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 C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]

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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement, ensuite Val et Nord
MessageSujet: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Sam 24 Mar 2018 - 22:40

Martyn était arrivé depuis quelques jours déjà, sans occasion de discuter à nouveau avec le maître de maison. Ce n'était sans doute pas plus mal ainsi, d'ailleurs. Tant que Jorah réfléchissait, ou ne faisait rien, la guerre n'était pas officiellement déclarée et c'était chaque fois une petite victoire. Suffisamment de petites victoires pouvaient gagner une guerre, et c'était tout ce qui comptait.

Il commençait à s'habituer aux couloirs de Winterfell, arpentant les différentes pièces et se demandant combien de temps il devrait passer dans cet endroit. Roslinn lui manquait terriblement, et Lorelei aussi. Il s'inquiétait pour elles, et pour le Val. Elles n'étaient pas seules, bien sûr, mais il n'était pas là pour les protéger. Et c'était la première fois que Roslinn se trouvait seule à la tête du Val, sans Catelyn ou Etaine pour tenter de l'influencer. Il ne savait toujours que penser de la lettre de sa soeur, mais une chose était sûre, il ne pouvait lui faire confiance. Pas avant d'avoir pu vérifier ses dires. Elle prétendait lui avoir envoyé son fils et le Sunderland. Il les avait fait mander expressément par ailleurs. Les deux s'étaient présentés aux Eyriés, bien sûr ; tout autre chose aurait signifié leur exécution pour trahison ; mais il ne pouvait être certain de leur allégeance. Pas plus que celle d'Etaine. Comment avait-elle pu en arriver là ? Il aurait voulu l'avoir en face de lui, pour savoir si elle continuait à se jouer de lui ou non. Quoi qu'il en soit, les ordres la concernant étaient clairs, si elle remettait les pieds dans le Val, elle serait appréhendée et Martyn avait convaincu Roslinn de ne pas se montrer tendre vis-à-vis de sa belle-soeur.

Néanmoins, le suzerain du Val était curieux de découvrir le lieu où sa soeur avait passé plusieurs années de sa vie, afin de comprendre comment elle avait pu en arriver au point de tous les renier ainsi. Par les Dieux, elle avait pointé du doigt les Stars comme étant coupables de tous les maux accablant Port-Réal, ou presque ! Mais jusqu'alors, il n'avait pas trouvé ce qui aurait pu empoisonner l'âme de sa soeur. La réponse se trouvait peut-être à Dorne plutôt qu'ici... ?

Il finit par arriver dans la cour où s'entraînaient trois Nordiens, et il s'arrêta pour les contempler. Il se rappelait de ses propres passes d'armes, sous la houlette de Ser Elbert, puis plus tard, contre les clans des Montagnes, et enfin pendant la guerre, aux côtés de Maegor. Il avait survécu au Jugement des Sept, mais malgré sa victoire sur son ennemi ce jour-là, il avait perdu plus qu'il ne l'avait jamais fait avant le couronnement. Il s'entraînait régulièrement avec son maîtres d'armes, un chevalier expérimenté. Mais Martyn aimait à se mesurer à d'autres opposants dès qu'il en avait l'occasion, afin de ne pas se reposer sur ses lauriers. Au bout de plusieurs passes, on finit par s'habituer au style de combat de son partenaire, ce qui n'arrive jamais ou presque durant un vrai combat.

Il était difficile de manquer le géant qui tenait tête à deux adversaires en même temps. L'homme, mesurant plus de sept pieds et pesant deux quintaux maniait son arme – un acier qui aurait pesé dans la main de nombre de chevaliers – avec une vitesse impressionnante. Ce n'était pas tant que les deux hommes plus petits manquent d'habileté, non ; le géant était tout simplement aussi implacable qu'une avalanche peut l'être. S'il l'avait voulu, il aurait sans doute éliminé ses adversaires en un temps record, le seul avantage des deux autres étant qu'ils obligent l'homme à bouger beaucoup afin de ne pas se retrouver avec un ennemi dans le dos. Il se plaça afin de mieux observer, une passe, deux passes, trois passes ; puis finit par s'approcher de la cour et du râteliers contenant les armes. Il observa avec attention chacune des lames, afin d'en trouver une qui n'ait pas de défaut dans l'acier. Il ne voulait pas se retrouver avec une épée brisée en main au premier choc ; et il était notoire que cet homme-là savait user de sa force. Il devrait se montrer plus rapide que lui, et plus précis, voilà tout.

Quand les Nordiens eurent fini leur dernier combat, il s'approcha du colosse pour lui parler, « Vous plairait-il que nous croisions le fer ? »

Il était considéré comme une fine lame, une des meilleures de Westeros, d'ailleurs ; mais il était un peu rouillé. Un entraînement ne lui ferait pas de tort, d'autant plus avec un adversaire inconnu et qui semblait plus que correct. Il avait de suite noté que les autres ne feraient pas l'affaire – un d'entre eux ne protégeait pas ses jambes, et l'autre n'était pas assez rapide. Au moins avec le grand, il aurait un défi à relever. Il n'avait rien de mieux à faire et les Starks ne s’émouvraient pas trop s'il venait à se faire estropier...
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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Dim 25 Mar 2018 - 3:15

Sans doute devez vous vous douter que si j’en suis là au moment présent, c’est que j’ai au moins été surpris par le courage des hommes ayant du m’en demander le service. Pourtant, il n’en est rien. Si je suis là à faire face à deux des gardes de la ville, dans ce qui ressemble à une joute amicale, c’est simplement que je leur ai demandé de me démontrer des techniques qu’on leur apprend, ici, au sud du mur. Avant d’espérer combattre pour une victoire, il faut savoir s’adapter et apprendre de ses adversaires. De fait, agréablement surpris qu’une petite poignée d’entre eux accepte le manège, je ne pouvais qu’en accepter l’avantage. Faut dire que même si jusque là le muscle et l’instinct m’ont suffit, on forme ici simplement non pas certaines personnes à la survie, ce qu’on apprends de nous même au nord, mais à être soldats. A vivre de leur force et de leur épée. Malgré mes avantages, je suis parfaitement conscient que je pars avec un certain handicap. Si j’ai pu apprendre beaucoup en observant des corbeaux, il est clair que je suis loin du compte. Pourtant, il semble que je n’ai ici aucun problème à démontrer mes capacités. Faisant face aux deux types en même temps, je parviens sans réelle difficulté à maîtriser leur rythme pour en venir à imposer le mien. En restant défensif. Si j’étais passé à l’offensif, leur aurait-il fallut longtemps pour parvenir à mordre la poussière ? J’en déduis que face à des gardes « traditionnaux », je n’aurais aucun mal à m’illustrer et ça, ça suffit à m’arracher un fin soupir. Si je suis venu jusque ici pour rencontre peu de défi intéressants, finalement : A quoi bon rester ? Si c’était pour raccourcir des idiots, j’aurait très bien pu continuer à le faire chez moi. Dire que j’ai même fait en sorte de pas me présenter comme un demeuré pour faire bonne figure. Quelle déception. On dit souvent que la vitesse peut compenser la force. Pourtant… mes muscles et mon corps sont adaptés à ma force. Si je peut avoir du mal à suivre, il me suffit de compenser en observation et en offensive. Balancer de grands moulinets est moins fatiguant pour moi que pour mes adversaires. Peu en sont conscients. Secouer les bras bêtement, je peux le faire toute la journée. Ils se fatigueront plus vite que moi à courir comme des cons. Quant à m’attaquer de face… Franchement, qu’ils m’entaillent la main ne représente à mes yeux aucun danger. Je suis robuste. Alors que je met fin à l’entrainement, visiblement déçu de la prestation reçue, je prends tout de même soin de remercier sommairement les deux types pour leur « aide ».

Alors que je me prépare à remettre la « lame » à sa place, quelqu’un semble m’adresser la parole. Enfin, sur le coup, je n’en pense rien. Pourtant, un rapide coup d’œil suffit à me contraindre au contraire. Un type bien habillé et propre sur lui. L’accent trahit qu’il n’est pas du coin, tout comme ses traits, qui diffèrent au coup d’œil à ceux du coin. Pas un soldat, probablement un quelconque seigneur du coin. Contrairement à la majorité de ceux que j’ai croisés, il ne semble pas se laisser abattre par ce qu’il voit. Il m’inspire au contraire une certaine confiance en ses capacités. Voilà quelque chose d’intéressant. Peut être pourra t-il m’apporter un peu plus que les deux idiots. Stoppant mon geste pour venir faire mordre l’acier au sol, je finis par retirer la longue cape en peau d’ours, massive, de mes épaules. Libérant ainsi une tenue plus légère, toujours de peau, ainsi que mes bras, réellement aussi massif qu’on pourrait le croire. J’en viens à déposer la cape sur une caisse non loin, avant de revenir apporter mon attention sur lui, un fin sourire aux lèvres.

-Tout dépend de ce que vous cherchez à cet « échange ». Si cet « entrainement » avec ces deux biles de rat m’a démontré une chose, c’est que « jouer à combattre », ça n’a vraiment aucun intérêt.

Mon ton est simple, calme et franc. Je le jauge tranquillement, comme si finalement, je ne voyais aucune raison de refuser. Je ne donne pas l’impression de vouloir refuser. Si j’ai pu venir chercher des noises aux gardes, faire quelques échanges avec quelqu’un ayant des capacités me sied parfaitement.

- Enfin, si vous êtes prêt à cracher quelques unes de vos belles dents dans un échange à la dure. Il semble que la vue de son propre sang à tendance à effrayer les gens. Bien sûr, le but n’est pas de s’entre-tuer. Je suis mercenaire, pas stupide.

Tandis que je lui réponds, donc, je viens simplement apposer ma main sur la garde de mon morceau de métal. L’observant toujours, le regard dorénavant dans le sien. Je semble sûr de moi, mais ça n’est en rien une quelconque forme d’arrogance ou de mépris à son égard. Si les cicatrices sur mes bras et les traits dur de ma gueulent suffise pas à dire que j’ai festoyé dans les tripes de mes adversaires toute ma vie, allez savoir ce qu’il faut pour le faire comprendre. Alors, petit seigneur. Le courage te fera t-il défaut ?
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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement, ensuite Val et Nord
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Dim 25 Mar 2018 - 23:08

Martyn n'était pas petit, mais cet homme-là était véritablement un colosse. Certains trouveraient peut-être suicidaire de s'attaquer à cette montagne, mais sans défi, aucun homme ne peut apprendre à surpasser ses limites. C'était une chose que lui avait apprise Ser Elbert, et il avait fait en sorte que son neveu les dépasse toujours plus. Il en avait sué étant écuyer ! Mais il ne le regrettait pas, ses talents de bretteur lui ayant sauvé la vie à plusieurs reprises sur le champs de bataille. Bien que quand l'homme ôta ses peaux, il se dit qu'il ferait bien d'éviter un maximum de recevoir des coups... Mais il était trop tard pour reculer, il avait besoin de s'occuper l'esprit à autre chose qu'à des manœuvres politiques.

