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 (FB) Riding the wind

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Edric Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port-Réal pour le Couronnement
MessageSujet: (FB) Riding the wind   Dim 4 Fév 2018 - 22:36

Après l'incendie du Septuaire, Edric n'avait pas du tout envie d'aller ployer le genou devant Maegor le Cruel. Mais, immature peut-être, le jeune homme de vingt-cinq ans avait très envie de s'illustrer au Tournoi, et surtout, de découvrir le minois d'Ashara Stark. Edric avait déjà participé à des Tournois ; mais il n'avait jamais baisé la main de sa fiancée. Il aimait ses lettres. L'aimerait-il ? L'aimerait-elle ? Ils y avaient tout intérêt, car avant la fin de l'année, ils seraient unis devant les Sept.

Le faste déployé lui avait fait oublier la Foi brûlée. Il n'en avait jamais vu de pareil. Une telle foule. Toutes les grandes familles du Royaume faisaient acte de présence. Edric avait pu mettre des visages sur les blasons. Des visages sur le blason du Loup. Les frères Stark, austères. Intimidants, bien que Chevalier de l'Orage, il ne l'eut pas avoué. Et Ashara. Ses cheveux de feu, ses yeux bleus écarquillés sur lui - lui qui, pour une fois, n'avait rien trouvé d'intelligent à dire, impressionné par les présentations officielles, touché par ces yeux là. Elle était bien plus belle qu'il ne l'avait imaginé. Lui était à son avantage, le cœur richement frappé du blason du Cerf, son corps longiligne un peu étoffé par l'entraînement de ces dernières semaines.

Il allait briller à ce Tournoi dans la spécialité qui était la sienne, pour elle. Il porterait ses couleurs pâles à son bras. Le bras qui tendait la corde de l'arc ne tremblait pas. La Flèche de l'Orage voulait, plus que jamais, faire mouche.

Les festivités ne connaissaient pas de fin. Edric et Ashara n'avaient eu que peu d'occasions de se parler à cœur ouvert, comme dans leurs dernières lettres. Ils avaient l'impression de s'être tout dit, et rien. Face à face, tout était différent. Les paroles retenues s'accumulaient et, n'y tenant plus, le Cerf finit par proposer à la Louve à une promenade à cheval au Bois du Roi. L'invitation pouvait surprendre pour une Dame, mais il savait qu'Ashara était bonne cavalière, et ressentait le besoin de s'éloigner de la ville. Une bouffée d'air, même s'il savait que tout ce qui sortirait de leurs lèvres serait surveillé, ayant donné à l'escapade le caractère officiel que la bienséance réclamait.

Assis dans l'herbe aux pieds de sa monture alezane, le Cerf attendait sa Louve à l'orée du Bois, sans autre escorte que celle de son arc en travers du poitrail. Il n'était pas alerte, se laissant aller à ses rêveries, à la faveur des rayons de l'après-midi. Nulle intrigue politique n'occupait ses pensées. Une autre les tourmentait.

Quand il vit les deux chevaux en approche, Edric se remit en selle et pressa ses talons contre les flancs de sa monture pour galoper à leur rencontre.
- Mesdames, dit-il à l'attention de la Stark et de son chaperon.
Trop d'honneur pour l'une, pas assez pour l'autre.
- Ashara, s'obstina-t-il, et, franchissant l'espace qui séparait les corps encore frais de leurs chevaux, il cueillit sa main pour la baiser. Il lui sembla qu'elle la lui abandonnait aisément, et bien que la lui restituant sans tarder, le Cerf prit cela comme un encouragement. Tout soudain lui semblait plus facile, et il avait hâte que la forêt les prenne.

- Êtes-vous prête ? demanda-t-il, et il mettait dans cette question plus de sens qu'il n'était raisonnable.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Lun 5 Fév 2018 - 8:19

Les festivités du Tournoi semblaient sans fin. Malgré la foule et les divertissements, Ashara avait passé beaucoup de temps à rêvasser. Fascinée par autant de faste déployé, autant de richesses aux couleurs dorées, ses yeux de Nordienne n'avaient réussi en quelques jours à s'y habituer. Comment faisaient les gens d'ici ?
Pourtant, tout ces trésors avaient eu bien moins de considération que celui le plus précieux qu'il lui avait été présenté. En ces jours bénis à ses yeux, elle avait enfin rencontré celui avec lequel elle partageait ses pensées, couchées sur papier et avec lequel elle partagerait bientôt sa vie. Edric Baratheon.
Les présentations furent aussi officielles que possible, chacun s'étant rangé aux côtés de sa famille, pourtant avant même qu'on ne lui indique qui il était, elle le savait.
Son blason de Cerf, ses cheveux d'ébène assortis avec ses yeux noirs l'avaient saisie immédiatement avant qu'un seul mot ne soit prononcé.
Elle était restée immobile et muette, les yeux légèrement agrandis, enchantée, séduite. Un peu gauche peut-être, mais entièrement abandonnée à ce regard là comme s'il l'hypnotisait.
Leurs lettres avaient alors pris plus de poids que de simples mots, alors que tout était encore à dire. Mais des mots, elle n'en avait pas en tête à ce moment là. Vide par l'émotion, vide et étourdie par l'amour qui l'avait frappée.
Heureusement, il lui avait souri et ce sourire avait emporté ses craintes d'une quelconque maladresse, balayé ses dernières barrières à son encontre.
Dès lors, elle le cherchait du regard dès qu'elle sortait de sa chambre et s'ils pouvaient se parler, son coeur bondissait alors, charmé et satisfait.
A l'épreuve de tir à l'arc, elle n'avait vu que lui et avait joint ses applaudissements à la foule lorsqu'il avait fait mouche, à plusieurs reprises. Elle avait cru ne pas pouvoir retenir ses cris dans l'euphorie de ses petites victoires mais avait réussi à se contenir avec élégance.
Une élégance pré-fabriquée, elle n'avait rien à voir avec les femmes d'ici, toutes enroulées dans de vastes robes légères et chargées de broderies, elle ressemblait plus à une pierre précieuse à l'état brut, qu'il fallait encore tailler.

Enfin, après d'interminables moments passés sans lui ou de trop courts en sa présence, il lui avait proposé une promenade en forêt. Elle n'y tenait plus et avait mal dormi toute la nuit.
La septa Kate les accompagnerait. La femme était aussi austère que pieuse. Elle ne laisserait rien passer et l'avait déjà gourmandée quant à sa tenue.
Une robe légère d'un vert boisé à la mode de Port-Réal, qui dévoilait une partie de ses épaules, au lieu de sa poitrine, avant de couvrir ses bras. Elle avait chaud mais s'était refusé à monter à cheval avec les étranges sandalettes que toutes portaient. Aussi, elle avait chaussée ses bottines de cuir souple qui dénotaient franchement avec la délicatesse du tissu sous le regard désapprobateur de la septa.
Ashara lui avait alors signifié qu'elle pouvait également monter à cru, ce qui avait fini de convaincre Kate, outrée à l'idée d'une jeune dame dans ce style de monte plus sauvage. Au moins s'était-elle laissé coiffée d'un chignon tressé relevé qui dégageait sa nuque gracile, malgré les longues mèches de cheveux qui s'en détachaient.
Les remarques avaient continué à pleuvoir comme Ashara montait à la garçonne, un pied de chaque coté des flancs de Pommette. Là encore, la jeune femme avait mouché son chaperon, si la robe remontait sur ses mollets, au moins les bottines en masquait les chevilles.

Impatiente, la jeune femme avait alors quitté la ville et son cheval comme s'il communiquait piaffait sur place. La septa à ses côtés, elle retrouva Edric qui vint à leur rencontre au galop dans une allure remarquable. Elle ne pouvait s'empêcher de l'observer sous toutes les coutures. Et toujours, ses yeux sombres dans lesquels elle se perdait volontiers.
Il les salua, puis s'approcha pour lui offrir un baise main. Surprise, elle le laissa faire et savoura le contact de sa bouche sur sa peau, autant que la manière dont il prononça son prénom.
Les syllabes glissaient sur ses lèvres comme une douce musique à laquelle elle ne pouvait se sentir indifférente.
Déjà, les papillons s'agitaient dans son estomac et son coeur semblait au bord de l'implosion. La septa Kate la regarda, les lèvres pincées mais Ashara n'avait pas envie de s'en soucier.
Elle n'osait pas parler, ou peut-être ne le pouvait-elle pas. Sa gorgé était nouée à l'idée de commettre un faux pas sous la surveillance de la vieille femme.
Alors elle ne fit que sourire au début, conquise mais dût bien se résoudre à répondre à la question de son promis.

- Oui, souffla-t-elle perdue dans son regard. Toujours.

Serrant les flancs de sa jument, celle-ci se mit à avancer au pas et Edric se rangea à ses côtés. Elle espérait qu'il ne lui tienne pas rigueur de son accoutrement.
La septa Kate les suivait de près, Ashara sentait son regard dans son dos mais tacha de ne pas y prêter attention.

- Je vous remercie pour votre invitation, lança-t-elle tout-à-trac, je commençais à avoir le sentiment d'étouffer dans la capitale.
Se rendant compte qu'elle insultait la cité et l'invitation qui l'avait mené pour le Tournoi, elle s'empourpra et ajouta rapidement.

- Enfin...je ne suis gère habituée à ce genre de festivités, la forêt et le calme me manquaient.


Par tous les Dieux, était-elle à ce point entrain de se ridiculiser ?
Elle porta une main sur sa bouche, comme pour se contraindre à se taire et lui lança un regard suppliant pour qu'il lui pardonne son effronterie et sa maladresse. Inutile de se retourner, la septa Kate devait être horrifiée.

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Edric Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port-Réal pour le Couronnement
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Sam 10 Fév 2018 - 17:12

Après avoir lâché sa main, Edric s'efforça de ne pas détailler Ashara. Elle disait être prête, toujours prête, pourtant il ne l'avait pas prise au débotté ; leur escapade n'avait rien d'une échappée sauvage, et cela se voyait à la manière dont elle était apprêtée. La Louve avait eu le temps de se mettre à la mode de Port-Réal : en témoignait sa nouvelle robe, moins sévère peut-être, moins exotique et sans doute mieux adaptée au climat, que ses apprêts Nordiens. Malgré le tissu délicat qui bordait la peau de ses épaules, malgré sa coiffure travaillée, la Louve n'en montait pas moins à la garçonne, les pieds bien enfoncés à l'étrier. D'ordinaire, Edric ne s'attachait pas à ce genre de détails. Pourtant il était heureux que la jeune femme se soit apprêtée pour lui, assez pour lui plaire, pas assez pour changer ce qui faisait sa nature et son charme. En l'épousant, en épousant son blason, ses terres, sa culture et sa religion, la Nordienne allait devoir changer ; mais il ne voulait pas qu'elle change trop, elle qui lui plaisait tant ainsi.

Plus que les mollets d'Ashara, la présence de la Septa troublait le Cerf. Il s'était attendu à un membre de la suite Stark, un homme pour la défendre, non pas contre lui, mais depuis le Donjon Rouge. Jugeait-on la jeune Louve plus apte à protéger sa vie que sa vertu ? Une Septa ? Les Stark ne vénéraient-ils pas les Anciens Dieux ? Etait-ce sa propre famille qui l'avait envoyée ? Pourtant il semblait à Edric que, peu fiable sur bien des aspects, il n'inquiétait pas par ses moeurs, lui qui n'avait jamais courtisé personne, lui qui ne s'était soumis à ces fiançailles que par piété filiale. Le cadet n'avait jamais ambitionné de se marier, persuadé que Robb suffirait à assurer la lignée, dégoûté par cette tradition bassement économique, trop rarement heureuse, souvent barbare, qui arrachait les femmes à leur foyer et troquait contre titres, terres, pouvoir, leur vertu et leur ventre. Il n'en avait pas été ainsi pour son père et sa mère, pas à ses yeux d'enfant ni de jeune homme ; mais il se souvenait des yeux rouges et de l'honneur bafoué de Tess, encore aujourd'hui. Alors, vraiment, Ashara était-elle prête pour ça ? Il ferait tout pour rendre cet arrachement plus doux.

Ils marchaient botte à botte vers la forêt. Ashara commença et interrompit les amabilités tout à la fois, les yeux agrandis par la maladresse dont elle prenait conscience, la main devant la bouche comme pour rattraper les paroles trop vite prononcées. Une attitude charmante d'enfant ; il est vrai qu'elle avait quelques années de moins que lui. Edric rit sans plus de retenue. Il ne pouvait lui en vouloir de sa sincérité, d'autant qu'il nourrissait les mêmes sentiments.

