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 (FB) Riding the wind

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Jeu 26 Juil 2018 - 9:07

Le compliment la fit sourire et lorsqu'il la fit tourner une fois sur elle-même, elle rougit face au regard qu'il lui portait. A travers ses yeux sombres, elle avait l'impression d'être la plus belle femme de tout Westeros. Elle aussi le trouvait beau, depuis le premier jour où son regard s'était porté sur lui. Grand, la carrure forte mais pas imposante, Edric possédait ce physique propre aux archers, élancé et vigoureux.
Elle aimait son sourire franc et la profondeur de ses yeux aux prunelles presque noires dans lesquelles elle pouvait se voir comme si elles pouvaient refléter son âme.
D'ailleurs, à force de se croiser dans les jardins ou de se retrouver en secret en franchissant les interdits, ils avaient appris à communiquer juste avec les yeux. Un seul regard pouvait tant dire, un seul regard devenait le lien entre leurs coeurs lorsqu'ils ne pouvaient se toucher.
Aujourd'hui cependant, le temps et l'espace n'appartenaient qu'à eux.

Edric observait les détails de la robe qu'Etaine avait choisi pour elle. Le beige crémeux rehaussé de broderies dorées lui donnait de l'allure et une élégance dont la jeune femme n'était pas accoutumée. Dans le Nord, les robes étaient sombres, elle faisaient ressortir son teint pâle et ses yeux clairs de givre.
Aujourd'hui, Ashara était lumineuse comme cet été dans le Sud, même malgré la pluie qui s'était invitée. Edric caressa sa robe, suivit les broderies du bout des doigts comme si à travers les fils il pouvait deviner ce que le tissu cachait. Le souffle d'Ashara s'estompa jusqu'à se taire sous le contact délicat et irréfléchi de l'archer. Il s'en rendit compte et rougit, avant de l’entraîner à l'abris du saule le plus proche. La pluie semblait forcir un peu mais ils étaient déjà mouillés de tout manière. Sous les ramures de l'arbre, les odeurs de bois devenaient plus fortes avec l'humidité. La mousse et la terre sous leurs pieds commençaient à légèrement s'enfoncer.
Alors le Cerf proposa de se changer et elle secoua la tête pour lui signalier que ce n'était pas nécessaire. Il avait pensé à tout et c'était fort heureux, car Ashara en revanche, n'avait pensé à rien, hormis à la journée qu'elle volerait à tous, pour ne profiter que de l'être aimé.
Elle se moquait bien de finir trempée, il faisait doux à moins que ce ne soit la présence de Edric qui réchauffait l'atmosphère.
A la plaisanterie du jeune homme, le ciel sembla répondre en un grondement claquant au loin. La louve tressaillit, surprise, avant de mêler son rire à celui de son aimé. La nature semblait bénir leur union et elle ne douta pas un seul instant que les Anciens Dieux n'y soient étrangers.
Machinalement, elle releva son regard pour le voir ce ciel gris, à travers les branches.

Edric récupéra son attention à nouveau en lui indiquant ce qu'ils pouvaient faire. Visiter l'île lui semblait une bonne idée, elle avait hâte d'en découvrir plus, de noyer son regard dans la beauté de la nature mais avant ça...elle se devait de répondre à un autre appel.

Lentement, elle glissa ses deux mains à plat sur le torse de son époux, puis les remonta sous couvert de caresses jusqu'à sa nuque. Alors elle se hissa sur la pointe des pieds et vint cueillir ses lèvres avec les siennes.
De timide, le baiser devint rapidement plus enthousiaste. L'humidité de leurs peaux et l'odeur de la pluie raviva le souvenir vif de ce même baiser échangé sous l'ondée dans les jardins.
Ashara se laissa aller à l'exploration de ses sens. Nul ne viendrait les interrompre ici. Les battements de son coeur accélérèrent et son souffle commença à se perdre dans la danse de leurs langues.
Lorsqu'il referma ses bras sur elle, elle sentit qu'elle perdait pied. Une chaleur pressante se forma dans le bas de son dos et stupéfaite par l'envie qu'il faisait naître en elle, elle mit un terme à ce baiser passionné, trop peut-être.
Les yeux toujours clos, son corps toujours collé au sien, elle cherchait à reprendre son souffle contre la bouche du Cerf. Devoir s'éloigner à présent de lui, apparaissait comme un supplice mais elle avait peur de se consumer entièrement si elle persistait à percevoir son odeur, son toucher et la douceur de ses lèvres.

- Allons nous baigner, finit-elle par murmurer avec l'innocence de l'enfance qu'une part d'elle possédait encore.

Une innocence qui n'avait pas encore idée de ce que la proximité des corps peu vêtus immergés dans un décor aquatique naturel pouvait créer.

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Edric Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port-Réal pour le Couronnement
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Jeu 26 Juil 2018 - 16:53

Ashara ne laissa guère d’ambiguïté sur les désirs qui étaient les siens, et Edric les partageait, bien qu'il se sente légèrement coupable à ce sujet. Le Cerf se répétait qu'ils étaient mariés désormais, qu'ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient : il n'y avait plus personne pour les surveiller, c'était précisément la raison pour laquelle il avait emportée la Louve ici, loin du monde. Ashara était toute à lui et lorsqu'elle ouvrit les lèvres, Edric n'eut plus besoin de se répéter quoique ce soit : il cessa simplement de penser, et son corps pris le relais. Il serra sa femme contre lui avant et après qu'elle rompisse leur baiser. Son souffle était aussi excitant que ses lèvres, et le Cerf mit plusieurs secondes à comprendre ce qu'elle disait et à l'accepter, la relâchant à contrecœur. La force de son désir frustré créait un certain vertige, et Edric se sentit mal alors que la conscience lui revenait. Un instant, il avait imaginé ignorer les paroles d'Ashara et continuer à l'embrasser. Un instant, ces paroles lui avaient semblé stupides et cruelles. Un instant, il l'avait haïe pour sa dérobade.

Edric, qui avait toujours été prévenant et modéré, n'aima pas cet homme qu'il découvrait en lui. Il le cacha derrière un sourire mal-assuré et des caresses tendres sur les joues d'Ashara. Se baigner ? Par les Sept, il ne s'était pas attendu à ça. Réalisait-elle qu'elle allait devoir se déshabiller ? Devant lui ? Et qu'avec sa robe sophistiquée, il allait devoir l'aider ? Pourtant la Louve lui avait paru pudique, se plaignant de la légèreté des robes sudiennes. Peut-être cela faisait-il partie d'une quelconque parade de séduction ? Ashara n'avait pas besoin de ça pour le séduire. Il n'y avait qu'à voir l'état dans lequel le mettait un simple baiser. Un état trop évident pour qu'Edric puisse envisager de se dénuder.

Pourtant les désirs de la Louve étaient des ordres, il l'avait dit, même en riant.
- Laisse-moi t'aider, céda-t-il en la tournant contre lui.
Le Cerf écarta la masse rousse de sa cheveux et s'attaqua au premier bouton de sa robe. Très concentré, il les défit un à un jusqu'à ce qu'au creux des ses reins, apparaissent ses jupons. Alors il eut envie de glisser ses deux mains sous le tissu de sa robe et de saisir ses seins, mais se retint. Il remit ses cheveux en place et recula d'un pas. La Louve pouvait finir seule. Le Cerf battit en retraite, déclarant qu'il allait chercher les fameux vêtements. Ils en auraient besoin quand ils se rhabilleraient. Du moins Edric cherchait-il à s'en persuader tandis qu'il s'éloignait vers le centre de l'île.

En marchant, il retrouva son souffle. S'éloigner d'Ashara lui fit du bien. Dans la brume liquide, le Cerf retrouva les idées claires. Et se pressa, réalisant qu'il était goujat de laisser ainsi son épousée. L'île n'était pas grande, et il ne lui fallut que quelques minutes pour gagner l'écrin de verdure qu'il avait modestement aménagé pour accueillir leur déjeuner et leurs ébats. A la hâte, Edric attrapa le sac contenant les vêtements, jeta sous son bras les deux couvertures qui tapissaient le sol et s'en retourna, courant presque avec son barda. A présent il regrettait d'avoir quittée Ashara. Le prendrait-elle pour un lâche ? Le Cerf était sensé savoir quoi faire dans ce genre de situation, mais il n'avait jamais courtisé personne, encore moins épousé ; il ne savait pas comment séduire une femme, comment aimer une femme, encore moins déflorer. Edric se considérait comme vierge et cela lui paraissait très noble jusqu'ici, mais à présent il sentait que l'expérience qu'il aurait dû se faire, comme tout jeune homme de son âge, avec des femmes de moindre vertu allait cruellement lui manquer auprès de son épousée. A moins que son corps ne se mette à agir de manière autonome et autoritaire comme tout à l'heure sous le saule, ce qui n'était pas forcément mieux. Valait-il mieux passer pour un sot ou pour une brute ? Edric n'aurait que cette étreinte là avec Ashara avant plusieurs mois, et il n'avait pas droit à l'erreur. Mais voilà qu'il réfléchissait trop et que cela l'angoissait, jusqu'à ce que les bras chargés et l'âme en peine, il aperçoive la peau blanche d'Ashara.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Ven 27 Juil 2018 - 8:38

Edric avait serré Ashara dans ses bras et elle avait fermé les yeux à s'en fendre les paupières pour mieux refouler le désir qu'elle tentait d'apaiser. Une baignade, cela ne pouvait que leur faire du bien n'est-ce pas ? Les rafraîchir un peu et leur faire oublier durant quelques instants la chaleur de l'excitation. Pourtant, lorsqu'elle croisa son regard à nouveau, elle comprit instantanément qu'elle avait commis une erreur.
Le visage de son époux était fermé, frustré. Quels étaient les us et coutumes d'une union secrète ? D'une noce sur une île sauvage ? Que devait-elle faire ou dire ?
Rongée par la culpabilité d'avoir peut-être tout gâché, elle se plongea dans un mutisme honteux, cherchant les mots qu'il faudrait prononcer pour réparer le tort.

