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 Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]

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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]   Mer 21 Mar 2018 - 16:28




So happy I could die
« Que… Qu’avez-vous dit ? » L’Araignée avait senti son cœur s’arrêter. Le battement régulier qui venait frapper sa poitrine s’était douloureusement suspendu, laissant son corps tout entier hors du temps qui s’écoulait autour d’elle. Avait-il réellement besoin de répéter ce qu’il venait de dire ? Le Seigneur Main se tenait derrière son bureau, l’observant avec attention. Convoquée par son nouveau seigneur et maître, Elinor était venue, prête à en découdre avec cet homme qui attendait des résultats qui ne venait pas. N’était-elle pas la première à plaindre de cette absence de réponse, de cette enquête qui stagnait tant la récompense qui attendait son succès lui était chère et précieuse ? Les lèvres pincées, elle était entrée dans ce bureau qu’elle connaissait si bien, commençant à exposer au seigneur Baratheon de mille et une manière la façon dont les choses se passaient sans pour autant offrir de réponse. Mais il l’avait stoppée, d’un geste de la main, lui assurant qu’il ne souhaitait guère s’entretenir avec elle à ce sujet. Son air grave avait terrifié l’Araignée qui avait alors compris que quelque chose se passait. Son sang s’était glacé tandis qu’elle attendait le verdict. il s’agit de votre époux. Ses doigts avaient trouvé le dossier de la chaise qui se trouvait face à Robb, se serrant dessus avec force, laissant les jointures de ses doigts blanchir. Sa respiration était devenue chaotique, terriblement incontrôlable car elle appréhendait la suite. Et alors, les mots étaient tombés. Ondrew va revenir à Port-Réal.

L’information avait brûlé son esprit, irradiant ses sens, la rendant sourde autant que muette, aveugle autant qu’incapable de sentir la moindre chose sur sa peau. Elle cilla, longuement, tandis que Robb répétait sa phrase, ajoutant des informations superficielles qui ne l’intéressaient nullement. Qu’importait le pourquoi et le comment. Il serait bientôt là. L’une de ses mains lâcha la chaise, se plaçant sur son ventre tandis que l’air revenait avec force dans son cœur. Ses jambes se faisaient vacillante et elle prit rapidement place dans le fauteuil, essayant de ne pas s’effondrer au sol. Son corps s’affaissa alors qu’elle expirait, avant de se redresser à chaque inspiration. La Main du Roi semblait l’observait avec une légère inquiétude tandis que la jeune femme contenait avec peine ses émotions. Son époux, son adoré, sa moitié, le seul être capable de la compléter serait bientôt à ses côtés. Ses bras pourraient se refermer sur lui avec cette tendresse passionnelle qui régnait entre eux. Relevant ses yeux noisette vers lui, elle s’était excusée, lui assurant qu’il pouvait poursuivre. Mais son cœur, lui, avait reprit son incessant tambourinement, accélérant sans peine pour atteindre la vitesse caractéristique des étoiles filantes.

La nouvelle était surprenante mais, de ce qu’elle comprit, Nymeria Martell avait été celle qui avait offert son salut au couple Piète. Renvoyant Ondrew à Port-Réal, le seigneur Cerf n’avait d’autre choix que de le laisser faire, assurant pourtant que la situation restait la même. La position du seigneur de Tumbletown n’était guère assurée et ce serait à Elinor de la sécuriser, sans quoi, ils n’étaient pas à l’abri de le voir à nouveau partir sur un autre bateau. Son esprit sombra de nouveau dans les ombres à ces dires, mais elle hocha la tête, le regard perçant, brillant de cette assurance dévastatrice qui assurait de loin que le lord de la maison Piète ne remettrait jamais les pieds sur un bateau à moins que ce ne soit en sa compagnie et parce qu’ils l’avaient choisi, ensemble. Sa respiration apaisée, les battements de son cœur maîtrisé, elle avait alors demandé quand son époux serait là, présent, à ses côtés. Nulle date ne pouvait être précise mais le seigneur Robart semblait penser qu’il ne s’agissait plus que de quelques jours. Elle n’aurait pas tant dû se contrôler, elle aurait probablement fondu en larmes. Quelques jours. Quelques heures. Une lourde poignée de secondes mais ils seraient réunis. Désireuse de voir le temps passer plus vite, Elinor s’était alors retirée, travailleuse acharnée, consciencieuse et déterminée à balayer tous les obstacles qui venaient assombrir ce tableau.

Quatre jours plus tard, la belle enfant du Bief travaillait d’arrache-pied dans ses appartements. Assise sur le sol, elle errait entre les nombreux documents, pour la plupart écrits de sa main. Il y avait des retranscriptions d’interrogatoire, des témoignages divers et variés, ainsi que quelques papiers qui essayaient, dans cet ensemble chaotique, de retracer le déroulement de cette sinistre journée. Pourquoi, qui, où, comment, quoi… Tous ces éléments lui manquaient. Tout ce qu’ils avaient, elle et Valyron, était ce cadavre. D’un entretien avec lady Rohanna, Elinor avait pu comprendre que le poison avait dû être ingéré par la dame d’Accalmie lors de ses préparatifs. Avec son aide, Elinor avait alors réussi à monter une liste de ceux qui étaient présents dans la pièce avec lady Rohanna, soit occupés à l’habiller, soit à la servir. Cela était certainement l’un de ces domestiques, bien qu’elle ignorât encore comment agir avec une telle information. Devait-elle tous les faire torturer un à un pour que l’un d’eux n’avoue son crime ? Quel était le rapport avec le cadavre retrouvé dans le port, si tant est qu’il pouvait y en avoir un ?

Tant d’interrogations qui demeuraient en suspens, qui ne trouvaient nulle réponse. Dans un nouveau soupir, la brune replaça une mèche de cheveux derrière son oreille. Elle portait une robe au tissu léger, lui permettant de supporter une nouvelle journée d’été, malgré les couleurs sombres du tissu. Ses bras, à la manière de bien des dames de sa région natale, étaient nus, le vêtement ne couvrant que ses épaules dans un drapé finement maîtrisé. Le bustier était brodé de ces étoiles qui ornent avec grâce le blason des Piète, pourtant reliées entre elle par de fin fils argentés, fils d’une araignée qui ne saurait s’ignorer. Ses longs cheveux dansaient dans son dos, cascade indomptable et pourtant brillante et soyeuse. Pendu à son cou, toujours, un précieux médaillon d’argent rappelant à tous la merveilleuse tisseuse de toiles qu’elle était, autant que son amitié avec le maître des Chuchoteurs.

Trois coups distincts heurtèrent la porte. N’eut-elle pas le temps de se redresser qu’un garde de la maison Baratheon avait fait son entrée. « Si c’est pour m’informer que la servante de Rohanna est sortie au marché, vous pouvez passer votre chemin, je suis déjà informée et le maître des Chuchoteurs s’est déjà chargé de la faire suivre. » Symbole d’une coopération parfaite entre les maîtres des ombres, elle n’hésitait pas à faire passer des mots à toute heure du jour et de la nuit à son ami, lui rapportant ce qu’elle constatait, ce qu’elle remarquait… Ce qui pouvait faire la différence. Replongeant son nez dans ses documents, elle constata bien assez vite que le garde n’avait pas bougé d’un pouce. Ne levant pas le regard, elle l’interrogea. « Eh bien ? Parlez, mon brave, ou sortez… » « Un navire est en vue, ma Dame… » Un navire ? En quoi un navire pouvait-il venir régler ses problèmes ? Etait-ce tant capital pour la déranger dans un moment aussi important ? « Eh bien quoi ? Porte-t-il les couleurs des Stark ou des Arryn pour que cela ne soit notifié ? » « Les Martell, ma Dame. »

Son souffle s’était coupé. Ses doigts s’étaient resserrés sur le document qu’elle tenait en main, froissant le parchemin sans aucune retenue. Ses yeux s’étaient écarquillés tandis qu’elle avait relevé la tête vers le soldat qui venait de lui annoncer la nouvelle la plus renversante de sa vie. Il y eu un temps d’arrêt. Un instant où le monde se figea autour d’elle, moment suspendu dans une rêverie utopique. Est-ce possible… ? » Jetant le papier sans faire attention, elle marcha sur d’autres, courant presque jusqu’à sa fenêtre. Elle avait cette chance de pouvoir admirer la mer, de pouvoir voire ce soleil rougir, la lune prendre le contrôle de la nuit, ainsi que les vagues venant de la baie s’écraser plus loin, derrière les remparts. Mais là, sur cet océan, cette infinité marine, elle le vit. La coque repoussait les flots, les défiant presque de venir la briser. Les voiles orangées étaient gonflées à tel point qu’il semblait possible qu’elles ne se craquent, ornées d’un soleil aussi rouge que le sang qui bouillonnait dans les veines de la jeune femme. « Ondrew… Murmure soufflé dans le vent, apportant son message, sa voix transparente de cette émotion sincère, jusqu’aux oreilles de celui qui voulait l’entendre. Ses yeux s’emplirent de larmes tandis qu’elle semblait incapable de se détacher de cette vision, de ce navire qui l’attirait à elle, telle une force ô combien plus grande que son propre désir.

« Le seigneur Baratheon tient à vous faire savoir que vous êtes chargée d’accueillir le seigneur Piète à Port-Réal. Il attend cependant que celui-ci ne se présente à lui plus tard dans l’après-midi. D’autres gardes attendent déjà sa venue sur le port. » Les larmes glissaient sur ses joues, déjà, alors qu’elle comprenait le geste de la Main. Pourtant, déjà, ses pieds, ses jambes, son corps se mit à bouger. Tout en traversant la chambre d’un pas vif, elle parla d’une voix plus aiguë que l’ordinaire. « Veuillez remercier le seigneur Baratheon pour moi… » Et elle s’envola. Laissant là ses appartements dans cet état, elle sentit son cœur lui offrir le rythme nécessaire pour que ses jambes le suivent. Un pas après l’autre, sa marche s’accéléra, devenant une course effrénée, la portant bien au-delà de ce qu’elle se pensait capable. L’Amour n’a nulle barrière. L’Amour vous donne des ailes. Le couple Piète en était l’image même. L’Araignée semblait glisser sur le sol, traversant le Donjon Rouge en esquivant les nobles gens qui l’observaient avec curiosité, murmurant à nouveau sur son passage. Qu’importe les ragots. Qu’importe les paroles. Son cœur écrasait tout cela sur son passage. Les larmes glissaient toujours autant sur ses joues tandis que son souffle se faisait de plus en plus court, forcé par l’effort.

Il ne lui avait fallu que quelques minutes pour rejoindre le port de la Capitale, non loin du Donjon Rouge. Mais ces minutes étaient les plus longues de sa vie toute entière. Retrouvant aisément les gardes drapés du Cerf noir sur fond jaune, elle se plaça à leurs côtés, hors d’haleine. Son cœur, lui souhaitait quitter son corps, attiré au-delà des quelques mètres qui la séparait de ce navire, traversant les eaux pour chercher son jumeau. « Plus vite… Par les Sept, plus vite… » Les dents serrés, elle pesta de cette lenteur, de cet instant qui n’en finissait plus. Devait-elle nager jusqu’à lui pour le retrouver ? Elle n’était que piètre nageuse et pourtant, elle n’hésitait que peu devant la tâche. Pourtant, elle attendit. Là, sur la berge, les yeux aux aguets, cherchant celui qui l’appelait par-delà les mers et les océans. Celui qu’elle aimait. Celui qu’elle ne saurait voir partir à nouveau sans mourir. Son époux.


© Belzébuth

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The dangerous black widow encases her victims with silk, and then kills with poison from her fangs.
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Ondrew Piète
COURONNE
MessageSujet: Re: Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]   Mer 21 Mar 2018 - 20:35




Home, Finally
Depuis la galère des Martell, Ondrew observait le Donjon Rouge qui grossissait à l’horizon, jusqu’à pouvoir maintenant apercevoir les longues bannières Targaryen qui volaient au gré du vent. La ville s’était visiblement bien remise du siège qui s’était déroulé là il y avait maintenant un peu plus d’un an, si bien que, vu de loin, rien ne semblait avoir changé. La Capitale des Sept Couronnes lui semblait pareille à la première fois où il y avait mis les pieds, prêt à être intronisé devant les représentants du Royaume comme la Main de Maegor Targaryen, premier du nom, désormais honni et uniquement gravé dans la mémoire de tous comme le Cruel, un tyran à nulle autre pareille, qui n’aurait plus sa place que dans les malédictions. Ils avaient raison, tous, Ondrew le savait, et pourtant ils n’avaient pas connu cet homme intelligent, charismatique, celui qui avait su, un jour, convaincre un seigneur du Bief qu’il ferait un grand Roi. Parfois, il arrivait au bieffois d’être nostalgique de cette époque, mais il se rappelait alors des tourments qu’il avait du subir pour l’avoir servi, de l’opprobre qui le marquait désormais pour avoir tenu son serment jusqu’au bout.

