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 Des Monts du Faucon à la Cité du Dragon

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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Des Monts du Faucon à la Cité du Dragon   Mer 7 Fév 2018 - 0:27

Des Monts du Faucon à la Cité du Dragon.

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La Fureur des Flots fendait les eaux sombres de la Baie des Crabes, se dirigeant plein nord après avoir cinglé bâbord amures durant plusieurs heures, profitant d’une bonne brise marine qui s’était levée après que la cogue eût dépassé les Murmures et le cap Celtigar. Les jambes légèrement écartée pour pouvoir contrôler son équilibre malgré la houle, les mains croisées dans le dos, Valyron Tyvaros, Maître des Chuchoteurs de Sa Majesté Jaehaerys premier du nom regardait avec une certaine fascination les hauts monts du Val déchirer l’horizon alors que le port de Goëville se faisait plus proche. Marchand de formation, Valyron avait toujours eu le pied marin. Son père, Vaekar de Mantarys, était l’un des négociants les plus en vue de la cité éponyme, ultime vestige de la grande métropole valyrienne qui avait été déchirée par le Fléau. De cette puissante et jadis prospère péninsule ne restaient désormais plus que trois anciennes villes de provinces de la région du Nord de la Valyria : Mantarys, la plus grande, sur la Route des Démons, le port dynamique de Tolos et enfin l’île fortifiée d’Ellyria. Toutes trois faisaient face aux mythiques cités d’or de Mereen, Astapor et Yunkaï. Elles étaient les ultimes gardiennes d’une Valyria défigurée par les volcans et la ruine, faisant face aux restes de l’Iles aux Cèdres, dont les villes ghiscaries avaient été englouties par le raz-de-marée qui avait suivi l’effondrement de la toute-puissante Valyria.

On avait toujours trouvé de tout chez les de Mantarys : épices, bijoux, esclaves, matériaux rares, nourriture, le vieux Vaekar ne faisait guère de difficultés. Alors, quand son fils unique avait été en âge d’apprendre le métier, il l’avait envoyé convoyer des marchandises aux quatre coins d’Essos. Rapidement, Valyron avait visité les Cités Libres et apprit le jargon de chacune d’entre elles : parlant couramment le Haut-Valyrien – langue sur laquelle étaient basés tous les idiomes locaux – cela ne lui avait guère posé de difficulté. Et à chaque fois qu’il approchait d’une nouvelle terre, ce même sentiment, cette même impatience de savoir à quoi ressemblerait ce nouveau monde, ces terres encore inconnues de sa personne.

Valyron avait abandonné depuis des années le pont des navires de commerce. La dernière fois qu’il avait pris un navire, c’était pour mener une patrouille punitive durant le siège de Port-Réal, cherchant des resquilleurs et des espions rebelles. Il était alors Maître des Lois du Cruel, une autre affectation, une autre époque… Un autre monde. Il avait vu l’équipage du navire sur lequel il avait embarqué capturer un navire marchand pentoshi qui s’était avéré convoyer deux jeunes demoiselles de l’Ouest rebelle, des familles Tarbeck et Drox, il s’en souvenait encore. La rencontre avait été particulièrement explosive.

Le Serpent de Mantarys n’était jamais allé au Val encore. Il avait rapidement entrevu les reliefs de la région dominée depuis plus de six millénaires par les honorables Arryn lors de son voyage vers le Nord, mais le navire n’avait pas fait d’escale, traçant sa route vers Blancport. Il était assez impatient de voir ce à quoi ressemblerait la fameuse Goëville, l’une des villes les plus dynamiques du continent. Bien entendu, il n’était pas ici pour faire du tourisme ou visiter la région. Il ne verrait pas les pics bleus mouchetés de leurs neiges éternelles, ni même les Portes Sanglantes ou les Eryé et leurs trois forts. Il n’était pas là pour rendre une visite de courtoisie. La Fureur des Flots convoyait un autre éminent personnage : Edric Baratheon, frère du Protecteur Robar et actuellement son héritier présomptif. Avec eux venaient plusieurs hommes d’armes et chevaliers de la maison Baratheon dont le rôle était clair : sécuriser à tout prix le navire. Ils venaient avec une mission qui semblerait funeste pour les habitants du Val : ils étaient là pour emmener Freyja Stark, pupille des Eryé et sœur de l’irréductible Jorah Stark, à Port-Réal sous la bienveillante protection de son hôte obligé, Robar Baratheon en personne.

