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 (FB) A la guerre comme à l'amour

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Catelyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Donjon-Rouge, Otage de la Couronne.
MessageSujet: (FB) A la guerre comme à l'amour   Mar 6 Fév 2018 - 13:20


Roslinn & Catelyn

A la guerre comme à l'amour


Sur la balustrade du troisième étage, ses yeux rapaces scrutent les vas-et-viens des préparatifs. Une chorégraphie bruyante de serviteurs et nobles apathiques. Apathiques car, quand son coeur n’est plus qu’un asphodèle, ils sont assez absurdes pour se réjouir de demain. Abandonnée par son bourreau, elle laissent ses doigts pitonner la pierre fraiche. Pour fille d’intendant, elle était condamnée à vivre dans l’obscurité. Cette fleur d’or qui vient de loin n’est pour elle qu’une chrysanthème. Une efflorescence qu’il faudrait nourrir jour après jour. Oui, aujourd’hui, demain et les jours suivants, du haut de ces dix-huit années il lui faudrait danser pour célébrer cette mort qu’on lui inflige. Céruléenne dans sa longue cotte de nacres d’argent, grande perdante, c’est un glaive qu’on lui enfonce dans les entrailles. Un glaive de terre et de ronces, propriété de petit-bourgeois. Dans l’ombre de la pile ancestrale, personne ne la remarque. Caméléon de ces murs, elle s’y fond pour s’y oublier. Cette forteresse était celle de sa famille et elle aurait du être sienne. Catelyn Arryn était la seule femme de Westeros à avoir assez de dignité pour en être la châtelaine éponyme. L’Unique. Non cette petite provinciale de Roslinn Tyrell. Quels courants obscurs l’avaient amenés jusqu’ici… ses lèvres closes colorées au vermillon d’été maudissent les peuples de la Montagne. Et eux ! que ne s’étaient-ils rendus utiles pour une fois. Ses doigts continuent de batailler le marbre mais, dans le brouhaha peu habituel des Eyrié, personne ne les entends. Tous s’affairent à leur traitrise, tous l’ont déjà oublié. Les lourdes portes perdues dans les hauteurs s’ouvrent, grincent, claquent. Jamais elle n’avait autant détesté le haut perchoir des Faucons. Demain, aurait lieu le mariage suzerain et elle… Sa poitrine se gonfle et s’ouvre un peu plus. Ses lourdes bagues aux attributs des siens se percutent sur le parapet. Elle n’avait jamais été autre que dévouée aux siens et voilà comment on la remerciait. Châtiée. Qu’était-il passé dans la malheureuse tête de Martyn pour lui demander de devenir la dame d’atour de sa future épouse? Lectrice, s'il pouvait être pire. Ah !, la voilà, elle, destinée à trôner sur le siège de Barral, élevée dans ce seul but, réduite à la méprisable condition de liseuse. Un rire perfide émane de ses lèvres entrouvertes. « Allons, Cat, ce visage ne vous sied pas. » « Tais-toi. Ce n’est pas toi qui va devoir faire office de marotte. » Comme d’ordinaire, il rit. Il se moque d’elle avec cette nonchalance caractéristique. Il lui faut se mordre l’ivoire des dents pour ne pas déverser toute sa colère. A grandes peines, il lui faut penser que cela ne changera rien. Inéluctables sont les aurores à venir. « Ce n’est pas moi que ça dérangerait, la soeur d’Oberyn est une vraie beauté. » Ses avant-bras s’accoudent aux côtés de ses paumes. Lui aussi a vêtu ses plus beaux habits de cérémonie, il serait presque appréciable si il ne pouvait s’empêcher d’ouvrir sa grande bouche. Grande bouche pleines de pensées insidieuses et piquantes. Au fond d’elle, la fille du prince le sait. Ser Rougefort est comme les dizaines d’autres à ses pieds, mais aucun d’eux n’est son cousin. Aucun ne serait jamais Martyn. De longs moments ils restent ainsi, tous d’eux perdus dans leurs pensées secrètes. Ils observent sans réellement le faire l’animation des étages et deviennent les statues de marbre veiné de bleu, si chères au château. Son corps, emprisonné dans sa cage d’argent, se penche vers ses mains. S’approchant de lui, elle créé la facétie d’une intimité. Elle avait longuement pensé à Jace ces dernières semaines. Elle penche sa tête tressée sur son épaule, s’y apposant sans réellement s’y reposer. Il avait été le premier à ne pas comprendre comment Martyn, leur frère, pouvait infliger ça à la Belle. Quelque part, en silence, il partageait sa peine… mais une autre part, moins aphone, laissait entendre son désir grandissant. Un désir qu’elle avait compris depuis des années, depuis que ses hanches étroites avaient laissé place à des courbes harmonieuses. Et il y avait une certaine verdeur à savoir que cette proximité n’était pas souhaitée par Martyn… Puisqu’il le désirait, lui Sire de ces terres, elle prendrait part au jardin de la Rose. Un ordre familial auquel elle ne pouvait pas se dérober. « Demain, tu resteras à mes côtés. Jace… dis-moi que tu resteras à mes côtés? » Pour seule réponse, il laisse sa tête choir sur la sienne. Infertile est l’homme qui espère et Catelyn sourit seule face au vide. Dans la vie, on ne revient jamais en arrière. On avance. On avance sans jamais ne ployer. Pour eux tous, elle resterait cette innocente fleur, l’adorable Chaton du Val, mais de cet éden elle serait l’hydre caché. 




