robb ne la connaissait pas encore suffisamment que pour arrêter son jugement sur la question, même s’il espérait sincèrement qu’il s’agisse de la première possibilité. La jaugeant du regard, il attendit quelques secondes avant de répondre, posément mais néanmoins sans équivoque.

« Lady Catelyn est actuellement cloîtrée dans ses quartiers, et elle est bien traitée malgré la gravité des charges qui pèsent contre elle. Elle n’a pas droit à recevoir de visites, raison pour laquelle j’ai du refuser votre demande de la voir. Son sort, et le châtiment qu’elle devra subir après son jugement ne sont toujours pas fixés, mais elle sera probablement un exemple de ce qu’encourrent ceux qui poussent à la sédition au moment même où un nouveau règne débute.

Si je peux me permettre, n’est-il pas étonnant que vous vous inquiétez encore d’elle après les mots qu’elle a eu à votre encontre ? Selon elle, c’est vous qui devriez être à sa place, après tout... »


Immobile sur son siège, le Cerf jaugea la valoise du regard, se demandant ce qu’elle pouvait bien penser de cette cousine qui n’avait pas hésité à tenter de la faire chuter à ses cotés, en la situant comme bien plus proche du Nord que n’importe quel autre Faucon.

« Elle a mentionné vos liens avec les Stark, le fait que vous ayez grandi parmi eux, que vous étiez l’une des leurs bien plus que membre de votre propre famille. Et pourtant, vous êtes la seule Arryn à avoir admis que Jorah Stark était un traitre et pas un parangon de justice en tentant de proclamer l’indépendance. C’est une prise de position courageuse, d’autant plus que tant Catelyn Arryn que votre frère continuent de tenter de le présenter comme une victime... »

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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition • Robb & Etaine   Lun 19 Mar 2018 - 21:11




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Le sort de sa cousine la peinait. C’était chose indéniable. Etaine était coupable. C’était son fait si la plus féroce des Arryn, la plus haute d’entre eux tous, s’était trouvée à Port-Réal pour le couronnement du couple royal. Pourquoi l’avait-elle autorisée à l’accompagner ? Pourquoi n’avait-elle pas cherché à lutter, à la forcer à rester auprès de son jeune oisillon ? Pinçant délicatement les lèvres, elle prit connaissance de la situation de Catelyn, accusant le coup avec autant de dureté que lorsque le faucon s’était acharné sur elle de son bec crochu. Elle ne pouvait que faire confiance à Robb sur la situation de l’autre Arryn demeurant à Port Réal, buvant une gorgée d’eau pour mieux encaisser la nouvelle. Evidemment, l’isolement était de rigueur. La Colombe le pourrait, elle ferait tout ce qui est nécessaire pour que la blonde ravale ses mots, pour qu’aucun d’eux ne sorte de sa bouche lors de ce couronnement. Maintenant, elle subirait le courroux de la justice, celui du cerf, exemple donné publiquement aux fauves d’une arène qui réclamerait certainement sa tête. Mais cela n’arriverait jamais, Etaine se le promit intérieurement.

Pourtant, quand le seigneur Baratheon poursuivit, cherchant à comprendre comment elle pouvait s’inquiéter de celle qui l’avait ouvertement accusée de trahison. Pourtant, le sourire qui prit place sur les lèvres d’Etaine se fit doux, tendre et sincère. « Les mots n’effacent nullement le Sang. Qu’importe ses dires, qu’importe ce qu’elle pense à mon égard, je ne peux me refuser de l’aimer car elle est ma cousine, tout comme j’aime mon frère. Suis-je naïve de penser cela ? Ne pardonneriez-vous pas votre famille s’ils venaient à vous maudire pour de mauvaises raisons ? » La brune dévia son regard de Robb, poussant un long soupir. Qu’il était dur de prendre cette place. Qu’il était dur de se faire haïr par ceux que l’on aime et pourtant, peut être un jour sauraient-ils la pardonner…

De nouveau, elle écouta la Main du Roi avec attention tandis qu’il revenait sur ce court échange qu’elle avait lancé lors de cet interrogatoire généralisé. Catelyn avait cherché à montrer à tous le manque de loyauté d’Etaine, cette recherche d’elle-même qu’elle avait partagé avec celle qui fut sa confidente, sa cousine. Elle ne le regrettait pas, tout comme elle n’avait frémis quand Catelyn l’avait citée devant Martyn et Robb. Elle n’avait jamais trouvé sa place parmi les Arryn, ce serait mentir que de dire le contraire. Tous volaient si haut dans le ciel quand elle, envoyée chez les loups, n’avait fait qu’apprendre à courir. Puis, prise dans les serres de son aîné, elle avait été envoyée en direction du soleil, le frôlant de ses ailes avant de plonger en piqué, sans pouvoir se rattraper, sans savoir comment mouvoir ses plumes pour résister. La chute avait été dure, brutale et terriblement sombre. Alors comment, pourquoi les Arryn auraient-ils essayé de lui montrer la voie, à cet oiseau n’usant guère de ses ailes pour s’élever à sa place. Etaient-elles brisées ?