En écoutant la réplique de l'autre, Martyn haussa un sourcil, et sourit légèrement, un peu hautain. Le fanfaron lui parlait bien familièrement. N'était-il pas capable de le reconnaître ? Il portait pourtant des vêtements bleus et argent, les couleurs Arryn. Il devait sans doute être nouvellement arrivé pour oser prendre ce ton. Peu importait, il finirait par déchanter. Le seigneur des Eyrié était plutôt doué une arme en main.

Le Valois se mit à tester sa lame, une épée longue, afin d'en connaître l'équilibre. Une épée, aussi rutilante soit-elle, pouvait vous lâcher au plus mauvais moment, et ici il n'était pas question de faire erreur, ou bien, comme l'avait dit l'autre, il lui manquerait quelques dents ; et Roslinn 'aimerait pas cela du tout. Mais elle n'était pas là pour l'en empêcher. Et il gagnerait en statut auprès des hommes du Nord une fois le géant vaincu. Ce qui n'était pas à négliger pour ses négociations. Il avait besoin de tous les avantages dont il pouvait disposer. Mercenaire, hein ? A la solde de quel seigneur, Jorah ou un autre ? Il haussa légèrement les épaules,

« Vous jugerez quand nous aurons fait la première passe, je suppose. » Le sang ne le dérangeait pas du tout. Il avait combattu bien trop d'hommes pour que cela continue de l'impressionner. Il se saisit de gants de cuir posé près du râtelier et les enfila, les ajustant au mieux afin d'avoir une bonne prise sur la poignée. Les doigts étaient toujours les endroits où on se blessait le plus vite. Il ne comptait plus le nombre de fois où il avait vu la peau de ses phalanges arrachées par un coup de lame mal paré. Un casque aurait aussi bien pu être utile, mais sans armure, il ne ferait que réduire son champ de vision sans lui apporter de protection notable.

Il salua le géant d'un signe de tête et s'approcha de lui. Il se mit en garde avant de lancer, « Quand vous voulez. » Quand l'autre avança vers lui, il commença à bouger autour de son adversaire, afin de voir quel côté il favorisait. Concentré sur le combat, il ne cherche pas à gagner directement et rapidement, simplement à tester son partenaire, afin de voir de quoi il est capable. Il sera toujours temps de monter son niveau si besoin.

L'homme était rapide, et très fort, il avait pu le remarquer. Mais était-il aussi agile que lui ? Martyn attaqua la jambe droite du colosse, tout en veillant à garder sa tête sur ses épaules, prêt à esquiver en cas de taille de la part de l'autre.
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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Lun 26 Mar 2018 - 2:48

Couleurs, titres, noms… que de choses insignifiantes dans un monde insignifiant, finalement. Mieux, une question me vient. Les peuples du coin se rendent-ils compte de leur propre ironie ? Finalement, leur vie est basée sur les massacres et les pillages, comme les nôtres. La seule différence c’est qu’ils avancent des raisons plus « honorables ». En fait, il suffit de conclure qu’ils sont juste incroyablement plus manipulateurs que nous, les sauvageons. Vous voulez une preuve ? Leurs raisons ne sont que des mots. Pourtant… en guise de récompense à leurs propres manipulations, ils se contentent de demander à d’autres de ployer le genou devant eux. En somme, ils manipulent les autres et leur demande de leur prouver leur infériorité. Suis-je le seul à trouver ironique d’être considéré, au même titre que les miens, comme pire qu’eux ? Car oui, nous allons plus facilement aux carnages. Mais au moins, nous, on en assume parfaitement et totalement tant les raisons que les envies. Mon mot d’ordre à toujours été la force. Dans sa grande globalité. Eux… ne m’inspirent de loin pas la force. Aussi robuste que puissent être leurs corps et leurs esprits.

Mon interlocuteur sourit, arquant un sourcil. Visiblement, la surprise semble l’éteindre mais pour autant que je l’ai sous les yeux, il ne semble pas s’en déplaire pour autant. Je peux facile déduire qu’il s’agit effectivement d’un quelconque Seigneur. C’est justement là l’arrêt de mes connaissances. « Quelconque ». Je ne connais pas encore assez bien les terres et leurs occupants pour me vanter de reconnaitre quiconque. Ce que je sais, cependant, c’est qu’on attends pas d’un guerrier qu’il ai froid aux yeux. C’est ce même sentiment qu’à ce moment précis, il cherche à faire valoir. Peu importe d’affronter un colosse. Tout du moins, de prendre peur face à cette idée. Le défi, lui, relève tout l’intérêt. C’est en prenant des risques qu’on devient plus fort. Je vous laisse imaginer sa surprise à l’avance, lorsqu’il encaissera une attaque quelconque et qu’il comprendra que ma force n’as rien d’humaine. Le sang de géant qui coule dans mes veines m’offre bien plus qu’une carrure colossale. Je suis fort et robuste. Cela dit, ça ne fait pas tout. Mon expérience, instinct et physique ne m’offre comme acquis aucun duel. Fin, je dis ça, mais jusque là, je n’ai pas franchement eu à me plaindre. J’ai connu d’excellents combattants, au mur et à son nord. Il serait présomptueux de jauger l’entrainement comme unique facteur de victoire. Tout comme la simple expérience de batailles rangées. Ça. Je compte bien lui démontrer.

Quelques passes d’armes. Un essai sommaire mais utile. L’homme semble sûr de lui. Il pense la victoire, voit la victoire. Il semble même la sentir. Ça se voit à ses gestes, son air, son allure. L’homme qui voit la défaite sens la peur. Personnellement, cette homme là sera toujours à mes yeux le plus dangereux. Etre compétent ne suffit pas, au combat. Si j’ai peur ? Voyons, vous ne pensez tout de même pas que je vais vous répondre si facilement. Un jour, peut être. Pour l’instant, je soupire longuement avant d’en venir à contracter sommairement une partie de mes muscles, venant déloger la lame du sol pour venir la tenir à deux mains. Jusque là, je n’ai pas démontré de ma capacité à la tenir autrement. Le métal semble immense. Aucun doute que tout le monde doit m’en croire incapable. C’est humainement impossible, après tout. Humainement. Là, mon regard finit par venir se loger dans le sien. Comme pour le jauger une ultime fois tandis que ma position trahit tant un manque d’entrainement réel qu’une expérience toute aussi réelle. Ma posture semble ironiquement plutôt défensive. A son salut, je réponds simplement, signe à la fois d’un certain respect –que j’estime mérité par sa simple volonté- mais aussi du fait que je sois simplement prêt.

D’un pas, le duel est lancé. Je suit son mouvement, patientant au dernier moment pour bouger d’un pas plus vif qu’on pourrait s’y attendre, renforçant ma position, le laissant tranquillement se fatiguer inutilement. Vous savez, on dit souvent qu’un bon combat est long. Mais c’est faux. Un combat est toujours bref, quand il s’agit d’opposer deux hommes entre eux. Quelques passes peuvent se faire, mais c’est là la simple idéologie d’un rude entrainement. Faut toujours éviter de se fatiguer. Si on se fatigue, on tombera bientôt. On ignore toujours le nombre réel d’adversaires. L’honneur est une chienne et comme toutes les siennes, il faut s’en méfier. Là ou je me calibre dans une précision surprenante au premier abord, je lui offre un timing différent au suivant. Suivant ses gestes de façon discontinue et disproportionnée. Bien sûr, je ne laisse aucune ouverture notable. Vous vous demandez sans doute pourquoi je choisis de m’encombrer d’un immense morceau de métal, hm ? Voici qui devrait déjà vous offrir une réponse. D’un semi-balayage simple, je ramène la « lame » sous mon nez, non pas pour l’attaquer, mais pour l’interposer face à son coup tandis que je case mon épaule contre celle-ci. La suite est simple, je me contente d’avancer dans sa direction. La lame est assez épaisse pour servir de mi-mur à ma carrure, ce qui m’offre bien des possibilités. Bloqué dans son attaque et surtout, la tête en avant, il lui faudrait un bon instinct pour voir venir ce genre d’assauts. Je gage qu’il ne doit pas en avoir l’habitude.

Bonus - à lire !- :
 
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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement, ensuite Val et Nord
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Jeu 29 Mar 2018 - 7:20

Un très léger sourire apparut sur le visage de Martyn, en même temps qu'il rassembla toute sa concentration. Cet homme-là n'en était pas à son premier combat, c'était certain. Et le rythme tantôt rapide, tantôt lent de ses mouvements n'aidaient en rien à trouver une ouverture. L'autre était plus malin qu'il ne voulait le laisser croire. Le seigneur de Eyriés pensait même pouvoir dire que le colosse avait joué à l'idiot devant ses adversaires précédents. S'il voulait gagner, il devrait éviter de penser, et ne plus faire qu'agir, il avait choisi un bon partenaire pour cela, s'il voulait éviter de se retrouver au sol le nez en sang. Et pour y parvenir, il devait arrêter de le laisser jouer, ce qui ne serait pas simple. Il n'avait plus connu d'adversaire aussi coriace depuis son oncle.

Le Nordien était plus grand que lui, il devait donc rester proche afin que l'autre ne profite pas de son allonge en plus de sa force considérable. Il se félicita d'avoir pris le temps de vérifier la solidité de l'acier avant d'engager le combat... et même ainsi il lui faudrait rester prudent. L'épée qu'il tenait en main était loin de valoir la sienne propre – malheureusement rangée dans son fourreau dans sa chambre à l'heure actuelle. Il n'avait pas pensé s'entraîner en sortant de la pièce le matin, et porter une arme dans cet endroit aurait pu être mal considéré, étant donné les raisons de sa visite. L'acier sonnait plutôt bien, mais on n'était jamais à l'abri d'une bulle d'air dans la lame, invisible point de faiblesse pouvait être fatal en combat réel... et douloureux dans cette situation. Il aurait sans doute dû penser à prendre une deuxième main, afin de parer d'un côté et d'attaquer en même temps... Mais le but était aussi de faire du spectacle, pas seulement de « tuer ».

