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 Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]

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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Lun 19 Mar 2018 - 18:41

Une fois le mur passé ~

Bandes de pleutres. Des larves, des idiots. Des putains d’vermisseaux. Voilà ce que m’a inspiré mon premier contact avec ceux du sud du mur. Ceux du mur, eux, peuvent sembler encore relativement adroit, mais ils n’en demeurent pas moins la grande raclure du sud. Ou des idiots particulièrement engagés. Sur le trajet, je me suis assez rapidement arrêté à une taverne, histoire de me revigorer un peu. Toutes ces histoires de marche, de trouver quelqu’un à qui vendre mes services… fin toutes ces conneries, ça creuse, à force. Fin bref, je vais ne pas vous faire tout le détour du fond de mes pensées. J’arrive, donc. Je m’installe dans un coin et comme vous pouvez vous en douter, bien logé sous mes peaux, les abrutis du coin ne peuvent s’empêcher de m’observer, perplexe. Faut dire que des nains pareil, ça doit pas voir un homme, un vrai très souvent. Murmures, jacassements tout bas… autant les bonhommes que les catins, j’vous dis. Tous à apporter leur jugement et à se questionner. C’est à ce demandé si j’ai pas « sauvageon » gravé sur le front mais ça, par chance… je sais qu’il n’en est rien. Non. Je pense que c’est les peaux qui font cet effet. Si ici tout le monde en porte aussi, ou presque… on ne parle pas vraiment du même genre de peaux. Epaisses et robustes, celles que je porte semblent en bon point démesurées en rapport à celles qu’on trouve ici. Aucun doute qu’ils sont plus intéressés par imaginer les bêtes en question que pour jaser sur le calibre de mon chibre, hm. J’espère pour eux, en tout cas. Si ils ont jamais vus de types de ma taille, y’a de quoi s’interroger sur la gueule qu’ils tireront le jour ou ils pourront voir l’autre côté du mur.

Bon, jusque là, vous devez vous dire que je m’enflamme pour des clopinettes. Et si c’était là les soucis, ce ne serait pas faux. J’prenais tranquillement mon repas, troquant quelque bête chassée en chemin contre une version plus cuite de celle-ci et surtout, une bonne quantité de bière. Bien sûr, le paiement ne suffisait pas, mais le tavernier ne semblait pas se sentir d’humeur héroïque. L’ayant compris à sa trogne, j’ai décidé de faire preuve d’humanité en détachant une bourse que j’avais ramassé sur un cadavre plus loin, pour lui fourguer. Je ne sais pas vraiment ce qui y’a dedans. Je ne connais pas franchement la valeur de leur monnaie stupide, ici. Bah croyez-le ou non mais j’ai été gavé comme un ogre. Pas de quoi m’en plaindre. Encore une fois, cela dit, vous devez vous questionner sur la raison de mes précédentes pensées. Un peu de patience. C’est en fait aussi simple que ce que c’est con, vous allez comprendre. Comme vous devez vous en douter, on n’est jamais seul dans une taverne et cette fois ne fut d’aucune exception. Sur la présence de trois femmes, deux étaient accompagnées et l’autre, trop vieille pour se questionner. Par chez moi, là d’où je viens, lorsque la femme qu’on s’accapare en lorgne un autre, on lui décrasse les dents. L’allège du poids de quelques os et, si il n’est vraiment pas chanceux, on lui déboulonne le ciboulot. Autant dire qu’on lui fait passer un sale quart d’heure. Si j’ai conscience d’apparaitre comme quelque peu « spécial » ainsi harnaché et sans oublier l’immense morceau de métal à peine forgé me servant d’estramaçon, je m’étais toujours imaginé les gens du coin comme…. Plus fidèles, plus loyaux. Il n’en est rien. C’est même encore pire. Car si nous agissons avec violence pour affirmer nos dû, nous, au moins, on ose lever notre cul pou agir. J’ai vu des gars trois fois plus chétif se jeter dans la mêlée, même en sachant la défaite proche. Bref. Troufion de détail inutile.

Je me suis pas attardé. Ne voyant que peu l’intérêt de me mêler à ces idiots. Pour le coup, j’ai questionné le gérant pour savoir ou j’pourrais trouver du travail. Sa réponse fut simple « si y’a du travail pour un type dans ton genre… va à Winterfell ! » et il à m’as indiqué la direction. Winterfell, donc, hm ? Bien. Allons à Winterfell

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Une fois devant les murs de la ville, ou mieux dit, devant les portes, on finit par m’interroger sur mon identité et sur la raison de ma venue. Des gardes, vraisemblablement aussi emmerdés qu’utiles à leur travail. Je les comprends, rester ainsi comme des cons à faire le guet, y’a plus passionant. Surtout quand on ne peut même pas sortir quelques occupations car la place qu’on garde est trop importante. C’est vraisemblablement le cas ici. Winterfell, donc. Berceau des « Stark ». Ces types qui, d’après ce que j’ai entendu, se revendiquent du sang des premiers hommes. Voilà qui me semble parfaitement amusant. Je les testerai bien moi, lame au poing, leur sang « des premiers hommes ». Je me présente donc simplement comme « Gud », un mercenaire et on me laisse passer, sans réellement me demander mon reste. On me conseille simplement d’aller trouver un type pour voir les tâches à me confier. Malgré les réticences à mon égard, ou plutôt, la méfiance, ces deux types font leur travail convenablement et visiblement, semblent moins stupide qu’ils peuvent en avoir l’air. Une fois dedans, après mes longues heures de marche, je me rends compte que mon estomac est sans doutes aussi pressé que moi de se fourrer face à un feu pour y faire rôtir de la viande. C’est pas comme si après tout, j’avais encore l’habitude de faire ma cuisine moi-même. Enfin, disons que dans le pire des cas, si la nostalgie se fait trop grande, je pourrais toujours me rabattre sur l’alcool.

Guidé jusqu’à la salle commune, j’en viens jusqu’à m’installer sommairement dans un coin. Retirant la large cape en peau d’ours pour accueillir l’une des servantes du château. Celle-ci, visiblement du genre joueuse, semble tant pressante à m’apporter à manger que d’autres plaisirs. La présence d’autres personnes dans le coin semblent cela dit atténuer sa curiosité du moment. Sans doutes rechigne t-elle à passer pour ce qu’elle semble être : une catin. M’enfin, moi je dis ça, mais j’ai aucun soucis avec. C’est pas comme si par chez nous, une femme pouvait tourner entre une poignée d’hommes sans que personne n’y voit là un quelconque problème. Si ce n’est d’en voir peut être, le lendemain, quelques uns tués par pure jalousie ou esprit de possessivité. Détail, me direz-vous. Bref, quitte à en être là, je finis simplement par attendre que ma bouffe m’en vienne. J’ai choisi mon coin avec une certaine précision. Là ou je demeure à une place plus dissimulée, je n’en ai pas moins une vue de choix sur toutes les issues. De fait, je garde un certain avantage et surtout, la capacité de pouvoir analyser quiconque aurait la prétention de m’approcher. Si je suis conscient que sauter à la gorge d’un type par pur plaisir est ici… prohibé, je peux déduire être rationnellement conscient qu’il faut que je couvre d’autant plus mes arrières. Des êtres se présentant comme civilisés et bourrés d’honneur sont souvent les plus fourbes et menteurs. Souvent. Tant que je n’aurais pas rencontré d’exception, en tout cas, je n’y croirai pas.

Je remarque de tout pendant mon long repas. Des gardes, sans doutes quelques seigneuries, des gosses, des femmes… tous semblent encaisser l’été avec difficulté. Non moins que moi cela dit. Mais tous semblent avoir un appétit limité. Au fil de mes assiettes, je remarque d’ailleurs sans mal le regard interloqué de certains d’entre eux. Pour ma part, je me contente de continuer paisiblement, cela dit. En tout cas, tout du moins, jusqu’à ce qu’une petite, clairement pas une servante, approche de ma position. Ma lame, placée à mon côté en arrivant à bloquer la vue, je prends soin de simplement la décaler, la laissant reposer sur l’autre côté, près du mur. Sans doutes une façon de faire comprendre que je ne me sens que peu menacé par ce petit être qui s’avance vers ma place à pas feutrés. Celle-ci est bien habillée et toute propre sur elle. Pas le genre de garce qu’on croise au nord. Au vrai nord. De quoi éveiller des curiosités estivales, si vous voyez l’idée. Une femme comme ça, ça gémit, ou ça couine ? L’œil franc bien que très certainement pervers, au moins un instant, je l’observe décrire la courbe de son trajet.

Presque certain qu’elle devrait aller voir quelqu’un d’autre. Ou aimer la discrétion autant que moi –qui à ri ?-, je ne m’attendais en revanche pas vraiment à ce qu’elle s’arrête à mon niveau. Par décence, faut bien, je me contente d’enfourner la cuisse de piaf qui me tenait dans la main, venant sommairement en faire craquer l’os entre les dents pour en récupérer les valeurs nutritives, avant de venir le reposer, presque d’un blanc éclatant. Rien de bien agaçant. J’ai vu d’autres types de ce coin du mur manger moins proprement que ça. Pour le coup, en tout cas, je l’observe tranquillement en patientant à sa parole. Si je n’offre aucune marque de respect dû au rang qu’elle pourrait posséder… encore faudrait-il que je sache de qui il s’agit et surtout, de ce que ces conneries de choses de bonne famille signifient. Leur intérêt, tout ça. J’suis pas là pour ployer le genou, en même temps.
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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Lun 19 Mar 2018 - 22:09

Le regard perdu dans le vide, Ashara se tenait sur les murailles de Winterfell. Cet étrange été ne s’arrêterait-il donc jamais ? Au loin, l'horizon lui semblait aussi perdu que ses pensées. Le monde continuait de tourner, l'emportait dans sa course mais ne la laissait jamais en paix.
Aujourd'hui plus que jamais, elle se sentait le pantin d'un univers plus vaste et plus incertain. Le futur n'était pas acquis, en réalité, rien ne l'était. Depuis les pourparlers, elle avait œuvré pour désamorcer la Guerre, celle promis par Jorah.
Elle ne le soutenait pas dans cette mission d'envergure qui, elle en était persuadée, ne pourrait que conduire à la chute du Nord et de sa maison.
Il ne voulait rien entendre et poursuivait ses desseins, aussi sombre que la nuit qui recouvrirait Winterfell ce soir. Elle doutait fortement qu'une aube apparaisse après les ténèbres de la Guerre. Pas pour elle, par pour les Starks. Pour protéger sa fille et elle-même, elle devait trouver une solution valable. Puisque rallier Dorne lui était impossible, il lui faudrait un autre plan. Aussi, elle passait des nuits entières, dès que Cathan était endormie à réfléchir et envisager toutes les solutions viables à repousser voir annihiler cette folie que Jorah avait entamée.

Toute à ses réflexions, elle n'entendit pas sa domestique arriver à ses côtés et sursauta légèrement en la trouvant si près. La fatigue affaiblissait ses sens, le désespoir aussi.
Elle mangeait moins, dormait moins. Ses yeux clairs se bordaient lentement d'une couleur sombre et marquée. Il fallait qu'elle se reprenne mais ses inquiétudes ne la laissaient pas en paix. Jamais. Son coeur guettait les missives de Edric, ses yeux caressaient l'espoir de le voir au loin, depuis les murailles. Une part d'elle même savait que cela ne pourrait arriver, une autre lui soufflait de manière moqueuse et insidieuse que si cela devait se produire, alors ce serait la guerre. Ses gens mourraient surement, son frère, sa fille et peut-être elle-même.
La peur l'étreignait alors à un tel point qu'elle se réveillait en hurlant la nuit, couverte de la sueur propre à la terreur. Seule dans son lit, le matelas froid était présent pour lui rappeler tout ce qu'elle n'avait pas et qu'elle n'aurait probablement jamais. L'espoir de retrouver son mari commençait ç se tarir comme ses larmes qui pourtant la desséchaient un peu plus chaque jour.
Elle se sentait usée, épuisée au seuil de la fin de sa vie alors que son âge n'était pas si avancé. La vie, en réalité, ne l'intéressait que pour protéger ce qui lui restait : sa fille, son domaine et sa famille.
Louve elle était et quiconque savait qu'un loup ne pouvait vivre en solitaire. La meute devait être soudée.