- Je comprends, répondit-il. Port-Réal est la plus grande ville qu'il m'ait été donné de visiter.
Il préférait parler de lui, ne voulant pas sous-entendre que Winterfell n'était pas aussi une capitale effervescente, à sa façon.
- Elle fourmille encore plus avec les festivités.
Il sembla hésiter.
- Peut-être aurez-vous l'occasion de revenir par temps plus tranquille. Port-Réal n'est qu'à trois jours de route d'Accalmie.
Il la scruta du coin de l'oeil. Il ignorait à quel point elle était résolue à leurs épousailles. Curieusement, ils n'en parlaient plus dans leurs lettres. D'Accalmie, au contraire, il lui avait tout dit, lui décrivant le château, ses habitants, les terres où il avait grandi.
- Nous pourrions chevaucher jusqu'aux Terres de l'Orage sans quitter ce bois, reprit-il avec la même facétie, alors qu'ils pénétraient dans la forêt.
Le Cerf réalisa qu'il en avait envie. Il était prêt. Prêt à emporter chez lui cette femme de l'autre bout du Royaume, cette femme qu'il ne connaissait que d'encre, à en faire son épouse devant les Sept, sa femme dans son lit et la mère de ses enfants. Ça n'était pas raisonnable, mais c'était ainsi.

- Rien à voir avec le voyage que vous avez dû faire depuis Winterfell, poursuivit-il, serein. Comment était-ce ?
Pénible, sans doute, mais peut-être, merveilleux.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Dim 11 Fév 2018 - 10:11

Il rit ! Par la bonté des Anciens Dieux et pas par moquerie !
Ashara se détendit sensiblement et reprit ses rennes entre ses deux mains, non qu'elle en eu réellement besoin mais par soucis des convenances.
Tandis qu'Edric reprenait la parole, elle détaillait encore une fois ses traits sans pour autant oublier l'éclat précédent, le son de son rire résonnait encore dans sa mémoire toute fraîche comme une douce mélodie qu'elle savait pouvoir écouter encore et encore, sans jamais se lasser.
Elle fut tout autant rassurée lorsqu'il parla de lui et lui montra ainsi que comme elle, les grandes villes n'avaient pas sa préférence. Ils avaient tant échangé à travers les lettres et pourtant, il lui semblait qu'elle le découvrait à nouveau. De cela elle en savourait chaque instant.
Dans le même temps, elle découvrait tout ce que les lettres taisaient, la manière dont ses lèvres dessinaient ses sourires, son regard parfois hésitant, parfois franc mais toujours intense et cette intensité la bouleversait à chaque fois.

Alors qu'il lui indiquait qu'elle aurait l'occasion de revenir à Port-Réal depuis Accalmie, elle interrompit son observation du mouvement de ses cheveux sombres au rythme des pas de son cheval afin de se forcer à être plus attentive. Son corps semblait en effervescence dès qu'il se tenait près.
Contrairement à ce qu'il lui proposait, elle n'avait aucune envie de revenir à Port-Réal. La capitale ne l'intéressait pas, bien qu'elle fut agréable et jolie. Ses briques rouges, ses hautes tours et sa mer infinie possédaient des allures bien trop exotiques et bien trop extravagantes pour elle. Elle ne s'y sentait pas à l'aise et cela n'était pas lié qu'à la présence de la foule et des festivités.
Si Ashara avait accepté de troquer sa neige éternelle, ce ne serait pas pour ce brûlant faste mais bien pur la pluie et l'orage qu'elle jugeait comme un état second des flocons.

D'Accalmie, Edric lui en avait tout dit comme il le précisa juste avec malice. Les paysages s'étaient depuis longtemps peint dans l'imagination de la jeune femme à mesure qu'elle lisait ses mots couchés sur papiers. Des terres de tempêtes, de forêts et de montagnes, de sa géographie comme de sa population, Ashara savait tout ce qu'Edric avait bien voulu lui conter.
Une part d'elle-même avait hâte de découvrir ce qui deviendrait son nouveau foyer, même si une autre rechignait à quitter Winterfell. Il avait su la mettre en confiance et l'amour qu'elle savait éprouver pour lui, confortait ce sentiment de sécurité et de bonheur qu'il lui inspirait.
Elle en arrivait presque à oublier le curieux chaperon dont on l'avait affublée et aurait tout aussi bien pu décider dès à présent de prendre la route pour Accalmie.
Qu'il l'emporte donc, juste elle, sans rien d'autre que cette jument et cette robe. Le bois clairsemé s'étendait à leurs pieds avec la franchise de la nature et de cette beauté fragile pourtant sauvage. Elle mourrait d'envie de pousser son cheval au galop et de sentir cette vie affluer à travers elle dans le vent de la course.

Si Ashara laissait aisément son imagination la mener, Edric semblait bien plus terre à terre. Il la raccrochait toujours à la réalité.

- Long, commença-t-elle en flattant l'encolure de sa jument qui ayant peut-être senti ses envies d'évasion, s'impatientait au pas. Pourtant, chaque jour semblait être une nouvelle petite aventure. Nouvelles contrées, nouveaux paysages, jamais mes yeux n'en avaient vu autant.

Sa jument fit une petite embardée que Ashara réprimât en changeant doucement la position de son pied.

- Tout va bien ? s'inquiéta la Septa Kate derrière elle.

La louve fut subitement amusée de cette angoisse déplacée. Les femmes ne montaient-elles suffisamment pas à cheval par ici pour remarquer une jument caractérielle ?
Comme un écho à ses pensées, la jument se mit à piaffer. La présence de la Septa avait placé Ashara dans une situation désagréable, effaçant sa personnalité pour mieux entrer dans les cases de Port-Réal. Cette Septa ne représentait rien d'autre qu'un chaperon pour Ashara, elle se moquait bien de la religion qu'elle représentait. En revanche, la louve souhaitait se venger gentiment de l'austérité de cette femme et des angoisses qu'elle lui avait créée en l'accompagnant aux côtés d'Edric.
Elle tourna son visage vers ce dernier. Ses yeux brillaient d’espièglerie et son sourire s'étira tout aussi malicieux.

- Je ne sais pas trop, lâcha-t-elle faussement inquiète en se retournant.

En pressant les talons, elle lança Pommette dans un petit galop terre à terre et son corps fut emporté par l'allure tandis qu'elle poussa un petit cri surpris.
Tout donnait l'impression qu'elle ne maîtrisait pas sa monture et elle joua le jeu encore quelques instants, faisant piaffer la pommelée avant qu'elle ne recule de quelques pas.
Finallement, la jument se cabra et s'élança dans un galop au départ arrêté.

- A moi ! cria la louve qui s'éloignait, emportée par sa jument capricieuse et désobéissante.

Si seulement elle avait pu se retourner pour s'assurer de l'expression effarée de la Septa, elle en aurait ri de bon coeur. Elle avait remarqué que la vieille femme n'était pas à l'aise à cheval. Jamais elle ne la suivrait dans un galop à travers les bois. Edric en revanche y répondrait très certainement. Peut-être même en profiterait-il pour faire croire à un sauvetage ? Cette pensée lui plut et libérée de ces entraves, elle poussa sa jument à galoper sans peur, zigzagant entre les troncs, évitant les branches qui risquaient de lui cingler le visage. Cette course possédait le goût de la liberté des années à venir, pleines d'obstacles qu'elle pourrait aisément éviter.

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Edric Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port-Réal pour le Couronnement
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Dim 18 Fév 2018 - 13:27

Sans son sourire espiègle, Edric aurait pu croire à la comédie d'Ashara. Comédie cruelle et pourtant irrésistible, comédie de cavalière aguerrie ou partageant avec sa monture une sacré complicité. La jeune Louve était-elle aussi caractérielle que sa jument pommelée ? Troublé, le Cerf n'eut guère le temps d'y réfléchir lorsque toutes deux partirent ventre à terre.

Il se tourna vers la Septa désemparée et - le coeur serré de participer à la tromperie, mais le coeur emballé, aussi - lui lança :
- Je pars après elle. Retrouvons-nous au lac.
Et à son tour il pressa les talons contre le flanc de sa monture, et fila.

Edric avait déjà plusieurs secondes de retard sur Ashara. Couché sur l'encolure pour éviter les branches basses, il dut pousser son cheval pour la rattraper.
- Que faites-vous ? cria-t-il, mais le vent, peut-être, emporta ses mots.
Il lui sembla que la jeune Louve le regarda, mais elle ne ralentit pas. Avait-elle vraiment perdu le contrôle de sa jument ? Ou se jouait-elle de lui comme de la Septa ?

Le vent avait emporté sa coiffure et elle n'était plus qu'une flamme, rousse et verte, une flamme qui avançait avec fracas, une flamme qui dévorait tout, ne laissant qu'une odeur de feuilles piétinées et la sueur âcre des bêtes qui s'enfuyaient.

Trop occupé à la regarder, Edric ne vit pas le talus vers lequel son cheval se précipitait, et franchit sans peine ; mais lui ne s'attendait pas à l'obstacle, et glissa. Il se rattrapa in extremis au pommeau et se remit en selle. Une ou deux secondes à peine, mais assez pour lui laisser entrevoir la chute, le corps foulé par son cheval, foulé surtout dans son honneur, devant la femme qu'il courtisait. Homme et chevalier, il était moins bon cavalier qu'Oriane et qu'Ashara sans doute.

Soudain il se sentit en colère, et au lieu d'attraper ses rennes pour la ralentir, il ralentit lui-même, passant au petit galop. Qu'elle joue donc toute seule si elle ne parvenait plus à s'arrêter ! Il n'avait aucune crainte pour sa sécurité.

Edric vit qu'elle ralentissait aussi au point qu'il passa devant elle. Il ne daigna pas lui parler ni la regarder, et prit la direction du lac. C'était lui qui menait désormais, et il accéléra à nouveau jusqu'à ce qu'apparaisse la surface miroitante du premier lac du Bois-du-Roi. A leur approche disparut la biche qui s'abreuvait là.

La beauté de la bête et du lieu calma Edric, mais il ne consentit à regarder sa promise qu'après avoir mis pied à terre. L'écume frissonnait sur la robe de son cheval, et lui-même sentait sa chair palpiter. Ashara l'avait réveillé de manière peu conventionnelle, et il savait désormais qu'avec elle, il pouvait s'attendre à tout.

Il ne lui dit rien, qu'aurait-il pu lui dire ? Il ne voulait pas lui faire de reproches comme la Septa, Septa qu'elle avait laissée en arrière avec aussi peu de respect qu'elle accordait sans doute à sa Foi. Il ne voulait pas non plus faire comme s'il ne s'était rien passé, comme si elle ne venait pas de lui signifier, par cette course folle imposée, qu'elle en avait assez des mots et qu'elle voulait des sensations - était-ce une chose à dire à son promis lors d'une première rencontre en tête à tête ? Devant elle il se sentait indécis et désemparé : elle ne ressemblait plus à rien avec ses cheveux emmêlés et sa robe qui tombait sur son épaule, elle avait l'air d'une fille des bois et cela lui donnait furieusement envie de l'embrasser.

Au bord du lac où son étalon buvait, Edric tira sur la branche du saule pleureur et contempla la surface de l'eau, si calme, comme s'il pouvait y noyer les nouveaux tumultes qui l'agitaient.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Ven 23 Fév 2018 - 9:34

Là-bas à Winterfell, elle aurait lâché les rennes et ouvert les bras, là-bas dans le bois sacré, elle se serait offerte au ciel et à tous les Anciens Dieux qui la regardaient sans peur aucune, les yeux clos, confiante.
Mais ici, dans cette contrée inconnue, dans cette ville si grande et pourtant si oppressante, elle tenait fermement les liens qui la raccordaient à sa jument. Aussi opulente fusse-t-elle, Port-Réal avait des allures de prison aux barreaux dorés. Depuis qu'elle était arrivée, on la plaçait sous surveillance constante, comme le lait sur le feu, craignait-on vraiment pour sa vertu ou ne lui faisait-on pas suffisamment confiance pour la laisser déambuler où bon lui semblait ?

Malgré l'honneur des hommes du Nord, il lui semblait qu'on la regardait comme une sauvage dépourvue de la délicatesse des femmes d'ici. Étrangère elle l'était sans nul doute, éduquée dans le froid et dans la rigueur, quand ici la chaleur réchauffait les coeurs et les esprits. Son froid lui manquait, la chaleur l'étouffait. Les couleurs de la cité l'aveuglaient, le faste et tout ce qui allait de pair la mettait mal à l'aise et elle regrettait vivement l'immaculé du manteau de neige qui enveloppait sa ville.

Cette galopade lui rendait un peu de bonheur, lui offrait une petite liberté qu'elle aurait souhaité partagé avec Edric. Pour autant, ce dernier ne semblait pas adhérer à ce genre de jeu. Il ralentit et elle hésita un moment avant de faire de même. La Septa était loin, ils étaient tous les deux, enfin !
Son visage pourtant était fermé, Edric paraissait fâché. Et de quoi donc ? De la course ? D'avoir abandonné la Septa ? Ou bien d'avoir manqué de tomber sous ses yeux ?
Elle l'observa déposer pied à terre puis croisa son regard sombre. Il ne dit rien et préféra s'installer au bord du lac au lieu de l'aider à descendre de sa jument.
A son tour, elle sauta au sol. Le retour sur la terre ferme la fit vaciller l'espace de quelques secondes, une sensation que seuls les cavaliers pouvaient connaitre.
Elle flatta l'encolure de sa jument mouillée par l'écume de la sueur et la laissa boire tout son saoul, après avoir attaché ses rennes sur sa selle pour ne pas qu'elle s'entrave les sabots.