Le voyage était périlleux malgré tout. Certes le suzerain du Val tiendrait sans doute parole – c’était inscrit dans ses gênes, après tout – mais le seigneur de Port-d’Epices restait méfiant, voire dubitatif. Curieusement, il ne voyait guère les Arryn ne rien faire contre cela. Aussi, il avait embarqué avec lui son âme damnée : un homme de haute taille et de forte stature, aux cheveux noirs comme la nuit et au teint pâle comme l’aube, Ser Arthus Bracken. L’homme était taciturne et ne parlait guère souvent en public mais il s’était toujours occupé de server Valyron avec une loyauté sans faille, ce que la Vipère de Port-Réal recherchait par-dessus tout. Loin dans l’azur où s’étiolaient quelques stratus blancs comme la neige, des goélands accompagnaient en piaillant le navire à la voile noire sur lequel était frappé un grand Cerf Couronné d’or. Le vent qui s’engouffrait dans les voiles faisant grincer la mâture, vibrer les cordages ainsi que la coque toute entière, alors que le tissu qui se tendait claquait selon le sens du vent, et que les poulies sonnaient telles des percussions lorsqu’elles cognaient contre le bois du navire. Dans les hauts, des marins s’appelaient, perchés à califourchon sur les haubans, certains chantant avec mélancolie alors qu’ils étaient à la manœuvre. Derrière, au niveau de la barre du gouvernail, le commandant et son pilote surveillaient la route, se préparant à la phase d’approche qui ne tarderait plus.

Alors que paraissait à la coupée Ser Edric Baratheon, une cloche tinta pour annoncer un nouveau quart et les équipes de marins qui étaient au repos vinrent prêter main forte à leurs camarades qui se préparaient désormais à l’approche. Pour des raisons pratiques, la Fureur des Flots allait s’amarrer à quai, un choix que Valyron n’approuvait pas nécessairement, considérant que le navire serait proprement immobilisé une fois à quai. Toutefois, le Serpent considérait que son statut de serviteur du roi en personne, membre de son conseil restreint, le protégeait au moins autant que le nom d’Edric. La Vipère avait croisé une fois auparavant le frère du Protecteur, lors de sa visite en 43 des Terres de l’Orage. Il avait été reçu à Accalmie par feu Theodan Baratheon, alors seigneur suzerain, et son cadet Edric qui avait été le premier à accueillir l’envoyé de Maegor. Leurs échanges n’avaient pas permis de présumer d’une quelconque amitié entre eux, mais il n’y avait pas non plus d’hostilité, quand bien même Valyron considérait Edric comme un jeune fainéant qui préférait déclamer des vers galants plutôt que de contribuer à la grandeur de ses illustres cousins. Avançant vers le jeune Cerf, Valyron le salua d’un signe de tête poli.

« Ser Edric, nous voici en vue de Goëville. Vos hommes ont fait un excellent travail. »

Il se garda de dire qu’avec des navires à la conception plus souple, comme l’on pouvait voir du côté d’Essos, ils auraient mis une journée de moins. Un sourire mesquin vint aux lèvres du Serpent. Il se pencha vers son compagnon de voyage.

« Vous pensez qu’ils nous la cèderont sous conditions ? »

Lorsque finalement arriva le navire dans le port, Valyron regarda autour de lui. La ville était assez grande, on y voyait du monde qui s’agitait sur les jetées, autour des entrepôts et des bureaux du port. Les odeurs de sel et de moisissure emplissaient l’air alors que les marins se hélaient. Au loin, un grand château était paré de bannières brunes. Pourtant, le quai duquel s’approchait la cogue n’était pas occupé par des hommes aux bannières brunes mais bien d’éminents personnages autour duquel flottaient plusieurs bannières bleues au Faucon et à la Lune. Une fois le navire à quai, Valyron en descendit pour saluer ceux qui lui faisaient face. Il s’inclina avec respect et roideur : il n’était pas là face à des amis des Targaryen et cela nécessitait un ajustement au niveau de son apparence. Parmi ces hommes une jeune femme à l’air profondément troublé, semblant acculée, apeurée. Son visage était délicat, mis en valeur par deux yeux clairs qui respiraient l’innocence à peine sortie de l’enfance. Elle était pourtant une Stark de Winterfell, et devenait – avec le contexte actuel – une pièce maîtresse de l’avenir de Westeros.

« Messires, ma Dame, je pense que vous savez pourquoi nous sommes ici. »

Il posa son regard inquisiteur sur la jeune femme. Ses deux pupilles avaient disséqué nombre d’âmes, pour y trouver les secrets, les motivations cachées et les désirs inavoués. Mais lorsqu’il regarda Freyja Stark, il ne vit que l’appréhension et la peur d’une enfant qu'elle s'évertuait à dissimuler sous une attitude digne et relativement calme. Il s’inclina devant elle, gageant qu’il s’agissait de la petite louve des montagnes.

