Partagez | 
 

 Là où certains voient une catastrophe, d'autres imaginent les fondations de leur futur [ft. Oswell]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Elenei Connington
ORAGE
MessageSujet: Là où certains voient une catastrophe, d'autres imaginent les fondations de leur futur [ft. Oswell]   Mer 21 Mar 2018 - 21:15

Là où certains voient une catastrophe, d'autres imaginent les fondations de leur futur


Un livre ouvert posé sur ses genoux, Elenei était assise dans un fauteuil confortable, vêtue d'une robe de chambre en soie brocardée rouge et or. Peu importait que ce ne soient pas là les couleurs de la Maison de son époux, elle restait fidèle aux Lannister avant toute autre. Et puis, l'or lui allait bien mieux que l'argent, tout simplement. Elle ne parvenait malheureusement pas à se concentrer sur les pages qui se trouvaient sous ses yeux. Il s'était passé trop de choses ces derniers jours pour qu'un ouvrage sur la construction du Donjon Rouge soit bien attirant. Il y a deux jours, Lady Rohanna Baratheon était tombée au sol sous les yeux de toute la cour réunie. Un événement bien plus impressionnant que le mariage ou le couronnement ne l'avaient été.

Deux choses l'empêchaient de se concentrer : sa frustration quant au manque d'informations valables circulant dans les couloirs du Donjon, et son cher époux, ce brave Oswell, si fidèle aux Cerfs et tellement choqué par l'accident de Rohanna. En vérité cela tenait plus de l'attentat ou de la tentative d'assassinat que d'un accident, mais la lionne avait bien du mal à trouver de la pitié pour son ennemie. Seulement de la surprise, et une certaine satisfaction. Et plus que tout, une immense curiosité. Qui avait pu empoisonner la dame d'Accalmie ? Qui avait osé ? Elle l'aurait bien félicité, et attendait avec impatience les nouvelles au sujet de la santé de sa rivale. Dommage qu'elle ne soit pas morte sur le coup, l'effet aurait été bien plus dramatique, et le spectacle assurément amusant.

Elle avait mal les pieds d'avoir parcouru les couloirs à la recherche d'informations sur l'incident. Oh, bien sûr, elle n'avait guère posé de questions directes, mais les gens du château ne parlaient que de cela, et elle avait laissé traîner ses oreilles afin d'en apprendre plus. On soupçonnait un poison venu du Nord, quoi de plus normal puisque les Stark avaient fait de la résistance et ne s'étaient pas présentés pour prêter allégeance. La prestation de serments avait été une drôle d'affaire, bâclée, et sujette à bien des commérages également, si Rohanna n'avait pas pris précédence.

Robb était bien trop occupé pour voir du monde, malheureusement. Elle ne pouvait l'atteindre – pour l'instant. Elenei leva les yeux un instant en direction de son époux, qui venait de faire son apparition dans le salon de réception des appartements qui leur avaient été alloués pour le séjour, avant de se remettre à lire. Elle aurait pu se considérer comme chanceuse, selon les standards en vigueurs. Elle n'avait pas été obligée d'épouser un vieux boiteux édenté aux manières impolies. Oswell était un bel homme, les épaules larges, musclé, un beau visage et des yeux rieurs et qui avait le chic de charmer tout qui traversait sa route, homme ou femme. Il s'y connaissait pour se faire des relations, elle devait l'admettre. Parfois trop bien, d'ailleurs ! Et contrairement à bon nombre de chevaliers Westerosi, il avait de la conversation. Elle ne le côtoyait pas très souvent ; par nécessité d'abord, à cause de la guerre, par pragmatisme, ensuite. Elle avait été envoyée dans les Terres de l'Orage par Garett dans le but de garder un oeil sur les Cerfs, ce qu'elle ne pouvait faire correctement depuis La Griffonière. Elle était donc obligée de se disputer régulièrement avec Oswell, afin d'avoir un prétexte pour claquer la porte et pouvoir chercher un peu de réconfort auprès de sa tante Kyra, veuve de Théoden et mère de l'actuel suzerain de la région. Kyra l'avait accueillie quand elle lui avait été envoyée durant son adolescence, elle et la mère de Garett ne savaient se supporter, et l'autre avait gagné une manche en l'envoyant loin du Roc. Mais Elenei avait trouvé une seconde mère en la personne de Kyra, et leur entente était cordiale. Toutes deux avaient une vision bien affirmée de la position des Lannister à la cour et des ambitions et buts à atteindre. Kyra avait presque été aussi déçue qu'Elenei, quand Theoden lui avait refusé la main de son fils aîné, dont elle était pourtant amoureuse. Cette histoire datait de plus d'une décennie, mais Elennei n'avait toujours pas accepté de s'être vue reléguée au second plan, mariée à une famille ancienne, certes, mais pas suzeraine. Et surtout, surtout ; Robb avait épousé une campagnarde à peine sortie de la bouse, une fille dont la famille avait répudié une amie, Tess Baratheon, pour cause d'infertilité. Rohanna ne semblait pas plus fertile qu'un désert, mais Robb, lui, ne la répudiait pas, malheureusement. Si seulement elle avait pu mourir !