Sur le navire, les marins dorniens lui jetaient parfois des regards qui allaient de l’indifférence totale à une hostilité latente, ces derniers étaient sans doute les plus intelligents, ceux qui avaient compris que si leur maîtresse renvoyait le suppôt des Tarharyen chez lui, quelque chose de grave avait du arriver. Ondrew avait tenté de savoir quoi quand elle l’avait interrogé, mais comme toujours, les échanges avec Nymeria se faisaient souvent à sens unique. Elle posait les questions, il répondait. Leur dernier entretien avait été différent, cependant, dans le regard de la Princesse Régente il avait été facile de lire qu’elle cherchait l’excuse qu’il lui aurait fallu pour le mettre à mort, qu’elle attendait de lui qu’il lui révèle un crime dont elle seule connaissait la teneur. Quelque chose de grave était arrivé, oui, et Ondrew ne savait pas quoi, il ne tarderait cependant pas à l’apprendre. Mais là n’était pas sa première préoccupation, après tout il avait survécu à la colère des Martell, et elle l’avait simplement renvoyé, probablement sans se douter que ce faisant, elle exauçait sa plus grande envie. Enfin, il allait retrouver Elinor, même si ce ne serait peut-être que temporaire… Il pourrait la serrer dans ses bras, lui dire à quel point il l’aimait, la rassurer. Lui dire qu’elle était toujours dans son coeur, et qu’elle y resterait toujours, même si le nouveau pouvoir en place décidait de le renvoyer ailleurs.

Car tel était le risque d’un retour en avance, sans que le Roi ou son représentant ne l’aie rappelé ou n’aie décidé de lever le bannissement qui pesait sur ses épaules : si le retour d’Ondrew n’était en soi pas volontaire, il n’en restait pas moins qu’il ne devrait pas se trouver à Port-Réal. Et que la réaction des autorités pouvait se montrer sans appel, il en avait déjà fait les frais. La Main Déchue n’en était cependant pas à son coup d’essai en matière politique, et il s’était préparé à défendre sa cause auprès de quiconque serait chargé de décider de son sort. Il ne quitterait pas à nouveau Port-Réal sans se battre, il ne quitterait pas Elinor, cela il se l’était promis. L’expérience lui avait appris à craindre les confrontations avec ceux qui désormais étaient plus puissants que lui, tous ou presque hostiles à un homme qu’ils continuaient à voir comme un traitre peu importe les jugements ou les Dieux, mais craindre une chose et la fuir étaient deux choses différentes, et Ondrew ne fuyait pas. Jamais. Pas quand les enjeux étaient si grands. Robart Baratheon était Régent, avait-il appris à la Cour de Lancehélion, et serait probablement celui qu’il faudrait affronter pour son salut. Bien, les Baratheon étaient d’un naturel emporté, peu maîtres de leurs sentiments, et il avait récemment perdu ses enfants… Le faire plier, le convaincre qu’Ondrew pouvait être une aide inestimable ne devrait pas être si complexe.

Il fallut encore une bonne demi heure avant que le navire n’approche du port, sans y accoster. Nymeria avait été formelle sur ce point : aucun dornien ne devait plus poser le pied sur les terres Targaryen jusqu’à nouvel ordre, et comme toujours, ses sujets s’employaient à éxécuter ses instructions au mot près. Une barque fut mise à l’eau, et on lui indiqua d’y prendre place tandis que deux marins s’emparaient des rames de l’esquif. Levant les yeux vers le capitaine qui le dévisageait tandis qu’il embarquait, Ondrew le salua, ajoutant simplement :

« Veuillez remercier encore Son Altesse Sérénissime pour son accueil, j’espère que les bonnes relations entre nos Royaumes pourront être maintenues, malgré les circonstances... »

« Les relations de Dorne avec les Targaryen n’ont jamais été bonnes, seigneur Piète, pas depuis qu’ils se sont crus en droit d’envahir nos terres. La Paix, tout au plus, n’est que le calme avant la tempête. Mais je transmettrai vos mots à la Princesse Régente, si tant est qu’elle y trouve une quelconque importance. »

Alors que la barque était mise à flots, Ondrew soutint le regard du capitaine, se retenant de lui faire ravaler son effronterie, manque de manières typique de Dorne, comme il avait pu maintes fois s’en rendre compte. Mais il n’était plus l’homme de pouvoir qu’il avait un jour été, mieux valait rester silencieux, ne pas risquer d’empirer une situation déjà tendue qu’on pourrait ensuite lui reprocher pour mieux le renvoyer. Sans doute le Capitaine pensait-il qu’il aurait même du être reconnaissant qu’on ne le force pas à ramer lui-même… Le seigneur de Tumbleton préféra porter son regard sur la côte, où il pouvait déjà apercevoir un cortège de gardes portant les couleurs Baratheon attendant sur le quai, flanquant une autre silhouette. Ainsi, la Maison du Cerf avait une telle importance que la Main du Roi se permettait d’utiliser ses propres hommes pour les affaires officielles plutôt que des gardes attachés aux Targaryen… Toute information était bonne à prendre. Mais c’était celle qui les accompagnait qui retint son attention, d’abord parce que ses formes ne laissaient aucun doute sur le fait que c’était une femme, ce qui était plus qu’inhabituel pour accueillir un homme qui devait encore être vu comme un criminel, puis au fur et à mesure que la barque approchait, parce qu’il la reconnut.

Son sang ne fit qu’un tour, son coeur manqua un battement, il aurait pu le jurer, mais elle était là. Ce n’était pas un officiel qui l’attendait sur la berge, flanqué d’une garde prête à le jeter à nouveau en cellule, c’était Elinor, son Elinor. Ondrew ne s’était pas attendu à la revoir si rapidement, il avait cru qu’il lui aurait fallu négocier, arracher ce privilège après un âpre combat de mots, si bien que la simplicité de la chose lui coupa presque autant le souffle que de voir le seul amour de sa vie se rapprocher un peu plus à chaque coup de rame. Alors, il bénit ces marins trop pressés de rentrer chez eux qui préféraient la rapidité à l’équilibre, ceux-là même qu’il maudissait silencieusement d’éclabousser sa tunique alors qu’il n’aurait probablement pas le temps de se changer avant de rencontrer son juge. Il comprit que s’il avait pensé une seconde qu’il pourrait accepter de repartir, il s’était menti à lui-même, ou alors il ferait en sorte qu’elle vienne avec lui. Si on voulait à jamais l’éloigner du pouvoir, lui refuser le droit d’aider les Sept Couronnes, il partirait refaire sa vie, à Pentos, à Braavos, mais il partirait avec son épouse, et ce ne serait pas discutable, dusse-t-il éliminer tout ceux qui s’interposeraient entre eux et le navire.

La barque n’avait pas encore atteint le bord du quai que déjà, Ondrew sauta sur celui-ci, posant ainsi le pied à Port-Réal pour la première fois depuis un an. Le geste était symbolique, il s’était promis de le savourer comme le début d’une nouvelle ère, mais il n’y pensait pas, il se contenta de marcher de longues enjambées vers sa belle, se retenant de courir tandis que déjà, les dorniens faisaient demi tour pour rejoindre leur navire. L’Araignée, elle, oublia qu’elle était flanquée de gardes, en bousculant presque un pour courir à sa rencontre, jusqu’à se jeter dans ses bras si fort qu’Ondrew dut faire un tour sur lui-même, serrant sa prise sur les hanches de la jeune femme pour éviter de tomber à l’eau avec elle. Instantanément, un poids sembla lui être ôté du coeur, alors qu’il pouvait enfin la serrer contre lui, humer le parfum délicat de ses cheveux, sentir son corps contre le sien. Il était toujours un paria, son destin était toujours entre les mains de ceux qu’il avait un jour affrontés, mais il l’avait retrouvée, et même si ce n’était que pour un instant, il se sentait aussi invincible qu’à l’époque où il venait d’être nommé chevalier. Elle était là, ils étaient là, ensemble, et cela valait bien toutes les trahisons du monde, il le savait à présent. D’un geste presque religieux, le seigneur de Tumbleton passa une main dans l’épaisse chevelure de la bieffoise, avant de lui susurrer à l’oreille, pour elle et pour elle seule :

« Je suis revenu maintenant, mon amour, et je ne te quitterai plus jamais, j’en fais le serment. »

Alors seulement, timidement d’abord, puis avec la fougue d’une jeunesse retrouvée, il l’embrassa, sans se préoccuper des gardes, des passants ou des convenances. Un an durant, ils avaient été séparés contre leur gré, et enfin ce chatiment touchait à sa fin, rien que ce fait, s’il ne fallait pas compter l’amour qu’ils se vouaient, et qu’eux seuls pouvaient vraiment comprendre, justifiait tous les écarts aux mœurs et à la bienséance. Il ne quitta les lèvres de sa belle que quand il fut rappelé à l’ordre par un des gardes qui s’était avancé, signalant sa présence par un raclement de gorge. Constatant qu’il avait été attendu, et qu’il ne devait visiblement pas s’attendre à ce que son interlocuteur lâche aussitôt sa jeune femme, il énonça ce qu’il avait à dire :

« Lord Piète, par ordre de Son Excellence Lord Robart Baratheon, Protecteur des Sept Couronnes et Suzerain de l’Orage, nous avons pour ordre de vous escorter jusqu’au Donjon Rouge où vous serez sous la… Garde de Lady Elinor Piète, en sa qualité d’agent au service du Lord Protecteur, et ce jusqu’à ce que son Excellence vous fasse quérir. Nous partons immédiatement, si vous voulez bien me suivre... »

Pas un seul instant le garde ne s’était incliné, ni n’avait baissé les yeux en lui parlant, c’était là un douloureux rappel de sa condition. Mais peu importait à la Main Déchue, ce qui avait piqué son intérêt était tout autre chose. Il haussa un sourcil avant de fixer son épouse du regard, sans lâcher sa hanche de sa main droite et un demi sourire sur le visage. Décidément, elle ne cessait de l’étonner, son Araignée était capable de tout.

« Agent au service du Lord Protecteur ? Et dire que je m’inquiétais pour toi… Tu as l’air de t’en être tirée bien mieux que je n’aurais pu l’espérer. »


© Belzébuth
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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]   Ven 23 Mar 2018 - 12:54




So happy I could die
Son souffle se faisait toujours court tandis qu’elle remarquait cette chaloupe se détacher du navire. Plus vite. Les rames s’agitaient à son bord, rapprochant, peu à peu, l’homme qu’il transportait. D’abord silhouette méconnaissable, il devint plus net à chaque coup de rame. Pitié… Plus vite. Il était là, l’être chéri, la douce moitié, l’éternel absent. Il était là pour la retrouver, une fois de plus. Pour toujours. A jamais. Tant d’absence, si peu de temps passés ensemble depuis leur rencontre et pourtant, l’Amour, indestructible, inébranlable, venait raviver son cœur, rendre vie à son corps. Elle devinait déjà les traits de son visage, si semblables à ceux qu’elle avait imprimé dans son souvenir, si ce n’était qu’il semblait avoir repris de sa superbe. Loin était le Lord déchu, blessé, ayant lutté de tout son être pour sa vie lors d’un terrible duel. C’était un homme neuf qui semblait lui revenir. Comme dans un rêve, elle ne quittait plus son regard de cette embarcation qui se balançait au gré des vagues, sous l’impulsion des coups de rame.

