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 Long time no see... (Oberyn& Elinor)

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Oberyn Tyrell
BIEF
■ Localisation : Hautjardin, dans le Bief
MessageSujet: Long time no see... (Oberyn& Elinor)   Mer 7 Mar 2018 - 10:22


Elinor & Oberyn

Long time no see...


L'or et l'argent cohabitaient dans un cortège de lumières chatoyantes et féeriques, entremêlant leur éclat divinement fantasmagorique dans un concert de torches flamboyantes et de rayons lunaires rebondissant sur l'onde tranquille et dans chaque liquide délicieux versé dans les coupes des invités. La nuit avait recouvert de son noir manteau la voûte céleste, se sertissant d'un millier d'étoiles sur son velours sombre et une aura de secret et d'intime planait sur l'énième banquet se déroulant dans les jardins du Donjon Rouge. Tout un chacun se laissait pénétrer par l'atmosphère mystérieuse, préférant les conciliabules en groupe restreint aux grandes réunions brouillonnes et enivrantes, conversant à voix basses, quand les festivités d'après-midi invitaient aux exclamations et aux rires éclatants. C'était là le sixième jour, déjà, le sixième jour de réjouissances destinées à célébrer le mariage royal et le couronnement de Jaehaerys. Et Oberyn ne se lassait guère de se repaître d'informations butinées au fil des rencontres, au fil des observations fines et discrètes, et au fil de ses nombreux conseils privés tenus avec son frère Harys, membre du Conseil Restreint qui détenait un réseau de renseignements plus latent et subtil. Le Sire de Hautjardin avait vu le Couronnement comme l'occasion tant attendue de revenir se mêler aux plus grands, de réintégrer le nœud des intrigues pour mieux juger ses voisins. Toujours avoir plusieurs coups d'avance, telle était sa devise, et elle n'était réalisable qu'en accomplissant un véritable travail d'orfèvre, un travail d'examinateur et de stratège qui jauge les forces et faiblesses en anticipant la multitude de possibles problèmes futurs... Oberyn voyait Port-Réal comme un gigantesque plateau de Cyvosse, et une chose était certaine : voilà un art dans lequel il excellait depuis sa plus tendre enfance...

Cependant, en homme fin et habile, et en bon vivant, il savait allier son intérêt caché avec une allure débonnaire et empreinte du désir ravageur de simplement s'amuser : la vie ne valait pas la peine d'être vécue si l'on restait austère et sérieux alors que l'existence avait tant à offrir. Le Gouverneur du Sud était donc le premier à offrir son sourire le plus éclatant, son regard le plus charmeur et ses piques savoureuses qui ne manquaient jamais de faire rire. Son impériale épouse à son bras, il se pavanait dans les jardins, valsant entre les lampions comme il naviguait entre les convives, eau trouble dans laquelle il se sentait terriblement à l'aise. Leandra était l'incarnation de la perfection, son maintien royal et racé criant son effrayante ascendance et son formidable pouvoir sur l'une des régions les plus convoitées du royaume. Le Bief, le grenier de Westeros, cette terre douce et fertile que même la sécheresse actuelle ne parvenait pas à assoiffer et à stériliser, même si la prudence était d'or et que seul un fou dénierait les premiers signes d'aridité. L'ombre de l'emprisonnement de sa cousine Catelyn planait pourtant tel un spectre lugubre, dans le cœur de la suzeraine comme dans les regards des Autres... Mais le Bieffois s'était fait le serment de divertir son épouse et de distraire les attentions néfastes. Cette soirée était ce qu'il lui fallait, tranquille et badine, sans trop d'ostentation sans pour autant en oublier de se mettre en avant. Chacun devisait comme il l'entendait, loin du protocole stricte réservé aux festins attablés. Ici, tout n'était que papillonnage, coupe en main et picorage des mets les plus fins disposés avec faste et abondance sur d'immenses tables de présentation.