Mais réminiscer sur les causes de sa présence au sein de la délégation de l'Orage ne servait aucun but. Elenei savait son époux proche de Rohanna. Non contente de lui voler Robb et la suzeraineté, cette catin se permettait de charmer son mari, et cela, elle ne pouvait l'accepter ! Si seulement elle pouvait crever comme la chienne qu'elle était ! En attendant, le Chaton du Roc comptait bien récupérer un tant soit peu son époux sous sa coupe.

Faisant mine de continuer à lire, elle dirigea ses yeux vers lui sans bouger la tête. «  Elle s'en sortira. Tu verras. » Les cafards étaient moins opiniâtres que cette bonne femme ! Elle se saisit d'une lamelle de cuir fin afin de marquer sa page puis elle releva la tête pour regarder Oswell, « Robb t'a parlé ? Tu as pu la voir ? » Elle ne put empêcher un brin de dédain d'entrer dans sa voix en parlant de Rohanna, cette usurpatrice ! Si elle s'inquiétait du sort de Rohanna c'était uniquement pour les répercussions que cela aurait sur la politique, non parce qu'elle appréciait la dame de quelque façon que ce soit.

Codage par Libella sur Graphiorum

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •



   
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Oswell Connington
ORAGE
MessageSujet: Re: Là où certains voient une catastrophe, d'autres imaginent les fondations de leur futur [ft. Oswell]   Ven 23 Mar 2018 - 2:36

Elenei✧Oswell
Là où certains voient une catastrophe, d'autres imaginent
les fondations de leur futur
An 49, Lune 2, peu après les noces royales
Oswell détestait Port-Réal plus que toutes les autres villes qu’il avait visitées. C’était trop grand, trop dense, plus puant que Braavos, et plus bruyant que Vaes Dothrak, si seulement c’était possible. Et puis, bien sûr, il y avait ces regards. Il se sentait épié, tout le temps, toujours, partout, par tout le monde. Il y avait les gardes, qui le surveillaient officiellement, mais il y avait aussi ces gueules d’enfants, ces femmes frêles, ces hommes encapuchonnés, qui suivaient ses moindres faits et gestes, dont il sentait le regard lourd jusque dans sa couche. Oswell leur aurait ri au nez s’il n’avait pas été si fatigué et dégouté par cette ville. Il ne représentait aucun intérêt, pour eux, il ne comprenait même pas pourquoi cette foule s’appliquait à le suivre, alors qu’ils avaient tous certainement plus d’information que lui sur cette sale affaire. Car Port-Réal avait aussi ce défaut-là d’attirer les drames : après un monstrueux mariage entre un frère et sa sœur – royaux ou non – voilà qu’on tentait d’assassiner la suzeraine de l’Orage, qui plus est, épouse du régent de Westeros et Main du Roi. Au passage, on avait tué leurs héritiers tant attendus, et depuis cet instant, la foudre de l’Orage n’avait cessé de menacer de s’abattre. Oswell avait écumé le Donjon Rouge toute la journée de la veille, tentant d’éclaircir comme il le pouvait la situation, allant jusqu’à s’entretenir avec Aglahad Swann, mettant de côté ses différents avec lui pour tenter, au moins autour de cette affaire, de trouver un accord. Les orageois devaient montrer un front uni face à tout cela, mais la confusion régnait tellement au château que la tâche était loin d’être aisée.
Aujourd’hui, il avait décidé de sortir du Donjon Rouge, pensant que marcher dans les rues de Port-Réal l’aiderait à y voir plus clair. Comment avait-il pu croire-cela ? Il avait manqué de se faire voler sa bourse une dizaine de fois, par des petites mains qui s’étaient crues plus fines que lui, il avait prié pour que des yeux apparaissent à l’arrière de son crâne tant il avait été lassé de devoir se retourner pour chasser d’un regard sombre les espions qui le suivaient, et il était rentré au Donjon puant plus fort qu’un nordien en plein Hiver. Il n’avait qu’une hâte : rentrer à la Griffonnière, une fois que toute cette affaire se serait un peu calmée. Encore quelques jours, se disait-il, alors que les gardes aux couleurs des Baratheon le laissaient rentrer dans le château. Au moins, eux avaient la décence de ne pas souffler leur haleine fétide dans le creux de son cou. C’était un privilège obtenu seulement par sa femme, ces derniers temps, certainement parce qu’elle avait cette étonnante capacité de ne jamais pouvoir être qualifiée par cet adjectif, fétide. Etait-ce cela, finalement, le mariage ? Ne jamais puer aux yeux de son cher et tendre ? Pas certain. En tout cas, ce n’était pas tout à fait réciproque pour Elenei, c’est pourquoi il réclama à la servante en charge de ses appartements qu’on lui préparât un bain et qu’on lui lavât ses vêtements. Etait-ce cela, le mariage, alors ? S’assurer de ne pas puer avant de s’afficher devant sa chère et tendre ? Pas certain non plus.