☾ ☾ ☾





Dans la chambre de marbre blanc, la bientôt épousée est en train d’essayer une robe. Tyene la regarde avec le peu de joie qui reste en coeur endeuillé. Une Louve loin de la meute, seule dans des montagnes acrimonieuses. Ses filles loin d’elle, son époux arraché, il est difficile de définir la peine qui doit être sienne. Les servantes, déjà, murmurent que ses crises mélancoliques sont trop grandes et que la Dame s’apprête à sa propre mort. En silence, Catelyn lui adresse une révérence profonde. La disparition de son oncle Jace avait été une épreuve difficile pour tous. Si Martyn avait été préparé depuis sa naissance, et auprès du meilleur homme possible, cette mort était synonyme de mauvaise augure. La présence précipitée de la fille de Mors en était la plus belle illustration... « Oh, ma chère enfant… » N’attendant pas un mot de plus, le Chaton avale les quelques enjambées qui la sépare de la pauvre femme. Ses bras s’enroulent autour des frêles épaules et les embrassent avec amour. Nul doute que la mère esseulée devait attendre avec piété la moindre informations sur sa fille aînée, la plus chérie. Déposant sur sa tempe tourmentée un chaste baiser, la fille d’Elbert arbore son plus beau sourire. Si elle en avait longtemps voulu au feu Sire des Eyrié pour cette double alliance insipide et peu stratège, aucune rancune ne venait étioler le lien étroit qu’elle avait tissé avec la Suzeraine douairière. « Comment vas-tu douce mère? » Elle n’avait jamais réellement considéré Tyene comme sa mère, mais ce mot apportait une consolation aux deux femmes. L’une parce qu’elle n’avait aucun souvenir maternel, l’autre parce que ses filles lui manquaient avec amertume. Une autre raison était que Catelyn avait toujours été persuadée qu’elle la deviendrait et, pendant de longues années, cette pensée avait du être partagée par la veuve… Tyene hoche la tête, sans réel sourire sur les lèvres. Un jour de plus à survivre. Et, comme si soudain elle se souvenait de la raison de sa visite, Catelyn se fond dans une nouvelle révérence. Gracieuse dans sa robe noblement valoise qu’elle avait dessiné elle-même. C’était un jeu, comment aurait-elle pu oublier son rôle? « Dame Roslinn, je suis ravie de vous revoir. La nuit fut-elle paisible? » Laissant sa main sur l’épaule de sa tante, par besoin de forces ou par angoisse de la voir s’éteindre, elle sourit à la bourgeoise. Le convoi bieffois était arrivé hier, dans la soirée, toute la Maison lui avait été alors présentée mais les choses avaient été précipitées. « Il doit être étrange de dormir dans un nouvel environnement. J’espère que la hauteur ne vous effraie point… n’est-il pas ma tante? » Un regard rieur en souvenir des confidences de la Stark lors de ces premières nuits aux Eyrié. Peu de westerois étaient habitués, voire habilités, à prendre leurs aises aussi haut perché. La douairière hoche la tête, un sourire lointain aux lèvres, qui sait quels souvenirs tairaient à jamais son vieux coeur? La laissant à ses rêveries oubliées de tous, Catelyn s’approche de la Tyrell pour serrer ses mains. « Je vous aiderai, n’ayez pas peur. » Au-dessus des nuages, la chambre royale est si haute qu’elle semble perdue dans le bleu azuré. D’ici impossible de voir le sol, c’est comme un vol sans fin. Les légendes racontent que les faucons des reines d’antan avaient pour habitude de venir les chercher à ses baies vertigineuses. Ses mains sont chaudes, tellement terriennes que s’en est douloureux et blessant. Roslinn n’avait pas l’étoffe pour le rôle qui l’attendait. « C'est un honneur que de pouvoir vous rencontrer personnellement. » A la guerre comme à l'amour, on perd un peu toujours.