« Dame Freyja, je suis Valyron Tyvaros, c’est un honneur de vous rencontrer. Voici Ser Edric Baratheon, frère de Son Excellence le Protecteur Robar. Nous sommes chargés de veiller à votre sécurité lors du trajet jusqu’à Port-Réal. »



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Des mes ordres, dépend le destin du peuple.
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Edric Baratheon
ORAGE
■ Localisation : Port-Réal pour le Couronnement
MessageSujet: Re: Des Monts du Faucon à la Cité du Dragon   Dim 11 Fév 2018 - 21:11

Edric Baratheon avait toujours aimé naviguer, mais son expérience se limitait aux eaux (certes trompeuses) de Torth. Aujourd'hui ces eaux étaient un tombeau, et ce voyage n'avait rien de plaisant. Les enchantements de la côte déchiquetée, des îles jamais foulées, des étoiles directrices ne parvenaient à lui faire oublier la raison de sa présence sur le pont. Il était là pour ramener Freyja Stark au Donjon-Rouge contre son gré.

Ashara comprendrait-elle ? Que la décision avait été prise entre Seigneurs, et qu'il était le mieux placé pour l'exécuter ? Nul autre que lui n'aurait plus à coeur la sécurité de sa belle-soeur. Cela, il ne pouvait lui écrire, ni grand chose d'autre ces derniers temps. Comprendrait-elle ? Après le déshonneur, le sang des siens sur son épée, sept ans d'abandon forcé, pourrait-elle encore lui pardonner ?

Edric ne faisait pas qu'obéir. Robb avait raison pour le Val et pour le Nord, il en était persuadé. Il fallait forcer la loyauté, pour le Royaume. Pour lui, pour Ashara et Cathan aussi, il fallait forcer Jorah. Puisque l'honneur et les alliances de papier ne lui suffisaient pas, les Cerfs sauraient "trouver des arguments plus convaincants". La ré-union du Royaume et celle de leur famille allaient de pair ; Edric oeuvrait à l'une pour oeuvrer à l'autre. Le Nord et Jorah devaient courber l'échine avant que les Dragons ne soient obligés de leur briser la nuque, avant qu'il ne soit trop tard et que le sang coule, encore... L'amour de la Louve et du Cerf ne survivrait pas à une nouvelle guerre.

Le sourire crispé qu'Edric adressa à Valyrion en réponse à son salut s'accompagna d'un haussement de sourcil. Les hommes de l'Orage s'étaient acquittés de leur tâche avec l'excellence coutumière. Le Valyrien en avait-il douté ?

Le Cerf tâchait de n'avoir sur le Maître des Chuchoteurs aucun a priori. Les ennemis étaient trop nombreux pour que l'on doute aussi des amis. Ami, vraiment ? Robb ne lui avait-il pas confié cette tâche cruciale ? Ça n'était pas par défiance qu'il avait demandé à son frère de l'accompagner, mais pour rendre le voyage plus "agréable" à leur "invitée". Ce voyage était sa responsabilité. Aussi, Edric n'appréciait pas les airs de maître que Tyvaros prenait sur ce navire. Les airs, le Valyrien s'en donnait beaucoup, et le Cerf ne savait auquel se fier. Le personnage était insaisissable et personnifiait l'Intrigue qu'Edric détestait.

Le Cerf n'était pas doué pour ça, il s'en rendait compte à présent qu'il se retrouvait mêlé malgré lui aux affaires d'Etat. En changeant pour Robb, les choses avaient aussi changé pour lui. Mais il n'était pas Robb. Il n'avait pas fui les responsabilités, mais il ne les avait jamais provoquées. Edric s'imaginait parfaitement couler des jours paisibles à Accalmie. Accalmie. Robb avait-il cherché à l'en éloigner ? Edric voulait la paix à tout prix. Robb le soupçonnait-il d'avoir pris part à la félonie ? Cela semblait si absurde ! Mais pas plus qu'une mère trahissant le fils, pas plus qu'un frère trahissant le frère, pas plus que le poison dans le sang d'une mère, qu'un époux répudiant son épousée...

Edric devait taire ses doutes et prouver sa loyauté. Dans la guerre, il avait déjà prouvé sa loyauté et sa valeur ; pourtant aujourd'hui à nouveau, il craignait de n'être pas à la hauteur. Mais il n'en montrerait rien au Chuchoteur. En un sens, lui aussi était passé maître dans l'art de la dissimulation - son désespoir derrière sa facétie, sa haine derrière ses sourires, son esprit derrière ses plaisanteries.

- Vous pensez qu’ils nous la cèderont sous conditions ?
Edric dissimula donc la répugnance qu'il éprouva en croyant déceler derrière le sourire du Serpent l'excitation du joueur. La vie en jeu était trop précieuse pour lui.
- Si la parole du premier des Valois n'a plus de valeur, alors... reste-t-il en ce monde quelque honneur ? philosopha le Cerf avant de poursuivre, plus terre à terre :
- J'attends que leurs conditions soient les mêmes que les nôtres : que Freyja Stark voyage jusqu'à Port-Réal en toute sécurité, et que là-bas elle soit traitée avec tous les honneurs qui reviennent à la seconde Dame de Winterfell.
Il était là pour y veiller.