Rhaenys et Jaehaerys, le couple royal, arpentaient lentement les allées fleuries, s'enquérant du bien être de leurs invités et Oberyn ne put s'empêcher d'observer un instant la reine, dont il avait découvert avec délice la véritable personnalité quelques jours auparavant. L'espace de quelques secondes, leurs regards se croisent, et deux sourires entendus se font échos alors que leurs prunelles se répondent d'un air de connivence. Ils partageaient cette complicité naturelle qui les avait étonné tous les deux, cette bonne entente née de deux caractères similaires et aux aspirations identiques, que seule une vigoureuse et impitoyable partie de Cyvosse avait pu révéler. Mais déjà l'instant disparaît, chacun devant retourner à ses obligations et Oberyn se penche, galant, vers Leandra pour venir déposer amoureusement un baiser dans le creux de son cou. « Mon époux, voyons ! » Elle s'offusque, sauvage et digne, mais son petit sourire en coin la trahit et il sait qu'elle se fâche pour la forme, mais que son cœur se ravit de cette démonstration de tendresse. « Cessez de faire pâlir la lune par votre beauté et rangez votre délicieux sourire supérieur si vous voulez que j'arrête, ma mie. » Il s'était penché, sa bouche effleurant presque la conque de son oreille pour venir y déposer cette susurre délicieuse, provocant la naissance d'une mimique amusée sur les traits fatigués de Leandra. Cette vision lui allégea le cœur et le seigneur du Bief entraîna son épouse vers un plateau porté, où trônait une carafe d'un vin de la Treille. Le couple salua avec un charme ravageur plusieurs personnalités avant d'approcher enfin du breuvage divin, mais alors qu'ils touchaient au but, une autre âme croisa leur route. Alerie Lannister. Leandra semble la saluer avec chaleur, il était vrai qu'elle avait eu l'occasion de la rencontrer, quelques jours avant le couronnement... mais Oberyn se pare d'un masque sévère, ses iris devenant pierre dure quand bien même son sourire ne quitte pas ses lèvres, précaution nécessaire. Mais ce sourire n'avait plus rien de la bonhomie précédente, et tout du rictus forcé, de celui qui existe simplement pour éviter un incident diplomatique...

Il avait pu l'apercevoir déjà, accrochée au bras de Garett Lannister, se pavanant dans les couloirs et les jardins comme la première des parvenues... et la ressemblance avec sa défunte sœur Lorelei était frappante. La même chevelure ondulée, généreuse et chatoyante, d'un blond lumineux s'approchant plus de l'or du soleil que du jaunâtre des blés, des yeux d'un bleu profond, une taille petite et menue et un goût pour l'ostentatoire... mais l'allure de la nouvelle épouse de son ancien beau-frère n'égalait en rien le raffinement passé de sa tendre et espiègle sœur. Il ne la connaissait pas... et il ne désirait guère la connaître. Après une salutation polie, il s'incline galamment devant les deux suzeraines avant de s'éclipser, prétextant devoir parler en privé avec son frère Harys qu'il inventa d'avoir aperçu. Mais la vérité est qu'il s'échappe, loin de celle qui lui rappelle sans cesse le douloureux souvenir d'une sœur disparue à jamais, et d'un homme qui a osé la remplacer si vite par la première venue. Quelle pâle copie de sa sœur, et quelle insulte à sa mémoire. Garett aurait dû mieux choisir l'heureuse élue de son remariage, elle aurait dû être digne d'une reine, aux origines sans faille et d'une noblesse incontestée... Etait-ce ce genre de modèle féminin qu'il donnerait à suivre à son héritier, le petit Tommen, fils de Lorelei, encore détenu sur les Îles de Fer ? Ou avait-il simplement fini par l'oublier, lui aussi, tout comme il semblait avoir oublié Lorelei dans les bras d'une paysanne ?...

Alors qu'il se laissait aller à ce flot de pensées sombres et mélancoliques, son pas impérial et assuré l'entraîna dans les venelles fleuries du labyrinthe où il n'était pas rare de croiser quelques couples cherchant une intimité amoureuse... ou bien une intimité au goût de complot. Au détour d'une allée s'ouvrant sur un balcon, Oberyn devine une silhouette sombre se relevant d'une révérence distinguée alors que Daenys Targaryen et sa suite s'évaporent dans les bosquets aux parfums de lys et de lilas. Il s'arrête, prenant un temps de réflexion avant de décider de l'action à entreprendre : l'approcher pour une partie de piques insinuantes ou bien la laisser tranquille, elle qui avait déjà subi beaucoup d'épreuves... ? Son visage espiègle se fendant d'un sourire narquois, Oberyn ne tergiversa guère longtemps avant de choisir l'option la plus divertissante.