Pénétrant dans le salon où il savait sa femme installée, propre et rhabillé, il se dirigea vers le petit cabinet où on leur avait laissé quelques bouteilles de vin à disposition. Il ne manqua pas de jeter un coup d’œil à Elenei, qui faisait mine de lire, assise sur un fauteuil trop large pour son corps fin, à peine vêtue d’un tissu de soie qui semblait marquer irrésistiblement le moindre creux que produisait sa peau. Il voulait connaître son point de vue à elle sur cette situation. Il la savait d’une intelligence acérée, ce qui, la plupart du temps, la rendait insupportable, mais pour cette fois-ci, pourrait être particulièrement utile. Il se servit, donc, un verre de vin, et, comme s’il l’avait cueillie au bon moment, il l’entendit dire, acerbe :

« Elle s'en sortira. Tu verras. »

Un sourire narquois naquit sur le visage d’Oswell, qui se félicitait de ne pas avoir eu à amener la discussion. Restant concentré sur son œuvre, il laissa cette promesse que lui faisait sa femme flotter dans l’air, jusqu’à ce qu’elle ajoute :

« Robb t'a parlé ? Tu as pu la voir ? »

Oswell connaissait peu sa femme, mais il avait su, très vite, combien elle détestait Lady Rohanna Baratheon. C’était d’elle dont il était question, et évidemment, il faudrait manœuvrer consciencieusement pour ne pas la braquer, et, pour commencer, il faudrait peut-être lui proposer quelque chose pour se détendre :

« Je te sers un verre ? »

Pas de velours, n’est-ce pas ? Il lui fit face un instant, attendant sa réponse. Il la regarda plus attentivement, attardant son attention sur les détails qu’il appréciait tant chez elle, dans les moments où il ne la détestait pas de tout son être. Sa mâchoire, haute, qui venait croiser son cou altier dans un pli au creux duquel il aimait glisser son visage. Ses doigts blancs, qui tenaient fermement ce livre qu’elle faisait semblant de lire, aussi savamment qu’ils savaient empoigner sa chevelure dans leurs moments d’intimité. Avant que son œil ne puisse atteindre son endroit préféré, que nous laisserons au lecteur le soin de deviner, il se força à planter ses iris dans les siens, pour répondre, plus précisément :

« Je vois Robb dans trois jours, je n’ai pas réussi à obtenir d’audience avant. Je rentrerai à la Griffonnière dans la foulée, ça grouille déjà bien trop par ici. »

