Partagez | 
 

 Rêve d'une Nuit d'Été - PV Ashara Stark

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Brandon Mormont
NORD
MessageSujet: Rêve d'une Nuit d'Été - PV Ashara Stark   Mer 7 Mar 2018 - 22:38

Brandon Mormont déambulait au hasard dans les couloirs de pierre grise de Winterfell, laissant ses pas guider son chemin plus encore que sa tête. Ses yeux ne s’attachaient à aucune des aspérités du vaste château, avançant presque à l’aveugle dans cet environnement familier, semblant pensif. Il s’était débrouillé pour s’isoler après la réunion des seigneurs du Nord, dont il était sorti jubilant : non seulement son suzerain, le très admiré Jorah Stark, lui avait donné raison, mais en plus de cela il lui avait confié une mission capitale de défense. Sans que personne n’ait à le dire ouvertement, la maison Mormont venait de devenir une des maisons les plus importantes de la région, malgré sa position excentrée et sa petite taille : le seigneur de l’Île-aux-Ours avait persuadé le Loup d’arpenter de nouveau le chemin de la gloire, de l’honneur et de la guerre, et c’est lui qui serait personnellement chargé de défendre leurs terres en dirigeant la garnison de Moat Cailin, la légendaire forteresse du Neck, qu’aucune armée n’avait jamais prise en arrivant par le sud. S’efforçant de conserver une démarche solennelle alors qu’il sortait de la grande salle du château, il laissait son esprit divaguer à toutes les préparations qu’il se devait de faire pour organiser cette défense. Il savait déjà lesquels de ces guerriers hirsutes il prendrait avec lui, mais il lui faudrait plus d’hommes que cela ; sans doute s’élancerait-il dans un voyage autour du Nord tout entier pour accumuler une armée de défense digne de ce nom. Il se laissait aller à imaginer ce que l’histoire et les chansons diraient de son discours, de ses actions. Brandon était extrêmement fier de la mission que Jorah lui avait confiée, et ce quand bien même il savait qu’il était nettement trop tôt pour se réjouir de quoique ce soit.

C’était donc tout guilleret, une expression d’orgueil contenu sur le visage, qu’il s’était séparé de la troupe de seigneurs bourrus qui dirigeaient sa terre natale. À peine s’était-il écarté d’eux qu’il fut approché par le mestre de Winterfell, qui semblait crouler sous le poids de son espèce robe grise et de ses chaînons cliquetants. Brandon eut un sourire tendre pour l’homme qui lui avait appris à lire et à écrire, des années plus tôt, et lui avait conté toute cette histoire du Nord dont l’Ours était si fier. Il inclina légèrement sa tête, à mi-chemin entre un signe de respect et un moyen de capter le regard du percepteur, qui gardait ses yeux rivés sur ses mains tremblotantes.

« Mestre Howland, je suis ravi de voir que vous n’avez rien perdu de votre démarche spectrale.
- Ne torture donc pas mon esprit fatigué avec tes sarcasmes, jeune Ours. J’ai quelque chose pour toi – et je me souviens d’un enfant qui aurait bondi de joie à l’accueil de cette nouvelle.
- Qu’est-ce ? »
Si cela avait été quelqu’un d’autre, Brandon l’aurait rappelé à l’ordre sur la façon qu’il avait de parler à un lord ; et quand bien même il aurait pu y penser, le vieil homme avait éveillé sa curiosité, attirant pleinement son attention sur le petit rouleau de parchemin qu’il faisait tourner entre ses mains. Il ne le tendit que tout doucement à Brandon, comme on tend une arme qui ne se manipule avec précaution. Presque inquiet au vu de ce comportement, il saisit le rouleau avec précaution, attendant une explication du mestre avant de l’ouvrir. Cela ne pouvait venir d’un corbeau ; qui aurait prédit avec une telle précision que Brandon serait à Winterfell en ce jour ?
« Un message, de la part de Lady Ashara. Il semblerait qu’elle souhaite partager sa table avec vous pour le dîner. »