Edric le rompit lui, ce silence qui était devenu gênant, en lui proposant de l'aider. Elle ne réagit pas, se laissa tourner et se laissa déboutonner jusqu'au bas de ses reins. Chaque bouton qu'il retirait était un petit supplice pour elle, son corps présageait de la suite, de cette promesse d'union des sens et elle regrettait déjà d'avoir dû mettre un terme au baiser. Ses lèvres et son soufflent lui manquaient, comme s'ils étaient à eux seuls sont oxygène.
Et lui ? Que ressentait-il en déshabillant ainsi son épouse ? Allait-il la toucher de nouveau ? Caresser sa peau qui se tendait déjà en attendant le contact...
Il n'en fit rien et se détourna, à la recherche des vêtements de rechange dont il lui avait parlé. Devait-elle le retenir ? Lui dire qu'elle regrettait son comportement stupide, s'excuser d'être aussi sotte et maladroite ? Peu importe ce qu'elle avait fait, elle l'aurait supplié d'oublier, elle aurait fait tout ce qu'il voudrait en échange d'un seul de ses sourires. Le temps qu'elle y réfléchisse, il avait disparut plus loin dans les fourrés. Elle demeura alors bêtement debout, immobile et à la fois pantelante, sa robe qui, tirée par son propre poids, commençait à glisser le long de ses épaules.
Même à l'abri du saule, de grosses gouttes longtemps retenues par les branches tombaient autour d'elle et sur elle au ralenti.
Le temps sembla s'étirer à l'infini et elle se décida enfin à bouger. Elle cherchait dans ses souvenirs ce qu'avait dit Etaine...l'avait-elle seulement écoutée ?
Elle laissa le tissu fondre sur le sol, puis s'accroupit pour retirer ses bottes.

Le contact de l'herbe et de la mousse entre ses orteils lui arrachèrent un léger sourire et elle fit un premier pas vers la berge. Sa peau pâle s'accordait à merveille au vert tendre des ramures. Lorsqu'elle glissa son pied dans l'eau, un frisson la parcourut. Elle était fraîche, bien plus que la pluie qui les bénissait depuis le début de la journée. Souriant un peu plus, elle s'enfonça dans l'eau tandis que ses doigts fouillaient dans ses cheveux à la recherche des épingles savamment placées qu'elle délaissa sur un rocher. Le rideau flamboyant se déploya sur ses épaules et caressa ses reins. Elle le rattrapa et ramena l'ensemble de sa chevelure sur le côté droit de son épaule.
Alors, elle avança encore, jusqu'à atteindre la ligne extérieure des branches de saule. L'eau lui montait jusqu'à la poitrine, le passage du ventre avait été délicat. D'un geste lent, elle dégagea quelques branches comme si elle tirait un voilage lui ouvrant la vision sur l'horizon.

De là où ils étaient, elle pouvait voir la berge en face, mais si quelqu'un s'y promenait, elle aurait été bien incapable de reconnaître ses traits à cette distance. Elle supposa que l'inverse était également vrai. Cachés derrière les saules, Edric leur avait offert un cocon, un endroit préservé de toute intrusion. Il avait tant œuvré pour leurs épousailles qu'elle se sentit à nouveau coupable d'avoir peut-être tout gâché. Elle ne commettrait plus d'impair et devrait aussi le remercier pour tout ce qu'il avait orchestré. Après tout...quand se reverrait-il après ce jour ? Chaque journée serait le cruel reflet de la précédente avec l'absence du Cerf, ne resterait alors que les souvenirs...
Ses réflexions rebondissaient dans son esprit comme les gouttes de pluie sur la surface des eaux du lac mais si le spectacle était charmant dans la nature, celui qui se déroulait en son fort intérieur était bien plus désordonné et chaotique.

Alors elle se rendit compte grâce aux ondes qui venait s'écraser contre elle que Edric l'avait rejoint dans l'eau. Elle tourna son visage dans sa direction pour le voir et demeura un instant la bouche entrouverte, le souffle coupé. Il était si beau dans cette luminosité. Le tonnerre gronda à nouveau au loin, zébrant le ciel d'un éclair blanc. Ce temps allait à merveille au seigneur de l'Orage. Chacune des gouttes d'eau qui parsemaient ses épaules et son visage semblait avoir été méticuleusement placée par un artiste. Aussi beau qu'une sculpture issue d'une grande civilisation tandis qu'elle ressemblait, sauvage, à un enfant de la foret.
Pouvaient-ils être si mal assortis alors que leurs coeurs battaient à l'unisson dans une harmonie qui défiait toute raison humaine ?

- Si je t'ai offensé je m'en excuse, dit-elle tout bas en songeant à ces yeux noir et à leur expression avant qu'il ne la quitte plus tôt. La vérité, c'est que j'ignore complètement ce que je dois dire ou faire...et que j'ai peur.

Se rendant compte qu'il pouvait interpréter de bien des façons la peur qu'elle énonçait, elle précisa :

- Peur de trop t'aimer et que tu ne sois pas satisfait de ce que tu as épousé.

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Edric Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port-Réal pour le Couronnement
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Ven 27 Juil 2018 - 21:15

Au loin, Edric apparut Ashara percer le rideau de verdure. Ses épaules blanches, ses cheveux rouges contrastant avec les branchages et l'eau sombre. Impossible de la manquer, de ne pas la regarder ; impossible de ne pas vouloir la rejoindre. Oubliant ses doutes, le Cerf abandonna sac et couvertures sur la plage, avec ses vêtements - sa tunique d'apparat frappée du blason familial, ses bottes et ses chausses dont il se défit le plus vite possible avant d'entrer dans l'eau. La fraîcheur de l'onde acheva de tempérer ses ardeurs. Edric nagea vers la Louve qui ne l'aperçut que lorsqu'il reprit pied près d'elle, proche de la berge. Il était plus grand qu'elle et l'eau lui arrivait à peine à mi-poitrine. Ashara le regardait d'un drôle d'air, même si son visage n'était pas ce qu'il contemplait le plus, à cet instant. Jusqu'à ce qu'elle parle et qu'il relève sur ce visage deux yeux inquiets.
- Offensé ? Est-ce l'impression que je t'ai donnée ? murmura-t-il en prenant ce visage dans ses mains.

De ses pouces, il caressa ses joues sans oser l'embrasser. Ils étaient déjà si proches, nus, seulement séparés par quelques centimètres d'eau. Edric ne souhaitait pas que réapparaisse tout de suite cet homme possessif qui avait effrayé Ashara. Il lui déplaisait qu'elle l'ait perçu, il lui déplaisait qu'elle s'excuse et il lui déplaisait qu'elle doute. Edric chercha ses mots pour s'expliquer, des mots imagés pour une vérité crue ; mais aucune métaphore qu'il put trouver pour décrire la déception qu'il avait ressentie dans sa chair (le prédateur lâchant sa proie, l'enfant son jouet...) ne correspondait, et aucune ne donnait de lui une image positive. Peut-être parce qu'il n'y avait rien de positif dans ce sentiment, ou plutôt cet instinct qu'il avait eu. Tous les hommes portaient-ils donc cela en eux ? Pour la première fois, il lui vint à l'esprit qu'en vérité le mal était en chacun, et que la bonté n'était pas d'en être exempt, mais résidait en la capacité d'un homme à le refouler. Cette pensée le troubla, mais le Cerf tâcha (peut-être sans plus de succès) de le dissimuler, car la Louve aussi était troublée, et il lui appartenait de la rassurer.

Edric aurait pu lui dire la vérité : que lui aussi, était ignorant et terrifié. Mais ça n'était guère rassurant, qu'aucun des deux ne sache s'y prendre. Alors le Cerf se contenta de la regarder avec tout ce qui lui restait de sincérité, et d'affirmer, pour elle comme pour lui-même :
- Il n'y a aucune raison d'avoir peur.
Puis, plus assuré :
- Il n'y a aucun risque. Je t'aime. Rien de ce que tu pourras dire ou faire ne pourra me décevoir.
A dire vrai, il y avait bien une chose. Edric se demanda comment il réagirait si la Louve ne saignait pas. La jeune femme paraissait si prompte à se laisser aller à ses envies... et si elle avait connu un autre avant lui ? L'en aimerait-il moins ? La jugerait-il moins digne de lui ? La tête et le cœur du Cerf n'y voyaient pas de raisons ; mais cet homme possessif en lui y attachait grande importance. Edric se convainquit que les traditions Nordiennes étaient, à ce sujet, sans doute les mêmes : Ashara saignerait. Il tâcha de chasser ces pensées qu'avec elle, à nouveau, il ne pouvait pas partager. Il voulait la convaincre, la rassurer, chasser leurs angoisses pour ne laisser que le bonheur et le plaisir d'être ensemble, nus dans l'eau, sous la pluie.