Oswell ne voulait pas que son épouse réalise combien il se sentait inutile à Port-Réal, elle n’aurait aucune vergogne à se moquer de lui si c’était le cas. Portant la coupe de vin à ses lèvres, il laissa le liquide glisser le long de son gosier, se laissant aller quelques instants à la réflexion. Elle s’en sortira, disait Elenei. Par les Sept, comme il espérait qu’elle aie raison. Lady Rohanna était à ses yeux une immortelle, une intouchable ; l’attaque qu’elle avait subie devait être vue non seulement comme une trahison contre son mari et elle, contre les Baratheon, mais aussi et surtout contre le Roi lui-même. On ne s’en prend pas à l’épouse régente de la Main sans s’attendre à devenir célèbre du jour au lendemain. Qui était cette personne, parmi les plus culottées de Westeros, qui avait osé faire cela ? Empoisonner une suzeraine, doublement enceinte, inimaginable, et pourtant … Rohanna, parmi toutes, subissait cela. Robart devait être fou, si Oswell sentait sa propre colère de façon presque palpable dès qu’il songeait à la monstruosité subie par son amie.

« Elle est réveillée, de ce que j’ai entendu. Personne ne l’a vue, pas que je sache, en tout cas. Mais tu dois déjà le savoir, n’est-ce pas ? »

Oswell jeta un regard entendu à son épouse. Il ne l’avait pas vue de toute la journée précédente, et ce n’était certainement pas parce qu’elle s’était amusée à regarder l’horizon pendant douze heures d’affilée. Encore une fois, il avait épousé une femme à l’intelligence acérée, qui avait dû faire en sorte de récolter ses propres informations. Il enchaîna donc :

« Les paris vont déjà bon train, entre Stark, ennemis intimes, et malédiction familiale, aucune proposition ne semble faire plus de sens qu’une autre. Swann et moi nous sommes accordés : j’irai réviser mes armées dès que j’aurai reposé un pied sur l’Orage. Tu vas rester à Port-Réal ? »

Pas qu’il lui demande de le suivre, loin de là. Les époux Connington savaient qu’ils fonctionnaient mieux séparés qu’ensemble. Non, il espérait seulement que ça la pousse à discuter, mine de rien, de ce qu’elle ferait à la capitale, de la façon dont elle occuperait ses journées. S’il s’était chargé faire front uni avec Aglahad Swann pour l’heure, il espérait qu’il puisse en être de même avec Elenei. Après tout, c’était ce que faisaient les couples, d’ordinaire : ils se montraient unis, au moins en apparence, au mieux, par les liens du mariage.

nightgaunt

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

griffin&lioness
©crack in time
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Elenei Connington
ORAGE
MessageSujet: Re: Là où certains voient une catastrophe, d'autres imaginent les fondations de leur futur [ft. Oswell]   Dim 25 Mar 2018 - 22:15

Là où certains voient une catastrophe, d'autres imaginent les fondations de leur futur


Oswell fit son apparition alors qu'Elenei était installée confortablement dans un siège, un livre à la main. Il était vêtu de frais, mais paraissait fatigué. A l'instar de plus de la moitié des hommes de l'Orage depuis l'attentat. Ces derniers prenaient l'attaque sur la dame de leur seigneur comme un affront personnel et certains s'étaient mis en tête de patrouiller les couloirs afin de veiller à la sécurité. Pure idiotie ! Le coupable était loin. Ou trop malin pour se balader avec les preuves de son forfait dans les mains. Mais au moins cela les gardait occupés, et leur donnait l'impression d'être utile. Parfois c'était cela le plus important, le paraître. Comme pour beaucoup de choses. Paraissez riches et puissant, et les autres le supposeront et vous traiteront avec respect. Paraissez peu sûr de vous, et les inconnus en profitaient pour vous déchiqueter. Elle avait très tôt appris cette leçon.

Il se dirigea directement vers le cabinet contenant le vin. Ainsi, sa journée avait dû être horrible. Mai il était tout de même assez courtois pour lui en proposer un également.