Le géant envoya sa lame en un geste plus rapide que Martyn ne l'aurait cru possible et la seule chose qu'il put faire fut de se jeter sur le côté d'une glissade sur les genoux, déviant la lame adverse au lieu de la bloquer. Il aurait senti une parade dans tous les os de son bras, au vu de la force de son adversaire ; si l'acier avait résisté. Une esquive totale l'aurait mis hors de portée, trop loin pour attaquer à nouveau, et s'approcher de cet homme avec son allonge... Il n'était pas certain d'y parvenir. Il laissa donc glisser l'acier de son adversaire sur sa propre lame, laissant l'inertie faire son travail et la lame adverse le dépasser et s'éloigner de lui. D'un simple basculement du poignet, Martyn ramena sa lame à l'arrière du genou de son adversaire, qui s'il en avait le temps, ne pourrait que reculer sa jambe pour éviter. Profitant de sa lancée, Martyn se releva d'un bond et recula, lame en garde.

Le coup n'avait pas été fortement appuyé mais un choc à l'arrière du genoux est toujours dommageable et en cas de combat réel, peut se révéler mortellement handicapant pour la suite du combat. Face à un adversaire de grande taille, les jambes sont toujours une cible à privilégier ; se baisser pour les protéger étant plus fatiguant que pour un homme plus petit.

Quelques personnes s'étaient rassemblées pour regarder le combat arrêtant leurs besogne afin de profiter du spectacle, mais le seigneur du Val ne les voyait pas, préférant garder les yeux sur son adversaire.

Spoiler:
 
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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Ven 30 Mar 2018 - 23:05

Ainsi, l’homme était parvenu à « survivre » à l’assaut. Un fin sourire, prononcé, vint trahir mes propres lèvres alors que je cédai un ricanement de gorge relativement inquiétant. Mon esprit était encore bien présent, mais l’amusement et surtout, le goût du risque ne pouvait que venir l’échauffer. Une chance que je tienne bien l’alcool. La vinasse aurait vite fini de me rompre les nerfs. Une glissade, donc. Effectivement, si le mouvement pouvait en venir à amocher sa tenue, elle aurait l’occasion de prolonger son espérance de vie quelques instants supplémentaires. Ça fait un moment qu’un adversaire ne m’avait pas ainsi rendu curieux. Normalement, après ce geste, je n’ai plus vraiment de raisons de me questionner… la lame venant simplement percer la gorge du mourant pour l’achever. Mais là, celui-ci semblant continuer à se pavaner, provocateur et effronté avec un esprit visant à me narguer. Un lapin dansant comme un loup au milieu des simples brebis. Bien. Bien. Il est temps d’apprendre au lapin qui est l’ours, dans cette histoire. Sans réellement compter sur le danger de sa lame, parfaitement confiant envers la protection des peaux entourant mes jambes, je m’avance vers lui. Sa lame vient entamer les dites peaux, venant même de fait m’érafler au sang. La morsure de l’acier ne suffit cependant en rien à m’arrêter. Bien qu’il visait sur l’arrière de la jambe, le fait de me tourner vers lui en change la cible. Il tranche le côté, plus profond que si j’étais resté sur place. Peut être même mon sang n’aurait pas eu à couler. Cela dit, je n’aurais aucune raison de regretter mon geste : tandis qu’il bondit sur ses pieds, je profite sur l’instant de son équilibre précaire pour venir porter un coup de pied massif au niveau de son thorax, accompagnant sa chute pour venir replacer une partie de mon poids sur celui-ci. Serrant assez pour lui faire comprendre que si le souhait m’en prenait, je pourrais l’écraser comme si un véritable lapin trônait sous mon pied. De fait, je lui témoigne ce qui doit sans doute être la fin du duel. En cas de geste de rébellion, ma lame, elle, pourrait sans mal venir écraser sa gorge d’un mouvement simple. Ma position offrant à mes mains libre un angle de choix pour finir le travail. Mais sachant qu’il ne serait pas idiot au point de chercher outre raison une erreur dans un simple entrainement, je me contente de retirer mon pied de sa position et de lui tendre ma main libre, comme pour le saluer et le redresser, au cas ou il accepterait, de venir le dresser sur ses deux pattes.

Dans le fond, je suis quand même gentil, comme mec. J’aurais pu, sans doute, atteindre sa trogne et la lui faire saigner comme promis. Mais il aurait été vilain de défigurer un lord. Je ne tiens pas à me faire tant d’ennemis si vite, même si l’idée n’aurait en soi que pu me charmer. C’est le genre d’ironique que je ne me retiendrais en rien d’offrir lors d’un réel affrontement. Considérer tous les affrontements comme de véritables combats, oui. Mais retenue, tout de même !

-Jolie esquive. Bon combat. Si un jour je me retrouve face à vous, je saurais me défier de votre lame.

J’accompagne tout de même une tape parfaitement « amicale » sur l’un de ses bras sans doute endoloris par la déviation, quelques instants plus tôt. Mon ton et mon allure ne se font en rien moqueurs ou provocatrices. Au contraire. Une bonne lame reste une bonne lame. Je me suis montré offensif, et je suis sûr qu’en cas de duel régulier, il saurait me surprendre. Aucune raison de pousser le vice beaucoup ne plus loin actuellement. Ignorant les spectateurs, je me contente pour l’instant de reprendre position, venant récupérer les peaux que je ramène sur mes épaules avant de venir abaisser celles au niveau de ma jambe avant de décrocher une outre de ma ceinture, pour arroser d’un coup sec la fine plaie d’un jet d’alcool, tranquillement. La douleur, je tâchais de la contenir. Les cicatrices et marques… ça fait partie de mon quotidien. Ce n’est pas le premier à essayer de me faire tomber et si le sang pouvait effrayer un guerrier…. Il n’y aurait nulle guerre.

-Je saurais me souvenir d’un tel mouvement. Ça ne m’atteindra plus.

Conclus sommairement pour moi-même, sans perdre un fin sourire satisfait. Le sourire de celui qui aujourd’hui, devient irrémédiablement plus fort que celui d’hier. La technique des gens du sud pourra peut être parvenir à me satisfaire, finalement. Si nous sommes des guerriers au moins aussi redoutables. Nul doute que je saurais me servir de nos différences pour avancer. Cette fois, j’en suis certain.

-c’est que tout ça mériterait presque une bonne biture.

Franc, sobre. Voilà ainsi que l’on considère les choses, quand on se moque des « autours ». D’un regard, j’invite le seul guerrier qui m’ai semblé jusque là mériter l’invitation. Qui sait, peut être le noble seigneur acceptera de boire corne contre corne avec un simple combattant.

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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement, ensuite Val et Nord
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Sam 31 Mar 2018 - 13:55

Son coup avait frappé juste, avec une précision redoutable, il avait freiné son bras afin de le coup soit porté mais non blessant. En combat réel, l'autre aurait perdu un jarret, et d'ordinaire la joute s'arrêtait là, l'adversaire concédant la victoire à l'autre. Mais là... Le colosse bougea, au mépris du danger pour sa jambe, qui reçut une entaille non prévue. Martyn n'avait jamais combattu d'adversaire se comportant ainsi à l'entraînement, sans aucun regard pour son corps alors qu'il n'y avait aucune raison de risquer de se blesser pour si peu. Ce qui laissa une ouverture à son ennemi.

Ses yeux s'agrandirent sous le coup de la surprise... Mais ce n'était qu'un entraînement, pourquoi est-ce qu'il... ? Ouf ! L'air quitta ses poumons d'un seul coup alors que l'autre venait planter son pied sur son thorax. Sans avoir eu le temps de comprendre ce qu'il se passait, il se retrouva dos au sol, le pied de l'autre sur sa poitrine. Le combat lui avait-il échauffé les sangs au point qu'il en oublie où il se trouvait ?! Il était fort mal engagé et ne pouvait plus rien dans cette position. Il avait à demi lâché sa lame, tenue dans une seule main. Il n'aurait pas la force de trancher la jambe du colosse, pas plus que de dévier sa lame s'il décidait de porter un coup. Avait-il mal calculé ? Il laissa retomber sa tête au sol et sa main se desserrer autour de la poignée de l'épée, espérant ainsi que l'autre reprendrait ses esprits une fois qu'il le verrait désarmé. Il n'avait pas assez de souffle pour parler et demander quartier. Heureusement, le colosse ne finit pas son attaquer et se contenta de retirer son pied et de lui tendre une main qu'il saisit afin de se relever. Il s'époussetait les vêtements pour se débarrasser de la poussière, et se donner le temps de reprendre son souffle discrètement. Il venait de recevoir sa dose annuelle d'ecchymoses en un seul combat.

L'autre le félicita pour son combat. La brute ! Ces Nordiens étaient tout de même un brin barbares sur les bords. Qui avait vu un homme se laisser blesser volontairement à l'entraînement ?! Il hocha la tête, un très léger sourire aux lèvres. Si l'autre avait respecté les règles de chevalerie, il aurait été considéré comme vainqueur. Mais en combat réel, l'autre aurait sans doute eu l'avantage, il devait l'avouer. L'autre lui tapota un bras en signe félicitations, sans doute. Martyn se retint de grimacer. L'autre avait réellement la force d'un géant.

« La dernière fois où je me suis fait envoyer ainsi au tapis, j'étais encore écuyer. »

L'autre affirma qu'il ne se ferait plus surprendre par ce genre de manœuvre. Bien. Lui non plus n'oublierait pas cet échange.

Une biture ? Pour une seule passe d'armes ?!

« Ca va, votre jambe ? » Pourquoi avait-il fait l'imbécile et avancé ainsi sans prendre garde à sa sécurité ? Tous les Nordiens étaient-ils aussi sauvages ? Martyn ramassa sa lame et la replaça sur le râtelier.