Coupe en main, une lueur amusée dans ses yeux perçants, le Sire de Hautjardin s'approche discrètement de celle qu'il avait reconnu sans mal, celle à qui il menait la vie dure par ricochet, celle qui avait choisi d'aimer et d'épouser le mauvais homme : Ondrew Piète. Elinor était toujours aussi belle, de ces beautés ravageuses emplies de mystère, de celles qui vous intrigue, mais quelque chose en elle s'était transformé : les combats qu'elle avait mené l'avaient faite pleinement femme et tout son être pourtant gracieux avait perdu l'éclat de l'innocence et de la jeunesse ingénue. De son pas nonchalant, Oberyn avance, sans tenter de masquer son approche et l'Araignée l'avise, rivant son regard ardent dans le sien. Ses lèvres s'étirent en un sourire narquois et malgré lui charmeur.

« Quel plaisir d'enfin vous croiser, Dame Piète, il semblerait que l'ombre vous siée mieux que la lumière depuis la chute du Cruel et vous êtes devenue insaisissable, je n'ai fait que vous entrevoir en de rares instants, de loin, et perdue dans la masse, vous qui étiez habituée aux devant de la scène. » Oberyn s'arrête à quelques mètres d'elle, la contemplant sans honte des pieds à la tête, et il lève son verre en sa direction. « Vous êtes resplendissante, madame, les geôles ne vous ont pas abîmée. Je ne vous avais pas vue si belle depuis cette soirée délicieuse donnée en ma demeure, pour fêter les Roses Nouvelles... » Goguenard, le seigneur porte sa coupe à sa bouche et sirote quelques gouttes de vin. Les insinuations fusaient, le passif entre eux était trop lourd et Oberyn n'avait guère digéré qu'Elinor crache sur la main qu'il lui avait tendue ce soir-là pour mieux se saisir de celle de Gabrielle Hightower quelques semaines plus tard. « Vous semblez bien seule, accepteriez-vous un peu de ma compagnie ?... quoi que vous devez commencer à être coutumière de la solitude... » Un éclat perçant illumine son regard alors que ses pensées l'amènent à son rival de toujours, Ondrew Piète, celui qui aurait dû mourir plus d'une fois sous le couperet de la justice, celle du roi ou la sienne propre. Mais ce droit divin lui avait été dénié, chaque fois, et l'audacieux respirait encore, quelque part à Dorne... Le sous-entendu était trop évident pour qu'elle l'ignore, et Oberyn se sentait d'humeur joueuse, prêt à en découdre avec cette ravissante jeune femme qui s'était toujours battue bec et ongles pour être aux côtés de l'ancien seigneur de Tumbleton. Quel gâchis..., songea t-il en la regardant toujours intensément.



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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Long time no see... (Oberyn& Elinor)   Sam 17 Mar 2018 - 17:31




Long time no see
Les jours se succédaient et se ressemblaient aux yeux de l’Araignée. Encore des festivités. Encore des banquets. Encore des coupes de vin pleines renversées. Les soirées et les journées avaient beau se dire différentes, la brune, elle ne voyait que la répétition continuelle des mêmes scènes. Si les toilettes changeaient, les conversations étaient les mêmes. Le mariage. L’empoisonnement. Les richesses. Les alliances. Ces mots tournaient dans les bouches, telle une mélodie reprenant la même rengaine au gout amer. Combien de jours étaient passés depuis celui où le jeune Roi avait reçu sa couronne ? Elle ne savait même plus, se contentant de se lever chaque matin dans ce lit froid et vide. Ondrew lui manquait. Terriblement. Pas un seul jour ne passait sans qu’elle ne puisse songer à lui, sans que ses pensées ne vagabonde par-delà les frontières pour mieux le retrouver. Il aurait dû être là. Il aurait dû se tenir à ses côtés, fier, beau, majestueux comme il l’était dans ses meilleurs moments. Au lieu de cela, il était retenu à Dorne. Exilé, tenu à l’écart, éloigné de cette âme qui complétait la sienne. Un soupir échappa à la jeune femme qui cilla, croisant alors le regard inquiet de la princesse Daenys à qui elle adressa un léger sourire.