Son cœur ne cessait plus de cogner contre sa poitrine, s’alignant sur le rythme de ces rames qui se levaient avant de frapper les flots pour que la chaloupe ne s’avance un peu plus vers le port, vers elle. Ses yeux noisette s’étaient remplis de larmes alors qu’elle peinait à essuyer ses joues humides d’un revers de la main. Combien de temps pleurerait-elle encore de cette joie qui ne faisait que chauffer son cœur, son âme ? La barque s’approcha, offrant au seigneur de Tumbleton la possibilité de mettre pied à terre. De loin, elle l’admira, observant avec attention ses gestes, ses mouvements, les rattachant à sa mémoire pour toujours mieux reconnaître cet homme qu’elle aimait, qu’elle désirait comme une folle. Il était là. Enfin, ils foulaient le même sol, ils allaient pouvoir marcher côte à côte. Si elle pensait avoir la force de pouvoir attendre son arrivée, encerclée par ces gardes qui restaient stoïques, elle s’était trompée. Les pas d’Ondrew se faisaient grands pour s’avancer vers elle alors que ses propres jambes se remettaient en marche. D’une main, elle écarta un garde qui se trouvait sur sa route alors qu’elle démarra au quart de tour, ravivant cette course effrénée, cette dernière ligne droite qui la rendait plus rapide, plus résolue que jamais à se jeter dans ses bras.

Les mètres défilèrent et enfin, elle était sur lui. Se jetant à son cou, elle n’avait guère ralenti la cadence. Ses bras se refermèrent sur la nuque de l’homme qui hantait ses nuits, le serrant avec force tandis qu’elle sentait ses mains retrouver sa taille. Elle vola dans les airs, transportée par l’inertie, guidée par Ondrew, avant de retoucher terre. Mais cette fois, il n’y aurait nul réveil. C’était vrai. Il était là, pour de bon. Les larmes coulèrent à nouveau sur ses joues tandis qu’elle ne sut réprimer le sanglot qui tiraillait sa gorge depuis qu’elle avait vu ce bateau au loin. Ses mains se refermèrent sur lui, venant s’agripper à sa nuque, à son dos, ne lui laissant aucun espoir de fuir. Mais le seigneur de la maison Piète ne fuyait guère. Fermant sa prise sur son corps, une main glissée dans ses cheveux, il lui murmura alors ces douces paroles. Un serment. Le seul qu’elle voulait croire, le seul dont elle était certaine car celui qui le formulait était digne de sa confiance et bien plus encore. Plus jamais. Elle se l’était promis également. Qu’importe les tempêtes, qu’importe les Lois et ceux qui pouvaient les appliquer, elle ne se laisserait plus faire par quelques hommes portant du pouvoir. Il faudrait la tuer s’ils souhaitaient la séparer de cet homme.

« Mon Amour… » A bout de souffle, elle releva le regard vers lui. Il était toujours aussi beau. Ses traits n’avaient nullement changé si ce n’était le léger hâle de sa peau offert par le soleil de Dorne. Un large sourire prit place sur les lèvres de l’Araignée tandis qu’elle l’admirait, riant avec légèreté avant de caresser sa joue. Puis, leurs lèvres se joignirent, à l’image de leur premier baiser, avec pudeur, avec douceur. Mais, rapidement, la passion réveilla leur sens et ce fut la fougue qui les happa, oubliant ce monde qui les entourait pour ne créer un univers où ils se trouvaient bien seuls, où ils pouvaient profiter de ce moment sans dérangement, sans que personne ne puisse les observer ou les interrompre. La jeune Bieffoise, enfin, se sentait entière. Auréolée par ce bonheur qui ne pouvait être éphémère, elle se laissa aller dans ses bras, ses mains caressant le corps de cet homme qu’elle avait choisi au-dessus de ses vêtements.

Finalement, un raclement de gorge vint briser le verre de cette bulle qu’ils avaient formé, la faisant voler en éclat. Leurs lèvres se séparèrent bien que leurs regards restèrent accrochés encore un instant l’un à l’autre. L’homme commença à parler et Elinor profita de ce court moment de répit pour essuyer ses joues humides de sa main, sa tête venant trouver sa place contre l’épaule de la Main déchue. Ecoutant ce que le garde Baratheon avait à dire, elle lui adressa malgré tout un regard noir, comme pour lui rappeler que la prochaine fois qu’il agirait de la sorte, l’Araignée n’hésiterait pas à mordre. Ainsi, les gardes ne seraient là que jusqu’au Donjon Rouge, laissant les Piète vivre leur vie au sein de celui-ci. Pourtant, s’ils auraient pu se promener, Elinor souhaitait surtout protéger Ondrew en le faisant patienter dans ses appartements qui demeuraient sous la garde des Baratheon. Si, pour l’heure, peu de gens avaient connaissance du retour de son époux, la rumeur ne tarderait pas à se répandre et les extrémistes farouchement opposés aux représentant du règne du Cruel demeuraient en danger.

Emboitant le pas aux gardes, le couple venu du Bief ne pouvait malgré tout pas se lâcher du regard. Elinor avait machinalement saisi le bras de celui qu’elle avait juré d’aimer au-devant des Sept tandis que lui relevait quelques mots prononcés par le garde. Son sourire s’étira en un coin avec ce regard empli de malice qui signifiait qu’elle réservait encore bien des surprises. « C’est une longue histoire, à dire vrai… Mais, finalement, je n’ai pas attendu ton retour pour essayer de te faire revenir. » Elle se pencha alors vers lui, murmurant à voix basse. « Et je m’en sors toujours… » De nouveau, son sourire s’étira avec largeur sur son visage, lui offrant cette mine réjouie. Elle n’y croyait toujours qu’à moitié, persuadée d’errer dans un rêve qui ne tarderait pas à prendre fin. Quand cela serait-il ? Quand Ondrew lui parlerait de ces choses qu’elle ne souhaitait nullement aborder ? Ces pensées vinrent quelques peu verser leur amertume à cet instant, Elinor masquant son trouble comme elle avait si longuement appris à le faire, se focalisant sur son bonheur plutôt que sur les quelques obstacles qui leur restaient à franchir.

Ensemble, l’un contre l’autre, ils remontèrent vers le Donjon Rouge, entraînés par les gardes qui pressaient un peu le pas, certainement peu assurés à l’idée que la présence du seigneur et ami d’un fantôme du passé ne revienne. Elinor, elle se laissait aller à ses côtés, profitant de l’instant, irradiant de cette joie le monde tout entier. Sa robe sombre semblait bien plus claire tant elle était heureuse. « Il y a tant de choses à dire que je ne sais par où commencer… Si tu savais comme tu m’as manqué. Pas un jour, pas une heure ou même une minute, je n’ai cessé de penser à toi. Plus d’une fois, j’ai rêvé de monter sur un bateau et de fuir le Donjon Rouge pour venir te retrouver à Lancehélion… Qu’importe si le seigneur Robart souhaite te renvoyer au loin, cette fois, je te suivrais où que tu ailles. Tant que nous sommes ensemble, je serais heureuse. » Sa main se ferma un peu plus sur le bras de cet homme, de cette moitié qu’elle avait finalement retrouvé. Ce n’était guère les toiles tendues au travers du Donjon Rouge qui avait forcé cela, mais l’œuvre des Sept, à nouveau. Les Dieux étaient avec eux, Elinor avait fini par le comprendre. Qu’importe si leur union avait été consommée avant ce mariage, leur Amour était si fort qu’il en était béni. « Te revoir enfin, après tout ce temps… Et tu as l’air en forme, moi qui pensais que tes lettres n’étaient là que pour me rassurer… » Leur marche se poursuivait et, déjà, le Donjon Rouge semblait si proche.


© Belzébuth

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Ondrew Piète
COURONNE
MessageSujet: Re: Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]   Sam 24 Mar 2018 - 23:50




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Combien de fois avait-il rêvé de ce moment ? Pas exactement de la manière dont il se passait, non, Ondrew s’était vu revenir parce qu’on lui avait demandé, parce qu’au final, les puissants s’étaient rendus compte qu’ils avaient besoin de lui. Il ne s’était pas non plus vu entouré de gardes Baratheon, pas plus qu’il n’avait imaginé les regards que certains habitants lui lançaient discrètement, signe qu’ils n’avaient pas oublié qu’il avait un jour été la Main du Cruel, et qu’il l’avait servi jusqu’au bout. Pourtant, la réalité avait conservé le principal : Elinor était à son bras, saine et sauve. Mieux que ça, Ondrew avait cru qu’il la retrouverait esseulée, comptant uniquement sur le soutien de la Princesse Daenys pour survivre dans un Donjon Rouge qui avait dû lui être des plus hostiles, mais encore une fois elle était parvenue à le surprendre : visiblement, elle travaillait pour l’homme que l’on pouvait décemment considérer comme le plus puissant du Royaume, bénéficiant suffisamment de sa protection et de sa bienveillance pour qu’il l’autorise à retrouver son époux quelques heures, avant même que celui-ci ne soit interrogé, avant même que l’on décide de son sort.

Elle lui expliquerait probablement tout en temps voulu, quand ils ne seraient plus entourés de gardes dont l’allégeance était aussi claire que les couleurs qu’ils portaient, et quand ils auraient terminé de se retrouver comme il se devait. La politique était importante, et Ondrew brûlait d’être mis au courant des derniers développements autour de la Couronne, mais tout ça ne devenait que secondaire, pas tant qu’il aurait pu s’assurer que tout allait bien, et simplement profiter de ces quelques heures de retrouvailles qu’on lui offrait sur un plateau. Le sourire en coin que son épouse affichait, la joie qu’elle affichait pleinement valait toutes les opportunités du monde, et Ondrew s’en contentait entièrement, trop heureux de la retrouver pour penser dans l’instant à reprendre sa place. Pour l’instant, il se contentait de marcher à ses côtés, tout sourire également, même s’il savait que pour le bien des apparences, il aurait dû se montrer un peu plus résigné. Mais faire cet effort-là lui aurait été impossible, à lui qui depuis plus d’un an attendait de pouvoir tenir celle qu’il aimait au plus près de lui. Oui, Elinor s’en tirait toujours, elle l’avait souvent prouvé, avant, et maintenant après la fin de Maegor. D’un sourire entendu, il lui fit comprendre qu’il n’avait jamais douté de ses compétences que ce soit en matière de survie, ou dans l’art de se rendre indispensable. Après tout, n’avait-il pas été sa première victime, quand il l’avait aperçue à Port-Réal ? Evidemment, leur relation était autrement plus honnête, plus belle que les autres toiles tissées par l’Araignée, mais d’une certaine manière, elle était parvenue à se rendre aussi indispensable auprès d’autres qu’elle ne l’était pour lui, pour des raisons foncièrement différentes.

La route jusqu’au Donjon Rouge n’avait jamais semblé aussi facile à Ondrew, porté par l’allégresse de sentir sa femme auprès de lui, chaque pas qu’il faisait en la compagnie d’Elinor lui confirmait ce qu’il avait toujours senti : c’était ici qu’était sa place, plus que partout ailleurs. A Port-Réal, au centre du pouvoir du continent, avec son épouse à son bras. Pour beaucoup d’autres, Lancehélion aurait été un paradis dans lequel se perdre, un abandon du corps qui n’aurait mené plus tard qu’à celui de l’âme, mais pas Ondrew. Ce bannissement avait été vécu par le Bieffois comme un affrontement, un moyen de prouver au monde qu’il n’était pas encore fini, une épreuve de volonté dans laquelle il lui faudrait ne pas devenir comme ces courtisans qu’on envoyait au loin, et qui finissaient par n’être que l’ombre d’eux-même, vautrés dans le luxe offert par leurs hôtes. Nymeria avait bien tenté, dans un premier temps, de lui envoyer des jeunes filles pour le distraire, mais il les avait renvoyées. Elle avait même essayé de lui offrir la compagnie d’un garçon une nuit, mais Ondrew n’avait fait que rire, et refuser poliment ces tentatives. Ce n’était qu’un piège pour lui faire baisser sa garde, pour qu’il révèle des secrets son ancien maître, une tentative grossière à laquelle il n’avait pas pris, en partie par sens du devoir, mais surtout parce qu’une seule femme occupait ses pensées, et que jamais il n’aurait voulu ajouter à la peine de sa solitude celle de savoir que son époux en possédait une autre, il l’aimait trop pour cela.

« Aussi… Libéraux soient-ils dans leur conception du mariage et de l’amour, les dorniens pensent que l’amour, le vrai, ne connait aucune limite, qu’elle soit charnelle ou spirituelle. Pour eux, on peut très bien coucher avec un autre en voyant le visage de l’être aimé, et ce ne serait pas une tromperie… Mais, surtout, il est impossible de concevoir son existence sans l’autre, ce qui amène à son omniprésence dans les pensées, pour que quoiqu’il arrive, l’être aimé soit là, d’une certaine manière. D’une des deux parties de cette philosophie j’ai fait l’expérience… Je te laisse deviner laquelle. »

Elle n’aurait aucun doute sur la question, Ondrew en était persuadé, mais il gratifia néanmoins son Araignée d’un clin d’œil amusé, qu’elle comprenne qu’il n’y avait dans ses dires aucune malfaisance. Non, il ne pourrait pas la tromper, c’était chose impossible quand tout son être n’appelait qu’à rejoindre cette âme qui lui manquait en permanence quand elle n’était pas à ses côtés.