Sa robe avait légèrement glissé, mais elle la rajusta aisément. Cette tenue était comme cette contrée, tout en apparence. Des mètres de tissus chatoyant et pourtant Ashara ne s'était jamais sentie aussi nue. Trop fin, trop vaporeux, l'épais velours de coton avec sa pelisse ajustée lui manquaient.
Son regard accrocha le lac sur lequel se reflétait le soleil et un ciel azuré sans nuage, derrière les forêts d'un verts profond et la vallée infinie s'étendaient. C'était beau, paisible et étourdissant de couleur tout à la fois. Malgré tous les efforts qu'elle faisait, Ashara n'arrivait pas à s'en imprégner.

Haussant un sourcil en direction de Edric qui l'ignorait, elle ne savait pas trop quoi penser. Il lui en voulait, c'était là une évidence, mais de quoi ? Elle n'aurait su le dire exactement.
Machinalement, elle passa une main dans ses cheveux et se rendit compte que sa coiffure avait souffert de la course. Elle se mordit la lèvre, peu fière de l'état dans lequel elle se trouvait avant de sourire à nouveau, ravivée par le souvenir du grand galop.
Là, à un bras de son promis, elle se laissa tomber assise sur le sol sans aucune grâce réelle.

- Vous êtes en colère contre moi, lâcha-t-elle à la fois amusée et stupéfaite.

Un léger rire franchit ses lèvres rougies par la course tandis qu'elle retirait ses bottes. Ses chaussures furent jetées un peu plus loin, ses pieds dans l'eau. La fraîcheur du lac lui fit du bien, elle se sentait étouffer. Rire n'était certainement pas la meilleure chose à faire, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Edric paraissait si sérieux alors qu'il ne s'agissait que d'une promenade à cheval.

- Je suis désolée, hasarda-t-elle avec quelques regrets et avec sincérité. Je ne voulais pas vous offenser.

Pouvait-elle vraiment tout lui dire ? Comment elle se sentait depuis qu'elle était ici ? La manière dont il la troublait ? Elle avait le sentiment de ne plus être vraiment elle-même.

- Je ne suis pas à l'aise depuis que nous sommes arrivés; on me surveille tout le temps, chacun de mes faits et gestes me semblent épiés afin de s'assurer qu'ils entrent dans une espèce de conformité. Je ne suis pas conforme à ces gens, ni même à cette cité et je ne le serais certainement jamais.

Elle soupira, résignée à dévoiler jusqu'au bout ses pensées.
- Je souhaitais juste gagner quelques instants de liberté avec vous.

Une liberté si chère à son coeur, qu'il devrait l'accepter en l'acceptant elle. S'y était-il préparé ? Les lettres avaient-elles suffit à lui laisser entrevoir ce caractère extraverti et fantaisiste ? L'écrire était une chose, le dire une autre. Attendant son jugement, ses doigts jouaient dans les herbes qui les séparaient tandis que son regard plus clair que le ciel se perdait sur ses traits.

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Edric Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Dim 4 Mar 2018 - 11:35

Le rire d'Ashara acheva d’égratigner son orgueil. Comme tous les Cerfs, Edric avait l'honneur chatouilleux. Sa promise riait de lui et de sa fureur légitime lors de ce qui aurait dû être leur premier moment de grâce. Comment aurait-il pu ne pas s'en offenser ?

Pourtant elle s'excusa, avec des mots aussi simples que ses gestes. Incrédule, Edric la regarda jeter ses bottines et plonger ses chevilles nues dans le lac. La Louve agissait comme une enfant. Elle ne pensait pas à mal. Allait-il lui tenir rancune pour une simple échappée à cheval ?

Renonçant à son orgueil viril, le Cerf s'assit à ses côtés et d'une oreille attentive, entendit ses confidences. Il en fut troublé. A quoi s'attendait-elle ? Ils étaient les cadets de deux des plus grandes familles du Royaume. Ils devaient se montrer conformes à la hauteur de leur sang et de leur destinée. Ils n'étaient pas libres, ne l'avaient jamais été et ne le seraient jamais. Ne le savait-elle pas ? Renonçait-elle déjà ?

Edric ne voulait pas être celui qui briserait ses rêves de petite fille. Ce rêve de liberté, il l'avait si longtemps, lui aussi, caressé. Mais c'était une femme et non une petite fille qu'il allait épouser. Elle devait grandir et accepter, comme il l'avait fait. Certes elle était plus jeune que lui, et le corset de la conformité était sans doute, pour les femmes, plus serré. Il ne pouvait pas lui reprocher d'avoir voulu, un instant, galoper seins nus. Cette liberté, devaient-ils la voler ? Ici, et maintenant ?

- Vous les avez, dit le Cerf en posant, dans l'herbe, sa main sur celle d'Ashara.
Un frisson électrique remonta le long de son bras et courba ses épaules au dessus de son corps. Toute fureur l'avait déserté. Ses yeux répondaient aux siens et regardaient ces lèvres qu'il avait tant envie de prendre, avant que le vent et la conformité ne redressent sa silhouette. Quelques instants de liberté, à peine.

- Nous avons tous un rôle à jouer, reprit-il d'une autre voix en regardant la surface du lac. Nos familles l'ont choisi pour nous. Nos familles nous ont choisis l'un pour l'autre. Je mentirais en disant que ma famille - en disant que je n'attends rien de vous.
Edric la regarda et tenta de se la représenter comme sa femme. Ça n'était pas facile avec sa couronne rousse et ses pieds dans l'eau. Ses modèles étaient Kyra et Tess Baratheon, la Lionne et la Biche, droites pour le meilleur et pour le pire au côté de leur époux. Il y avait bien Oriane, mais Oriane était sa soeur.

De la jeune femme il attendait honneur, fidélité, descendance. Au fond, il était comme les autres. Pourtant, Edric voulait qu'elle soit heureuse. Il la voulait Louve, pas chienne. Il n'avait aucune intention de la contraindre à quoique ce soit. Si les termes de leur union ne lui convenaient pas, il la romprait pour elle, même s'il était conscient qu'une telle chance - l'amour dans le devoir, car c'était de l'amour n'est-ce pas ? - ne se représenterait pas.

- Auriez-vous préféré un mariage au Nord ? souffla-t-il, craignant la réponse qu'elle allait donner, mais devant se montrer à la hauteur de sa sincérité.
Jeune, belle et bien-née, la Louve avait certainement quantité d'autres prétendants.

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Ashara Stark
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Dim 4 Mar 2018 - 15:55

Pleine d'espoir, Ashara attendait la réaction de Edric, la redoutant tout autant. Dans sa poitrine, son cœur tambourinait furieusement à l'idée qu'il pourrait se fâcher pour de bon et l'abandonner là. Souhaiterait-il annuler les fiançailles ? A cette idée, sa gorge se noua et sa lèvre inférieure émit un faible tremblement à peine visible. Déjà, son imagination sans limite s'étendait sur un futur sombre dans lequel elle serait la risée de sa famille. Ashara Stark, la louve qui avait offensé le Cerf et qui s'était vue bannie de chez elle, reniée par sa famille.

A sa grande surprise, Edric la rassura sur ces instants de liberté qu'elle leur avait octroyé en se débarrassant de la Septa. Il ne semblait plus en colère et un sourire étira les lèvres pleines de la jeune femme, un sourire reconnaissant. Dans le même temps, il posa sa main sur la sienne et elle fut si surprise du contact qu'elle aurait pu retirer immédiatement ses doigts. Elle n'en fit rien cependant, convaincue que sa place était ici, entre l'eau et la terre, entre l'amour et le devoir.
Une sensation agréable parcourut son échine, sensation dont elle ignorait tout ou presque. Cette chaleur diffuse qui se propageait dans ses veines jusque sur ses joues, elle avait déjà ressenti un phénomène y ressemblant une fois, lorsque Bran s'était retrouvé bien trop proche d'elle. C'était différent évidemment, bien moins fort alors, Bran ayant toujours eu un rôle de confident, d'ami. Elle ne l'envisageait pas comme un prétendant, pourtant, son corps ne s'y trompait pas, une attraction adolescente, une tentation avait déjà traversé son esprit.
Aujourd'hui, c'était l'homme qu'elle allait épouser qui tenait ses doigts avec douceur, l'homme qu'elle savait aimer plus que tout, plus même que sa propre vie.
Il y avait tant de ferveur et de dévotion dans ses sentiments, que cela lui faisait peur parfois lorsqu'elle y songeait. Accepterait-elle tout de lui ? Lui supprimerait-il la liberté dont elle avait besoin ? La rendrait-il docile et conforme à ces Dames austères et froides ?
Par les Anciens Dieux, elle ne voulait pas finir comme ça.

Elle détourna le visage, troublée par la contemplation de ses traits, de cette bouche qu'elle rêvait d'embrasser. Combien de fois avait-elle imaginer leur premier baiser ? Trop de fois malheureusement. Savait-il qu'il s'agirait d'un premier baiser pour elle ? Avait-il embrassé d'autres femmes ? Certainement que oui. Une pointe de jalousie s'immisça dans ses pensées tandis qu'elle regardait ses pieds remuant lentement l'eau.
Il parlait de rôle à jouer et d'attentes mais ne lui disait pas clairement ce que lui souhaitait. Theon avait organisé ces fiançailles, cette alliance entre la maison cerf et la maison loup, mais à aucune moment il ne lui avait expliqué ce que les Baratheon attendraient d'elle. Honneur vraisemblablement et héritiers. Ashara trouvait insultant de réduire sa personne à si peu. Autant épouser un ventre sans cervelle à ce compte là !

Elle voulait bien plus de la part de Edric. Fidélité, amour, passion et rire, mais surtout un destin hors du commun. Elle souhaitaient qu'ils se défassent de ces unions surfaites et malheureuses. Ashara voulait du vrai, de la sincérité qui ne provienne que du coeur, de la vérité qui même si elle devait être douloureuse, avait au moins le mérite d'exister.
En cela, elle voulait croire Edric capable de les satisfaire.

A sa dernière question, elle tourna son visage vers lui et serra un peu plus ses doigts dans les siens.

- Pour rien au monde, s'entendit-elle répondre d'une voix presque éthérée.

Se rendant compte avec quelle facilité elle laissait échapper ses sentiments, elle se mordit délicatement la lèvre inférieure et décida de se reprendre en détournant le regard. Pourquoi agissait-elle comme une gamine amoureuse alors qu'il espérait gagner une femme ?
Elle se sentait tellement stupide, tellement immature en sa présence. Il l'impressionnait trop et par moment, elle avait du mal à réaliser la chance qu'elle avait de pouvoir épouser un tel homme.

- Je n'aurais rien préféré du tout, assura-t-elle après un léger raclement de gorge. Pour la simple et bonne raison que cette décision ne m'appartient pas.

Si d'autres prétendants de grandes familles s'étaient présentés, elle n'en avait rien su, ses frères conservant le secret pour sceller les meilleures alliances.
Parfois, elle se sentait comme du bétail qu'on vendait au plus offrant ou au mieux né. Cela la répugnait, mais là encore, elle ne pouvait que remercier son aîné d'avoir choisi Edric.

- Et vous ? Qu'auriez-vous choisi ?
se hasarda-t-elle.

Elle regretta aussitôt sa question car en réalité une part d'elle même ne voulait pas savoir. S'il avait espéré un mariage différent, alors elle se sentirait comme la cinquième roue du carrosse, le second choix ou peut-être le troisième. Il fallait pourtant qu'elle revienne dans la réalité, les mariages d'amour étaient trop rares pour être vrais. Pourtant, elle voulait croire que elle, Ashara Stark avait trouvé la perle rare qui la rendait plus riche que n'importe qu'elle famille de Westeros.

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Edric Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Lun 5 Mar 2018 - 18:49

Une pression de doigts et des mots échappés. La même mine contrite qui faillit le faire éclater de rire. Les mots d'Ashara dépassaient sa pensée, mais Edric en était heureux, car dans ceux qui suivirent il ne lut que la privation de liberté. Aucun sentiments personnels comme ceux qu'il croyait lire dans ses yeux bleus. Le Cerf sourit, apaisé. Leur promenade immobile semblait retrouver la légèreté de ses débuts, dont l'embardée d'Ashara les avait privés, à moins que ce ne fut sa rigidité, à lui ? Il ne tenait qu'à eux de profiter de ces instants qui leur étaient offerts ou plutôt, qu'ils avaient volés. Edric réalisa qu'il avait failli tout gâcher. Nôtre est la fureur. Il ne voulait pas être fidèle à la devise de sa maison, il ne voulait pas être cet homme qui n'avait que le devoir à la bouche. Il voulait du Printemps, n'étaient-ils pas au printemps de leurs jours partagés ?