Noires voiles, noires nouvelles. La Fureur des Flots : le nom était mal choisi, n'inspirant guère la confiance ; ou bien choisie au contraire, rappelant la colère des Cerfs, car, bien qu'Edric cherche à s'en persuader, leur ambassade n'était pas messagère de paix. Sur le quai déjà, ils étaient attendus, comme si les Valois avaient hâte d'honorer leur promesse. A moins qu'ils ne daignent pas les recevoir au château ? Edric ne pensait pas rencontrer Freyja dans ces conditions. Car c'était elle, Freyja, sans hésitation. La Louve Délicate portait bien son nom au milieu des hommes en bleu.

Trop occupé à la regarder, le Cerf laissa Valyrion le devancer, déclinant son identité puis la sienne. Edric eut préféré le faire lui-même, mais il lui fut reconnaissant d'aller à l'essentiel sans dérouler la longue liste de leurs titres, acquis de naissance ou gagnés par leurs talents respectifs, certainement très différents. Peut-être l'eut-il mieux valu, pour impressionner les Valois, pour leur rappeler l'autorité que les deux émissaires incarnaient ; mais pas pour Freyja. Or Freyja était sa priorité.

- Freyja... Stark, se rattrapa-t-il, en s'inclinant peut-être plus souplement que l'homme de la Couronne.
Bien qu'il ne la connaisse pas, il ne pouvait s'empêcher d'aimer la jeune Louve. Et ces hommes, il les respectait bien que les sachant ennemis. N'essayaient-ils pas de prouver le contraire ? Ou du moins l'homme auquel allait leur loyauté.
- C'est un plaisir et un honneur de vous rencontrer enfin, dit-il, et bien que reprenant presque mot pour mot les paroles de son compère, il espérait que le coeur ferait la différence.
- Nous ferons tout pour rendre votre voyage et votre séjour aussi agréables que le permettent les circonstances.
Freyja n'était pas stupide. Elle connaissait les circonstances, ou ce que les Arryn avaient bien voulu lui en dire, et la nature de ce séjour. Ni otage, ni invitée, avait dit Robb. Mais plus otage qu'invitée. Une invitée aurait pu refuser de monter sur la Fureur. Freyja ne le pouvait pas ; même son beau-frère ne la laisserait pas faire.
- Vous avez ma parole, promit-il à défaut du reste.

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Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur,
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.
Molière, Le Misanthrope
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Freyja Stark
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Dans le Nord.
MessageSujet: Re: Des Monts du Faucon à la Cité du Dragon   Dim 11 Fév 2018 - 22:07

Des Monts du Faucon à la Cité du Dragon
Valyron, Edric&
Freyja


Du vent qui portait l’iode, le sel et la vase, elle ne le sentait pas. De l’astre incandescent qui inondait la terre de lumière et de chaleur lors de ce long été, elle ne le percevait pas. Des regards graves et pudiques qui lui étaient destiné, elle ne les voyait pas. Des paroles grimées d’empathie et de bienveillance, elle ne les entendait pas. Plus d’odorat, d’ouïe, de toucher, de parole ou de vue. Dépourvue du moindre de ses sens, Freyja n’était plus gouvernée que par une peur souveraine qui se déversait dans chaque parcelle de son être, tel un poison insidieux. Son âme était déchirée entre de nombreux tourments qui la renvoyaient à des vives douleurs. La terreur ; celle que la vie des siens ne soit comprise, que le Nord se lance dans une nouvelle guerre, que Catelyn devienne une martyre par une exécution arbitraire, que la brise calme de son existence ne se transforme en une tempête infernale. La souffrance ; celle de l’incertitude, de l’absence de Catelyn, d’être projetée si loin des siens, d’avoir vu la parole de Martyn faillir. La colère ; celle de la trahison impardonnable d’Etaine, de voir sa famille accusée d’une telle ignominie, de n’être qu’une vulgaire pièce dans des jeux politiques qui la dépassaient en tous points. L’avenir se dessinait sous un jour sombre pour le Val et le Nord, comme lorsqu’elle contemplait autrefois les paysages s’écoulant vers le Château Noir où l’air se saturait d’un orage de glace. Cette période lui apparaissait plus dangereuse encore que les temps troublés de la guerre qui avait sévi ces dernières années. Westeros était plus déchiré qu’avant. Un tas de cendres où chacun se disputait sa part. Et au milieu des rouages infernaux de la politique, elle était là, elle, pauvre âme égarée. Que pouvait-elle y comprendre ?