« Oui. » Pas de merci, elle verrait plus tard s'il le méritait ou non. Son regard indiquait que sa tenue du moment était appréciée à sa juste valeur. Bien. De quoi l'appâter, suffisamment peut-être pour qu'il lâche des informations connues (et parfois lourdement gardées) par les seigneurs de l'Orage... Ces hommes étaient bien souvent très têtus. Elle posa le livre et se massa un pied endolori, sans le quitter du regard. On pouvait séduire un homme, rien qu'avec les yeux, et si elle voulait savoir ce qui s'était vraiment dit, elle devait en jouer. Il se taisait beaucoup trop souvent quand il s'agissait de Rohanna. Sa robe de chambre laissait entrevoir ses longues jambes, et le décolleté suffisamment de ses atouts pour tenter de le distraire, mais pas trop pour ne pas couper court à la discussion. L'équilibre était ardu à maintenir. Et cette tenue apparemment négligée lui avait pris plus de temps que bon nombre de personnes n'auraient pu le croire. Elle lui sourit d'un air charmeur et se saisit du verre qu'il lui tendit avant de se renfrogner.

Trois jours à attendre... Elenei sentit sa mâchoire se crisper. Elle aurait étranglé Robb à mains nues. Faire ainsi attendre son époux... et elle par la même occasion ! Pour qui se prenait-il ?! Il n'était Main du Roi que parce que Garett lui avait laissé l'opportunité de le devenir, pour aucune autre raison. Il devrait se souvenir de ne pas mettre le lion en colère. Ou la lionne, dans son cas. La nouvelle était qu'Oswell pensait partir. Il laissait donc le champ libre au Swann, abandonnant lâchement ses prérogatives en tant que l'un des vassaux principaux de Robb et de ses plus fidèles ! C'était définitif, elle se devait de rester à Port-Réal pour veilleur sur ses intérêts. Sur leurs intérêts. Son époux n'était pas fait pour la ville, elle s'en était déjà rendu compte, et il avait bien moins le goût de l'intrigue qu'elle. Etant homme, il n'avait pas besoin d'autre force que celle de son bras, ou de son nom, au contraire de la Lannister, qui malgré son nom devait tout de même trouver d'autres moyens de briller.

Elle hocha la tête en signe de confirmation quand il lui demanda si elle avait des informations au sujet de la santé de cette chère Rohanna... La suite de sa réplique confirma ce qu'elle craignait : son époux n'avait aucune ambition, et bien trop de supposé honneur pour remettre en cause une déclaration de son suzerain. Ainsi, il faisait la paix avec un ennemi, sans même avoir tenté de coup férir. Si son époux ne s'en chargeait pas, elle devrait peut-être affronter le Swann elle-même... Il était inconcevable qu'en plus d'être mariée à un seigneur vassal au lieu d'un suzerain, cet homme perde encore du prestige malgré ses faits d'armes, nombreux et sa fidélité à toute épreuve. S'il continuait ainsi, Oswell baiserait les pieds de Robb alors même qu'il réduisait son patrimoine héréditaire à peau de chagrin et ses prérogatives à celles d'un paysan ! Il y avait de quoi avoir envie de faire voler la vaisselle à la tête de son têtu d'époux ! Quant au reste...

... Bien sûr, les Nordiens étaient le bouc émissaire parfait. Un manque de respect flagrant en ne se présentant pas au couronnement, alors pourquoi ne pas s'imaginer qu'ils soient les coupables ? Elenei avait ses doutes, cependant. Ils étaient bien loin les Nordiens... à part pour la petite Manderly, assise aux côtés de la reine. Elle était assez effacée pour disparaître de la vue de quelqu'un de moins observateur qu'elle... Mais avait-elle le courage requis pour poser un tel geste ? Ou à défaut de courage, l'innocence et la naïveté suffisantes pour être utilisée par quelqu'un d'autre ? Mais cela semblait tout de même peu probable...