- Qu'y a-t-il ? demanda-t-elle d'un ton blasé.
- Un nouvel arrivant dans la salle commune. Il mange comme un goret ou plutôt cinq. Personne n'ose l'approcher.

Ashara haussa les sourcils, intriguée. Elle soupira et prit le chemin de la salle. Jorah n'était pas disposé, depuis la veille, une étrange fièvre l'accablait. La grippe ou un bout de viande avarié. Ashara n'aurait su le dire, seul lui importait que sa vie ne soit pas en danger.
Décidée, elle hâta son pas pour mieux se débarrasser de ce qu'elle considérait comme un cailloux dans un soulier. Sa robe de velours sombre bruissait à chacun de ses mouvements, glissait sur le sol dans les escaliers menant au milieu des hommes et des femmes qui œuvraient et se battraient bientôt pour les convictions du Nord. Ses cheveux nattés sur le côté battaient furieusement sur son épaule à chacun de se pas et bientôt, elle se planta dans l'entrée de la salle commune.
La plupart des hommes présents l'ignorèrent. Qui se souciait de la Stark déshonorée ? Qui se souciait de la Stark à la vertu plus petite qu'un pois, capable de s'être donné à un ennemi corné ?
Elle se moquait de ce qu'ils pensaient, mais ce soir, elle était Dame de Winterfell et ferait en sorte que personne ne l'oublie.

Pourtant, lorsqu'elle parvint dans l'embrasure de la large porte en bois massif, elle s'immobilisa. Il était inutile de lui montrer de qui sa domestique parlait. Dans un coin de la salle, l'homme le plus massif qu'elle n'ait jamais vu était entrain de bâfrer.
Immobile pour ne pas dire tétanisée sur le seuil, elle l'observa un moment. Sa gorge s'était instinctivement nouée. Que les Anciens Dieux lui pardonnent, que pouvait-elle bien dire à ce genre d'homme ? Elle déglutit avec difficulté et inspira profondément avant de s'élancer.
Certains regards se tournèrent sur son passage, on devait se demander ce que la plus effacée des Stark s'apprêtait à faire. Elle les ignora et traversa la salle sans sourciller, mue par l'adrénaline que la peur distillait dans ses veines.

A peine fut-elle a portée qu'elle conserva une distance de sécurité. Bien qu'il soit assis, l'homme mesurait autant qu'elle debout et droite comme un piquer. Le menton légèrement relevé, elle le toisa un instant, sans savoir par quoi commencer.
Il ne daignait même pas la regarder, préférant engouffrer sa cuisse de poulet dans un craquement sinistre. Elle tressaillit et son regard glissa sur l'arme posée à coté de lui. Pouvait-il vraiment la soulever ? Ses larges mains pour sûr pourraient aisément broyer le crâne de n’importe qui dans cette pièce.
Quel monstre était-ce là ?

- Lady Ashara Stark, commença-t-elle solennelle en croisant ses bras sur sa poitrine. On ne dira pas que les Stark laissent mourir leur gens de faim durant cette sécheresse, en revanche on parlera certainement de la montagne qui a engouffré la corne d'abondance pour son propre intérêt. J'ose espérer que votre présence ici vaut les trois kilos de poulet que vous venez d'engloutir sans aucun respect pour celui qui vous nourrit...

Petite mais vindicative à souhait. Le silence s'était fait, chacun espérant jauger ce que la louve valait. Elle ne le savait que trop bien, sentant déjà les regards poignarder ses épaules et son dos, volontairement laissés à leur portée. Son regard délavé ne cillait pas malgré la peur, ou plutôt la terreur qu'il lui inspirait. Même sa voix n'avait pas vibré. Elle était une Stark et peut importe ce qu'il adviendrait, on ne dirait pas qu'elle serait morte sans avoir tenté de récupérer son honneur.

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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Mar 20 Mar 2018 - 1:15

Ainsi, la petite femme du faux nord savait bomber des seins et profaner des menaces détournées. Voilà qui m’arracha, sans attendre un fin sourire aussi amusé que bref. Oui, clairement, je ne sens aucune menace émaner d’elle. Elle pourrait me mettre dehors que j’irais sans doutes en riant, par simple « respect » pour le dit repas. Je me demande parfois si certains ont un peu de jugeote. A regarder de haut quelqu’un ainsi, sont ils au courant qu’ils risquent plus d’antipathie que d’amitié. Je présume que c’est là le lot de ces fameux « seigneurs ». Bien qu’on m’aie vendu les Stark comme des personnes d’honneur et de droiture, je ne reconnait là que la simple patte de ce qui se trouve en face de moi : une enfant. Sans réellement attendre qu’elle finisse sa tirade, je me redresse paisiblement. Trop grand pour ne pas être un minimum affalé lors de mes repas, inutile de vous dire que ce geste ajoute à ma prestance. Mais je m’égare. Quelque peu, d’ailleurs, lorsque mon regard finit par balayer la salle. Il ne me faut pas longtemps pour constater que tous les regards sont maintenant tournés vers elle. Des regards froids, interrogateurs. Je pourrais presque sentir l’envie de certains de me voir lui coller un aller retour dans la trogne, histoire de lui en apprendre sur le respect. Mais je n’en fais rien. Ces regards, moi, je les connais bien. Je ne la jugerai donc en rien. Pas sans m’être fait une idée de leur raison. Vous savez, les gens comme moi, on à comme un instinct là-dessus. On sait reconnaitre beaucoup de choses, et ça, même si elles sont particulièrement stupides. Ce que je prenais pour un côté hautain d’enfant gâté, c’est en réalité une personne qui à merdé et qui essaie de faire ses preuves. Comment je le déduis ? Ma foi, on ne débarque pas ici de la sorte sans avoir un certain nom. Elle me l’a donné, c’est une des membres pseudo-souveraines de cette maison et de ces terres. Peut être, bientôt, si j’en crois les rumeurs du coin. Pourquoi observer leur « Lady » avec un regard pareil, si ce n’est pour punir l’erreur ? M’étant redressé de toute ma hauteur, autant qu’être assis le permet, en tout cas, je viens simplement et sobrement déposer mon regard dans le sien. Elle s’est présentée et m'a sorti ses petites tirades Seigneuriales. Autant rebondir au moins dessus, n’est-ce pas ? C’est dans un ton neutre donc, que je me lance dans l’échange de courtoisies.

-Que voulez-vous, j'adore le poulet. J’honore la cuisine de vos gens, j’ignorais que c’était un crime et un manque de respect quelconque. Pour ceux qui voudraient essayer de m’en démontrer l’idée… ma foi, qu’ils avancent.

Nouvelle pause. Mes lèvres en venant doucement à se tordre dans un rictus moqueur. Il semble clair que je ne parles plus de mots.

-S’il en faut si peu pour démontrer mes capacités, je suis certain que vous ne tarderez en rien à trouver une tâche à la mesure de ma force.

Là, en cet instant précis, c’est une confiance aveugle qui peut se lire sur mon visage. Une confiance si aveugle qu’elle pourrait suffire à surprendre beaucoup de gens. Ça à déjà été le cas. Je ne me sens pas supérieur, et je ne le présente d’ailleurs en rien ainsi. Mon ton ne trahit pas ça. Mon ton est calme et bien que peut être provocateur, il n’as rien d’hautain. Le seul détail pouvant réellement offusquer la « Lady » devant sa cour demeure le fait que j’ose lui parler non pas comme à une dame, mais comme à une femme. Je me moque de toutes ces histoires de titres après tout. Et si quelqu’un veut punir la franchise, qu’il s’avance. Je le découperais aussi, comme les autres. Le fait de parler franchement n’as jamais empêché le respect mais par chez moi on apprend une chose très vite : Le respect, ça se gagne. En fait, à mon sens, la damoiselle devrait déjà s’estimer heureuse que je prenne pas la peine de lui « rendre » ses précieux poulets. Là, tout de suite. Sous son nez. Je gage qu’on rirait bien à regarder la tête qu’elle se taperait. Par chance, je ne suis pas si stupide. Mais j’ai connu des gars qui le sont et qui, à ma place, l’auraient fait. Quitte à se faire passer la corde au cou. En l’instant, je continue simplement de l’observer, ayant pris soin de stopper le dit repas après avoir remis les os dans l’assiette. Tourné vers elle, je la toise non pas sans respect, mais d’une neutralité presqu’effrayante. C’est aussi, d’ailleurs, plus ou moins à ce moment précis que je comprends qu’elle ne risque pas de comprendre si je ne l’éclaire pas un minimum. Ou en tout cas que si elle m’a donné son nom, c’est sans doute pour que j’en fasse de même. Là ou elle se targue de titre et de nom à rallonge, je répondrais donc de façon on ne peut plus simple, tentant vraisemblablement de trancher quelconque animosité pour l’étouffer dans l’œuf.

-Je suis Gudbjoern. Je crois que le terme que vous employez est « Rêtre ». Un mercenaire quoi. Vous savez, ces gens qu’on paie pendant les batailles pour violer les cranes et fracasser les femmes. Ou peut être est-ce l’inverse ?

D’un ricanement assez sombre, je trahis ici et sans gêne la part d’humour sombre que j’aime à trainer dans mon Séant. Si j’ai toutefois entamé la nourriture du coin, aucun doute que j’en ai aussi entamé la bière -bien que ça ne soit qu'un quart d'argument. Il faudrait en soûler une vingtaine pour arriver à me faire tituber-. Ça ne doit pas franchement aider à rester dans les clous. Pourtant, mon regard ne s’est pas délogé d’elle et je ne témoigne pas non plus d’une quelconque menace. Je n’offre aucune espèce d’importance à tous ces pleutres qui prennent la peine de regarder aussi sombrement une femme dans son dos. Ces sauvageonnes qu’ils critiquent tant leur aurait déjà arraché le dard pour leur faire bouffer. Je voyais les femmes du coin comme des catins effarouchées. Celle-ci, pourtant, vient de traverser la salle pour venir se loger face à moi. La peur est facile à lire. Pour l’avoir lu sur de nombreux visages, je sais la lire. Malgré cette peur, elle vient là, avec ses grands airs et démontre qu’elle est, ici, la maîtresse des lieux. Quel mal aurais-je à la tester ? Si elle veut gagner mon respect, l’affaire sera simple. Qu’elle accepte de me tester. Autant dire que je n’ai pas à craindre pour le coût de mon repas car dans le pire des cas, si je me trompe sur elle… sans doutes se contentera telle de me mettre dehors.
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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Jeu 22 Mar 2018 - 9:57

Lorsque l'homme se redressa sur sa chaise, Ashara retint son instinct de reculer d'un bon pas. Il était dangereux, n'importe qui sain d'esprit aurait pu reconnaître cela. Au craquement de la chaise, elle sentit les regards de certains dévier, non plus sur elle mais sur le mastodonte qui lui faisait face.
Il balaya la pièce à son tour avec un regard dédaigneux assumé. Ashara le suivit dans son inspection, remarqua la peur sur les traits de certains qui s'empressèrent de plonger le nez dans leurs bols ou dans leurs chopes, l'amusement d'autres patientant pour connaître l'issue de la rencontre.
Elle déglutit discrètement et reporta son attention sur celui qui demeurait être la cause de sa venue.
Immense eut été un terme approprié, il devait faire bien quatre ou cinq fois son poids et l'espace d'un instant, elle se surprit à songer à la femme qui avait pu mettre cette créature au monde.
Les bras toujours croisés, elle attendit sa réponse, en se tenant toujours bien droite, en affichant ce droit d'être une louve dans sa propre maison.
On l'attendait au tournant, elle tâcherait de faire ses preuves mais cela serait-il suffisant ? En cela elle doutait fortement. Les hommes du Nord étaient trop pétris d'honneur pour pardonner aussi facilement. Ashara serait jugée toute sa vie, Cathan serait dévisagée encore longtemps. Sa chevelure rousse, d'un ton plus sombre que celui de sa mère rappellerait à tous de qui elle était née, ses yeux sombres presque noir faisaient d'elle une biche sans l'once d'une hésitation.
Enfant du déshonneur, bâtarde innocente car finalement bien née d'un mariage d'amour consommé devant d'autres Dieux. Comme elle aurait souhaité que la vérité éclate enfin, que tout soit réparé, mais Jorah refusait d'officialiser l'union, Jorah lui refusait sa dignité.
La colère l'envahit peu à peu à ses pensées et ses poings se serrèrent lentement. Elle ne devait pas haïr, elle ne devait pas céder au désespoir sombre qui chaque jour tentait de l'emporter. Elle se voulait forte et résignée, elle voulait garder la lumière qui profondément en elle, persistait à scintiller.
Ni son frère, ni le Nord, ni même cette espèce de brute épaisse ne pourrait rien y changer.