Pourtant, devant les dires de Robb, elle fronça les sourcils. « Je n’ai pas dit que Jorah était un traitre, mon seigneur. » Les mots avaient des conséquences et tirer des conclusions aussi hâtives ne faisait que conduire les hommes sur une voie qui n’était pas la bonne. « Je n’ai fait que souligner ma méconnaissance quant à l’implication du Nord dans cet empoisonnement qui a touché votre épouse et je maintiens cette position en espérant de tout mon être qu’ils ne sauraient se rendre coupable d’une telle horreur. » Son regard s’était fait plus dur. Son empathie n’avait pas besoin d’être grande que sa propre histoire lui permettait de comprendre les sentiments qui devaient hanter le Baratheon en cet instant. Elle condamnait ce meurtre, cet assassinat, cette tentative mesquine de prendre la vie avec une arme aussi peu indigne que le poison. « Quant au reste et à la position du Nord vis-à-vis de la Couronne… Si je le condamne autant que le crime qui vous a frappé, je ne peux blâmer ce que vous semblez nommer trahison quand d’autres doivent, aujourd’hui, me blâmer de ce même crime. Je n’ai pas ce pouvoir et quand bien même je l’aurais… Je doute que les intentions de mon cousin Loup ne soit de trahir quiconque si ce n’est lui-même. » Elle poussa un long soupir, reposant son verre d’eau sur la petite table qui se trouvait entre eux.

Relevant ses émeraudes sur Robb, elle fronça légèrement les sourcils. « Oui, j’ai vécu chez les Loups et je pense pouvoir dire les connaître mieux que mon frère. C’est aussi pour cela que je ne comprends pas la décision de Jorah. L’Honneur des Hommes, parfois, conduit à des folies et j’ai bien peur que ce soit une de ces folies qui n’ait frappé mon cousin. Je la déplore, beaucoup. » Jamais, depuis des années, la Colombe n’avait été aussi sincère. Elle voulait croire en ce pourquoi elle avait agi, en ce pourquoi elle avait fait le choix de se placer ouvertement contre sa famille, bien qu’en son cœur, elle les soutenait toujours autant. Elle aimait les Stark, peut être même plus que certain Arryn. Mais l’action de son cousin méritait d’être prise au sérieux. Tant qu’elle avait, elle-même, commencé à s’en préoccuper et que tout ceci justifiait également sa place à Port Réal. « Catelyn se trompe si elle me pense coupable. Coupable, je le suis, mais guère de cela. Je pense que vous n’accordez d’ailleurs qu’à moitié crédit à ses mots sans quoi, vous ne seriez pas en train de discuter avec moi, mais plutôt en train de retourner mes affaires à la recherche de preuves. Vous pouvez d’ailleurs le faire. Nous ne nous connaissons pas, mon Seigneur, mais pour vous prouver ma bienveillance et la confiance aveugle que je place en votre Honneur, je suis prête à subir ce qu’il vous semblera nécessaire. » Elle se laissa aller dans le fauteuil. Nul air assuré ne trônait sur son visage, bien au contraire. Elle était là, la plus grande différence entre Etaine et ses pairs : Elle connaissait l’humilité et ne pouvait camper sur une fausse assurance. « Je vous prie de me croire quand je vous dis que je sais dans quel état d’esprit vous pouvez être… Ainsi que dans le fait que j’aimerais vous aider. »


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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition • Robb & Etaine   Mer 28 Mar 2018 - 21:36




 Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition


Etait-ce de la naïveté de pardonner à ceux qui s’acharnaient sur les membres de leur famille ? La question n’avait rien de simple, pas plus qu’elle n’aurait pu semble innocente à Robb, s’il n’était pas certain que la trahison des siens n’avait pas pu filtrer en dehors des quelques âmes qu’il avait mises dans la confidence. Dans d’autres circonstances, oui, il aurait pu croire que la femme qu’il avait en face de lui tentait de lui faire passer un message, ou un avertissement. Mais elle ne pouvait pas savoir, non, il n’était question que des Arryn, pas de Kyra. Pas de Jasper. Aussi innocente fut la question, elle n’empêcha pas pour autant de faire surgir ces mêmes émotions toujours présentes quand sa mère et son frère se rappelaient à son esprit, la colère, la rage, l’incompréhension. Il n’avait pas l’opportunité de s’énerver ici, cependant, et Etaine ne méritait pas de subir un traitement qu’elle n’avait pas cherché à provoquer. Elle détourna les yeux, fort heureusement, suffisamment tôt pour ne pas pouvoir apercevoir la lueur assassine dans son regard. La Colombe n’en était pas la cause, pas plus qu’elle n’en était la cible. Un jour, ceux qui devraient l’affronter auraient à soutenir ce regard, s’ils voulaient vivre, mais en attendant…