« Je me proposerais bien de vous offrir un verre, mais je ne suis qu'un invité ici. » Il avait voyagé léger et n'avait pas prévu de quoi organiser un festin... et vu la taille de son compagnon, il lui faudrait sans doute un tonneau de bière pour étancher sa soif plutôt qu'un seul verre... Mais il pouvait néanmoins « Quoi qu'il en soit, je dois bien avoir de quoi vous remercier de ne pas m'avoir saigné comme un goret... » Il avisa un des spectateurs et lui fit signe d'approcher, « Toi, vas chercher un écuyer prénommé Medwyn, dis-lui de m'apporter de quoi trinquer, sans tarder. Une bouteille de rouge sera parfait. » Au ton employé, l'autre reconnaîtrait sans doute un homme habitué à donner des ordres, et à être obéi. Le vin qu'il avait apporté avec lui était un excellent cru valois, par ailleurs. Le vin datait du début de l'été et avait eu le temps de vieillir ; maintenant il était parfait et de l'avis de Martyn, pouvait rivaliser avec les vins issus de La Treille. Les broderies sur ses vêtements, un faucon en vol sur la poitrine, et la couleur de ses vêtements devaient signaler à l'homme qui il était, s'il n'avait eu l'occasion d'être témoin de son arrivée quelques jours plus tôt. L'autre courba l'échine et répondit d'un « bien, my lord » avant de décamper en direction des bâtiments. Martyn était heureux de le voir tourner les talons, pas entièrement certain de la réponse d'un soldat Stark aux ordres d'un Arryn qui avait livré la soeur de leur seigneur à leurs ennemis. Celui-ci n'avait peut-être pas encore entendu les nouvelles... S'il avait refusé, Martyn aurait été obligé de le remettre à sa place, et aurait eu des explications à donner à Jorah pour avoir abîmé un de ses hommes.

« En attendant qu'il revienne, que diriez-vous d'un peu d'ombre ? » Le seigneur des Eyriés suivit son propre conseil et se dirigea vers un coin de la cour ombragé. « Votre style de combat est fort peu conventionnel, mais très efficace je dois avouer. » Il était le premier Nordien qu'il voyait se battre ainsi, et pourtant durant la guerre opposant Maegor aux rebelles, il avait eu les Starks pour alliés et avait vu de ses yeux leur façon de combattre.
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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Dim 1 Avr 2018 - 2:57

L’œil d’un homme en dit long. Bien plus que le reste. Alors que je laisse la lame entailler ma chair, je peux lire la surprise dans celui de mon adversaire. Je peux m’imaginer ses doutes et questions. Pourquoi se donner tant de mal ? Admettre la défaite est-il si grave ? Quel genre d’homme accepte de faire couler son sang pour retourner une simple situation ? Des questions aussi rationnelles que stupides, à mon sens. Pourtant, je ne peux l’en blâmer. Ce que les gens d’ici appellent « entrainement » ne se finit que très rarement sans faire couler le sang, là d’où je viens. En fait, l’entrainement n’est qu’une chimère, pour nous. Chaque combat est un entrainement. Chaque combat doit être gagné. Cette ligne de sang, elle aura disparu d’ici quelques temps. Son thorax, lui, ne se serait jamais remis de l’échange. Pas tout le monde n’accorde plus d’importance à l’honneur qu’au reste. Clairement, pour ma part, l’honneur n’est rien. Ce n’est plus un secret. Je suis un homme franc, un homme de combats. Et tous les combats doivent se gagner. La seule différence entre un combat réel et un entrainement, finalement, c’est que dans un cas, aucun n’en ressort les pieds devant. Après l’avoir relevé, ses mots m’arrachent un fin sourire.

-Je présume dans ce cas que vos adversaires ne valaient guère mieux que ces enfants.

Conclus-je en lui montrant les deux hommes qui accompagnaient mon « entrainement précédent ». Mon ton, principalement taquin, ne semblait en rien se vouloir insultant, au contraire. Il m’a montré être compétent, je n’insulterai pas cela. Comme pour noyer ma propre boutade, j’ajoute suite à sa question

-Ne vous en faites pas pour si peu. Un maigre sacrifice qui ne m’aurait en rien gêné à l’idée d’un nouvel affrontement. J’ai connu bien pire.

D’un signe de menton bref, je semble lui retourner la question. Pointant son thorax. Sachant que le geste pourrait ébrécher la fierté de plus d’un homme, je me contente de lui démontrer mon intérêt pour sa propre situation. Si la suite ne peut que me confirmer que mon intuition était bonne, c’est avant tout un guerrier respectable. La suite en question, en tout cas, ne manqua rien d’appuyer le dit sourire. De m’arracher même un fin ricanement, alors que je reprends.

-L’idée aurait été malvenue. Même quelqu’un comme moi sait reconnaître un homme de haut rang. Si je commence à me faire des ennemis a peine arrivé, j’aurais grand peine à casser la croûte.

Je marque une pause, remettant l’habit correctement avant de me redresser comme si rien n’était, m’arrachant une lampée de l’outre. Celle-ci dégageant une odeur puissante. Rien à voir avec les biquettes du coin. C’est du lourd, du vrai. Sans doute un quelconque grog du nord. A sa demande, j’accepte suite à un simple hochement de l’accompagner dans un coin plus ombragé, m’adossant paisiblement contre l’un des murs en l’écoutant. « Style de combat », hm ? Ainsi, je dois comprendre que tous les gens du coin suivent des entrainements similaires ? Celui avec les deux précédents à sufi à me mettre le doute, mais cette fois, on parle de certitude. Un soupir traverse mes lèvres, lentement, comme pour dévoiler ma perplexité ou simplement ma déception ?

-Je pense pouvoir affirmer que je n’ai aucun « style ». J’ai appris à combattre dans diverses situations, par moi-même. Là ou vous apprenez des passes d’armes et des enchainements, vous devenez prévisibles.

J’ai affronté nombre de corbeaux. Certains se battaient mieux que d’autres mais tous avaient effectivement une certaine similitude. Leurs coups étaient comme préenregistrés. Comme si on leur avait appris quoi faire pour que l’expérience puisse convenablement façonner le tout. De quoi ne pas être surpris de voir l’homme prendre le coup de pied de plein fouet, finalement. Si on apprend aux hommes à surveiller la lame, on oublie que le corps est sans doute l’arme la plus dangereuse qui soit. En contrepartie cependant, je n’avais jamais vu quelqu’un se jeter sous une lame pour la dévier de la sorte simplement pour porter une simple estocade. Est-ce dans le fond plus malin que mon propre mouvement ? Ses bras doivent répondre à cette question en ce moment même. L’estocade m’as pour le coup, en soi, bien moins meurtri. Si je n’avais pas fait ce pas, en revanche, la blessure aurait, en situation réelle, été bien plus grave.

-J’ai appris que chaque défaite se soldait par la mort. Je me suis contenté d’apprendre à gagner. Je n’ai pas eu de maître épéiste pour me former. Ma force et mon instinct s’en sont très bien chargés.

Fin sourire supplémentaire, comme pour offrir une sorte de réponse définitive à mon interlocuteur. Après tout, aller jouer les danseurs teneurs d’épée face à des ours géants ou des loups garous. Des géants, aussi, tiens. Le seul moyen que j’ai trouvé de contrer le coup d’un géant, c’est de parvenir à le renverser en premier. Pour ça, pas besoin de chipoter ou de craindre la blessure. Blessés, vous le serez de toute façon.

-Je me suis toujours demandé, les gens qui s’entraînent aux côtés des seigneurs, osent-ils au moins se battre sérieusement, ou risquent-ils des blessures supplémentaires à trop vous amocher ?

La question semblait à nouveau bien plus taquine que réellement guidée par une quelconque inquiétude. Une façon subtile de tester mon interlocuteur et ses limites. On ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs. Je ne connais rien des bonnes formes. Autant tâtonner franchement.


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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement, ensuite Val et Nord
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Dim 1 Avr 2018 - 21:35

« J'étais moi-même un enfant à l'époque. Et Ser Alyn m'a appris à ne pas foncer tête baissée sur l'ennemi... » C'était ce qu'il avait fait, sans prendre garde aux distances et à la posture du chevalier en face de lui. L'autre l'avait envoyé au tapis d'un coup de pied, pour lui apprendre à être plus attentif. Il avait retenu la leçon. Sauf quand l'adversaire avançait droit sur lui au mépris des blessures, bien entendu. Pendant un entraînement. Il avait toujours du mal à le concevoir. Martyn jeta un oeil aux observateurs, « Ceux-là ne sont que des soldats. » Bien moins entraînés que des chevaliers, il allait sans dire.

Le colosse affirma en avoir vu d'autres, et Martyn pouvait le croire aisément. Il hocha la tête en signe d'acceptation, et nota le geste de l'autre dans sa direction, lui répondantsur un ton sec mais un très léger sourire aux lèvres pour en retirer le piaquant, « Je survivrai. » Lui aussi avait connu pire, tant à l'entraînement que sur le champ de bataille. Et quelques bleus n'étaient rien face à ce qui aurait pu l'attendre si l'autre ne s'était arrêté.

Ainsi l'autre avait besoin de se faire bien voir pour manger... Donc, pas un lige a priori, ou il aurait simplement été puni ou renvoyé chez lui. Ce gaillard était une énigme. Pourquoi était-il là ? Une solution s'offrait à lui,

« Mercenaire, hein ? Quel seigneur vous emploie actuellement ? » Plusieurs d'entre eux étaient à Winterfell. Il ne les connaissait pas tous, loin s'en fallait, mais avait appris à reconnaître les couleurs des principaux seigneurs du Nord, sous la houlette de sa mère, puis plus tard en tant que connétable des armées de Maegor. C'était toujours mieux de connaître les armées que l'on dirige, afin de savoir qui employer où à meilleur escient. S'il était là, c'est que les rumeurs de guerre n'étaient pas que des rumeurs. Combien de troupes de mercenaires Jorah avait-il à sa solde ? Et étaient-ils tous du même acabit ? Le plus difficile avec les mercenaires n'était pas de les trouver et de les engager, mais de les garder et de savoir s'en séparer au bon moment, afin qu'ils ne se retournent pas contre la main qui les nourrit. Il grimaça légèrement à l'odeur qui se dégageait de l'outre de l'autre. Finalement, il aurait pu commander un verre de vinasse, l'autre n'aurait pas vu la différence.

« Vous n'avez pas participé aux campagnes de Maegor contre les rebelles du Sud ? » Il se serait souvenu d'un géant dans les armées nordiennes, même si plusieurs spécimens de la région semblaient assez impressionnants. Celui-ci sortait du lot, tant par son talent (et sa sauvagerie) que par sa taille.

Il s'étonna de la façon de combattre du géant, sans retenue ni égard pour sa propre chair, ce à quoi celui-ci lui répondit qu'il avait appris en combattant et en survivant. Oui, c'était une excellente école, mais elle laissait derrière elle bien plus de morts que l'entraînement classique. Même si cela demandait beaucoup moins de moyens. La plupart des soldats se battaient ainsi, avant qu'on les engage dans un corps d'armée et qu'on leur apprenne à tenir une ligne correcte. Il hocha la tête en signe d'approbation, oui ils devaient être prévisibles, il fallait l'admettre. Mais leur discipline devenait leur force. Combien de morts cette montagne d'homme avait-elle laissé derrière elle ?