Nul doute que la Targaryen savait ce qu’il se passait dans son esprit. Pourtant, le sien était orienté vers cet empoisonnement. Le soir même des évènements, Elinor avait retrouvé celle qui lui confiait ses secrets, ses peurs. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir que la princesse Daenys avait bien peur de ce qui était arrivé à lady Rohanna Baratheon. Ce n’était nullement de son fait, ni de celui de l’Araignée, ce qui justifiait cette inquiétude. Pourtant, quand elle demanda à ce que ses appartements soient mieux gardés, l’Araignée comprit que les inquiétudes de la princesse dépassaient ce qu’elle imaginait. En tant que personne de confiance, la princesse lui avait demandé d’ouvrir ses yeux et ses oreilles, de guetter le moindre indice, la moindre tentative suspecte qui pourrait être portée à son encontre. Mais comme il était dur pour elle de se concentrer sur une chose pourtant si futile quand ses pensées vagabondaient partout sauf au cœur de Port-Réal. Elle aurait aimé pouvoir fuir, pouvoir disparaître loin de toute cette agitation, mais ce genre de comportement était des plus suspects et elle ne souhaitait pas être, à nouveau, enfermée dans les geôles noires qui se trouvaient sous le Donjon Rouge. Son corps tout entier frémit à cette pensée tandis qu’elle redressait la tête, un sourire aux lèvres, avant de répondre à lady Sombrelyn avec politesse.

Ses yeux noisette se mirent alors à scruter la foule. Le couple royal s’aventurait parmi les convives, saluant avec politesse ceux qui étaient restés durant tout ce temps quand d’autres étaient déjà repartis. C’était d’ailleurs le cas des Arryn, à quelques exceptions près. Les yeux de l’Araignée s’arrêtèrent alors que celle qui avait fait le choix de rester. Etaine Arryn se tenait en retrait, bien loin de toutes les démonstrations qu’elle et sa famille avait pu faire le jour du Couronnement. Cherchait-elle l’ombre ? Si elle souhaitait la trouver, alors elle risquait également d’y trouver l’Araignée… Puis, son regard fut attiré par autre chose. Le Prince Aemon, ce séducteur au grand cœur, semblait raconter quelques messes-basses à la pupille royale qui la faisait pouffer de rire. Peut-être, un jour, parlerait-elle de ces échanges de regards qu’elle observait entre le dragon et la sirène pour les rapporter à Daenys. Si cela pouvait compromettre les plans de la mère-dragon, alors oui, elle le ferait. Lannister, Baratheon… Ses yeux trouvèrent alors un homme qu’elle espérait bien n’avoir à croiser durant ces festivités. Oberyn Tyrell. Le dégout l’envahit tandis qu’elle le vit se pavaner, son épouse à son bras. Déviant le regard, elle suivit la princesse Daenys dans ses déplacements. Avec les autres dames qui composaient sa suite, elles s’aventurèrent dans le labyrinthe que formait les jardins. « Vos pensées vous trahissent, ma chère Elinor. Quiconque vous observerait un peu verrait que vous n’êtes pas réellement ici… » De nouveau, la brunette soupira. « Veuillez me pardonner, votre Altesse. Ces festivités ne font que me rappeler mon triste sort. » La princesse s’arrêta, se saisissant de la main de la jeune fille avec douceur. « Pas un jour ne passe sans que votre attente ne vous peine, mon amie. Je vous en conjure, essayez de vous amuser, de prendre un peu de plaisir à tout ceci. Les temps sont troubles, obscurs même, mais vous êtes en droit de vivre malgré tout, Elinor. » La Bieffoise de naissance hocha la tête alors que les conversations reprenaient, chacune des dames informant la princesse de quelque chose. La jeune femme garda le silence, n’ayant rien à apprendre à sa maîtresse.