« S’il s’agit de naïveté, je vous l’envie, d’une certaine manière. La plupart d’entre nous ne peuvent pas, ou ne veulent pas, pardonner si facilement à ceux qui les ont blessés ou trahis, et je suis prêt à parier que ni votre frère, ni votre cousine ne sont de ceux-là. Si vraiment vous pouvez leur pardonner leurs mots, alors vous êtes probablement la meilleure d’entre eux. »

Ou celle qui mourrait en premier. Dans le Val comme ailleurs, la compassion n’avait pas sa place en politique, c’était une faiblesse comme une autre, dont la force ne résidait que dans la grandeur de l’âme de celui qu’elle habitait. Evidemment, ceux qui n’en faisaient pas preuve finiraient toujours par prendre le dessus, parce qu’eux n’oublieraient pas, parce qu’eux chercheraient à assurer leur position et à évincer leurs ennemis, quand les autres seraient encore occupés à tenter de leur tendre la main. Et c’était exactement ce que Martyn avait fait, en préférant s’offusquer des ordres du deuxième homme du Royaume qui le forçait à retourner prêter serment, plutôt que de voir que ce faisant ce même homme lui sauvait probablement la vie. Et sa cousine l’avait précédé en choisissant le pire moment pour avancer ses pions, appeler à la trahison… Puis ils étaient venus tous les deux avec leurs grands airs, jouer les purs, les innocents, les honorables… En fait de faucons, ils n’étaient au final que des charognards, qui s’offusquaient d’être pris sur le fait de se sustenter sur les restes de la bonté des autres, tout en appelant l’acte grandeur d’âme, glorieux passé ou honneur à toute épreuve. Ils n’étaient rien de plus que des êtres vils cachés derrière des concepts flous qui leur avait permis de garder la tête haute, mais pas avec lui, non. Et Robb s’assurerait que chaque mot prononcé par les valois rencontre sa juste conséquence, à commencer par Catelyn.

La suite de ce que la Colombe avait à dire n’était pas du goût du Cerf, qui fronça les sourcils. Ainsi, elle ne voyait pas Jorah Stark comme un traitre. Décevant, certes, mais néanmoins pas étonnant. Qualifier le dirigeant d’une famille alliée à la sienne depuis des siècles de traître demandait un renoncement auquel bien peu de personnes étaient capables. Au moins Etaine acceptait-elle de condamner ses actions récentes, allant même jusqu’à les les qualifier de folie. Mais mettre une déclaration d’indépendance sur le compte de la folie d’un homme ne le sauverait pas plus de son sort que les tentatives de ses autres cousins de le présenter comme un héros, ou un homme d’honneur qui ne se battait que pour voir ses droits respectés. Il mourrait, que ce soit au combat ou la tête posée contre le billot, mais il mourrait, les choses étaient allées trop loin, et le Loup du Nord n’avait ni les hommes, ni les épaules pour gérer et défendre sa cause suffisamment bien pour prévaloir. Il n’était un danger que pour lui-même, sa Maison et ses terres, mais il ne s’en rendrait compte que trop tard, quand il verrait son ambition démesurée brûler dans les flammes de sa chère forteresse.

La Valoise enchaîna ensuite, lui proposant de fouiller ses effets personnels pour prouver sa bonne foi, avant de lui assurer qu’elle ne voulait que l’aider, mieux, qu’elle lui offrait sa confiance pleine et entière. Robb sourit, c’était là les seuls mots qu’il aurait voulu entendre de la part des autres Arryn, et pourtant il n’y en avait eu qu’une pour les formuler, là où le reste de sa famille ne faisait que crier au scandale et aux mauvais traitement inexistants.