Il lui donna un petit baiser qui s'acheva par un sourire facétieux.
- Je suis déjà comblé d'avoir épousé la seule Nordienne qui n'hésite pas à enlever ses fourrures pour plonger dans l'eau froide, plaisanta-t-il. Sais-tu nager ou dois-je t'appendre ?
Cela, il savait le faire et il pouvait lui montrer. Pour poser les mains sur son corps, c'était même le prétexte rêvé.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Sam 28 Juil 2018 - 20:11

L'espace entre eux se réduisit en un instant. Il fut rapidement tout prêt d'elle, ses mains encadrant son visage pour l'inciter à le relever vers lui. Ce contact la réchauffait et l'apaisait à chaque fois. Quel étrange pouvoir possédait-il sur elle ?
Il n'était pas offensé, juste inquiet qu'elle ait pu mal interpréter son comportement. La voix qui s'échappait de son murmure et ses yeux d'ébène la traversaient comme pour mieux toucher son âme. Ils étaient si proches physiquement, il aurait suffit à Ashara d'avancer d'un demi-bras pour le toucher à nouveau et ses doigts le réclamait. Tout son corps le réclamait.
Sa peau était pâle et laiteuse, d'un aspect velouté qui attirait le contact. La sienne, tout aussi pâle mais diaphane donnait l'impression d'un tissu fragile qui pouvait se déchirer en un instant.
Même sur ce genre de détail, Edric inspirait la force et le respect.
Elle mourrait d'envie de venir s'écraser dans ses bras, de sentir son corps contre le sien, de ressentir à travers leur nudité une union des sens qu'elle pouvait dès à présent deviner.

De l'acte de noces en lui-même, on ne lui avait pas dit grand-chose. Même Etaine avait gloussé de manière étrange avant de se remémorer ce qu'elle-même avait vécu. Son esprit s'était alors absenté dans des souvenirs chers à son coeur et Ashara n'avait pas insisté. Elle le découvrirait par elle-même et dans une certaine mesure, elle préférait que cela se déroule ainsi.
Ce moment n'appartiendrait qu'à eux.
A moins que…

Elle plongea dans le regard de son époux, tandis qu'il l'a rassurait par ses mots et les caresses sur ses joues. Non elle n'avait pas peur de lui, ni même de ce qu'ils s'apprêtaient à faire. Après tout, s'il devait y avoir un mal, il était déjà fait. Le mariage, même non consommé était la seule folie dont ils avaient à s'inquiéter.
Edric semblait soudainement si assuré, si sûr de lui qu'Ashara comprit qu'il ne s'agirait pas de la première fois pour lui. A quoi s'était-elle attendu ? Edric était un bel homme, issu d'une famille puissante. Les prétendantes avaient dû se bousculer à sa porte. Cette simple idée qu'il puisse tenir dans ses bras une autre femme alluma en elle la flamme de la jalousie. Elle se sentait si chanceuse qu'il l'aime, qu'elle refusait de croire qu'une autre qu'elle avait pu le faire tomber.
Pourtant, il y en avait forcément eu…

Comme il baisa ses lèvres, elle chassa ses sombres pensées et fronça doucement les sourcils face au sourire espiègle qu'il lui offrait.
Elle rit à sa plaisanterie et ses traits se détendirent tout à fait.

- La seule Nordienne suffisamment folle tu veux dire… maugréa-t-elle le sourire aux lèvres.

Elle osa alors à son tour, franchir la distance qui les séparait d'un demi-pas en venant poser ses mains sur ses hanches. Sa peau était douce à travers l'eau et machinalement ses doigts caressèrent lentement l'espace où ils s'étaient échoués.

- Dans le Nord, nager c'est mourir, reprit-elle sans se départir de son sourire. Même en période de dégel, la température de l'eau tue quiconque ose s'y aventurer. Apprends moi, que je ne sois pas ridicule aux yeux des tiens en venant vivre à Accalmie.

C'était étrange de se projeter dans le futur de leur vie maritale à Accalmie. Dans quelques mois, Ashara deviendrait une Baratheon aux yeux de tous. Elle avait hâte de rejoindre son époux, hâte de passer le reste de sa vie à ses côtés. Après leur mariage, rien ne serait plus jamais pareil.
Edric accepta et elle le lâcha à contre-coeur, afin qu'il puisse lui indiquer les mouvements nécessaire à la nage. Il lui montra comment placer ces doigts afin que ses mains deviennent comme des petites rames, puis le geste des bras afin de propulser son corps vers l'avant. Ses jambes, dans le même temps devraient battre l'eau, de manière à avancer.
En théorie, cela ne semblait pas bien compliqué, alors la Louve s'y essaya sans crainte. Elle se lança en avant, mais contrairement à ce qu'elle croyait, son corps ne flottait pas tout seul et son visage s'enfonça de moitié dans les eaux noires. Elle jeta un regard dépité à son précepteur et s'attendait à ce qu'il rit, mais patient, Edric l'encouragea d'avantage. Elle s'élança à nouveau et comme elle coulait encore, elle sentit subitement la main de son époux venir cueillir son ventre pour la soutenir hors de l'eau. La surprise ou peut-être la sensation que cela lui procura la secouèrent et son corps tout entier tressaillit. Son ventre se tendit et sa respiration se bloqua. Lorsqu'elle se força à inspirer de l'air, elle avala de l'eau à la place et son corps se rebella, la forçant à tousser pour recracher le liquide qui vraissemblablement, n'avait rien à faire là.

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Edric Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Mer 1 Aoû 2018 - 18:38

Le sourire d'Edric s'élargit. Folle, oui, Ashara l'était un peu, au bon sens du terme. Elle n'agissait guère comme on aurait pu l'attendre de la première Dame de Winterfell - comme il aurait pu l'attendre : sans cesse elle le surprenait par ses spontanéités. Le Cerf n'arrivait pas à savoir si elles étaient dues au caractère intrépide ou irréfléchi de la jeune femme. Peut-être aurait-il dû s'en inquiéter - s'inquiéter, surtout, de si mal la connaître. Mais au contraire, Edric était charmé par l'authenticité, la liberté de la Louve qui lui semblaient parfaitement correspondre à ce qu'était, ou selon lui devrait être, le mode de vie des Cerfs. Certes, il était parfois inconfortable d'être bousculé dans ses attentes, surpris, déstabilisé, surtout dans cet équilibre de la séduction qui ne lui était pas familier. Edric se sentait doublement vulnérable face à Ashara : il ne savait ce qu'elle allait faire, ni comment il allait réagir à ce qu'elle allait faire. Il ne savait pas qu'elle allait l'attraper si familièrement par les hanches, ni qu'il allait devoir se faire violence, et penser avec force au froid de Winterfell, pour se retenir de l'attirer contre lui, toute nue dans ses bras. Edric eut très chaud, puis très froid alors qu'il s'imaginait plongé dans les eaux glacées du Nord. Il lui sembla que de la vapeur sortait de sa bouche, mais ça n'était que la brume humide qui les entourait.

Ne sachant trop quoi en faire, le Cerf posa sagement ses mains sur les épaules d'Ashara et répondit :
- Ne t'inquiète pas pour ça. Il est malaisé de se baigner à Accalmie. La Baie des Naufrageurs porte bien son nom. Mieux vaut ne pas tomber à l'eau...
En s'éloignant de la citadelle, il y avait certes des accès à la plage, mais le ressac était si fort que les enfants Baratheon n'étaient jadis pas autorisés à s'y risquer.
- J'ai appris à nager dans des lacs du Bois du Roi et de la Pluie. Mais je ne m'étais encore jamais baigné dans celui-ci, ajouta Edric pour souligner la singularité de cette expérience qu'ils partageaient.
Inutile de préciser qu'il ne s'était jamais baigné non plus avec une femme qui ne soit pas de sa famille. Edric sourit et replaça une boucle derrière l'oreille d'Ashara.
- De toute façon, je mangerai quiconque osera rire de toi. Et quand j'en aurai fini avec toi, il n'y aura plus de quoi se moquer !

Et c'est ce à quoi le Cerf s'employa. Concentré sur les gestes de l'apprentissage, il ne se laissa plus divertir par les charmes d'Ashara. C'est sans malice qu'il glissa sa main sous le ventre de son épouse pour la soutenir, et sa réaction violente le troubla. Edric lui tapota le dos pour l'aider à tousser, et plaisanta :
- J'oubliais : il faut respirer, mais pas sous l'eau.
Mais le coeur n'y était pas. Si la Louve réagissait ainsi dès qu'il la touchait, cela présageait mal de leurs ébats qui, pourtant, ne sauraient tarder, puisque ce mariage devait être consommé. Edric n'y comprenait plus rien. Ashara était tentatrice puis elle était farouche. Ashara voulait l'embrasser mais ne pas qu'il l'embrasse en retour. Ashara voulait se baigner mais ne pas se montrer nue. Ashara voulait apprendre à nager mais ne pas être touchée. Était-elle cruelle ou inconséquente ? Dérouté, voire agacé par ces signaux contradictoires, le Cerf marqua un silence, occupé à maintenir sous la surface de l'eau sa fureur naissante. Quand il l'eut noyée, il demanda à la Louve si elle souhaitait continuer - question précise et pourtant existentielle. Ashara répondit sans hésitation et le Cerf en fut heureux, et soulagé, car déjà il n'y avait plus de retour de arrière possible. Ils étaient mariés devant les Dieux.