Pour toute réponse, l'homme provoqua l'assemblée. A ses premiers mots pourtant, Ashara haussa un sourcil, réprimant une envie de rire. Depuis quand adorer le poulet était une excuse valable pour s'en goinfrer ? Les traits d'esprit de l'homme l'intriguaient. Se pouvait-il qu'il fut quelque peu éduqué ?
Aucun dans les rangs ne moufta, seule la louve s'était avancée. Qu'en ferait-il ?
Sa colère et ses récentes pensées la rendaient peut-être un peu trop téméraire. En l'état, elle aussi aurait pu provoquer jusqu'à l'excès, imaginant sans peine l'état dans lequel  il pourrait la laisser s'il lui prenait l'envie de la frapper. Une part d'elle appelait ce destin et c'était ce qui l'effrayait le plus ces derniers temps.
L'homme poursuivit sa diatribe, une confiance aveugle en ses capacités imprimée sur ses traits. Avait-il seulement déjà frôlé la mort ? La petite louve en doutait. Qui pouvait s'opposer à ses bras, cette lame et la puissance de ses mains ?
L'idée folle d'essayer la traversa. Les mots étaient des armes, un esprit bien mené pouvait dompter n'importe quelle force. Serait-elle capable de cela ? Mais n'était-ce pas ce qu'il venait de lui demander ? Qu'elle lui donne une tâche à la hauteur de ses capacités ?

Le regard qu'il posa alors sur elle la fit tressaillir jusqu'au plus profond de son être et éradiqua ses précédentes pensées. Non, personne ne pouvait dompter ça. Elle retint son souffle, comme la moitié de la pièce d'ailleurs. Certains en profitèrent pour quitter les murs, d'autres au contraire pour se concentrer sur les propos échangés entre la belle et le monstre.

Enfin il se présenta et elle aurait pu jurer que comme elle, beaucoup étaient suspendus à ses lèvres. Mercenaire, c'est ainsi qu'il se présenta. « Rêtre » même ce qui acheva de la surprendre. L'homme avait du vocabulaire pour un simple mercenaire et un nouveau trait d'esprit renforça ce sentiment.
Des murmures d'effroi accueillirent ses propos et quelques ricanement aussi. On penserait que la Stark serait horrifiée, il n'en était rien. Le viol malheureusement et la mort étaient monnaie courante pour les femmes prisent dans les conflits. Ashara n'était pas née de la dernière pluie. La Guerre était dégueulasse, il n'y avait pas de mot plus adapté.
Gudbjoern semblait y être habitué et Ashara planta son regard dans le sien, réfléchissant à ce qu'elle pourrait proposer à l'homme pour s'assurer ses services. Un peu d'audace fonctionnerait, et beaucoup d'or à n'en pas douter.

- Bienvenue à Winterfell, Gudbjoern. Si aucun contrat ne vous lie présentement, je serais en effet intéressée de faire bon usage de vos services, clama-t-elle tout haut.

Dans l'assemblée, des regards se croisèrent, intrigués, d'autres froncèrent les sourcils, se demandant sûrement ce que préparait la Stark. Prenant un peu plus d'assurance, elle poursuivit :

- Évidemment, je gage que le repas que vous venez de vous octroyer fera office d'un premier paiement. Pour le reste, je suis au regret de vous informer qu'il n'y aura ni femme à violer, ni crâne à broyer. Ou l'inverse. Achevez votre repas, puis suivez moi nous avons à parler.

D'une manière ou d'une autre, il lui servirait. La peur qu'elle ressentait se mêlait à l'intérêt et galvanisait son humeur. Peut-être était-ce enfin la fin d'une attente, le début d'un nouveau projet.
Gudbjoern pourrait peut-être devenir sa force, son bouclier, les bras qu'il lui manquaient. Et si elle n'avait besoin que de payer pour cela, alors pourquoi s'en priver ?


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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Jeu 22 Mar 2018 - 11:51

Ma mère ? D’aussi loin que je me souvienne, en ai-je au moins eu une ? Tiens, j’aurais moi-même été curieux d’en voir la trogne en connaissant mon poids de départ. Pour ce que j’en sais, la tâche à tout simplement dû la tuer. Ça ne me surprendrait même pas. Moi je me suis surtout toujours demandé autre chose. Comment quelqu’un ayant une taille presque humaine peut naître avec du sang de géant ? Sommes nous nés de géant petits et d’une humaine ? D’une petite géante et d’un humain ? Sommes-nous comme des bâtards, des êtres étranges nés simplement petits ? Non car franchement, un géant pénétrer une humaine ? La pauvre femme ne saurait surement en survivre, hein. Je sais qu’il existe des pratiques étranges, après. Certaines femmes, loin au sud, vénèrent le cheval. J’ai surpris une conversation du genre pendant ma descente. Et font toutes sortes de choses avec, d’après ce qu’ils disent. Quand on voit le chibre d’une monture…. Enfin, disons que je m’égare. Balayer la salle du regard me renvoie plus ou moins ce que je m’attendais à voir. Crainte, amusement. Deux sentiments aussi proches qu’ils sont éloignés. En l’instant, assis à cette table, je ne représente aucune menace. Pourtant, le malin ne peut s’empêcher d’imaginer de me voir traversé d’un élan de folie dévastateur. C’est ainsi. Les autres, eux… Disons qu’ils se croient plus malins que les autres. Cette peur, je la lis aussi sur le visage de la jeune femme. Bien, ça signifie que pour l’instant, je ne me trompe pas sur elle. Autre chose retint aussi mon attention. Ses poings. On peut essayer de transparaitre son calme autant qu’on souhaite, il semble que je vais effectivement sortir de ces murs en justifiant mes poulets. Et même plus.

Vous savez, j’ai déjà pas mal réfléchi, pendant mon repas, à ce que je pourrais dire pour pouvoir le justifier. « Ouais, vous bilez pas, c’est normal, mon sang m’appelles à bouffer comme dix » est encore la tournure la plus « amusante ». Mais je pense que n’importe qui se disant « sensé » me rirait au nez. Alors qu’en tout et pour tout, c’est pure vérité. Les gens et leur intelligence présumée, n’est-ce pas ? Au moins au nord du mur je n’avais pas ce genre de questions à me poser. Trouver un cheval de corbeau, un ours ou n’importe quelle source de viande potable, c’était encore relativement simple. Et là au moins, pas besoin de s’inquiéter de la quantité, avec de tels bestiaux. Je me réservais le mien, et tout allait bien. Ce n’est pas comme si fracasser le crâne des possibles mécontents étaient un souci. L’on pourrait croire que je ne suis jamais tombé, que je n’ai jamais subi de blessures mortelles. Pourtant, il n’en est rien. Je suis conscient de ma force, oui. Mais si je peut me montrer aussi sûr de moi, c’est simplement que je suis aussi naturellement conscient de mes faiblesses. Comme beaucoup, un morceau de métal m’as déjà transpercé le bide. On à même déjà usé de sortes de poison. Mais par chance, je suis de constitution particulièrement robuste. Je peux aussi lire de la surprise sur les traits de la femme. Comme si elle s’attendait à entendre un couillon édenté. Ma foi, j’peut en comprendre la surprise. J’ai toujours eu un bon esprit. Même si ça ne m’as pas suffit pour en arriver là, c’est pas faux.

Malgré tout le bouillonnement de sentiments divers que je pouvais sentir en son sein, voir sur son corps, ses mots s’adressaient chaleureux et même engageant. Elle comptait m’engager ? Bien. Je ne m’étais donc pas trompé. Elle à plus d’esprit qu’elle n’en n’a montré plus tôt. C’est à mon sens dans les moments de décision plus que dans les paroles données qu’un homme –ou une femme, en l’occurrence- démontre de son esprit. Là ou je l’aurais imaginée répugnée face à ma connerie et en train de me montrer la sortie, elle se montrait digne et capable. Intéressée, certes, mais peut-on l’être en toutes circonstances sans l’ombre de courage ? Le regard surpris de ses hommes suffisant, en soi, à conforter mon idée. Sa seconde tirade, elle, m’arrache un ricanement de gorge amusé. Peu en peine de se méfier de ma possible fureur, voilà qu’elle gage d’un premier paiement sur le repas sus-compté. Parfait. Je savais qu’on pourrait s’arranger pour ces fichus poulets. Quitte à en être là, en guise de réponse, je me contente d’attraper la dernière cuisse trônant dans mon assiette pour venir en broyer l’os entre mes dents, en séparer la viande de celui-ci et après les avoir reposés dans l’assiette et avalé la chair toute nette, me redresser sobrement, toisant cette fois de toute ma hauteur l’assemblée, attrapant l’immense morceau de métal posé non loin pour venir le replacer tranquillement dans mon dos, comme si on me demandait de porter une simple poignée de foin. Dans mes peaux, sous la cape avaient été grossièrement cousus des espèces de cercles adaptés à la taille de celui-ci. Oui, ce détail témoignant que j’étais visiblement entièrement vêtu de peaux. Sans doutes que j’aurais, à terme, à troquer cette tenue aussi.

-Dans ce cas, allons. Je vous suit.

Mon ton était plus sérieux. Si je m’étais imposé une règle simple, ce serait de dire qu’il ne faut pas dédaigner les affaires. Après tout, ce sera mon propre gagne pain, quel intérêt aurais-je à jouer les idiots lorsqu’on en viendra à m’expliquer ma tâche ? D’un sourire bref, j’affirme mes mots. Je ne pense pas pouvoir me présenter comme particulièrement charismatique, mon sourire devant apparaitre comme plutôt sanguin et à la simple mesure de ma franchise brute. Je passe paisiblement une main dans ma barbe. Une barbe digne d’un sauvageon qu’il faudra que j’écourte un peu pour me mêler un minimum dans ces foules. Je ne lui ai pas d’attachement particulier. Courte ou non, ça demeure une barbe après tout. Mes mains sont trop massives pour pouvoir vraiment passer dedans. Ne sachant pas non plus me raser, il me faudrait trouver une solution pour ça. Mais je ne doute pas qu’on trouvera, si je suis engagé, quelqu’un qui puisse m’apprendre. Jusque là, en tout cas, je n’ajoute rien, me contentant de suivre la jeune femme là ou elle m’amènera. Détaillant calmement les murs et chaque endroit où j’irai. Décoration et autres. Sur le trajet cependant, je finit par céder à une quelconque forme de curiosité.

-Pourquoi vos hommes vous regardent ainsi, dans votre dos ?