« Rien de tout cela n’est nécessaire. Vous avez déjà prouvé que vous êtes la seule Arryn qui ne mérite pas la défiance de la Couronne, qui plus est je ne doute pas que d’autres se sont déjà chargés de s’assurer que vous ne présentiez aucun danger pour les occupants du Donjon Rouge. Je n’ajouterai pas un poids de plus à la défiance que votre famille fait déjà peser sur vous. Néanmoins… Vous dites que certains doivent vous traiter de traitresse ? J’en doute. Aucun ne pourra se targuer de le faire, pas ouvertement du moins. »

Prenant une gorgée d’eau, il planta son regard dans celui de la nouvelle invitée de Port-Réal, avant de poursuivre :

« La trahison n’est, au final, qu’une question de circonstances. Si mon père avait perdu la guerre, je serais un traitre aujourd’hui, à condition que je sois encore en vie. Si votre cousine avait prononcé les mêmes mots qui l’ont condamnée aux Eyriés plutôt qu’ici, elle n’aurait probablement pas eu à en subir les conséquences. Si elle les avait prononcé il y a un peu plus d’un an… Elle aurait pu être une héroïne de la cause Rebelle. Mais, elle a choisi d’appeler son cousin à la sédition le jour du couronnement du nouveau Roi, et pas contre l’ancien. Elle a choisi de le faire en public, pas en privé. Sans ces conditions, elle n’attendrait pas son jugement à l’heure actuelle, et sa situation serait bien différente.

De la même façon, votre frère ne peut vous déclarer traitresse pour avoir soutenu les accusations faites contre elle, ou pour avoir marqué votre désaccord avec lui, car ce faisant vous avez soutenu la position de la Couronne, et la mienne. S’il décidait de vous marquer ainsi, il admettrait que le Roi, et moi-même, sommes ses ennemis, et il se trouverait alors dans la même situation que les Stark. Il peut vous détester pour ce que vous avez dit ou fait, mais il ne peut pas vous atteindre. A dire vrai, même si vous pouvez vous croire exilée, sa position à lui est bien plus incertaine que la vôtre à l’heure actuelle… Parce qu’il n’a pas les alliés dont vous disposez. »


Quittant Etaine du regard, Robb posa son verre sur la table, avant de se lever. Il n’y avait aucune raison de penser qu’elle lui avait menti jusqu’à présent, sans quoi elle se serait empressée de crier à la traitrise de Jorah pour lui plaire. Son honnêteté avait quelque chose de rafraichissant, quand il repensait aux mots échangés quand il lui avait fallu confronter la famille Arryn dans on entièreté. Observant la ville en contrebas à travers la fenêtre, Robb poussa son raisonnement plus loin.

« J’ai entendu, comme la plupart des nobles du Royaume, les malheurs dont vous avez été victime, ma dame, aussi ne mettrai-je pas en doute que vous puissiez comprendre ce à quoi je suis aujourd’hui confronté. Vous dites vouloir m’apporter votre aide... J’imagine que vous avez une idée de la manière dont vous pouvez m’être utile ? »

Quittant sa contemplation, Robb se tourna à nouveau vers la Valoise, posant alors sa vraie question :

« Mais, plus important peut-être, de quelle manière puis-je vous être utile, à vous ? Je n’ai pas pour habitude de ne pas récompenser ceux qui me sont loyaux. »

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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Re: Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition • Robb & Etaine   Mar 3 Avr 2018 - 16:33




I'm taking back my life
Etaine ne put dissimuler un sourire tandis que le seigneur Cerf reprenait la parole. Le visage de la Colombe transparaissait de bienveillance, de cette gentillesse qui, longtemps, n’avait su trouver sa place en elle entre colère, rancœur et orgueil. De ces pêchés, elle s’était montrée coupable avant de s’offrir à son propre regard, ouvrant les yeux sur ce qu’elle était, ce qu’elle souhaitait devenir. Alors oui, la candeur avait pris place du mépris, préférant croire à la miséricorde que l’on pouvait accorder aux autres et qui n’enlevait en rien la Noblesse d’une âme ou d’une décision. Beaucoup lui envierait peut-être cette faculté nouvelle, cette envie de croire que quelques mots peuvent apaiser tous les maux. Et d’autres lui jetteraient la pierre de se montrer si faible, de tant se dévoiler, accusant très certainement la faiblesse de son sexe avant d’essayer de comprendre le mode de pensée de la jeune femme. Evidemment, les Arryn n’était ordinairement pas de cette nature et le fait que Robb en revienne à Martyn et Catelyn ne l’étonna guère. Il pouvait cependant dire tout ce qu’il souhaitait à leur égard, rien ne changerait dans l’esprit de la Colombe. Tout était plus clair que jamais et, enfin, elle avait le sentiment d’être capable de voler de ses propres ailes. Pour autant, elle le savait, ça ne la rendait pas meilleure que ses pairs.