« L'art d'un bon bretteur est justement de savoir changer ces codes et enchaînements, afin de dérouter l'adversaire. »
ce que l'autre avait fort bien réussi à faire, par ailleurs.

Il lui demanda ensuite s'il devait s'inquiéter d'une éventuelle punition en cas de blessure de son adversaire sur la lice.

« Tout dépend du seigneur auquel vous faites face je suppose. La plupart préfèrent faire attention. En ce qui me concerne, vous auriez pu m'amocher, personne n'aurait trouvé à y redire, tant que je reste en vie... » Quand on montait sur la lice, il fallait en assumer le risque. Sans un minimum de danger, aucun entraînement, aucune amélioration n'était possible. Il avait mis du temps à l'apprendre, mais pour devenir meilleur, il fallait passer par les blessures et la défaite. Et les hommes de sa suite ne pourraient rien dire. Si leur seigneur avait décidé de jouter, il en assumait les conséquences. Ils le savaient. Martyn ajouta en ricanant, « Et peut-être même pas si je venais à décéder. » Il n'avait guère d'amis ici. Et si le plan fou d'Ashara fonctionnait, il en aurait encore moins à l'avenir. « Je vous ai vu combattre, et j'ai voulu me mesurer à vous. Je mérite chaque coup que j'ai reçu. » Et même plus. Il avait été stupide de tenter de se mesurer à cet homme. Il ne pouvait plaider que l'ennui. Ou la folie. Heureusement, son épouse était loin.

« Quel est votre nom, nous ne nous sommes pas présentés ? »
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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Lun 2 Avr 2018 - 1:43

Un moment de silence sépare sa remarque de ma réponse, l’observant avec une certaine attention alors que finalement, un fin sourire traverse sobrement mes lèvres, ni moqueur ni… rien d’autre, en fait. Un sourire aussi mystérieux que lourd de sens. D’un fin signe de main, je sembles chasser quelque chose suite à sa seconde tirade, l’espace d’un court instant, avant de répondre enfin, l’air malicieux.

- Nous sommes tous gosses un jour, messire.


Mon ton se fait taquin, peut être même quelque part assez provocateur.

-Soldats, chevaliers, rêtres et même sauvageons. Pour ma part, je ne me soucie pas sincèrement de toutes ces… niaiseries. Je respecte la force. Un simple fermier peut l’être. Une putain peut l’être. Bien plus que de grands noms derrières de grands murs. Bien plus que des soldats entrainés ou de nobles chevaliers. Bien plus que nombres de guerriers aguerris ou même de géants et de loups-garous.

Je marque une pause, sans perdre un fin sourire, ramenant contre mon torse l’immense lame que j’avais ôtée de mon dos afin de m’adosser convenablement.

-Encore faut-il être conscient de ce qu’est la force, me direz-vous.


Je me coupe là, comme pour éviter d’en dire trop. Conscient peut être que je ne suis pas loin de dépasser mes attributions à imposer de la sorte ma vision. Il me faudra apprendre à parler lorsqu’il le faut. J’en suis conscient. J’élude cela dit la question concernant mon employeur pour rebondir directement sur la suite.

-Surprendre l’adversaire avec des passes d’armes qu’il connait sans doute, même en changeant le sens des assauts me semble… Ardu. Tous les coups se ressemblent. L’expérience du combat est la même pour tout le monde. Si vous vous limitez à ça, vous rencontrerez rapidement quelqu’un capable de vous pourfendre. D’autant plus si vous craignez votre propre sang.

Je marque une pause, hochant doucement à ses mots, visiblement satisfait de ce que j’entends.

-Dans ce cas, vous méritez vraiment le respect. On est tous responsables de nos actes. J’aime cette façon de penser.

Franc. Oui. Maladroitement, sans doutes, mais franc tout de même ! A sa question concernant mon nom, je ne peux réprimer un léger rire. C’est vrai que ces choses là sont importantes ici. Je me souviens d’Ashara. C’est même la première chose qu’elle ai dite lorsqu’elle m’as rejoint, dans la grande salle. Se présenter, elle et son rang. Je présume que je peux donc me permettre de répondre honnêtement, à partir de là.

-Gudbjoern, mercenaire, oui. Au service actuellement de Lady Ashara Stark.

Mon ton est neutre, bien que sans équivoque. Comme pour appuyer que « l’actuellement » n’est pas là pour inciter à me graisser la patte. Maintenant, qui sait ? ça pourrait être drôle. Mais je doute que n’importe quel seigneur est assez de culot pour tenter de corrompre un homme sous le toit même de son employeur. Culot ou sottise, allez savoir. J’ai solennellement et brièvement incliné du chef à mes mots. Comme pour le saluer bien qu’avec un peu de retard. Tranquillement, je finis par prendre pseudo appui sur le manche de ma lame, sans doutes en attendant que l’alcool arrive. Mon regard se reporte bientôt vers un point quelconque en plein ciel tandis que je reprends finalement, comme pour tenter d’affiner ma vision. Quitte à en être là.

-Finalement, l’expérience et l’instinct sont sans doute les deux meilleures armes que puisse posséder un homme se vouant à la guerre. Sans oublier la chance. Finalement.

Conclus-je sobrement, sans ternir mon fin sourire.

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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement, ensuite Val et Nord
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Lun 2 Avr 2018 - 21:43

Martyn lança une œillade en coin à son compagnon. Si celui-ci avait été gamin un jour, il avait bien grandi depuis... Pas sûr que sa mère puisse encore le reconnaître. Une fois à l'ombre, il prit appui contre un mur, bras croisés, écoutant ce que l'autre avait à lui dire, légèrement amusé.

Cet homme avait de la chance d'être Nordien et non Valois. Encore qu'aucun Valois ne se soit permis d'affirmer à haute voix qu'un fermier valait autant qu'un seigneur, voire même plus que ledit seigneur ! C'était tout bonnement impensable ! Mais sur le champ de bataille, il était vrai que parfois certains paysans parviennent à se démarquer et ainsi à gagner le titre de chevalier en guise de récompense. Mais ils étaient rares, ces hommes-là. Celui-ci faisait peut-être partie du lot... à condition qu'il fasse montre d'honneur et d'esprit de chevalerie, bien sûr. C'était tout aussi important que de savoir se battre. Martyn pensait qu'il possédait au moins une part du premier, mais quant au deuxième, il avait de nombreux doutes.

A l'entendre le gaillard était même un brin philosophe... Etonnant. Une chose était certaine, si Martyn avait été chez lui, il aurait sans doute tenté de rabattre un peu plus le caquet de l'inconnu. Géants et loups-garous ! Il avait vraiment de l'imagination, celui-là ! Martyn savait les Nordiens superstitieux, mais à ce point, et en plein jour, en plein été ! Il y avait de quoi sourire. Mais il devait admettre que l'autre était costaud. Il le sentait toujours dans ses bras et se félicitait de n'avoir pas choisi de bloquer purement et simplement la lame de l'autre. Il se serait fait balayer, ou bien son acier n'aurait pas tenu le coup, c'était presque certain.

Il esquiva la question sur son identité, ce qui rendit Martyn curieux. Pourquoi vouloir cacher son nom ? Faisait-il partie d'un quelconque complot ? De l'extérieur il avait l'air assez niais pour paraître innocent, mais à le laisser discourir ainsi... le seigneur des Eyrié n'en était plus si sûr. Il se méfierait de lui. Il était loin de n'avoir que des amis en ce castel.

Cet homme-là avait vraiment une vision différente des choses par rapport à ce à quoi Martyn était habitué. Il le laisserait penser ce qu'il voulait, il serait certainement surpris s'ils devaient à nouveau croiser le fer ; Martyn non plus n'oubliait pas un coup une fois reçu. Il ne se laisserait plus surprendre par des coups de pied intempestifs.

Martyn haussa un sourcil, en souriant très légèrement, par ironie. Ainsi, il était digne du respect d'un soldat qui ne voulait pas donner son nom... Charmant ! Mais il ne comprenait pas tout. L'instinct était une chose, une excellente chose, mais certains étaient incapables d'en faire montre. Pour ceux-là, l'entraînement, la répétition de gestes était nécessaire, jusqu'à ce que ces gestes deviennent des réflexes, la même part d'eux que le fait de marcher ou qu'un éternuement.

Ainsi il était au service d'Ashara, et non de Jorah. Intrigant. De ce que Martyn en avait vu, elle aurait bien besoin d'un colosse comme lui pour se protéger, quand et si Theon ou Jorah apprenaient ses manœuvres. Il hocha la tête, « Avec son tempérament de feu, vous allez avoir du travail pour la garder sauve. » Il était de notoriété publique que la dame de Winterfell avait un caractère bien trempé. Il avait appris qu'elle adorait également les chevauchées dans la campagne, au point de parfois y risquer son cou en galopant là où d'autres préféreraient trotter, voire marcher. Martyn était maintenant presque certain qu'Ashara allait tenter quelque chose de stupide. Et ce colosse l'y aiderait. Il se présenta sommairement, certain que l'autre ne savait pas qui il était mais qu'il le réaliserait en entendant son nom. Dommage en un sens, discuter ainsi avait un certain charme, celui d'une discussion franche et sans fard, ce qui ne serait plus le cas une fois son nom prononcé. Même s'il venait de trop loin pour reconnaître les armoiries du Faucon azuré, le nom Arryn était bien plus connu. Sa voix s'était un peu ternie en se nommant. « Martyn Arryn, seigneur des Eyriés. » Mais aussi Chevalier et Protecteur du Val et Gouverneur de l'Est... tant que sa soeur ne lui volait pas son trône. Si seulement il pouvait être certain de son allégeance ! Apercevant Medwyn Corbray approchant une bouteille et deux gobelets de terre cuite en main, il quitta son appui pour se redresser.

« Oui. L'instinct et l'expérience aident. Et chaque combat requiert une part de chance. Bien sûr tout cela dépend de celui que vous affrontez, également et des circonstances et du lieu. » Connais le terrain et connais ton ennemi étaient deux maximes fort utiles également lors d'une guerre. Combien de soldats étaient morts pour avoir trébuché sur un caillou, ou s'être noyé dans une rivière, faute d'endroit où effectuer une retraite en bonne et due forme ? Combien d'archers s'étaient vus piétinés par la cavalerie suite à la pluie ayant mouillé les cordes de leurs arcs, combien de cavaliers s'étaient embourbés dans des marécages ?