« Si c'était une malédiction, elle était drôlement bien minutée... » Simple remarque dite d'un ton pensif alors qu'elle sirotait une gorgée de son vin. Pas un mauvais cru, mais rien qui ne soit comparable aux vins de La Treille ou à bien d'autres de l'Ouest. « Oui, je vais rester. » Ne fut-ce que pour ne pas qu'on oublie les Lannister (et les Connington) alors que les seigneurs avaient regagné leurs fiefs respectifs. Et si Rohanna venait tout de même à décéder, elle vulait être aux premières loges. Robb serait vulnérable et elle pourrait en tirer profit, sans compter son plaisir personnel de voir une ennemie tomber... « Il y a quelques ouvrages que j'aimerais consulter et la bibliothèque royale est bien fournie. » A part sur certains sujets, malheureusement. Elle aurait voulu tombe sur les plans de construction du donjon, ou au moins sur les rumeurs de couloirs secrets. Il devait forcément y en avoir ici, et peut-être même donnaient-ils directement sur leurs appartements ! Et puis c'était une belle façon de s'échapper pour un empoisonneur. S'il était question de poison, bien sûr. Rien n'était confirmé encore. Elle avait très bien pu faire un malaise... Tout comme la cause de la mort était systématique un arrêt du coeur... que la personne se soit noyée avant ou ait été pendue, ou ait reçu une dague dans le corps. Une cause naturelle en somme. Il est naturel de décéder quand on reçoit une flèche dans l'oeil...

Si elle pouvait trouver l'assassin, elle gagnerait en statut à n'en pas douter. Restait à espérer que ce ne soit pas Kyra qui ait manigancé tout cela. Elenei ne la croyait pas capable d'assassiner les enfants de son fils aîné, mais le chagrin à la mort de Theodan lui avait peut-être fait perdre l'esprit. Si elle avait pu se dédoubler, le Chaton du Roc se serait trouvée à Accalmie en même temps de Port-Réal.

Elle lui demanda, comme si ce n'était pas important, « Robb a donc déjà décidé de partir en guerre contre le Nord ? Ou bien il s'agit d'une autre cible ? » Les Îles de Fer, ou plus probablement Dorne. Si le Nord ne s'était pas présenté, Dorna avait fait bien pis qu'eux. Il faudrait que les Targaryen les écrasent, s'ils voulaient continuer à se faire respecter par le reste des vassaux.

Codage par Libella sur Graphiorum

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •



   
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Oswell Connington
ORAGE
MessageSujet: Re: Là où certains voient une catastrophe, d'autres imaginent les fondations de leur futur [ft. Oswell]   Ven 13 Avr 2018 - 18:04

Elenei✧Oswell
Là où certains voient une catastrophe, d'autres imaginent
les fondations de leur futur
An 49, Lune 2, peu après les noces royales
Cela faisait près de deux semaines que le couple Connington était arrivé à Port-Réal, pour célébrer les noces de leur Roi. Près de deux semaines qu’Oswell et sa femme vivaient conjointement, et il n’y avait eu, pour l’heure, aucun éclat de voix. Les époux Connington savaient se tenir, en dehors de leurs murs. Pour Oswell, c’était certainement parce qu’il n’était pas un grand amateur des bavardages de la capitale, et que s’il aimait faire de son château sa scène de théâtre, il préférait éviter que l’ensemble des westerosi les prennent, sa femme et lui, pour des pantins. Alors, ils partageaient les mêmes appartements, faisaient mine de se tenir côte à côte lors des différentes festivités, et évitaient de hausser le ton l’un contre l’autre. Il en fallait peu pour que l’attention se tourne vers eux, même en ces temps où elle aurait dû être tournée vers des attentats bien plus graves. Il fallait dire que les informations qui émanaient de la Tour de la Main étaient si pauvres et rares qu’il fallait bien se mettre quelque chose sous la dent. L’inimité entre les époux Connington aurait pu être un sujet. Au contraire, les westerosi semblaient les croire particulièrement proches, pour des époux forcés. Et si l’un des chuchoteurs s’était trouvé caché dans l’une des penderies de leur séjour privé, il n’aurait démenti ces rumeurs : Oswell et Eleneï paraissaient presque complices. Il lui servait un verre de vin, non sans la regarder avec gourmandise. Elle adoptait une posture séductrice, comme si elle voulait l’attirer dans ses filets. Rien ne laissait à présager une quelconque mésentente. Deux époux qui discutaillaient des histoires de la cour, songeant à terminer cette conversation perchés sur leur matelas de plumes.