La brune ne se ferait guère avocat du Diable. Pourtant, elle défendait la position qu’elle avait prise, préférant démontrer au Cerf qu’elle n’était pas celle qui se retournait contre son sang, mais celle qui préférait élucider tout le mystère avant de charger, de plonger pour fermer ses serres sur sa proie. Elle savait quelles étaient les intentions de Robb vis-à-vis de Jorah. La haine se lisait dans son regard dès lors que le nom de l’homme était prononcé. La rancœur, le dégout… Etaine voyait à nouveau cette vision d’elle-même, quelques mois auparavant, après cette altercation avec Martyn. Jorah était perdu et, Etaine le savait, bien qu’elle souhaitait tous les sauver, elle devrait finir par faire un choix dans ses batailles, dans son combat. De ses cousins dès lors condamnés, peut-être pourrait-elle en sauver un. Et ce choix, son cœur l’avait déjà fait. La Colombe ne pourrait sauver le Loup impétueux, espérant protéger sa famille. Mais il était un oiseau en cage qu’elle souhaitait voir voler à nouveau.

Sa coopération était totale et elle voulait que les choses soient transparentes entre elle et la couronne. Elle voulait que Robb comprenne qu’elle n’attendait rien de lui d’autre que sa confiance, que la volonté de la voir comme une alliée. Et il l’avait compris, pointant du doigt le fait qu’elle était la seule des Arryn à avoir agi de la sorte. La seule ? Etaine savait que c’était faux. Une Arryn demeurait cachée parmi les Roses et soutenait sa cadette dans cette mission qu’elle s’était donnée. Mais cela, le seigneur Cerf devait également l’avoir compris. La défiance ne venait plus du Cerf, la concernant, mais de son propre sang. Elle baissa le regard, comme prenant une nouvelle fois conscience de ce problème. Pourtant, il ne datait pas d’hier et si, autrefois, elle était justifiée, elle était aujourd’hui une autre brique à ce mur qui se trouvait entre elle et les siens et au-dessus duquel elle devrait apprendre à voler.

Le noble Seigneur poursuivit, s’abreuvant de l’eau claire entre ses mots pour mieux lui offrir sa vision de la trahison. Elle se mordit la lèvre inférieure quand il présenta cela comme un concours de circonstances. Quelles circonstances avaient fait de Jorah un traitre ? Son orgueil, ce divorce qu’il avait bien du mal à accepter car son épouse avait fui ses bras pour ceux de son frère, de ce jeune Roi qu’il ne pouvait reconnaître sans pardonner ouvertement ce qui avait été fait. N’était-ce pas la trahison de Rhaenys qui était la cause de tout cela ? Et pourtant, n’aurait-elle pas trahi le souvenir de son père et son devoir envers son frère si elle n’avait su accepter ce rôle de reine ? Traitres, ils l’étaient tous d’une certaine manière et c’était cela qu’il était le plus dur à voir. Alors oui, Catelyn aurait pu ne pas être vue comme telle, Robb aurait pu être massacré. Mais l’histoire avait voulu que les choses se passent ainsi et tous devaient composer avec. Pourtant, quand il défendit sa position et souligna le fait que si Martyn l’accusait de trahison, il ne ferait que mettre en avant son conflit avec la Couronne, elle ne put s’empêcher de sourire. Ce n’était pas la Couronne qu’haïssait Martyn plus que tout et ce ne serait pas la Couronne qui serait ciblée dans de tels propos. C’était elle. Elle seule avait embrasé la colère du faucon et s’était placée dans sa ligne de mire. Ce n’était pas un conflit politique, mais toujours l’ultime conflit fraternel. Quand au fait que Martyn pouvait l’atteindre ou non… Etaine avait veillé à ce que cela reste possible, accordant sa confiance à son frère en lui offrant son dernier fils.

Elle ne dit rien, se contentant de garder le silence comme elle avait su le faire durant cette convocation. Elle l’observa se lever, se dirigeant vers la fenêtre pour y regarder la simple vue de la ville. Puis, après ce nouveau silence, il reprit la parole, revenant sur l’aide qu’Etaine était prête à lui offrir. Sur cette main tendue qu’elle ne retirait pas, qu’elle ne retirerait pas. Alors il lui posa une première question qui la prit de court. Elle ne s’en cacha pas, ouvrant des yeux ronds vers le seigneur de l’Orage qui se tournait vers elle avant de lui en poser une seconde qui acheva de la désarçonner. Elle ne s’était nullement préparée à cela. Se laissant aller dans le fauteuil, elle soupira longuement. « L’aide que je souhaite vous apporter va de paire avec ce que vous avez à m’offrir. » Relevant ses yeux verts sur le Cerf, sa main se porta machinalement à ce saphir qu’elle portait autour du cou, vestige de sa défunte mère, de ce Loup qui avait épousé le faucon pour donner naissance à une chimère. « Je ne souhaite que la paix. » Une demande si simple, si évidente qu’elle ne nécessitait pas d’autre explication. A moins que cela ne promettait plus que ce qu’il semblait.