Son écuyer s'approcha d'eux, salua légèrement Martyn « My lord, voici ce que vous avez demandé. » Le remerciant d'un geste du menton, Martyn se saisit des deux gobelets de terre cuite, en donnant un à Gudbjoern (quel nom! Il n'était pas certain de pouvoir le prononcer correctement...) Medwyn les servit, en commençant par son seigneur, bien entendu. Le seigneur du Val ne put s'empêcher d'ajouter, « Medwyn, voici Gudbjoern » il espérait avoir prononcé correctement « tu peux le remercier de ne pas m'avoir estropié. » L'écuyer salua légèrement le géant, peut sûr de l'attitude à adopter face à cette montagne de muscles.

Une fois les verres pleins, Martyn leva le sien en guise de salut, « A la vôtre. Puissions-nous ne jamais avoir à croiser le fer sur un champ de bataille. » Même si ce combat-là, au moins finirait de façon épique. Un combat qui vaudrait la peine d'être joué. Si les enjeux d'une guerre n'étaient pas plus grands qu'un simple duel.

Il but une gorgée du vin, se délectant de ses arômes et de son goût. Cela il pouvait en profiter, profiter de la paix qui ne durerait plus très longtemps.

« Et avant d'être au service de lady Ashara, qui vous employait ? » Il était curieux de connaître un peu l'histoire de cet homme si peu commun.
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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Mer 4 Avr 2018 - 19:36

Ma mère. Morbleu. Encore faudrait-il que je puisse moi-même me souvenir de sa propre trogne. Je n’ai pas vraiment de souvenirs d’elle. Je me souviens bien plus d’un nombre incalculable de boyaux, cela dit. Ironique, me direz-vous. La famille est un concept souvent étrange chez nous autres. Autant me direz-vous que certains ici. Une mère élevant seule sa fille dans un endroit lui demeurant vraisemblablement hostile tandis que son « mari » se prélasse on ne sait ou… comment dire que j’ai connu des sauvageons autrement plus romantiques. Un qui épousait ses propres filles, par exemple ! un exemple qui court les rues, même ici, je gage. Mais lui au moins, faisait en sorte de garder ses filles-femmes près de lui. Enfin, quelque part, l’enfant n’avait pas à se plaindre. Au moins avait-elle sa mère. C’est surtout la dite mère que je ne peux m’empêcher de plaindre. Mais peut être suis-je mauvaise langue. Après tout… je ne sais même pas si l’homme est encore vivant. Y’a que mon flair, pour m’affirmer ça. Et bien que j’ai un bon instinct, mon flair peut me tromper.

Ainsi, sa seigneurie parut décontenancée face à mon débat sur la force. Cette idée m’arracha un sourire bref. C’est vrai qu’en l’état, on pouvait comprendre que je le placer sous le premier gueux venu. Cette image m’arracha d’ailleurs un fin ricanement de gorge, tandis que d’un signe de main bref, j’en vins à la chasser. Reprenant, comme pour lui trahir mon souhait de lui expliquer convenablement. Et de fait, je reprenais.

-Qu’est « force » pour vous ? La simple force des bras ? Tous les hommes sont semblables. Partout, l’on trouve des chétifs courageux et de grands benêts lâches. Qui est le plus fort, d’après vous. L’homme possédant le physique d’un grand combattant et la position d’un seigneur, mais qui fuis le combat dès que la difficulté se présente ou le nabot chétif et moche, issu de rien, qui saute au sein de la bataille en commandant, combattant et assumant ce qu’il est ? Pour moi, la réponse est on ne peut plus simple. Et vous ne me ferez pas croire qu’aucun de vos seigneurs, parmi toutes ces terres, n’est ainsi.

Je marque une pause. Je comprends d’ailleurs que ma tirade peut à nouveau porter à confusion. Trahir ce que je suis. Fichtre. Moi qui parlais de faire attention ! Mah, tant pis. Quelle importance. Il peut bien deviner ce qu’il souhaite ou se gratter avec ses idées. Qu’est-ce que j’en ai à foutre, hm ? Le commentaire de l’homme sur le comportement d’Ashara m’arracha un nouveau ricanement bref. Ce n’est pas comme si elle était venue « me taper sur les doigts » alors que j’ingurgitais mes poulets. Un peu moins scrupuleux, et c’est elle que j’aurais pu tenter d’ingurgiter. Heureusement que je ne suis finalement si sauvage qu’une bonne partie des miens, pas vrai ? Mais pour le coup, oui. La poigne qu’elle avait démontrée suffisait à me le faire comprendre et j’étais déjà bel et bien conscient de la difficulté de la tâche. En fait, le fait même qu’elle m’embauche moi le démontrait déjà. Pourquoi embaucherait-elle un rêtre pour sa sécurité, si celle-ci n’était pas assez menacée pour douter de ses propres soldats ? Je peux sembler idiot, mais là…. Quand même. Ainsi, j’avais face à moi le seigneur des Eyriés. C’est ou ça ? Après avoir répondu d’un fin hochement à sa présentation, la tirade suivante m’arracha un sourire amusé.

-Vous vous compliquez la vie pour peu de choses. Ce genre de phrases est bon pour quelqu’un qui apprends. La capacité à connaitre les choses et à savoir ou poser le pied… Ce ne sont que des marques d’expériences. On apprend ça, ou on crève. C’est inévitable. L’instinct complète l’expérience, mais il permet aussi de compenser certaines faiblesses quand à la chance… c’est elle qui définit si vous pourrez convenablement user de votre expérience. Rien de plus.

Emballé, c’est pesé. Savoir mettre de bons mots sur une pensée simple, c’est quand même facile. Pourquoi se compliquer la tâche ? Tuer ou être tué. Le reste n’est que logique. Le reste… c’est soi. Ses connaissances, sa force et sa capacité à combiner le tout convenablement.

Lorsque l’autre vint avec l’alcool, le seigneur crut bon de faire des présentations inutiles. Ma foi, pourquoi pas ? Son trait d’humour et de flatterie, cependant, était bien plus calculé. Si j’avais peu bougé jusque là, je pris cette fois soin de déposer ma lame sur le côté pour me redresser de toute ma hauteur, observant les deux hommes tandis que je m’approchais pour récupérer l’outre tendue. D’une voix simple, aussi, je répétais mon nom, pour confirmer ou infirmer l’homme dans sa prononciation et ainsi, l’imposer aussi au nouveau venu. Sa prochaine tirade m’arracha un nouveau sourire. Si j’étais plus ou moins certain de la défiance de l’homme et de l’intérêt qu’il pourrait porter à une revanche, je ne pouvais m’empêcher que ce souhait avait du sincèrement le traverser au moins un instant. Et c’est sans un mot, cela dit, que je levais ma propre coupe avant de prendre une fine gorgée du vin. Comme pour gouter le nectar avant de plisser un peu le regard. Drôle de vin. Mais pas mauvais. Loin de mon grog, cela dit. Mais ça, je présume que chacun pourrait en débattre. Trop raffiné pour en boire régulièrement, cependant, son vin. Ça, je n’en démordrai pas. De temps en temps… Le reste du temps, une pisse de bière conviendrait encore mieux. Faut pas s’habituer à s’empâter dans le luxe. Ça tue.

-Personne. On peut dire que d’une certaine façon, je viens de débarquer dans vos royaumes.

Mes vêtements de peaux et ma barbe hirsute auraient pu suffire à mettre la puce à l’oreille, bien que nombre de nordiens aiment aussi ce genre d’apparence. Je n’avais aucun nom à lui donner en réponse. La franchise était donc parfaitement de rigueur.

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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement, ensuite Val et Nord
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Mer 11 Avr 2018 - 7:05

Un reître philosophe ! Qui aurait cru que le Nord recelait ce genre de curiosité ? Pas lui en tous cas. Peut-être devraient-ils converser ensemble, un de ces jours prochains... Martyn n'avait rien de mieux à faire pour l'instant, sa requête de revoir Jorah pour tenter de le faire fléchir n'ayant pas encore été acceptée. Le temps passait et bientôt Ashara mettrait son plan à exécution. Elle avait certainement recruté ce colosse dans l'espoir qu'il la suive dans sa folle équipée. Il continuait à penser son plan plus que téméraire, et espérait faire flancher Jorah à défaut de sa soeur... Mais tout ceci étaient des soucis pour les jours à venir. Il tentait de profiter du mieux possible de son séjour, d'en apprendre le plus possible sur les différents vassaux de Jorah, et sur Winterfell, tout simplement. Il n'avait pas encore osé demander d'audience à Lyanna, de peur de trahir les plans d'Ashara et passait donc la plupart de son temps hors des salles où elle avait l'habitude de se promener. Ce qui était en soi ort dommage, car Lyanna était la meilleure source d'information au sujet de Theon, selon Martyn. Ashara le voyait en frère et avait une vision biaisée de lui, certainement.

Il avait demandé au maître veneur de Winterfell d'avoir l'honneur de chasser sur les terres Stark, afin de se rendre compte de quoi les limiers étaient capables. On les enverrait sans nul doute sur la piste des fuyards et Martyn voulait savoir comment fonctionnait la meute du Nord. Bien sûr, cela n'empêcherait pas d'autres chasseurs d'utiliser leurs bêtes, mais ceux de la capitale devaient être parmi les meilleurs. De plus, cela lui donnait une idée du terrain aux alentours, qu'il n'avait que peu eu le temps de visiter.

« Je connais peu de gens qui, ayant votre carrure, penseraient de la même façon que vous. » Et en soit, c'était fort étrange, d'ailleurs. Mais il est vrai que les Nordiens étaient particuliers, ayant un sens de l'indépendance fort (trop!) ancré en eux.

Gudbjoern ajouta que l'entraînement, en soi était inutile, la répétition des mêmes gestes, jusqu'à ce qu'ils deviennent un réflexe aussi naturel que de respirer. « Votre façon d'argumenter n'est pas mauvaise, même si votre méthode a l'inconvénient de voir mourir un grand nombre d'hommes inutilement. » Martyn imaginait l'expérience gagnée suite aux combats réels, tel que l'avait décrit le colosse. Il n'aurait certainement pas survécu, ayant lui-même fait partie de la catégorie peureuse, chétive et craintive de la population, plus avide de lectures que de galopades dans les bois, avant que Ser Elbert ne le prenne sous son aile pour en faire un chevalier. De nombreux seigneurs refuseraient pareille chose, par crainte de perdre un héritier.

