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 Master and Apprentice stay Disciples. ♦ Valyron & Elinor

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Master and Apprentice stay Disciples. ♦ Valyron & Elinor   Ven 16 Fév 2018 - 23:33




Master & Apprentice
Exaltée par les récents événements, elle parcourait les couloirs d’un pas assuré. A ceux qui l’eurent croisée quelques instants auparavant, elle était méconnaissable. La mine fermée et résignée quoiqu’un peu apeurée de l’Araignée s’était transformée en ce sourire radieux et triomphant, ce regard empli de défi et ce menton relevé qui semblait vouloir défier les plus hautes altitudes. Quelques regards curieux se posaient sur elle, s’interrogeant certainement sur les raisons qui avaient poussé la Main du Roi à laisser la Bieffoise libre de ses mouvements quand un crime avait été commis entre les murs du Donjon Rouge. Un crime dont beaucoup auraient certainement aimé la voir accusée. Après tout, n’était-il pas plaisant de voir l’Araignée intrigante de Port-Réal tomber de sa toile pour se faire écraser sous les bottes crasseuses de ceux qui constituaient la Cour ? Mais voilà, l’entrevue qu’elle venait d’avoir avec le Seigneur Cerf avait été d’une toute autre nature et c’était le cœur en fête qu’elle était sortie. L’espoir. L’espoir venait de rallumer sa flamme en son cœur, pierre incandescente sous les cendres qui luttait vainement pour ne pas être oubliée, pour enflammer un brasier ardent qui la consumerait de l’intérieur. Son époux pouvait presque compter les jours avant son retour, désormais, Elinor le savait. Elle ne lâcherait nullement cette affaire tant que battrait son cœur pour cet être aimé.

L’alliance conclue entre l’Araignée et le Cerf était notifiée dans le parchemin qu’elle tenait précieusement contre elle. Un simple carré de papier qui lui offrait l’assurance d’en voir un autre quémander à Ondrew Piète de revenir à Port Réal. Un simple bout de papier qui valait bien plus que tout l’or du monde tant le pouvoir qu’il lui offrait était grand. Au fond d’elle, Elinor était flattée de cette confiance, de ce risque que prenait le seigneur de l’Orage à l’inclure dans cette enquête en cours. Mais il n’avait guère le choix. Elle était l’ultime carte d’une main qui s’épuisait, cette pièce maîtresse d’un échiquier qui était restée passive jusqu’alors mais qui tendait à devenir agressive. Sa tête était malmenée par un nombre incalculable de pensées ne cessait plus de s’agiter. Chacun des pas de la jeune femme ramenait l’ombre sur la Capitale, elle qui en était la Princesse, la maîtresse durement contestable et contestée de ce royaume terrible où courraient les rumeurs et les secrets les mieux enfouis. L’Aranéide s’était promis de ne plus s’y risquer tant tout ceci lui avait coûté, mais pour l’amour d’Ondrew et le bonheur de le voir revenir, elle aurait plongé dans les Sept Enfers.

Un seul détail, pourtant, venait obscurcir légèrement ce bonheur, l’ombrager sans qu’elle ne l’ait désiré. Cette enquête avait été confiée à celui qui contrôlait le mieux les ombres de Port-Réal, Valyron. Maître des Chuchoteurs, c’était à lui et à ses espions de percer ce mystère. Elinor connaissait le personnage autant qu’elle appréciait énormément l’homme et elle savait pertinemment que savoir l’Araignée sur la même course que lui n’allait nullement le ravir. Le Seigneur Cerf venait, en lui demandant service, de remettre sa confiance en doute envers le Mantaryen de naissance. Au fond d’elle, la jeune femme ne pouvait se sentir en joie tant cela la gênait. L’orgueil de son ami, elle y avait déjà été confronté quand elle avait été celle qui lui était venue en aide après que Maegor ne l’ait violemment mutilé. Elle savait très bien qu’il aurait du mal à accepter cette situation et c’était pour cette raison qu’elle avait très rapidement précisé à la Main du Roi qu’elle ne souhaitait nullement entrer en compétition avec le Serpent, mais bien jouer la partie à ses côtés. Et c’était parce que ce détail était essentiel à ses yeux qu’elle n’était pas immédiatement rentrée dans ses appartements.

Finissant par plier soigneusement le document, elle le rangea dans sa robe avec soin, prenant garde à ce qu’elle ne puisse pas le perdre. Puis, hâtant le pas, elle rejoignit les appartements du maître des Chuchoteurs. Comme elle en avait l’habitude, des gardes étaient là, gardant les portes. Le règne de Maegor avait beau être mort avec lui, la confiance était une chose rare. L’Araignée, pourtant, avait le loisir de pouvoir se dire amie avec le Serpent et les gardes la connaissaient suffisamment pour savoir que leur maître ne leur en voudrait guère d’avoir autorisé cette jeune femme à pénétrer les lieux, elle a qui on avait même prêté une liaison avec le seigneur Tyvaros, jadis. Silencieuse, Elinor entra dans la large pièce principale des appartements de la Vipère de Port-d’Epices, D’un pas mesuré, elle se glissa auprès de son bureau. D’ordinaire, elle aurait patiemment attendu qu’il ne revienne, assise sur la chaise qui faisait face au fauteuil du Mantaryen ou bien installée sur son lit. Mais cela datait d’un temps révolu. Quelle était sa place désormais ? Son regard se glissa sur les documents qui trainaient sur le bureau. Méticuleux comme il l’était, aucune information confidentielle ne se trouvait notée sur les quelques papiers qui n’annonçaient rien de particulier à la jeune brune. Ses yeux noisette, alors, glissèrent jusqu’au confortable fauteuil dans lequel trônait Valyron durant leurs rencontres. Toujours de ce pas silencieux, elle se positionna à ses côtés, l’observant avec une fascination certaine. Se pourrait-il qu’un jour, elle siège à cette position plutôt que son ami ? Elle n’osait y rêver et pourtant, lui-même la reconnaissait comme étant son héritière sur ce point-là. Ses doigts vinrent effleurer le dossier. Elle ne s’était aventurée aussi prêt de ce trône une seule fois : quand sa main avait frappé avec rage la joue du Mantaryen. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle s’imagina longuement ce que les choses auraient pu être si elles s’étaient passées autrement. D’un regard vers la chambre, elle se revit, inquiète, s’occuper des plaies brulées de cet homme qui avait osé s’élever contre le Cruel. Puis, cette autre fois où il l’avait plaquée contre le mur, ses doigts se refermant sur sa gorge avec rage.

