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 Face the past to build the future

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Etaine Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Les Eyriés, le Val.
MessageSujet: Face the past to build the future   Ven 9 Fév 2018 - 15:47






Martyn,

Je n’ose imaginer à quel point ta haine à mon égard ne puisse être plus forte, plus tenace que jamais. Je l’imagine, déjà, telle un brasier ardent dévorant les souvenirs de cette jeunesse commune qui me semble aujourd’hui si loin, presqu’irréelle. Pourtant, mon frère, je t’en conjure, il te faut lire ces mots et endurer ce récit si, tout comme moi, tu souhaites voir la maison Arryn retrouver la place qui lui est due.

Combien de fois, mes mots n’ont fait que trouver ton silence, si ce n’était ton indifférence ? Je t’entends encore me dire que tu aurais pu m’écouter quand moi, je voyais à regret que cela faisait des ans que tu n’avais su m’entendre. Si je pouvais réécrire l’histoire, mon frère, voilà dès lors la seule partie que j’aurais aimé en effacer. Longtemps, enfermée dans mes appartements, j’ai songé à ces enfants que nous fûtes, jadis, riant, courant à travers ces couloirs, jouant à cette guerre que nous aurions mené de front contre tous ceux qui se seraient mis en travers de notre route. Jamais alors, je n’aurais pu penser mener une bataille contre toi. J’aurais eu si peur de la perdre. J’ai toujours cette peur de perdre contre toi, à tort, car nul combat n’a besoin d’être mené entre nous.

Mon frère, notre sang et le même et je doute que nos intentions soient si opposées les unes aux autres. Tout comme Catelyn, nous voulons voir le Val s’élever. Elle prône l’Indépendance, la reconstitution de ce Royaume ancestrale et, comme toi, je suis en désaccord avec elle à ce sujet. « Ployer, c’est mourir ». Crois-tu réellement que le choix se pose quand ce sont les dragons qui semblent s’opposer à nous ? La Couronne n’est nullement notre ennemi, pas plus que ne le sont les Targaryen. L’ennemi, il est en nous car nous sommes le pire rival que le Val peut rencontrer.

Tout est de ma faute. Ces mots doivent te surprendre, toi qui a su me blâmer de tous les travers durant des années. Aujourd’hui, Martyn, mon cher Martyn, je te l’accorde. La ruine du Val est de mon fait, de ce mariage conclus avec Dorne qui aurait dû connaître le bonheur et qui n’a rencontré que la mort. Là, encore, voilà quelque chose que tu n’as su entendre. J’étais si jeune, mon frère. Tristam fut emporté par la mort et une partie de mon être le fut avec lui. Pourtant, jamais je n’ai su trouver ton épaule pour m’appuyer. Jamais tu ne m’as prise dans tes bras pour me consoler. Un gouffre s’est ouvert à nos pieds, bien plus profond que les airs reposant sous la Porte de la Lune. J’avais besoin de toi, mon frère, tout comme j’eu besoin des mots de Leandra pour me réconforter et de ceux d’Ashara pour me comprendre. Pourquoi, comment… ? Je ne me l’explique pas. Je regrette, simplement.

C’est également de ma faute, si, aujourd’hui, le Val n’a aucune reconnaissance dans les batailles passées. A l’annonce de cette trahison perpétrée par le Roi, j’aurais dû prendre ces rênes que tu avais à demi-lâché, essayer de pousser le Val dans une autre direction, dans ce chemin vers un combat aux côtés des Rebelles. Mon orgueil m’a conduit vers la mauvaise bataille, me poussant simplement à m’opposer à toi et à ce mariage qui me répugnait. Je te le redis sans honte, la mort d’Eoden fut une délivrance. Si, en ces temps troubles, j’avais pu prendre cette place à laquelle tu étais trop attaché, peut être le Val serait-il du côté des vainqueurs, qu’importe si, pour cela, je devais me montrer plus belliqueuse que jamais. Nous ne le saurons jamais.