« Dame Freyja, le navire est en vue. » Assurée. Rocailleuse. Teintée d’une douceur modulée. La voix qui venait de vibrer tout près de l’oreille de la louve appartenait à l’un des nombreux chevaliers du Val qui lui avaient fait escorte jusqu’à Goëville, arborant fièrement les couleurs bleues des Arryn. Nombreuses étaient les maisons prestigieuses ralliées aux Eyrié qui avaient répondu à l’appel de leur Seigneur. Avant son départ pour le Nord, Martyn avait convoqué les maisons du Val pour un discours fédérateur. Déterminer les membres du convoi pour la ville portuaire du territoire des montagnes en faisait partie. Jamais escorte ne fut plus imposante pour la guider vers une destination ; mais au lieu d’en éprouver un sentiment de sécurité, Freyja se sentait plus démunie et vulnérable que jamais. Cette protection était en train de prendre fin et le navire qui s’approchait des côtes en était la preuve terrible. Détournant ses prunelles opalines de l’horizon qui s’évaporait vers le Nord, elle fixa la robe bleutée tachetés de diamants de lumière de la baie des Crabes. Étoffe immuable et effrayante qui la dirigeait tout droit vers l’antre des dragons. Un frisson imperceptible ébranla ses frêles épaules. Elle s’avança plus en avant vers le bord de la crique, comme pour s’assurer que les voiles gonflées de la brise marine étaient bien frappées du sceau de la couronne. Ses pupilles ne purent la trahir aussi aisément que son cœur.

Une colère sourde ourdit ses entrailles, dirigée pleinement contre elle-même. Ne pouvait-elle faire taire cette frayeur qui bourdonnait à ses tempes ? Ne pouvait-elle réprimer ce hurlement qui lacérait son âme ? Ses désirs de protéger les siens n’étaient destinés qu’au tombeau ? Sa condition de femme et ses années d’impuissance avaient –pour toujours– torturé son être. Combien de fois avait-elle rêvé d’être née homme pour prendre l’épée et défendre les siens ? Combien de fois s’était-elle révoltée contre elle-même de ses silences apeurés ? Sa terreur, à l’heure où son rôle pouvait être crucial, la plongeait dans la haine irrépressible de sa nature servile. Son esprit fut brusquement frappé du visage des siens, qu’ils soient du Nord ou du Val. Faiblissaient-ils ? Courbaient-ils l’échine ? Ô grand jamais. Depuis les murs de sa cellule, Catelyn endurait les turpitudes d’un avenir incertain auréolé du voile de mort, avec –elle n’en doutait pas un seul instant– force et honneur. Les faiblesses de Freyja nourrissaient son parjure aux terres qui l’avaient accueillie, l’une de naissance, l’autre d’adoption. La honte l’emprisonna de sa poigne brusque et ses yeux embrumés de larmes s’écrasèrent sur la pierre chaude et humide sous ses pieds. Le courage n’était pas une vertu innée. Il s’acquérait et trouvait sa valeur dans la force déployée pour protéger ceux qui nous sont précieux. En Dame de Winterfell et pupille des Eyrié, elle saurait affronter son destin sans l’ombrage de ses faiblesses. A l’image de ses ancêtres, elle releva un front volontaire que l’innocence vulnérable de ses yeux trahissait. Elle ne ploierait pas.

Pourfendant la dernière distance qui le séparait de Goëville, le navire arriva à quai, bien trop vite au goût de la louve. Tumultueux, son cœur s’agita tel un démon dans sa poitrine sans qu’elle ne laisse rien paraître. Du fier bâtiment en descendit un premier passager. Un homme de haute stature, à la silhouette mince et élancée qui s’avança d’une démarche assurée et droite. Appliquant le protocole, elle inclina respectueusement la tête. Ce fut quand ses prunelles rencontrèrent les siennes, inquisitrices et inébranlables, qu’une partie de son courage s’envola avec la brise qui souleva la brièvement crique. La louve s’abîma dans la contemplation mi-fascinée, mi-effrayée de ce personnage étrange, dont l’aspect glabre de ce visage anguleux n’était pas sans lui rappeler celui d’un serpent. Elle ne put détourner le regard que lorsque sa voix grave claqua dans la chaleur du port. « Messires, ma Dame, je pense que vous savez pourquoi nous sommes ici. » Nul ne l’ignorait. L’avenir des terres du Nord étaient en jeu, ainsi que la vie de Catelyn Arryn. Son cœur se tordit à cette pensée douloureuse. A la souffrance s’ajouta le dégoût d’être scrutée de la sorte par des yeux aussi implacables. A chaque seconde, il lui semblait qu’il disséquait un peu plus son âme, dévoilant ses secrets les plus intimes, ses peurs et ses tourments. Voyait-il la terreur qui enflait dans sa poitrine ? Des mots qui lui furent adressés, elle ne voulut retenir que la présence de Ser Edric Baratheon. Une onde de soulagement parcourut son être dans un sentiment salvateur. Elle ne put détacher ses prunelles abreuvées d’espoir de celui qui était lié par l’amour et le mariage à sa sœur Ashara. Bien que cette union ne soit acceptée, elle demeurait immuable dans le cœur de la louve. Mainte fois, son aînée à la chevelure de feu lui avait décrit cet homme qui était le père de son tendre fils. Freyja s’était nourrie de ses paroles qu’elles avaient fait siennes dans ses secrètes fantaisies, espérant trouver un amour si puissant et pur dans l’avenir. Pour la première fois, un visage venait illustrer ses récits. Ashara n’avait pas menti sur sa beauté, pas plus que sur la présence de son port altier, ou même de la douceur de ses iris sombres. Pourrait-il être un frère dans cet avenir trouble ?