Ma question est simple. Je sais qu’un bon chef doit être vu par crainte ou fraternité. Mais ce n’était pas le cas ici. Je sais cependant que tout n’est pas que question d’honneur et de fraternité. Une erreur ne devrait pas condamner un être. Pour ce que j’en sais, c’est souvent le cas, au sud du mur. Au Nord aussi, vous me direz. Mais on à au moins la décence, nous, d’épargner ce genre de désagrément, vu qu’on tue tout aussi net l’idiot. Elle s’était montrée droite jusque là. Elle n’était pas obligée de me répondre, en soi. SI elle ne le souhaitait pas, mon ton lui ferait sans doute comprendre que ce n’est là que pure curiosité. Mais réponse ou non, je glanerait déjà bien assez d’informations sur son compte.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Ven 23 Mar 2018 - 9:52

Par les Anciens Dieux, l'homme venait de rire. Était-elle à l'origine de cet éclat ? Oui. Stupéfaite de pouvoir faire réagir en bien le monstre assis face à elle, ses bras se délièrent pour venir pendre naturellement des deux côtés de son corps frêle. La manière dont il dévora son dernier morceau de poulet était éloquente et ne laissait nul doute sur ses capacités. Un nouveau frisson glacé dévala sa colonne vertébrale, la peur continuait de l'envelopper, mais à présent elle savait qu'elle pouvait l'ignorer ou au contraire s'en servir. Les limites s'amenuisaient lorsque la peur de mourir se dissolvait dans les actes et dans les pensées.
Aujourd'hui, cette mort, elle l'avait appelé de tout son être. Dans les heures les plus sombres, elle avait souhaité avoir le courage de pouvoir mettre un terme à cette triste vie puisque son espoir s'éteignait d'heure en heure. Mais elle était trop lâche pour passer à l'acte et vivotait, attendant encore que l'étincelle jaillisse, dans un sens ou dans l'autre.
Une simple étincelle, aussi fugace fusse-t-elle pourrait la ramener au soleil ou la plonger dans la nuit.
Cette peur qui se distillait dans ses veines, cette crainte d'être frappée ou même violemment tuée, lui donnait la force d'agir, de tenter, de devenir celle qu'elle aurait dû être. Pas une louve domestiquée et enfermée, mais bien le prédateur opportuniste libéré de contraintes.
Jorah l'avait enfermé, Jorah l'avait domestiqué, Jorah lui imposait ce qu'elle devait faire ou dire, qui elle devait rencontrer et qui elle ne devait pas voir.
Elle en avait soupé et désormais, elle reprendrait ses droits.

Peu lui importait les on-dits, peu lui importait les conséquences, elle tenterait un dernier combat.
Cette Guerre était insensée et égoïste. Cette Guerre pouvait-être évitée elle en était persuadée.

Perdue dans ses pensées, elle l'observa un peu plus sans vraiment s'en rendre compte, détaillant sans se gêner la taille de ses bras qu'on devinait aisément sous ses peaux, sa barbe trop longue et mal taillée. Depuis combien de temps errait-il ? Comment survivait-il seul au Nord ? Le climat avait beau s'être adoucit, des créatures rôdaient, des monstres aussi impressionnants que lui. Après avoir accepté de la suivre, le sourire qu'il lui adressa la fit frémir.
Effrayant, c'était le terme exact pour désigner ce qui chez tout autre passait pour charmant. Ashara se reprit, après tout, elle était toujours observée.
Lorsqu'il se mit debout, elle suivit du regard son déploiement, bouche bée. Il la dépassait de plus de deux têtes comme elle s'y attendait. Pour autant la surprise était de taille et elle ne put contenir une inspiration hachée.
Sa bouche se referma, ses yeux se résignèrent. Elle déglutit et leva le menton avec dignité puis se retourna, traversa la pièce sans ciller, le géant sur ses talons. Si des regards neufs se posaient sur elle de la part de certains, elle n'en vit rien.

Tandis qu'elle marchait, elle n'osait pas se retourner. Le cliquetis du métal contre ses harnais, le battement des peaux à chaque mouvement qu'il faisait suffisaient à la faire filer droit. A côté, le murmure de sa robe qui glissait sur le sol semblait s'être tu. Intérieurement, elle réfléchissait au test qu'elle pourrait lui proposer.
Après quelques couloirs, ils débouchèrent sur la cour intérieure du château. Le soleil l'aveugla et machinalement elle porta la main sur son front pour s'en protéger. Sur leur passage, les regards se tournaient quelque fois. Un géant et la déchue, cette curieuse rencontre avait de quoi intriguer et faire parler les plus audacieux.
Alors qu'elle les dirigeait vers la sortie Nord, en direction des bois sacrés, il s'adressa à elle. La question la surprit, tout autant que son ton. Il n'y avait nul ressenti dans ses interrogations, juste une curiosité que n'importe qui aurait remarqué.
Elle stoppa ses pas et le dévisagea. Les yeux légèrement plissés, sa tête s'inclina sur le côté comme si elle le jaugeait. Pourquoi posait-il cette question ? Est-ce que cela lui importait ? Un mercenaire n'était-il pas sensé travailler pour de l'argent sans se soucier de l'origine de ce dernier ?

Avec sa barbe et ses peaux, sa taille immense et sa carrure surnaturelle, il lui donnait à penser à un ours. Et soudain, elle fut moins effrayée. Les ours ne se battent pas, ils s'impressionnent et jugent la force de celui qui leur fait face avant d'attaquer.

- Ce ne sont pas mes hommes et s'ils me regardent ainsi dans mon dos, c'est parce qu'ils ont trop honte de moi pour me regarder de face. Voilà des années qu'ils attendent de me voir tomber.

Mais elle ne tombait pas ou du moins, jamais en publique. Ces terreurs, ses doutes et ses peines, elle les contenait dans l'intimité de sa chambre, à l'abri des regards de tous et surtout de Cathan. Bien que déshonorée, Ashara Stark ne pouvait donner raison à tous ces hommes qui espéraient sa chute.
Depuis des années qu'elle le supportait, elle pensait s'être forgé une carapace, un bouclier qui la maintiendrait à droite et infaillible. Mais la vérité était qu'elle faiblissait, au fil du temps, ses forces s'amenuisaient et son esprit s'évadait trop souvent dans ses noirceurs que seul son inconscient connaissait.

- D'où venez vous Gudbjoern ? Et que seriez-vous prêt à faire pour me prouver que vous êtes digne de confiance ? Quelle garantie que le travail confié sera bien exécuté ?


Il avait démontré posséder de l'esprit. Ashara était persuadée qu'elle aurait plus à y gagner si elle le consultait au lieu de bassement lui donner un ordre à executer. Il avait certainement des allures de bêtes et toute sa forme physique devaient certainement l'y prédisposer. Mais pouvait-on seulement se baser sur de tristes apparences ? Elle espéra que non, ou bien lui-même se détournerait trop facilement de ce que la Louve aurait peut-être à lui proposer.

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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Ven 23 Mar 2018 - 22:13

Voici une esquive subtile et rondement apportée. Certes. Une esquive bien menée n’en demeure cela dit pas moins une esquive. A sa façon de s’arrêter dans le couloir pour me toiser, je comprends que je n’obtiendrais aucune information supplémentaire pour le moment. Je n’ai pas non plus de raisons particulières pour me pousser à l’insistance. Je gage que ce serait mal vu, d’ailleurs. Quel dommage ce serait de voir me passer sous le nez mon premier contrat semblant un temps soi peu juteux. Il faut dire qu’au vu de la quantité de poulets qu’elle osait avancer comme une seule paie, aucun doute que toutes tâches que je pourrais être amené à accomplir devraient, sans doute, s’avérer rentables. d'autant plus quand elle prendra conscience de ma force. Je peux sentir son regard se poser sur moi, me jauger. Rien de bien insultant, je serais idiot de m’en faire pour si peu. Au regard, les dieux ont été plutôt cléments à mon égard, faut dire. Je me préfère cent fois ainsi que comme ces maigrichons de petits seigneurs n’ayant pour fantaisie seulement de compter le nombre de poils qui leur dépasse du menton. Si ce n’est qu’ils s’intéressent uniquement à ceux-ci. La jeune femme, elle, se contente de me transmettre sa surprise. Comme si ma question suffisait à sembler étrange. Outre ses mots, cette réaction suffit à rester dans mes pensées. Pourquoi tant de surprise pour une simple question ? Faut-il s’abaisser à simplement prendre l’argent et broyer des crânes ? Mah, ça, je peux le faire sans soucis. Avec grand plaisir, même. Mais tout homme devrait savoir pourquoi il se bat. Sa seconde tirade, dépassant de peu la première, m’arrache un fin sourire bref. Si sa première réponse était accompagnée de surprise, il me semble rationnel de penser que ces questions ne le sont pas moins. Si il lui semble anormal de me voir poser des questions, en recevoir en retour doit simplement l’être tout autant. Voilà ce que je comprends de ses réactions. Mais cela ne me choque pas outre raison, pour ma part. Il en faudrait bien plus pour parvenir à me frapper. De fait, c’est d’un ton neutre et même, quelque part, assez amical, que j’entrouvre mes propres lèvres pour lui répondre.

-Je viens du nord. Du véritable nord. Quant à ce que je peux faire…

Je porte la main à ce qui sert de garde à mon immense jouet de métal, le tapotant doucement, tâchant au possible de ne pas me montrer menaçant malgré le fin sourire aux airs carnassier qui transcende mon visage

-Sans parler d’honneur stupide, je n’aime pas particulièrement les types dont la honte et la « supériorité » font juger les autres. Si aller en raccourcir quelques uns vous sied, ça ne me pose aucun problème.

Après un instant de silence soutenu de mon regard de nouveau planté dans le sien, je finis par céder un fin ricanement de gorge pour, finalement, le libérer de façon moins contenue, tant face à sa probable réaction que face à la funeste pitrerie que je venais simplement de me permettre. L’humour d’un homme ayant passé le clair de son temps seul, à combattre les autres, est loin d’être parfait, mais au moins, il demeure présent. Me direz-vous. Après un instant à rire sans doutes bêtement, bien que franchement, je me reprends, lâchant la garde de mon arme pour lui répondre.

-Je suis certain que ma réponse importe peu. On ne peut accorder sa confiance à personne, tant que la tâche n’est pas accomplie. Je m’en défendrai bien sur ce que vous appelez « honneur »… mais ce n’est à mon sens qu’un mot sans réelle valeur.

Après un fin silence, comme si je prenais le temps de jauger ses réactions au calcul de mes mots, je me contente de sourire à nouveau.

-Commencez donc par m’expliquer ce que vous attendez de moi. De là, il ne restera plus qu’à nous mettre d’accord. Je ne compte pas revenir sur accord. Sauf sans de bonnes raisons mais au vu de votre situation, vous ne semblez pas du genre à vouloir m’en donner. Je me trompe ?

Mon ton ne trahit d’aucune menace, d’aucun égard particulier, même. Je lui parle comme je parle sans doute à tout le monde. Mon regard ne quittant longuement en rien le sien. Un regard dur, mais pas sans briller d’une fine lueur. Je suis quelqu’un de vivant. Je ne m’enferme derrière aucun mur, aucune barrière et mes pensées, je les partage volontiers à qui veut les entendre. Tout comme ma lame, que je n’aurais aucune honte à partager avec les boyaux de qui que ce soit. Je ne suis pas homme à m’apeurer devant la difficulté ou les titres. Encore faudrait-il qu’ils représentent quelque chose à mes yeux. Cette confiance, lue plus tôt au travers de mon comportement, ne vient pas de nulle part et si je connais mes faiblesses, je peux tout aussi bien me targuer de connaitre mes forces. L’on pourrait me demander, là, de fracasser l’entrée de la logia d’un seigneur que je m’amuserais à le faire. Autant pour pouvoir voir la gueule de celui-ci au moment de comprendre son avenir écourté que pour le plaisir de pouvoir combattre tout mon saoul en partant.