Pendant une heure, ils continuèrent donc. Edric posa à nouveau ses mains sur la Louve qui ne tressaillit plus, jusqu'à ce qu'elle puisse, seule, se maintenir à la surface. Ensemble, ils nagèrent lentement vers la plage. Moins lentement, le Cerf sortit de l'eau. Tâchant d'oublier sa nudité, il marcha vers les couvertures, s'enroula dans l'une, ramena l'autre au bord du lac, ouverte pour accueillir le corps nu de la Louve. Lorsqu'elle sortit de l'eau à son tour, Edric n'eut pas la décence de détourner les yeux ; au contraire il la regarda, il la découvrit, pour la première fois, dans son entière nudité, et lorsqu'elle se blottit dans l'étoffe qu'il referma sur elle, il la tint longtemps, serrée dans ses bras. Ils regardèrent le soleil qui, par intermittence, perçait les rideaux de pluie - alors le monde flamboyait aux couleurs de l'arc en ciel, un si bref instant, avant de redevenir vert et gris. Ils retrouvèrent leur saule. Edric s'amusa à sécher les cheveux d'Ashara. Visiblement il n'avait pas la bonne méthode, car elle protesta. Il rit, puis, moins insouciant, sortit la robe du sac et lui tendit.
- Désolé... c'est à Oriane... s'excusa-t-il.
De ce qu'il avait pu voir du corps de la Louve, il avait supposé qu'elle lui irait : Oriane était plus grande et moins plantureuse, mais la stature des deux femmes, pourtant dissemblables, restait proche. Ayant espéré jusqu'au bout un ciel clément, Edric n'avait pas eu le temps d'acheter une robe neuve ; il ignorait d'ailleurs les goûts d'Ashara, qui avait laissé entendre que les robes sudiennes ne lui convenaient pas. Malgré tout, un cadeau eut été plus élégant que les fripes, bien qu'élégantes, de sa soeur.

Embarrassé, le Cerf se retourna pour laissa Ashara s'habiller. Lui-même passa les vêtements plus simples qu'il avait apportés. Ce faisant il ne cessait de parler, pour apaiser peut-être sa nervosité retrouvée après leurs saines activités.
- C'est dommage que vous ne vous soyez pas vraiment rencontrées...
Ça n'était pas la première fois qu'il pensait Oriane, car dans un lac comme celui là, il lui avait appris à nager. Bien que de six ans sa cadette, elle lui avait donné des conseils sur sa manière d'être avec Ashara, sans soupçonner qu'aujourd'hui, il l'avait épousée, et que c'est d'autres conseils dont Edric aurait eu besoin - d'autres conseils qu'elle n'aurait pas pu lui donner, et que jamais, il ne lui aurait demandés.
- Elle est trop occupée, avec tous ces chevaliers qui lui tournent autour...
Oriane avait dix neuf ans, un nom et du succès. Ça n'avait pas l'air d'inquiéter le Cerf ; il savait, pour lui avoir appris à se battre aussi, que la Biche était parfaitement capable de remettre à leur place les importuns.
- Je pense que vous vous entendriez bien.
Il leur trouvait déjà plusieurs points communs.
- J'espère qu'elle sera encore à Accalmie lorsque tu nous rejoindras, conclut-il sombrement.
La Biche allait bientôt se marier, et il n'arrivait pas à être heureux pour elle, comme elle le serait sans doute pour lui, si elle avait su. Sa place était chez les Cerfs.

Perdu dans ses pensées qui, de simples diversions, avaient pris le dessus, Edric réalisa que lui aussi, allait prendre la Louve aux Loups ; que lui non plus, n'avait pas fait la connaissance des frères Stark. Ils l'impressionnaient avec leur allure austère d'hommes du Nord, mais surtout, parce qu'ils étaient les frères d'Ashara et qu'il sentait peser sur lui leurs regards évaluateurs. Edric se promit qu'il serait à la hauteur de l'amour qu'ils portaient à leur soeur. Il l'était déjà, sans doute trop : si les Loups avaient su à quelles extrémités son amour le poussait, ils lui auraient sans doute passé leur épée en travers du corps. Edric se promit encore de tout faire pour leur plaire, lorsqu'il les raccompagnerait à Winterfell, désir qui n'était encore qu'à l'état de projet. Voyageant déjà en pensées sur les routes enneigées, le Cerf ne remarqua pas qu'Ashara avait fini de s'habiller, tandis que d'un air absent, il tenait toujours sa botte.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Jeu 2 Aoû 2018 - 11:09

Après avoir bu la tasse, Ashara se força à sourire aux propos de Edric. Elle avait honte d'exprimer des réactions si violentes et si contrastées. Au fond d'elle, la peur l'envahissait dès qu'il posait les mains sur elle. Il l'avait pourtant rassurée, lui avait signifié qu'il était inutile de craindre quoique ce soit, mais il n'y avait rien à faire. Elle craignait de le décevoir, elle craignait de ne pas être à la hauteur malgré tout ce qu'il pouvait lui dire. L'amour rendait aveugle, mais un beau matin, il verrait peut-être à nouveau.
Aussi, elle se contenta de barboter et d'écouter ses explications. Pendant qu'elle apprenait à nager, elle pensait à ses paroles. Elle ne se baignerait pas à Accalmie et son histoire sur la baie des Naufrageurs ne lui donna pas vraiment envie de tenter quoique ce soit.
Il lui avait dépeint un nombre incalculable de fois son pays et elle avait eu envie de le découvrir à ses côtés. Mais à présent, il lui sembla qu'Accalmie portait bien mal son nom. La violence des éléments semblaient régner en Maître là-bas et si elle était habituée au froid qui gelait tout sur son passage, ce dernier demeurait placide et calme. Le froid nous endormait pour mieux nous tuer, qu'en était-il d'une tempête dans un océan déchaîné, d'un orage sur une plaine dévastée ?

Elle ravala sa peur et se concentra sur le moment présent. Ses mains qui la guidaient, ses sourires qui l'encourageait, même s'il semblait quelque peu absent par moment. A quoi songeait-il ? Appréhendait-il lui aussi leur avenir ? Regrettait-il de s'être précipité ? Elle l'ignorait et se mordit doucement la lèvre inférieure en regagnant la berge.
La fierté d'être capable de nager aurait dû l'envahir. Il n'en fut rien. A ses cotés et jusqu'à la berge, il nagea lentement et il sembla à Ashara qu'elle était un boulet qu'il devait se traîner. Le serait-elle à Accalmie ? Il fallait qu'elle fasse des efforts pour ne pas être un poids, qu'elle prenne confiance et qu'elle agisse comme la Lady qu'on attendait. Son enfance et son adolescence devaient rester derrière elle désormais. Fini l'imagination fantasque, fini la rêverie dans les bois, fini de se comporter comme l'enfant qu'elle ne devait plus être.
La fin de cette ère prit la forme d'une conscience lorsque Edric sortit de l'eau. Se baigner avait pourtant été son idée et à présent, elle se rendait compte que cela impliquait une intimité pour laquelle elle n'avait pas songé être prête.
Elle l'observa en silence. L'eau qui ruisselait lentement sur sa peau claire en dessinant des tracés le long de ses muscles, les creux légers qui se formaient sur le côté de ses fesses à chacun de ses pas, et ceux qui étaient dessinés sur le bas de ses reins. Elle se surprit à découvrir qu'elle aimait vraiment ce qu'elle voyait.
Si elle était tombée amoureuse de lui à travers ses mots, le désirer physiquement complétait parfaitement ses sentiments.
Alors il enroula le bas de son corps dans une couverture et revint vers la berge pour ouvrir le second drap pour elle.
Elle le considéra un moment, comprenant aisément qu'il souhaitait qu'elle vienne s'y lover pour mieux la sécher. Cela impliquait qu'à son tour, il fallait qu'elle sorte, nue.
La pensée de devenir la Lady qu'il attendait se raviva et elle prit confiance, allant jusqu'à s'amuser de voir s'il allait détourner les yeux.
Alors elle ramassa ses cheveux mouillés qu'elle plaça sur le côté entre son épaule et son cou, puis se redressa pour sortir de l'eau. Elle avança lentement, dévoilant sa nudité pour la première fois à un homme, anxieuse mais aussi curieuse de découvrir la réaction dans son regard.
Il l'enveloppa dans la couverture et la garda un instant contre elle. Savourant ce moment, elle posa sa tête contre son épaule et ensemble, dans un silence partagé, ils observèrent le ciel. C'était ravissant et Ashara se demanda si à Accalmie, ils se tiendraient de la même manière pour écouter l'orage grondant lors des soirées d'été… Elle l'espérait sincèrement.

Vint le moment de rejoindre le saule pour le déjeuner. Edric avait tout prévu. Après avoir ébouriffé ses cheveux de manière à la faire protester, il sortit une robe de son sac. Elle se demanda à qui il l'avait volé et la réponse lui vint aussitôt. Sa sœur Orianna, du même âge qu'elle.
Elle lui prit la robe des mains, accompagné d'un sourire qui signifiait qu'il n'avait pas à s'excuser.
Alors elle l'enfila sans plus de cérémonie tandis qu'il se tournait. Tandis que lui s'habillait, elle natta ses longs cheveux sur le côté. Il lui parlât des siens, de cette petite sœur surtout qu'il semblait aimer suffisamment pour espérer que les deux jeunes femmes s'entendent bien.

- Je n'en doute pas, répondit naturellement Ashara et c'était la vérité.

La louve était de bonne composition. Son caractère pouvait s'avérer borné, mais elle possédait cette lumière que la joie de vivre éclairait. Sensible cependant, elle pouvait facilement perdre confiance en elle et se réfugiait alors dans son imaginaire sans limite.

- Tu t'entendrais bien avec Theon, ajouta-t-elle avec certitude. Jorah est…

Sa voix mourut. Elle ne savait pas quoi dire sur son aîné. Il y avait trop de caractéristiques négatives qui lui venaient à l'esprit. Alors elle changea de sujet.

- Freyja est douce et calme, un peu mon opposé. Elle est vraiment très jolie, reprit-elle avant de marquer une pause et de le regarder avec suspicion. Je devrais me méfier, tu pourrais la préférer.

Elle rit à sa propre plaisanterie, pas rassurée tout à fait cependant, mais son rire aussi s'estompa jusqu'à s'éteindre lorsqu'elle remarqua que Edric semblait être absorbé par ses propres pensées.
A ses côtés, elle s'agenouilla et posa sa main sur sa joue.