Le poids de la réalité la transperça brusquement. Elle inclina à son tour la tête, mimant l’attitude digne que les Dames qu’elle respectait tant savaient si bien maîtriser. Sa voix ondula dans l’air saturé de sel et d’embruns, gracieuse et délicate. « L’honneur est partagé, Lors Tyvaros. » Ne pas avoir peur… faire honneur… Elle se tourna vers le frère le frère de son Excellence. « Ser Edric Baratheon… » Elle renouvela un geste de respect tandis qu’il s’adressait à elle pour la première fois. Les paroles du Cerf furent apaisantes pour l’âme apeurée de la louve. « Je vous remercie, Ser Baratheon. Votre promesse est d’un grand réconfort et vous honore. » Lui-même semblait tendre vers une relation fraternelle. Auraient-ils l’occasion d’échanger intimement avant que l’air de Port-Réal ne la happe ? Parleraient-ils d’Ashara ? Pétrie d’appréhension à l’idée de formuler la moindre parole malheureuse, elle conserva un bref silence. Elle choisit consciencieusement ses mots. Elle aurait tant souhaité que l'un des siens soit avec elle... « Ma présence sans compromis gage de la volonté du Val et de son Seigneur à coopérer dans cette terrible affaire qui ébranle le royaume de la couronne. » Un crime odieux dont les seuls accusés pointés du doigt étaient les terres allant vers le nord. La rancœur la rongeait, mais Martyn lui avait donné des instructions. « J'ai espoir que ce geste œuvrera dans le sens d’une paix durable entre nos royaumes. » acheva-t-elle d’une voix que la confiance abandonnait. Car cette paix dépendait principalement de la volonté de son frère d’accepter la nouvelle régence et de se plier au choix de la couronne d’allier deux Targaryen entre eux. Freyja n’était pas si prompte à songer que Jorah plierait en apprenant la séquestration de Catelyn Arryn et la demeure de sa sœur à Port-Réal en qualité d’otage. Sa nature était trop têtue, trop fière, trop absolue… La paix était un fil fragile qui n’attendait que d’être rompu. En quittant la protection des montagnes du Val pour les territoires de la couronne, Freyja ne pouvait s’empêcher de se demander si cela demeurerait son dernier voyage…


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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: Des Monts du Faucon à la Cité du Dragon   Mar 20 Fév 2018 - 11:22

Des Monts du Faucon à la Cité du Dragon.

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La petite brise qui battait les quais de Goëville était plus fraîche que celle qui se frayait un chemin entre les bâtiments aux tuiles ocres de Port-Réal. Ce vent descendait des monts bleus du Val, de leurs glaciers et des sommets parsemés de neiges éternelles. Derrière les envoyés de la Couronne, les cordages du navire et ses voiles désormais ferlées vibraient sous les sautes d’humeur de ce vent presque froid. On sentait sans mal l’hostilité ambiante envers les hommes qui venaient prendre livraison de la petite louve perdue dans ces montagnes d’honneur. Valyron n’était pas à l’aise avec autant de personnes le fusillant du regard. Il n’en avait cure, pourtant. Ils n’étaient que les descendants d’esclaves en puissance qui avaient préféré fuir en Westeros plutôt que d’attendre leurs futurs maîtres valyriens. Valyron ne savait pas encore ceux qu’il méprisait le plus entre les Andals et les Rhoynars. Les premiers n’avaient pas attendu l’avancée irrésistible des seigneurs dragons pour plier bagages, alors que les autres avaient refusé leur défaite certaine et s’étaient en partie enfuis en Westeros, à Dorne.

Les seuls à trouver une certaine forme de grâce à ses yeux étaient les Premiers Hommes. Peuplade primitive et hérétique de par ses liens absolument pas naturels avec les créatures qui peuplaient jadis ces terres, ils étaient arrivés en Westeros avant même l’éveil de Valyria et – à ce titre uniquement – ils ne bénéficiaient pas du statut d’esclave potentiel en fuite que Valyron appliquait à la quasi-totalité de ce monde. Il se souvenait encore du Nord, seule terre inviolée par les Andals. Il se souvenait de son peuple rustique, préférant des habits pratiques pour lutter contre le froid de leur pays à l’élégance insouciante du Sud. Lorsque la Vipère s’y était rendue, le monde était alors bien différent. Les Lannister et les Baratheon venaient de se déclarer en guerre ouverte contre le Trône de Fer et Valyron, alors Maître des Lois de Maegor, avait été chargé d’amener jusqu’à Winterfell une missive du Cruel enjoignant Jorah Stark à honorer ses vœux de vassalité et d’alliance envers les Targaryen. Il se souvenait encore de l’imposante voiture qu’on lui avait fourni pour traverser l’immense pays froid et que recouvrait une fine pellicule de neige de temps à autre, malgré le plein Eté qui faisait fleurir les arbres fruitiers dans les vergers au Sud du Neck. Il avait apprécié ce carrosse, doté d’un petit fourneau sécurisé permettant de chauffer l’habitacle dans lequel travail Valyron, installé sur quantité de coussins et de fourrures, assis en tailleurs pour travailler sur un petit bureau. Le voyage avait été rendu supportable grâce à cela, notamment lorsqu’il avait fallu aller jusqu’au Mur.