Combien de longues minutes s’écoulèrent ? Perdue dans ses pensées, elle ne fut ramenée dans la réalité que par l’entrée du maître des lieux. Celle-ci ne manqua pas de la surprendre, la faisant sursauter et la forçant à relever son regard sans y dissimuler l’inquiétude qu’elle ressentit. Ces souvenirs n’avaient fait que ramener avec eux la terreur de ces temps obscurs autant que mauvais. La main qu’elle avait posé sur le fauteuil s’en détacha, comme s’il s’était agit d’une flamme. « Par les Sept, quelle frayeur vous m’avez faite… » Elle rit doucement tant cela était ridicule, tant cela la surprit elle-même. Se détachant du fauteuil, elle s’écarta, tant pour s’avancer vers lui que pour lui laisser la place libre. Elle pinça légèrement les lèvres, cherchant à rassembler son courage pour lui annoncer la raison de sa présence. Lui offrant son plus beau sourire, elle s’avança vers lui. « Je ne souhaite nullement vous déranger dans votre travail, mon ami… » Et du travail, il devait en avoir énormément, lui qui avait pourtant tant déçu la Main. Comment devait-elle le lui dire ? Comment procéder ? Elle tenta une approche indirecte. « J’imagine que les récents événements ne vous laissent aucun répit…. ? »


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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: Master and Apprentice stay Disciples. ♦ Valyron & Elinor   Sam 24 Fév 2018 - 13:35

Renaissance d’un Passé Brûlé

ft.








Remontant à pieds les rues pavées qui menaient au Donjon-Rouge, Valyron Tyvaros fit une pause pour s’éponger le front. Comme d’ordinaire désormais, il faisait une chaleur de bœuf dans la capitale des Sept Couronnes. Malgré la chape de plomb qui semblait l’écraser sous une température toujours plus élevée, la ville était grandement dynamique. Quelle renaissance avait connu la cité depuis les affrontements l’an passé qui avaient vu la fin de Maegor. Malgré cela, la nourriture était rationnée, et l’on manquait de certaines denrées d’ordinaire aisément achetable sur les étals des marchés de la ville, comme les melons du Bief. Malgré cela, grâce aux approvisionnements en provenance des Terres de l’Orage, la ville ne connaissait pas la disette. De nombreux marchands ambitieux venaient également mouiller en baie de la Néra pour espérer écouler leurs denrées à des prix plus élevés que nulle part ailleurs. Tout Westeos connaissait une flambée des prix de la nourriture, et seules les terres régies par les Baratheon, du fait de leur climat plus humide qu’ailleurs, connaissaient une certaine sérénité alimentaire. Le Bief avait pratiquement fermé ses exportations, consommant avidement sa propre production. Chaque région avait essayé de trouver sa parade. Le Val importait massivement, l’Ouest avait conclu un accord avec Dorne et le Conflans vivait sous perfusion orageoise. Partout sur le continent, on racontait que la sécheresse ne faiblissait pas. On ne comptait plus les cours d’eau asséchés, et même le légendaire lac de l’Oeildieu avait commencé à refluer de ses berges habituelles.

Pourtant, ce n’était pas la sécheresse qui avait conduit le maître-espion à sortir de la tanière de ses maîtres dragons. Sa caraque tolosienne, le Serpent de Mantarys, était revenue d’Essos après être allée chercher un plein chargement de pierreries dans les grands ports où le natif de Mantarys avait ses contacts. Il était venu surveiller le débarquement de la précieuse cargaison et sa mise en sécurité dans un entrepôt discret et bien surveillé, proche de l’arsenal royal. Les quelques quais dédiés à la marine royale avaient semblé bien vite après la guerre, mais grouillaient désormais d’activité alors que les Targaryen reconstituaient leur flotte d’avant-guerre avec de lourdes galères apprêtées pour affronter la haute mer du Détroit. Quel beau spectacle que c’était que de voir ces fins navires élancés aux rames brandies vers le ciel, les voiles blanches ferlées et la flamme noire battant mollement dans l’air chaud de l’après-midi rappelant le pouvoir et l’autorité incarnés par ce navire.

Si Valyron trouvait encore le temps de s’occuper de ses affaires personnelles, il n’était pas non plus descendu sans arrière-pensée. Il avait encore du mal à s’aventurer dans la cité depuis l’émeute où il avait failli perdre la vie quelques jours avant l’assaut rebelle. Il n’avait jamais pu considérer la populace de Port-Réal comme un tout digne de confiance et méritant respect et attention. Pour lui, ce n’était qu’un ramassis de loqueteux qui aurait dû s’émerveiller de vivre si près des dragons. Malheureusement, tout le monde ne partageait pas la dévotion du Mantaryen pour les Targaryen et Valyria. Aussi, jamais ne se serait-il aventuré à perdre plusieurs heures à descendre en ville, aller sur les quais et ensuite remonter pour une simple histoire de pierres précieuses. Quelques heures auparavant, l’un de ses agents était venu lui signaler qu’un cadavre revêtant les couleurs Baratheon avait été retrouvé entre deux eaux dans le port de la cité. L’affaire ne présentait aucun intérêt particulier jusqu’au moment où le corps s’était avéré être celui d’une jeune femme. Ce qui aurait pu être le simple meurtre d’un soudard des troupes de la Main prenait un tout autre intérêt. Valyron s’était donc déplacé pour voir cela de ses propres yeux pour considérer que la dépouille était considérablement dégradée du fait d’un passage dans l’eau prolongé. Il avait ordonné qu’on ne dispose pas du corps immédiatement et l’avait fait traiter par des sœurs du silence dans un petit septuaire mortuaire. Il s’était ensuite occupé de ses affaires et avait débuté son ascension vers le Donjon-Rouge.