Une fois mes tirades offertes, mon regard finit par redescendre du sien, comme pour l’analyser une nouvelle fois. Sans la jauger. Un coup d’œil suffit au premier contact, pour ça. Seuls les actes feront le reste. Pour l’instant, elle ne part pas mal, pour une fausse Nordienne. Quoi qu’il en soit, je ne semble pas particulièrement gêné à l’idée de l’observer un peu. Maintenant, quoi que mon regard puisse trahir, je ne semble pas particulièrement irrespectueux. Je ne la vois ni comme un objet, ni comme une chienne. Après tout, quel intérêt aurais-je à ne pas voir une femme comme telle ?
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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Dim 25 Mar 2018 - 14:35

Ashara écarquilla les yeux lentement, sa bouche s'ouvrit avec le même rythme. Du Nord...du véritable Nord. Au delà du Mur ? Stupéfaite, Ashara ne releva même pas l'affront d'insinuer que Winterfell et tout le domaine n'était pas le Nord. Qu'entendait-il par Nord véritable ? Le mur ? Au delà ? Son imagination s'engouffra dans la brèche qu'il lui offrait.
Qu'avait-il vu ? Qu'avait-il combattu ? Avait-il croisé la garde de nuit ? Combien de fois son esprit d'évasion lui avait fait rêvé ces hommes au serment immuable et à l'honneur intransigeant.
Enfant, elle avait entendu dire que dans le Mur, un dragon était piégé. Gelé ou empierré, nul ne le savait et sur l'instant, elle eut très envie de poser la question à Gudbjoern, quitte à passer pour l'enfant qu'elle n'était plus.

Un peu de fantaisie dans son triste monde n'était pas à blâmer n'est-ce pas ? Elle se complaisait à le croire et à laisser espérer sa propre fille.
Tellement absorbée par son imaginaire, elle n'écouta qu'à moitié la suite des propos du géant. Un trait de caractère propre à la jeune femme qui pouvait facilement se perdre dans ses pensées.
Ah, il lui proposait d'aller trancher quelques jambes, en somme de s'occuper de ceux qu'elle jugeait inopportun. Malgré l'horreur qu'il lui proposait, elle ne put s'empêcher de sourire en écho à son rire guttural. Même s'il agissait sous paiement, elle trouvait agréable d'avoir une personne qui pourrait lui obéir et exécuter ses moindres besoins ou envies. Avait-il des limites ? Tout homme en avait, mais celui-là semblait être au-delà des hommes qu'elle connaissait. Ses limites devaient être bien différente que n'importe quel Nordien, au même titre que sa taille ou ses muscles.

A nouveau elle jeta un coup d'oeil à sa carrure imposante, à ses bras qui chacun semblait peser plus lourd qu'elle toute entière.
Elle masqua le tremblement de ses mains en les joignant devant son giron dans une attitude sage avant de replonger son regard dans le sien. Il y avait quelque chose dans ses yeux, une chose qu'elle ne pouvait définir réellement.
Gudbjoern semblait ne pas tenir compte de l'honneur, elle en fut frappée et surprise. L'honneur n'était-il pas le maître mot des gens du Nord ?
Combien de railleries avait-elle subi pour avoir perdu le sien ? Combien de paroles déplacées, d'insultes ou de bousculades camouflées ?

Il ne cessait de la regarder sans animosité, pourtant, cela la perturbait. Les hommes ne la regardaient jamais ainsi, elle y voyait soit un intérêt, soit de la moquerie. Seul Jorah la regardait avec indifférence, comme si elle n'existait pas. Gudbjoern semblait attendre quelque chose d'elle, autre qu'un simple contrat. Devait-elle faire ses preuves ? C'était bien le monde à l'envers.

Elle se racla la gorge et reprit sa marche l'invitant à marcher à ses côtés. Dans la cours, les présents les observaient, certains se demandait ce que la louve manigançait avec le géant aux hachoirs entre les mains.
Ashara les ignora et poursuivit sa ballade jusqu'aux escaliers menant aux coursives sur les murailles.
Elle grimpa quelques marches et s'appuya contre la rambarde au premier niveau, balayant de son regard clair les hommes qui s’entraînaient en dessous.

- La Guerre couve, commença-t-elle doucement de manière à ce que ses propos ne soient entendus que de lui. Bientôt, elle embrasera Winterfell. J'ai besoin d'un protecteur.

Le ton était sûr et résigné, mais le regard qu'elle lui lança alors, timide, comme si elle hésitait à le lui demander.
Ses doigts se mêlèrent pour masque son trouble.

- Un protecteur pour Winterfell, pour ma maison, ma fille et moi-même.

Il lui semblait important de le préciser. Il s'offusquerait peut-être qu'elle ne fasse pas confiance en ses hommes ou qu'elle lui propose un rôle de nourrice armée.
Ce n'était pas le cas. Bien qu'elle sut que les hommes de Jorah ne se battraient certainement pas pour elle, elle savait tout autant qu'ils se battraient pour le Nord. Et encore..elle soupçonnait certains d'attendre la chute des Starks pour venir simplement prendre la place. Winterfell appartenait aux Loups, il ne pouvait en être autrement.
Jorah s'enfermait dans une Guerre en compagnie d'alliés qui n'en seraient peut-être pas tous. Elle ne pouvait rien pour lui, trop borné pour le voir ou pour lui laisser croire qu'il le voyait pertinemment. Mais elle pouvait protéger sa fille et peut-être elle-même.
Restait à trouver ce qui motiverait le géant installé à ses côtés. L'argent vraisemblablement, mais peut-être pas que…

- Vous venez du Nord m'avez-vous dit...je suppose que vous avez certainement combattu quantité de créatures dont je n'ai même pas idée...mais... que penseriez-vous de l'idée d'affronter un dragon ?

Elle s'autorisa à sourire, pas pour lui signifier qu'elle plaisantait, ce n'était pas le cas. Plutôt pour lui indiquer qu'elle pensait que cela lui plairait d'être ainsi mis à l'épreuve. Il avait déjà parlé des hommes qu'il avait tranché ou qu'il pouvait raccourcir sur mesure, ses peaux étaient la preuve qu'il savait chasser, mais le dragon n'était-elle pas une proie rare, un nouveau trophée à s'octroyer ?
Elle songea avec tristesse à Rhaenys et inspira profondément pour ne pas s'apitoyer. Winterfell se défendrait, coûte que coûte. Le Nord ne pouvait pas céder.


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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Mer 28 Mar 2018 - 2:52

On commet souvent l’erreur d’imaginer que les hommes sont semblables. Les hommes ne le sont pas. Les hommes sont ce qu’ils sont : Des poupées de chair guidées par des envies et des idées uniques. Vous pourrez mettre en face dix hommes sous une même bannière ou encore face à une même idée. Même si leurs buts et leurs envies sur le moment peuvent être communes… Aucun ne sera semblable. Il y aura toujours une différence. Deux archers favoriseront des pointes différentes, ou encocheront d’un angle différent. Deux guerriers pourront aimer la même lame… mais l’un d’eux se fera toujours pourfendre par l’autre. Chercher des similitudes entre les hommes ou les femmes est en soi complètement idiot. De fait, chercher à opposer la valeur d’un homme à celle d’une femme l’est au moins tout autant. Les manies des gens du coin à traiter les femmes comme inférieure, ou plus prompte à des tâches différentes… tout ceci est stupide. J’ai connu des sauvageonnes capable d’égorger plus d’homme que d’autres ont pu le faire. J’ai vu des hommes petits capables de retourner la force de plus grands contre eux, et de remporter des victoires inattendues. J’ai vu nombres de choses étranges dans ce que les miens surnomment affectueusement « terres libres ». Ici, le nord n’est que celui d’un pays. Le nord ignore le vrai nord. S’en garde car s’en effraie derrière un immense mur. Rêve de choses dont il ignore tout. Si l’hiver ici suffit à tuer des seigneurs derrière les pierres de leurs châteaux, notre été à nous n’en est pas si loin. Nos neiges, par endroit, ne fondent jamais et le rouge du sang des pleutres ne cesse d’inonder.

Rapidement, je semble la perdre. Dans ses pensées et idées. Je sais que les miens sont mal vus ici. Mais j’aurais de toute façon été prêt à parier qu’elle ne me mettrait pas dehors pour si peu. Après tout, si elle aurait souhaitée me mettre dehors, ce serait déjà fait. Peu importe finalement ce que je suis. Je suis un Rêtre issu d’une terre quelconque. Comme bien d’autres. Ça ne change ni ma force ni mes compétences. Quoi qu’on en dise. Finalement, elle semble se dérider un peu. Sans doute la proximité d’un coin non fréquenté suffit-il à lui ouvrir plus de portes. Rien d’étonnant, lorsqu’on doit en permanence surveiller ses mots et gestes. Surveiller ses arrières sur un champ de bataille en demeure à mon sens bien moins éreintant. A Son retour, je perçois une nouvelle vague de sentiments. Sans être aussi explicite que sa bouche-bée d’avant rêverie, il est peu difficile de déceler ce que j’ai déjà pu voir. Elle entame un examen rapide, comme si elle cherchait à découvrir des affres de mon histoire sous mes massives peaux. ce qui demeure possible, cela dit. Chaque peau trônant comme vêtement sur mon corps fut ramassée et tannée de mes propres mains. Ces bêtes, je les ai chassées et pourfendues seul.

Finalement, elle se reprit et m’indiqua de la suivre, à nouveau. Ce que je fais en silence. Après tout, je n’ai pas particulièrement de raisons d’ajouter grand-chose. Surtout quand quelques mots peuvent suffire à lui faire perdre le fil des siens. Je la suit donc et tandis qu’elle s’installe plus loin contre un mur, observant les gardes, en bas… Pour ma part, je reste sur place, debout, profitant de l’écart de nos tailles pour lui céder le droit de demeurer aussi haute que moi. Aussi par confort, dois-je cela dit avouer. Toujours baisser la tête pour observer son prochain est… éreintant. C’est là, qu’elle m’accorde donc ses premières informations. La guerre, donc. Bien sûr, j’étais déjà au courant et si je ne prévoyais pas de venir me vendre si tôt, préférant amplement me présenter dans une bataille, cette situation eut l’avantage de me coller au pied du mur. Pour le meilleur ou le pire ? Nous verrons bien. Je l’observe à cet instant, calmement. Quelque chose me… dérange. Comme un poil sur la langue. Ce n’est rien de particulièrement grave mais il faut l’avouer… Ce n’est pas plaisant. Sa seconde tirade, son ton et son allure finirent par me suffire pour poser le doigt dessus. Cet air résigné. Doucement, je finis par monter une main jusqu’à mon menton, me massant le cuir sobrement. Finalement, ne parvenant pas à contenir ma pensée, je me permets de reprendre, après l’avoir bien sûr laissée finir. Après tout, je n’aurais aucun intérêt à la couper. Cela dit, mon ton était plus fort et bien que je parlais pas beaucoup plus haut qu'elle, ma voix résonnait de la simple droiture honnête d'un guerrier... Celle ci, cela dit peut être, agrémentée d'une pointe réelle de curiosité.

-Vous ne voulez pas de cette guerre. Je me trompe ? Aucun être ne devait porter un air si bas. Et je ne parle pas de stupidités telles que des rangs ou des titres. Aucun être, quel qu’il soit. On peut montrer de la tristesse, de la peine, de la douleur… Les assumer fièrement. Mais se montrer abaissé, résigné et de fait, ainsi affaibli…

Je secoue finement la tête, comme pour lui démontrer du fond de ma pensée. Ironiquement, c’est en cet instant précis que je dois me montrer le plus respectueux. Si elle avait été capable de se montrer ainsi, je doute que ce soit par faiblesse. L’on n’est pas réellement résigné par faiblesse. Si l’on se résigne, c’est qu’on estime ne plus pouvoir se battre, après tout.