- Je n'aurais rien choisi du tout, répondit-il, singeant ses paroles. Pour la simple et bonne raison que je ne comptais pas me marier.
Connaissait-elle la piété qui était la sienne ? Une piété particulière, humaniste, abstraite, mais une piété tout de même. Elle n'était pas inscrite sur son visage facétieux, mais imprégnait sa conception de l'existence. La Louve vénérait les Anciens Dieux. La foi serait-elle un obstacle entre eux ? En la voyant ainsi, il avait peine à le croire.
- Comme vous, je voulais garder ma liberté. Mais désormais je n'aspire plus qu'à une vie captive à vos côtés.
Une confession du cœur sous un vernis de plaisanterie. Le Cerf sourit, espérant qu'elle saurait lire dans ses yeux ce qu'il avait la décence de ne pas lui dire ; et entreprit d'enlever ses bottes. Comme elle, il les envoya valdinguer et plongea ses pieds dans l'eau tiédie par le soleil.

- Vous vous ferez vite au Sud, j'en suis sûr. Vos orteils en apprécient déjà la chaleur, dit-il, flirtant avec son pied.
Dans un autre monde, ils auraient pu se baigner tout entiers, nus, libres ; s'embrasser, s'aimer avant la cérémonie du mariage, avant les manteaux empesant leurs épaules, avant le lit de leurs ancêtres. Edric ne le souhaitait pas, pourtant une partie de lui le désirait, et il n'était pas habitué à ce genre de conflits entre son corps et son esprit. Son corps s'était toujours épanoui ailleurs que dans l'amour dont, à peine goûté il avait rejeté la bassesse, alors qu'il était à peine un homme formé ; son esprit vivait en harmonie. Ailleurs que dans des rêves sans visages, il n'avait jamais rêvé de posséder quelqu'un ; et ça n'est pas ce verbe qu'il utiliserait pour Ashara. Il voulait lui plaire, il voulait la charmer, la faire rire, lui faire plaisir. Lui qui inspirait naturellement la sympathie, ignorait comment la séduire. Devait-il simplement l'embrasser ? La chose lui paraissait trop brusque, trop osée. Après tout, il ignorait si elle l'aimait. Il ne pouvait interpréter si audacieusement ses timidités de jeune fille.

- La Septa ne doit pas vous voir ainsi, dit-il comme prétexte pour replacer, de la main qui n'était pas posée sur la sienne, une mèche folle derrière l'oreille de la Louve.
Mais aussitôt, il regretta ces mots. Cette fois, c'était lui qui avait parlé trop vite. Trop vite, tout allait trop vite, ou pas assez.

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Ashara Stark
NORD
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Mar 6 Mar 2018 - 21:30

Les mots qu'ils choisit furent les mêmes que les siens. Elle lui sourit, amusée de se sentir ainsi plagiée mais son sourire s'effaça lentement, lorsqu'il lui avoua ne pas avoir prévu de se marier. C'était étrange, venant de tout autre que lui, elle aurait crié au mensonge. Quel homme sain d'esprit de Westeros ne prévoyait pas de se marier ? Edric plus que tout autre était issu d'une bonne lignée et ses exploits avaient d'ores et déjà fait le tour du continent. Nombre de femmes se seraient damnées pour obtenir ses faveurs et surtout, un serment de mariage. Combien de familles espéraient une alliance avec la maison Cerf ? Edric cependant, plus que tout autre, était également connu pour une piété irraisonnée. Ashara était curieuse de connaitre son point de vue à ce sujet bien que ce dernier soit bancal à ses yeux, qui ne partageait pas la même foi. Les Anciens Dieux et les Sept n'avaient pas pour habitude de se côtoyer, alors se marier...
Devrait-elle abandonner sa foi ? Elle ne le souhaitait pas et savait qu'il comprendrait pour la simple et bonne raison que sur ce point, ils étaient semblables. Alors leurs âmes se retrouveraient-elles dans la divergence de leur croyances ? Leur amour pourrait-il se placer au delà de leur foi ? Car il s'agissait bien d'amour n'est-ce pas ? Elle le voyait dans la manière qu'il avait de la regarder, de lui sourire. La seule présence de la Louve agitait les sens du Cerf, à moins que ce ne soit son imagination qui encore une fois, la portait.

A nouveau, il cita un autre point commun : la liberté à laquelle ils aspiraient. S'il l'apercevait à travers le célibat, Ashara en revanche, la voyait partout. Dans une décision renoncée au dernier instant, dans un choix prit en connaissance des conséquences, dans une simple galopade synonyme d'une course contre le vent.
Lorsqu'il avoua qu'il désirait désormais rester captif à ses cotés, elle cessa instinctivement de respirer. Le regard troublé fixé dans le sien, sa bouche indécise, immobile et entrouverte, elle sentit la chaleur se diffuser dans ses joues, ses lèvres, sa poitrine qui incitèrent ses poumons à reprendre leur activité. Son coeur tambourina plus fort et elle crut un instant qu'il l'entendrait. Venait-il réellement de se déclarer ? Etait-ce encore son imagination qui avait le don de la laisser espérer ?

Profitant de ce qu'à son tour il se délestait de ses bottes, elle tenta de recouvrer ses esprits. Le bruit de ses pieds plongeant dans l'eau lui permit de retrouver sa place dans la réalité. Un nouveau sourire étira ses traits, plus léger.
Il reprit alors la parole pour l'encourager sur leur vie future dans le Sud. Sentait-il sa peur de quitter les siens, son domaine et sa neige éternelle ? Surement. Elle fut soulagée qu'il tente de la rassurer, montrant que dans son intérêt il intégrait le bien-être de la jeune louve, avant d'être à nouveau troublée par le contact de leurs pieds.
Elle les regarda un moment ces pieds, flottant à moitié dans l'eau tiède. Les siens plus petits et plus pâles, ceux de Edric plus longs et plus larges aux poils naissant au dessus de ses chevilles.
Des pieds d'homme en somme dont elle n'aurait jamais cru qu'un simple contact puisse lui faire autant d'effet. Elle se retint de gigoter maladroitement sur le sol et se tourna de nouveau vers lui en souriant, conquise.

Que la Septa la voit ainsi lui était bien égal, elle n'avait aucun compte à rendre à cette femme. Seul ce que lui pensait l'intéressait. Alors qu'il replaçait une mèche de ses cheveux derrière son oreille, elle ferma un court instant ses yeux, savourant ce nouveau contact aussi fugace que délicat.
Elle secoua lentement la tête, donnant un nouveau mouvement à ses mèches libres puis inclina la tête sur le côté.

- Et comment devrait-elle me voir ? demanda-t-elle avec une légère note d’espièglerie dans la voix. Avec un chignon bien construit et toutes ces épingles qui me percent le crâne sous prétexte qu'il est à la mode chez les Dames de Port-Real ? Avec une robe aussi légère qu'une brise qui malgré les longueurs interminables de tissu pourrait se retirer d'un pouce ?

Elle désigna sa tenue du revers de sa main libre afin qu'il puisse juger par lui-même.

- Toute cette préparation, je l'ai faite pour vous. Je le regrette cependant car toute cette mise en scène ne me ressemble pas. Ce n'est pas Ashara Stark qui se tient devant vos yeux, mais une pâle copie illuminée par le soleil du Sud dont l'éclat masque la réalité... Si j'avais pu vous rencontrer à Winterfell, je vous aurais mené à travers les Bois sacrés, là où se trouvent encore des lieux où nul homme n'a posé le pied, là où la liberté s'exprime à travers une nature sauvage et inaltérable. De moi vous n'auriez pu apercevoir qu'un visage, des cheveux et une silhouette. Pas même une cheville ! Le froid vous aurait coupé le souffle au même titre que la découverte du corps de votre épouse dont vous n'auriez pu jusqu'alors, qu'imaginer les pourtours sous les différentes couches épaisses de peaux et de tissu !

Elle s'était exprimée avec une telle passion que les battements de son coeur s'étaient calqués sur ses propos. Les yeux brillants, le rouge aux joues et les lèvres tremblantes, elle se rendit compte qu'elle s'était laissée emporter par toutes les émotions qu'il lui inspirait.
Un nouveau sourire étira ses lèvres, gêné autant que désolé.

- Pardonnez-moi, souffla-t-elle, mes paroles vont parfois plus vite que je ne le désire.

A ce moment là, elle ignorait qu'elle venait de dire tout haut ce qu'il venait tout juste de penser.

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Edric Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port-Réal pour le Couronnement
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Mer 7 Mar 2018 - 14:22

La Louve rougissante réagissait à ses gestes mieux qu'à ses mots. Pourtant ses gestes paraissaient au Cerf plus maladroits. Ses mots ne suffiraient-ils pas à l'apprivoiser ? Il l'avait cru longtemps, par ses lettres. Edric n'avait pas d'autre arme secrète.

Ashara secoua sa chevelure, repoussant sa caresse et ses tentatives de conciliation. Edric haussa un sourcil. Avec une coiffure et une robe d'ici, eh bien, pourquoi pas ? Etait-ce si inconcevable ? Se plaignait-elle déjà des efforts qu'elle faisait pour lui ? Croyait-elle que lui, n'avait fait aucun effort pour elle ? Qu'il lui était venu naturellement d'écrire avec assiduité à une femme dont il ne connaissait rien et à laquelle il n'avait aucune envie de lier son destin ? Aujourd'hui la Louve se comportait comme s'ils n'étaient pas déjà fiancés. Elle ne faisait que se plaindre du Sud dans lequel elle venait à peine de mettre les pieds. Ne pouvait-elle seulement envisager de s'y plaire, d'y trouver sa conformité singulière ; d'apprendre à connaître ces terres comme elle apprenait à le connaître, lui ? Ashara Stark ne pouvait épouser Edric Baratheon sans épouser le Sud. Tout comme elle lui faisait comprendre qu'Edric Baratheon ne pouvait épouser Ashara Stark sans le Nord dont elle regrettait, à peine quittés, la neige, les fourrures et les bois païens.

Il lui sembla, aussi, que la jeune femme lui reprochait ses familiarités. Il est vrai qu'il avait sur son corps, découvert davantage par sa folle chevauchée, des regards qui s'attardaient. Peut-être avait-elle même peur, rougie ainsi. Edric avait peine à le croire, mais elle se sentait sans doute offensée.

De son offense, de sa déception, à lui, le Cerf ne montra rien. La Louve s'était déjà repentie, et puis, il ne voulait plus de reproches silencieux.
- Aucun effort d'imagination ne saurait vous rendre plus charmante que vous ne l'êtes maintenant, sourit-il, comme s'il n'avait pas compris le sens de ses propos, ou comme s'il l'avait compris et lui signifiait qu'il la préférait, ici.
Edric flattait sa beauté, pourtant sa main avait glissé sur l'herbe, et il ne cherchait plus son pied. Il lui laissait l'air dont elle avait besoin. Lui-même contemplait, silencieux, la surface calme du lac. Il s'imaginait Winterfell, ses hautes murailles grises, la neige à perte de vue, les forêts sans doute plus sombres et moins giboyeuses que le le Bois du Roi. Les arbres rouges. Les cheveux rouges d'Ashara.

- Si votre famille y consent, je vous raccompagnerai volontiers jusqu'à Winterfell à l'issue des festivités, dit-il après un moment.
Il s'avançait, il en était conscient. C'était un long voyage.
- Mais c'est à Accalmie que nous vivrons, si nous nous marions, conclut-il en la regardant.
Le "quand" était devenu "si". Contrairement à ses dires, la Louve n'avait pas l'air prête à quitter la tanière.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Mer 7 Mar 2018 - 15:36

Face à ses propos vigoureux, face à ses excuses muettes, il sembla la flatter bien que ses doigts s'étaient détaché des siens. Dans l'eau aussi, leurs pieds avaient pris de la distance.
Il n'avait pas besoin de la complimenter sur son physique, elle savait ce qu'elle évoquait aux hommes. Bien qu'elle n'en eut connu aucun de manière intime, elle s'était rendu compte des changements qui s'étaient opérés durant ces dernières années, ses formes de femme sur lesquelles les hommes se retournaient parfois.
Ashara était belle femme et cela ne tenait pas seulement au fabuleux contraste entre ses yeux clairs et ses cheveux rouges.
A travers ses lettres, elle avait cru comprendre qu'il cherchait à nouer des sentiments sincères, mais peut-être avait-elle simplement mal interprété ses propos. Aujourd'hui, elle avait tenté de lui expliquer que toute cette mise en scène était liée au sud et à la présence de la Septa, il semblait ne pas comprendre ou au pire, persister à la vouloir attifée et coiffée comme toutes ces autres femmes que l'on croisait dans les rues de Port-Réal. Etait-ce vraiment ce qu'il souhaitait ? Une épouse sans saveur, semblable à toutes les autres ? Elle peinait à le croire pourtant, ne venait-il pas de prendre ses distances quant à leur rapprochement physique ?

Avait-elle si mal agit ? S'était-elle si mal exprimée ? Elle ressassa mentalement les propos qu'elle avait énoncés. Peu conventionnels, ils n'étaient pourtant pas si terribles alors quoi ?
Mal à l'aise, comme une enfant que l'on venait de gronder, elle rajusta sa robe et baissa ses yeux sur la surface du lac. Comme à son habitude, ses dents vinrent mordre sa lèvre inférieure, signe qu'elle angoissait vraiment. Le silence s'imposa naturellement entre eux et elle replaça la mèche de cheveux sauvage derrière son oreille comme il avait souhaité le faire juste avant.