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MessageSujet: Re: (FB) A la guerre comme à l'amour   Dim 18 Fév 2018 - 20:04


C’est au-dessus de sa future belle-mère que se trouvait le voile de la mort. Son état inquiétait ses proches. Sa folie la faisant sombrer dans une obscure maladie. Faible, presque sans vie, elle semblait pourtant ne pas vouloir quitter ce monde si tôt. Dure arrivée que celle-ci et la Rose ne s’était pas attendu à un accueil de cet effet. Une future belle-mère souffrante, malade et proche de la mort. Un mari qui, par ricochet pouvait s’en trouver peiné. Elle était à une bien mauvaise place, mais faisait mine de ne pas sembler atteinte par cela.

Et pourtant elle était bel et bien là, au Val d’Arryn. Elle, la Tyrell en terre inconnue. Le paysage, bien différent de celui du Bief, verdoyant et généreux, avait désenchanté la jeune femme. Pourtant, la Tyrell savait bien que les terres du Val n’étaient pas aussi clémentes que sa terre natale. Un paysage froid et rocailleux s’était alors soulevé sous ces yeux. Une terrible déception, doublé d’un pur mirage. Un château haut et impressionnant niché au creux des Montagnes de la Lune. A la fois désappointant et étonnant. Les nuages, d’un blanc lactescent, venaient même interrompre cette lancée vers les cieux. Où donc se terminait le château de Les Eryés ? avait-elle pensé. Le chemin étroit pour y accéder avait donné quelques sueurs froides à la Rose. De chaque côté, le vide semblait la menacer d’y sombrer, réels abimes de roc. Obligeant le convoi bieffois à se diviser en petits groupes pour marcher les uns derrière les autres, Roslinn pensa alors que cette dissemblance rendait le château difficilement attaquable.

L’arrivée de Catelyn la sortie soudainement de ses rêveries. « Dame Roslinn, je suis ravie de vous revoir. La nuit fut-elle paisible? »

Comment lui dire que non, la nuit n’avait pas été paisible. Loin de là, d’ailleurs. La fleur du Bief s’était tournée et retournée inlassablement dans ses draps sans que le sommeil ne vienne. C’est qu’au bout de longues heures d’attente, qu’enfin, le sommeil l’avait envahi. Son mariage avec Martyn Arryn avait occupé son esprit et ses pensées. Loin de la laisser s’assoupir, elle avait médité un peu trop sur la question.