« J’imagine que vous vous attendiez à autre chose… Celle que j’étais il y a quelques mois aurait surement formulé un autre souhait, plus égoïste, plus en accord avec la nature que l’on me donne. Contrairement à ce que vous pensez… Mon frère ne cherche nullement à blesser la Couronne en s’attaquant à moi. Notre histoire commune va au-delà de la politique, je le crains. Les mots qu’il a prononcé à mon égard me glacent encore le sang et pourtant, j’ose à croire qu’il saura me pardonner un jour. Qu’il saura comprendre que je n’ai agi que pour son intérêt. » Un mince sourire se dessina sur ses lèvres. « Il est temps pour moi de vous expliquer… Le Val était divisé. Nos bannerets cherchaient à se détourner de mon frère, de sa force à mon profit. Le duel qui a eu lieu aux Eyriés pour mon honneur allait au-delà d’un mariage que je refusais. Si, au départ, voir les hommes du Val se mettre sous ma coupe gonflait mon orgueil… J’ai compris qu’il leur était fort aisé de se détourner de celui qui a légitimité à les gouverner. J’ai haï mon frère. De toute mon âme. Peut-être même ai-je espéré sa mort. Tant de choses étaient si aisée à lui reprocher… Ma détention à Dorne, son manque de conviction, la manière dont il m’a recluse quand je suis rentrée aux Eyriés… Mais les torts n’étaient nullement de son fait seul. » Se penchant sur la table, elle prit son verre pour en boire quelques gorgées, le reposant à sa place en reprenant. « Martyn a fait ce qui lui semblait juste. Ce qui était le plus sage. Je fus la première à lui reprocher son manque de positionnement quand l’annonce du Mensonge fut révélée. Pourtant, je réalise aujourd’hui que cette haine que je lui ai vouée durant des années n’était rien à côté de l’amour que je lui portai. Si j’ai souhaité le voir tomber, j’étais également terrifiée de comprendre que cela était possible, qu’il pouvait se voir condamné par ma faute. » Son cœur se tordit à cette pensée. C’était bien la première fois qu’elle se livrait de la sorte, mais elle n’avait plus rien à cacher. Les Anciens Dieux lui avaient montré la voie qui était sienne, il ne lui restait plus qu’à l’emprunter. « Je devais disparaître du Val, mon Seigneur. Tant pour mon frère que pour la survie des Valois. La haine des miens était nécessaire si je souhaitais les voir s’unir à nouveau. A l’heure où nous parlons, je prie pour que mon sacrifice n’ait été vain et qu’il soit récompensé d’une unité parfaite. Je n’ai fait que réparer le mal que j’ai causé même si la manière de le faire semble… Particulière. » Fallait-il être fou pour désirer la haine des siens ? Les yeux brillants, elle ne quitta pas Robart Baratheon du regard.

« Je n’ai malheureusement su voir venir les paroles de ma cousine, ni l’hésitation de mon frère au moment de plier le genou. Si je le pouvais, alors je donnerais ma vie pour revenir en arrière, pour essayer de changer les choses. Mais je n’ai guère ce pouvoir et nous devons tous, aujourd’hui, nous adapter en conséquence. » Elle se leva de son fauteuil, rejoignant Robb près de la fenêtre. « Au-delà du nom que nous portons, nous sommes tous enfants des Sept Couronnes et c’est en ce nom que nous devons nous tendre la main. Je ne vous ferais pas l’affront de de vous demander de les pardonner, ni Martyn, ni Catelyn ou encore Jorah. Mais la paix ne peut exister que si les combats armés ne sont guère lancés. » Fronçant les sourcils, elle soupira. « J’ignore de quelle manière je peux vous aider, mon Seigneur. J’ignore quelles sont vos intentions et pourtant, je me tiens aujourd’hui devant vous car je demeure certaine de ma volonté de vouloir vous aider. Je veux la paix, pas uniquement pour le Val, mais pour le Royaume tout entier. » C’était dit. La Colombe venait de rouvrir ses Ailes et celles-ci avaient gagné en envergure. L’image glaçante de la harpie qu’elle avait pu croiser dans le miroir venait de tomber à jamais car les intentions de la Valoise de naissance étaient plus que louable. Si elle ne pouvait sauver un homme, elle osait croire qu’elle puisse sauver le reste d’une nation. Si Jorah demeurait sourd aux appels de Martyn, alors elle se tournerait vers l’autre Loup. Si Martyn conservait une froideur à l’égard de la couronne, alors elle réchaufferait ce lien d’un moyen ou d’un autre, quitte à forcer les choses.