Edric rompit cette atmosphère pesante en lui signalant qu'il pourrait la raccompagner jusqu'à Winterfell, si sa famille le consentait. Elle le regarda, surprise. Il y avait tant de route ! Et puis, elle craignait ne pas vouloir le laisser repartir de Winterfell.
Jorah accepterait-il qu'il les accompagne ? Rien n'était moins sûr mais elle plaiderait en sa faveur. Theon la soutiendrait surement, après tout, il était l'instigateur de cette union.
Un sourire encourageant s'afficha sur ses lèvres avant de s'effacer tout aussi vite qu'il était venu.
Si nous nous marions ? A quel moment ce mariage était-il passé de certitude à potentialité ?
La jugeait-il trop pénible ou pas suffisamment à la hauteur ?

Elle détourna les yeux et fixa à nouveau la surface plane du lac. Dans sa tête, trop de questions se bousculaient et la bouleversaient. Elle avait le désagréable sentiment qu'il souhaitait mettre un terme à tout cela, comme déçu de la découvrir en vrai.
Sa peine était palpable et la colère qu'elle fit naître en elle tout autant.
A nouveau, elle rajusta sa coiffure et redressa les épaules, comme pour garder une quelconque dignité qu'il venait de lui arracher en exprimant la possibilité d'une annulation de l'union.

Soudain s'en fut trop. Elle sentait sa gorge qui se nouait et les larmes qui ne tarderaient pas à lui piquer les yeux. Que dirait-elle à sa famille qui comptait sur elle pour ce mariage ? Qu'elle n'avait pas été à la hauteur ? Elle retira ses pieds de l'eau et se releva. Là, elle ajusta sa robe et la secoua pour se débarrasser des herbes toujours attachées aux tissu fin. Ce satané soleil lui tapait sur la tête et cette chaleur l'étouffait, elle sentait sa peau moite et une goutte qui roula le long de sa nuque derrière l'épais manteau de cheveux qu'elle possédait détaché.
Elle prit le temps de s'accroupir au bord de l'eau puis les mains en coupe, entreprit de rafraîchir son visage.

- Je me suis trompée, lança-t-elle sans le regarder. J'ai cru que vous m'accueilleriez telle que je suis, j'avais cru lire dans vos lettres un esprit différent pour qui la sincérité passait avant l'intérêt. Pardonnez cette perte de temps.

Elle s'inclina maladroitement en le regardant. La croyait-il stupide ? Elle savait pertinemment qu'ils vivraient à Accalmie, pour autant, n'avait-elle pas son mot à dire ? Non, bien évidemment, comme pour tous les hommes de Westeros, la femme devait simplement s'estimer heureuse de faire un beau mariage et accepter tout ce que son époux lui présentait.
Son pays de l'Orage était cher à son coeur, autant que celui du Nord au sien. Combien de fois le lui avait-il décrit ? En long en large et en travers, elle n'avait jamais été aussi assidue en géographie pas même pour son mestre. Ne pouvait-elle lui rendre la pareille et lui donner envie de visiter les territoires de glace ? Elle serra ses poings le long de son corps.

- Je rentre.

Toujours pieds-nus, elle se dirigea vers son cheval.

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Edric Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Mer 7 Mar 2018 - 19:03

Perdu dans la contemplation du lac, Edric ne remarqua le trouble d'Ashara que lorsqu'elle sortit ses pieds de l'eau. Avait-il vu des larmes liserer ses yeux avant qu'elle ne s'asperge ? La Louve était froissée, et ça n'était pas qu'un effet du tissu.

Ses mots frappèrent le Cerf. Edric ne comprenait pas. Ne venait-il pas de se dire prêt à voyager deux mois pour découvrir sa ville du Nord ? Qu'avait-il fait de mal ? Etait-ce son ton sans appel concernant Accalmie ? La Louve savait déjà qu'ils vivraient là-bas. Il lui avait décrit le château tant de fois. Il avait tout fait, tout écrit pour lui donner envie de vivre ici. Mais elle semblait vomir le Sud, à chaque fois qu'elle s'oubliait à s'exprimer avec sincérité. Etait-ce le Sud ou était-ce lui, que la Louve vomissait ? Comment pouvait-elle le taxer d'intolérance et de malhonnêteté ? Ne voyait-elle pas qu'il l'aimait, même inconsciente, même ébouriffée ? Ne voyait-elle pas qu'il était honnête contre son propre intérêt ? Il lui aurait été facile de dire que oui, les Baratheon allaient accepter la Louve telle qu'elle était, qu'elle n'aurait aucun effort à faire, qu'elle pourrait garder ses fourrures par 30°, planter un baral dans les vergers et galoper toute nue à ses lunes ! Qu'elle n'aurait pas à se soucier d'être conforme ! Il aurait pu lui dire tout ça pour lui plaire, ou même ne rien lui dire, et se contenter de compliments sur sa beauté. Il aurait même pu l'embrasser. C'était ce que les jeunes filles - sages ou sauvages - voulaient, pas vrai ? Il aurait pu, il avait vu tant de fois Robb et les autres. Les mots doux et les promesses, il les avait déjà.

Edric n'avait pas le temps de s'indigner. Il ne pouvait pas laisser Ashara lui échapper, pas comme ça. Comme un diable brutalement réveillé, il bondit sur ses pieds mouillés et s'interposa entre la Louve et son cheval. Il saisit ses épaules puis déserra ses doigts, se rendant compte de la fureur qui traversait ses bras.

- Je vous aime, Ashara, gronda-t-il presque. Telle que vous êtes. Mais nous ne sommes pas seuls au monde, et je ne peux vous demander de quitter ce que vous chérissez. Je veux que vous soyez heureuse. Je ne veux pas me contenter d'une "pâle copie" d'Ashara. Si vous devez me mépriser pour cela... vous êtes libre, finit-il en la lâchant tout à fait.

Libre, libre de rompre ces fiançailles ou de s'y soumettre. Libre de déjouer le sort ou de l'embrasser. Libre de l'embrasser, lui, ou de le gifler. Libre de s'assoir à nouveau sur l'herbe ou de filer dans le vent. Libre de planter un nouvel arbre ou d'incendier la forêt. Libre de brûler ses lettres ou d'écrire une nouvelle page.

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Ashara Stark
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■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Mer 7 Mar 2018 - 20:55

Furieuse, blessée, Ashara s'enfuyait. Elle se sentait fébrile, fragile comme le murmure soupiré dans un froid ciel d'hiver. A peine visible et déjà envolé. Toutes ces apparences pour quoi ? Pour ça : un rêve avorté, un premier amour évincé.
Sa colère était autant dirigé vers Edric que vers elle. Sotte, stupide et naïve, voilà ce qu'elle était. Une gamine qui n'y comprenait rien à la cours des grands, qui croyait encore pouvoir divaguer et vivre de fantaisie. Et lui...lui, il l'avait laissé s'abîmer dans des fantasmes de mariage d'amour et de jours heureux à Accalmie où ailleurs, pour finalement émettre des réserves. Elle lui en voulait avec le vague sentiment d'avoir été abusée.

Ressaisis-toi, s’ordonna-t-elle intérieurement en sentant la brûlure des larmes au coin de ses yeux.
Soudain, il fut là, juste devant elle. Elle s'arrêta alors qu'il posait ses mains sur ses épaules pour l'empêcher d'avancer plus. La force qui émanait de lui l'effraya l'espace d'un instant. Pourtant, il desserra ses doigts dans la foulée, comme regrettant déjà de devoir user de leur différence physique pour la contraindre à rester.
Elle persista à éviter son regard, ne souhaitant pas plus de conflit dans l'immédiat. Ce n'était pourtant pas le conflit qu'il était venu chercher mais bien une reddition.
Face à cet amour dévoilé, elle demeura interdite sous le choc de la déclaration. Debout face à lui, droite comme un piquet, elle se sentit entièrement fondre et son corps se détendit.
Sa bouche devint plus molle, son souffle à contrario était presque erratique. Que lui arrivait-il ? Etait-ce sa voix, les mots qu'il avait prononcé ou bien ces yeux toujours aussi sombres comme s'ils camouflaient son âme.
Pourtant à ce moment précis, elle voyait clair en lui.

Un éclat de joie se perdit dans une expiration incontrôlée. Son coeur battait si fort qu'elle s'attendait à ce qu'il traverse sa poitrine à un moment ou un autre. Le plus tard serait le mieux. Intérieurement, la panique se disputait à l'euphorie et son esprit semblait incapable de lui donner une réponse sensée.
Que dire ? Que faire ? Elle n'en avait pas la moindre idée.
Sa gorge nouée, sa bouche subitement sèche, elle se décida à faire la seule chose qu'ils n'auraient ni l'un ni l'autre à regretter après.
Ses bras s'avancèrent vers lui et entre ses doigts, elle saisit ses mains. Elle les regarda un moment d'ailleurs, s'imprégnant du grain de sa peau contre la sienne et de leur largeur de ses paumes avant d'en hisser une jusqu'à sa bouche pour l'embrasser avec tendresse.
Elle ferma les yeux lorsque ses lèvres entrèrent en contact avec sa peau mais les rouvrit rapidement afin de juger de sa réaction. Lui sommerait-il d'arrêter ? S'offusquerait-il de cette brutale familiarité ?

Comme pour se justifier, elle franchit la courte distance qui les séparait et se hissa sur la pointe de ses pieds contre lui. Sa joue frôla la sienne au passage et tout contre son oreille elle murmura :

- Ma liberté n'a de sens que si vous en faite partie. Je vous aime aussi, Edric depuis longtemps, bien avant ce jour, avec vos lettres dé...

Un raclement de gorge l'interrompit. Ses yeux s'écarquillèrent face à lui et elle tourna le visage vers l'origine du son. La Septa Kate se trouvait là debout, aussi droite que sa foi, les mains croisées devant elle. Son regard était sévère et Ashara se rendit subitement compte à quel point la scène pouvait prêter à confusion. Il ne s'était rien passé de regrettable, mais le dire n'aurait en rien plaidé leur cause.
Rapidement, Ashara relâcha les mains de son fiancé et se plaça à côté avec sobriété. Elle n'arrivait pas même à sourire, ni même à parler, tellement honteuse de montrer une image si peu digne de sa personne. Empourprée, elle espéra qu'Edric de son côté saurait comment réagir. Après tout, cette femme appartenait à sa religion, il devait certainement savoir quels mots utiliser pour pouvoir l'apaiser.

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Edric Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port-Réal pour le Couronnement
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Dim 11 Mar 2018 - 23:19

Le silence de la Louve torturait le Cerf. Ashara ne disait rien, elle ne le regardait même pas. Quand elle enleva ses mains de ses épaules, Edric crut que tout était fini. Mais alors, elle embrassa sa paume, baise-main peu conventionnel qui éveilla ses sens, de même que son corps appuyé sur le sien, et à son oreille, ces mots qu'il attendait. Soulagé, transporté, le Cerf s'apprêtait à renfermer son bras sur la taille d'Ashara lorsqu'il entendit la Septa.

Edric vit par ses yeux. Deux jeunes gens, à une distance intime l'un de l'autre ; nus-pieds, décoiffés, voire défroqués ; les yeux un peu trop brillants et les joues un peu trop rouges ; l'air un peu trop coupable dans le cas d'Ashara, qui s'était écartée et semblait attendre sa punition comme la petite fille docile qu'elle n'était pas. Adoptant la stratégie opposée, le Cerf s'exclama avec son aisance naturelle :
- Septa... puis il s'aperçut qu'il ne connaissait pas son nom, qu'il ne lui avait pas demandé.
- ... Kate, finit-il en lisant sur les lèvres d'Ashara. Vous arrivez fort à propos. La jument de Dame Stark s'est emballée. Elle est un peu secouée - comme vous voyez. Elle a pris chaud, nous nous sommes baignés en vous attendant. Les pieds, précisa-t-il en voyant se tordre les lèvres de la sainte femme.

- Je pense qu'il est temps que nous rentrions au Donjon, conclut-il, devançant la décision qui s'imposait.
Edric avait tout, sauf envie de rentrer à Port-Réal. Mais il avait encore moins envie d'un rapport sulfureux de la part de la Septa. Après lui avoir abandonnée Ashara, qui se vit gratifiée du chignon redouté, le Cerf passa le reste du trajet à essayer de la séduire - à la manière dont on séduisait les Septa. Il savait mieux s'y prendre qu'avec Ashara, et aurait sincèrement apprécié le débat théologique qu'il mena, si cela n'avait été au sacrifice de la Louve pour laquelle il n'eut plus qu'un clin d’œil complice. Elle comprendrait sans doute qu'il faisait cela pour eux, pour qu'ils puissent continuer à se fréquenter avant d'être unis sur le papier.