-Aussi faible que vous puissiez être. Ne manquez jamais de montrer les crocs. J’ai vu des loups garous, ceux que vous chérissez tant. Ceux-ci, même en comprenant leur faiblesse… même seuls et acculés, ne manquent jamais de les montrer. C’est indirectement ce que vous avez accompli toute à l’heure, dans la salle, en me faisant face. Je sais que vous en êtes consciente.

Je laisse un silence, marquant une pause sans doute bienvenue. Mon ton se montrant dur sans doutes plus dur que souhaité. Je ne semble pourtant pas vouloir lui faire de quelconque morale. En fait, je semble simplement être ce que je suis depuis mon arrivée : Franc. Je n’aime pas que l’on se résigne.

-Pour vous répondre…

Je tourne silencieusement le nez vers l’extérieur, inspirant longuement, comme me jaugeant moi-même pour pouvoir répondre à cette question le plus précisément possible.

-J’ai mesuré ma force aux grands loups. Aux ours. A mes pairs, autant d’un côté que de l’autre. J’ai mesuré ma volonté à toutes celles que j’ai rencontrées. Jusqu’à apprendre à mieux causer pour mon arrivée en ces terres. Alors oui, si un jour un dragon en arrivait à me faire face, je tâcherais de le pourfendre. Comme les autres. Non pas par courage, honneur ou désir stupide. Ni même quelconque ambition.

Je secoue finement la tête, comme plus tôt, dans un rythme plus lent. Avant de sourire plus franchement.

-Simplement car je sais qu’à y parvenir, je pourrais me vanter d’être le meilleur guerrier connu. Je ne connais que ça. Et ça me convient. Ici, vous parlez d’honneur. Mais l’honneur n’est rien de plus qu’un mot pour vanter des mérites inexistants. Vos hommes « d’honneur » regardent leur « dame » dans leur dos. Et je suis prêt à parier que ce n’est pas leur pire bassesse. Est-ce là le fier honneur dont on m’a rabâché les oreilles ? J’en ai vu bien plus au véritable nord. De l’honneur. Dans ce cas.

Nouvelle pause. Comme pour lui laisser le temps d’appréhender et de calculer mes mots. Le fait même qu’elle s’abaisse ainsi en privé à me demander mon aide plus qu’à m’embaucher réellement démontre bien d’à quel point j’ai raison. Je n’ai pas besoin de chercher beaucoup plus loin. On commet tous des erreurs. J’en ai commis de nombreuses. Quel honneur justifie t-il qu’on écrase celui d’un autre avant qu’il ai pu s’en racheter ? Si tel est l’honneur, je continuerai volontiers de m’en garder. Mon regard revient se planter dans le sien. Je ne cherches ni à la ménager, ni à la traiter avec quelconque égard. Je continue de la considérer pour ce qu’elle est : Une femme. Avec des titres, certes. Mais des titres… Avant de vouloir se placer au dessus des autres, que ce soit par naissance ou non… encore faut-il démontrer en avoir les épaules. Se résigner, ce n’est pas digne d’un sang se voulant fort.

- Alors, finalement, que désirez-vous ?


Ma question ramène au début, à mes premières tirades de cette longue lignée. J’ai beaucoup parlé. J’ai été franc. Il me semble normal, d’un homme à une femme, d’en demander simplement autant. Non ?
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Ashara Stark
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■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Jeu 29 Mar 2018 - 10:55

La voix de l'homme était à la hauteur de sa carrure. Forte et dénuée de délicatesse. A travers les murs de bois et de pierre, elle résonnait drôlement. Gudbjoern était un guerrier et peu lui importait les messes basses et les chuchotements. Il voulait du concret, il voulait du vrai et de l’honnêteté.
Elle ne l'aurait jamais cru si on le lui avait conté. Malgré tous les beaux discours qu'elle avait pu lui faire, il voyait en elle ce que personne d'autre ne pouvait car il n'était pas aveuglé par ces histoires d'honneur et de titres. Le mercenaire se souciait d'Ashara en tant qu'humain, pas de la robe qu'elle portait. A travers les mots qu'elle avait prononcé ou peut-être de son attitude, il l'avait percé à jour.
La surprise apparut sur les traits fins de la jeune femme, puis un léger sourire étira ses lèvres rosées.
On ne pouvait duper le chasseur, celui pour qui l'intuition prévalait sur les apparences.
En effet, elle ne souhaitait pas cette Guerre, comme beaucoup. Comment pouvait-on souhaiter un événement qui dévasterait tout ce que l'on chérissait ?

Il ne mâcha pas ses mots, s'exprimant avec la même honnêteté qu'il lui réclamait. Aussi durs qu'elles parurent, ses paroles n'en furent pas moins dénuées d’intérêt. Il voyait juste. Ashara était résignée et épuisée. Elle avait peur et cette peur la rendait faible.
Peur pour les siens, peur pour son château, peur pour tout sauf elle. Elle savait déjà comment elle mourrait.
Le colosse s'y alla pas de mains mortes, lui offrant même un discours moralisateur sur sa manière de se comporter et sur ce qu'elle devrait faire plutôt que de plier. Il la complimenta aussi, pour son attitude dans la salle commune. Elle jugea l'ensemble relativement ridicule toutefois. Tout autre Dame aurait rabroué le malotrus, l'aurait expédié à la porte pour oser tenir de tels propos. Pas Ashara.
Sa fantaisie peut-être ou sa naïveté laissait parler l'homme, écoutait ses dires, les analysait avec amusement et sagesse.
Gudbjoern avait raison sur certains points, peut-être manquait-il de profondeur sur d'autres. Auquel cas, elle n'aurait jamais songé pouvoir tenir une telle discussion avec un simple mercenaire. L'expérience des lames lui donnait également l'expérience des situations et des vertus qui y étaient propres.

Elle sourit à nouveau lorsqu'il parlât de se vanter de ses trophées de chasse. Était-ce tout ce qui intéressait l'homme ? Pouvoir se vanter de mérites et d'accomplissements stupéfiants ?
C'était d'une simplicité à pleurer.

- Vous avez raison, concéda-t-elle en hochant la tête. Je ne veux pas de cette Guerre. Comment pourrais-je la vouloir en sachant qu'elle est perdue d'avance ?

Un nouveau sourire s'imprima sur ses lèvres et elle haussa les épaules.

- Et vous avez encore raison, les loups-garous montrent les crocs, même seuls et acculés. C'est leur peur qui parle. Moi aussi j'ai peur, mais cette peur ne me rend pas agressive, elle me rend juste….triste et désœuvrée. C'est une faiblesse que je ne puis ignorer.

Une faiblesse qu'elle ne pouvait transformer en force. Elle n'avait pas les moyens d'être forte. Si elle avait pu l'être, alors elle ne se serrait pas marié en secret avec Edric, elle aurait abandonné leur relation dès que le vent avait tourné, si elle avait pu l'être, elle se serait enfuie depuis longtemps de Winterfell, aurait traversé la mer pour rejoindre Accalmie, si elle avait pu l'être, elle aurait tenu tête à Jorah le jour où il avait décidé d’expédier Freyja aux Eyriés.
Toute sa vie se résumait à cela : ses faiblesses qui la plaçaient aujourd'hui dans ce bourbier sans nom.

Son regard se porta à nouveau sur les hommes en contrebas qui s’entraînaient. Le bruit des lames qui s'entrechoquaient résonnait dans la cours et les ahanements laissaient s'envoler des éclats de rires parfois ou des insultes pour laisser la rage s'exprimer.
Dans ce jeux d'apparence où chacun se montrait sous son meilleur jour pour impressionner l'autre, elle n'avait pas sa place et ne l'aurait jamais.
Alors que désirait-elle au fond ?

Elle se tourna vers le colosse pour répondre à sa dernière question. Son regard s'était décidé et avec une sincérité désarmante, elle lui lança :

- Je veux que vous soyez mes bras afin de pouvoir protéger ce qui m'est cher. Je vous paierais évidemment, et vous nourrirais. Et…

Son regard détailla ses vêtements en peaux de bêtes, sa barbe qui n'avait certainement jamais été taillée, son allure globale de sauvageon et de barbare. D'un geste vague de la main, elle ajouta :

- Et je vous habillerais aussi, si vous le souhaitez.

Devant l'étrangeté de la proposition, elle laissa éclater un rire timide mais franc. Son sourire s'évanouit presque aussi vite, lorsqu'elle se rendit compte de la grossièreté de ce qu'elle sous-entendait. Il pouvait la faire passer par dessus la rambarde si elle lui déplaisait, pourquoi n'était-elle pas effrayée ?

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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Sam 31 Mar 2018 - 3:24

Bon, j’admets que j’aurais parfaitement compris qu’elle s’emporte et me fasse « gentiment » escorter à l’extérieur par ses gens. Je ne pense pas m’être montré particulièrement irrespectueux où rabaissant. En fait, mes termes visaient peut être plus à l’encouragement qu’à la critique. Mais avoir appris à causer et savoir comment qu’on cause correctement, vous conviendrez, ce n’est pas la même chose. Mêlez ça à ma manie de m’emporter en longues tirades bien franches et…. Ma foi, je ne peux que comprendre la surprise qu’elle témoigne. Comment juger ? Je suis né pour être abandonné et j’ai grandi en devant apprendre à me débrouiller seul dans un monde ou la moindre bestiole est capable de vous arracher le crâne d’un coup de quenottes. La force, la capacité à avancer et à broyer les obstacles… c’est devenu quelque chose d’aussi naturel que le simple fait de respirer. C’est la vie, c’est ainsi que j’ai appris à l’appréhender. Je ne suis pas une jeune femme issue de derrière de grands murs avec comme seule connaissance de l’aventure et du combat la vision des siens s’en allant. Et bien que j’exagère peut être un peu, je ne pense pas tomber si loin de la vérité. Elle est instruite, je suis expérimenté. Dans des domaines différents, cela dit. Si on gage de comment gérer un peuple cloitré derrière des murs… là, je m’incline. Cela dit, je sais combattre, chasser, me nourrir, tailler tant le bois que la roche. Créer des outils et des armes. Je sais comment faire tomber une forteresse. Il m’est déjà arrivé d’attaquer des anciens forts, de l’époque des premiers hommes. Je suis, lâché en pleine nature et dans des situations dangereuses… chez moi. Mais elle n’est pas risible pour autant. Ce n’est qu’en arrivant face au danger que l’on finit par réellement démontrer ce que nous sommes. Certains vendent les leurs. Certains, forts, s’avèrent en réalité incapables de combattre et préfèrent fuir. D’autres, faibles, voient le courage les gagner pour parvenir à faire ce qu’ils doivent. D’autres crèvent simplement la gueule ouverte, incapables. Le danger, la difficulté, la douleur. Voilà des choses qui forgent. On ne grandit pas derrière d’épais murs de pierre et personne n’est semblable. Se perdre en longs discours moralisateurs n’apporte rien. Jamais. Mes mots vont peut être vous sembler durs, mais n’importe quel dresseur vous le dira. Si vous mettez le nez de votre bête dans la merde qu’il à causé, il comprendra la leçon et ne recommencera pas. L’humain n’est pas plus bête que ces bêtes. Mais est-il forcément plus malin ? L’humain est prétentieux et fier. Rares sont les exceptions. Pourquoi me perdre dans de telles pensées ? Ma foi, je ne fais pas exception. Moi-même je commets nombre d’erreurs et oui, je viens de me rendre compte que je viens d’en commettre une. Elle n’a pas besoin d’être lue et encouragée par un mercenaire. Elle à besoin d’aide. Ni plus ni moins. Jusqu’à ce qu’elle soit capable d’ouvrir les yeux et de comprendre. De comprendre réellement. Ses mots me tirent donc de mes pensées et elle semble se satisfaire à confirmer mes pensées. D’ailleurs, ces deux premières tirades suffirent à me démontrer à quel point je me suis trompé. Elle est forte. Hommes de confiance ou non, je suis certain que les fiers hommes de confiance du nord auraient réagi contre moi si mes mots leur avaient été entendus. Elle, pourtant, s’est contentée de me répondre humblement. D’accepter mes mots et de m’écouter. Même ce sourire n’était pas une preuve de quelconque faiblesse. Enfin, là-dessus, je ne l’ai pas jugée, donc je ne peux pas me permettre de le tourner ainsi. Je me suis trompé dans mes tournures et l’offre de mes pensées.