L'écuyer de Martyn arriva enfin avec le vin, presque frais. Il fit les présentations et leva son verre pour trinquer. L'autre le reprit quand il prononça son nom, et Martyn acquiesça. Il s'en souviendrait à l'avenir. Il lui demanda s'il avait eu d'autres employeurs avant Ashara.

Il venait de débarquer ? Mais de où, par les Sept ? Martyn aurait pu croire qu'il s'agissait là d'un sauvageon, sauf que l'idée même d'un sauvageon venu se vendre à la cour de Winterfell était tout simplement... impensable. Les sauvageons combattaient les Nordiens depuis que le Mur avait été construit, voire même avant... Mais à voir sa tenue, il devait provenir d'un endroit fort isolé... et fort froid, même durant ce long Eté. Il n'y avait aucune autre possibilité. En Essos, il faisait bien trop chaud pour se permettre ce genre de tenue. Le Nord restait donc son origine la plus logique, même si invraisemblable. Il aurait aussi bien pu faire partie des Clans des Montagnes de la Lune, mais il s'imaginait mal l'un d'entre eux descendre de ce côté des montagnes. Pourquoi Jorah n'avait-il pas fait tuer cet individu !? Si un homme des Clans s'était présenté aux Eyriés comme celui-ci le faisait ici, il aurait certainement ordonné qu'il soit lardé de carreaux d'arbalète... Peut-être à cause de la guerre ? Mais si cela s'apprenait que les Nordiens employaient des sauvageons dans leurs armées afin de lutter contre les autres Royaumes... ce serait la guerre, réellement. Chacun aurait peur de voir son domaine envahi et enverrai des hommes pour lutter contre les Starks.

Martyn reprit une gorgée de vin, afin de se donner un léger temps de réflexion.

« Votre démarche est des plus hardies, il me semble. Je n'aurais jamais pensé croiser quelqu'un comme vous aussi loin de ses terres d'origines. » De quoi peut-être empêcher son écuyer de se rendre compte d'où venait le géant, et l'empêcher de colporter des ragots. Il se tourna vers le jeune homme et tendit une main. « Laisse le vin ici, une fois que tu auras fini de t'occuper des chevaux, tu es libre pour la journée. » Le seigneur des Eyrié avait bien noté l'intérêt porté par son écuyer à une jeune demoiselle, suivante de Lady Lyanna. Il serait certainement fort triste quand sonnerait l'heure du départ. Au moins, il pourrait encore profiter un peu de sa présence... Un léger voile de tristesse passa sur son visage alors qu'il regardait Medwyn s'éloigner d'un pas joyeux. Ah ! Être jeune à nouveau, et savoir qu'on va revoir son aimée dès que les tâches seraient accomplies. Aucune responsabilité. Epoque bénie que celle-là ! Quand reverrait-il son épouse, sa famille ? Il n'aurait pu le dire. Au moins, Medwyn repartirait de Winterfell heureux, lui.

Il reprit une contenance avant de se tourner à nouveau vers Gudbjoern, après avoir lancé un regard circulaire pour voir si d'autres étaient à portée d'oreille. Il baissa un peu la voix.

« Êtes-vous nombreux à franchir le Mur pour venir proposer vos services aux Stark ? » Ou seulement à Ashara... Avait-elle une armée de sauvageons à sa disposition, prête à faire un coup d'état si le besoin s'en faisait sentir ? Et dire qu'il conversait et philosophait avec un de ces sauvages!
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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Dim 15 Avr 2018 - 20:19

C’est drôle, les lubies que peut posséder quelqu’un « de la haute ». En fait, je dirais même que c’est assez drôle d’assister, d’un côté ou de l’autre, aux petites idées que peut se payer quiconque. Qu’on parle à un sauvageon ou à un seigneur du sud, chacun se pense mieux loti que l’autre et ce à bien plus d’un titre. Mais est-ce exact ? Qui à raison ? Peut-on parler de raison ? J’ai tué des anciens petits seigneurs du sud parmi les corbeaux. J’ai tué des sauvageons. J’ai tué assez de types différents pour savoir que dans le fond, les deux chient tout aussi bien dans le froc quand on écrase leurs os. Que les deux finissent toujours par implorer pour leur vie et quand ce n’est pas le cas, que les deux sont capables de partir la tête haute. Franchement, dans le fond. Est-ce que j’en ai sincèrement quelque chose à foutre ? Ce ne sont là que les pensées d’un type qui se plait à trancher ce qu’il entend. J’ai passé beaucoup du temps ou je ne cassais pas quelque chose à observer les autres et leurs habitudes. Leurs envies. A partager leurs connaissances avec les miennes. Savez-vous qui m’a appris à causer à la mode du coin ? Franchement, vous pourriez en rire. Dans le fond, je pense pas pouvoir dire que je me soucies vraiment de tout ça. De ces avis, de ces idées. Je ne pense pas être aussi savant que ce que les types du coin appellent « mestre ». Je ne pense pas non plus être le plus puissant des gaillards. Ni le plus à même de survivre. Non. Ce que je sais, en revanche, c’est que si je suis encore là, debout, au jour d’aujourd’hui… C’est simplement que j’ai appris à survivre. Que j’ai appris que les informations et connaissances valaient autant que la force prodigieuse qui habitaient mon bras. Pourquoi me présenter comme un nouvel arrivant, dans ce cas ? Pourquoi ne pas inventer un quelconque mensonge ? Justement car le mensonge est ce qu’il est : Une porte vers la déchéance. Je n’ai pas peur de crever. Oh ça non. Je n’ai peur de rien d’aussi stupide. Mais si je dois crever, je veux que ce soit dans la fierté de ce que je suis et non dans le mirage d’une vie inexistante. Je viens d’arriver. Ça ne change pas ce que je suis : Un Rêtre plus curieux que ses compères. Rien de plus.

-Vous connaissez donc peu de gens aimant autant la vie que moi, si je peux me permettre.

Sa tirade suivante, cela dit, eut l’avantage de m’arracher un large sourire amusé.

-Vous avez raison. Je le cède volontiers. Cela dit, ceux qui survivent à pareil traitement sont sans conteste d’une valeur et d’une force bien supérieure aux autres. Quelqu’un qui à du souffrir dans la crasse et qui à eu l’occasion de voir son propre sang couler tôt à bien plus de chances de devenir assez robuste pour encaisser la suite. C’est celui qui trinque qui devient robuste. Et non l’inverse. Bien sûr, il existe en toutes choses des exceptions.

Le petit manège qui suivit ne m’échappa en rien. Je crains cela dit ne pas être en mesure d’en comprendre tous les aboutissants. Le voir congédier son écuyer, par exemple. Enfin, je ne m’en fais pas trop. Je ne doute pas vraiment qu’il ne tardera en rien à éclairer ma lanterne. Je me permets donc de le laisser sobrement finir, observant les échanges entre lui et son suivant. De la surprise ne m’échappe en rien. Je me contente pour le moment de reprendre gorgée après gorgée un peu de vin, jusqu’à ce que mon godet de se voie vidé. De là, par chance, il reprend la parole. Ainsi, mon sous entendu était-il si évident ? Sur le coup, en tout cas, c’est un rire des plus franc qui ne manque en rien de lui répondre. Un rire gras et peu contenu.

-D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours trouvé ce genre d’appréhensions stupides. La seule différence concrète entre le peuple libre et celui du coin, c’est le côté ou tout le monde est né. Pas de quoi se vanter ou se surprendre de quoi que ce soit. Là d’où je viens, c’est important ? Je n’ai été au service de personne de notable avant ça. Mais je peux vous garantir que la guerre, ça me connait. Avez-vous véritablement besoin d’informations inutiles pour me juger librement ?

Après m’être avancé d’un fin centimètre, l’observant plus en détail, je me permet un nouveau sourire.

-Peut être est-ce de la crainte que vous dégagez, à cette idée ?

Je secoue négativement la tête, cédant ma pique au vent tandis que je décide finalement de répondre à sa question. Profitant même peut être par l’occasion de lui offrir une porte de sortie. Mœurs stupides que tout ça.

-pas que je sache. Et pour parler franc, je n’en ai pas grand-chose à faire. Chacun est libre de vendre son épée ou sa vie, non ? Je n’en demande pas moins. Initialement, si ça n’avait tenu qu’à moi, j’aurais déjà quitté ce hameau depuis quelques temps.

D’un fin signe de main, je chasse le sujet. Comme pour lui témoigner qu’à mon sens, s’ébattre sur une question aussi futile est… Ma foi, des plus futiles. Pas besoin de chercher plus loin que notre échange précédent pour comprendre que ma provenance importe bien moins que mon talent. Nul doute, quoi qu’il en soit, que mon message doit être des plus clairs. Bien entendu, mon ton sera resté neutre quoi que sans doute particulièrement taquin et franc -surtout franc. L'on pourrait douter à croire que je cherchais à l'insulter. Ce n'était en rien le cas-. Après un temps, je laisse percer un fin soupir, avant de balayer l'air à nouveau devant moi d'un fin signe de main, me permettant une conclusion. Mon ton s'accentue sur le début sur l'aspect taquin de mes tirades, avant cela dit de se faire plus sérieux au fil des mots.

-Mah, pardonnez les affres d'une longue vie de profit et d'amusement, "messire". Il faut encore que je m'habitue à vos bonnes mœurs, si je peux dire. Y'a pas mal de choses que je peine encore à piffer correctement.

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Martyn Arryn
VAL D'ARRYN
■ Localisation : Port-Réal le temps du couronnement, ensuite Val et Nord
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Mer 18 Avr 2018 - 8:23

Gudbjoern semblait avoir eu beaucoup trop de temps libre... Tellement qu'il aurait pu faire un bon philosophe s'il n'avait eu ce côté un peu sanguinaire par moments. Son franc parler lui attirerait des ennuis, cela dit.

« Celui qui trinque, comme vous dites devient robuste, oui... ou éclopé à vie. » Pour sa part il avait vu assez de soldats survivre au fait de voir couler leur sang, comme disait le géant, et finir cul de jatte ou manchot... Pas sûr que les fièvres qui suivaient les amputations rendent plus costauds, au contraire.