Au terme de la promenade, il sembla au Cerf que s'il n'avait pleinement convaincu la Septa, il s'était rendu suffisamment sympathique pour éviter les dégâts. Il ne se promit pas d'être plus prudent à l'avenir ; il n'avait plus envie de prudence avec Ashara. La Louve répondait à l'audace. Il lui semblait mieux la connaître après ce premier tête-à-tête qu'après toutes leurs lettres. Mais ces dernières lui furent bien utiles pour rendre ses adieux moins formels. Dans les formules d'usage, il glissa quelques mots qui sauraient résonner dans le cœur, du moins dans la mémoire d'Ashara.

Edric s'autorisa le baise-main auquel il avait droit, si pâle comparé à celui que la Louve lui avait donné - souvenir troublant et néanmoins délicieux. Pensif, il se frotta la paume en regardant s'éloigner Ashara aux côtés de la Septa. Il était difficile d'imaginer que ces hanches qui ne balançaient pas porteraient un jour ses enfants. Pourtant, le Cerf était résolu à oser ce qu'il faudrait oser pour que cette promesse devienne réalité.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Lun 12 Mar 2018 - 9:13

Edric fit bonne figure. Avec l'aisance dont elle le savait capable, il prit la Septa à contre-pied. Elle le regarda, légèrement médusée et à la fois impressionnée par son comportement détaché. De son côté, elle imaginait déjà ce que la vieille femme serait capable de dire à sa famille dès leur retour achevé ainsi que la réaction de ses deux aînés.
Lorsque le Cerf prit la parole, elle se rendit immédiatement compte qu'il hésitait sur le nom de la Septa. Discrètement, elle lui souffla le nom de la femme espérant qu'il puisse le lire sur ses lèvres sans se tromper. Un discret sourire étirèrent celles-ci lorsqu'il y parvint sans mal, comme si leurs esprits étaient liés par une quelconque magie : vraisemblablement celle de l'audace.
Le mensonge était gros, mais provenant d'Edric Baratheon peut-être passerait-il ?
Les lèvres pincées, la Septa semblait ne pas se laisser abuser pour autant. Sa mine était sévère, son regard dur et intransigeant. Elle n'ajouta rien, laissant croire aux amants qu'elle les croyait peut-être, ou réfléchissant à la manière dont elle les jetterait en pâture à leurs familles respectives.

Ashara préféra ne pas y penser et se laissa recoiffer, docile comme le chien qu'elle n'était pas lorsque Edric annonça qu'il était temps de rentrer.
Le chignon dont elle se retrouva affublée était aussi strict que celle qui le lui avait fait et la jeune femme se demanda à plusieurs reprises si elle avait fait exprès de tirer certaines mèches plus que nécessaire ou de planter ces épingles un peu trop en profondeur, sciant des morceaux de son crâne.
Elle serrait les dents, peu encline à lui montrer la douleur et surtout la manière dont celle-ci l'affectait.
Menton légèrement redressé, elle demeurait digne même si la Septa devait la juger volage par son comportement ou sauvage par ses pieds-nus.

A nouveau à cheval, le chemin du retour lui sembla sans fin. Edric poursuivit son labeur de se rendre agréable auprès de la femme. Ils échangèrent tout le chemin du retour au sujet de leur religion commune. Ashara n'écoutait pas. Après le clin d'oeil du brun qu'elle avait parfaitement saisi, elle s'était détournée pour étouffer un sourire et un gloussement. Il se jouait de la femme sans honte pour protéger leur échappée. Elle lui en était reconnaissante et appréciait d'autant plus ce caractère facétieux et rusé. Rapidement, son regard se perdit dans la contemplation du paysage, bercé par la voix de l'homme qu'elle aimait. Même si elle n'écoutait pas les mots, la sonorité et l'harmonie de ses paroles l'atteignaient. Le décor qui l'entourait n'en fut plus que plaisant bien que ses pensées la ramenait à leur déclaration aussi surprenante qu'enchanteresse.
Elle rêvassait sur cette union d'amour tant espérée. Comme Etaine, elle aussi aurait droit à ce mariage parfait.

Port-Réal se rapprocha et avec la ville, le moment de se séparer. Edric usa de formules d'usages tout à fait galantes et à travers les mots, Ashara en reconnut d'autres dissimulés seulement pour elle. Elle les lui rendit, osant pourtant un regard de biais vers la Septa pour s'assurer que celle-ci ne lisait pas entre les lignes de leurs coeurs, puis se laissa guider jusqu'aux appartements dans lesquels séjournaient sa famille pour le tournoi.
Elle se retourna une fois pour regarder encore l'homme qu'elle aimait, impatiente de le retrouver à nouveau. Après le rapport de la Septa, cela serait peut-être compliqué.

La porte s'ouvrit sur ses deux frères, Theon était attablé et buvait une coupe de vin en picorant quelques fruits bien d'ici. Jorah un peu plus loin assis dans un fauteuil confortable lisait quelques missives.
Il ne releva pas même la tête à son entrée au contraire de Theon qui la gratifia d'un sourire qui semblait simplement demander "alooooors??".
Ashara leva les yeux au ciel, mais ne pouvait gommer l'expression béate de son visage encore empourpré par les souvenirs.
La Septa s'avança et déclara :

- Vous devriez changer la monture de votre soeur. Celle-ci est trop fougueuse, Dame Ashara a risqué l'accident ce jour. La jument s'est emballée, heureusement que Ser Edric est bon cavalier, il l'a rattrapé et a calmé la bête.

Theon remercia la bigote pour leur avoir rapporté ces faits et promis de faire le nécessaire. Il libéra la vieille femme de son devoir et dès qu'elle fut partie, il planta son regard amusé dans celui de sa petite soeur.

- Trop fougueuse hein...la jument.
- Oui ! s'enthousiasma la jeune femme avec un sourire éhonté, impossible de l'arrêter avant le lac...

Theon pouffa, sachant pertinemment qu'elle mentait et que cette petite mise en scène n'avait eu pour but que de se débarrasser de la vieille religieuse.

- Je vois, je vois, reprit-il sans se départir de son sourire. Peut-être devrions-nous en effet songer à changer ta monture ?
La peur se lut sur les traits de la jeune femme ce qui arracha un nouveau rire à son aîné.
- Va-donc te débarbouiller, lui conseilla-t-il tandis qu'elle levait sa robe pour avancer. Est-ce de la vase sur tes mollets ?

Les joues roses, Ashara pressa le pas sans répondre. Comprendre qu'elle avait volé des instants précieux en compagnie de son fiancée était une chose, comprendre ce qu'elle en avait fait, une autre.
Elle quitta la pièce sans rien ajouter, Jorah n'avait pas levé le nez de ses papiers.

Les jours qui suivirent semblèrent bien tristes à la jeune femme, malgré le soleil radieux qui les éclairait. Après cette escapade douteuse, on lui avait demandé de rencontrer son promis dans des endroits plus sécurisés, comme par exemple les jardins du palais.
Aussi, c'était là qu'ils se voyaient, dès que possible mais sans Septa bien qu'Ashara se sentit surveillée de loin. Elle brûlait d'un autre tête à tête à l'abri des regards, les mots d'amour résonnant encore et encore en elle. Vibrante, elle devait pourtant se résoudre à la modération, la peur au ventre à l'idée que cette frustration n'explose dans la démesure à laquelle son impulsivité l'avait habituée.
Au moins pouvaient-ils échanger sans se soucier d'être écouté, mais le contact physique demeurait prohibé et les mots se transformaient en caresses dans l'esprit de la jolie rousse.
L'atmosphère de fête qui régnait dans la Cité se modula avec le vol d'un oeuf de dragon promis au grand gagnant du tournoi. Même si Dorne semblaient être les principaux accusés, la suspicion s'étendit à toute la population invitée. Le Roi ne comptait pas en rester là et l’unanimité dont il ne jouissait déjà pas se confirma. Chaque famille tirait ses conclusions, chaque hésitation devint des certitudes. Le vent tournait mais personne n'était capable en l'état de donner la direction qu'il prendrait.

Lorsque Ashara aperçut Edric dans les jardins, elle s'avança vers lui d'un pas plus rapide que lors de leurs précédentes entrevues. L'inquiétude marquait ses traits, elle avait hâte qu'il puisse la rassurer.

- L'atmosphère a changé, murmura-t-elle à son écoute. Quelles nouvelles de votre coté ?

S'assurant que personne ne les suivait en jetant un coup d'oeil à droite puis à gauche, elle planta son regard clair dans celui de son amant. Quelque chose au fond d'elle remuait, comme un mauvais pressentiment. Elle ne voulait pas l'écouter mais le ressenti se précisait tant qu'elle ne pouvait plus l'ignorer et qu'elle se devait de la partager avec celui en qui elle croyait.

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Edric Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port-Réal pour le Couronnement
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Lun 19 Mar 2018 - 18:21

Edric et Ashara avaient continué de se rencontrer, de manière plus policée, dans les jardins du Donjon-Rouge. Edric parlait, parlait, et Ashara l'écoutait avec ses grands yeux bleus et ce sourire que le Cerf ne savait déchiffrer ; et alors il lui semblait qu'il aurait pu dire n'importe quoi, que la Louve n'écoutait pas. Deux ou trois fois, Edric avait tenu des propos incohérents, juste pour vérifier, et ils avaient bien ri. A part ces quelques éclats, leurs rencontres restaient aussi sages que leurs lettres l'avaient été. Ils se parlaient de sujets sans grande importance et ne se touchaient pas, à quelques exceptions près. Un baise-main, quand ils se retrouvaient ; leurs genoux qui parfois se frôlaient quand assis, ils conversaient ; un jour de grand vent, les cheveux de la Louve balayant son visage ; et un baise-main plus impatient, quand au bout d'une heure à peine, ils se séparaient.

Toutes frustrantes qu'elles soient, ces rencontres plaisaient à Edric, et il était heureux. Il suivait les épreuves du Tournoi, et quand il s'en lassait, partait à la découverte de Port-Réal, avec ou sans Robb. Le soir, il chuchotait avec Oriane à propos de leurs galanteries respectives. Oriane avait dix-neuf ans ; son nom et sa beauté ne laissaient pas indifférents les jeunes chevaliers. Interprétant les conseils de sa sœur, Edric commença à glisser de petits billets à Ashara, lorsqu'il lui prenait la main pour la baiser. La jeune fille ne trouvait certainement pas son compte dans les poésies du Cerf, pliées en huit, savamment versifiées, qui sublimaient si bien ses sentiments que ceux-ci s'en trouvaient illisibles, entre célébration de la nature, références théologiques et métaphores astronomiques, mais où parfois un mot naïf osait se glisser.

L'insouciance des jeunes cœurs est chose solide. Mais l'amour n'aveuglait pas tout à fait Edric et Ashara. Après le vol de l'Oeuf, la paranoïa du Cruel se déploya. Les allégeances étaient questionnées et se questionnaient, celles en particulier que n'avait pas convaincues le Jugement des Sept, mais bien plutôt les cris des Fils du Guerrier lorsque leurs chairs pieuses s'étaient calcinées. A voix basse ou à couvert, entre alliés ou en famille, entre les murs des appartements privés - et encore, si peu, car le Donjon-Rouge, disait-on, avait des oreilles. Dans les jardins où le Cerf et la Louve se retrouvaient, ce jour, pressés et inquiets.

Osant prendre le bras d'Ashara, Edric l'entraîna plus loin, à la lisière du vide et de la mer où ils s'assirent sur le muret de pierre. Les jardins devant, l'océan derrière ; nul moineau ne pouvait entendre les paroles qu'ils prononcèrent.
- Tout n'était que faux-semblants, répondit le Cerf à retardement.
L’atmosphère n'avait pas changé fondamentalement, elle était devenue plus palpable. Le brouillard qui dissimulait la silhouette des arbres s'était dissipé. Des silhouettes multiples qui ne penchaient pas nécessairement dans le sens du vent. Edric hésita un instant. Pouvait-il partager ses doutes avec Ashara Stark ?
- Le Cruel ne peut rassembler les Royaumes. Du moins pas tous, murmura-t-il, et ces propos étaient dangereusement plus clairs que ses poèmes.
- Ne vous fiez pas au soleil du Sud, Ashara. L'orage peut éclater demain.

De cela, Edric n'avait que l'intuition. La loyauté des Baratheon pour leurs cousins Targaryen n'avaient jamais été mise en question. Mais l'ordre de succession n'avait pas été respecté. Jaehaerys était peut-être trop jeune, mais Maegor ne se montrait pas plus sage ; quelques mois de règne, et déjà du sang sur les mains. Edric ne voyait pas comment les Cerfs pourraient servir un tel souverain. De Theodan, il n'y avait eu aucun mot aussi explicite que les siens. Ni de Kyra, lorsqu'elle lui avait demandé d'y aller doux avec la Louve Rouge. Edric n'en avait pas su le pourquoi. Parce que la Lionne n'avait jamais été enthousiasmée par ces fiançailles décidées par Theodan ? Parce qu'elle avait entendu les rumeurs de la Septa ? Ou parce que d'autres alliances, plus proches, étaient envisagées ?