« Lady Catelyn, vous m’en voyez également ravie. » La nuit dernière lui revenait à l’esprit. Son repos, bien trop court, ainsi que son esprit, bien trop occupé. « Je ne m’attendais pas à une nuit meilleure. J’ai peu dormi, vous vous en doutez... » Pourquoi mentir alors que les cernes sous ses yeux pouvaient la trahir ?

« Il doit être étrange de dormir dans un nouvel environnement. J’espère que la hauteur ne vous effraie point… n’est-il pas ma tante? »


Son regard se posa un instant sur la mère de Martyn. Roslinn n’avait pas tenté de s’approcher de la fenêtre et avait remis cela à plus tard. Sans même s’approcher de celle-ci, elle n’avait de vu que le ciel et les montagnes à travers la vitre de verre. Rien d’autre…

« C’est impressionnant, en effet. J’imagine que l’on s’y habitue avec le temps… »

« Je vous aiderai, n’ayez pas peur. »

La gentillesse de Catelyn ne la surprit pas forcément.

« Ce n'est pas de la peur qui m'habite. Je dirai que je ne sais rien de la vie qui m'attend... C'est ce qui est le plus difficile. J’aspire d’abord, à découvrir les gens des Eyriés, de ses contrées et découvrir ce que le Val a à m’offrir. Et vous également... les proches de Martyn.»

Elle portait sur son visage un air angélique. La Rose du Bief préférait tout de même ne pas lui donner une confiance aveugle seulement parce qu’elle était accueillante. Seul le temps lui dirait si Catelyn était une personne fiable et honnête.

« C'est un honneur que de pouvoir vous rencontrer personnellement. »

« Il me semble que vous allez être souvent à mes côtés. Je vous remercie d’avoir accepté d’être mon accompagnatrice attitrée et ma lectrice, de surcroît. »

La cousine de son futur époux était charmante aux premiers abords, comment ne pas l’être en retour ? Son minois angélique, ses yeux de biche, ses cheveux blonds, tout était présents pour y croire. Fausse ou pas, elle jouait bien son rôle d’accueil. La veille, après son arrivée aux Eyriés, toute la Maison lui avait été alors présentée. Beaucoup de monde, beaucoup de noms qui s’étaient emmêlés dans son esprit. En revanche, elle avait bien retenu les noms de Tyene, Catelyn et Etaine, les personnes les plus proches de Martyn Arryn. Elle espérait que leurs relations seraient bonnes, ou défaut de l’être, qu’elles seraient au moins courtoises.

Elle ne répondit rien. Elle esquissa simplement un sourire.

« Vous m’assisterez pour demain, m'a-t-on dit ? »


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Catelyn Arryn
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MessageSujet: Re: (FB) A la guerre comme à l'amour   Mer 21 Fév 2018 - 16:29