L'autre lui demanda si son origine avait de l'importance. Martyn secoua la tête en signe de négation. Il avait eu l'occasion de juger un peu le sauvageon à son discours et à sa façon de combattre. Mais il était certain que l'homme recelait encore de nombreux secrets. Si cela devait influer sur sa façon de le voir, de se comporter... Il était vraiment difficile de comprendre de ce genre de mentalité. N'y avait-il pas de rivalités entre clans de sauvageons ? Provenir de l'un ne vous engageait-il pas à guerroyer contre un autre ? Il eut à peine le temps de se le demander, que le géant s'approcha, et insulta le seigneur du Val, d'une manière aussi directe qu'une gifle. Martyn se raidit et ne recula pas d'un pouce, toisant le colosse d'un regard supérieur tout en regrettant avoir une outre et un gobelet en main plutôt qu'une arme. Il s'apprêtait à lui proposer une nouvelle passe d'armes bien moins courtoise quand l'autre changea de sujet, semblant ne pas réaliser ce qu'il venait de faire. Car c'était là la question, l'insulte avait-elle été délibérée ou bien une simple faute de langage, par manque de culture ? Martyn ne pouvait pardonner le premier, le deuxième était excusable. Presque. A peine. Il pouvait mettre cela sur le manque de culture de l'autre, s'il le voulait.

Martyn haussa un sourcil, « vous seriez surpris de ce que pensent beaucoup de gens du Sud. Ici, rares sont ceux qui ont le choix de vendre leur épée au gré du vent. Les allégeances vont aux seigneurs locaux, qui la donnent aux plus grands seigneurs et ainsi de suite. Le mercenariat est bien moins développé que dans d'autres régions du monde. » Et le seigneur du Val faisait bien plus confiance à ses hommes d'armes personnels et à ceux de certains de ses vassaux qu'à des mercenaires. Par moment il lui semblait que les seules personnes libres étaient les gens du petit peuple, ceux qui n'avaient pas le sou, mais qui n'hésitaient pas à se vendre pour en gagner un peu, au risque de se faire pendre s'ils tournaient brigands faute d'emploi. Mais le Nord ne manquerait pas d'emploi pour ce genre de travail avant un long moment.

« Si vous voulez vivre de ce côté du Mur, vous feriez bien de prendre garde à vos propos. Certains pourraient fort mal interpréter certaines de vos paroles... Ce qui pourrait être dangereux pour votre employeur. » Ashara avait-elle vu au-delà de la carapace de cette montagne de muscles ? Savait-elle ce qu'il pensait du sud, des seigneurs et des batailles ? Comptait-elle seulement sur lui pour l'aider ?

« Qu'est-ce qui vous a fait décider de rester ici ? Ashara ? » Il avait omis le « lady » volontairement, afin de voir comment l'autre allait réagir. Allait-il le provoquer afin de laver l'affront fait à la dame ou bien allait-il simplement passer outre ? Mais une chose paraissait sûre : il n'y aurait pas d'armée sauvageonne à la rescousse de sa cousine une fois qu'elle aurait pris le maquis. Quels plans avait-elle déjà mis en place ? A part se sauver, Jorah sur l'épaule de Gudbjoern et Cathan dans ses bras, et courir jusqu'au bateau valois le plus proche, en espérant ne pas se faire capturer avant d'avoir monté à bord ? Savait-elle seulement que même une fois sur le pont du navire, elle ne serait pas sauve tant qu'elle détiendrait Jorah ? Martyn s'assit sur un coffre et se remplit un nouveau verre. Il allait en avoir besoin. Il allait devoir aller retrouver sa cousine, pour lui poser de nouvelles questions. Mais il ne voulait pas être vu trop souvent en sa compagnie, et il avait peur de nouvelles crises d'humeur. Il tendit l'outre au géant, afin qu'il se resserve s'il le désirait tout en réfléchissant à ce qu'il convenait de faire. « Pourquoi vous être lié à la soeur du sire de Winterfell ? Son frère aurait sans doute pu vous payer bien plus grassement pour vos services. Il prépare une guerre, il va avoir besoin de bras, et les vôtres lui seraient d'une grande utilité. »

Il n'était pas logique pour cet homme de s'attacher à un moins bon parti financier qu'à un autre. Etait-il le seul à qui Ashara ait demandé ce genre de service ou non ? De combien d'hommes de confiance disposait-elle ?
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Gudbjoern
NORD
MessageSujet: Re: C'est pas la taille qui compte... [Gudbjoern]   Hier à 14:43

Première tirade rationnelle. Oui, Robuste ou éclopé. Fort ou crevé. Ma foi, vous avez saisi le concept. Je fais partie de ceux qui ont survécu à la dure, sans qu’on leur demande si ils en ont quelque chose à fiche. On m’a braqué une hache alors que j’étais encore qu’un marmot, en me disant « tiens petit, t’en aura vite besoin ici ». On m’a rien appris. J’ai vu le côté tranchant, et j’ai compris ou il fallait le planter. Ce qu’il fallait déchirer et broyer. J’ai tué mon premier homme bien jeune, protégeant de ce fait quelqu’un qui était assez faible pour mourir si je n’avais pas été là. J’ai découvert de fait bien des plaisirs, déjà jeune. Et j’ai grandi fort. Assez pour pouvoir affronter n’importe quel adversaire me faisant face. Assez pour pouvoir vous affirmer que si je portais un coup sérieusement, à pleine force, dévier ma lame se verrait une entreprise peu fructueuse. En tout cas, avec une lame si lourde. Elle n’à pas pour pratique de trancher mes adversaires, mais de broyer ce qu’elle rencontre. Lame, os, chair… De broyer et de dévaster. Finalement, je ne relève en rien ce qui est dit. Il est évident qu’il est inutile de revenir dessus. Le message est passé des deux côtés. Le message qui semble mal passer en revanche, est le suivant. Voilà une bien curieuse réaction. Pourquoi s’insurger ? Car je lui ai dit franchement que je trouvais cette façon de penser stupide ou pour ma taquinerie qui est vraisemblablement mal passée ? D’un signe de main, je chasse l’air devant moi, adoptant un air amusé.

-Et bien, « mon bon seigneur ». On m’a vanté la magnifique répartie des gens du sud. Je ne me doutais pas qu’il suffisait d’une pique pour offusquer quelqu’un de votre trempe.

Pourquoi présenterais-je des excuses pour une taquinerie ? Sa tirade suivante, en revanche, m’arracha un bien meilleur sourire. Là, un commentaire sencé. J’hoche lentement à ses mots, donc.

-Qui sait. Un jour peut être trouverais-je quelqu’un d’assez intéressant pour vouloir réellement combattre pour cette personne. Ce n’est pas mon optique actuelle. Mais qui sait ce qui peut arriver. Quoi qu’il en soit, si c’est pour finir comme un vulgaire garde, à monter devant une porte quelconque… ça ne m’intéresse que très peu.


Le prochain commentaire, lui, me poussa à froncer les sourcils, tandis que mon regard revient se planter dans le sien, songeur. Un fin grognement traverse même ma gorge alors que je semble chercher à comprendre ce qu’il me dit là. Surveiller mes paroles ? Les mots ne sont que des mots. Si je cherchais à l’insulter ou le rabaisser, réellement, il l’aurait senti bien autrement, vous pouvez me croire. Donc, pour ne pas donner une mauvaise image à la dame, je dois me tordre la gorge au bon plaisir de ces faquins de lords ? Voilà une façon de penser bien maussade.

-On m’avait effectivement dit que la franchise gênait les sudistes. Je l’ai aussi remarqué avec certains des spécimens que j’ai pu croiser. Bien, je prends bonne note, et tâcherai de me montrer plus…. Prudent. Cela dit, si on me pose une question et que l’on en apprécie que peu la réponse… est-ce réellement de ma faute ?


De mon expérience, quand quelqu’un s’offusque d’un fait, c’est qu’il est fautif ou bien trop fier, au choix. Dans le cas présent, je suis conscient que je dois m’adapter. Sans fanfaronner, je suis probablement trop franc. De fait, je comprends le danger que cela puisse représenter. Je suis habitué à vivre seul près d’une grotte, après tout. Est-ce si surprenant ? Je me contente simplement, ensuite, d’hocher à ses mots. Dans mon esprit, l’absence du mot « Lady » ne résonne pas, tester un homme sur une habitude qu’on ne lui à pas apprise est rarement fructueux, cela dit, je ne suis pas idiot, et je comprends sans mal que la question est…. Disons, inutile, en l’état.

-Il semble que oui, sinon je serais déjà parti, vous vous en doutez. Pourquoi, cela vous pose t-il un quelconque problème, que ma lame soit au service de la dame ?

Nulle insulte dans ma tournure. Bien entendu, mon ton demeure amical. Pour fait, n’accordant pas l’importance qu’il peut accorder aux titres, je ne peux que me rabattre sur autre chose quand au sens de sa question. Je ne suis pas devin non plus, après tout. Et puis, comment pourrais-je rentrer dans le crâne de quelqu’un qui à appris à vivre selon des règles et des doléances. Selon des allégeances, alors que moi, je n’ai vécu toute ma vie que comme un homme libre ?

-Je vais vous dire pourquoi.

Dans un sourire des plus francs, après avoir fini le vin, le porte ma propre outre à la coupe pour venir la remplir, puis, si il à fini son vin, lui en offrir par la même occasion, calmement. Un geste visant à lui rendre la pareille pour la sympathie de son invitation. Le liquide un peu brunâtre est certes particulièrement costaud, mais demeure excellent. Ensuite, je raffermis mon appui contre le mur avant de ricaner.

-Des poulets. Je mangeais à ma faim lorsque la dame est venue me « gronder » pour « ne pas penser aux autres ». Une façon de penser qui nous différencie, m’est avis, c’est qu’à mon sens, on ne respecte pas un titre. On respecte l’homme qu’il le porte et de là, on lui concède son titre. On m’a surnommé « Le massif », au nord. Car j’ai voué mes dernières années d’existence à bloquer la route aux corbeaux et autres sauvageons. A prélever une taxe sanglante pour qui voulait passer, par le simple plaisir de me jouer d’eux. Tel un Massif. Vous êtes seigneur, vous êtes né avec ce titre et vous gagnez l’obéissance et le respect par ce simple fait. Mon respect, vous l’avez gagné dans notre joute. Nulle part ailleurs. Le seigneur des lieux, je n’ai pas souvenir de l’avoir croisé et tout ce que je j’ai entendu de lui ne me donne pas nécessairement envie de lui prêter ma lame. Car ouais, on crève vite à combattre pour une bannière que l’on apprécie peu.

Mon ton était resté calme et franc. Amical, même, toujours. Je ne cherche pas de conflits inutiles.

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