De la maison au Loup, Valyron avait rencontré tous les membres lors de son arrivée à Winterfell, porteur de la missive maudite qui avait précipité le Nord dans la guerre. Il se souvenait sans peine du regard froid du suzerain, rappelant les immenses étendues gelées sur lesquelles il régnait. Jorah Stark était la personnification des clichés que les courtisans avaient des Nordiens. Austère, dur à la tâche, il ne s’était pas dérobé malgré le déplaisir évident qu’il affichait alors. Valyron avait gardé un souvenir plus ténu des deux autres membres de sa famille, son frère et sa sœur : Theon et Ashara Stark. Freyja était la dernière qu’il avait à rencontrer. C’était désormais chose faite. Un bref instant, Valyron se surprit à penser à tous ces suzerains et ceux de leur sang qu’il avait rencontré au cours des années passées. Il avait vu l’entièreté des familles Stark, Lannister, Tyrell et Baratheon. Des Arryn ne manquait plus que le pugnace Elbert dont on disait qu’il ne quittait jamais ses douces montagnes. Les Tully, par contre, demeuraient aux abonnés absents. Il avait peut-être croisé une fois ou deux la Belle-Dame-Sans-Merci, Solveig Tully, régente du Conflans, mais elle ne lui avait guère laissé une forte impression.

« L’honneur est partagé, Lors Tyvaros. »

La voix douce et pleine de grâce de la petite louve des montagnes tira le Chuchoteur de ses réflexions. Elle était un joyau de pureté et accomplissait son devoir avec ce petit air contrit, cet air d’enfant qui jouait un rôle dans un jeu qui la dépassait complètement. Valyron était rompu aux arts du protocole de Cour et il s’inclina presque par réflexe pour accueillir les salutations de la jeune femme tandis qu’elle inclinait une nouvelle fois la tête pour saluer Edric Baratheon.

« Ser Edric Baratheon… »

La parole digne, le ton honorable, Edric se chargea de la saluer à son tour avec un ton qui se voulait visiblement rassurant pour une raison qui échappait à Valyron. Peut-être n’était-il pas indifférent à la jeune femme. Après tout, elle était d’une beauté rare, même selon les exigeants critères de la Cour. De ce qu’il savait, Edric Baratheon était célibataire, ce qui pouvait expliquer son attention poussée envers la jeune femme. D’autant plus que si conflit avec le Nord il devait y avoir, un mariage avec elle serait une bonne façon de sécuriser une alliance future.

« Nous ferons tout pour rendre votre voyage et votre séjour aussi agréables que le permettent les circonstances. Vous avez ma parole. »

Valyron se retint de faire une moue quelconque, restant de marbre quand bien même il trouvait pareille promesse légèrement hâtive. Avait-on déjà tendance à oublier que la jeune femme était livrée aux Baratheon par les Arryn en guise de dédommagement et qu’elle servirait au mieux de monnaie d’échange. Quant au pire, il valait mieux ne pas y penser. Le Protecteur ne réfléchissait guère lorsqu’il était en colère…

« Je vous remercie, Ser Baratheon. Votre promesse est d’un grand réconfort et vous honore. »

Au moins la jeune femme semblait apprécier l’attention, c’était toujours cela de fait.

« Ma présence sans compromis gage de la volonté du Val et de son Seigneur à coopérer dans cette terrible affaire qui ébranle le royaume de la couronne. »

Toujours impassible, Valyron Tyvaros dévisagea la jeune femme. Il n’était pas étonnant que l’empoisonnement de Rohanna Baratheon ai fait le tour du continent, restait à savoir quelle version était arrivée aux oreilles de la jeune louve. Les vipères du Chuchoteur lui avaient déjà susurré quarante-trois variations de ce qui c’était passé au mariage royal, toutes différentes, toutes fausses. Quant à la présence sans compromis, c’était la meilleure chose à faire, ce qui était attendu, vu la prestation des Arryn durant les festivités.

« J'ai espoir que ce geste œuvrera dans le sens d’une paix durable entre nos royaumes. »

L’assurance abandonna la jeune femme et sa dernière phrase se termina dans un murmure emporté par la brise des monts séculaires du Val. Le silence revint sur le quai, chacun se regardant, ignorant ce qui suivrait. C’était pourtant simple, il était temps de repartir. Valyron claqua dans ses mains d’un air tranquille.