Les yeux du Cerf ne riaient plus. Il était difficile de regarder Ashara, sachant qu'elle pouvait lui être enlevée aussi vite que le vent.

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Ashara Stark
NORD
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Mer 21 Mar 2018 - 14:37

La main d'Edric se referma sur son bras, déjà il l'emportait plus loin. Le regard fugace de la louve se porta tout autour d'eux. Le comportement de Edric ne lui ressemblait pas. Ses traits semblaient plus tendus, sa mine plus sombre. Elle se fia à la chaleur de son contact, à travers le fin tissu de sa robe, ses doigts enveloppant sa chair la tenait fermement, mais sans agressivité pour autant.
Ils s'installèrent sur le muret à la frontière des jardins. D'ici, la mer en contrebas se paraît de couleur turquoise et d'or, reflets variés du soleil et de ce ciel aussi bleu que limpide. On aurait pu voir les étoiles au travers si l'on y avait regardé de plus près.
Face à l'expression du cerf cependant, Ashara fit l'effort de ne pas se perdre dans la contemplation du joyaux liquide. L'heure semblait grave et à l'abri des oreilles comme des regards, sa naïveté semblait sur le point d'être mise à rude épreuve.

Son inquiétude trouva écho dans les propos de Edric. Il parlait de faux-semblants et maintenant que le mot venait de tomber, elle se rendait compte à quel point il avait raison. Le tournoi, la fête, tout n'avait pour but que de camoufler de plus sombres desseins. Un soupir inquiet s'échappa de sa bouche face à l'hésitation du Cerf.
Lorsqu'il parla pourtant, elle comprit de manière explicite les propos qu'il lui tenait. Des propos qu'il eut mieux fait de taire, des propos qui pourraient lui coûter cher si des oreilles mal intentionnées venaient à les entendre.

A nouveau, elle regarda autour d'elle discrètement pour s'assurer qu'ils étaient bien seuls.

- Shhht, souffla-t-elle en posant un doigt sur la bouche de l'archer l'incitant à ne pas en dire plus.

Le risque était grand, autant que la peur qu'elle sentait grandir dans l'ombre de son coeur qui déjà murmurait les issues potentielles et malheureuses de la situation.
Aux souvenirs des hommes exécutés et brûlés vifs, un frisson d'effroi la parcourut. Le Cruel portait bien son nom et pour être tout à fait honnête, elle n'y entendait rien à ces histoires d'allégeance, se contentant d'être ce qu'on attendait d'elle : une Stark docile et fidèle à sa maison. Sa maison semblait prêter son allégeance au Roi en place, pas forcément par conviction mais simplement parce que c'était ce qu'il se devait d'être.
Les cerfs semblaient ne pas posséder la même vision et elle comprit alors ce que cela pourrait signifier.
Si les Baratheon s'opposaient à Maegor et que les Stark le soutenait, alors les deux familles deviendraient ennemies. Le mariage ne serait jamais prononcé.
Cette réalité la frappa aussi vivement que si elle avait pris un vrai coup à la poitrine et elle baissa les tête un moment, les yeux écarquillés, le souffle plus court et plus faible.
Tous ces mois durant lesquels elle s'était fait une raison pour ce mariage d’intérêt organisé par Theon, ces lettres qui petit à petit avaient ouvert son coeur à l'amour, puis cette rencontre qui avait achevé de la conquérir. Tout aurait alors été vain.

Les battements de son coeur s’accélérèrent tandis que dans son esprit, son imagination lui laissait apparaître un avenir sombre, triste, dénué de celui qui aujourd'hui y prenait tout l'espace. Une vie sans Edric. Elle ne pouvait s'y résoudre, pas après être tombée pour lui, pas après s'être fait violence pour renier ses propres Dieux. Non. Impossible.
Il était bien trop dur de s'y résigner surtout pas après le toucher de ses lèvres sur ses mains, la douceur de ses mots et les instants volés au monde à travers ces jardins. Aussi étrangers fussent-ils, ils étaient devenus leur lieu de rencontre, le plus bel endroit du monde, juste parce que Edric était là.
Le vent changeait. Le souffle de l'été les emporterait certainement tous, aussi vite et sûrement de la même manière que les flammes avaient léché les corps de ces miséreux : avec violence et horreur.
Le souvenir des cris lui revint en mémoire et elle ferma les yeux un court instant, empêchant le souvenir trop vif de franchir ses paupières.
Lorsqu'elle releva son visage vers Edric, l'inquiétude se lisait dans ses yeux délavés. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais sa voix mourut avant même de franchir ses lèvres rosées.
Son regard se fit plus implorant, comme si intérieurement elle cherchait à se donner la force de prononcer les terribles pensées qui telles un poids sur ses lèvres, restaient bloquées.

- Vous a-t-on demandé de rompre notre promesse d'union ? Finit-elle par murmurer dans un souffle inquiet.

Elle aurait compris qu'il le fasse et le supplierait de ne rien en faire. Pour lui, elle s'abaisserait à supplier. Elle ravalerait son honneur ou le jetterait aux orties. Après tout, tous deux n'étaient que les pions de leurs familles respectives, des sujets d'alliances et de jeux cruels, qui ignoraient bien trop facilement que sous ces façades souriantes et avenantes, il existait deux coeurs qui s'aimaient sincèrement.

- N'y renoncez pas, je vous en conjure.
Sa voix brisée et ses lèvres tremblotantes formaient un triste ensemble, rehaussé par le bleu trop clair de ses yeux brillants. Allait-elle pleurer ? Non, elle se voulait plus forte mais les émotions la gagnaient menaçant de bientôt la submerger.
Sa main se leva vers sa poitrine et elle serra le tissu de sa robe comme s'il s'agissait de son propre coeur meurtrie et souffrant. Ses lèvres qui toujours hésitaient à parler franchirent l'espace qui les séparait pour venir se poser sur les siennes en un chaste baiser.
La douceur de l'impact se mêla à la peur d'être prise sur le fait par un quelconque voyeur, faisant déferler sur son corps une vague de chaleur puis son ressac glacé.

- Nous trouverons une solution, j'en suis sûre, acheva-t-elle tandis qu'un sourire timide et maladroit se dessinait sur sa bouche.
C'était son premier baiser et malgré les étranges circonstances, elle ne savait pas si sa joie se trouvait dans l'espoir des propos tenus ou dans la saveur de ce contact trop vite rompu.

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Edric Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Ven 30 Mar 2018 - 12:13

Ashara le fit taire du bout du doigt, et ce toucher intime vola les mots du Cerf. Avait-il été trop audacieux ? Trop alarmiste ? Il voyait l'impact de ses mots sur le visage d'Ashara, dans le rythme de son souffle, le timbre de sa voix ; ses yeux éplorés. Il se reprochait et se flattait tout à la fois de la tristesse de ces yeux là.

- Vous a-t-on demandé de rompre notre promesse d'union ?

La Louve tirait trop vite les pires conclusions. On n'en était pas là, peut-être n'y serait-on jamais. Peut-être qu'il l'inquiétait pour rien. Le Cerf secoua la tête, désireux de la rassurer, mais Ashara continuait, le prenant à parti, comme si sa volonté pouvait être différente de celle de sa famille. Pour ce qu'il en savait, la volonté des Baratheon n'avait pas changé, malgré les mots obscurs de Kyra et malgré que la date du mariage n'ait pas été décidée, à la faveur de la réunion des deux familles. Edric voulut le lui dire, effacer l'angoisse de la Louve qu'il avait provoquée et qu'il voyait dans ses gestes torturés, sa main crispée sur son sein. Mais alors Ashara l'embrassa, et le Cerf en fut si surpris - choqué - qu'il oublia tout.

Ça n'était qu'un baiser de jeune fille, pourtant Edric en portait désormais la brûlure ; et il n'avait plus qu'une obsession, l'embrasser lui aussi. Le poids du monde le courbait vers elle, et il n'était sans doute pas naturel d'y résister, mais il fallait raison garder ; et à défaut des lèvres d'Ashara il prit sa main dans les deux siennes, et le fruit de ses réflexions lui sembla mûr, trop mûr.

- Marions-nous maintenant, souffla-t-il fiévreusement, livrant la conclusion de la longue suite d'arguments que le baiser d'Ashara avait mangé.
Et parce qu'il ne voulait pas que cette union soit une union des sens, même si Ashara ne lui rendait pas la tâche facile, Edric tâcha de s'en rappeler quelques uns.
- Si tout se passe comme prévu, cela n'avancera notre union que de quelques mois ; les nôtres n'en sauront rien, jamais. Mais si l'orage venait à éclater... les voeux prononcés devant les Sept ne pourront être défaits ; nous nous appartiendrons déjà.
Le Cerf s'enflamma.
- Ashara Stark, je veux que vous soyez ma femme, aujourd'hui, pour assurer demain. Qu'en dites-vous ?

Réalisant qu'il s'emportait, Edric changea d'avis, desserra sa main.
- Non, ne dites rien. Réfléchissez-y. Réfléchissez bien. Et sachez que quelque soit votre choix, cela ne changera rien à la haute estime en laquelle je vous tiens.
Il n'osait presque plus la regarder. Il avait conscience que c'était une proposition honteuse, qu'il lui faisait. Trahir sa famille, trahir sa vertu, pour un homme qui, malgré ses lettres et ces modestes rencontres, restait un presque inconnu. Ashara lui avait dit je t'aime, elle l'avait embrassé, mais cela restait sans doute trop demander à la première Dame de Winterfell.

Allait-elle être outragée ? Allait-il meurtrir son mariage en essayant de le sauver ? Comment lui prouver son honnêteté, autrement qu'en la regardant avec sincérité ? Ses yeux bleus, et la mer, et ce ciel encore si dépourvu de nuages, que cette décision paraissait être une simple précaution.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Lun 2 Avr 2018 - 19:49

Le Cerf sembla ployer face à elle. Allait-il l'embrasser à son tour ? Elle espéra que oui et sans même s'en rendre compte, elle aussi penchait doucement en avant, les yeux presque clos dans l'attente de ce nouveau baiser. Ses lèvres patientaient, avides d'expérimenter de nouveau ce contact tiède et Ashara que la sensation serait différente si cette fois-ci Edric réduisait la distance entre eux à néant.
Pourtant, elle sentit qu'il venait de lui saisir la main et cligna deux fois des yeux, revenant dans cette réalité trop brutale et trop cruelle.
La chaleur de ses deux mains autour de la sienne compensait tristement le baiser manqué, mais les propos qu'il lui tint transformèrent ses joues en fournaise comme si la fièvre qui venait de gagner le Cerf s'étendait à son propre être.
Marrions-nous maintenant, soufflait-il et ce souffle, elle pouvait le sentir jusque sur sa bouche. Il était chargé d'espoir et d'amour, de passion et de promesses de lendemains chantants.

Surprise autant que conquise, elle ne pouvait détacher son regard du sien, si sombre et pourtant tellement brillant comme si la décision qu'il venait de prendre illuminait son regard.
Ashara sourit, gagnée par cette lumière si pure et cet engouement incontrôlable. Suspendue à ses lèvres, elle écoutait attentivement ses propos, mais déjà son esprit divaguait en des fantasmes plus colorés les uns que les autres. Elle s'imaginait aisément dans ses bras, se gorgeant de sa chaleur, humant son parfum, caressant ses cheveux et l'embrassant sans cesse. Oui, elle voulait découvrir avec lui tout ce qui ferait d'elle une femme et lorsqu'il émit l'idée de s'appartenir, dans son coeur c'était déjà le cas.
Sa petite main serra la sienne, pleine de ferveur et pleine d'impatience.

Alors il lui fit sa demande, subitement et le coeur de la louve sembla quitter sa poitrine l'espace d'un instant. Elle crut manquer d'air tant la joie la submergea, remplaçant l'angoisse qui l'avait étreinte ces derniers jours, la jetant aux oubliettes et ouvrant la porte de l'espoir radieux d'un futur chargé de bonheur.
Ce sentiment se lisait aisément sur son visage émotif, ses joues roses, sa bouche dessinant un sourire lumineux, elle eut peur de ne pas trouver les mots pour répondre ou plutôt de ne pas réussir à les prononcer.
Mais déjà, le Cerf se rétractait, appelait à la réflexion qui n'avait pas lieu d'être. Le contact sur ses mains se fit plus léger, et Edric prit quelques distances.
Ashara fronça les sourcils face à cette attitude qu'elle ne comprit pas immédiatement.
L'idée était excellente et logique dans leur situation. S'ils voulaient faire plier leurs familles, alors ce mariage les y aiderait. Et si rien n'avait changé, alors ils n'auraient que célébré un peu plus tôt leurs épousailles, pas de quoi fouetter un chat.

Il tenta de la rassurer, de lui faire comprendre que le choix lui appartenait et que peu importait sa décision, il l'estimerait toujours.
L'expression de la louve changea, elle inclina la tête sur le côté et le regarda avec une affection non feinte, avec une tendresse infinie.