Le retour de son offre, cependant, fut différent. Offert plus sincèrement, de façon plus… vivante et volontaire. Je pouvais sentir au travers de ses mots non plus ses craintes et sa faiblesse, mais sa volonté de protéger ce qui l’importe. Son désir de tenter quelque chose malgré tout. Ce genre de sentiments, je les connais que trop bien. L’envie de savoir qu’on peut apposer ses espoirs sur quelque chose de solide. Un fin sourire étire mes lèvres. Finalement, là ou mes pensées précédentes pouvaient commencer à se perdre en doutes, là ou je me demandais si je l’avais froissée… il s’avère qu’au contraire, elle à réussi, visiblement, à lire entre les lignes. J’hoche doucement, venant tranquillement déloger l’immense lame de mon dos pour en apposer la pointe sur le sol dans un fin fracas d’acier, venant apposer mes mains sur le manche de celle-ci pour répondre, d’un ton sur le coup si neutre qu’il aurait sans doute été dur à traduire. Enfin… il en aurait été ainsi. Si sa dernière tirade ne m’aurait pas arraché une paire d’yeux ronds. Si je pouvais m’attendre à beaucoup de choses, j’avoue que l’idée d’une telle proposition ne pouvait que me prêter à rire. Je ne l’aurais pas vue, quelque part, capable de m’offrir des mots si… désinvoltes. Il faut croire que mon propre comportement finit par la contaminer. Cependant, je note le départ d’un rire bienvenu. Peut être était-il partiellement nerveux, mais il semblait franc. Et ça, finalement, je n’avais absolument rien à en redire. Finalement, mes propres traits qui jusque là étaient probablement encore relativement durcis par le sérieux de la conversation. Qui s’étaient finement tordus dans une grimace de sourire… Finirent par se dérider pour de bon eux aussi avant de l’accompagner dans un fin ricanement de gorge non moins franc. Pourquoi devrais-je mal le prendre ? Là ou les seigneurs du coin se cachent sous quelques peaux, aucun doute que je dois demeurer en record du genre. Sans parler de ma barbe. Mon sang de géant comporte nombre d’effets secondaires. La barbe en est un constant. Ça repousse relativement vite et c’est réellement dru. Fourrageux. Une épaisse barbe massive. Une fois l’élan calmé, je me contente simplement de tapoter un coup de la lame au sol avant de reprendre.

-C’est déjà mieux.

Mon ton franc sonne, visiblement satisfait. Ma façon de parler naturellement dure et crue malgré mes tournures que je m’efforce de travailler pourraient peut être même s’adoucir sur l’instant.

-Comment présente ton son accord dans ces terres du sud ?

Conclus-je, curieux. Après tout, j’ai beau avoir appris à causer, il est évident que j’ai encore des lacunes tant dans la façon de me présenter que dans les détails à régler. Ma réponse semble cela dit bien assez claire pour qu’elle puisse la comprendre sans l’ombre d’un seul doute.

-Cela dit, la prochaine fois que vous sous-entendrez que mes peaux ne sont pas à votre gout, je pourrais me vexer.

Devant le ridicule de tels mots, comme si ça ne suffisait pas, je ne peux m’empêcher de lui céder un sourire nigaud. Comme pour tenter de prolonger l’atmosphère dans cette ambiance plus détendue. Pour ce qui est de la valeur qu’elle pourra démontrer à l’avenir : Laissons les épreuves arriver. Laissons le temps à ses possibles erreurs de briller et de l’aiguiller. Laissons là se faire forger, elle aussi, par les difficultés. Je ne la connait pas assez pour me permettre d’émettre un quelconque avis. Parler de ce qu’on voit est compliqué. Il serait stupide que je gâche cette chance pour des avis hâtifs. Je n’ai rien contre elle. Aucune raison que ça change. Mon rôle n'est ni la complexité ni l'encouragement. Je suis un mercenaire. Mon rôle est dans la présence et la violence. Ce que je peux être de plus, ce n'est pas à moi de le décider. Plus maintenant que j'obtiens mon premier contrat, finalement.

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Ashara Stark
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MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Dim 1 Avr 2018 - 8:59

Le géant semblait réceptif à ses paroles et cela la rassura. Un peu. Elle ne pouvait nier être toujours légèrement effrayée par la présence du sauvageon. A voir la taille de ses bras et de ses mains, elle ne pesait clairement pas beaucoup dans la balance. De toutes les manières, Ashara savait à peine manier une couteau. Il suffisait de tenir le manche et de planter n'est-ce pas ? Elle ne l'avait encore jamais expérimenté.
Gudbjoern en revanche paraissait à l'aise avec les armes, elle ne s'en étonna pas. L'homme était un mercenaire et lorsqu'il détacha son immense lame de son dos pour la poser, pointe contre le sol, elle dut se retenir d'effectuer un pas de côté. La stupeur devait se lire sur ses traits qui tournèrent cependant assez vite à la fascination. Pouvait-il réellement manier pareille arme ? Elle semblait peser plus lourd qu'elle-même.
La ligne du métal appela son regard, le brillant du tranchant tout autant. Elle observa du coin de l'oeil le matériel de l'homme sans oser imaginer que le métal avait déjà tranché, découpé, broyé bien des chairs.
Un frisson la parcourut et elle se força à ne plus y songer et à se contenter de se dire, qu'au moins Cathan serait en sécurité.

Aux yeux ronds qu'il lui fit, elle manqua d'éclater de rire. Ça alors, le géant était capable d'être surprit et de sourire aussi face à un peu de fantaisie. Ashara s'en sentit soulagée et réfléchit un instant sur ses propos engageants. Il acceptait un accord et lui demandait comment le rendre officiel. Elle s'interrogea un moment, le regard levé vers le ciel en une moue naïve. Devait-on rendre officiel un accord passé avec un mercenaire ? Elle n'en avait pas la moindre idée. Une forme de contrat devait-être possible mais le géant savait-il lire ? De cela aussi elle n'était pas certaine.
Le trait d'humour la tira de ses pensées et elle hésita un instant. Etait-ce vraiment de l'humour ou bien une mise en garde ?
Elle le jaugea du regard et face au sourire qu'il affichait, comprit immédiatement qu'il plaisantait.

- Et bien, je suppose que puisque notre alliance est peu commune, notre forme d'accord le sera tout autant ?

Un nouveau sourire étira ses lèvres alors qu'elle lui tendait la main. Une main si petite et si pâle mais qui portait tant de choses depuis trop longtemps. Pourtant, elle restait droite et ne tremblait pas. Fidèle à elle-même et à ses procédés de franchise, elle ne souhaitait rien cacher.

- La parole peut-être reprise ou échangée, le vélin peut-être brûlé ou déchiré...commença-t-elle en levant son visage dans sa direction. Le contact lui reste un souvenir immuable dans notre mémoire. Il ne ment jamais.

Même après tout ce temps, son corps se souvenait encore d'Edric. Parfois il la torturait en lui faisant se souvenir de la douceur de ses baisers et de la passion de leurs étreintes. Bien que peu nombreuses, ces dernières étaient inscrites dans les chairs de la louve, trop profondément gravées, comme des empreintes indélébiles. Si certains mots avaient été oubliés avec le temps, les sensations que son corps avait éprouvé étaient toujours présentes.

- Qu'en dites-vous ? Le relança-t-elle pour éviter de se plonger dans de douloureux souvenirs.

C'était la meilleure forme d'accord à ses yeux. Aujourd'hui elle le prenait comme ses bras et ses jambes, le traiterait comme tel. Demain, lorsque la Guerre serait à leurs pieds, elle souhaitait simplement qu'il demeure fidèle à son engagement et les protège, Cathan et elle de ce qui pourrait advenir. Les dangers seraient nombreux mais l'engagement de Gudbjoern en éloignait certains. Aucun homme ne pourrait les approcher avec un tel garde à leurs côtés.
Et cette simple idée soulageait Ashara à moitié. Une inquiétude de moins à porter, un pas de plus vers une victoire personnelle dont elle pourrait se souvenir dans les heures les plus sombres. Elle, Ashara Stark avait engagé un géant du Nord pour la servir dans la Guerre qui couvait. Sans l'accord de personne elle avait décidé de se lier avec ce parfait inconnu, un risque inconsidéré diraient certains, un courage aveugle diraient d'autres.
Pour elle en revanche, cela ne restait qu'une nécéssité.

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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Dim 1 Avr 2018 - 15:36

Si ma question fut posée, elle eut surtout pour utilité de lui transmettre ma réponse, pas nécessairement de déclencher en elle un questionnement réel. La réaction présente à moins l’avantage de me vendre un de ses traits de caractère : Elle est sérieuse. Bien plus que pourrait le faire croire le regard de ses hommes. Je l’observe donc, paisiblement, sans perdre un fin sourire. Il serait dommage de l’inquiéter outre raison. Après tout, quoi qu’on en dise, j’ai bien remarqué qu’elle semblait encore s’inquiéter de mes gestes et de mes réactions. Comment la blâmer, l’instinct suffit à l’humain le plus stable pour comprendre le danger. Peut être mon sang suffit-il à en imposer le sens ? Non… Le sang, ça ne se sent pas. Ça ne se ressent pas non plus. On parle simplement d’une jeune femme face à un colosse. N’importe qui de sensé en aurait des frissons. Surtout qu’elle à du comprendre ce que je suis. Jusque là, je ne m’en suis pas vraiment caché. Finalement, une question en vient à me trotter : Le fait qu’elle passe au dessus dépend d’une appréciation ou simplement du désespoir de n’avoir aucune autre solution ? Mah… qu’importe. Le travail est là, je ne vais pas chipoter. C’est à moi de commencer ici la création de ma réputation. Peu en importe les raisons, une opportunité reste une opportunité. Et puis, rien que pour le plaisir de foutre quelques torgnoles, franchement, l’opportunité me plait. C’est là qu’un détail m’apparait, comme une révélation. Elle à parlé d’une enfant, non ? Un fin soupir traverse mes lèvres. Est-ce là donc ce qui taraude ces fiers gens du nord ? Un enfant illégitime ? Cette pensée, je la chasse sans attendre. Après tout, si un jour elle souhaite me mettre au parfum, je m’en soucierai plus en avant. Pour l’instant, ça ne reste qu’une théorie qui attendra fondement. Elle semble finalement en arriver à une finalité, tendant simplement sa main dans ma direction avant de s’expliquer. L’image de cette petite main tendue dans ma direction ne manquera sans doute jamais de m’arracher un sourire amusé, même lors des moments les plus froids. De fait, je ne peux que comprendre ou elle veut en venir. D’un geste, je ramène l’acier dans mon dos, resserrant les attaches le maintenant avant de ramener ma main vers la sienne pour engager le contact. Sans trop de poigne, la contenant, je me présente tout de même à sa main de façon dure, trahissant au travers de mes grands doigts calleux mon habitude de l’épée. Ce n’est en rien une poignée de main que je lui offre, cependant. Venant simplement sous-peser la sienne, comme pour lui éviter la crainte de la voir endolorie.

-ça me semble effectivement parfait. Un trait d’esprit que je ne peux que saluer. En tant que guerrier, tout contact demeure important. C’est même l’aspect primordial de mes tâches, si je peux dire.

Le truc que je ne précise pas, c’est que dans tout ça, les contacts amicaux se font rares, surtout dans des terres si libres que combattre demeure l’une des principales structures. Je ne parle pas bien sûr des femmes qui finissent dans les lits. Ça, il y en à partout. Cela dit, une simple poignée de main demeure importante et lourde de sens. C’est un fait.