- Tout va bien ? Demanda-t-elle à mi-voix entre inquiétude et espérance.

Non loin, le panier de victuailles les attendait, pourtant, la louve sentait qu'avant cela, ils avaient autre chose à partager, des mots à se dire, peut-être quelques secrets. Cette folie dans laquelle ils s'étaient embarqués les consumeraient certainement toute la journée et bien après, alors, tant qu'il leur restait ce soupçon de lucidité, mieux valait en profiter.


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Edric Baratheon
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Sam 4 Aoû 2018 - 13:10

Sur son aîné Jorah, le silence de la Louve pesa. Puis Ashara plaisanta sur Freyja, car c'était une plaisanterie, n'est ce pas ? Sa soeur n'était encore qu'une enfant. Quand bien même : le Cerf n'avait pas attendu Ashara si longtemps pour lui préférer une autre. Edric leva les yeux au ciel et sourit, ne jugeant pas nécessaire de la détromper. C'était comme s'il s'inquiétait, lui, que la Louve lui préfère Robb - ce qu'elles faisaient toutes d'ailleurs, mais qui ne lui avait pas effleuré l'esprit. Robb le surpassait à peu près en tout, il portait la promesse de l'héritage ; il n'était ni pieux, ni "original" comme son cadet. Robb avait Eleneï et elle était aussi dissemblable d'Ashara que l'était le soleil de la lune. Edric préférait sa lune rousse, et de loin. Songeur, il sourit à la caresse d'Ashara. Sur sa joue, il posa sa main sur la sienne, puis de l'autre saisit sa taille, l'attirant sur ses genoux.

- Comment non ? répondit-il en tournant son visage contre sa paume. Je songeais à notre voyage vers Winterfell.
Il lui serait difficile de faire comme s'il ne s'était rien passé, comme si Ashara n'était que sa fiancée, alors qu'elle avait été, qu'elle était sa femme. Mais il gagnerait quelques semaines à ses côtés. Et puis il faudrait bien partir, rentrer, attendre. L'attente était interminable alors qu'elle n'avait pas encore commencé.
Tu vas me manquer, aurait-il voulu gémir, mais le Cerf étouffa ces mots contre le cou d'Ashara, car cette journée était joie, et non tristesse du lendemain.
- J'ai tellement hâte, avoua-t-il plutôt, de t'épouser devant tous... que nous vivions ensemble... que tu portes nos enfants... Combien en voudrais-tu ? murmura-t-il entre deux baisers sur son cou blanc.
Ça n'avait aucun sens, car les Dieux choisiraient pour eux ; mais le Cerf se plaisait à imaginer leur avenir partagé. Imaginer Ashara dans les couloirs d'Accalmie, Ashara dans son lit. Ashara au Bois de la Pluie, à cheval ou nageant dans un lac, dans cette charmante nudité qu'elle lui avait révélée. Ashara encombrée de leurs enfants, qu'il n'arrivait pas à imaginer ; bruns ou roux, filles ou garçons, mais forcément rieurs et vigoureux.

- Nous mêlerons le sang du Conquérant et celui des Premiers Hommes. Ils seront le nouveau Westeros, poursuivit-il dans l'exaltation des sens et de l'imagination.
Lui, petit-fils d'Orys Baratheon, le sang du Dragon ; Orys qui avait adopté Accalmie en épousant la dernière princesse de l'Orage. Elle, Louve Stark, qu'on disait descendre des Premiers Hommes du continent. L'ancien et le nouveau réconciliés par l'alliance. La paix par le mariage. La colonisation du sang, diraient d'autres, mais une colonisation consentie, n'était-ce pas Theon Stark lui-même qui avait proposé cette union ? A cet instant, Edric ne voyait que l'amour et la paix, et prendre cette femme à l'insu de tous lui paraissait soudain la plus noble cause. D'autres auraient dit qu'il s'arrangeait avec la réalité ; d'autres encore, qu'il ne la voyait plus, noyé dans ses fantasmes de jours heureux et submergé par le plaisir anticipé que lui procurait celle qu'il serrait étroitement désormais.

Assis avec une seule botte et la Louve sur ses genoux, le Cerf l'embrassait, une main plongée à la racine de ses cheveux nattés, l'autre flirtant à la lisière de son corsage, sans oser encore caresser ce sein que le tissu compressait - et il regretta de lui avoir donné cette robe, car il l'aurait préférée nue, douce et mouillée dans ses bras. L'idée de la coucher dans l'herbe le rendait à moitié fou, mais inquiet, aussi, que la Louve soit offensée de cette union si modeste : on ne déflorait pas par terre la première Dame de Winterfell, ni même sur des couvertures qu'il avait prévues avant que l'ordre des choses ne se trouve bouleversé, à quoi pensait-il ?!

Certain qu'Ashara allait se dérober, le Cerf suspendit leur baiser et dit, comme pour se faire pardonner :
- Je te promets que je t'offrirai une noce digne de ce nom à Accalmie. Comment se passent les mariages, chez toi ?
Mais il n'avait pas de réelle curiosité, pas pour ça, pas maintenant. Ça n'était qu'une diversion à son désir urgent, une diversion à la question offensante qu'il voulait vraiment poser : suis-je le premier ? Le premier à glisser une main sur la peau nue de son mollet et de sa cuisse, comme il le faisait maintenant. Le premier à se rendre propriétaire de ce corps qui l'attirait tant, en se persuadant qu'Ashara le voulait pleinement, que les Sept le légitimaient et que les hommes n'en sauraient rien.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Dim 5 Aoû 2018 - 10:27

Ashara couvât Edric d'un regard tendre tandis qu'il posait sa main sur la sienne. Comme elle le trouvait beau et comme elle aimait ces moments simples où une simple caresse avait plus de portée que les mots. Elle le laissa poser sa main sur sa taille et l'attirer sur ses genoux, soucieuse cependant que son poids ne le blesse.
Vu le sourire qu'il affichait, il ne souffrait en rien. De son côté, elle était plutôt fière de ne pas avoir sursauté à son contact, ni même tressaillit. Se pouvait-il qu'elle s'habitue à ses caresses ?
Si seulement il savait ce que le toucher de ses mains éveillait en elle, peut-être comprendrait-il son comportement légèrement sauvage.
Il aborda le voyage jusqu'à Winterfell alors qu'elle n'y songeait même plus...concentrée sur le présent, Ashara ne voyait pas l'avenir. Edric lui semblait se projeter avec une facilité déconcertante. La différence de l'âge certainement, elle se considérait encore comme une enfant insouciante.
Arriverait-elle à voyager à ses côtés sous le regard des siens et à agir comme si rien ne s'était passé ? Comme s'ils étaient simplement promis l'un à l'autre, alors que dans leur secret, ils seraient déjà bien plus.
Theon se rendrait-il compte de quoi que ce soit ? C'était probable...il avait déjà remarqué que les deux fiancés se voyaient à l'abri des regards du donjon, il avait déjà remarqué surtout, qu'Ashara était tombée amoureuse.
Un premier baiser dans son cou vint rompre ses pensées, marquant sa peau d'une chair de poule à laquelle elle ne s'attendait pas et inconsciemment, son esprit s'évada pour imaginer la suite. Il était difficile de se concentrer sur ses mots tant son corps la pressait d'en avoir plus. Elle avait du mal à gérer ses émotions nouvelles qui chamboulaient tout à l'intérieur. Elle déglutit lentement et se força à prendre une inspiration plus profonde tandis que son bras vint s'enrouler autour du cou de son époux.

Elle aussi avait hâte que le secret soit dissipé, même si elle appréciait sincèrement qu'ils puissent le partager comme la base de leur union, aussi solide qu'un rocher. Elle ne voulait pas se cacher, elle voulait vivre pleinement son bonheur pour le reste de sa vie. Quelle chance elle avait de pouvoir unir son sort au seul qu'elle aimait et qu'elle aimerait sûrement durant son existence tout entière…
Elle le mesurait pleinement.

- Des enfants ? Répéta-t-elle bêtement, un large sourire se dessinant sur ses lèvres cependant.

Elle ignorait combien elle en voulait, ne s'étant pas posée la question. A vrai dire, elle avait même du mal à s'imaginer mère, voyant dans ce rôle un fardeau autant qu'un bonheur. Mais Edric serait  à ses côtés et cela lui suffisait. Elle lui donnerait tout ce qu'il voudrait, sans condition.

- Autant que les Dieux nous en offriront, murmura-t-elle les yeux clos, perdue dans ses sens suite à ce nouveau baiser.

Un nouveau sourire étira ses lèvres lorsqu'il cita leurs origines et son ambition de donner à Westeros une combinaison unique. Edric s'exaltait, Edric rêvait et elle souhaitait l'accompagner dans ses songes nuits et jours durant.
Le sang du dragon et celui des premiers hommes...leurs enfants seraient forcément des êtres incroyables et eux des parents comblés.
Theon avait été inspiré, et les Loups chanceux d'avoir été exaucés.
Aujourd'hui, Ashara avait embrassé dans le silence l'avenir de sa famille et du Nord et elle était bien consciente de cet honneur qu'on lui faisait.
Tout comme, petit à petit, l'idée de consommer ce mariage secret se profilait.
Elle n'avait pas peur malgré ce qu'on lui avait dit. Pour l'instant, il n'y avait nulle douleur et elle envisageait même qu'on lui ait menti. Tout n'était que plaisir et confort, tout n'était que découverte et exaltation des sens.

- Autant que tu en voudras, souffla-t-elle contre sa bouche avant qu'il ne s'en saisisse avec douceur.