Lorsqu’il parvint à ses appartements, le visage rougi par la chaleur et l’effort de gravir tous ces mètres, le garde en faction à sa porte lui signala que la Dame Elinor Piète se trouvait dedans, introduite par habitude. Le Serpent hocha la tête pour accuser réception de l’information et poussa la porte.

« Par les Sept, quelle frayeur vous m’avez faite… »

Valyron coula un regard surpris vers la jeune femme, ne s’étant pas attendu à la surprendre à ce point. Voilà qui était cocasse ! La jeune femme elle-même trouva cela drôle puisqu’elle se mit à rire de cette tonalité si délicate, où transparaissait toute sa noblesse bieffoise. Le rire d’Elinor avait toujours eu une vertu apaisante chez Valyron, qui ne l’avait toutefois plus entendue rire de bon cœur depuis un bon moment. Elle se déplaça vers lui pour le laisser s’installer dans son fauteuil, ce qu’il ne fit pas tout de suite. Tandis qu’elle marchait en sa direction, un grand sourire charmant apparut sur le visage de la jeune femme.

« Je ne souhaite nullement vous déranger dans votre travail, mon ami… »

Son ami. Comme cela était étrange. Elinor Piète était peut-être la seule personne en dehors de descendants valyriens que Valyron appréciait sincèrement. Il était persuadé que l’Araignée était destinée à une grande carrière parmi les ombres et il lui était toujours plaisant de voir combien elle avait progressé et appris depuis qu’ils se connaissaient. Il haussa les épaules, la visite de la jeune femme en ces temps de paix était une véritable bouffée d’oxygène, rappelant des moments difficiles, cruciaux même, mais pourtant fondateurs, et d’autres plus joyeux, comme leur célébration de la réponse de Rhaenys à leur missive.

« J’imagine que les récents événements ne vous laissent aucun répit…. ? »

Elle voulait bien entendu parler des événements survenus plus d’une semaine auparavant. Un conseil restreint aurait lieu d’ici quatre jours, et le Serpent ne doutait pas que le Protecteur du Royaume lui demanderait des nouvelles de ce côté-là. Toutefois, le maître-espion avait eu d’autres priorités, comme superviser l’enquête préliminaire sur les Arryn qui s’était avérée une fausse piste quand bien même cette famille toute entière puait la trahison selon lui. Ils avaient été obligés de laisser partir le suzerain et son épouse mais sa sœur et sa cousine tenaient encore entre ces murs, excellents leviers de pression s’il le fallait. Il avait également fallu organiser une grande campagne de fouille des appartements royaux et vérifier les identités des gardes et serviteurs royaux en priorité. Si un empoisonneur sévissait dans les coursives du Donjon-Rouge, la première chose à faire était de s’assurer qu’aucun Targaryen, à commencer par le Roi lui-même, n’était pas menacé. La surveillance sur les points d’approvisionnement de poison, officiels comme officieux, avait été renforcée et quelques interrogatoires musclés n’avaient toutefois encore rien donné. Personne n’avait entendu parler d’un tel poison, et personne ne savait qui avait porté le coup, et pourquoi. Tout restait encore possible, mais l’enquête concernant l’empoisonnement de Rohanna Baratheon, elle, n’avait pas avancé aussi vite que possible. Ne répondait pas immédiatement à la question, il alla se laver les mains dans une bassine en cuivre emplie d’eau fraîche et parfumée au citron. Ceci fait, il termina de s’éponger le front avec un ligne propre et, retrouvant un semblant de fraîcheur, pointa du doigt une carafe contenant un vin de Pentos très léger, coupé à l’eau, agrémentés de quelques fruits rouges frais pour lui donner un semblant de fraîcheur.

« Un verre ?
»

Il n’attendit pas vraiment la réponse pour déboucher le flacon et servir deux verres à pieds de cristal ciselé avec soin sur lesquels reposait le petit serpent mauve, emblème du Tyvaros et de sa noblesse toute récente qu’il devait en grande partie à Elinor. Il apporta à un verre à la jeune femme et ne s’installa non pas dans son siège derrière le bureau mais dans l’un des deux qui faisaient face à sa place habituelle, restée vide. Il se passa machinalement une main sur le visage et but une gorgée de la boisson presque fraîche avant de déposer le verre sur son bureau et conserva le regard dans le vide alors qu’il répondait à la jeune femme.

« Aucun répit, aucun répit. Il y a tant de choses à faire et si peu de temps. J’ai fait renforcer la sécurité autour de la famille royale et des membres du conseil restreint, ainsi que de quelques personnages-clés du régime, mais pour le moment aucun ne court de danger. »

Lorsqu’il voulait dire sécurité, il voulait dire surveillance, puisqu’il disposait plusieurs espions à proximité de ces personnes importantes pour le maintien de l’Ordre établi. Il n’avait guère besoin de donner de recommandations sur la sécurité apparente de ces gens qui étaient sous la garde des hommes d’armes qui assuraient la sécurité des lieux, ainsi que des gardes royaux pour les Targaryen.

« Cette affaire est tragique : quelqu’un cherche à déstabiliser le royaume. Frapper une innocente durant un tel jour ? Cela cache forcément autre chose qu’une simple vendetta. Quiconque a commandité cet empoisonnement ne voulait pas simplement frapper Robar Baratheon, sinon il aurait pu le faire n’importe quand. Là, le coupable voulait que cela soit fait aux yeux de tout Westeros. »

Ses pupilles grises rencontrèrent celles noisette d’Elinor alors qu’il se tournait vers celle qui avait été sa comparse au cœur des ombres.