Un observateur aguerri aurait toutefois remarqué que si la jeune lionne se massait le pied, elle aurait peut-être préféré qu’on lui masse les tempes. Il était inaudible pour elle que son mari soit si mal placé dans la hiérarchie de Westeros, et Oswell l’avait bien compris, certainement parce qu’il était encore plus déçu qu’elle de cette situation. A l’heure où il avait épousé Elenei Lannister, il était conseiller du suzerain de l’Orage. Aujourd’hui, sa gloire semblait terminée : petit seigneur à l’ost bien trop important pour la place qu’on lui laissait autour de la table, il était tenu hors de toutes les discussions importantes. La frustration était telle que, comme il l’annonçait à son épouse, il préférait rentrer s’enfermer entre les murs de sa Griffonnière, tel un enfant capricieux qui préférait claquer la porte de sa chambre plutôt que de se confronter aux adultes. Port-Réal grouillait de mauvaises langues, et Robb préférait maintenir ses alliés de longue date loin de lui. S’il était trop fier pour le dire à sa femme, Oswell était vexé comme un pou. Il aurait espéré qu’autour de cette affaire, au centre de laquelle se trouvait une de ses amies les plus proches, on l’aurait laissé prendre plus de place. Au lieu de cela, il devait attendre trois lunes. Trois lunes ! Pour une petite audience avec le Seigneur Main ! Il ne lui était accordé rien de plus que quelques minutes de son temps ! Il aurait souhaité autre chose, et visiblement, Elenei aurait elle aussi voulu plus pour son époux. Là-dessus, d’ailleurs, le couple Connington ne s’entendait sûrement pas : Oswell aurait aimé pouvoir voir Rohanna, il aurait aimé qu’on le lui propose, parce qu’il n’était pas en droit de le demander. Elenei de son côté voulait sûrement que son mari s’asseye au conseil restreint, et si Oswell osait supposer connaître son épouse, il aurait même parié qu’elle aurait détesté que son mari ne voie l’épouse Baratheon, et qu’elle aurait même préféré que Rohanna meure empoisonnée par ces manants. Si elle restait à Port-Réal, ce n’était sûrement pas pour bouquiner, comme elle osait le dire à son mari. Il ne releva pas son mensonge, toutefois. Elle n’était pas assez stupide pour penser qu’il la croirait, mais elle savait aussi qu’il ne l’interdirait pas. Oswell ne forcerait pas son épouse à rentrer avec lui à la Griffonnière, comme d’autres l’auraient fait. Les bonnes mœurs de la société westerosi qui voulaient que les épouses plient l’échine face à leur mari ne l’intéressait pas beaucoup. Plus il était loin de sa femme, mieux il s’entendait avec elle, voilà comment leur relation fonctionnait. Si elle voulait rester à Port-Réal tandis que lui rentrait à la Griffonnière, grand bien lui en ferait. A vrai dire, Oswell appréciait son épouse pour ce côté mondain qu’il n’avait pas. Elle aimait briller en société, savait comment y faire, si bien qu’elle pourrait le faire pour lui. Elle n’avait, malheureusement pour elle, d’autre choix que de se faire exister au travers de son mari : si elle voulait briller, il faudrait qu’Oswell brille avant elle. C’était certainement son plus grand malheur, d’ailleurs, mais Oswell s’en satisfaisait bien. Pour cela, il pouvait bien lui offrir de grandes libertés, et même lui confier quelques informations grapillées çà et là.

« Robb a donc déjà décidé de partir en guerre contre le Nord ? Ou bien il s'agit d'une autre cible ? »

Elenei jouait la nonchalante, mais Oswell pouvait prétendre la connaître un peu, et savait qu’il n’en était rien. S’appuyant contre le cabinet qui renfermait encore d’autres bouteilles de vin, il écoutait son épouse le questionner tout en la regardant attentivement. Il devait une fière chandelle à Garett Lannister de lui avoir proposé la main d’une si jolie créature. Que pouvait-il s’autoriser à lui répondre ? Que ferait-elle de ses informations ? Si elle était fidèle à la couronne, il n’était pas certain qu’elle le soit à Robart. De nombreuses rumeurs courraient l’Orage, dont une qui disait que la mère du Suzerain souhaitait l’évincer. Cette mère était aussi la tante d’Elenei, et les deux femmes passaient beaucoup de temps ensemble, enfermées dans les appartements de la veuve à Accalmie. Les Lannister n’étaient fidèles qu’à eux-même, tout le monde savait cela, Oswell le premier. Il tâta le terrain, essayant de savoir à quel point Elenei voulait se moquer de lui en prétendant ne rien y connaître à la politique des terres royales.