En un battement de cils, elle savait déjà quoi répondre. Si Etaine avait toujours rêvé d'un mariage fastueux, d'un mariage de Princesse où les grands de ce monde auraient pu se retrouver autour d'un festin à la hauteur de leurs rangs, Ashara, elle, ne rêvait que d'amour et de passion.
Peu lui importait les présents comme les absents, tant que l'homme de sa vie se tenait bien droit à côté d'elle, fier et aimant, elle le prendrait entièrement.
Cet homme là, ne la décevrait jamais, cet homme là...posséderait son amour jusqu'à la fin de sa vie.
Cet homme là, se tenait face à elle. Tout son corps le lui soufflait en un murmure incessant, Edric était cet homme là.
Elle lui sourit avec chaleur, porta sa main libre sur sa joue, qu'elle caressa de son pouce, sa paume embrassant la ligne de sa mâchoire. Sa courte barbe chatouilla sa peau et tira un peu plus la commissure de ses lèvres tandis que leurs regards se croisaient à nouveau.

- Si je ne dois rien dire, alors que les Dieux me damnent pour ne pas laisser mon coeur s'exprimer librement, commença-t-elle doucement. Edric Baratheon, je veux que vous soyez mon époux aujourd'hui, pour assurer demain.

L'émotion trahissait sa voix, la rendant si peu assurée et tellement fébrile alors qu'il y avait tant de conviction dans ses mots. Elle inspira profondément, comme pour calmer les palpitations de son coeur et le tremblement de sa voix.

- Ma confiance en votre personne est absolue, dites moi ce que je dois faire.

Sa sincérité ne comportait aucune faille, il pourrait tout lui demander, elle ne remettrait rien en question. Ashara ignorait tout des mariages dans le Sud, elle ne se marierait pas devant ses Anciens Dieux, mais les nouveaux accepteraient quand même leur amour n'est-ce pas ?
Et quand tout serait arrangé, elle pourrait à nouveau échanger ses vœux devant les barrals, entendre le murmure des Dieux bénissant son union, sentir leur force et leur présence jusque dans ses chairs car il était écrit quelque part, que le Cerf et le Loup partagerait leur sang.


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I will always, honestly, truly, completely love you..."
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Edric Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Ven 6 Avr 2018 - 18:08

Le coeur du Cerf s'envola à la caresse et surtout, aux mots d'Ashara. Ses mots faisaient écho aux siens, et c'est ce qu'Edric voulait, une parfaite réciprocité. Ensemble, ils prenaient la décision ; ensemble, ils prenaient le risque aussi. Mais ensuite, la Louve sembla s'en remettre complètement à lui. Mais non ! Edric ne voulait pas dire "ce qu'elle devait faire" à Ashara. Il ne voulait pas cette union comme une marque de confiance, mais comme une décision de raison. Ashara pouvait-elle comprendre cela ? Elle semblait si heureuse, cela ravissait le Cerf et l'inquiétait à la fois. Avec la mesure qu'il voulait lui voir adopter, il cueillit la main de la Louve sur sa joue et l'abaissa : on ne pouvait pas les entendre, mais on pouvait les voir. Toutefois, le Cerf laissa ses doigts entremêlés aux siens.

- Vous devez réfléchir, Ashara, répondit-il. Votre réponse m'honore, croyez-moi. Mais je ne peux l'accepter déjà. Nous ne pouvons laisser nos coeurs s'exprimer si vite. C'est de la décision de toute une vie dont il s'agit là. Le coeur est inconstant, Ashara...
Le sien ne l'était pas, et Edric était persuadé qu'il l'aimerait toute sa vie. Mais la jeune Louve ? Elle était si emportée, pouvait-elle changer d'avis dans six mois, lorsque le temps de leurs épousailles viendrait ? Et si l'orage éclatait ? Aurait-elle le courage de tenir tête à ses frères ? De brandir cette union qui aux yeux des hommes, la déshonorait ? Comprenait-elle qu'à ce mariage, il ne manquerait que l'assemblée ? Edric pressa ses doigts.
- Il n'y aura pas de retour en arrière possible, souffla-t-il, et il ne savait pas comment lui dire autrement que cette union serait sacrée et consommée, dans les cieux et les chairs gravée.

Edric ne voulait pas la décourager. Il voulait juste que la Louve n'ait pas de regrets. Il embrassa la main qu'il tenait serrée, et il comprit que c'était là son dernier baise-main et que déjà, ils se séparaient. Comment continuer à causer après ces mots déterminants ?
- Retrouvons-nous demain à la même heure, Ashara ; et vous me direz ce que vous avez décidé. La nuit dit-on, porte conseil.
Et il se sentit ridicule avec ses proverbes et son pauvre sourire ; et il se sentit cruel de la chasser ainsi, après la foi qu'elle lui avait témoigné. Edric resta assis sur le muret et regarda la Louve s'éloigner, petite et sensuelle ; il aurait voulu avoir accès à ses pensées, quoique les siennes seules s'emmêlaient dans sa tête.

Le Cerf réfléchit en regardant la mer, et il réfléchit jusque dans son lit avant que le sommeil ne le prenne. Il rêva de manière honteuse du corps blanc d'Ashara qu'il pressait contre lui, de ses lèvres qu'il embrassait ; qu'allaient lui dire ces lèvres le lendemain ? Après l'avoir retournée en tout sens, Edric était certain de prendre la bonne décision ; peut-être aurait-il dû confronter les points de vue ? Peut-être aurait-il dû en parler à Oriane ? Trop jeune, elle aussi. A Jasper ? Ils ne se comprenaient pas. A Robb ? Non, pas à Robb. Robb ne faisait jamais que ce qu'il devait ; et se marier sans l'accord de ses parents, même si ces parents eux-mêmes vous avaient fiancés, on ne le devait pas. Mais ils n'en sauraient jamais rien. Dans trois mois, ou six, ou neuf, Edric poserait le manteau brodé du Cerf sur les épaules de la Louve devant tout le château.

Ashara n'avait pas changé d'avis. Edric s'autorisa à s'en réjouir, cette fois. Même s'il se répétait que seuls les nuages menaçants justifiaient cette union précipitée, restait que cette union s'en trouvait avancée, et qu'il allait bientôt pouvoir céder à la force qui l'attirait vers celle qu'il aimait. Ils eurent toutes les peines du monde à se pas s'embrasser pour sceller ces nouvelles fiançailles, et s'en divertirent en parlant pratique. Le Cerf allait tout organiser, même s'il n'avait pas encore réfléchi à la cérémonie, si ce n'est au Septon qui allait la célébrer, et à l'ami qu'il voulait comme témoin à son côté. A Ashara, Edric demanda aussi de trouver cette amie, car leurs voeux ne pouvaient être prononcés que devant les dieux. La question de sa différence de religion ne l'effleura pas, et la Louve n'en parla pas. Ils fixèrent la date ensemble, dans sept jours de là, car bientôt s'achevait le tournoi, et d'ici une quinzaine, chacun regagnerait sa citadelle. Il leur faudrait déjà se séparer ; Edric ne l'oubliait pas, mais ne parvenait pas à s'en attrister : alors, tout aurait changé.

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Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur,
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.
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Ashara Stark
NORD
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Dim 15 Avr 2018 - 8:34

Sa main vint cueillir les doigts de la Louge, posés sur la joue de son bien aimé. Ashara ne comprit pas ce geste, s'en inquiéta. Le Cerf craignait-il d'être surpris par d'autres ? Il conserva sa main dans la sienne cependant, à l'abri des regards indiscrets. Ce simple contact réchauffait le coeur de la louve, lui donnait confiance en l'avenir. Un avenir qu'ils décideraient à deux comme le précisaient si bien les paroles que Edric prononça par la suite.
Il voulait qu'elle réfléchisse, qu'elle prenne la bonne décision pour eux mais surtout pour elle. Songer à toutes les conséquences de cet engagement sacré lui semblait nécessaire également, mais en l'état, son coeur bouillonnant éclipsait tout le reste. L'amour qu'elle lui portait, emportait sa propre raison. Serait-ce la cas durant toute sa vie ?
Le coeur est inconstant avoua-t-il et elle se demanda s'il lui exprimait par ces mots un possible revirement, un retour en arrière après tant de décisions impulsives. Comme en écho à ses pensées, il pressa un peu plus ses doigts et lui souffla de nouveaux mots, les mêmes que ceux qui venaient de traverser son esprit.
Elle le regarda longuement, cherchant dans son regard sombre ce qu'il voulait dire exactement. Elle n'y vit qu'amour indéfectible, une dévotion qu'il était prêt à assumer toute sa vie. Leurs yeux étaient toujours ancrés l'un dans l'autre lorsqu'il releva sa main pour la baiser tendrement. Elle se sentit perdre pied du simple contact de sa bouche sur sa peau qui se hérissa d'un millier de frissons, propre à l'envie des amants.
Reprenant contenance, elle ferma les yeux un court instant le temps qu'il lui propose un nouveau rendez-vous dès le lendemain. Il ne voulait pas de serment, il voulait qu'elle se laisse le temps de la réflexion et pour lui, elle le ferait, sérieusement.

Impulsive et fantasque, elle n'avait pas pour habitude de prendre le temps. Pour Ashara, la patience était une rude épreuve et si en grandissant elle l'avait vu s'élever, le résultat n'était toujours pas probant. Dans le Nord, on doit agir vite, prendre le temps de réfléchir ou d'être indécis peut parfois conduire à la mort. Mais pour Edric, pour lui plaire et pour tacher de gagner la maturité qu'il semblait lui manquer, elle hocha simplement la tête et lui promis d'y réfléchir sincèrement.
Il relâcha sa main et elle comprit en plus de ses mots, que leur entrevue était terminée. La tristesse et la frustration la gagnèrent. Il lui manquait déjà.

Elle se leva et s'éloigna, non sans se retourner à plusieurs reprises pour graver un peu plus dans sa mémoire le visage de celui qu'elle aimait. Assis sur sa murette, armé de son faible sourire, il semblait plus préoccupé que jamais. Avait-il peur de sa réponse ou de s'engager sur cette voie avec elle ?
Toute la soirée, toute la nuit, la Louve retourna ses pensées en tous sens. Toutes ses réflexions la menèrent à la même conclusion : son souhait de s'unir au Cerf était plus puissant, plus fort que la raison qui lui imposait de patienter, encore.
Après tout, ce n'était qu'une sécurité. Se marier en avance, ne leur permettrait que de s'assurer que l'avenir les unirait. Elle se dresserait face à ses frères si ces derniers changeaient d'avis, elle assumerait le déshonneur d'avoir consommé en secret le lien de leur amour.

Fatiguée d'une nuit sans sommeil mais d'excellente humeur, elle avait retrouvé Edric dès le lendemain, comme promit.
Sans grande surprise, elle lui annonça ne pas avoir changé d'avis et le sourire qu'il afficha lui donnait horriblement envie de l'embrasser. Elle se retint cependant, lui aussi, mais se mordit la lèvre inférieure en échange.
L'intention et le besoin de le toucher était si forte qu'il lui semblait que chacune de ses cellules tendait vers lui, comme poussée par une force invisible, une volonté qui la dépassait. Les Dieux étaient-ils étrangers à cette sensation ? Ashara se contenta de la subir plutôt que de leur poser question, afin de ne pas les offenser par des préoccupations si humaines et si naïves.

Edric compensa leur impatience en parlant de l'organisation. Au grand soulagement d'Ashara, il prévoyait l'ensemble et lui demanda simplement de trouver une amie de confiance pour témoin de leur union. La louve savait déjà à qui elle pourrait le demander. Excitée par cette perspective qui prenait plus de consistance en devenant leur réalité, ils se mirent rapidement d'accord sur une date.
Ils se marieraient sous la bénédiction des Sept et Ashara ne s'en offusqua pas. Les Anciens Dieux comprendraient qu'elle doive s'unir sous la religion de son époux. Elle n'en oublierait pas de les prier encore, comme elle l'avait toujours fait.
L'amour que prônait les religions passerait avant ces dernières et cela la ravissait, lui donnant le sentiment unique d'agir pour la force de leur sentiment et non pour leurs intérêts communs.
C'était à la fois romantique et chevaleresque, excitant car interdit.

Edric lui expliqua que d'ici là, ils se reverraient encore en aparté comme ce jour là, que de la cérémonie, il s'occuperait de tout. Elle en fut soulagé et ce sentiment se vit sur son visage pâle. Les mariages du Sud lui étaient totalement étrangers.
Dans sept jours, ils seraient officieusement mariés. Dans sept jours, plus rien ne pourrait s'opposer à leur union déjà consommée.
Elle rougit en y songeant, en imaginant la main qui la tenait parcourir son corps, la bouche qui lui parlait embrasser ses chairs.
Ses fantasmes exacerbés par l'émotion et l'impatience qui grandissait, elle jugea prudent d'écourter cette nouvelle entrevue. Il fallait qu'elle voit Etaine, maintenant.
Dans sept jours...le Cerf et la Louve lieraient leurs destins à jamais, dans la joie et l'amour mais aussi, sans qu'ils ne le sachent encore, dans la douleur et dans la peine.
Sept jours qui passeraient bien trop lentement pour une union qui ne serait jamais reconnue assez vite.

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