Finalement, Daenys les autorisa à prendre congé. Son regard améthyste s’était naturellement porté sur l’Araignée. « Merci, votre Altesse. » Ce fut la seule, les autres suivirent la princesse tandis que la brune observait le cortège s’éloigner. Elle se laissa aller à un nouveau soupir, son corps se relâchant doucement… Avant de se tendre à nouveau quand elle remarqua que quelqu’un approchait. Et ce quelqu’un, elle n’eut aucun mal à le reconnaître. Oberyn Tyrell, paré de ses plus beaux vêtements, apparut à la lueur des torches. Les flammes ondoyantes se reflétaient dans les yeux de la jeune femme, ne faisant qu’appuyer cet air méprisant qu’elle venait de porter. Ses mains se trouvèrent devant sa taille, lui offrant un maintien digne de la Bieffoise qui sommeillait en elle. Si elle ne s’inclina nullement, relevant au contraire son menton, elle lui laissa le droit d’entamer les hostilités. Serrant les mâchoires, elle accusa le coup. Quel plaisir. Mensonge ne pouvait être plus grand. Son plaisir à elle aurait été d’avoir réussi à lui échapper de tout son séjour à Port Réal. Mais les Dieux en avaient décidé autrement, aussi, elle le laissa parler, s’abstenant de tout commentaire quand son cerveau manquait de brûler sous la colère.

Les geôles, l’ombre, la solitude. Tout y passa en quelques phrases face auxquelles la jeune femme tâcha de rester de marbre. Elle revit, un instant, les célébrations offertes par le seigneur de Hautjardin, quelques années auparavant. Tout était si simple, en ce temps-là, elle qui n’était alors qu’une jeune fille en manque de cet homme qu’elle chérissait plus que tout au monde, de cet être qui la complétait si parfaitement. Oui, les choses avaient tant changé depuis cette époque, et pourtant, entre elle et le suzerain du Bief, rien n’était différent. Les yeux de la Rose ne se décrochait pas d’elle, pourtant, tandis qu’elle ouvrait la bouche pour la première fois. « Merci pour vos compliments. Je suis ravie d’entendre que dans l’ombre ou la lumière, ma beauté ne pâlit point. Quant au reste, j’aimerais vous dire que c’est un plaisir partagé, mais, déjà, vous venez le briser de tous ces sous-entendus… » Piquante, mordante. L’araignée avait les crocs de sortis, prête à en découdre avec cette rose si impétueuse, si insolente. Jamais elle ne lui avait manqué de respect, auparavant, du moins, jamais ouvertement. Mais il venait de s’aventurer sur une pente terriblement glissante.

Pinçant délicatement les lèvres, elle reprit sur un ton maîtrisé. « Quant à cette solitude, aussi pesante soit-elle, elle n’est toujours que de courte durée. Voyez, vous venez de la remplacer. Je ne sais cependant guère quelle est la compagnie que je préfère entre la sienne et la vôtre. Mais, n’ayez crainte, je saurais faire avec votre présence. » Ne venait-elle pas d’autoriser un Suzerain – Son Suzerain – à demeurer en sa compagnie ? Qui d’autre aurait pu agir de la sorte ? Bien peu s’y risqueraient et pourtant, un léger sourire en coin s’étirait sur ses lèvres, elle qui prenait ouvertement le Tyrell en égal. Elle jouait avec le feu, mais Elinor avait cette sensation terrible d’être déjà passée sur un bûcher. Elle ne craignait pas l’homme qui se tenait en face d’elle. Elle ne le craignait plus. « J’ose espérer que vos sujets de conversations sauront se montrer variés. J’ai l’impression qu’à chacune de nos rencontres, nous ne parlons toujours que d’un homme. » Son cœur saigna alors qu’elle abordait elle-même ce douloureux sujet. Pourtant, elle n’en laissa rien paraître, se contentant de sourire un peu plus. « A moins, bien sûr, que vous ne veniez me dire que vous renoncez à cette querelle et que vous laisseriez mon époux reprendre ce qui est sien sans agir contre lui. » Au fond de son regard, une note nouvelle venait de trouver son chemin. Celle de l’espoir. Celle du désir de voir les choses s’arranger, de voir Ondrew Piète pouvoir reprendre son fief et pouvoir le montrer à son épouse, dame d’un lieu qu’elle ne connaissait guère et de gens qui n’avaient entendu que ce que les rumeurs pouvaient transporter sur sa personne.