C’était cette brève conversation qui avait mené Brandon à marcher, presque hagard, dans les couloirs du château où il avait passé son enfance. Comme le mestre avant lui, il faisait tourner le rouleau entre ses doigts, n’osant trop l’ouvrir, comme s’il avait peur que tout cela ne soit qu’une vaste farce dédiée à le faire souffrir. Cela n’aurait pas, après tout, été une première nouvelle. Ashara avait toujours eu un don pour le blesser sans le vouloir, rendant la plaie d’autant plus douloureuse qu’il ne pouvait lui en tenir rigueur. Maladresse ou ignorance, ses sentiments le rendaient beaucoup trop susceptibles à des traits pourtant humains.

Après un bon quart d’heure d’errance, il finit par dérouler le rouleau, confirmant ce que lui avait dit le mestre. Il ne put retenir un sourire attendri en apprenant que la « table » d’Ashara serait installée à la sauvette en haut des remparts de Winterfell, avec le ciel nocturne pour toit et quelques corbeaux pour compagnie. Si Brandon n’avait pas été le pupille de Jorah dans son enfance, s’isoler ainsi avec la dame de Winterfell aurait été bien trop osé. L’idée d’esquiver le dîner des seigneurs du Nord pour s’offrir une conversation avec sa compagne de jeux, l’autel de ses passions, était bien trop tentante. Qui, en toute honnêteté, pourrait lui reprocher de préférer la compagnie de la Louve Rouge à celle de ces barbes qui se recouvraient déjà de la mousse des bières ? Tout fier Nordique qu’il était, prompt à décorer sa propre barbe de mousse lors de repas avec ses hommes, la vision des lèvres roses de la femme de ses rêves, s’animant pour laisser entendre sa voix claire, lui paraissait incomparable aux festins de camaraderie dont il se satisfaisait pleinement le reste du temps.

Levant les yeux du rouleau, il se rendit compte qu’il s’était rendu sans même s’en rendre compte devant l’épaisse porte de son ancienne chambre, à l’époque où il vivait encore à Winterfell. Il leva la main, par réflexe, prêt à aller se changer pour se préparer au dîner ; sept ans s’étaient écoulés, mais cet endroit restait tout autant une maison dans son cœur. Se détournant rapidement de la porte, il retourna voir ses hommes, fouillant son paquetage pour en examiner la tenue la plus présentable. Il remarqua les regards en coins que s’échangeaient certains de ses gardes. Parfois, il venait presque à regretter d’être aussi proche de ses hommes : chacun d’entre eux sacrifierait sa propre vie pour sauver celle de Brandon, mais cela impliquait également qu’il était difficile de leur cacher ses émotions – il était de toute évidence d’humeur trop joyeuse pour un homme qui va manger avec les seigneurs nordiques.

Après avoir fait un brin de toilette dans les quartiers alloués aux Mormont pour les quelques jours qu’ils passeraient à Winterfell, il enfila une tunique légère vert sapin, recouverte sur tout le tronc par une pièce de cuir bouilli sur laquelle on pouvait discerner, gravée dans le cuir, la tête de l’ours Mormont. Ainsi vêtu de vert et de noir, il agissait en digne seigneur, portant ses armoiries en évidence. Il laça rapidement ses guêtres et enfila des bottes décrottées quelques minutes plus tôt. Après un temps d’hésitation, il noua son baudrier à sa ceinture, Grand-Griffe pendant à son côté. Non pas qu’il ait besoin de son acier valyrien pour faire face à la femme qu’il aimait – ce fait étant néanmoins discutable – mais plutôt qu’il était réticent à l’idée de se séparer de l’héritage familial. Même quand elle n’était pas nécessaire, il préférait l’avoir sur lui en permanence, et c’est dans sa chambre que la glorieuse épée trônait, lors de ses nuits solitaires à l’Île-aux-Ours. Et puis, puisqu’il s’habillait comme un seigneur le ferait, cette preuve de sa position n’était pas à omettre.