« Tu étais dans chaque nuit étoilée, derrière chaque sourire, chaque attention, et c’était ton souvenir qui me permettait de tenir quand je subissais revers, ou frustrations. La Princesse Régente m’a traité en invité, mais rien de plus… Je ne repartirai plus, et certainement pas seul, mon Elinor. Je pense que je parviendrai à convaincre le Seigneur Main qu’il a plus à gagner en me laissant rester qu’en me renvoyant, et s’il reste aveugle à l’évidence… D’une façon ou d’une autre, il devra apprendre à se passer de mon épouse également. »


Ondrew avait pris garde à ne pas parler trop fort, pour ne pas attirer l’attention de leur escorte, trop occupée à observer les alentours pour réellement écouter ce qu’ils avaient à se dire. Et, s’ils avaient écouté, ils avaient dû abandonner en comprenant qu’il ne s’agissait que des retrouvailles d’un couple qui ne s’était pas vu depuis plus d’un an… Et ils auraient eu raison. Le temps des vraies discussions viendrait bientôt, mais pas encore, pas tant qu’ils étaient toujours entourés. Le reste du trajet ne fut donc qu’ainsi, des mots doux, des gestes discrets, des rires effacés. Des petites attentions simples, mais qui pourtant avaient manqué à Ondrew plus qu’il ne l’aurait pensé si on lui avait posé la question à peine une semaine plus tôt. Il ne s’était jamais considéré comme mièvre, et pourtant, il lui fallait bien avouer que ces jeux, ces rapprochements discrets et ces occupations bonnes normalement pour les jouvenceaux, trouvaient bien plus grâce à ces yeux avec Elinor à ses côtés.

Presque collés l’un à l’autre, ils finirent par atteindre le Donjon Rouge en lui-même, où les regards se posant sur le couple Piète se firent plus intrigués, plus courroucés parfois. Imperturbables, les gardes les menèrent jusqu’à une large porte, de ce qui devait être les appartements de la jeune femme. Ses appartements également, bientôt, si les Dieux étaient avec lui. Dans un sourire, elle le fit entrer tandis que les gardes s’éloignaient après un bref salut. Sans doute ne s’éloignaient-ils pas trop, certains d’entre eux devaient être assignés à la protection de la dame qui travaillait pour le seigneur, du moins les choses avaient-elles toujours fonctionné ainsi quand il était encore à la Cour… Mais Ondrew s’en moquait bien, il était enfin seul avec elle, et le reste importait peu. Et puis, si une personne mal intentionnée voulait pénétrer dans ces quartiers… Il n’avait jamais réellement eu besoin de gardes pour se défendre.

Les appartements étaient plus vastes que ce à quoi Ondrew s’était attendu. Surpris, il contempla la masse de parchemin disséminée partout au sol, d’une manière que seul un œil averti aurait pu considérer comme organisée. Elinor travaillait ainsi, il le savait pour l’avoir suffisamment vue faire par le passé, quand elle aidait de Mantarys, ou qu’elle cherchait à comprendre un secret ou à élucider un mystère. Il devait sans doute s’agir du travail qu’elle devait accomplir pour le seigneur Baratheon… Quelque chose en rapport avec la fausse couche de sa femme, peut-être ? Un sourire en coin, Ondrew se contenta de constater simplement :

« Je vois que l’année écoulée n’a pas énormément changé tes habitudes… »

Il aurait pu terminer sa phrase, mais à nouveau ses yeux s’étaient posé sur la silhouette de la jeune femme, interrompant le cours de ses pensées. Un an à attendre de la revoir, un an à ne voir son visage, ses formes, son sourire et son corps que dans ses rêves, et ses souvenirs. Mais enfin, c’était terminé, Elinor était à nouveau devant lui, à nouveau ils pouvaient être seuls. Et cette pensée coupa toute les autres, comme elle l’interrompit aussi brutalement.


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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]   Mer 28 Mar 2018 - 0:33




So happy I could die
Sa voix était le remède à tous les maux. Enfin, elle venait résonner dans ses oreilles, secouer ses sens et son âme pour la rendre plus vivante. Son contact lui était si précieux qu’elle ne l’aurait lâché pour rien au monde et, déjà, elle songeait à ce qu’il se passerait plus tard et au fait que si le seigneur Robart souhaitait voir son époux, il faudrait qu’il se fasse également à sa présence à ses côtés. Elle ne pouvait se résoudre à le voir s’éloigner, à le voir quitter l’espace dans lequel elle se trouvait. Pas tout de suite. Pas encore. Encore du temps. C’avait été sa supplication éternelle le jour de son départ, espérant pouvoir encore décrocher de précieuses secondes agrippée contre lui, respirant son odeur, espérant que le soleil ne bouge plus, que les flots se figent et que tout autour d’eux ne cesse de vivre, les laissant seuls au monde, pour toujours et à jamais. Là encore, elle suppliait intérieurement les Sept de ne pas rendre ce bonheur trop éphémère, de pouvoir la laisser vivre, respirer, savourer ces précieuses minutes avant qu’un nouveau verdict ne force le destin du couple Piète à faire ce qu’il avait su faire jusque-là : les séparer.

Il se prit à lui parler de Dorne. L’écoutant avec attention, Elinor ne put s’empêcher de froncer les sourcils, cherchant à comprendre ce que l’homme qu’elle aimait cherchait à lui démontrer à travers ces mots. L’Amour n’avait pas de limite, cela, elle le savait, mais l’image employée à cet instant força quelques-uns de ses muscles à se tendre. Evidemment, sa première pensée fut de croire que l’homme qui se tenait à ses côtés avait su profiter de ce voyage dornien, avait su gouter aux joies de cette région réputée pour être très volage. Son cœur se serra tandis que son visage, déjà, pâlissait d’effroi. Il lui parla cependant également de cette philosophie qu’avait le peuple du Sud à constamment penser que l’être aimé demeurait à ses côtés, dans les pensées. Puis, éludant le mystère qui planait, il souligna rapidement que de ces deux principes, il n’en avait suivi qu’un seul. Un sourire vint rallumer les traits du visage d’Elinor, jusqu’alors soucieux. Pourtant, la boule qui trônait dans son ventre ne s’effaça guère immédiatement, rappelant bien vite à la jeune femme ce poids qu’elle avait porté, ce lourd secret qu’elle dissimulait à son époux, mais aussi au reste du monde. Appliquant les dires de son mari, elle réfléchit un instant aux pensées qu’elle avait quand le Cruel s’amusait d’elle et de son corps. Jamais elle n’était parvenue à songer à Ondrew dans ces instants. Non pas parce qu’elle ne l’aimait pas. Mais parce qu’elle n’aimait pas ce que le Roi lui faisait subir. Elle n’y éprouvait aucune joie, aucun plaisir. Seule la colère, la rancœur et la vengeance venaient habiter son esprit dans ces instants qui n’étaient plus que de douloureux souvenirs dont elle porterait la honte aussi longtemps que vivrait ce fils.

Pourtant, une fois encore, les mots de l’être adoré vinrent bousculer les doutes, les balayant de cette voix chantante qu’elle avait imaginé dans ses rêves les plus fous. Il ne l’avait pas oublié, elle non plus. Elle avait pensé à lui, lui aussi. Il lui promettait de ne plus la quitter et, silencieusement, Elinor formulait le même souhait. Deux âmes identiques, semblables, attirées l’une à l’autre par une force inexplicable que la jeune Bieffoise ne saurait jamais comprendre. Elle l’avait vu, elle avait su quelle évidence cela serait. Leur osmose était magnétique, se trouvait bien au-delà de tout ce que les autres habitants des Sept Couronnes pourraient connaître un jour. Y avait-il seulement quelqu’un en ce monde qui était capable de comprendre cet amour irrationnel autant qu’inconditionnel ? Il resterait, quoi qu’il advienne, ou bien elle quitterait Port-Réal avec lui. D’un sourire, elle répondit à ces projets fous, ces désirs utopiques qui auraient pourtant lieu. Elle le voulait, elle aussi.

Marchant toujours à ses côtés, elle demeurait dans la retenue, le monde les entourant se faisant plus dense, moins occupés par leurs préoccupations que par l’apparition de ce couple auquel plus personne ne semblait croire. Elinor aurait aimé pouvoir prévenir Daenys pour qu’elle ne vienne à leur rencontre et retrouve cet homme qu’elle avait apprécié tant par le sens du devoir que par cette jeune épouse qu’il avait su trouver et qui était devenue bien indispensable à la Mère Dragon. Mais au lieu de la princesse, ce furent les Serpents de Cour qui croisèrent leur chemin, crachant leur venin sitôt le sillage de l’Araignée et de son Seigneur se créant. Mais qu’importaient les regards, qu’importaient les mots. Ses doigts se resserrèrent sur le bras d’Ondrew tandis qu’elle lui adressait un sourire toujours plus large, toujours plus entendu. Elle l’aimait. C’était tout ce qu’il importait.

Rejoignant les couloirs plus privés, ils finirent par s’arrêter devant une porte qu’ils ouvrirent sur les appartements de la native du Bief qu’elle avait quitté dans la plus grande des précipitations quelques minutes plus tôt. Le garde qui l’avait d’ailleurs informée de l’arrivée de son époux était toujours là, gardant la porte. D’un geste de tête, Elinor congédia les autres tandis qu’Ondrew entrait. Le dernier garde, lui, ne reçut pour ordre de ne pas rentrer sans y avoir été invité auparavant. Si un message devait être transmis aux Bieffois, alors cela se ferait à travers la porte de bois. La porte se ferma alors sur elle, tandis qu’elle se retournait vers son époux. Lui détaillait la pièce et son regard fut bien vite attiré par ce capharnaüm de documents qui erraient sur le sol. De ce point de vue, même Elinor trouva que tout ceci n’avait que peu de sens, que rien de tout ceci n’était ordonné. Mais, au contraire, les choses étaient le plus logiquement organisées pour elle et l’Araignée fit une légère moue quand elle songea qu’il faudrait peut-être tout ranger d’ici peu de temps pour que l’homme qui allait vivre à nouveau avec elle ne soit nullement dérangé par ce bazar ambiant.

Il ne fit qu’une petite remarque, attirant son attention, la forçant à sourire de nouveau de cette mine réjouie tout en pinçant les lèvres. Mais la phrase resta en suspens. Elinor n’y répondit pas, relevant simplement ses yeux noisette vers cet homme. Le silence parlait bien plus que n’importe quels mots. Le souffle d’Elinor cessa, retenant sa respiration tandis qu’elle comprit quelles pensées pouvaient bien traverser l’esprit de l’homme qui se trouvait face à elle. Une année, aussi longue que douloureuse. Quand était-ce, la dernière fois qu’il avait été en droit de la toucher, d’ôter sa robe et de pouvoir posséder son corps ? A la réflexion, Ondrew n’avait même pas été le dernier homme à avoir agi de la sorte avec elle, Maegor s’en était assuré. Pourtant, cela n’empêchait guère la connexion qui résidait entre elle et le seigneur de Tumbleton de se faire, de se raviver. Son regard avait plongé dans le sien, miroir de ce désir et de cette envie qui habitait ces deux êtres. Elle aurait aimé pouvoir avoir la force de se soustraire à cette magie qui venait de se produire à nouveau tandis que son sourire peinait à rester aussi large. « Tu… Tu as soif ? Il y a du vin sur le buffet. » Son corps, lui, restait statique tandis que ses pensées brûlaient une à une. Et finalement, elle n’y tint plus.