Et enfin, c’est encore mon fait que notre cousine, aujourd’hui, soit retenue prisonnière. Pas parce que j’ai appuyé des paroles déjà prononcées, non. Parce qu’elle a souhaité me suivre à Port-Réal. Sa présence en ces murs tout comme la tienne et celle de Roslinn est encore mon fait. Là encore, mon orgueil est le seul coupable car, tu le devines, je ne souhaitais que paraître en ces lieux et prouver que j’étais digne de recevoir le trône de barral. Jamais je n’aurais pu imaginer que tous, vous viendriez à ma suite et que, tous, nous manquions de périr à cause de cette suffisance débordante qui habite les nôtres.

T’évincer, je l’ai souhaité, mon frère, je le confesse. Durant des mois, j’ai pensé que j’étais plus apte, plus capable de diriger cette région que tu ne semblais le faire. Peut-être même ai-je espéré te voir tomber afin de récupérer les restes comme un vulgaire vautour. Mais quelque chose de plus fort, pourtant, m’a convaincu que ce n’était pas la bonne chose à faire. L’amour. En dépit de tout, mon frère, et peut être ne le croiras-tu pas, je t’aime. Je t’aime et te hais parce que tu es ce seul lien de sang qu’il semble me rester. Que tu le veuilles ou non, tu ressembles tant à notre père, lui qui fut si dur et froid, lui qui nous sépara. Aujourd’hui, je comprends que là prends naissance ma colère à ton égard. Pourtant, en ce cœur que tu dois imaginer aussi froid que la glace, les sentiments qui nous unissent ne peuvent se décider à mourir. Je t’aime, Martyn, comme une sœur aime son frère et malgré tout ce que nous avons subi.

Si je t’écris ces mots, à cette heure, c’est parce qu’il est temps de te prouver ma foi en toi. Parce qu’il faut que nous cessions nos querelles pour réunifier les nôtres. Et pour cela, j’ai dû faire un choix qu’aujourd’hui, je paye au prix fort.

Longtemps, j’aurais aimé te voir m’aimer, me le montrer ouvertement. Quand j’ai compris que cela ne se produirait jamais en cette ère, je me suis interrogée, me demandant comment faire pour que ces vassaux qui avaient décidé de me suivre rejoigne leur légitime suzerain. Ce fut alors qu’une idée folle m’étais venue en tête. La haine. N’est-il pas si simple de me haïr, mon frère ? De faire de moi un véritable paria, une traîtresse ? Si de tels mots parcouraient les collines du Val, alors je savais que tous finiraient par te rejoindre, quitter cette femme orgueilleuse et avide qu’il est si facile de dépeindre pour les forcer à revenir aux fondamentaux, auprès de toi. Je n’ai jamais eu l’intention de rentrer au Val à vos côtés, mon frère. Pour que mon idée fonctionne, il fallait que je vous quitte. Tu ne pouvais m’en bannir sans que nos vassaux ne se dressent contre toi alors, il fallait que tous me détestent pour se montrer satisfaits de mon éloignement. Aujourd’hui, j’espère que les pires rumeurs circulent déjà à mon sujet sur nos terres, que tous les Valois présents ont su faire monter ce murmure : Etaine Arryn a trahi les siens. Voilà mon véritable sacrifice.

Si tu savais, mon cher aîné, comme il fut dur de demeurer de marbre quand Catelyn et toi me jetiez votre haine au visage. Pourtant, il était satisfaisant de constater à quel point cette idée prenait déjà bien naissance. Il suffisait de regarder les Seigneurs présents et leur mine surprise pour comprendre que j’avais déjà gagné ce pari. A toi, je te révèle cette seule duperie qui fut mienne : Jamais je ne te trahirais plus. Tous devront y croire, pourtant et tu devras continuer de jouer ce rôle, aussi peu dur soit-il. Il fallait au Val quelqu’un à blâmer, quelqu’un à montrer du doigt. L’ennemi n’était pas la Couronne, mon frère. Il fallait que ce soit moi.