Elle se détourna de lui quelques instants, s’humectant les lèvres avant de reprendre la parole. « Vous espérez m’être également utile, lord Robart. Me récompenser de cette loyauté… Je crains, mon Seigneur, que vous ne pouviez m’offrir ce que je souhaite ardemment. » Elle lui fit de nouveau face, prenant une grande inspiration. « Ma famille est la seule chose qu’il me reste et, quand bien même ils me détestent un peu plus les uns que les autres, leur sécurité et leur survie est la seule chose qui m’importe… Je ne vous demanderais pas d’effacer ses mots, d’oublier ses dires. Ce qu’elle a fait est terrible pour l’équilibre du Royaume et se doit d’être puni… Mais, mon Seigneur, vous ne pourrez m’empêcher de vous implorer de la laisser vivre… Brisez ses Ailes, mais ne tuez pas le plus bel oiseau de notre maison. » Elle devait cela à Catelyn. C’était son fait si elle s’était retrouvée ici. C’était elle qui l’avait épaulée, soutenue quand Martyn la pointait du doigt. Si Catelyn devait mourir, Etaine ne se le pardonnerait jamais. Le destin de la Colombe était lié à celui de sa cousine, de cela, elle se fit la promesse.


© Belzébuth

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The Fallen Princess
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Robb Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Accalmie
MessageSujet: Re: Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition • Robb & Etaine   Jeu 5 Avr 2018 - 11:50




 Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition


Etaine Arryn était donc réellement une idéaliste… Malgré les épreuves qu’elle avait traversé, malgré les coups de couteau que son frère lui avait planté dans le dos, elle avait décidé de continuer à le soutenir, allant jusqu’à simuler une défection -parce que de trahison, il n’était pas question ici- pour s’assurer que les valois se rangent derrière lui plutôt qu’elle. Et pour quoi se sacrifier ainsi ? La paix… Quelques jours plus tôt à peine, Robb aurait probablement approuvé les actions de la Colombe, mieux, il l’aurait soutenue, lui offrant l’aide nécessaire à rendre son plan plus réaliste, se serait prêté au jeu de soutenir Martyn officiellement, et d’assurer sa place en même temps que son allégeance à la Couronne. Mais entre temps, trop de choses avaient changé, l’avaient changé, si bien que ces révélations lui arrachèrent un soupir las, elles lui rappelaient trop son propre idéalisme, sacrifié sur l’autel de la politique, des intrigues et de la noirceur humaine.

La paix était une utopie, rien de plus. Il se trouverait toujours un homme avec du pouvoir, et la volonté de s’en servir pour créer des dissensions, pour vouloir obtenir davantage ou pour créer un peu plus de chaos en ce monde. La nature humaine était ainsi faite, modelée pour toujours vouloir grandir, être plus importante, jusqu’à en oublier le bon sens, l’honneur ou le devoir. Les justes, ceux qui défendaient l’ordre et la vraie loyauté étaient une exception, un halo de lumière dans l’obscurité, condamnés à se battre eux aussi, pour s’assurer que la masse grouillante des opportunistes ne prévale pas sur l’échiquier du pouvoir. Pas toujours les armes à la main, parfois ces affrontements se limitaient à des luttes d’influence et à des intrigues politiques, mais dans un tel contexte, la paix n’était qu’une illusion que l’on acceptait facilement, pour se donner un sentiment de sécurité, ou d’accomplissement. Il suffisait d’observer ces noms qu’Etaine mentionnait pour le comprendre : Jorah Stark aurait pu choisir la conciliation, obtenir réparation pour le tort qui lui avait été occasionné s’il avait accepté la main qui lui avait été tendue, mais il avait préféré poursuivre le rêve fou d’une indépendance, voyant déjà une couronne posée sur son crâne indigne, avec tout le pouvoir qu’elle impliquait, et il était prêt à voir son peuple souffrir, mourir, et à mettre l’avenir de sa famille en péril pour cette chance infime de se voir couronné de succès. Martyn avait préféré imposer ses conditions, se retrancher derrière son honneur illusoire en prêtant serment une première fois, sans voir que ce faisant il mettait autant sa propre tête que sa région en danger. Il aurait pu négocier par après, s’assurer, exactement de la même manière qu’il l’avait fait par après, qu’on ne lui demanderait pas de lever les armes contre son cousin, mais il avait préféré imposer les choses plutôt que de les demander, comme le commandait sa place. Et, comme pour prouver que les femmes n’étaient pas en reste en matière d’égoïsme et de malveillance, il y avait eu Catelyn Arryn. Des trois, elle était peut-être la pire de ces termes, profitant du malheur d’une autre, de l’attentat contre une Maison entière pour distiller ses paroles séditieuses en public, là où la décence aurait voulu qu’elle se taise, et ensuite proclamer l’avoir fait uniquement pour protéger une région qui n’avait aucune raison de sa plaindre, étant donné la situation dans laquelle elle se trouvait. Ces trois là étaient la preuve qu’il n’y avait pas de réelle paix possible, que toute existence qui se voulait publique condamnait celui qui la vivait à prendre part à des combats incessants, quel que soit le camp dans lequel il se plaçait. La paix était définitivement morte, au moment même où un homme décida qu’il était supérieur à ses pairs, et si d’autres preuves étaient encore nécessaires, il suffisait de voir les agissements de Kyra, sa propre mère, au moment même où son fils aîné était le plus faible.