Roslinn & Catelyn

A la guerre comme à l'amour


« Il me semble que vous allez être souvent à mes côtés. Je vous remercie d’avoir accepté d’être mon accompagnatrice attitrée et ma lectrice, de surcroît. » Catelyn presse un peu plus les mains de la Tyrell, bien évidemment qu’elle avait accepté. Quoique la désignation ‘‘accompagnatrice attitrée’’ associée à celle de ‘’lectrice’’ soit encore douloureuse à entendre. Elle le serait toujours. Néanmoins, elle n’avait pas le choix. Bien évidemment, elle aurait pu se dérober à la besogne, prétextant qu’elle était en âge, elle-aussi, de trouver un époux et, en conséquence, qu’il était donc préférable pour elle de rester aux Portes de la Lune… mais cette faible excuse n’aurait été tolérée par aucun membre de la Maison Arryn. Celle qu’on appelait le Chaton du Val était le doux rayon lumineux des pics isolés, on comptait sur elle. Non, elle n’avait pas eu le choix. Désormais le marbre bleuté des Eyrié serait sa prison princière. Pour un oiseau qui ne désirait que prendre son envol, une cage magnifique. « Pour être honnête, je n’ai pas vraiment eu le choix… vous comprendre très vite, milady, que votre futur époux mon cousin peut se montrer très déterminé... » Une moue de moquerie passe sur ses joues, encore pulpeuses d’une porte de l’enfance à peine franchie, personne ne pouvait résister à Martyn. A Martyn ou à Elbert, c’est que le chevalier légendaire avait le don d’effrayer même en restant immobile ! Lâchant ces mains trop chaudes, pas encore acclimatées à la fraicheur nécessaire ici haut, elle continue : « mais je suis heureuse de pouvoir rencontrer un membre de l’illustre Maison Tyrell… je n’ai pas beaucoup voyagé. Ma mère nous a quitté très tôt et mon père m’a gardé jalousement près de lui. On dit que Hautjardin est le plus bel éden sur cette terre, est-ce vrai? » Si ses yeux pétillent d’un malice ce n’est que parce qu’elle sait, en son coeur pur et honnête, que le plus bel endroit du monde se trouve ici même. Le perchoir azuré des Faucons. Contre toute attente, mentir n’est pas si difficile… c’est comme quand elle brode. Il suffit de s’appliquer à suivre des points logiques, imaginatifs mais toujours ancrés dans la vérité de la vision. Elle y arriverait, quand bien même elle devrait y laisser quelque bienheureuses plumes, elle y arriverait. L’inconnue rivale qui se tenait devant elle était belle, d’une beauté presque insolente tant elle semblait exotique perdue dans cette région, mais Catelyn la dominait d’au moins presque six pouces. Une manière de garder un peu de hauteur sur cette situation périlleuse.

« Vous m’assisterez pour demain, m’a-t-on dit? » Le sourire de la Rose est timide et la Valoise comprend que l’étrangère doit se sentir bien seule. Alors, malgré toute la violence qu’elle s’était infligée pour rester indifférente au sort de la fiancée, elle lui adresse un petit sourire de connivence. Léger, discret, il lui dit que tout ira bien. Il lui murmure que eux, ces étrangers curieux, seront bientôt familiers. « Et dès aujourd’hui, si vous le souhaitez… bien évidemment. Je ne veux pas vous imposer ma présence, tout ceci est un peu inaccoutumé pour moi également. » D’un regard connaisseur, elle observe les nombreux coffres, caisses et autre bagages qui jonchent le sol de la pièce. Curieuse, elle ne peut s’empêcher de se demander ce que ce qu'ils recèlent comme riches trésors. Tous les voyageurs et les bardes itinérants s’accordaient à dire que la cour des Intendants rivalisaient de fastes et de magnificences avec l’ancienne Cour royale des Lions du Roc. Sa lèvre inférieure frissonne d’une envie de dont tous parle, nul doutes que la soeur cadette d’Oberyn se sera exilée de ses terres avec fortune ! Malgré que tout en elle appelait à l’amabilité, la continence et la mesure… elle restait une Tyrell. Etaine lui avait dit que c’étaient des personnes trop ostentatoires et clinquantes, que tout passait par l’apparence. Catelyn n’avait pas encore pu déterminer si ces paroles émanaient d’une réelle vision -quoiqu'elle le croyait déjà avec fermeté- ou si il y avait une quelconque tristesse à savoir sa soeur, Leandra, désormais aussi loin. Après un silence quelque peu inconfortable, elle inspire profondément. Allons, tout ceci ne pouvait pas être évident pour aucune d’entre elle et si elles attendaient que Tyene leur viennent en aide… elles seraient poussières bien assez vite. « La baie, d’une main gracieuse elle montre l’ouverture géminées principale, n’est pas dirigée vers vos terres natales… mais, par temps clair et sans nuage, vous aurez la chance de voir le Détroit. La tradition orale dit que certains de nos ancêtres ont réussi à voir jusqu’au désert blanc de la mer Grelotte ! Avec un peu de chance ce sera votre cas aussi… »