« Et vous, qu’avez-vous entendu sur cette histoire ? »






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Des mes ordres, dépend le destin du peuple.
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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Master and Apprentice stay Disciples. ♦ Valyron & Elinor   Mer 21 Mar 2018 - 23:59




Master & Apprentice
« Comme au bon vieux temps, n’est-ce pas ? » Le sourire de l’Araignée, finement étendu en un coin, se faisait malicieux. Comme elle appréciait, évoquer le passé et ces instants où ils avaient tous deux uni leurs forces pour abattre le pire de tous les dragons. Combien de rendez-vous de ce genre avaient-ils vécu ? les rituels demeuraient semblables : Un verre de bon vin, gracieusement offert par le maître des Chuchoteurs, quelques piques lancées de part et d’autre et enfin, des manigances en tout genre qui promettait bien des choses sur l’avenir du Royaume. Achevant de s’éponger le visage, Valyron s’approcha d’un petit meuble où il remplit deux verres d’un vin rouge. Pendant ce temps, la Bieffoise de naissance avait pris place sur la chaise qui avait longtemps été la sienne tant elle semblait l’occuper. Quand l’homme revint vers elle, lui tendant son verre, elle s’en saisit, remerciant le Mantaryen de ce petit plaisir liquide. Son regard coula sur le petit serpent entrelacé aux couleurs violines qui ornait le verre, forçant un léger sourire à naître sur ses lèvres. Tant de chemin parcourut pour avoir, finalement, aidé le Mantaryen à accéder à ce qu’il était. Elinor n’était guère du genre à attendre des remerciements et savait que le Serpent ne lui en adresserait jamais à ce sujet, mais c’était elle qui l’avait aidé à se hisser à cette place qu’il chérissait. Elle pouvait au moins se féliciter de cela, en plus de la mort de Maegor.

Plongeant ses lèvres dans le nectar, elle releva ses yeux noisette vers lui tandis qu’il prenait place, non pas dans ce fauteuil qu’elle avait admiré avec une certaine fascination quelques instants auparavant, mais sur celui qui se tenait à ses côtés. Elle eut un léger sourire tandis que la vision qu’il devaient offrir, tous deux, devait être réellement celle de deux amis partageant une conversation des plus banale. Puis, Valyron prit la parole, lui apportant quelques éléments de réponses à ces interrogations à demi-formulées. La fatigue se lisait sur ses traits et ses premiers mots confirmèrent cela. Il semblait à bout de souffle, respirant difficilement, coincé en apnée toute la journée durant pour pouvoir, finalement, se détendre une fois dans ses appartements où elle était venue le déranger. Un sourire compatissant se dessina sur ses lèvres. Le temps était de ces denrées rares dont nul ne pouvait contrôler le cours. Tous en manquaient. Tous aimeraient certainement pouvoir en avoir à sa guise afin de faire durer quelques instants ou, au contraire, écourter les pires moments. Elinor était de cette deuxième partie, espérant que les jours défilent jusqu’à celui où, enfin, elle pourrait étreindre l’être aimé dans ses bras et le chérir comme ils se l’étaient mutuellement promis.

La famille royale avait été placée sous surveillance et sous bonne garde. Elle hocha légèrement la tête, satisfaite d’entendre pareille chose. Elle aussi craignait pour la vie du jeune Roi, ayant trop durement bataillé pour le voir à cette place qui était sienne et se sentant redevable envers lui qui avait soutenu sa cause, une année auparavant lors des procès qui s’étaient tenus à Port Réal. Pourtant, ses devoirs de confidente et de première dame l’appelaient à s’inquiéter davantage pour la princesse Daenys. Si elle n’en dit mot, ses pensées se tournèrent forcément vers la mère-dragon qu’elle n’avait pas vu de la journée. Tragique. Oui, cela l’était. Une femme, dame du noble et grande maison, avait été publiquement atteinte, biche touchée en plein cœur par un carreau d’arbalète d’un chasseur trop gourmand. Pire encore, ses enfants à naître demeureraient chair informe et sang épais. Elinor songea un instant à Wilhem et à ce destin qu’elle lui avait prédit durant ses derniers mois de grossesse. Pinçant délicatement les lèvres, elle baissa les yeux sur son verre tandis que le natif d’au-delà de la mer poursuivait ses hypothèses.

Finalement, croisant son regard gris, il lui demanda ce qu’elle pensait de tout cela, ce que ses oreilles d’aranéide avaient pu percevoir comme murmures dans ces ombres où elle baignait. Poussant un soupir à son tour, elle reposa son bras sur l’accoudoir, jouant avec le vin dans son verre en le faisant délicatement tourner. « Les gens ne font que débattre sur le fait de savoir si lady Rohanna était réellement la cible de tout ceci… Le jour du couronnement, j’étais là, en retrait. J’ai beau réfléchir, me refaire cet instant encore et encore dans ma tête, je n’ai nulle précision à amener, nul visage satisfait du sort de cette pauvre dame. » Elle fronça doucement les sourcils. « Mais ceux qui ont agi pour atteindre ce but, car un homme seul n’aurait pu y parvenir, avaient fait ce choix, en effet. L’instant était choisi, l’acte prémédité et peut-être même préparé depuis des semaines… Tout ceci s’est passé sous nos yeux et nous étions trop aveuglés par les festivités à venir et un règne qui s’annonçait des plus conciliants pour y prêter attention… » Sans oublier leurs soucis personnels. Elinor avait tant bataillé pour revoir son fils, pour avoir des nouvelles de son aimé qu’elle en avait oublié ces ténèbres ambiantes de la Capitale où d’autres avaient, visiblement, su se faire une place.

Finalement, se rappelant les raisons de sa visite, ce fut sur un ton détaché qu’elle entreprit de poursuivre ses paroles. « Le seigneur Baratheon m’a convoquée. » Un léger rire s’échappa de ses lèvres quand elle se rappela sa peur, l’inquiétude qui avait parcouru son corps quand les gardes l’avait conduite jusqu’à la main du Roi. « Durant un instant, j’ai bien cru qu’ils me renverraient dans les geôles noires, là où mes cris n’auraient rencontré que leur écho ou ce silence assourdissant. Mais il ne s’agissait pas de cela. » Relevant le regard vers lui, elle se mordilla la lèvre inférieure. Puis, posant à son tour son verre sur le bureau, elle attrapa le document qui se trouvait bien à l’abri dans sa robe avant de soupirer, le tendant à Valyron. « Au cas où vous vous poseriez la question… Je n’ai nullement formulé le souhait de voir ces choses se faire. Le seigneur Cerf estime seulement que je suis capable d’apporter des réponses dans cette affaire. » Elle laissa alors le Serpent prendre connaissance du document, la gorge nouée. Elle n’appréciait nullement cette position mais prévenir Valyron était un prérequis nécessaire au retour d’Ondrew. Elle ne voulait pas se battre seule. Elle ne voulait pas du Serpent pour ennemi tout comme elle n’avait souhaité que cette place devienne sienne. Mais tout ceci était arrivé et elle devrait très certainement apaiser le Mantaryen et lui faire rapidement savoir qu’elle n’était et ne serait pas son ennemi dans cette bataille.