© Belzébuth

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Oberyn Tyrell
BIEF
■ Localisation : Hautjardin, dans le Bief
MessageSujet: Re: Long time no see... (Oberyn& Elinor)   Ven 27 Juil 2018 - 0:01


 Elinor & Oberyn

 Long time no see...

 

 Qu'elle était belle, cette araignée acculée, développant tous ses trésors d'ingéniosité pour garder un semblant de dignité face à la déferlante délicieusement acide que lui servait son seigneur. Elle luttait, cela transpirait de tous les pores de sa peau... et un sourire en coin étira les lèvres d'Oberyn, bourreau improvisé qui savait que sa victime ne tarderait pas bien longtemps avant de saisir les armes à son tour. Il souriait d'amusement tout comme d'admiration pour cette femme qui avait su traverser les multiples tempêtes que les Sept lui avaient imposées... Les Sept, ou son manque manifeste de discernement pour s'être éprise d'un homme bien plus vieux qu'elle et bien moins honorable, à l'impudence dangereuse... Mais elle était bien punie aujourd'hui, et le Sire de Hautjardin ne voulait que la titiller pour tester sa résistance. Survivrait-elle à la disparition de son époux tant aimé ? Oberyn s'interrogeait souvent, car si se débarrasser enfin d'Ondrew Piète était son désir le plus cher, son opinion au sujet de la belle Elinor était beaucoup plus nuancée, et il gardait enfoui en lui le secret espoir de pouvoir ramener la future veuve dans l'escarcelle du Bief : ses talents seraient appréciés à la cour des Tyrell, à n'en pas douter.

Le regard perçant d'Elinor ne vacillait pas, son port de tête s'élevant tel celui d'une reine outragée, démontrant de façon ostentatoire à son seigneur qu'elle ne comptait pas plier devant lui, bien au contraire. Loin de s'offusquer, Oberyn s'en trouvait même excité : rien de plus délectable que le défi pour un homme tel que lui. « Merci pour vos compliments. Je suis ravie d’entendre que dans l’ombre ou la lumière, ma beauté ne pâlit point. Quant au reste, j’aimerais vous dire que c’est un plaisir partagé, mais, déjà, vous venez le briser de tous ces sous-entendus… » Les prunelles azurées du Gouverneur du sud s'illuminèrent soudain d'un éclat de prédateur. Ô non elle ne ploierait pas, elle ne consentirait même pas à jouer le jeu des apparences auquel leurs rangs respectifs les contraignaient, le Tyrell venait de le comprendre. Le faux pas n'était pas flagrant encore, il était maîtrisé, tout comme la belle contenait ses accès de passion bouillonnant sous sa chair, contrôlant son maintien, son regard et même le timbre de sa voix qui se voulait calme et posé. Voilà qui est intéressant, les jeux de cours l'ont véritablement forgée... Il l'examine, minutieusement, conservant son air avenant et son sourire charmeur, mais l'étincelle dans ses yeux témoigne du plaisir coupable qu'il prenait déjà dans ce qui s'annonçait être une joute verbale sans circonvolutions inutiles.