Lorsqu’il quitta les quartiers où il dormirait, plus tard dans la nuit, il s’était fait aussi beau que ses maigres bagages le lui permettaient. Il restait fidèle à lui-même, mais l’œil attentif de quelqu’un qui le connaissait remarquerait probablement qu’il avait, à sa façon, fait un effort sur son apparence pour la soirée. Ce qui était probablement la raison pour laquelle Mestre Howland avait laissé aller un petit rire en croisant à nouveau Brandon dans la cour de Winterfell, tandis que celui-ci se dirigeait vers le rempart ouest, quelques minutes avant l’heure de son rendez-vous avec Ashara. L’air nocturne était frais, mais hautement supportable pour le sang des Premiers Hommes ; la petite bise venue du Nord ne fit même pas rougir ses joues à travers sa barbe. Seule une légère buée, s’échappant de sa bouche entre chaque respiration, pouvait laisser entendre qu’il faisait froid ; rien dans le comportement de Brandon ne l’indiquait.

Une main sur Grand-Griffe, pour l’empêcher de trop se balancer, et l’autre resserrée autour de la missive d’Ashara, il se rendit donc sur le rempart, son regard cherchant l’éclat flamboyant des cheveux de la louve, son cœur battant déjà la chamade. Après tout, ce serait la première fois qu’il aurait l’occasion de lui parler en privé depuis qu’il lui avait déclaré sa flamme, une année plus tôt, dans cette même forteresse, et s’était enfui sans attendre de réponse. Sa persévérance trouverait-elle tendresse en cette douce soirée d’été ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Rêve d'une Nuit d'Été - PV Ashara Stark   Jeu 8 Mar 2018 - 9:49

Jorah n'avait rien voulu entendre. Bien qu'elle s'y soit attendu, Ashara n'avait pu masquer sa déception. Son frère aîné prenait encore une décision qu'elle n'approuvait pas, une décision qui risquait de brûler tout sur son passage, une décision qui pourrait tous les emporter. Le Seigneur du Nord se cachai derrière quantité d'excuses, toutes mauvaises dont la principale était de ne pas avoir le choix, d'après ses propres dires.
Foutaises ! On avait toujours le choix. Faire le bon en revanche n'était jamais aisé et c'était précisément ce qu'elle lui reprochait : d'approuver le pire possible et de galvaniser les Nordiens avec.
Son entrevue suivante avec la famille Cerwyn n'avait pas non plus été des plus encourageante bien que Lady Cerwyn sembla partager ses points de vue. Que pouvait faire de simples femmes ? Dans ce monde obscur, leurs voix avaient toujours été des murmures contrairement aux éclats des hommes.
Ashara soupira tandis qu'elle arpentait le couloir qui lui permettait de regagner sa chambre.
Qui l'écouterait ? Avec qui pourrait-elle partager ses inquiétudes et ses convictions ?
Quelle personne lui donnait suffisamment de crédit pour prendre en compte ses paroles ? La réponse se dessina clairement dans son esprit. Brandon.

Elle s'enferma dans sa chambre et rédigea rapidement un message qu'elle ferait porter à son attention. Il fallait qu'elle le voit en privée. Sa plume chatouilla sa bouche tandis qu'elle réfléchissait à la manière de formuler l'entrevue. Elle ne souhaitait pas quelque chose de trop formel. Brandon était son ami d'enfance. Elle ne souhaitait pas non plus qu'il s'imagine un rendez-vous galant, ce n'en serait pas un. Assise à son bureau, elle grimaça. La dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés seuls, il lui avait déclaré sa flamme et proposé le mariage. Elle n'avait jamais donné de réponse.
S'attendrait-il à une réponse ce soir ? Elle espérait que non mais devait se préparer à devoir la lui donner s'il la réclamait.
L'angoisse lui ceignit la taille et une boule glacée se fit plus lourde dans son estomac. Dans quoi s'embarquait-elle ? La paix méritait bien qu'elle se torture un peu et résignée, elle écrivit sa missive l'invitant à un repas simple sur les remparts. Voilà qui serait bien, pour tous les deux.
Elle courut ensuite jusqu'au mestre, jugeant plus opportun de passer par lui. Mestre Howland connaissait tous ses secrets, il en protégeait certains. Plus qu'un précepteur, le vieil homme était un membre de la famille à part entière. Parfois, elle le considérait presque comme un second père. Presque.