« Je crains que nous n’allons devoir réveiller d’anciens stratagèmes, maintenant que nous devons travailler à nouveau ensemble. Et gardez en tête que peu importe ce qu’il faudra faire, je le ferais. Ma récompense dans cette collaboration m’importe plus que tout le reste. »


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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: Master and Apprentice stay Disciples. ♦ Valyron & Elinor   Ven 13 Avr 2018 - 0:51

Renaissance d’un Passé Brûlé

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« Les gens ne font que débattre sur le fait de savoir si lady Rohanna était réellement la cible de tout ceci… Le jour du couronnement, j’étais là, en retrait. J’ai beau réfléchir, me refaire cet instant encore et encore dans ma tête, je n’ai nulle précision à amener, nul visage satisfait du sort de cette pauvre dame. »

Valyron garda le silence. Des précisions, il en avait, lui. Il les avait partagés avec la Main dès que les choses avaient été possibles. Les Arryn faisaient figure de coupables parfaits, cousins des Stark traîtres et absents, que le mestre ayant sauvé Rohanna Baratheon accusait. Plus le temps passait, toutefois, plus il était évident que l’affaire était plus complexe qu’elle n’y paraissait.

« Mais ceux qui ont agi pour atteindre ce but, car un homme seul n’aurait pu y parvenir, avaient fait ce choix, en effet. L’instant était choisi, l’acte prémédité et peut-être même préparé depuis des semaines… Tout ceci s’est passé sous nos yeux et nous étions trop aveuglés par les festivités à venir et un règne qui s’annonçait des plus conciliants pour y prêter attention… »

C’était bien ce qui inquiétait Valyron. Son travail, à lui, c’était précisément de ne pas se laisser aveugler. Dans les semaines qui avaient précédé les festivités, il avait sensiblement renforcé son dispositif. Toutes les maisons-closes de Port-Réal avaient été mises sous surveillance. Des agents de la Couronne surveillaient chacune des portes de la ville, et le port lui-même était sous contrôle. Tous les points susceptibles de fournir de quoi préparer poisons et autres potions dangereuses avaient été discrètement gardés par des agents expérimentés, qui connaissaient les endroits d’approvisionnement légaux comme clandestins. Le Donjon Rouge grouillait d’agents infiltrés parmi les jardiniers, serviteurs, pages et autres gardes. Un travail de surveillance avait été établi depuis plusieurs semaines auprès des éléments les plus suspects, avec au premier rang la plupart des anciens Loyalistes. Malgré cela, le drame avait frappé sans sommation, sans laisser de traces. Le coup était trop parfait. C’était ce qui taraudait le plus le Serpent. Personne n’était capable de ne laisser aucune trace, surtout à la capitale.

« Le seigneur Baratheon m’a convoquée. »

Valyron répondit au rire nerveux de la jeune femme par une moue mi-concernée, mi-surprise. C’était une information comme une autre. Il le savait : Robart Baratheon était en permanence surveillé – et protégé – par les agents du Serpent. Le Cerf pouvait convoquer la Tyssier pour mille et une raisons. Le Serpent avait du mal à voir en quoi cela le concernait, mais il ne dit rien. Si Elinor lui en parlait, c’était pour une raison spécifique.

« Durant un instant, j’ai bien cru qu’ils me renverraient dans les geôles noires, là où mes cris n’auraient rencontré que leur écho ou ce silence assourdissant. Mais il ne s’agissait pas de cela. »

Il hocha la tête d’un air entendu. Il se souvenait de sa visite à la jeune Araignée peu après la chute de Maegor. Elle avait alors complètement perdu l’esprit. Il se souvenait encore de ce moment surréaliste où elle avait essayé de se donner la mort. Il croisa le regard de la jeune femme qui avait l’air soudainement assez mal à l’aise. Elle déposa son verre sur la table et lui fit passer un parchemin soigneusement replié.





Par ordre de son Excellence Lord Robart Baratheon, Protecteur du Royaume et Main de sa Majesté Jaehaerys Targaryen Premier du Nom, il est demandé à tout un chacun de coopérer pleinement et d’obtempérer aux demandes d’Elinor Piète, porteuse de ce document et appointée par son Excellence en tant qu’agent officiel le représentant.

Ses directives doivent être considérées comme un ordre direct de la Couronne, et ne doivent souffrir d’aucune question, ou d’aucun délai. Toute réclamation concernant lesdites directives ne pourra être formulée que par la suite, et auprès de son Excellence uniquement. Quiconque entravera la porteuse de ce document, ou nuira de quelque manière que ce soit à son office devra en répondre directement au Seigneur Main, et s’exposera au châtiment adéquat avec la plus grande sévérité.

Fait au dix-neuvième jour de la deuxième lune de l’an 49,


Lord Robart Baratheon
©️ sobade.




« Au cas où vous vous poseriez la question… Je n’ai nullement formulé le souhait de voir ces choses se faire. Le seigneur Cerf estime seulement que je suis capable d’apporter des réponses dans cette affaire. »

Toujours absorbé dans la lecture du parchemin, Valyron ne leva pas les yeux, parcourant les lignes rédigées de l’écriture un peu brute du suzerain de l’Orage. Il ne l’écouta d’ailleurs pas vraiment, se contentant de prendre conscience du texte qu’il avait sous les yeux. Le document désignait Elinor comme une représentante pleine et entière de Robart Baratheon, l’homme fort du moment. C’était une bonne nouvelle pour la jeune femme. Toutefois, son air presque coupable hérissait légèrement le Serpent. La dernière fois qu’elle avait eu cette moue, il s’était fait calciner le dos par un tyran complètement perdu dans sa folie.