-Mon rôle sera donc de veiller à ce que vous et votre enfant ne courriez aucun danger, le tout en tâchant de demeurer présentable, histoire de ne pas trop inquiéter vos gens. Ça ne me semble pas si compliqué. Quel âge à votre enfant ?


La question est en réalité calculée et utile. Un enfant plus jeune sera facile à trimballer et ne risque pas de bouder des décisions pouvant être prises pour sa sécurité. L’adolescence… en revanche, quelle plaie que voici.

-Paiement et nourriture, donc. Plus un rasage de près et quelques vêtements, si je comprends Bien. Je ne suis que peu friand de maille et de plates. Tant que l’on ne me sert rien de ce ton, je pense que je saurais m’adapter. Pas de couleurs non plus, rien de plus effrayant qu’un rêtre imprévisible.


Ne connaissant ni ses idées ni ses connaissances sur le domaine, je me contente de lui partager ma simple logique, demeurant aussi simple que respectueux. Par reflexe, je porte la main à ma barbe, me massant le cuir sobrement. Je déduis à cette tâche que je ne devrais jamais être loin de la femme et de son enfant. Dur de veiller sur eux sinon. J’espère ne pas être trop relégué au rang de gardien de portes. Ce sans quoi la note d’alcool risque d’être salée.

-Si vous me permettez, je profiterai de mon temps ici pour me familiariser avec les gens et les mœurs. L’entrainement et les talents. J’ai beaucoup de choses à apprendre. Pas tous ne seront aussi ouverts que vous à ce que je suis.


« et vous ne savez pas tout », conclus-je simplement en mon for intérieur. Nul besoin de l’affoler avec des histoires de sang de géant là ou ma carrure suffit amplement. C’est un détail que j’aimerais garder secret. Non pas par crainte, mais par force. Force est de constater que si on peut redouter ma force, le danger réel se situe dans le simple fait de se demander à quel point je le suis.

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Ashara Stark
NORD
■ Localisation : Winterfell, Terre du Nord
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Mar 3 Avr 2018 - 9:47

Sans répondre, le mercenaire replaça sa lame dans son dos. Comme à chaque fois qu'il la manipulait, Ashara réprimât un frisson de terreur à simplement imaginer les dégâts qu'une telle arme pourrait causer sur un corps d'homme. Elle se borna à sourire, comme si elle pouvait passer au-delà de la peur qu'il lui inspirait instinctivement. Après avoir rattaché ses sangles, il tendit à son tour son bras et sa large paume engloba la poigne d'Ashara.
Il ne serra pas particulièrement, comme s'il craignait de la blessé et elle fut surprise de cette considération. Pour autant, sa menotte sembla disparaître entièrement sous les chairs rudes du géant et la Louve songea qu'avec de telles mains il pourrait aisément lui broyer la tête sans trop forcer. L'image lui donna la nausée et au fond d'elle, une petite voix innocente la mettait en garde. Cette alliance pouvait se retourner contre elle, à qui offrirait plus.
Elle n'avait pas grand-chose en dehors de sa volonté profonde de sauver ce qui pouvait encore l'être.
L'argent qu'elle lui fournirait serait de l'argent volé à son frère aîné. Une honte qu'elle assumait car elle la trouvait nécessaire. Si Jorah ne voulait pas protéger les siens, alors elle le ferait avec tous les moyens à sa portée.

A son geste, Gudbjoern joint des paroles. Elle les comprend très bien et l'espace d'un instant, semble même rassurée que tous deux soient sur la même longueur d'ondes.
Elle récupéra sa main, alors que le mercenaire récapitulait les divers éléments du contrat. A chacun de ses propos, elle hochait la tête pour lui indiquer son accord.

- Sept années, répondit-elle. Vous rencontrerez Cathan...demain.

Aujourd'hui il était encore trop tôt. Sa fille, comme elle à son âge était de nature secrète et solitaire. Qui savait ce que dans son imagination elle inventerait en voyant le géant ? Qui savait ce qu'elle imaginait en pensant à son père ? Car si l'enfant ne l'avait jamais vu, Ashara lui en avait souvent parlé. Elle le faisait toujours, lui contant les exploits d'Edric, enfin, ceux qui ne mettaient pas en péril l'admiration que la fillette pourrait avoir à son égard. Edric devait rester le père aimé dans l'incapacité de rejoindre sa famille. Ashara voulait croire que lui aussi souffrait de leur absence, même si plus le temps passait, plus ses espoirs s'amenuisaient.
Cathan ne devait pas cesser d'espérer.

La suite du récapitulatif fit sourire la louve. Des couleurs dans le Nord ? Elle observa sa longue robe sombre, puis balaya la cours du regard. Noir, brun, gris, dans cet étrange camaïeu foncé, il n'y avait nulle couleur pour égayer le rude quotidien des Nordiens.

- Nous sommes dans le Nord, lui lança-t-elle en souriant. La couleur n'a aucune intérêt. En outre, je parlais de vêtements et non pas d'armure. Nous traversons un long Été, j'ai pensé que vos peaux vous encombreraient mais vous êtes libre de combattre avec ce que vous souhaiterez. Je me charge de faire en sorte que vous puissiez vous entraîner, en revanche, je vous serais grée de ne blesser personne. La Guerre est proche, nous avons besoin de chaque bras valide.

Elle doutait fortement que ce genre de lame puisse être à l'origine de petites entailles. Entre la force de Gudbjoern et son arme, il était plus facile de perdre le bras à défaut de la vie.
S'il ne créait pas d'esclandre alors tout irait pour le mieux.

- Si on vous le demande, vous n'avez qu'à dire que vous êtes à mon service. Et si vous avez besoin de me parler, je suis souvent dans les bois sacrés.

Une nécessité vitale. Les Anciens Dieux lui parlaient mais elle ne comprenait toujours pas leurs propos. Ces derniers temps plus que jamais, elle profitait de longues promenades, touchait les écorces et écoutait attentivement le murmure des feuilles. Cet havre de paix disparaîtrait peut-être un jour et elle ne pouvait se résoudre à l'abandonner. Plus que jamais, elle ressentait les vibrations que la nature lui soufflait, la pressant de trouver une solution et pour la première fois depuis longtemps, elle se demanda si Gudbjoern n'était pas justement un présent, placé sur son chemin pour assouvir un destin plus grand.
Malgré sa peur et son appréhension, elle avait conclu un accord avec lui, de manière plutôt efficace et naturelle. Le sauvageon était à l'écoute, lié certainement pas les Anciens Dieux. Il pouvait être la clé, il pouvait être la solution.

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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]   Mer 4 Avr 2018 - 20:37

C’est amusant de pouvoir ainsi lire une personne comme si elle n’était qu’un livre ouvert. D’autant plus quand on n’a jamais réellement pris la peine d’apprendre l’art des lettres. C’est un peu comme rencontrer la circonstance de faire ce que l’on ignore. Mais je crois que je m’égare un peu dans des détails sans réels intérêt. Il est normal d’être émotif et si je peux m’amuser de terrifier des ennemis… terrifier des alliés est bien moins drôle. Pratique, certes, mais peu drôle tout de même. Si j’aurais pu penser que le contact simple pourrait tenter de l’apaiser un peu quant à ses possibles craintes me concernant… je me souviens maintenant de ce qu’est un rêtre. Je me vante d’appartenir à une sorte des pires espèces. Mécréants vendant tout, jusqu’à leurs valeurs, pour un peu d’argent. Cette pensée m’arracha un fin sourire carnassier. Le genre de type facile à broyer. Premiers à broyer, d’ailleurs. Beaucoup en voient l’utilité et pensent les contrôler. Moi… Je leurs brise les jambes dès que l’occasion se présente. Je préfère encore combattre seul que si mal accompagné. Affronter beaucoup, seul… je connais. J’ai toujours combattu ainsi. Sans dire que je demeurerai toujours fidèle à mes employeurs. Il suffirait qu’un d’eux me prenne pour un con et je changerais volontiers de veste, mais je ne suis pas du genre à aimer revenir sur un accord. Une parole est une parole. On peut parler de fierté plus que d’honneur. Peu en place de la blâmer, je pris soin de garder le silence. C’est à elle de savoir quelle valeur elle pourrait vouloir accorder tant à ma présence qu’en mes capacités. Si je lui mâche les faits, elle n’apprendra rien.

Ainsi, son enfant avait sept ans. Une marmotte, femelle de marmot, donc. J’hoche brièvement à l’information, ne témoignant sur le coup d’aucune émotion. Tant qu’elle se montre obéissante au moment opportun, son âge ne me gênera en rien. Au contraire. A cet âge là, ils sont francs et taquins. Encore dignes d’intérêts. Pas besoin de les mâter. Un rempart d’innocence rare en ce monde et souvent bien trop fort peu bienvenue dans l’habitude qu’on les gens à venir briser ce dit rempart. Même une brute comme moi est capable d’en comprendre l’importance, pourtant. Sa tirade eut l’avantage dans tout ça de m’arracher un fin sourire amusé. Même si elle avait l’avantage de me faire passer pour un idiot, ce dont je ne pouvais en rien la blâmer. Après tout, je ne suis qu’un sauvageon, n’est-ce pas ? Réagissant comme à retour de taquinerie, je finit par reprendre :

-Quand on parles de couleurs, dans vos terres, ne parles t-on pas des emblèmes ? « Aborder les couleurs de son camp ». Cette tournure ne m’est pas inconnue. Je peux confondre, aussi. Ce n’est pas impossible.

Conclus-je en haussant finement les épaules. Aussi de façon à lui faire comprendre que ce n’était rien de bien grave ou d’important. Quel seigneur penserait à filer ses couleurs à un rêtre sans les circonstances adéquates, après tout ? Et même avec, d’ailleurs. Pour sa tirade suivante, je me contente d’hocher à nouveau.

-Je présume que ma tâche restera de veiller à vos arrières aussi souvent que faire se peux tout en veillant à ne pas prendre trop de votre espace. Je ne serais donc jamais loin. Si vous-même avez besoin de moi, il vous suffira de m’appeler.

Conclus-je calmement. Aucun doute qu’on se croisera bientôt dans les bois sacrés. Après tout, je crois moi-même en les anciens dieux. Si ils sont ici, il faudrait que j’ailles leur présenter mes hommages et les prier.

-ne vous en faites en faites en rien pour vos hommes. Je tacherai de ne pas trop les abimer.

Mon sourire pouvait sans mal trahir mon amusement et ma taquinerie sur le ton de ma tirade. Bien sûr, ce n’était là qu’une façon de lui faire subtilement comprendre que je n’étais ni gosse, ni si irréfléchi. Enfin, je dis ça, mais si l’un d’eux en venait à trop sévèrement me chercher des noises, je ne me gênerais en rien à le remettre à sa foutue place. Mais ça devrait aller. Je pense. Dans un fin sourire, à nouveau, je me contente de la saluer. Ses tournures semblaient me présenter la fin de la conversation et donc, de cette rencontre. Sachant ce qu’il me reste à faire… Pardi, je n’ai plus qu’à le faire, pas vrai ? Je me déloge donc d’un pas en arrière, comme pour vérifier qu’elle ne comptait effectivement rien ajouter, avant de m’écarter vraiment le cas échéant. N’ayant plus de questions pour l’instant, il était inutile de faire durer la conversation. Les circonstances répondront au reste. Déjà, voir si je devrais rester dans l’ombre ou réellement l’accompagner serait une bonne information. Mais jusque là, c’est elle qui décidera quand me mander. Et je ne suis pas devin. Cela dit, dans toute ma rudesse du grand nord, si elle me fait signe de rester, je resterai. Après tout, je peux très bien comprendre de travers et mon intuition peux s'avérer infondée. Morbleu, je ne suis pas parfait, hein !

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Morbleu, mais matez moi ce porc ! [Pv Ashara]

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