Rompant la maigre distance qui se trouvait entre eux, laissant la passion incandescente de son âme réchauffer sa peau, elle s’accrocha de nouveau à sa nuque, plaquant ses lèvres contre les siennes. Tel un phoenix lors de sa combustion, ses mains retrouvèrent ces prises qu’elle connaissait par cœur tandis que ses lèvres se faisaient avides, désireuses de goûter à nouveau à celles de cet homme qu’elle aimait autant qu’elle désirait. Ses doigts, eux, trouvèrent ses cheveux pour ce qui était de sa main gauche, et la chemise délicate qui couvrait son torse pour la droite. Envieuse, l’Araignée en oubliait tout le reste. Qu’importait le désordre de la chambre, qu’importait les mille mots qu’elle souhaitait échanger avec lui, cette attraction était plus forte, trop forte pour qu’elle n’y succombe guère. Se détachant de ses lèvres un court instant, le souffle court, elle reprit avec un léger sourire. « Ou bien y a-t-il une autre manière pour moi de t’être agréable ? » L’embrassant avec fougue, elle ponctua ces séries de baisers de nouvelles paroles. « Je ne voudrais pas faillir à mes devoirs d’hôtesse… Ou de garde. »


© Belzébuth

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The Beautiful Spider
The dangerous black widow encases her victims with silk, and then kills with poison from her fangs.
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Ondrew Piète
COURONNE
MessageSujet: Re: Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]   Ven 30 Mar 2018 - 19:42




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« Tu… Tu as soif ? Il y a du vin sur le buffet. »

Assoiffé, Ondrew l’était encore, jusqu’à ce que la lourde porte des appartements de l’Araignée ne se ferme sur eux, les laissant seuls. Depuis un an, il n’avait eu droit en guide de vin qu’à la version dornienne, bien plus épicée et liquoreuse que ce qu’on pouvait trouver sur les terres des Targaryen. Comme pour beaucoup d’autres choses, les gouts et les envies en matière de vin des habitants vivant sous la souveraineté des Martell était bien différente de ceux de leurs voisins. Les crus stockés à Port-Réal avaient manqué au seigneur de Tumbleton, c’était certain, et il lui tardait de pouvoir à nouveau en goûter, c’était certain. Mais, en l’instant présent, sa gorge sèche ne lui importait pas plus que le sort que pourrait bien lui réserver le nouveau Régent du Royaume, ou le secret qui l’avait renvoyé précisément là où il se trouvait.

Il n’avait d’yeux que pour Elinor, de la même façon que toutes ses pensées et ses envies ne criaient que son nom à elle, maintenant plus que jamais. Pendant plus d’un an, l’Araignée avait été un souvenir doux-amer, sa proximité et son étreinte un idéal impossible à atteindre à cause des décisions prises par les vainqueurs de la guerre. Sa vie avait été épargnée, oui, mais ils avaient pris tout le reste en échange. Son pouvoir, son influence, ses terres, jusqu’à son épouse même en l’éloignant d’elle. N’avaient survécu de ses jours de gloire que l’amour qu’ils se portaient l’un l’autre, et l’espoir qu’un jour où l’autre, ils seraient à nouveau réunis. Et maintenant, elle était là, devant lui, ses yeux un miroir parfait à leurs pensées qui ne pouvaient qu’être aussi similaires que leurs âmes. Un instinct partagé, qui se ressentait autant dans leurs corps que dans l’irrépressible tension qui s’était installée entre eux au moment où leurs regards s’étaient croisés. Une tension à laquelle l’Araignée mit fin, parcourant le peu de distance qui les séparaient d’un pas rapide, jusqu’à ce que leurs corps se touchent enfin à nouveau.

Au port, leur étreinte avait été intense, il n’en aurait pas pu être autrement après ces longs mois, mais celle-ci était toute autre, il n’y avait pas les yeux des gardes, ou du peuple pour les observer, il n’y avait qu’eux, leur chaleur, et leurs envies pour les guider. Les lèvres d’Elinor sur les siennes en appelaient à bien plus, un éveil de sens et d’envies depuis trop longtemps réprimées. Le sang d’Ondrew bouillonnait en lui, sentant les mains de son aimée s’accrocher à son corps comme elle l’avait fait tant de fois auparavant, mais les mois passés l’un sans l’autre rendaient le contact d’autant plus intense, d’autant plus désirable. Porté par un désir trop longtemps inassouvi, ses mains retrouvèrent la hanche et le dos de son aimée, poussant celle-ci un peu plus contre lui, retenant cet être qu’il adorait plus que le reste, avide de sa présence autant qu’il pouvait craindre que tout cela ne soit qu’un autre rêve duquel il pouvait se réveiller à tout moment. Mais pour l’instant, ils étaient ensemble, et le Bieffois comptait bien profiter de chaque seconde, de chaque contact.

Il ne put s’empêcher de ressentir une certaine déception quand les lèvres de sa belle quittèrent les siennes, qui disparut rapidement quand il vit le sourire mutin qui se dessinait sur son visage, avant qu’elle ne lui adresse quelques mots, les derniers ponctués de nouveaux baisers, chacun d’eux un nouveau souffle attisant les flammes qui le brûlaient de l’intérieur.

« Ou bien y a-t-il une autre manière pour moi de t’être agréable ? Je ne voudrais pas faillir à mes devoirs d’hôtesse… Ou de garde. »

Souriant à son tour, la main droite d’Ondrew quitta la hanche de son Araignée pour lui caresser la joue, tandis que l’autre remontait son dos jusqu’à sa nuque au port si grâcieux qu’il aurait pu damner n’importe quel Roi, mais Elinor était sienne, pleine et entière, elle l’avait toujours été depuis qu’ils s’étaient rencontré, tout comme lui l’avait été pour elle. Conservant un sourire entendu, l’époux fit mine de réfléchir. Comme s’il était possible qu’il ait besoin de réfléchir à ce que son corps réclamait tout entier, comme s’il était possible qu’Elinor doute un instant que le prétendu doute sur son visage soit autre chose qu’un jeu qui ne durerait pas longtemps. Sa main parcourait son visage, reprenant connaissance de ces traits dont il avait trop longtemps été forcé de s’éloigner. Elle n’avait pas changé, pas pour lui, et ce malgré les épreuves qu’Elinor avait dû traverser, elle était toujours cette beauté qui l’avait frappé aussi sûrement qu’une flèche directement pointée sur son cœur, elle était toujours cet esprit acéré, capable de tout, si elle le décidait. Elle était, toujours la seule femme dont il avait envie, celle qui rendait les autres comparables à des enveloppes insipides. Son pouce passa sur sa lèvre inférieure, s’attardant un moment sur celle-ci pendant qu’il lui répondait, sa joie de la sentir à nouveau près de lui transparaissant dans le ton employé.

« Je ne veux pas de vin, pas pour le moment. Mais… »


Ondrew approcha de nouveau son visage de celui d’Elinor, jusqu’à sentir la chaleur de son souffle se mêler au sien, avant de poursuivre sa phrase, un sourire en coin qui ne laissait pas d’interprétation à ses intentions.

« Je connais tes compétences, et je n’ai aucun doute sur tes compétences pour parvenir à me retenir ici autant de temps qu’il le faudra. En fait, je crois que je risque même de ne plus avoir aucune envie de sortir, même si je devais encourir la colère des Dieux eux-même. »

A peine avait-il achevé ses mots qu’à nouveau, sa bouche trouva celle de son épouse, goutant à celles-ci avec une avidité renouvellée. Le temps n’avait plus d’importance, ni le passé qu’ils avaient dû affronter séparément, ni le futur et ses incertitudes. Il n’y avait que le moment présent dans son esprit, ses sens en émois qui en demandaient toujours plus. Il voulait plus, plus de cette promiscuité enfin retrouvée, il voulait reprendre ce qui lui avait été refusé pendants ces longs mois d’exil, pressé autant par sa propre excitation que par la chaleur perceptible de l’Araignée contre lui. La main gauche du seigneur de Tumbleton, déjà, glissait de nouveau depuis sa nuque pour jouer avec le laçage de la robe de son âme sœur, desserrant ces liens maudits en cet instant, qui maintenaient le frêle tissu entre lui et son corps bien aimé tout entier, sans pour autant parvenir à les défaire complètement. La droite, elle, avait quitté son visage pour redessiner dans l’esprit de son possesseur ces courbes qu’il n’avait jamais réellement su oublier, faisant fi de l’étoffe encore présente, pour se concentrer uniquement sur la chair qu’elle dissimulait. Son cou, son épaule, son bras, sa hanche, sa jambe… Autant de terrains connus, qu’il lui semblait pourtant redécouvrir à chaque fois. D’un geste, il agrippa la cuisse de la jeune femme pour la soulever, l’autre suivant naturellement le mouvement. Il y eut un bruit de tissu qui se déchirait, mais Ondrew s’en moquait, en cet instant, la robe pourtant magnifique d’Elinor n’était qu’un frêle ennemi dans une lutte déséquilibrée, qu’il était déterminé à gagner. Quittant les lèvres avides de l’Araignée, il embrassa son cou dans un soupir, pas de lassitude, mais de soulagement. Alors seulement il s’approcha de son oreille, pour lui susurrer doucement :

« Tu m’as manqué, toute entière, Elinor… »



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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]   Lun 2 Avr 2018 - 1:13




So happy I could die
Comme il était bon de se sentir en vie. Comme il était agréable de pouvoir se dire enfin complète. Elinor rayonnait. La lugubre araignée s’était parée de ses plus belles couleurs tandis que ses doigts crochetaient la nuque de l’homme qui était sien depuis que les Sept avaient approuvé cette union. Du grand mariage qu’elle avait longtemps rêvé, elle n’avait eu qu’une cérémonie intimiste prononcée en secret, plus pour être sûrs que leurs destins seraient scellés, quoiqu’il arrive. Mais cette cérémonie avait été belle, puissante aux yeux d’Elinor qui avait vu des mois d’attente récompensés. Le souvenir de ces noces l’avait aidé à tenir durant ces longs mois d’absence, alors que sa vie était chamboulée dans bien des sens. Pourtant, toujours, le souvenir de ces nuits passées aux côtés de l’homme qui la tenait maintenant dans ses bras avait été cette brûlante pensée qui lui permettait de conserver la folie loin d’elle.

Les mains de son époux sur son corps étaient la plus belle récompense de toute cette attente, de ces instants passés dans le doute et dans l’ignorance de savoir s’ils se reverraient un jour. Leurs baisers échangés appelaient à plus que cette simple proximité, que ce contact retrouvé. Le désir, un an durant, bloqué dans une glace digne du Nord, venait de se réveillait, faisant fondre cette carapace en un rien de temps, rappelant à ses sens les gestes, les mots, les envies, faisant taire toutes les autres pensées gênantes. Leurs corps plaqués l’un contre l’autre ne désiraient plus que ne former qu’un tandis qu’elle brisait le temps d’un court moment afin de glisser quelques mots emplis de malice à l’intention de cet homme qui la serrait contre lui avec la passion de retrouvailles inespérée. Elle lui offrit un dernier baiser avant de sentir sa main venir rencontrer son visage. Ses paupières se fermèrent tandis que chaque caresse semblait réveiller sa peau, provoquant en son corps des frissons toujours forts. Comme pour intensifier ce contact, elle inclina légèrement la tête vers ces doigts si doux sur sa peau, ouvrant les yeux pour révéler ses prunelles noisette, brillantes, vives et emplies de ce désir charnel.

Le visage d’Ondrew, lui, s’était masquée d’une réflexion qu’il voulait intense mais qui laissait transparaître cette complicité, cette volonté de lui rendre la taquinerie dont elle pouvait faire usage. Le sourire de l’Araignée se fit plus large tandis que ses doigts se faisaient toujours plus cajoleurs. Elle n’avait nul besoin de ses yeux pour reconnaître chaque partie du corps de cet homme, de sa moitié fidèle. Dorne ne lui avait porté aucun préjudice et le politicien était rentré aussi beau guerrier qu’il n’était parti. Seules ses blessures n’étaient plus que de lointains souvenirs et savoir qu’elle pouvait désormais le toucher sans craindre de le blesser plus encore était chose appréciable. Le pouce d’Ondrew vint caresser sa lèvre inférieure, réveillant l’envie insatiable de l’embrasser sans jamais pouvoir s’arrêter. Au lieu de cela, pourtant, il marqua une pause avant de lui offrir une bribe de réponse. Qu’il ne veuille pas de vin la fit sourire un peu plus et elle laissa son visage venir à la rencontre du sien, fermant de nouveau les yeux pour ne sentir plus que sa respiration se mêlant à la sienne. Unisson effréné de cette pulsion qui ne manquerait pas de se montrer à son paroxysme.

Ses compétences. Elle ne put contenir le léger rire qui secoua son être devant le terme employé. Evidemment, il faisait tant allusion à celles de l’hôtesse, la garde et l’épouse, elle n’en doutait pas. Le respect et la fierté qu’elle lisait perpétuellement dans son regard était l’une de ces choses qui tendaient à lui faire penser que le couple qu’elle formait avec Ondrew saurait briser tous les Orages, affronter toutes les tempêtes. Nul autre n’aurait su la traiter en égale et pourtant, le seigneur de Tumbleton avait toujours agi de la sorte, prenant même parfois soin de placer son épouse au-dessus de lui, capable de se satisfaire d’être au bras de l’Araignée plutôt que lui-même centre de l’attention. Ou du moins, c’est ainsi qu’Elinor voyait les choses. Quand il évoqua alors la possibilité de ne plus vouloir sortir de ces appartements, la lueur dans le regard d’Elinor s’embrasa, étincelle donnant naissance à la flamme.