Les Eyrié était un château petit, mais complexe. Construit en équilibre en haut de la Lance du Géant, sur un pic rocheux dangereux, la configuration était inhabituelle aux autres. On n’y trouvait pas la même disposition des habitations et commodités. Tout avait été inventé pour siéger et vivre sur le toit du monde. Certains disaient qu’il ressemblait à un château de glace et qu’il fallait un coeur accroché pour y accéder sans trépasser. Pourtant, à l’intérieur, on pouvait y savourer un luxe millénaire unique. Les voûtes, sur un fond bleu royal, étaient constellées d’étoiles d’or et argentées représentants les différents solstices et constellations. Perdues dans les nervures et arc-brisés, des fresques aux couleurs froides figuraient les illustres fondateurs et ancêtres des membres actuels. Une iconographie difficile d’accès pour quiconque n’avait pas l’esprit assez civilisé aux lois célestes. Ailleurs, on pouvait voir différentes représentations de la Lune mère et des Faucons géants. Les plus connus avaient leurs propre statuaire, logée dans des pinacles précieux. Tant de secrets, tant de choses qu’elle devait lui faire découvrir. Ni son père, ni Martyn, ne lui avait demandé de le faire… mais c’était des hommes quelque peu bourrus et perdus dans leurs propres préoccupations. Leurs âmes chevaleresques avaient tendance à oublier la délicatesse dont une femme avait besoin. Dans le silence du jour, on entend au loin le chuchotement rassurant de la cascade des Larmes d’Alyssa. Si haute, si noble que l’eau disparaissait avant de trouver le sol. C’est pour cette raison qu’on avait surnommé le deuxième poste de garde Neige, car il était toujours dans des brumes blanches éternelles. Mystérieuses et inquiétantes, elles cachaient au visiteur la suite du périple. A l’instar des légendes, il devait accepter de traverser à l’aveugle, dans un mirage, pour accéder au dernier chemin aérien. La suite du long trajet se faisant à l’intérieur même de la pierre, dans le coeur de la montagne, lumineux seulement par des pierres de lune. La fille du prince ne pouvait s’empêcher de se questionner sur les interrogations terribles qui avaient du naitre dans l’esprit de la voyageuse. Les habitants du Val, fidèles à jamais à la majesté des lieux, demeuraient des fins connaisseurs du chemin si bien qu’ils en oubliaient l’aventure périlleuse qu’il pouvait être. « Si vous souhaitez avoir une vue dans la direction du Bief, je vous y emmènerai. C’est dans une autre tour du château. Puis, quand le désir sera vôtre, je vous en ferai la visite. » A vrai dire, rien ne lui ferait plus plaisir ! Ce serait d’ailleurs, probablement, la partie la plus heureuse de sa nouvelle mission : narrer et raconter les histoires légendaires du passé. 


D’un coup ses yeux glissent vers sa tante, Tyene, qui émet un bruit flegmatique. Un clin d’oeil à la Rose fragile et elle recule vers la vieille et folle princesse. Passant un bras par dessus son épaule, la ramenant vers elle et la vivacité de sa jeunesse, Catelyn fait un signe à Roslinn de les rejoindre. Nul doute que la mère avait du paraître fortement singulière à la Bieffoise… comment aurait-il pu en être autrement? Si le corps de l’ancienne suzeraine était encore présent physiquement, tout le reste avait disparu. « Ma cousine, peut-être pourriez-vous nous parler un peu de Leandra? Comment occupe-t-elle ses journées? Elle a bien du laisser quelques mots à nous transmettre, elle a toujours été si attentionnée… » « Mon aînée a toujours eu cette complaisance, il est vrai. » Il était rare, désormais, de voir celle qui avait un jour été couronnée des tous les Astres aligner autant de mots. Ce jour était béni et Catelyn encouragea la fiancée à parler. Peu importait qu’elle mente, invente ou enjolive la vérité tant qu’elle apportait un peu de douceur à la veuve. Ce serait son premier pas pour entrer dans leur famille car, quand bien même elle était déséquilibrée dans son mental, Martyn avait une affection particulière pour sa mère.

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