Ce nouveau baiser confirmait les envies de la Louve.
Voluptueuse entre ses mains, elle ne s'était jamais sentie aussi aimée et aussi désirée. Edric ne pressait rien, il prenait le temps de leur découverte et ses mains exploraient ses cheveux et sa gorge. Ashara, trop absorbée par ses propres sensations en oubliait de prendre des initiatives. Elle se laissait guider, bercer eut peut-être été plus juste. La louve opportuniste se laissait domestiquer.
Le Cerf finit par se lasser peut-être, il mit un terme au baiser.
Le souffle un peu court, elle plongea son regard dans le sien, tellement sombre qu'elle pouvait se voir dedans. Elle fronça les sourcils à ses propos.

- Cette noce est tout à fait digne Edric Baratheon
, le corrigea-t-elle d'un ton faussement impérieux. Le plus important est présent, toi, moi, les Dieux. Que désires-tu de plus ?

Bien que leurs fois soient différentes, elles s'exprimaient avec la même ferveur. En réponse, il remonta sa main sous la robe et ses doigts caressèrent son mollet puis sa cuisse.
Elle sentit son coeur faire un bond avant de s'emballer, à la manière d'un cheval sauvage sur le point de cavaler.
La chaleur se raviva dans le bas de son dos et son ventre se creusa légèrement, soumis à des fourmillements nouveaux.
Il était temps de répondre à son interrogation, avant de ne plus en être capable car chacune de ses caresses semblaient la liquéfier un peu plus.

- La cérémonie se déroule la nuit, commença-t-elle d'une voix basse. Sous la voûte étoilée, tu te serais rendu devant le grand barral dans notre bois sacré et tu m'aurais attendu. Alors, au bruit de mes pas, tu aurais demandé « Qui va là ? Qui s'avance vers le Dieu ? »

Elle déposa un baiser sur ses lèvres, avant de poursuivre d'une voix profonde, chargée de l'émotion de l'union Nordienne, comme s'ils y étaient.

- Alors Jorah aurait répondu «  Ashara, de la maison Stark, Lady de Winterfell vient se marier. Une femme accomplie et fleurie, de naissance légitime et noble, elle vient implorer la bénédiction des Dieux. Qui vient la revendiquer ? »

Un délicat sourire vint éclairer son visage alors que ses mains glissaient à sa taille, passant sous le tissu de sa chemise. Elle caressa ses côtes, remontant le vêtement jusqu'à l'en délester par dessus sa tête. Là, elle observa la ligne de son torse un instant, presque fascinée par les courbes qui lui étaient présentées.

- « Moi, Edric de la maison Baratheon, chevalier d'Accalmie », souffla-t-elle contre sa peau. « Je la revendique ». « Qui l'accorde ? » aurais-tu ensuite demandé. Alors Jorah se serait révélé et m'aurais demandé mon accord. J'aurais bien évidemment accepté sans hésiter. Alors nous ne serons agenouillés ensemble devant le Barral, nous aurons prié silencieusement en nos coeurs unis. Puis, tu aurais retiré le manteau de ma maison, pour y poser celui de la tienne sur mes épaules.

Elle le regarda à nouveau, son esprit légèrement égaré cependant, comme s'il venait de se perdre au Nord, dans les bois sacrés. Ses mains couraient lentement sur ses épaules et ses bras, incessante caresse dont elle ne pourrait jamais se lasser.

- Enfin, tu m'aurais emporté dans tes bras à la vue de tous, ajouta-t-elle en se pressant un peu plus contre lui. Nous aurions laissé les invités festoyer et nous nous serions unis. Je n'aurais pas eu peur, parce que c'était toi.
Dans son coeur, elle avait la sensation de s'être mariée une seconde fois et son corps réclamait désormais de consommer cette union, avec une violence qu'elle ne reconnaissait pas. Dans un nouveau baiser passionné, elle l’entraîna sur la couverture.

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Edric Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port-Réal pour le Couronnement
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Mar 7 Aoû 2018 - 17:25

Ashara le combla par ses gestes et ses mots. Edric ne pouvait pas être déçu, mais il pouvait encore être surpris. Elle avait raison de manière si évidente.
Toi, moi, les Dieux.
L'essentiel était là, et si le Cerf s'en satisfaisait pleinement, il avait craint que ça ne soit pas son cas. Mais Ashara était exactement comme lui. Deux âmes unies. Deux corps bientôt unis... il est vrai que pour cela, un peu de confort supplémentaire, sinon de décorum, n'aurait pas été de refus. L'acte qu'ils allaient accomplir était primal, si avec elle, il ne lui semblait plus bestial ; primal, à la base de tout, presque aux origines. Il y avait quelque chose de sacré qu'atténuait, ou renforçait, les lits massifs et les belles toilettes. Eux n'auraient rien de tout cela. Le sacré serait pour eux cette terre nourricière sur laquelle ils allaient s'accoupler. Mais le Cerf ne s'en inquiétait plus. Il était complètement fasciné par le récit d'Ashara, au point d'en oublier de la caresser. Il voyait ce qu'elle lui décrivait. Il entendait les voix. Il s'entendit, lui, parler dans l'air froid.

- Je la revendique, répéta-t-il, moitié étourdi par le récit, moitié par son désir qui s'était renforcé depuis que la Louve audacieuse l'avait déshabillé.

Devaient-ils prier au pied de cet arbre qui n'était pas un Barral, mais pourtant, les protégeait des éléments ? Pitié, non ! Edric n'avait plus envie de prier. La cérémonie, doublée de celle qu'ils venaient de vivre en pensées, était accomplie. A présent, il emportait sa Jouvencelle dans ses bras et il l'aimait comme tous ensemble, son corps, son coeur et son honneur le lui intimaient. Du moins l'aurait-il emportée si la Louve ne l'avait pas emporté d'abord sur la couverture humide, le faisant quasiment tomber sur elle. Il n'y avait pas de peur dans cette hâte ni dans le baiser furieux qu'elle lui donna. Le Cerf s'oublia complètement, et lorsqu'un coup de tonnerre violent le fit revenir à lui, Ashara était couchée sous lui, les cheveux, le décolleté et les jupes en désordre, plus essoufflée qu'après son échappée, plus belle qu'elle ne l'avait jamais été. Edric leva les yeux et des lourdes gouttes s'écrasèrent sur son visage, pourtant filtrées par le feuillage du saule. Le ciel s'obscurcissait encore et la Louve fit l'apprentissage d'un juron orageois, bien plus disgracieux que la posture dans laquelle elle se trouvait. Le Cerf aurait pu croire que les Dieux n'étaient pas avec eux ; au contraire, il choisit de croire que les Dieux bénissaient leur union, choisit de tirer profit de la situation.

- Ta robe risque d'être trempée... il vaut mieux l'enlever, murmura-t-il à l'oreille de sa Louve, avec la malice qu'on lui connaissait, mais pas dans ce domaine où pourtant, le Cerf semblait très à l'aise.
Pour l'instant.

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Ashara Stark
NORD
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Mar 7 Aoû 2018 - 21:44

Allongée sur la couverture, elle sentait le poids du Cerf qui pesait sur elle, étrange prélude de ce qui les attendait pour la suite. Ashara n'y pensait pas, Ashara ne pensait plus. Seuls ses sens s'exprimaient à travers l'odeur de la peau de Edric, le toucher et le goût de sa bouche. Il n'y avait plus de place pour la réflexion, seule comptait la sensation de le sentir si près, la sensation de se mêler à l'homme qu'elle aimait lentement mais avec la même volonté et la même envie. A eux deux, ils mettaient autant de ferveur dans un seul baiser que dans plusieurs prières.

Le tonnerre gronda soudain, les faisant sursauter tous deux. A en croire le bruit, la foudre n'était pas tombée bien loin. Edric se redressa légèrement en appui sur ses mains, il la surplombait totalement.
Le souffle court et le regard fiévreux, Ashara l'observait avec les yeux de l'amour. Elle n'osait plus bouger et demeurait donc gisante sur le sol comme une condamnée. Ses cheveux rouges s'éparpillaient autours de son visage, voile d'écho à ses lèvres tout autant vermeilles à force d'embrasser avec avidité l'objet de son affection.
Son décolleté était en désordre, de même que sa jupe qui dévoilait une partie de ses jambes trop pâles pour être vues. A aucun moment, l'idée d’abîmer la robe de sa future belle-sœur ne fit irruption dans son esprit. Trop absorbée par sa contemplation et par ses propres sensations, ils auraient pu être n'importe où ailleurs qu'elle n'y aurait pas prêté attention.
Edric finit par lever les yeux au ciel et son visage accueillit de grosse goutte d'orage qui le firent jurer comme jamais. Ashara rit, sous la surprise de tels propos dont elle ignorait tout mais aussi parce que la spontanéité était contagieuse.

Le ciel s'était assombrit, comme si l'obscurité cherchait à les envelopper, à les dissimuler au monde extérieur et Ashara en vint à vouloir bénir cet orage d'été, un cadeau peut-être, envoyé par les Anciens Dieux.
Alors Edric parlât de la robe, et Ashara crut qu'il s'inquiétait pour la mise de sa sœur. A son tour, elle se sentit coupable de ne pas y avoir pensé plus tôt, jusqu'à ce qu'il se penche sur elle pour lui murmurer à l'oreille dans un souffle tiède qu'il vaudrait mieux l’enlever.
Elle hoqueta presque de surprise face à la proposition, sentant son coeur battre si fort qu'elle avait l'impression qu'il pourrait traverser sa poitrine. L'entendait-il ?
Elle déglutit doucement à travers le sourire timide qu'elle lui offrit.
Edric avait raison, il fallait l'enlever, pour ne pas l’abîmer évidemment mais aussi, parce qu'il était temps d'unir les corps après les âmes.