Ils n’avaient nul besoin de mots. Les lèvres gourmandes et envieuses de l’homme la poussaient à en vouloir toujours plus à son tour. Les mains d’Ondrew, cajoleuses, se firent plus avides et, tandis qu’elle sentait ses doigts jouer avec le lacet de la robe, ses propres mains forcèrent le veston qu’il portait à finir sa course sur le sol avec une rage passionnée. Ses mains tiraillaient le tissu de sa chemise, souhaitant rapidement faire tomber cette barrière. Le faible espace entre leurs corps permettaient à l’un et à l’autre de redécouvrir ce profil si longtemps éloigné. Les siennes, glissaient le long de son torse, venant chatouiller le haut de ses jambes avant de remonter pour redécouvrir chaque muscle saillant du seigneur de Tumbleton. Le tissu la gênait et ses doigts, dans un geste malicieux, se glissaient parfois en dessous de cette chemise pour venir rencontrer la peau chaude de son mari. Finalement, la main d’Ondrew vint chercher sa cuisse, l’incitant à venir sous ses doigts, forçant Elinor à quitter le sol pour ne plus que vivre dans les bras de l’élu de son cœur.

Le craquement du tissu la fit rire à nouveau. Qu’importait la robe, la qualité et le prix de l’ouvrage. Rien ne valait les sensations qui faisaient de cet instant un de ces moments uniques qui ouvrait sa mémoire en grand pour marquer au fer rouge chaque petit élément et ne jamais les oublier. Alors elle rit, telle l’enfant qu’elle était encore au fond d’elle, les lèvres de son adoré quittant ses lèvres pour plonger dans son cou, elle qui le dominait légèrement maintenant qu’il la portait, ses cuisses venant se resserrer sur sa taille pour se maintenir, son bassin contre le sien. Les soupirs se multipliaient, appelant à l’extase, au bonheur. Le murmure venant chatouiller son oreille la fit frissonner. Toute entière. Son regard se planta à nouveau dans celui de son époux, le feu ardent dévorant son corps y transparaissant sans honte aucune. Elle aussi, le désirait, tout entier. Elle voulait son esprit, sa présence. Elle voulait son corps. Ses mains se refermèrent sur sa nuque tandis que ses lèvres vinrent chercher à nouveau les siennes. Ils étaient seuls au monde.

« Je suis toute à toi… » Elle sourit avec douceur avant de poursuivre par une nouvelle série de baisers, glissant le long de sa mâchoire pour finir par venir chatouiller le lobe de son oreille. Le laissant la guider, elle finit par prendre place dans le lit, se laissant aller doucement en arrière pour s’asseoir sur les draps. Elle aurait pu simplement s’allonger, mais ses mains profitèrent de l’instant pour tirer sur la chemise de l’homme qui se trouvait en face d’elle, le forçant à la passer par-dessus sa tête, l’obligeant à se mettre torse nu. Alors, son corps ainsi révélé, Elinor marqua un temps d’arrêt, le dévisageant sans même se cacher. Ses doigts accompagnèrent son regard, ramenant un instant de calme dans la tempête qui grandissait pourtant en eux, accalmie délicieuse et nécessaire à la redécouverte de cet autre corps qu’elle n’avait conservé que dans des souvenirs. Glissant sur sa peau, ses doigts finirent par venir rencontrer cette cicatrice qu’Elinor ne lui connaissait pas. En rien, elle n’enlaidissait le corps de son époux, ne faisant que le marquer de cette survie incessante qu’ils menaient côte à côte. Effleurant la peau marquée d’une trace rosée, elle murmura alors quelques mots. « Aurais-je aussi, un jour, le droit de poser ma marque sur toi ou ce privilège n’est réservé qu’aux nobles seigneurs ? »


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Ondrew Piète
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MessageSujet: Re: Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]   Sam 7 Avr 2018 - 22:54




Home, Finally
Longues avaient été les nuits, parfois presque trop fraîches, où Ondrew avait rêvé de ce moment où il pourrait à nouveau agripper son épouse, la sentir contre lui, vivre ailleurs que dans ses souvenirs cette attirance trop irréelle que pour n’être uniquement de nature humaine. Comment, autrement, expliquer un an dans une contrée où la luxure n’était pas un péché, où elle était au contraire encouragée, un an durant lequel il n’avait pas, une seule fois, cédé aux tentations offertes par Dorne et ses femmes ? Le Bieffois n’avait pas été le premier à être envoyé dans la contrée australe par le pouvoir des Sept Couronnes, et les récits qu’il en avait entendus avaient toujours été les mêmes : un jour où l’autre, là-bas, on en oubliait ce qu’on était, son devoir, ses attaches, et on s’abandonnait aux mirages charnels que le désert et ses habitants avaient à offrir. Pas lui, pourtant, alors que son passé laissait entendre que le seigneur de Tumbleton n’avait rien du mari fidèle à celle qu’il avait épousé devant les Sept. Pas avant Elinor. Dans un sens, il avait aimé Sara, un premier temps, même après, mais cela ne l’avait pas empêché d’aller voir ailleurs, porté par ses instincts de mâle. Il s’était même convaincu que ses actes avaient poussé cette première épouse malheureuse à la mort, l’image de ce cadavre revenant parfois hanter ses mauvais rêves, ceux qui lui rappelaient les malheurs qui avaient marqués sa vie. Alors, il s’était promis de ne plus s’y risquer, que plus aucune femme n’aurait à souffrir ou à mourir de ses actions. Fier de ses convictions, Ondrew avait su se tenir à ces résolutions, jusqu’au jour où le soleil de Port-Réal avait éclairé le visage de l’Araignée, jusqu’à ce sourire discret qu’il avait entraperçu, et qui avait fait voler en éclat toutes ses volontés, n’en laissant plus qu’une : elle devait être sienne.

Avec Elinor, tout avait été différent, tout était encore différent, maintenant qu’elle se trouvait tout contre lui, l’un étant désormais l’entièreté du monde de l’autre, pour quelques minutes au moins. Aucune autre n’était parvenue à s’accaparer son corps et son âme comme elle le faisait. C’était cela qui rendait cet instant unique, comme chaque nuits qu’ils avaient passé ensemble. Aucune ne ressemblait réellement à une autre, à chaque fois qu’elle était sienne, il semblait à Ondrew redécouvrir une partie de son épouse, un détail qu’il avait oublié sans vraiment l’avoir effacé, un mouvement, une attention, une partie de son corps, quelque chose qui à chaque fois l’attachait un peu plus à elle. De ses formes à son esprit acéré, tout chez l’Araignée semblait avoir été créé pour qu’il ne puisse que se prendre dans sa toile sans pouvoir s’en défaire, pire même, sans vouloir s’en défaire. Dès leur rencontre, Ondrew avait été condamné à lui dédier sa vie, mais c’était là une condamnation à laquelle il se pliait volontiers, une vie passée à ne pouvoir voir qu’elle, à n’avoir rien d’autre que sa présence à ses cotés n’aurait pas été une vie gâchée, pas pour lui.

Noyé dans ses baisers, le contact de ses lèvres sur les siennes, puis le long de son visage le firent frissonner, comme une onde incontrôlée remontant le long de son dos, signe que même son inconscient se repaissait de ces retrouvailles tant attendues. Elle avait ri en entendant le craquement de sa robe, elle qui pourtant prenait toujours grand soin de ses tenues, consciente de l’importance de celles-ci dans son apparence qu’elle voulait irréprochable… Mais aucun reproche n’était venu, l’un comme l’autre vivaient ces instants trop intensément que pour avoir la moindre considération pour autre chose que leurs corps, pour ne voir ces maigres séparations, presque insignifiantes, autrement que comme un obstacle, le dernier, à leur union renouvelée, un symbole de ce bonheur qui leur avait été arraché et qui aujourd’hui semblait enfin à nouveau à leur portée. Alors ses jambes parfaites, si gracieuses, libérées des chaînes imposées par un tissu importun, s’étaient enroulées autour des hanches de l’homme du Bief, cette étreinte un appel à bien plus, à ces envies charnelles qui se consumaient plus ardemment que le feu du dragon, et qui semblaient ne jamais vouloir s’éteindre. Un léger sourire de contentement se dessina sur le visage d’Ondrew tandis qu’il sentait le souffle de son âme sœur près de son oreille, chaud et plein de promesses… Mais ce n’était plus des promesses qu’appelaient ses pensées qui se bousculaient, pas plus que son corps entièrement éveillé, débarrassé comme par magie de la fatigue du voyage, trop de temps était passé où il n’avait vécu que par elles, et son bras droit enserré autour du bas du dos de son épouse vint la pousser un peu plus contre lui, pendant que sa main gauche se perdait dans sa chevelure, quand ses pas assurés les menaient tout deux jusqu’au large lit qui occupait une bonne partie de la chambre.

Habile, elle l’avait toujours été, si bien qu’elle lui ôta sa chemise d’un mouvement ample alors qu’il la déposait sur la couche, avec une certitude telle que même s’il avait voulu lutter, Ondrew n’aurait rien pu faire. Toujours debout, il laissa son Araignée reprendre ses marques avec son torse tandis qu’elle le redécouvrait du bout des doigts, ses yeux marrons suivant le tracé de ceux-ci tandis qu’ils le parcouraient, ne laissant aucun doute sur ses intentions. Ils avaient été séparés plus d’un an, et pourtant on pouvait voir dans le raegard de la Bieffoise qu’elle n’avait presque rien oublié de sa musculature, ni des marques et cicatrices qui parsemaient son corps… Jusqu’à la dernière, douloureux souvenir d’une défaite amère, une libération qui s’était soldée par le déshonneur et l’exil. La lame du seigneur de l’Ouest avait trouvé sa chair, et y avait laissé sa marque, comme celle d’autres avant elle. Les mots qu’Elinor lui murmura le firent sourire. Doucement, sa main trouva la sienne, lui faisant quitter ce mauvais souvenir pour la guider jusqu’à ses lèvres, embrassant ces doigts dont le contact lui avait tant manqué.

« Et pourquoi voudrais-tu faire ça ? »

Lâchant sa main, l’homme rejoignit son aimée sur le matelas, jusqu’à s’agenouiller derrière elle, avant de faire quitter son épaule gauche à sa robe, sa main glissant lentement de là jusqu’à son dos, ne se préoccupant nullement du lassage déjà partiellement défait et qui ne demandait qu’à ce que l’on termine son office.

« Ces cicatrices ont été faites par des ennemis, qui auraient voulu me séparer de toi définitivement… Des marques malheureuses qu’ils m’ont infligées contre mon gré. Mais toi, mon amour, tu m’as pris bien plus, tu as mon coeur, et mon âme. Et, si j’aurais évité ces cicatrices si j’en avais eu la possibilité, je donnerais tout pour m’assurer que tu gardes ce que tu m’as pris. »

A peine avait-il fini sa phrase que ses bras se posèrent sur le ventre de la jeune femme, la faisant basculer contre lui. La tête de son Araignée contre son torse, il lui suffisait de se baisser un peu pour à nouveau retrouver ses lèvres, dans un baiser empli de la sincérité de ses mots, comme du désir qui exhalait de chacun des pores de sa peau. D’un geste, il ôta la dernière manche qui tenait encore la tenue d’Elinor, avant de lui murmurer :

« Tu es mienne, je suis tien, c’était une réalité bien avant que les Dieux ne s’en mêlent, et ça le restera pour l’éternité... »


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Elinor Piète
COURONNE
■ Localisation : Port-Réal.
MessageSujet: Re: Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]   Mer 11 Avr 2018 - 0:18




So happy I could die
« Parce que tu es à moi. » La réponse avait été prononcée aussi vivement qu’elle était venue dans l’esprit de la belle Bieffoise. Le petit sourire mutin qui prit possession de ses lèvres ne laissait aucun doute sur ses intentions. Observant son époux par-dessous ses cils, le charme de l’Araignée cherchait toujours à opérer. Tissant ses toiles, elle appelait l’homme à se jeter dedans pour ne plus jamais en ressortir. Mieux, encore, elle souhaitait le mordre pour que son corps soit sien, possédé par son venin, marqué par ses crocs pour qu’aucune autre ne puisse prétendre l’atteindre. Mais la métaphore allait bien au-delà des intentions véritables d’Elinor qui resserra doucement ses doigts sur ceux de son époux qui avaient, quelques instants plus tôt, portés sa main gracile à ses lèvres pour y déposer un tendre baiser. Je suis tienne, et tu es mien. La promesse de leur union ressortait à travers ses mots, bien qu’elle ne cite ceux qui furent prononcés ce jour-là.