Qu’Etaine lui demande d’épargner sa cousine ne surprit pas le Baratheon plus que cela, pas après tout ce qu’elle venait de lui confier. Il avait longtemps réfléchi à la question, une partie de lui lui soufflant que le monde serait un endroit plus sûr sans Catelyn Arryn pour tromper les puissants avec ses paroles, l’autre affirmant que vivante, sa duplicité démasquée et à jamais visible de tous, elle serait un rappel pour tous les autres qu’il y aurait toujours quelqu’un pour les empêcher d’agir en toute liberté. A dire vrai, il semblait même au Cerf que laisser la Arryn vivre lui serait un châtiment plus cruel que de la mettre à mort, elle serait encore capable de penser qu’elle était un martyr à la plus honorable des causes, et pas la catin séditieuse qu’elle était réellement. Vivante, elle devrait affronter la honte qui lui serait infligée, jusque dans le regard de ceux qu’elle tenait en si haute estime… Elle devrait vivre en sachant que plus personne ne serait dupe de ses actions, ou de ses mots. La rédemption lui serait possible, et tout nouvel écart se solderait cette fois par la mort. Parce qu’elle avait gagné une certaine confiance de la part de Robb, et parce qu’il était inutile d’ôter à la Colombe ses illusions, il laisserait son infâme cousine en vie, si c’était là son seul souhait.

« Ne vous est-il pas venu à l’idée, ma Dame, que peut-être vos actions n’ont fait que retarder l’inévitable ? Vous voulez la paix, vous voulez voir le Val uni, et dans le giron de la Couronne, et pour cela vous l’avez rendu pleinement à votre frère… Martyn a cependant prouvé que cela n’arriverait que sous ses conditions, et s’il considérait le Roi digne de lui et de ses illusions. N’aurait-il pas mieux valu que vous le remplaciez, que ces idéaux qui sont les vôtres régissent votre peuple, plutôt que la prétendue sagesse de votre frère ? Je n’ai pas vu de sagesse dans ses actions, je n’y ai vu que la vanité d’un homme, qui clame vivre pour l’honneur, mais qui est pourtant prêt à le délaisser et à mentir pour cacher les actions de sa famille. Vous lui avez offert une chance supplémentaire en réduisant les vôtres de prendre son trône à néant, mais ce faisant vous aurez une part de responsabilité dans chacune de ses actions, et vous vous rappellerez qu’un jour, vous auriez pu les empêcher.

Je ne vous blâmerai pas pour cela, mais l’expérience m’a appris que quand on désire quelque chose d’aussi pur, et presque impossible à atteindre, que la paix, mieux vaut ne pas laisser cette tâche entre les mains d’un autre si on tient l’occasion de le faire par soi-même. J’espère sincèrement, pour vous, que votre frère se montrera à la hauteur de vos attentes, et que vous n’aurez pas à vivre avec des regrets supplémentaires. »


Robb n’avait aucune envie d’étaler ses doutes sur la question, pas plus qu’il ne venait de le faire en tout cas. Qu’Etaine garde ses espoirs, il y avait quelque chose de rassurant dans cette idée qu’il existait encore des gens capables de croire aux autres, de leur faire confiance pour accomplir quelque chose de plus grand que n’importe quel homme, que n’importe quel autre but existant en Westeros. Lui n’en était plus capable, ses forces seraient désormais consacrées à protéger ceux qui lui étaient cher, les siens, et rien d’autre. Cependant, s’il pouvait en aider d’autres à mener ce combat là…

« La vie de votre cousine sera épargnée, si c’est là votre désir, mais comme vous l’avez dit, elle ne pourra pas quitter son jugement indemne. Je ne sais pas encore si c’est là la meilleure chose à faire, mais elle aura sa chance de prouver sa loyauté. Il n’y en aura pas d’autre, cependant. J’imagine qu’étant donné tout ce que vous m’avez dit, vous ne voulez pas que l’on sache que vous avez intercédé en sa faveur ? »

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MessageSujet: Re: Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition • Robb & Etaine   

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Un mensonge qui tend à la paix est préférable à une vérité qui cause une sédition • Robb & Etaine

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