Si je souhaitais, en premier lieu, rester pour mon propre souhait d’aider à voir la paix être restaurée en tous point et partout en Westeros, je l’ai également fait pour une autre raison. Comment aurais-je pu laisser Catelyn derrière nous quand elle fut amenée ici et en cette position par ma faute ? Cela, je le pensais. Je resterais à Port-Réal au moins jusqu’à ce que cette affaire soit réglée. Le Seigneur Cerf manque de dicernement tant son cœur est assombri par la colère. Cela, je le comprends, Martyn, moi qui ai vécu cette situation. Je ne le hais pas de chercher à se rendre justice mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il a besoin d’aide. Si un faucon semble l’avoir trahi, il était légitime que sa cousine demeure à ses côtés tant pour l’innocenter que pour veiller sur elle. Jamais je ne laisserais quiconque lui faire de mal et je ferais tout ce qu’il m’est possible pour la voir regagner nos terres au plus vite. Je veillerais également sur Freyja dès le jour où elle accostera à la Capitale, comme cette petite sœur qu’elle fut jadis et par respect pour notre mère qui était Stark.

Valoise, Nordienne, Dornienne… Qui suis-je, mon frère, moi qui ai porté tant de noms ? Cette réponse semble n’être détenue que par les Dieux et c’est parce que j’ai foi en cette force que je me devais de rester à la Capitale. Je ne suis rien et tout à la fois. Je suis cette apatride qui n’aspire qu’à une chose : la paix. Ma présence en cette ville assure au Val la confiance de la Couronne, confiance que je place entre tes mains. Si tu doutes de la véracité de mes propos, alors en voici la preuve : Je souhaite que tu prennes personnellement soin de mon fils. Tu es mon frère, son oncle. Comme jadis notre père t’envoya chez Elbert, je souhaite le savoir à tes côtés. Non pas comme un héritier, comme un futur chevalier du Val qui saura défendre sa cousine si tel l’ont décidé les Dieux. Abbel ne t’a jamais haï et lui comme son frère n’a jamais été élevé dans cette ferveur de te voir tomber. Pour eux, tu es ce frère précieux qui manquait tant à leur mère et qui parfois manque de tomber face à toutes les responsabilités qui reposent sur lui. Apprends-lui tout ce que tu estimes bon pour lui, aide-le à devenir ce petit faucon qui aura le droit de voler proche du soleil. Plus tard, deviendra-t-il peut être épée lige d’un de tes enfants ?

Ma dernière pensée va pour Bryen. Je t’en conjure, mon frère, ne le punis guère de ces actes qu’il a fait en mon nom. Aujourd’hui, je l’espère, il me hait au moins autant que les autres et son allégeance sera tienne. S’il plie le genou, les autres suivront, j’en suis persuadée. Le Triton Pâle fut un ami précieux et sincère qu’il m’est difficile de quitter aussi, ne l’accable pas plus qu’il doit déjà se tourmenter. Si jouer avec les sentiments peut blesser, ce sont les miens que j’ai forcé au silence pour qu’il soit tien plutôt que mien. Cet amour n’est qu’un obstacle de plus dans notre accomplissement. L’Amour est un obstacle qu’il faut savoir franchir pour aller au-delà et découvrir le véritable sens du devoir. S’il te revient le droit de me trouver un époux, mon frère, sache que je demeure fille du Val et que, bien que déjà mariée une fois, je n’en demeure pas moins un moyen de créer une alliance nouvelle, si tel est ton choix.

Je pense désormais avoir réussi à vider mon cœur et mon esprit. Peut-être me hais-tu toujours, plus même, ou peut être tes sentiments à mon égard se sont-ils apaisés ? Comme j’aimerais, mon frère, pouvoir te voir à mes côtés pour te dire tout cela de vive voix et te confesser mes torts autant que mes attentes. Je ne sais pourtant, quand nos chemins se croiseront à nouveau, quand nous retrouverons une voie unique pour nous guider tous deux. Je prie pour que, ce jour venu, la paix règne tant sur Westeros que dans nos cœurs.

Avec toute mon affection,


Etaine.
©️ sobade.



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The Fallen Princess
Winter was Coming and then, I've been on the top, Unbent, Unbowed and Unbroken. Now, I just wanna be as High as Honor
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