« Je crains que nous n’allions devoir réveiller d’anciens stratagèmes, maintenant que nous devons travailler à nouveau ensemble. Et gardez en tête que peu importe ce qu’il faudra faire, je le ferais. Ma récompense dans cette collaboration m’importe plus que tout le reste. »

Travailler de nouveau ensemble ? Ce n’était pas pour déplaire au Serpent, mais pourquoi diable avait-elle l’air si coupable. Dans quel cadre allaient-ils bien pouvoir… ?

    Oh.


Un sourire vint automatiquement s’afficher sur le visage du Mantaryen. Ainsi donc, Robart Baratheon avait décidé de confier à Elinor le soin de travailler avec lui et non pas pour lui. Voilà qui faisait toute la différence. Quand bien même le document restait volontairement flou sur la véritable fonction d’Elinor, il était désormais clair qu’il comptait en réalité sur elle pour empiéter sur les plates-bandes de Valyron. Et tout cela venait directement du Protecteur. Fort bien. Valyron nota soigneusement cette information et se promit d’aller discuter avec le Régent pour lui faire comprendre sa position à ce sujet. D’une voix étrangement calme mais qui semblait comme éteinte, il parvint enfin à articuler.

« Eh bien…. Toutes mes félicitations, Elinor. » dit-il en lui tendant le papier.

La question restait de savoir à quel point la Bieffoise avait trempé là-dedans. Elle mentionnait une récompense et semblait donc confesser qu’elle avait été achetée pour le gêner ainsi. Que Robart Baratheon veuille que cette enquête aille vite était une chose, mais de là à vouloir court-circuiter directement le Maître des Chuchoteurs, il y avait visiblement autre chose. Et cela, le Serpent n’appréciait guère. Pourquoi n’avait-il pas été mis au courant avant ? Et pourquoi diable avait-il choisi Elinor ? Il se rendit compte qu’il connaissait lui-même la réponse : elle était la plus compétente de tous les autres. Depuis combien de temps courtisait-elle le Baratheon à cette fin ? Il se souvint qu’on lui avait signalé au moins une autre entrevue entre le Cerf et l’Araignée. Il se fit la promesse d’aller vérifier les dernières choses que lui avait dit Elinor : la confiance était un luxe qu’il ne pouvait plus se permettre depuis qu’il était devenu maître-espion du Roi.

« Puisque nous allons devoir collaborer, autant nous y mettre tout de suite. Je n’ai pas encore réussi à identifier quoi que ce soit. Le poison lui-même semble avoir troublé le mestre, donc ne comptons pas là-dessus. Je comptais faire interroger l’ensemble des serviteurs. Je vous communiquerai mes résultats quand je les aurais. D’ici là, il va falloir que l’on s’organise. Vous avez une idée d’où commencer ? »

Il prit une gorgée de vin, essayant de rester aussi calme qu’il ne l’était pas. Sa seule envie du moment était de se lever pour aller envoyer son poing dans le visage du Cerf régent. Ceci étant, le suzerain de l’Orage était un homme solidement bâti et il ne doutait pas qu’il répliquerait. Et de toute manière, ce n’était pas là la façon de faire du Serpent. Il prendrait le temps pour se venger de cet affront, et Robart Baratheon regretterait ce moment où il avait pu croire pouvoir humilier et contourner le maître-espion du Roi. Quant à Elinor, malgré le défaut de confiance immense qu’elle lui inspirait pour le moment, il restait curieux.

« Dites-moi. Quelle est donc cette récompense qui vous amène à ainsi revenir aux affaires ? »




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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Master and Apprentice stay Disciples. ♦ Valyron & Elinor   Dim 22 Avr 2018 - 23:45




Master & Apprentice
La situation la rendait grandement mal à l’aise. Plus qu’elle ne l’aurait cru, à vrai dire. Depuis qu’ils se connaissaient, lui et elle, peut-être avait-elle espéré un jour le surpasser dans ce domaine où ils excellaient côte à côte mais où le serpent, en bon reptile, avait fini par être reconnu comme un maître. Elle le voyait, elle, au milieu des ombres, déplaçant des pions qui sillonnaient les couloirs tels de fantômes mais qui attiraient son regard arachnéen, éveillant les sens de la Bieffoise pour mieux comprendre les machinations orchestrées par le natif de Mantarys. Tout ceci, elle l’avait appris grâce à lui, quand il avait fallu qu’elle fausse compagnie aux sbires de Sighild par le passé, quand elle souhaitait comprendre les idées du maître des Chuchoteurs de Maegor. Ombre, elle était devenue et c’était en tant que tel qu’elle avait œuvré pour bien des Hommes, Valyron inclus.

Le voyant parcourir le parchemin des yeux, elle se mordilla la lèvre inférieure. Elinor craignait la réaction de celui qu’elle voyait comme un Mentor, un professeur… Un père de substitution, peut-être même. Le décevoir était chose qu’elle ne souhaitait guère et, en se voyant offrir une possibilité de le doubler, elle eut le sentiment amer d’avoir été à contre-courant de ce que lui souhaitait plus que tout. Valyron lui devait sa place. A elle et à Daenys. Mais si la princesse avait œuvré pour que les titres soient accordés et que le Conseil Restreint soit une nouvelle porte ouverte au Serpent, c’était elle qui avait murmuré les mielleuses paroles à l’oreille de la dragonne, dévastée par le sort de son seul ami et allié. Que valait-il mieux alors ? Laisser Valyron pourrir dans une condition déplorable et se concentrer sur le sort d’Ondrew… ? Ou bien placer des pions appréciables pour une suite qu’elle saurait mieux contrôler ? Le Mantaryen faisait partie de ceux qui avaient les moyens tant financiers qu’en intrigue de lui ramener son époux et une telle chance ne pouvait être mise de côté.