Ashara n'avait pas peur, sauf peut-être de leur séparation du soir. La confiance l'habitait et c'est de manière relativement sereine, qu'elle posa une main sur le torse de son époux, pour le contraindre à se relever. Edric ne s'y opposa pas et lui laissa la place de se rasseoir. Elle s'installa alors dos à lui, retira d'une main ses longs cheveux qui dévalaient ses omoplates en les plaçant sur le côté de son épaule.

- J'ai besoin de ton aide
, murmura-t-elle en lui offrant son dos agrémenté de boutons de nacre.

Un a un, il entreprit de défaire ce qu'il avait réalisé juste avant. Un a un, Ashara sentit les doigts de son époux s'affairer sur sa peau jusqu'à ce qu'enfin, son corps soit débarrassé des entraves que représentait le haut de la robe.
Elle glissa ses mains sous ses propres cuisses pour attraper le tissu qu'elle écrasait et se redressa légèrement sur ses genoux, le temps de le faire glisser pour s'en débarasser. Toujours dos à lui, elle retira les mètres de tissus par dessus sa tête et sentit qu'il l'y aida ; ses doigts effleurèrent la peau de ses côtes presque tout du long.
Rattrapée par sa timidité, elle croisa ses bras sur sa poitrine avant de tourner son visage face à lui. Masquée par son épaule, Edric ne pouvait voir que deux éclats d'eau glacée qui le fixait au milieu d'un rideau carmin dont les mèches éparses se perdaient le long de sa colonne vertébrale dissimulée sous sa peau trop pâle, jusqu'à la naissance de ses fesses.

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Edric Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port-Réal pour le Couronnement
MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Mar 7 Aoû 2018 - 23:40

Ces maudits boutons rafraichirent Edric, à moins que ce ne soit la pluie. Ils glissaient, ils lui échappaient, et le Cerf retint des jurons encore plus grossiers. Allait-il être si maladroit ? Allait-il être si furieux ? Le jeune homme expira longuement. Il n'allait pas laisser la hâte lui gâcher ce moment. Agenouillé derrière elle, il aida sa femme à se libérer de la robe comme d'une chrysalide. Robe qu'il jeta sur l'herbe mouillée comme la pauvre mue qu'elle était. La Louve Rouge accaparait toute son attention. Le ciel noir fanait les couleurs et pourtant, ses cheveux et sa peau l'éblouissaient. Edric faillit lui proposer de fermer les yeux pour préserver sa pudeur, mais il n'en avait aucune envie. Ashara avait dit qu'elle n'avait pas peur, et il ne ferait rien qui puisse lui faire peur ; jamais. Lentement, il écarta sa chevelure comme on entrouvre une porte.

- Qui va là ? souffla-t-il, inconscient du sacrilège qu'il commettait peut-être en reprenant les paroles rituelles. Ashara, de la maison Baratheon, poursuivit-il, se délectant de ces mots.

Ces mots qui légitimaient son désir, et pourtant, alors que la peau de son torse touchait celle du dos de la Louve, alors qu'il embrassait son oreille, alors qu'il réfléchissait très bassement à ses prochains gestes, le Cerf ne voyait pas comment il allait pouvoir se présenter devant ces yeux bleus comme une bête en rut. La pudeur le prit lui aussi. Devait-il profiter qu'Ashara ait le dos tourné pour se déshabiller ? Mais pour cela, il devrait se détourner d'elle. Edric ne put s'y résoudre. Avec une lenteur brûlante, il caressa la peau frissonnante de ses côtes ; détacha, l'une après l'autre, ses mains serrées sur sa poitrine, laissant leurs doigts entremêlés, bas sur son ventre, si bas qu'ils effleurèrent sa toison.

Le désir l'encorna, laissant le Cerf désarmé. Edric savait ce qu'il voulait et l'ignorait à la fois ; il avait l'instinct aigu du plaisir qu'il trouverait entre les cuisses d'Ashara, mais une idée vague de ce qu'un accouplement convenable devait être. Devait-il attirer la Louve sur lui et la laisser le délivrer, comme jadis la fille des champs ? Ma foi, celle-là ne s'était pas embarrassée de tant de questionnements, mais Edric gardait de cette unique fois un souvenir avilissant. Devait-il alors s'allonger sur Ashara ? Il lui semblait plus naturel d'être ainsi en contrôle de la situation, mais le Cerf craignait d'être maladroit ; on disait que l'acte de chair était douloureux pour les jeunes filles, la première fois.

Edric ne voulait pas faire mal à Ashara, il ne voulait pas l'avilir ; pourtant, il la voulait, et il devait l'avoir pour donner à leur mariage ce caractère irrémédiable que plus que la bénédiction des Dieux, les Hommes reconnaîtraient. Libérant les doigts de la Louve, il répéta à son oreille :
- J'ai besoin de ton aide. Guide-moi...
Qu'elle le guide dans ces bois sacrés qu'il ne connaissait pas, pour que nulle fleur de givre, il n'écrase sur son passage.

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Ashara Stark
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Mer 8 Aoû 2018 - 14:23

Avec douceur, Edric écarta ses cheveux. Sa voix basse murmura, reprenant les paroles sacrées que juste avant, elle avait prononcé. Qui va là ? Ashara de la maison Baratheon.
Ashara Baratheon. Le nom sonnait joliment dans la bouche du Cerf, alors pourquoi l'écho semblait souillé dans son coeur ? Etait-ce parce que le mariage n'était pas officiel ? Parce qu'il n'y avait pas de barral ?
Non, la Louve comprit simplement qu'en épousant cette nouvelle maison, elle perdait la sienne. De Louve, elle devenait Biche et il lui sembla qu'on l'amputait d'une part d'elle-même.
Elle désirait Edric plus que tout au monde, elle voulait ardemment être son épouse, mais elle n'avait pas considéré que se faisant, elle devrait abandonner sa meute, son clan.
Il fallait qu'elle conjure son ressenti pour qu'il ne vienne pas gâcher l'instant présent et sans le faire exprès, Edric l'y aida.
Dans son dos, elle sentit le contact de sa peau contre la sienne, le toucher délicat de ses doigts sur ses côtes, son souffle dans son cou lorsqu'il embrassa son lobe. Elle frissonna, sa peau toute entière se parât d'une chair de poule incontrôlable qui lui fit oublier ses maux en un instant. Il détacha une à une ses mains, mêlant ses doigts aux siens, la déshabillant de ses bras. Elle le laissa faire, elle s'offrit sans retenue comme il le souhaitait parce qu'elle était à lui et que son appartenance n'avait pas de limite.
Les yeux clos, le souffle légèrement plus court, elle inclina naturellement la tête sur le côté pour lui laisser libre l'accès à son cou. Offerte, comme la biche qu'elle était devenue.
Son corps l'intimait de réagir, la poussait à venir le toucher, à venir prendre elle aussi, ce qui lui appartenait. Sans peur avait-elle dit, il lui faudrait assumer son désir même si elle ignorait encore comment il se manifesterait.

Edric la relâcha alors et à son oreille murmura à nouveau. Il voulait qu'elle le guide, mais elle ne savait pas comment faire n'ayant jamais connu d'homme, elle était peu informée sur la question.
Elle se sentit déstabilisée et chercha dans ses souvenirs les connaissances qu'elle aurait pu puiser en la matière. On lui avait appris les mots à prononcer, expliquer le déroulement des noces, sans jamais entrer dans le détail de l'intimité, comme si cette partie n'appartenait qu'à l'époux. En dehors des mises en garde d'Etaine sur l'acte en lui-même et d'une image vague du passé lorsqu'elle avait surpris son frère avec une jeune femme, rien ne lui vint.
Pourquoi Edric la laissait-elle décider de la marche à suivre ? Avait-il peur d'être indélicat ? Rien de ce qu'il pourrait envisager ne le serait.

Elle se tourna face à lui et osa un sourire timide en posant sa main sur son torse à hauteur de son coeur, geste qu'elle voulu rassurant alors qu'elle murmurait :

- Une seule chair, un seul cœur, une seule âme, à présent et pour jamais. 

Mot pour mot, les paroles prononcées par le Septon qui les avais uni. Ils étaient un et n'avaient pas besoin de rougir de quoique ce soit. Elle retira la botte du Cerf et la jeta plus loin. Consciente qu'il la regardait toujours dans sa totale nudité, ses yeux clairs cherchèrent les siens pour les ancrer en elle et pour éviter qu'il ne regarde ce à quoi elle s'affairait. De ses mains novices, elle détacha le lien de ses braies sans oser regarder, concentrée sur ce visage aux traits qu'elle trouvait parfaits, sur ce regard qui reflétait son âme sans filtre et sur se souffle qui sans qu'elle ne puisse le contrôlait, s'accélérait.
Il y avait une sorte de communion tacite dans l'acte qu'ils s'apprêtaient à effectuer, cet acte de chair, primaire, presque bestial qui scellerait leur union aux yeux des Dieux et des Hommes.
Poussée par l'instinct ancestral qui dictait ces gestes, elle écarta autant que possible le tissu pour libérer sa virilité et se rendit rapidement compte que assis de la sorte, elle ne pourrait retirer la totalité des braies. Dans sa hâte et dans sa maladresse, le revers de sa main butta légèrement sur le membre dressé, la surprise et la gêne furent telle qu'elle retira ses doigts comme si elle s'était brûlée.
Dans son regard, elle vit qu'il ne lui en voulait pas. Mieux que cela, elle vit le désir qui brûlait au fond de lui, aussi vif et aussi impatient que le sien. Rassurée, elle avança ses bras vers lui pour mieux les enrouler autour de son cou en se redressant sur les genoux. Sa bouche rencontra la sienne dans un soupir haletant prêt à les emporter tous deux.