Il relâcha sa main, se glissant à son tour sur les draps pour venir se placer derrière elle. Le sourire de la jeune femme s’élargit doucement tandis qu’elle sentait les mains de son époux retrouver son corps, forçant le tissu à glisser de l’une de ses épaules, dévoilant sa peau claire au regard du seul homme qui était en droit de la voir. Ses doigts effleuraient son dos tandis qu’il poursuivait ses mots, lui expliquant sa vision des choses devant la demande taquine de son épouse. Des ennemis. Et les Sept savaient à quel point le couple Piète en avait. Oberyn Tyrell. Garett Lannister. Maegor Targaryen. Les noms se succédaient dans l’esprit de la jeune femme tandis qu’elle essayait de remettre un nom sur chacune des marques que portait son époux. La plupart de ces séquelles avaient été remportés lors de Tournoi. Mais beaucoup rappelaient cette longue guerre qui avait secoué les Sept Couronnes. Combien de batailles Ondrew avait-il mené ? Lui avait-il seulement tout raconté ? Quelles horreurs avait-il dû voir pour, finalement, faire partie de ceux qui perdirent cette guerre ?

Sa main vint trouver la sienne, posée sur son épaule, caressant son dos du bout de ses doigts tandis qu’il poursuivait. Elle lui avait pris son cœur. Ses paupières se fermèrent à cette pensée, certaine de la véracité du propos. Elle baignait dans cette sincérité, cet amour si puissant qu’il les empêchait de douter. En ce jour de l’an 42, ils avaient fait bien plus qu’unir leurs corps. Ils avaient échangé leur cœur. Elle avait le sien, il portait celui de l’Araignée. Il en allait de même pour leur âme, offerte sur l’autel de l’amour, présent à la hauteur de l’amour qu’ils se portaient mutuellement. Qu’importaient les marques sur le corps de l’homme, Elinor avait emporté la seule chose qui importait réellement. Ouvrant de nouveau ses yeux noisette, elle se laissa aller en arrière tandis qu’il l’attirait sur ses genoux. Elle se mordit la lèvre inférieure, relevant son regard vers lui, le dévisageant avec ce désir qui, de nouveau, réveillait la faim charnelle trop longtemps enfouie sous le reste. D’une main habile, il joua avec l’autre manche couvrant ses épaules, forçant le laçage à lâcher du lest. Le tissu ne tenait plus que par le bon vouloir du seigneur de Tumbleton.

Renouvelant les vœux fait devant les Sept, il lui rappela que ceux-ci avaient été prononcé bien avant leur union. Et il avait raison. Dès le premier regard, les mots avaient traversé l’esprit de la jeune fille qu’elle était alors, se sentant immédiatement sous l’emprise de l’homme du Bief. Ils n’avaient alors pas eu besoin de parler pour que les Sept scellent leur union future ainsi que toute la suite d’aventures communes qui faisait de leur couple ce qu’il était aujourd’hui. Amis. Partenaires. Amants. Epoux. Elinor l’attira à elle, l’embrassant à nouveau tandis que l’ivresse la regagnait, oubliant ce court instant d’accalmie dans le brasier ardent qu’ils traversaient ensemble. Finalement, elle se redressa, faisant face à son époux, tirant sur le bas de sa robe qui craqua de plus belle pour la relever, venant se placer sur lui, toujours agenouillé. Le tissu qui couvrait sa poitrine menaçait de tomber pour de bon à chacun de ses gestes et, pourtant, il attendait l’invitation formelle du maître des lieux pour pouvoir disposer pour de bon. Ses mains retrouvèrent sa peau, caressant son torse sans aucun obstacle, sans que la chemise ne la gêne. Ses lèvres avides se plaquaient sur les siennes sans aucune envie de les quitter, laissant parfois sa langue venir effleurer la sienne.

Finalement, un sourire en coin sur les lèvres, elle le força à s’allonger, laissant son propre corps le pousser pour ne guère lui laisser le choix, accompagnant sa chute contre les oreillers de plumes. Elle le laissa étendre ses jambes avant de se redresser, le dominant de son buste, lui offrant la contemplation d’elle-même, profitant de l’instant pour repousser quelques mèches de cheveux rebelles afin de les remettre à leur place. Assise sur lui, elle se faisait reine de la situation. Voilà bien longtemps que ce rôle n’avait su lui être accordé. Si Ondrew s’accordait à le lui offrir, Maegor le lui avait volé, préférant tordre ses membres, se délectant de sa souffrance pour mieux soumettre l’araignée à sa volonté, à ses besoins primitifs. Un frisson parcourut son échine à cette pensée, bien vite dissimulé par un sourire tendre. Ses doigts glissaient sur sa peau, remontant vers son cou sur lequel elle se pencha, déposant de nouveaux baisers avant de murmurer quelques mots faisant écho à ses propres paroles. « Pour toujours, et à jamais. » Ses caresses se faisaient toujours plus cajoleuses tandis qu’elle le couvrait de nouveau de baisers, l’une de ses mains venant trouver ses cheveux pour les caresser avec douceur. Qu’importait le devoir en cet instant, ils étaient déjà seuls au monde. Relevant son regard vers lui, marquant une nouvelle pause, elle lui caressa la joue avec douceur. « Je t’aime, Ondrew. » Quatre mots. Treize lettres. Et avec cela, l’ultime accord pour sceller à nouveau leur mariage de la plus belle des manières.


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Ondrew Piète
COURONNE
MessageSujet: Re: Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]   Ven 13 Avr 2018 - 14:50




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Ses mots à peine prononcés, Elinor attira à nouveau son visage contre le sien. Evidemment, pour eux tout cela n’était qu’une évidence qui s’était imposée au premier regard, aux premières paroles échangées. Don des Dieux, pur hasard ou destinée écrite par avance, Ondrew l’avait senti dans tout son être, il ne pourrait plus jamais exister sans l’avoir à ses côtés. Une telle vie ne pourrait plus qu’être grise, sans saveur, elle serait vide de toute joie ou de la moindre chance de bonheur, il ne pourrait trouver une personne qui le compléterait comme le faisait l’Araignée, pas plus que quelqu’un qui en même temps lui était si semblable, et capable de le combler tant sur le plan physique que sur celui de l’esprit. Certains avaient mis en avant la jeunesse de la Bieffoise pour tenter de le convaincre qu’elle n’était pas pour lui, trop peu mature, à peine une enfant qui venait d’entrer dans l’âge adulte quand ils s’étaient rencontrés, et comme ils avaient eu tort ! L’un comme l’autre étaient des survivants, Elinor avait traversé des épreuves qui auraient brisé n’importe quelle autre femme, les cellules noires, une accusation de Régicide, et pourtant elle s’en était sortie, mieux encore elle était parvenue en un an à retrouver une position confortable, sans personne pour l’y aider, dans un environnement qui lui était hostile. Tout cela prouvait une force d’âme, une intelligence rare, déjà rare chez un homme, mais unique chez une femme, d’autant plus jeune et belle comme elle. Peut-être était-ce cette force latente qui l’avait marqué lors de leur rencontre, ce sentiment qu’il avait enfin trouvé une femme digne de lui, mieux même, une épouse potentielle dont il pouvait être fier et se sentir honoré de l’avoir à son bras, quelqu’un qui en plus d’exister à son côté, serait capable de briller par elle-même. Et pour toutes ces raisons, qui sans doute étaient devenues plus brumeuses dans l’horreur de la guerre, une fois encore, Ondrew se promit silencieusement qu’il ne laisserait plus personne, Seigneur, Roi ou Dieu, les séparer.

Un mouvement, un nouveau craquement de tissu, et son épouse se trouvait à nouveau face à lui, assise sur ses genoux. Un bref instant, il aperçut son sourire mutin, qu’il connaissait si bien, et qu’il n’avait plus vu depuis ce qui semblait être une éternité. Même avant son exil, Elinor ne souriait plus vraiment, le poids de la guerre et l’inquiétude issue de l’incertitude de leur sort à tous, probablement. Mais celui-là était sincère, un miroir des promesses de lendemains heureux, le signe que leurs épreuves étaient terminées, pour le moment du moins. A peine apparut, ce symbole d’espoir disparut dans une nouvelle étreinte, leurs lèvres se retrouvant à nouveau, plus ardentes, cherchant un contact plus fusionnel encore que les précédents. Instinctivement, la main gauche du Bieffois retrouva le genou mis à nu de son amour, la droite se plaquant contre son dos pour la rapprocher un peu plus de lui. Dans l’instant, les peines passées, les frustrations et les douleurs étaient effacées au profit de cette seule présence féminine contre lui, s’il avait pu choisir de faire durer ces instants pour le restant de sa vie, il l’aurait accepté sans aucune hésitation. Lentement, avide de la retrouver tout entière, sa main remontait le long de la cuisse de l’Araignée, ne frôlant que par moment la riche étoffe par deux fois déjà malmenée. Avant qu’elle ne puisse atteindre son objectif, l’Araignée quitta ses lèvres pour afficher un nouveau sourire, et pousser son amant en arrière, sans force réelle, mais Ondrew n’avait jamais été homme à trop lui résister quand il s’agissait de ces jeux auxquels il s’adonnaient.

Il l’avait compris des années plutôt, il avait tout à gagner avec Elinor à ne pas être de ces hommes qui voulaient à tout prix tout dominer, ne pas lui laisser place à prendre l’ascendant, à la réduire à son simple jouet, tant dans les affaires charnelles que quand il s’agissait d’intrigues, de politique ou d’apparence. C’était ainsi qu’il l’aimait, en tant qu’elle-même et pas seulement comme une ombre ou une idée qu’il aurait pu se faire d’elle, capable d’initiative et pas uniquement là pour répondre à ses envies ou à ses directives. Depuis, ce choix de la laisser s’épanouir se révélait le meilleur possible, en cet instant encore, alors qu’elle s’offrait à sa vue dans toute sa splendeur. Et belle elle l’était, probablement l’une des plus grandes beautés du Royaume, la plus belle à ses yeux, encore plus alors que sa robe n’attendait plus qu’un geste pour révéler son corps entier. Il y avait une grâce naturelle dans chacun de ses gestes, un envoutement dans le mouvement de ses doigts qui réarrangeaient ses cheveux, et qui ne pouvaient laisser personne indifférent, c’était certain… Et pourtant, elle n’était qu’à lui, et elle le resterait toujours, comme la jeune femme lui en susurrait la promesse à l’oreille entre deux séries de baisers. Elle l’aimait, il l’aimait, le malheur était derrière eux, et désormais il ne tenait qu’à l’un et l’autre de faire en sorte que l’avenir soit radieux. Ensemble. D’un geste tendre, Ondrew passa une main dans les cheveux sombres d’Elinor pour dégager son oreille, relevant légèrement la tête pour s’en approcher, lui livrant dans un murmure un secret qui n’en avait jamais été un, pour personne.