Portant une nouvelle fois son verre de vin à ses lèvres, elle ne le quittait pas du regard, ses yeux noisette allant de son regard au document. Et le sourire qui finit par se dessiner sur les lèvres du seigneur de Port-d’ Epices lui vrilla l’estomac. Elle n’aimait pas ce que cela pouvait annoncer. Vraiment pas. Et pourtant, il finit par retrouver la parole, la félicitant avec distance de ce que ce document lui garantissait, le lui tendant afin qu’elle puisse le reprendre. Les lèvres d’Elinor demeuraient closes tandis que ses doigts se refermaient sur le parchemin, repliant avec soin le document qu’elle rangea avec autant de précautions. Ses yeux n’osaient plus se relever vers lui, le défier. Elle aurait aimé se transformer en souris pour fuir et se faufiler loin de tout ceci. Peut être même jusqu’à Dorne s’il lui était permis de le faire. A quoi pouvait-il penser ? Qu’elle avait agi décemment pour mieux l’éclipser ? Qu’elle souhaitait sa place et les faveurs des plus grands pour mieux parvenir à ses fins… ? A ce sujet, il ne se serait guère trompé mais, de cela, l’Araignée ne s’était jamais cachée. Amie, elle l’était de bien des puissants. Elle le fut pour Maegor, pensant que cela la sauverait, que cela lui permettrait d’épargner la seule autre personne pour qui son intérêt se portait hormis elle-même. Mais les amitiés coutaient cher et de toutes, celle qu’elle entretenait avec Valyron avait été la plus appréciable. L’homme d’Essos n’était pas que désireux de la voir obéir afin de respecter un échange. Leurs discussions avaient fini par aller au-delà de ça.

Il reprit la parole, la forçant à relever le regard, le posant de nouveau sur lui. Prenant une longue inspiration, elle mit plusieurs secondes avant de comprendre qu’il se mit à lui parler de l’affaire plus directement. Elle cilla un instant avant de se reprendre, hochant la tête. Pas de piste propre. Un poison trouble. Les serviteurs… Elle se concentra sur les informations, essayant de les recouper avec celles que Robb lui avait offertes. Visiblement, le Cerf n’en savait guère plus que son maître espion et Elinor en fut presque déçue. Déçue de voir que Valyron n’avait aucun atout dans sa manche, nulle courbette qui l’aiderait à regagner la confiance du Cerf. Elle pinça légèrement les lèvres alors qu’il lui posait une question. Une idée d’où commencer ? Y-avait-il seulement un début dans ce cauchemar vivant ? Si tel avait été le cas, il n’aurait très certainement pas eu besoin d’elle pour le trouver. « J’avais pour idée de m’entretenir avec lady Rohanna. Le Seigneur Baratheon va se renseigner afin de voir si cela est possible en m’imposant certaines… Limites dans cet entretien potentiel. Je me demande si elle n’aurait rien pu remarquer, si en revenant dans ces souvenirs se produisant avant le drame, avant les cérémonies, elle aurait pu notifier quelque chose… Je pense aussi essayer de retrouver le mestre Banneth. C’est lui qui a identifié le poison, n’est-ce pas ? il ne m’est pas inconnu et… Je pense qu’une discussion pourrait être également riche en informations. » Elle poussa un long soupir, le poids sur sa poitrine devenant véritablement insupportable. S’essayant à un sourire compatissant quoique timide, elle reprit. « Pour le reste… Je crois que c’est à vous de me dire quoi faire, lord Tyvaros. » Appuyer sur le positif, continuer de flatter le Mantaryen… Des stratégies qui marchaient, habituellement…

Mais la curiosité de l’homme se fit de nouveau grande et, face à sa question, son sourire s’éteignit brusquement. Evidemment, elle s’était attendue à ce qu’il l’interroge à ce sujet, à ce qu’il essaie d’en savoir plus et si, de prime abord, elle ne comptait pas le lui cacher, annoncer une telle nouvelle dans de telles circonstances était soudainement bien plus bouleversant qu’elle ne s’y était attendue. Quittant son fauteuil, son verre de vin en main, elle se dirigea vers la fenêtre la plus proche, offrant une vue sur la baie. Poussant un premier soupir, l’Araignée ne lui accorda pas son regard quand elle reprit la parole. « La seule chose qui mérite que je m’attire les foudres d’un ami… » Un nouveau soupir lui échappa, de dépit cette fois-ci. Elle avait conscience du malaise qu’elle avait provoqué quand elle aurait pu simplement refuser cet accord avec la Main du Roi. Ne tournant que son visage, sans pour autant regarder le natif de Mantarys, elle poursuivit. « Ondrew… Ondrew serait ma récompense si je venais à aider de manière conséquente l’avancée de cette enquête. Le seigneur Robart possède les cartes maîtresses d’un jeu battu d’avance… Il est le seul à pouvoir me faire miroiter un réel retour de mon époux entre ces murs. » Elle ricana, portant son verre à ses lèvres, buvant une gorgée de vin avant de faire face au Serpent. « Je me doute que vous devez trouver cela bien ironique… Apprendrais-je un jour de mes erreurs ? Mon cœur ferait confiance à un fou s’il s’agissait de préserver la vie de mon époux et pourtant… Pourtant, cette fois, je crois les dires d’un homme qui porte l’honorable nom des Baratheon. J’ai songé à refuser, croyez-moi… Mais cette chance était trop belle pour que je me permette de la jeter au-dessus d’une épaule… » Reprenant une profonde inspiration, elle fit quelques pas vers lui, demeurant debout, essayant de retrouver cette liste d’arguments qui n’avaient fait que pencher la balance vers l’acceptation de la situation. « Toute seule, je n’y arriverais pas. J’ai besoin de vous… Et dans un certain sens, vous avez besoin de moi. Si je n’avais pas accepté, qu’aurait fait le seigneur Baratheon ? Aurait-il replacé son entière confiance entre vos mains ? Ou bien serait-il passé au nom suivant dans sa liste de supposés espions potentiels ? Vous avez l’avantage de me connaître. De connaître mes méthodes, mes ambitions et les limites quasi inexistantes de ce dont je suis capable pour obtenir ce que je souhaite. Ne me faites pas croire que la situation est aussi déplorable qu’elle en a l’air. »


© Belzébuth

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The Beautiful Spider
The dangerous black widow encases her victims with silk, and then kills with poison from her fangs.
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Valyron Tyvaros
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal
MessageSujet: Re: Master and Apprentice stay Disciples. ♦ Valyron & Elinor   Ven 20 Juil 2018 - 21:20

Renaissance d’un Passé Brûlé

ft.








Une immense lassitude envahissait progressivement le cœur du Serpent de Mantarys.