« Bien, si vous êtes prête, je vous propose de monter à bord, ma Dame. Nous pourrons ainsi profiter de la marée. »

* * * * *

La Fureur des Flots laissait derrière elle Goëville et ses paysages minéraux pour se diriger vers le grand large. Alors les deux mâchoires de la Baie des Crabes s’éloignaient derrière la poupe élevée du navire orageois, trois dromons battant pavillon Baratheon se montrèrent à l’horizon, chargés d’escorter le navire transportant l’otage de valeur tout comme d’éviter une tentative stupide des Arryyn ou de pirates de récupérer la jeune femme. Poussée par un bon vent d’Ouest, le navire s’éloignait toute voile dehors du Val, fonçant plein Est pour contourner le cap des Murmures. Les instructions avaient été de rester le plus possible hors de vue des côtes et les marins de l’Orage s’y employaient, rallongeant le trajet malgré tout.

Le matin du deuxième jour, alors qu’ils étaient en haute mer, quelque part au milieu du Détroit, redescendant vers le Sud et Port-Réal, Valyron quitta sa cabine pour monter prendre son inspiration matinale d’air frais et iodé. Toutefois, à l’instant où il arriva sur le pont, il sentit que la journée serait différente. Il n’y avait pas de chant, ni personne qui s’interpelait. La luminosité n’était pas la même qu’à l’aller et les mouvements du navire étaient plus amples. Emergeant de la coursive par l’échelle de coupée, il se rendit compte que le ciel c’était subitement chargé durant la nuit, et qu’un gris sombre avait remplacé l’azur éclatant. Le vent était plus fort, aussi, plus indomptable que jamais, soulevant des embruns par-dessus la proue du navire. La mer du Détroit, d’ordinaire calme et d’un bleu serein, avait pris une teinte d’acier, avec de grands creux de plusieurs mètres dans lesquels s’enfonçait la solide structure de bois de la Fureur des Flots. Plusieurs mètres sur tribord, les trois dromons, avec leur structure plus fine, peinaient à lutter contre les aléas climatiques. Ils semblaient comme des bouchons de liège, malmenés par les flots.

En un regard, Valyron comprit que la journée allait être difficile. Plus loin devant eux, un front nuageux encore plus sombre approchait, et l’horizon semblait comme barré par un rideau gris. De la pluie, beaucoup. La toile des voiles était tendue à l’extrême, et les cordages vibraient à peine, comme s’ils étaient déjà étirés à leur maximum. La plupart des membres de l’équipage étaient d’ores et déjà sur le pont à vérifier les nœuds et le rangement du navire. Deux d’entre eux étaient assis à califourchon sur le bastingage, vérifiant l’amarrage de l’ancre de plomb qui se trouvait à l’avant du navire. Le Serpent comprit qu’il ne servait à rien de rester sur le pont à gêner les manœuvres qui allaient suivre. La journée serait longue et il valait mieux éviter de passer trop de temps là-haut.

Il redescendit donc vers la grande cabine qui occupait l’espace sous le chapiteau arrière de la Fureur des Flots. Servant d’ordinaire à transporter une seule personne, la cabine en accueillait trois, les trois nobles du bord. De minuscules réduits avec une couchette avaient été aménagés dans les attenantes, laissant la grande cabine comme espace de vie. Lorsqu’il y arriva, il posa son regard sur les deux jeunes gens en épousant les mouvements du navire pour conforter son équilibre. Il avait toujours eu le pied marin, mais la tempête qui approchait ne lui disait rien de bon. Il serait stupide de mourir en mer pour si peu alors que tant de choses l’attendaient encore. D’une voix toutefois calme et maîtrisée, il annonça ce qui se passait.

« Nous allons devoir affronter une tempête. A titre personnel, je vous conseille d’éviter d’aller sur le pont. »

Il posa un regard inquisiteur sur la jeune femme. Ce conseil avait pour elle valeur d’ordre. Il était hors de question de risquer sa vie bêtement sur le pont d’un navire en pleine tempête. Qu’elle passe par-dessus le bord ou qu’elle soit tuée net par la chute d’une poulie et ils auraient tout à refaire. Ce faisant, il alla s’installer dans l’un des fauteuils vissés au plancher de bois et regarda la jeune femme d’un air énigmatique, tel un reptile venimeux jaugeant s’il avait bel et bien une proie face à lui.

« Martyn Arryn vous a-t-il expliqué les raisons de votre présence avec nous aujourd’hui, Dame Freyja ? Le pourquoi du comment. »

Il jeta un regard posé vers Edric. Après tout, c’était son frère qui avait tout manigancé et il était possible que le premier archer de l’Orage ignore certains points de ce qui s’était passé durant ces quelques jours qui avaient marqué les festivités royales. Loin au-dessus d’eux, alors que le navire et ses membrures grognaient, le grondement d’un coup de tonnerre roula dans le ciel, coup de semonce annonciateur de la tempête qui s’avançait pour les engloutir.




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