Plutôt satisfaite de ses projets, elle entreprit de se changer afin d'être plus à l'aise sur les remparts. La chaleur la dérangeait la journée, mais en soirée l'atmosphère se rafraîchissait et le vent parfois se levait. Elle troqua sa longue robe anthracite contre une autre, d'un bleu nuit au col qui couvrait un peu plus sa gorge. La tenue aurait pu paraitre austère, mais sur Ashara, elle soulignait les lignes délicates de ses formes féminines. Ses longs cheveux de feu furent noués en une natte un peu lâche placée sur le côté, une coiffure légère pour désamorcer un peu le côté solennel de l'entrevue.
Lorsqu'elle positionna une pelisse en peau de renard sur ses épaules, le soleil se couchait.

De son passage par les cuisines, elle repartir avec un large plat chargé de viande rôti et de pommes de terre accompagnées de navets et de panais. L'un des domestiques la suivit avec une carafe de vin et de godets. N'ayant plus besoin de main supplémentaire arrivée sur les remparts, elle le congédia et s'occupa de la suite seule. Elle avait à coeur de préparer ce repas de retrouvailles, s'arrêta un instant, pensive. Des retrouvailles vraiment ? Le simple mot lui fit penser à Edric et un vague à l'âme l'engloutit presque. Se tapotant les joues comme pour mieux se morigéner, elle poursuivit ses préparatifs. Lorsqu’enfin elle entendit les bruits de pas de l'ours arpenter la coursive de la muraille, tout était prêt.
Des torches illuminaient leur tablée, elle y avait également disposé quelques bougies dont la chaleur jaune faisait briller la sauce nappant le poulet.

Assise sur le rebord, elle tourna son regard dans sa direction tandis qu'il approchait. Son visage s'illumina et un large sourire étira ses lèvres. Qu'il avait fière allure dans sa tenue d'Ours ! Le vert lui allait bien, faisant ressortir le doré de ses cheveux légèrement décoiffés. Les armoiries de sa famille plastronnées sur son torse rappelaient qu'il était Lord Mormont même si pour elle, il resterait à jamais Bran. Ce petit garçon espiègle, ours élevé parmi les loups, qui avait été un petit frère, un ami, un confident et homme amoureux. C'était bien un homme qui se tenait devant elle, depuis sa déclaration elle ne pouvait plus l'ignorer.
L'angoisse qu'elle éprouvait s'envola instantanément, disparaissant simplement dans la douceur de son regard. Il semblait véritablement heureux de la voir et elle se rendit compte que elle aussi. Lui avait-il manqué ? Elle n'aurait pu le dire mais ce dont elle était sûre c'était de s'être inquiétée pour lui pendant toute la durée de ces Guerres. Elle avait pleuré pour lui les pertes de sa famille et avait prié pour lui afin qu'il puisse revenir entier, voire même revenir tout court.

- Lord Mormont, le salua-t-elle d'une voix appuyant sur le titre avec malice. Bienvenue à ma modeste table.


D'un geste de la main, elle lui désigna l'étendue des victuailles qui contrairement à la vraie table d'un seigneur ne débordait pas de mets pour souligner sa richesse. Ici, la richesse existait dans la simplicité de partager un repas en bonne compagnie. Elle sauta au bas de son mur de guet et servit deux verres de vin.

- Comment te portes-tu ? ajouta-t-elle avec sincérité en levant son verre dans sa direction.

Car elle s'en souciait réellement.

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

Ashara's theme - Edric & Ashara lover's song - Brandon's Theme
Revenir en haut Aller en bas
 

Rêve d'une Nuit d'Été - PV Ashara Stark

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» La nuit du renouveau.
» Dans la nuit noire (Pollo)
» Une nuit d'ivresse humaine
» [Bande] Gobelins de la nuit
» La nuit, même si on est nyctalope, peut être dangereuse... [PV Gïlh'Or]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
After the Conquest :: 

The seven kingdoms

 :: Nord :: Winterfell
-