Depuis tant d’années qu’il baignait dans les intrigues de la Cour, cette dernière année lui avait semblait la plus violente, amenant violence et désordre jusque dans le domaine des ombres du maître-espion, d’ordinaire coutumier de travailler au calme et sans aucune espèce de danger quelconque, du moins pas immédiat. Avec l’arrivée au pouvoir de la nouvelle génération, les courants d’influence évoluaient et chacun des jeunes loups de la politique de Westeros entendait faire briller son étoile un peu plus fortement que celle de ses rivaux. De tout cela, il se sentait subitement las. Lui-même avait finalement cédé à la tentation et au désir de voir sa propre étoile s’élever au-dessus des autres. Du roturier venu d’outre-mer, il était devenu le sire de Port-d’Epices et s’était doté d’un blason, d’une devise et d’un nom : Tyvaros. Il y était parvenu en faisant de nombreuses entorses à la morale, à la loyauté et à l’honneur, ainsi qu’avec le concours de certains alliés dont la plus importante se trouvait face à lui, arborant une mine soucieuse.

Valyron étendit les jambes sous son bureau, se les massant. La chaleur les faisait légèrement gonfler et il se sentait à l’étroit dans ses bas de soie. La chaleur écrasante qui faisait cuire la capitale des Sept Couronnes depuis plusieurs mois ne semblaient guère connaître de répit. S’épongeant une nouvelle fois le front, le serviteur du Roi se laissa aller à considérer la jeune femme qui lui faisait face. Il réfléchissait déjà à comment cette nouvelle allait impacter son quotidien. Cette histoire d’enquête préoccupait l’homme venu d’Essos. Les tenants et aboutissants semblaient véritablement plus étendus que ce qu’il semblait. Il se pencha pour attraper le flacon de verre contenant le vin de Pentos coupé à l’eau et aux fruits rouges. Le liquide avait beau être tiède, il lui semblait délicieusement frais dans la fournaise qu’était la capitale. Le Donjon-Rouge, malgré ses nombreux courants d’air et l’épaisseur de ses murs peinait à être à une température confortable.

Que devait-il penser d’Elinor Piète ? Il y avait-il seulement quelque chose à en penser ? Trop souvent, le Mantaryen s’était élevé contre certains faits qui le dérangeaient. L’amour fou que portait la jeune femme à son mari alors que cela constituait sans vraiment de surprise un point faible terrible, et pire que tout, un levier sur ses actions. Valyron darda un regard inquisiteur sur l’Araignée, ses prunelles grises sondant son âme dans ses moindres recoins, y cherchant une quelconque malice à détecter. Rien de tout cela, elle était sincère. Peut-être que jadis, le Serpent se serait dressé contre elle, la confrontant avec une violente indignation, mais ce temps-là était résolu. Désormais, Valyron aspirait à la paix en son monde. Celui qui menaçait tout cela n’était pas Ondrew Piète, encore moins son épouse. Tout pointait vers le Cerf meurtri dans son triomphe, aveuglé par la colère et la tristesse, qui chargeait au hasard. C’était lui qui serait châtié pour défier ainsi la vipère du Donjon-Rouge. Preuve était de l’attention malhonnête que portait le Protecteur à cette histoire, il n’avait pas hésiter à mettre dans la balance l’amour inconditionnel de la jeune femme pour son époux exilé pour l’amener à travailler pour lui. Valyron offrit un pâle sourire à la jeune femme.

« L’honneur, savez-vous, est une denrée rare chez les bâtards, Elinor. Les Baratheon ont beau descendre du père du Conquérant, ils portent en eux le germe du sang vicié. Nul ne saurait avoir confiance en la parole de pareilles personnes. Bien que je sois le premier à m’en réjouir aujourd’hui, n’oublions pas que Theodan a été le premier à tourner le dos à ses cousins Targaryen pour renverser Maegor. Si c’est aujourd’hui bien agréable de pouvoir vivre sans l’ombre de l’usurpateur, il est intéressant de noter que la première grande révolte depuis la Conquête a été menée par les cousins du Roi. »

Valyron haussa les épaules comme si son opinion importait finalement assez peu. C’était le cas, cette discussion-là était stérile et sans intérêt aucun. La jeune femme s’accrocherait à cet espoir de voir un jour revenir Ondrew. Valyron pensait bien le Baratheon capable de tenir parole pour s’adjuger les services d’Elinor à l’avenir. Il y gagnerait alors sa loyauté, chose rare et précieuse à la capitale des Sept Couronnes. Le Serpent jugea donc bon d’ajouter une dernière remarque.

« Vous devriez vous méfier, Elinor. Je sais bien que rien ne vous fera rejeter votre époux, mais je vous conjure de voir ce qui se passe à cause de votre lien si fort et de notoriété publique. »

Il la scruta d’un air concentré, cherchant à déchiffrer ce visage rond qui faisaient tant d’envieux à la cour.

« Oui… Je pense que vous n’êtes pas dupe du fait que Robb Baratheon manipule vos sentiments à l’égard d’Ondrew. Qu’importe. Je ne saurais vous enjoindre à simplement vous protéger de ce côté-là, que l’on ne puisse plus vous tordre à une volonté externe par le simple biais de votre mari… Il vous en a déjà trop coûté. »

Comme s’il en avait trop dit, Valyron se tût. Il réfléchissait à la suite. L’enquête. Il fallait la résoudre rapidement pour avoir la paix et pouvoir se concentrer sur ses autres tâches. Un temps, il fut tenté de laisser la jeune femme s’occuper de l’affaire elle-même mais il réalisa ensuite que cela risquait de le desservir. Le Cerf brâmerait fort que le Serpent ne se préoccupait pas du sort des courtisans les plus importants et qu’il n’était pas le plus compétent pour occuper un tel poste. Balivernes, Valyron se considérait sans égal au jeu des ombres. Seule Elinor pouvait véritablement prétendre à être de son niveau, mais elle était une femme… L’orgueil serait peut-être un jour le point de chute du Mantaryen. Mais pas aujourd’hui.

« Concernant l’enquête, je pense qu’il faudrait déjà que nous sachions à quel moment le poison a été administré. De là, il nous faudra remonter le temps pour essayer d’identifier l’empoisonneur. Ensuite, il sera toujours temps de le passer à la question pour en savoir plus. »


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