« Quant à cette solitude, aussi pesante soit-elle, elle n’est toujours que de courte durée. Voyez, vous venez de la remplacer. Je ne sais cependant guère quelle est la compagnie que je préfère entre la sienne et la vôtre. Mais, n’ayez crainte, je saurais faire avec votre présence. »  
Oberyn lâcha un ricanement, ses lèvres affichant un sourire un peu plus grand. L'Audacieuse... Elle jouait les égales, elle se permettait d'autoriser son suzerain à rester auprès d'elle... Peu oserait agir de la sorte. Mais ce n'était pas pour lui déplaire, pas en ces circonstances, pas en présence d'une jolie femme qu'il savait blessée par une séparation imposée... Au contraire, il respectait cette force qui se dégageait d'elle. Elinor Piète ne baisserait jamais les bras et bienheureux celui qui l'avait de son côté. Mordante, indomptable, un brin insolente tout en préservant cette dignité et cette élégance quasi princières dont seules les femmes du Bief savaient disposer sans offenser leur interlocuteur. Oberyn ne put s'empêcher de penser qu'il était dommage qu'elle ait dédiée sa vie à ce traître d'Ondrew. « J’ose espérer que vos sujets de conversations sauront se montrer variés. J’ai l’impression qu’à chacune de nos rencontres, nous ne parlons toujours que d’un homme..... A moins, bien sûr, que vous ne veniez me dire que vous renoncez à cette querelle et que vous laisseriez mon époux reprendre ce qui est sien sans agir contre lui. »

L'espoir brûlait là, au cœur de ces prunelles sombres, et Oberyn en aurait été touché s'il n'avait pas voué une aversion viscérale pour le destinataire de cet espoir vain. Il la fixa quelques secondes, passant d'une iris à l'autre pour tenter de déchiffrer les noires pensées susceptibles de traverser ce cerveau entraîné par des années de cour royale. Etait-ce un stratagème pour l'attendrir ? Croyait-elle sincèrement à la possibilité de ce qu'elle proférait ?... Sans se départir de son sourire, le bieffois perdit cependant son masque affable pour emprunter celui de la fermeté sans appel. « Je crains que ce que vous appelez « querelle »... ne soit d'une envergure bien plus effrayante et que ce n'est pas votre joli sourire qui pourra réparer les innombrables erreurs commises par votre époux. Minimiser les actions de Piète ne feront qu'attiser mon courroux, qui est des plus légitimes je vous le rappelle. » Son sourire s'était fait carnassier, dévoilant une rangée de crocs acérés. Ondrew avait tout de même orchestré un attentat contre sa personne, il avait ensuite aidé Lyam dans son coup d'état... Les intentions de l'ancienne Main avaient toujours été des plus néfastes envers son suzerain légitime. La flamme qui dansait dans le regard d'Oberyn était redoutable et dangereuse et toute sa stature s'était parée de la superbe flamboyante dont il avait le secret.

Penser à Ondrew Piète le faisait bouillir d'une rage presque aussi grande que lorsqu'il songeait à Lyam Hightower. Tous des traîtres. Mais soudain, le seigneur de Hautjardin changea radicalement d'allure : ses traits se détendirent, ses yeux se firent rieurs et son sourire s'agrandit. Il retrouvait la souplesse indolente de son charme ravageur. « Mais ma très chère Dame Elinor, je ne souhaite pas que nous nous querellions à notre tour. Pas en cette merveilleuse soirée. » Il n'était pas là pour partager une discussion stérile sur sa colère au sujet de l'exilé de Dorne. « Il ne fallait pas épouser le mauvais homme si vous vouliez que je me taise à son sujet, votre beauté et votre intelligence auraient pu vous mener vers un destin tellement plus simple et fastueux, destin que j'avais d'ailleurs voulu vous offrir et que vous avez refusé... Verrez-vous seulement un jour Tumbleton à présent.... ? S'il ne s'agissait que de vous, je vous restituerais tout... Mais... » Il laissa sa phrase en suspens, lui lançant un air entendu. D'un geste souple, Oberyn offrit son bras à Elinor, désireux d'apaiser les tensions. « Marchons un peu voulez-vous ? Enfin si votre magnificence daigne accepter l'offre de son suzerain. » Oberyn était paré de son plus beau sourire et jouait les hommes avenants refusant le conflit... mais le regard qu'il lui lança en achevant sa phrase ainsi que l'accent particulier qu'il mit sur le dernier mot étaient destinés à la mettre tout de même en garde : il ne tolérerait pas longtemps son impudence et son manque de respect. Il restait son seigneur et si elle voulait qu'il révise son jugement au sujet de la destitution de son époux, elle avait tout intérêt à ne pas l'oublier.



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