« Je crois que le Nord sera notre première destination, et pas seulement pour cette affaire d’empoisonnement. Robb aurait d’ailleurs bien tort d’accuser les nordiens de ce vice, le poison n’est pas leur arme, et Jorah Stark est un homme honorable, il n’aurait pas attaqué les enfants de Lady Baratheon pour des histoires qui ne les concernent en rien, j’en suis persuadé. »

Posant son verre de vin sur le petit guéridon à côté du fauteuil sur lequel était installée Elenei, il approcha de là un second fauteuil, qu’il plaça en face de celui de sa femme, de sorte à ce qu’ils soient quasiment collés. S’asseyant face à Elenei, il croisa son regard quelques instants, avant d’attraper le pied qu’elle massait, pour prendre le relai. Il poursuivit alors, la massant précautionneusement :

« Je préfèrerais qu’on aille d’abord à Dorne. Tu me connais, je préfère mille fois la chaleur de la principauté au temps frisquet des terres Stark, même en cette saison. Mais là encore, je ne les crois coupables de l’empoisonnement. Le cadeau qu’ils ont fait à nos Rois était un message bien suffisant, et pour ça, Robb les fera payer. »

Oswell aurait ricané, si ça n’avait pas été politiquement incorrect. Envoyer aux époux Targaryen la tête de leur grand-mère en cadeau de mariage, quel culot ! C’était d’une méchanceté sans nom, mais au moins, le message était clair. L’ire qui qualifiait si bien les Baratheon avait dû suffisamment agiter Robart pour qu’il se décide à faire de Dorne l’une des destinations de son armée, mais cela, Oswell ne pouvait faire que le supposer. Interrompant son massage un instant pour se pencher vers son verre et en boire une gorgée, il termina ses élaborations ainsi :

« Non, pour commettre un acte aussi épouvantable, je crois qu’il faut vouloir détruire les Baratheon personnellement, et pas les Targaryen. Jorah Stark et Myriah Ferboy en veulent bien plus à la Couronne qu’à ceux qui la représentent. D’ailleurs, ce n’est même pas tant les Baratheon, qui sont attaqués, c’est Robb et son épouse. Qui pour leur en vouloir ainsi, penses-tu, ma Neï ? »

Oswell avait repris le pied de son épouse, il la massait profondément, et la regardait dans les yeux, tentant d’y reconnaître quelque chose. Là encore, si un petit chuchoteur se trouvait dans la penderie, il croirait au jeu des Connington. Deux époux qui échangent leurs opinions sur les derniers potins de la cour, partageant des moments de tendresse, pleins de bonnes intentions, le regard affectueux. Il n’en était rien, mais Oswell comme Elenei étaient de bons acteurs. Pour Rohanna, Oswell pouvait jouer au petit mari parfait aussi longtemps qu’il le faudrait. Il n’osait supposer sa femme coupable d’un tel attentat, mais il ne la connaissait pas si bien que ça. Il préférait alors penser qu’un autre ennemi des époux était le coupable. Un des frères de Robb, ou même sa propre mère. Ou quelqu’un d’autre, quelqu’un de plus éloigné, peut-être qu’Elenei lui glisserait une ou deux suppositions. C’était désormais à elle, toutefois, de donner le change. Il avait assez parlé, s’était suffisamment laissé aller à la mièvrerie. A son tour de jouer à la parfaite petite épouse.
nightgaunt


Spoiler:
 

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

griffin&lioness
©crack in time
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Là où certains voient une catastrophe, d'autres imaginent les fondations de leur futur [ft. Oswell]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Là où certains voient une catastrophe, d'autres imaginent les fondations de leur futur [ft. Oswell]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Certains tuent pour survivre, d'autres survivent pour tuer. ♦ Sara
» [Jour 3] Certains mots peuvent en cacher d'autres.
» Certains m'aiment, d'autres me détestent mais au fond, Combien me connaissent ?
» Catastrophe naturelle en perspective a Petion-Ville
» 04. Des cupcakes pas comme les autres - Oxanna/Sue/Alejandro

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
After the Conquest :: 

The seven kingdoms

 :: Terres de la Couronne :: Port-Réal
-