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Edric Baratheon
ORAGE
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Ven 10 Aoû 2018 - 1:23

Ashara se retourna contre lui. De sa peine et de sa stupéfaction, le Cerf ne sut jamais rien. Il ne les lut pas dans ce nouveau serment. Il ne les lut pas dans ces yeux que la Louve accrocha aux siens, tandis qu'elle achevait de le déshabiller. Ça n'était pas ce qu'il lui avait demandé. Edric s'en voulut de l'avoir poussée à s'abaisser ainsi, mais il ne fit rien pour l'arrêter, parce qu'il ne voulait pas lui laisser croire qu'elle faisait mal, même lorsqu'elle le toucha par accident. Une part de lui répugnait à ce que la Louve touche sa virilité, parce que c'était indigne ; mais une autre, plus forte, brûlait qu'elle pose ses mains sur lui. Une part de lui lui en voulut de tressaillir ainsi ; l'autre oublia tout lorsque la Louve se pendit à son cou.

Ses lèvres s'écrasèrent sur ses lèvres, ses seins sur ses seins, ses hanches sur ses hanches quand le Cerf les attira à lui dans un mouvement irréfléchi. Ashara referma ses jambes sur ses fesses, desquelles ses chausses avaient glissé, et il bascula sur elle, accompagnant sa chute sur la couverture. Maladroitement, les avant-bras du Cerf, qui le soutenaient désormais au dessus d'elle, écrasèrent les cheveux répandus d'Ashara ; précipitamment, il se débarrassa des chausses qui lui entravaient les genoux, en se tortillant. Maladroites et précipitées, ses caresses ne le furent pas. De sa main libre, Edric caressa le cou d'Ashara, le sein d'Ashara, la cuisse d'Ashara, la fesse d'Ashara, et Ashara le caressait lui aussi, et Ashara l'embrassait de telle manière qu'il n'hésita plus à peser sur elle.

- C'est la première fois... souffla-t-il en suspendant leur baiser, mais il resta proche de ses lèvres, fidèle à ses yeux lorsqu'il trouva son chemin en elle.
Le plaisir fut pour lui instantané, mais elle, il la sentit rapidement se raidir. Saignait-elle déjà ? Devait-il s'arrêter ? Edric caressa son visage qu'elle lui dérobait, et continua à contrecœur, car mieux valait sans doute en finir plutôt que de devoir recommencer.
- C'est la dernière fois... gémit-il en caressant sa joue baissée, promettant à la Louve tout à la fois, qu'elle serait la dernière femme qu'il connaîtrait, et que ce serait bientôt terminé.

Mais le corps de la Louve se détendit, et sa jouissance devint moins coupable, sa jouissance s'épanouit quand elle sentit la communion qui les reliait désormais. Ashara avait relevé son visage vers lui, Ashara cherchait ses lèvres à nouveau, et Edric les lui donna. Il n'y avait pas de mots, il n'y avait plus de morale, uniquement des sensations, des couleurs sous les paupières mouillées, des bruits - tonnerres intimes - qui leurs échappaient, des odeurs qui émanaient de leurs corps et de la terre humides. Même les Dieux fermaient les yeux. Les Dieux n'étaient pas invités.

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Ashara Stark
NORD
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MessageSujet: Re: (FB) Riding the wind   Ven 10 Aoû 2018 - 16:46

Soudain, il n'y eut plus ni hésitation ni réflexion. Les corps parlèrent pour eux les menant l'un vers l'autre comme si ce chemin avait toujours été le seul envisageable. Mue par un instinct inné, Ashara se rapprocha au plus près du corps de son amant, leurs bouches se trouvèrent, leurs langues se mêlèrent dans ce langage propre à ceux qui s'aiment et qui n'est compris que d'eux.
Comme Edric l'attirait à lui, elle ne fit montre d'aucune résistance, complètement abandonnée à sa volonté mais aussi à celle de son propre corps, elle obéit, docile aux murmures de sa conscience et aux tambours de son coeur qui pesaient bien trop lourd en écho de ceux du Cerf.
Peau contre peau, elle resserra son étreinte allant jusqu'à enrouler ses jambes autour de lui. A ses tempes, un bourdonnement incessant auquel elle n'était pas accoutumée, à ses reins, une chaleur brûlante qui irradiait jusqu'à l'intérieur de ses cuisses.
L'instant d'après, ils basculaient ensemble sur la couverture. Le choc de son dos sur le sol lui coupa la respiration à moins que ce ne soit cette douce appréhension qui venait de l'étreindre alors que leurs regards se croisaient. De ses cheveux coincés sous ses avant-bras, elle ne se plaignit pas parce qu'elle n'osait pas bouger, parce qu'elle attendait avec une impatience et une envie non dissimulée que le temps s’arrête et que les Dieux les bénissent enfin d'une union de chair.

Mais des Dieux il n'y eut rien, pas même un murmure alors que le temps sembla s'étirer à l'infini jusqu'à se figer dans l'orage grondant. La foudre s’abattait plus loin, la pluie tombait toujours mais Ashara y étaient totalement hermétique. La moindre parcelle de son corps se tendait, comme aimantée dans la direction que Edric imposait.
Aussi lorsqu'il caressa son cou, elle inclina la tête et ferma les yeux un instant, lorsqu'il caressa son sein, elle se cambra un peu plus pour mieux soulever sa poitrine afin que la main chérie recouvre entièrement sa courbe et lorsqu'il caressa sa cuisse et sa fesse, elle dût se retenir de se tortiller pour en découvrir plus. Elle aussi le caressait, sans maladresse mais avec une tendresse renouvelé à chaque fois que la pulpe de ses doigts rencontrait sa peau, lissant les liés et les déliés, elle épousait du creux de son dos et galbe de ses fesses.
Elle emprisonna un soupir gémissant en l'embrassant à nouveau, comme s'il lui était impossible de le réprimer tout à fait. Ce fut lui pourtant qui rompit leur baiser. Complètement bouleversée par toutes ses émotions nouvelles, elle ne comprit pas tout de suite ce qu'il lui soufflait. Le souffle en lui-même avait plus de poids que n'importe quelle parole à ce moment là, de la même manière que le regard qu'ils partageaient était plus puissant que tous les mots prononcés.

Elle s'y accrocha à ce regard, sans le quitter une seule fois tandis que lentement, il la faisait sienne. Le hoquet de surprise qui s'empara d'elle en même temps que la douleur chatoyante dans son bas ventre aurait pu tout balayer. Sans qu'elle n'en contrôle rien, elle sentit ses avant-bras et ses doigts se crisper dans le dos que juste avant elle caressait, alors elle détourna le regard pour qu'il ne puisse pas voir cette étrange réaction, propre à la déchirure de sa féminité qu'elle même ignorait jusqu'alors. Non, elle ne voulait pas voir de peine ou d'inquiétude sur ce visage, alors elle ferma les yeux un instant pour mieux calmer son corps, que son esprit mais aussi les caresses que Edric persistait à lui donner apaisait.
Dans les vagues de va-et-vient qui s'échouaient entre ses cuisses, la douleur gênante devint de plus en plus diffuse comme si son corps s'était habitué enfin à cette nouveauté, comme s'il avait réalisé qu'après cette expérience, le meilleur restait à venir. Et c'est ce qui se produisit.
Bientôt, il y eu un début de plaisir, une réponse correcte à tout ce que son corps avait souhaité ardemment jusqu'alors et qui justifiait qu'il l'ait tant pressé pour y parvenir.
Bientôt, Ashara réclama de nouveaux baisers, échappa de nouveaux soupirs appuyés jusqu'à devenir gémissements délicats.
Ensemble, à leur corps dansant, ils s'abandonnèrent l'un dans l'autre où se mêlaient leur amour mais aussi, la tendresse et la promesse d'un après qui n'appartiendrait qu'à eux.

La chaleur devint plaisir et le plaisir devint jouissance, bouquet de sensations colorées et odorantes qui saturaient la compréhension de son cerveau. Dans cette symphonie naturelle où la pluie et l'orage jouaient la partition, Edric et Ashara donnèrent de leurs propres voix avant de s'échouer dans un final éclatant qui les laissa haletant, les yeux clos perdus encore pour un instant dans ce monde onirique qui les liait désormais.
Si elle sentait le poids de son époux peser sur elle, Ashara ne s'en plaignit pas. Récupérant son souffle lentement, elle était attentive aux battements de son coeur qui récupéraient leur rythme régulier. Ses doigts caressaient avec nonchalance, le large dos de Edric, créant des arabesques autour de sa colonne vertébrale.
Il se redressa légèrement au dessus d'elle, reprenant appui sur ses avant-bras et elle posa sur lui un regard flou ainsi qu'un sourire tendre, conquis.
Se souvenant de ses paroles après-coup, elle lui murmura encore confuse :

- Je ne veux pas que ce soit la dernière fois.


Alors son sourire s'élargit et elle rit doucement sans se soucier de la mauvaise interprétation qu'elle venait de faire, sans se soucier du sang qui lentement, au rythme de leurs mouvements, s'était répandu entre eux. Elle voulait encore sentir l'odeur de sa peau et le goût de sa bouche, la chaleur entre ses cuisses qui avait fait disparaître l'appréhension et la douleur, le plaisir de le sentir en elle comme celui de se sentir faisant parti d'un tout, d'un univers unique qui se composait seulement de eux deux.
Donjon Rouge était loin, sa famille n'existait plus, tout comme Westeros. Il n'y avait plus que lui, elle et la pluie. Adoptée de l'Orage, elle se fondait en lui.

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