« Je t’aime. »

S’ils n’avaient pas été la plus pure vérité, ces mots auraient pu n’être qu’une diversion pour un dessein bien plus terre à terre. L’attente, les barrières qui n’en étaient pas vraiment avaient une certaine saveur, mais Ondrew en avait assez de ne faire qu’imaginer ce corps qui lui avait tant manqué, ses souvenirs se superposant aux formes encore masquées par les restes de la robe de son Araignée. Alors, profitant de la douce diversion de sa révélation, sa main libre acheva définitivement de délacer le corsage de son amante, libérant sa poitrine et l’offrant toute entière à sa vue. L’espace d’un instant, elle lui sembla même un peu plus forte que dans ses souvenirs, mais il n’en avait cure, elle était toujours aussi parfaite. Avide, il embrassa son aimée de plus belle, son désir embrasé par ce corps presque entièrement dénudé, tandis que sa main libératrice vint caresser ces collines que trop longtemps il n’avait pu explorer, avant de se saisir de l’une d’elles, à nouveau siennes, enfin. Trouvant l’extrême volonté nécessaire à quitter de nouveau ces lèvres qui l’attiraient à elles à chaque instant, le souffle court, Ondrew admira à nouveau cette femme au corps digne de ceux que l’on décrivait dans les légendes, ou dans les chansons que l’on ne chantait qu’une fois les oreilles d’enfants bien loin, et fixa à nouveau son regard trahissant tous ses désirs dans le sien, avant d’annoncer :

« Je te veux. Maintenant. »


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Elinor Piète
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MessageSujet: Re: Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]   Sam 14 Avr 2018 - 1:30




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Chaque caresse était ressentie de manière insensée. Elle ne pouvait l’expliquer, enivrée par le moment présent, par ces retrouvailles si douces et si belles. Le passage des mains d’Ondrew sur son corps provoquait un frisson incontrôlé sur tout le chemin parcouru, menaçant quelques soupirs de s’échapper de la gorge d’Elinor. Elle le désirait un peu plus à chaque minute et savait bien que, tôt ou tard, il faudrait que l’homme mette fin à sa souffrance, qu’il achève l’instant en lui offrant ce qu’elle souhaitait le plus au monde. Ainsi assise sur lui, elle gardait le contrôle complet de la situation, elle se faisait maîtresse des envies de son époux et Reine impitoyable capable de lui offrir ce qu’il souhaitait autant que de l’en priver. Et cela lui plaisait. Dans les yeux de son mari, il y avait l’envie, le désir, cette pulsion ardente qui les poussait inlassablement à lier leurs corps. Miroir parfait aux étincelles qui brillaient dans les siens. Elle le voulait. Pour toujours et à jamais.

A peine lui avait-elle signifié ses sentiments que les baisers reprenaient de plus belles, les mains de la jeune fille réchauffant la peau de son époux par des caresses envieuses. Lui finit par murmurer les mêmes mots à son oreille, la faisant soupirer d’aise, lui faisant oublier cette main glissée dans son dos qui vint achever le lacet de sa robe d’un mouvement habile, provoquant la chute de son corset, révélant sa poitrine aux yeux de son époux. Comme la première fois, elle sentit le rouge monter sur ses joues, timide enfant encore impressionnée par ce regard envieux sur son corps pourtant si désirable. Mais la gêne disparut, happée par les baiser et les caresses. Les doigts d’Ondrew venant trouver sa chair lui firent lâcher un premier long soupir, marque d’un désir et d’une envie qu’elle ne pouvait plus contenir. Ses lèvres se firent plus avides, l’appétit de la jeune femme grandissant sous le contact enfin retrouvé des caresses offertes par son époux.

Finalement, il rompit ce contact, l’admirant à nouveau, forçant les joues de la jeune fille à rosir. Puis, son regard retrouva le sien, envieux, fiévreux. Elle se mordilla la lèvre inférieure tandis, qu’enfin, il lui offrit les mots qui faisaient écho à ses pensées. Je te veux. Pouvait-il faire mieux que cela ? Pouvait-il être plus franc, plus direct ? Et quand bien même cela était possible, le message avait percuté l’esprit de la jeune Araignée qui, dans un nouveau sourire, embrassa se plus belle. Ses lèvres, pourtant, ne restèrent pas longtemps sur les siennes, glissant dans son cou, la belle finit par atteindre ses clavicules. Puis, jouant de ses jambes et de ses mains, caressant toujours le torse du bel homme, elle commença à descendre le long de son torse, effleurant de ses lèvres sa peau bouillante pour y déposer quelques baisers, çà et là, son regard se relevant de temps à autres pour mieux le voir se délecter de cet instant. Avec une lenteur presqu’exagérée quand lui la souhaitait maintenant, elle finit par se redresser, un large sourire sur ses lèvres. « Maintenant, dis-tu… ? Mais il nous reste bien des obstacles à enlever à cela… » Glissant au bout du lit sans jamais le quitter du regard, elle se leva, sa robe tenant miraculeusement, coincée par son bassin.

S’affairant à s’occuper d’abord de ce qui s’annonçait être le plus gênant, Elinor attrapa une chaussure d’Ondrew, tirant dessus avec rage et passion pour s’en débarrasser. La seconde ne fit pas mieux, nulle résistance n’aurait su être tolérée par la jeune femme. Ses yeux noisette se posèrent alors sur l’homme allongé dans son lit. Plus d’une fois, elle avait rêvé de le voir ainsi, à sa merci… Ou peut-être était-elle, celle qui l’était véritablement ? Grand bien lui fasse, la situation était on ne peut plus parfaite et Elinor était comblée. Au Septième ciel avant même d’avoir essayé d’y parvenir. Un sourire en coin s’étira sur ses lèvres tandis qu’elle penchait légèrement sa tête sur le côté. « Maintenant que cela est fait… » Ses doigts glissèrent le long de sa taille, venant rencontrer le tissu de sa robe qui demeurait coincé sur ses hanches. Le pinçant avec délicatesse, elle n’eut qu’à jouer légèrement de ses doigts pour libérer le tissu du léger blocage qu’il rencontrait. Ses doigts s’ouvrirent, libérant alors le vêtement qui chuta au sol.

Nue comme à son premier jour, Elinor resta debout un instant, relevant gracieusement le menton, toisant son époux d’un regard digne de la noble dame qu’elle était. Belle, elle l’était et elle le savait car le regard qu’il lui renvoyait ne laissait aucun doute à ce sujet. Les Sept pouvaient l’en damner et peut-être son mariage en dent de scie était là la punition de leur fait pour lui avoir offert une plastique aussi superbe. Se mouvant à nouveau, elle revint sur le lit, s’aidant de ses quatre membres pour avancer dans le moelleux du matelas. Revenant à la hauteur de son époux, elle se laissa aller à ses côtés, posa sa tête contre son oreiller, ne le quittant pas des yeux. Pourtant, ses mains regagnèrent son torse avec douceur, caressant sa peau, avant de descendre avec lenteur. Ses doigts commencèrent alors à jouer avec la boucle de sa ceinture. Sa voix se fit murmure tandis que son cœur battait fortement sa poitrine. « Si tu me veux… Alors viens me prendre. »


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Ondrew Piète
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MessageSujet: Re: Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]   Lun 16 Avr 2018 - 21:02




Home, Finally
Elinor avait toujours eu le don d’instiller un doute, qui n’en était jamais vraiment un, quant à ses intentions envers son mari. Même déjà presque entièrement nue, offerte au regard d’Ondrew et le même désir que celui-ci dans ses yeux bruns, même après un an de séparation, elle parvenait à garder un contrôle sur la situation, à laisser planer l’illusion, peu probable mais toujours là, qu’elle pouvait encore quitter sa position, lui lancer un sourire entendu et se rhabiller, lui refuser la seule chose qu’il voulait encore en cet instant. Une véritable Araignée qui jouait avec une proie lui étant déjà acquise, qui le laissait douter, et être certain de ce qui se passerait bientôt en même temps. C’était là sa vraie force, celle de montrer qu’elle ne serait jamais réellement acquise, dépendante à lui, qu’au delà de l’amour, du désir indéniable entre eux, il faudrait à Ondrew se rappeler que sa belle, et ses faveurs, se devaient d’être entretenue, écoutée, aimée, qu’il lui faudrait toujours déployer le meilleur de lui-même pour s’assurer que leur relation reste ce qu’elle avait su rester toutes ces années à travers les épreuves : un refuge dans le chaos qui se déchaînait autour d’eux, une force dans laquelle puiser pour pouvoir mieux affronter leurs ennemis.

Lentement, trop lentement à son goût, la jeune femme se redressa à nouveau, non sans avoir une fois de plus embrasé ses sens, mis sa patience à rude épreuve en même temps qu’il se régalait du contact de ses lèvres sur son torse. Sans le quitter du regard, telle une prédatrice qui ne faisait que retarder la mise à mort pour mieux faire monter la tension, et profiter de l’instant de presque toute puissance qu’elle avait sur son époux. Lui n’était que contemplation pour ce corps trop longtemps arraché à sa vue, provisoirement hors de sa portée mais par la même bien plus visible. Sans pudeur aucune, elle ne tentait pas de cacher ses formes tandis qu’elle lui ôtait ses bottes avec une force insoupçonnée, s’offrant sous bien des angles au regard affamé de l’exilé enfin de retour. Ondrew ne saurait se contenter longtemps de cela simplement, mais il n’en était pas moins presque hypnotisé par la beauté et la grâce de son épouse, il entendait à peine ses mots alors qu’elle se redressait à nouveau, faisant tomber ce qui restait de sa robe d’un geste bref, empreint de la sensualité qui lui était propre, et des promesses des instants prochains. Désormais entièrement nue, la bieffoise le toisa de toute sa hauteur, comme une provocation à l’égard de son mari toujours allongé, une invitation, qu’il cesse de l’admirer et qu’il fasse d’elle ce qu’il voulait, ce qu’elle voulait, les deux n’étaient probablement qu’une seule et même chose. Une seconde de plus, peut-être, et Ondrew n’aurait pas attendu plus, il aurait quitté les draps, le lit, et il l’aurait rejointe, le confort n’avait aucune importance quand elle l’attendait ainsi à quelques mètres à peine. Mais il n’en eut pas le temps, comme si elle avait compris les intentions de son époux, Elinor quitta sa posture pour le rejoindre dans un mouvement tout félin, s’allongeant en face de lui. Il n’était plus question de jeu dans ses yeux tandis qu’elle le fixait, il n’y avait plus que cet appel, répercuté dans les doigts de la jeune femme, cet appel à la rejoindre, à reprendre ce qui, toujours, lui avait appartenu.

Il suffit d’un murmure de son aimée pour que la patience d’Ondrew, son envie de retarder ses instincts pour mieux apprécier le moment qui lui était à nouveau offert vole en éclat, pour de bon, comme si la réponse de son araignée avait en même temps coupé les fils invisibles de sa toile, qui jusqu’à présent le gardait entièrement à sa merci. Mû par son envie bien trop longtemps contenue, le seigneur de Tumbleton s’appuya sur son coude pour réduire à peau de chagrin la distance qui les séparait, sa main trouvant les hanches parfaitement dessinées de la jeune femme, tandis que ses lèvres, à nouveau, venaient retrouver leurs homologues tant désirées. Douce d’abord, l’embrassade se fit rapidement plus enfiévrée au fur et à mesure que la chaleur du corps entièrement dénudé d’Elinor traversait les pores de sa peau, offrant une toute autre dimension aux vagues d’excitations qui parcouraient son corps, au bonheur d’être enfin réunis. De la même manière, sa main retrouvait les chemins qu’elle avait si souvent déjà empruntés le long des courbes de l’Araignée. D’instinct, il retrouvait ces endroits où sa sensibilité était légèrement plus grande qu’ailleurs. Il s’amusait des frissons provoqués, des légères tensions créées qui lui prouvaient que, même après un an, il la connaissait toujours autant.

Puis, soudainement, sa main remonta, frôlant sa poitrine pour se plaquer contre l’épaule de la jeune femme, qu’il poussa pour la mettre sur le dos, tout en profitant du mouvement pour se placer au dessus d’elle, une jambe entre les siennes. Désormais à sa merci, il contempla le visage de son Araignée, effleurant ses lèvres du pouce, savourant ce moment où il reprenait le contrôle de la situation, pour son plaisir à elle autant que le sien propre. Sa bouche trouva son cou, n’hésitant pas même à le mordiller du bout des dents, une main perdue dans les longues mèches brunes de son épouse, quand l’autre laissait l’équilibre de son maître à ses jambes pour se concentrer sur le corps de la belle, partant de sa clavicule pour descendre lentement jusqu’à ses seins, son ventre, sa cuisse… Alors seulement, Ondrew s’éleva un peu, posant son front contre la tempe de la jeune femme, et lui murmura à l’oreille, un sourire aux lèvres qui s’entendait jusque dans sa voix :

« Tu es une gardienne si parfaite, je ne voudrais pas me montrer ingrat… Que puis-je donc faire pour te montrer ma gratitude ? »

Mais il n’attendit pas de réponse de la part de son Elinor pour s’éxécuter, son visage quittant l’oreiller pour embrasser chaque partie de son corps, du cou à l’épaule, il s’attarda ensuite sur sa poitrine, tandis qu’une de ses mains se dirigeait résolument depuis sa hanche jusqu’à sa cuisse, ne remontant qu’alors pour trouver le centre du plaisir de son épouse… Car pour lui, son bonheur à elle restait primordial, avant même le sien.


© Belzébuth
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Qu'importe le temps passé si le futur promet des jours heureux • Ondrew & Elinor [-18]

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